ML
iL penser 1 que les mensores adjutores, les ce qul a •a',L les acceptores formaient troissections diffé- 0uliC(lrl'unème collège do mensores, sans qu’on puisse renleSI .yice spécial de chacune. » Ultérieurement,
récisel> lc s
4915. — Contrôleur des pesées.
les contrôleurs d'Ostie se rencontrent sous la désignation de mensores Portuenses 2; ils étaient chargés alors de garder les greniers de Portos b
8 Les mensores de Rome formaient, de leur côté, une
autre corpora lion. Ondes nommait mensores machinant fru~ menti /ntbiici b M. Waltzing fait remarquer que ce sont les seuls qui portent ce surnom. L'explication en est donnée par une scène gravée sur une coupe de verre du
iveouduvesiècle(fig.491u)s.On y voit un personnagevêtu de la paenula, fonctionnaire de l’annone, qui préside à un pesage. Devantlui une grandebalanceestmontéesur un chevalet {machina). Deux chevaux conduits par des valets en tuniques courtes
Fig. 4910. — Employés de l'annone.
1KINV5
tirent des voitures chargées sans doute des denrées que l’on se propose de peser (les voitures
n’existent plus). Ce n’est pas d’ailleurs la seule représentation de cette sorte que nous ayonsconservée. Une fresque du cimetière de
Sainte - Domitille (fig. 4916) nous J homme debout tenant une balance ; à côté, un j n.S,l\ A’ umentarius porte à la main une règle B destinée llu 1 1 le contenu des modii qui sont par terre, à ses
Tkt II ^afSa^ 1,bid- ad "• 2.-2 C. i. I. VI, 1759 ; Cad. Theod. XIV, 4, 9. - 3 Cod. — 6 Cf là f ’ *'■ ^ '* L 85. — B De Rossi, Annali, 1885, p. 230, lav. d'agg. I. 189s# |, ,(-7 I|11 se,itation d une règle et d’un modius dans Ie9 Notizie degli Scavi, e,l 'luostion da|,IH ^tgr. 1899, n. 99). C'est peut-être de règles de celte sorte qu’il '"'«ires d't ■] ^ "nC r^P0DSC lln fonctionnaire de l’annone à une requête des navi-
Ul«s, 8. ^S Ann-(pigr. 1899, n. 161 ; Bull, tpigr. 1900, n. 1351 ; C. i. I. III, tt.pt.’,. # ( ,lPerti Jtüm. Quartalschrift (1887), p. 20 et suiv. (cf. 35 et suiv.)
■ r VI, 39; Wilpert, L. c. pl. u ; Marligny, Dict. des ant.
Fig. 4917. - Uu ,
pieds7. Un bas-relief funéraire du Lalran nous présente pareillement (fig. 4917) l’image d’un mensor , la règle à la main, se préparant à égaliser la surface supérieure d’un boisseau d’où sortent des épis 8.
11 y avait aussi des mensores dans les provinces, à l'endroit où l’on centralisait ou embarquait les denrées destinées à l’annone °.
Ces mensores jouissaient de certaines immunités qui leur sont fermement reconnues par le Digeste l0.
Certains passages du Code Théodosien nous prouvent que, bien que chargés d’empêcher la fraude, ils n’étaient pas eux-mêmes sans reproche à cet égard; on y voit, en particulier, qu’ils s’entendaient avec les caudIcarii 11 pour substituer au froment destiné à la nourriture du peuple de Rome un blé de qualité inférieure. R. Cagnat.
MENSOK1UM. — Mot de la basse latinité pour désigner un grand plat creux1 [catinum, discus, lanx, mazonomon, pinax]. Il se confond aussi avec missorii m 2.
MENSURA. Mérfov. Mesure. — Origine des mesures de longueur. — Les noms des unités de mesure des petites
longueurs , en grec et en latin, sont empruntés aux membres du corps humain, et décèlent par là même leur origine, déjà reconnue par les métrologues de l’antiquité 1 . Cette origine remonte à une époque pour laquelle les témoignages écrits nous font défaut aussi bien que les monuments, et elle doit exclure l’idée d’une régulation primitive. L’homme a dans son propre corps les moyens d’effectuer des mesures en les rapportant à une unité qu’il peut toujours retrouver sur lui-même, et qui, à une époque où la précision n’est pas nécessaire, peut être regardée comme étant pratiquement la même d’un individu à l’autre. Voilà le premier stade ; le second consiste dans la coordination entre les déverses dimensions que, suivant les cas, on choisissait comme unité pour la plus grande commodité; cette coordination se fait en établissant des rapports numériques simples entre ces diverses dimensions, ce qui entraîne leur subordination à une unité choisie comme principale ou fondamentale, parce qu’elle est la plus usuelle. Ces rapports numériques simples sont conventionnellement regardés comme rigoureusement exacts ; en fait, ils sont seulement aussi approchés de la réalité que cela est utile pour les besoins de la pratique. Enfin, au troisième stade, intervient l'action régulatrice de la communauté sociale pour fixer avec précision un étalon de l’unité principale; mais cette action de la cité ne crée pas le système des mesures, déjà
chrét. p. 467 ; Krause, Beal-encycl. der christ. Aller! h. p. 401. — 9 Cod. Just. L, 5, 10, § 1. — 10 Ibid. XXVII, t, 26; L, 5, 10, § 1. — U Cod. Theod. XIV, 4, 9; 15, I ; cf. le commentaire de Godefroid à ce propos tt. V, p. 201, col. 2, éd. de 1738).
