‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 229 sur 275 · VI, 43. — H VII · texte numérisé non relu

VI, 43. — H VII

i-même, n a pas su mais, dans

4; A ris- » ii,

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. i Vicias, lui aussi2, attribue sa défaite au sont vain(|‘,i^.ivalerie et d’acontistes. Une nouvelle armée nian([uc ‘ordres de DémoSthène et d’Eurymédon, part’ S0U'„ secours à la première qui est en péril. On P0"!/” xhrace un corps de 1300 peltastes3. C’est le rient de mercenaires le plus nombreux que nous c0 ° ci rnl te énoque dans une armée athénienne ; leur "iïÜÏÏZl, une drachme par jour. M„iS les ' furent mol prises et cette troupe arriva trop tard “ 1 s'embarquer. 11 fallut se résoudre à prendre des

P ij, tes Pour la première fois alors nous constatons la

Agence de mercenaires de cette arme dans une armée 'athénienne. Démosthène en fit venir d’Acarname * ; en route, il en prit 150 chez les Iapygiens, 300 à Métaponte 6, 300 à Thurium. Des frondeurs furent engagés, en Acarnanie surtout, pays qui en fournissait d’excellents6. Après l’expédition de Sicile, ni les acontistes, m les peltastes ne sont plus mentionnés par Thucydide ; l’historien ne prend plus la peine de distinguer les diverses sortes de tj/eXoî \ Dans les Helléniques de Xénophon, il sera question une fois ou deux des acontistes dans T’armée athénienne, puis ce nom disparaît8. Nous verrons, au contraire, le peltaste prendre une importance de jour en jour plus grande. Pendant la guerre du Péloponèse, les deux armes semblent bien distinctes l’une de l’autre; la manœuvre essentielle est cependant la même, elle consiste dans le tir du javelot. Ce qui distinguait le peltaste, c’est qu’il avait le petit bouclier, tt éXrq, d’où lui estvenuson nom(fig.4930)9. Peuàpeu cependant, ces diffé¬

rences s’atténuent; au commencement du ive siècle, le peltaste et l’acontiste ne forment plus qu’une seule et même arme ; c’est ce que montre nettement cette phrase de Xénophon : « Presque tous les Thessaliens sont acontistes, aussi est-il naturel qu’ils nous soient supérieursen peltastes ,0. » On voit quel est le rôle des mercenaires dans l’armée athénienne au vc siècle. Ils figurent dans tous les corps, soit pour renforcer les troupes nationales, soit pour constituer à eux seuls des corps de troupes qui manquent. Avec 1 armée nationale, nous trouvons : des hoplites messëniens avec Démosthène dans sa campagne près du golfe d Ambracie 11 ; des hoplites de Mantinée et d’autres villes du Péloponèse dans l’armée de Nicias, en Sicile12; es hoplites de Thurii dans l’armée de secours amenée par Démosthène 13 ; des cavaliers macédoniens dans armée athénienne qui fait le siège de Potidéeu; des archers dans l’armée que Cléon conduit attaquer Sphac- ^nr , et dans celle que Nicias conduit en Sicile ,6. dls ces hoplites, ces cavaliers et ces archers merce¬

naires ne forment qu’un appoint assez faible à côté des contingents fournis, pour les mêmes armes, par les Athéniens et par leurs alliés ou sujets. Il n’en est pas de même pour les troupes légères. Un citoyen athénien, à moins d’appartenir à la dernière classe, nesert que comme hoplite ou comme cavalier ; servir dans les rangs des archers à cheval était déshonorant pour un cavalier17 ; nous pouvons être sûrs que le même mépris aurait frappé l’hoplite qui se serait glissé dans les rangs des archers à pied. Le javelot pour le fantassin était peut-être aussi méprisé que l’arc; il était en tout cas considéré comme moins efficace. Au contraire, pour les peuples du nord de la Grèce, qu’ils fussent grecs ou barbares, le javelot était l’arme nationale. C’est donc chez eux que les Athéniens vont recruter leurs acontistes et leurs peltastes. Nous avons pu constater la préférence que les Athéniens ont donnée aux peltastes.

