OU OUVRÉES
Cuirs.
'■aine (de Selgé).
Tissus.
Maroquins.
Cuirs.
Toile (de Tarse)
Souliersdefcutre
Lia.
Etoiles brochées.
Cuivre.
RloflVs de lin.
Fer(desClialybcs).
Laine (des C0raxes).
Maroquins (rouges).
Chaussures.
Tissus.
Tissus de soie.
Maroquins (de Babylone).
Tissus de lin.
Tissus riches.
Étoffes brochées
Maroquins (de Phénicie).
Cèdre (Bois de).
Colonnades.
Fourrures.
Soieries.
Soie.
Coton uades.
Toiles.
Étoffes brochées.
Tapis.
Amidou.
Lin.
Tissus (de lin).
Cuir.
!,aine.
Lin.
voire, d arbre, iponges.
'ourpre (de Mcninx, de Maurétanie).
Tuya (de Maurétanie).
ODJETs bE LU\E.
Safran.
Parfums Tarse).
Pourpre.
Parfums.
Esclaves.
(do
Fauves.
Parfums.
Fauves.
Bilumc (de Judée) Cèdre (Huile de), Encens.
Esclaves.
Parfums, Pourpre (de Tyr de Sarapla).
Pierres pré cieuses.
Verrerie (de Si don).
Encens.
Myrrhe.
Épices.
Pierres pré cieuses.
Cinnamc.
Épices.
Encens.
Parfums.
Myrrhe.
cieuses.
cieuses.
Parfums (»‘l pliium)-
Bélcs
snuvag1
(éléphant,
truclie , onagre).
lion
MER
d'autant plus q>ie
par le Rhône elle était en communi¬
cation
directe avec la
mer. Venait ensuite la ville d’Arles,
i et nœud des routes terrestres de la vallée
nrf mari tune
PÜ1 ■ mise par là même en relation immédiate avec llll"|1'1 iiïtaüe d’une part, d’autre part avec la Ligurie ^ Domitienne et la voie Aurélienne, avec Lyon i remontait la r i ve gauche du Rhône et avec
,ar ia voie
la route qu
K iaine par la voie dont il a été question plus haut, n i varies, il faut encore citer comme port important la Méditerranée, Narbonne, située sur un bras de l’Aude, qui avait accès au Rhône par les étangs2. Ces moyens de communication eussent été singulièrement améliorés encore, si l’on eût réussi à les doubler
•u- des canaux destinés à réunir l’une à l’autre les différentes voies fluviales. Tels qu’ils étaient, ils ont permis d’apporter régulièrement à Rome tous les produits de la Bretagne (l’étain en première ligne) 3, de la Germanie 4 et des trois Gaules 5.
Pays Danubiens. — A l’est, l'Italie était en communication avec les pays Danubiens par Aquilée6, où convergeaient toutes les routes venant de l’Illyricum7. Par le mont Ocra* le point le plus bas des Alpes orientales, on voitura.it les marchandises d’Aquilée à Nauportus, sur la Laibach d’où elles descendaient jusqu'à l’ister, pour se répandre en Pannonie ou chez les Taurisques8. C’est parla que Rome livrait aux Barbares du vin, des salaisons, de l’huile, par là que lui arrivaient les esclaves, les bestiaux, les pelleteries, le fer du Norique et l’ambre des bords delà Baltique 9.
Bosphore. — Les relations avec le Bosphore avaient une certaine importance. Les grands entrepôts de ce côté étaient Tanaïs, à l’embouchure du Don, et les deux villes voisines de Panticapée et de Phanagorie. Tanaïs servait d’emporium commun aux nomades de l’Europe et de l’Asie, et aux Grecs du Bosphore, qui traversaient le Palus Méotide pour s’y rendre. Les premiers y apportaient des esclaves et des pelleteries, les seconds des tissus et du vin qui trouvaient à s’y échanger avantageusement10. Panticapée et Phanagorie, qui n’étaient séparées que par l’embouchure du Maeotis11, se complétaient l’une l’autre; les denrées provenant du Palus Méotide et des pays barbares arrivaient à la seconde GHe, la première recevait les marchandises venues du Pont-Euxin12.
(ii'cce. — Par contre, le commerce de la Grèce était tien déchu de son ancienne activité. Depuis que Rhodes et brios avaient cessé d’être les étapes commerciales enlre 1 Asie et l’Europe, les produits de l’Orient se dirigeaient directement vers l’Italie ; cette, révolution avait P01 té un grand préjudice à la prospérité des affaires. Il O '0,iil plus guère de vitalité que dans la ville de v^.l,ie ; ses deux ports, tournés l’un vers l’Asie, l’autre IS‘ Italie, lui assuraient une situation particulièrement
^ Ce '
p. 288 c/ ,."SC’ ' ^ ’ XII, P- 83; Bloch, Op. cit. p. 338 ; Jullian, Op. cit. I, ,e/UlïV Pigeonneau’ °P- cit. p. 35. — 2 Diodor. V, 38,5; Slrab. IV, Essai sur'ri "lSC’ ' t,lt' Xl1’ P‘ 521 I Pigeonneau, Op. cil. p. 34 ; C. Port,
S ; cf q "Stoire du commerce maritime de Narbonne , 1854. — 3 Strab. IV, 2, h ,Yi„e, '' !"SCI ‘ ^H. Sur les roules romaines do Bretagne, voir Paley, dans Schneider Di XLIV, 1898, p. 840. — 4 Pigeonneau, Op. cit. p. 37; cf.
tm deutschen ri^en ^,er un<^ Elandelswege der Germanen Borner und Franken textes réunis H 6 ®ur le commerce en Gaule à l'époque romaine, voir les
st du comi) ' "mnicnU'S par Fagniez, Documents relatifs à l'histoire de l'industrie V, 1,8 çor /" 1 >ance, I, p. 1-41 ; cf. Desjardins, Op. cit. I, p. 409. — 6 Strab.
I. c. b p,;,' ,n°a'' lat ' !l1’ P- 83- — 1 Strab. IV, 6, 10; VII, 5, 2. — 8 Strab.
rfer G/-iec/ze,i ^ na*‘ X X X Y 1 1 , 45 ; cf. J. N. v. Sadowski, Die Handelsstrasscn '<d ItOmer durch das Flussgebiet der Oder, Weichsel, des Dniepr
favorable que rien ne pouvait ruiner13. On (avait même projeté, pour abréger le voyage de la mer Égée à la mer Ionienne, de percer l’isthme ; César en avait eu l’idée; l’œuvre fut commencée par Caligula, reprise par Néron et finalement laissée en suspens14. On dut continuer, comme par le passé, à transborder les marchandises d'un rivage à l’autre.
Asie Mineure. — La prospérité de l’Asie Mineure venait en grande partie de son commerce ; celui-ci vivait surtout de la production locale, des laines et des étoffes tissées d’Angora, des broderies d'or d’Attale, des draps de Laodicée. L’Asie recevait aussi d’Orient, en transit, différents articles, entre auLres un grand nombre d'esclaves amenés par les marchands galales 15. Cependant le grand mouvement d’exportation et d'importation ne passait pas par là. Le premier port de la province était Éphèse, entrepôt général des marchandises d'Italie et de Grèce10. Strabon la nomme la place de commerce la plus importante de toute l’Asie en deçà du Taurus17, malgré les bas-fonds qui obstruaient l’entrée du port18.
Syrie. — La Syrie occupe, avec l’Égypte, la première place dans l’histoire économique de l’empire romain. Tout d’abord un grand nombre d’industries importantes pour l’exportation étaient en honneur dans le pays, telles que celles de la toile, de la pourpre, de la soie, du verre. Laodicia, Byblus , Tyrus , Berytus linteamen omni orbi terrarum emittunt , dit un géographe ancien19. Tyr est aussi célèbre par sa pourpre20, que certaines villes du voisinage comme Sarepta, Césarée, Néapolis de Palestine et Lydda produisaient également sous le Bas-Empire; on y travaillait en outre, ainsi qu’à Béryte, la soie brute21 ; Sidon était surtout renommée par ses verreries 22. Tout cela était fort recherché en Italie, et la plus grande activité régnait dans les ports de la côte syrienne, Tyr, Sidon, Laodicée, Gaza23. C’est que, non contents de vendre leurs marchandises aux étrangers qui venaient les chercher, les Syriens n’hésitaient pas à les leur porter eux-mêmes; les capitaines de vaisseaux constituaient dans le pays une classe puissante24, et il n’est pas de ville commerçante de l’Orient ou de l’Occident où l’on ne trouve établis des Syriens, « à Salonae en Dalmatie, à Apulum en Dacie, à Malacca eu Espagne, principalement en Gaule et en Germanie, par exemple à Bordeaux, à Lyon, à Paris, à Orléans, à Trêves23 ». On sait que dans ces villes ils possédaient des comptoirs (stationes) qui avaient à la fois pour but de faciliter les opérations commerciales de leurs compatriotes et de propager le culte des divinités syriennes en pays étranger20.
