‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 233 sur 275 · IV, 53. · texte numérisé non relu

IV, 53.

LT'' enCOre un autrc proverbe: x,«|ti'Çhv = itùStrf*., Plut. Paul. Aem. 23; Hdl Pal. XI, 371. — 6 Outre les textes cités plus liaut, cf. Xcn.

505 ’ -H- '7 Hell. II, 1, t. — 3 Ditlenberger, 210 et 211 ; Michel, 503 et

VU, 3, p. 47 ju ijvro i — io Michel, 166. — 11 Nous suivons surtout

Tit. Liv. XLIII, 7. — o Suid. Kàicita SntXo

xt)..; il

x7.7T7roc xâxKTxa, disait un proverbe en désignant les Cil iciens, les Cappadociens, les Crétois ;i.

Ceux-là donc sont les pires entre les mauvais. Le mercenaire est partout craint et détesté. 11 est volontiers pillard, parfois tout simplement parce que l’occasion lui semble bonne pour piller. Souvent aussi il Je fait pour vivre. 11 a de la peine à se faire payer la solde qu’on lui a promise; les Athéniens eux-mêmes, nous l’avons dit, agissaient ainsi G. Xénophon raconte que des mercenaires privés d’habits et de nourriture voulaient attaquer et piller Chios 7. Nous avons vu, à Athènes, Euryclès donner de l’argent pour qu’on puisse se débarrasser des mercenaires ; le même fait est attesté aussi pour Érythrée 8. Énée le tacticien recommande aux villes de ne pas laisser entrer dans leurs murs les mercenaires qu’elles emploient a. Il se trouvait cependant parmi ces chefs de bande des hommes qui avaient des sentiments d’humanité. Le Béotien Zoilos, commandant la garnison que Démétrius a mise à Egostène, ville delà Mégaride, fut félicité par Mégare pour avoir su maintenir la discipline parmi ses mercenaires ; on lui vota une couronne d’or, et on lui décerna, à lui et à ses descendants, le titre de citoyen et la proédrie dans tous les concours 10.

Rome 11 . — Jusqu’aux guerres Puniques, l’armée romaine se composa exclusivement de deux sortes de troupes : la légion et les alliés italiens (dilectus, exercitus, legio]. A cette époque, on adjoignit aux légions et aux sacii des troupes légères, qui servaient en qualité d’alliés ou moyennant une solde 12. A Trasimène, il y avait, dans l’armée romaine, 600 archers crétois13; à Cannes, des archers et des frondeurs u. Ce sont ces troupes mercenaires qu’on appelait auxilia [auxilia] pour les distinguer des socii italiens13. On n’a signalé aucun rapport entre leur nombre et celui de la légion. Le nombre de ces auxiliaires s’accrut à un tel point que, pour leur donner une place dans le camp romain, on dut changer la disposition primitive de celui-ci. Les réformes de Marius modifièrent complètement l’armée romaine. Les classes riches parvinrent à se soustraire au service militaire; les pauvres y virent, au contraire, un métier et une source de profits; dès ce moment, l’armée de citoyens cessa d’exister; il n’y eut plus que des troupes soudoyées; vrais mercenaires, les soldats n’étaient pas au service de l’État, mais du général qui les payait; indifférents aux intérêts de la patrie, ils étaient prêts à toutes les besognes, pourvu qu’ils pussent compter sur la solde et sur le butin 16. Mais ce changement est en quelque sorte interne ; l’armée reste toujours composée de légionnaires, d’alliés et de mercenaires. Après la guerre sociale, les Italiens deviennent citoyens romains ; il n’y a plus, dès ce moment, que deux espèces de soldats, les Romains et les auxiliaires.

Les réformes d’Auguste amenèrent ici aussi des changements17. Les auxilia sont désormais tous les corps, autres que les légions, qui se trouvent dans les provinces, peu importe qu’ils soient composés de citoyens romains ou de pérégrins. Lorsque Caracallaeut donné le droit de cité à tous les habitants de l’empire, les pérégrins devinrent de plus en plus rares. Si l’on excepte un certain

J. Marquardt, De l’organisation militaire chez les Romains, p. 103. — 12 Til. Liv. XXII, 37, 7 ; Zonar. VIII, 16 ; Polyb. II, 7, 5. — 13 Tit. Liv. XXIV, 30, 13 ; ce sout les auxiliaires mentionnés par Polybe, III, 75, 7. — H Tit. Liv. XXII 37, 8 et 13 ; des Celtibériens sont mentionnés, XXIV, 49, 8. — 15 Varr. De ling. lat. V, 90 ; Fest. Ep. p. 17, Millier; Tit. Liv. XL, 31, 1. — 16 Sali. Jug. 86, 3; App. Bell. civ. V, 17; VV, 93; Plut. Lucul. 14, 17 ; S y lia, 12. — 17 Marquardt, p. 183.

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nombre de mercenaires barbares dont on avait loué les services dans les derniers temps de l’empire, les auxilia finissent par n'être composés que de citoyens romains. L'effectif total des troupes auxiliaires n’est donné nulle part ; on dit qu’il n’était pas inférieur à celui des légions et qu'il variait suivant les circonstances *.

Dans cette catégorie de troupes on ne peut guère comprendre les vexilla veteranorum, détachement de légionnaires ayant obtenu leur congé, déliés de leur serment, mais gardés encore quelque temps sous la main de l'autorité. Les cohortes civium romanorum , composées d'Italiens enrôlés volontairement, parce que le service était moins pénible dans les cohortes que dans les légions 2, furent plus tard ouvertes aux pérégrins. Il semble que les mercenaires, au moins jusqu'à une certaine époque, ont dû être assez nombreux dans les cohortes auxiliariae : quelques-unes étaient armées à la romaine, d'autres avaient conservé leurs armes nationales et étaient désignées sous les noms de sagittarii 3, scutati 4, contarii 5, catafracti 6, funditores 7 [catapuracti, clipeus, contes, funditor]. Tous ces auxiliaires se distinguent des soldats romains par un trait commun, c’est qu’ils étaient armés à la légère, ce qui leur aurait fait donner le nom de cohortes leves 8. On sait que l’infanterie [cohors] était organisée en cohortes quingcnariae , de 500 hommes ou cinq centuries, et en cohortes miliariae , de 1000 hommes ou dix centuries; quand elles comprenaient un contingent de cavaliers, elles étaient appelées equitatae ou equestres. La cavalerie était divisée en alae equitum quingenariae [ala] de 16 turmes ou 480 hommes, et miliariae de 24 turmes ou 960 hommes.

