‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 274 sur 275 · XV. Des artistes professionnels et des concours · texte numérisé non relu

XV. Des artistes professionnels et des concours

A côté de la culture désintéressée, libérale de la musique par les ingénus, on trouve en Grèce, dès les temps les plus anciens, des musiciens professionnels, qui se consacrent entièrement à cet art, et exhibent leurs talents le plus souvent moyennant un salaire. Les aèdes de l’époque homérique appartiennent déjà à cette catégorie13; elle se multiplie avec les progrès de l’art et le goût croissant du public pour les exécutions musicales.

La considération sociale qui s’attachait à ces artistes a varié suivant les temps, les pays, les circonstances. A l'époque homérique, où les métiers en général (SrjgioepYot) sont tenus en estime, l’aède, comparable au jongleur du moyen âge, est un personnage honoré, choyé, qui s’insinue souvent dans la confiance des grands u. Plus tard, à mesure' que les préjugés de caste se développent, et que •se répand l’idée que l'homme libre doit tout son temps à la guerre et aux affaires d’État, les musiciens souffrent du discrédit général qui enveloppe les professions

mercenaires même employées au plaisir du public. Le mot d’Antisthène au sujet de l’aulète Isménias: « Un si bon joueur de flûte doit être un mauvais homme 15 », résume cetétat d’esprit qui ne se rencontre pas seulement dans les aristocraties, mais même dans des États prétendus démocratiques. Aristote y sacrifie largement16.

11 faut pourtant faire une distinction. Quelques artistes, les plus éminents, cumulaient les dons d’exécutant et ceux de compositeur, et même, au moins pendant longtemps, de poète. En pareil cas, le prestige qui s’attachait au génie créateur s’étendait à l’interprète, et de pareils hommes pouvaient, sans déroger ni déchoir, tirer parti de leur double talent. Tel fut le cas de la plupart des grands ci tharèdes jusqu’au ive siècle, depuis Arion et Terpandre jusqu’à Timothée, de certains poètes choriques qui dirigeaient eux-mêmes, en jouant de la cithare, l’exécution de leurs œuvres (Thalétas, Alcman), même de quelques aulètes comme Sacadas qui eut sa statue a l’Ilélicon l7. En général, la citharédie paraît avoir été plus estimée que l’aulétique, longtemps abandonnée à des étrangers et à des esclaves 18. Pratinas met durement à leur place les aulètes qui, probablement dans le dithyrambe, voulaient prendre le pas sur le chœur, et y réussirent en effet19.

A défaut de considération, les virtuoses qui n’étaient que virtuoses pouvaient acquérir la fortune. Quelquesuns, comparables à nos ténors ou pianistes modernes les plus exigeants, demandaient pour paraître en public des sommes considérables : le citharède Amoibeus (première moitié du ni® siècle) se faisait payer un talent attique (6 000 francs) par concert20. D’autres affichaient un luxe ridicule dans leurs vêtements et leurs instruments 21.

De ces sommités de 1 art on descendait, par une gamme continue, jusqu’au cithariste ambulant, jusqu’aux joueuses de flûte et de lyre (tj/aXxptat, xiGaptüxptat), demiartistes, demi-courtisanes, tarifées par les astynomes athéniens (à 2 drachmes par séance, prix maximum) et qu’on tirait au sort quand plusieurs clients se les disputaient 22.

A l’époque hellénistique et romaine, les préjugés de la liberté disparaissent avec ses vertus, et désormais on accorde aux virtuoses non seulement la considération, mais les honneurs publics, les couronnes, les statues réservés jadis aux guerriers et aux hommes d’État. Ménéclès de Téos en Crète, le citharède Anaxénor à Magnésie en sont deux exemples23 entre beaucoup. Ulpien écrit : Utile videtur ut neque thymelici (artistes de concert) neque xystici ignominiosi liabeantur 2i.

L instruction technique des virtuoses se faisait dans des écoles particulières où un maître réputé groupait un petit nombre de disciples ou, pour mieux dire, d’apprentis autour de sa personne. Entre ces écoles il y avait souvent de vives rivalités, comme, au temps d’Aristoxène, entre les aulètes de l’école de Dorion et ceux de l’école d’Antigenidès2'. Le prix des leçons pouvait être fort élevé : Timothée demandait le double aux élèves qui avaient

I Dittenb. Syll.2, 523; cf. l’inscr. de la même ville ( Syll.1 , 234) instituant des

e liants annuelsde garçons et de filles en l’honneur de la reine Apollonis. — 2 Coi-p. inscr. gr. 3088 (Michel, 913). M. Gcvaert se trompe en croyant qu'il s'agit d’une ecole professionnelle (d’un « conservatoire » d’artistes dionysiaques). — 3 Syll 2, 524. 4 Ibid. 525. - S Corp. inscr. att. 111, 1122 sq. (supra, 11, I, 028 b, note

135). G Corp. inscr. att. III, 1128. 7 Plut. Quaest. symp. IX, J, 1. — 8 Bull. corr. hell. XVIII, 218.— 9 Corp. inscr. gr. 2715. — 10 Ibid. 3538.

II Le rhéteur Aristide dresse un chœur spécial de jeunes esclaves pour chanter sos élucubrations (J, p. 330 Dind.). — 12 Ath. IV, 170 E; cf. Dio Cass. LXXY'II

- 13 Orf.XVII 5, etc. - 14 0(1. IX, 386, etc. - 15 Plut. Pericl. 1. Tout le passage est a lire. - g Pol. VIII, 0 ; S,d™? «5 vlv ntu0£ÇUy xjivopev tïv«t iUà 6„t.-

xomçav xou (3<xvaü(rou; oî) «rujASaivei Y‘Yve,T®at' — 17 Paus. IX 30 2 18 Ath XIV

624 B. - 19 Id. XIV, 017 C. - 20 kl. XIV, 023 D (Aristéas).’ - *f pu„ XXXVII 5 • Lucian. Adv. indoct. 8. - 22 Aristot. Bcsp. ath. 50. 23 Michel, n« 65 et’oostrab XIV, I, 41 ; cf. aussi Corp. inscr. gr. 3425 (Philadelphie? statue élevée à un citharède, etc.); Corp. tnscr. att. III, 129 (statue élevée à un ou profes¬

seur de chant). En général, cf. Koehler, Gemischto Schriften VI *09 - 24 Di., III, 2, 4. -28 pi„t. Mu». U. ’ ' S’

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déjà été commencés ailleurs1. Pour les artistes de bas étage, les joueuses de flûte, il y avait des écoles spéciales qui ressemblaient beaucoup à des lupanars 2.

Nombreuses étaient pour les musiciens les occasions de se produire dans la vie privée et publique des Grecs. Mariages, obsèques, danses, marches, réclamaient leur concours. L’un de leurs emplois les plus anciens et les plus constants était le dîner d’apparat et surtout la fin du dîner [acroama]. Déjà l'Iliade l’enseignait0 :

jxoXtcyj op/T,c7 tu; te, rà yâp t ’àvaOvjjxaTa oxitoç.

A l’époque homérique, cet emploi était dévolu aux aèdes. Plus tard, à l’époque « lyrique », les professionnels sont moins demandés, parce que les convives exécutaient eux-mêmes le concert. Mais la tradition du souper en musique se maintient dans les somptueuses demeures des tyrans et des rois hellénisés : Polycrate à Samos, les Pisistratides à Athènes, les Aleuades en Thessalie, les Deinoménides et les Denys à Syracuse, les rois de Macédoine avant et après Philippe, bien d’autres monarques grands ou petits, ont leurs musiciens de cour et de table comme leurs poètes et leurs bouffons attitrés.

Dès la seconde moitié du ve siècle, avec le luxe croissant des particuliers, les musiciens gagés, chanteurs et chanteuses, joueuses de flûte, de harpe, de lyre, et de tympanon, refont leur apparition aux festins privés4; ils n’en disparaîtront plus jusqu’àla lin de l’antiquité.

Dans les cérémonies religieuses, prières, libations, sacrifices, processions de toute espèce, Yaulos jouait le principal rôle, mais les règles fixes de la tradition ne permettaient pas à la virtuosité de s’y déployer librement". Au théâtre elle règne sans partage, et à partir du ive siècle le monde musical est une théâtrocratie G.

Les représentations et les auditions théâtrales, presque toujours rattachées à des fêtes religieuses, prenaient volontiers la forme de concours, àyooveç [ludi], dont la périodicité est le caractère le plus saillant. Les concours ont joué un rôle énorme dans la propagation du goût musical et dans le développement des procédés de l’art. Nous ne pouvons aborder ici cet intéressant sujet 1. Contentons-nous de rappeler que dans le terme de {jtouctxot àycSvsç (opposé à yugvtxol), gouffixôç est pris au sens large et que par conséquent le programme de ces concours a compris de tout temps des exercices (rhapsodie, poésie épique, concours de hérauts, etc.) qui ne rentrent pas dans le cadre de la musique proprement dite. Les plus anciens concours musicaux sont celui des Carnées de Lacédémone, institué, dit-on, en 676, et celui des Pythies de Delphes qui date de 582 8. A Athènes les exercices musicaux furent introduits dans le concours des Panathénées vers 450. Le nombre des concours de ce genre, quelquefois greffés sur d’anciens concours gymniques, se multiplia beaucoup à l’époque classique et plus encore à l’époque hellénistique et romaine (surtout en Asie Mineure); plusieurs de ces nouveaux àywvsç pouartxoi' balancèrent ou même éclipsèrent la renommée des plus

célèbres d’autrefois ; citons seulement les Sotéries de Delphes, les Mouseia de Thespies, les Ptoia d’Acræphia' les Charitesia d’Orchomène,les jeux d’Aphrodisias. Les prix étaient tantôt en argent, tantôt purement honorifiques ; le programme variait suivant les temps et les lieux'

Les concours musicaux, célébrés d’abord dans des emplacements sacrés mal définis, émigrent à partir du iv° siècle dans les théâtres, qui commencent alors à surgir. Bientôt (vers 390?) une distinction s’établit, suivant l’emplacement des exécutants,*- entre les àySve; ax^vtxoi et les àywvs; 9uij.eXixoi' : ces derniers correspondent^ peu près à notre musique de concert (citharèdes, citharistes aulètes, trompettes9); les seconds aux tragédies, comédies, poèmes satyriques et dans certains cas à la choraulie (dithyrambe, etc.). Presque toutes les villes où avaient lieu des concours musicaux se contentaient d’un seul théâtre, sauf à employer, suivant les cas, le Xoysïov ou l'orchestre (thymélé). Mais Athènes, depuis Périclès, était dotée d’une salle de concert couverte, spécialement destinée aux auditions musicales proprement dites, l’Odéon, et cette heureuse innovation ne contribua pas peu à rehausser l’éclat du concours des Panathénées ; elle ne fut même pas étrangère à la direction nouvelle que prit à partir de 446 (victoire de Phrynis) le nome citharodique. Plus tard, Hérode Atticus, en 170 ap. J.-C., construisit à Athènes un second Odéon.

A côté des concours musicaux, il faut faire une place aux simples concerts (àxpoâgaTa) et aux festivals, qui existent dès une époque très ancienne (l’hymne homérique à Apollon délien en décrit un) mais qui se multiplient surtout à l’époque hellénistique. Le festival musical donné à l’occasion des noces d’Alexandre10, celui qui accompagnait à Alexandrie la procession quinquennale des Dionysies 11 , sont célèbres. A ce dernier commencent à apparaître les effets de masses, si recherchés par le goût alexandrin et romain : un chœur de trois cents chanteurs soutenu par un orchestre de trois cents citharistes. Nombre de représentations et concerts de l’époque post-classique, payés soit par une ville, soit par un riche particulier, n’ont plus le caractère agonistique : ce sont des « tournées wdontles conditions et le prix sont débattus avec un artiste ou une compagnie ; en général on se contentait sans doute d’y reprendre les chefs-d’œuvre consacrés.

A l’époque classique les artistes, sauf les acteurs, travaillent isolément ; tout au plus un maître groupe-t-il autour de lui quelques élèves. Il en fut autrement à partir de la fin du ivc siècle : la multiplication des théâtres, des concours, des fêtes de tout genre, qui condamnait les artistes à une vie perpétuellement nomade, 1 insuffisance croissante des ressources musicales offertes par la bourgeoisie locale, font sentir la nécessité d’une organisation nouvelle. Alors se forment les puissantes corporations d’artistes dionysiaques [dionysiaci artifices], ^syndi cats privilégiés, organisés comme de véritables Ltats et qui englobent peu àpeu tousles talents artistiques, pot tes, compositeurs, acteurs et chanteurs12, artistes oajvtxoi e

l Quint. II, 3, 3. — 2 Isocr. Antidos. 287 (Didot). — 3 A 152. — <• Plat. Coin. (I, G20 Koek) ap. Alli. XV, 665. De môme aux obsèques on faisait venir des musiciens cariens (Plat. Leges, VII, 800, etc.). — 3 B’aulos accompagnait aussi certains exercices athlétiques : Stheneia d’Argos, pcnlatlile d’Olympie (Plut. Mus. 26). - — 6 Plat. Leges , III, 700. — 7 Reiscli, De certaminibus musicis, Vienne, 1885; lo. Frei, De certaminibus thymelicis, Bâle, 1900 ; K. von Jan, Die mvsilcal. Festspiele der Grieclicn dans Verhandl. der 39 ten Philologenversammlurtg. — 8 On ne saurait accepter comme historiques les Pythies

i« siècle où Terpandre aurait été couronné quatre fois. 9 ^ 01 dr® P :ons(ant où les concours sont énumérés dans les inscriptions (e qui ' adre à l’ordre où ils étaient célébrés) est celui-ci : »■***«> «"* * | j

xi, ««**..*. A 009 eXe!C‘CeS T Frei,

ix Èy/w|Uo'j êrnxoJ, È-yzco^fou ioyixoù', mr,fuxo>v, oaXiturtiov, xpOT __ Oll

it. p. 20). - 10 Ath. XII, 538 iB (Charès). - » M. V, 20. F (Ch. «p ^ liera pas que dans la tragédie nouvelle 1 acteur, a cause < < rlonblé d’un chanteur exercé.

ôufisAixot, costumiers, décorateurs. Après avoir formé pendant 1 époque hellénistique une dizaine de grandes associations territoriales, mais qui ne s’interdisaient nullement de rayonner au delà de leur circonscription propre jusque dans les cours les plus lointaines, les artistes dionysiaques finissent par se fondre au temps des Antonins dans une compagnie unique qui embrasse le monde gréco-romain tout entier. Les artistes dionysiaques ont été les principaux agents de la propagation de la musique grecque dans les vastes contrées ouvertes à la civilisation hellénique par les conquêtes d’Alexandre d’abord, ensuite par celles de Rome ; la capitale de l’empire draina de plus en plus tous les talents hors ligne, mais il restait un champ assez vaste pour les artistes de second ordre, et les troupes de province avaient leurs étoiles.

XVI. La musique a Rome1. — Rome a eu très anciennement les germes d’un art musical original, mais dont le détail est mal connu et qui n’a pas pu se développer en présence des musiques étrangères. Cette musique indigène comportait des hymnes religieux comme celui des Frères Arvales, des complaintes funèbres ( naeniae ), des chansons joyeuses et satiriques (fescennina) ; à table, les convives chantaient à tour de rôle les gesta ma iorum au son de la tibia Celle-ci était, avec quelques trompettes, de caractère liturgique ou militaire (, lituus , tuba, cornu),

1 instrument de musique principal, et quoique le nom en ait été rattaché à une origine étrangère (phrygienne), l’ancienneté du collegium tibicinum ferait croire à l’existence d’un type de flûte vraiment indigène. L’Ëtrurie, où le goût de la musique était fort développé et qui avait même des agones musicaux à la grecque, introduisit à Rome, au v° siècle, ses aulètes et ses baladins (mimes).

Au siècle suivant commence l’invasion de la musique grecque elle-même, d’abord les instruments à cordes [cita ajusta], ensuite lamusique de théâtre. Le drame romain, calqué sur la tragédie grecque dessuccesseurs d’Euripide, comporte de nombreux cantica, les uns chantés par le chœur (il manque toutefois dans la comédie), les autres par les acteurs, et ces cantica ont tout à fait le caractère d’ariettes [canticum] ; il y avait, en outre, des préludes et sans doute des interludes pour flûte seule3. L’accompagnement des cantica était également confié à la flûte dont on employait, selon les cas, diverses variétés [tibia]. Les poètes romains ne paraissent pas avoir composé eux-mêmes les mélodies de leurs drames ; Plaute et Térence ont employé à cet effet des « esclaves », c’està-dire sans doute des captifs grecs. A côté de ces pastiches, le public romain prit goût peu à peu à des exécutions de musique purement grecque par des artistes helléniques. Au premier festival de ce genre, offert par le préteur L. Anicius après ses victoires d’Illyrie (167 av. J.-C.), le public, dans sa grossière ignorance, força les virtuoses à exécuter tons à la fois des airs différents et à se battre à coups de poing4. Mais le goût ne tarda pas à se former, surtout dans la classe dirigeante. Dès 146 les artistes dionysiaques font leur apparition à Rome, et, malgré la résistance de Scipion Émilien 5, malgré un décret éphémère proscrivant les instruments étrangers6, la musique hellénique prend définitivement racine à Rome et pénètre dans l’éducation de la jeunesse ingénue.

1 Friedlander, Sittengeschichte Homs,\\\ 8, 035-372. — 2 Cic. T use. IV, 2.. — 3 Cic. Acad. I, 2,7. — <■ Polyb. ap. Atli. XIV, 315 B. — «Macrob. Sat. Il, 10. — OCassiod. Chron. 039, —7 Vopisc. Car in, 19. — 8 Sen. Ep. 81, — 9 Hor. Af 202, — 10 A mm. Marc.

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I Bientôt même Rome eut scs poètes lyriques, dont les compositions, inspirées de l’école lesbienne, étaient, en partie du moins, destinées au chant monodique ou choral (Laevius, Catulle, Horace). Dans les occasions solennelles, on recrutait facilement un chœur dejeunes garçons et de jeunes filles des meilleures familles pour chanter l’hymne officiel. La musique plus ou moins grecque avait sa place dans les processions, les obsèques, les triomphes.

Encore au temps de Cicéron le dilettantisme musical poussé jusqu’à la virtuosité était mal noté. Ce préjugé disparaît sous' l’Empire. Non seulement le goût de la musique, la mélomanie raffinée, mais encore les talents d’amateur sont alors fort répandus dans la noblesse. Norbanus Flaccus jouait de la trompette, Calpurnius Piso de la lyre, Thraséa chantait des airs de tragédie. Parmi les dames de la haute société le chant, la cithare trouvaient des adeptes passionnées. La cour donnait l’exemple. Un grand nombre d’empereurs ou de princes, Caligula, Britannicus, Titus, Hadrien, Commode, Héliogabalc, Alexandre Sévère sont des amateurs distingués ; Néron les surpasse tous par son talent, ses prétentions à être pris pour un artiste professionnel et son cabotinage effréné.

A l’époque impériale, la musique atoujours sa place dans les offices du culte, surtout dans les cérémonies bruyantes des religions orientales. Mais son véritable domaine est le théâtre, et, dans certains cas, l’amphithéâtre. Le drame proprement dit (tragédie, comédie) disparaît ; en son lieu s’installent le mime et surtout le ballet mythologique ou pantomime , organisé sous Auguste (22 av. J.-C.) et probablement d’origine alexandrine'. Sa popularité fut immense et durable, en dépit ou à cause du caractère lascif et bruyant de sa musique surchargée de fioritures.

Le théâtre sert en outre à des concerts de toute espèce : vastes exécutions orchestrales d’instruments divers associés ensemble7, chœurs monstres 8, soli de citharèdes et d’aulètes,. airs détachés de tragédies chantés par l’acteur en masque et costume ; même les églogues de Virgile et les héroïdes d’Ovide se déclament en musique. Les instruments sont ceux des Grecs, mais renforcés parfois de parties métalliques qui en corsent le timbre9 ; l’orgue est aussi à la mode. Vers la fin de l’antiquité on signale des cithares de dimensions colossales10.

Si, par le caractère de ses festivals musicaux, la Rome impériale rappelle la Londres actuelle, elle lui ressemble aussi par la domination fastueuse et insolente des virtuoses. Quelquefois italiens (tel le Sarde Tigellius sous César), plus souvent grecs ou alexandrins", les rois de la flûte, delacithare et delà harpe tiennent une place éminente dans la société. Choyés par les grands seigneurs, aimés par les iemmes de 1 aristocratie, ils font payer un prix tou leurs exhibitions etleurs leçons : même l’avare Vespasien alloua 200000 sesterces à deux citharèdes qui s’étaient produits à la réouverture du théâtre de Marcellus. Mésomède, sous Hadrien, futpensionnésur la cassette impériale, et soixante ans plus tard Caracalla lui érigea un cénotaphe.

Les concours musicaux (agones) eurent quelque peine à s’acclimater à Rome. Les premiers paraissent avoir été donnés en 17 ap. J.-C. au théâtre de Pompée 1S. Néron cherchaàen faire une institution régulière, quinquennale, mais les Neronia 13 n’eurent qu’une existence éphémère'

XIV, 6, 18.- n Les citharèdes Terpnos, Ménécrale, Diodore sous Néron, Chryso-ono sous Donatien, l’aulète Cauos de Ilhodes sous Galba ; le trigoniste Alexandre d’Alexandrie au temps d’Alliénée( 183 E), etc.- ü Eph. Epigr. VIII, 225.- 13 Sue! Ver 1 J

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Plus heureux, Domitien fonda en 86 les jeux Capitolins [capitolini Lum] qui se maintinrent; ils étaient célébrés tous les quatre ans dans le magnifique Odéon du Champ de Mars qui pouvait renfermer dix mille spectateurs ; il y avait, au moins à l’origine, des prix pour lacitharédie, la citharistique, le solo d’aulos et la chorocitharistique *. Naples avait précédé Rome dans cette voie, Nîmes l’y suivit.

Dans la vie privée des Romains, la musique est surtout représentée à l’heure du dîner ; l’usage en était si général que même les repas modestes ne s’en passaient pas volontiers ; chez les riches, elle déployait toutes ses bruyantes magnificences, au point de fatiguer les délicats. Quelques-uns de ces concerts de table étaient, il est vrai, tout helléniques d’inspiration: un ami d’Auluüelle faisait chanter à des chœurs de garçons et de fillettes des odes de Sappho et d’Anacréon 2; mais d’ordinaire il y avait plus de faste et moins de goût. De grands seigneurs (comme les boyards russes avant l’émancipation des serfs) entretenaient de véritables orchestres d’esclaves, pueri symphoniaci, qui les suivaient dans leurs déplacements. A. leurs interminables buveries défilaient instrumentistes, chanteurs et chanteuses de toute nationalité ; les voluptueuses Gaditanes faisant claquer les castagnettes, les ambubaiae syriennes ou égyptiennes pinçaient de la sambyque ou du psaltérion. Dans le festin de Trimalcion tout se fait en musique, même le dépeçage des viandes et le nettoyage des tables. Les “culptures des sarcophages romains ont conservé l’image 3t comme le regret de ces dîners mélodieux.

Fortement imprégnée d’éléments orientaux, la musique romaine, par son caractère sensuel et bruyant, devait éveiller les scrupules de l’Église chrétienne naissante. Dans leurs craintes, plusieurs Pères de l’église au ive et auv°siècle vont jusqu’à condamner absolument l’usage du chant et des instruments dans le culte ; mais cette doctrine trop austère ne put triompher, et, grâce aux efforts d’Ambroise, l’église latine fut dotée d’un répertoire de psaumes, chantés en chœur, où se perpétua probablement

l Domit. 4. — 2 Gell. XIX, 9. — Bibliographie. Sources. Les principaux traités techniques ont été réunis dans les collections de Meibom (Amst. 1652) et de Jan ( Lips. 1895); la plupart ont été traduits en français par C.-E. Ruelle (1870-1898). Mentionnons en outre les éditions d’Aristoxène par Marquard (1868), Westphal (1883-1893) et Macran (1902) ; d’Aristide Quintilien par 0. Jalm (1882) et Caesar (1861, la rhythmique seulement); de Plutarque, De Musica par Volkmann (1856). Westphal (1865), II. Weil et Th. Reinach (1900); de Ptolémée, Porphyre et Bryenne par Wallis (1699), de l'Anonyme De Musica par Bellermann (1841), de Théon de Smyrne par Hiller (1878, Irad. fr. par J. Dupuis, 1892), de Boèce par Friedlein (1867, trad. ail. par O. Paul, 1872), de divers textes par A. -J. -H. Vincent, Notices et extraits des manuscrits, XVI, 2 (1847). Les restes de musique grecque sont réunis commodément dans les Melodiarum reliquiae de Jan (Lips. 1899). — Ouvrages modernes (pour les sujets spéciaux, voir aux articles correspondants ou aux paragraphes du présent article). Histoires générales de la musique: Burney (1776-89), Chappel (1873 sq.) en anglais, Amhros (I, 3e éd. 1887) en allemand, Lavoix en français. — Ouvrages d'ensemble sur la musique antique : Boeckh, De metris Pindari, Lips. 1811 ; R. Westphal, Griechische Jlhythmik und Harmoni/e (1863, 1867, 1886); Die Musik des griechischen Alterthums, Leipz. 1883;

F. -A. Gevaert, Histoire et théorie de la musique de l’antiquité, Gand, 1875-1881 ; La mélopée antique dans le chant de l’église latine, 1895; Problèmes musicaux d'Aristote (avec Vollgraff;, 1903; H. Gleditsch dans le Handbuch de I. von Muller (II, 3), 3e éd. 1901. — Esthétique et philosophie musicales : E. Gobiot, De musicae apud veteres cum philosophia conjunctione, Paris, 1898; H. Abert, Die Lehrevom Ethos in der griechischen Musik, Leipzig, 1899. Pour plus de détails, voir les bibliographies du Jahresbericht de Bursian par Guhrauer (1885) et K. von Jan (1900).

MUS IV LM OPUS. l Furietli, De musivis, p. 3; Ciampini , Y et. monumenta, p.77; Redslob, Ueberden Ausdruck Mosaik, Zeitschr. d. deutsch. Morgcnl. Gescllsch. XIV, p. 663 sq. — 2 Le Viel, Essai sur la peinture en mosaïque, p. 13 sq. ; Gur- Jitt, Ueber die Mosaik , Arch. Schr. p. 162 sq. ; Artaud, Hist. abr. de la peinture en mosaïque, p. 5; Bûcher, Gesch. d. techn. Künste,p. 97, d’après Engelmann, qui rapproche l'expression muséum opus du mot latin musaeum employé par Pline, Hist. nat. XXXVI, 42; XXXV11, 6, dans un sens différent ; Blumncr, Techn. und

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la tradition cle la mélopée hellénique. Théodore iipIM

MUSIVUM OPUS. Mosaïque. — D, ‘/Initions mot d étymologie incertaine, paraît dériver, non do

I hebreu maskith, comme on l’a parfois supposé * inais du grec-, et présente avec le mot Montra d’étroits rm ports, sinon de filiation directe, du moins de parenté"

II apparaît pour la première fois dans un texte latin ï 1 époque de Dioclétien 3. L’orthographe fut longue à se fixer. Jusqu’au moyen âge, on écrivait indifféremment: muséum % musium b, ou musivum 8. A l’origine

vum ne désigné que la peinture murale en cubes d’émail 1 Ce genre spécial, d’abord plus en honneur en Orient qu’à Rome, prit partout, à partir de Constantin, une impor tance prépondérante. Le mot qui le définissait en arriva a designer la mosaïque dans le sens le plus général, c’està-dire l’art de décorer des surfaces architecturales quelconques au moyen de petits fragments de pierre, de terre cuite ou de verre, de coloration diverse ou uniforme, exactement juxtaposés dans un lit de ciment, ou ils affleurent tous au même niveau et qui assure là cohésion de l’ensemble. Le mosaïste s’appelait musivarius \ museiarius\ musearius10. Peut-être à l’origine le musivarius n était-il que l’artiste en musivum c’est-à-dire celui qui décoraiten cubes d’émail desmurs et des voûtes, le tessellarius n, tesseràrius 12 ou simplement pavimentarius celui qui exécutait sur le sol les pavements historiés en cubes de marbre. Les expressions grecques qui correspondent à musivum , telles que |xgu<7eïov, goua'îwu.a, gouffetüxri;, ’épyov (XEg&'j<7ojp.£vov, gouaatxôv 13, ne font que traduire le mot latin u et n’apparaissent que. fort tard, la plupart seulement dans la période byzantine.