Mais ce qui faisait surtout la fortune du commerce syrien, c’était la masse des marchandises qui se dirigeaient d'Orient en Occident par les roules de l’Euphrate. Deux itinéraires différents étaient suivis par les marchands qui allaient chercher par terre dans l’extrême
und Niémen ; Ilelbig, Osscrvacioni sopra il commercio dell’ ambra (Acad, dei Lincei, scr. III, t. 1, 1877). — 10 Slrab. XI, 2, 4. — H Ibid. VII, 3, 18. En hiver ce canal était gelé et les chariots le traversaient sur la glace. — 12 Ibid. XI, 2, 10 ; cf. Preller, Ueber die Dedeutung des scliwarzen Mceres für den Handel und Verkehr der altcn Welt, dans scs Ausgewâhlte Aussâtze, p. 441. — 13 Slrab. VIII, 6, 20.
— 14 Sucl. Ner. 19 ; Dio Cass. LXI1I, 16 ; Pliu. IV, 10. — 15 Mommsen, Hist. rom. X, p. 142, d'après Ammicn, XXII, 7, 8, et Claudicn, In Eutrop. I, 59. — 16 Strab. XII, 8, 15. — u Ibid. XIV, 1, 24. — 18 Cf. Falkener, Epliesus, p. 126 et suiv.
— 19 Totius orbis descriptio, dans Kiese, Geogr. lat. min. p. 110, 3t. — 20 Strab. XVI, 2, 23. — 21 Procop. Hist. arc. 23, éd. Dindorf, III, 140. — 22 Ibid. 2, 25; Plin. Hist. nat. XXXVI, 26. — 23 Ibid. XVI, 2, 9-31. — 24 Corp. inscr. gr. 4736A.
— 26 Mommsen, Hist. rom. XI, p. 30 c suiv. avec les notes. — 26 Mommsen, L. c. p. 30, note 2; cf. Canlarelli, Bull, comun. 1900, p. 124 et suiv.
MER
Orient les denrées de luxe et surtout la soie fréquentées depuis une époque fort reculée, ces voies étaient encore utilisées presque exclusivement au icr et au n° siècle de notre ère La plus septentrionale partait de la mer Noire, suivait le Phase jusqu’à Sarapane, gagnait par terre le Cyrus, descendait ce fleuve jusqu’à la mer Caspienne ; après l’avoir traversée, les voyageurs remontaient l’Oxus jusqu’à la rivière Icare et pénétraient enfin dans la Bactriane 3. Une autre route, plus au sud, sortant de la Mésopotamie, se dirigeait vers le nord pour éviter le désert situé entre la Perse et la Médie, passait par Ecbatane, Rhagae, le délilé des portes Caspiennes, et aboutissait soit à Hécatompyle (aujourd’hui Damegan) dans la Parthie, soit dans l’Asie par Alexandrie (ïïérat), soit dans la Drangiane par Prophtasie (Zarang). Au delà, à l’entrée du Caboul, se trouvait Ortospana, où se croisaient les caravanes venant de Bactres (Balk) et celles qui, traversant le fleuve Choès, venaient de l’Inde par Taxila L Ces deux grandes voies commerciales aboutissaient dans une région où se concentrait le commerce avec la Sérique. De là on pouvait entrer en relations avec l’extrême Orient. La première étape vers l’Asie centrale était, suivant Ptolémée 3, le lieu nommé la Tour de pierre, qui existerait encore, dit-on, sous le nom de Chasotoun 6. « C’est la que convergeaient toutes les caravanes parties de la Bactriane et. de l'Inde, pour les pays situés au delà du désert de Cobi, et connus sous le nom général de Sérique. A quelques journées de la Tour de pierre était une station au passage des monts Imaüs (le Belour actuel); là les caravanes se réunissaient afin de se prêter un secours réciproque dans la traversée du désert qu’infestaient des tribus nomades et rapaces. En sortant de ces gorges, elles entraient dans le Kachgar et se dirigeaient à travers la petite Boukharie, en visitant Aksou et Khotan (Casia et Auxaxia de Ptolémée), jusqu’à Sera-Metropolis (Kan- Tcheou), dernière étape connue de cet itinéraire7. »
De toutes façons, pour passer des régions d’extrême Orient sur le sol romain, il était nécessaire de traverser le pays des Parthes : or ceux-ci faisaient pour eux-mêmes le commerce des denrées de luxe, surtout de la soie, et ils avaient tout intérêt à empêcher les relations immédiates entre l'empire romain et les pays orientaux ; d’ailleurs l’état intérieur très troublé du royaume parthe et son hostilité permanente contre Rome empêchaient l’établissement de relations commerciales courantes. Pour remédier à cet état de choses, on s’avisa au n° siècle d’établir des communications directes avec l’extrême Orient. La guerre qui avait éclaté en 1G2 avec les Parthes et qui dura quatre ans, le pillage de Séleucie et de Césiplion, étapes importantes du transit, la peste qui désola
1 Montesquieu, Esprit des lois , XXI, 1 G ; Pardessus, Mémoire sur le commerce de la soie chez les Anciens (, Mém . de l’Acad. des Inscr. XV, p. 1 ) ; Pariset, Uist. de la soie ; T. Yosbida, Entwickelung des Seidenhandels von Alterthum bis zum Ausgang des Miltclalters ; Vidal de la Blaclie, Comptes rendus de /’ Acad, des Inscr. 1896, p. 474. — 2 f)e Guignes, Réflexions générales sur les liaisons cl le commerce des Romains avec les Tartares et les Chinois {Mém. de l' Acad. roy. des Inscr. XXXH, p. 355); Reinaud, Relations politiques et commerciales de l’Empire romain avec l'Asie orientale pendant les cinq premiers siècles du christianisme (extrait du Journal asiatique) ; Journal of royal asiat. Society of Great Rritain , XIX, p. 298 ; XX, p. 2, 269; Richthofen, China, I, p. 5J2; Hirt, China and the roman Orient ; Berlioux, Bull, de la Soc. de géogr. de Lyon , 1898, p. 5. — 3 Strab. XI, 7, 3; Plin. Hist. nat. VI, 52. — 4 Sur celle route, cf. Strab. XI, 8, 9 ; 9, 1 ; XV, 2, 8 ; Ritter, Erdkunde , VIII, p. 693. — 5 ptol. VI, 13. — 6 Pariset, Hist. de la soie , p. 104, note 2. — 7 Pariset, Op. cit. p. 105. — 8 Sur cette expédition commerciale, que les auteurs chinois représentent comme une ambassade, voir Vidal de la Blache, Note sur l'origine du commerce de la soie par voie de mer ( Comptes
MER
ensuite l’Asie, obligèrent à prendre mesures. Alors les négociants
de
^ • g nouvelleg
la Blachc, peut-être aussi les maisons"1/' de syriennes, résolurent d’aller chercher e C°mmorc« mer les matières premières dont ils vivaient '"/S par du commerce grec se risquèrent pour
les délégUég
jusqu’au Tonkin'. Ceux qui nevouldent fois
loin S fi P.nntPntm’ûnl 1 r. « U ^ i i
loin se contentaient d’acheter les" soieUes^r 'ïîUSSi elles arrivaient, aisément. « Il existai! * 1 ' lldeoù dentale de la Chine et sur les confins d/déserTdef 'h-' un grand marché de produits chinois demandé, , ’ caravanes de l’Occident. De là, les marchandises E transportées à travers la petite Boukharie vers la « triane, puis voiturées vers Barygaza ou amenées JT sur le Gange 9. Une fois arrivées dans l’Inde, Illcs/ trouvaient dans les mêmes conditions que les marclm dises indigènes. Les unes et les autres n’étaient plus dans intérieur de l’Inde comme dans le reste de l'Orient répandues par l’entremise des caravanes10, parce rmè les routes étaient belles, sûres et praticables aux chariots Les pèlerinages vers les villes saintes comme Ozène (Oudjei n) etTazara (l’ancien Deoghir), citées parle Périple, devenaient 1 occasion de marchés où le commerce se liait à la dévotion. Ainsi se fondaient des entrepôts dans certaines villes du centre; les marchands du Guzerat et du Malabar venaient s’y approvisionner des produits recherchés par le luxe des Occidentaux, puis retournaient en trafiquer dans les ports que fréquentaient les navires arabes et égyptiens. Les principaux marchés maritimes
oii se débitaient les soieries étaient, au dire du Périple , le port de Minnagara (Al-Mansoura), situé à l’embouchure de l’Indus, et celui de Barygaza (Beroak) situé dans le golfe de Cambaye 11 . Il faut sans doute y joindre le port de Muziris (Mangalore) situé dans la Limyrique12, et l’une des échelles les plus importantes de la côte de Malabar au Ier siècle13. »
De ces différents ports, les navires qui ne se dirigeaient pas vers l'Egypte par le golfe Arabique, gagnaient le golfe Persique au fond duquel était situé l'emporium de Charax u, à l’embouchure du Tigre. Douze milles plus haut se trouvait la ville de Forath, sur le bord du Pasitigris : c’était le point de départ des caravanes 1,1 qui, traversant la Syrie, se rendaient à un port d’embarquement de la Méditerranée. Un des principaux entrepôts del transit était Pétra, capitale des Nabatéens et Fie de deux routes, l’une qui débouchait sur la mer a mmi, l’autre qui remontait vers Palrnyre 1 Palmyre, belle etl grande cité, établie à mi-chemin entre la vallce de 1 lui phrate et la Méditerranée, occupe, plus encore que 1 1 lia,j une place importante dans l’histoire des roules n"nmer |
rendus de l' Acad, des Inscr. 1897, p. 520 cl suiv.). — 11 Peripl. ma‘ ■ n
cct ouvrage voir l’édition récente de B. Fabricius, Dcr Périples <<s fîrijthrêc Meeres von einem Unhekannten ; Reinaud, Mémoire sur le péi iph 1 ■wiüiqut&t
{Mém. de Y Acad, des Inscr. XXIV, 2, 225 et suiv.). - 10 Heeren,;/ ^ du commerce des peuples de l'antiquité (trad. fr.), III, P- 403 cl /Sn.n. ■ ,rai,yi des alh'n dische Alterthumskunde , III, p. 82 ; Bohlen, Ueber IJandel uni s< ^ j0iigsbergt Indiens , dans les Histor. litterar. Abhandl. der deutsch Gesi ^ Hist.nti.