MENSOUIUM. t Cassiod. Hist. Eccl. X, 15. 11 s’agit d’Ilérodiade recevant dans un plat la tête de saint Jean. - V oir Du Cange, Glossarium med. et inf. latiuitntis , s. v. On a même lu « in missorio » dans le telle cité de Cassiodore; cf. Forcellini, Tôt. lat. lexicon , s. v. Missorium.
MENSURA, 1 Heronis Aies. Geom.éd. Ilullsch, p. 47, 4 ; Poil. 2, 157.
MEN
constitué dans le stade précédent; d'autre part, comme 1 étalon adopté n est en fait qu’une dimension moyenne de telle ou telle partie du corps humain, l’emploi effectif de cette dimension par les individus subsiste naturellement à côté de l’emploi de la mesure officielle, toutes les fois qu’une précision particulière n’est pas réclamée.
L unité principale de longueur chez les Grecs et les Romains est le pied (tcoû;, pes), c’est-à-dire la longueur du pied, qu'il faut supposer chaussé, ce que nos enfants appellent une semelle. Cette unité semble avoir également été nationale chez les peuples celtiques et germaniques, et elle n'a pas encore été complètement supplantée par le //h / 1 e . Mais la division courante du pied, au moyen âge et dans les temps modernes, est la division en douze pouces , or, si les Romains ont appliqué au pied la division duodécimale de leur as (voir ce mot et aussi l’art, pondus), ds ont toujours dénommé uncia la douzième partie, et même, dans Isidore1, le polie x (travers du pouce) n’est évalué qu’au quinzième du pied. La dénomination de pouce est donc d’origine barbare, s’appliquant probablement au pied nu, mais en tout cas passablement inexacte. D un autre côté, concurremment avec la division duodécimale, les Romains ont couramment employé la même division que les Grecs, sans qu’on puisse déterminer s ils laleur ont empruntée de très bonne heure ou si elle remonte avant l’époque de la séparation des deux nations de leur souche commune. Cette division classique pai tage le pied en quatre travers de main (TrxXouffTv;, pal mus, paume) et la paume en quatre travers de doigt (BxxtuXoç, digitus). Le pied vaut donc 16 doigts ; les fractions plus petites n'ont pas de désignation particulière.
Comme unité plus grande que le pied, les Romains n ont eu en réalité que le double pas ( passus ) et le pas simple (?T,ua, gradus ), respectivement réglés à 5 pieds et à 2 pieds et demi, et qui sont la base de leurs mesures itinéraires. L'aune ( ulna ) de 4 pieds, mesurés de l’épaule gauche à l’extrémité de la main droite étendue (métrage des étoffes), n’apparait que dans les textes du moyen âge. Chez les auteurs classiques, le sens du mot ulna est ambigu; Ovide2 et Virgile3 paraissent entendre une longueur de 2 pieds, Pline 4 celle de 6 pieds (l’ôpyutoc grecque).
Les métrologues et les grammairiens grecs3 nous ont, au contraire, conservé nombre de termes désignant des dimensions corporelles, avec des évaluations précises, auxquelles il ne convient pas pourtant d’attacher une importance très grande : le xôvouXoç (longueur d’une phalange), 2 doigts, — le Sàipov (terme homérique) 6, la SoXFâ (Aristophane) • ou oaxTuXoS<>yp.-q, équivalents à la paume de 4 doigts, — le otyâç ou demi-pied, 8 doigts, — la Xt yâç (petit empan, du pouce à l’index), 10 doigts, — l’ôpOoSwpov (longueur de la main à partir du carpe), il doigts, — la ff7ci9apnj (empan, du bout du pouce à celui du petit doigt), 12 doigts, — la TtuyjjLv) (du coude à la naissance des phalanges), 18 doigts, — le rcuyuiv (du coude au bout des phalanges, la main fermée), 20 doigts.
Mais, dès leurs premiers rapports avec les peuples orientaux, les Grecs les trouvèrent en possession de systèmes de poids et de mesures déjà parfaitement étalonnés; chez ces peuples, l’unité principale était non pas le pied, mais la coudée (7rijyoî, cubitus) (du coude à
1 Metrol. script. 11,136, 14. — 2 Mot. 8, 748. - 3 Bel. 3, 104; Georg. 3, 335; cf. Hor. Ep. 4,8.— 4 Hist. nat. 16, 40, § 202 ; cf. 16, 32, § 133. - 5 Voir l'indes des Métrologie* scriptores de Hullsch. - 6 Hom. U. 4, 100 ; Iles. Op. 426. — 7 Equit. 318.
l’extrémité des doigts de la
les Égyptiens en 24 doigts
mîlin étendue) L donc
’ la c°udée valut do,!!'!''' cheï
Grecs un pied et demi ; dès le temps d’uZJT P°Ur«* était aussi familière que leur unité <.° L'* °l'e leur spithame (empan), comme demi-coudée , ‘le’ el la aussi naturellement dans le système grec & dès lors Enfin, la plus grande dimension du corn, i brasse (ôpyuiâ), mesurée entre les extrém i ■ 1Umam' la étendus, et comptée pour 6 pieds, complète bl'as grec des mesures de longueur ordinaires ■ r SySlènie dimension est identique, dans l’homme bL fr ^ de la taille, Yorggie peut également
ah, à celle
ancienne toise de 6 pieds.
Mesures agraires.
empruntées au corps
«présenter noir.