A l’époque classique, pas plus en Grèce qu’à Rome, il n’existe de terme pour désigner la mosaïque en général. Le nom des produits de cet art dépend de leur nature et de la place qu’ils occupent. Les pavements historiés sont appelés en grec : ÀiôôaTptoxov i5, en latin, lithostrolon 16, appellation d’ensemble qui englobe toutes les espèces de pavimenta , le sectile , le vermiculatum et le

Termin. der Gewerbe und Kilnste , III. p. 326 sq. — 3 Spart. Pesccnn. Nig. 6, 8.

— 4 Trebell. Poil. Trig. tyr . 25, 4: pictura est de museo ; Corp. inscr. lat. Vill» 903, 1323, 2657; IX, 6281 ; Orelli-Hcnzen, 6599. — 5 Spart. L. c. 0, 8 : pictum de musivo. — 6 August. Civ . Dei, XVI, 8, 1 : quae musivo picta sunt; Orelli, 3323.

— ^ La Corda et Saumaise, cités par Furietti, p. 4 sq. ont les premiers reconnu que le

mot musivum ne concernequc la mosaïque murale appliquée contre les parois courbes, camerae (voûtes), absides (absides), fct non sur les pavimenta ; Furietti a malheureusement fait prévaloir l’opinion contraire, et sa thèse, admise sans conteste, a obscurci une question que rend cependant très claire la précision des textes suivants : C. i. I. VIII, 1323 : cameram opereinuseo exornaoit ; Orelli, 3323 : fontem opéré musivo exornavit ; SparL Pèse. Nig. 6,8 : inporticu cur va pictum de museo ; Stat. Silv. I, 5, 42-43 : effulgent camerae , vario fastigia vitro inspecies animosque ; Symm.

VIII, Ep. 42, dans Migne, Patrol. XVI II, p. 32 : novurn musivi genus et intentatum... ornandis cameris \ Plin. XXXVI, 189 : puisa ex humo pavimènta in caméras transiere , e vitro ; Sen. Ep. 86, 6, nisi vitro absconditur caméra ; cf. Visconti Mus. Pio. Clem. VII, p. 80 sq. ; Gurlilt, L. c.\ Loriquet, La mos. des Promenades à Reims , p. 81, n. 2; Blünmer, L. c. p. 332 ; Ducangc et Forcellini, s. v. — 8 Cod. Just. X, 64, 1 ; Cod. Theod. XIII, 4, 2; Cassiod. Var. VII, 5 ; Orelli , 4238. — 3 C. i. L VI, 9647.— 10 Ed. DioclNl I, 6.— H Le Code de Tbéodose, l. c ., distingue les tessellarii des musivarii ; cf. C. i. I. IV, 4502 et 7044 ; Orelli, 2965. — ^ Mos. de Porciano,

C. i. I. XI, p. 1223, 6730, n. 3. — *3 Steph. Thés. s. v. — 14 Gurlitt, Arch. Schr. p. 162 sq., qui fait venir musivum de tuou<mov. — 1° C’est d abord un dallage do pierre, Sopb. Antig. 1204. Le mot n’est appliqué qu’assez tard à la mosaïque : Arrian. Epict. IV, 7, 37; Corp. inscr. gr. 2643. On disait de môme MoXo^a ou e$aso« XcXiOw|Jkévov : Poli. VII, 121, et, à l’époque byzantine, •iyjooXoyr.p.a, -iri<pï3o;

lmb 'j/vjoïSoç, ijjyjŒtSwv re/vT], de J/îjçot, dés, et pour désignci lt mosais •i/eœoôixrj; : C. /., gr., 2025; Ducange, Gloss, s. v. Musivaria ars. Letronn e, Lettres d'un antiquaire , p. 314 ; Schmidt Ath. Mittheil , V, 74 ; cf. Galou. I, p. 19 K , G 1 c£* Nyss. Or. de S. Theod. mart. dans Migne, XLVI, p. 740 A; Greg. Naz. Or. 10, p. -48 (édit. Colon.); Anth. Planud. 247.— 16 Plin. XXXVI, 184 ; Pavimenta origmem apud Graecos liabent elaborata ante picturae rahone donec lithostrata expu ete eam; Ibid. 189 : lithostrota coeptavere jarn sub Sitlla ; Varr. De le rust. ^ i 1, 10 : villam... pavimentis nobilibus lithostvotis spectandam ; Capit. Goid. 3-,

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lessellaïum. Les tableaux rapportés, qu’on insère tout faits dans les pavements ou dans les revêtements en marbre des murailles, prennent le nom d”ép.6Xiqp».a, en latin emblema *. Il n’existe pas de terme dans les langues anciennes pour désigner la mosaïque en relief. Ce genre n’était, pas connu. Tous les spécimens prétendus anciens qu’on en a signalés jusqu’ici sont l’œuvre de faussaires modernes2.

Nombre des mosaïques antiques. — L’usage de la mosaïque était extrêmement répandu dans le monde antique, surtout à l’époque romaine et sous les empereurs. On l’employait sur le sol et contre les murs. La plupart des revêtements de ce genre ont été détruits par le temps ou par la main des hommes. Ceux qui

sont parvenus jusqu’à nous sont en nombre infime, en comparaison de la quantité des œuvres qui nous échappent, soit qu’elles gisent encore sous terre, attendant le hasard d'une découverte, soit qu’elles aient irrémédiablement disparu, sans que personne ait pris la peine d’en conserver le souvenir. Il nous reste cependant beaucoup plus de mosaïques antiques qu’on ne le croit généralement, même en ne Lenant compte que des sujets figurés, à l’exclusion des motifs purement ornementaux, si abondants qu’il faut renoncer à en dresser une statistique. En 1901, un spécialiste en la matière, Eugène Müntz, évaluait les premiers à sept cents au maximum ’. Il faut au moins tripler ce chiffre pour approcher.de la vérité. Pour notre part, nous avons déjà inventorié plus

Fig. 5230. — Mosaïque d’El Alia (Tunisie), réparée dans l’antiquité.

de deux mille mosaïques gréco-romaines à sujets figurés provenant de plus de quatre cents localités différentes ; et ce premier essai de catalogue général présente certainement encore bien des lacunes.

Date des mosaïques. — Les mosaïques antiques que nous connaissons se répartissent très inégalement suivant les périodes, et il n’est pas toujours facile de les classer par ordre chronologique. Jusqu’à l’époque chré-

l La distinction est nettement établie par les textes suivants : Varr. De re rust. III, 2, 4 : num quid emblema aut lithostroton ; Lucil. v. 993, éd. Lachmann : Quam lepida lexis compostae est tesserulae omnes , arte pavimenlo atque emblemate vermiculato (leçon de M. le prof. Fr. Marx). — 2 La liste de ces faux, avec leur bibliographie, a été dressée par Engelnianu, Veber Mosaikreliefs, dans Muséum fur Philologie, XXIX, 561 sq. Ajouter : Mosaico romano de relieve, perten. a Don Alvaro gil Maestre dans le U oit: tin de la Soc. Espaii. de Excursiones, 1893, p. 73 sq. ; cl. Michon, Une prétendue mosaïque antique, dans les Mém. des antiq. de France, 1894, p. 302 sq.; Engelmann, Arch. Zeit. XXXI, 1873, p. 128 sq. ; 1876, p. 42, et Bullett. 1872, p. 98; Jahrb. d. arch. Inst. XII, 1897, p. 195; Mus. Pio. Clcm. VII, p. 80, n. a, prétendus fragments de mosaïque en relief découverts dans les voûtes du cryptoportique de la villa Uadriana. — 3 E. Müntz, Projet d'un Corpus des mosaïques païennes et chrétiennes jusqu’au ix“ siècle inclusivement, tirage autograpliié de la communication faite à l’Association internationale des Académies an Congrès de Paris, en 1901 ; cf. C. rend. Acad. 1901, p. 298. — ’> L’on ne connaît que deux mosaïques païennes portant une date consulaire : celle du temple de Terracine, qui mentionne un Sulpicius Galba, Ser. f. cos. sans doute le futur empereur Galba, natif de Terracine et consul en 33 pour la première fois, ou son frère C. Sulpicius Galba, consul en 22 ap. J.-C., eu tout cas pas le consul de l’an 144 avant notre ère, comme le croient Mommsen et La Blanclière ; cf. Bull. 1842,

lienne, les œuvres de ce genre ne présentent presque jamais d’inscription qui permette de les dater l. D’autre part, aucune des indications que l’on peut tirer de la nature des matériaux qui les composent, du choix des sujets, de la manière dont ils sont rendus, n’est assez sûre pour qu’on puisse lui accorder la valeur d’un critérium infaillible et applicable à tous les cas. Chaque siècle apporte avec lui son contingent de combinaisons

p. 99 et fig. p. 176; La Blanchère, Terracine, p. 88; Rohden-Dessau, Prosopographia, III, p. 282 sq. ; C. i. I. I, 576 et X, 6323; celle d’Avencbes qui présente les noms de Pompeianus et d’Avilus, consuls en 209 ap. J.-C.: Spon, Decker, cur. d'Ant. p. 32; Wild, Apolog. d'Avenches, p. 178; Schmidt, Antiquités d' Av. et de Culm, p. 22; Bursian, Aventicum, p. 24, n. 3 ; Hettuer-Wilmowsky, Bôrn. M osai le aus Trier, p. 10, n. I. Une mosaïque de Trêves est datée approximativement par le nom de M. Piaonius Viclorinus, tribun des prétoriens, l’usurpateur qui régna sur la Gaule en 269-270; Hettner-Wilmowsky, Ibid. V et 5 sq. et Ljhner, Fuehrer durcli das Prov. Mus. iur Trier, 1897, p. 9. A l’époque chrétienne, les mosaïques annulaires présentent assez souvent des épitaphes datées, surtout» en Afrique. Par exemple, à Lemta (427) : C. i. lat. VIII, Il 127 ; (429), Ibid. 1 1 129 ; à Sertei (444 et 467) : Bull. arch. 1888, p. 428 sq. 435 sq. et pl. xui; à Sélif (454) : Gauckler, Bull, arch. 1892, p. 124, pl. xv ; à Ténès (457) : C. i. I. VIII, 9693 et peut-être aussi 9694; à Tipasa (467?) : Ibid. 9313 ; à Orléansville (tombe double : 468 et 474) : Ibid. 9713, et Bev. afr. I, dessin de la p. 480; (tombe de Reparalus en 475) : Ibid. 19 709; à. Sidi Ferruch (seconde moitié du v' siècle) : Ibid. 9271 ; à Tébessa (508) : Ibid. 2013 = 16516. Une épitaphe grecque de Madaba en Palestine est datée de 579, Nuovo Bull, di arch. crist. 1902, p. 134. On rencoulre aussi dans quelques basiliques chrétiennes des dédicaces commémoratives en mosaïque exactement datées, par exemple à Orléansville (21 nov. 324), C. i. I. VIII, 9708 ; à Kabr- [ Hiram, Bayet, Becherches , p. 79 sq.

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el cio sujets nouveaux, qui s’ajoutent aux précédents ma.s ne les excluent pas. Dans beaucoup de basiliques dU 6mpS de Constantin, certains pavements rappellent encore ceux que l'on rencontre à Pompéi, tandis que t autres, tout voisins et contemporains des premiers ne présentent que des motifs d'invention tardive caractenstiques de l’époque chrétienne.

A defaut du style, le lieu de provenance permet souvent de dater les mosaïques. Ainsi, celles des maisons greco-romaines de Délos ne peuvent être postérieures à la destruction de la ville par Archélaos en 86 avant notre ore ^ ni celles de Pompéi à l’éruption du Vésuve de <m /9 ap. J.-C. Par contre, les pavements historiés les plus anciens de la Grande-Bretagne ne sauraient guere etre anterieurs au règne d’IIadrien3. Ceux de Thamugadi (Timgad), colonie romaine de Trajan ne peuvent remonter plus haut que le début du second f.iede de notre ère4. On peut aussi déduire approximativement la date d’une mosaïque de celle de l’édifice auquel elle appartient. Il est vrai que, dans les monuments antiques ayant servi longtemps, les pavements historiés que l’on retrouve sous les décombres sont bien inrement ceux qui furent établis au moment de la construction. Parfois même ils sont postérieurs de plusieurs centaines d’années à la fondation de l 'édifice qu’ils ornent. Ainsi, dans le temple d’Olympie 3, le beau pavement du portique d’entrée, où l’on a voulu voir le plus ancien spécimen de la mosaïque en Grèce, ne remonte certainement pas plus haut que le début de l’occupation romaine.

Sous le frottement des pas, les pavements s’usent vile. Il faut les réparer souvent, ou même les refaire de toutes pièces quand ils sont trop endommagés. Beaucoup de mosaïques romaines présentent des traces très apparentes de plusieurs restaurations successives (fig. Ô230) 6. Tantôt on se bornait à les rapiécer; tantôt on îecouvrait tout le pavement primitif d’une couche nouvelle de mosaïque, en ayant soin de conserver audessous l’ancien lit cimenté qui servait ainsi à augmenter la stabilité et la siccité du sous-sol. Dans les maisons du quartier de Dermech à Carthage7, dans celles d’Oudna8,

1 on rencontre jusqu à trois et quatre couches de mosaïques superposées, entre lesquelles se sont parfois glissées quelques monnaies qui déterminent approximativement l’époque des divers remaniements.

Les renseignements tirés de l’examen des lieux offrent donc à la chronologie de précieux points de repère : les mosaïques datées servent à classer celles qui ne le sont pas. Elles jalonnent la roule que doit suivre l’historien.

Origines. — L'idée première de la mosaïque est venue de l’Orient 9. Deux mille cinq cents ans avant notre ère, les Chaldéens employaient déjà, pour la

décoration de leurs palais d’argile, un nrnr,m • .

approche. Dans un édifice en ruines détratrô * <,Ul Sen à Ouarka, l’ancienne Erech r,lne . |,a'' Loft"» ornée de chevrons, de spirales et de loif'! S rouges et noirs, «gérés au nto.ven d l ZTS

F.g. 5231. - Mosaïque orientale en cônes de lerre cuite.

cuite dont chacun était teinté à sa mr-n* • r- ■ d’une de ces trois couleurs. Les sommets de ceVcTnes' nous dans le pisé, disparaissaient dans l’éDaissr. i’ la construction, tandis que les bases resLf . ° visibles au dehors, dessinaient par la juxtanositin311 T ours tons différents une véritable ino- ° °

saïque (fig. 5231, 5232).

L’usage de ce procédé s’était sans doute répandu dans toute la basse Chaldée. Si l’on n’en a retrouvé jusqu’ici aucune trace a Telia (Sirpourla) “, Taylor a signalé dans les ruines d’Abou-Shareïn 12 la présence de cônes du même genre, dont la base était teintée en noir. La mosaïque ne semble pas avoir été employée à Babylone, ni en Assyrie, ni en Perse 13 : l’on ne sauiait, en ellet, sans abus de langage, appliquer ce nom aux dallages polychromes qui, d’après le livre d'Eslher **, formaient les pavements du palais d’Assuérus, ni aux combinaisons de briques émaillées qui revêtaient les parois des monuments royaux de Khorsabad, de Ninive et de Suse.

Par contre, le caractère inaltérable de ce genre de décoration devait le faire tout particulièrement apprécier en Egypte, dans ce pays où la durée d’une œuvre d’art importe plus que sa beauté. On l’y employa de très bonne

Fig. 5232. -Cône à base colorée.

Fig. 5233. — Plaquette de faïence.

heure pour l’ornementation des murs et même de certains objets mobiliers. Dans la pyramide à degrés de Sakkarah18, le caveau de Zosiri, roi de la mc dynastie, était aux trois quarts revêtu de plaquettes émaillées oblongues, légèrement convexes et munies d’un glacis verdâtre au dehors, plates à la face interne. Une saillie

l P. Paris, Bull, corr.hell. 1884, p. 492; Couve, fouilles à Délos, Ibid. 1895, p. 462. II ne nous parait cependant pas démontré que, dès cette époque, Pile ait'été totalement abandonnée. — 2 Pljn. jun. VI, Ep. 16 et 20.— 3 Morgan, Boni. brit. mosaic pavements, p. 15 sq. — 4 C. i. I. VIII, p. 259. — 5 Expéd. de AJ orée, I, pl. lxiv ; Buclier, Gesch. der techn. Künste, p. 102, fig. 19; Baumeister, Denkm. d. klass.Alterlh. p. 927, fig. 998-999 ; Lelronne, Lettres d’un antiq. p. 314. — c Fragment d'un grand pavement, conservé au Musée du Bardo, qui ornait le salon d'apparat d'une vil la romaine à El Alia (côte du Sabel tunisien). II représente une pêche à la seine. Le premier pêcheur halant le filet est entièrement refait, le'second à demi; le pavillon demicirculaire, placé à droite perpendiculairement aux autres constructions, est aussi de la seconde main; cf. Gauckler, C. r. de l'Acad. des inscr. 1898, p. 828, et Marche du serv. des antiq. de Tunis en 1898, p. 7; Schulten, Arc h. Anzeiq. 1900, 2, p. 66 »q. et fig. 2. —7 Gauckler, Marche du serv. 1897, p. 7 ; Bull. arch. du Comité . 1903, p. 412 sq. — 8 Gauckler, Monum. Piot, 1897, p. 187, 213, 225. — 9 Furielti,

O, l. p. 2J ; Ciampini, Ibid. p. 78; Le Viel, Ibid. p. 2 sq. ; Sticglitz, Arch. d I

Bankunsl I, p. 276; Engelmann, Bhein. Mus. N. F. XXIX, p. 561 sq. ; Artaud, Ibid. p. 2 sq. ; Blümner, Ibid. III, p. 324, etc. — *« Loflus, Tr avals and researches, p. 187 à 189; cf. Perrot et Chipiez, Hist. de l'Art, II, p. 293 sq. et fig. 119 et 120; P. Girard, La Peint, ant. p. 59. — U Perrot et Chipiez, Ibid. — 12 Taylor, Journ. of the r. asiat. soc. XV, 411. — 13 On a cependant signalé, sur la plate-forme qui soutenait les palais achéménides do Persépolis, un pavement composé de cailloux de couleur insérés dans un ciment et polis après coup, sorte de premier essai de mosaïque grossière; cf. the l'imes, 9 sept. 1892, et Macmillans Magazine, fév. 1893, cités par S. Reinach, Chr. d’Or, 2” sér. p. 192. )+ Esther,

I, 6 : pavimentum smaragdino et pario stratum lapide, quod mira varietate pictura decorabat. — 15 Minutoli, Beise zum Tempel des Jup. Amm. pl. xxviu, Valcriani, Nuova lllustr. istor. monum. d. Basso et d. Alto Eyyplo, pl. c (par Segato); Borchardt, Pie Thür aus der S tuf enpyramide bel Sakhaia, dans Zeitschr. fïir Aeg. Sprach. XXX, p. 83 sq. ; Perrot et Chipiez, Ibid. 1, p. s-3 sfb > Maspero, Hist. anc. des peuples de l'Orient, 1, p. 243 et fig.

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carrée percée d’un trou servait à les assembler par derrière en rangées horizontales au moyen de tiges en bois ((ig. 5233) *. En outre, les trois bandes qui encadraient l’une des portes du tombeau étaient historiées aux titres du Pharaon, les hiéroglyphes s’enlevant en bleu, en rouge, en vert, en jaune sur un fond chamoisé (fig. 5234). Dans une tombe de Meïdoum 2, hiéroglyphes et ligures ont été, par endroits, dessinés en creux et remplis jus-

Fig. 5234. — Porte de tombeau égyptien incrustée de faïence.

qu’au bord de cailloux multicolores qui donnent à la décoration un éclat surprenant.

Le temple que Ramsès 111 bâtit à Tell Yahoudî , dans le Delta, avait ses colonnes et ses murs recouverts de pièces de faïence multicolores, rosaces, quarts de cercle, oves, représentations d’oiseaux, d’hommes et d’animaux. Tantôt le motif, personnage ou figure géométrique, a été modelé et cuit d’une seule pièce, tantôt il est formé d’éléments rapportés, incrustés dans la couche du ciment 3. D’autre part, certaines inscriptions de Karnak, dès le temps de Thoutmosis III, avaient leurs hiéroglyphes rehaussés de plaques de faïence analogues \ A Tell el Amarna B, les frises historiées des murailles sont incrustées, non plus de pâtes vitrifiées, mais de pierres dures, obsidienne, quartz, albâtre, calcaire jaune, serpentine verte, porphyre rouge et granit noir. Enfin, quelques tombes thébaines6 avaient leur façade couronnée d’une frise de cônes en terre cuite, rappelant ceux d 'Ouarka par le rôle décoratif, tout en différant de ceux-ci par l'invocation religieuse gravée qu’ils présentent sur leur surface.

Sous la xxe et la xxie dynastie, la mosaïque était aussi employée pour orner des cercueils en bois. Celui de la reine Uazmît, au Caire1, est agrémenté de figures et de lettres, en plaques de pierres dures, cornaline, lapis, feldspath, d’émaux ou de verres, découpées et fixées sur une couche de plâtre fin doré. Le célèbre panneau du Musée de Turin8, dont nous devons à l’obligeance de M. le professeur Schiaparelli de pouvoir publier ici pour la pre-

mièrefois un fragment (li g. 5235), semble avoir appartenu au couvercle du sarcophage d’un prêtre égyptien. L’on ne connaît d’une façon précise ni la provenance, ni la date de ce précieux morceau, mais l’on a tout lieu de croire qu’il a été trouvé à Gebel-Touna et qu’il remonte au Nouvel Empire, peut-être même à l’époque saite. Il présente cinq colonnes d'hiéroglyphes en pâtes de verre, en lapis et en cornaline, incrustées en plein bois. Certaines de ces figures se composent d’une seule plaquette monochrome artistement découpée, comme dans Yopus sectile romain ; d’autres, notamment les oiseaux, sont formées par la juxtaposition d’une multitude de parcelles diversement colorées et correspondent exactement au travail en vermiculatum .

Au Fayoum, vers le début et jusqu’au milieu de l’époque ptolémaïque, la mosaïque fut aussi employée pour les stèles et les tombes. Près de Haouarâ, \rassalli a découvert plusieurs cercueils habillés de mosaïques multicolores en pierres et en verres, dont chaque élément est taillé et ciselé à la pointe avec une finesse merveilleuse 9.

C’est évidemment à la même série d’objets mobiliers que se rattache le coffre ou le siège en bois de cyprès, dontM. Evans a découvert en IÜ02 les débris très mutilés dans la chambre du trône du palais de Knossos, en Crète 10. Ce meuble devait être bordé d’une frise incrustée, se composant de plaquettes de faïence, les unes planes, les autres en relief, peintes de sujets divers : guerriers, maisons, animaux ou feuillages.

Enfin la mosaïque de pierre ou de verre servait aussi à décorer des figurines telles que la grenouille du musée égyptien au Louvre des bijoux tels que l’épervier incrusté de smaltes, du Musée de Turin ; des scarabées, des taureaux ailés, des édicules montés sur or, ou ces plaques en bronze découpé du Musée de Boulaq qui rappellent l’aspect des émaux cloisonnés chinois 12 .

Mais de tous ces procédés, qui se rapprochent plus ou moins de celui de la mosaïque, aucun ne reçoit son application sur le sol. Que ce soit en Orient, en Égypte ou en Grèce, jusqu’au in° siècle avant notre ère, l’on ne rencontre nulle part d’autres pavements historiés que ceux de stucs, enluminés au pinceau. La révolution architecturale qui se produisit à partir de cette époque, substituant dans les édifices les revêtements de marbre à ceux de brique ou de chaux, eut pour premier effet de faire descendre la 'mosaïque sur le sol et d’en chasser la fresque13. De la folie du marbre, qui sévissait alors dans tout le monde alexandrin, naquit la mosaïque proprement

cf+.cit.

'ig. 5235. — Hiéroglyphes en incrustations.

1 Perrot et Chipiez, Ibid. fig. 555, 556, 557. — 2 Maspero, Les

Mastabas de l’ancien empire , p. 470. — 3 Perrot et Chipiez, Ibid. p. 824 et fig. 558, 559, 500. Spécimens ail Musée de Boulaq, Catal. édit. 1897, n0' 403- 404, 472 à 475 bis, p. 137 sq. Autres édifices décorés de même à Memphis, Perrot, Ibid.-, à Mit-Rahineh, Jomard, Descr. ant. V, p. 543 et atlas, pl. i.xsxvn, fig. t. — 4 Renseignement fourni par M. Maspero. — à Sleindorff, Arcli. Anzeig. 1893, p. 04; Sittl, Arch. d. Künst dans Handbuch d. Iclass. Altertli. Wissenseh. d’hvan von Miiller, p. .301, § 258. — 0 Rhind, Thèbes, ifs tombs and their tenants.

р. 136. — ' Renseignement de A1. Maspero. — 8 Artaud, Hist. de la peint, en mos. p. 3. — 9 Renseignement de M. Maspero. — 10 Evans, Knossos excavations. 1902, dans The annual of the British scliool at Athens, VIII, p. t9 sq. fig. 8. 9. — il Musée du Louvre, n» d'invent. 3043 (ancien fonds). — 12 Perrot et Chipiez. L.

с. p. 826; Mariellc, Xotice du Musée de Boulaq, p. 09. Au Louvre, de beaux bijoux incrustés d’émail, de l'époque de Ramsès 11, pectoral orné du vautour ou de l’épervier, etc., il»’ d'invent, 704, 705, 707. — 13 plin. XXXVI, 184 et 47 ; voir »ar- Mon, p. 1597 sq.

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Prennes, quelle se constitua définitivement comme on ai ind épendant, ayant ses procédés et son domaine propres. Alexandrie fut, selon toute apparence la sou ce -.que d:„ù jaillirent deux courant/' lün ,e p

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lielléniaue jnP,.em'ere a l>our d°maine propre l’Orient hellénique. Toute grecque d’allure et de style, elle se

maintient toujours dans les limites de la logique et du

non «T’ Tu S'ad°nne de PréK«nce à la décoration des mutai lies et des voûtes, et n'admet les pavements liisto-

nes qu a la condition de justifier leur présence sur le sol P quelque prétexte ingénieux tel que celui des

• O UI siècle avant notre ère, elle brille d’un vif

”s es °P^‘e»teS capitales des royaumes hellénistiques fondes par les successeurs d’Alexandre. Comme eux, elle est ruinée par la conquête romaine, mais ne disparaît cependant pas tout entière, ainsi qu’on le croit généra ement. Si l’on en perd à peu près’ toute trace

• rieUrS 6S’ CG n’estPas que les ateliers grecs n aient rien produit à cette époque; mais la destrucion des édifices qu ils décorèrent provoqua l’anéantissemen des mosaïques murales qui constituaient leur spécialité tandis que les pavements historiés exécutés par es ateliers romains subsistaient sur le sol, malgré l’écroulement des parois.