Nous avons très peu de renseignements sur la façon dont ces mercenaires étaient enrôlés. Il fallait naturel, lement s’entendre avec les autorités du pays; on procédait probablement par masses; tel pays devait fournir tout un corps soit d’acontistes, soit de peltastes, soit de frondeurs. Le commandement en chef de ces mercenaires était donné, au moins dans certains cas, à un Athénien ,8.

Il nous reste à parler d’un corps de mercenaires dont l’existence est constatée à Athènes pendant la seconde moitié du v° siècle et pendant le ive. Ces mercenaires se distinguent de tous ceux que nous venons d’étudier, par une différence essentielle. C’est une troupe permanente : c’est ainsi, du moins, que les textes qui sont en notre possession nous permettent de les considérer. Nous voulons parler des peripoloi. Jusqu’à ces dernières années ce nom était donné aux éphèbes. Pendant la première année de leur noviciat, ils étaient instruits au maniement des armes, aux formations de marche, de colonne, etc. La seconde année, ils faisaient un service en campagne. Ils parcouraient l’Attique, fournissaient des garnisons aux forts construits sur les frontières. Ce sont les éphèbes de seconde année qui étaient appelés péripoles 19. Mais ce nom n’était pas réservé à eux seuls. M. Foucart20 a montré qu’il y avait un corps de mercenaires qui étaient aussi appelés péripoles. D’après un texte épigraphique de l’an 352, les péripolarques sont chargés de faire respecter les bornes placées sur un terrain appartenant aux déesses d’Éleusis21. Un autre texte, un peu moins ancien22, nous fait connaître que le péripolarque Smikythion, apprenant qu’Éleusis est menacée, s’y était porté et s’y était établi avec ses mercenaires (Aotêwv toù? GTpamÔTaç), en même temps qu’il demandait à Athènes des secours qu’on s’empressa de lui envoyer. Smikythion est du dème de Képhalé, c’est donc un citoyen athénien. Une autre inscription 23 contient une décision par laquelle les mercenaires, (TTpaTtùjxat, votent une couronne à un stratège et à un péripolarque ; les deux officiers sont désignés tous les deux par le patronymique et le démotique, ils sont donc citoyens athéniens. M. Fou-

Jl'.tf 'tU’ C- - 2 VII, 11, 2. 3 Vil, 27. - 4 VII, 31,4. - b VII, 33.rpnccs d,’. ~ ' *'e 'lvre VIH' présente, par rapport aux autres livres, il

roeutioTi ■ C"m!los'I'on e! de stylo reconnues depuis longtemps. — 8 Ac SlacUcU," S IW' rai leS soldats de Thrasybule, II, 4, 12 ; 15, 23. — 9 Peint, propose a,.s’ <’mer der IIdlen- pl. 38, 4. — iO Bell. VI, 1, 9 ; Agésilas (li “ronldm P,r'.S ^°1,r *cs *lnP'Hcs, les cavaliers, les peltastes et les archers ;

S^1 C(nix (i"' sauront le mieux la gymnastique, l'équitation, le tir

lot, le tir do Parc. — '* Time. III, 107. — 1* VI, 22 ; 43, 2 ; cf. encore tout le chap. vu, 58. 13 vil, 35. — n 1, 6t. — té IV, 28. - « VI, 43. — *7 Lysias, XV, 6. — 18 Thuc. VU. -, g | . — 19 Le texte le plus important est Escliinc, De fais. leg. 107. Nous renverrons seulement à Gilbert, Handb. 1, 349 et à P. Girard, L’Éduc. ath. p. 273. — 20 Bull, de corr. hell. XIII, 1899, p. 265-206. — 21 Dittcnbcrger, 789, I. 20; Michel, 074 ; Corp. inscr. att. IV, 2, n» 104 a. — 22 Dittenbcrger, 526 ; Michel, 149 ; Corp. inscr. att. IV, 2, n» 574 g. — 23 Michel, 1257 ; Corp. inscr. att. IV, 2, 1219 4.

