VIII. Cette cuirasse est fréquemment représentée sur les
monuments archaïques. Un vase la représente isolée, à
côté des autres pièces de l’armure complète10. Le plus
souvent elle couvre des guerriers luttant et au repos. La
gigantomachie de Sélinonte11, un vase grec à reliefs du
Cabinet des Médailles un grand nombre de statuettes1
en donnent des exemples plastiques, et les vases peints
nous en fournissent d’innombrables. Les potiers
thiens 14 et les peintres attiques de vases à figures n°ires
en revêtent presque exclusivement leurs combattants, i s
en affublent même les Amazones au lieu du juslauco M
de cuir cjui les couvre d’ordinaire11'. Dans l|in
... -, . : - assezpeu. La
?1 est quelque-
présentations, le décor de la cuirasse varie assezpeu.
plaque antérieure, la plus souvent figurée, ^ llCSt fois sans aucune espèce d’ornement1', ' ,(,nce de pas fréquent et est dû, semble-t-il, à la ni0' ^ en l’artiste. Sur un vase corinthien du Lou\i< , <l - ^
blanc sur le fond reproduisent un motif as.»' ^ ^
lignes courbes et de chevrons 1S. Le ^ ^ je jeux
quent n’est guère plus compliqué : il se C0l^l’a^ gu[, )eS spirales venant s’enrouler à droite et a r--1
.. nr ,,]. cc«v'i
Gerhard, Ans. Vasenb ., II, pl. xcvn. — 9 Gerhard, Ans. ® • ' gndpt gr. L Fpl. ex vm, exix. — 10 Arch. Ans. 1889, p.93, 8. — °Jf°3 Voir nole^S ot
fig. 167. - 12 Le Bas-Reinach, Mon. fin . P,-cv'p' / PoluUchneion,^.^ nus Olympia , V, pl. xxviii (Duruy, l. C. p. 3 * ), ,É 269-270, n” ,
(Bull. corr. hell. 1877, pl. x,u; J 2) ; Br. *'J*%*£ Ma**,
Jtfonui»
Vas-
fig. 248,249. — 14 Longpéricr, Mus. Napàléo
ant. Vax. 241, p. 31-2, fig. 17; 'E?. *n- *f5' L'n .'Gerhard, A'‘s- ,
15 Journ. hell. Stud. XVIII. 1898, pl. xvn, 1, P- -9»; (J*
pl. cclxvi ; Ibid. Il, pl. cvii ; II, pl. xcvn; ; I, U J \ ■’ 17. -
p. 46,47). — 4G Masner, Samml. ant. Vas. 2 *1, P- ’IXVIl 2 (vase corl | 1889, p. 93, 8. — 18 Longpéricr, Mus. Map. U > P
LOR
demi-ellipse suivant à peu près le
niamnT i„ riee thoracique (tig- «a»; R Sur une hydrie de contour de la » tournée yers le bas s’épanouit excep-
Cttré u'lC Pa ia,(intre les spirales 2 et sur un canthare à fconnellemen ues roncles se superposent aux
figures noires ■ v
Vü‘f rmu cuirasse était passée sur les vêtements les
IX' ' n arrivait assez fréquemment que le guerrier
plusvarR" leC rembourrage de cuir: dans ce cas, le bas
fùl nU pt les parties étaient entièrement à découvert *.
duvent f .. J torCP était vêtu d’un chiton finement D’autres fois le mi.
et s’arrêtant
plissé
le torse était vêtu
aux hanches3. Ce- n’était pas par
rait souvent devant les parties 1
piK ^uniquement pour éviter à l’épiderme le contact direct de la lourde armure. Enfin, au lieu du chiton on Ltait des justaucorps collants, simples ou brodes, Lis tous épais et qui paraissent le plus souvent faits de cuir\ 11 arrivait exceptionnellement que par-dessus ce justaucorps et sous la cuirasse une peau de bête servît d’une troisième défense au torse8. Sur la cuirasse même, d'ordinaire on ne mettait rien, mais, lorsque la plaque de métal n’avait pas de doublure à l’extérieur, les rayons du soleil devaient la frapper directement et la chaleur devenait alors insupportable. Pour remédier à cet inconvénient, une chlamyde ou une draperie étaient passées obliquement sur la cuirasse9.
