‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 251 sur 275 · livre · texte numérisé non relu

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Il régulte de l’examen attentif du IV® 1 et du Ve de [7/ifl^ que fAtTP7i étaitportée directement sur la peau et aiitour des parties molles du ventre, qu’elle protégeait, lille pouvait être employée seule et former alors l’unique défense du guerrier, comme ce paraît être le cas pour ^■ès, attaqué et blessé par Diomède. Elle pouvait aussi s'ajouter à d’autres pièces d’armure qui la recouvraient, telles que la Lunique, Oojp-^;, et une ceinture extérieure, çwfftVjp, destinée à maintenir le Stop-^. Quelque singulière que puisse nous paraître cette conception d’une lame, même épaisse et assez haute, considérée comme l’unique sauvegarde et la seule protection des combattants, il n’est pas à douter qu’elle ne soit exacte, car d’assez nombreux monuments figurés permettent de nous en faire ime idée assez précise. Sur des monuments mycéniens 3, tels que les coupes de Vapliio, le pagne, formé d’une mince et longue bande d’étoffe plusieurs fois enroulée autour de la taille, n’est autre chose qu’une purp-q : si les bords en pendent devant les parties, ce n’est poinL par pudeur, mais parce qu’une Çoàv/j de toile s’assujettissait autrement qu’une bande de cuir4.

Les fouilles de Delphes5 et d’Olympie® ont mis à jour un assez grand nombre de statuettes de bronze, de style primitif, qui nous montrent comment était formée cette puTpa. Il est à remarquer que ces idoles, bien que les armes n’en aient pas été conservées, représentaient à n’en pas douter des guerriers : le plus souvent, la tête en est casquée ; la main droite, levée à la hauteur du visage, devait brandir la lance, et la gauche, baissée à la taille, près de la ceinture, tenait sans doute le bouclier. Il s’agit donc d’un emploi tout pareil à celui dont il est question dans les poèmes homériques, et la ceinture que portent ces guerriers est et ne peut être que la purpa. Celle-ci, qu’elle soit en relief comme à Olympie, ou représentée en creux comme à Delphes, est presque toujours à bandes ou bourrelets étagés. Les renflements sont de nature et de forme très variables. Sur l’un de ces monuments (lîg. 5095) 7 , six côtes superposées se succèdent au-dessus des hanches. Ailleurs8, trois bandeaux en saillie alternent avec deux lames rentrantes, et detuin de ces bandeaux, au lieu d’être plat ou simplement "'nlle, est formé d’une série de moulures et de listels ' tagés. Enfin, la ceinture peut être simple et à fermeture nn diane (fig. 5096) 9, mais les bords supérieur et inférieur, :"nM Ltue la jointure, sont en légère saillie sur le fond : s«igit évidemment ici d’une armature de métal qui était

lVÂn ~ 1 i A

tig. 5095. — La mit va ceinturon.

fixée

•sur la lame de cuir et qui en consolidait les atta-

j[re "( ~ 2 V. 856-859. — 3 Une terre cuite primitive de Troie (peut-

serre ^ | représente une femme nue, assise, qu’une ceinture double

^ 4 toille , sans doute pour comprimer l’abdomen (Hcernes, Urgeschichte

Iiorn ™ KUnS*' 33, p. 180). Le cas est tout différent de celui de la féraiiiino V ' **le Iteul rapprocher de l’idole troyenne, la statuette sans doute -4.)"/./ Urassempuy, Rev. anthropol. 1895, pl. vu, 1, p. 147-8 (Piette). ~ 6 Furl >UC^’ P- ^ Bull. corr. hell. 1897, p. 109-183, passim.