.Vemres agraires. - Les mesures qui précMeil
. .. , . ni main, et qui constituent système véritablement naturel, suffisent pour les b de l’architecture el du commerce des tissus HvuT mesures agraires, il faut des unités plus grandes, que Z Grecs déduisirent du pied suivant une progression déci male. La perche du laboureur (axatva, pertica deceml Peda) a 10 pieds ; la longueur du sillon après laquelle on laisse souffler les bœufs de labour et l’on revient en arrière (TrÉXi-Opov, TrXsOpov, vorsus , aclus) est de 10 percha ou de 100 pieds. Le même terme de plèthre désigne le carré de 100 pieds de côté, qui est l’unité agraire.Vorigine de ces mots ne doit pas ici faire supposer l’emploi de mesures plus ou moins arbitraires avant l’adoption de la progression décimale ; celle-ci remonteau moinsàl’époqtie que nous avons désignée comme second stade mélrologique, et est incontestablement antérieure à la période des poèmes homériques9. Mais dans ceux-ci, àcôtédup.Zéf/ir<?, on trouve une mention d’une autre mesure agraire, la yjY], dont l’étendue n’était plus connue à l’époque classique. Les inscriptions d’Héraclée10 (colonie de Tarente) y ont fait connaître l’existence d’un yiWg, mesure agraire locale, que Ilultsch 11 évalue à 50 plèthres (attiques).
Le système de progression décimale fut aussi, en général, celui des anciens peuples italiens lOsques, Umbriens), mais les Romains le modifièrent pour appliquer aux champs le système de leurs fractions de l’as Ils portèrent à 12/jerc/ics ou à 120 pieds la longueur de Vactus ; d’autre part, ils doublèrent Yactus carré pour obtenir leur unité principale, le jugerum , qui vaut ainsi 28800 pieds carrés, en sorte que la plus petite fraction de Y as-unité, le scripulum, correspond à 100 pieds carres ou à la perche carrée. La nomenclature des mesures agraires romaines serait d’ailleurs à augmenter, d apres Columelle12, du clima, quart de Yactus carré; d après Varron 13, de Yheredium, 2 jugera ; — la centurie , 100 heredia; — le saltus, 4 centuriae. Mais ces derniers termes, appliqués dans le cadastre des colonies, ont en réalité correspondu à des surfaces variables, dapies l’importance donnée au lot attribué à chaque colon.
Mesures itinéraires . — Mille passas de 5 pieds foi 1111 *'
le mille romain (pu'Xiov), d’après lequel les '0I,S ^
l’Empire furent mesurées et bornées. L unité gIU(Iue
un tout autre caractère ; chez ce peuple ardent aux -p1 1 ’
male quun
le stade («rraotov) représente la distance nor
coureur peut parcourir à toute vitesse sans stade s’ajoutent son double, le Si'auXoç, son <|
s souffler. Au
quadruple
• i 178 sur la n‘*P‘oî
— 8 Voir en particulier llerod. 2, 149 et 1G8, comme aussi , ^ ^ 4775.
1CÎI/.UÇ. - 9 //. 21, 407 ; Ol. 1 1, 577. - 10 Corp. insc.gr. ^ lf ifc
— H Gr, u, Rocm, Metr. p. 41, 0. *— 42 Colum. 5, I.
MIïK
MEN
, inniraour de la piste pour la course des chars) ; (I'Ik^Y01 J (longue course), évalué à 12 stades, mais entii* le jjyerses valeurs. Quant au stade lui-
qoi a ll,1'1 !]r.ongtammentévaluéà600pi«rf*(oul00<ofm).
même’ des ; emegure itinéraire effective, son évalua- Cepend‘‘" grav6S difficultés. Les diverses mesures en li0"S0"i V< ('es nar Hérodote et Xénophon 1 sont notam- •r rLantes les unes par rapport aux autres, et con- 1,ienl ! ! général à une valeur du pied singulièrement du'i:a"‘ l | lUl nécessairement admettre que telles de ces faible' 1 proviennent de réductions erronées de
meSU,:eéSVPtiennes ou perses, telles autres d’évalua- 1111 " rossières d’après le temps de marche, telles autres l7n d’après le compte des pas (240 p%«xa ou pas simples ^ "Vide b Mais ce dernier procédé lui-même ne donne Bps résultats admissibles qu’avec des marcheurs partifcrement exercés (Alexandre et ses successeurs semblent de fait avoir entretenu des bématistes remarquables)2 et ne se forçant pas; car la longueur du trajet amène une réduction notable de la valeur du pas moyen.
' Mesures de capacité. — Les métrologues anciens distinguent toujours les mesures de capacité pour les matières sèches et pour lès liquides (géxpx £rl?â, ùyM'. De fait, ces mesures forment, en général, deux séries bien distinctes, n’ayant qu’un ou deux termes communs, les plus faibles. Les mesures locales, dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer, sont passa¬
blement nombreuses. Voici le système classique :
L’unité inférieure, commune aux deux séries, est la eotyle (xotûXti), en latin hemina (comme moitié du sextarius romain): pour les mesures de grains, -4 cotyles font un chénix (yoiviç), 8 chénices un éxtsûç, sixièmedu gÉoigvoç. Le médimne vaut donc 192 cotyles, elYhecteus en vaut 32. Les Romains n’ont pas de mesure analogue au médimne, ni au chénix, mais leur modius (gôStoç) correspond à l 'hecteus (de même que le semodius à l’-figiextov).
Pour les liquides, 12 cotyles valent un conge (/ouç, congius ), 12 conges un gerp-qT-qç. Les Romains partageaient le conge en six sextarii , et le sexlarius (;É'jtt,;, setier) 'devint l’unité à laquelle ils rapportèrent les diverses mesures des peuples conquis. Les Romains comptaient d autre part 8 conges au quadrantal ( amphora , xepipuov) et 20 amphorœ au culleus.