X. Le défaut de cette armure était dans le manque de protection du bas-ventre. Il semble que les Grecs l’aient senti et qu’ils aient tenté divers moyens d’y obvier. L’un des plus simples était d’attacher par devant au bas delà cuirasse une sorte de tablier, analogue à celui qui pendait des boucliers ioniens, mais plus court et d’étoffe plus épaisse 10. Micali a publié une statuette de bronze, de style gréco-étrusque (fig. 4525), où ce dispositif paraît très clair11. Sur un vase, on voit sous le bouclier, devant et derrière le corps, une étoffe écaillée, échancrée sur le côté 12 : il n’est pas sûr que ces deux pièces tombent de la cuirasse; peut-être continuaient-elles simplement un justaucorps de cuir.
Une solution nouvelle fut de franger le rebord inférieur, de manière à offrir au bas-ventre un rempart mobile contre les coups 13. Une transition tout indiquée menait à l’invention des lambreiqums. Sous la ceinture, ou sous le rétrécissement de la pirassc.i la taille, le rebord saillant de la cuirasse fut, non P us simplement relevé, mais divisé en lames de cuir moles , indépendantes les unes des autres, et qui, peu à p;|R '' M ‘‘Hdirent assez bas pour protéger la région de j|j ne' 1 ^ a vrai dire souvent difficile de savoir si les | ' Us llldrquées verticalement dans cette partie de la
I * Voir ' E
pu*- Vas. Il ^ de l’Acropol, 741, p. 269, fig. 248; Gerhard,
A^phoren, |,cj )z V',’ ^XXI11 ’ ^nd. 1, pl. v, | et le pl. xxxvi ; cf. H. Thiersch, Tyrrhen. PG «. B 59. !P3 80°’ p- 123 et s- - 2 Cat. vas. in Brit. Mus. II, p. 68, fig. 41,
Polyt*chnèi^ \™rn' hdL Stud' XVIII> l898> P1* *▼«. P- 290 • — 4 Br- da fo* p. 99, p| *cv , ’ P‘ 1,0 (guerrier de Sélinonte; ; Le Bas-Reinacb, Mon.
l Acropoie » - ,l lc^e0» Monum. X, pl. îv-v (vase corinthien). — B Br.
^rch- Zeit . iss2 ,| ’ 1 ' 1 ’ 248 î Masner, Samrnl. ant. vas. p. 31-2, 241, fig. 17 ;
$culpt.gr, ltp '* Br> de l’Acropole , p. 270, 742, fig. 249; Collignon,
3l15, Vq.s. ijj^ . ’ ■ Gerhard, Aus. Vas. II, pl. cxvii, cxvin. — 1 Gerhard,
L*xxiv, ,.xxxy . j Xlx* ^id. II, pl. cvn ; II, pl. xcxvn ; II, pl. xcv, xevi ; II, A • 1 . 1, pl. xaxvi. — 8 Gerhard, Aus. Vas. I, pl. v. 1 ; cf. Gaz.
f'g- 4525. — Cuirasse avec tablier.
cuirasse correspondent à des échancrures de l’étoffe ou ne représentent que de simples ornements gravés; mais il paraît certain que la cuirasse à gouttière se transforma peu à peu, avec ou sans épaulières, en cuirasse a lambrequins. 11 faudrait d’ailleurs se garder de croire que cette armure, d’abord seule connue, puis bientôt négligée pour la cuirasse à épaulières, ait jamais été entièrement abandonnée. Non seulement on la retrouve sur des vases à figures rouges de style sévère ou même de beau style libre15, mais nous verrons que les exemplaires de métal conservés jusqu’à nous sont généralement de ce type: seule la terminaison inférieure a été modifiée et le rebord saillant est devenu moins sensible. C’est aussi bien à très peu de chose près la forme actuelle et, j’ajouterai, la forme nécessaire de toute cuirasse faite de deux lames simples réunies sur le côté.