cari a montré que le péripole 1 qui a tué Phrynichos âur l’agora était un mercenaire ainsi que plusieurs de ses complices, Thrasybule de Calydon, Apollodore de Mégare -.Ou peut supposer, d'après le nom qui fut donné à ce corps, qu’il avait pour mission d’assurer la tranquillité dans les campagnes et la surveillance des places fortes. Ils pouvaient aussi être employés dans des opérations militaires. Le stratège Démosthène en avait dans son armée quand il essaya de s’emparer de Mégare en 424. Thucydide, qui rapporte le fait, ajoute qu’ils étaient classés parmi les -j/iXot; c’étaient donc des fantassins3. Peut-on supposer d’après tous ces textes qu’ils ne servaient guère hors de l’Attique? Tout au plus les employait-on dans des attaques contre les pays voisins. Nous n’avons aucun ‘renseignement sur l’effectif du corps. A quelle époque fut-il organisé? Peut-être pendant la guerre du Péloponèse, après l’occupation de Docélie, pour tenir tète aux incursions des Lacédémoniens 4.

Nous signalons ici, quoique la plupart appartiennent au me ou au ne siècle, plusieurs textes épigraphiques, qui se rapportent, les premiers à ces garnisons des places fortes de l'Attique, les autres à des corps de mercenaires au service d’Athènes. Il n’y est plus question de péripoles. Parmi les premiers textes5, nous n’en citerons qu’un : c’est une inscription 6 qui nous fait connaître une décision par laquelle les Athéniens en garnison à Eleusis, Panactos et Phylé 7, décernent un éloge, une couronne d’or et une statue d'airain à Aristophane, stratège à Éleusis. Les mercenaires sont ainsi désignés : ligne 21, oi sTfaTtoivai oî 7taoi tt; ttoXsi cTpaxsuogevoi xai TETOcygévoi ’EXeuatvt ; et ligne 41, oi £evot oE p.svà PvMcriou TE-tayjj.évot. CeGnosias est un Phocidien; un peu plus bas, il est désigné comme étant le chef, TjyEpujiv, des mercenaires. Il est dit dans le décret que, pour veiller à l’exécution des mesures votées, on élira cinq Athéniens delà garnison d’Éleusis, cinq de celle de Panactos, un de celle de Phylé. Il n’est pas fait mention de délégués à élire pour les mercenaires. Mais, à la fin de l’inscription, les noms des délégués se trouvent indiqués: il y a les onze délégués athéniens ; vient ensuite la liste des délégués des mercenaires; en tête, le chef Gnosias, puis vingt-deux noms propres suivis de l’ethnique; il y a quatre Phocidiens, quatre Crétois, trois Macédoniens, deux Argiens, deux Thessaliens, etc. Malheureusement l’inscription est mutilée après ces vingt-deux noms; il semble bien qu’il y en avait encore vingt-cinq, ce qui ferait quarante-huit noms de mercenaires, y compris le nom de Gnosias. Si cette explication est juste, on voit combien les mercenaires étaient plus nombreux que les Athéniens. Cette inscription doit être placée entre les années 289 et 287, quand Démétrius était encore roi d’Athènes. Une autr<? inscription, qui est de l’an 282, au moment où Démétrius venait de mourir prisonnier de Séleucus, contient un décret honorifique en l’honneur de Strombichos, un ancien officier de Démétrius, qui, avec ses mercenaires, avait aidé les Athéniens à reconquérir leur liberté 8. Pendant la guerre Lamiaque,

* Il s’appelait ilernion, d’après Plutarque, Alcib. 25. -- 2Tnuc. VIII, 92» Lysias, XIII, 71 ; Corp. inscr. att. I, 59. — 3 Thuc. IV, G7, 2 et C ; 68, 4.

