‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 113 sur 275 · V. — Parmi les manières dont les athlètes en viennent · texte numérisé non relu

V. — Parmi les manières dont les athlètes en viennent

l ig. 4615. — Pression sur les bras.

^UX ma'QS’ en est quatre que nous pouvons distinguer r°'!1 jU'd'ord8. Un moyen très simple de vaincre était de Il 'impuissance l’un des bras, de préférence le ^ucie, do 1 adversaire: pour ce faire, on le saisissait des x mains au poignet et à l’épaule ; on pouvait ainsi

1 Hom. Q,i oq -c,«

Quae.it. conv (cf- EusL ad loc.). - 2 Hes. s. v. - 3 Ph

pt XI = Jahn 2' p' 639 F ; Luc. Anach. 24. — 4 Arch. Zeit. 18: flmlrn, p g-7 ’ asens- '95, p. 248-9; cf. snr ce p0jnt Hartwig, Meiste î

r. i'Hamüton IV "7 ' GlaraC’ p1, 860’ 2190 B; 8G3- 2196 A- ~ 6 Tisschbe p- % On a voulu ’ P ■ XUV ~ A"nna’ 1877> 2°5 (Stephani, C. rendus, 18'

^mbultaii, avec le I, 1 ^présentation de I'&xçoxt<(ur|i<>;, espèce de lutte où 1

MO; cf. 8U;,| " ' ' - Gcs d°igls, qu on pouvait aller jusqu’à briser ; Stat. Tli

Fior- ll- pl. ,.xxxi„%Ct r>lal' Alcib' h 1072 > Paus- 6, 4, 1. - 7 Gori, Gem. M 4i l'«s compris le"mo~i rCf .Stepllani’ C’ rend«*. 1867, p. 34, noies 1-4. — 8 Je 8“Mon.[nancjlej jj 1 couronne un assez grand nombre de cistes élrusqi Pt i.viti, cjs^e , -<■«*• ^es Med. 1365, p. 560-2, ciste de Brflndslcd; Mom

cux «gonistes, pune j Heisbourg; Monum. X, pl. xxix, ciste de Préneste). I y ^ 1X nia’lls seule occupée et placée sur la nuque de l'adv

tordre son bras (TtpÉcpetv) et l’amener à prendre une position plus favorable au corps à corps. Une amphore atticocorinthienne de Londres 9 et le cratère dit d’Amphiaraos, à Berlin (fig. 4015) ,0, en donnent des exemples : l’adversaire essaie vainement de dénouer l’étreinte en faisant usage du seul bras qui lui reste libre. Ailleurs “, c’est le bras droit qui est fait prisonnier et le gauche qui est libre. Enfin, sur une coupe à figures rouges de Berlin 12, l’engagement parait à peine commencé et le second agoniste ne fait aucun effort pour desserrer l’étreinte. Un second procédé consistait à saisir des deux mains les deux poi gnets de l’adversaire : une simple pression exercée sur les bras les courbait en arrière et amenait, sans résistance possible, la chute du corps. Une coupe à figures rouges (fig. 4616) 1 3, une fresque de Corneto et peutêtre un vase àbucchero de l’ Antiquarium de Berlin 1V, nous expliquent ce mouvement. Le schéma devient plus compliqué quand l’un des deux lutteurs, saisissant le second d’une main au poignet et de l’autre à la nuque, en même temps qu’il serre fortement un bras de l’adversaire, tente de le culbuter en exerçant une pression sur son dos. Les monuments, ici, sont très nombreux. Je citerai le trépied de Tanagra «à Berlin15, une amphore de Nicosthènes au British Muséum16, une peinture à figures rouges d’Oxford l7, un miroir étrusque [atalanta, fig. 592], une fresque de Pompéi représentant la lutte de Pan et d’Éros ,s. La riposte à cette attaque se faisait en mettant la main libre sur la nuque du premier agoniste 19 ou en essayant de faire fléchir l'un de ses bras, celui qui serrait le poignet20 ou celui qui enlaçait le cou 21 . Le corps à corps devient plus imminent, quand, au lieu de se poser sur la nuque, les bras restés libres essaient d’attraper les jambes de l’adversaire. Une coupe à figures rouges du British Muséum 22 nous fait connaître cette dernière manœuvre, moins usuelle, semble-t-il, que les premières, mais dont l’effet devait être plus immédiat.

