‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 230 sur 275 · 22 Anab. VII, G, t ; cf. encore 8, 23-24; Bell · texte numérisé non relu

22 Anab. VII, G, t ; cf. encore 8, 23-24; Bell

:n. Bell. 111, 2, 7.

)chage n’était pas Grec ; il - 19 VI, 4, 8. — 20 I, 2, 16.

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et d'Agésilas. Ce dernier les

de Dercyllidas 1

i, quand il fut rappelé en Europe, au mo-

ils

ordres

al11" l, ' l i "uerre de Corinthe ; Agésilas les avait placé |'. commandement d’Hérippidas2; en 394, il S°us i ô h bataille de Coronée3; puis l’histoire cesse

assistent a

défaire mention deux. .

. Peltaste. — Pendant cette meme guerre de Corinthe,

îomentoù les Dix Mille disparaissent de l’histoire, se fU mit la première armée de mercenaires qu’ait vue la Grèce propre. C’est un certain Polystrate qui aurait réuni ette bande à Corinthe même; l’argent lui aurait été fourni

Conon; bientôt Iphicrate en prit le commandement 4. fl n’était pas seulement un des plus habiles généraux d’Athènes ; il fut aussi un organisateur et un réformateur [exercitus, p. 900] . Il comprit l’importance que devaient prendre les troupes légères sur le champ de bataille. [1 n’a pas créé le peltaste, qui existait avant lui ; mais jl a su lui attribuer sa vraie valeur. Il lui donne un bouclier échancré, plus petit et plus léger, la ttéXtti (lig. 4930), une cuirasse de toile, et, pour les jambes, des sortes de bottes ou de guêtres qu’on appelait iphicratides ; mais, en revanche, il l’arme d’une épée et d’un javelot beaucoup plus longs ; il allège les armes défensives pour donner plus de force aux armes offensives5. Un pareil soldat est essentiellement mobile; il peut faire de longues marches, opérer de brusques attaques ou se dérober subitement, il peut profiter des avantages du terrain; avec lui, un général peut manœuvrer, chose impossible avec l’hoplite qui ne sait que charger en ligne et sur un terrain bien uni. Le peltaste d’Iphicrate est un mercenaire, et c’est parce qu’il est mercenaire6 qu’Iphicrate peut faire de lui un instrument de combat de haute valeur. Les Lacédémoniens, qui s’étaient d’abord moqués de ce nouveau soldat, durent reconnaître, quand Iphicrate eut détruit une division de leur armée près de Corinthe7, que le peltaste du général athénien était un soldat avec lequel il fallait compter. Il faut dire cependant que c’est surtout Iphicrate qui a su tirer parti de l’œuvre qu’il avait créée. Les grandes batailles de celte époque sont toujours décidées par la phalange des hoplites8.

D’ailleurs, depuis les Dix Mille, les citoyens aisés, qui ont reçu une éducation complète, ne répugnent plus à s enrôler. Le trait particulier que nous avions signalé dans les mercenaires de Cyrus devient un fait général, bon est plus le seul, c'est aussi l’hoplite qui est mercenaire. En même temps, les progrès qu’avait faits lart militaire favorisaient singulièrement cette transformation dans les armées. Dans un des passages les plus "Adressants d’une de ses Philippiques, Démosthène compare 1 ancienne guerre du temps de Nicias avec la Sntrre telle que la faisait Philippe; il montre les Lacé- 6 1 "ioniens envahissant l’Attique à la belle saison: ravalant le pays, puis se reposant pendant l’hiver ; pour

11 'Ppe, au contraire, il n’y a pas de saison, il fait la hn 1 re Gn ^ °n ^*ver ’ ce n esh Pas seulement la phal'. d'1 fin il met en mouvement, mais ses <]nXof, ses cava-

s’ ses archers, ses mercenaires qu’il promène de tous

Arislonh pi' 2 ld' 1U’ 4’ 20-~ 3 Id- IV> 3> 15-17- — 4 Dcm- PkiliP- ’* 24‘

lp hicr Otf. 1 73 , scolie; Harpocr,: Sevtxbv tv KoçfvSo.— 3 Diod. XV, 44; Corn. Nep

