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I v ' U aucun besoin d une flotte et simplement pour qUlh|'.U l’oisiveté de corrompre les mœurs1 » ; Marius Cmpr' Jereuser le canal du Rhône2 et Sylla détourner fit anlj’l .,e 3 . eésar ordonna à une de ses légions de relier 16 Cl ||'l! 'muraille fortifiée le Jura au lac de Genève4. Sous par U.^iereurS) les mêmes traditions se perpétuèrent et déci(ià que les troupes pouvaient être employées à des travaux publics3, mais non à des entreprises
6 Qrâce aux inscriptions, nous connaissons un grand nombre de ces constructions militaires 7.
privées
^Établissement de routes stratégiques 8 : en Dalmatie (route de Salone à Andetrium tracée par la VIIe légion) 9 ;
' en Pannonie (route d’Aquincum 10 à Mursa tracée par la légion //° Adjutrix ) ; én Syrie (voie établie par la lésion IIP Gallica) 11 ; en Afrique (route de Carthage à Theveste établie par la légion IIP Augusta 12 ; route de Theveste à Tacape faite dans les mêmes conditions13; voie stratégique à travers l’Aurès ouverte par un détachement de la légion VP Fer rata) 14 [via].
b) Ponts sur ces routes : à Nauportus, en l’an 14 13 ; à Chemtou, sous Trajan 10.
c) Tunnels : le grand tunnel de Séleucie de Piérie11.
d) Citernes sur les routes : les réservoirs de la route de Coptos à la mer Rouge, pour la construction desquels 128 hommes des légions IIP Cyrenaica et XXIIe Dejotariana furent détachés18.
t e ) Camps, places fortes : en Bretagne, sur lé vallum d’Hadrien 19 et sur celui d’Antonin le Pieux20 [vallum]; en Germanie, sur le limes du Rhin [limes] 21 ; en Illyricum sur le Danube22 ; en Afrique, au camp central de Lambèse23 et à la frontière même la plus extrême de la province24; en Asie jusque dans les pays situés en dehors de la domination romaine immédiate 23 .
Mais les légions n’étaient pas seulement occupées à des travaux d’intérêt défensif ou stratégique ; pour ne pas laisser les hommes inactifs ou pour venir en aide aux provinces, on les employait à élever des édifices de toutes sortes: elles traçaient le plan de colonies et en bâtissaient les grands monuments, les villes de Timgad en Afrique20 et de Sarmizegetusa en Dacie 21 ont été créées de la sorte ; elles construisaient des temples28, des amphithéâtres29, des aqueducs et des fontaines 30 ; elles étaient employées à 1 exploitation des mines31, etc.
Rmn ne permet, d’ailleurs, d’affirmer que, en pareil cas, les légionnaires aient fait vraiment l’office d’ouvriers.
0llt iK" ,J<! 71 croire, au contraire, qu’il n’en était ainsi qUe 1 ennemi et pour des travaux militaires
urb' u's. I our lesautres, ils jouaient plutôt le rôle de nos sJqUeui* 0U conducteurs du génie et des ponts etchaussohï't T ®rosses kes°gnes étaient laissées soit aux gens1 î eS C0^0I^es auxiliaires, soit aux esclaves et aux 1 11 Pays mis en réquisition. La preuve en est fournie
^ Froutin. Sh'nl iv • .y
Bell. r/al. I s r* r ■ ’ 1 2 Mar. J5. — 3 Id. Syl. 16. — 4 Caes.
- 7 W. Harster *6’ 12, § ' ; cf’ 16’ 7- § i- - 6 Cf. Liv. Epit. II.
Spcier, U73, s gj* "")en der rôm. Soldaten zum ôffentlichen Nutsen , inscr. ht. m 3200°' ^C1 ' ^C^er ^îe dleerstrassen der rôm. Ileichs. — 9 Corp. et suiv. 1 13’ ~ ° Ibid- 3708. — 11 Ibid. 20S. — 12 Ibid. VIII, 10048
- 16 C. 1.7. y IIImoii7°018’ 10023 • ~ 14 nid. 10230. — 15 Tac. Ann. I, 20.
6015. — Ig yj i| ' 11 ^a<ldmgton, Inscr. de Syrie, 2714, 2717 ; C. i. I.