VI. — Pendant ces divers mouvements, les tètes des agonistes, dont les corps étaient penchés en avant, se trouvaient naturellement très rapprochées. Les fronts se touchaient d’eux-mêmes et il n’y faut pas voir un simple hasard, mais l’effet d’une tactique. Nous savons par les textes (voir suprà) que l’une des manœuvres favorites

saire, n’engagent pas véritablement la lutte. Exception, le bronze de Luynes, Babelon, Ibid. 935, p. 4H-2. — 9 Jahrbuck, 1890, p. 243, 35 (Holwerda) = Vas. Drit. Mus. 11, B 48, p. G3. — 10 Monum. X, pl. îv = Furtwangler, Vasens. 1655, 1, p. 205-9. — 11 Mon. d. Ist. II, pl. xxiv; de même Mus. Blacas, I, pl. u, 2; Krause, Gymnast. u. Agon. pl. xii, 34 = Vas. Brit. Mus. Il, B 191, p. 127-8; et Furtwangler, Vasens. II, 3985, p. 1008-9. — <2 Anseiger, 1891, p. 118, 12 B, (ig.

13 Gerhard, Atiserl. Vas. pl. 271. — 14 Martha, l'Art étrusq. (îg. 286, p. 431 ;

Furtwaengler, Vasens. I, 1558, p. 180-1. — 15 Arcli. Zeit. 1881, pl. m-iv = Furlxvaengler, l. I. I, 1727 p. 271-4. — 10 Musée Blacas, pl. n, p. 10-11 = Vas. Brit. Mus. II, B 295, p. 171-2. — 17 Gai dner, Gr. Vas.inthe Ashmol. Mus. 288,pl.xiv. — 18 Monum-, X, pl. 35-6 ( Annali , 1876, p. 294). — 19 Trépied cité de Tanagra. Fresque de Pompéi. — 20 Vase d'Oxford, Pélée et Alalanle. — 21 Amphore citée de Nicoslliénes. — 22 Vas. Brit. Mus. III . E 58 = Hartwig, Mcisterschalen, p. 138, (ig. 20 a.

LUC

LUC

était le heurt des fronts l'un contre l’autre, et, les deux têtes une fois en contact, la pesée graduelle de la première sur la seconde. L'adversaire le moins résistant était de la sorte rejeté en arrière, et, s'il ne trouvait quelque riposte, se trouvait rapidement renversé sur le dos. Cette tactique « à coups de bélier» se trouve représentée sur de nombreux monuments. Je citerai, parmi les vases à figures noires ’, le trépied de Tanagra 2, deux amphores de Nicosthènes, 1 une à Londres 3, l’autre à Vienne4, une

coupe du musée de Munich 5 ; parmi les vases à figures rouges, la peinture déjà citée (fig. 4617) 6, deux coupes, 1 une de Londres \ l’autre d’Oxford 8, des sarcophages9, des terres cuites10, des pierres gravées11 et des monnaies 12.

VII. — Au lieu de s’en prendre aux bras et aux épaules, les agonistes pouvaient attaquer l’adversaire par les pieds et le vaincre en lui faisant perdre brusquement l'équilibre. On a vu plus haut le très grand nombre de termes techniques, dont la traduction approximative est « renverser d’un croc-en-jambe ».