— 4 L’état d’él>auche dans lequel est resté le 1. VIII de Thucydide expliquerait pourquoi la création de ce corps n’a pas été mentionnée par l’historien.

— à II y en a deux autres : Corp. inscr. att. II, 1217; Ditlenbergcr, 165; c’est une inscription en l honneur de Démétrius de Phalères, environ de l’an 318 av. J.-C. Une autre inscription, entre les années 220 et 216, concerne un slratège, Int t 7tv

MER

Euphron de Sicyone, chef de mercenaires ■ • secouru les Athéniens 3 ; en 229, les mer^ aUSsi paient la ville, on avait de la peine à se déi^^68 0ccu* une inscription nous apprend qu’Euryclès'T8? d eUX’ Céphère, donna de l’argent pour les faire m,!; «,e de quons enfin delà fin du iv siècle, un catalogue ni cenaires ; il a été trouvé sur l’Acropole Æ ■ comprend en réalité trois listes différentes lpll0n

une colonne. Certains noms ethniques I’ chacune des trois colonnes, ainsi le nom des (w r ^

r'rr"ns t deux’ ainsi *« p« c1

les Thebains. A partir do la ligne 47 q ’

cinquante noms d’individus et cinquante noms'T peuples ; on voit combien la composition de ces troun! mercenaires était variée quant à la nationalité • d cette partie de la liste, tous les noms sont bien grecs \u contraire, dans la première partie, dans les quarante sept premières lignes, il y a quarante-trois noms parmi lesquels il y a bon nombre de noms barbares, ainsi des noms égyptiens: Patoumas; Patoumasès, des noms qui semblent scythes : Rosézis, Doulézelinis, Ivarsis, Driazis, etc. Il est regrettable que l’indication relative à l’ethnique de tous ces noms ait disparu.

La fin de la guerre du Péloponèse avail été si longue, que pour beaucoup de Grecs, le service militaire était devenu un métier, une occupation. La paix rétablie, tous ces soldats se trouvaient désœuvrés et incapables de gagner leur vie. D’autre part, les classes sociales, dans lesquelles les milices civiques étaient recrutées, avaient été si éprouvées qu’elles ne sentaient plus que la fatigue et le dégoût du service. En même temps, le métier militaire devenait chaque jour plus. difficile. « Personne 12 ne pourra devenir un excellent joueur de dés ou d’osselets s’il ne s’applique à ce jeu dès l’enfance, et il suffira de prendre un bouclier ou une autre arme quelconque pour devenir du jour au lendemain un bon hoplite ! » Les milices civiques, qui avaient sauvé la Grèce dans la lutte contre les Perses, avaient des qualités précieuses, l’esprit de sacrifice et le dévouement à la patrie; malheureusement la guerre avait amené une recrudescence déplorable des discordes civiles ; la lutte des partis prit un caractère de fureur et de férocité qu’on n’avait pas vu jusqu’alors ; le sentiment patriotique en reçut une atteinte profonde. Enfin, avec le développement de la démocratie, l’esprit d’indiscipline devint chaque jour plus fort dans les armées; les chefs ne pouvaient manier qu’avec les plus grands ménagements ces hommes qui, de retour dans la cité, pouvaient devenir leurs accu sateurs et même leurs juges13.

Ce qui prouve que l’ère des mercenaires commence, c’est l’apparition du chef de bande, du condottiei ( ■ us^ qu’ici le mercenaire de métier agit isolément,' ne forme pas d’association, de bande. Les tyrans qui j^11^ parent du pouvoir avec l’aide des soldats, tels que .IS trate,Denys, Jason de Phères, n’ont rien du londoltc^ ce sont des citoyens qui profitent des troubles pu

tentent un coup de force et régnent sur

Dittenberger, 246 ; Michel, 609.

r leur cité. A Prü'

6 6’. i. att. Il, 514

entre 289 et

av en* 'EXeuffTvoç . ~ . — — , - . ... n|aCC C

b , p. 154; Dittenberger, 192; Michel, 606. Cette inscrip ion s j.ver9 textes. 287. — 7 Ces trois garnisons sont mentionnées ensemble <!&ns c ‘ ^ jyf 2, — » C. i. att. II, 314; Dittenberger, 198; Michel, 127. — ’ ‘g. Ditlen-

p. Ci, n. 231 4; Dittenberger, 163; Michel, .... ^

berger, 233. — U C. i. att. II, 963; Michel, 605. - 12 t'lal- iiep'

— '3 Cf. nos Cavaliers Athéniens, p. 441.