Moins favorisés de commandes que leurs rivaux romains, les mosaïstes grecs n’en continuent pas moins à exercer leur art en Orient, pendant toute la duree de 1 Empire ; et lorsque, l’axe du monde antique s étant déplacé, Constantin transporte sa capitale a Byzance, il trouve l’école grecque parfaitement préparée à orner ses palais et à fixer en traits ineffaçables sur les murs des basiliques la gloire du christianisme triomphant.

Soutenus désormais par la faveur du monarque, alimentés par les richesses qui affluent à la cour impériale, es ateliers de Constantinople gagnent tout ce que les invasions et les guerres civiles font perdre à ceux de Borne. Ils supplantent d’abord ceux-ci dans les pays de culture hellénique; puis, envahissant par Ravenne l’Italie elle-même, ils leur font concurrence sur leur propre terrain, dont ils s’emparent définitivement à partir du règne de Justinien.

Tout autres ont été les destinées de la mosaïque romaine. Elle s’est développée plus tard. Ce n’est qu’au temps de Sylla 2, que les premiers mosaïstes venus d’Alexandrie ou des îles de l’Archipel 3 s’installent dans la capitale. Mais ils y reçoivent aussitôt un accueil enthousiaste. Par ses avantages pratiques, par sa

J piln- xxxvl’ l8i; Stat. Silo. I, 3,55; Sid. Apoll. Garni, 23, 50.— 2 pijn. XXXVI,

189. - Eà|«o;, à Pompéi, voy. fig. 5237 ; cf. Lucas, Dus Mosaik der

Ansto . dans Mitt. arch. Inst. Rom, XVII, p. 127, avec la bibliographie. - 4 Suet.

acs . O Luc,]. 993, Lachmann. — 6 Sen. Quaest. nat. VI, 31, 3 : in balneo tessellas quibus solum erat stratum ; Plin. XXXVI, 184, 187. — 7 Les tesserae setvent à établir les carrelages sub dioo : Vitruv. VII, 1 , 6, pavimentum e fessera grandi ;

111 ’ C ' 3 acP*’ J’ 3 ’ 10’ 33- Parfois les dés de mosaïque portent un

nom différent et sont appelés en grec, Athen. V, p. 207 c; Euslalli. Ad

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ni vvif c - p. *t\j i v \ Hills la. II). Ad

Odyss XXII, -97, p. 1927, 01; en latin, abaculi, Plin, XXXVI, 199 , veluti cum calcul/ fiant quos quidam abaculos appellant aliquos et pluribus modis versico-

richesse et son éclat, et plus encore neni.A, , efloi t qu’il s’impose, leur art est l'ail ^ Rar le ^nt Homain positif, fastueux et tenace ^

guste, la mosaïque devient l’ohif»! v d’Au-

Mais la vo^ueinorlXou^6;^6111611,1^^sa décadence. Par l’abus qu’on en fait Vn ^ qUebienlôt a en fausser le caractère. La mosaïcrue rn &mVe V'le forme en un genre factice, dontle sort est U-”*3 S6 Uans' celui du peuple qui l’accommode à sa fanH ,ip à à tous ses caprices, fût-ce aux dépens de làw61 6 pHe la vraisemblance. A la suite de^ 1, • , • ^lcIue el de

mosaïque pénètre en Occident jusqu'au fn” ™perlales> >« les plus reculées. Mais

chute, et dès le vr siècle de notre ère hmosX 8 S“ sa voit forcée de céder la p.ace

c ces deux écoles de mosaïque celle de P * cel.e de Rome, nous ne pouvons' en, 2 i/ « que dans ses rapports avec la seconde qui seule rPnh tout entière dans le cadre de cet article La mosaïque ROMAINE. — Les aenrt>* In

l'?pw! téssellatu m, le vermiculatum. - Les RomaTns n avaient pas de la mosaïque la même conception que nous. Au lieu de la considérer comme un art unique, sous quelque aspect qu’elle se présente, ils la séparaient en plusieurs genres, assez distincts pour qu’on se gardât de jamais les reunir sous une même rubrique : d’une part la mosaïque murale ou musivum ; de l’autre, les pavements historiés, qui se divisaient eux-mêmes en deux classes •

1 opus tessellatum et le vermiculatum.

Ces deux épithètes définissent la forme des éléments qu’emploie le mosaïste dans l’un ou l’autre cas.

Dans le pavimentum tessellatum \ il n’utilise qu’un seul type, le dé rectangulaire, plus ou moins grand suivant le degré de finesse de l’ouvrage, mais toujours identique sur une même surface, et toujours, disposé de la même manière, en quadrillage (fig. 5236) : on lui donne le nom de tesserula J ou tessella °, c’est-à-dire petite tessère, diminutif de fessera, carreau 1 (de récuapa, quatre).

Dans la peinture en vermiculatum, épithète associée, suivant les cas, aux mots pavimentum 8, crustae ou emblema ’, mais jamais à opus , l’artiste emploie des éléments minuscules, plus petits que les tessellae et très variés déformé, le plus souvent arrondis ou incurvés. 11 les dispose en lignes sinueuses, dissymétriques, qui suivent exactement le contour des figures, s’élargissent ou s amincissent pour modeler les formes, et rappellent 1 aspect des chapeleLs d’anneaux du ténia. Delà, sans doute, 1 épithète caractéristique de vermiculatum 10 (fig. 5236) 11 .

Mais l’opposition qui existe entre ces deux genres de mosaïque ne se borne pas, comme on le croit souvent, à 1 emploi d’éléments de formes différentes. Ils n’ont rien de commun, du moins dans leur constitution primitive : ni 1 origine, ni la destination, ni le caractère.

Genèse et caractères de l'opus tessellatum. — L 'opus

lores. — 8 August. De ord. I, \, 2; cf. Orclli, 4240 : Vermiculum straveYunt. — 9 Lucil. L. c. Plin. XXXV, 1. — 10 On a beaucoup discuté sur le sens exact et l’élymologic du mot vermiculatum ; cf. Furietti, p. 13 sq. ; Ciampini, p. 78 sq. ; Gurlitt, p. ICO sq. ; Visconti, Mus. Pio.Clem. Vil, 80; G. -P. Secchi, Il Musaico Anton, rappres. la scuola degli Alleti , Roma 1843, et le compte rendu d’Henzen, Dullelt. 1843 p. 124 sq. ; Blüraner, III, p. 329 AJarquardt-Mau, La vie privée des ■Rom. Irad franc. II, p. J276. — H Fig. 523G : Tôte de l’Hiver, fragment de la mosaïque de Neptune et les quatre Saisons, découverte en 1902 à Cliebba (Saliet

que ue ixcpiune ci les quaire baisons, decouverte en îuuz a tneuiw Tunisien) ; Gaucklcr, Illustration , 22 nov. 1902, p. 400, voy. la fig. 3253 ; Marche du service en 1902, p. 19 sq. ; Bull. arch. du Comité 1902, p. 100 sq., 107.

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t esse l latum est un genre de revêtement architectural de nature mixte. Il est né d’une sorte de compromis entre le placage de marbre et l’enduit de chaux. Il combine les avantages de ces deux procédés et en supprime les inconvé-

Kig. 5230. — Mosaïque de Chcbba (Tunisie) en opus vermiculalum.

nients. Mais avant d’arriver à les fondre en lui d’une manière parfaite, il a dû passer par une série de formes intermédiaires qui établissent la transition entre lui et chacun d’eux : d’une part les diverses variétés de Yopus signinum, de l’autre celles de l'opus sectile.

Opus signinum. — L 'opus signinum est un mélange à proportions définies 1 de brique pilée et de chaux, qui produit un ciment de teinle rougeâtre, remarquablement plastique et imperméable. Il tire son nom de la ville de Segnae, renommée pour l’excellence de ses tuiles. Ce genre ne diffère du pavement grec cimenté décrit' par Pline2, que par la substitution, dans la couche superficielle, de la brique pilée au charbon et à la cendre. C’est surtout en Italie qu’on l’emploie, aux deux premiers siècles avant et après notre ère. On n’en trouve nulle trace dans les maisons de Délos3. A Pompéi4, il se rencontre à chaque pas, surtout dans les thermes publics et privés, et dans les maisons particulières, où il recouvre le sol des vestibules, des cuisines, des salles à manger, des

1 Vitr. VIII, 7, 14 ; Plin. XXXV, 16o : Quid non excogitat vita fractis etiam testis utendo sic ut Jirmius durent , tunsis calce addita quae vocant Signina? quo gener etiam pavimenta excogitavit ; Ibid. XVII, 4G ; Vitr. II, 43 ; V, 11, 4; Coluni. I, 6, 12; VIII, 15, 3; 17, l ; IX, l 2; Dig. XLII 21, I ; Pallad. I, 0, 4; 17, 1; 40, 4/ — 2 Plin. XXXVI, 187 : Unum gcnus graecanici. Solo fistucato mjicitur rudus aut testaceum pavimentum : dein spisse calcatis carbonibus inducitur sabulo, calce ac favilla mixtis... est forma terrena. Si vero cote depolitum est , nigri pavimenti vision obtinet ; Vitr. VII, 4, 5 ; Artaud, L. c. p. 10 ; Bliimner, p. IGG. — 3 P. Paris, Fouilles à Délos, Bull. corr. hell. 1884, p. 439 — 4 Mazois, Les ruines de Pompéi , texte f. p. 23; A. Mau, Führer durch Pompéi , p. 10. Blümncr regrette avec raison, L. c. p. 107, l’absence de toute étude technique approfondie concernant les pavements d’Herculanum et de Pompéi. — 0 Mau, Gesch. d. décor. Wandmalerei in Pompéi , p. 54 sq.; Artaud, L. c. p. 125; Loriquet, L. c. p. 81. — 0A Pompéi les pavements de ce genre sont contemporains de la période samnitique ou du tuf: Mau, Bull. 1874, p. 206 ; 1879, p. 130; 1881, p. 124; 1885, p. 86 sq. et 90. Dans le sud de la France, l'on en a trouvé à Vienne, à Orange, à Nîmes : Artaud, p. 77, pl. xvi, 2, p. 79, 83, 90, 91, 95, 109. En Afrique, ces pavements se rencontrent assez

vu

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impluvia , le fond et les parois des piscines, des réservoirs, des fontaines : partout enfin où l’on a besoin d’un pavement facile à nettoyer etqui no se laisse pénétrer ni par la poussière, ni par l’humidité, ni par les insectes.

Mais Yopus signinum proprement dit s’use vite. Pour augmenter sa résistance, et aussi pour varier l’aspect trop uniforme et rehausser l’éclat de sa surface sombre et terne, l’on imagine d’insérer dans la masse encore molle du ciment, des lapilli (en italien sassolini), petites pierres brillantes et claires faisant corps avec lui au moment de la prise, et susceptibles de recevoir ensuite le même poli.

Ce sontd’abord de simples cailloux de rivière ", ou des galets de plage, conservant la forme arrondie que leur ont donnée les eaux et que l’on se contente de noyer dans le mortier ( pavimentum barbaricum, en italien : lerrazzo ); puis des fragments de plaquettes, de calcaire, de travertin, de marbreou de porphyre de diverses couleurs, brisées au marteau ( opus segmentation ) et gardant l’irrégularité de contours des cassures. On les répartit au hasard à la surface de la couche d 'opus signinum. C’est le procédé moderne, dit alla veneziana s.

Enfin, par un nouveau progrès 7, l'on s’avise de tailler le marbre blanc dont on incruste la couche de ciment en petits dés, tous semblables, et l’on dispose ceux-ci en semis d’étoiles, ou bien en files régulières, qui servent à tracer sur le fond uniformément rougeâtre de légers réseaux de broderie. L'on se sert de ce procédé pour indiquer les principales divisions des appartements, les seuils de la maison, de la c.our et des chambres, les limites de Y impluvium, l’emplacement des lits et de la table dans le triclinium s, de l’alcôve dans le cubiculum 9. Parfois de courtes inscriptions saluent l’hôte dès la rue, ou lui souhaitent la bienvenue au seuil du péristyle : « Bonjour, bonne santé, bonne chance » : Ilave l0, salve , salve lucru[m] 11 . Ce procédé sert aussi parfois à tracer sur le sol des temples des textes commémoratifs. Par exemple, à Rome, dans le Sanctuaire élevé par L. Furius Purpureo à Jupiter Jurarius, la dédicace suivante se détachait en pointillé sur un fond d 'opus signinum : C. Volcaci. C. f. har. de stipe Jovi Jurario.... \m\onimentom 12. Ce texte, approximativement daté de 150 avant notre ère. peut être considéré comme l’un des plus anciens spécimens actuellement connus de ce genre de mosaïque.

A l’origine, les lignes pointillées qui forment la mosaïque sur opus signinum sont grêles, et ne se composent que d’une seule file de cubes. Mais bientôt elles s’enflent en larges bandes. Les traits se multiplient, se doublent et se croisent : la broderie recouvre peu à peu tout le canevas, et Yopus signinum finit par ne plus être

souvent dans les maisons romaines du temps des premiers Antonins, notamment à Oudna (Uthina), maison aux Chapiteaux composés, et à Carthage, quartier des Thermes d’Antonju. D une façon générale, lorsqu'une ruine romaine présente plusieurs mosaïques superposées, de divers types, le pavement alla veneziana occupe toujours la place inférieure, ce qui démontre bien que ce genre de mosaïque rudimentaire a précédé les autres. Mau, Bull. 1879, p.. 130 ; 18S5, p. 8G (Pompéi) ; cf. Artaud, L. c. p. 79 (Sainte-Colombe, près Vienne), p. 83 et pl. xvi, 2 (Vienne), p. 111 (Lyon). On le trouve parfois associé à la mosaïque en cliiaroscuro qui est aussi un gcure très ancien : Artaud, L. c. p. 91 (Orange). — 7 A Pompéi, les pavements en opus signinum incrustés de dés de marbre blanc sont généralement postérieurs à la période samnitique; cf. Mau, Bull. 1881, p. 12G, et 1885, p. 87 sq. — S Mau, Bull. 1877, p. lliS ; 1874, p. 93. — 9 Ibid. 1877, p. 1G7 ; 1881, p. 123, 124. — 10 Gusman, Pompéi, fig. de la p. 326 : Ostium de la Casa del Fauno. — u Niccolini, 1, Case di Pompéi , C. di Sirico, pl. i, n° 22; cf. pour une autre inscription du même genre, mais mutilée, Mau, Bull. 1885, p. 91 sq. ; Ritschl, Priscae latinit. mon. p. 52 et pl. i.ix, A; Canina, Bull. 1854, p. 37; C. inscr. lat. I, 1103; VI, 379. — 12 M. Besnier, File Tihérine dans l'antiq. p. 255 sq'. ; Ritschl, L. c. p. 52.

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que l'invisible support de la croûte de cubes qui envahit louie sa surface', et la transforme en mosaïque, lace de cette évolution mii Hû

conduit à la mosaïque, se produit un mouvemen^analogue

ma, s inverse, qui aboutit au même résultat en , arlam d “ ‘«ut différent : l'opu. secile. P

a'1' °PUS Snti,e ou pavimentum sec- ,Z. ’ entendre 11110 sort0 * marqueterie archi-

dêcoupées qTelw e" aSSembla*e d0 lamelles necoupees que 1 on fixe contre les parois, sur le sol ou

. . ,e l0i murs’ au m°y°n d’une colle. La matière de ces

éléments varie. Parfois c'est la terre cuite, moulée en

Unies icsiae, pavimentum testaceum, spicalum ’) Mais h

brique „e convient guère aux pavement étau pot s

f agile, et s'usant vite. On lui préfère do™ des nZZZ

P ns résistants, tels que le tuf, le calcaire, ou mieux le

r,l,vrbee’l0Uhme,UX e"COre les r0clles ôfuptives : le porainsi nn ° aSa le’ 8 granit' L'opta alexandrinum *, "T T n fU‘ inVenléà Alexandrie, et non

paice qu Alexandre Severe l’introduisit à Rome « n ad met que deux porphyres, le violet pourpre d'Égypte’ mar-

l 7J°ZrZCUm ’• *} ie;'ert' S°UVenl dit 4 ^t serpen-

■ „ ii ... ’ ux Cl se font réciproquement valoir

Orient T UrS C°uleurs complémentaires. En nh pp » 1 86 76nt lGS princiPales carrières de por¬

phyre , ce genre de pavement, d’une extrême dureté et

heure nCheSSe’ fut partout adoPté de très bonne

heu e, pour recouvrir le sol des édifices publics Par

contre, jusqu a la période byzantine, il demeura peu

au’ 1 fall ? ’ * CUUSe dela cherté de la matière première

qu il fallait importer de loin.

lestafT6 r?, élémeintS dG Vopus sectile diffèl*e selon s cas Tantôt le marbrier compose avec eux des motifs

géométriques. Il les taille à la scie en figures régu-

lerei, , triangles (trigoni), carrés ( abaci , quadrati ),

osanges l rhombi, scutulae ?) hexagones [favi) ; puis il

es assemble en damiers (opus pavimentum ou quadra-

un ),en étoiles (scutulatum12), en épis (spicatum 13j,

en mds d abeilles Aux figures rectilignes, qui sont

plus simples e les premières en date, s’ajoutent

bientôt le cercle, le demi-cercle, le quart de cercle (orbe»)

ftr 1 : r- rr

ampn , Alex. Sev. 2o,7 : Alexandrinum opus marmoris, de duo bus rnar moribus, hoc est porfyretico et lacedaemonio primas instruit. Au dire 1 même l.ampnde, qui se contredit d'ailleurs, Héliogabale lit paver à' opus alexandrinum les cours du Palatin et leur donna son nom : Hellj. c. U strlvU et

™rrvr"ieï, Pht"U >n P,,hUi0- ' UaS Antoninianas

Corp inscr or ^ W ealrc %°s- Uormos et Copies,

187(f'J 70- m- ’ ,1 ' " d’E°- ’’ ,3°> i53' 170 ' Bruzza, Annali,

1 P- < , umner, p. 15 sq. avec tous les textes ; Marquardt, p. 271 Voir esart. p. 1600, et lapidés, p. 931; PauS. III, 21 , 4-; II, 3, 5-Pli„ XX S VI

-*7 Tafe, « XVI’ ^ Sid’ AP°'- ^ *• 3S' Crud. C. Symmi Il, 247.’ rafel, De marmore vxndi veterum , Abh. der philos, philol Cl der

tayr. Akad d W.ssensch. 1.1, 1837, p. ,31 sq/paustino cL ntlle W 1°? J ’ ’ 1833, p- 203 Sf,‘: Blümuer> !>• i8 sq. - s O moi 1er

P ni a Letronne’ h p- «o; Biaï:;

F» Sf T r p VII, 1,4; Ibid. XIX, 13; Plin. XXXVI, 50; XXXV, 2 ; Scn.

,dlvJTcL ^ »«»****. WH

, , ..'l ■ ’ ■ J,a iai c, &tst- des n>’ts industriels, II, p. 399. — U C inscr

OsUel ctonicaioarc ^ = °P"S ^ratarium ; Léo

ria et guadrataria. - K Plin xxxvi’ fss”’ 7 \"’n’ / 7 ^

scutula est loi,, e - X ’ ’ Cf' “USS‘ Pa,lad' ’’ 9’ 5- Le sens de

'I,. , i 6 : ‘ °n 1)eut se dema“der si ce terme ne désignerait nas

plutôt des baguettes en forme de règles (de «,,^1 i - x , ^

il i* > o i • r ° ' e <TXUTa/k*j» bâton) que des losanges • cf

Henzen, d apres Secch . Bull. 1843 d 1*r, i q » c *

, p. î-o. — 13 Imitant les pavinienta testacea

~ MUS

qui rappellent la forme des testae de briques et m c les, servent à simuler des imbrications d’écailles (0T testaceum, imbricatum) ou des chapelets d’épines 7 Les bordures de ces combinaisons géométriques snm ormees de baguettes parallèles, ou se coupant à anl dioit, de manière a dessiner des bandeaux plats ou ï,. Jalons rompus, des grecques et des méandres ' p-lrf0°'S entrecroisés en labyrinthe. ’ P rf°‘s

Ce genre d 'opus sectile a été employé en Italie dè« i 3èbu, du ,» siècle avant notre ère. César emportait ^ !

danS «*. e^Pédilions des pavimenta seailia T, on i encontre déjà à Pompéi quelques spécimens dé ce genre sur le sol, sur les murs ou sur les enseignes» antot aussi, le marbrier, renonçant au décor abstrail copie des formes et des êtres réels. Ceux-ci variant à l’in ’ im, le procédé employé pour les reproduire se complique artiste ajoure une dalle de marbre d’après les con tours d un poncif; puis il comble les vides ainsi obtenus en y emboîtant des plaquettes d’un marbre différent (c/ustae) % qui reproduisent exactement en plein le meme modèle. Les figures se détachent ainsi en silhouettes monochromes sur un fond uni, comme les enluminures de 1 ancienne Egypte. L’incrustation *• en marbre (i incrus tatio) n admet le plus souvent que deux tons figurés clair sur un fond sombre dans la décoration murale’ sombre sur un fond clair dans les pavements. Le coloris reste, dans ce cas, tout à fait conventionnel n.

Parfois, au contraire, l’incrustateur s'ingénie à reproduire exactement, non seulement les contours, mais aussi les couleurs réelles des figures *\ Il découpe alors les crustae dans les brèches multicolores d’Orienl, capricieusement veinées, les marbres numidiques aux tons de chair et d’ivoire, le. lapis-lazuli bleu de ciel, la serpenpentine et la malachite vert de mer, l’albâtre à demi transparent’9.

Ce genre d incrustation de marbre ne joue le plus souvent dans la décoration qu’un rôle secondaire. Il sut a composer les guirlandes et les rinceaux qui bordent les dallages ou garnissent les frises des murailles. Cependant, en quelques cas, le marbrier arrive à exécuter de véritables tableaux : combats d’animaux féroces 20, scènes orgiastiques 21, satyres et Bacchantes 22, enlè-

spicata du teric cuite (appelés aujourd liui en Italie spin a dipesce); cf. Artaud,

L. c. p. 17. u Suet. Caes. 4G ; Vitr. VII, l. Pavements en opus sectile géométrique à Pompéi, Mau, Bull. 1885, p. 92, 87 ; Mazois, Les ruines de Pompéi , l\ , pl. xi, vu, fîg. 4; Neslutt, On Wall décorations in sectile icorlc as used by the II oman , with spécial refer. to the décor, of the pal. of the Bassi at B. dans Archaeologia , XLV, p. 271 et pi. xvti, 1 et 2. Enseignes en opus sectile, à Pompéi, Gusman, Pompéi , p. 213, 3 lig. A Rome, pavements du Palatin, au musée des Thermes de Dioclétien : Tomassetti, Mitt. arc/i. Inst. Rom , I, p. 6. — Vô Plin. XXXV, 2, 3; XXXVI, 47; Sen. Ep. SG, 6; Dig. XIX, 1, 17, 3; J sid. Orig. XIX, 13; Vitr. VII, 5, 1; Sid. Apoll. Ep. II, 2; !d. Carm. 22, 140. Pour la technique de ce genre d 'opus sectile , cf. Labartc, Hist. des arts ind. Il, mosaïque, § 7, p. 395 sq. pl. lix; Salzenberg, Altchrisl. Baudenlc. von Consl. p. 28; Alex. Nesbitt, Archaeologia , XLV, p. 207 sq. ; Visconti, Mus. Pio- Clem. VII, p. 80; Müntz, La mos. chrét. I, p. 8; G. Tomassetti, Il musaico marin. Colonn. dans Mitt. arch. Inst. Rom. I, p 1 sq. et pl. i. — Incrustatio dans Dig. Mil, 2, 13; L, 10, 70, § 2; Jncrustare , Ibid. VIII, 2, 13; Lucan. Phars.

— H Par exemple la femme se mettant un bracelet au pied, du Musée de Naples, provenant de Pompéi, figure en marbre blanc sur fond noirâtre : Migliozzi, Museo naz. di JVapoli, 1870, p. 54 (qui y voit à tort une tireuse d’épines), Viola, Pompéi e la regione soit. p. 78, n° 39; Mau, Bull. 1874, p. 198. Le tableau était probablement encastré dans un mur.

— 18 Cassiod. Var. I, 0. — 19 Nesbitt, L. c. p. 274; Marquardt, L. c. p. 279.

— 20 Nesbitt, L. c. lig. p. 274; cf. p. 281 et pl. xxi; Müntz, L. c. fig. de la p. 13; Ciampini, VeU mon. I, c. vu, p. 52 sq. pl. xxu, 2, 3; Montfaucon, Diar. ital.p. 107.

— 21 Au musée de Naples, provenant de Pompéi, lnv. du Mus. n° 9979; Tomassctli, L. c. p. G, no 3. — 22 Même musée lnv. du Mus. n° 9977; Tomassetti,

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vement d Ilylas Romulus et Rémus et la louve de Home , cortège solennel d’un consul6. Ce genre d’incrustation correspond au procédé a commesso des ateliers florentins actuels '. Il fut certainement inventé

— en Orient, danslespaysoù les marbres précieux abondent, et devait y jouir d’une grande faveur 3. Par contre, s’il faut en cioire Pline, il n a été introduit en Italie qu’asscz tard, sous le principat de Claude 6. On le connaît à peine a Pompéi 7. A Rome, il ne s’est jamais acclimaté complètement. Les magnifiques tableaux de la basilique de Junius Bassus, qui remontent au.plus tôt à l’an 317 de notre ère, portent un cachet évident d’exotisme 8 . Le style des figures est tout oriental ; la bordure de la chlamyde sous-tendue est brodée de figures purement égyptiennes9.

Quelles que soient d’ailleurs la matière et la forme de l'opus sectile , ce genre de revêtement architectural ne convient guère qu’aux parois verticales et planes. Il n’est ni assez solide pour résister longtemps au frottement des pas sur le sol, ni assez souple pour épouser les surfaces des colonnes, des absides, des voûtes, des coupoles. D’une part, en effet, les crustae n’étant pas enfoncées dans la paroi qu’elles recouvrent, mais simplement appliquées contre celle-ci, ne font pas suffisamment corps avec elle. Au moindre accident qui vient à se produire, tassement de la maçonnerie, retrait de la colle, choc imprimé à la surface, le revêtement se soulève et s’écaille. D’autre part, s’il est facile de débiter à la scie 10 le marbre en dalles plates pour l’adapter à des parois unies, il est infiniment plus malaisé de le façonner suivant les formes creuses ou bombées qui seraient nécessaires pour assurer son exacte adhérence aux voûtes et aux absides. Et la difficulté augmente avec les dimensions données aux plaquettes. Aussi le marbrier fut-il amené à diminuer peu à peu la taille des crustae et à simplifier leur forme au point d’en arriver à adopter un seul type uniforme, le plus simple et le plus régulier de tous, le carreau (abacus11 ou fessera, àëâxoç), et celui-ci, diminuant lui-même de volume, finit par devenir Yabaculus , la lesserula ou tessella, en grec : àêaxt'iT xoç. Et c’est ainsi que sur les absides et sur les voûtes, la marqueterie de marbre fait place au musivum en petits cubes d’émail, sur les pavements, au tessellatum en cubes de marbre.

