‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 232 sur 275 · Enfin des Lybiens avec des Macédoniens · texte numérisé non relu

Enfin des Lybiens avec des Macédoniens

L’effectif total de l’armée sous Philonator

était de 28 700 MaxeSôveç, 21 000 mercenaires 253()ü"f'1S’

tiens et Lydiens. A partir de cette date, les Éevniin* figurent plus dans l’armée. ' ns

yp-

ne

Les mercenaires ne sont levés qu’à 1'

guerre ; la paix faite, ils sont licenciés

occasion d’une

s et vont chercher

fortune ailleurs. Un certain nombre d’entre envoyés dans les colonies militaires comme clérou

eux sont ques; garnison dans

d’autres restent dans l’armée et vont tenir les possessions des Pharaons hors de l’Égypte. Ce dernie contingent était très important au moment de la gran- I deur de l’empire, quand les Ptolémées étaient les maîtres de la Phénicie, de l’Arabie, de la Lybie, de l’Éthiopie de la Lycie et des Cyclades u. Le poste le plus important' celui qui était le mieux gardé, était Cypre. Il faut enfin mentionner le corps de mercenaires envoyé sur les côtes de la mer Rouge pour la chasse aux éléphants, sous les ordres du cxpax-^yoi; etù xà)V G vj p av 1B.

La hiérarchie de cette armée était ainsi fixée : les stratèges des pays étrangers, le premier d’entre eux était le gouverneur de Cypre; après eux, les chefs des trois corps de Macédoniens et des six corps de mercenaires; enfin les ijsvoXo'yoi, qui étaient les chefs des corps de mercenaires qu’ils avaient enrôlés.

A côté de cette armée active, il y avait une armée territoriale, côvxxyp.a, constituée par les clérouques ou soldats établis, après leur congé16, dans les colonies militaires ; on attribue cette institution à Ptolémée Philadelphie, en 274.

Sous Épiphane, 204-180, les Égyptiens se révoltèrent contre les étrangers; cette révolte fut vaincue, mais | Épiphane se vit obligé d’accorder quelques satisfactions au sentiment national. Pour l’armée, on fit disparaître ces noms trop significatifs de Mxxsoôveç, de gicOocpopoi, uni seul nom, celui de p.acy tp.ot, est donné aux soldats , lel système des colonies militaires est maintenu, onl remplace seulement le nom de xXvipoOyot par celui dej xâxotxot. En 170, sous le règne de Philométor, un nouveau ] mouvement de réaction nationale se produisit, qui un I par triompher avec Evergète II. Cette fois le paili uni ce ■ donien est vaincu ; l’armée change de caractère, e e es I presque exclusivement composée de mercenaii es , p u ■ de soldats se prétendant les descendants dest oinpa,-,i I de Ptolémée, fils de Lagos, et réclamant des privilèges. Cette armée comprend d’abord les gardes e coi) ^ roi sous le titre de oi nxüAsp-a'.ou xac xmv u-aV néoirai. Ce sont les successeurs de l’ancienne g royale et des èiuXexxoi ; ils sont recrutés c aim pays, en Égypte aussi ; le contingent P^^naiitéS des Ilépixat, qui est formé aussi de soldats de différentes; il y a un certain nombre de Perses.

A côté de cette garde du corps sont les me^le ^ on les appelle quelquefois p.i<70o<pôpoi, mais c

d-Agi, en 242 : Plul. Agit, 0, 16. - l°paus. Î.7, 2 ; Sch a Callnn^ ’"us ,c «•

- il Meyer, Op. I. p. 13. - 12 Polyb. V, 63, 2. - 'Les Galates^ ^ possession9

dres d’Alexandre d’Oroanda en Pisidie. — U Voir ”“m r ... Inscr, llrit- M"s'\

dans Theocr. XVII, 85-94.- « Slrab. XVI, 4, p. 770 J7*’ .0Illrairc, les cl*-

Cnodri. 102; acr. gr. 51277. -« M. Sehubart considère, • sur UeS lots do rouques comme des soldais en activité de service, qu ' . appelés ltriXc*-®>

terre dont la propriété reste au roi. — 17 Les gardes u c

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• ’ tst (nparifiTM. Ils sont divisés en deux grands US'U les mercenaires de la Thébaïde,les mercenaires LeS premiers sont sous les ordres du <7toit7)yô? ^'ehêaiSoç, qui est quelquefois qualifié du titre ^T(i)?;’ii a sous ses ordres le stratège du nome,