* Ces divers noms indiquent soit des relations de contenance, soit des formes de vases appropriés aux grains ou nux liquides. La coordination systématique, certainement très peu commode, eut à tenir compte des habitudes déjà ordinaires pour les dimensions de ces vases, mais elle ut être presque contemporaine des premiers étalonnages des mesures, qui se trouvèrent imposés dès que les rapports commerciaux entre la Phénicie et la Grèce dépassèrent le simple troc. A cette époque, que représente le nom légendaire du roi d’Argos Phidon, les Grecs U1<nt naturellement conduits à adopter des étalons de ■nés u res de capacité, et aussi de poids, conformes à ceux ■s 1 béniciens (qui étaient les mêmes que ceux des a 9 oniens). En même temps, et parce que cela était ia"<ouP plus commode que le procédé inverse, les J Sll"'s de capacité furent étalonnées comme conte- U" ' s P°>ds donnés d’eau (ou de vin) ; les Babyloniens
Utiles à Suso"1'01' ”’ ***’ *’aSe *a pyramide de Chéops; 5,52, distance 4 disUn ** j-jf ^ ^mens‘ons l’Égypte et du Pont-Euxin, Xenoph. Am
i'i’se à Cunaxa. — 2 Plin. Hist. nat. 7, 2, S il ; Athen.
avaient d’ailleurs déjà établi entre leurs poids et leurs mesures une relation analogue à celle de notre système métrique, et les Grecs eurent à résoudre le même problème sans copier les Orientaux, ee qui aurait nécessité l’adoption intégrale du système de ces derniers.
La solution la plus ancienne parait être celle que donn-e le système dit éginète , et que l’on peut représenter comme suit, d’après Ilultsch 3 : il y a équivalence entre 4 métrâtes et 3 médimne s ; c’est, d autre part, le volume d’un poids de G talents (talent de GO mines ou de 6000 drachmes), et le double du cube d’une coudée quel on peutassiiniler à la piTpioî 7t -q/uç d’Hérodote (intermédiaire entre la coudée orientale et la coudée du pied attique).
Une autre solution est due à Solon, dont la seisachthie fut liée à une réforme économique et à une refonte du système des poids, mesures et monnaies de 1 Attique , dans les nouvelles relations, les 4 métrètes, 3 médimnes ou, en poids d’eau, 6 talents, ne correspondent plus qu a 16/3 du pied cube attique (au lieu de 27/4 du pied d’Égine). D’autre part, le pied attique est légèrement inférieur au pied d’Égine, en sorte que les nouvelles mesures sont aux anciennes dans le rapport légal de 100 à 138.
Enfin une troisième solution est celle qu’adoptèrent les Romains et qui fut consacrée par un plébiscite que proposèrent les tribuns P. et M. Siliusb Le pied cube romain (quadrantal) est le volume d un poids de vin de 80 librae (équivalent à celui d’un talent attique); il se divise, comme on l’a vu, en 8 conges de 6 setiers, pour la mesure des liquides, et, pour celle des grains, en 3 modii de 16 setiers. Comme le setier romain est identique, d’ailleurs, au double du eotyle attique, il s ensuit naturellement que le pied romain est sensiblement inférieur au pied attique. D’autre part, il est clair que cette régulation des poids et mesures de Rome a été établie de façon à obtenir une concordance suffisante avec le système attique, tel que Solon l’avait constitué. On ne peut nier que cette régulation ne soit relativement simple et commode.
Détermination des étalons de mesures dans l' antiquité i — D’après ce qui précède, chaque cité antique a un système de mesures de longueurs et de surface, qui est bien déterminé pour nous, si l’on connaît la longueur, par rapport à nos unités, de la mesure fondamentale, le pied. Mais on doit s’attendre à ce que chaque cité ait un étalon particulier ; et nous avons déjà reconnu trois valeurs distinctes : le pied du système d’Égine, le pied attique et le romain. Le premier à cause de son antiquité, les deux autres à cause de l’importance historique de leur emploi (car c’est aux mesures attiques ou romaines que se réfèrent les écrivains classiques), ont naturellement concentré les efforts tendant à déterminer la valeur des étalons5.
11 subsiste plusieurs pieds romains ayant servi comme instruments de mesure, d’autres qui sont des modèles décorant des monuments funéraires. Mais les mesures très soigneuses auxquelles ces pieds ont été soumis ont fait ressortir de l’un à l’autre, des différences sensibles (allant jusqu’à 5 millimètres, c’est-à-dire de l’ordre de celles que pouvaient présenter les étalons de diverses cités). On ne peut donc obtenir par ce moyen une détermination satisfaisante de l’étalon réel, on doit seulement
p. «2 B. — 3 Gr. u. Boem. Metr. § 46, p. 495-528. — 4 Metr. script. Il, p. 74, d’après Festus. — 5 Pour le détail dos monuments qui subsistent, voir l’article
PONDERARIUM.
