‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 25 sur 275 · COHORS I · texte numérisé non relu

COHORS I

Primus pilus 6.

Centurio princeps pnor 7- Centurio hastatus pnor 8.

Centurio I princeps posterior 9.

hastatus pos¬

terior 10.

Cohors 11.

Centurio 11 poilus prior.

— princeps prior 11 .

— hastatus prior i 2.

pilus posterior.

— princeps poste¬

rior 13.

— hastatus poste¬

rior.

Cohors III.

Centurio III pilus prior u.

princeps

prior 13.

— hastatus prior.

— pilus poste¬

rior.

— princeps pos¬

terior.

— hastatus pos¬

terior 16.

Cohors IV.

Centurio IV pilus pjrior.

— princeps prior.

— hastatus

prior 17 .

— pilus posterior.

— princeps pos¬

terior.

— hastatus pos¬

terior.

Cohors V.

Centurio V pilus prior.

— princeps prior.

— hastatus prior.

— pilus posterior.

— princeps poste¬

rior 18.

— hastatus poste¬

rior 19.

Cohors VI.

Centurio VI pilus prior 20.

princeps prior.

— hastatus

prior 21 .

pilus posterior.

— princeps pos¬

terior 22.

— hastatus pos¬

terior.

Cohors VII.

Centurio VII pilus prior.

— princeps

prior.

— hastatus

prior.

— pilus poste¬

rior.

— princeps pos¬

terior.

— hastatus pos¬

terior.

Cohors VIII.

Centurio VIII pilus prior 23 .

— princeps

prior.

— hastatus

prior.

— pilus poste¬

rior.

— princeps 'pos¬

terior.

— hastatus pos¬

terior.

Cohors IX.

Centurio IX pilus prior.

— princeps

prior 2*.

— hastatus prior.

— pilus poste-

— rior 2S.

— princeps pos¬

terior.

— hastatus pos¬

terior 26.

Cohors X.

Centurio X pilus prior 27.

— princeps prior.

— hastatus prior.

— pilus posterior.

— princeps poste-

’rior.

— hastatus poste¬

rior.

‘ A effectif complet, ce qui n’arrivait pas toujours, chacun de ces centurions commandait 80 hommes 2S, excepté ceux de la première cohorte qui constituaient, comme auparavant, les primi ordines 29. Parmi eux, d’après Végèce30, leprimipile était à la tête de 400 hommes, le princeps prior ou princeps praetorii , de 150 ; le primus hastatus, de 200, le primus princeps posterior , de 150; le. primus hastatus posterior , de 100.

Outre les 59 centurions réglementaires, il est probable que la légion en comptait un certain nombre d’autres, répartis, d’après leur grade, dans les différentes cohortes31, h qui le général confiait des fonctions administratives spéciales ( centuriones supernumerarii ) 32.

[ A 1 époque républicaine, les centurions sortaient du jang, on choisissait pour capitaines ceux que leur valeur, cuis qualités militaires avaient, dans des campagnes precedentes, désignés à l’attention du général33. Sous Empire, la plus grande partie des postes de centurions

étaient encore donnés de cette façon ; l’empereur appelait à ce grade ceux qui avaient fait leurs preuves dans les différentes fonctions inférieures des légions31-, ou même d’autres corps de troupes35. Mais un certain nombre de centurions appartenaient à une classe sociale plus élevée, à des familles de l’ordre équestre. Au lieu de commencer leur carrière, comme il était de règle, par le grade de préfet de cohorte auxiliaire, ils préféraient entrer dans l’armée à titre de centurions légionnaires, attirés par les bénéfices de l’emploi: ce sont les centuriones ex équité romano des inscriptions36.

L’avancement ne se faisait que rarement sur place3'. Pour l’ordinaire, les centurions passaient par un grand nombre de légions, chaque changement correspondant à une promotion dans un grade supérieur d.e la hiérarchie 38 .

Les centurions avaient d’abord et surtout un rôle militaire : ils commandaient et administraient leur compagnie. C’est pour cela que Végèce nous apprend dans

milii ' .'Ia .Clt‘ P' 26’ comljat *es opinions de Marquardt ( Organ ’ tC <JÔler (P- 288), de Belin de Launay [Op. cit. p. 71) et d'auti

- 3 ICI jl0mmseu’ EPh- V, p. 238. — 2 Caes. Bel. Gai. V, 28; VI,

Nominal f 5 44’ 37 ’ Vil, 17; Cît’- h 64. — 4 Moramst

Poe. cit. ■ R cdUS Centurionmn ( EPP ■ épigr. IV, p. 226 et suiv.) - 6 Mommsc

- c p,! aSnat, dans le Dizionario épigr. deM. de Ruggiero, s.v. Centur

4461 446v nf* T 011 PrirniPilus '■ Corp. inscr. lat. II, 1)72, 1207, 2424, 32’ VI, 326 1?*9, 2917’ 4835’ 8224 i V> 533, 534> SOS. 807, 030, 6513, 86(

inscr. ht m’ „ J ’ VlU’ 1322’ 2555> 2624> 2634, 7050, 18065, etc. — 7 Coi ^482, 2676 9x41 !n!‘80’ 159°’ 29‘7’ 350l> 3846’ 5293 i VI, 3628 ; VU, 168; VI

; T, ! *■ “5,“ Xl' 3*5- *“• - • ^ ~

III, 2883 ; VIII i8û79 ; , 1574, 2G4°’ 2825> 18072’ etc- - 9 CorP- inscr- 1

18072. 1 U F L 10 CorP- inscr • lat- III, 2883, 3846,4454; Vil, 597; V

- 13 Ibid 195 PvrfT.‘ H’ 33S- ~ 42 Ihid- 327 ; Corp. inscr. lat. III, 263, 65 1480. - 17 Ibi'd ’ 11; - UIbid: III, 6611. - 13 Ibid. X, 2770. - 16 Ibid.

~ 19 Corp. inscr ht vr’aT™* IM' IU’ 502 ; VIII> 14698 : Ann' iPi9r- 1898>

- ®lbid. VI saq, ‘ • ~ 20 Dessau, 2361. — 21 Corp. inscr. lat. VII, 1

Ibid. V, 7004. — l'+Ibid. III, 8047 ; VIII, 2938. — 23/4

III, 187. — 26 Ibid. VIII, 28 7 7. — 27 Ibid. 189, 23; Arm. épigr. 1899, p. 190.

— 28 Ilygin. De mun. castror. 1. — 29 Corp. inscr. lat. VIII, 2532, 18042, 18065 M. Mommsen {Epk. epigr. IV, p. 239) limite les primi ordines aux trois premiers centurions de la première cohorte. On les nomme aussi ordinarii [Corp. inscr. lat. V, 942, 8275 ; XI, 388 ; Veget. II, 8, etc.) ou ordinati [Corp. inscr. lat. VIII, 830).

— 30 Veget. II, 8; cf. Mommsen, Loc. cit. p. 228, et Corp. inscr. lat. III, 830. 31 Corp. inscr. lat. VIII, 18065. — 32 Ibid. VI, 1110; cf. R. Cagnat, Armée

d'Afrique, p. 196, et von Domaszewski, dans Pauly, Bealencyclopaedie, s. v. Centurio, p. 1963, col. 1, 1. 41 et suiv. — 33 Polyb. VI, 24; Liv. XLII, 34. — 31 Les exemples épigraphiques sont innombrables : C. i. I. III, 2035; V, 942; VI, 3603; VIII, 217 : cf. 11301 ; XI, 390; Ann. épigr. 1892, 106. — 36 C. i. I. II, 4147 [ex sing. Imp.); III, 3846 [ex cornicul. pr. praet.); 7334 [evocat. Aug.); X, 3733 evocat. in foro ab actis) ; XI, 395 [exercit. equit. specul.) ; Ann. épigr. 1899, 190. evocatus), etc. — 36 Dio, LU, 25; C. i. I. III, 1480, 758 add. ; V, 7865, 7866; III, 1647, 14698; IX, 951 ; X, 1127; C. i. gr. 2803, etc.; Stat. Silv. V, t, 94.

— 37 C. i. I. III, 186; VIII, 2627; XI, 390 et 391. — 38 C. i. 1.11, 4147,4162, 4461, 4463; III, 1480, 7334, 7397 ; VlU, 2938, 3001, 14854, 14698; IX, 4122; X, 1202, etc.