Si ces troupes auxiliaires ne furent plus, au bout de quelque temps, composées que de citoyens romains, il y avait, dans la garnison de Rome, certains corps qui n’étaient formés que de mercenaires. Cette garnison comprenait d'abord des troupes dans lesquelles les soldats étaient des citoyens romains, les cohortes praetorianae , les cohortes urbanae et les cohortes vigilum. Mais il s’y trouvait aussi d’autres corps qui étaient composés d’étrangers 9. Auguste eut une garde germaine, les Germani ou Batavi10 [germani]; les soldats qui en faisaient partie étaient tirés de tribus germaniques sujettes de Rome. Suétone qualifie cette garde tantôt de numerus, tantôt de cohors et de manus11. Cependant elle ne se divisait pas en centuries et en turmes. Les inscriptions se servent toujours, pour la désigner, de l’expression collegium Germanorum, et elles nous apprennent qu’elle se divisait en décuries comme les collegia et les familiae servorum. La garde germaine fut dissoute par Galba12 et elle ne parait pas avoir été reconstituée jusqu'au règne de Trajan ; plus tard, on trouve, sous Caracalla, une garde du corps à cheval composée de Germains et de Bataves.

Le corps des Germains supprimé par Galba fut peut-être remplacé immédiatement par une nouvelle garde, dont il est fait mention depuis Trajan, les équités singulares Augusti ou imperatoris [équités singulares]. On sait quel est ici le sens de singularis ; il signifie « homme choisi, homme d’élite ». Parmi les singulares , nous trouvons des

1 Dio Cass. LV, 24, 5 ; Tac. Ann. IV, 5.-2 Vcget. Il, 3. — 3 Tac. Ann. II, 16 ; Corp. inscr. lat. 111, 600. — 4 I)ipl. XL1V; Xot. dignit. Or. XXXI, 59. — SVegct. III, 17 ; Dipl. XXXIX, XLIV. — 6 Corp. inscr. lat. III, 99; Veget. III, 17. — 7 Tac. Ann. XIII, 19.— » Jbid. I, 51; II, 52; III, 39; IV, 73; XII, 35.— 9 Henzen, Sugli Equitisingolari degl. imperatori Romani ; C. JuIIian, Les gardes du corps des prêtai ;rs Césars \ Bouché-Leclercq, Manuel, p. 323; Marquardt, p. 213. — 10 Sud. Alla-

Bessi, des Thraces,des Rhètes,des Norici des 1> des Daces, quelques Bretons, Dalmates, Maurestt s°ni°ns' on prenait donc de préférence des hommes du n T*5 avaient, pour la plupart, des noms romains • ’ 1Is

entrant au service, ils prennent le nom de l’è ^ en régnant, comme les affranchis portent les mnJTT* maître. La durée du service était de vingt-cina 0 ^ pour toutes les troupes auxiliaires. On les recrut partie parmi les soldats des auxilia. ait en

D après la place qu’ils occupaient dans le canin peut conclure qu’ils avaient le même rang que" P’ °“

les

pré¬

toriens. Ils formaient deux corps et avaient à Rome deux casernes, les castra priora et les castra nova Severiana. Comme les prétoriens, ils n’abandonnaient leurs quartiers que pour suivre l’empereur; ils étaient placés sous les ordres du praefectus praetorio et chacune de leurs divisions avait à sa tête un tribun.

Ils sont représentés sur les monuments (fig.

4931)13 avec le casque sans panache, le bouclier ovale, l’épée .et la lance ; ils avaient à leur service plusieurs esclaves. Il semble qu’ils furent supprimés par Gallien et remplacés par les protectores.

Seplime-Sévère augmenta considérablement la garnison de Rome. C’est probablement lui qui logea sur le Caelius, dans les castra peregrina , une nouvelle milice, celle des peregrini , distincte des équités singulares et commandée par un princeps peregrinorum. Il est probable qu’ils étaient spécialement employés à la police de la ville. Une de leurs centuries, sous le nom déjà connu de frumentarii u, était chargée de la police de sûreté.

La partie de l’armée romaine que nous connaissons le mieux est celle qui gardait l’Afrique, à l’ouest |j. Elle était divisée en trois corps d’après les provinces. L armée d’Afrique et de Numidie était constituée par la legio III Augusta et treize corps auxiliaires ; sur ces treize corps, il y avait dix cohortes dont six avaient un effectif mixte de fantassins et de cavaliers. De tels corps étaient nécessaires dans ce pays; l’infanterie formait un noyau solide pour résister; la cavalerie fournissait des éclaireurs, prcumai l’attaque et achevait la victoire. Il fallait être toujouis en éveil en présence d’adversaires très bien monks, qu apparaissaient subitement et se dérobaient aussi u ^ Dans les deux Maurétanies, Césarienne et Tingitane, n’y avait que des troupes auxiliaires. Il faut notei iu petit nombre d’ailes ou de cohortes qui ont ék ^ .j dans le pays. Au premier et au deuxième SRL aurait été imprudent de lever des auxiliaiies régions où les troupes stationnaient; ces PaJs

49; Dio Cass. LVI, 23, 4.- H Calig. 43; Galba, 12; Aug. *9. ni. 60,61;

— <3 La figure est tirée de la Colonne Trajane ; cf. Froclinci , o attaché

voir équités, fig. 2746 à 2749. — 14 Les frumentarii étaient pu éclaireurs ou aux légions ; c’était sans doute les ferentarii du temps de Caton, s ^ ,,

fourriers à l’origine ; Hadrien les employa pour sa police sccrê 1 ^Àfrique,

15 Nous n’avons qu’à renvoyer à R. Cagnat, L armée iomi

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ni,ore complètement pacifiés ; ils n’étaient pas P1^ C à la civilisation romaine. Il n’en fut plus

enCOrt| h suite; dès le milieu du ne siècle, ces troupes „insi Oin!’ la p ’ biliaires sont recrutées sur place.

ai1’, Aidant déjà, dès cette époque, les barbares ont 1 . îcé à devenir plus nombreux dans l’armée romaine. con ,ervent d’abord comme mercenaires ; ils finissent *|S nar envahir les légions ; Probus en incorpore

ïlfili & r L

[g 000 parmi les légionnaires; sous Théodore, ils sont, les légions, plus nombreux que les Romains, et Vurclius Victor pourra dire : les soldats, j’allais dire les barbares1. Il serait peu intéressant de suivre par le /étail cette transformation ; il nous suffira de voir ce était devenue l’armée romaine sous Justinien, au moment où commence la période byzantine2.