MEN
conclure que les instruments réels de mesure étaient loin d'être convenablement vérifiés. La discussion des distances réelles qui ont été relevées sur des voies romaines entre des bornes milliaires n’a pas abouti davantage a des résultats suffisamment concordants. D autre part, si l’on connaît très exactement le poids de la livre romaine, et si 1 on pourrait par suite en déduire théoriquement la valeur du pied romain (au moins entre certaines limites dépendant de la densité du vin et de la température a supposer, mais en réalité assez rapprochées), il faut bien reconnaître que, eu égard à l’imperfection des procédés des artisans d’alors, la relation légale était seulement théorique. Les calculs, pour les déductions de ce genre, ont d’ailleurs montré, en thèse générale, qu on arrive ainsi constamment à une valeur plus forte que celle de l’étalon réel. En somme, le procédé qui inspire le plus de confiance est le suivant : comme, en tout cas, on a la longueur du pied avec une certaine approximation, si l’on prend soigneusement les diverses mesures d un édifice antique, un temple par exemple, et qu'on recherche les rapports simples qui existent entre ces mesures, il est relativement aisé de trouver la valeur du pied dont s’est servi l’architecte du bâtiment et cela avec une approximation d’autant plus grande que les mesures concordantes sont plus nombreuses. Or il est à supposer a priori que les architectes se servaient de mesures officielles pour les constructions d’édifices publics qui donnaient lieu à des marchés avec des entrepreneurs ; a posteriori , cette hypothèse est confirmée parce que les mesures systématiquement faites dans cet ordre d’idées sur divers édifices aboutissent à des résultats dont la concordance est satisfaisante. Les travaux dans lesquels on peut avoir le plus de confiance ne révèlent pas, en effet, une discordance de plus d’un demimillimètre (entre 0 m. 2955 et 0m.29S) et l’on ne peut guère s’attendre à moins, même pour des mesures réellement comparées à l’étalon, dans les conditions où les anciens devaient faire cette comparaison. On peut donc •estimer, comme valeur moyenne, avec Hultsch1, l’étalon du pied romain àOm. 2957. Signalons toutefois que, poulies monuments construits à partir de Septime Sévère, le pied architectonique tombe à Om.2942.
L’étalon du pied attique a été particulièrement établi d’après les mesures du Parthénon âxaTogTtEoo; et déterminé à Om. 3083. Les Romains l’évaluaient pratiquement aux 25/24 de leur pied (ce qui donnerait 0 m. 308).
Les mesures d’anciens temples grecs, en particulier de l’Héraion de Samos, ont démontré l’emploi d’un pied de 0 m. 3145, ainsi sensiblement. supérieur au pied attique et qu'on peut assimiler à celui de la grc-pio; k-Ti/u; d’Hérodote. Le pied déduit de la valeur des mesures de capacité éginètes serait un peu plus fort(entre 0 m. 3183 et 0m. 3167'. Mais ici on manque encore d’éléments pour aller plus loin. L’ingénieuse combinaison de Hultsch 2, d’après laquelle on devrait regarder le pied de la pi-rfio? 7r?jyuç comme égal aux 3/5 de la coudée babylonienne et l’évaluer a 0 m. 315, comme longueur moyenne généralement admise en Grèce, n’a en effet aucune valeur démonstrative. Nous ne savons nullement si Hérodote3, en parlant d’une coudée ordinaire (qu’il oppose à la coudée royale de Perse), vise un étalon déterminé. Nous ne savons pas
1 P. 88 cl suiv. — 2 P. 490 cl siiiv. — 3 Herod. I, 178. — 4 P. 122 cl
MEN
davantage quelle est la précision du n qu’il établit entre la coudée royale et la côu ^ de 9 4 H on ne peut donc même pas exclure ah.ni 0riin*m thèse qu’il ait voulu parler de la coudde atti11^1'1 l’hywl Quant aux étalons des mesures de capn.iJUq de remarquer que, d’après la détermination ?nTienl romain, le quadrantal ou amphore ne devi- i " PM qu’une contenance d’environ 251it 79 t. , U allei»dre possible de 12 centilitres en plus ou ‘en" mesures très soignées du célèbre conge Farnè* / Les lement à Dresde) conduiraient aune contenanreK ‘ ;
pius élevée (27111.023). Si l'on s'attache enSn M, T' mination legale du poids de vin contenu dans l’uni I ^ I comme le poids de la libra romaine est très ox-irtc I connu, on doit resserrer celte contenance entre =>fi m* : et 26 lit. 57. Hultsch4 admet 0 lit. 547 pour le“ ,^“ï quarante-huitième de l’amphore.
Pour le métrète attique, les mesures déduites des vases anciens donnent, au contraire, des contenances généralement inférieures à la valeur légale. Mais il est raisonnable d’identifier le yo3ç attique et le congius romain. I Des mesures alexandrines. — Si l’on écarte le détail des mesures locales, dans lequel nous ne pouvons entrer ici, il reste, en dehors des systèmes d’Athènes et de Rome, à considérer celui que les Ptolémées établirent en Egypte, parce qu’il a joué, dans l’antiquité, un râle relativement considérable. Tout d’abord, les Alexandrins ont un pied particulier, déduit de l’ancienne coudée royale et sensiblement plus grand que les pieds grecs. Ce n’est point celui que les Romains connurent sous le nom de pes ptolemaïcus : ce dernier, que leurs gromatici trouvèrent à Cyrène, lorsque Ptolémée Apion la légua à Rome, était un pied grec ordinaire. Ils identifièrent, au contraire, le pied alexandrin avec celui qui, dérivé de la coudée perse, régnait dans l’Asie Mineure et qu’ils connaissaient sous le nom de pes philetaereus , depuis qu’ils avaient hérité de Pergame. Ils fixèrent enfin la valeur de ce pied royal d’Orient aux 6/5 du pied romain; ce qui revient d’ailleurs très sensiblement à égaler 7 stades alexandrins contre 8 stades attiques au mille romain. Mais les métrologues anciens, et en particulier les tables dites héroniennes, nous parlent, au contraire, d’un p.’Ài&v qui aurait contenu 7 stades et demi, par suite 4 500 pieds philétériens ou 5400 pieds romains.