^ ^ Ainsi Xcn. dit-il tantôt : ot xtpt 'Isixpàx t;v pnrOosofoi, Bell. IV, 4, 9, et

iv’ s’ i3,— 1 neiL iv’ 5’ ?et s' ; cf' aussi iv’ 4’ ,7‘ - lo Cf S*U ce Point d'accord avec H. Droysen, Beerwesen, p. 76. — 9 Philip. III, 47. "le autrcs, Ibid, 1, 21, 25. — " G’cst pour cela que Xénophon vante la

côtés :« tout a changé9, tout s’est perfectionné dans notre siècle, mais nulle part les changements et les progrès n’ont été aussi considérables que dans les choses de la guerre ». C’était le régime des armées permanentes que Philippe inaugurait. Il était impossible à un Athénien, quand même eût-il été animé de l’esprit militaire qui enflammait les contemporains de Périclès, de suffire aux exigences de la situation. Démosthène le comprenait bien ; il se résignait à avoir des mercenaires ; il aurait voulu seulement qu’à côté d’eux, pour les surveiller et leur donner l’exemple, il y eût un contingent assez nombreux de citoyens10.

Les mêmes causes, qui ont transformé le soldat grec, ont agi aussi sur le général. Il dépend moins de ses hommes, il n’est plus leur élu ; c’est lui qui les a levés et qui les paie ; il a prise sur eux par le salaire qu il leur donne; il reste toujours leur supérieur; il n’a pas à craindre de devenir un jour leur justiciable devant l’Assemblée du peuple. Les soldats sont assez souvent de basse origine ; ils sont de nationalité différente : pas de cohésion entre eux. On peut donc les traiter rudement dans l’intérêt du service11. Iphicrate, comme Cléarque le chef des Dix Mille, érige la sévérité en système : il ne craint pas de tuer sur place une sentinelle endormie. Il pouvait dompter les natures les plus farouches, en exigeant beaucoup de ses soldats devant l’ennemi et ensuite en flattant leurs passions, en leur permettant d’assouvir leur amour des plaisirs et des jouissances. Il disait même que les plus avides d’argent et de plaisir étaient ses préférés 12.

Tous les généraux, à cette époque, pratiquent ce système. Ils sont plus que jamais des chefs de bande, des condottieri. A ce moment, les Athéniens n’ont plus le tribut des alliés ; ils ne veulent pas, d’autre part, diminuer les dépenses pour les fêtes publiques ; c'est donc sur le budget de la guerre que l’op fait des économies. La solde des troupes est mal payée13. Aussi les généraux sont-ils obligés de pourvoir comme ils peuvent à l’entretien de leurs hommes; ils le font en pillant les ennemis et aussi les alliés d’Athènes14. Ils deviennent ainsi de plus en plus indépendants de la république ; ils s’accordent plus d’initiative, se permettent plus d arbitraire. Obligés de se régler sur leurs troupes, ils sont moins dociles aux instructions qu’ils ont reçues des pouvoirs publics. Les Athéniens se font très bien à ce système qui ménage leur bourse. Timothée comparait axec complaisance les dépenses que coûtait une expédition du temps de Périclès avec le peu d’argent qu’il demandait pour ses mercenaires15.

En même temps, jamais les aptitudes militaires de la race n’ont été si justement appréciées ; la supériorité des Grecs est reconnue par les barbares eux-mêmes, qui ne croient plus pouvoir vaincre sans eux. De tous les côtés, en Europe, en Asie, en Afrique, on demande des mercenaires grecs. Des racoleurs, ?£voXoyot, cuXXo yeT;, parcourent les divers pays, offrant une forte solde, permettant beaucoup debutin. Ils devaient, avant de commencer leurs opérations, avoir la permission des autorités du

discipline des mercenaires ; il leur trouve plus d'esprit militaire qu'aux soldats citoyens : Bipparch. IX, 4. — 12 Plutarch., Galba, 1 : Le mercenaire ®tXdx>.ouTo? et oàr.Sovo;, pour satisfaire ses passions, combattra avec plus de courage. — " Dem. Philip. I, 24, 45, 47 ; Olynth. II, 28, etc.; cf. Grotc, Bist. gr. XVII, p. 30.

H Dcm. Philip. I, 24; Isocr. De pac., 44-16; Diod. XV, 95; Plut. Phocio, 11.