XI. La nouvelle armure, dite cuirasse à épaulières, diffère de la première par trois points essentiels. D abord, ce qui est l’exception dans la cuirasse à gouttière, elle est munie d’une pièce spéciale pour la protection du basventre, et ce tablier ou ÇSp.a16 est à lambrequins, TrTspuysç11. Puis la fermeture est rendue à la fois plus fixe, plus aisée et plus parfaite par l’intervention de pièces, l7iw[xio£ç 18, se rabattant sur les épaules et se fixant sur le devant. Enfin, au lieu d’une lame unique, la cuirasse est ordinairement composée d’une série de plaques, lames ou écailles, XeTtioEç, csoXi'oei; 19, dont le jeu très libre permet une adhérence plus grande de l’arme sur le corps : la carapace devient souple et le combattant, plus libre dans ses mouvements, est en même temps mieux protégé, les lamelles superposées arrêtant mieux les coups violents. On a coutume d’ajouter une quatrième différence, de distinguer les cuirasses à épaulières parle cuir dont elles seraient exclusivement formées, au lieu que les cuirasses à gouttière seraient faites de fer ou de bronze. Rien à mon avis n’est plus inexact. L’une et Vautre forme s accommodaient àlafois du métal et de la peau de bête ; j ajoute que, pour toutes deux, la réunion des deux matières était presque nécessaire. La cuirasse à gouttière était, comme nous l’avons vu, rembourrée. Quant à la cuirasse à épaulières, le dessous était bien en cuir, mais je ne connais pas d’exemple d’une arme laissée en cet état: non seulement les épaulières, mais les deux cuirasses’0 et les lambrequins étaient revêtus d’une infinité de petites ou de grandes plaques de métal. Tout au plus pourrait-on dire que le cuir était ici plus apparent ou jouait un rôle plus facile à constater.
XII. La date à laquelle apparaissent ces armures est difficile à fixer avec exactitude: nous constatons qu’elles sont déjà connues des peintres qui décorent les sarcophages de Clazomènes21, mais ceux-ci étaient en avance sur leurs confrères de la Grèce propre 22, qui ont évidemment emprunté aux Ioniens ce perfectionnement. Aussi
archéol. 1870, pl. x.xvi ; Roscher, Lexikon, s. v. Herakles , I, p. 2149. — 9 Gerhard, ^us. Vas. IV, pl. cclxvi ; Ibid. 11, pl. cxxn, exxm (Furtwïngler, Beschr. d. Vas. 1732) ; Ibid. 1, pl. xux (Jahu, 339, p. 105). — 10 Gerhard, Ans. Vas. IV, pl. cclxvi ; Ibid. II, pl. cvn. — n Gerhard, A us. Vas. 1, pl. i. — ! * Mon. per lastoria de pop. ital., pl. xxxvim, 1. — 13 Collignon. Sculpt. gr. I, p. 331, fig. 167. — H Wiener Vorlegebl., 1888, pl. m (Vase François, Ajax) ; Gerhard, .lus. Vas. 111, pl. cci (Jahn, 421, p. 147) ; Ibid. II, pl. cxvn-cxvui. — 13 Gerhard, Aus. Vas. III, pl. cci (Jahn, 421, p. 147 ; Ibid. II, pl. lxxxiv-lxxxv. — 10 Eust. p. 453, 40 (II. 4, 132) ; lit . Alagn. p. 433, 1. — U Eust. p. 454. — 18 Diod. XVII, 20. — 19 Poil. On. I, 134. — 20 Re mol cuirasse désigne soit l'une des deux plaques, soit leur ensemble. — 3* Jahrbuch , 1, 1886, p. 145-7 (StudniciVa' . — 22 Bull. corr. hcll. 1892, p. 248 (Pottier).
LOR
LOR
est-ce sur îles monuments ioniens *, ou chez des peintres, comme Exekias 2 et Amasis 3, dont l’origine paraît étrangère, que nous voyons d’abord ces cuirasses. Vers
le milieu du vic siècle avant notre ère, elles commencent à être d’un usage courant4 et nous les retrouvons sur la stèle d’Aristion (fig. 4526)3.