Hultsch5 a admis que la dénomination romaine a été! appliquée à une mesure égyptienne, contenant 1000,uk, c’est-à-dire 3000 coudées. C’est, à mon avis, atli ibuerj trop d’importance à des textes qui ne nous sont, pan mus que dans des ouvrages remaniés par les Byzantins. } a là, très probablement, une de leurs additions ,'°"lll '' e I par un calcul erroné, mais reposant sur l'-x'^tn^ réelle d’un stade de 7 1/2 au mille, stade conespoa a à un pied qui valait environ les 10/9 du pied i'Ojm J L’existence de ce pied, comme le remarque <. ai - Hultsch6, a été reconnue par l’étude des monum
d’Asie Mineure. . sanS
Le stade alexandrin, de 7 au mille romain, 1 ^
doute celui dont Ptolémée (après Marinus de ‘Vj(i stade servi dans ses calculs géographiques. Mais P0"1 |trjjjuer d’Ératosthène, la question de la valeur a 111 reste toujours débattue. Nous nous rallions
l’opinion
1 etr .
-gû ei suiv*
script. I, Prolcg. p. 30. - 6 Gr. u. Itoem. iMr. !'■ •-
Ml- H
M EN
à savoir q
nllscli1 et appuyée sur un témoignage de u’Éralosthène, voulant à la fois adopter stade qui se reliât au système des
de
lion j oyat1 x
choisit. Fls’onsmv’
joutent'6 Par plinc2,
r l0ngTU' ndrines, et pût être prise comme évaluapesures -t 1 N‘u^^ gla(je mnéraire, réduisit à 400 pieds m0fnn|ieu de 600) l’unité géographique qu’il au ,rait que sa mesure de la circonférence .«,5*000 stades) serait singulièrement exacte. *elale?' ,ix mesures de capacité, les Ptolémées, tout QU , [ des contenances attiques pour le cotyle et le
en part”11 "ent ^ nomenciatUre plus commode;
C°nge/ W/ ne contient que 3 cotyles (au lieu de 4) et ’flelt le quart du conge. Le mélrète prend le vieux égyptien d 'artabr, le médimne est élevé au double Tl'artabe; son sixième, Yhecteus, et son douzième, némiecton] deviennent donc respectivement de 48 et de U cotyles Mais ce système ne parvint pas à s’implanter définitivement ; les anciennes coutumes provinciales subsistèrent à côté et l’intervention ultérieure des Romains amena de nouvelles complications.
Des mesures médicales. — On doit classer à part ce qui concerne, dans l’antiquité, les petites mesures de capacité inférieures à la cotyle ou hémine , qui servaient pour le dosage des médicaments.
En réalité, il n’y a eu, dans l’antiquité, qu’une division de la cotyle assez généralement reconnue, à savoir en hippx (i quartarius , par rapport au setier ), 4 o^Sonpa (acetabulum), 6 xuxÔouî ( cyathus ). Cette dernière mesure (un petit verre àvin) servit en particulier chez les Romains de l’époque classique pour doser la quantité versée du cratère dans les coupes : suivant les santés portées, on multipliait le nombre des cvathes à boire d’un trait.
I Les indications médicales étaient naturellementd’ordinaire aussi vagues que chez nous : un verre, une cuillerée ; maisdes différences dialectales rendaientsouvent obscures les prescriptions des auteurs déjà anciens. Galien3 essaya de débrouiller les confusions intervenues; et dans les écoles, on dressa des tables établissant une coordination de ces petites mesures (le xouêXfov, assimilé à la cotyle, le prtpov, la y/|Uf|, la xôy/T], le xoyXtzptov, etc.). Mais ces tables sont discordantes entre elles, et les coordinations supposées, d’ailleurs probablement très tardives, malgré les noms sous lesquels elles nous sont parvenues, ne peuvent être considérées que comme fictives.
1 n système assez bizarre, pour les dosages réellement méthodiques, nous est révélé par Galien. On se servait, poui 1 huile en particulier, de cornes graduées delà contenance dune hémine , qu’on appelait abusivement livre r '''T?a 'R Toi:1 IXaiou) et qui était divisée en 12 onces métriques, quoique ne pesant guère que 10 onces. Des ™ ’ns 8Pecs avaient, tout aussi arbitrairement, divisé 6 ' cn 60 drachmes métriq
metrologici °UI'nis dan
ues.
scriptores. — Les renseignements cet article ont été empruntés cn presque
J ',.;.w.d suiv- - a Bût.
' «• Berlin «g, J ^ 14 § 33' ~ 3 Mttr' SCripL l> "
inédit, doit ôlr * " ^eipz. “ v°l* 1864 et 1866. — 6 Cet ouvrage, encore
Héron. chez Teubner, dans le nouveau recueil des Œuvres de
sestertio UAPH1E’ Outre 1 ouvrage de Ilultsch, voir Leonardus de Porlis, picola , De n!,,, ""^S> ^on^‘ e * mens, antiquis , lrc éd. av. 1524 ; Georg. Hfdus, De mens ^°n^‘ ^e’ l,e*33 ; Miel). Neander, Synopsis , Bâle, 1555; Luc. Vori(l: Home, t(jQ/ Denise, 1573; Villalpandus, De Rom. Gr. Hebraeisque
^•Hernhard D - ' ^J^Cavcs, Dircourse of the Roman foot , Londres, 164^ ; ^ftsbourg, 1708- ^ Pond‘ Oxford, 1688 ; Eisenschmidt, De pond, et mens.