I, p. 102. — H Peripl. mar. Eryth. 39. — 12 Ibid. 49 et 6*. avec l'Inde
VI, 104. — 14 Pariset, Op. cit. p. 114 et suiv. Sur les relations t ^ rjnl|)0r.
sous l’Empire, voir aussi Mommsen, Hist. rom. XI, p- -47 et suiv. ^ assurer la lance de ce port elles efforts que firent toujours les Romains po ^ (g4; jouissance, cf. Saint-Martin, Recherches sur la Mésènc et lu l 1 ^ r)Jéin. de
naud, Sur le commencement et la fin de la Mésène et de la h ^"" aC ^ ^ gijr je conip* cad. des Inscr. XXIV, 2, p. 155 et suiv.) ; Plin. Hist. nat. • ^ ^ p.flel
loir de Charax, cf. de Vogue cl Waddington, Mél. de numls™pUf j~sl nat. V I, !**• suiv. — 1° Et. Quatrcmère, Mém. sur les Nabatéens. ^
MER
MER
centre de caraince; elle a servi
in'' r ,f,t pendant toute la durée de son existence, entre enl11*".’ , jes parthes *• Non seulement elle coramu-
](i ja Syrie. Elle constituait le <
cill,eS "'.a; considérable de la provir vanes i .
IeS l( "i'i"'ivee Pétra, mais elle était reliée directement au ""r'persique. La route, partant des comptoirs de fhnx et de Forath, passait par Vologesia sur l’Eul'ni! 2 son prolongement gagnait Damas 3, et de là }U' n0rts’ de la côte, Tyr et Sidon. De Palmyre partaient f intervalles fixes des caravanes dans les deux sens. QY-hirnt des entreprises commerciales fortement organises par des associations puissantes : celles-ci avaient ■■/leur tète des hommes considérables dans la cité, descendant de vieilles familles, très riches, et dont quelques-uns arrivaient même à l’ordre équestre 4. Tonies les roules qui aboutissaient à Palmyre furent, au u° siècle, gardées par une suite de fortins qui les défendaient contre les attaques des Arabes et assuraient les communications s. L’activité des transactions qui s’y opéraient nous est nettement indiquée par le tarif d’octroi que l’on a découvert il y a quelques années à Palmyre et qui remonte à l’année 137 de notre ère 6.
La ville de Bostra, située à mi-chemin de Palmyre et de Pétra, servait, elle aussi, de centre de transit pour les marchandises orientales L Sa longue rangée de boutiques de pierre, qui subsiste encore au milieu des solitudes, atteste le rôle commercial qu’elle a joué autrefois. Une route y conduisait directement du golfe Persique par Ezrâk et Salchat. Par là, comme par Pétra et Palmyre, les marchandises de l’extrême Orient et de l’Inde pouvaient parvenir aux ports d’embarquement de la côte.
Slrabon indique encore une autre voie de communication entre la Syrie du Nord et la vallée de l’Euphrate 8. Elle passait par Anthémusie où l’on traversait l’Euphrate, non loin de Bambycé, coupait le désert des Arabes Scénites dans la direction de la frontière babylonienne et atteignait la ville de Scenae qui était à 18 stades de Séleucie. « Dans le trajet, dit Strabon, on rencontre des hôtelleries tenues par des chameliers et toujours bien pourvues deau. 1ms Scénites n’inquiètent pas les marchands, qui le savent et qui s’engagent hardiment dans le désert. » Arabie. — L’Arabie est un des foyers les plus anciens du commerce par terre comme par mer; ses productions : encens, pierres précieuses, gomme, aloès, séné, myrrhe, Udees de toute sorle, ont toujours été très recherchées 9; cl de plus, les habitants du pays possédaient essentielleuii nt le tempérament commerçant l0. Par des routes de eil( i suivies de toute antiquité, ils amenaient leurs pro- ,l la côte, en traversant le désert, jusqu’aux
comptoirs du golfe Arabique, Aelanaet Leukê-Cornê, d’où l’on gagnait les entrepôts de Pétra etde Gaza". Pline nous apprend que les transports de la côte arabique à Gaza étaient fort dispendieux à cause des frais de route de toute sorle qu’on avait à solder (droits de pâturage, eau, caravansérails, redevances aux prêtres et aux scribes royaux, gardes, serviteurs, etc.) ‘2. On pouvait employer aussi le transport par eau. Il suffisait aux caravanes de gagner Aden; là les marchands prenaient la mer et remontaient par le golfe Arabique jusqu’aux ports d’où elles gagnaient les marchés de Syrie ou d’Égvpte ,3.
Un autre comptoir non moins important qu’Aden et qui, comme lui, servait d’étape pour les relations entre l'Inde et l’Europe, était Mouza, à l’entrée du golfe Arabique14. Les habitants de cette ville, hardis marins, poussaient jusqu’à Barygaza, échangeant les produits de la Syrie et de l’Italie contre les denrées orientales. L’encens, en particulier, qui se cultivait surtout sur la côte méridionale de l’Arabie et jusqu’à la pointe des Aromates, était apporté par les marchands de Mouza pour se répandre ensuite dans tout te monde 15.
