C. Viciri Agat. Bic. Agat : Rome, Afrique
Vibiani : Cisalpine, Narbonnaise, Pannonie.
De cette liste, que nous avons réduite aux signatures les plus connues, il résulte que les diverses marques n étaient pas également répandues dans les différentes régions du monde romain. Si toutes ou presque toutes se retrouvent à Rome, il n'en est pas une seule qui ait été à la fois populaire au nord et au sud. La marque Fortis, extrêmement abondante en Italie et dans toutes les provinces européennes, est très rare en Afrique ; la marque C. Clod. Suc, fréquente en Afrique, à Rome, en Narbonnaise, ne pénétra presque pas dans les provinces danubiennes; il en fut de même pour les marques C. Jun. Alexi , C. Jun. Drue., M. Novi Justi, C. Oppi Rest. D'autres marques, au contraire, ne sortirent d’Italie que vers le nord; hors d’Italie, la marque Commuais ne s’est guère répandue qu'en Pannonie; de même les marques Phoetaspi, Strobili, Vibiani , franchirent les Alpes à l'ouest, au nord, à l’est, mais ne gagnèrent ni la Sicile et la Sardaigne, ni l’Afrique. Enfin, certaines signatures paraissent avoir été spéciales à une région, môme à une province : ainsi la marque Anni Ser. est localisée à Rome et à Ostie ; la marque L. Hos , Cri. est tout à fait localisée dans les Gaules, ainsi que la signature Marcelli ; les marques Q. Mem. Kar. et Q. Mem. Pud . n’ont été encore rencontrées qu’en Sardaigne; la marque Pullaeni, Pullaenorum, est très nettement particulière à la Sardaigne et à l’Afrique du Nord. Pouvons-nous tirer de ces quelques faits des conclusions générales sur les centres de fabrication des lampes, sur le commerce dont elles étaient l’objet? Il semble bien que la plupart des lampes signées qui ont été jusqu’à présent recueillies dans les provinces proprement romaines de l’empire aient été fabriquées en Italie ; il n’est pas invraisemblable qu’il y ait eu en Italie trois centres de fabrication : Rome ou ses environs, la Cisalpine, peut-être la région de Modène, où se seraient trouvées, d’après Dressel, les fabriques dont les marques sont : Commuais, Fortis , Strobili 1 ; enfin la Campanie. Hors d'Italie, il y eut certainement des fabriques importantes en Afrique et en Narbonnaise. Sur une inscription découverte en Tunisie, non loin de Dougga, sont mentionnés des Praedia Pullaenorum 2 ; il n’est point impossible que les Pullaeni , propriétaires de ces domaines, soient les mêmes que ceux dont le nom
i C. i. lat.. XV, 2e part. t. I, p. 783. — 2 Carton, Découvertes épigr. et archéol. p. 254, n. 447. — 3 C. i. lat. XV, 2e part. t. I, G8G9 et s. ; Kaibel, Jnscr. gr. liai, cl Sicil. n° 2405; Di Cesnola, Salamina , p. 284-285. — 4 C. i. lat. XV, 2° pari.
est inscrit sur beaucoup de lampes trouvée et en Afrique. Les lampes signées L. f/os h u. I
bien avoir été fabriquées en Gaule Omni
locales, elles ont dû être très nombreuses"" produits sont en général grossiers et s-uv ’ I''llr3| seule mérite d’être signalée, qui se trouvé" T' Unl sarea (Cherchell), soit dans la région voisin,. - 1 i" H de cette partie de l’Afrique du Nord sont J* M “"H1 par la formule Emile lucernas ab asse coh, b' portent souvent autour du disque supérieur Les signatures de potiers grecques sont beau*, moins nombreuses. On en a recueilli un m hin * K»™. ™ et dans las provinces
1 empire3. Elles présentent le même aspect génénl „ les marques latines. Elles se composent d’un' d’homme au génitif, très rarement
iHun
au nominatif; souvent ce nom grec n’est que la traduction ou la transcription d’un nom latin. Voici les principales : ’AGwxmou, -J Xto(u), IveXcsi (Celsi), KopvvjXiou, $Xa6fou, Aouxfou, (Rome), ItauXou, IlXâxwv (Cypre), IlogmXi'ou (Naples), IIpôxXou ’Ayuptou (Sicile), P-qyXou (Tarente).
Quant aux lampes chrétiennes, il est très rare qu’elles portent, comme marques de fabriques, de véritables signatures. Elles se distinguent par des lettres, plus souvent encore par des signes empruntés presque toujours à la symbolique chrétienne, des croix de toutes formes, entourées de cercles ou cantonnées de points, des ancres, des cœurs, des palmes, des grappes de raisins. Lettres et signes sont gravés ou estampillés grossièrement sur le fond de la lampe L Fabrication des lampes. — Nous n’avons pas de renseignements particuliers sur la fabrication des lampes en métal. La lampe d’or de Callimachos, dans le sanctuaire d’Athéna Polias, était une œuvre d’art, sortie des propres mains du sculpteur3. Les lampes de bronze, qui furent très nombreuses, surtout en Grèceeten Italie, se fabriquaient sans doute comme les autres vases et ustensiles en métal ; il ne nous reste aucun document, l’antiquité ne nous a transmis aucun indice, qui nous permette de croire à l’existence d’un procédé ou d un mode de fabrication spécial. Il semble impossible que les lampes de bronze aient été fabriquées d’un seul morceau,
ou qu’on ait employé pour leurs diverses parties une seu e et même technique. Le coulage, la ciselure, le lra\<n au marteau, la soudure ont été sans doute mis en teuv^J concurremment pour les lampes comme poui tou c J vaisselle de métal [caelaturaJ. Nous placei on> 11 1 ^ dessin de la lampe de bronze du musée de bor|c^ ' chef-d’œuvre de la loreutique des Etrusques ' ^ ^
Elle mesure 0m, 84 de diamètre; ses seize becs s()nl('^iirJ par des têtes cornues et barbues; au-dessous jg)
de Sirènes alternant avec celles de Silènt s ■> ^ ^ je jouant delà flûte; un masque de Gorg°n< 1 milieu, entouré d’une première zone d animaux ^ ^ deuxième de flots et de poissons. Nousovoa ^ haut une lampe de bronze incrustée d oi l|,llo ^ jonc Domo d'Ossola ; le fabricant de lump1 s ,raP0ia]| quelquefois appel à l'art de l’incrustation A111^ coninient Nous savons mieux et avec plus de ( (j,:c0rer Ie3les potiers s’y prenaient pour fabrique i
t. I, p. 858 et s. ; Delattre, Les lampes antiques du Musn > ^ ,8u, A 15 tliage, p. 18. — 5 Paus. 1, 20, § C. à x, p. 72; Mon. d. Ist. III, pl. xi.i, xui
G Micali, Mon.
inei. FU*
Annal. 18*2, p- s3'
LUC
LUC
„ p.-ito ' Les plus anciennes lampes, ces lat»Pes c nl1 (ipnx becs qui ont été trouvées dans les écuellos a g de ]’Afrique du Nord et à Chypre,
nécropoles p» 1 Unes don tse soi valent les Égyptiens, les
Ova mentionnés
humain, d’une partie du corps (tête ou pied), d’un animal, etc. ; nous nous contenterons de renvoyer à l’article figlinum(III. La Plastique en terre) et au livre de M. bottier : les Statuettes de terre cuite dans l'anti-
jtaient
par Polli>x,ot
certainementfaits
all tour8- Ce procédé rudimen taire suffit, tant
que les lampes ne
Reçurent pas de décoration. Mais lorsque l’on se mit soit à égayer par des ornements la forme couraqtedes lampes, soit a imaginer pour la lampe les formes variées etfantaisistes que nous avons indiquées plus haut, il fallut recourir à une technique plus perfectionnée.Surplusieurs lampes de la nécropole de PEsquilin, des inscriptions furent gravées à la pointe, dans la pâte encore molle 3 voir iig.