L’ opus tessellatum'3 n’est donc, à l’origine, qu’un carrelage dont les éléments ont été réduits à leur plus simple expression, un ingénieux perfectionnement de l'opus sectile. Il ne supplante pas le procédé dont il dérive : il se borne à le suppléer dans les rôles que celui-ci est impuissant à tenir. Le premier convient mieux aux murailles étendues, unies et droites; le second aux pavements.

Issu de Yopus sectile , Yopus tessellatum reste longtemps esclave de ses origines. Jusqu'au milieu du icr siècle de notre ère, le mosaïste semble même prendre

1 Ciampini, Vet. mon. I, pl. xxiv; Minutoli, Ueber d. Anferligung u. d. Nütcanwcnd. d. farb. Glaser bei d. Alten, pl. iv ; Nesbitt, L. c. pl. xvm.

— 2 Ciampini, L. c. 1, pl. xxm; de Rossi, Bull. arch. crist. 1871, p. 47 sq. ; Nesbitt, L. c. p. 288, pl. xvm; Visconti, Mus. Pio. Clem. VII, p. 80.

— 3 G. Tomassetti, Boni. Mitth. I, p. 1 sq. et pl. i; Bull. 1838, p. 112; Arch. Zeit. XLIII, 1885, p. 297 sq. — 4 Labarte, L. c. p. 295 sq. — 5 Nesbitt, L. c. p. 208 sq. — 0 Plin. XXXV, jam coepimus et lapide pingere. Hoc Claudii principatu inventurn ; cf. Plin. Jbid. 50. — 7 La liste donnée par Tomassetti, L. c. p. G, ne comporte que trois numéros. — 8 De Rossi, Bull, di arch. crist. 1871, p. 47 sq. pl. i-iv ; Nesbitt, L. c. p. 279 ; Ciampini, L. c. I, pl. xxi; Marquardt, L. c. p. 280. — 9 Nesbitt, L. c. p. 273; Ciampini, L. c. p. 58 sq. et pl. xxm, xxiv.

— 10 Plin. XXXVI, 47 et 50, 51-53; marmor, p. 1598. — n Plin. XXXV, 2, Non placent jam abaci. Ce sens doit être ajouté à ceux qu'indique l'article auacus du

à tache de dissimuler l’importance de la transformation technique dontson art est le produit. Au lieu «le profiter de la multiplication des éléments dont il peut disposer et de la réduction de leur taille pour varier et assouplir le coloris, il se cantonne strictement dans la gamme très restreinte des tons habituels de Yopus sectile, le noir et le blanc, relevés de quelques notes rouges, jaunes et olivâtres. Il les applique de la même manière, par larges taches d’une opposition bien tranchée. De même, en disposant les cubes, il les groupe en séries compactes et symétriques qui rappellent l’aspect massif des crustae13 , et parfois même imitent les veines des marbres diversement colorés**.

Le même parti pris se montre dans le choix des thèmes décoratifs et dans la façon de les rendre. Lorsque le mosaïste adopte le décor géométrique, il le maintient dans les limites qui conviennent à un placage, rejetant les motifs à trois dimensions, pour s’en tenir uniquement aux figures planes. S’il imite les effets de la peinture en sectile , il se borne à reproduire les objets réels en silhouettes monochromes, à simuler, le plus souvent en noir sur un fond blanc, en clair-obscur ( chiaroscuro , comme disent les Italiens), l’ombre qu’ils projettent sur les parois. Ce décor en ombres chinoises se rencontre surtout en iLalie, ce qui lui a fait donner par Artaud le nom erroné de « genre étrusque » 15.

Le mosaïste en tessellatum se borne donc d’abord systématiquement à des représentations schématiques d’où le modelé, le relief et la perspective sont exclus. Il reste ainsi fidèle aux lois de Yopus sectile. Mais ce n’est ni par routine ni par impuissance qu’il s’y attache. Elles s’imposent nécessairement à lui, en raison du caractère architectural et de la destination utilitaire de ses oeuvres.

Genèse et caractère de la mosaïque en vermiculatum. — lout autre est le vermiculatum. C’est un genre de peinture. Il joue à l’égard des revêtements de marbre le même rôle que la fresque à l’égard de l’enduit et la peinture d’émail à l’égard de la brique. Au lieu de poudres diversement teintées que le peintre délaye dans l’eau gommée, qu’il pétrit dans la cire, ou qu’il mélange à des tondants vitrifiables, et qu’il applique ensuite au pinceau, le mosaïste juxtapose des parcelles monochromes massives. Celles-ci présentent le double avantage d’assurer la durée de ses tableaux et de leur donner un éclat, une intensité, une profondeur de coloris que ne sauraient atteindre les autres procédés.

L'opus vermiculatum a été probablement inventé en Égypte. Ses premiers essais remontent à une haute antiquité. Mais le mosaïste, ne disposant d’abord pour échantillonner sa palette que de quelques gemmes et d un petit nombre d émaux, dut se borner longtemps à composer des oeuTres d un cadre très réduit. Jusqu’au ive siècle avant notre ère, il se contente d’orner des bijoux16, à la manière de ceux que l’on fabrique aujour-

Liiciionnaire.

“ i MU. AAA V i.

- niubdiqueb mutant 1 opus sectile, à Pompéi: Mazois L. c. II, pl. xl ; Roux et Barré, Herculanum et Pompéi, \ , pl u, nl) Vj VI> VIM xii, xvu ; Niccolini, Le Case ed i monumenti Pompéi , Maison di Lucre cio’ 1 , 1 8 maison du poète tragique, I, 24 et 25; Bordures diverses, II, pl. xxvm et xlvii — 1 * Artaud, Z. c. p. 1 19 (Sainte-Colombe, près Vienne). Mosaïques inédites du même genre découvertes à Carthage, à l'ouest de l'amphithéâtre, et à Elkantara dans l'île de Djerba (Tunisie), dans la grande basilique chrétienne (fouilles de la Direction des Antiquités de Tunisie, 1901). — <3 Artaud Z cp. 21, 91, 93. A part Artaud, qui se contente de baptiser ce genre, sans l'étudier, personne lie s'est aperçu jusqu'ici que la mosaïque romaine en monochrome constitue un genre spécial, nettement caractérisé. — lfi Bracelets et appliques d’or du musée égyptien du Couvre, incrustés d’émaux de diverses couleurs.

dÏHJi à Venise (mosaïque d'émail), ou i Home (mosaïque

P ') b,en d’incruster des meubles, des coffres des sarcophages 1 fp nv» * h ^onrçs,

ou de l'ébéniste". ’ ' ,u Un aux,ba're de l'orfèvre

D ailleurs, pour simplifier sa lèche, il ne oeint m,e î h' 'glÎT ,'Solées’ 1ui ne dépassent guère le format

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plâtre ' PreC'eUX 0U br»"“' >>ois, stuc ou

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par contre; lorsque, àl’époque ptolémaïque, les progrès

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son offerteTnn1 6 U8e.deB~“0“™ es naturelles qui lui sont ofTe tes pour accroître les dimensions de ses figures

et en mu lUpher le nombre. Puis il les réunit, en étendant

détachent0^ f ^ 3U f°nd SUr le(Iuel elles se

le tachent. Enfin, rompant avec les traditions de la

fresque égyptienne, il cesse de les aligner à la file

Unif0rme; 11 les en proîondeÜr

d’elles P , T/11, m GU réeL11 fait circuler autour

d elks 1;U1' et ]a Ornière et cherche, au moyen du

™ 61 dG la PersPective, à donner l’illusion de

Ainsi définitivement constitué, Yopus vermiculatum exerce son action dans le même domaine que la peinture S . 1 présente avec 1 opus tessellatum de très étroits rapports au point de vue technique, il s’en distingue nettement par son essence. Le peintre en mosaïque emprunte es modèles a la nature ; il les copie en toute liberté ne cherchant qu a faire oeuvre exacte et vivante, et compose a oisir au gre de sa fantaisie, de véritables tableaux de chevalet. Ces emblemas sont recherchés à l’égal des plus précieuses œuvres d’art. On les paie souvent fort cher. On leur prodigue leségards que nous accordons aujourd’hui a une toile de maître ou à un tapis de collection. L’amateur leur reserve la place d’honneur dans son logis. S’il applique 1 emblema contre un mur, c’est dans le laraire ou Uecus bien en vue et à bonne hauteur3. S’il l’étend ur le sol, il le place en pleine lumière* ; généralement dans 1 impluvium, sub Jove , parce que c’est l’endroit le mieux éclairé de la pièce, et aussi le mieux abrité, car l’on évite d y marcher pour ne pas souiller la surface réceptrice qui verse ses eaux dans la citerne. Dans tous les locaux reserves au plaisir et au délassement Yemblema a sa place marquée : dans un exèdre, au milieu des causeurs assis en demi-cercle sur le banc du pourtour; au centre une salle a manger, pour charmer les yeux des convives a longes sur le triclinium qui l’encadre; dans une chambre a coucher, faisant face au lit, afin de préparer

1 Sarcophage de Turin. Voir la fig. 5235. Le musée éevDtien d,. i .

dèidncrdusÎatioér°glyPÎeS 0,1 °PM Ct “ vermie^tum d'émail proven^N

dinciuslations analogues, mais privées de leur support en Lois - 2 Voir

! o*’ P' 159'- ~ 3 Tableaux ^ mosaïque appliqués contre les murs de

la casa di Apollo à Pompéi : les Grâces Achille à

ÏÏV ** 1839’ p- 7G; “«•

4’R. ?e!’|P' 39li et r'"' Autre niosaiclue murale, Bull. 1874, p 198

Rien de plus caractéristique à ce point de vue que la mosaïque d'Alexandre'

Z Zz : .T: “t r,r à • “■»*. r. %. «“ 2

no, b VIII, pl. a, u, Overheck-Mau, p. 315 et 347, plan 37, elc. Tout est calculé dans la construction, placée entre cour et jardin, pour mettre en pleine valeur le cl .ef-d œuvre quelle abr.te en le garantissant contre toute chance de déaradation On pouvait creu er autour du tableau sur la bande de tessellatum ménCée Z pies pour empêcher de marcher sur l’opus vermiculatum , ü ailfeurs 0,1° entrait rarement dans le pavillon. Les deux portiques du xyste et du péribo.e qui Îon gent le pavillon, largement ouvert sur chacun d’eux, permettent de contempler la mosaïque sans avoir besoin de pénétrer dans la pièce. Le sujet même de la

des re^s agréables au dormeur qui laisse errer s,,.- 1 • son regard avant de s’assoupir. V emblema est Lit etre contemplé, et non foulé aux pieds. I ’0m P°Ur 1 encastre dans un pavement prend toujours schn V 1 isoler par un cadre, et de ménager tout a„tm, „ ’ de circulation de larges bandes à' opus sectile ou deT^ sellatum Bien que faisant désormais partie intégrant d un revetement architectural, l 'emblema reste J T' était dans 1 atelier du mosaïste : un tableau II -n dU ' toujours le caractère d’une œuvre d’art. ' erve L opus tessellatum et -la peinture en vermiculnt, sont donc deux genres bien distincts. Ils diffèrent d’n gine, de méthode et de but. Mais ils ont une technirit ana ogue, et leur action s’exerce sur les mêmes surfaces Aussi réagissent-, 1s l’un sur l’autre : d’abord simplement associes, ,1s se pénètrent peu à peu, et finissent par se confondre. Les changements que subissent leur techninue et leur style au cours de celle évolution eu caracté,"sem es phases, et permettent de diviser l’histoire de la mosaïque en trois périodes :

Divisions de V histoire de la mosaïque. - 1» La période alexandrine ou augustéenne , qui s’étend des origines à h 1.0 du r- siècle de notre ère; 2- 1» période romaine ou antonimenne , qui comprend le n* et le me siècle - 3» ]a période chrétienne ou constantmienne, qui part du ive siècle pour se prolonger jusqu’au moyen âge. Mais ces divisions n’ont rien d’absolu. L’évolution de la mosaïque se fait graduellement, sans saccades; elle ne procède pas toujours, et en tous lieux, d’une manière identique. Deux œuvres contemporaines semblent parfois appartenir à des périodes différentes. Le classement des œuvres d art qui ne sont pas exactement datées reste forcément toujours quelque peu arbitraire.

I. Période alexandrine ou augustéenne. — La mosaïque proprement dite apparaît pour la première fois dans le monde antique après la mort d’Alexandre 6, et reste pendant près de deux cents ans confinée dans les pays grecs du bassin oriental delà Méditerranée. C’est d’abord un art de grand luxe, dont les coûteux produits constituent l’apanage envié de quelques demeures princières. bien ne démontre mieux 1 extrême rareté des œuvres exécutées durant cette période initiale que la disette des documents qui la concernent. Nous ne possédons jusqu’ici aucune mosaïque que l’on puisse sûrement dater d’une époque antérieure au milieu du 11e siècle nvk notre ère 6, et bien faible encore est le nombre de celles dont les textes nous ont conservé le souvenir. S’il fallait croire une anecdote de Galien, fort suspecte, et que nous rejetons pour notre part, il y aurait déjà eu à Corinthe, avant 324, des pavements en mosaïque dans une maison

mosai<|uo nilotique de seuil, avec ses serpents et ses crocodiles, semble barrer le passage au visiteur. C est une sorte de garde-fou, comme la plupart des bordures analogues. — » Raoul Rochette, Peint, cuit. inéd. p. 392; Blümner, L. c. p. 325; Marquardt, L. c. p. 277, n. 4. — <» Rien ne permet d’affirmer que les mosaïques du palais macédonien de Palatitza, fouillé par MM. Heuzey et Daumet, soient antérieures à cette date. En aucun cas, elles ne peuvent remonter au siècle de Périclès ; cf. Heuzey et Daumet, Un palais grec en Macédoine , 1872, et Mission de Macédoine, 1875, ct P. Monceaux, art. domus, dans le Dict. p. 34G sq. et fig. 2503. Les maisons fouillées à Délos par MM. P. Paris (Bull. corr. hell. 1884, p. 473 sq. et pl. xx et xxi), S. Reinach (Ibid. 1884, p. 17G) et Couve (Ibid. 1895, p. 402 sq.) datent de la dernière période de l’occupation de l’île : leurs pavements, retrouvés presque intacts et sans trace d’usure, ont du être établis fort peu de temps avant la destruction de la ville par Archelaos, en 8G avant notre ère, à supposer du moins que Délos ait été entièrement évacuée dès cette époque, ce qui n’est pas démontré; cf. domus, p. 347 et fig. 2504 = P. Paris, L. c. pl. xxi. Plan d’une maison dont la cour est ornée de dauphins dessinés par une simple ligne bleue sur fond blanc Duruy, Hist. des Grecs , II, p. 20G.

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particulière, où fWquehtaitDiogène le Cynique Presque à la meme epoque.au dire de Douris», DÇmétrius de PLolere décora son palais de pavements historiés, ce qui fut considère alors comme un trait de prodigalité inouïe.

Dapres Moschtou » Hiéron de Syracuse fit construire un vaisseau co ossal dont les cabines étaient pavées de

tableaux en petites pierres rapportées, de diverses couleurs, qui figu-

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raient toute 17llade. D’après Kallixenos4-, Ptolémée IV Philopator avait également fait orner un vaisseau d’apparat de colonnes en mosaïque. Mais les circonlocutionsdont se servent, pour définir le procédé de la mosaïque, les auteurs contemporains que compile Athénée laissent supposer que jusqu’au nc siècle av. J.-C. 3, cet art n’était pas encore assez répandu en Grèce pour avoir reçu une appellation spéciale.

Enfin, Pline 6 nous apprend, sans préciser l'époque , qu’à Pergame , sans doute sous la dynastie des Atlales, exécuta 1 asorôtos oecos,

un

Fig. 5237. — Mosaïque signée de' Dioskouridès de Samos (Pompéi).

mosaïste nommée Sosos ainsi nommé parce

mentionnés à Rome par Lucilius 7. Au dire de Pline 8, Sylla dota le temple de la Fortune à Préneste (quelques éditeurs lisent Ravenne) d’un lithostrote fait de crustae minuscules.

Ee premier étage de la scène du théâtre que fit bâtir Marcus Scaurus9 pendant son édilité, dès 58 avant notre ère, était revêtu de verre, e vitro , ce qui peut

aussi bien s’entendre de petits dés assemblés en musivum opus que de plaques ” de verre de dimensions plus grandes. César 10 emportait avec lui dans ses campagnes des dalles recouvertes d’opus secti/e ou de tessellatum , dont il faisait paver le sol de sa tente.

Tous les genres de mosaïque étaient donc connus en Italie bien avant le principat d’Auguste. Mais leur emploi ne semble s’être réellement répandu que dans les premières années de notre ère. A Pompéi, les seules mosaïques qui semblent remonter à une époque antérieure

qu’il a

îeprésentait par terre les reliefs d'un repas qu'on coutume d’enlever avec un balai et qui semblaient y avoir été laissés par mégarde ; et que ce même artiste fît aussi des colombes buvant, perchées sur le bord d un canthare. Voilà tout ce que nous savons sur les débuts de la mosaïque dans les pays hellénistiques.

A partir du moment où elle pénètre en Italie, nous sommes un peu mieux renseignés. Les pavements et les emblemas en vermiculatum sont pour la première fois

1 Galon. Protrept. 8 = I, p. 19 K; Lctronne, lettres d'un antiq. à un artiste, p. 3118, en conclut à tort que les Grecs pratiquaient l’art de la mosaïque dés le v" siècle av. J.-C. Marquardt, L. c. p. 277, n. 4.-2 Alhen. XII p. 542 D. - 3 Id. v, p. 207 C. - 4 Jd. V, p. 200 E. - 0 Alhen. V, 207 C !

taiiTa... ev axtffxot; (ruy-/tijxlvov ix itavrotiuv ïlâwv; Ibid. XII, p. 542 [) ■

«vôtva TE TÎO/.Aÿ. Titv ISaOlûV... S lOETEÊTtOtXlXjAEVQC UTEO Sr,ÜIO'JoySv J cf. BlÜUinCr, L. C.

P- 125, n. 5. — 0 Plin. XXXVI, 184. — ^ Plin. cilant Lucil. XXXVI, 185; cf. Cic-

Ve orat. III, 43, 171; Orat. 44, 149; Brut. 79, 274; (Juinlil. XX, 4, 113

— 8 Plin. XXXVI, 189, \lithostroton\ parvulis certe crustis extat hodieque, quod in Fortunue delubro Havenate [ Praenesle ] feeit. Rien ne prouve qu'il s'agisse ici d’un pavement en vermiculatum, comme on le suppose généralement. Le texte de Pline semble plutôt désigner un travail en opus sectile. En tout cas, le

lithostrote exécuté par ordre de Sylla n'a pas le moindre rapport avec la mosaïque

sont celles delamaisondu Faune etd'un trèspetit nombre de demeures analogues 1 ' . Par con tre, le nombre des œuvres que nous a léguées la période des Césars est déjà considérable, bien que la mosaïque reste encore à cette époque reservée a une clientèle tout aristocratique. Presque toutes proviennent de Rome ou des cités campaniennes détruites par le Vésuve. En dehors de l’Italie, l’on ne rencontre, avant le temps des Antonins, que bien peu de

pavements historiés, et seulement en Sicile, dans quelques

POds de Proconsulaire12, à Caesarea de Maurétanie13, dans la Gaule Narbonaise “, et peut-être aussi en Tarraconaise et en Bétique13.

mlotique de Pales trina (Préneste), qu remonte au temps d’Hadrien. - 9 Pjin XXXVI 114. - 10 Suet. Cacs. 40, tessellata et sectilia pavimenta. n D’après Mau , Fülirer durch Pompex, p. 72 sq. la maison date de la période samnitLe ii siècle avant notre ère). Les mosaïques ne nous semblent pas remonter plus

et Utiaue mi3 M , •Prem,Cr S,èClC T"1 n°tre ère’ - 12 A Pliage, Hadrumète, et ut, que. 3 Mosaïque en vermiculatum sur quatre tuiles (emblema) recouvrant

un tombeau du premier siecle, approximativement daté par le voisinage d’autres sépultures portant des épitaphes d’affranchis des rois Juba II et Ptolémée (Gauck Ïr But . arcF du Comité, p 93, 9 et 10). Le seul fragment bien conservé repé!

ente un Triton et deux Néréides dont l’une est portée par une panthère marine • Gauckler, dfiiwe de Cherchel, p. 64, n. 5; Gsell, Mon. ont. de VMq H p 104'

'n al ica. imeS’ A,X* Vienne 61 L50"- - 13 A Emporiae, Tarraco; ‘ cLl,’

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Oien que de provenance italienne pour la plupart, les œuvres de la période augustéenne conservent le caractère d’un art d’importation récente et encore à demi étranger. Elles gardent le cachet alexandrin. Les artistes qui les exécutent ont des noms grecs, et signent en grec 1 leurs ouvrages, comme ce Dioskouridès de Samos dont la signature apparaît sur deux des plus jolis tableaux en mosaïque de Pompéi (fig. 5237). Ils empruntent leurs sujets soit à la Grèce, soit à l’Égypte des Ptolémées, et dans la manière de les rendre, ils manifestent encore ce goût de la mesure et de la logique qui est le propre de la race hellénique. C est pourquoi ils respectent le principe de la séparation des genres : le vermicu latum, le tessellatum, le musivum conservent chacun, à l’époque augustéenne, les particularités qui les distinguent à l’origine, et règlent leur emploi d’une façon rationnelle.

Le peintre en vermiculatum copie la réalité et vise au trompe-1 œil (fig. 5238) 2. Aussi, pour arriver à rendre

avec exactitude l’extrême complexité d'aspect de ses modèles, lui faut-il multiplier le nombre, varier à l’infini la forme et la couleur des éléments dont il compose ses tableaux. 11 emploie de préférence les pierres naturelles, car elles ont souvent un éclat, un velouté que ne sauraient atteindre les produits fabriqués, si parfaits fussent-ils, un fondu et un dégradé que les plus habiles verriers de Venise n’arriveront jamais à égaler, même avec les vingt-cinq mille nuances dont ils disposent aujourd’hui. Les nombreuses carrières en pleine exploi-

l Deux scènes de musique théâtrale : 1° Acteurs debout jouant de divers instruments (voir la fig. 5237) ; 2° Orchestre de trois femmes masquées assises, Corp. inscr. gr. III, 5866 4; k'aibel, Inscr ■ gr. Sic. Ital. I, 703, avec la bibliographie; H. Lucas, Das Mosaik der Aristo, dans Mitt. Arch. Inst. Hom. p. 127, 2, avec compléments bibliographiques; Gusman, Pompei , fig. de la p. 194, pl. xn, et p. 423, La signature d’un autre mosaïste grec : 'Hçàxkiïo;, apparaît sur l 'Asarôton découvert dans la vigne Lupi du Lalran à Rome, Corp. inscr. gr. III, 6153; Kaibel, Inscr. gr. S. I. I, 1245; Bull. 1833, p. 81 sq. ; 1834, p. 13; 1853, p. 51 ; Helbig, Musées de Home, trad. Toutain, p. 518 sq. n® 694, avec la bibliographie; ajouter ; Lucas, L. c. n® 3. Sur une mosaïque de Pergame remontant à la même époque, l’on trouve la signature du mosaïste grec Hephaistiou ; Fraenkel, Inschr. von Pergarn. Il, p. 504, n” 46 a ; Arch. Anzeig. 1902, p. 2. — 2 Fig. 5238 : mosaïque d'excdre découverte à Carthage (quartier des Thermes) ; Gauckler, Alarche du serv. des Ant • en t901 , p. 11; Fouilles de Tunisie Bev. arch. 1902, 11, p. 383 et pl. xx, 2. Comp. sur un vase chalcidien du vie siècle, trouvé en Italie, un exemple de trompe-l’œil analogue : quatre gazelles réunies également par une tête unique, E. Pottier, Vases ant. du Louvre, salle E,

talion dans toute l’étendue de l’empire fournisse abondance au mosaïste les marbres de couleur dont 1'.' besoin 3. Pour certaines nuances rares, pour les t,' ! granités, pour ceux qui doivent ressortir d’une mani°nS particulièrement éclatante, il utilise les roches érupti^ telles que le basalte, le granit, le porphyre, la serpent!!? et quelques gemmes plus ou moins précieuses, la maj ’ chite, le lapis-lazuli, le jaspe, la cornaline.4. Pour rendre la transparence de l’eau, le ruissellement des corps c îr émergent de sa surface, le chatoiement des écailles de poisson dans les scènes marines, il emploie les agates° les onyx et l’albâtre. Enfin, pour quelques teintes' que les pierres ne donnent pas, le bleu foncé, la plupart des verts, le jaune vif et le rouge de Saturne, il a recours aux pâtes de verre opaques ou à demi transparentes ’1 11 n’emploie presque jamais la brique.

La matière première, débitée à la scie en baguettes ou en dés, était sans doute, autrefois comme aujourd’hui triée et classée suivant les couleurs dans les divers compartiments d’un casier placé à portée du mosaïste. Celuici choisissait dans cet assortiment les cubes qui répondaient le mieux aux couleurs du modèle. Il les taillait sur le coupoir en lamelles, en arcs, en triangles, en disques suivant les exigences du dessin et du modèle. Peut-être achevait-il de les façonner à la meule, pour qu’ils pussent s’adapter, sans laisser d’interstices, aux parcelles voisines déjà placées. Ainsi préparés, ces éléments, d’une infinie diversité de nuances, peuvent atteindre un degré de finesse extrême : dans la mosaïque des colombes du Musée du Capitole, on en compte jusqu’à ItiO par once romaine carrée6, soit une vingtaine par centimètre carré.

Un tel travail exige beaucoup de temps. Les mosaïques du vaisseau dMiéron occupèrentpendant un an trois cent soixante ouvriers ". Le peintre en vermiculatum ne peut donc aller de chantier en chantier exécuter ses tableaux directement sur les parois. Il reste dans son atelier, comme le font les mosaïstes modernes, etc’està domicile qu’il prépare les embtemas , que l’on encastrera ensuite dans une muraille ou dans un pavement. Mais il ne procède pas comme l’ouvrier de Venise, qui, sur un simple carton ou le dessin est tracé à l’avance, colle à l’envers •les cubes correspondants, obtenant ainsi une sorte de galette d’émail, que l’on expédie telle quelle à destination, et que l’on applique ensuite, en la retournant, sur la couche encore molle du ciment. Vemblema constitue déjà àlui seul unevéritable mosaïque, comme ces tableaux portatifs qui sortent aujourd’hui des ateliers du Vatican.

Le mosaïste prépare d’abord le moule de Vemblema. C’est une caisse ayant exactement la forme et les dimensions que l’on veut donner au tableau. Le fond se compose

pl. LVI1 et n» 807. — 3 Plin. XXXVI, 54. Voir la liste des principales carrières à l'époque romaine dans Part, marmor, p. 4 G04 sq. ; cf. Eliminer, L. c. p. 8 sq. , Bruzza, Annali, XL II, 1870, p. 106 sq. ; Marquardt, L. c. Il, p. 265. Liste des marbres utilisés pour la mosaïque : Artaud, L. c. p. 127 sq. ; Morgan, Rom. Brxt. mosaic. pavements, d’après G. Aitchison, p. 284 sq. Pour les matériaux employés dans les mosaïques de Pompéi, cf. Annali , 1838, p. 153. — 4 Müntz, La peinture en mosaïque, Rev. des Peux Mondes, 1" juillet 1882, p. 166, et De l’ornement, dans les mosaïques, dans la Rev. des arts décor. VI, p. 296; cf. Sen. Ep. 86; Lamprid. Heliog. 33. — Les tableaux en vermiculatum, faits exclusivement de parcelles ic pierre, sout très rares. On ne peut guère citer que la mosaïque des colombes di a villa Hadriana, Helbig, L.c. I, p. 328 sq. avec la bibliographie ; et celle de Tljf et du Minotaure, de Chieti, Annali 1838, p. 153. — 6 Furietti, De mus. p. 30. l 'asarôton d’ Heraklitos au musée de Latran, les morceaux (verre ou mai lu e) son plus fins encore : 7500 par palme carrée au lieu de 6450, d’après Braun, Ituin. uni Museen Roms , p. 752; cf. Helbig, L. c. 1, n® 694, avec la bibliographie. Dans a mosaïque de Palestrina, qui semble dater du règne d’Hadrien, 1 on compte tllc®I e jusqu’à 56 parcelles par once carrée : Müntz, L. c. p. 166. — 7 Alhen. V, p.