Egypte. — Mais ce n’est pas vers la Syrie que se dirigeaient la plupart des marchandises qui entraient dans le golfe Arabique : la côte égyptienne leur offrait plus d’avantages et l’on préférait à la longue route de terre vers Pétra, la route fluviale plus aisée vers Alexandrie. Sur la mer Rouge iC, deux ports surtout s’offraient au commerce11. Le premier, Bérénice, n’était pas loin 18 ; les navires y déchargeaient leur cargaison et allaient mouiller ailleurs; aussi les marchands abordaient-ils plutôt à celui de Myos-Hormos, situé plus au nord; les auteurs le signalent comme le premier port de l’Égypte19; il a près de deux lieues d’étendue et est fermé du côté de la pleine mer par deux grandes îles basses et par un ilôt beaucoup plus élevé. Il devint à l'époque romaine le rendez-vous des négociants de tous les pays20. De Myos-Hormos les colis étaient chargés à dos de chameau et portés à travers le désert qui sépare la mer Rouge du Nii jusqu’à Coplos21, où aboutissait aussi une route de caravane venant de Bérénice22 : la ville de Coptos était, au dire de Pline, indicarum arabicarumque mercium Nilo proximum emporium2* . Le même auteur nous apprend que le chemin était divisé par des caravansérails munis de réserves d’eau, ce que confirment et le témoignage d’autres auteurs 24 et une inscription trouvée à Coptos même2'. Cet entrepôt était à six ou sept jours de marche de Myos-Hormos, à onze jours de Bérénice ; il resta pendant toute l’époque impériale le nœud des communications entre le Nil et la mer Rouge. Quant au
diL!!,"m''r°n’ °P' CiL X’ 277‘ - 2 Plin- /IisL nat- VI< lis= Wa< ticinann ' î cf. Hoeren, De commerçais urbis Palmyr
Politii'i, rT "rbUm dans Comment. Societ. Goetling. II (1832), -.3 Kacluu commerce ^cs peuples de l’antiquité , II, p. 141 et su - 6 \Va,'| i" *',Se Syrien’ ,8S:!- P- 23 et suiv. — 4 Waddington, 2600 el sui Tiachonni “’94, --70, 2271, 2280, 2371 ; cf. Wetzstein, Jleise in den beid
Voguii, luscr" lf’da"S. Ia Zeitschrift fil’’ allgem. Erkunde, 1859-1861. — 6 1 lin. je itil ’ mJr*’nwnnes inédites ; un tarif sous l'Empire romain ; R. Cagm l‘uhn\jra ,,, "':l’ ' P' 133 ; Dossau, Hernies , XIX, p. 486 et suiv.; Lasarei
Hitler, Erdhn T c^aeo^ Untersuchung. — 7 Mommsen, Hist. rom. XI, p. 5 S„i,8s,a,'"xX'' 01 Sll'v.; Pauly-Wissowa, Realencyclop. Il, p. 789
; sur l,.s ; *’ — 9 Pauly-Wissowa, Realencyclop. II, p. 334
suiv. ]q ^ a*'°ns commerciales de l’Arabie avec les pays voisins, Ibid. 337
-Il Strab. XVI XVI’ 4’ 22 Ct 23 ’ Plin- Bist- nat- vl> lti2; Amrn. XIV, 8, 63. ij i-, 18 el 24 ; Peripl. mar. Eryth. 19. — 1- Hist. nut. X
tuent tntfic,, \ """ \ ^rDth. 26. — 14 Pline dit de ce port (Hist. nat. VI, 104
fores, niais non Petit, nec nisi thuris odorumque arabicorum merc
ni du Périple de la nier Érythrée (21) nous apprend le contrair
l.a prospérité de Mouza est donc postérieure à Pline et remonte à la lin du i'r siècle (cf. sur la date du Périple, Geogr. graec. min. éd. Muller, I, p. 90, 168, el Glaser, Ausland , 1891, p. 45 et suiv.). — 13 Peripl. mar. Eryth. 16, 21 et 24; cf. Ptolem. VI, 77 et Plin. VI, 104. — • **> Lieblcin, Handel und Schiffahrt auf dem rothen Afeere im Alterthumer. — >7 Peripl. mar. Eryth. 1. — 18 Slrab. XVII, I, 45 , Plin. Hist. nat. VI, 103. Sur Bérénice, cf. Pauly-Wissowa, Realencyclop. III, 281. — 19 Slrab. XVI, 4, 5 ; Peripl. L. c. ; cf. au sujet de ce port, Wilkinson, Journ. of tlic geogr. Soc. of London, 11, 1832, p. 50 ; Rozière, daus la Descr. de V Égypte, VI, p. 346 et Muller, Geogr. min. I, p. 167 (note) ; Lelronnc, Rec. des inscr. de l’Égypte, I, p. 176 et suiv. — 20 C’est de Bérénice et de Myos-Hormos que partait, au i«r siècle, le négociant anonyme auteur du Périple de la mer Érythrée. — 21 Sur la roule de Bérénice à Coptos, voir Schwarz, Eine Welthandelsstrasse, dans les Neue Jahrbiiclter für Philologie, l. OXLV, 1893, p. 635. — 22 Slrab. XVII, 1, 45. — 23 plin. Hist. nat. I, 60 el VI, 102; cf. Xcnoph. E plies. IV, 2; Arist. Or. 48, p. 485, éd. Dindorf. — 24 ltin. Anton, p. 171. — 23 Corp. inscr. lat. III, 6627 ; cf. p. 1210 et 1211. Hadrien construisit, à son tour, une route (|ui menait d’Antinoupolis à Myos- Hormos (Rev. arch. XXI, 1871, p. 314); mais le commerce ne semble pas s’y être habitué (Mommsen, Hist. rom. XI, p. 243, note t).
canal qui unissait celte mer au fleuve et par là à la Mediterranée, œuvre des Pharaons continuée par les 1 tolemées1, il ne joua, semble-t-il, qu’un rôle secondaire pendant 1 Empire; on préférait descendre le Nil jusqu'à Alexandrie2.
C est par l’Egypte également que Rome était en relations commerciales avec l’Éthiopie 3 et le royaume des A xo umites. Ceux-ci fournissaient aux Occidentaux des produits rares et recherchés, surtout les défenses d’éléphants elles cornes de rhinocéros*; les rois du pays axaient établi pour la facilité des communications une route directe entre leur capitale Axoum et la frontière romaine J, ce qui n’excluait pas les relations par mer : le port du royaume était Adule, ou Adulis, dans la baie de Massouah6. Le commerce d’importation et de transit était donc considérable en Égypte. A l’époque des Lagides, les habitants grecs n’étaient guère que les intermédiaires entre les marchands arabes et syriens elle monde méditerranéen ; toute la politique des Lagides tendit à conserver ce monopole de commission, non à se substituer aux Arabes pour aller chercher les denrées dans les pa\s qui les produisaient '. Les empereurs eurent des visées plus hautes. Ils arrivèrent à leur but, suivant M. Mommsen 8, « non point en interdisant par une loi 1 accès des ports égyptiens aux bâtiments arabes et indiens, mais en leur imposant des droits différentiels qui leur en fermaient réellement l’entrée; la situation commerciale ne peut avoir été aussi subitement modifiée que par un acte de cette sorte accompli en faveur des négociants indigènes ». Comme le chiffre des affaires augmentait en même temps, on chercha un moyen de satisfaire plus pleinement et plus vite à la demande. Ce tut Hippalos qui trouva la solution, au temps de Néron, le jour où, ayant appris à utiliser la mousson, il osa quitter le voisinage des côtes, en sortant du golfe Arabique, et se diriger en droite ligne vers l’Inde par la pleine mer '. Dès lors le voyage était plus court, et un navigateur expérimenté, habile à profiter des vents favorables, était à peu près assuré de la traversée. Tel est le cas du négociant anonyme auquel nous sommes redevables du Périple de la mer Érythrée. « Au temps des Ptolémées, dit Strabon, on ne comptait pas vingt vaisseaux qui osassent s’avancer dans le golfe Arabique, au point de s’élever au delà des passes du détroit; aujourd’hui des flottes considérables pénètrent jusque dans l’Inde et aux extrémités de l’Éthiopie10. »
Les marchands d Alexandrie se donnaient rendez-vous au solstice d’été à J uliopolis, à deux milles d’Alexandrie ; ils gagnaient de là Coptos et la mer Rouge et, profitant du vent favorable, partaient pour l’Inde; ils en revenaient en décembre ou au commencement de janvier. Le voyage n’avait pas duré sept mois11.
MER
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ton, toutes celles que produisait *'<*„
1 “e sera m difficile de se faire u„c -S f *►**».« du commerce d'Alexandrie. Strabon d sad , vdle que c était le plus grand entrepôt détint * les témoignages que l'on possède conn *1*'"
lification... Alexandrie polsédÏt :;n™r,CU'^
abrite, dont les abords étaient éclairé* f P°rt’ bien Phare, œuvre de Sostrate de Cnide, des a.»i!T Par le quement, de nombreux magasins où l’on di ^ marchandises. La ville elle-même compta T'1 * quartiers distincts qu'habitaient les divers! IrlT’ population cosmopolite (Égyptiens r, * sdesa Juifs,. Des routes de terre dis llnaut 1
I intérieur et au Nil et facilitaient les comnt „„î Siluee au croisement des principales voies commet 'iï' du monde antique, Alexandrie servait d interméd 1 necessaire entre l'Occident et l'Orient Elle f nalie par la mer Méditerranée ?« bte "
décr it rrcl,andises * luxe ‘lui 1»< venaient llnde par la mer Ronge (épices, Lois précien,
parfums, so, cries) ou de l'Éthiopie par le Nil ' esclaves). I, Italie consommait sans produire et attirait tout à elle, sans rien envoyer en échange. L'Égypte produisait elle-même, recevait du dehors, expédiait au loin. Alexandrie, son principal port, était un centre économique d’une intense activité, la capitale commerciale de l’Empire; comme la ville de Rome sa ca politique.