4370) ; l’image de Tanit et des palmes , obtenues par le même procédé, se voient sur dos lampes grecques qui proviennent de Carnage4. Peut-être aussi les potiers
essayèrent-ils de modeler à la main
quelques motifs lrès simples de décoration , des 0V(ÎS- des rin- Manx, des lêleg
el l’em a'1'8 ces tentatives furent abandonnées,
le ri,;,-., ' 01 <'n moule devint général. Il est inutile de îlles f lu en ce qui concerne les lampes auxu»nnait la forme d’un groupe, d’un corps
ou
on
Fig. 4G02. — Lampe étrusque en bronze.
quile
trouvera toutes les indications nécessaires. Les lampes de forme ordinaire étaient fabriquées à l’aide d’un moule double. Le moule d’une lampe se composait en effet de deux parties, dont l’une servait pour la face supérieure (bec, disque, anse, ou manche), l’autre pour les flancs et le fond du récipient proprement dit. La première partie du moule comprenait en creux le sujet ou le motif d’ornementation qui devait décorer le disque de la lampe ; la seconde partie, quand il y avait lieu, portait soit en creux, soit eu relief, l’estampille du potier.
Les deux parties d’un même moule s’adaptaientexactement l’une à l’autre, quelquefois grâce à des tenons qui faisaient saillie suile bord de l’une ou de l’autre; souvent aussi, une même marque, signe conventionnel ou lettre, était gravée sur les deux parties, afin d’éviter toute erreur (Iig. 4603) 7 . Plusieurs moules de lampes ont été retrouvés en Grèce®, en Italie, en Afrique9; ils sont en terre cuite très dure ou en plâtre.
' Bircll> /I hist ne
'K*1- mut Terminal v°ttanJ> 2“ éd- P- 508 ct s- ! Blümner, Tecli-
9"c au n,ot vi P- '88 et s. — 2 Aristophane, Ecoles. 1, appli-
tl *■' p>. 0. P i'ji, , |mllète — 3 Ann , d. fstjt. 1880, p. 200
Lavigerie de Saint-Louis de Carthage, II, p. 38.
— G La Blanchére ct Gaiickler, Ù. c. pl. xxxiv, n“* 17, 18. — 8 Ch. xi, p. 217 ct s. — 7 Bii’di, O. I. II, fig. 189; Blümner, O. I. II, fig. 24. — 8 Ch. Bigot, Bull, de l’École franc. d'Athènes, août 1808, p. 44 el s. — 9 La Blancliire et Gaiickler, Calai, du Musée Alaoui, p. 253, n«* 390, 397.
UJC
Comment ces moules étaient-ils fabriqués? Autant que nous pouvons le savoir d’après les documents que nous possédons, il y avait deux procédés pour obtenir un moule de lampe. 1° Le potier fabriquait en terre massive le modèle même de la lampe dont il voulait tirer de nombreux exemplaires ; c’était sur ce modèle que le moule était pris en deux parties. Deux modèles, deux
originaux de cette nature ont été étudiés par Ch. Bigot, au musée d’Athènes. « Le modèle, écrit-il, massif, plein, est fait d'une terre prodigieusement fine ; le grain en est serré, sans la moindre aspérité, doux au
Fig. 4G03. — Moule d’une lampe. , „ , , , ,.
* toucher comme du marbre poli ; ilaacquisla dureté de la pierre...
N oilà l’œuvre même de l’ouvrier antique. Si les moules venaient à s’user, on pouvait sur le modèle primitif les renouveler incessamment ’... » 2° Le potier se servait, pour obtenir en creux les sujets ou motifs d’ornementation qu'il voulait reproduire sur les lampes, de poinçons ou estampilles en relief [figlinum, p. 1129-1130]. Ces estampilles devaient se trouver dans le commerce; sans cela, on ne s’expliquerait pas que des reliefs, sortis, sans aucun doute possible, du même moule, puissent orner des lampes qui portent des signatures différentes. Par exemple, le musée de Constantine possède deux lampes dont le disque est orné de deux palmes et de deux couronnes, dans un pourtour d’oves. La comparaison des deux objets, réunis dans la même collection, permet de constater que les deux reliefs reproduisent, le même original; pourtant, les deux lampes sont signées de deux marques différentes : l’une porte erotis, l’autre mvn trept, deux signatures bien connues. L’identité des deux motifs s’explique naturellement, si l’on admet que les chefs d’ateliers pouvaient fabriquer leurs moules avec des estampilles qui se trouvaient dans le commerce2. Et le fait est loin d’être exceptionnel. En voici un autre exemple. A Cherchell, à Saint-Leu près d’Arzeu (département d'Oran), au sommet du Bou-Kourneïn, voisin de Carthage, ailleurs encore, ont été découvertes des lampes à deux becs, avec manche triangulaire : dans tous ces exemplaires, les becs sont ornés de volutes ; sur le disque est représenté un autel circulaire, entre deux arbres; autour du tronc de chaque arbre, est enroulé un serpent, qui avance la tête au-dessus de l’autel ; le manche est orné d’une palmette, à la base de laquelle on distingue deux dauphins affrontés. Il y a, dans toutes les parties de la lampe, ressemblance absolue entre ces exemplaires trouvés si loin les uns des autres. Or de ces lampes une est signée C. Cio. Suc. ; une autre, C. Oppi. Res. ; une troisième Successif d’autres ne portent au revers aucune marque de fabrique. Quant aux motifs purement décoratifs qui se répétaient uniformément soit sur le disque, soit autour du disque (stries rectilignes ou curvilignes, oves, etc.), ils étaient probablement obtenus en creux dans le moule à l’aide de roulettes en terre cuite ou en bronze [forma, p. 1243, fig. 3179-3181]. Lorsque le potier voulait signer ses lampes, ou bien il imprimait son nom en creux dans la partie inférieure du moule à
l Ch. Bigot, L. c. p. 44-45. — 2 Friedlaender, Mœurs romaines, trad. Ch. Vogel, t. III, p. 302 et s. — 3 C. i, lat. XV, 2e part. t. I, n°B 0350, 0593, 0445, 0544. 4 Ch. Bigot, L. c. p. 45; Delattre, Les lampes antiques du Musée de Saint -
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l’aide d’un timbre en relief [figlinum, p et, dans ce cas, la signature de la lampe se tr, °U42J' aussi, en relief; ou bien il appliquait direele"™1, ^ timbre sur la lampe, au sortir du moule, avani h* "■[ S°n dans ce cas, la signature était en creux | ,.s '' '
importantes possédaient un jeu considérable de i
fabi'iqueg
A Rome seulement, il a été trouvé 91 sïije'ts^di'rj sur les lampes signées L. Caec. Sae., 84 sur le ' |"'‘enls signées C. Oppi. Iles.. 51 Sur celles sig„ées 43 sur les lampes signées L. Mar. Mi.3 o ’ possédons qu’une petite partie des produits Offl'v 1° par chacune de ces officinae ; chacun des nombi'i-s?^ nous venons de citer représente donc une nronm-iT relativement faible. ' 11
Pour fabriquer la lampe, le potier prenait deux morceaux d’argile ; il en étalait un dans la partie inférieure du moule, et l’autre dans la partie supérieure | Puis il rapprochait les deux parties du moule. L’aHle étant encore humide, les deux moitiés de la lampe se collaient l’une à l’autre dans le moule même. Quand la terre commençait à sécher, la lampe se détachait facilement du moule. Alors le potier y mettait la dernière main, avant de la porter au four. Il creusait dans l’argile molle le trou du bec, et celui du disque ou infundibulum ; il évidait l’anse en forme d’anneau; il enlevait les bavures qui avaient dû se produire tout le long de la suture des deux moitiés de la lampe; quelquefois il enduisait la lampe d’un vernis ou d’une glaeure. Elle était alors prête pour la cuisson et portée au four. Los lampes n’étaient exposées, en général, qu’à une température modérée4.
Usage des lampes. — Pour bien éclairer, les lampes de bronze ou d’argile dont se servaient les anciens devaient être placées à une assez grande hauteur. Dans les maisons modestes et dans les catacombes, elles occupaient de petites niches ou cavités creusées dans les murs; quelquefois elles étaient posées sur des tablettes en bois fixées à la muraille 5 ; quelquefois aussi elles étaient ac-
rochées, sans doute à des clous. On a retrom * r|U ^ mnpes dont l’anse forée est disposée de h 111
ue la lampe était certainement accrochée . . r ^eS
iaroi verticale6 (fig. 4594). On a aussi conj'<^ , ampes de bronze, auxquelles s’adaptent, du "> ' ■ ^ u bec, des tiges s’articulant et s’enchaînan )au g e(. erminées par un crochet \ Une lampe, trom h-1 ^ . jn ni a passé en Angleterre8, forme, par la nnu ‘ ^ ^ ;énieuse de la tige à laquelle elle est allat’ u'( effet) cette le transport facile et à deux fins (fig- /<(,,| ‘ '^|r lesquels
ige est terminée d’un côté par trois Pie s endue lie peut se tenir debout, la lampe est a °' ujen i’appa‘ ans la boucle placée à l’autre extrémité, ou
ii C. i. I XV’
ouis de Carthage , p. 18-19. - 5Virg. Morelum 19 e •
■ part. I. I, tav. m, n- 22, 23, 29. - 3 Piranes., Vas \ Archaeologia , t. XXV, pl. 10. - » Piranes., IM., I ■
LUC
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trou \
(1 pt c’est la lampe, arrêtée sous la boucle, re'j se I <.IJ')1.S de support, et les trois pieds portés en haut qui sert*» 01 b]ableg aux plateaux d’un lampadaire. Un
rV‘[ ""de suspension y a été ajouté.