XIII. Avant de passer en revue les éléments dont se compose la cuirasse, nous chercherons comment elle s'ajustait sur la poitrine. Un assez grand nombre de représentations sont conservées qui permettent de le savoir avec exactitude. Un petit bronze du Louvre montre les épaulières déjà rabattues et les deux mains occupées à ramener par devant les deux côtés de la cuirasse6. Le motif est exceptionnel et ne se comprendrait pas si le corselet n’était très peu élevé, et si par suite son bord supérieur n’était pas, contre l’ordinaire, au-dessous des deux épaulières. Celles- Fig. 4520. Cuirasse à épau- • le pqus souvent, se rabattaient
licres et lambrequins. 1 . p
sur la cuirasse une fois fermee, aussi les voyons-nous maintes fois (fig. 4527) se dresser rigides sur chaque épaule, tandis que les deux mains,
ramenées devant la poitrine, ferment l’armure par devant1. Dionysos, sur un vase du Cabinet des Médailles 8, a déjà presque rabattu les deux bords, le petit doigt des deux mains tombant le long de la jointure, les trois autres repliés sous la lame et se touchant presque d'une main à l’autre : l’opération est terminée, aussi tourne-t-il simplement la tête à droite, sans se soucier du geste de ses bras. Un éphèbe, sur un vase de Munich °, au contraire penche la tête sur l’épaule droite, car le seul côté gauche de la
Fig. 4327. — Ajustement de la cuirasse. CuiraSSe est en place . Un
léger effort est encore nécessaire pour ajuster le bord de droite. Les choses pouvaient aussi se passer d’une manière plus compli-
1 Gerhard, Aus. Vas. III, pl. cxciv.p. 91 (Würzbourg, peut-être étrusco-ionien).
— 2 Wien. Vorlegeblütt. 1888, pl. vu, le. — 3 Gerhard, Aus. Vos. III, pl.ccvni;
Arch. Zeit. 1884, pl. xv. — 4 Gerhard, Aus. Vas, I, pl. i-xiii (Furtwangler, Beschr. 1803, p. 355, 33G). - 5 Collignon, Sculpt. gr. I, p. 386, fig. 20t. - 0 S. Rciuaeh, Répertoire, p. 187. 3, n* 673.-7 Wien. Vorlegebl. VU, t (coupe de Douris); Heydemann, Vasens. 3097, p. 468 ; Jahn, Vasens. 374, p. 120-1 (inscr. Oooaxtov). Amphore à volutes inédite du musée étrusque de Florence. — 8 Froehner, Musées de France, pl. vm = Milliet-Giraudon, II, pl. lxxvu-viii. Même mouvement, la tête à g., sur la coupe de Douris. — 9 Gerhard, Aus. Vas. III, pl. CLXXXvtu=Jahn, Vasens. 378, p. 123- 4. 10 Millin-Reinach, I, pl. xxxix. — n Gerhard, Aus. Vas. I, pl. xxxvu, p. 148
— Furtwangler, Vasens. I, 1846, p. 340-1 . Voir Smith. Vas. Brit. Mus. III, E 60,
quée. Au lieu de rabattre successivement les é >■ les côtés de la cuirasse, on pouvait, pour aller "ù " res4 combiner les deux mouvements. Sur un vase !i -, v Méridionale, un guerrier maintient en place d’une ' •° le côté droit de sa cuirasse, tandis que l’autre nviiii i" "n rabat l’épaulière gauche 10 ; l’armure est désormais fi 06 I et ne peut glisser du corps ; le guerrier pourra don* I loisir rabattre l’autre côté de la cuirasse, puis des ■ a la seconde épaulière. Le même motif se retrouve en 1 inverse sur un assez grand nombre de vases peints'Tl main droite à l’épaule, le bras gauche maintenant 1 cuirasse 11 . Il est à remarquer que ces diverses manières de revêtir l’armure supposent toutes qu’elle s’ouvre par devant et non sur les côtés. De fait, la fermeture sur le milieu paraît, à la différence de ce que nous avons vu pourl la cuirasse à gouttière, être de règle pour la cuirasse à lambrequins. Il n’est même pas sûr qu’il y ait des excep- 1 tions. Sans doute