Provinces africaines. — Malgré la fertilité du sol, les provinces africaines n’ont jamais occupé dans l’histoire économique de Rome la place que tenaient l’Égypte ou la Syrie10. C’étaient bien des pays producteurs, surtout en blé et en huile, — on sait qu’ils fournissaient à l’Italie les deux tiers de sa consommation annuelle de froment1', mais, comme entrepôts de marchandises étrangères, ses ports ont eu relativement peu d’éclat. Il faut faire une exception cependant pour ceux des Syrtes, Tacape, Oea et Leptis Magna. Là arrivaient par caravanes les denrées précieuses de l’intérieur : poudre d’or, ivoire, ébène, bêtes sauvages et esclaves que les Garamantes du Fezzan venaient vendre ou échanger dans ces emporia n. Strabon signale Tacape comme un grand comptoir de commerce 18 ; le port de Leptis est encore visible aujourd’hui, noyé dans le sable19. Par ailleurs, sans en excepter Carthage, on n’exportait guère que des produits agricoles récoltés en sol romain20. Il en était de même pour les ports de Numidie et de Maurétanie, comme Rusicade21 ou Caesarea22.
Ports de commerce d'Italie. — Partis ainsi des diffé- j rentes provinces de l’Empire, les navires de commerce se répandaient de tous côtés ; le plus grand nombre se
Mommsen, Ibid. p. 21 7 ; Lumbroso, L' Egitto al tempo dei Greci e dei Roman p. 21 et suiv. 2 Mommsen, Ibid. p. 243. — 3 Bent, The ancienl traderoute acro 1. thiopui. dans le Geograpltical Journal , août 1 893, p. 1 40 ; cl'. Vivien de Sainl-Marti Le nord dei Afrique dar, s l' antiquité grecque et romaine, p. 159 et suiv. — 4 Perip mar. Eryth. 4; \idaldela Blacbe, Comptes rendus de l'Acad. des friser. 1890, p. 4) cl suiv. — 5 Mommsen, Op. cil. p. 222; Juv. XI, 124. — G Peripl. L c. ; Paul Wissowa, Realencycl. I, p. 431. - 7 Lumbroso, Recherches sur Véconom. poli de l'Egypte au temps des Lagides , p. 139. — 8 {Jist. rom. XI, p. 245 et la not, - 9 PeriPL mar ■ ErVth- 57. — 10 Strab. Il, 5, 12. - H Plin. Hist. nat. VI, 102 ( SU1V' 12 Lumbroso, L Egitto dei Greci e Romani , p. 125; Simaika, Essai sur l province romaine d'Égypte , p. 89. On évalue à 39 000 kilomètres carrés la superfici des terres cultivées de 1 Égypte à l'époque romaine, alors que celte superficie de no jours ne dépasse pas 28 000 kilomètres carrés. L'Égypte exportait annuellement ving millions de modii de blé, soit 1 175 000 hectolitres (Aurel. \'icl. Ep. I). 13Strab. XVII
1,13: (xîyurrov Èfjnuopiïov a !xou ;x! V't ; . — 14 Pauly-Wissowa, Realencip I ■ ' ^
suiv. ; Lumbroso, Op. eit. p. 117 et suiv. — Sur le commerce de I 1 '
Vivien de Saint-Martin, Op. cit. ; Tissot, Géogr. comparée de la pioii>“ i ^
d'Afrique, t. Il; Toutain, Les cités romaines de la Tunisie, p. *44 cl sl" ;i,r,[is
Cyrénaïque, cf. A. Rainaud, Quid de natura et fructibus tyrenaieae. ^ ^ ^
antigua monumenta cum recentioribus collata nobis tradideiint.
- • „ ni et suiv.; louiaii'i
Dell. Jud. Il, 16, 4. — U Pcrroud, De syrticis emporns, p. 1 ”cllirmer Le Op. cit. p. 147. Sur le commerce saharien dans l’antiquité, '«O ' e„
Sahara, p. 318-328. — 18 Strab. XVII, 3, 17. — i9 De Malliuisieul*. Tripolitaine (Nouv. Archives des missions, t. X, en prépaialio'ii^
Mémo res de la Soc. des Antiq. de France, VI* série, t. X, p. ll ’ ^ yj|[,
lat. VII p. 2 et s.). — 20 Toutain, Op. cit. p. 146. 21 ^orP’ "!* je ja jolooi*
p. 684. On y a trouvé des plombs de douane et une dédicace au cu" ^ |30.
de Pouzzles (Ibid. 7959). — 22 Cal, Essai sur la Maurétanie eesari "
MER
rls l’Italie et, dans Tltalie, vers la capitale. dirigea11-’1’ ,ns les ports italiens les plus fréquentés étaient AUSSI (l • 'voisinaient Rome. Aucun n’était plus visité
ceux qui IV
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CamPsa";'manMs). au fond d’un golfe bien abrité, ouvert ^in'[S ■ ‘in gud, aisément accessible par conséquent aux d" es venus de Sicile ou d’Afrique, d’Égypte et d’Asie. F1"1 débarquant, on évitait les dangers de la navigation 1 "om- (1U littoral inhospitalier du Latium. U était facile j , I^uer Rome par voie de terre. La principale artère de l’Italie méridionale, la via Àppia , passait à quelque distance au nord-est. Deux routes partant de Pouzzoles allaient la rejoindre, aboutissant l’une à Capoue, la ville h, plus importante de l’intérieur, l’autre à Sinuessa, où la m Appia abandonnait le bord de la mer qu’elle suivait depuis Formies, pour s'enfoncer dans les terres 3. La première, via Campana , n’est pas mentionnée dans les Itinéraires, mais Pline l’Ancien en parle 4. La seconde, vui Domitiana , futconstruite ou restaurée en 95 ap. J.-C. par' l’empereur Domitien 3 ; elle se prolongeait le long du sinus Cumanus jusqu’à Naples. — Le nom de Pitleoli apparaît pour la première fois au temps de la seconde guerre punique 6; auparavant cette ville s’appelait Üicearchia ; c’était une colonie de Cumes 7.
Pendant toute la période républicaine, Rome ne connut pas de port aussi important dans son voisinage. Lucilius l’appelait la petite Délos, etFesl us nous explique cette expression : quod Delos aliquando maximum imperium fuerit totius orbis 8 terrarum cui successif deinde Puteolanum. Même à l’époque postérieure, alors queles empereurs avaient ménagé au commerce maritime des débouchés plus voisins de la capitale, ainsi que nous allons le dire, le port de Pouzzoles continua à être le rendez-vous des navires de fous les pays : « Dicearchei portas et littora mundi Hospita 9 ». On a gardé par les auteurs ou par les inscriptions des traces nombreuses de ses relations avec l’Espagne, l’Afrique, la Syrie,
1 %pte, l’Asie Mineure, la Grèce10. Chaqueannée, au commencement de la belle saison, les commerçants d Alexandrie y apportaient les produits de l’Inde et de lÊgypte;la vue des premiers navires mettait toute la population en joie; elle accourait sur le môle pour découvrir, parmi les innombrables voiles en vue, celles qui appartenaient aux transports égyptiens; car ceux-ci gardaient au sommet de leur mâture la petite voile nommée supparum que les bateaux de tous les autres Pa)s devaient replier quand ils avaient dépassé Capri11.
La prospérité commerciale de Pouzzoles dura aussi longtemps que Rome même : cette localité resta le véritable avant-port de la capitale.
Et pourtant il y avait un port plus rapproché, celui d’Ostie12, créé par Ancus Marti us, à l’embouchure du Tibre; mais il avait l’inconvénient de s’ensabler aisément et d’être par là difficilement accessible aux gros navires. Pour remédier àcet inconvénient, Claude y litcreuser un nouveau port de commerce queTrajan acheva et qui prit le nom de Portus ( Portas urbis, Portas A ugusti)n ; il comprenait un bassin extérieur, œuvre de Claude, et un bassin intérieur adjacent, datant de Trajan, réunis au Tibre par un canal ( fossa Trajani). Grâce à ces travaux importants, les navires de gros tonnage purent jusqu’au bas temps arriver à l’embouchure même du Tibre, d'où leurs cargaisons, chargées sur des chalands, remontaient le canal et arrivaient à Rome14.