^ ^l'hébarque ou commandant de place de Thèbes,

,, - . riaOûpsü)?. Le stratège du nome a sous ses

l’i?s l’épi s ta te tou IlaOuptTou et l’épistatexou LUpt0-q8aç ; 01 jernier est aussi appelé Cntompxr^yoi;. Dans chaque fL 'onn il va un Ypauaxreûç qui paie la solde et s’occupe je l’enrôlement des mercenaires, d accord avec I hypo- Hratèye. Les pucSotpbpot reçoivent des od/nma, qui sont une indemnité pour l’entretien des chevaux, des fftxwvtx, bablement la solde et des distributions de blé.

^Les mercenaires de Cypre ont une organisation différente1 : ici le particularisme se donne pleine carrière; les soldats se groupent par nationalités. Les Litres généraux de ces troupes sont : «1 £v t7| vVjffw xacnTÔ;/.£vai Suvcqi.£iç, ffmttûTat ?evoXoY7i0évT£ç ; sous Eumène II, ces troupes se sont organisées en communauté, xo xoivbv xmv èv x7| vVjffw tmîoiaévwv ouvâaewv. Bientôt après, chaque nationalité forme une communauté; nous avons le xotvôv des Ciliciens, des Lyciens, des Crétois, des Thraces. Le chef de toutes ces troupes s’appelle toujours ô <jTpax-)r)Ybç xÿ,ç vvj<jou; après lui vient le Ypau-p-axêùî xuiv ouvxptswv.

Cette armée de mercenaires est indisciplinée et turbulente; et, comme le gouvernement de l’Égypte est entre des mains faibles, que l'influence trop grande des femmes y rend fréquentes les révolutions de palais, c'est la tyrannie militaire qui est le régime de l’Égypte jusqu’à la conquête romaine.

Nous avons très peu de renseignements sur l’armée des Séleucides, ainsi que sur les armées des autres princes de l’époque hellénistique. Pour le royaume de Pergame, il nous est parvenu quelques textes intéressants. C'est d’abord une inscription2 qui contientun arrangement conclu entre Eumène Ier et les chefs des mercenaires insurgés contre lui ; la date semble être l’année 263 av. J.-C. La première partie de ce texte énumère les conditions en vertu desquelles l’accord a été conclu ; il y est dit que le prix du médimne de blé est fixé à /idrachmes,même prix pour lemétrète de vin; les soldats qui ont accompli leur temps de service fixé et qui ne sont plus en activité, doivent toucher l’ô^covtov pour le temps écoulé; les orphelins et aussi les plus proches parents ont droit à des secours ; pour le service, on peut en être exempté à quarante-quatre ans. La plus longue Partie de l’inscription est, comme dans presque toutes les conventions de ce genre, consacrée au serment que doivent prêter les deux partis. D’un côté jurent : Param°nos, les chefs, 7]Ye! xo'veç, et les soldats qui sont sous leurs ordres à Philétairie et à Attalie ; Polylaos, les chefs qui sont sous ses ordres et les soldats qui sont à Attalie ; Ittinas, l’hipparque, ainsi que les cavaliers sous ses °rdres ; Oloichos et les Tralles 3 sous ses ordres. Dans ce Renient, les mercenaires font de longues protestall"nb fidélité; ils n’abandonneront jamais Eumène;

si quelqu’un leur apporte des lettres suspectes, ils le saisiront et apporteront les lettres encore scellées à Eumène et ne les ouvriront que devant lui. Eumène jure de son côté de rester toujours bien disposé pour les mercenaires, de ne rien faire contre ceux qui ont été élus par la communauté; à côté des noms de chefs mentionnés dans le premier serment, il s'en trouve d’autres qui appartiennent à des chefs commandant des ap.i< r0ot. On voit que les mercenaires ont formé un xotvôv; malheureusement l’inscription ne donne aucun renseignement sur cette question. La convention et les serments seront gravés sur quatre stèles qui seront déposées dans le temple d’Athéna à Pergame, à Grynée4, à Délos et dans 1 Asclépiéion de Mitylène.