nous voyons dans certains cas une charnière ponctuée de clous sur le côté de l’arme sans qu’il y ait au milieu aucune indication d’ouverture 1!, mais les jointures pouvaient être perfectionnées et très peu apparentes, l’une des lames recouvrant le bord de l’autre au lieu de lui être fixée par des œillères ou des lacets : dans ce cas le peintre a pu fort bien, pour ne pas charger son dessin, négliger la simple ligne verticale qui aurait partagé en deux la cuirasse. En tout cas, l’on dut préférer le premier mode de fermeture, plus simple et surtout plus pratique. La cuirasse ainsi ajustée était] passée sur toute sorte de vêtement, mais jamais, semblet-il, sur le corps nu du guerrier : un justaucorps apparaît parfois sous l’armure13, mais le chiton court et plissé semble avoir été surtout employé. Sur 1 armure, on ne mettait rien. C’esf tout à fait par exception, et seulement sur des exemplaires récents, qu’on voit un himation oui une draperie jetés sur la cuirasse u. Peut-être les Giecs affectaient-ils de dédaigner une pratique qui, suivant Hérodote, était en usage chez les Perses d’ailleurs rendait moins nécessaire une armure pus souple et où le métal était moins apparent.
XIV. La forme de la cuirasse proprement (hic oaj sensiblement la même dans tous les exemplair 1 l’ornementation différait sensiblement. Lu s 11 1 IT\ . cation introduite par la suite fut de rendu I •uiu rigide eide l’adapter de plus près àla forme du 1 n’étudierons provisoirement que les cuii ass< “ Jj est séparé du yuocXov par une ligne droit' < l 1 i Le décor en est infiniment varié. Il peut an o ^ n’est pas le cas le plus fréquent, qu soUvent
vienne décorer le devant de la cuirasse • e cesont
des bandes horizontales en rompent 1 uni (*in ’ des ceintures unies, ou ornées des rangées de points tillés 19, méandres 20
motifs les plus ^
17, filets 18, losanges ou
■" H82a6ïbïï« -
rais de cœur
rent ces
lignes ondulées23, etc. Le plus souw
^ Il pi. m'*1)']
p. 82-3 ; E 59G, p. 330 ; Gerhard, Aus. Vas. IV, P*' CCI XIX' 1 ^ yrtS. lit P1’
- 12 Journ. Bell. Stud. XVII, 1897, pl. vr, Gerhard, ^|8:f„|l,P ««J — 13 Wien. Vorlegebl. 1888, pl. vi, 1 (Exekias). w, - is Ile.»'1- '
p. 141,143 ; Inghirami, Vas. fUt. pl. euxtx. zél. 1883, pl- “j/jJ
‘2; cf. Arch. Zeit. 1802, p. 28G (Helbig). pl.xxxiv-
Journ. hell.stud. 1897, pl. v>. 11 ^ ^ j jrb. 1895. P>- IV’ " ,bid. II'.
Vas. Lamberg, vign. V, p. 17 (pl. *'<)■ cixK. - 21 °el' ’l ccXX*
Zeit. 1851, pl. xxv..; Gerhard, Aus. V “s> ^ Gcl.hard, Ibid. 1 ’ ' pl. clxxxiv (Mus. Greg. Il, pl. I V111)' ... | exov» (J®
(Euphronios, coupe de Troïlos). — 23 Gerl.ar , /,(
mit
LOR
Fig. *528. - Cuirasse à plasiron.
r de la cuirasse : une sorte de plastron font pas 10 0 devant) je forme généralement rectanest réserve pi étant plus en vue, est aussi '
gulaire et (IU ’ plu3 spécialement décoré. Ce plastron peut être bas et limité, sous les épaulières, par une bande horizontale1. Il peut aussi, ce qui est le cas le plus fréquent, être continué jusqu’au cou, tantôt sous la forme d une bande étroite , tantôt sous celle d’un large champ rectangulaire 3 (fig. 4328). La séparation de la poitrine et des parois latérales est quelquefois à peine marquée \ mais elle peut être nettement indiquée et soulignée comme dans la figure 4528 par des agrafes juxtaposées : il en était ainsi lorsqu’une plaque métallique couvrait le devant du corps et était
assujettie au rembourrage de cuir..