C limpes pouvaient aussi être suspendues au pla- Ln celle que l’on voit (fi g. 4605) est en argile ; elle a été f°n ■ ./.rnrhée au linteau d’une porte dans le tombeau
étrusque des Volumnii à Pérouse2.
L’anneau de suspension est formé par un serpent replié au-dessus de la tête d’un génie ailé. La lampe est à huit becs. Le dessous est orné d’une tête de Méduse. On peut en rapprocher les figures 4579 et 4602.
Le plus souvent on avait recours à un support qui permettait de placer la lampe à la hauteur voulue. Ce support était tantôt adhérent à la lampe ellemême, tantôt indépendant. Dans le premier cas, la lampe était munie d’un pied plus ou moins développé, plus ou moins orné. Les lampes à pied sont, on l’a vu (p. 1320, fig. 45(54), aussi anciennes que la lampe elle-même. On a découvert dans la nécropole punique de Gouraïa, près Cherchell (Algérie), une lampe en forme d’écuelle à deux becs portée par un pied très haut. Le musée de Carthage possède une lampe de même forme, dont le pied est brisé. La collection de M. le commandant Farges renferme une lampe de forme primitive(écuelle à un seulbec), sous laquelle on reconnaît l’attache d’un pied; elle provient de la nécropole punique de Collo 3. Dans la nécropole punique, voisine de la colline de Sainte-Monique, le P. Delattre a trouvé en 1898 deux lampes grecques à pied (fig.
dg (. 4606) L Le musée de Saint-Louis
déco!!) ’ Possède quelques colonnettes et fragments qui si!"111 ^ CS 6n terre cu*!e> surmontées de chapiteaux, do lui," inl l lUle aPParencei étaient, de même, des pieds len.(i (!|M ' ^ * époque romaine, les pieds des lampes en nées h,.',' ll'(Plrenl des formes plus variées et plus or- 0n u il (|UX StVes m®r^ent d’être signalées spécialement, tensilcs (]'*■ et aux environs de Naples des us-
Cmp(,s 11 rage , composés d’une ou de plusieurs 11 1 mies par un petit autel de forme quadran-
, ^**lv At’n, | 797 . n i „
J""’1'» pl. vin lx . ’ c;ron- Sat. 30. — 2 Vermiglioli, Sepolcra d. Vo-
■ Hlanchct, Coll r la(lile> &eP- d. Volumni, pl. xm. — 3 M. Besnicr cl "J'sine de la collin,, " P’ ^1, n» ‘3. — 4 La nécropole punique
p' *6' fig. 31, L s ^amte- Monique, extr. du Cosmos, 1899, p. 13, fig. 25 ;
• - lat. XV, 2» part. t. I, u»* 6009, 0610, 6734;
Fig. 4600.
Campe grecque à pied.
Iulaire ; les faces latérales de l’autel sont souvent ornées de bas-reliefs (fig. 4607)*. Plus nombreuses sont les gampes, dont le pied en forme de balustre renversé, est orné d’une ou de plusieurs figures debout en relief6, telles que Minerve,
Vénus, Apollon citharède, la déesse de la Nuit représentée sous les traits d’une femme voilée qui tient une Fig. 4607. — Lampe en forme d’autel,
torche allumée dans
la main droite et trois pavots dans la main gauche abaissée, ou la Victoire; un support de ce genre, reproduit dans le recueil de Passeri \ est décoré de trois figures en pied, où l’on a reconnu Diane chasseresse, Séléné la déesse de la lune, et Hécate (fig. 4608). Enfin, mais plus rarement, le pied de la lampe fut complètement transformé en une figure 8, par exemple un Amour avec les attributs d’Hercule ; peutêtre aussi le motif d’Atlas portant le monde fut-il adapté à cet usage 9.
Les lampes en bronze, comme les lampes en terre cuite, étaient parfois munies d’un pied adhérent; en général ces pieds s’élargissent à leur partie inférieure pour donner à la lampe une base plus large, et par suite plus de stabilité. Il n’est pas rare qu’ils aient
la forme de trois griffes de lion10.
Fig. 4G08.
Lampe eu forme de vase.
Les lampes dépourvues de pied étaient soit posées sur des supports plats, soit suspendues par des chaînettes à des supports de formes diverses. Les lampes que l’on posait à plat sur la tablette 11
(7UV7.X!0V OU 7tlVaXl<7XlOV 12),
du support ou du candélabre (fig. 4609), ne présentent aucune disposition particulière. Les lampes destinées à être suspendues étaient munies soit d’anneaux, soit, quand elles étaient en bronze, de tiges recourbées, ornées souvent avec beaucoup de soin, par exemple de cols et de têtes de cygne13. Certaines lampes, au lieu d’être posées à plat ou suspendues, étaient, pour ainsi dire, fichées sur l’extrémité d’une tige pointue. En Sicile et dans l’Afrique du Nord
Fig. 4609. — Lampe de bronze sur son support.
Antich. di Ercolano, t. VIII, pl. xu, u» 2. — 6 Monlfaucon, O. c. t. V, 2* part, pl. clxvu, clxxi, ci-xxxix; Passeri, Luc. I, pl. lxix, xevu; Bull, comun. 1890, p. 25. — 7 1, pl. xxii. — » Ant. di Ercol. t. Vlll, pl. xxxiv, u° 3. — 9 Monlfaucon, O. c. t. V, 2e part. pl. ci.xxit. — 10 Par exemple au Louvre (salle des bronzes)". — U Mus. Borb. t. IV, p. 14. — 12 Poil. X, 115. — 13 Ant. di Ercol. t. VIII, pl. lu.
UTC
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(Carthage, Gouraïa, Khenchela), ont été trouvées en effet i des lampes dont la forme serait inexplicable, si on n'admettait pas qu'elles devaient être ainsi placées. De ces lampes, les unes sont traversées dans le sens de la hauteur par une sorte de tube, ce qui donne au récipient une forme annulaire (Gouraïa, peut-être Khenchela) 1 ; les autres présentent, au centre du réci-
Fig. 4610 et 4611. — Lampes fixées sur un tube central.
pient, une sorte de rendement, qui s’élève parfois plus haut que le niveau du bord supérieur (fig. 4610 et 4611) ; ce rendement, d’aspect tronconique ou pointu, est creux et permettait de placer la lampe sur le sommet d'une tige qui s’y emboîtait exactement (nécropole de Megara Ilyblaea en Sicile ; Carthage) s. La disposition
exactement contraire était aussi appliquée : la lampe était munie à sa partie inférieure d’un appendice en forme de tige, qui s’enfoncait dans le fût du candélabre ou du lampadaire (fig. 4612): Enfin la lampe pouvait être garnie d’une sorte de virole que l’on faisait glisser à volonté le long de la tige du candélabre [candelabrum, fig. 1095].
Les lampes de bronze et de terre cuite étaient d’un usage courant dans la vie privée. Les nombreux exemplaires trouvés à Herculanum et à Pompéi le prouvent sans contestation possible. Comme il est naturel, les lampes de bronze, surtout les spécimens de grandes dimensions, ornés de bas-reliefs, même de figurines ou de groupes en ronde bosse, ne se sont rencontrées que dans les maisons riches ; dans les demeures modestes, les lampes d'argile étaient seules employées. Il n’y a point lieu de distinguer, comme ont cru devoir le faire quelques érudits, les lampes qui servaient dans les salles de repas, tricliniares, de celles qui éclairaient les chambres à coucher, cubiculares. Il est évident que dans toutes les maisons les plus belles lampes étaient d’habitude réservées pour les salles où les amis et les étrangers étaient reçus, comme tout ce qui pouvait servir à orner la demeure.