Il y a un noyau permanent, mais il est peu solide ; le gros de l’armée est formé de mercenaires; ils portent le nom de fédérés [foedus, p. 1210]; ce sont ces aventuriers barbares qu’on trouve sur toutes les frontières de l’empire ; il y a des Huns, des Gépides, des Hérules, des

Fig. 4932. — Cavaliers Maures.

Vandales, des Goths, des Slaves, des Perses [auxilia, %• 671], des Arméniens-, des Arabes, des Maures (llg. 4932) 3. Cette armée est bien organisée. Le fantassin fst protégé par un grand bouclier, le casque, la cuirasse des jambières ; toutes ces pièces sont en métal ; comme armes il a l’épée, l’arc, ainsi que la pique et la hache. La cavalerie est pesammentéquipée ; l’homme et le cheval SOnt cuirassés; ce sont les cataphractaires [catapuractuui, fig. 1232] que pon regarqe comme les plus redoutables des soldats de l’empereur. Il est aussi question ( une cavalerie légère. Malheureusement cette armée, c°mnie toutes les armées composées de mercenaires, est ]ndisciplinée et pillarde. Le fédéré a des exigences niouies; sous prétexte qu’il n’est pas le sujet de l’empej’iur, il prétend être affranchi des règles de la discipline; 1 discute les ordres des chefs, il les méconnaît. Enfin 11 Patriotisme n’anime ces barbares; ils ne se font

aucun scrupule de trahir; deux fois, la trahison a ouvert à Totila les portes de Rome1 : dans une bataille, les mercenaires Huns se rangent à l’écart, attendant que la fortune se soit décidée pour se mettre du côté du vainqueur5. Les officiers, qui sont aussi des barbares, sont peut-être pires que les soldats ; car ils se jalousent et ne cherchent qu’à se nuire. Malgré ces défauts, cette armée de mercenaires barbares, quand elle est commandée par des hommes comme Bélisaire ou Narsès, constitue une force militaire des plus redoutables.

Nous avons étudié le mercenaire à toutes les époques de la vie gréco-romaine. Il y a plusieurs faits généraux à relever. Le plus important est que le mercenariat a surtout fleuri en Grèce ; c’est comme un fruit que le sol a produit à toutes les époques. Cela tient à la nature même de l’esprit'grec ; il aime les aventures et il est avide de gain ; il est comme le marchand de YOdyssée, qui, à peine revenu d’un long voyage, pense à partir pour aller encore plus loin 6. Dès que l’Hellène a eu conscience de sa valeur comme homme de guerre, il est parti chercher fortune ; on le trouve dans presque toutes les armées des rois et des tyrans d’Asie. « Tu es arrivé des extrémités de la terre, rapportant une garde d’épée en ivoire, incrustée d’or ; car, en combattant pour les Babyloniens, tu as accompli une grande action, tu les as sauvés des dangers ; tu as tué un guerrier haut de cinq coudées moins une main. » C’est le poète Alcée qui parle ainsi de son frère Antiménidas, qui s’était engagé dans l’armée du roi de Ninive Nabuchodonosor. Alcée lui-même avait mené une vie aventureuse ; il avait été chassé de sa patrie ; il s’était battu contre les Athéniens, et, dans cette bataille, il avait perdu son bouclier. Cette vie d’aventures avec ses hasards, ses changements soudains de fortune, tente l’humeur hardie de bien des Grecs. Le type des mercenaires de cette époque est Archiloque, ce poète que l’antiquité mettait à côté d’Homère. « Je suis un serviteur du dieu de la guerre Enyalios, et je suis habile dans le don aimable des Muses. » Mais voici comment il entend la guerre : « Grâce à ma lance, à moi la galette qu’on pétrit ; grâce à ma lance, à moi le vin d’Ismaros ; grâce à ma lance, je le bois couché sur le lit du festin. » Le Crétois Ilybrias avait, lui aussi, composé une chanson des mercenaires : « J’ai pour richesse une grande lance, une épée, et un bouclier de cuir tout velu, rempart de mon corps ; c’est par lui que je laboure, que je moissonne; c’est par lui que je foule le bon vin qui sort de la vigne; c’est par lui que j’ai des esclaves qui m’appellent : maître ’. » On le voit, le mercenaire est entré de bonne heure dans la littérature; il y est entré, il faut noter le fait, au moment où fleurit la poésie personnelle, la poésie lyrique. Il en disparait peu après. La grande époque de la Grèce, le ve siècle, marque une éclipse du mercenariat. Il y rentre à partir du ivc siècle ; c’est le beau moment du mercenariat qui commence, mais, cette fois, la littérature ne lui est pas favorable. La comédie 8 saisit le mercenaire, le malmène et le bafoue; c’est un faux brave, qui a toujours des exploits terrifiants à raconter, et qui, au fond, n’est qu’un poltron;

tout le r S 3 ~~ 2 Diehl, Justinien et la civilisation byzantine au vi® siècle , composii a*1 ~ 3 ®ur ta Colonne Trajauo; Froeliner, Op. I., pl. 86,87. Voir la

cn 535 ('/î'0;1 tie 1 arn,én de Perse (Procop. Bel. Pers. 244); de l'armée d'Italie, Ù «• CotA.26), en 551 (, Ibid. . 598, 599).— 4 Procop. Bel. Goth. 360-362,433.