L 'Emporium était le port commercial de Rome; il se trouvait au voisinage de la porte Trigemina entre l’Aventin et le fleuve; créé13 sans doute dès l’époque royale, il fut définitivement organisé en 561-193 par les édiles M. Aemilius Lepidus et L. Acmilius Paulus 16 ; il y avait là des entrepôts pour les marchandises de toute sorte qui arrivaient dans la ville : grains destinés à l’alimentation du peuple, matériaux pour les constructions, pierres, marbres, bois, etc. Les chalands xœnaient s’amarrer le long des quais construits en grand appareil, auxquels des escaliers donnaient accès; le sol AeV Emporium était pavé; des portiques et des hangars l’encadraient17. On avait élevé aux environs, dans le même quartier de Rome, toute une série de magasins où s’entassaient les denrées débarquées sur la rive du Tibre [horreum]. La limite de l’octroi de Rome était en aval de Y Emporium , et toutes les marchandises qui remontaient le fleuve, sauf celles que l’on appelait usuaria , payaient un droit d’entrée, Vansarium 18. On a retrouvé de nos jours des vestiges importants de Y Emporium, et l'on a recueilli sur son emplacement des marbres précieux, des amphores, des monnaies19.
Quant aux autres ports de l’Italie, ils avaient moins d’importance et ne desservaient guère que la région même où ils s’ouvraient: Gènes était le centre commercial de la Ligurie20; Ancône, de l’Ombrie et du Picenum21 ; Naples, de la Campanie22 ; Rhegium lirait son importance du voisinage de la Sicile23; Tarente24 et Brindes23, de la proximité relative de la Grèce et de l’Asie. Cette dernière ville était surtout fréquentée par les voyageurs venant d’Orient, qui y débarquaient pour gagner Rome par la voie Appienne20. 1t. Cagnat et M. Besnier.
Hél / C';” rî* ’ "amPan‘eni P- 114; Corp. inscr. lat. X, p. 183; Dubois, i««; \ ,C dC R°me' lm’ p' 66 et suiv. — 2 Strab. V, 4, 6. — 3 Corp. -S ir r X’ .P' 58, 702' 705‘ — 4 Plin. Hist. nat. XVIII, 11, 111. L. c ■ p UVI1, 14 1 Slat- Silv. IV, 3. — OLiv. XXIV, 7, 10. — 7 Slrab. Ht, 5 GI* J s p7' ’ f aUS' IV’ 33, 12> Vlll> 7- 3i Polyb. III, 91-4; Plin. Hist. nat. v,j3’; |,J .. Fes,l;.p' ,22' ~ 9 stat- III, 5, 74. — 10 Strab. XVII, I, 7; Diod. P* 183, col I- r lf MI, 12; Beloch, Op. cit. p. 115; Corp. itiscr. lat. X,
1975, pic . j ’ C ' n°* l55fi’ 1578> 159i> 1624, 1634*, 1909, 1970, 1971, 1973, 1974, ~~ *' Sen P ' -- rom' 4I®’ 419, 420, 421; Corp. inscr. lat. XIII, 7939, 79G0. cl. Prcllôr Pn ~ 12 Strab- V- 3> »! Corp. inscr. lat. XIV, p. I ; Dig. XIV, 2, 4; l'iui hist Clan n ^ 1 *'>er ^ Verichtc der Süclis. Geselsch. der Wissensch. t. c.; pea //;' lS'P 131 SU'V. : 18 49, p.5etsuiv., 134 et suiv. — 13 Preller, Minto iressurl ' ">ne 11,1 riaggio ad Ostia, 1802, p. 31 et suiv. ; Tcxier, 1808 p m | ^ )m ts antiques sitars à l'embouchure du Tibre ; Lanciani. Annali, Topo gr. der Sia // ' '* * rocop‘ Ttell. Goth. I, 20. — 1:1 Preller, L. c. ; O. Richter,
— 16 Liv. XXXV 1 ^°m' ^c*' p' 133 > Ilooao, Lexique de topogr. romaine, p. 218.
plonimsen dans los // ' ~ 1,p'v' XI.I, 27. — 18 Epliem. epiijr. IV, p. 270, n" 787;
ce. der Atc. der ~Wissensch.su Leipzig, 1850, p. 309 ; Marquardt,
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p. 8 ; cf. n0' 00, 62. — 26 Strab. V, 3, 6; VI, 3, 7 et 8; Plin. Hist. nat. 111, 101 ;
Tac. .Ann. III, 1; Hor. Sat. I, 5; Corp. inscr. lat. IX, L. c . — Ruu.iographie. Nous n'indiquerons ici q«e les ouvrages généraux les plus importants; d'autres ont été cités dans les noies. A. Histoire du commerce in général: Les principales sont les suivantes: Anderson (Ad.), An liistorical and clironologicat déduction of the origin of commerce from the carliest accounls to the présent tinte, 1787-89 ; 11. Baudrillarl, Histoire du luxe privé et public, depuis l'antiquité jusqu’à nos jours, Paris, 1878-1881 ; Beckmann, Beitràge sur Gescliichte der Erfindungcn.... 1786- 1805 ; Beer (A.), Allgemeinc Gesch. des Welthandels, 1860-1884 ; J. -B. Béraud, Le commerce, la navigation, les arts des peuples anciens et des peuples modernes , Paris, 1861 ; Boccardo, Af annale di storia del commercio, de U industria e delta economica politica , 1858; Büchele, Gesch. des Welthandels , 1867; Cons, Précis de l’hist.du commerce, 1896 ; Duesbcrg, Hist. du commerce, de la géographie et de
MER
AIËRCLMRII. Grèce. — La condition de mercenaire ou de soldat etranger dont on paye le service (giffOcoxot, fX'.<70o?dpO[, TO (XtaOocpOptXÔV, iitfxoupot, xb Èmxoup-xdv, Çévot, xb >SVIX0'V» ffxpaxiwxat) suppose une organisation sociale et politique particulières, c’est-à-dire que, sur ce point, comme sur bien d autres, il y a un rapport étroit entre la constitution politique d’un État et l’organisation de ses forces militaires.
La société homérique ne connaît pas le mercenaire. Chaque chef de peuple va à la guerre entouré des hommes de son clan 1 ; en cas de danger pressant, on fait appel aux peuples auxquels on est apparenté par la race ; ceux-ci envoient, comme secours, des guerriers qui sont désignés sous le nom d’ÈTttxoupoi ; ce nom désigne ici non des mercenaires, mais des alliés 2 ; l’entretien de ces guerriers est à la charge du peuple qui a réclamé leur
secours 3
Les aristocraties, qui succédèrent aux monarchies de l’époque homérique, ne semblent avoir apporté aucun changement sur ce point*. Il en fut tout autrement des tyrannies qui, à partir de la tin du vme siècle, renversaient un peu partout le régime aristocratique. Pour ces gouvernements, qui ne s’étaient établis que par la violence et qui ne se maintenaient que par la violence, il y avait une nécessité absolue de s'appuyer sur des soldats étrangers. En même temps, les troubles, qui agitaient les cités grecques, avaient toujours pour conséquence la proscription d'une partie de la population. Une des res-
MER
sources du Grec exilé est le métier de
bonne heure même, ce métier devint r ?a"'f'Detrès
tams peuples grecs [exercitus, p 8991 USWe d« cer-
Écs Canens sont les premiers des Grecs n o qu. se sont engagés comme mercenaires r • Ephore5, militaire. Hérodote leur attribue l’im'n. .eUlltunerace du casque et des boucliers à pomnée» A , Cimier du nom de Carien le synonyme de merê. ‘ °que fait •t* •*» ««*««. «■' '™uve i: >«
lois au service des monarchies orientales °S Cr6' Kreti-Pelli des rois juifs 8- Gveès r •' ' <e SOnt les
.10 la Lydie ont de! mereeS, partie Cariens 9. t • il en grande
Parmi les tyrans grecs, Périandre, tyran do cf avait auprès de lui des doryphores 19 • Polvcr-il . Samos, avait un corps de 1100 arclS^^ f fieie de Stesagoras, occupait la Chersonèse avec ’ 0 troupe de 500 mercenaires ». On connaît la ruSc Laïc employa pour s'emparer de la tyrannie dan, Athènes : prétextant des attaques contre sa personne i demanda a ses concitoyens non pas dos gardes mercenaires armés de la lance, mais un corps de citoyens athéniens simplement armés de massues13. Ces garanties lurent insuffisantes pour sauvegarder la liberté du Peuple. Pisistrate s’empara de l’Acropole et devint le maître d’Athènes. Chassé à plusieurs reprises, il réussit chaque fois à reprendre le pouvoir. Dans la dernière tentative, il s’appuyait sur des mercenaires argiens que lui
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MlillCËNAItlI. 1 Tous les hommes valides d'une même famille ne son Fj ^ Exemple d'un tirage au sort, H. XXIV, 400; exemptions obtenues en . ^ jjo. sents au roi, Ibid. XXIII, 297. — 2 II. R, 130-133; 1IL |SS’ ’ J385 <»,
— 3 11. XVII, 25. — 4Xen. Hieron, tout le cl), v; Arist. Polit. HL • ’ ■ ^ c|iapitre,
— 5 Fragm. hist. gr. de Didot, t. I, p. 239, fr. 23. — 11 L 1 ' c ’ . ^ Wl)
pour les rapports d’origine entre Cariens et Crélois; Ilelbig (Bp°l ^ conteste aux Cariens ces inventions. — 7 K aï în „ n, /jfi»!.