Les lampes n’étaient pas seulement employées pour l’usage domestique. De bonne heure on alluma des lampes soit dans les rues et les places, soit dans les édifices publics. Mais il importe de déterminer avec précision dans quelle mesure les lampes proprement dites ( lucer nue , Xûyvoi) concoururent à l’éclairage public. Beaucoup de textes, cités par quelques érudits comme mentionnant des lampes, doivent être écartés, les uns parce qu’ils renferment des mots d’un sens très général, <fu>- roc en grec, lumina en latin3, les autres parce qu’ils signalent,
1 La laupc de Gouraïa est inédite ; je l’ai examinée moi-mème dans la collection J. Frappa ; M. Bcsnier et P. Blanchct, Coll Farge* , p. 20, n° 7. — 2 Fig. 4610 d’après Monum. an tic h. I, p. 829; la fig. 4611 dessinée au musée de Naples. La lampe de Cartilage, encore inédite, fait partie du musée Lavigerie de Saint-Louis de Carthage; cf. Nécrop. d. Myrina , t. II, p. 590. — 3 Dio. Cass. LXIII, 4 ; Plut. Cic. 22; [
non point des lucernae ou Xifyvot, niais | • ches, Saos;, XàpraSsç 4 ou des bougies q,!" " l°N xtGveç 6. Cette réserve faite, il est néanmoins les lampes, en même temps que les torches et h* que servaient, dans certaines circonstances, à illi^n •Cler^es' rues, les places, les monuments publics l","ner ’es pour l’époque romaine que nous sommes r
esl surtout
renseignés. Les
même un plein
maisons particulières étaient illuminées jour au moyen de lampes allumées autour du h d’entrée, à l’occasion de toute réjouissance imlü! privée, telle que l’anniversaire ou le retour d iu,!" ' " sonne de la famille, l’anniversaire de l'empereur^’" gnant6. C’était de même avec des lampes que le était illuminé sous la République pendant la célébrathT des jeux romains L
Lorsque César célébra son triomphe sur les Gaulois il monta au Capitole, ad lumina , quadraginta elephanth dextra atque sinistra lychnuchos gestantibus 8. il (,S( incontestable que les lampes furent assez souvent employées dans des circonstances analogues, fûtes pu.| bliques, triomphes, cérémonies diverses; mais c’étaient là des cas exceptionnels, et nous ne pensons pas devoir en conclure qu’il est forcément question de lampes dans le texte d’Ammien Marcellin relatif à l’éclairage public d’Antioche :... in urbe, ubi pernoctantium luminum claritudo dierum solet imitari fulgorem 9.
Sous l’Empire romain, les amphithéâtres etles théâtres furent parfois éclairés à l’aide de lampes. Domitien fit représenter des combats de gladiateurs et des chasses de bêtes fauves, ad lychnuchos 10 ; lors des Jeux Millénaires, en 248, le théâtre de Pompée fut éclairé pendant trois nuits de suite à l’aide de torches et de lampes, funalibus algue lychnis tenebras vincentibus1'. Pendant longtemps, les thermes ne s’étaient ouverts au public que pendant le jour ; Alexandre Sévère permit aux Romains d’en profiter même la nuit, en fournissant l’huile nécessaire à leur éclairage l2; ce détail nous prouve que dès lors les thermes furent éclairés à l’aide de lampes. Athénée cite un Xuyveïov donné a la ville de Tarenle par le tyran Denys de Syracuse; a te lampadaire pouvaient être suspendus autant de lara] qu’il y avait de jours dans l’année; il fut placé dans e I Prytanée de la ville13.
Les anciens ne se servaient pas des lampes uniquemen j pour s’éclairer. A celles qu’ils plaçaient dan> cuiM sanctuaires, ils attribuaient une signification ddh ien (b un rôle religieux, rituel. Tantôt ces lampes ]>i ilI.1" n plein jour, comme la lampe de Callimachos 1 sanctuaire d’Athéna Polias, sur l’Acropole1' , étaient allumées en plein air et dans des cio -1 ^ ^ bien caractéristiques. Pausanias rapporte M ■ ^ forum de la ville de Pharae, en Achaïe, 1 " ' ^ ||tlin statue d’Hermès Agoraios ; devant cette statm i|a|ent foyer en pierre, auquel des lampes de ku,nZI jt un fixées à l’aide de soudures en plomb. La se 1 1 ^j^rse oracle très fréquenté; ceux qui voulaient le gur
présentaient le soir, faisaient brûler de et les
le foyer, puis remplissaient les lampes 1 iU
Anton. 26 ; Amm. Marc. XIV, 1. — * Plut- Cic. 22; . j0?. :0; c(- ^
.v ~ B p„„l. T. r — 6 J„v. XII. v. 89 et s. ; Tcrtull. Ap . cf.
, 22. — 6 Euseb. L. c. — 6 Juv. XII, v. 89 d uxor. II, 6. - 7 Lucil. Sat. 1, 23. - » Suel. Caet. iban. I, p. 363. 10 Suet. Domit. 4. - “ Eutrop. IX, •
ev. 24, §6.-13 Athcn. XV, 19; cf. Theocr. XXI, 30. -
__,9 XIV, 1 12 UmPr' iletf'
H Pans
LUC
, u esl évident que l’huile des lampes est ici
aijui™1"'" au même titre que l’encens, que le fait de
fane ofh'ant 1 , fover et celui d’allumer les lampes
j®ter 1 . )cles de mème nature et de même signification.
6°nt/ln?on, de calendrier, le Philocalus, mentionne pour
U“ des ides d’août (12 août), une fête nommée
la vel ‘ . gur laquelle, malheureusement, nous
^r.^i^aacun autre renseignement2. A Athènes, sous
naV°nb 1 mmain une femme s’intitule Àu^vxTrrota xaî rRmoire rum»11 »
! r/r- d’une déesse3. Dans les campagnes, on susiV£l?hiU certains arbres sacrés des lampes allumées4. PU coutume de placer ou de suspendre des lampes allumées dans les sanctuaires était donc un rite religieux ; w ,U1X païens que les chrétiens l’ont empruntée. Les
cierges et les lampes qui brûlent aujourd’hui dans nos églises n’ont fait que succéder aux lampes de métal précieux de bronze ou d’argile, qui étaient allumées dans les sanctuaires grecs et romains 5. Par là s’explique le nombre considérable de lampes qui ont été trouvées dans des ruines de temples ou sur l’emplacement de lieux consacrés. Ces lampes, qui ne portent pas toujours des traces de combustion autour du bec, étaient apportées dans les temples comme offrandes ou comme ex-voto8. Dans les sanctuaires de Dali, à Chypre, ont été recueillis des fragments très abondants de lampes en forme d’écuelles ou de coquilles1. De même beaucoup de
lampes ont été découvertes par Newton dans un temenos de Deméter et Persépbone, à Cnide ; l’auteur n’hésite pas aies considérer comme des lampes votives 8 . A Sélinonte, M. Salinas a ramassé de très nombreuses lampes sur les gradins qui mènent à l’un des temples de cette ville, et tout autour de la salle qui avoisinait l’entrée de la cella ; ce sont des lampes d’argile grossières, de petites dimensions et sans vernis, ex-voto modestes apportés par la population pauvre9. Plusieurs lampes en terre cuite ont été retrouvées autour de l’autel de Saturnus Balcaranensis , qui s’élevait au sommet du Bou-Kournéin, près de Carthage10. Parfois une inscription indiquait en termes formels le caractère de la lampe : Palladi victrici J1, Jovi Sereno sacrum12, ’Apôép(iSt) lepoç 13 , Dco qu[i est ) Maxim[us), il s’agit ici d’Harpocrate u. Dans le culte d’Isis, les lampes jouaient un rôle tout particulier. On lit, dans la description qu’Apulée nous donne d’une procession maque : « Ensuite paraissaient les ministres du culte. Ces grands personnages portaient les attributs augustes des dieux tout-puissants. Dans les mains du premier on voyait une lampe qui répandait la clarté la plus vive; mais elle ne ressemblait en rien à celles qui éclairent nos repas du soir; c’était une nacelle en or jetant de sa Partk> k l^us large une grande flamme15. » De cette description il convient de rapprocher une lampe en forme de ®ace e, trouvée à Pouzzoles, où précisément les cultes léra'11'1'1' mS ^a*en^ Zébrés : « A la proue de la nacelle, 1|,naat de la main droite un gouvernail, et Isis, > s ' ' "x debout. Au-dessous, un des Dioscures avec
son cheval; plus bas encore un ouvrier nain, tout nu, les jambes tordues, les cheveux disposés en forme de cornes, va mettre au four un petit vase qu’il vient de terminer; à ses pieds sont les instruments de son métier : c’est Phtali démiurge. A l’extrémité de la nacelle, tête radiée du Soleil. Dans un cartouche, au-dessous du Dioscure, le mot EÛTrXota. Sous la nacelle 1 inscription AaSé [AS tov 'HXio(ispa7tiv 16. » Il est vraisemblable que cette lampe, déposée comme offrande ou comme ex-voto dans un temple de Sérapis et d’Isis à Pouzzoles, reproduisait la forme et la décoration de la nacelle d’or symbolique qu’Apulée nous décrit. Des lampes de forme ordinaire ont été trouvées dans l’Isium de Pompéi 11 .