5 Bel. Vend. 416, 420-421. — 8 Odyss. XIV, 199. — 7 Bergk, Fr. lyr. poet. 28.

8 Nous renvoyons simplement, sur celle question, à Ch. Benoît, Essai historique et littéraire sur la comédie de Ménandre, p. 62, et G. Denis, La comédie grecque, t. Il, chap. xvm ; cf. outre la comédie, Lucian. Dial, meretr, 12.

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ses amis, ses esclaves se jouent de lui ; les courtisams le bernent et le rejettent, quoiqu’il soit chargé d’or. Cette réaction de la littérature est intéressante. La poésie qu’Archiloque, Alcée ont trouvée dans cette vie de hasards, s’est évanouie. A Rome la poésie d’une telle existence ne fut jamais comprise. A aucun moment, sauf à la veille des invasions, Rome n'a voulu voir dans le mercenaire qu’un individu qui abuse de sa force pour se mettre au-dessus de la règle sociale. Cela suffisait. Elle s’est appliquée à le contenir; elle l'a enfermé dans une position subalterne d’où il n’est jamais sorti. Il y a peu de points où se montre plus clairement la différence du génie grec et du génie latin ; l’un volontiers coureur d’aventures, passionné pour la liberté, même pour cette liberté qui refuse d’accepter une règle, de se soumettre à une loi, se plaisant partout à affirmer sa personnalité; l’autre ayant la religion de la loi, le sens inné de Yimperium et la conviction assurée que partout l’individu doit se soumettre à loi et à la la règle 1 . Albert Martin.

MERCURIALES [mercurius, p. 1817, 1820].

MERCURIUS. — I. En grec 'Eojjisi'x; et 'EpfzÉxç ou'Ep|2.É7j;, d’où 'Epu.5; et 'Ep^ç1, par contraction, et 'Epaxwv* (formes apparentées à la racine opu.-q, désir passionnel, bientôt confondue avec celle de ïpixa/.s;3, bornes des carrefours).

1° Originesde la personnalité mythologique d' Hermès en Grèce. — L’idée première d’Hermès serait-elle celle d’un dieu infernal comme Pluton4? Aucune preuve décisive ne l’établit5. Nous aurons à constater cependant que ce dieu aux multiples aspects a été, après les temps homériques, envisagé comme en rapport avec les choses de dessous terre6. D’autres origines très diverses ont été proposées par les modernes. Par exemple, un certain nombre d’analogies, souvent verbales, entre le vent et Mercure ont fait croire à Roscher7 que le dieu n’est que la personnification de cette force naturelle; le vent semblait venir de l’éther, de Zeus, des grottes de montagnes, comme Hermès; comme lui les Boréades, ou les vents, sont la rapidité même, ont des ailes, emportent

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sèchent les champs, tiennent les voyageur! i °U des' dépendance, etc.8 Mais ces rapports ^ni , S.leur nieusement établis entre toutes les qualifiai °P1lngé‘ et l’autre terme ; ils devraient dériver d’une même ' ° Un tion primitive d’Hermès, ce qui n’est pas. Pour il est l’Obscur et semble avoir personnifié tout' est ténébreux : enfer et nuit, nuages et pluie Aprèv ^ représenté le combat journalier des ombres conter rayons, il serait devenu le dieu qui rafraîchit et fécond! et aussi le vent rapide. Pour d’autres1», il est un ,li solaire et représente l’Aurore. A d’autres il a semblé ne] sonnifier les crépuscules matinal et vespéral11, et surtout le second. A ce titre on lui a assigné des origines hindoues. Creuzer et Guigniaut12 l’avaient assimilé déjà à Brahma. Nareda et Bouddha. Mais l’école linguistique l’a surtout identifié avec un Sarameya (= ’Ep^taç)13 dieu crépusculaire, voleur des vaches d’Indra, c’est-à-dire des nuages. Une étude plus attentive des Védasuamontré que les deux sarameyas sont des chiens de Yama et ne sont pas les voleurs des vaches célestes retrouvées par leur mère Sarama15. S’il reste une analogie, elle est fugitive, si bien que M. Bérard croit le dieu plutôt phénicien d’origine 16. Les navigateurs de cette race, ayant pénétré jusqu’en Arcadie, y auraient laissé aux habitants la notion d’une divinité ternaire, dont le troisième terme, le dieu fils, était lui-même une triade ; selon l’empereur Julien, Monimos, qui figure dans cette trinité, n’est autre qu’Hermès17. Tout au moins les manières d’être et attributs du dieu phénicien ont pu être mêlés par les Arcadiens avec ceux d’une de leurs divinités. D’autre part, la pierre levée, le bétyle ou la colonne carrée, qui souvent en Grèce ne fait qu’un avec la figure d’Hermès, représente chez les Phéniciens l’envoyé ou fange d’Astartè, do Baal ou d’Élohim18.

Ce qui est vrai, c’est que, comme l’avaient senti déjà les anciens19, la personnalité mythique d’Hermès a eu des origines multiples. Une d’entre elles est déterminée