LEG

un passage 1 qu'ils étaient occupés à faire respecter la discipline et à diriger les exercices ; à surveiller les vêlements et les chaussures de leurs hommes; à exiger que les armes fussent bien fourbies et brillantes ; dans un autre -, qu ils présidaient à l’établissement du fossé du camp et punissaient les soldats qui travaillaient avec négligence. D'après Juvénal, ils rendaient Injustice 3 : le cep de vigne, signe de leur grade, indique, d’ailleurs, suffisamment leur pouvoir coercitif 4. Mais, outre les fonctions propres à leur situation, les centurions étaient hien souvent chargés de missions spéciales soit auprès du commandant en chef, soit à Rome, soit même dans les provinces. Les inscriptions nous les montrent à la tète de l'écurie du légat [strator] 5, ou de sa garde particulière [airain agens peditum singularium 6, exercitntor‘, praepositus equitum singularium 8), directeurs de fabriques d’armes [curator opificum 9), ou d’exploitations minières10, occupés à faire tracer des routes11, ou a régler des contestations de frontières12, remplaçant le préfet légionnaire13, commandant des cohortes14, des ailes lü, des troupes irrégulières 16, des détachements souvent importants17, etc.18.

Parmi les différents centurions, deux méritent une mention spéciale: le primipile et le princeps practorii .

Le premier, nous 1 avons vu, commandait un nombre d’hommes plus considérable que ses collègues; mais de plus, il avait, à certains égards, autorité sur eux; c’était à lui qu’était confiée la garde de l’aigle10 et l'aigle était comme le centre de ralliement de la légion [signa militaria]; il donnait le signal du départ, se portait, en marche, à la tète de l'armée, pendant le combat, à la première ligne; c'était lui qui faisait exécuter les sonneries intéressant l’ensemble des cohortes 20. Aussi Denys d’IIalicarnasse a-t-il pu dire que le primipile conduisait les <>Ü centuries [primipilus] 21 .

Quant au princcps practorii , son activité s’exercait

surtout, semble-t-il, sur l’administration « ad quem propc oninta quae ni legione ordinata sunt pertinent 22 ». Aussi est-ce le seul des centurions auprès duquel on trouve des employés aux écritures ( librarii ) au nombre de deuxJi. J ai fait remarquer, ailleurs, que son nom figurait, pour la même raison, sur le matériel légionnaire à côté de celui du légat 24.

On sait que les fonctions de centurion et surtout de primipile étaient tenues pour fort lucratives ; les bénéfices plus ou moins licites qu’on en pouvait retirer (exemptions de corvées à prix d’argent)23, la part qu’on avait au butin26, la grasse retraite que ce grade assurait2', en faisaient un objet d’émulation pour la petite bourgeoisie à l’époque impériale.

Options. — Le lieutenant d’infanterie, auxiliaire du

1 \eget. Il, 14. — 2 Id. I, 25. — 3 Juv. Sat. XVI, 17. — '* Marquardt, Ory. mil. j). 73, avec les noies. — '•> C. i. I. II, 4114; VIII, 7050; Foueart-Waddinglon, 2225. — « Ann. épigr. J89I, 140. — 7 C. i. I. Il, 4083; III, 7904. — 8 Ann. rpigr. 1891, 62. — '■> C. i. I. XIII, 2828. — 10/A. III, 25; XIV, 125; Brambaeli, 062, 064, 071, 672, 674, 075, 679, 680, 685, 1982. — U C. i. I. III, 8663; V, 098. — 12 lb. 2882, 2883 ; 111, 9832, 98G4. — 13 Orclli-Hcnzen, 0747. — 14 C. i. I. III, 1918, 0025, 0302 ; Vil, 1084, 1092 ; Brambaeli, 787, 1583. — 15 C. i. I. V, 7007, VII, 587. — 16 Ibid. VIII, 2491, 18008; Brambaeli, 1548, 1732, 1751. — 17 C. i. I. 11, 484; III, 0745; VII, 914; VIII, 10990 ; X, 1202, 5829, 6657 ; Brambach, 1283, 1554, — 18 Cf. tous les exemples que j'ai rassemblés dans le Dizionavio de M. de Ruggiero, s. v. Cenlurio. — 19 Val. Max. I, G, il ; Tac. Uist. III, 22; Plin. Hisl. nat. XIV, 19; \eget. Il, 8; C. i. I. VIII, 2034. — 20 Marquardt, d'ap. Just. Lips. (Org. mil. p. 1 30, note I). 21 Dionys. IX, 10. — -- Vegct. II, 8 ; cf. Mommsen, Eph. epigr. IV,

p. 233. — 23 C. i. I. \ III, 18072. — 24 Rev. arcli. 1887, XI, p. 29 ; Armée d’Afrique p. 198. — 20 Tac. Ann. I, 17 ; lïist. I, 58. — 26 Asconius, Ad. oral, in tog. cand. p. 81 (éd. Kiessling). - 27 Plin. Uist. nat. XIV. 19; Suet. C'ait y. 44; Mari. I, 31

ueniuriun,

- ^ ^mporc ,IU

quem vclint centurionibus permission est optare f>r nomen ex facto sortitus est » 28, dit Festus. Auparay.^ ils étaient nommés par les tribuns militaires dît la „ n1, auteur 2 J ; ce qui ne prouve pas, ni qu ils aient cessé d l’être après que le centurion eut reçu le droit de ]e! désigner, ni qu’auparavant le centurion n’ait pas été sulté officieusement par les tribuns. Sous l’Enipiro°] nomination appartient naturellement à l’empereur^ [imperator].

Il est admis d’habitude que le nombre des options m moins des options ordinaires, était égal à celui des centurions, soit fit) avant l’Empire, 59 dans la suite31.

On arrivait au grade d’option en quittant un antre poste de principalis 32 ;’ cette fonction menait assez souvent au centurionat 33.

A côté des options réguliers, ou de combat, on en rencontre un certain nombre, chargés de fonctions purement administratives ( optio valetudinarii 34, optio navaliorum 33, optio custodiarum 3G, etc.).

Officiers de cavalerie. — Décurions. — A l’époque antérieure à la guerre sociale, les cavaliers légionnaires divisés en trente turmes, étaient commandés par des décurions : chaque décurion était à la tête de neuf de ses compagnons, et le premier décurion nommé conduisait la turme [eques, p. 775]. En fut-il de même à l’époque impériale? J’ai admis ailleurs, suivant en cela l’opinion d’un certain nombre d’auteurs 31, qu’à cette époque la cavalerie était encore commandée par des décurions, un par turme [eques, p. 784]. Mais ce système a été combattu récemment par M. von Domaszewski, qui ne croit pas à l’existence des turmes en dehors des troupes auxiliaires et place les cavaliers légionnaires sous le commandement d’un centurion 3S.

Options. — S’il existait des décurions, c’est à eux qu’étaient attachés les optiones equitum dont l’existence est certifiée par des textes épigraphiques 30. Dans le cas contraire, ceux-ci étaient, comme les autres options, sous les ordres des centurions, évidemment des centurions chargés de la cavalerie.

D. Sous-officiers. — Au-dessous des centurions, se place toute la série des sous-officiers ou spécialistes que l’on désignait par le titre de principales 40 : en tête les options dont il a déjà été question et, à côté d’eux :

1° Le tesserarius 41, qui faisait l’office de notre sergentmajor. Il y en avait un par centurie. Il recevait des chefs les ordres et les transmettait aux intéressés; le mot de passe lui était remis, inscrit sur une tessère qu’il faisait circuler, d’où son nom [tessera].

2° Les porte-drapeaux et porte-enseignes ; en prenne1 lieu X aquilifer , qui ava i L l’aigle légionnaire ; les signifiera

3 ; M y. XXXIV, 4, 23. — 28 Fcslus, p. 198 ; cf. Epit. p. 184 ; Vegct. II, 7. ' "

— 30 C. i. I. VIII, 2554 « ad spem suai» confirmandam ». L’option porté au est dit optio spei (C. i. I. III, 3445; V, G423 ; cf. Cauer, Eph. epitjv. IV, P- Ann. épigr. 1892, 100 {optio ad spem ordinis). — 31 Mommsen, Eph. epWp. 227 et suiv. ; cf. Hall, des Antiq. africaines , 1884, p. 282 et suiv. !"

Eph. epigr. IV, p. 480. — 33 C. i. I. VIII, 2824, 2894? Par contre, on a de ombreux exemples d oplions nommés par exemple signiferi (Cauer, Loc. cit- P-

— 34 C. i. I. VIII, 2553, 25G3 ; Brambaeli, 462. — 35 Id. 1301, 1302. — ,l ^ ^ ^

Katalog der rom. Inschr. der Stadl Mainz (2 Nachlrag), p. 2G et 27. ^

quardt, Org.mil. p. 176 et les notes; cf. p. 3G5. — 38 Verhandl. de i 4$ ^

logenversammlung , p. 339 ; cf. Dessau, Inscr. select. 2324. Le texte de V égèec o ^ pendanl formel (II, 14) : et habetuna turma équités XXXI 1 ; lime quipraeesl i nominalur. — 39 C. i. I. VIII, 25G8 ; cf. V, 895, où au-dessus de 1 épitaphe d 1111 0| ^

de la légion XI0 Claudia se voit un homme qu’accompagnent un cheval et son u

— 40 Yeget. II, 7 ; Dig. L, G, 7 (G) ; cf. Cauer, De muneribus militaribus cenlm infer ioribus dans Y Eph. epigr. IV, p. 355 et suiv. — 41 Op. cil. p. 45-.

