‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 275 sur 275 · IX. Conditions de l'initiation. — Le nom générique · texte numérisé non relu

IX. Conditions de l'initiation. — Le nom générique

du candidat à l’initiation est [lûct t]ç15. En général, il y a deux degrés, la, simple et Yknoivzdct (d’où

£77077X7,1;), séparés par un intervalle plus ou moins long. Pour Éleusis, Samothrace et les Mystères d’isis, nous renvoyons aux articles eleusinia (p. 556-558)10, cabiri, isis. On a vu dans les thiases des 77axpop.ô<7xo(i. A Andania, il y a des 7tpwxo[2.û<îxat qui paient une redevance, portent un bandeau en cuir doré ou une couronne de laurier; les mystes hommes sont pieds nus et en habits blancs ; les vêtements des femmes ne doivent pas valoir plus de cent drachmes, ceux des petites filles plus d’une mine, ceux des esclaves plus de cinquante drachmes. Partout des mystagogues1 ‘ (g<j<7xaY«yot, d’où pu£tv, jj.u<7xo(ywY£ÏV i à Thèbes, 18 donnent une instruction prépara¬

toire. A Andania il y a une liste officielle de mystagogues. A Éleusis ce sont exclusivement des Eumolpides et des Keryces19; mais tout Athénien déjà initié peut sans doute recommander un étranger20. Le mystagogue n’indique probablement que le cérémonial, les réponses à faire. Pour les conditions de l’initiation à Éleusis, Samothrace et dans les Mystères d’isis, nous renvoyons aux articles eleusinia (p. 556-538), cabiri, isis. On trouve partout : 1° des observances diététiques, fondées sur des idées mystiques, soit avant, soit pendant les Mystères, l’interdiction de certains aliments, en particulier des fèves et des légumes analogues21; 2° l’obligation du secret.

X. L'initiation™. — Elle alieu partout dans des locaux spéciaux, xsXecxvipiov, àvaxxopov, parfois pieyapov [cabiri, eleusinia, p. 558B-563A]. Elle comprend quatre parties essentielles 23 ’. 1° la purification, xâQocpat; ; 2° les rites et sacrifices qui accompagnent l’initiation, cdçxacK; ; 3° l’initiation, xeXexYj, jjLÛ7)ffn;; 4° l’époptie, £~o7txeta.

1° La purification. Elle est partout nécessaire, soit pour aborder les Mystères avec la pureté nécessaire, soit pour échapper aux conséquences des mauvaises actions24. A Samothrace il y a en outre une confession.

1207-1211 et Le Bas-Waddingloil, O. c. Pélop. 159 e, il y a peut-être des listes d’initiés de Déméter à Hermione. U y a peut-être des figures symboliques d’initiées sur un bas-relief de Lerné (Le Bas-Waddington, L. c. 42). — 16 11 n’est pas probable que les mystes d’Éleusis aient payé une redevance à l’État au iv» siècle av. J.-C. — 17 Mot appliqué aussi aux périégètes qui montraient les curiosités (Strab. 17, 812; Cic. Verr. 4, 50, 59). — 18 In. gr. sept. 2428. — 19 C. i. att. 4, 1, 1, 1. 35. — 20 Ainsi s'expliquent Dem. 59, 21, et Andoc. 1, 132; Andocidc n’élait pas un Keryce. — 21 Plut. Q. rom. 95; Artemid. 1, 65, p. 58. Voir Lobeck, p. 247-249. — 22 Clem. é’tfx. L. c. ; Tertull. Adv. nat. 1, 51; Apol. p. 8; Plut. De educ. 14; Philostr. Vit. Apoll. 1, 15, 17; Jambl. Vit. Pyth. 17, 152; Gregor. Nazian. Or. 33, 532 c; Macrob. Somn. 1, 2, 19; Firm.Mal. Astrol. 7. — 23 Athen. 2, p. 40 D; Hermias, Schol. in Plat. Phaidr. 30, p. 158. Dans Théo. Smyrn. [Matliem. 1, p. 18) la quatrième partie est probablement la collation de grades dans les thiases, la cinquième est le bonheur donné par l’époptie. — 24 Le texte (C. i. att. 4, 1, p. 60, 1. 35) prouve, contre Lenormant (eleusinia, p. 565 B-566 A) qu’à Éleusis les mystes sortaient non par la Voie Sacrée, mais vers la route de Phalère pour aller se purifier non dans les lacs, mais dans la mer.

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2° La ffûcTXffi;. Elle se compose de sacrifices, de processions, de chants, de danses qui ont lieu soit avant, soit pendant, soit après les Mystères, avec un caractère orgiastique, modéré dans les Mystères grecs, désordonné dans les Mystères orientaux1. Dans la dernière période on ajouta des tauroboles en différents endroits 2.

3°-4° L’initiation etl’époptie, qui ont lieu généralement la nuit. Il est probable qu’il y avait des mots de passe, des signes de reconnaissance, surtout pour l’époptie (signa, symbola , monument a) 3 [eleusinia, p. 571].