— 15 Isocr. Antid. 111.

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pays 1 ; parfois, le droit de lever des mercenaires faisait l'objet d'une clause dans les traités conclus entre deux États2. Ce commerce, en prenant de l’extension, se développa plus particulièrement sur certains points de la Grèce d'abord : à Corinthe 3, au cap Ténare * ; plus tard, en Asie, dans la ville d'Aspendos sur les côtes de la Pamphylie 8.

Sa bande formée, le général entre en campagne. Son plus grand souci, comme nous l’avons dit, est de faire vivre ses hommes, de les enrichir et de s’enrichir, et il le fait en pratiquant ce précepte : la guerre doit nourrir la guerre. Il vientrarement dans Athènes. A cette époque, le divorce s’est établi entre l'homme de guerre et l'homme de tribune; l’orateur se fait une popularité facile en attaquant les généraux, en leur intentant des procès où la fortune et la vie sont en jeu6. Aussi les généraux vivent-ils loin de l’Attique, loin des regards et des soupçons. Grâce à leurs mercenaires, ils se font des situations de princes indépendants, de seigneurs qui ne relèvent que d’eux-mèmes. Comme autretois Alcibiade, ils occupent en leur nom des places que des princes étrangers leur ont données. C’est ainsi que Timothée est maître des villes de Sestos et de Crithote 7 ; Iphicrate, de la ville thrace de Drvs 8 ; Charès réside à Sigée; Chabrias est comme chez lui en Égypte et poursuit dans ce pays une politique personnelle 9. Des mariages consolident cette situation et assurent cette indépendance. Les rois du nord de la Grèce attachent le plus grand prix à mettre dans leurs intérêts des Hellènes influents. Seuthès avait offert sa fille à Xénophon10. Iphicrate épouse la fille de Cothys, roi de Thrace; Charidème, la sœur de Iversoblepte.

Chabrias, Iphicrate et Timothée sont encore des Athéniens; ils essaient de maintenir une certaine harmonie entre l’armée et la cité ; ils veulent rendre le nouveau service militaire utile à l’État. Cependant déjà Chabrias était décrié à cause de la facilité de ses mœurs u. Charès le fut bien davantage. Celui-là, c’est le condottieri bien bâti, aux larges épaules12, qui ne pense qu’à piller et à jouir ; son vaisseau était toujours rempli de courtisanes et de joueuses de flûte. Il est, avec tout cela, aimé du peuple, il paie largement les orateurs ; Démosthène le ménage13. Avec Charidème nous descendons encore plus bas1 A II n’est pas Athénien; il est né à Oréos dans l'Eubée; il a débuté en servant, comme frondeur, dans ces troupes légères toujours méprisées ; grâce à la protection d’iphicrate, il parvient aux grades élevés, se fait général, s’attache à Kersoblepte dont il devient ministre et dont il épouse la sœur; il sert et trahit tour à tour les Athéniens, sachant toujours rentrer en grâces ; après Chéronée, on lui confie toutes les forces de la république15; il finit par aller mourir en Perse, sur

l'ordre de Darius qu’il a offensé par sa franchie , • l’armée perse ,6. ' ll Juger

Le seul fait qu’il y a des soldats de métier ren,l armées permanentes possibles; il en exkm ,i,- es

. , • . ueja a colin

epoque plusieurs qui sont très importantes.