i Nous n’avions pas ici à nous occuper de Carthage. Disons seulement que primitivement l’armée carthaginoise était une armée nationale; c’est seulement vers le milieu du vi® siècle que Magon altéra profondément le caractère de cette armée, eu y introduisant un fort contingent de mercenaires. Cependant pendant longtemps encore les citoyens carthaginois y étaient très nombreux; lors de l’invasion d’Agalhocle, leur nombre s’élevait à 40 000, chiffre bien supérieur à celui que ce même contingent présenteraà Zama. Plutarque ( Timol . 30) dit, à propos de la bataille de Crimésos, en 340, que les Carthaginois n’avaient pas encore à cette époque employé de mercenaires grecs. Celte affirmation est en contradiction avec ce que dit Diodorc (XIII, 44 et 58) qui assure qu’Hannibal, lors de sa grande expédition en Sicile en 409, avait des mercenaires grecs dans son armée et que ces mercenaires furent les seuls à témoigner un peu de pitié lors de l’affreux massacre des habitants de Sélinonte. Pour l’armée carthaginoise, cf. O. Melzer, Geschichte der Karthager , I, 192-297 ; II, 114*144. — Bibliographie. W. Rüslow et H. Kochly, Geschichte des griechischen Kriegswesen , Aarau, 1852, p. 99 et 154 ; Chevalier, Entstehung und Bedeutung des griechischen Sôldnerivesen , progr. 1858 et 1861 ; Bohstedt, U cher das gricchische Sôldnerivesen, Rendsburg, 1873; Lorenz, Griechische Sôldnerivesen, prog.d’Eichstadt, 1877, 1880; B. Büchsenschütz, Besitz und Erwerb im griech. Alterthum , Halle, 1869, p. 350; II. Droysen, Heerwesen und Kriegführung der Griechen dans le Handbuch de K. F. Hermann, Fribourg, 1889; Ad. Bauer, Die Kriegsaltertiimer , dans le vol. consacré aux Gricchische Altertümer dans le Handbuch d’iwau Muller, Nérdlingen, 2® éd. 1893; D. Mallet, Les premiers établissements des Grecs en Égypte au vu® et au vi* siècle , Mémoires publiés par les membres de la Mission archéol. franc, au Caire, t. XII, fasc. 1, Paris, 1893; G. Droysen, Histoire de l'hellénisme , trad. fr. Paris, 1883; J. Paul M. Meyer, Das Heerwesen der Ptolemaer und Borner in Aegypten, Leipzig, 1900; Schubart, Quaestiones de rebus militaribus quales fuerint in regno Lagidarum, progr. Breslau, 1900 ; J. Marquardt, De V organisation militaire chez les Romains , trad. fr. par J. Brissaud, Paris, 1891, dans le Manuel des antiquités romaines de Th. Mommsen et J. Marquardt; Herm. Schiller, Die Kriegsaltcrtümer dans le vol. consacré aux Bômische Altertümer du Handbuch d’Iwan Muller ; A. Bouché-Leclcrcq, Manuel des institutions romaines , Paris, 1886.

JVIERCURIUS, 1 'EpjAttaç dans Homère ; Pape, Wôrterbuch der Eigennamen , I,

. 382-3. Ciirlius, Grundzüge , p. 317. — 2 Hcsiod. Fragm. 32 ap. Slrali. I, p- 42

- 3 Bérard, Cultes arcadiens, p. 284; Wclcker, Griech. Gôtterl. I, p. 342 , tmliard, ôtterl. I, p. 261, n.l; cf. au Ire étymologie, Creuzcr-Guigniaut, Itelig. delAntiq. par .

, p. 692. - 4Scliwenck, Etym. Myth. Andeut. p. 123 sq. - 3 R formait cependant ne triade avec moùtuv et Hj, à Athènes, cf. plus loin. — 6 Hesych. s. »• Ip-Sjo? . c . rcuzer-Guigniaut. Op. I. Il, part. I , p. 327-9;part. Il, p. 684,n.2ctch. '■>/

- 7 Cou, Alythology of the Aryan ; Rosclier, üermes der y/indgott, résume an ■

exikon, I, p. 1360-88, suivi dans sa 2" édition par Decharme, Mylhol. P- " I ni, dans la première, faisait du dieu la personnification du ci opuscule. I

. 1, pour quelques autres conceptions d Hermès, et Bursian, Ienaer Litnnl . août 1879. — 8 Autres ressemblances indiquées : lèvent siflle conl",c ]

me de la syrinx ; les songes, les âmes, le sommeil viennent du uni

:s caprices du vent déconcertent comme ceux de la Fortune, âj?c<rr cî > ' ^

eux des vents = Siixiofo? àprsicsov-tiiî = le poursuiveur (des nuaBe.) q ajove

iel ; le vent est fort comme Hermès ; il change le môme jour des moi. ,sonn;. ]

i dieu; primitivement les quatre vents étaient confondus en une u | cation. - 9 Gilbert, Gôtterl. p. 214-233; cf. II. Weil, Journ des ^

. -282-5. 'Apyetïôvrvjç = le dieu qui tue la lumière. Mais il ses iuoi ^ uand ses hyposlascs de Nocturne et d’infernal sont devenues t < c- » ,gesj pina.

AfSviî- Lcs ombres et la lumière concourant à un mômeiésu a , brique»

■ment l’ami d’Apollon. Il ne préside plus qu à des phénomène ^ faeut,

icnfaisanls : cf. Max-Muller, Nouv. études , p. 547. 111 I ®'*’ 1 Grundidst

. 178-197, et Mém. Soc.linguist. Il, p. 145-146. — 11 Gbr. c i ,s» ^ 292-3.

es H enn.es, Erlangcn, 1877. — 12 Creuzcr-Guigniaut. Op. t- *’ n® . ' j, 317.

-13 Max-Muller, Op. I. p. 483-5. — 14 Bergaigne, La religion ’y^J MCOm?agnéei

- 15 II est vrai que diverses représentations grecques de Mercure s A|exalidrie, ’un chien; cf. Hertz, Catal. ofantiquities, n»453 ;Mionnet,

629. — 16 Bérard, Orig. des cultes arcad. p. 265 et chap. ces aven-

autcur déclare lui-môme qu’il a voulu pousser ici jusqu a s ^ a^0ji IV, P- l5»' ureuses une hypothèse qui lui paraît juste. 11 i(j q p (. p. 205.

lonimos r= Adad = unusunus, nom assyrien du soleil, Bcrara, ^

- 18 Bérard, Op. I. p. 281-3 ; Berger, Ange d’Astartè, p- * ■

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•litudc. Contaminé ou non d’un culte phénicien,

. nn ,lînii zinc PAlnccrnc il 1 A r*pn in 1

•ivec lu,^t un très ancien dieu des Pélasges d’Arcadie

Sa grotte :

. piie et ce

î'unorphoses (flg. 4933). Il est probable qu’il a été le

>11. uniqm

était la seule ressource, il était donc là, enrichisseur, celui par qui les pâtres

lll"UI ' natale est sur les pentes du Cyllène2, où l’eau souvenir local le suit dans toutes ses (fig. 4933). Il est probable qu'il a été le I dieU) unique ou suprême \ du plateau arcadien.