LEG

signa manipulaires ; Yimaginifer ,

q,li confiées dans la première cohorte les images

auqUe 1 r lirs • le ÿexillarius, chargé du vexillum attribué (jesemprieu^u aux détachements légionnaires [signa]. aux Ca'‘l offlciers étaient en même temps des comptables, GeS.f" ” !,nt la gestion des économies déposées par les [légionnaires sous la protection des enseignes ; d’où la fîence auprès d'eux d'élèves-enseignes, ducmta'.

| 3» Les instructeurs ( campidoctor ) 2 et les chefs de manèges (basilica equestris) 3.

I 4. Le chef de musique {optio) 1 et les diirérents genres de musiciens [tübicines, cornicines, bucinatores] 8.

3° Les médecins, medicus ordinarius [medicus].

6. Les spécialistes attachés au génie : Yarchitectus 6, [chargé de l’aménagement et de la construction des bâtiments militaires; le librator ou géomètre arpenteur [liiirator] \ les mensores ou metatores , dont le rôle n’était pas très différent [mensoresj 8.

7° Les gardiens d’armement [armorum cüstos] u, les chefs-ouvriers, poliones 10, et l’administrateur de l’arsenal

[optio naval iorum) 11 .

8° Les speculatores , au nombre de dix par légion 12, qui étaient préposés à l’accomplissement ou à la surveillance des exécutions capitales 13.

9° Les ministres eL auxiliaires du culte, haruspices et victîmaires u.

, 10° Les commis aux vivres, principalement les pecuam15, dont la mission était de surveiller l’entretien, l’accroissement et l’administration des troupeaux légionnaires, et les venatores 10 qui, auprès de certaines légions et surtout en cas de détachement n, fournissaient par la chasse aux besoins de leurs camarades.

11° L 'evocatus; il n’y en avait qu’un par légion qui devait avoir un rôle administratif 1S, mais dont la fonction na pas encore été nettement définie 19 [evocati].

> 12° Les ma ni , spéciaux à l'armée d’Afrique 20.

L’avancement entre ces différents grades ou fonctions, sans être strictement établi, était néanmoins soumis à certaines règles résultant de l’importance même de ces fonctions. Le tableau suivant donnera une idée de la hiérarchie de chacune d’elles21.

De adjutor offtcü rationum 22 on devient

— aquilifer

~ architectus ’

— armorum custos __

commentariensis legionis —

— praef. le g. —

cornicularius legionis

~ evocatus Augusti

~~ librarius

r optio

~~ signifer

cornicularius praèf. castrorum.

curât or veteranorum.

tesserarius.

signifer.

quaestionarius.

optio.

centurio.

centurio.

tesserarius.

centurio.

signifer.

aquilifer.

légions dans 1 ’ — 2 Ce mot ne se rencontre pas p

bacli, 1131- r "r"1"1-’- ’ ,nais D est donné par Végcce (I, 13). —

' Vin 965--t/6- VliI’ - Veget. m, 5. -

-128, A s 1 1,101 1 Bonn. Jahrbücher , 1865, p. 146 et suiv. —

P- 183. n y en , - ^ SUr lcmP*°i des deux mots mon Armée d'j O- i. m, g|, ai1 [u ''eux l,oul' la première cohorte, un pour les 23G1. — n g " ' ~ 9 VIII, 25fl7 . Brambach, 1024. — 10 C. i.

Mns 180]aC’’ 13C"’ 1302' ~ 12 C. i. I. III, 3524, 4452.- 13 Uomr VIH, 2567 ’ I?90'.1'- 211 1 cf. Bull.

, 2507, v,38g »*" “• ,JulL corr. 1895, p. 237 et suiv. — 14

«w- IV, p. loi __ ’ 433. 15 C. i. I. VIII, 2568, 2569;

BPh- epigr. V .A’ L’ 6’ 7 (6)- — 17 C. i. I. III, 7449. — 18 M

P- - 21 ci n ° SUIV- — 19 Cf. mou Armée d'Afrique, p. 394. - - unl>runte à l'article de M. Cauer déjà cité, p. 479, ,

on devient centurio.

— optio navaliorum.

— comment, cos.

— cornicularius leg.

— optio.

E. Soldats. — J’ai longuement expliqué ailleurs comment se recrutaient les légions romaines à toutes les périodes de l’histoire de l’armée [dilectus]. Je rappellerai seulement ici que le légionnaire romain est par nature un citoyen. Sous la République jusqu’à Marins, c’est un citoyen possesseur d’une certaine fortune ; après Marius, ce peut être un prolétaire. Plus tard, si, pour une raison quelconque, on avait besoin d’enrôler des non-citoyens, le général qui en faisait des légionnaires commençait par leur concéder la cité romaine. C’est un procédé que Pompée mit ie premier en application lors de la guerre de Mithridate 23 : il arriva même à créer ainsi des légions entières de pérégrins changés subitement en citoyens (, legiones vernaculae, c’est-à-dire levées sur place et non en Italie) 2'\ Le principe subsista sous l’Empire, mais on le tourna, comme avaient fait les généraux de la fin de la République. Quand on n’avait pas assez de citoyens pour suffire à la conscription, on recrutait des pérégrins, pourvu qu’ils fussent nés dans une cité et de parents libres; et il était admis que l’entrée dans les légions conférait le droit de cité23. D’habitude, on n’y incorporait de la sorte qu’un certain nombre d’unités. Deux fois, cependant, on forma ainsi deux légions complètes : la légion 7a Adjutrix et la II& Adjutrix, toutes deux composées de soldats de la flotte 26 ; encore, pour comprendre une telle irrégularité, faut-il tenir compte des circonstances qui amenèrent à recourir à cet expédient.

J’ai aussi examiné dans l’article dilectus quel était l’âge auquel on enrôlait les conscrits. J’ai admis que l’âge inférieur était de treize ans, l’âge supérieur de trente-six et l’âge moyen de vingt ans 27 .

La taille exigée en vue du service légionnaire était de cinq pieds dix pouces : Végèce indique cette mesure poulies cavaliers légionnaires et les soldats des premières cohortes28. D’autres ne font pas la même distinction 29.

Une fois levées, les recrues prêtaient le serment militaire : ils portaient alors, jusqu’à ce qu’ils fussent attribués à une légion spéciale, le nom de tirones 30. On les constituait en corps spéciaux [vexillatio] pour les amener à destination ou pour leur apprendre les premiers principes de leur métier [vexilla tironum) 31. Après quoi on leur assignait leur place dans la légion, en inscrivant leur nom sur les registres matricules de l’armée 32 et plus tard en les marquant au fer rouge 33 . Par là ils acquéraient le droit au titre de milites. On les soumettait alors à toutes sortes d’exercices destinés à les préparer à la guerre. Végèce nous en parle avec détail34. Je les ai résumés ailleurs 3o.

élimine tout ce qui n'a pas trait aux légions. — 22 Sorte de commis aux écrites, 23 Caes. Bel. cio. III, 4. — 24 Ibid. II, 20; Bel. hisp. 7 ; Bel. Alex. 53.

25 Pour tout ceci, voir Mommsen, Hernies , XIX, p. 14 et suiv. — 26 Cf.

plus bas l'histoire de ces légions. — 27 Cf. Fôrster, Bliein. AIus. XXXVI, p. 158 et 159. — 28 Veget. I, 5. — 29 Ruinard, Ad. martyr, (éd. 1713), p. 300; Symphosii aenigma 93; Cod Tlieod. VII, 1,5; 22, 8; VII, 13, 3. — 30 Plia. Epist. X, 39 ; Dig. XXIX, 1, 42. — 3' Tac. An». II, 78; Plin. Ep. X, 39, 40; Corp. inscr. lat. V, 4138; Borghesi, Œuv. III, p. 543 et suiv. — 32 Suid. s. v. xorcdAoyo; ; Isid. Orig. I, 23. D'après lui, le T indiquait le nom des vivants, le 0 celui des morts, et pour indiquer que le conscrit n’avait que 17 ans on mettait un A devant son nom. Cf. Wessely, Schrifttafeln zür ülteren latein. Palâographie, pl. V, n“ 8. — 33 Veget. I, 8. — 34 Ibid. I, 9 cl suiv. — 35 Armée d'Afrique , p. 427 et suiv.