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|i0US voyons apparaître le guerrier qui, après s’être SCnl "" renom par sa bravoure, son habileté, ses larfal1 “ réunit des bandes d’hommes armés dont il se fait va se louer à tel ou tel État, ou bien fait la guerre

je chef,

,mir son compte.

• jj-j: ]\[ille. — Déjà, à la fin de la guerre, Alcibiade,

I,. uni d’Athènes, s’étaitrendu indépendant entre les deux

partis, grâce a

des troupes de mercenaires qu’il avait réu-

, et avec lesquelles il occupait plusieurs points fortifiés,

f la guerre aux barbares et ramassant beaucoup de , lusses *. Les satrapes perses de l’Asie Mineure avaient ' lcur solde des mercenaires grecs qui n’avaient aucun scrupule à se battre contre les Grecs 2. Cyrus le Jeune eut de bonne heure des mercenaires grecs autour de lui Lorsqu’il fut appelé auprès de son père le roi Darius mourant, il amena 300 hoplites grecs qui étaient sous les ordres de l’Arcadien Xenias et qui recevaient une solde magnifique (I, 2, 2 et 18). Quand, de retour dans son gouvernement, il résolut de détrôner son frère, il comprit qu’il ne pourrait rien s’il ne donnait à ses troupes perses l’appui d'une armée grecque. Il s’était déjà mis en rapport avec un officier lacédémonien nommé Cléarque, qui, après avoir été harmoste à Byzance, avait refusé ouvertement d’obéir aux éphores de Sparte et avait été banni. Cyrus lui donna 10000 dariques, et, avec cet argent, Cléarque réunit une troupe de soldats qu’il conduisit en Thrace vivre de pillage et de rapines jusqu'au jour où Cyrus l’appela en Asie. En même temps que Cléarque, arrivaient à Sardes d'autres chefs, qui, sur l’ordre de Cyrus, avaient eux aussi réuni une troupe de soldats. Voici la composition de l’armée, telle que la donne Xénophon 3 :

Xéuias l’Arcadieu .

4000 hoplites.

Proxèue le Béotien .

500 tpiXof.

Sophéuète l’Arcadieu. . . .

Socrate l’Àchéen .

Pasion le Mégarien .

Ménou le Thessalien .

Cléarque le Lacédémonien .

1 000 — 40 cavaliers.

Sosis le Syracusaift .

Agias le Lacédémouien. . .

10G00 hoplites.

2 3004hXoL 40 cavaliers.

Ce qui domine dans cette armée, ce sont les Péloponésiens : Arcadiens, Achéens, Lacédémoniens; la Grèce centrale est peu représentée, sauf la Béotie ; les Athéniens sont en petit nombre; les Thraces, les Rhodiens, les Cretois composent les troupes légères.

^ Cunaxales effectifs sont restés tels que nous venons (le les indiquer; en sortant du pays des Carduques, il n,Y a plus que 8 000 hoplites et 1800 <j/iAoi *. A Héracico ", on trouve -4500 hoplites arcadiens et achéens, ROO hoplites et 700 légers avec Chirisophe ; 1700 hoplites c! 300 légers aveeXénophon, plus 40 cavaliers : total 8640.