Comme l’élevage y

le Swtwp Éclwv v 1

Fig. 4933. — Hermès de Cyllène.

voyaient leurs troupeaux pulluler 5. Il représentait leur conception vague de la vigueur génératrice, le phénomène divinise de lareproduction animale ( 6 p pc-q ) 6. Il était père ou frère de Pan, le dieu-pâtre qui symbolise comme lui la fécondation universelle Il a été pâtre lui-même, et protecteur fidèle des maîtres de grands troupeaux8. Il en a gardé, même après les métamorphoses les plus complètes, le nom d ’AypoT^p et Nôpuo; (dieu champêtre et du pâturage) 9. Comme le Dionysos originaire, il prend ses ébats avec les primitives nymphes des fourrés et des eaux vives, qui représentent les poussées de la sève animale et végétale10 [maenades]. Chez Dionysos, le caractère arborescent (oevopîx-qç) se développera presque exclusivement, mais il y a eu un temps où Hermès, parfois représenté avec une gerbe d’épis ", a été à peu près semblable à lui12. Pendant toute une période les simulacres de l’un et 1 autre ont été à peine distincts13 ; sans le caducée du second, on les eût confondus; tous deux personnifiaient la luxuriance féconde de la nature u. L’hymne homérique consacré à Hermès13 roule tout entier sur son excessive passion du bétail et, à l’origine des représentations artis- Hques, nous le trouvons non seulement avec l’aspect d’un

berger (fig. 4934)'*, mais sous la forme d’un bouc (dont il use dans les légendes pour assaillir Pénélope) 1 ' ou assis sur un bouc18. Et nous aurons à étudier une série de monuments (voir p. 1809), où, sans que cet attribut s’explique par rien d’autre19, un bouc, un veau, une brebis sont placés dans ses bras ou sur ses épaules. Enfin ses caractères sont aussi mêlés avec ceux d Eros2", et nous savons qu’aux temps très anciens il était figuré sou's la forme significative d'un simple phallus21. Là est l’origine des stèles tétragoniques spécialement appelées des hermès [hermae] qui sont restées phalliques et même ityphalliques comme était le dieu symbolisé par elles. Avant qu’un phallus de ce genre le représentât dans le temple même de Cyllène 22, on en voyait un grand nombre au bord des routes, aux croisements des chemins23. Hérodote nous apprend que ce sont les Pélasges 2* qui ont commencé à honorer de la sorte Hermès évôoioç, dieu des routes, secours des voyageurs, et peut-être protecteur des limites. « Il ne faut pas, dit encore un pâtre de fhéo-

crite, offenser Hermès, celui des dieux qui s’irrite le plus si on repousse le voyageur en peine de savoir sa route 2\ » Ces simulacres indicateurs des sentiers ont été souvent formés simplement d’amas, coniques de pierres apportées une à une par les passants dévots au dieu des voyageurs26. L’Hermès originaire est donc à la fois un principe fécondateur et un poteau sacré de direction dans les sentiers. 11 est bien vrai que tous les renseignements là-dessus datent au plus tôt des temps homériques; mais le fait que la plupart se rapportent à l’Arcadie les recule très loin dans le passé. On sait que, par une fortune unique dans la Hellade, les Pélasges d'Arcadie sont demeurés à l’abri de toute invasion, gardant intacts leurs cultes et leurs coutumes27.

2° Hermès dans la poésie homérique. — Nous ne savons par quel travail des imaginations le dieu arcadien,

Hymn. hom. X\ II, 1-2 : |ig$iovxtx x«l 'AçxaStnjç TtoXujtrjXo'j ; X\ III, 30-31 ; Pind&r, %'»/>• VI, 77-80; Paus. VIII, 3, 2; 17, 1 ; 36, 10 ; Immcrwahr, Vie Kûlte Arcadien*, p. 73. 2 Hom. Od. XXIV, I jEuslalli. ad 11. II, 003 ; X, 018 ; Virg.

51; Pind. L. I. 4. Sur la pointure de vase, fig. 4933, il est nommé Alonmn. d. Inst. IX, pi. 55. — 3 De Witte, Élite, III, p. 193 ; Panofka, ^•'e lllacas, p. 24; Bérard, Cultes arcad. p. 209. — 4 Hom. Od. VIII, 335 ;

12IS. Le berger Elimée distrait pour Hermès et les Nymphes, afin ^accomplir les vieux riles, un septième de la hèle (|u'il offre à ses hôtes : Hom.

' •'iR . 4.1a. 5 Hcsiod. The or/. 444-7. — G G. Curtius, Grunz&ge, 500 ; Gerhard, "•'cc/i. Mytliol. § 274; Maury, Belig. de la Gr. I, p. 106 ; Ottf. Muller, Littér. gr.

, e brund), |, p. 27. L'idée a persisté en prenant une expression plus philosophique : (Oerl t?£*u,<“v> Eustath. ad Od. XIV, 435; cf. Abhandl. Berlin. 1848, p. 209 S('r.laril) : An’>ali, H, 79 (Welcker). — 1 Plat. Cratyl. p. 407-8 ; Apoll. III, 10, 2 ;

l'’7, v • Ifavo; ito/.i; ; Hymn. hom. X VIII, 1 ; Schol. Theocr. I, 3; il est

ttl )SS1 Eriape ; Kaibel, Epigr.gr. 782, 3. — -G Hom. 11. XIV, 489 : 4>op6àvToî '.M*oj.„ xTiiuiv ommev. — 9 Eurip. El. 462; Schol. Sopli. Philoct. 1459, où il IX 1 !"eC ^*an el *es Nymphes ; Arisloph. Thesm. 977. Il est Paus.

%")>l ' ~,0Hom. 11. XVI, 180-5 ; Hymn. hom. III, 262-6; Kaibel, Epigr. 813. Les 2eit ) tlles-mèmes sont appelées vôfuai, pi)Xî4i;, xafitoipiiçot, etc.; Arch.