De signifier

— speculator

— tesserarius

LEG

LEG

Quand il était parvenu, par un travail spécial, à une grande expérience, le soldat était dit armatura ; on a établi que ce mot, qui signifie aussi l’ensemble des exercices nécessaires pour -se perfectionner dans l'art de la guerre *, appliqué à un homme, indique un soldat d’élite 2.

11 y avait encore une autre sorte de recrues destinées à alimenter les légions : on les trouve désignées sous le nom de supernumerarii, adscriptitii , accrescentes, jeunes gens propres au service et exercés qui recevaient une solde moindre que les soldats et étaient prêts à remplir les vides des cadres réguliers, une sorte de compagnie de dépôt 3. On en fait monter le nombre à cent ou cinquante (par cohorte?) G Quand les légions commencèrent à se recruter sur place, il est bien probable que ces remplaçants étaient fournis, pour la plupart, par les enfants des légionnaires, nés dans les villes issues du camp lui-même (voir plus haut). Godefroid les rapproche des familiae militum, cités par les codes 5.

Parmi les milites , il y avait aussi des catégories. On distinguait les munifices et les immunes.

Par muni f ex, on entendaitcelui qui était soumis à toutes les corvées, à tous les menus services de détail ( mimera militiae) 6 ; Y immunis, au contraire, était celui qui en était exempt en totalité ou en partie1. Cette exemption s’achetait souvent et c’était là une des sources de revenus les plus importantes pour les centurions 8. Une autre division existait encore entre les hommes. Les uns touchaient comme faveur spéciale une double paye, c’étaient les duplarii ou duplicarii 9, ou une paye égale à une fois et demie celle des soldats ordinaires ( sesquipfi carii ) 10. Ces faveurs étaient réservées, pense-t-on11, en grande partie aux réengagés [emehiti], ou à ceux qui reprenaient du service après avoir reçu leur congé (evocati). Sous la République, il arriva, en effet, fréquemment, que les généraux rappelaient des vétérans12 et les versaient dans des légions déjà existantes pour les renforcer ; le cas se présenta sous Marius13, Pompée14, César15 et ensuite pendant les luttes des triumvirs 10 [evocati]. Naturellement, on leur offrait, en échange de ce service supplémentaire, des avantages importants17. Sous l’Empire, cela se fit encore quelquefois18. Par contre, il n’était pas rare qu’on gardât à l’armée, après leur temps de service accompli, des soldats et des sous-officiers19. Quand on ne leur avait pas encore accordé leur congé, on les maintenait dans leur ancienne situation ; mais s’ils avaient reçu leur missio [veterani], comme, en droit, ils n’étaient plus et ne pouvaient plus être soldats, on en formait des corps spéciaux avec un vexillum pour enseigne 20 et des officiers spéciaux 21. Ils constituaient des troupes d’élite auxquelles on avait recours dans les circonstances délicates 22 .

1 Veget. I, 13. — 2 Ibid.; cf. 23; C. i. I. III, 10435 ; VII, 138 ; Mommsen dans les Bonn. Jahrbücher, LXVIII, p. 53. — 3 Godefroid, ad Cod. T/ieod. VII, 1, il; 13, 6; Veg. II, 19 ; J. Nicole et C. Morel, Archives militaires du 1" siècle, Genève, 1900, verso, pièce IV. — '* Inc. auct. De reb. bell. 5. — S Cod. Theod. Vil, 4, 17 et 28 ; Mommsen, Hernies, XIX, p. 422. — 6 Fest. Epit. p. 33; Veget. II, 7, 19; Ammian. XVI, 5. — 7 Dig. L, 6, 7 (6); cf. Eph. epigr. IV, p. 409.

— * Tac. Ann. I, 17 ; Hist. I, 58. — 9 Varr. De ling. lat. V, 90 ; Liv. II, 59 ; VII, 37 ; Caes. Bel. civ. III, 53 ; Veget. II, 7; C. i. L VII, 1090; VIII, 2564; Brambacb, 475. — 10 Veget. Loc. cit. ; Corp. inscr. lat. III, 3164. — 11 Marquardt, Org. mil., p. 285. — 12 Mommsen, Eph. epigr. V, p. 142 et suiv. — 13 Sali. Jug. 84.

— 14 Caes. Bel. civ. III, 88; Suet. Vesp. 1. — 15 Caes. Bel. civ. I, 3, 17; III, 53, 91 ; C. i. I. x, 3886. — 16 Appian. Bel. civ. III, 40;Dio, XLV, 12 ; Cic. Ad fam. XV, 4. — l~ Appian. Bel. civ. III, 40; Caes. Bel. cio. I, 3. — 18 Tac. Hist.

II, 82; Inscr. Helv. 179. — 19 C. i. I. III, p. 2014. — 20 Tac. Ann. 1, 17, 39, 44;

III, 21. — 21 C. i. I. V, 4903 (t •exillarius veteranorum)-, III, 2817 ( centurio vete-

III. Organisation et administration i»e la lio n,v A. Durée du service. — Les légats légionnaires «v , nommés par l’empereur pour un temps indéfini do " nl était seul juge. Ainsi Larcins Lepidus, contemporai^ i* Vespasien, ne resta sans doute pas à la tête de la p;!!-" “ Xe Fretensis plus de neuf ou dix mois23, durée du sh4'? Jérusalem; Hadrien commanda la légion I Minerve*' dant un peu moins de deux ans21 ; le légat de la lé!'" IIIe Auguste, qui était, en même temps, gouverneur"]!! Numidie, conservait son commandement, un, deux ur et même jusqu’à cinq ans de suite 2B.

Les tribuns étaient tenus par la loi à un an de service militaire au moins26, mais par faveur spéciale l’empereur autorisait certaines personnes à ne rester à l’armée que six mois ( tribunatus semestris) 21 . Plus d’un tribun, par contre, demeurait deux ou trois années attaché à mi(, ou plusieurs légions 28, par exemple Hadrien, qui fui tribun dans trois légions successivement, pendant les années 95, 96, 97 29 ; quant aux tribuns d’ordre équestre, on en trouve qui ont conservé leur poste cinq ou même neuf ans 30

Pour les simples soldats et les officiers au-dessous des tribuns, la durée légale du service était de vingt ans31, l’année militaire commençant au 1er mars qui suivait l’entrée au service32. Mais d’ordinaire et surtout pendant’ le Ier siècle, il était d’usage de garder plus longtemps les légionnaires 33 ; on trouve des exemples de légionnaires qui ont servi vingt-trois 34, vingt-quatre 33, vingt-six 3(, vingt-huit37, trente-deux 38 années ou même davantage3*. La moyenne est de vingt-cinq ans 40. Hadrien parait avoir agi, à cet égard, tout à fait arbitrairement ; Antonin le Pieux revint aux traditions et à la légalité41.

Naturellement, les sous-officiers et les centurions, en particulier, qui trouvaient au service un grand avantage et au réengagement un bénéfice, restaient plus longtemps encore sous les armes. On peut citer le nom de centurions qui ont servi dix-neuf42, trente-sept43, quarante-cinq M, voire même quarante-huit ans 4S.

B. Praemia militiae. — Retraite. — Tant qu’il n y eut pas d’armée permanente, il était inutile de s’occuper de la condition faite aux soldats, une fois leur temps de service achevé ; mais du jour où les généraux de la lin de la République eurent créé un métier militaire auquel les

hommes durent se consacrer à l'exclusion de tout autre, il leur fallut songer à assurer leur existence dans leur vieillesse. Marius, César les avaient récompensés par des concessions de terre [colonia, deductio] ; Auguste agit de même. Il avait à pourvoir les vétérans de son armée e ceux d’Antoine et de Lépide. Les plus jeunes, au cas où n'entrèrent pas dans les légions reconstituées, reçurent une indemnité pécuniaire ; les autres une assignation de terres en province ou en Italie46. Il procéda ainsi à deux

ranorum). — 22 Tac. Ann. III, 21. — 23 Voir ce que dit au sujet de, ce |«' jjj

L. Renier, Journal des Savants, 1867, p. 95 et suiv. — 24 Vit. Had. ■'

’ 1 . Th'nit VllDlu

550. — 2.; Cf. mon Armée d’Afrique, p. 118 et suiv. — 26 Mommsen, ^

rom. VI, p. 158. — 27 Plin. Epist. IV, 4 ; Juv. Sut. VII, 88 ; cf. Mommsen, l ^ ^

der Sachs. Gesellsch. 1852, p. 219 et suiv. ; Droit public romain, loc. cil

— 28 c. i. I. II, 1262, 4509; VI, 332, 1333, 1450; IX, 2457; XI, 376, 3 ' ' j,’omme