La présence de lampes soit votives soit symboliques dans les temples antiques explique pourquoi l’on offrait souvent aux divinités des candélabres. Pline rapporte que l’on se plut à consacrer dans les sanctuaires des lychnuehi à suspensions ou encore des lampadaires qui portaient les lampes comme les arbres portent leurs fruits [voy. candelabrum, lig. 1099, 1100] : Placuere et lychnuehi pensiles in delubris aut arborum modo ma/a ferentium lucentes 18. Comme spécimen de ces candélabres, il cite celui que l’on pouvait admirer à Rome dans le temple d’Apollon sur le Palatin ; ce candélabre avait été pris par Alexandre à Thèbes et consacré par le vainqueur dans le temple d Apollon à Cymé ; de là il avait . été transporté à Rome. Deux candélabres de bronze ont été recueillis dans l’Isium de Pompéi19.
A l’époque chrétienne, les catacombes d abord, plus lard les basiliques furent éclairées par des lampes, soit suspendues à la voûte 20 (quelques-unes des lampes qui ont été conservées sont encore munies de leurs chaînes), soit posées sur de petites tablettes de bois ou de marbre, soit encore accrochées à la muraille 21 .
Dans les coutumes funéraires comme dans les rites religieux, la lampe semble avoir joué un rôle important. Mais il faut ici faire une distinction. Nous ne devons pas nous étonner d’apprendre que les lampes étaient employées pendant l’exposition du corps à l’entrée de la maison mortuaire22, ni qu’on allumait souvent des lampes près des stèles funéraires ou dans les mausolées. Dans le premier cas, la lampe était employée comme ustensile domestique dans la maison du défunt; dans le second, elle jouait un rôle analogue à celui quelle jouait dans les temples : un mausolée, était-ce d’ailleurs autre chose qu’un temple ; une stèle funéraire, autre chose qu’un autel? C’était là un rite essentiel, à en juger par quelques textes épigraphiques et par un passage du Digeste. Tantôt le défunt stipule dans son testament qu’une lampe devra être allumée soit chaque jour 23, soit un mois sur deux24, soil à certaines dates près de son tombeau25; tantôt l’épitaphe promet quelque avantage au passant qui placera près de la tombe une lampe allumée :
Quisqais huic tumulo posuit ardente(m) lucernam,
Illius cineres aurea terra légat 36 .
E faus. vil ->-> ce „
a». III, 66 - ct 3- — 2 C. i. lat. I, p. 348 et 309. —
1009 — s j, ' SSC1'> Mém, d’hist. ancienne, p. 412. — 4 C. Sy\ !3°;fcrtull sur les antiq. des catacomh
1 lll> 0. 2 cl s . vî 12 1 Uctaut- De vero cuit. VI, 7 ; Cahier, Mélanges H, 22, j __ - ,,, ’ 1 alti8nï> Dict. des antiq. chrét. au mot Lampes. Nùcoterie, n°ralsch-Richter, Kypros, p. 411. - 8 Newton, A ' 9 Aofiîïe / " lCa'nassus' Cnidus and Branclddae, t. Il, p. Vlxi,,,.'-. 189*. P- 205 et s' - 10 Mél. de VÉcole " ’ 1 10-09. — Il Montfaucon, O. c. t. V, 2» part.
12 Lucernae fict. Mus. Passcrii , I, pl.xxxm. — 13 Ibid, pl xeix. — 14 Ibid. pi. i ;
cf. Lafayc, Hist. du culte des divinités d'Alexandrie, p. 302, u. 127. — 15 Apul. Metam. XI; cf. Lafayc, O. c. p. 122-123. — 10 G. Lafayc, O. c. p. 303-304, n» 132. — n Ibid. p. 193. — 1» Plin. Hist. nat. XXXIV, 3, 8. — 19 G. Lafayc, O. c. p. 193. — 20 Prudent. Cathem. V, 141 ; Paul. Nol. Nat. XI, 412. — 21 pc Rossi, Borna sotterr. 111, p. 259; Cahier, O. I. lit, p. 2 ct s.; Delattre, Les lampes antiques du Musée de Saint-Louis de Carthage , p. 27. — 22 Voir funus. p. 1389, fig. 3360. — 23 C. i. lat. II, 2102. — 2V Dig. XL, tit. 4, 44. - 25 Orclli, 4416. — ld. 20 4838.
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Toutefois l’importance funéraire de la lampe antique vient d autre part. Dans la plupart des nécropoles romaines qui ont été fouillées, et surtout dans les nécropoles qui datent de l’époque impériale, de très nombreuses lampes ont été retrouvées parmi le mobilier funéraire. En règle générale, chaque tombe renfermait une ou deux lampes. Les lampes que possèdent les musées ou les collections particulières proviennent en tiès grande partie de tombeaux romains. Cet usage de placer une lampe auprès du mort, dans sa tombe même, paraît être d'origine asiatique. Les Phéniciens l’observaient. On en trouve des traces fréquentes en Phénicie *, à Chypre 2 , à Carthage 3 , sur l’emplacement de plusieurs colonies phéniciennes de l’Afrique du Nord 4. Nul ■vestige, au contraire, n en a été jusqu’à présent relevé en Égypte. En ce qui concerne les pays grecs, nous avons vu que des lampes ont été recueillies dans les ruines de l'époque mycénienne. Mais, après le bouleversement qui anéantit cette première civilisation, on sait que 1 usage de la lampe se répandit relativement tard dans le monde hellénique ; or ces petits objets d’argile ne pouvaient être admis à figurer dans le mobilier des tombes qu après être devenus d’un usage tout à fait courant dans la vie domestique ; en outre, rien n’est plus difficile ni plus délicat à modifier que les coutumes funéraires. Dans la nécropole de Myrina il n’a pour ainsi dire pas été trouvé de lampes 5. La même observation s’applique soit aux nécropoles sicules, si consciencieusement étudiées par M. P. Orsi, soit aux cimetières italiotes antérieurs a 1 établissement de la domination romaine dans la péninsule . Abstraction faite des tombeaux phéniciens, ce fut surtout dans les pays de civilisation romaine et à l'époque impériale que cet usage fut général. Il subsista jusqu’aux derniers temps du paganisme; mais on n’a découvert aucune lampe dans les cimetières chrétiens; toutes celles qui ont été trouvées dans les catacombes étaient placées dans les niches des galeries ou des arcosolia. Les tombes chrétiennes de Carthage, de Tabarka, de Sfax en Tunisie ne renfermaient non plus aucune lampe 7.