Un document plus glorieux rappelle la part que le roi Eumène prit à la guerre que la ligue aehéenne fit contre le tyran de Sparte, Nabis. Au retour d’une seconde expédition, ce roi consacra un monument à Zeus et à Athéna Nicéphore; un autre monument fut élevé par ses mercenaires5.

Nous avons quelques renseignements sur l'armée de la ligue aehéenne6. Elle était formée d’un corps d’élite permanent, les ÈTttXexxot, de troupes mercenaires et de contingents régionaux levés en temps de guerre. L’armée mercenaire comptait des soldats de nationalités diverses et d’armements variés; elle parait avoir été nombreuse de tout temps. Les auxiliaires étrangers étaient parfois levés par appel du stratège et organisés par ses soins; les dépenses étaient faites par le trésor commun 7, ou, en cas de besoin pressant, avec les ressources d’un emprunt demandé aux villes 8 ; souvent ils formaient des corps déjà constitués avec leurs chefs nationaux. Ainsi le Crétois Télemnastos avait pris part à la guerre de Nabis avec 500 de ses compatriotes9. Les straLèges employaient aussi des officiers étrangers, qui tenaient quelquefois un très haut rang dans l’armée. A l’époque de la guerre contre Méchanidas, Philopémen laissa le commandement général des troupes au Crétois Didascalondas. Ce Crétois fut mis à la tète des £7uX£xxc,t ,0. Au moins, dans les premiers temps, on ne put avoir le nombre de mercenaires suffisant; la petite confédération payait mal la solde11, et les gens de guerre étaient sûrs d’être richement payés au service des Ptolémées ou des Séleucides. Les corps de mercenaires mentionnés sont : t'o ç£vixdv, les Crétois, les Illyriens, les cavaliers tarentins, les Thraces12. Philopémen opéra une réforme en introduisant dans cette armée l’armement crétois13; c’est très probablement sur les troupes mercenaires de ligne que porta la réforme.

Nous avons peut-être un monument épigraphique 14 de cette bataille de Mantinée, où Philopémen tua de sa main Méchanidas. C’est une stèle élevée en l’honneur de leur chef, consacrée aux dieux par les compagnons du stratège des Achéens. Il y a d’abord les noms des Achéens; suivent ensuite, au-dessous de la rubrique Ivp-iyrsç, une série de sept noms avec le patronymique : mais l’inscription est incomplète, et le nombre des

1VJii," Sai1 1U * Cypre il y gavait encore à cette époque des cités helléniques luj ' 111 indépendance et leur autonomie communale, le droit de battre l'on yj'e ’ ^ ^ i*r°v*eu, L'Hellénisme , III, p. 61. — 2 M. Frankel, Inschr. fcrit /iamon' 13 (cC t. Il, p. 507) ; Michel, 15. — 3 Ce nom est le plus souvent é'HiX;. 4 Ville et port d'Éolie, près de Myrina, qui avait un temple pj ^ °n' "010cl. I, 149 ; Hécatée dans Et. de Byz. rpü*«a. — e Frankel, Altert. von J '°’i, VIII, t, p 48, n° (j2 ; Dittenb. 282. Nous aurons à signaler plus loin

un traité conclu entre Eumène et le xmh* 1,7,7 KçjjtSv. — 6 M. Dubois, Les ligues élolienne et aehéenne, p. 155. — 7 Plut. A rat. 37. — 8 Polyb. jV , 60, to. — 9 ld. XXXIII, 14, 6. — 10 ld. XVI, 37, 3. — 11 Id. IV, 60, 2. — 12 ld. XI, H, 4, 5; Tit. Liv. XXXV, 29; Pol. XI, 14, 1; XI, 12, 6. — 13 Tit. Liv. XLII, 55; XXXVII, 20. — 14 Cette première explication est due à M. (J. Fougères, qui a découvert et publié l'inscription: Bull, de corr. hell. XX, 1896, p. 136.