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ordinairement d’une dalle de marbre, bien lisse et huilée ; les parois, de madriers démontables réunis et fixés. Le mosaïste remplit cette caisse d’une couche de ciment très lin à prise lente, qui ne dépasse pas deux centimèties d épaisseur, et dans laquelle il enfonce les cubes. La mosaïque terminée, et le mastic parfaitement sec, on fixe sur la caisse un couvercle, ce qui permet de transporter Yemblema même à de longues distances sans risque d’accidents.

Une fois parvenu à pied d’œuvre, on le'démoule, et on l’insère dans la cavité préparée pour le recevoir. Ce procédé, aucun auteur ancien ne le décrit, mais la nature du sous-sol des mosaïques de la période augustéenne ne laisse aucun doute sur son emploi. Dans la plupart des mosaïques en tessellatum servant de cadre à un tableau en vermiculatum , le ciment de la partie centrale diffère de celui du pourtour. Il arrive même que les raccords restent très visibles à la surface U Parfois, comme à Salzbourg 2 ou à Chebba \ Yemblema est encastré après coup dans un pavement décoratif avec lequel il n’a pas le moindre rapport. Dans ce cas, l’on est obligé pour l’établir de mutiler quelques médaillons déjà existants et de détruire l’harmonie de la composition primitive. Enfin dans quelques cas, comme pour la mosaïque des colombes de la villa Iladriana4, l'on a retrouvé dans le sol, sous Yemblema , la dalle de support qui a servi à le placer.

1 Far exemple, daas uue mosaïque couvrant la terrasse d’un hypogée de la (In du ier siècle à Soussc, le seuil en vermiculatum représentant le déchargement d’un bateau de commerce a été maladroitement encastré dans un pavement en tcssellatum ; cf. La Blanchère et Gaucklcr, Cat. du mus. Alaoui. p. 10 A, n° G. — 2 Trois groupes de lutteurs encastrés dans un pavement décoratif où sont figurés des médaillons d’Acheloüs, Pan et Ganymèdc. Arneth, Arch. Anule/cten, 1851, et Tafeln zu den Sitsungsber. der ph. hist . Cl. von Wien, pl. vu; 0. Jahn, Arch. Zeit. 1862, p. 330, n° 64; Arch. epigr. Mitt. aus Œsterreich. V, p. 176. — 3 Paysage marin, encastré dans un pavement décoratif qui figurait dans uue série de médaillons, d’une part Orphée charmant les animaux, de l'autre Arion sur le dauphin, entouré de poissons. Gaucklcr, Bull. arch. du Comité, 1002, p. 171, et mieux Illustration , 22 nov. 1002, p. 406. — 4 Furietti, L. c. p. 33, en tire argument pour démontrer que la mosaïque des colombes qu'il découvrit dans la villa Hadriana est l’œuvre originale de Sosos de Pergame, et c’est pourquoi il insiste sur ce point. Il est très probable que tous les autres tableaux en vermiculatum de même provenance, et (pii semblent pour la plupart beaucoup plus anciens que le palais lui-même, étaient établis de la même façon. Cette question n’a pas été étudiée. De môme personne ne s’est préoccupé d’étudier scientifiquement à Pompéi les particularités que peuvent présenter le ciment de support et le lit sous-jacent des mosaïques. Les fouilles faites dans ces dernières années en Tunisie ont jeté quelque clarté sur cette question. Voir la collection d’échantillons récemment constituée au Musée du Bardo.

— 3 Emblemas montés sur tuile ; à Pompéi, portrait de jeune femme 0,20X0,18, Gusman, Pompéi , p. 424 et fig. ; sur une dalle de tut, fragment mutilé appliqué contre un mur, Mau, Mitt. d. arch. Jnstit. Boni. Vil, p. 12 et 111, n. 1, et Notizie , 1890, p. 328. A Rome, deux tuiles de 0,50X0,50 trouvées sur TEsquilin, figurant 1° le mois de mai? maius; 2° deux personnages, l’un tendant à l’autre une statuette, Popolo Rumanoy 19 nov. 1876; Mau, Arch. Zeit. 1877, p. 25. Au musée de Lyon,

Pour de petits tableaux, lemosaïste se contente souvent d’étendre la couche de mastic non plus dans une caisse démontable, mais sur une dalle de tuf ou une tuile champlevée3 : le moule fait corps avec la mosaïque, l’accompagne dans la paroi et l’encadre de ses rebords. Mais, de toutes façons, la monture augmente toujours le poids du tableau, au point que celui-ci, pour rester

maniable, ne saurait guère dépasser un mètre carré de superficie. A une seule exception près, les emblemas de Pompéi sont même loin d’atteindre celte limite; la plupart ont, au maximum, les dimensions d’une grande tuile, O m. 60 de hauteur sur 0 m. 80 de largeur.

En restreignant le format de ses œuvres, la technique spéciale du vermiculatum entrave également son mode d’expression. Elle lui interdit l’ampleur, la liberté d’allures, la spontanéité de la fresque. L 'emblema augustéen se rapproche plutôt de la miniature, dont il a la finesse et la délicatesse de coloris. Son aspect éveille surtout l’idée d’une broderie sur canevas, au point de tapisserie. Le procédé est trop lent pour que le mosaïste puisse travailler d’après nature. Il copie des cartons, empruntant la plupart du temps ses modèles à des tableaux en vogue. Il s’adresse de préférence aux peintres contemporains, surtout aux maîtres alexandrins, qui font fureur à Rome et dans toute l’Italie, et avec lesquels il a d’autant plus d’affinité qu'il est souvent leur compatriote.

mosaïque inédite de 0,50 sur 0,50, venant d'Italie et donnée en 1883 par L. Carrand, Triton et Néréide donnant à boire à un tigre marin. A Home, fragment (scène champêtre et bachique), Caylus, Recueil , III, p. 227 et pl. LIX. Dans les catacombes : fragment d'un combat de coqs au Musée de Latran, de Rossi, Bull, di arch. criât. 1867, p. 83, et divers fragments figurant des oiseaux, des fleurs, des chrismes, Boldelti, Romasot ter. 1632, p. 407, et Müntz, Lamos. chrét. pendant les premiers siècles, p. 86 sq. Deux mosaïques de Centocelle (scène érotique et masque comique) : Helbig, Bull. 1866, p. 170 sq.; Eugelmann, Arch. Anzeig. XXV, 5“ sér. 14, et Arch. Zeit. XXXI, p. 71. En Italie (Rome?) enlèvement d'Europe : Ciampini, Vet. mon. I, p. 83, pl. xxxiv, il0 2. A la Déserte, près Lyon, fragment (poissons et draperie), Artaud, L. c. p. 109. A Carthage, plusieurs fragments très mutilés dans des maisons du quartier des thermes d’Antonin : Gauckler, Bull. arch. du comité , 1903, p, 414; à Bir Djcbburra, poissons et amour sur un dauphin; autres au Musée Saint-Louis de Carthage, notamment Cat. som. du Musée arch. p. 14, n» 70. A Sousse, fragment 0,57 X 0,30, Laniste arrêtant deux gladiateurs aux prises : La Blanchcre et Gauckler, Catal. du Musée Alaoui, A. 165, p. 32; autres découverts dans la nécropole du ior siècle: Saladin, Bull. arch. du comité, 1892, p. 317 sq.; Gauckler, Gouvel, Hanezo, Musée de Sousse, p. 5, n° 8. A Etique, sujet mythologique : d'Uérisson, Miss. arch. en Tunisie, p. 106.

A Oudna, six asarôta encadrant un tableau qui figure un faisan sur des casseroles : au total, sept emblemas sur tuiles, encastrés dans un même pavement décoratif : Gauckler, La maison des Laberii à Uthina, Monum. et Além. Piot, 111, p. 213 sq. et n. 1 ; La Blanchère et Gauckler, Catal. du Musée Alaoui, A. 151 et 152, p. 30. A Cherchel, scène marine sur quatre tuiles juxtaposées, Gauckler, Musée de Chercliel, p. 64, u. 5 ; Gsell, Mon. ant. de l Alg. II, p. 104, n° 15. Les mosaïques portatives en sectilc et en tessellatum qu’emportait César dans ses expéditions étaient probablement aussi montées sue tuile, Suel. Caes. 46.

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Tout est alexandrin dans ses tableaux, les sujets et les mœurs, les personnages, et les costumes \ les paysages, la faune, la flore, et jusqu'aux moindres accessoires : les squelettes - et les crânes3 qui rappellent aux convives assemblés dans une salle de banquet, que la vie est

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, les masques de théâtre8; et dans l bordures ou sur les seuils6, les guirlandes de feuillant de fleurs et de fruits, agrémentées de cerceaux, de bandelettes et de tympanons. Le peintre en verviiculatum

Fig. 5240. — Emblemas encastrés dans l’obus tessellatum. Mosaïque de Salzbourg.

aborde tous les genres. Mais qu'il s’inspire de la mythologie ou de l’histoire, qu’il se borne à conter quelque

1 A Home, mosaïque égyptienne de l’Avcntin : Furielli, p. 46; Artaud, p. 27; isiaque, de Prima Porta : Notizie d. scavi, 1892, p. 112; Marrucclii, Bull. d. commise, munie, di Borna, 1892, p. ICO; G. Bénédite, Mèl. de l'École de Borne, XIII, 1893, p. 49, sq. et pl. i. Sur cette mosaïque, les deux personnages sont arbitrairement teintés, l’un de vert, l'autre de rouge, suivant le formulaire rituel du peintre égyptien pour les scènes funéraires et religieuses. — 2 Mosaïque de la via Appia à Rome (Musée des Tliermes) avec l’inscription yv.7,8i «tkutov : Tyskiewicz, Bev. arch. 1890, p. 135; Guida del museo nazion. p. 71, n" 5; Arch. Zeit. XXIV, 184, rem. 05 ; Duruy, fJist . des Bomains, V, fig. de la p. 659 ; cf. l’art, larvae. Mos. d’Herculanum, Monaco, Guide, p. 27, n° 9978; Gusman, Pompei, p. 354. — 3 Mos. de Pompéi, Bull. arch. napol. 1855, pl. iv, 2; Giorn. degli scavi, III, p. 9; de Pelra Giorn. d. scavi di Pompéi, n. s. II, col. 181-182; III, col. 19, pl. n; Niccolini, Case, II, ûescr. gener. pl. xlviii; Monaco, Guide, p. 27, n“ 109.982; cf. larvae. — 4 Mos. de Pompéi : Monaco, Guide, p. 31, ri»* 10012-13 ; Roux et Barré, L. c. V, pl. xvi. — 8 Mos. de Pompéi : Monaco, Guide, p. 28, n° 109087; p. 27, n° 109 679 ; mos. de la villa Hadriana : 1° Piranesi, Ospitali, 38; Mus. Pio Clem. VII, p. 238 et pl. xlix; Penna, Viaggio, IV, 102; 2“ Mus. Pio Clem. VII, p. 238, pl. xlix a; Penna, 102; 3° quatre tableaux groupés en un seul par le restaurateur, Mus. Pio Clem. VII, p. 235, pl. xlviii; Penua, IV, 100; Helbig, I, p. 169 sq. ; Pistolesi, V pl. uxjdlrauu, Buinen und Mus. Bonis, p. 367; cf. Wiuuefeld, L. c.

anecdote familière, qu’il peigne un visage de femme à la manière des portraitistes du Fayourn \ qu’il figure

p. 88 et 151; Gusman, la Villa Hadriana, p. 219, sq. ; fig. 316, 317, 318; mos. de l’Avcnlin à Rome : Furielti, p. 43 et pl. n ; mos. d’Iieraklilos (six masques scéniques) : Bull. 1833, p. 81 à 85; 1834, p. 13 ; 1653, p. 51 sq. ; Helbig, I, p. 518 sq. n° C94; Kaibel, Corp. inscr . gr. Sic. liai. n° 1245, avec la bibliographie. Mos. sur tuile de Cenlocelle (voir p. 2099 note 5). — 6 A Pompéi, (génie bachique sur un lion, notre fig. 5239) : Bull. 1831, p. 20 et 25 ; Niccolini, Casa del Fauno, pl. ni ; Fiorelli, Pomp. ant. hist. H, p. 242; Monaco. Guide , p. 29, il» 9991 ; F. Marx, Mitt. d. d. Instit. Rom. VII, p. 20 sq. ; voir aussi les autres bordures des emblemas et la guirlande à masques de la maison du Faune, connues par d’innombrables reproductions, mos. d’Hcrculanum : Not. d. scavi, I, p. 26 ; bordures et mosaïques du meme style a la villa Hadriana : Furietti, p. 54 et pl. v; Penna, Viaggio, III, 62; Foggiui, Aï us. cap. I V, p. 183 ; Helbig, II, p. 194, n° 963 ; bordure détachée de la mosaïquedes colombes, à Dresde : Winckclmann, Mon. ined. p. 97; Caylus, Recueil, I, p- Hettner , Antiken in Dresden, n° 228 ; autre à la villa Albani : Morcelli, Fea, Visconti, Descr.de la V. A.p. 144; mos. de Rome, Furietti, p. 58 et pl. iv. Voir aussi la fig. 5--±I* — 7 Mos. de Pompéi : Gusman, p. 424 et fig. ; cf. pour les portraits peints de I ompéi . Mariolt, Family portraits at Pompei ( The arch. journ. mars 189/); Gusman, L. c. p. 408 à 414 et figures, et collection d’aquarelles à l’École des Beaux-Ails de Paris; pour ceux du Fayourn : P. Girard, La peinture antique , p. 249 sq. fig- 1 k* a 155 (Fayourn), 201 (Pompéi). Ci. l’art, imago, p. 407 sq. et fig. 39/5.

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un groupe de colombes buvant dans un canthare1, ou un asarôton 2, c est toujours la Grèce ou l’Égypte qui alimentent ses compositions. Parfois il représente quelque dieu de l’Olympe, mais en le choisissant avec ce tact exquis dont ne se départit jamais le Grec, même le plus sceptique. Respectant dans la religion antique tout ce qui demeure respectable, le mosaïste se garde d’exposer aux souillures des pas les images sacrées des puissances qui gardent un empire sur les âmes 3. Il se borne à représenter les divinités que l’homme s’associe dans toutes les circonstances de sa vie journalière : Dionysos et les génies bachiques4, Iléraklès 5, Poséidon et Amphitrite b, Aphrodite et les Amours 7; ou encore ces demidieux d’idylles, qui symbolisent les forces et les formes de la nature : Fleuves8 et Montagnes9, Nymphes et Faunes10, Tritons et Néréides11.

Lorsque le mosaïste vise à la grande peinture, c’est aux légendes helléniques qu’il demande ses sujets, par exemple celles des Centaures12, des Amazones13, des Argonautes u. Il retrace les hauts faits de Jason’15, de Persée16. La victoire de Thésée sur le Minotaure 11 est l’un de ses thèmes favoris ; car elle lui permet de remplir tout un pavement d’une composition unique et d’associer intimement dans le même ouvrage les deux genres opposés de mosaïque : le vermiculatum qui sert à peindre les divers épisodes du voyage en Crète, et le tessellatum dont le dédale géométrique figure sur le sol le plan du labyrinthe (fig. 5240) 18. Il représente aussi les principaux événements du cycle troyen : le

jugement de Pâris19, l’enlèvement d'Hélène20, le sacrilice d’Iphigénie 21, Achille à Scyros 22, Achille traînant

Fig. 5211. — L’Académie de Platon. Mosaïque de Terre Annunziala.

le cadavre d’Hector 23, ou accueillant les supplications de Priam24, Ulysse sortant de l’antre de Polyphème25,

1 Répliques du tableau de Sosos de Pergame décrit par Pline, XXXVI, 181: à la villa Hadriana, Furietti, p. 29 sq. et pl. i ; Hclbig, Guide , p. 328, no 450, avec la bibliographie; ajouter Winnefeld, L. c. p. 152, Gusman, L. c. p. 220 et hors texte u ; à Pompéi (six colombes), inventaire du Musée de Naples, n° 114 283; (deux perroquets et une colombe), Monaco, Guide, p. 29, n» 9992 ; à Rome (deux colombes buvant), Lanciani, bull. d. comm. munie, di Borna , 1 87 6, p. 20, peut-être aussi le tableau central, entièrement détruit, de la mosaïque d’Hcraklitos, Helbig, 1, p. 519 (deux perroquets); Bull. Soc. antiq. de France , 1902, p. 155; à Utiquc, trois oiseaux buvant dans un vase : d’ Hérisson, Mission en Tunisie , p. 174; cf. la mosaïque murale du mausolée de Galla Placidia, à Ravenne (v® siècle). — 2 Pljn. XXXVI, 184; Stat. Silv. I, 3, 55; Sid. Apoll. Carm. 23, 58. Répliques de l’asarôton de Sosos de Pergame: à Rome, mos. d’Heraklitos ; à Sousse? Bull. 1845, p. 108; à Oudna, mos. sur tuiles (voir p. 2099, n. 5); cf. la mosaïque de Makrib-Thala (milieu du iv° siècle) lableau central, non identifié jusqu’ici, entouré d’une bordure rectangulaire avec fabriques et bâtiments ruraux, Moll, Ann. Coiîst. 1858-9, p. 183; Gsell, Mon. ant. de l’Alg. II, p. 106, n« 37. — 3 La triade Capitoline, Demeter et Koré, Cybèle, Isis n’apparaissent jamais sur les pavements augustéens. Apollon n’est figuré que sous le déguisement du berger poursuivant Daphné : mos. de Pompéi? Monaco, Guide , p. 123, il" 27 708.— '* Mos. de Pompéi et d’Herculanuîtî (Dionysos, Lykourgos et Ambrosia): Malz, Arch. Zeit. XX VII, pl. xxi, 2, 3 ; Monaco, Guide, 28, n« 9988 ; (Dionysos et la panthère) : Ibid. p. 28, no 9983. — 5 Héraklès et Omphale, M. de Porto d'Anzio (Anlium) Berichte der sac fis . Gesellsçh. d. Wiss. 1855, p. 227; Roux et Barré, L. c. V, pl. xxx; Hclbig, I, p. 297, n® 414 avec la bibliographie; Mos. d’Italie? au Musée de Madrid, inv. 3G10 llleraklcs et le centaure Nessos) : Roscher, Lexikon , s. v. Nessos , et fig. p. 286; Arch. Anzeig. 1894, p. 8, n° 8; mos. de Rome (Héraklès frappant un centaure) : Furietti, p. 56 ; Beltori, Picturae antiq. p. 31, pl. xxi. — 6 Mos. de Pompéi (Neptune et Amphitrite) : Bull. 1871, p. 177. R. Engelmann, Lützows Zeitschr. VII, p. 255; Monaco, Guide, p. 30 sq. no 10007; Giorn. d. scavi di P., n. s., Il, pl. i, p. 36 ; Overbeck, Griech. Kunstmyth . Il, p. 311 et Atlas, XIII, n° 13. — 7 Mos. de Pompéi (amours enchaînant un lion) : Monaco, Guide , p. 26 sq.; nios. d’Hcrculamim (amour et sirène) : Ibid. p. 27, n° 9981. — 8 Mos. du cimetière des Officiales à Carthage (peut-être le Nil) : Gauckler, Bull. arch. du comité, 1896, p. 154; La Blanchère et Gauckler, Calai, du Musée Alaoui, p. 30, A, no 153. — 9 Mos. d’Herculanum : Monaco, Guide, p. 28, n° 9984 ; mos. d’Ostie : Visconti, Annali, 1857, p. 293 ; Overbeck, Griech. Kunstmyth. p. 657. — 10 Mos. de Pompéi (Faune et nymphe) : Bull. 1831, p. 19, 25. — H Mos. sur tuile du Musée de Lyon, et de Cherchel, Caesarea de Mauritanie (voirp. 2097, n. 13). — 12 Mos. de la villa Hadriana, de Rome, au Musée de Madrid, citées, n. 5; cf. aussi mos. d’Otricoli, Helbig, I, p. 206, et fragment trouvé sur l’Esquilin, au Musée de Dresde, Jahrbuch, IV, p. 173. — 13 Légende de l’Amazone Penthésilée : mos. des Ouled Agla (111e siècle, d’après un modèle plus ancien), Gsell, Bec. Const. XVII, p. 238 sq. et pl. p. 230. — ** Épisode d’Hylas ; deux mos. du temps d’Hadrien : à la Baneza, Bull. Soc. antiq. de France, 1900, p. 280 sq. avec croquis; cf. Aterie e Borna, III, p. 354; et à Sainte-Colombe près de Vienne, Ibid. 1902,

p. 133 sq. et pl. ; cf. un tableau en opus sectile de la basilique de Jnnius Bassus, cité p. 2095, n. 9. — 13 Mos. de Vienne : Jason parlant sur l’Argo, mariage de Jason et de Médée (époque anloninienne, d’après un modèle plus ancien) : Bull. 1868, p. 48 sq.

— H> Mos. de l’ile de Wight (époque antoninienne) : Morgan, Bomano-brilish pavements , p. 27, 234 sq. et pl. en couleurs. — n Deux mos. de Pompéi : 1° Bull. 1836, p. 7 ; Annali, 1838, p. 152; Zalin, II, 50 ; 2" Annali , 1838, p. 154; mosaïque de Cliieti : Allegranza, Opusc. p. 232 sq.; Neapel antik. Bildverke , p. 433, n” 28; Annali, 1838, p. 152; Monaco, Guide, p. 31 ; mos. de Moladi Gaeta ; Pasq. Mattéi, Poliorama pittoresco, 1842, n» H ; Bull. Napol. I. p. 98 sq. ; cf. les mos. suivantes de la période antoninienne: à Aix (époque d'Hadrien', Arlaud, p. 101. pl. xlviii ; Millin, Voy. dans le midi de ta France , II, p. 239 et atlas, pl. xxxiv; à Orbe (le labyrinthe) : lilliogr. de Ronstetten, au Serv. des mon. liist. du canton de Vaud, Bull. 1848, p. 52; autre (abandon d'Ariadne), Bull. 1863, p. 193 sq. ; à Bosscaz en Valais : Allg. Zeit. 1845, p. 2491, n» 312; Kunstblatt, 1845, p. 383, n" 92; O. Jalm, Arch. Beitrüge, p. 269 sq. ; à Cormerod, près d’Avenehes ; Artaud, p. 103 ; Bursian, A veut. Helv. pl. xxix, p. 58 -Alitt. Ant. Gesellsçh. Zurich, XVI, 5 ; à Verdes (Loir-et-Cher), Enlart, Man. d'arcli. franc, p. 722 ; mos, de Vienne, au Musée de Lyon (médaillon dans la grande mos. de l’ivresse de Bacchus): Cal. des musées de Lyon, p. 207 ; mos. de Sousse : Guérin, I, p. 109 sq. ; de Villefosse, Rev. de l’Afr. fr. VI, n» 32, p. 389 et 394; Doublet, C. rend. Acad. 1892, p. 318 sq. et fig. de la p. 319; Hannezo, Congrès del’Afas à Carthage, 1896, II, p. 817, et Const. XXVI, pl. u : Carton, Ibid. XXXV, p. 63 sq.; cf. Stephani, Der Kampf. zw. Thés, und Minotaur. p. 45 sq.; O. Jalm, Arch. Beitrüge, IX, Thcseus-Ariadnee, p. 25 1 sq. ; E. Münlz, Et. iconogr. p. 14 sq. — 18 La fig. 5240 reproduit la mos. de Salzbourg d’après Arneth, Arch. Analekten, 1851, atlas, pl. v; cf. Jahrb. d. arch. Jnst. Berlin, X II, 1892, p. 174; A. Bolliger, Salzburger Mosaikfussboden, Kl. Schrift. Il, p. 284 sq ; O. Jahn, L. c. p. 252, avec la bibliographie. Sur les parements en labyrinthe, et les jeux d’enfant auxquels il donnait lieu, cf. Plin. XXXVI, 96-

— 19 Mos. de Lambèse (antoninienne) : Beury, B. de Const. XXVIII, 1983, p. 99. (Ou plutôt Thésée abandonnant Ariadne); cf. à l’époque chrétienne, la mos. de la cathédrale de Pesaro : Carducci, Sul gran m. scop. inPesaro, et Engelmann Im neuen Beich, 1872, p. 407 sq. — 20 Mos. de Varhély, Sarmisagethusa (antonin.) ; Arneth, Arch. Analekt., Sitz. Ber. d. Wien. ak. 1851, VI, p. 282 sq. ; pl. xvi et atlas, Overbeck, Kunstmyth. II, p. 148. — 21 Mos. d’Ampurias : Heydemann] Arch. Zeit.XXXU, p. 7 sq. et pl. xiv ; E. Hübner, Bull. 1860, p. 157 ; Antik. Bildtv. in Madrid, p. 280 ; de Witte, Bull, des antiq. de France, 1876, p. 89 sq. ; de Villefosse, Ibid. 1892, p. 192. — 22 Deux mos. de Pompéi : Bull. 1839, p. 76; 1841, p. 99; Gusman, Pompéi, p. 396 sq. et fig.; mos. de Sainte-Colombe, près Vienne (antonin.), Artaud, p. 78 et pl. xvm, xix; mos. de Sparte : Hirschfeld, Bull. 1873. p. 213; R. Weil, Mitt. ans Athen, I, p. 175; Dressel et Milchhoefer, Ibid. II, p. 429, no 280 sq. ; Engelmann, Arch. Zeit. XXXIX, p. 129 sq. et pl. vi. — 23 Mos.’ de Nîmes, A. Pelet, Les mos. de Nîmes, p. 6, no l ; Bazin, Nîmes gallo-romain, p. 265. — 24 Mos. de Varhély, Sarmisagethusa (antonin.) : Arnelli, Analekten, 1851, atlas, pl. xv. — 25 Mos. de Baccano, Ad Baccanas : Bull. 1873, p. 132- Guida del Mus. naz. p. 91.

MUS

Ulysse el les Sirènes sans faire cependanl des lableanx homériques 1 abus qui altira aux peinlres de l'ancienne ecole les critiques de Vitruve 2.

d'Issuf.bre la1gl0irc milUairedeln «rtce dans la bataille a issus % sa gloire littéraire dans l’Académie de Platon (fig. 5241) *.

C est aux distractions favorites des Grecs que se rapportent la plupart des tableaux de genre augustéens, ceux qui retracent des scènes de théâtre 5 ou des coulisses (fig. 144) G, ceux qui représentent les luttes de la palestre \ le jeu de Yascoliasmos (fig. 572) 8, ou les combats de coqs (fig. 213) 9.