3599, 3602, etc. — 29 Vit. Had. 3; C. i. I. III, 550. Trajan servit dix ans ^ tribun (Plin. Paneg. 15). — 30 C. i. I. III, 399. — 31 Dio, LV, 23; lac. • ^ 17, 78 ; Dig. XXVII, I, 8, § 2 ; Corp. inscr. lat. III, p. 849. - 32 Mo,nnjf]) i'||, I. III, p. 2029. — 33 Ibid. p. 282. — 34 Jb. III, 2709; VIII, 2744. - j, /j, 2839; VIII, 2744. — 36 Jb. III, 1172; VIII, 27 47, 18 067. — 37 lb. Ht 4858, ^

III, 2048. — 39 [b. III, 2014, 2818; Brambach, 1212. — 40 C. i. I ■ VI». 'Moro’msen, 2961, 3049, 18067, 18068; Ann. épigr. 1887, 11; 1890, 7, 26, etc. — * îgîî, Loc. cit. p. 2029. — 42 C. i. I. III, 1480. — 43 Jb. VIII, 2891. — 4

— 45 Ibid. 3001. — 46 £)io. LI, 3,4 ; lies gestae, 16 ; cf. Mommsen, p. 0- O

LEG

déductions

la première

en 724=30, la seconde en

sur

ai'

pionnier:

système

Il décida, de plus, qu’à l’avenir les légionleur temps de service achevé, recevraient une naires, d ils arriveraient à obtenir Yhonesta missio '.gtrade, ^ ‘ 3000 deniers2 ; Caligula la réduisit rSSIUL3 mais Caracalla la releva 4. Elle était prise de 111 une caisse particulière, I’aerarium miliïare. Il • a aussi pendant la suite de l’époque impériale, Ton donna des terres aux vétérans, comme par le | . en Italie et surtout en province 5 ; tantôt on les

envoyait dans des villes qui existaient déjà, tantôt on foritavec eux des colonies sur les frontières 6, les chargeant 1 la fois de défendre le territoire soumis et de servir de s à la civilisation romaine. On sait combien ce fut en faveur après Dioclétien 7 [veterani].

C Solde des légionnaires. — L’établissement d’une solde pour la légion remonte au siège de Yéies par Camille (348 de Rome = 406 av. J.-C.) s. Au temps de Poiybe 9, elle était de deux oboles par jour, c’est-à-dire de -120U as ou 120 deniers par an i0. César le premier apporta des modifications à cette loi : il doubla la solde u, ou plus exactement il paya trois stipendia au lieu d’un, ce qui porte le total de la solde à 225 deniers. Auguste réglementa dans le même sens la question 12. Domitien ajouta un quatrième stipendium , c’est-à-dire qu’il éleva la paye d’un légionnaire à 300 deniers par an 13. Elle était payée en trois termes 14 .

Sur cette somme on prélevait à l’époque républicaine les fournitures faites par l’État, en habillements 15, en armes10 et en vivres ”. Sous l’Empire, il en était encore ainsi au ier siècle48. Postérieurement, il est possible que le règlement ait été modifié 19.

[ Naturellement, la solde des sous-officiers et celle des officiers était supérieure à la solde des soldats. Nous avons parlé plus haut (p. 1058) des duplarii et des sesquipiicarii. D’après Polybe, les centurions recevaient une allocation double de celle des soldats 20 ; nous n’avons aucune autre donnée à ce sujet.

Les auteurs ne disent pas quelle était la solde d’un tribun aux deux premiers siècles, mais ils laissent supposer quelle atteignait un chiffre assez élevé21. Le hnarbre de Thorigny donne celui de 25000 sesterces pour un tribunat semestris22. Au me siècle, on trouve comme chillre 250 aurei 1/3; mais tout porte à croire que è était la un taux extraordinaire23. • l°m les légats légionnaires, nous ne possédons aucun

renseignement.

[leur S *'IC*ers ava*enl d’autres bénéfices pécuniaires que gur so de. Les centurions se faisaient de gros revenus ÏPu a'.h,Ul1 Pa.ver les exemptions de corvée ou la levée des j "."IS -Qnantaux tribuns, les soldats leur faisaient ’a-uaux [stillaturae)n. L’usage fut d’abord regardé

Voir

avec les f10(cs ° ^arquardt, Or g. de l'Empire rom. I, p. 156 et suiv

**■ - 0 Marquerai / Di°'.#LV’ 23' ~ 3 Suet. Calig. 44. - 4 Dio, LXXV11 C. i. I. VIII 8473. ’boc.cit. p. 163 et suiv. — 6 Tac. Ann. I, 17; XIV, 27, 31 h{J H Adi. d', ygm-.Gl'oni- P- 121 (éd. Lachmann) ; C. i. I. III, 4057 : vei Theod. VII, 20 3 'jf ** ”llss,9n(e) agr(aria) secundo. (sous Trajan). — 7 Coa

Zonai’- m\, 20 ; Flo e 41i‘ ~~ 8LiV‘ 1V’ 59 ; V’ 4; YI11’ 8; Diod* Sic* XIV’ 16 10 Sur ces faits „uis S’ ! 12;. Lyd- De ma9- b 46. — 9 Polyb. VI, 3S Mdm. de l’Acad des dans lm ar^cle spécial [stipendium], cf. Le Beau

Iloninins, q p 13)SW ' P- 181 et suiv. ; Dureau de la Malle, Écon. poli, I auteurs qu’il cj^e __ 4, SU1V- > Marquardt, Organis. financière, p. 118, et le lloref Archives militai» ï f”*' 26' ~ 12 Au9' 49 • ~ 13 Domit ■ 7- ~ 14 Nicole e ~16Uv-I,43; Dionvs *sdu recto, pièce I. - 13 Liv. XXVII, 10;XLIV,lf y ’ IV’ 46 i Polyb- VI, 39. - 17 Ibid. ; cf. Tac., A nn. I, 17. - 18 ar

comme abusif et condamné par les empereurs26; plus tard, on le toléra en le réglementant21 [stillatura].

A la solde, il faut ajouter les gratifications que les officiers et les soldats recevaient de l’État sous la République comme sous l’Empire, à l'occasion des triomphes, de l’avènement des souverains, d’événements intéressant la famille impériale, de révoltes même qu il fallait faire cesser à prix d’or [donativum]. Les légionnaires arrivaient ainsi à se constituer un capital si élevé que Domitien, par prudence, limita à mille nummi la somme que chacun d’eux pouvait avoir avec lui au camp i8. On sait, en effet, que César donna à ses soldats 500 deniers par tète, en 70829; Auguste 2500 en 711 30 ; Tibère, au début de son règne, 62 deniers 1/2 31 , etc.

Enfin, bien que le butin, en droit, fût propriété exclusive de l’État32, il arrivait souvent qu’une partie en fût distribuée entre les soldats et les officiers après la victoire. En pareil cas, la part accordée était d’autant plus importante que le grade était plus élevé : dans le partage du butin, comme dans les distributions d’argent, les centurions recevaient le double des soldats, les tribuns le double des centurions33 [praeda].

Service de la solde. — Trésorerie militaire. — - Sous la République, où l’argent nécessaire à la solde et aux achats de vivres était fourni par le trésor public, le trésorier en chef de l’armée était le questeur34. Le quaeslor ad exercitum missus était custos pecuniae 35. C’est donc à lui qu’il revenait de payer la solde des légions. On sait qu’une place spéciale lui était réservée dans le camp [quaestor, quaestorium].

Sous l’Empire, où la caisse impériale faisait les frais de l’entretien de l’armée, le trésorier de l’armée et de la légion, quand il fut établi que chaque légion occuperait un camp distinct [castra], ne pouvait être qu’un délégué de l’empereur. J’ai admis ailleurs que le maniement des fonds était entre les mains d’esclaves et d’affranchis de l’empereur [familia castrensis )36 ; castrenses]. Ils formaient Yofficium rationum 37 : un tabularius était à la tête du bureau38; un ou plusieurs dispensatores recevaient les mandats, les vérifiaient, en autorisaient le paiement39; un arkarius l’effectuait à des officiers trésoriers de la légion 40. Quant à l’émission des mandats, à la comptabilité légionnaire, elle était confiée aux bureaux du légat, des tribuns, du princeps praetorii , et spécialement aux librarii (voir plus haut). L’argent était fourni par le procurateur de la province ou d’une province voisine. Quand on en manquait, le général en faisait frapper [castrenses nummi], ou simplement faisait apposer sur du numéraire existant des contremarques destinées à donner provisoirement à la monnaie une valeur fidu-

Fig. 4405. — Monnaie avec contremarque.

chives militaires du Ier siècle, loc. cit. — 19 Vit. Alex. 53, 9 ; cf. mou Armée d’Afrique, p. 377. — 20 Polyb. VI, 39. — 21 Plin. Hist.nat. XXXIV, 6 ; Juv. Sat. III, 132; cf. Mommsen, Berichte der SSchs. Gcsellsch. 1852, p. 251. — 22 C. i.l. XIII, 3162 (II, 13). — 23 Vit. Claud. 14; cf. Mommsen, Loc. cit. — 24 Tac. Ann. 1, 17 ; Hisl. I, 46.