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Crétois inscrits était certainement plus élevé. Nous devons ajouter qu'il n'est pas bien établi que cette inscription se rapporte à la bataille de Mantinée, qui eut lieu en 207; il semble plus probable 1 qu'elle concerne les événements de l’année 11)2. Quoi qu’il en soit de celle question, nous avons ici la preuve de la présence de Crétois dans le contingent que les habitants de Mantinée envoyaient à l’armée de la ligue.

Les armées de Philippe V, roi de Macédoine, d’Anliochus III, roi de Syrie, de Persée, roi de Macédoine, sont constituées sur le modèle ordinaire. La plus forte parait avoir été celle de Persée; à Pydna, la phalange produisit d’abord un elïet de terreur sur Paul Émile et sur les Romains. On reprochait à Persée de s’ètre privé, par avarice, de secours qui auraient pu lui être précieux. Les Basternes, peuple du bas Danube, lui avaient envoyé, sur sa demande, 10000 cavaliers et 10000 fantassins armés à la légère 2; ces soldats faisaient l’admiration de toute l’armée macédonienne par leur force, leur grandeur et leur courage; mais, quand les chefs de ces barbares eurent fait connaître la solde qu’ils réclamaient, Persée, la trouvant beaucoup trop élevée, se moqua d’eux et les renvoya.

Des rois qui résistèrent à Rome, le plus redoutable fut Mithridate Eupator le Grand. Avant d’engager la lutle, il avait organisé une armée capable de l’aider a réaliser ses grands projets3. Les premiers rois de Pont avaient composé leurs armées presque exclusivement de mercenaires, Galates d’abord S Grecs ensuite quand la Galatie fut entrée dans la clientèle de Rome s. Sous Mithridate Evergète, la Crète, qui était la pépinière et l'école des soldats de fortune, fournit les mercenaires des rois de Pont G. Mithridate Eupator leva ses premiers soldats en Grèce, et c’est avec 6 000 hoplites grecs que Diophante conquit la Crimée. Mais le soldat de profession se fait de plus en plus rare en Grèce; d ailleurs, Rome fait obstacle aux enrôlements. Les victoires de Mithridate lui donnèrent les recrues des peuples du Pont-Euxin, Scythes, Sarmates, Celtes, Thraces 7. Plusieurs de ces peuples étaient d excellents auxiliaires; mais leur fidélité était douteuse; on les voit quitter Mithridate et passer aux Romains, puis revenir à Mithridate8. A côté de ces troupes mercenaires, levées pour la plupart en temps de guerre seulement, Mithridate essaya de créer une véritable armée nationale permanente; cependant la force principale de son infanterie, la phalange, était composée exclusivement de mercenaires grecs et organisée d’après le modèle de la phalange macédonienne. Le reste de l’infanterie, soit indigène, soit étrangère, avait probablement gardé l’armement traditionnel de chacune des nations où les différents corps se recrutaient. Plutarque raconte l’impression étrange et terrifiante que le spectacle de cette armée produisit sur les Romains9.

L’époque hellénistique a été l’âge d or du mercenariat. Dans l’empire des Ptolémées, des Anliochus, des Eumènes, le mercenaire forme à lui seul presque toute l’armée. Ces armées, à l’époque des diadoques, étaient encore très fortes; celle que Pyrrhus conduisit en Italie

* Celle explication a été combattue par Ditlenberger, Syll. n° 274. 2 F lut.