XV Entre les diverses bandes horizontales de la cuirasse, au dedans et au dehors du plastron rectangulaire ou même sur la surface non divisée de l’arme5, les motifs les plus divers remplissent le champ. Nous ne pouvons songer à les indiquer tous. La plupart appartiennent au système des écailles métalliques cousues ou rivées sur le cuir et qui, juxtaposées ou souvent superposées, devaient protéger efficacement contre les coups. Elles sont de plusieurs formes, mais toujours attachées par le haut : les exceptions à cet égard, et à toutes les époques de l’art, sont infiniment peu nombreuses G. Dans la cuirasse à lambrequins, les écailles sont souvent allongées et rectangulaires (fig. 4529) 1 ; d’autres fois allongées dans le sens horizontal 8 et toute la partie inférieure de la cuirasse peut être faite de carrés découpés, posés l’un sur l’autre en imbrication et mobiles comme les lanières des lambrequins.
Il y en a de presque trian- ^gu aires et qui doublent, semble-t-il, d'autres feuilles rectangulaires disposées verticalement9. Enfin un très grand nombre sont de forme plus ou moins arrondie l!erS *)as A côté des écailles, paraît le motif F mllissage oblique ou des losanges (fig. 4530) u, des •|ln ^ ^ central marqué souvent au centre
dans 1 MUI*,S ' ^am*er était aussi connu et employé
sdiêiinii"11 meS conc^i°ns l2- D’autres motifs sont moins r nques, comme des lignes ondulées superposées 13
I1 fiei'liard, 41(Si y ... •
~ 3 Gerlurd jK / ’ P • cc- — 2 C. rendus, 1867, pl. vi, 2, p. 188.
1 Gerhard, ius V ' *)1‘ Cl xxxlv I Mus. Gregor. II, pl. lvim.
ksb Atlas ; /o, "S' P*' CLVm- — 5 C- rendus, 1874, pl. v, p. 189 ; Over-
lv! Millinecn ylrjCsc^'’ P*- v> 1 ; Froehner, Choix de vases peints, pl. cxcvu' \\5\ l Pt xxl1 ; Gerhard, Aus.Vas. 111, pl. clxvi ;
r IV, fjg 3 ' ' ' ''cr' Me Denkmüler, 111, pl. xn. — 6 Voir supra ,
/ b *f. Slcphani n '^,num- 'b pl- lxxviu ; Overbeck, Atlas , pl. v, 3, iHard, Aus y J ■ rendus, 1874, p. 186, 3. — 7 C. rendus, 1674, pl. v; I 'B1"-'5 de points ol,|j, u’/ cl,vm: R- Rochette, Mon. inéd. pl. lxxi (avec des 8 Colleet, Tijslciewicz, pl. xxv, xxvi; Monum. XI,
ou des séries de petits cercles11. Dans tous ces cas, nous avons évidemment affaire, non à des ornements brodés ou poinçonnés sur le cuir, mais à des plaques rappor-
Fig. 4530. — Cuirasses à écailles.
lées et cousues. On peut remarquer que rien; dans le décor, ne sort de l’ornementation linéaire. A l’époque de ces cuirasses, qui est la période classique de l’art, la fin du vic et le v° siècle, les motifs non continus ou empruntés
Fig. 4531. — Cuirasse d’Alexandre (mosaïque de Pompéi).