Celle de Denys l’Ancien (401-367) s’élève à 120000 f tassins et 12 000 cavaliers. Cette armée comprenait'1"' noyau très fort de troupes mercenaires, autour diurne* venaient se ranger les citoyens en cas de guerre 17 j 1 I de Phères (379-370) avait un corps de 6 000 mercenaires tels qu’aucun État ne pouvait en montrer de pareils « p0ur être à ma solde, disait-il, il faut exécuter les mêmes I exercices que moi. » Tous les jours, il faisait lui-même manœuvrer ces soldats, renvoyant ceux chez qui il I remarquait un peu de mollesse, donnant une solde double, triple ou quadruple à ceux qui étaient pleins d’ardeur pour les fatigues et les dangers 18. A cette troupe permanente, venaient se joindre, à l’occasion, d’autres contingents, de sorte qu’il pouvait mettre sur pied 8000 cavaliers, 20000 hoplites et un nombre infini de peltastcs 1!’. Dans la guerre Sacrée, les Phocidiens, avec l’argent du temple de Delphes, levèrent une armée de mercenaires de 20000 fantassins et de 300 cavaliers20, Les secours, que les Athéniens envoyèrent à trois reprises à Olynthe, comprenaient 2 000 hoplites et 450 cavaliers athéniens, et de 6000 à 10 000 mercenaires. Pour la guerre Lamiaque,les Athéniens arment 5 000 fantassins, 500 cavaliers et 2 000 mercenaires21. Peu après cette époque, nous trouvons à Athènes un «rxpaT-qybç èiù toÙç ijévoo; ; il doit veiller à la bonne tenue des mercenaires et à leur instruction en vue d'un service aussi utile que possible22. Les mercenaires sont donc alors une partie permanente de l’armée. 11 semble cependant qu’encore, vers la fin du ive siècle, ils ne forment que la moitié et même le tiers des effectifs 23 .

Macédoine. — L’armée macédonienne, dès l’origine, est une armée nationale; elle l’est encore sous Philippe et sous Alexandre. La noblesse fournit la cavalerie des hétaires; la bourgeoisie, l’infanterie des pézétaires [EXERcitus, uetairoIj ; les mercenaires n’y auront pendant longtemps qu’un rôle très secondaire. Démosthènc parle cepen-l dant des mercenaires de Philippe et il les montre aussil redoutables que ses pézétaires2*. Nous ne pouvons diiel dans quelle proportion ces mercenaires entraient dans l’armée de Philippe. Nous connaissons mieux l’armce d’Alexandre [exercitus, p. 907-908]. D’après Diodou , le conquérant aurait amené en Asie 30000 fantassins J parmi lesquels il y avait 6 000 mercenaires et 4 u00 ' a'a" j liers. Nous trouvons, en effet, 1 500 n«i0o?(5poi «ftoiconties à Andromaque, à Ménédème et à Caranos, ainsj ^

60 cavaliers hétaires et 800 p.Kj6oç.ôpoi'ntiteï«P0111 * 11111

Spitamène 26. C’est en Égypte qu’il est question pour la pi -

1 Diod. XIV, 44 ; X. VIII, 61 ; XIX, 60 : 'ApnyiôSr.jji'ï; 4aÇ;,>v irapà t.“v EiraçTtaTtuv Uoufftav çtvoXoyeTv J Polybe, X\ , 2o, 16 ; XXII, 7. — 2 Ainsi dans le Imité entre Hierapytna et Rhodes, Cauer, Delectus , 181 ; Michel, Recueil, n° 21, 1. 40 et 78. — 3 Harpocr. E«vix8v iv Kofivî™; Dem. Philip. I, 24; Aristoph. Plut. 173 et la scolie ; Xcn. Bell. VI, 5, H. — 4 [Plut.], Vit. X or. Hyperid. 1; Diod. XVII, lit, 118; XVIII, 9; XX, 104. — 8 P.-H. Meyer, Dns Heerwesen der Plol. p. 7. — 6 Iphicrate accusé, Timothée accusé et condamné, Pachès se tuant en plein tribunat. — 7 Corn. Nepos. Timoth. 1 ; Isocr. Antid. 112. — 8 Uarpocralion, AjtJs. — 9 Theop. fr. 1 17. - — 10 Xen. Anab. VII, 2, 38. — H Tlieop. fr. 117 ; Corn. Ncp. Chabr. 3. — 12 Aussi Timothée reprochait-il aux Athéniens de priser dans ce général des qualités qui n’étaient précieuses que chez un porteur de bagages. — 13 Philip. I, 24. — 14 Nous connaissons Charidème, surtout par le dise, de Dém. contre Aristocrate; Théopompe, fr. 155, est encore plus 6évère pour lui que

mr Charès ; sur ce personnage, cf. A. Schacfer, Demosth. )6 o0jnt.

420 ; Curt. Bist. gr. IV, 122, 243. - >3 Plut. Phocion, 16. ^

irt. III, 2, 1019; Diod. XVII, 30. Parmi ccs chefs de meu en. avajt

icore citer Athénodorc : il était Athénien; Poerisadc, roi 156?

iousé sa sœur; cf. ce que disent sur lui A. o ’ o i|40 — Diod*

addington, lnscr. de Grèce et d’Asie Mineure , paît. ’ j 19 ; 1 , 8-9*

, 5,6; XIV, 43; XVI, 9. — 18 Xcn. Bell. VI, 1,47. — 11 ! D„nosth.