— 23 Cf. Godefroid au Cod. Theod. VII, 4, 28. — 2G Vit. Hadr. 10 ; Vif. Pèse. 3; Alex. Sev. 17. — 27 Cod. Theod. VII, 4, 28, 29 ; cf. à propos de cadeaux analogues, Waddington, lnscr. de Syrie, 1906 (a). — 28 Suet. Domit. 7. — 29 Dio, XLIII, 21.

— 30 Id. XL VI, 47. — 31 Tac. Ann. I, 8; Dio, LVÏ, 32. — 32 Dig. XL VIII, 13, 15; Polyb. X, 16; Aul. Gell. XVI, 4, 2. — 33 Liv. XXXV, 1 ; Polyb. X, 16 ; XIV, 7.

— 34 Mommsen, Droit publ. rom. IV, p. 266 et suiv. — 33 Cic. Verr. I, 15, 40. 36 Armée d' Afrique, p. 408 et suiv. ; cf. Mommsen, Eph. epigr. V, p. 117 ; Marquardt, Or g . mil. p. 398 et les textes en note. — 37 C. i. /.VIII, 3292. — 38 Ibid. 3290. — 39 Ibid. 3288 , 3289 , 3291. — 40 Ibid. 3288.

LEG

LEG

ciaire suffisante pour pouvoir effectuer le paiement de la légion 1 (fig. 4406

D. Vivres et vêtements. — Service (te l’intendance. — Il a été question dans un article spécial des vivres du soldat romain, et en particulier du légionnaire [cibaria miutum]. Je rappellerai seulement 3 que la ration d’un soldat était de 4 boisseaux (00 livres par mois, soit 27 kilogrammes environ) ;le cavalier qui avait deux valets à nourrir en recevait soixante-douze, ainsi que de l’orge destiné aux trois chevaux qu’il devait entretenir4. Du temps de Sylla, la ration parait avoir été augmentée au moins temporairement, et cela dura sans changement sous l’Empire jusqu’à Septime Sévère, auquel on attribue un nouveau relèvement de la ration légionnaire.

Les officiers et sous-officiers avaient droit à des vivres plus abondants, en proportion de leur grade B. Outre du blé, on fournissait encore aux légions du sel, du vin, du vinaigre pour la posta, de la viande fraîche ou salée 6. Ces vivres étaient distribués à certaines dates et pour un temps limité. Quand on était en station, la distribution se faisait pour une période assez longue (dix-sept 7, vingt8, trente9 jours). On rangeait la légion dans l'ordre de bataille et chaque soldat, à l’appel de son nom, sortait

du rang pour recevoir ce qui lui était dû. Plus tard, il semble qu’on ait à peu près renoncé aux distributions à long terme 10.

Ces distributions étaient surveillées par les généraux qui tenaient à se rendre compte de tout par euxmêmes11; mais c’était surtout l’affaire des tribuns chargés spécialement du service des vivres12. On comprend

par là pourquoi on a recueilli dans les camps légionnaires ou aux environs des poids portant le nom d’une légion 13 (fig. 4406) ou certains cachets, comme celui qui a été trouvé assez récemment a Mayence, et que l’on pense avoir servi à marquer les pains d’une centurie de la légion XIV14 (fig. 4407).

La nourriture des troupes était assurée, en temps de paix, par l’existence de dépôts de subsistance horrea militaria] . Avant César, semble-t-il, les généraux en campagne taisaient choix de certaines villes pour servir de

centre de ravitaillement; mais il n’existait pas fi,.

sins militaires ; il est le premier qui ait songé à

niser15. Sous l'Empire, au contraire, on en trou"'^'

nombreux exemples18. C’est de là que les lésion* r"

biui|s liraient

011 pour

leurs approvisionnements 17 . En cas de marche les détachements légionnaires, on avait recours réquisitions ; on demandait aux autorités locales <v ]d"X on avait besoin et on leur donnait, en échange (|"1 reçus18. En temps de guerre, on créait des dépôts dale voisinage du terrain de combat, et au besoin les trou ? vivaient sur le pays 19.

Le système adopté pour la fourniture des vêtement était à peu .près le même : ils étaient réunis dans demagasins où les légions venaient s’approvisionner'20

On ne sait à peu près rien sur la façon dont les chevaux et les bêtes de somme étaient fournis aux légions 21

E. Armes. — Machines de guerre. — Service de Vartilterie légionnaire. — Il sera question plus loin de l’armement des légionnaires. L’artillerie romaine donnera lieu à un article spécial [tormenta], comme aussi les différentes enseignes [signa militaria]. Il faut noter seulement que la légion, étant une division complète, avait avec elle ses machines de guerre et ses provisions d’armes. Nous en avons la preuve dès l’époque de César22 et pour toute la durée de l’Empire. C’est ainsi que nous voyons, lors de la guerre d’Alexandrie, la légion XXXVIIe venir débarquer devant la ville avec ses armes et machines de guerre. Ailleurs, nous lisons que César envoya au secours des habitants deThabena un tribun avec une cohorte légionnaire et des machines 23 . Tacit e, dans la deuxième bataille

de Bédriac, fait mention d’une balistedela légion XVe qui lit merveille contre l’ennemi24 ; Josèphe nous parle des machines des différentes légions qui assiégèrent Jérusalem*5. Enfin, et pour ne point citer d’autres exemples, Végèce nous apprend que de son temps chaque centurie avait une carroballiste traînée par des mules et servie par Il hommes; il ajoute qu’il y a dans chaque légion 55 carroballistes, 10 onagres, un par cohorte, et tout le matériel nécessaire aux travaux du génie; « car, dit-il, la légion doit porter avec elle tout ce qui est nécessaire à la guerre pour que, à quelque endroit qu’elle établisse son camp, elle puisse former une cité tout armée20 ».

Armes, machines, outils, tout cela était fabriqué dans des ateliers spéciaux répartis entre les différentes villas de l’Empire [fabrica] 27 ; mais, de plus, chaque légion possédait des ateliers propres pour l’entretien, la réparation, et au besoin la fabrication des armes. Ces ateliers,

appelés fahricae également, étaient peuplés d un p1'1' sonnel d’ouvriers de toute sorte, civils et milifaires l sous les ordres d’un optio fahricae et avec des conlumaîtres instructeurs29.

En outre, dans chaque cohorte, il y avait des gardt» d’artillerie ( custodes armorum ) et des fourbissei»s ( poliones ) pour l’entretien journalier et la conservilio'1 des armes et des machines30. .(

Le dépôt d’armes, le magasin légionnaire se nom|lU

* Lcuormant, La monnaie dans l'antiquité, II, p. 3G3 et note 2.— 2 De Saiilcv, Rev. arch., 1869 (XX), p. 251.- 3 Polyb. VI, 39. - 4 Gauldrée-Boilcau, L'administr. militaire dans l'antiquité, p. 239. — S Veget. III, 3. — 6 Cf. outre l’article r .BAiiiA, Langen, Die Heeresverpflegung der Rômer- Frolich, Bas Kriegswesen Cüsars, II, p. 125 et suiv. - 7 Vit. Sev. Alex. 46; Ammian. XVII, 9. - 8 Cad. Theod. VII, 4, 5. — » Liv. XLIII, 1 ; Suet. Ner. 10. C’est la durée la plus usuelle. — 10 Cod. Theod. Vil, 4, 6. — u Caes. Bel. gai. VI. 33. — 12 Big. XLIX, 16, 12, § 2. — 13 C. i. I. III, 784. — H Wéstd. Zeitschrift, 1897, p. 344 et pl. xvii. — 15 Bel.

17 El. il ^

civ. III, 42. — Ui yn. ffad. Il; Vit. Alex. 45; Vit. Gordiani, 28. — ^ ^ sujet R. Cagnat, Armée d’Afrique , p. 39 1 et suiv. — 18 Sic. Flac. Be ^ ^ p. 165 (éd. I.achmann) ; Cod. Theod. VII, 9, 1, 2, 3; Oxyrinch. pat'!/1 suiv. ; p. 119 et suiv. ; p. 121 et suiv. ; cf. R. Cagnat, Op. cit. p. 397. -

19 Op- c,l‘ n iki-

p. 399 et suiv. — 20 Op. cit. p. 464 et suiv. — 21 Op. cit. p. 411 et suiv. ^ * Alex. X, 9. — 23 Bel. Alex. 77. — 24 Tac. Hist. III, 23. — 23 Joseph- • ‘

V, 6, 3. — 26 Veget. II, 25. — 27 Vcgct. II, Il ; Big. L, 0, 7. - ) ' cit. ; C. i. I. III, 2043; VII, 49. — 29 Big. Loc. cit. — 30 C. i. M11-

LEG

«ikaditim II était placé sous la surveillance d’un

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r (curator armamentarny responsable, avec un

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officier P» .