Les spectacles et les enseignements des nuits mystiques se ramènent^ d’après les textes, à trois parties : va Spa>|A£va, tï oEixvôp.£va, xx 7,£yop.sva, les actes, les exhibitions, les paroles.

A. Les actes. — Une première catégorie comprend d’abord le spectacle essentiel, le drame mystique, la représentation symbolique de la légende divine [IS1S eleusinia, p. 577-579]. Nous ne savons pas exactement en quoi ce drame diffère de la légende populaire connue. On a essayé sans succès4 de prouver pour Eleusis que certains détails, par exemple les bons offices rendus par les gens d’Eleusis à la déesse, l’épisode de Celeus, la mission de Triptolème, étaient les traits particuliers qu’on ne devait pas divulguer : tout cela était fort connu. Les représentations étaient mimiques; les acteurs paraissent avoir été les prêtres et les prêtresses b ; à Andania les Lierai représentent les déesses; à Eleusis, le hiérophante joue un rôle en plusieurs circonstances, notamment dans l’hiérogamie qu'il célèbre avec la prêtresse de Déméter. En second lieu, il y a des actes symboliques, commémoratifs, exécutés par les initiés. On a vu ceux des thiases et, dans les cultes de Déméter et de Cybèle, les formules qui indiquent la prise en commun d’une collation.

B. Les exhibitions , soit des objets sacrés, soit des spectacles des enfers. — L’exhibition des objets sacrés (xà Upà, àirôp^xa) est la partie la plus importante, puisque c’est de là que venait le nom de l’hiérophante (ô leptt (paivwv) •. Il y a probablement deux catégories d’objets sacrés, d’un côté les attributs ordinaires connus et de l’autre les statues mystérieuses inconnues '. A Eleusis, les attributs sont les objets que renferment le calatho's et la ciste, et sans doute aussi la cymbale, le kernos [eleusinia, p. 569 B] ; dans le culte de Dionysos, les serpents, le thyrse, la nébride, le phallus, la pomme, la balle, le disque, la toupie, etc.; dans les Mystères de Thétis, l’origan, la lampe, l’épée, le ctéis; on a vu ceux de Cvbèle et d’Attis. Plus importantes sont les statues, enfermées en temps ordinaire dans les chapelles et

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de plus (Co/p. p 140; Firm. Mat. De err. prof. rehg. p. 10;

p1 " Mü ior 4 2, 25 (Mystères de Dionysos). — + Foucart, -ffecA. ,

p,au . A/'L glor. 4 . P,aCp. eu. 3, 117) n'es qu une

interprétation cosmogonique de l'initiation ; il compare l^oph^e au dé=, ï Souque au soleil, Fépibomios 5 la lune, le h^roceryx a ie, ur . - ***£; V«. *»«• 4, .3, 156 ; , limer. ^^Zdoc. 1,

Î or. *7. 762; Aelian. Frag.

O- 16, «61 Sopjt. ****-% 3, P- B’’

ÜA'ÏÆ Ur. *01 Pragm. in Slob. ™r. ISO. » 1 Ap-1. Met. H,

portées sous des voiles dans les processions \ C’est à ces statues que se rapportent la plupart des textes sur les visions des nuits mystiques, sur les cpxo-gaxx que les hiérophantes montrent éclairés par une vive lumière9.

D’autre part, on reconnaît aujourd’hui que les Mystères en général devaient, par l’initiation, donner l’assurance du bonheur dans l’autre vie. La plupart de nos textes, depuis l’hymne à Déméter jusqu’à ceux de la plus basse époque, ne se rapportent guère qu’à Eleusis 10 ; mais on peut leur attribuer une extension générale. Or les réflexions et les impressions provoquées par les représentations et les visions n’eussent pas suffi à donner aux mystes la confiance nécessaire. Plusieurs textes11 prouvent, pour les Mystères de Déméter et d’Isis, une représentation des enfers, une promenade des initiés au monde souterrain : il devait y avoir dans une première partie la descente aux enfers, la marche dans les ténèbres, au milieu des monstres ; dans une seconde partie, par une brusque transition, l’arrivée au séjour des immortels dans la lumière. Mais ce spectacle n’était sans doute encore qu’une partie de la révélation et la moins secrète, puisque Lucien 12 et Aristophane 13 ont pu dans une certaine mesure la reproduire; elle de\ait comporter

des paroles, des explications.

C. Les paroles. — On reconnaît généralement, aujourd’hui qu’il n’y avait pas dans les Mystères, à l’époque classique, d’enseignement dogmatique. Les rites, les spectacles provoquaient des impressions religieuses et constituaient seulement un enseignement symbolique dont le fond était la croyance à l’immortalité de l’âme1''. Rappelons-nous d’autre part que les Grecs attribuaient à l’initiation le pouvoir de faire revenir les initiés des enfers 1(i. Les paroles mystérieuses des hiérophantes 11 sont donc probablement, non pas des hymnes18, mais des formules empruntées au Livre des Morts égyptien, analogues à celles des rituels orphiques, qui donnaient • des indications précises pour le voyage aux enfers et les moyens d’y échapper à tous les dangers 1J.