^gnient d aeD^er' t. IV, Die Bronzer/, pl. iv et xvi. Voir aussi un

swployée 1 ' aS<! m>cénie" cn relief publié par M. Ma*. Mover, qui montre la nÎTf>i pWsomi ' anneau qui serre la taille est évidemment ici fait de métal et le

5°e 11 a Pas d autre arme défensive. — 7 Bull. corr. hell. 1897, p. 173,

Fig. 5090.

elles. Cette dernière statuette est pour nous d’un intérêt particulier, parce qu’elle est plus récente que les précédentes. Peut-être n’est-elle pas antérieure au début du vi® siècle.

C’est la preuve que l’emploi de la giApa, qui commença dès lapériode mycénienne, dura pendant toute l’époque archaïque. Pollux, sur la métope du trésor des Sicyoniens découverte à Delphes, la porte encore sous la chlamyde.

Un torse d’Apollon archaïque trouvé par M. Doublet à Délos a la taille serrée par une ceinture analogue ,0. Enlin, l’Apollon colossal offert par les Naxiens 11 paraît bien avoir eu lapuxpa. L’usagedoitavoir duré, avec des intermittences, jusque vers l’an 500 12 avant notre ère. Il est singulier qu’aucune ftixpx complète ne soit venue

jusqu’à nous, car il n’est pas douteux que la plupart étaient de métal. Homère le dit formellement 13 et les lexicographes sont très nets sur ce point I4. L’un même nous apprend que la ceinture était parfois faite de mailles, àXutjtoürr/] 13. Les deux garnitures de bronze, découvertes à Mycènes et signalées par M. Perdrizet’6, paraissent bien provenir de jjuTpat, mais ce sont les seuls documents connus ; la plupart des ceintures devaient être de cuir, ou même d’étoffes épaisses et superposées. M. Furtwængler a publié un bronze acquis récemment parle Musée de Berlin, où il a proposé de reconnaître la giTpa 1 7, mais la ceinture y est extérieure et le tablier qui termine en bas la cuirasse ne paraît pas posée sur une Çtovv) intérieure.

If. — La gtTpa servait aussi à serrer et fixer la chevelure ’8.

L’usage est ici général, commun aux hommes et aux femmes, et ne se bornant pas à la période archaïque. Les inventaires de temples, celui en particulier de la Héra samienne, mentionnent des gtxpai 19. Elles apparaissent fréquemment sur les représentations de Dèmèter et de Kora, que celles-ci soient archaïques (fig. 1322) 2Ü, ou relativement récentes 21 . Mais elles n’étaient pas spécialement réservées aux déesses, ni même aux femmes. Les athlètes vainqueurs en sont couronnés22; parmi les dieux, c’est le plus efféminé, Dionysos, qui porte le plus volontiers et le plus souvent

fig. 4.-8 Ibid. p. 173, fig. 5.-9 Ibid. pl. x. — 10 Ibid. fig. 6, p. 176. — 11 Ibid. fig. 7-8, p. 178-9. 12 On trouve dans l'Italie méridionale quelques exemples pos*

lêrieurs de guerriers portant uniquement une sorte de nixça; cf. le cratère Passeri,

Pict. Etrusc. in vasculis, 256 ( Jahrbuch , 1899, p. 47, fig. 3). 13 Iliad. v. 187,

216, 707. — 14 Hesycb. s. v. - 13 Etym. Magn. s. v. - IG Bull. corr. hell. 1897, p. 181. - n Arch. Anzeiger, 1894, p. 120-1, 33, fig. 19. - 18 Hesycb. Etym. Magn’. s. v. ; Eust. p. 454, 15; p. 1068, 24 ; p. 1659, 10. — 19 C. Curtius, Insch. z. Gesch. v. Samos , p. 10, 17-20 ; cf. Bull. corr. hell. 1885, p. 90. — 20 Heuzey, Mon. grecs , 1S73, pl. U. 1 Bull. coït. hell. 1882, pl. vi. — 22 Oerhard, Auserl. Vasenb. IV, pl. cclxxiv, p. 48. Cf. le Diadumènc de Polyclète, Luc. Philops. 19 (Overbeck) Schriftquellen , p. 162, 900).