' Chrysopolis, d'après Diodore 6, ils étaient 8 300. Mais apies R campagne de Thrace, les soldats qui passent 7' '^Sle à Lampsaque7 ne sont plus que 6000. Enfin 1111111 seulement se mirent à la solde de Thibron 8. j, *jGs effectifs des neuf régiments qui composent armée présentent des différences considérables; mais

Pliornô" y ^ ° ’ C°r>i. Nep. Alcib. 7. — 2 Ainsi Pliarnabaze el Tissa- &eur M Cn 2, 15; de môme Mania, reine d’Éolio, et son succcs-

c*'as’ Jbid. 111, 1, 13-ig, 21. — 3 Ces chiffres sont donnés dans le icr et

tous ces régiments sont organisés de la même façon9. L’unité est la compagnie, 16/ ;oç, qui est de 100 hommes : le lo/o; est divisé en deux pentécostyes (vj 7i£VT7)xoffTé;), chacune de 50 hommes ; la pentécostys est divisée en deux énomoties (v; èvcugoTia), chacune de 25 hommes. Ces divisions rendent les corps très mobiles et très maniables. Cette organisation diffère sensiblement de l’organisation des armées athénienne et Spartiate; cependant la plupart de ces noms se retrouvent dans l’armée « Spartiate.

Chaque soldat doit s’armer et s’équiper à ses frais; il doit s’entretenir avec la solde qu’on lui donne. Cette solde avaitété fixée à un darique par mois. C’était une monnaie d’or, qui avait été émise par Darius Ier, avec l’effigie d’un archer, et qui valait environ 20 drachmes attiques (fig. 2292). Cette solde était complète ; elle comprenait à la fois les subsistances (afroç), et le salaire (gnjOôç). A Tarse, quandles Grecs comprennent qu’on les mène vers la haute Asie, ils refusent d’avancer; Cyrus vient à bout de leur résistance en portant la solde à un darique et demi. Le lochage recevait le double, le général le quadruple. Après Cunaxa, plus de solde. A Byzance, les Grecs trouvent à se louer à Seuthès, qui leur promet un statère de Cyzique par homme et par mois. Cette monnaie en usage dans les villes d’Asie Mineure et de Thrace valait 8 drachmes de plus que le darique.

Nous n’avons pas à parler ici des manœuvres que l'armée exécute dans les marches et dans les batailles [exercitus, p. 903]. Ce sont les manœuvres ordinaires des armées grecques à cette époque. 11 faut faire une exception pour la marche en colonnes de compagnie , Aôyoi opQioi, disposition qui paraît de l’invention de Xénophon ou du conseil des généraux. Quand il ne s’agit pas d’une bataille rangée, au lieu de se mettre en ligne de bataille (tpâXaY'),les compagnies se placenta la gauche les unes des autres, chacune d’elles étant en colonne (les énomoties l’une derrière l’autre) et un certain intervalle est entre ces petites colonnes. C’est toujours ainsi que l’on donne l’assaut, quand on craignait que les accidents du terrain briseraient la ligne de bataille en phalange. Il faut aussi parler de la manœuvre que les Grecs exécutèrent à Cunaxa, lorsqu’ils s’arrêtèrent dans leur poursuite, et firent demitour. Dans ce mouvement le dernier rang ne devint pas le premier ; au contraire, dans chaque énomotie, le dernier rang fit demi-tour, le rang suivant vint se placer devant lui, et ainsi de suite jusqu’au premier. Le seul changement fut que l’aile droite était à gauche, et réciproquement10.

On peut admettre que l’armée est partie de Sardes le 6 mars 401 : la bataille de Cunaxa serait du 3 septembre ; en 86 jours de marche on avait fait 520 parasanges ; il y avait eu 96 jours de repos. De Cunaxa à Cotyora, il y eut 122 jours de marche, pendant lesquels on fit environ 620 parasanges, et 151 jours de repos. Cela donne un total de 208 jours de marche, de 247 jours de repos, soit en tout environ 15 mois, et de 1140 parasanges. Cette mesure perse équivaut à 30 stades, c’est-à-dire 5 km. 520. Les Grecs avaient donc fait en 208 étapes 6292 km. 800, soit une moyenne de 30 km. 252 par journée de marche. C’est surtout de Sardes à Cunaxa que les étapes furent

te II” cliapilrç du livre premier ; l'effectif total est indiqué, 1, 2, 0. — t Xen. Anab. IV, g, 15. — 5 VI, 2, te. - « XIV, 31. — 7 VII, 7, 33. - » XV, 37. - 9 Voir surtout Anab. IV, 8, 15. — 10 Xen. Anab. I, 10, 6-9.