Les lampes déposées dans les tombeaux ne semblent pas avoir été allumées. Leur bec ne porte aucune trace de combustion. Au contraire, parmi les lampes chrétiennes trouvées soit dans les catacombes, soit sur l’emplacement des basiliques de Carthage, il en est beaucoup dont le bec est tout noirci et quelquefois brisé. Les lampes étaient donc placées auprès des corps inhumés ou des urnes cinéraires pour la même raison que les autres poteries ou verreries dont se composait en général le mobilier funéraire des tombes communes. Comme on se figurait que le défunt menait sous terre une existence obscure, analogue à sa vie terrestre, on meublait son tombeau de tous les ustensiles et objets nécessaires : la lampe d’argile figurait parmi ces objets, au même titre que les plats, les vases à verser la boisson, etc., qui ont été recueillis en si grand nombre dans la plupart des nécropoles romaines. Les chrétiens, dont les idées sur la mort et sur la destinée future étaient si contraires à
1 Hamdy-bey et Th. Reinacli, Une nécropole royale à Sidon, p. 87 et 88 ; Renan, Mission de Phénicie, p. 489-190. — 2 Ohnefalsch-Richter, Kypros, p. +11. noie 1. ! Delattre, Les lampes ant. du Musée de Saint-Louis
de Carthage , p. 1-3. — 4 par exemple à Lcplis Minor, à Cliullu, à Gunugus - » Nécrop. de Myrina . p. 223. 6 Cette conclusion ressort avec évidence des procès-verbaux et comptes rendus de fouilles insérés dans les Notiz. d. scavi,
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une telle conception, rompirent avec bannirent de leurs cimetières. <e
Tels étaient les trois usages princinn,, , dans l’antiquité. Elles servaient à éclair* Y®8 Scs vent les maisons particulières, parfois 1! 6 phlSso» ou des cortèges publics. Elles étaient sanctuaires à titre d’offrandes ou J, tees da“» faisaient partie du mobilier funéraire MaD T°' les employait dans quelques circonstances n ,?• P'Us 0n Sous l’Empire romain, on les donnait corn™ de nouvel an [strenae]. Plusieurs W., , °nnes Rome 8, en Italie9, dans les provinces de r°UVt‘,is à portent des inscriptions qui reproduisent en 7^"' avec des variantes insignifiantes la formule T °U novum faustum felicem mihi (ou tibi) Mnm
Dans un ordre d’idées bien différent, les lamKS . façon dont se comportait leur flamme étaienl observées avec la plus vive attention : ZC™ sonnes superstitieuses croyaient y voir des présages *’ premier livre des Géorgiques, Virgile montre des jeûne! esclaves travaillant le soir à la lueur des lampes et prévenues en quelque sorte par elles du mauvais temps qui se prépare n. Apulée raconte un épisode où la lampe donne un semblable pronostic 12. Jean Chrysostome rapporte un autre usage superstitieux. Lorsque dans une famille on voulait choisir un nom pour un enfant qui devait bientôt venir au monde, on allumait plusieurs lampes auxquelles au préalable on avait donné des noms ; et on choisissait pour l’enfant le nom de la lampe qui s’était éteinte la dernière 13. On voyait là un présage de longue vie.
Quelques érudits se sont demandés si la forme ou la décoration des lampes n’était pas en rapport avec l’usage auquel on les destinait. Dans une étude sur une bilychnis en bronze du Masco Borbonico u, dont la face supérieure représente un mufle de bœuf orné de bandelettes (fig. 4613), l’auteur affirme qu’il y avait relation entre les sujets reproduits sur les lampes et la destination des lampes, que dans cette lampe en particulier il convient de reconnaître une image du bœuf Apis et qu’il fautla rattacher au culte d’Isis.
Il est impossible de nier que dans certains relation étroite entre la décoration des lampes cl 1 qu’on voulait en faire. Si la lampe d’or, qui figumit ^ anla procession isiaque décrite par Apulée, avait la or d’une nacelle, c’était, suivant toute apparence, FmL q®j la fête, qui se célébrait alors, portait le nom de A1" ''/j^ Isidis , et parce qu’elle marquait le moment où l1^1";1^ pouvaient remettre leurs vaisseaux àlamer sans' n les tempêtes 1B. La lampe, en forme de barque, oi bustes de Sérapis et d’Isis, qui a été trouvée a I ^ a le même caractère : la double inscription 1 ' c Aa 6é p-etôv 'IlXtoffÉp«7rtv prouve nettement que 11 11 ^ ^ ^ avait un rapport étroit avec le culte ah"’"1
■irons 'if 5;liads)’
en particulier pour les années 1888 (nécropole préromaine des env ^ acugc), d0, 1889 (nécropole de Veies), 1893 (nécropole del Fusco, P'ès 1 lat. A
— 7 Voir en particulier Delattre, Les lampes antiques, p- -J c 1 s’ ye /l'raiice,
2' part. t. I, n. G19G-6205. — 9 Ibid. X, 8053, 5. — 10 Bull, des gom.\Wi 1899, p. 140. - il Georg. 1,390.— 12 Apul. Met. II. — 4 [,.120-6-
in Epist. ad Cor., 7. — 14 T. XIV, pl. xxxvm. — 1® U- Làfoyt >
Fig. 4613. — L»nlPc ‘ brome.
cas il y el1
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])e même, lorsqu’on voit Pallas en lérapis el (1 ;une lampe ou se lit la dédicace Palladi tonde bosse sui ’ cn relief sur Une lampe en terre
Victri<:i>' 4)11 che en croissant, porte l’inscription , cuite dont le * - ’t 1)ieri d’admettre qu’il y a rapport jori Sereno - ]1 re la décoration de ces deux lampes et
étroit et ^ les destinait. D’autre part, les lampes 'r86^ caractérisées par la formule Annum novum r' frlicem étaient quelquefois ornées de reliefs faUSlUI\L ntaien’tles cadeaux échangés en même temps (ll"Thu^ elles-mêmes, à l’occasion du nouvel H ‘ exemple des pièces de monnaie, des plats char- '"'i fruits des guirlandes de fleurs3, etc. [strenae]. r,-„t donc pas permis d'affirmer qu’il n’y avait jamais î Lcm, cas, rapport entre la décoration des lampes et L, (,„i devait en être fait. Mais les exemples que nous venons de citer sont exceptionnels; ce serait une Irreur d’en tirer une conclusion générale. Ce qui est vni c’est que les mêmes lampes, ornées des mêmes sujets ou des mêmes motifs, étaient employées indistinctement dans les maisons, dans les édifices publics, dans les sanctuaires, dans les tombeaux. Les lampes [ trouvées à Herculanum et à Pompéi ressemblent tout à fait à celles qui ont été recueillies dans les sanctuaiies ou I dans les nécropoles4. A Rome, on a recueilli toute une I série de lampes, sur le flanc ou le fond desquelles se lit | le mot Saecul[i), Saecul{o), par allusion sans doute faux jeux séculaires. Or les sujets qui sont moulés sur | les disques de ces lampes ne se rapportent pas spéciale¬
ment aux jeux, ni à l’amphithéâtre, ni au cirque : ce sont des images de divinités (Esculape, Hygie, Bacclius, Diane, Apollon, Mars et Vénus, Sérapis, Isis, Harpocrate, Plulon, etc.), des scènes empruntées à la mythologie héroïque (Bellérophon et Pégase, Hercule assis, Ulysse et les Sirènes, Orphée entouré d’animaux), des scènes du cirque (courses, combats de gladiateurs), des motifs de genre, des animaux, etc. 6 L’étude des lampes qui ont été trouvées, au sommet du Bou-Kournein, tout autour de l’autel de Saturnus Balcaranensis , suggère la même remarque : on y voit des sujets mythologiques (Sérapis et Isis, Léda et le cygne, un aigle les ailes éployées, le groupe de l’étoile et du croissant), des scènes de genre, des motifs purement décoratifs (feuilles, guirlandes, ornements géométriques) °. D’autre part, il suffit de jeler un coup d’œil sur les séries très nombreuses de lampes funéraires exhumées soit en Italie, soit dans Clique du Nord, pour reconnaître une fois de plus qu’il I n5 aviit aucune relation entre la décoration des lampes
et l’usage auquel on les destinait. Sur les lampes recueillies dans les columbaria de la campagne romaine, dans les nécropoles voisines de Caesarea ou de Bulla Begia, dans le cimetière des Officiales de Carthage, les sujets sont d’une variété infinie, depuis les images des divinités les plus vénérables jusqu’aux motifs les plus obscènes1. On a même trouvé dans un tombeau, en Italie, une lampe d’étrennes, avec la formule Annum novum faustum felicem 8 .
Quant aux lampes chrétiennes, s’il est vrai qu’elles sont décorées de scènes bibliques, de symboles et d’emblèmes chrétiens, rien n’indique que les motifs dont elles étaient ornées fussent différents suivant qu’elles étaient destinées aux maisons particulières, aux basiliques ou aux catacombes. Ici et là, c’étaient les mêmes formes, les mêmes sujets, les mêmes ornements, 1 inspiration était partout identique. Ce qu’il faut dire, c est que les scènes moulées sur les lampes antiques, qu’elles fussent empruntées à la mythologie païenne, à la vie de chaque jour, à la nature ou à la religion chrétienne, constituent un ensemble des plus intéressants, parce que nous y retrouvons aujourd’hui les motifs qui étaient le plus populaires aux premiers siècles del’ère chrétienne. Lorsque le citadin ou le campagnard allait chez le marchand de lampes, il choisissait naturellement, dans les limites de ses ressources, les lampes qui lui plaisaient le mieux; les potiers connurent bien vite quels étaient les échantillons le plus demandés; ils les fabriquèrent en grande quantité ; c’est là ce qui nous explique pourquoi l’on découvre tant d’exemplaires d’un seul et même sujet, tantôt signés d’un même nom, tantôt au contraire sortis d’ateliers différents.