Fig

5097. — La mitra en bandelette.

MIT

MIT

la [AiTpa *, soit seule (flg. 5097) 2, soit passée sur une guirlande de lierre (vov. fig. 700, 712, 71H, 2181); on la voit aussi attachée à son thyrse (flg. 680, 684, 692, 700, 4975). Le bandeau passait pour conjurer les effets de l'ivresse 3 : les personnages du thiase dionysiaque ont souvent celte coiffure, ainsi que les buveurs dans les scènes de banquets (fig. 1429, 1982, 1983).

Sur ces monuments, le dessin des têtes est souvent assez net pour nous permettre de bien apercevoir la forme et la nature de la bandelette. C’est un ruban de laine ou d’autre étoile, assez large et relativement long. Des deux bouts carrés ou plus généralement arrondis partent des cordelettes, de nombre 4 et de dimensions variables, et qui pouvaient servir, en les nouant, à fixer la gtTpa, quand celle-ci était trop épaisse pour se prêter à former un nœud : la bandelette, même repliée sur elle-même et assujettie comme un pagne, eût couru risque de glisser sur les cheveux. Des motifs de dessin et de couleur variés r>, tissés ou brodés, ornaient le diadème : ce sont des chevrons 6, des points ou cercles juxtaposés 7, d’étroits lisérés sur les bords8. Un certain nombre de représentations de vases permettent de se rendre un

compte exact de la manière dont on ceignait la gt-rpa. Je citerai en premier lieu une hydrie du Musée de Naples9 où Orithye est poursuivie au moment où elle mettait une étroite gnrpa (fig. 5098) : la main gauche, levée à la hauteur de la nuque, tient lâches et plusieurs fois repliés les deux bouts du ruban qui déjà est passé sur les cheveux. La main droite allait sans doute aider la gauche à faire un nœud, peut-être, à en juger par la longueur de

la bandelette, après lui avoir fait faire un second tour autour de la tête. Il y avait sans doute, pour que la coiffure fût bien en place, des règles précises à observer, et la longueur des pans de la pur pa n’était pas chose indifférente. Sur un fragment d’hydrie10, on voit (fig. 5099) une femme saisissant avec les dents, tout près du bout, l’une des extrémités delagî'xpaqui estpasséesur le haut de la tête ; l’autre extrémité, qui pend à gauche, est tenue, et, semble-t-il, tirée par les deux mains: celles-ci paraissent chercher le point précis où l’étoffe doit être repliée et où commence le premier tour de tête. Une hydrie de la Bibliothèque nationale 11 n’est pas sans analogie avec

1 II est appelé piTçr^ojo;, cf. Diod. Sic. IV, 4, 4; Strab. XV, p. 1038. Pour les représentations, voir Millin, Peint, de vases, 1, 7; II, 63; Pottier-Reinacli, Myrina, pl. vu, 1, p. 302; Inghirami, Vas. fittili, III, pl. cclxvii; Arch. Zeit. 1860, pi. xvi ; Stackelberg, Græbcr d. Hellen. pl. xl = Furtwaengler-Reicliliold, Gr. Vasenmalerei, pl. xxix. — 2 Millingen, Peint, de vases, pl. lu. — 3 Diod. L. I. — 4 Trois le plus souvent, mais il peut y en avoir deux (Inghirami, Vas. fittili, 2, pl. cviii), quatre (Ibid. 2, pl. exu) ou même sept (Ibid. 2, pl. clxxxi). — 3 Plin. Bist. nat. XXXV, 35 (9) : « mitris versicoloribus ». — 6 Areli. Zeit. 1882, pl. v (loutrophore du SounioD) ; Comptes rendus de la commiss. arch. de Saint-Pétersb. 1874, pl. vu, 1. — 7 Inghirami, Vas. fittili, 2, pl. cviii. — 8 Ibid. 4, pl. cccxvi. — 9 Ileal Mus. Borb. V, pl. xxxv. — 111 Arch. Zeit. 1881, pl. xvi, p. 281 (W. Gebhard). — n A. De Ridder, Calai. Vas. Bibl.