1700)- jjJ. aHei’ Enquiry into the measure of the Roman foot [Phil. '* S< Y’ Essay on Mc ancient weigts , etc. Oxford, 1836; Cagnazzi,
totalité, soit à l’ouvrage de Friedrich Hultsch, Griec /lise /te und rümische Métrologie *, soit a sa collection des Metroloyicorum scriptorum reliquiac 6. Dans le premier de ces ouvrages, on trouvera une bibliographie complète de la matière, à laquelle il n y a pas lieu d’ajouter quelque ouvrage, capital, paru depuis. Le second renferme des prolégomènes dont 1 étude reste indispensable, quoique à certains égards la question ne se pose plus dans les mêmes termes. En réalité, les études métrologiques n’ont commencé qu assez tard dans l’antiquité, et des confusions ou des erreurs graves sont restées possibles pendant toute la période classique. Ce qui nous reste des ouvrages originaux de la décadence est bien peu de chose et consiste surtout, chez les Grecs, en extraits plus ou moins informes, où apparaît en même temps que le besoin de faire connaître les changements qui s’introduisent, surtout dans le système monétaire, le but d’expliquer la métrologie des Livres saints. Hultsch a déployé, dans le classement chronologique et la critique de ces documents, une sagacité que l’on doit qualifier de merveilleuse. Toutefois, les résultats auxquels il est arrivé ont besoin d’être contrôlés par une étude approfondie de la tradition manuscrite, étude qui peut amènera les rectifier sur divers points. En particulier, il a attaché trop d’importance aux écrits de géométrie pratique, qui sont connus sous le nom de Héron d’Alexandrie. La récente découverte de l’ouvrage original de Héron, les Merp'.xx, a révélé que cet auteur n’employait dans ses calculs aucune unité concrète °. Toute la collection héronienne ne doit donc plus compter que comme une œuvre byzantine, qui peut certainement avoir conservé des tables anciennes, mais dont les témoignages ne peuvent être acceptés comme de première main. Héron lui-même ne peut plus guère être placé désormais plus haut que vers la fin du Ier siècle de notre ère. Quant à la tradition métrologique médicale, elle ne remonte probablement pas avant le ive siècle et elle ne me semble guère avoir définitivement pris corps qu’au temps de Paul d’Égine, au VIIe siècle ap. J.-C. En résumé, la mélrologie des Grecs et des Romains est sans doute désormais arrêtée dans ses grandes lignes, mais un très grand nombre de questions de détail n’ont reçu jusqu’à présent que des solutions provisoires, et une tâche importante est réservée au nouveau siècle qui s’ouvre. Paul Tannery.
MÈ OUSA DIRE [érémos DIKÉJ.
MERARCHAI (Meptxpyat). — Nom que portent, dans un dème de l’Attique, des citoyens chargés de certaines affaires du dème, en particulier du soin de sacrifices1.
Cii. Lécrivain.
MERCATOR. — Grèce. — Il est difficile de définir le marchand. Les législations commerciales modernes arrivent à peine à marquer la ligne qui sépare le commercant du non-commerçant. On admettra ici que
S. i valon delle misure, etc. Naples, 1825; Saigcy, Traité de métrologie , paris, 1834; Idcler, Abhandl. dur Berlin. Akad. 1812, 1813, 1825, 1826, 1827 ; Boeckh, Melrologische Hntersuchungen, Berlin, 1838; Vasquez Queipo, Estai sur tes systèmes métriques et monétaires des anciens, Paris, 1859; Wcx , Métrologie grecque et romaine (trad. fr. de Monet, Paris, 1887) ; Doerpfeld, Metrologische Beitraege, Mittheil. d. d. arcli. Inst, in Athen, XIV, XV, etc. ; Schultz, Werkmass und Z aklcnverhaeltnisse griechischer Tempel (Zeitsch. d. Archit. u. Tng. Vereins. Hanovre, XXXIX) ; Pernick, Ueber den Wert der monumentalen und literarischen Quellen antiker Mcfrologie { Zeitsch . f. Num. XX, Berlin).
MERARCHAI. 1 Corp. inscr. ait. 11, 1, 580.
MER
ceux-là seuls sont marchands qui font habituellement le commerce. Cela exclut les personnes qui font un ou plusieurs actes de commerce, mais accidentellement, à titre exceptionnel, sans que ces actes aient un caractère professionnel. Platon, qui, pour subvenir aux frais d’un voyage en Égypte, engagea une spéculation sur les huiles ', n’était pas de ce chef un marchand. Cela exclut aussi les personnes qui vendent des choses qu’elles produisent elles-mêmes (agriculteur vendant l'excédent de ses récoltes sur ses besoins ; artisan vendant le produit de son travail) ou qui achètent à autrui certaines choses pour satisfaire à leurs besoins personnels, et dans la mesure de ces besoins (consommateur qui achète du vin pour sa boisson, du blé pour sa nourriture) : agriculteur, artisan, consommateur ne sont pas des marchands. Le marchand n'achète ou ne vend pas pour lui-même. 11 est avant tout un intermédiaire dans la circulation des richesses. Les auteurs grecs distinguent nettement le système économique dans lequel chacun vend directement ce qu'il produit, ou achète directement ce dont il a besoin (aÙToittoXtx-q) du système dans lequel des intermédiaires s'interposent entre le producteur et le consommateur (usTxêÀTiTtxTj)2. Ce dernier est le seul qui puisse être regardé comme commercial, le seul où il y ait des marchands.
A partir de quelle époque trouve-t-on en Grèce des marchands de profession? Dans les temps homériques, on en rencontre fort peu, et encore ils ne sont pas Grecs11. Rien d'étonnant d’ailleurs à cela. Les Grecs, du xe au vme siècle, vivent d'une vie presque exclusivement agricole ; chaque famille, chaque groupe social forme un tout qui se suffit à lui-même. Ces groupes n’ont à vendre que le superflu de la production agricole ou de l'industrie domestique sur leurs besoins. Ils n’ont à acheter que les choses que ne produit pas la terre qu’ils cultivent ou qu’ils ne savent pas fabriquer (matières premières rares : métaux, ivoire, ambre ; — objets de luxe : bijoux; — instruments de fabrication difficile : ustensiles, armes) [mercatura]. Limités à ces quelques objets, les échanges se font généralement sous le régime de l'aÙT07ra)À!XTp C’est pourquoi il n’y a point encore de marchands grecs. Il n’est question, dans les parties les plus récentes de Y Odyssée, que de marchands phéniciens peut-être aussi de Taphiens 8. C’est à un étranger que songe Euryale, lorsque, reprochant à Ulysse de paraître ignorer les jeux où s’exercent les hommes, il le compare au patron d’un navire qui n’a souci que de sa cargaison et de gains à faire, plutôt qu’à un athlète6.