Paul. Em. 12; ces fantassins portaient l'ancien nom de icaçaSâ-rat ; ils étaient niôlés à la cavalerie dans les combats. — 3 Tl» . Reinach. Mithrid. Eupator, p. 204. — 4 Fragm. hist. gr. IV, 312; Eus. I, 251, 23, éd. Sclione. — R Polyb. fr. 20, fi.

6 Strab. X, 4, 10. — 7 Appian. Mithrid. 09 et 15. — 8 Dio Cass. XXXVI, U.

9 plut. Sylla , 10. — 10 XYlll, 1 , 2-3. — H ’Açxâ$«; pipoûjxevot, disait un proverbe

et qui vainquit les Romains à Héraclée, avait assu -• quelques-unes des qualités de l’armée macédoni"' temps d’Alexandre. Cependant cette victoire mêm"n°,(1.u été chèrement, achetée, et l’expédition se termina ,vUUVait défaite. Pyrrhus et la plupart des princes grecs de',",? époque étaient encore des hommes de guerre. Mais 6 ■

à peu, dans ces monarchies orientales, le roi s'amolliT*! 1 se déprave ; l’armée ne sert plus qu’à parader dans les fêtes ; elle fait illusion par son luxe et ses manières t- I geuses aux populations asiatiques; les hommes habiles ] ne se trompent pas sur sa valeur ; on connaît le juge- I ment de Polybe sur le soldat romain et sur le soldat I grec de son époque ; l’historien ne fait pas à ce dernier l’honneur de croire qu’il était un digne adversaire de la 1 légion ,0.

La faiblesse de ces armées venait surtout du régime politique de ces monarchies asiatiques. Le mercenaire a I été un bon soldat quand il a été bien commandé. 11 avait des qualités sérieuses auxquelles des hommes I comme Xénophon ont rendu justice ; en tout cas, il avait I la préparation nécessaire. Il y avait en Grèce certains peuples qui, pendant des siècles, n’ont eu d’autre ’ industrie que la guerre. Dans ces pays, il existait des I traditions, un entraînement, une éducation militaire. I Nous ne voulons pas parler des Spartiates: ils ont été, I comme on l’a dit, les plus habiles artistes dans l’art de 1 la guerre ; mais ils n’en ont pas fait un commerce. La Carie, la Crète et l’Arcadie11 ont été les vraies pépi- I nières du mercenariat. Ces pays ne parvinrent pas à conquérir la situation politique à laquelle il semble qu ils avaient droit. Ce métier de la guerre, pour lequel ils j étaient si bien préparés, ils ne pouvaient pas l’exercer dans leur patrie ; ils allaient à 1 étranger.

Crète. — De ces peuples, les plus intelligents étaient I les Crétois. Leur réputation, comme archers surtout, était reconnue de tous. Ils avaient imaginé un armement I qui portait leur nom12. A partir de la guerre du Pélo- I ponèse au moins, on peut signaler leur présence dans I presque toutes les armées. Souvent des Cretois sont I parvenus dans les États étrangers à des situations 1 importantes13. Nous possédons sur le mercenariat en Crète plusieurs textes intéressants de l’époque heUcnis- 1 tique. Le plus important pour nous est le traité d a iance j conclu entre Rhodes et la ville crétoise d Hici apy tna , vers l’an 220 av. J.-C. Les conditions de l’alliance comprennent une série d’obligations de chacun dis ^ peuples vis-à-vis de l’autre. Les obligations t es 1 pytniens sont énumérées les premières, nou®, nf occuperons naturellement que de ce qui t°uc .

sujet. On règle d’abord la question des suoi ^ envoyer en cas de guerre; ces secours ne - son P si les Rhodiens ont été les agresseurs ou s ils cou ‘ un peuple allié des Hiérapytniens. Dans le cas coi <• ^ ceux-ci doivent envoyer dans un délai fixe 1111 aU

deux cents hommes, complètement armes ; a i ]eg

moins de ce contingent sera composée c ci o(jienS autres seront donc des mercenaires. > 1 ei’ ^ xi ont besoin de faire une levée de mercenaires