20 Diod. XVI, 35; Paus. X, 2,5. — 21 Diod. XVIII, H; • 33[ . Di’ttenberS

I, 363 ; H. Droysen, Heerwesen, p. 78. — 22 Corp. inscr. g> - > ’ /, p. 178.

3; Michel, 129; Gilbert, Handb. I, p. 258. — 23 r0^ ’ le9 chiffre»

24 Olynth. Il, 17; Philip. III, 49, 58. - 23 XVII, 9. On s tfrn»»r

ancés par Diodore ont été vivement contestés par

II, 2 30. — 26 Arrien, Anab. IV, 3, 7.

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, f js de ces cavaliers ; ils arrivent d’Europe et sont ff'èr\ndés par Ménidas1 ; ils assisteront a la bataille

‘l|'k,ss> pour atteindre Darius, Alexandre amène avec dA'l s cavaliers mercenaires commandés par Erigyos 3. 1U' ? ons mentionné un corps de 1 500 fantassins mer- ^ Qu’était-ce que ces àp/atci çév&t qui sont rangés ce"al" , Arhclles 4 ? D’aDrès la place au’ils

coiule ligne à Arbelles4 ? D’après la place qu’ rMi ils doivent être des ^iXoî : il en est de même duo ^VOi qui à Issus sont rangés à côté des archers ^des^grianes 8. Quant à ces troupes légères barbares, et. ont” un rôle très important dans les guerres d’Alexandre, archers, Agrianes, Thraces, acontistes, hippacontistes, archers à cheval, nous ne pouvons pas dire si c’étaient là des mercenaires ou des contingents fournis par les peuples alliés ou soumis. Les archers crétois, qui combattent à Issus, étaient sûrement mercenaires®. H faut remarquer qu’Arrien indique très rarement les effectifs de ces corps de mercenaires ; il ne les mentionne pas toujours dans la description des lignes de bataille, au Granique, à Issus, à Arbelles. 11 semble ne pas attacher beaucoup d’intérêt à ces troupes. Dans l’armée d’Alexandre, le mercenaire a encore moins d’importance que dans l’armée de Philippe.

C’est surtout dans l’armée de Darius que se trouvent des troupes nombreuses de mercenaires grecs. Au Granique, ils forment presque touLe l’infanterie au nombre de 20000; il faut noter qu’ils sont placés sous les ordres d'un prince perse nommé Omarès. Quand la cavalerie perse eut été culbutée, Alexandre les attaqua; ce fut le moment le plus rude de la bataille ; ils furent tous massacrés, à l’exception de 2 000 d’entre eux, qui furent chargés de chaînes et transportés en Macédoine pour y travailler dans les mines, châtiment qu’ils auraient mérité en combattant contre des Grecs1. Il y avait dans le nombre des Athéniens qu’Alexandre ne délivra qu’assez lard8. A Issus, 30000 mercenaires grecs furent rangés en face de la phalange; il n’est pas dit qu’ils furent massacrés; peut-être se retirèrent-ils en bon ordre 9; une partie d’entre eux, au nombre de 8000, se réfugia en Égypte10. A Arbelles aussi, il y avait des mercenaires grecs dans l’armée de Darius, mais nous ne savons pas quel en était le nombre11. De retour à Babylone, Alexandre préparait une réorganisation de son armée; il avait reçu des mercenaires de Lycie et de Carie12 ; la mort l’arrêta au milieu de ces projets.