()-3 (Pfocolitia). __ 20// w”" ~~ 19 ^ai* exemP^e g ^ VII, 401 (Uxelloduiium), fortins de ce limes c • . ‘ (Netherby), 1117 (Auchindavy). — 21 Voir sur les ^alt et le travail inlHul '.°/ * ^ ^ ou entretenus par des légions, le Limes- ~ 22 C. i. /, ]| [^ f ei ® berffer>nanisch-Iiaetische Limes des Rômerreiches .
Mxlth • VI (1882, ’ ■ ’ 1980’ G324> «55, 4659, 4660, 4661, 6000; Arch. epiqr.
2572. 2652, 2054;cPf n ’ 90 ; X (188Gh P- <2 et suiv. - 23 C. i. I. VIII, 2532,
agnat, Année d Afr. p. 431 et suiv. — 21 C. i. I. VIII, 3 et 4
par la part faite, dans les inscriptions mentionnant les travaux, aux légionnaires et aux soldats auxiliaires : le nombre des premiers est tout à fait minime à côté de celui des seconds. Ainsi, pour construire les citernes sur la voie de Coptos à la mer Rouge, on détacha 128 hommes sur les 10 ou 12 000 que comptaient les deux légions d’Égypte, et 1273 sur les 7 ou 8 000 que comportaient les ailes et les cohortes du pays32.
On peut juger du nombre de ces constructions militaires par celui des tuiles et briques estampillées que l’on a recueillies dans toutes les parties du monde romain [figlinum opus, p. 1120], Comme les légions les faisaient ellesmêmes, elles y inscrivaient, à l’exemple des industriels, leur nom et leur numéro, en les faisant suivre quelquefois d’indications secondaires et de la désignation du spécialiste attaché à la fabrication33. Par cela même, ces monuments sont fort importants, puisque leur présence sur un point du monde romain permet de conclure à celle d’une légion, ou, tout au moins, d’un détachement légionnaire à cet endroit 34.
L’officier chargé de surveiller l’atelier des briques était Yoptio navaliorum , cité plus haut35.
J. La discipline dans la légion. — Pour maintenir la discipline dans une armée, il faut des punitions et des récompenses. Chez les Romains, les unes-et les autres ont toujours été les mêmes, à peu près, sous la République aussi bien que sous l’Empire. C’était aux tribuns qu'il appartenait de se prononcer sur les cas les moins graves 30 ; ceux qui entraînaient la peine capitale revenaient aux généraux 37 ; ils avaient aussi à informer sur les délits commis par les officiers38. Les punitions infligées aux légionnaires étaient la privation de solde ; la dégradation ; le renvoi de l’armée; les peines ignominieuses; les châtiments corporels et même la peine de mort. Tout cela sera étudié à l’article poenae militum.
Les récompenses se composaient d'avantages pécuniaires, augmentation de solde 39 ou gratifications [donativa] ; de décorations pour les officiers comme pour les soldats [dona militaria].
Il y avait aussi, pour soutenir les légionnaires dans l’accomplissement, de leur tâche de chaque jour, l’espoir de la retraite. D’après les règlements d’Auguste, celle-ci consistait dans une somme d’argent payée une fois pour toutes à ceux qui étaient honorés de Yhonesta missio [missio]. Nous en avons parlé brièvement plus haut.
K. État civil des légionnaires. — La création de l’armée permanente qui obligeait les légionnaires à rester au service de dix-sept ans à quarante ans pour le moins devait entraîner, sous le rapport de leur état civil, de graves modifications. Si le soldat était marié avant d’entrer dans l’armée, il pouvait garder sa femme40, sauf à ne pas vivre avec elle, mais aussi il lui était loisible de
(Boudjem); 10990 (Ghadamès). — 25 Ibid. III, 6052 (Arménie). — 26 Ibid. VIII, 2 3 5 5. — 27 Ibid. III, 1443. — 28 Ibid. VIII, 2579 , 2630 , 2654, 2671. — 29 Tac. Eût. II, 26; C. i. I. VIII, 2488. — 30 Ibid. 2572, 2657, 2658. — 31 Ch. Robert, Inscript, laissées dans une carrière de la Haute-Moselle par les légions romaines (Mélanges Graux, p. 329 et suiv.); Ann. épigr. 1889, 182; Arch. epigr. Mitth. IX. — 32 c. i. I. III, p. 1210. — 33 Voir, par exemple, pour la Pannonie, Ib. III, p. 578 ; pour l’Afrique, R. Cagnat, Armée d’Afr. p. 432 (pi.). Sur plusieurs briques trouvées en Pannonie, on lit le nom des Figlinae Vensianae legljonis ) I Noricorum (C. i. I. RI, 6489). — 34 Voir mon Manuel d'épigraphie, p. 309 et suiv. — 3S Sur le sens de navale (fabrique de tuiles), cf. Mommsen, C. i. I. III, 11382. — 36 polyb. VI, 37; Liv. XXVIII, 24; Dig. XLIX, 10, 12, § 2; Veget. II, 7. — 37 Dionys. XI, 43; Dio. LU, 22. — 38 Florus, I, 18; Val. Max. II, 7, 4 et 8; Dio. LU, 22; Suet. Tib. 30. — 39 Voir plus haut, p. 1058. — 40 Dig. XXIV, 1, 32, § 8 ; XLIX, 176 et 8.