Lsonnel de scribes sous ses ordres', f j’ai montré ailleurs quel’ armamentarium d’une légion, Icomme sa fabrica, étaient soumis au préfet du camp3, lequel avait aussi à surveiller le train des équipages [impedimenta] L

F Baraquements , casernes , camps. — Les armées en marche se retranchaient, on le sait, chaque soir dans un camp construit suivant des règles fixes et propres à assurer la sécurité absolue des soldats. Ce qu’étaient ces camps et comment les différentes troupes y étaient réparties, c’est ce qui a été expliqué à l’article castra. Ils contenaient d’habitude plusieurs légions. Il en était de même des camps permanents au début de l’Empire ; à la mort d’Auguste, trois légions étaient établies, sous Blaesus, dans le même camp en Pannonie 5, tandis qu’à Vetera deux légions étaient réunies6. Sous Domitien, on agissait encore ainsi1, et ce fut là, dans l’opinion de l’empereur, ce qui facilita la révol te d’ An ton i us Satura inus. Aussi défendit-il désormais d’admettre dans un même camp plus d’une légion. Dès lors, l’histoire des camps se confond avec celle des légions. Et comme, d’autre part, à partir du début du 11e siècle, les changements de garnison se firent très rares, les anciens camps avec tentes et baraquements firent place à de véritables places fortes avec casernes, contenant tout ce qui était nécessaire à la vie des soldats en temps de paix. On en a retrouvé des restes importants dans plusieurs pays. Les plus célèbres et les mieux conservés que l’on connaisse encore sont ceux de Lambèse 51 en Algérie, et de Carnuntum 9 en làutriche, auxquels il fautcomparér tousles camps du limes «n Angleterre l0, sur le Rhin “, ou ailleurs [limes, vallum].

K , Ces forteresses légionnaires, dont on peut considérer le camp de Lambèse comme le type le plus parfait (fi0. i (0<S), étaient conçues sur le plan des anciens camps provisoires. Comme eux, elles étaient entourées de retranchements; mais au lieu de défenses en terre ou en petites pierres, c’étaient de solides murailles, flanquées e tours et capables de résister à des assauts répétés12; jcomn" e ux elles étaient divisées en quatre parties par deux i . D( 1 P* n<l i< ulaires,la via prmcipalis allant de la porte mm''! gauche à la P°rte latérale droite, la via praemJin fa COntlnuati°n, la via decumana, rejoignant la lues ;i h\ïJOrta decumana. A la rencontre de

ses ,^ran GS^0ies s (devad 1g praetorium avec tous 9meSlZZZVeV ei’rière 16 Pra<Horium était situé le constructif’ ° !°Ut autour 011 disposait les différentes ces divers fiT CeSSaireS aUX besoins de la légion. Mais grandes nm *.!CeS °taient conÇus dans de bien plus I " poi ions, comme il convient à des bâtiments

fj186 etsuiv. d’après Véjèc/f '-'1’ " ~ ? Cf’ RlCagnat’ Armée d' Afrique

\P- 37 ct su‘v- - 9 Arch.

8 ~ * Ibid. — B Tac. Ann. I, 16. — C Ihid

v, -> I «h suiv o ’ Armée d' Afrique, p. 519 et suiv. ; Id. Guid ^fp. 146 et s. ; XX, p m . K. i'?h:TSr‘ MittheiL X’ P- 12 ^ s. ; XI, p. 1 et s. Ltnes m Oesterreich Vienn» If,'1’ Führer durch Carnuntum, 1894 ; Der rom quantité de monographie, „ ,’ 19°°’ ’P’ 19 et suiv. — 10 Bruce, The roman wall e ‘J6®8 membres de la sociéff descriPtion du Hardknott-Castle par plu

°rland Antiquarian and A 'T* ransactions °f the Cumberland and West °kr^<mùàh' Z r T ^ Societ,J ’ XII> P- 375 suiv. - u fl;

les nombreuses monlTS’i °n Cohausel1’ Der rom. Grenswall in Deutsch as rom.Kôtn, 1885- ld n„.gr.aP “S Parues en Allemagne, par exemple : Von Veitli

Z ™lbWS bei Homhurn vo^de ZVn ^ im ’ L' Jacobi’^ **»«*« T R> Armée dAM ,899’ ~ 12 C- «’• L VIII, 2546, 2548

59,nbun(/en in Aquincum igof’ li, 536 ; Kubitschek, Op. cit .; Kuzscinsky, Di V. ’ ’ 0berO*rm. raet. Limes (Castelle bei Oehringen

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qui sont destinés à avoir une certaine durée. Nous reviendrons sur ce sujet aux mots praetorium et quaesto- RIüm. Il suffira de rappeler ici qu’un camp légionnaire contenait, outre les casernes mêmes, des bains spécialement affectés à l’usage des soldats13, des salles de réunion pour les sous-officiers [soûla]14, des chapelles pour le culte (voir plus loin), des bureaux pour les services administratifs (tabularium)1* , un hôpital [valet udinarium) lfi, une prison17, un arsenal ( armamentarium ) 18, un marché19, des magasins ( horrea ) 20, etc. On doit signaler aussi un monument qui parait avoir été comme une annexe du

camp, bien qu’il fût situé en dehors de l’enceinte, l’amphithéâtre 21 . Des quatre portes de la forteresse partaient des voies, prolongement des voies intérieures, qui étaient bordées à droite et à gauche de cimetières militaires22.

Le camp et les édifices qui s’y élevaient étaient sous le commandement du préfet de la légion, praefectus castrorum legionis (voir plus haut, p. 1053).

La présence de ces camps attirait naturellement une grande quantité de marchands de toute sorte; ceux-ci s’établissaient d’abord sous des cabanes ; puis la brique et la pierre succédaient à la toile et aux planches, et peu à peu un village se fondait, embryon d’une ville future [canabae]. Ces villes, nées des camps légionnaires23, ont joué un grand rôle dans l’histoire des légions impériales ; elles leur ont fourni la plupart de leurs recrues à partir de l’empereur Hadrien, ainsi qu’il sera expliqué plus bas, et

p. 7 et pl. u; C. i. I. III, 3525. — 14 R. Cagnat, Op. cit. p. 540. 45 C. i ! III

2555 ; Besnier, MCI. de Home, 1898, p. 452. — 16 C. i. i. VIII, 2553, 2563. 17 Tac

Ann. I, 16; C. i. I. III, 433; Relier, Katalog. der rôm. Inschriften der Stadt Mainz (2' Nachtrag), p. 26 el 27. — 18 Ibid. III, 1121; cf. 1138; VII, 446; VIII, 2563. — 19 Kuzcinsky, Op. cit. ; C. i. I. VIII, 18224. — 20 Ann. épigr. 1898 75 — 21 De la Mare, Mém. des Antiq. 1852, p. 34; R. Cagnat, Guide à Lambèse, p. 48 ; Kubitschek, Führer durch Carnuntum ; Arch. epigr. Mitth. XII, p. 151 e[ suiv ■ Schulten, Hernies, XXIX, p. 496 ct 497 ; Kuzcinsky, Op. cit. A rapprocher dé

l'amphitheatrum castrense de Rome, voisin du camp prétorien. 22 l{ Ca°uat

Lambèse, p. 45 et suiv.; Arch. epigr. Mitth. XVIII, p. 208 et suiv.; Der rôm Limes im Oesterreich, p. 101 ct 130; Von Vciili, Das rôm. Lager in Bonn (carte) ; Kubitschek, Op. cit. (id.). — 23 Jôrgenseu, De municipiis et coloniis aetate imperat. roman, ex canabis ortis, Berolini, 1871; Mommsen, Die rôm. Lagerstàdte (Hernies, 1873, p. 299 ct suiv.) ; Wilmanns Étude sur le camp et la ville de Lambèse (trad. Thédenat), Paris, 1884.

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elles n ont pas été sans influence sur la propagation de la civilisation romaine dans les provinces.