La événement tel que la conquête de l’Asie, la gloire (lont s’étaient couverts tant de généraux et de soldats, les richesses qu’ils avaient rapportées ne-pouvaient que développer dans de grandes proportions l’esprit d’avenlUre et l’amour du gain. Le nombre des mercenaires ne cesse de s’accroître. Les généraux, qui se disputent 1 empire d’Alexandre, ont avec eux des armées qui ne s°al composées qu’en partie des anciens soldats du conférant. Dans toutes les contrées de la Grèce et de la

acodoine, ils ont des racoleurs chargés d’enrôler des

soldat;

tous

ture

s‘. ces pays se dépeuplent 13, tant sont nombreux

ceux qui veulent prendre leur part dans cette avenciui a donné l’Asie au roi de Macédoine ; l’Asie

men, Anab. 111,5, l. 2 Ibid. III, 12, 4. — 3111, 20, I. — 4111, 12, 2. -3 11,

-9 / ° 9. 3 - 7 I, 12, 8; 14, 4; 10, 2. — » I, 29,6; Quint.-Curt. 111,2,9.

XV||| na4,1I>8.S- — 10 H, 13> 2. — U III, 11,7. — 12 Vif, 23, 1. — 13 Diod. Diod’12' ~ 14 ld. XV11I, 01; XIX, 19, 09, 82; XX, 213. — 13 Plut. Eum. 17; - li p 40"43; Po'yen. IV, 0, 13. — 10 Plut. Dem. 45; Pyrrhus, il.

Iul- Dem. 49; Polven, IV, 9, 3. — 18 H. Droysen, Heerwescn, p. 133.

elle-même fournit des mercenaires : les racoleurs d’Eumène en réunissent des troupes considérables14. Ces soldats ne s’attachent à aucune cause : ils servent le chef qui les paie et en qui ils ont confiance ; après une bataille, le vainqueur enrôle dans son armée ce qui reste de l’armée vaincue, comme dans les batailles de l’Europe au xvme siècle. Rien de plus facile à un chef habile et peu scrupuleux que de débaucher les troupes de son adversaire. Eumène, trahi plusieurs fois par ses officiers, est livré à Antigone par ses propres troupes lu. Démétrius, une première fois, est abandonné par son armée qui passe tout entière à Pyrrhus16; une seconde fois, Séleucus lui débauche ses soldats au moment de livrer bataille 17. A ce moment la proportion entre mercenaires et troupes nationales est en faveur des premiers ; ils forment la moitié, souvent les deux tiers et plus des armées. Dans les combats en Gabiène et Paraitacène, Antigone a 8000 Macédoniens, 9 000 mercenaires,

3 000 Lyciens et Pamphyliens, 8 000 de ces soldats appelés 7tavTo8a7toi ; Eumène a 3 000 Argyraspides,

3 000 vétérans, 6000 mercenaires, 5 000 soldats de diverses provenances 18.

Peu à peu cependant le chaos se débrouille : de grandes monarchies, l’Egypte, la Syrie, la Macédoine s’organisent. Ces États présentent un trait commun : ce sont des monarchies militaires, qui s’appuient sur une armée permanente composée de soldats grecs. Celle de ces monarchies que nous connaissons la mieux est l’Égypte. Nous allons examiner ce qu’était le mercenaire dans l’armée égyptienne, et nous pouvons supposer que sa situation était sensiblement la même dans les armées des autres monarchies qui se sont formées des débris de l’empire d’Alexandre 13.

Alexandre avait voulu opérer la fusion des deux populations de son' empire, ne faire .qu’un seul peuple des vainqueurs et des vaincus, des Grecs et des Asiatiques.

La politique des Ptolémées fut différente. Ils fondent une monarchie militaire ; l’organisation de l’Égypte est l’organisation d’une armée, et d’une armée qui n'est composée que de Grecs.

Les forces militaires des Ptolémées comprennent deux parties : une armée permanente, aùvTay(aa ; une armée territoriale, £7riTxyga.

L’armée permanente forme deux grandes divisions : les MocxeSôveç et les giffôoaiôpot.

Les Maxsoovs; sont la partie essentielle de l’armée permanente. Ils ne sont pas tous les descendants des soldats venus en Égypte avec le fils de Lagos. Beaucoup ont été levés en Macédoine après la conquête ; d’autres sont nés de Macédoniens avec des femmes égyptiennes; il y a aussi des soldats qui ne sont pas Macédoniens, mais Arcadiens, Béotiens, etc. Les Maxeoovs; ne forment donc pas une unité ethnique. Il est nécessaire de connaître les divers corps qui constituaient cette armée. Il y avait : 1° to xaX&ûpt.£v&v :tapx xofç (3x<7iX£uaiv àyYjg.a ; 2° ot 7t£pl ty)v aùArjV lii7t£tç; 3° •») cpâXayç. Il était de la politique des Ptolémées de ne pas regarder comme des merce- * naires étrangers, tous ces soldats grecs, leurs compa-