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divorcer. « Il arrive souvent, lit-on au Digeste1, que pour cause de service militaire, le mariage ne peut être utilement maintenu , en ce cas, bona gratia dissolvitur ». S'il n’était point marié avant son enrôlement, il lui était interdit de le faire pendant son service 2. C'est ce que certains textes prouvent surabondamment 3, en particulier une lettre du préfet d'Égypte Lupus en 116/117 011 011 lit en toutes lettres : CG yàp ’ÉÇEffTtv <rrpauu)T7]v yagstv Si donc il leur plaisait de s’unir à des femmes pendant le temps qu ils passaient a 1 armée, cette union, contractée en dehors de la loi, n’avait pas le caractère d’un justum matrimonium , d’un conubium ; la femme n’était en droit qu'une concubine et les enfants que des enfants dlégitimes. Mais comme ces fds de soldats, ces enfants de troupe, pouvaient fournir à la légion d'excellentes recrues, imbues par tradition de l’esprit militaire, l’empereur avait trouvé moyen d’effacer à peu près pour eux
I inconvénient qui résultait de leur naissance, lorsqu’il les employait a son service. Il leur donnait, lors de leur entrée dans la légion qui leur conférait le droit de cité [dilectus], non pas son gentilice, mais celui de leur père, a\ec le prénom paternel : pourtant la faveur impériale n allait pas jusqu à les autoriser à faire suivre leur nom de la tribu paternelle, ce qui les aurait assimilés entièrement à des enfants légitimes. Ils n'étaient pas davantage inscrits dans la tribu de l’empereur, sous qui ils prenaient place dans la légion, mais bien dans la tribu Pollia, dont le nom, de bon augure par sa racine même, semblait promettre à ceux qui y figuraient la force et le courage 5.
II y avait donc, en somme, entre la loi et la pratique une sorte de désaccord, les empereurs faisant tout ce qui était en leur pouvoir pour créer une famille au légionnaire, sans modifier les règlements militaires qui le défendaient. L empereur Septime Sévère poussa plus loin encore la tolérance : d’après Hérodien 6, il autorisa les légionnaires à habiter avec leurs femmes. La réforme fut capitale : elle modifia entièrement la vie des soldats. Le camp cessa d’être pour eux une cité commune où la plus grande partie de leur vie se passait ; il devint simplement un lieu d’exercices où ils se retrouvaient quelques heures par jour. Leur demeure véritable se transporta dans la ville voisine où ils retrouvèrent femme et enfants 7. Le service légionnaire se change dès lors en une sorte de milice territoriale. Cette tolérance devait amener un remaniement dans l'état civil du légionnaire; on croit qu’elle se produisit au ive siècle8.
La défense de contracter mariage ne pouvait s’appliquer aux officiers supérieurs, légats ou tribuns, qui appartenaient à l’ordre sénatorial ou à l’ordre équestre 9. Pour les officiers inférieurs et les sous-officiers, la solution est beaucoup moins claire. J’ai émis, ailleurs,
1 opinion qu ils étaient soumis à la condition des soldats 10.
M. P. Meyer11 est d'un avis contraire. Pour lui, les offi¬
ciers, comme les centurions et les évocats m ■ de Septime Sévère, avaient rang équestre ’ * contracter mariage au service. Quant aux n ?°UVaien‘ la même facilité leur aurait été donnée - [\ Tjal^ comme preuve le fait que, suivant Végèce12 1 “ °l'rnil
cipales privilegiis
muniuntur » et la façon dont •
rédigées les épitaphes de ces sous-officiers
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prin.
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s’y appelle conjux , les enfants portent le pere) Mais ni l'un ni l'autre de ces argume”,, 4 semble probant14. ° n s ne me