Les paysages, trai

MUS

Fig. 5242. Mosaïque do la villa Hadriana.

tés à la manière du peintre Ludius 10 et toujours composés avec art, reproduisent 1 aspect escarpé et sauvage des

rochers de l’Attique, refuges des Centaures (fig Sc>«9x les eaux de l’Hellespont 12, ou bien les prairies V , ’ iorêts de Sicile qui servent de cadre aux scènes a S poemes de Tliëocrite 13, ou encore les marais nilotiques

du delta d’Égypte (Og. 5243) u, par semés de lotus en

fleurs ou de touffes

de papyrus, peuplés d’ibis, d’hippopotames et de

crocodiles. Ce sont des tableaux idylliques, à lafois réalistes et conventionnels, où les dieux se mêlent

aux hommes, où la nature arrangée en

vue du décor est agrémentée de détails pittoresques, de « fabriques », sanctuaires rustiques, autels, statues, arbres sacrés, pâtres conduisent,

et animée de troupeaux que des de scènes de chasse ou de combats de fauves

1 Mos. de For Marancio, près de Rome ( chiaroscuro ) : Pislolcsi, 1 V, 1- Hclbig, 1, p. 1, avec la bibliogr. - 2 Vitr. VII, 5, 2. - 3 Mos. de’ Pompéi,’ (voir la noie 1 de la page suivante). - 4 Mos. de Sarsina, Winckelmann, Mon. med. II, p. 242, pl. ci.xxxv; Laborde, Mos. d’Italica, p. 91 ; Helbig, L. c. Il, p. 94 sq. n° 85/ ; Petersen. Mitt. d. d. arch. Inst. Itom. XII, 1897, p. 328 sq. et fig. de la p. 329; Diels, Jahrb. Beiblatt, p. 120, 122, 175. Mos de Torre Annunziata (voir notre fig. 5241) : Sogliano, Not. d~' scavi, 1897^ p. 337, et Platone nell' Accad. avec pl. et la bibliogr. ; Petersen, L. c. p 328 et fig.; Hermes, 1902, p. 128; V. c. Chiappelli-Slein, Arch. f. Gesch. d. Philos. XI, p. 171, qui veulent y reconnaître les sept sages de la Grèce. Les mosaïques à médaillons hexagonaux qui figurent en buste les sept sages de la Grèce, telles que la mosaïque de Cologne (voir plus loin) et le fragment de l’Aventin ( Chilon ), Annali, 1846, p. 132; Monum. pl. ccxv ; Visconti, Icon. grecque , pl. xi. forment une série toute différente, très postérieure en date. — S Acteurs comiques. Deux mosaïques de Pompéi signées Dioskourides (voir p. 2098, n. 1) ; cf. la mosaïque antoninienne d’Aix en Provence (acteurs comiques), Artaud, L. c. p. 103 et pl. xux; Fauris Saint- Vincent, Rec. de div. monum. d'antiq. trouvés en Provence, 1805,’ pl. xi ; Millin, Voy. dans le midi de la France, pl. xxxm; Calvet, Dissert, sur quelques mos. des anciens, manuscr. p. 25 ; H . Gibert, Catal. du Musée d’Aix, 11" 351 à 366 ; mosaïque de Porcareccia (au Vatican ; scènes de tragédie) : Millin, Descr. d’une mos. ant. pl. x, xvm, xix, xxiv ; Wieseler, Theatergeb. pl. vu, 5, et VIII, 1,2,/; Artaud, L. c.p. 21 ; Ribbeck, Die rôm. Trag. p. 603 ; Baumeister, Denkmüeler, p. 1854 et pl. en couleurs i.xxvm et lxxix; mos.de Grand (Vosges), m» siècle, au Musée d Épinal, Jullian, Gallia, p. 163 (aquarelle au Musée de Saint-Germain), S. Reinach, Catal. p. 231. — 6 Mos. de Pompéi, voir choiu:oia, p. 1117, fig. 1421;

mos. d Hcrculanum (athlète armé du ceste), Monaco, Guide, p. 31 , n° 10 010. 7 Mos

sur tuile de Sousse (lauiste et lutteurs). A la série palestrique se rattachent les’ mosaïques qui figurent la lutte d'Eros et de Par. (fin du i"- et n« siècle); mos. de Baccano : Bull. 1873, p. 132; Bie, Jahrb. d. arch. Inst. Berlin, IV, p. 135; mosde Vienne :.Arlaud, p. 61 sq. et pl. vi; Jalin, Sachs. Bericht. 1869, p. 33, rem. 88i t.atal. Musée Lyon, p. 207, n» 19; mos. de Lyon : Artaud, p. 56 sq. et pl. vî Jalin, L. I. ; Catal. musées de Lyon, p. 206, m-12; cf. aussi mosaïque de Vienne (amours s'exerçant à la lutte et au pugilat) : Artaud, p. 85 sq. pl. xxx et xxxi; Cal. mus.de Lyon, p. 206, n" 17; cf. la mos. en chiaroscuro du prolhyrum des petits thermes de Pompéi (Gusman, Pompéi, p. 168 sq. fig. de la p. 169). Les emblemas des thermes de Giglhi (Bougrara, en Tunisie), figurant des lutteurs aux prises, ne remontent qu'au milieu du u' siècle : mos. inédites découvertes dans les fouilles de la Direction des ant. de Tunisie, Gauckler, communie, à l’Acad. des Inscr. séance du 16 octobre 1903, Rev. crit. 26 oct. p. 340. — 8 Mos. du musée de Berlin, Arch. Zeit. 184/, pl. IX, 1 ; voir askoijamos, fig. 572.— 9 Mosaïque de Pompéi : Bull. 1836, p. 8, Zahn, Die schônst. Orn. in Pomp. II, 50; Monaco, Guide, p. 27, n» 9982; autre : Monaco, Ibid. 10003; Gusman, Pompéi , fig. de la p. 184; autre (deux coqs combattant, seuls), musée de Naples, photogr. Alinari, n» 12614; cf. Jalin, Arch. Beitr&ge, XVIII, Hahnenkümpfe. p. 437 sq. — 10 Vitr. VII, 5, 2 ; Plin. XXXV, 1 16.

il Mos. de la villa Hadriana, au Musée de Berlin : Piranesi, Ospitali, 37; Penna, Viaggio pitt. délia villa Adriana, IV, 101 Monum. d. Inst. IV, 50; Annali, 1848, p. 198 sq. ; Baumeister, Denkmaeler, p. 863, fig. 941; Wipnefeld, Die villa de j

Iladrian bei Tivoli, p. 88 sq. et 151 . P. Girard, La peinture antique, p. 205, fig. 115 •

Monaco V d P’oif°’ ^ ~ ^ M°S' d Herc,llanum (Phryxus et Hellé),

Îo /IT’ 10 °05- “ 13 M°S- d Hèrculanum : Monaco, Guide, p. 28,

1 je’ T' dC a V‘lla Hadriana’ de 1Ave,ltil1 à Rome: voir plus loin, note 15.

*-ur es mos. nilotiques, cf. G. Lumbroso, L’Egitto dei Greci e dei Romani chap ,-.n, • et Rivista di filai. III, 1875, p. 200 s,,. A Pompéi : les trois seuils du pavillon de la mosaïque d’Alexandre, Bull. 1832, p. H, 49 et fig. p. 29; 1813, p. 16, Roux et Barré, L. c. V, pl. xxvm ; Monaco, Guide, p. 29, n» 9990’ Gerspach, La Mosaïque, fig. p. 29 et p. 30, n» l. Sujet analogue sur la plinthe d une ontaine : Annali civili delle due Sicilie, 1833, I, fasc. V, p. 57. A Rome: mos.de 1 Avenlm au Musée des Thermes, Lanciani, Bull. 1870, p. 80; E. de Ruggiero, Catal. dei Museo Kirclier, I, p. 265 sq. ; Liénard, Gaz. arch. VI, ’p. 170, pl. xxv;’ Duruy, Hist. des Rom. V, fig. de la p. 679; cf. aussi Guida dei Mus. naz. n elle «//// Diocle~. p. .17, n»+l. Au musée du Capitole : Bull. d. comm. arch. di Roma, 1881, p. 238 ; bordure de la mos. d' Béraklitos, au Musée de Latran, Bull. 1833, p. 81 sq.; Helbig, trad. Toutain, n» 694, p. 518 sq. ; Corp. inscr. gr. III, n» 6153; Kaibel, Inscr. gr. Sicil. /faî. 1245, avec la bibliogr. A la villa Albani : Winckelmann, Mon. ined. indice dei rami, p. 13 ; Morcelli, Fea, Visconti, Descr. de la villa Albani, R* ~9, 11 A Tibur (villa Hadriana) actuellement au cabinet des masques du

Vatican . de Villefosse, L. c. p. 16, n. 3. A Prato Rotatoro ( Pyryos ) bordure de la mos. de Neilodoros : de Longpérier, Ann. Soc. antiq.de France, 1852, p. 93; Benndorff, Bull. 1866, p. 231 ; Engelmann, Metallcaestus dans Jahresb. d. Ost. arch. Inst, in Wien, VI, 1903, p. 54 sq. et fig. 26; de Villefosse, Bull. arch. du comité, 1903, p. 18. A Préneste (Palestrina) : mos. de l'Égypte vue à vol d'oiseau (fig. 5243); la copieuse bibliographie de ce pavement célèbre aété donnée par G. Lumbroso, L. c. p. 14 sq. et Rivista cli filol. III, 1875, p. 201, et Kaibel, Inscr. gr. Sicil. liai. 1302; Maspero, les peintures des tombes égyptiennes et la mosaïque de Pales- Irina, Gaz. arch. 1879, p. 77 sq. et O. Maruechi, Nuova osserv . sut. mos. di Palest. Bull. comm. di Roma , 1895, p. 26 sq. et pl. u, m. A Villelaure, Labandc et de Villefosse, Bull. arch. du comité, 1903, p. 7, 14 sq. et pl. n avec la bibliogr. A Sousse, divers fragments d'un même pavement, Doublet, Rev. arch. I. II, 1892, p. 217, pl. xxi ; La Blanehère et Gauckler, Cat. Mus. Alaoui, p. 10, n"' 2, 3, 4; Gauckler et Gouvel, Musée municip. de Sousse, p. 33, n» 7, pl. ix, 2. A El Alia Gauckler et Gouvet, Ibid. p. 25, n°.l, pl. vm, avec la bibliographie. — R» Mos. du triclinium nord du palais de la villa Hadriana : 1° combat de centaures et de tigres (note 11); 2° lion et taureau, au Musée du Vatican, salle des animaux, 125, Penna, Viaggio, IV, 104; Winnefeld, L. c. p. 88 et 151; 3» paysage avec troupeau de chèvres, Ibid. 113; Penna, IV, 105; H. Heydemann, Arch. Anzeig. XXV, 61 sq. ; Raoul Rochette, Lettre arch. I, p. 153 sq. ; 4“ autre paysage semblable, Ibid. Penna, IV, 107; Hclbig, L. c. I, p. 170; Mus. Pio Clem. Vil, p. 88 et pl. iv. Ces quatre emblemas symétriques semblent beaucoup plus anciens que le pavement dans lequel ils ont été encastrés au commencement du ue siècle; cf. Gusman, La villa Hadriana, p. 226 sq. et fig. 320, 321, 322. Mos. trouvées sur l'Aventin, à Rome : 1° paysage avec animaux (souvent attribué à la villa Hadriana), Furietti, p. 44 et pl. m ; Foggini, Museo Capit. IV, p. 183, vignette de la p. 197; Braun, Ituinen und Mus. Roms, p. 837, n°2; Winnefeld, p. 152, n. 5; Helbig, II, P- 1®*, n“ 962; ; Gusman, L. c. fig. 3^3 ; 2° paysage sur les bords d’un lac : Furietti, p- F4,

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Le mosaïste augustéen s’efforce d’éviter la banalité et le terre à terre, même dans les scènes les plus simples. Les sujets de ses tableaux trahissent parfois une recherche excessive et constituent de vraies énigmes pour quiconque n a pas été élevé à la grecque. La mosaïque romaine reste encore, au icr siècle de notre ère, un art tout aristocratique. Ne vivant guère que des commandes d’une clientèle de grands seigneurs ou de hauts fonctionnaires tout imbus de la culture hellénique, elle s’efforce de se plier à leurs exigences idéalistes moins

délicates plutôt que de flatter les goûts du vulgaire.

Le raffinement que l’on constate dans le choix des sujets se retrouve également dans la manière de les rendre. Les tableaux en vermiculatum sont composés avec un soin extrême. A ce point de vue, la bataille d’issus, si souvent décrite et reproduite, est un chefd’œuvre Dans la peinture de ce combat, qui met aux prises deux empires et règle les destins du monde, l’artiste arrête l’action au moment décisif. En avant de ses escadrons, Alexandre vient de transpercer de sa lance

Fig. 5243. — Paysage du Nil. Fragment de la mosaïque de Paleslrina.

le commandant de la cavalerie des Perses2 sous les yeux de Darius. Le Grand Roi est debout sur son char, fuyant déjà; son geste, l'effroi peint sur son visage ne sont pas moins expressifs que l’impétuosité du vainqueur. Tout dans l’ensemble de la composition comme dans ses moindres détails concourt à l’effet général. C’est un modèle de la peinture historique.

Dans les mérites d’une telle œuvre, quelle peut être la part du mosaïste ? Il est difficile de le dire. Le plus souvent, nous ne connaissons son modèle que par la copie qu’il en a faite. Parfois cependant, nous avons conservé diverses répliques du même prototype, peintes les unes à la fresque, les autres en mosaïque. Tel est le cas pour la célèbre composition de Polygnote : Achille reconnu par Ulysse à Scyrosi. Les copies que l’on en rencontre à Pompéi offrent diverses variantes; mais, tandis que les peintures sont toujours encombrées de

Nerinius, De templo et coenobio SS. Bonifacii et Atexii , p. 36G, pl. xm; 3°-7°. combat de loup et de taureau ; chasseur sur un cheval poursuivant un taureau ; chasseur sur un éléphant, poursuivant un taureau; chasseur attaquant un ours à l’épieu. Mos. symétriques, trouvées ensemble dans le jardin de Sainle-Sabinc, en même temps qu’une scène isiaque transportée au Vatican, d’un caractère tout alexandrin : Furictti, p. 46 sq. ; Ficoroni, Delle sinrjolarita di Borna , II, 2, p. 15. Mos. d’IIerculanum, Not. d. scavi, I. p. 26; Monaco, Guide, p. 28, n° 0084. Mos. de Populonia (marine},

comparses, Lycomède, ses filles, des soldats grecs, Yemblema de la casa di Apollo i, par exemple, ne conserve que le nombre de protagonistes strictement indispensable à l’intelligence de la scène : Ulysse qui tend lepée, Achille qui la saisit, Déïdamie qui s’enfuit terrifiée. Donc, le mosaïste ne décalque pas son modèle; il l’imite librement, le modifie au besoin. Il élague, il élaguera de plus en plus tout ce qui dans l’original lui paraîtra d’un intérêt secondaire. Autant que possible, il réduit le nombre des figures à trois ou quatre au plus. Mais il n’agitainsi que pour donner plus de vigueur au tableau en concentrant l’attention sur les personnages essentiels, parfois aussi pour simplifier son travail. Il n’a pas à se préoccuper de la place qui sera, plus tard, assignée à ses œuvres, au sortir de son atelier. 11 compose une peinture, et non un pavement.

On ne peut s’étonner de la vogue extraordinaire dont

Bull. 1843, p. 150. — t A Pompéi, maison du Faune. Voir principalement Gervinus, Kl. Sçhr. VII, p. 435 sq.; Niecolini, Quadro in musaico scop. in Pompéi, 1832, iUus. Borb. VIII, pl. 30; O. Muller, Kl. Schr. IV, p. 40; Denkm. d. ait.. Kunst. pl. I.Y, 273 ; Welcker, Kl. Schr. 111, p. 400, 1 13 ; Finali, Sala del gran Mos. Pompeiano, 1858; Gerspach, La Mosaïque, p. 20 sq. — 2 Le propre frère de Darius, Oriatbes, d'après Q. Curce (II, 11; voir aussi le récit de Diodore, XVII, 33- — 3 llelbig, Wandgem. p. 280 sq. n" 1296 sq. — 4 Gusman, Pomp. p.’ 396, et fig.

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jouirent les mosaïstes pendant toute la durée de l'Empire romain. Il semble que leur condition sociale fût assez relevée et qu’on les entourât de la même considération que les peintres. Une épitaphe nous fait connaître un rnusaiarius , Ti-Julius Nicephorus, affranchi de Tibère, qui deuiit être riche, car il possédait lui-même des affranchis des deux sexes '.Deux inscriptions de Périnthe mentionnent un mosaïste P. Aelius Harpocration, surnommé Proclus2, mort à quatre-vingts ans, laissant un fils attaché à la même profession et parvenu au rang de sénateur. L édit de, Dioclétien1 tixe le salaire du mustvarius à 00 deniers par jour, tandis que le lapidarius , par exemple, n'en reçoit que 50. Enfin Constantin dispense les mosaïstes des charges publiques au même titre que les architectes, les peintres et les sculpteurs4. Sans doute beaucoup n étaient que des esclaves de l’empereur ou de grandes familles travaillant pour le compte de leur maître , d autres au contraire, affranchis ou ingénus, travaillaient pour leur propre compte, possédaient un atelier où ils iormaient des élèves5 et signaient leurs œuvres6.

Tessellatum augustéen. — Il n’en est pas de même pour 1 ôpus tessellatum. Ce genre de mosaïque ne se rencontre que sur le sol et ne se compose guère que de marbre. A l’époque augustéenne, il constitue encore un luxe. Dans les édifices publics, où il n’apparaît que rarement, il est réservé aux parties les plus importantes, la cella des temples, la scène des théâtres, les salles de

Fig. 5241. — Mosaïque sur un hypocauste. Thermes de Stabia

réunion des thermes; dans les maisons particulières, aux appartements de réception, et aussi au prothyrum que l’on voit de la rue et où le propriétaire aime à faire parade de sa richesse. Enfin, il sert à paver les caveaux funéraires ou la terrasse des mausolées.

Le rôle de la mosaïque en tessellatum est avant tout d’utilité pratique. L’essentiel pour un pavement de ce genre, c’est d’être solide, plan et lisse. Le support des cubes doit être parfaitement étanche et stable, afin de pré¬

server la mosaïque des glissements et des infiltrations a sous-sol. Le meilleur est celui que constitue une vmï|U en maçonnerie. Aussi l’architecte a-t-il soin de ni- J," dans ses constructions, les caves et les citernes sous 1P« locaux qui comportent une décoration en mosaïque- P| réciproquement le mosaïste chargé de décorer le sol d’ùne habitation cherche à tirer parti de toutes les surfaces favorables, même lorsque celles-ci se trouvent à décou vert, par exemple dans la cour centrale1. D’une façon générale, la présence dans des maisons romaines d’une mosaïque parfaitement conservée indique presque toujours 1 existence d’une citerne sous-jacente 8.

Dans les thermes, on réserve ordinairement les pavements de ce genre aux salles à hypocauste (suspensurae) \ Voici comment l’on procède' dans ce cas. Sur un premier dallage légèrement incliné vers la bouche qui répandra l’air chaud dans le sous-sol on dispose des piliers de briques ayant tous deux pieds de hauteur, de telle façon que les tuiles carrées, de deux pieds de côté, qu’ils doivent supporter, reposent chaque fois de leurs quatre angles sur quatre piliers différents,' et se rejoignent toutes exactement. Sur l’aire ainsi obtenue, l’on étend une couche de mortier de tuileaux, épaisse de 0 m. 06 a 0 m. OH, puis une couche de ciment plus fin, épaisse de 0 m. 02 à Om. 03, enfin la croûte des cubes 10 (fîg. 5244).

A défaut de voûtes ou d’hypocaustes, lorsque le pavement doit reposer directement sur le sol, on prend pour le dresser les précautions suivantes. Sur la terre

soigneusement nivelée, battue â la hie et, le cas échéant, drainée par des canaux, on étend d’abord un épais conglomérat de cailloux gros comme le poing, le statumerr, puis un lit de mortier de neuf pouces au moins, composé de trois parts de pierrailles pour une de chaux, que l’on dame longtemps, le rudus ; enfin" une couche de ciment fait de trois parts de tuileaux concassés, pour une de chaux, épaisse de six doigts au moins, le nucléus ,2. On a soin de donner une légère pente au pavement, en l’inclinant vers le coin de la pièce où s’ouvre la bouche d’égout qui recueillera les eaux de lavage ou de pluie. Sur l’aire ainsi établie, le mosaïste étend, au fur et à mesure de l’avancement de son travail, une mince couche de ciment à prise lente, dans laquelle il enfonce les cubes tous à la même hauteur. Pour bien égaliser la surface, il s’aide de la règle et du niveau (ad regulam et libellam ) 13. La mosaïque terminée et solidifiée, il enlève avec une ratissoire les bavures de ciment qui débordent, puis polit soigneusement l’ouvrage, en le passant successivement au sable fin, au grès, à la poudre d’émeri 14 (/'ricatura, levigatio,politura).

l C. i. I. VI, 9647. — 2 C. i. gr. 2024, 2025; décret lui accordant une statue, lreéd. Stuttgart 1859, H. Bruun, Gesch. d. gr. Künstler, II, p. 313. — 3 Ed. Diocl. VII, 6. — 4 Cod. Thcod. XIII, 4, 2 ; Bayet, Iiech. pour l'hist. de la peint.

en Orient, p. 46. — SA Lillebonne, Sennius Félix, voir p. 2118. 6 Voir les

listes de H. Bruun, L. I. p. 311 sq. ; E. Müntz, Étude icon. et arch. p. 3 sq. ; de Laurière, Mos. de Girone (Extrait du Bull. AJonum. 1887, p. 12 à 10) ; Lucas, Mos. des Aristo, Mitth. d. Arch. Inst. Rom. XVII, p. 126 sq. Ces listes doivent être rectifiées et complétées, voir Gauckler, Coram. à la Soc. des Antiq. de Fr.. 17 février 1904. — 7 La grande mosaïque de Neptune et les Saisons (plus loin, fig. 5253), à laquelle il ne manquait pas un cube, était établie au-dessus d'un grand réservoir. — 8 La citerne se trouve généralement placée sous l’oecus ou le triclinium , lorsque la cour centrale est plantée enjardinel. Le réservoir est sous la cour centrale, celle-ci est tout entière revêtue de mosaïque. Par exemple à Délos, maison de Philostratos, et autre maison voisine, P. Paris, Bull. corr. hell. 1884, p. 476 et 490, pi. xx et XXI ; à Oudna, maison à atrium central, Gauckler, Domaine desLaberii; Mém.Piot, p. 183 et n. 3; à Carthage, maison de la Volière, Illustration, 4 avril 1903, p. 224

avec tîg. — 9 Vilr. V, 10 (11), 2;Pallad. I, 40; Plin. XXVI, 3; Bliimncr, Technologie , 111, p. 337 sq. et lig. 43 ; voir hypocaustum, p. 345 sq. avec la bibliogr. — 111 Fig. 5244, caldarium des lhermesde Stabic, d'après A. Blouet, Thermes de Caracalla, pl. xm ; Rcynaud, Traité d'archit. 2' part. pl. i.xivetp. 450 ; cf. Mazois, Ruines de Pompéi, 11. pl. lu, n°2; Gusman, L. c. p. 167 ; Lyson, Reliq. britann. rom., Il, pl- xvl,‘! pl. u, ni, iv, xx, xxv, xxvi, xxx, xxxi. et An account of rom. antiq. discov. ut Woodchester, p. 12 sq. pl. xxu, xxvm; Archaeologia, XLVI, 2, p. 337 sq. pl. xn, n» 2 ; Buckman et Newmarck, Remains of Rom. art, p. 65, fig. 5 et pl. vm (thermes de Corinium ); Archaeol. VII, pl. xvu (Brecknock) ; Bossler, Die Romerstâtte bel Bilbel, p. 31; Schônwisner, De ruderibus laconici caldariique rom. in solo Budensi repertis, Budae, 1778 (Allhofen), Jahr. d. Ver. v. Alterth. im Rheml. LXXIV, pl. x; LXXIX, pl. ir, fig. 16 (Baden); Loriquet, la mosaïque des Promenades, p. 89 sq. pl. i, fig. 3, 3 bis, 3 ter. — H Artaud, L. c. p. 1"24 sq. ; Loriquet, L. c. p. 88 sq. — 12 Vitr. VII, 1,2; Plin. XXXVI, 186 sq. ; Pallad. I, 9, 2sq.;cf. Blümncr, L. I. p. 100 sq. ; Artaud, L. c. p. 123 sq.; Loriquet, L. O. p. 87 sq. — 13 Vitr. VII, I, 4. — 14 Labarle, Bist. des arts industr. II, p- 335.

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Les pavements en tessellatum n’étaient pas exclusivement réservés au rez-de-chaussée. Ils pouvaient aussi être établis sur des terrasses voîitées ou même, avec un surcroît de précautions, sur la charpente d’un étage.

La matière dont ils se composent, au i" siècle de notre ère, est généralement le marbre de Grèce ou de Luna, très rarement le calcaire ordinaire ou le schiste, presque jamais la brique. Les couleurs sont peu nombreuses. Le

Fig. 5245. — Payement en mosaïque, à Pompéi.

mosaïste emploie surtout le blanc et le noir. Dans le champ les dessins se détachent le plus souvent en noir sur un fond blanc ; dans la bordure, en blanc sur un fond noir. Le rouge, le jaune et l’olivâtre n’interviennent que pour rehausser le coloris de quelques touches claires. Les dés sont toujours carrés. Suivant les pavements, leurs dimensions varient de Om. 04 à 0 m. 005

de côté. Mais chaque ouvrage n’admet qu’un seul calibre.

De la forme des cubes dérive celle des dessins. Le système de la décoration en tessellatum demeure d’abord strictement orthogonal. Les mosaïques les plus anciennes ne présentent guère que des motifs en damier et des combinaisons de lignes cà angles droits : quadrillages, filets, bandes, rayures, dentelures, et toute la série

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des grecques, de quelque nom qu’on les appelle : redans, ressauts, créneaux, frettes, guillochis, méandres, grecques carrées, rectangulaires, allongées, triangulaires, polygonales, alternées, entrelacées en labyrinthe, involutees, révolutées, syriaques, en nappe, rubanées! doublées, inclinées, rampantes, opposées, coudées, rompues et isolées ' .Parfois un bandeau tourelé, crénelé, percé de portes et de fenêtres, comme l’enceinte d’un palais fortifié, borde l’ensemble (fig. 5245); il entoure un motif en labyrinthe : c’est le schéma de l’antre du Minotaure (fig. 5 i0) . La sobriété tout hellénique des pavements dt ce genie répondait au style sévère des placages de marbre qui revêtaient les murailles des palais ptolémaiques d’Alexandrie. De l’Égypte et de la Grèce, ils se répandirent dans l’Occident latin, mais en s’y transformant bientôt.

En Italie, a 1 époque augustéenne, les marbres de couleur étaient encore coûteux et rares. Aussi lesremplaçait-on généralementpar le stuc, surtout dans les maisons privées. De là une liberté d’allures beaucoup plus giande pour la décoration des murs, laquelle influe sur celle des pavements correspondants.

Dans les maisons les plus anciennes de Pompéi, le décorateur se borne à simuler sur les murs des motifs géométriques d opus sectile , tout plats ou à bossages, répartis dans une série de panneaux que bordent en haut la saillie d une frise, en bas celle d’une cimaise, à droite et à gauche, des pilastres verticaux 3. Dans ce cas, le mosaïste se contente, lui aussi, de feindre sur le sol un revêtement de crustae polygonales, soit assemblées directement, soit séparées par des baguettes qui les font ressortir et produisent l’illusion d’un décor à bossage *.