— 8 Ane. Test. Samuel, XXI el XXIII; Chron. 1, XI avec VI et * j Ja ,ydieet
dupeuplc d’Israël, t. II, p. 19 el 29. — 9 Hcrod. I, 7/, 2, G. 0 J(J jjerod. V, 9-le monde grec au temps des Mermnades, p. 133, 135, 154, -< ■ 131,501 ,
— H Ibid. III, 39, 45. —12 VI, 39; de même Arcésilas à Cyrène, j” ^ gard# le récit d’Hérodote ne manque pas de malice; Aristote, Ath. \ polyefl, étaient au nombre de 50, d’après Plutarque, Solon, 30; do 3,111,1 1
MER
6s Lydamis1 et, depuis, les Pisistratides avait atne ' J d’eux, dans Athènes, des merce-
e“renl | ''^Thucydide vante la discipline 2.
"aireS 1 " de Sicile paraissent avoir possédé les Les nombreuses que la Grèce ait eues à cette
arméeS ? moment de la seconde guerre médique, Géép°que^‘ Ju g acusej offrait aux Grecs, s’ils lui donlon’ n!" commandement, de conduire à leur secours niuen ,rrs <90000 hoplites, 2000 cavaliers, 2000 archers, 'snnd frondeur s et 2000 hippodromoi armés à la légère 3. 1°. forces équivalentes sont aussi attribuées à Dion * et
4 un tyran de Léontium, Thrasydée \ f ■ YpTe - Mais c’est surtout en Egypte qu il importe I L’étudier les mercenaires grecs G; nulle part leur action ■ tU(i si longue ; nulle part leur rôle n’a été si împorhnt dans le développement politique, économique et social de ce pays. Le mercenariat paraît de bonne heure le régime ordinaire de l’armée égyptienne. La classe militaire, sous les Pharaons, était recrutée un peu partout, chez les fellahs, les Bédouins, les nègres, les Nubiens, même chez les prisonniers de guerre ou les aventuriers venus d’au delà des mers. Ce ramassis d’étrangers composait d’ordinaire la garde du roi ou de ses barons; c’était le noyau permanent autour duquel se ralliaient, en cas de guerre, les levées de troupes indigènes. Les ^ premiers Grecs qui semblent avoir formé un établissement stable en Égypte sont les Milésiens, qui, dans la seconde moitié du vm' siècle, fondèrent le teI/oç entre la bouche Bolbitine et la bouche Sébenny-
tique 7.
Au milieu des guerres et des troubles qui agitaient alors l’Égypte, ces étrangers ne furent pas inquiétés; ils s’acclimatèrent peu à peu dans le pays, tolérés tout au plus, méprisés même par les indigènes, à cause de la différence de langue et de religion. Avec Psammétique (666-612), la situation changea. L’Égypte se trouvait alors morcelée en un assez grand nombre de petits États8. Psammétique, qui n’était qu’un petit roi de Sais, parvint t à réduire l’un après l’autre tous les princes ses rivaux, et à reconstituer à son profit l’empire des Pharaons dans toute son unité. Ce grand résultat, il l’obtint grâce au concours des hoplites grecs qu’il prit à sa solde. On connaît le récit d’Hérodote. L’oracle avait dit à Psammétique, détrôné par les autres rois, que la vengeance viendrait par la mer, quand apparaîtraient les hommes d airain. Psammétique n’avait pas grand espoir dans 1 accomplissement de l’oracle, quand un jour la tem- P' te jeta sur les côtes des Cariens et des Ioniens, qui faisaient la piraterie; ils étaient couverts de leur armure d hoplite ; un Égyptien, qui n’avait jamais vu de j pareilles armes, alla dire à Psammétique que des ommes d airain, venus de la mer, pillaient les cam- ! Par,nes. L oracle était accompli. Diodore 9 dit que Psam- ■ nu tique connaissait ces soldats ioniens et cariens, grâce a sts relations avec les Grecs du Rempart Milésien; cette '^‘cation semble très probable. Le récit légendaire 1 > 'idole n’en a pas moins une valeur historique ; il Umi'h'e quelle impression ces hoplites tout bardés ", ces « hommes de bronze » produisirent sur les
Égyptiens. Ceux-ci avaient un armement notablement inférieur : pas de casque, pas de cuirasse, bouclier petit et peu solide. Quanta l’hoplite grec d’Asie, tel qu’il apparaît au vu" siècle sur toutes les côtes orientales de la .Méditerranée, nous pouvons nous en faire une idée exacte grâce à une statuette qui a été trouvée à Cypre, et dans laquelle le sculpteur a très soigneusement imité toutes les pièces de l’armure qu’il avait sous les yeux.
L’homme est enveloppé comme d’une carapacede métal solide, résistante et (agencée néanmoins de manière à lui laisser la liberté de ses mouvements (fig. 4928) Le casque ne protège pas seulementle crâne ; il est muni de « plusieurs pièces destinées à protéger le visage, d'un nasal d’une assez forte saillie, et de deux garde-joues ou paragnathides, comme les appelaient les Grecs. D’après le système d’attaches figuré dans la pierre, ces pièces étaient mobiles et s’ouvraient par des charnières verticales à la manière des battants de porte. Le casque enveloppe toute la nuque ; derrière, il est même recouvert, à son bord inférieur, par le bord supérieur de la cuirasse. Sur le devant, celle-ci ne monte pas aussi haut ; elle n’aurait pu le faire et toucher au menton sans gêner les mouvements de la tète et du cou. La cuirasse se renforce, sur la poitrine, de deux épaulières, de deux bandes de bronze que rattache l’une à l’autre une sorte de grande agrafe en forme de croissant. De la ceinture, un étroit anneau, pendent les lambrequins d'une espèce de jupon, en lanières de cuir peut-être doublées de métal, qui garantit le ventre et les cuisses. »
Devenu roi de toute l’Égypte, Psammétique s'occupa d’assurer son indépendance contre l’étranger. L'armée égyptienne fut partagée en trois corps; les deux premiers, composés de troupes indigènes, furent répartis à l’ouest et au sud, pour couvrir les frontières de la Lybie et de l’Éthiopie. Le poste le plus dangereux, la défense de l’isthme, par où arrivaient les envahisseurs assyriens, fut confié aux mercenaires grecs. « Outre la solde convenue, dit Diodore ia, il leur donna de riches présents et leur fixa pour résidence un emplacement qui porte le nom de Stratopeda , puis il leur fit partager au sort une grande étendue de terrain, un peu au-dessus de la branche Pélusiaque ». D’après Hérodote13, les cantonnements des Ioniens étaient séparés de ceux des Cariens par le Nil. On avait voulu sans doute prévenir des conflits.
Le nom de Stratopeda (les Camps) indique bien la nature de ces établissements. Les camps permanents des Romains peuvent en donner une idée approchante. Les soldats occupaient des maisons très modestes. Un château fortifié, résidence du général et des principaux
Fig. 4928. — Mercenaire grec, vne siècle.
< 1, Ci .
— ! Uero 1 wn" ételïwToi. 9 h ÎTCtxoüçotfft tê Thuc. VI, 53, 3.
53 ; cf. cnc ’ ' XI, 71-73. —4 Corn. Nep. Dion. 5, 3. — 3 Diod. XI, cc <|ui cour!'|C T lllrass'ljulo> tyran de Syracuse, Diod. XI, 67. — 6 Pour tout 1rs mercenaires grecs en Égypte au vu* et vi* s. voir D. Mallet, Les
premiers établissements des Grecs en Égypte. — 7 Stral). XVII, p. 801 ; Et. de Byzance, v. Naucratis ; Euscb. Chron. I, p. 168. — 8 C'est la dodécarchic d'Hérodote, II, 147 et 151, et de Diodore, 66 ; Mallet, 36, 51. — 9 1, 67, — 10 II, 151 s<pj, il Perrot et Chipiez, Uist. de l'art, 111, p. 495. — 12 1, 67. — '3 II, 154.