La tactique était donc familière aux Grecs, et cela dès les temps homériques. A vrai dire, il est malaisé de descendre dans le détail. L’on peut du moins distinguer deux cas, l’un où les pieds s’eplacent derrière les jambes du corps opposé, c’est le croc-enjambe à proprement parler, l'autre où la jambe est saisie avec les mains et brusquement soulevée en l'air. Une différence fondamentale sépare ces deux manœuvres : tandis que la seconde exclut le corps à corps, la première le suppose nécessairement. Aussi n’est-elle jamais employée seule. Les agonistes y avaient recours pour des-

1 Stephani, C. rendus, 1 867, p. 29, 2. — 2 Arcli. Zeit. 1881, pl. iii-iv. — 3 Mu-

séeBlacas, pl. it, p. 10-11. — 4 Wien. Vorlegebl. 1890-1, pl. i, 4; iv, 3; vi,3.

— ù Jahn, Vasens. 310, p. 90. — 6 Stephani, C. rendus, 1867, p. 29, 3.

— ‘ Hartwig, O. I., p. 138, 1, fig. 20 a. — 8 Gardner, Gr. Vas. in Ashmol.

Mus. 288, pl. xiv. — 9 Zeit schr. f. a. Kunst. VI, 49 (Welcker) = Ja hrbuch, ( 1889, p. 135, sarcophage du Vatican (Pan et Eros). — 40 Terre cuite de la Chersonèse, Stephani, C. rendus , 1867, p. 35, 2. — U Ibid. — 42 Ibid. p. 29, 4-6 Selge, Aspendos. Locride). — 13 Stephani, O. I. 1869, pl. j, 29, p. 144.— 4 4 Monum

f e dégage.- au-

serrer une etre.nte dont ils ne pouvaient se „■ trement. Par exemple, sur un miroir à relief ntrouvé dans la Russie méridionale13, un '8' 4618) l’air par son compagnon, essaie de faire ^ soulevé en gauche ] der- passer «°n pied

rière la jambe de même sens du second combattant : s’il y réussit, il le fera choir en avant et sera victorieux, à supposer même qu’il n’ait pu dégager ses mains. La seconde tactique demandait plus de rapidité dans l’attaque, mais obtenait un résultat plus soudain. Les peintures de deux amphores panathénaïques le montrent très clairement. Sur l’une (fig. 4619) a )e premier agoniste tient de la main droite le pied gauche

Fig. 4G19. — Enlèvement par la jambe gauclio.

de son adversaire : l’avantbras gauche passé sous la jambe en haut du genou soulève très haut le membre, les bras s’agitent en vain pour reprendre l’équilibre , la Fig. 4620. — Enlèvement par la jambe droite.

chute paraît

prochaine. Sur le second vase (fig. 4620) 1S, la main gauche seule attrape la jambe droite au genou : le résultat paraît le même. La manœuvre devenait naturellement moins efficace, quand les corps étaient entrelacés. Sur une amphore du Louvre 10 et sur une hydrie du British Muséum 17, Achéloos et Antée y ont vainement recours contre Héraklès.

VIII. — Soulever' en l’air son adversaire, pour le renverser ensuite sur le sol, était un tour dun usage très général18. Héraklès, suivant une tradition relamemen récente19, étouffait ainsi Antée, le géant Libyen , P,; |1(‘ triomphait de Thétis20 etTityosessayaitde force. l|lP^ Le difficile, dans cette manœuvre, était de se gtlier e j bras de l’ennemi qui, de face, empêchaient tout 1 1 p fallait l’aborder par derrière, l’envelopper de 1 et, en même temps qu’on le serrait a la taille, eofi ses mains de dénouer l’étreinte. Une freS(Uu ^ 22 pe de Beni-Ilassan reproduit un motif un peu ditt< ‘

même, une amphore de Nicosthènes au musée c e ^ ^

montre les deux corps juxtaposés sur le nu ^ jieu vaincu est attaqué de côté et non plus de n~

.11 Vas-

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