Que valaient ces lampes comme ustensiles d'éclairage? Il est bien certain qu’on ne saurait les comparer à nos lampes modernes. Il ne faut pas toutefois exagérer en sens contraire. Les lampes communes éclairaient bien autant que les chandelles fumeuses dont, pendant de longs siècles, les pauvres gens se sont partout servis. Dans les maisons riches, les lampes à plusieurs becs, souvent suspendues en grand nombre à des candélabres, pouvaient fournir une lumière assez intense. N’oublions pas enfin que la lampe antique, sous sa forme la plus simple, c’est-à-dire sous la forme d’un récipient rempli d’huile et dans lequel trempe une mèche, est restée en usage jusqu’à nos jours, non seulement chez des peuples routiniers et peu civilisés, comme ceux qui habitent 1 Orient ou l’Afrique du Nord, mais même dans maintes régions de l’Europe. J. Toutain.
2 Passcri, Luc. I, pl. xxxm.
Mus. Dorbon. t. XII, ad
J3Montfc.c°", 0. c. I. V, 2* part.pl. clxvm.
lav Mvin anlue de France, 1899, p. 140. — 4 Mus. Borbon. 1. XII, at de »r„ V1, C ■ '■ lat- XV, 2» part. t. 1, n» 6221. — 6 MU. de l'École franc.
Lt i»', t- «. sv, ► „»«.«. i, ». «««,.;
C. rendus de r ” a,c''- du Comité, 1890, p. 149 et s.; Delattre, dans les
P0’"’ la ni, m Ca<^‘ d Hipponc, 1897. Les lampes trouvées à Caesarea sont PW des ouvra», *• lat ■ IX, 0081, I. — Bibliographie. La plu-
R plusieurs roiin ar^c'cs ‘lu‘ traitent de la lampe anliquc ont été cités
les recueils de duc ' ^ *°S no,es Précédentes. Nous nous bornerons ici à indiquer de documents • ] ln) n' ' 'cs Plus importants et les études modernes. A. Recueils torloli et Bellori ^flus’ Iwtemis antiquorum reconditis, Utini, 1652; Santi
(jjftitç expliqué \ lucerne sepolcrali, Rome, 1691 ; Monlfaucon, L'an-
| Pisaur. 1739.173) ■ p ’ " j’ar*" 1722; Lucernae fictiles Musei Passera,
| jjrco!«n0, t ym ^ ) 1 1 1 s ' ' ' asi e candelabri , Rome, 1762 et s. ; Antichita di | jUsracourt, Recueil ï ^eal J^"seo Borbonico, Naples, 1824 el suiv. ; Serons lut" Thonl ' ' ^ ^iaQments de sculpt. antiques , Paris, 1814; F. Kenner,
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culier XV, 2e pari. t. 1, p. 782 et s. Pour l'Afrique du Nord, Catalogue du Musée d'Oran , 1" part. 1895; M. Bcsnier et P. Blancliet, Collection Farges, 1900; La Blanchére et Gauckler, Catal. du Musée Alaoui, 1897 ; Dclatlre. publications nombreuses dans la Reçue archéolog., le Cosmos , les Comptes rendus de l'Académie d’Hippone, etc. Beaucoup de lampes ont été publiées dans le Bulletin archéologique du Comité des trac, historiq., surtout depuis 1890, dans le Bulletin et dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France. — B. Ouvrages de critique : Millin, Monum. antiq. inédits , II, Paris, 1806 ; Birch, History of ancien t pottery , 2' éd. Londres, 1873 ; Blümner, Technologie und Terminologie d. Geirerbe, Lcipz. 1879, t. Il; Loriquet, L’éclairage chez les Romains ; F. de Cardaillac, Hist. de la lampe antique en Afrique, 1891; E. Cactani Lovatelli, I lumi e le luminarie nella Antichita, dans les Miscellanea archeologica , 1892 ; Ch. Bigot. Les lampes en terre cuite du Musée de la Soc. archéol. d'Athènes, dans le Bulletin de l'École française d’Athènes, août 18G8 ; Bccker-Gôll, Charikles, III, p. 86 et s. Berl. 1878; Gallus, II, p. 390, 394; 111, p. 115, 541, Berl. 1881, 1882; De Rossi, Borna Sotterranea, t. III, Rome, 1877 ; Raoul Rochette, 3’ Mémoire sur les antiq. chrétiennes des Catacombes, Paris, 1838 ; Martigny, Dictionn. des antiquités chrétiennes, Paris, 1805 ; Kraus, Real. Encyclopaedie der christl. Altherlhûmer , Fribourg-cn-Brisgau, 1882-1S8G.
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LUCTA. nocX-yj *, 7caXat<Jlu.ci<jév7fj 2, xaxaÇX-qxtxYj 3, lutte, l’un des exercices du pentathle [quinquertiumJ. — C’était, par opposition aux jeux « légers » 4, comme la course ou le saut, un concours « lourd », ^xpüxspoç: des agonistes qui y prenaient part on exigeait, entre autres conditions, la vigueur physique et le poids. Pourtant, parmi les exercices de force, c'était encore le moins brutal. Défense était faite de frapper l’adversaire à coups de pied et surtout à coups de poing: seuls la pression des membres et 1 entrelacement des corps devaient assurer la victoire. C'est ce qui distingue la lutte du pancrace [pancration], où l’usage des poings était permis, ce qui en faisait un exercice intermédiaire entre lauàX-r, et le pugilat5. Comme, dans le pancrace, aussi bien que dans la lutte, ce que 1 on se proposait d'abord était de renverser l’adversaire, il va de soi que beaucoup de passes et de tours étaient communs aux deux exercices : nous sommes exposés ainsi à les confondre souvent sur les monuments figurés. Pour les distinguer à coup sur, il faut que l’emploi violent de la main fermée nous avertisse qu’il s’agit du pancrace et non de la lutte simple. 11 importe de nous mettre d’abord en garde contre cette chance d’erreur.
I. — L'origine de la lutte est très ancienne. Les Grecs, selon leur habitude, en attribuaient l’invention à des dieux ou à des personnages mythologiques. Apollon, sous l'une de ses formes®, s’y serait, un des premiers, distingué. Hermès, le grand dieu de la palestre, présidait d'une manière particulière aux exercices de la lutte 7 : son protégé 8, ou son fils9, Autolykos, aurait instruit Iléraklès dans cet art ; suivant une autre légende ,0, Harpalykos, également fils d’Hermès, aurait rempli le même rôle 11 ; Palaistra, la personnification de la lutte, est aussi bien la fille même du dieu12. Athéna, l’artificieuse, aurait, directement 13 ou non 14, donné des leçons de riaX-q à Thésée. Héraklès, fort de l’enseignement qu’il a reçu, est vainqueur15 dans l’agôn légendaire où triomphent, dans d'autres exercices, les Tyndarides : c’est par son adresse à la lutte qu’il bat, non seulement Antée 16, mais le géant de Sicile, Ervx ”, aussi le révère-t-on comme maître en cet art 18. Thésée ne pouvait manquer d’être, ici encore, son émule. Élève d'autres maîtres, il lutte contre le Mégarien Kerkyon19 et reçoit les mêmes honneurs20. A ces deux figures semblables, il faut ajouter Atalante, l'Arcadienne, victorieuse de Pélée lui-même, aux jeux célébrés en l’honneur de Pélias21, Pélée son rival22, et les héros légendaires qui triomphèrent les premiers à Némée, Polvnice 23 ou Tydée 24.