Ce système de décoration se prête à un nombre illimité de combinaisons. Mais les plus compliquées se décomposent toutes en éléments très simples : le carré, le ti iangle rectangle que forme le demi-carré coupé suivant une diagonale, le triangle équilatéral, le losange, l’hexagone. Les quadrillages, les étoiles, les nids d’abeilles n’utilisent le plus souvent qu’un seul type de crustae. Parfois les éléments varient de périmètre, mais en gardant tous leurs côtés égaux. Les réseaux les plus complexes peuvent être obtenus au moyen d’une seule dimension de lignes. Dans le champ de la mosaïque, le décor polygonal se maintient tout entier dans un seul plan, comme celui des panneaux verticaux auxquels il correspond. Par contre, dans les bordures, qui répondent à la saillie des frises et des cimaises, il cherche à donner 1 illusion du relief, et simule des ornements rubanés ou polyédriques, briques, chevrons, pointes de diamant, crans et denticules 5.

Au début du premier siècle de notre ère, la décoration murale change de caractère. L’aspect des parois se mouvementé et se diversifie. A l’incrustation s’associe la

peinture; aux lignes droites, les courbes - m aabsta't et géométrique, les formes réelles et’»iï!uil““.r

en est de meme des pavements. L’introduction i ’ décor, d’abord exclusivement rectilig^ du cerdfeTj6 ses divisions, l’enrichit de toute la série des rosaces des imbrications, des écailles et des peltes 7. Dans les ’hn dures apparaissent les postes et les flots, les cordons lll torsades, et ces entrelacs en chaînettes 8 carartfV ■ tiques des deux premiers siècles, qu’il faut se garder

Puis aux motifrC , lreSSeS’ P°Stérieures en date.

ms aux motifs géométriques commencent à se joindre

quelques formes plus souples, empruntées au règne végétal, surtout à la flore égyptienne. Le lotus, sa feuille sa fleur en bouton, à demi-ouverte, pleinement épanouie dissequee en pistil, étamine ou pétale, inspirent au mosaïste des fleurons stylisés, des rosettes, despalmettes des thyrses d’un caractère tout alexandrin H. Sur les seuils des portes ou au pourtour des pavements se développent déjà quelques rinceaux fleuris. Mais ces frises d’un caractère nerveux et sobre, n’admettent encore que des plantes à la structure vigoureuse et simple, aux contours nettement accusés, le lotus, le lierre et l’aristoloche plutôt que la vigne et l’acanthe, qui sont trop finement

découpées et conviennent mieux aux guirlandes délicates du vermiculatum.

Enfin commencent à paraître des figures animées, d abord simples modèles d’école dessinés suivant les formules du répertoire courant, dauphins, hippocampes (fig. 5245), sphinx **, puis plus vivantes et plus réalistes. A l’exemple des peintures murales qui jettent dans le vide d’un panneau un génie, un griffon, un Pégase traversant 1 espace, les ailes éployées, un groupe de danseurs si léger qu il semble planer dans les airs, le pavement admet parfois quelque image animale, ou même humaine. Mais, tandis que le peintre représente les êtres sous leur aspect réel, le mosaïste se borne à simuler leur ombre projetée sur le sol. Ainsi dans la palestre des petits thermes de Pompéi, les murailles de la salle d exercices sont ornées en trompe-l’œil de groupes d athlètes étroitement enlacés. Au contraire, sur le pavement du prothyrum se détachent seulement deux silhouettes de lutteurs s’apprêtant à en venir aux mains12. Elles forment deux taches sombres tout unies, sans modelé, à peine traversées par quelques filets blancs qui précisent les principales divisions de la structure anatomique. Les figures sont simplement juxtaposées, non assemblées. Il n’y en a jamais plus de deux ou trois dans le même ouvrage, le plus souvent une seule. Et le mosaïste ne les emploie que là où elles sont réellement utiles, surtout dans le prothyrum, où elles jouent un rôle analogue à celui des enseignes. Ici, c’est un chien de garde enchaîné qui se jette hors de sa niche en aboyant d’un air furieux pour écarter les importuns [canis, fig. 1122];

1 Par exemple à Pompéi : Mazois, Pompéi, t. II, pl. xiv, fig. I et 3; XV, fig. 2, pl.xi.vi, et t. IV, pl. XXIII, fig. 4; Rouxel Barre, Herculanum et Pompéi, t. V, pi. n, vi, lx’ x,llt xvll> xviii ; Niccolini, Case di Pompéi, t. I, maison du Poêle tragique, pl. in ; maison de la Deuxième fonlaine, pl. i; maison du Faune, pl. u, 7; J. Passepont, Étude des ornements, p. 101 sq. et fig. des p. 107 Olympio), 109 (Pompéi), 116 n" 22, 122 n" 55 (Pompéi), 123 n« 56 (Herculanum), n» 59 (Naples), 128 n» 85 (Pompéi). - Fig. 5245, mos. de Pompéi, cf. mos. des lliermes d’Oslie. Duruy, Hist. des Rom. 11 p. 579. Mos. de la villa Hadriana : Gusman, L. c. p. 225, fig. 327. Plusieurs mosaïques de Pompéi : Bull. 1862, p. 238 ; 1881, p. 175 ; Niccolini, Descr. genér. II, pl. v; Roux et Barré, V, pl. iv. Plusieurs mos. de Nimes : Artaud, p. 93, pl. xxxix, et 96, pl, xli; A. Pelet, Les mosaïques de Nimes, p. 20, n° 7. Autres à Orange, à Marseille, à Capodimonle : Artaud, p. 113 et pl. lui.— 3 Style

d'incrustation ; cf. Gusman, Pompéi, p. 364 sq. pl. ix, 1 et 2; P. Girard, La peint, ant. p. 320 sq. fig. 203, et surtout Mau, Gesch. der décorât. Wandmal. in Pornpeji, p. 1 1 sq. et Allas, pl. î, u. — 1 Imitation de bossages, par ex. à Pompéi : Niccolini, II, pl. xxviii et xl vu; Roux et Barré, L. c. V, pl. m, v, vi, îx, xu. — 5 Par ex. a Pompéi. Niccolini, I, Maison du Faune, pl. i, 7 ; II, pl. xxvm; Roux et Barré, L. c. pl. il, ix, pl. xxvm (bordure de la mos. d’Alexandre), pl. xxxu. — fi Gusman, L. c. p. 366 sq. fig. des p. 305, 309, 370, 371 ; IJ. Girard, L. c. fig. 204, 205 ; Mau, L. c. p. 289 sq. et Atlas, pl. v sq. — Roux et Barré, L. c. pl. i, v, vi, x, xi, xm, xu, xix. — S Ibid. pl. xxx. — 9 Ibid. pl. î, v, xu, xm, xvu, xvm, xix. — 10 Ibid. pl. ix, xv ; Gusman, L. c. fig. de la p. 422. — n Par exemple; à Pompéi ; Niccolini, 11, Descr. génér. pl. v, xxx ; Roux et Barré, L. c. pl. i ; Bull. 188i, p. 123 ; à Délos ■ P. Paris, R II II. corr. hell. 1884, p. 473 sq.— 12 Gusman, p. 168 sq. et fig. de la p. I«9.

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une inscription nous avertit que la bête est méchante et qu il faut s en méfier : Cave canem l; Cave torquatum 2. Ailleurs, ce sont des ligures d’animaux, faisant allusion peut-être au cognomen du propriétaire de l’habitation : un ours (Ursus), un sanglier [Aper), un loup [Lupus). Ces deux dernières figures sont associées, dans le vestibule de la maison dite de Blandus, à des attributs marins 3.

Musivum augustéen. — Le musivum opus est la mosaïque en cubes d’émail réservée à la décoration des parois. L’on donne souvent à ce genre spécial le nom de mosaïque byzantine \ parce que les Byzantins l’adoptèrent à l’exclusion de tout autre ; mais il ne leur doit pas sa naissance. Nous avons vu qu’il s’est constitué plusieurs siècles avant l’ère chrétienne dans les officines des ornemanistes alexandrins 6. Il se développe surtout dans les pays grecs, mais il se répand aussi de très bonne heure dans l’Occident latin, bien avant que le mot musivum n’apparaisse dans un texte écrit ou dans une inscription. Il y reste en usage pendant toute la durée de l’Empire. Le nombre des mosaïques d’émail de l’époque romaine a dû être considérable. Mais la plupart ont disparu avec les murs qui les supportaient. Il ne nous reste guère d’autres peintures en musivum 6 que celles qu’a préservées le Vésuve en ensevelissant Pompéi.

A l’époque augustéenne, la mosaïque d’émail est surtout employée à orner les fontaines, les colonnes et les niches des maisons particulières, les piscines des bains privés 7. L’artiste en musivum se sert de matériaux cuits, surtout de pâtes vitrifiées, transparentes ou opaques. Celles-ci sont trop fragiles et trop glissantes pour qu’on puisse en paver le sol. Par contre, elles conviennent mieux que le marbre au revêtement des parois verticales. Elles sont plus légères; leurs arêtes vives et leurs angles aigus s’insinuent plus exactement dans le ciment et s’accrochent avec plus de ténacité aux alvéoles qu’elles remplissent.

Le coloris reste nécessairement fort simple et même heurté, la verrerie antique ne produisant qu’une gamme de tons très restreinte. Les cubes dorés sont encore, • sinon absolument inconnus 8, du moins inusités. Les fonds sont généralement d’un bleu foncé, très agréable à 1 œil. Le blanc miroiterait trop et ne soutiendrait pas assez les figures, qui paraîtraient suspendues dans le vide 9. D’ailleurs, lemailleur antique ne sait pas encore obtenir cette couleur à l’état de pureté et d’opacité parfaites. Pour d’autres nuances qui font aussi défaut, telles que la plupart des rouges, le mosaïste a recours aux terres cuites, aux laves, aux calcaires ferrugineux à demi calcinés. Parfois il mêle à l’émail la nacre des coquillages, dont il compose surtout des bordures en relief ,0.

l Reproduite souvent ; par exemple, Mus. Dorb. II, p. 56 ; Niccolini, I, pl. xxm ; Monaco, Guide , p. 30, n» 10 002. Autres analogues, Monaco, Ibid. p. 31, n» MO 063; (jwrti. discavi, III, p. 169. — s Au Musée de Chantilly : Müntz, Bec. des Deux Mondes, juillet 1882, p. 167.- 3 Gusman, Pompéi, p. 293 et figures. Cf. mos. de Délos • Couve, Bull. corr. hell. 1805, p. 503. - 4 E. Müntz, La mos. chrét. pend, les prem. siècles, p. 10 sq. — S Ibid. p. 11, n. 2. — 6 p|j„. XXXVI, ISO et 114- Sen. Bp. 86, 0; Stat. Silv. I, 5, 42. - 7 Blümner, III, p. 332 sq. ; Müntz, L. c. p. 10 sq. Fontaines en mosaïque d’émail et coquillages : à Pompéi, dans les maisons délia Grande fontana, délia Seconda fontana, del Orso, dei Scienzati, di Lucresio : Bull. 1838, p. 192; 1883, p. 150 sq ; Overbcck-Mau, p. 355; Fiorelli, Peser, d. Pomp. p. 125 et 415 ; Niccolini, L. c. I, pl. n., et Arte Pompeiana, pl. XXXV! ; Gerspach, La mos. p. 8; Müntz, L. c. p. 17; Gusman, p. 310et pl. xii ; voir fons, p. 1235 et fig. 3156 (maison del Centenaio I; Gusman, p. 311 sq. et 332. Colonnes : du vaisseau de Ptolémée Philopator, Athen. d’après Kallixenos, 5, 206 à Pompéi, : Bull. 1837, p. 184; Annali, 1838 p. 191 ; Overbeck-Mau, p. 38 .

Quel que soit l’ouvrage à exécuter, l'artiste est obligé de travailler directement sur la paroi, dont la forme courbe et le relief mouvementé interdisent l’emploi de 1 emblema. Il applique, sur un premier revêtement en ciment de tuileaux d’excellente qualité, un çnastic fortement lié de gomme adragante et quelquefois mélangé de bitume ou de résine. Il y enfonce les cubes un à un, après leur avoir donné au coupoir la forme convenable : uniformément rectangulaire et -assez grosse pour les fonds, infiniment variée et souvent très line pour les figures 11 .

Mais la composition n’est plus livrée ici au seul caprice du mosaïste. Le cadre impose le sujet. Aux fontaines conviennentles scènes marines, les Tritons et les Néréides, les algues, les dauphins, les poissons et les coquillages. Aux colonnes, les guirlandes et les bouquets, les nœuds de ruban, les bandelettes en spirale, les écailles imitant le tronc rugueux du palmier, les bagues historiées de ligures vivantes, les frises de quadrupèdes qui se pourchassent en galopant [columna, fig. 1785]. De l’ordonnance architecturale dépendent le choix, la grandeur, la disposition des motifs. Le mosaïste pompéien a-t-il à décorer 1 une de ces niches cintrées qu’abrite une édicule à ironton triangulaire et d’où jaillit un jet d’eau retombant dans un bassin, il s’efforce de faire ressortir par un décor approprié le rôle spécial de chaque ligne et 1 importance relative des diverses parties delà construction. Au milieu du tympan il pose de face un Triton à la queue bifide, dont les extrémités divergentes allongent leurs volutes sans cesse décroissantes vers les deux angles du fronton '".Il souligne de bandeaux plats les divisions de 1 architrave. Contre la voûte de la niche, il applique la coquille aux nervures rayonnantes qui sert de couche à l’Anadyomène13. Au-dessous, il entoure le jet d’eau d’une frise demi-circulaire, où Neptune surgit des Ilots au milieu de son peuple marin. Aux écoincons qui encadrent l’arcade sont réservées des figures aériennes, Victoires, Génies, Amours, auxquelles leurs ailes éployées donnent un aspect triangulaire u. Enfin des thyrses et des candélabres dressés le long des piliers, font ressortir leur verticalité, tandis qu au lond du bassin garni de coquillages, des poissons semblent évoluer dans l’eau de la fontaine [fons, fig. 3156].

Ainsi se manifeste déjà, à 1 époque d Auguste, ce caractère architectural de la figure vivante que l’on a cru longtemps appartenir en propre à la mosaïque byzantine. Le mode de décoration des basiliques chrétiennes ne diffère pas essentiellement de celui des fontaines de Pompéi. L’inspiration changera de nature. Aux Éros succéderont les anges; aux monstres de la fable, les bêtes de l’Apocalypse; aux divinités de l’Olympe, Jésus-Christ, la Vierge

Niccolini, II, Peser, gêner, pl. lxiii; Mus. Borb. XII, p. 8, et XIV, pl. xi.vih Jahn, Ornam. ait. klass. Kunst. pl . lix ; Monaco, Guide, p. 30, n” 9995-6 Gusman p. 373 et fig.; voir columna, p. 1351 et fig. 1785. Dans le triclinium de la maison d’Apollon, les colonnes étaient revêtues de coquillages : E. Breton Pompeia p. 253. - 8 D’après Artaud, L. c. p. 18, et Müntz, L. c. p. 34, le palais de Néron était inscrusté de verre doré, d’où son nom de maison d'or-, mais Suétone, Ber. ch- XX!tI> lle d'k r*en de pareil. Nous croyons, avec Engelmann, Bhein. Mus , N S XXIX, p. 583, que l’emploi des cubes dorés ne remonte pas plus haut que le début du III» siècle ap. J.-C., bien que Furietli, p. 50, prétende avoir recueilli quelques cubes de ce genre dans les décombres de la villa Hadriana, construite au début du u* siècle; Cf. Gauckler, Bull, arcli. du Comité, 1903, p. 419 sq - 9 Gerspach La mos. p. 250 sq. - 10 Voir surtout la fontaine aux masques, Gusman, p. 310.’ -H Voir pour la technique antique, Blümner, Technol. III, p. 333- cf pour la tecl. nique actuelle, Labarte, Hist. des arts ind. II, p. 335; Gerspach, L. e p 235 sq - 12 Fontaine de la maison delV Orso. - n lbid. - n /bid. et maison di Lucres, ç.

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et les Saints. Mais les principes qui règlent la composition demeureront immuables, car ilsreposent sur un fondement rationnel, la constante adaptation de la figure au cadre.

II. Période antoninienne. — Ainsi, à l’époque augustéenne, les divers genres de mosaïques restent encore tout à fait distincts. Chacun d'eux a sa place à part sur le sol ou sur les parois, son champ d’action nettement

délimité, sa technique, ses sujets, son style caractëris tiques. Deux siècles plus tard, tout est confondu. Sur pavement du temps de Dioclétien, on n'arrive plus1"' reconnaître où commence le vermiculatum, où finit l . tessellatum. Les mosaïques de l’époque desAntonins et des Sévères forment la transition.

A partir de la fin du siècle de notre ère, la mosaïque

Fig 5246. — Plan des bains de Pompeianus,

est devenue un art tout romain. Plus que tout autre, elle bénéficie des bienfaits de la paix qui règne dans l’empire. Elle se développe avec le bien-être général. Ses progrès suivent ceux du luxe architectural, qui augmente sans cesse. Son emploi se répand dans tous les édifices publics, surtout dans les thermes devenus le centre habituel de la vie sociale [thermae], le lieu de réunion où tous viennent chercher repos et distractions. Les moindres cités consacrent à leurs bains de somptueux édifices dont les voûtes et le sol sont décorés d’immenses mosaïques 1 , et les revêtements des thermes privés, tels que ceux de Pompeianus à l’Oued Athmenia en Numidie 2 (fig. 5246), ou desLaberii à Utliina (Oudna) dans la Pro-

l Cf. la liste des tliermes ornés de mosaïque donnée par R. YVollastou, Thermae Romano-Britann. or the Rom. battis found in ltaly, Britain, France , Switzerland, elc. Lond,, 1869. — 2 Fig. 5246, Poulie, Bec. de Const. XIX, p 431 sq. pl. xix; planches hors texte, suppl. au Rec. de Const. XXIV, 1880; Plans et mosaïques des bains de Pompeianus près de l'OuedAthmèma, Boissier, L'Afr. rom. 2° éd.p,153sq. ;

à l’Oued Athménia (province de Constanline).

consulaire (fig. 5249) 3 , rivalisent de magnificence avec ceux des établissements municipaux. La mosaïque sert a orner les maisons particulières, les plus humbles comme les plus riches, à la ville comme à la campagne. Elle envahit tous les appartements, même les plus retirés, le gynécée, les chambres à coucher, les communs, la cuisine et les chambres d’esclaves. Elle pénètre dans la demeure des morts, et pave les caveaux des colutnbaria et des mausolées.

De l'Italie elle se répand dans les provinces. Les voyages d’IIadrien contribuent à la propager dans tout 1 empire. Parmi les ouvriers d’art que l’empereur entraîne à sa

suite, se trouvent des maîtres mosaïstes chargés de déco

Duruy, Hist. des Rom. VII, pl. de la p. 24; Tissot, Géogr. de la pr. rom.^ d.AjC 1, p. 360 sq. pl. i-iv; Usell, Mon. ant. de l'Alg. Il, p. 23 sq. et p. 108, n- - fig. 88; Corp. inscr. lat. YIU 10 889-91 ; Voy. aussi f.quus, "g.

— 3 Gauckler, Le dom. des Laber'n à Uthina , Mon. Piot Hl> P- Sl'’ * et fig. 12: La Blanchcre el Gauckler, Cat. .1 lus. Alaoui , p. -9, n 1+3

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rer les monuments que le souverain sème sur son passage. Ceux-ci se fixent parfois à demeure dans les centres où ils ont fait escale. Ils y ouvrent une officine et forment des élèves. Ils choisissent de préférence les chefs-lieux administi atifs ou ils trouvent 1 appui et les commandes du gouverneur et des fonctionnaires qui l’entourent. Ils s établissent aussi dans les riches emporia maritimes et fluviaux, où le transport par eau facilite l’importation des marbres de Grèce, d Italie et d'Afrique, et où le monde des trafiquants et des armateurs leur assure une clientèle plus opulente, et aussi plus capable d’apprécier leui art, que celle des barbares à peine romanisés de 1 intérieur des terres. Ailleurs, ce qui les attire c’est le voisinage de carrières impériales, qui leur fournissent la matière première en abondance et à bon marché.

Dès le début du 11e siècle de notre ère, de nombreux ateliers fonctionnent dans toutes les contrées qui bordent le bassin occidental de la Méditerranée. Dans le sud de la Gaule, les plus importants se trouvent à Nemausus (Nîmes)1, Aquae Sextiae (Aix) 2, Vienna 3 (Vienne), Lugdunum (Lyon)4. En Espagne, à Barcino (Barcelone) J, Tarraco (Taragone) °, Italien 1 , Ampurias (■ Emporiae )8. Dans la Proconsulaire 9, à Carthago (Carthage)10, à U tien (Utique)11, Utliina (Oudna)12, Hadru metuin (Sousse) 13, Sur les côtes de Numidie et de Maurétan ie, à II ippo Regius (Bône) '-4, à loi Caesarea 1 0 (Cherchel), dans l’intérieur du pays, à Lambaesis (Lambèse) 16,

résidence de la iiP légion Auguste que visita l’empereur Hadrien, et à Thatnugocli (Timgad) sa voisine 17.

Au temps des Sévères, les ateliers se multiplient encore. Ils essaiment jusque dans les provinces les plus reculées de l’Empire. L’on en rencontre dans tout le sud et le centre de la Bretagne 18, notamment à Londinium (Londres)19 et à Corinium (Cirencester) 20 ; dans la Gaule Belgique, à Juliobona (Lillebonne) 21, à Durocorlorum Reims) 22 ; au nord et à l’est de la Celtique : à Augusla Treverorum (Trêves)23, à Augustodunum (Autun) 24, à Aventicum Itelvetiorum (Avenches) 23 ; en Germanie, à Col onia Agrippina (Cologne)26; en Rhétie, à Augusla UmtfeZfGorim(Augsbourg)27; en Norique,à Salzbourg 28; en Pannonie, à Carnuntum (Petronell) 29 ; en Dacie, à Sarmisagethusa (Varhély) 30 ; et même dans les pays grecs: en Achaïe, à Sparte31; en Asie Mineure, à Cyzique32, à Halicarnasse 33, et jusqu’à Zeugma ir près de 1 Euphrate. En Espagne, ils pénètrent jusqu’au fond de la Lusitanie, à Rielves33, à E mérita (Mérida)36. En Afrique, où l’abondance et la variété des marbres de couleur 3‘ favorisent particulièrement l’essor de la mosaïque, les ateliers se multiplient de tous côtés : sur les hauts plateaux, à Thugga (Dougga) 38, Allhiburus (Médeina) 39, 7’/<cmYe(Tébessa)40,CîW«(Constantine)41,N<7//?s(Sélif)42, Ausia (Aumale)43, aux Ouled Agla {Equizetuml)^ ; sur les côtes, surtout à Meninx (El Kantara dans Pile de Djerba) 4S, Gigthi (Bougrara) 4G, Rusicade (Philippe-

1 Cf. surtout : A. Pelet, Les mos. de Nîmes (1522-1804), Nîmes, 1876 ; Bazin, Mimes gallo-romain, p. 201 sq. ; Artaud, p. 84 sq. ; G. Maruéjol' Mos. du mariage d'Admète, et liev. de Nemausa, passim; A. Allmer, E. et F. Gcrmer-Durand, Inscrip. ant. de Nîmes, passim. — 2 Artaud, p. 99 sq. ; Calvet, Dissert, sur quelques mosaïques des anciens, manuscrits de la bibliotli. d'Avignon, Calai. II, p. 381; Fauris Saint-Vincent, liée, de divers monum. d'antiq. trouvés en Prov. Paris, 1805 ; Millin, Voyage dans le midi de la France , pi. xxxm-xxxvi ; H. Gibert, Cat. du musée d'Aix, 1882, n» 331 sq. — 3 Artaud, p. 81 sq. 117; Bull. 1867, p. 193 sq. ; 1862, p. 153 sq. | 1868, p. 49 sq.; Cat. somm. des musées de Lyon, p. 207. — 4 Artaud, ûescr. des mosaïq. de Lyon, Ibid. p. 37 sq. et La mosaïque des jeux du cirque, l.yon. 1806; Cat. somm. des musées de Lyon, p. 204 sq. — 3 Hübner, Annali, 1863, ’p. 135 sq. ; Bull. 1800, p. 151. — 6 Bûcher, Gesch. d. teck. Kunst, p. 100 et (ig. 21 ; de Laborde, Itescr. d’un pavé en mos. déc. dans l’anc. ville d'Italica, * iSOi, p. 102 et pl. XX ; Ann. Soc. des anliq. de France , 1854, p. 108. — 7 De Laborde, Op. I. ; Ephem. epigr. IX, I, p. 75 : Baetica, n» 192. — 8 Hübner, Bull. 1860, p. 157 : Heydemann, Arch . Zeit. XXVII, 1869, p. 7 sq. et pi. xiv ; de Villefosse, Bull’ de la Soc. des ant. 1892, p. 192. - 9 De Villefosse, Mosaïques récemment 'découvertes en Afrique, Rev. de l'Afr. fr. VI, 1887, p. 371 sq. ; Toulain, Les cités rom. de la Tunisie, p. 112 sq.; Gauckler, La mosaïque romaine en Afrique, Tour du monde , 1890, p. 329 sq. — 10 Audollent, Carthage romaine, p. 659 sq, avec la bibliogr. n D Hérisson, Mission arch. en Tunisie, passim; Morgan, Rom brit. mos. pavem. p. 247 et pl. cclxxii sq. et pl. p. 275; N. Davis, Karthago und seine Ueberreste, éd. ail. p. 295 sq.; Cat. Brit. Mus. n» 65 sq.; Cat. somm. marbres du Louvre, n» 1799 sq. — 12 Rev. arch. III, 1840, p. 142 sq. et pl. i. ; Doublet, Musée d Alger, p. 52 sq. pl, xvu ; Gauckler, Mon. et nié ni . Piot, III, 1897. La Blanchère et Gauckler, Cat. Mus. Alaoui, p. 23 sq. n»« 103 à 152. — 13 Gauckler, Cornet et llannezo, Musées de Sousse-, de Villefosse, L. c. p. 373 sq. ; Hannezo, Les déc. de mos. à Sousse, Afas, Congrès de Carthage , II, p. 816 sq. , La Blanchère et Gauckler, O. I. p. 9 sq. A, n»s 1 à 0 et 165; La Blanchère, Coll. Mus. Alaoui, p. 20 sq.; Pellissier, Rev. arch. 1844, p. 811; Doublet, Ibid! 1892; 11, p. 217 sq.; Doublet, C. rend. Acad. Inscr. 1892, p. 318 sq. ; Gauckler, Les mos. de l'arsenal de Sousse, Ibid. 1897, II, p. 8 sq. — 14 Gsell, Mon. ant. de l’Alg. Il, p. 100, n» 20 sq. avec la bibliogr. — 15 Gsell, Ibid. p. 103 sq. n“s 9 à 15, et 190 sq. avec la bibliogr. ; de Villefosse, L. I. p. 378 sq. ; Gauckler, Musée de Chcrchel, p. 04, n» 5; Waillc, De Caesareae monum. quae supersunt, p. 34 sq. ; Rev. Afr. 1902, p. 20 sq. et pl. vu ; Ibid. 1903, p. 99 sq. pl. u et vin. — 10 Gsell, O. c. p. 106 sq. n°* 30 à 33 ; de Villefosse, Gaz. arch. V, 1879, p. 144 Sq. 263 sq. et pl. xxu Gagnai, L'armée rom. d'Afr. p. 537 sq. ; Musée de Lambèse, p. 38. — n Gsell, O. c. p. 1 10, n»> 52-54 avec la bibliogr.; Cagnat et Ballu, Musée de Timgad, 1903, p. 34 sq. et pl. xm et xiv; Ballu, Guide illustré de Timgad, 54 fi». 25, p. 01, fig. 29, p. 94, fig. 41 — 18 S. Lysons, Reliquiae Britannicae Romunae London, 1813; W. Fowler, Roman mosaïcs ; Morgan, Romano-british Pavements 1880. — 19 Morgan, p. 170 sq. avec la bibliogr. ; It. Wollaston, Thermal Rom. Britann. p. 34. — 20 Lysons 11, n« part. pl. vsq.; Morgan, p. 80 sq. ; Buckman et Newmark, Remains of art in Cirencester, London, 1850; Wollaston O. I. p.24. — 21 Cochet, Rev. arch. XXII, p. 31 1 sq. Id. La mos. de Lillebonne, Bolbec! 1879; E. Cliatel, Notice sur la mos. de Lillebonne, Caen, 1873' Renier C '

Acad, des inscr. VI, p. 30 sq.; Gaz. arch. X, 1885, p. 99 sq. pl. xm, xtv; Arch. Zeit. XXIX, 18/2, p. 46 sq. — 22 Ch. Loriquet, La mosaïque des promenades et autres mosaïques trouvées à Reims. 1862; Id. Reims pendant la domination romaine ; E. Fleury, La civilisation et l'art des Romains dans la Gaule Belgique, Reims. — 23 Hettner et von Wilmowsky, Rom. Mosaïken aus Trier und dessein Ungegend, Trier, 1873; von Wilmowsky, Der Dom zu Trier, 1874; 1,1. Die rôm. Villa zu Nennig und ihr Mosaik, Bonn, 1865; Lebner, Fûhrer durch dus prov. Muséum zu Trier, p. 39 sq. ; Heltner, Westd. Zeitsch. X, 1891, p. 248 sq.; XIV, 1895, p. 102, n» 68; XV, 1890, n» 55, et Antik. Denkm. I, pl. xi.vn à XI.1X ; Bonn. Jahrb. LVII, p. 228 ; CII1, p. 234 ; Schmidt, Die Jagdvilla zu Fliessem, Tner, <843. — 21 Artaud, p. 114 sq.; Annali, 1874, p. 22, n» 00, avec la bibliogr.