à la figure humaine sont des plus rares. C'est exceptionnellement que nous voyons en haut du yûaXov une simple étoile15 ou une tête de Méduse16. Puis l’armure se modifiera. Sur la statue équestre qui passe pour celle d’Alexandre, au Musée de Naples 17 et dans la figure qui le représente dans lamosaïque de Pompéi (fig. 4531) 1S. apparaît une ceinture véritable nouée au milieu du buste qui sera désormais et jusqu’à la fin de l’empire romain un insigne du commandement [Voir § XXVI]. Plus tard, des rinceaux compliqués couvriront le torse, mais dans une
pl. xv. 9 Cecil Smith, Cat. vas. Brit. Mus. III, E 196, pl. vu, p. 165.
— 10 Gerhard, Aus. Vas. IV, pl. cclxviii ; Ibid. 111, pl. clxix (Jahn, Vasens. 283, p 83) ; Ibid. III, pl. clxvi. — 11 Les losanges et les écailles sont réunis (fig. 4531) sur la coupe de Sosias. Voir encore Monum. I, pl. xxv ( Ant . Denkm. I, pl. x). Gerhard, PL, III, pL clxvi; Ibid. III, pl. cxcvii (Jahn, 890, p. 287-8).
— 12 Gerhard, Ibid. III, pl. cxcvu (Jahn, 890, p. 287-8) ; Wclcker, Alte
Denkm. III, pl. xu. — 13 Gerhard, Ibid. III, pl. cxcvu (Jahn, 890,
p 287-8). !* Même vase. — 16 Gerhard, Aus. Vas. III, pl. clxix (Jahn, 283,
p g3j. IG Voir la figure 4529. — 17 Voir equus, fig. 2762. — 18 Mus. Borbon.
VIII, pl. xxxvu ; Niccolini, Case di Pompéi, Casa del Fauno, I, pl. vu.
LOU
peinture qui représente des personnages orientaux*. 11 faut attendre le ive siècle pour trouver, sur le vase de Canosa2, l’arme surchargée et comme brodée, d ' emblemata el d'ornements précieux, d’où procédera, avec quelques modifications, letype des statuae loricatae [Voir S XXVI].
XVI. L’un de ces changements qui transforment l'ancien modèle consiste à rendre courbe, de rigide qu il était, le bas de la cuirasse à lambrequins, là où s attachent les pteryges. C’était, par là même, lui faire épouser de près la forme du corps. La modification ne se borne pas là : la nouvelle armure reproduira sur sa surface extérieure les principaux détails anatomiques ; elle sera plus souple à la fois et plus vivante. Sans discuter si le perfectionnement était, ou non, plus esthétique, constatons qu’il apparaît de bonne heure, dès les vases de beau style libre et quelque peu avant le milieu du Ve siècle. L’ornementation des nouvelles armures est, tout naturellement, assezvariée. On en trouve qui sont toutes composées d’écailles : le jeu des plaques glissant les unes sur les autres rendait le corselet très souple et se prêtait a tous les mouvements du corps3. Des volutes s enroulent fréquem-
mentautour des seins et surmontent l'indication sommaire de la cage thoracique (fig. 4532) L Dionysos, sur un beau vase a Saint-Pétersbourg 6, est vêtu de cette cuirasse -où l'on retrouve, quelque peu transformé, le motif de l'ancienne carapace à gouttière. Les mêmes palmettes 0 et les mêmes rinceaux ornent certains bronzes d’un travail soigné et qui représentent Arès 1 ou des héros. Il ne faudrait pas croire que le décor soit dû à la seule fantaisie de l’artiste: nous retrouverons la même indication des muscles sur des stèles funéraires attiques, où le mort est figuré tel qu'il était pendant la vie, avec ses armes et son vêtement habituels8. Sur des pièces de luxe, l’ornementation pouvait être moins sévère. Des masques ou des protomes, une tète de panthère9, un gorgoneion 10 étaient appliqués sur le devant du torse. Exceptionnellement, des bandes entières, ciselées ou repoussées, se déroulaient comme des bas-reliefs superposés11 : si la petitesse des repiésentations empêche de bien voir les scènes figurées, nous pouvons cependant nous faire une idée de la splendeui et du luxe de ces armures.