IL — A l’époque classique, les Grecs distinguaient deux sortes de luttes, le combat debout, ôp6Y,7tiXT|25,etle combat à terre, iXivo-r^t; 26, xûXkti? 21. Dans la première forme de
l’agôn, que connaissent déjà les poèmes hom -, . s’agissait de renverser trois fois son advers- -‘y’"111082®, ü loin) : c’est la lutte classique, celle que l’on m" i • ^°!r pIus les grands jeux. Le corps à corps à terre était'1 da"s également en usage dans les- palestres 29 nv S0l"blo't->1, combats publics, c’était la forme propre"'!'^ lej [pancration]. Nous ne l’étudierons plus loin LJT 1 mesure où en était exclu l’emploi des points îCrn III. Les termes techniques employés par les\l sont, sauf deux ou trois exceptions, très peu exùlirii"'8 U est difficile de les comprendre exactement plus dit, ? encore peut-être de les rapprocher des monuments |j J! • qui devraient les « illustrer ». On le comprendra Yl peine, si l’on songe qu’aucun d’eux, ou presque aucul ne désigné, à lui seul, une manœuvre déterminée. nss’ rapportent tous à des moments très fugitifs et très rapides de la lutte. Il n’y a pas de combat, si court qu’on le sup. pose, qui n’exige, de la part de chacun des deux adversaires, l’emploi opposé, successif ou simultané, d’un grand nombre de ces mouvements : les reconnaître'devait être déjà difficile pour un artiste grec, à plus forte raison l’est-il pour nous modernes. J’ai cependant cru devoir réunir par ordre alphabétique les différents termes techniques que j’ai pu retrouver dans les textes. La traduction que j’ai jointe à chacun ne prétend pas à une précision impossible. ’AyxaXiÇsffOat, enserrer de ses bras30, ayy'etv 31, étouffer, àxpoy£tpt<jp.9ç 32 , forme de lutte où l’on combat avec le bout des doigts, agi.
aggaia
entre¬
lacement en forme de nœuds, àvaSaüTàÇeiv sou¬
lever l’adversaire en l’air, àvaxpÉ7rstv 3S, renverser, à- 7râyeiv 30, emmener de force, àTtouxEpvtÇE'.v37, faire tomber d’un croc-en-jambe, yupoxv 38, arrondir les épaules, SpâsffEiv39, saisir, I'Xxeiv40, entraîner l’adversaire, ègSoV, attaque, liteyxXivw 42, incliner vers le sol, ûémXov TrâXaicga 43, manière de lutter propre aux Thessaliens, x)igaxi'Ç£'.v u, donner une entorse (?), Xaê-q 4S, prise que l’on a sur le corps adverse, XuytÇstv 4G, rendre flexible comme l’osier, gscroTtÉpSEtv 47, saisir par le milieu du corps, TrapaQéutç 48, attaque de flanc (?), 7tapaxpcme<T0«t *, frapper de côté, 7rap£g6oX-/] 60, même sens, wepiSatvetv , entourer de ses jambes, 7t£p mXox-q 52, entrelacement, 7i£pt7rqSSv s3, sauter sur quelqu’un de manière à le serrera entre ses jambes, 7rXayi6tÇsiv 54, attraper ou mettre de rote, TipoffSôX-q 5S, attaque, TrrEpvîÇav 6®, donner un eioc en jambes, «tixeXi'Çeiv 57, lutter comme les agonistes «j
Sicile, dTpéçEiv ®8, retourner l’adversaire, su |ut**wOT ’
’ “ * ’ , „ , ; go frapper
l’entrelacer, ffuvapâxxEtv toc p.eT<oirauo<nrep ci *?■ ’
l’enireiacer, (juvapaxTEiv ... r - , .
front contre front comme les béliers, • aml
i , qXt'Çetv ®2, prendre par Ie
Û7TO(7XsXiÇ£lV 1
et resserrer la taille, xpa^-qX.,... , , m
®3, frapper la jambe par-dessous, • 11111
I.UCTA. 1 llom. H. 23, 635, etc. — 2 Hom. 11. 23, 701 ; Nonn. Dion. 10, 332; Eust. Ad II. p. 1325, 1. — 3 Plut. Praec. ger. reip. 5, p. 802 c. On peut ajouter (?) fîçt; (=riA>i xat <mo8os, Hesycli. s. V.) . - 4 Phil. Gymn. 7, p. !62 (éd. Kayser). — 6 Ibkl. — 6 Apollon Kejz-joveuî, C. i. ait. III, 1203; Jahrbuch, VII, 214 (Wernicke) ; Pauly-Wissowa, s. v. Apollon, p. 56. — 7 Paus. 4, 32, 1 ; Arnob. 3, 23; Jahrbuch, 1898, p. 178 et s. (Fœrster); cf. Luc. Dial. deo. 7, 3. — 8 Hom. Od. 19, 395. — 9 Pauly-Wissowa, s. v., p. 2600 (I)ümmlcr). — 10 La différence des ethniques empêche de confondre les deux héros. — H Theocr. 24, 1 13-4. — 12 Phil. lm. 32, 102, p. 433-4; Et. Magn. s. v. ri air, ; cf. Vuncta Pales de Stace, Theb. G, 827. — 13 Pind. Nem. 5, 89, schol., II, p. 465, Boeckli. — 14 Par Phorbas, 1 Athénien (Polémon, Ibid.). — 1® Paus. 5, 8, 4. — 16 Pind. Pyth. IX, p. 107-130; III, p. 322, Boeckli. Le fils d'Héraklès et de la veuve d'Antée s'appelle Palaimon dont le nom est peut-être significatif [Frag. hist. graec. 1, 80, Pherccyd. : fr. 33, e) ; cf. Pauly-Wissowa, s. v. p. 2339-2343 (Wernicke). — 1” Paus. 4, 36, 4. — 18 Paus. 4, 32, 1. — 1» Paus. 1, 39, 3. — 20 paus. 4, 32, 1. — 21 Apol. 3, 9, 2. - 22 Phil. Gym. 7, p. 263. — 23 Apol. 3, 6, 4. — 24 Stat. Tlieb. 6, 903. — 23 Plat. Leg. 7,
. , \ \i i- 1 . Aij/o
i, p. 796 A; Luc. Lexiph. 5. — 26 Hippocr. 3o8, ^ cl.
I, i, 6. — 21 Hom. II. 23, 708-734; Od. 4, 342; 8, . * F.
les. Sent. 302. — 29 V. infrà. — 30 Plut. Quaest. 3* Luc.
- 31 Pol. On. I, 155. - 32 Paus. 6, 4, 2. - 33 P'l,t/ A __ 38 Hol Inach. 24.— 33 Pol. On. 1, 155. — 36 Ibid. |[mn. H- *3’
icth. X, 31. - 39 Pol. On. 1. 155. - 40 H es Seul
41 plut. Q. conv. II, 4. p- llesvch.
44 Pol. On. U , U\i
il Aris-
4; Luc. Dial. deor. 7, 3.
pli. Eq. v. 273. — 43 Eust. ad II- P- ***■ "" ” v5 |. Arisl.
»■ -Ml-»*! SOP'1- Tmch- Sâ0’ SCht0L Hesycli- s. r. - 4S fi
r*. TtTTcto .) , p. 131 (413). - 46 Luc. Anach. -4. - n> 4, P- 538 ./
aach. 24. — 49 Et. Magn. s. v. — 50 1>lu • M Po|. On. L
51 Luc. Anach. 31. — 62 Ibid. 24. l3 • . , — S8 Pc'- 11
55 Hes. r. - 56 Phil. 1, 125. - 67 Acl. B. ^ X, 31. - “ J]
5. — 59 Pol. On. 3, 149. — 60 Luc. Anach. I. ^ Eusi. ad 01 p' ' j
isp. Lac. 5, 9 ; Luc. Lexiph. 5; Plut. \it. Ant.
>1. On. 1, 155.
LUC
LUC
îyvu&v * , même sens (coupetour de Phrynichos, wOeîv3,
7tâXaiciJ.a l'adversaire.
P°u-SBfl les représentations figurées montrent assez sur 1 a nnint de commencer le
croc-cn-jambe, jarrets), «l>püvfZ0U ,0’jsser
IV‘ 7 les "agonistes sur le point de commencer S0U7, le SOrte que nous connaissons assez bien ce con”a ’ ait appeler la mise en garde des lutteurs. Une qU0I11d,. Munich, attribuée à Euphronios [gymnastica, i montre chacun des adversaires avec le avant, le pied gauche en arrière et sur la
pointe:
coupe
fig. 3678j
nîed droit en ■ . . . ,
P le corps est penché, les épaulés courbées de manière à offrir le moins de prise possible à l’adversaire, les bras pliés plus ou moins au coude, les mains ouvertes et prêtes à saisir. Deuxcélèbres statues de bronze, trouvées à Herculanum, représentent de même des
1 ig. 4614. — Mise en garde.
lutteurs avant le combat 5. Sur une peinture de vase (fig. 4614), la position est un peu différente et les bras sont levés plus haut 6. Le schéma est le même lorsqu’au lieu d’hommes faits ou d’éphèbes, les pugilistes sont des Ëros ondes enfants: un assez grand nombre de monuments, d’époque tardive, nous les montrent [athleta, lig. 598] prenant la même mise en garde 1 .