îuun.
chefs de service, dominait l’ensemble. Les fouilles ' irigees par Flindcrs Petrie, en 1885 et 1886, ont lait connaître l’emplacement exact et la disposition generale d un de ces camps de mercenaires1. 11 porte aujonrd hui le nom de Tell-Defenneh. Il est situé au milieu du territoire qui s’étend entre le désert et le canal de Suez, juste au bord du grand chemin que suivaient les caravanes pour passer d'Égypte en Syrie Auprès du camp s’était formée une ville qui finit par compter 20000 habitants et où des trafiquants de nationalités très diverses vendaient aux mercenaires des Anres, des armes, des objets de luxe et de fantaisie, et pourvoyaient a leurs plaisirs. On a trouvé àDefenneh un grand nombre de vases, présentant des particularités de echnique indiquant l’existence d’une fabrique spéciale, differente de celles de Cyrène et de Naucratis. Les inscriptions découvertes sont aussi très nombreuses ; elles montrent que la population qui vivait dans le camp et dans la ville comprenait des Égyptiens et bon nombre d Asiatiques venus de Syrie et de Palestine à la suite des mercenaires. Nous trouverons une confirmation de ce fait dans l’inscription d’Abu-Simbel. Grâce à son admi- . rable situation sur la route d’Asie, cette ville des mercenaires dut être une sorte d'entrepôt où convergèrent les marchandises de l'Orient avant de se disperser sur les rivages de la Méditerranée. Elle fut ainsi un des points ou s opéra, dès le vu" et le vi* siècle, le mélange des nations de races diverses, qu’amenaient de tous côtés les intérêts de leur négoce ; et elle eut son heure d’influence sur la civilisation générale à ce moment décisif, où l’art grec commençait à se dégager des imitations étrangères et à prendre conscience de lui-même 2.
Maître d’une armée bien organisée, Psammélique essaya de faire des conquêtes, et, fidèle à la constante politique de 1 Égypte, il marcha contre la Syrie 3. Dans cette expédition, il témoigna une telle partialité pour les mercenaires qu au retour une grande partie de l’armée indigène émigra et se retira en Éthiopie \ Il la poursuivi jusqu à Ëléphantine5. Les inscriptions gravées àAbu- Simbel par des mercenaires grecs apprennent que, dans cette expédition en Nubie, l’armée du roi Psammétique comprenait trois divisions : la première était sous les ordres de Psammétique, fils de Théoclès : c’était comme l’indique le patronymique 6, un Grec et il commandait à des Grecs ; la seconde division, composée de soldats qui n’étaient ni Grecs ni Égyptiens 7, avait pour chef un Égyptien appelé Potasimpto ; enfin la troisième, composée de soldats égyptiens, était sous les ordres de l’Ëgyptien Amasis. Cette partie de l’inscription a été écrite par Archon, fils d’Amoibichos, et par Pélécos, fils d’Oudamos. Au-dessous, d’autres soldats ont inscrit leur nom; il y a deux Ioniens : Hélésibios de leos, Pabis de Colophon ; probablement deux Rhodiens
mer
^ Defenneh ( Tahpanhes ), Londres, 4», 1888 , Mallcl, Op. I. p. Si et s. - 2 Mallet, Op. 1. p. 70. Naturelle-
„ , r, r , , 1 1 ** D- — * inanet, up. l. p. 70. Naturelle
nalres - eunnne n*Sl’PaS 16 S6Ul P0Ste °“ Psammétilïue ait installé ses merce- 7 4 P<?U a,oucst> à Tc" Nebeslieli était la ville de Am où étaient
rlténde "trrenair dC/JyPrC- ~ 3 V0ir ,a d‘SCUSsio" dc établir la
Trà donn à , Kra 0D’ T " P' 77 S"f(- ~ 4 D’aprt. Diodore, Psammétique aurait donné aux mercena.res la direction des affaires militaires pour cette expédition •
ùismiptions grecques, voir Corp. ^5126 ;^Roehîa0//wcr.^ÿr.—an!(iÿU48C^a
A. Xirchhoff, Studi en ;ur Gesch. des gr. Alp), 4. éd. p. 37: Mallet (Z 7 n SVpour Je reste delà bibliographie cf Cb Mirtml n -, ... ’ 1 ,
. , 0 p nie, CI. Ui. Michel, Recueil rfmscr. no 1315 Tousces
gavants pensent que ces inscriptions se rannnvtnnt a d ... es
1 puons se rapportent p Psammétique; au contraire, Bergk-
TélèPhe d’ialysos et un autre dom.
Nous avons donc ici encore un IoIT' °Sl Visible ce mélangé de population que nous avo8"^ qUl altestj stratopeda et que déjà Hérodote J
1 armée de Psammétique8. 1 s,Sn<ilé pQ|lr
Les successeurs de Psammétique rem;, politique envers les mercenaires. Née’? « pie e pour leur dieu, l’Apollon des 11, a
en lu. faisan, des offrandes», exemple o *H
tous les rois suites. Sous Apriès, une 3o ,, i,i|w par des ingénieurs grecs et montée vainquit les Phéniciens, alliés des rok t? “"** s’empara de Cypre ". Le „om£ ™
grecs 4 la solde de ce roi était de mm T'm Hérodote “». Il voulut soumettre aussi h rV ^ Contre les populations grecques de ce pays Û“,U1 vait faire marcher ses mercenaires - ,1,5 P”"’
r des ,roupes
désastre et furent presque entièrement anéanties.
G te défaite causa un soulèvement général Am-ü marcha contre les révoltés avec ses mercenair»; ST cette fois, la discipline et la science militaire durent
Amasis” * ' f“l Vaincu et par
Le nom d’Apriès resta populaire chez les Grecs» On le retrouve à Rhodes sur des aryballes en terre vernissée, extraits des tombeaux de Camiros u. Ces vases, que l’on a crus phéniciens, pourraient bien être de fabrication égyptienne. Un aryballe du Louvre (fig. 4929) 13, fait avec la terre blanche que 1 on nomme communément faïence égyptienne, reproduit exactement le type du visage et les détails de la coiffure du mercenaire;
1 artiste y a gravé le cartouche royal d Apriès, qui en fixe la signification et la date. Le casque présente une forme intermédiaire entre l'ancien ffulopis des aryballes peints et le casque à fronton des arvballes grecs façonnés en relief. Il a les paragnathides à charnières, mais le nasal a presque entièrement disparu, et les traits verticaux qui ornent le couvre-nuquc rappellent les rayures du klaft ou de la coiffure d’étoffe des rois égyptiens 16
Fig. 4920.
Amasis devait le trône à un mouvi
m tional,
rement de réaction
contre l’étranger: il dut satisfaire le sentiment nati mais les rois d’Égypte avaient trop besoin de ces étran-
-rraiment
gers pour prendre contre eux des mesures v
rigoureuses. Amasis se contenta de les changer de garnison ; on les transporta de la branche Pélusiaque, ' l’extrême est du Delta, à la branche Canopique, al exlicme ouest; les camps des Ioniens et des Cariens, les sIm(0
579 et YViedemaun, Iihein. Mus. XXXV. p. 301, U ,
décident pour Fsanmffüq"'
dans 1rs Trans. of
Philologus, XII, p. •nv ul vvnjueiiiauu, ixncut. xuuo.
Studien , III, p. 161; Hicks, M annal , et Roelil, L. I. se «*««*««• — i Certains noms sont Cariens, Saycc, The Carian linguage and insc. „L1|(juCs
the Soc. of Dibl. Archaeology , t. IX, 1887. p. 112, 154; Mallet, Op-1autres appartiennent à une langue voisine du phénicien et de 1 hil>i< "■ |()I.C(^nîctit semit. I, p. 128-137 ; Mallet, p. 92. — « Le nom Psammétique n'esl |>a> égyptien ; il peut venir de Lybie ; le neveu de Périandre s appelait - ^ ^ ,j:)llne Polit. 1315*, 20 ; cf. Mallet, p. 81. — 1 C’est l’explication que Ma r dsn,
du mot ItXXôyXburiroL. D’autres savants pensent qu’il n’y avait que dru* ^ ^ ^ ^ l’armée, les Égyptiens et les àïtWyXucririii. — 8 Herod. Il, 1,11 ’ * ' - ’ ] | , |03.
— n Herod. Il, 101 ; Diod. I, 08. — ^ ^ \'0jr l’étude