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longues. Cyrus était pressé, et l’armée, bien fournie dans un pays fertile, s’avançait rapidement. Dans les montagnes de l’Arménie, la marche devint très difficile; les attaques de l’ennemi étaient incessantes ; les Grecs marchèrent quelquefois plus d'un mois sans se reposer.

Il faut tenir compte aussi des impedimenta que traînait cette armée. Outre les soldats, elle comprenait un grand nombre de serviteurs ou d’esclaves. Chaque hoplite avait un Ù7ra<77rt<rrrçç, chargé de porter le bouclier et quelques autres pièces de l’armure ; d’autres esclaves et de nombreuses bêtes de somme portaient les ustensiles de table et de cuisine, les vêtements, les tentes et surtout le butin. A chaque razzia, on enlevait le plus d’hommes que l’on pouvait pour en faire des porteurs. Les chariots paraissent avoir été relativement peu nombreux. Tout cela formait un train considérable. On le désignait1 SOUS le nom de xi axsuir), oy^oç, dxpaxb; cxsuooopixôç ; il avait ses chefs particuliers, STpaxoS cFxeuoçoptxou apyovTE;2. Il comprenait enfin les malades, les blessés, des enfants d’esclaves, enfin un grand nombre de femmes. La surveillance et la protection du train était un des soucis des chefs et encore plus peut-être des soldats. Quelquefois ceux-ci, pour porter secours au train qu’ils croient menacé, sont allés jusqu'à agir contre les ordres donnés 3. Au commencement de la retraite, après Cunaxa, les Grecs, sur la proposition de Xénophon, prirent la résolution de brûler leurs bagages et leurs tentes 4 ; la même opération se fit encore dans le pays des Carduques5; malgré cela, l’o^Xoç est toujours resté considérable et n’a pas peu contribué à alourdir la marche de l’armée.

Il n’y avait pas de service d’intendance ; l’armée se nourrit par le pillage ; souvent on traite avec les populations qui consentent à fournir un marché. Le service médical est rudimentaire. Quand les blessés sont nombreux, on fait appel à ceux des chefs ou des soldats qui peuvent avoir quelque connaissance de la médecine ; une fois, huit médecins sont mentionnés 6. Les prêtres, les devins sont assez nombreux ; parmi eux, Silanos et Aréxion occupent une situation aussi importante que les chefs supérieurs.

Ces troupes sont en général groupées selon la nationalité du chef qui les a enrôlées. Il semble que l’enrôlement ne comprenait pas de contrat. En tout cas, l’engagement peut toujours être rompu ; ainsi 2000 soldats quittent Xénias et Pasion pour passer à Cléarque 7. On quitte un chef, on revient à lui selon les circonstances. Dans les moments critiques, un grand nombre de soldats viennent se ranger autour de Cléarque, qui est regardé comme le guerrier le plus ferme et le plus habile en face de l’ennemi ; mais, le danger passé, les soldats le quittent à cause de sa sévérité et passent sous d'autres chefs8.

Ce qui manque le plus à cette armée, c’est la discipline. Elle dépend de la personnalité de chaque chef. Cléarque 9 sait le mieux tenir ses hommes, et il le fait en érigeant la sévérité en principe; il dit que le soldat doit craindre son chef plus que l’ennemi. Il n’est pas aimé de ses hommes. Il est d’ailleurs obligé de les ménager ; il