L’hiérophante possédait-il une doctrine plus ele\ee. Il connaissait certainement mieux que la masse des initiés le sens symbolique des légendes-9; mais nen n’autorise à lui attribuer pour l’époque classique une doctrine ésotérique complète. C’est seulement plus tard qu’il put l’acquérir, comme nous l’avons vu, à 1 époque du syncrétisme religieux et philosophique, à a-t-i eu en outre, dans les Mystères, un enseignement moral .Nous savons seulement qu’il y avait quelques préceptes morale écrits dans le temple d’Eleusis 21 . Ch. Lfxrivain.

p. 366 ; Dio Chrys. il, p. 387. - » Catajl 22. - « *«»■

Lu Contre les anciennes théories de Warburton ^ ' ^

lot. in Syn. Oral. p. 48; Gale,, De !*> P 25 ; Plat.

Voir l'art, eleusinia, p. 574-575. - 1^ bunpid. Ha / • ■

. . . p ,,8 0 50; Philos tr. Vit. soph. 2, 20, p. -ai,

' , ;L3 p ao -18 Hypothèse de Prcller, L. c. A après Luc.-n,

3, 713; E». A n. 1883, p. 31. » 20 Thcodor. L. c.

Pseud. 38. - 19 voir Foucarl, ^«re, L p. Recherche"*

— 21 Micron. In Jovxn. 2, 14, 34 . 1BI'10']1' c[euzer S i, mbolik und AI y thaïes Mystères du paganisme, -• éd ans, i ^ 1829 ; Guigniaut, Jieli-

logie, trad Guigniaut ; Lobock g aop ■ ( ^ sw, les Mystères de

nions de l antiquité, t. Kl, 3 pai - P- g t XXl, 2° part.);

lu Grèce en général (Mém. de VAcad. Inscr e j «lles-l • ' Encyclop.) ; Fre.ler, Otlfried Müller, Orchomenos, p. 453 ■ ^ Hist, des religions de

Mysteria (Paulij s Dcal- °P’ V' »97 380’. t. 111, p. 66-337 ; Mommsen, Die

la Grèce antique , Paris, 18.V7, t. , P- ,ean Réville, La religion a

Peste der Stadt Athen im Altertum lcip^ ^ ^ ^ S(aats.

Dôme sous tes Sévères, Taris, 188 P. „ .] v 3 p. (16-126); Lang. altertliümer ( Handb . der klass. Mtertums-Missens. v, ,P

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MYSTRUM, MûffTfov. — Mesure pour les liquides. Le nom, qui signifie cuillère, indique un emploi analogue à celui du cochlear pour de petiles quantités, particulièrement dans 1 usage de la médecine. Le mystron valait le double du cochlear et la moitié du cyathus. Mais on

Mythologie, Muai and Religion, Londres, 1887 ; Dielil, Excursions archéologiques en Gièce, Paiis, 1890, p. 277-309; Rubensolin, Rie Mysterienheiligthmner in Eleusis und Samothrake, Berlin, 1892; Preller-Robert, Griech. Mythologie, 4“ éd. Berlin, 1894, t. 1, p. 749, 847-804; TôplTer, Attische Généalogie, Berlin, 1889 ; Foucart, Des associations religieuses chez les Grecs, Paris, 1873 ; Recherches sur l’origine et la nature des Mystères d'Éleusis; les Grands Mystères d'Éleusis, personnel, cérémonies ( Extrait des Mém. de l’Acad. des Inscr. et belles-

rencontre des évaluations différentes et aussi la distinction d’un giya /xvffxpov et d’un g.ôsTpov pixpiv ou puxpôxEpov, qui doivent provenir d’anciens systèmes égyptiens introduits par les médecins alexandrins dans la pratique des Grecs1. E. S.

lettres, 189G, t. XXXV, 2, p. 1-84; 1900,1. XXXVIl.p. 1-130); Gruppe, Die griech. hutte und Mythen, I, Leipzig, 1887 ; Rosclier, Lexi/c. der griich. und rom. Mytholog. art. Dionysos, p. 1085-1080 ; Kora und Demeter. p. 1284-1379; Megaloi Theoi, p. 2522-2541 ; Orpheus, p. 1090-1113 ; Schoemann-Lipsius, Griech. Altertliümer, Berlin, 1902, II, p. 212-214, 377, 378-419.

MYSTRUM. l Pour plus de détails, voir Hultsch, Griech. und rôm. Métrologie ■ 2e éd. p. G3G scj.

8348-00. — Corbeil, Imprimerie Éd. CrétiL

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