G. Territorium legionis — Le camp d’une légion était, a 1 époque impériale, le centre d'un vaste territoire dont elle avait lajouissance. On le trouve mentionné sur les monuments épigraphiques ( territorium legionis 2, prata legionis) Toute 1 étendue de ce terrain, qui couvrait souvent un espace considérable, était réservé aux besoins de la légion : c est là qu’elle trouvait le foin nécessaire à ses bêtes de somme *, les herbages pour faire paître les troupeaux 5 confiés à la garde des pecuarii , le bois de construction et de chauftage6, bref tout ce qu’une grande propriété fournit à des familles ou à des collectivités.

Dans ce territorium legionis 7, il n’y avait pas de villes établies, en dehors de celles qui émanaient de la légion même et dont je vais parler ; le territoire de la légion était, par rapport a celle-ci, ce qu’était le territoire d’une municipalité par rapport à cette municipalité : le légat y était maître, comme les quatuorvirs ailleurs.

On conçoit, dès lors, aisément, comment se constituaient ces grandes cités voisines des camps auxquelles j ai fait allusion. Le commandant de la légion attribuait aux marchands et autres qui en étaient l’origine et les premiers habitants un terrain pris sur les dépendances du camp légionnaire, en ayant soin de le choisir à une certaine distance de ce camp afin de ne pas gêner la défense et de réserver les servitudes militaires8.

On comprend aussi par là comment on pouvait concéder aux vétérans, sans aucune difticulté et sans léser aucun habitant du pays, des terres à cultiver et des emplacements pour des villes. L histoire de la légion d’Afrique nous fournit à cet égard des renseignements très précis. Le territoire qui lui était réservé était absolument désert au début du ne siècle, quand les soldats vinrent l’occuper; il se peupla peu à peu de cités dont quelques-unes devinrent florissantes : Verecunda, qui est toujours resté un viens dépendant de la municipalité de Lambèse, Ksar-el- Ghennaia, qui n’arriva pas non plus à une grande fortune, El-Mader et Seriana, agglomérations plus importantes, enfin Zana ( Diana veteranorum ), dont le nom seul témoigne de la qualité des habitants, et qui atteignit une véritable prospérité9. Dans ces cités, certains monuments étaient faits par la légion même10, ce qui prouve, mieux que tout, les rapports étroits qui les unissaient au corps d’armée sur le territoire duquel elles s’élevaient.

M. Schulten admet que, même lorsque ces agglomérations avaient obtenu de la faveur impériale une administration civile autonome, elles restaient soumises à la surveillance du commandant légionnaire11.

H. Service médical de la légion 12. — Il n’y eut point de médecine militaire organisée pendant la durée de la République. Les consuls, les préteurs ou même des officiers moins élevés en grade emmenaient avec eux des

1 Schulten, Las territorium legionis ( Hernies , XXIX, p. 481 et suiv.).

— 2 C. i. I. III, 10488. — 3 lb. II, 2910 ; III, 13250; cf. Tac. Ann. XIII,

• — 4 C. i. I. VIII, 4322. — 6 Tac. Loc. cit. — o Ann. èpigr. 1899,

194. " Schulten, Loc. cit. p. 502. — 8 Mommsen, tiennes , VII, p. 305;

R. Cagnat, Armée d’Afr. p. 545; Tac. Hist. IV, 22; Kuzscinsky, Loc. cit. Kubitschek, Loc. cit. — 9 Sur tout ceci voir mon Armée d’Afr. p. 482 et suiv. — 10 C. i. I. VIII, 4590 (Zana); 2355 (Timgad). — 11 Loc. cit. p. 502.

— i’2 brian, Luservice de santé militaire chez lesBomains, Paris, 1866; Id. L’assistance médicale chez les Tlomains , Paris, 1869; Gaupp, Las Sanitâtswesen in den Heeren der Allen, Blaubeuren, 1869. — 13 Plut. Cat. min. 70; Cic. Ep. ad Brutus,

I, 6, 2; Suet. Aug. 11. — H Cic. Tusc. II, 16, 38. — 15 Frôlich, Las Kriegwesen Caesars, II, p. 131 et suiv. — 16 Vell. Il, 114, 1 ; Tac. Ann. I, 65. — n Plin. Paneg. 13; Vit. Alexandri n. — 18 Eph. epigr. IV, p. 530; C. i. I. III, 3537,

esclaves, médecins ou chirurgiens13, qu’ils aelici pour leurs usages personnels et qu’ils prêtaient r i" "1 de besoin, pour donner leurs soins aux légion ir blessés ou malades u Les armées de César n’étaient ' " mieux organisées à cet égard16. Sous l’Empire seiilrj,^ les choses changèrent16; à partir de cette époque i] avait, pour chaque légion, un service sanitaire 'h’J conçu. Des médecins de corps étaient chargés de passc la visite des malades dans les tentes et de les y traiter quand la maladie était légère17 ( medici ordinarii) ,8 • \ \s accompagnaient aussi les soldats dans leurs marches et leurs expéditions pour donner leurs premiers soins aux malades et aux blessés 10. Lorsque la maladie était .rrave on transportait les hommes dans l’hôpital légionnaire ( valetudinarium )20 qui était sous les ordres du préfet du camp21 qui avait ses administrateurs particuliers [optio valet udinarii)**, ses médecins distincts ( medicus castrensis )23 et ses infirmiers {qui aegris praesto sunt)u Les blessés qu’on laissait en arrière dans un hôpital étaient rangés, comme tous les soldats détachés, sous un vexillum 25.

Des médecins, il convient de rapprocher les vétérinaires, chargés de soigner les bêtes de somme, particulièrement les chevaux [veterinarium]26.

I. Occupations des légions en temps de paix. — D’après les principes des généraux romains, qui sont ceux de tous les hommes de guerre, un soldat doit toujours s’exercer s’il veut rester à la hauteur de sa tâche. « Un bon soldat qui ne s’exerce plus, dit Yégèce, quelque âge qu’il ait, reste toujours un conscrit27. » Soit en présence de l’ennemi, soit en temps de paix, le légionnaire était soumis à des travaux réguliers28. Outre les exercices imposés aux recrues, il faut citer: les marches ( ambulatio ) et promenades qui se répétaient trois fois par mois : les fantassins parcouraient dix milles (15 kilom.) au pas militaire, avec armes et bagages29; les manœuvres [decursio 30, exercitatio 31) ;les travaux de fortification et de terrassement 32 ; le saut 33, la nage 3\ etc. Les grands chefs militaires de la République s’intéressaient tout particulièrement à ces exercices35 et certains empereurs y apportèrent toute leur attention. On sait que Hadrien, dans son voyage en Afrique, fit évoluer devant lui les fantassins et les cavaliers de la légion IIIe Auguste, et leur adressa, à la suite de ces manœuvres, un ordre du jour qui nous a été conservé en partie 3G.

Mais, de plus, afin de fournir à l’activité des légionnaires des occupations que les exercices même répétés n’auraient pas suffi à leur procurer, l’autorité ne se faisait pas faute d’employer les hommes à des travaux intéressant les provinces, qu’ils eussent ou non un but militaire. En 567 de Itome, le consul Flaminius fit tracer par ses troupes la route de Bologne à Arretium37 ; Scipion Nasica occupa ses soldats à construire des navires, « bien

4279, 5959; V, 4367; VIII, 2872, 2874, 2951; Bramb. H27; C. i. gr. 4766, 50!’S'i — 19 C. i. I. III, 7449. — 20 Lig. L, 6, 7; Veget. II, 10; Ilygiu. Lemun.cast. , Bramb. 462. — 21 Veget. II, 10. — 22 C. i. I. VIII, 2553, 2563; IX, 1617 I 462; Lig. loc. cit. — 23 Allmer, Inscr. de Lyon, I, p. 437 et suiv. ; Brian, Op. p. 28 et s. — 24 Lig. Loc. cit. — 23 Cacs. Bel. gai. VI, 36 et 40. ' !(’ ||

mun. cast. 4; Lig. L, 6, 7 ; C. i. I. V, 2183 ; C. i. gr. 1953, 5117. 7 lu|

23. — 28 Polyb. X, 20, 1 et s. ; Joseph. Bel. Jud. III, 5, 1 ; Senec. Epist • ,s ad Martyr. 3 ; Onosand. Strat. 9, 10 ; Léo, Tact. 7. — 29 Veget. I, 27. — 30 ^ ^

35; XXVI, 51 ; Veget. III, 4; Suet. Ner. 7. — 31 C. i. I. VIII, 18242 ; Bull- ar^ du Comité (extrait des procès-verbaux, 1899, p. H). — 32 Senec. Epist . Ç ’•

lull. ad Mari. 3 ; C. i. I. VIII, 18242. — 33 Veget. I, 9; II, 23 ; III, V - ' ^ ^ C. i. I. III, 3076. — 35 Polyb. X, 20. — 36 C. i. I. VIII, 18242. - ;

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