-Il u- XXXV111' P- 9’> I>iodor. V, 48; Schol. Apoll. I, 917 ; Paus. Il, 34, 2. “Iler-Wieseler, Denhn. II, 297, 298 ; Arch. Zeit. IX, p. 99. — 12 Gerhard,

Auserl. Vas. pi. i, xlii, xi.viii, i.v ; Etrusk. und Kamp. Vasenb. pLvui. — 13 Id., Veber Hermenbilderauf griech. Vas. (Abhandl. d. Berl. Akad. 1855). — H Paus. 11,31,10 : à Trézène on l'appelait «Xii-fio;, qui semble signifier « efflorescent ». -— 15 Hymn. hom. II, v. 1-580. — 'G De Wille, Élite, III, pl. lxxxiu ; Gerhard, Auserl. Vas. pl. ix, 12 ; Hymn. hom. XVIII, 32. — '7 Hérodote, II, 145, croit que cela se passait huit cents ans avant lui; Lucian. Dialog. deor. XXII, 2. La Pénélope en question serait Lacédémonienne. — ,8 Paus. II, 3, 4; Arch. Zeit. 1868, pl. ix; Auserl. Vas. pl. cccxxv Hertz, Calai, of antiq. n° 473-4. — 19 Par ex. coupe de Sosias : Annali, 1830, p. 232 Monument i, I, 24-5; Gerhard, Trinksch. 6-7; Antike Derikm. I (1886), pl. ix-x Rayct-Collignon, Céramique, p. 181. Voir plus loin fig. 4941. — 20 Gerhard Golt. Eros ( Ahbandl . d. Berl. Akad. 1848, p. 269 sq.). — 21 Pind.; Hcrod. II 51- Arisloph. Lys. 1023, 1079; Paus. I, 27, 1; Plut. An seni sit re. 28 Arlcmid. I, 45; lmhoof-Blümner, Griech. Alünz. IV, 48; Lucian. Jov. trag. 42 cf. Cic. De nat. deor. L. I . ; cf. Jahrb. des deutsch. Inst. 1892, Anzeiger

p 64-65. 22 Paus. VI, 20, 5. — 23 Arisloph. Plut. 1159-60; Anth. App. Planui

254’ Paus. II, 3, 4; VII, 27, 1 ; Baumcislcr, Denhn. III, pl. ni. — 24 Hero<

jhid. 25 Theocr. XXV, 3-5. — 26 Creuzer-Guiguiaut, Hetigions. I, p. 852

Welcker, Griech. Gôtterl. Il, p. 454; Preller, Gr. Alyth. 1, p. 401 ; Pla Hipparch. p. 228 H, Anth. Planud. L. c. ; Eustath. ad 11. XXIV, 333; Philocl Fragm.-, Slrab. VIII, 343; Suid. Hesych. s. «. — 27 Paus. VIII, 1, 4; Hellauicos,77 Fragm. hist. gr. I, p. 51.

plus qu'à demi métamorphosé, a été accueilli parmi les grands dieux de l’Olympe achéen. 11 est possible que, venus d'autres districts, des dieux analogues par le nom ou par les attributions se soient confusément mêlés à lui. Les Latins savaient 1 qu’il y avait eu plusieurs Hermès, deux arcadicns, un béotien et un cosmopolite, sans parler des dieux similaires d'Égypte. Hérodote nous en fait soupçonner un en Thrace 2. Et nous voyons qu’en Samothrace un de ces dieux primitifs, sortis du feu et de la forge, qu’on nomme génériquement Cabires, était assimilé à Hermès 3 [cabiri] ou portait son nom. Peut-être l’Hermès olympien est-il un résumé de plusieurs divinités locales, souillées d’obscénité primitive, ou de fumée et de suie, dont aucune n’avait assez d’importance pour occuper dans l’assemblée des immortels une place de premier plan L De fait, il nous apparaît comme tils de Zeus, sans domaine divin qui lui appartienne en propre, doué de surnoms et de noms que le poète homérique n’explique ni peut-être ne comprend, produits obscurs d’une élaboration antérieure : ’Eptouvio; s, l’officieux, le secourable, AtixT&po;, le dieu agissant (de oiotyw), ’ApYEt(p°VTY)|L celui qui fait preuve de rapidité6. Peut-être sont-ce là souvenirs du dieu utile, bienfaisant dans les étables1 elles prairies comme par les chemins (ami de Polymélè, du Troyen Polymélos \ dont les noms indiquent la richesse en moutons). Quoi qu’il en soit, l’Hermès de ['Iliade est un dieu vivace et ingénieux 8 (œpsvsç itsoxaXtp.at), alerte et hardi compagnon 9. Dans une aventure dont la conception est très antérieure à P Iliade, Arès capturé par deux geôliers était très mal en point quand Hermès prévenu l’a subtilement dégagé ,0. Dans le chant de beaucoup le plus récent du poème il est, sinon messager habituel de Zeus, du moins chargé par lui de veiller à la sûreté, à la dignité de Priam. Quand le vieux roi vient seul la nuit avec des présents à la tente d’Achille et en ramène le cadavre de son fils11, Hermès, sans se faire connaître d’abord, conduit son char qu’il rattelle lui-même pour le départ; il endort les Grecs qui pourraient s’opposer à sa pénible démarche. Son plus grand plaisir est de se faire le compagnon des humains, de deviner les vœux de ceux qui lui plaisent12. Un beau sceptre ouvré par Héphaistos lui est offert par Zeus; en dieu ami des hommes, il le donne à Pélops13. C’est seulement dans l 'Odyssée qu’il devient proprement coureur et messager de Zeus, tandis qu’Iris remplissait cet office dans l’ Iliade u. 11 est remarquable que d’un poème à 1 autre son rôle s étend et celui d’iris diminue jusqu’à disparaître. Son intervention auprès des mortels est de plus en plus provoquée par les autres Olympiens. C’est pour leur compte qu’il avertit Égisthe de renoncer àses criminels desseins16, détourne Calypso de garder plus longtemps Ulysse16, prémunit ce héros contre la magie de Circé 1 ' , assiste Héraclès combattant Cerbère 18. Telle de ses missions est un service

1 Cic. De nat. deor. III, 22, 37, 50; Scrv. ad Aen. I, 300 ; IV, 577.

- 2 Herod. V, 7; Diog. Laert. Proem. 11. — 3 Hcrod. Ibid. — 4 Bérard, Op. I. p. 358. — 5 Hom. IL. XX, 34, 72 ; XXIV, 3G0, 440; Od. XXIV, 10, etc.