Mais le système de la gsxaSX^Tt xvj ne tarde pas à s’introduire en Grèce à côté de l’aÙTOTtwXtxT). Le commerce y fleurit à partir du ui° siècle. L’économie commerciale prend le pas sur l’économie agricole et l’économie familiale. Dès lors, il existe de nombreux marchands dans la société grecque.
MERCATOR. 1 Plut. Sol. 3.-2 PJat. Soph. p. 223 ; Polit, p. 2G0 ; Arist. Polit. I, il, p. 1258 6; Francotte, L'industrie dans la Grèce ancienne (Bruxelles, 1900-1901), I, p. 301 et suiv. — 3 Hermann. Lehrbuch der griechischen Antiquitüten (IV, Privatalterth. éd. par H. Blümner), p. 421. — 4 Bérard, Les Phéniciens et l'Odyssée (Paris, 1902). — 5 Sclirader, Linguistisch-historische Untersuchungen zur Handelsgeschichte und Waarenkunde (léna, 1886), I, p. 69. — 6 Od. VIII, v. 161-164 : « o<t0 a;xa vïj’c icoXyxXriï&t ôajJuÇwv, àpyô; vautàwv, oïre xprixTÿjpeç caiTiv, oo^tou Te xa\ liïttjxoïro; tl'Tiv ôScawv xtpSétuy 6 ' àpiïaXéwv ». — 7 Goldschmidt,
Universalgeschichte des Handelsrechts ( Randb . des Handelsrechts , 3° éd. I, 1, Stuttgart, 1891), p. 57; Guiraud, La main-d’œuvre industrielle dans l'ancienne Grèce (Paris, 1900), p. 39, 164; Clerc, Les métèques athéniens (Paris, 1893), p. 324. — 8 Plat. Leg. XI, 920 A. — 9 Xen. Mem. III, 7, 6. — 10 Dcmosl h.
MER
Ces marchands sont assez rarement des ■. citoyen se résigne difficilement à entreprend! a"8' Le i merce ou un métier. Le vrai citoyen se doit "" Com' l’État; au point de vue économique il ,>«, • °Ulenlier4 11 est vrai qu’avec le temps cette manière di!!!!^? 1 terrain. Malgré les résistances du parti , i\ P‘?r?du (dont Platon se fait l’interprète lorsqu’il veuM^ Lais, que seuls les métèques et les étrangers tJZ métier de marchands ■), on lron,e a„x assemblée"* peuple athénien, à coté des artisans, quelques ciLo,e„! qui sont marchands et brocanteurs 9. Mais ils ni. „ tuent qu’une part relativement minime de la Jmhï '' commerçante : ce qui le prouve, c’est que le seul faR d’exercer un négoce constitue une présomption d’extrl néité. Cette présomption apparaît dans le plaidoyer de Démosthène contre Eubulide. Euxithée, fils d’une vendeuse de rubans, fait appel d’une décision qui l’a rayé" de la liste des démotes, et ainsi privé du droit de cité. On lui oppose la profession de sa mère, et l’argument parait si fort que l’orateur doit supplier le tribunal «de ne pas regarder comme étrangers ceux qui travaillent, mais de regarder les dénonciateurs comme des scélérats10 ». Ainsi le trafic échappe en grande partie aux citoyens. Il est surtout aux mains d’hommes de condition
inférieure et dépendante : étrangers, métèques, affranchis et esclaves. Les sources littéraires et les inscriptions nous font connaître un grand nombre de métèques qui font le métier de détaillants (xx7tT)Xoi) “. Telssont, par exemple, I Pyrrhias, revendeur 12 ; Philon, marchand de salaisons13; Thratta, revendeuse u, etc. D’autres nous sont signalés comme grands négociants (IgTtopoi) 10. De ce nombre sont Chrysippe frères, négociants originaires du Bosphore et établis à Athènes, qui constituent un prêt à la grosse à Phormion 10 ; Artémon et Lacrite, à qui AndroclèsJ citoyen athénien, prête à la grosse 3000 drachmes1, . Le commerce maritime, notamment le commerce des cé- j réales, est en grande partie aux mains des métèques 13 ; il en est de même pour le commerce de l’argent : la plupart des trapézites et des préteurs (Sxveurnxi, toxkjtk'.) sont aussi des métèques 19. C’est pourquoi Hésychius peut faire de gé toixoç le synonyme d’Épropoç 2Ü. Beaucoup de cesl métèques sont d’ailleurs d’origine servile (on u ignore pas qu’à Athènes les affranchis entrent, au point de du droit public, dans la classe des métèques21) [hetoikoiJj Il arrive souvent que les marchands, en se rot i nuit es I affaires, remettent leur commerce à des aflnuic is,j d’abord employés chez eux en qualité desda'is. in- G le grand banquier et armurier Pasion loue sa 1M"'1IU 1 son atelier d’armes à son affranchi Phormion. a étaitlui-même un affranchi22. C’est également un a que ce banquier Eustathès, qui est revendiqu .
esclave par les héritiers de son ancien mai tu < 1 I ^ ^ plaide Isée23. Nombreux aussi sont les esclaves <