» 218 ; Suid-

de ceux qui faisaient le métier de mercenaires; Bckkcr, »<’ ' tijn d'un gucr-

; Cf. Waddinglon, Inzer. d’Asie Mineure, n* «« ou ■> „ Tit. I,i* rier qui se vante d'avoir tué le même jour sept hoplites a ^ ^ 37, M

XI.II, 55.- 13 Ainsi Didascalondas, officier de J °P^ . ( piques sur les tral' H Cauer, Delectus, 181 ; Michel, 21 ; E. Eggcr, Etudes tés publics chez les Grecs et chez les Romains, p. 297-

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, vpsiav é'xwfft), les Iliérapytniens garantiront ^Wcurité à celle opération dans leur ville; ils la 101111 nont aussi dans le pays et dans les îles de leur ?al,in , jis aideront de toute manière les Rhodiens ■ les mercenaires ; sous aucun pretexte, ils orderont personne le droit de lever des merce- " , outre les Rhodicns ; sous aucun prétexte, aucun ■■..pvtnien ne fera la guerre contre les Rhodiens, ou il K .iccîhlp des mêmes peines que s’il faisait la guerre i e les Iliérapytniens; exception sera faite pour eux qui auront fait la guerre avant les présentes conventions. Quant aux Rhodiens, ils s’engagent à leur tour à envoyer des secours aux Hiérapylniens dans les mêmes conditions ; ces secours consisteront en ga- ].reg. aUcun Rhodien ne fera la guerre contre les Iliérapytniens, ou il sera passible des mêmes peines que s'il faisait la guerre à Rhodes; si les Iliératmiens lèvent des mercenaires en Asie pour une guerre particulière, les Rhodiens feront tout leur possible pour que cette levée arrive en toute sûreté à Hiérapytna; sous aucun prétexte, les Rhodiens n’aideront personne à faire une levée de mercenaires contre

les Hiérapytniens.

Le privilège de lever des mercenaires se trouve donc mutuellement garanti par les deux partis. Il faut remarquer la clause qui interdit à un mercenaire de servir contre sa patrie. C’était là un des articles du droit des gens à cette époque ; et c’est en vertu de cette règle qu’Alexandre envoya travailler dans les mines les Grecs qui, au Granique, servaient dans l’armée perse et qui s’étaient battus contre les Macédoniens.

Une autre inscription plus récente 1 nous a conservé le texte d’un traité conclu entre le xotvov tcov Kp-qxüiv [cretarciia et cretensium respublica] et Eumène II, roi de Pergame (139-138) ; parmi les privilèges, qui sont accordés au roi, est mentionné le droit de lever des mercenaires, ^voXoy-qiTÔxi. Nous connaissons enfin des conventions passées entre Eleuthernae, ville de Crète, et Antigone Gonatas, entre Thèbes et Polyrrhénion, conventions dans lesquelles il est aussi question des mercenaires 2. Polybe 3 nous apprend que cette dernière ville fournissait des archers à la Macédoine et à l’Àchaïe

contre la ligue éloliennc. Nous avons vu des mercenaires Cretois au service d’Athènes, de l’Égypte, de la ligue achemine. Les Romains eujt-mêmes avaient des archers crétois dans leurs armées et cela dès les guerres Modiques, comme nous le verrons. Contre Persée, le con- Sul P. Licinius en avait obtenu du gouvernement Cretois. Le Sénat demanda au xotvbv twv Kp-qicbv s’il n’y avai t pas eu plus d’archers crétois dans l’armée de Persée que dans l’armée romaine. Les Crétois ne le nièrent pas ; ’k furent alors mis en mesure de notifier à leurs compall iotes le décret du Sénat, ordonnant que les Crétois l ‘Appelleraient dans le plus bref délai tous les soldats du ils avaient dans les garnisons de Persée4.

U réputation des Crétois était mauvaise. Pendant 0ngtemps ils ont pratiqué la piraterie ; comme merccn-' n es, ils étaient notés comme les plus à craindre : tpta

1 caior, Delectus, 130. — 2 Bull, de corr. hell. XIII, 1889, p. 50, 09.

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