Pour la composition des aimées de cette époque, voir tout le cliap. vu, § 15 intitulé : Die Diadochen und Epigonen. — 19 Les études sur l’Égypte ancienue ont été renouvelées dans ces derniers temps par les récentes découvertes; nous .ne citerons que les deux ouvrages suivants relatifs à l’armée : Paul-M. Meyer, Dus Heerwesen der PtolemSer und Itômer in Aegypten, et Schubart, Quaesliones de rebus militnribus quales fuerint in regno Lagidarum.

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triotes, avec lesquels ils étaient venus dans le pays et l’avaient conquis.

Les mercenaires forment une troupe d’appui pour les MaxsSovsî. Sous les premiers Ptolémées, on a levé aussi des indigènes ky/w ptot ; mais après la bataille de Raphia, en 217, on cesse d'avoh- recours à eux. Les gicOocpopoi n’ont pas droit de cité comme les MaxeSôvsç; ce sont des Ijévoi. Ils viennent de tous les pays; ils ont été enrôlés, le plus souvent à Aspendos, par un SjsvoXôyo;, qui est un militaire, qui les organise et en forme un régiment dont il prend le commandement et qui porte son nom. Les soldats qui ont terminé leur service actif et qui sont devenus clérouques, gardent encore le nom de leur ancien chef *. L’effectif de ce régiment est en proportion de l’argent dont disposait l’officier recruteur et de la solde qu'il offrait 2. Officiers et soldats n'ont qu’une fidélité douteuse; ils passent facilement d’un chef à un autre, d’un pays à un autre, selon qu’ils y trouvent leur avantage 3.

Dans la grande tcou-tt/^ des Ptolemaia de l’an 275, on vit parader 57G00 fantassins, 23 210 cavaliers 4 ; une partie notable, de ces troupes était composée de soldats mercenaires. Vers la fin du règne du second Ptolémée, 1 armée compte 200000 fantassins, 40 000 cavaliers, 300 éléphants, et une flotte de 1500 vaisseaux de guerre et de 2000 vaisseaux de transport 6; dans cette armée, les mercenaires étaient certainement en majorité. Aussi Théocrite disaitil : « De tous les princes qui donnent une solde, le meilleur chef pour un homme libre est Ptolémée c. »

Ces mercenaires, avons-nous dit, sont de nationalités différentes 7; nous trouvons parmi eux des Athéniens s, des Béotiens, des Phocidiens, des Spartiates 9, des Âcliéens, des Thessaliens, des Thraces, des Illyriens, des habitants des îles Cos, Théra, des Crétois, des Syracusains. L’Asie Mineure a fourni aussi de nombreux contingents de mercenaires; il y en a de Pamphylie, de Pisidie, de Cappadoce, de Paphlagonie, de Lycie, de Carie; un corps de 4000 ravirai ijévot est sous les ordres du IjevoXtJyo; ’AvTtyovoç 10 ; il y a enfin des Perses qui ne sont pas assimilés, qui ont gardé leurs mœurs et leur nom*1.

Les mercenaires composent les corps de troupes suivants sous Ptolémée Philopator :

1. Oi [xicOocpôpoi Tts^o't ^EXXtjveç, sous la conduite de l’Achéen Phoxidas, qui passa en Égypte avec Cléomène, roi de Sparte; effectif: 8000 hommes;

2. 01 fjucQospôooi iTVTretç, qui se divisent en deux corps : 1° oé âicô 'EXXotooç xat Ttav xbxwv p.t<70o'pbpo.>v 'nnzeu>v 7rXr;0o<;; 2° oi KpŸ^xeç. Le premier corps, de 2000 cavaliers, la plupart Thessaliens, est sous les ordres d’Echécrate de Thessalie ; le second corps était de 1 000 hommes ;

3. Des peltastes, au nombre de 2000, sous les ordres de Socrate le Béotien; ce corps avait été formé d’abord avec les argyraspides, liypaspistes, Macédoniens ; mais sous Philopator, il n’était plus recruté que parmi les mercenaires 12 ;

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