XVII. Les épaulières, nous l’avons vu, fixaient le y^ov sur le buste, mais il va sans dire qu’elles pouvaient aussi le décorer : la forme et l’ornementation de ces pièces
l Gerhard, Aus. Vas. I, pl. l-i (Stephani, Vasens. Il, 1538, p. 201, 202).
— 2 Munum. IX, pl. xxxii {Mon. et mém. Piot, VI, 1, p. 37, fig. U).
— 3 Arch. Zeit. 1853, pl. lv (Heydemann, Vasens. 2200, p. 221-1), voir § XV.
— 4 Millingen-Reinach, Peint, de vas. pi. xn.v. — 5 C. rendus, 1807, pl. iv.
— 6 Millingen-Reinacli, pl. xlix, p. 118. — 1 Walters, Bronz. Prit. Mus. 1071, p. 191, pl. xxm. — s Collignon, Sculp. gr. II, p. 377, fig. 19G ; p. 378, fig. 19' stèles d'Aristonautès et de Rrokleidès). — 9 Cratère de la coll. Tyskiewicz, pl. x\n.
— 10 Heydemann, Vasens. 3239, p. 540.— 11 Bull. Napolit. \ II, pl. i et n ; Arch. Zeit. 184G, pl. xuv, 2 et xlv, 1. — Bull. corr. hell. 1892, p. 2o4, 10 (Annali. 18G3, pl. E). — 13 I.aborde, Vas. Lamherg, 1, pl. xxi ; Gerhard, Aus. Vas. IV, pl. cci-xix , 2 {Mus. Greg. II, pl. lxxxi) ; R. Rochette, Mon. in. pl. i-xxi.
14 Jahrb. 1895, pl. iv; Wien. Vorlegebl. VU, pl. î (Douris). — *“ Monurn. XI,
pl, xv ; Arch. Zeit. 1883, pl. ni, c (Douris, Vasens. II, 2287, p. 575-7); C. rendus, 18GG, pl. vi. La pièce inférieure, isolée, est quelquefois de forme
Fig. 4532. — Cuirasse modelée et à lambrequins.
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ment
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rabattues ne contribuaient pas médiocre aspect de la cuirasse. Il n’y avait nullement u , ‘dans la coupe de ces clapets mobiles Les . UlUll)rmité étaient de simples pattes, assez larges ;"'CIOns
arrondies vers le bas 12. Ce premier type n’e el
donné par la suite, mais simplement affiné 1,. devenant un angle aigu13. Une modification piUg ■l ro"d tante fut la division de l’épaulière en deux pièces'!''^' posées, l’une plus large et plus haut placée, l’autre "{'"T' sous la première et qui servait à maintenir l'armure V deux parties sont parfois l’une et l’autre rectangulaires u mais, le plus souvent, l’inférieure a l’apparence d’un triangle rectangle dont l’hypoténuse serait remplacée par' une ligne courbe18. Enfin la figure compliquée résultant de ces deux éléments combinés se rencontre aussi sans que la ligne de séparation entre eux soit indiquée10.
XVIII. Le décor des épaulières est des plus variés et généralement, à l’époque classique, plus riche que celui du ydaXov. Il est assez rare que le champ n’en soit pas orné1', mais un rectangle18 ou des lignes transversales 19 peuvent suffire à le remplir. Sur une hydrie de Cæré paraissent des spirales20, sur le vase de Canosa une rosette et des fleurons21, ailleurs des étoiles rayonnantes22, surtout dans la partie supérieure, une fois
Fig. 4533. — Épaulières de cuirasse.
même une grenade et un serpent dressé - • I ! bole de la vaillance eL d'Arès, sert fréquemun ni 1 "P paion. On le rencontre rampant 2 % mais phi-, 11 forme de simple masque Une belle t'l,aml done, conservée dans sa partie inférieure, esL .u1"', ,, jaa tète d’Omphale26, et les bronzes de Sins- aW0D11 ^ British Muséum, nous montrent (fig.
terrassant des Amazones 2‘. nlnsieurs