os cas (

a précédente. La (West déjà passée une foi, „ , la tete: les deux extrémités, tenues chacuno " °Ur de mam, pendent à droite età gauche ; elles vont *, ^ Une avoir été préalablement étirées, relevée, ei e.re’ après tivement sur les cheveux. Dans certain le second pan repasse exactement sur le premier.

L’étoffe alors ne formait pas tout à fait deux tours.

Entre les extrémités demi-circulaires, il restait un vide qui était rempli par les cordelettes que nous avons vues plus haut : sur une peinture de l’Ermitage13, ces ficelles , tordues ensemble, apparais- Fj 5100

sent clairement ;

elles servaient à fixer solidement la grrpoc, qu’elles tendaient et serraient autour de la tête.

La [x,ér pa classique, d’un usage général, est devenue le diadème, insigne de la souveraineté [diademaj. On a vu (fig. 2337), sur une monnaie figurant le Grand Roi, que la tiare, enveloppant la tète et quelquefois munie d’une mentonnière, était, autour du front, fixée par une gGpa. Celle-ci, partie du tout, a fini, comme il arrive souvent, par désigner la tiare asiatique 14 ou même le bandeau royal13.

Le mot mitra et son diminutif mitella se rencontrent chez les auteurs latins : le plus souvent il est question de la tiare ou mitre orientale et ils en font mention comme d’une pièce caractéristique du costume des Barbares et de leurs mœurs efféminées18. Les femmes de vie facile s’en paraient volontiers 17. La mitra ne fit jamais, à Rome, partie du costume masculin, mais le simple bandeau de tête y était porté par les femmes, et le nom grec mitra paraît être entré d’assez bonne heure dans 1 usage a la place ou à côté des anciens noms latins vitta et fascia ou fasciolaie ; il ne cessa jamais d’être employé avec cette signification 19.

III. — Mitra est aussi, dans le langage médical, un bandage ou une écharpe qui soutient un membre malade .

IV. — C’est encore un câble dont on entourait en certains cas la coque d’un navire21 [navis]. A. De Ridpeb .

MITTENDARIUS. — Nom de fonctionnaires qui liraient au Bas-Empire dans Yofjficium du cornes rei yv/ vatae 1 et du cornes sacrorum largilionum • Dans et second service, ils étaient soit centenarii , soit ihat

it. 447, fig. 76; voir aussi Benndorf, Griech. und Sied. Vas. IL P 12 De Ridder, L. I. 357, p. 258-260; cf. Monuments P tôt, v , >1 . ii— in ; Gerhard, Trinkschal. u. Gefüsse, pl. cl Gct». ai ci. 4 ■ 13 Stephani, Comptes rendus de Saint-Pétersbourg, I87i, p* v 1 135; Athen. p. 138 * p. 535 c, p. 536 a. - « Call. Del 166 -- W r, 216 et Serv. ad. h. I. ; cf. IX, 616 ; Prop. IV, 7, 62 ; Senec ..Oed. , ( it. VI, 32, 19; Isid. Orig. XIX, 31, 4. - « Juv. L. l.\ Virg. P< ^

, 29, 15; Juven. III, 66. — 18 Varr. I.ing. lat. V, 129^ ,1C' ® „ . yill, ig. XXXIV, 2, 23, § 2. — 19 Tertull. De virg. vel. Vi. — - • 21 Tert. Carm. de Jona in Niniva, 42 ; Isid. Or. XIX, 4, 6. ^

MITTENDARIUS. 1 Cod. Theod. 6, 30, 2 (379). — 2 n ■ i, 23.

xux, 1900, six.

lier.

A en. Hist.

Prop.

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