l Anab. I, 3, 7 , III 4, 26 ; VI, 5, 3. — 2 De Rep. Lacaecl. XIII, 4. — 3 Anab. IV, 3, 30. — * III, 2, 27-28; 3, I. — 5 IV, i, 13; on donna aussi la liberté aux prisonniers. — 6 III, 4, 30. — 7 1, 3, 7. — 8 II, 6, 12. — 9 II, 6, 1-15. — 10 H, 3, 11. - 11 I, 5, 11-17. — 12 V, tout le cliap. 8. — 13 III, 4, 47-40. — 14 IV, 3, 30. — 15 V, 8, 9. — 16 II, 3, II; III, 4, 49. — 17 III, 1, 30-32. Il esl vrai que ce

doit donner l’exemple10. Proxène le Thébain timide ; c’est un philosophe égaré au milieu de " , U'°P dats. Ménon de Thessalie avait tous les vices de f? rie et de scélératesse qu’on reprochait aux hommes"] pays. Cléarque frappe ses soldats; il ne peut en autant aux soldats de Ménon sans provoquer une volte 11 • Xénophon, accusé d’avoir frappé des sold a ' doit s’expliquer12. Les actes d’insubordination sont fré’ quents. Les soldats n’admettent pas facilement pour leur 1

chefs des privilèges, même les plus nécessaires13 L’ordr I

d'abandonner des bagages n’est jamais bien exécuté Des soldats quittent même leur poste14. Il y en a un qui, chargé de garder un malade, veut l’enterrer vivant pour être débarrassé de son fardeau 1B. Il est rarement fait mention de punitions ; le plus souvent elles sont décidées et infligées sur place par les soldats eux-mêmeselles consistent en coups de poing, coups de bâton16' Les généraux peuvent dégrader un lochage et le faire descendre au rôle de porteur 17.

En réalité, loin de l’ennemi, c’est moins une armée qu’une république, une démocratie ambulante. Les soldats font et défont les chefs; ils leur demandent des comptes, ils les jugent, les condamnent18. Tout cela tient à la composition de cette armée. C’est la première armée de mercenaires grecs qui ait été réunie. Xénophon a bien soin de marquer ce qui la distingue. C’étaient des jeunes gens de bonne famille qui avaient quitté leur père et leur mère ; d’autres même leur femme et leurs enfants19. Une autre fois il dépeint avec complaisance la bonne tenue de cette armée. Les Grecs avaient tous des casques d’airain, des tuniques de pourpre, des cnémides et des boucliers brillants20. Ce n’étaient pas là des mercenaires atfamés et obligés de se vendre pour vivre. Ils étaient venus par esprit d’aventure, attirés par le grand renom de Cyrus. Jusqu’ici le mercenaire est surtout un |iXôç, c’est-à-dire qu’il n’appartient pas aux classes dans les mains desquelles est la direction de la cité; le plus souvent même il n’est pas grec ou c est un citoyen de ces cités du Nord, voisines des barbares et à moitié barbares elles-mêmes. Cette fois, c est 1 homme des classes dirigeantes qui s’enrôle21; il est dans luisance; il est en état de se fournir une armure complète, il sert comme hoplite. C’est là le trait le plus nouveau et peut-être le plus important qui distingue cette armée.

Nous nous sommes arrêté sur cette partie de notre sujet parce que cette armée des Dix Mille est la plus in téressante des armées de mercenaires de la Grèce , ces aussi celle que, grâce à Xénophon, nous connaissons le mieux. Bien des traits que nous venons de iele\ci s' trouvent dans toutes les armées de mercenaires et nous

aideront à les comprendre. . , ..

Il nous reste à dire quel fut le sort de ce qui r< -s de cette armée des Dix Mille. Nous avons4 u qu i sa ^ ^ été incorporés dans l’armée Spartiate par Un non > réunion se fit à Pergame en 399; la solde c a darique pour le soldat, le double pour le lochage, c <l ^ druple pour le stratège. Après lui, les Cyriens, <- ^

on les appelait23, passèrent successivement so

fut reconnu comme étant Lydien. bien

— 21 Le corps des troupe, légères était ^

mposé naturellement ; il s’y trouvait des Tliraccs et même d an ^ ^

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