— 6 Arislarch. : xa yeS; >) tç&vwç à«o®atvô^.£vo;. Cornutus, Theol. IG, explique

de môme, et aussi : le lumineux, celui qui montre la clarté. Cf. Wclcker, Op. L. 1, p. 330. Voir plus loin, pour la fausse explication longtemps accréditée . meurtrier d’Argos. — ~l Hom. JL. XIV, 490-1. Remarquez que, d ailleurs, Hermès est, d’une façon générale, du côté des Grecs: XX, 72. — 3 Hom. 11. XX, 35. 9 II

n’est pas le seul dans Y Iliade. Ainsi XV, 220, c’est Apollon que Zeus envoie pour secourir Hector. — 10 Ibid. V, 10 ; cf. Od. XXIV, 24; II. XVI, 103. Le verbe xlir.-tw employé pour désigner son acte n'implique pas l’idée de vol; cf. éd. Dîibner. Il n est pas question d’Hermès voleur dans Y Iliade ni dans Y Odyssée. — 11 Ibid. XXIV, y. 333 à 346, 360, 469, 679 à 694. — 12 Ibid. XXIV 334-5. - 13 Hom. II. XVI, v. 103.

MER

obligé dont il se plaint comme étant des nhm ,i ,

Le paSSo?20, verge magique qui endort les éveille, les sandales d’or avec lesquelles, sans av ■ à >• les il parcourt rapidement le ciel, la terre et i^'01' daiH ses attributs distinctifs. D’ailleurs ce dieu sm^i ,S°nt généreux a pris un caractère nouveau d’habiletés h»-? et rusée. Non seulement c’est de lui que tel *

apprécié de ses maîtres tiendra ses quahtés^in trieuses21, mais il a donné au grand père d’UlvsseT don de tromper et d’en imposer par des serments21 cVt lui qui, dans la poésie hésiodique, parfera la personna I lité de Pandore ébauchée par Héphaistos et Athéné, en là I dotant de l’effronterie naïve et du mensonge séducteur11 Le bienfaiteur des mortels a acquis une impudence spi-1 rituelle qui, révélée par sa répartie à Apollon, lorsqu’ils voient Arès saisi près d’Aphrodite dans les filets d’IIéphaistos, met tout l’Olympe en gaieté21. Trait conforme du reste à ce que nous savons de ses origines naturalistes. Agile et vigoureux, il est donc aussi un dieu plaisant, à la langue affilée. D’autre part, est-il, dès le temps de ['Odyssée, conducteur des âmes, chargé de mener à l’Hadès les victimes d’Ulysse25? Question qui dépend de celle de savoir si, comme Aristarque l’a dit26, le début du chant XXIV n’a pas été postérieurement ajouté.

3° Hermès des temps homériques à l'époque des tragiques. — Ce n’est pas dans les poèmes homériques, mais seulement dans la théogonie hésiodique, qui classe et systématise les fonctions divines, qu’Hermès, d’abord envoyé extraordinaire de Zeus, est devenu héraut régulier de l’assemblée des dieux21, et comme préposé au protocole olympien. C’est cette seconde physionomie du dieu que, pendant longtemps, peintres et sculpteurs reproduiront avec une prédilection marquée. Les poètes | l’envisageront plutôt comme messager et le doteront de tous les dons qui conviennent à un dieu placé près des j autres dans une situation secondaire, auxiliaire de leursl diverses puissances, prêtant à des services accessoire^ une activité ingénieuse et empressée. Même Aristophane se moquera plus tard, avec une mauvaise foi plaisante, de ces aptitudes et fonctions si diverses qui s’entrecroisent et se combinent, sauf à se contredire p a i f o i s Le lyrique Alcée a métamorphosé Hermès en échanson | de l’Olympe, mais n’a été suivi que par Sappho - . a fantaisie poétique paraît avoir varié et nuance la PeK nalité d’Hermès suivant ses caprices, surtout en re temps d’Hésiode et celui d’Eschyle30. Cette 1 " 1 ‘ très manifeste chez ce dernier, qui fait du dieu e F des hérauts31, puis le protecteur d’Oreste qu Apo m confie, au nom de Zeus, père des suppliants, pour le malheureux à Athènes, terme de sesdou euis * ^

cependant, dans le Prométhée , lui a donné un ^

caractère tout opposés33 : coureur et vale <-<■

__ )C Ibid. V,

- 14 Ibid. XV, 144, 158, 168, 172, 200. - 16 Hom. M ,u, l'ordre

.. 24-148. — 17 Ibid. X, 279 ; cf. Ibid. 331. d’Alhénè : Od. XI, 62G. — 19 Hom. Od. V, 99-104.

.20 Ibid. V, 47-9; XXIV,

23 Hesiod. Op. V

loin.

2) Od.

21 llesiod.

— 21 Ibid. y. 319-324. — 22 Ibid. XIX, 395-397.

VIII, 335. -23 Hom. Od. XXIV, v. 1-14. - 26 «• f" '^54., ,65; P* Theog. 939; Id. Op. 80.- 28 Aristoph. Ban. • A, 2eif. 1880,

tus. 1159. - 29 Aie. Fragm. 8, Bergk (Atlien. X, p- *- ) - ^ ,1e Dé-

p. 1 sq. où Conze croit reconnaître dans des reliefs ancien ^ L'ode dA'C^

méter. Les hérauts servaient d'ailleurs d’écbansons a CUIS n0 para'Ssc"

est imitée par Ilorat. Carm. I, 29. - 30 Sophocle n. & P ^ ÀgaMt*i pas avoir comme Eschyle donné de rôle a Hc,'n,6s' __ 33 Aesch. l'ro<n.

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