— 2j Schmidt, Antiq. d' Avenches ; G. de Bonstellen, Bec. d'antiq. suisses, 1855 et suppl. 1867 ; E. Dunant, Guide i/l. du Musée d’ Avenches, Lausanne 1900- Bursian, Aventic. Helvetior. - 20 H. Düntzer, Vers. d. roem. AUerth. d.' Mus. Wallraf-Richartz. p. 12 n» 30, p. 82 n» 168 sq. avec la bibliogr. — 27 Furielti, p. 59; Gruter, Inscript, i, p. 336 ; Velser, lies Augustanae Vindelic. p. 237 sq

- 28 E. von Sacken, Mitt. d. Centr. Comm. XVIII, p. 26 ; Arch. Zeit. 1874, p. toi'

— 29 c. A. Bôttiger, Salzburger Mosaïkfussboden , 1821; Bull. 1841, p 125;Arneth, Arch. Analekten , 1851, Album, pl. v sq.; O. Jahn, Arch. Zeit. XX, 1860, p. 330

- 30 Arneth, Arch. Analekten, 1851, pl. xv sq. ; Ch. Boner, Siebenburgen Land und Leute , Leipzig, 1868, cité par Bûcher, p. 100. — 31 Hirschfeld, Bull. 1873, p. 213; Dressel et Milchhoefer, Mitt. aus Atlien, II, 1877, p. 427; Engelmann, Arch. Zeit. XXXIX, 1881, p. 130 etpl. vi. —32 Mos. transportées au Musée de Constantinople, phologr. communiquée par M. Joubin. — 33 Bull. 1860, p. 1013 sq. ; Arch. Anzeig. X\ I, p. 115 sq. ; C. T. Newton, Hist. of discov. al Halic. ; Morgan, p. 250 S.p ; Handbook to the gr. and rom. ant. in the Br. Mus. London, 1903, p. S2 cl 2f7'.- W Jahrb- d- <L arch- Instit. Berlin., Beiblatt, 1900. p. 109 sq. avec la bibliogr. — 3b p. Arnal, Descub. de los pavim. ( mosaycos ) de Rielves. — 30 Corp. inscr. lat. II, 492. — 37 Voy. marmor, p. 1604 avec la bibliogr. Ajouter : Cagnal, Les mines et les carr. de la Tunisie dans l’antiq., dans la France en Tunisie, 1897, p. 122 sq. — 38 Gauckler, Bull. arch. du Comité, 1901, p. 231 sq. cl 190*, n «r,- Merlin, Mélanges de Rome, 1902, p. 69 sq. et pl. m. - 39 Gauckler, C. r. Acid.

inscr. 1898, p. 642 sq. ; La Blanchère et Gauckler, L. c. p. 32, nos 166-168 40 Gsell

Mon. ant. Atg. 11, p. 109, n» 47 sq. et Musée de Tébessa, p. 04 sq. pl. y,, 2 et pl. IX avec la bibliogr.; de Villefosse, L. c. p. 384 sq. et pl. n; Corp. inscr. lat. VHI, 16 667; planches en couleurs de Chabassière, publiées parla Soc. arch. de Constautine en 1888. —41 Gsell, Mon.ant. de l'Alg. II, p. 104, n»* 16 sq. avec la bibliogr ■ Bavo.sié, Explor. I, p. 6-7 ; Delamare, Expiai- . pl. cxxxvm-cxi.v.. - 42 Gsell O V p. 109, no 46; R. deConst. XVI, p. 301 sq. el pl. v. ; lat. C. i. VIII, 18 51o’ Mos d'Ain-Temouchent, près de Sétif, Gsell, O. I. p. 101, n< I -, R. de Const XXVII* p. 245 sq. et pl.; C. i. I. VIII, 8509. Mos. de Bordj-Redir, au sud-ouest de Sétif' Gsell O. I. p. 102, „0 6. 43 Gsell, O. I. p. ,02, 3-4; Doublet, Musée d'Alger

p. 93 sq. pl. xv-xvt avec la bibliogr. - 44 Gsell, O. L p. 108, no 41 et Rer de Const XXVII, 1892, p. 230 sq. avec la bibliogr. Planche hors lexte, en couleurs publiée par la Soc. arch. de Constantineeu 1892. - 43 Bull. arch. du Comité 1885 p 121 sq. etpl. iv ; Ibid. t887, p. 446 sq.; C. i. I. VIII, 11 059. « BuÙ

du Comité, 1885, p. 125; Fouilles de la Direction des Antiquités de Tunisie,* Bev. critique, 1903, p. 340.

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ville)', Saldac (Bougie) 2, Cartonna (Ténès) 3, Portus Magnus (Sainl-Leu)U et jusqu a Tingis (Tanger)8. Chacun deux devient un foyer artistique qui rayonne à distance. En Afrique, les mosaïstes d ' Hadrumetum circulent le long de la côte du Sahel, décorant, l'une après l'autre, les luxueuses villas de plaisance 8 que les planl(‘urs, enrichis par la culture de l'olivier, construisent au bord de la mer afin d’y passer la saison chaude. L'atelier d 'Aventicum inonde de ses produits toute la région environnante : Cormerod \ Yvonand *, Urba (Orbe)6, Eburodunum (Yverdon) ,0, Culm u et Bumplitz ' - près de Berne, peut-être même Ilerzogenbuchsee ,3.

La plupart de ces officines choisissent dans le réperloii e courant de 1 imagerie antoninienne quelques thèmes typiques qu’elles reproduisent de préférence. Quelquesunes disposent en outre de modèles plus rares qu’elles sont seules à posséder. Ainsi l’épisode virgilien de Darès et Entelle traité par les mosaïstes d'Aquae Sextiae, que l’on rencontre à Aix même et à Villelaure, localité voisine, ne se trouve nulle part ailleurs ,l.

Ces ateliers, travaillant simultanément à Rome et dans les provinces, produisent chaque année un nombre considérable de mosaïques. Ils leur donnent parfois des proportions énormes. A Pompéi, les plus grands pavements en tessellatum dépassent rarement 4 cà 5 mètres de côté. Au temps des Antonins, ils atteignent souvent 100 mètres carrés d'un seul tenant et même davantage, non seulement dans les édifices publics, mais dans les simples habitations privées, comme la maison de Sorothus à Sousse l0. Toute cette étendue arrive à se couvrir de sujets figurés. Dans les pavements oii le vermiculatum est associé au tessellatum , le tableau central s’agrandit aux dépens du décor géométrique qui l’encadre, et finit par le réduire à une simple bordure.

Le goût s’oblitère, l’amour du faste l’emporte sur le respect des convenances artistiques. L’affranchi parvenu, le provincial enrichi qui fait construire, tient avant tout a éblouir. Il faut que chez lui l’on marche sur des pierres précieuses, que l’on foule aux pieds des œuvres d’art18. Le format nécessairement restreint de Vemblema ne saurait plus suffire. On y renonce. Dès le milieu du n° siècle, quelle que soit la nature de sa tâche, le mosaïste l’exécute toujours directement sur le sol.

1" Vermiculatum antoninien. — Les conséquences de ce changement lui donnent la portée d’une véritable révolution dans l’art de la mosaïque. Le seul obstacle qui s’opposait encore à la fusion des genres disparaît. Les mosaïstes en vermiculatum et en tessellatum travaillent désormais côte à côte. Ils sortent du même atelier. Souvent l’un d’eux exécute à lui seul les diverses parties du pavement. L’œuvre en acquiert plus d’unité.

L artiste qui compose à la fois le tableau et son encadre-

i- Delamare, Explor. p. 19 sq. ; Gsell, O.l.W, p. 22 ot I08,n»*3. — 2 Gsell, O. I. p. 102 sq. nos 7 et 8,el Rec.de Consl . XXVII, p. 243 sq. Planche en couleurs publiée par la Soc. arcli. de Conslanline en 1892. — 3 Reinacli, Ru//, arch. du Comité, 1893, p. 81. — 4 Gsell, O. I. p. 20 sq. avec la bibliogr. ; p. 109, nos 44 et 43; de Villefosse, O. I. p. 394 sq. et pl. iv ; p 213-237, pi. iv-vi ; Robert, Jakrb. d. arch.

Inst. V, 1890; La Blanchère, Musée d'Oran, p. 40 sq. et pl. n-vi. 3 Rail, des

anliq. de France, 1881, p. 97 sq. — 0 Notamment à Ivsiba, Kenissia, Mokenine, Thapsus, El Alia, El-Aerg, Cliebba, El Djem ( Thysdrus ); cf. Gaucklcr, Marche du service des ant., I89G et années suiv. passim. — 7 Bursian, Avcnt. Helo. p. 55 et pl. xxix ; Mitt.d. ant. Gesellseh. Zürich.XV 1,5; Jaliri, Arch. Beitr. p. 271.

— » Bursian, L. c. pl. xxm; Bonsletten, Recueil, suppl. Il, p. 10 et pl.xiv; Millin, Gai. Myth. n« 423, pl. cvii (sous le nom de mos. de Grandson) ; Zurlaubcn,

1 uhleaux de la Suisse, pl. cxcvn, I (mosaïque de Cheyres). — 9 Bursian, Mos. von

ment est naturellement amené à les assortir l’un à U II ménage les transitions, mêle les figures animées" '■!! motifs géométriques, simplifie les premières, assounlh les seconds. Chargé par les Laberii de décorer d’un sujet bachique Vaseux de leur villa d’Uthina (Oudna ) je

mosaïste place au centre de la salle le groupe de Dionysos faisant don de la vigne au roi Ikarios, tableau rappelant par la taille et l’aspect Yemblema pompéien. Mais il l’entoure, au lieu d’un cadre rectiligne et rigide, d'une vigne luxuriante, où circule tout un peuple d’ Amours vendangeurs, puis d’une guirlande de fruits, de fleurs et de masques dionysiaques, et enfin de rosaces symétriques qu’isole un treillis de feuillage17. Ainsi, au temps des Antonins, le motif central déborde sur l’enca-

Orbe , Mitt. ant. Zurich. XVI, II, cah. i; Bonstcllen, Recueil, suppl. II, pl. xvi-xix , lithogr. de Bonsletten (Thésée et Ariadne); Bull. 1843, p. 52, et 1853, p. 103 sq.

— 10 Mitt. Zurich . XIV, p. 75 ; Levade, Dict. géogr. du canton de Vaud , 1824, \e^y, s. r. — il Schmidt, Antiq. d' Avenches et de Culm , p. 81 sq. pl. n, 2 eliv. Ibid. p. 1 18. — 13 Annali , 1874, p. 267 ; Bursian, Avent. Helv. p- 56, pl. xxiv. i^Mos. d'Aix, II. Gibert, Musée d'Aiæ , 1882, p. 226 sq. avec la bibliogr. ; mos. de Villelaure, Lubande et de Villefosse, Bull. arch. du Comité , 1903, p. 8 sq. et 20 sq. pl. n, a'ec la bibliogr.; cf. Gaucklcr, Mosaïques romaines de Provence, Ibid. 1901, p. 3+0.

— 13 Exactement 137 métrés carrés. La Blanchère et Gaucklcr, Cat. du Must.e

Alaoui , p. 9, A n° 1, avec la bibliogr. Dans les thermes publics les paiements pure nient ornementaux atteignent parfois 200 ou 300 mètres de superficie d un seul tcnanl, et môme davantage. — 16 Sen. Ep. 86, 1,0; Apul. Met. V, 1. 11 Gaucklei,

dom. des Laberii à Uthina , Mon. et Mèm. Piot , III, p. 208 sq. et pl. xxl S,I-

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drement, la figure vivante envahit le décor géométrique.

A partir des Sévères, c’est le contraire qui se produit. L’ornementation architecturale se dessèche et se raidit. Les combinaisons purement linéaires restreignent le champ des tableaux animés.

Sur les parois, les paysages, les figures vivantes et les fines nervures en léger relief qui caractérisent les panneaux de stuc ouvragé de l’époque augus- Léonne *, ont fait place à un amas de caissons polygonaux, ornés de lourds fleurons que séparent de massives cloi sons aussi larges qu’eux-mêmes 2.

Sur les pavements correspondants, se développe un réseau géométrique analogue, qui part du mili-eu de la pièce pour s’étendre jusqu’aux murailles. Le périmètre du tableau central sert de base à la construction. Il varie de forme, suivant le plan des locaux et la disposition des toitures. Dans les salles rondes, trifoliées, quadrifoliées, dans celles qui sont voûtées en coupole, il est circulaire, et la composition se propage par anneaux concentriques. Ce décor en rosaces convient surtoutaux thermes. 11 est particulièrement fréquent en

1 Slucs des bains de Livic au Palatin, de la Farnésinc, des thermes de Tilus, des tombeaux de la voie latine et de Pompéi. Cf. Colligiion, Rev. de l art anc. et mocl. I. p. 97 sq. 204 sq. ; Franz WicklioiT, Die Wiener Genesis, Vienne, 1895 ; Th. Schreiber, Die iener Dr unnenrehe fs ans Palazzo Grimant , Leipzig, 1888 ; J. Lessingct A. Mau, Waud and Dcckenschmuck . ein rom. Hanses ans dcr Zeit des Augustus , Monum. ined. Berlin, sq., n° 971, avec la bibliogr. el suppl. en 1891, L 32-36; Monum. VI, pl. x lui sq. ; Hclbig, Irad. Toulain, II, p. 203. - 2 (if. par exemple, A. Blouel, Restaur. des th. d' Antonin. Caracalla , pl. vm, ix, xv. — 3 S. Lysons, Reliq. Britann. romanae , t I,pl. i sq. (Horkstow-hall), v sq. (Cireucester), jx (Lilllecote Park), xvm sq. (WithingtonLxxn sq. (Woodcbcsler) ; I. 111, pl. i sq. (Bignor) ; cf. K. Wollaston, Thcrmae rom.

Grande-Bretagne où, au ur siècle de notre ère, il apparaît, par exemple, dans les bains publics ou prives de Ilorkstow-liall, f fi g. 5247), de Cirencestcr (Corinium), de

Withington, de Woodchester.de Bignor, de Littlecole-Park Par contre, quand le plan de la salle est rectiligne, et qu’elle est recouverte d'un toiten charpente ou de berceaux voûtés, le tableau central est carré, hexagonal, octogonal, et le réseau se développe par bourgeonnement sur les côtés.

L’abondance, la variété et la dissémination des œuvres de ce genre défient toute classification. D’une façon générale, les plus anciennes sont les plus simples. Au temps des Antonins,les mosaïstes d’Italie, de Provence, de Bétique et d’Afrique s’en tiennent presque toujours au type quadrangulaire et subordonnent encore l’encadrement au tableau, en donnant au carré central un côté double, ou triple, ou quadruple de celui des casiers qui l'entourent (fig. 52-48) L Au temps des Sévères, ce qui domine c'est le système hexagonal, très en faveur dans la Gaule Celtique, en Germanie, en Bretagne3. Ici les éléments

britann. et Morgan, Rom. brit. mosuïc parem. passim. — 4 Fig. 5i48 Mos. de Nîmes. Cf. G. Maruéjol, La mos. du mariage d’Admète , Nîmes, 1884; E. Falgairollc, La mosaïque d’Admète , cxlr. du Bull, monum. Tours, 1884; Mowat, Bull, des Antiq. de France, 1884, p. 81 el 155 s<[. Nombreuses mosaïques de ce type dans le sud de la France, surtout à Nîmes, Vienne, Lyon; en Suisse à Avenclies,en Bétique à Cartima ; disposition très rare au contraire en Afrique. — 5 Par exemple pour le tvpe hexagonal simple la mosaïque îles sept sages de la Grèce, à Cologne : Diinlzer, Ver:, d. rom. Altertk. d. Mus. Wallraf-Richardtz, q-, 12 sq. n« 30 avec la bibliogr. Type exagonal étoilé, la mosaïque des jours de la semaine et du zodiaque à Bir Ghana (Tunisie), La Blanclièrc et Gauckler, Cat.du Musée A/àoui, p. tt, A n“ 10 el pl. i.

Fig. 5248. — Le Mariage d'Admète. Mosaïque de Nîmes.

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sont forcément tous égaux. Quant aux combinaisons basées sur l'octogone, elles sont généralement d’époque tardive (fin du me siècle), et plus rares. Ne pouvant arriver à remplir une surface sans le secours de polygones accessoires, le carré, le losange et le triangle, elles aboutissent vite à une extrême complication (voir plus loin, fi g. 5232) '.

Ainsi la peinture en mosaïque prend insensiblement

I aspect d une sorte de marqueterie de marbre dont chaque crusta enferme une figure. Le cadre géométrique pénètre et morcelle le tableau animé. A mesure que ses lignes se multiplient et s’étalent, les motifs qu’elles isolent se rétrécissent et se simplifient.

La maladresse croissante des artistes est évidemment pour beaucoup dans cette évolution. Il faut moins de talent pour tracer à la règle et au compas une construction géométrique que pour dessiner à main levée une figure vivante. Mais le changement de système dans la décoration est surtout la conséquence des simplifications qu impose a la technique des mosaïques, la suppression de Yemblema. N’étant plus obligé de limiter ses œuvres au format d une tuile, le mosaïste enfle leurs dimensions.

II accroît la taille et multiplie le nombre de ses figures. En augmentant de proportions, celles-ci perdent forcément beaucoup de leur finesse. Pour arriver à remplir de plus grands espaces, on augmente la grosseur des cubes, et 1 on diminue le nombre des tons en supprimant les couleurs rares et chères. On renonce par économie à l’emploi des pierres précieuses telles que le lapis, les jaspes, les onyx. En Italie et en Afrique, on s’efforce de remplacer celles-ci par les brèches importées d’Orient, par celles de Numidie et les albâtres de Mauritanie. Les carrières impériales des Alpes, des Pyrénées orientales, de la Sierra Nevada offrent également aux ateliers de Provence, de Tarraconaise, de Bétique un assortiment suffisant de marbres de diverses couleurs. Mais dans les pays lointains comme la Bretagne et la Germanie, où la matière première est rare, de qualité médiocre, mal exploitée, il devient de plus en plus difficile de dégrader les tons. Plus de fondu dans le modelé: les méplats sont aussi nettement arrêtés que des facettes de polyèdre, les teintes opposées se succèdent sans transition. La conventions introduitdans le coloris, qui devient plus heurté, moins scrupuleusement exact, mais souvent aussi, il faut le reconnaître, plus vigoureux et plus personnel, car le mérite de l’artiste croit avec les difficultés de sa tâche. Aussi, sous les premiers Antonins, le mosaïste romain dépasse-t-il parfois en virtuosité les maîtres alexandrins du temps d’Auguste.

La composition se transforme, elle aussi, à mesure fju'elle prend plus d’étendue. Dans les emblemas , les perspectives aériennes et lointaines, les plans étagés ou fuyants ne choquent en rien le bon sens, puisque ce

sont là des tableaux uniquement destinés au plaisir do yeux et sur lesquels on se garderait de passer. Mais il serait absurde de donner un aspect analogue aux nave vemenls historiés qui occupent toute la superficie d'unë salle. On ne marche pas sur le vide. Le mosaïste sunprime donc le fond dans ses tableaux. Pins de ciel ni . d’architecture, ni de paysages, plus de plein air ni de perspective ! Les figures se détachent désormais sur une aire uniformément blanche, et se présentent toutes sur le même plan. L’on renonce même bientôt à les grouper Chacune d’elles forme un tout indépendant, reposant sur un socle isolé 2, comme une figurine, ce qui permet à 1 artiste de les disposer à son gré sur le sol.

Ce procédé est d’un emploi commode pour garnir de vastes surfaces, mais il est dangereux pour l’unité de la composition. Le mosaïste use et abuse des facilités nouvelles qui lui sont offertes. Il ne sait plus se borner. Au lieu de dramatiser ses œuvres à la manière du peintre augustéen, en concentrant toute l’action dans l’épisode décisif, il se laisse aller au procédé facile et banal de 1 énumération : au lieu de résumer, il développe. S'il veut représenter une chasse, comme à Lillebonne ou à Carthage 3, il décrit d'abord les préparatifs, le départ de la maison d’habitation, l’arrêt devantle sanctuaire où l’on sacrifie a Diane, la poursuite des fauves, et enfin le retour des chasseurs chargés de gibier. Puis, comme les figures ne sont plus assemblées, l’artiste cède à la tentation de les isoler tout à fait, même quand elles font partie d'un ensemble. Par exemple, il n’hésite pas à séparer par une large tresse d’encadrement deux gladiateurs qui se meuvent l’un contre l'autre 4 , ou un chasseur et la bêle qu’il poursuit 5. Tantôt le mosaïste dissémine les images analogues dans les divers compartiments d’un vaste casier géométrique, tantôt il les aligne sur des registres superposés à la manière des fresques de l’ancienne Égypte 6, ou bien les dispose en frises concentriques autour

du motif principal 1 . Parfois même il tourne les différentes figures d’une même composition en sens divers suivant la place qu’elles occupent et l’effet qu’elles doivent produire. Ainsi, dans un atrium de la maison des Laberii àOudna (fig. 5249), où l’on accède de trois côtés différents, les groupes figurés à droite et à gauche du tableau champêtre qui occupe Y impluvium sont dirigés vers les portes latérales, tandis que ceux du milieu font face à l’entrée principale 8. D’autre part, la suppression de Yemblema , obligeant l’artiste à travailler directement sur le sol, le force aussi à tenir plus de compte du cadre architectural qui l’entoure. La disposition générale et les divisions du local déterminent celles du pavement, son caractère, le choix des sujets. Dans un atrium, le seuil recevra une inscription, quelques attributs décoratifs, ou un simple fleuron; Y impluvium, des scènes de plein air; les entrecolonnements, une frise d’animaux; l’espace couvert du

* Mos. des poêles cl des muses signée Monnus à Trêves, (voir la noie 3 de la p. 21 18 et fig. 5232). La grande mosaïque de Nennig, près de Trêves, qui est de la même époque et probablement du même atelier, présente une disposition plus compliquée encore; cf. Wilmowsky, Die rôm. Villa zu Trier , ihr Mosaïk, 1865, pl. i sq. La combinaison d'octogones juxtaposés et de carrés, la plus simple et la plus fréquente, est la plus ancienne (début du ni® siècle). Elle est très fréquente à Vienne et à Avencbes. — 2 Par exemple dans les mos. d'Orphée : d'Oudna (thermes des Laberii), Guuckler, L. c. p. 219 et fig. 12; La Blanchére et Gauckler, L. c. p. 30, n» 148 et pl. vin ; de Palerme : Aubé, Arcfi. miss. 2e série, VII, p. 34 sq. ; d'Yvonand-Grandson (\oir p. 2110, note 8); cf. Jahr. d. d. arch. Inst. Berlin, 1898, XIII, p. 136, n° 5. — 3 Mos. de Lillebonne (voir p. 2109, n. 21) ; mos. de Carthage (lazaret), Gauckler, Afas, Nantes,

1898, p. 1 77 sq. cl Marche du service, 1897, p. 7 ; C. rend. Acad. d. /user. 1898, p. 643. — '* Mos. de Reims ; Loriquel, La mosaïque des Promenades , pl. vin ; Bull. 1861, p. 113 sq. ; Bel', arch. 1860, II, p. 434 sq. pl. xvn. — B Mos. de Carthage : Rev. arch. 1850, VII, p. 200 sq. et pl. cxi.m ; C. inscr. lat. VIII, 10 539 , Cat. sornm. des marbres ant. du Louvre, n0’ 1788-1793. — 6 Par exemple la mos. de Carlhage (lazaret) ; cf. note 3. —7 Par exemple la mos. d’Orphée, à Woodcbestei, Morgan, L. c. p. 74 sq. et pl. avec la hibliogr. ; à Horkslow-hall, Lysous, L. c. 1, pl. m, IV, et Morgan, p. 136 sq. (cf. notre fig. 5247). L’arrangement analogue de la mos. d’Otricoli au Musée du Vatican est en grande partie moderne, Mus. Pio Clem. VII, 40; Pistolesi, V, 102; Duruy, Hist. des Bom. II, p. 355; Helbig, trad. Toutain, I, p. 206 sq. — 8 Gauckler, Mon. et mém. Piot , III, p. 200 pl. xxu; Cat. du Musée Alaoui, p. 24, A n0 105 et pl. vi.

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pourtour, un pavement décoratif imitant une treille, ou reproduisant le dessin de la charpente de toiture; le tablinum et les deux alae , des tableaux carrés qui

répondent aux portraits des ancêtres et aux peintures de chevalet accrochés aux murailles1. Dans un triclinium , le tableau central occupant l’espace reste libre au milieu

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Fig. 5249. — Plan de la maison des Laberii, à Oudna.

des trois lits prendra la forme d’un T, renversé du côté de l’entrée (fl g. 3230) 2. Dans un oecus, le vestibule sera jonché d’un semis de fleurs et de fruits; les trois baies

1 Voir par exemple le plan de la maison des Laberii à Oudna, fig. 5249. — 2 Fig. 5250. Mos. de Saint-Leu (Portvs Magnus). Plan dressé par Viala de Sorbier : Rev. afr. VI, p. 462 sq. ; VII. p. 227 sq. XIII, p. 68 sq. ; XXXVIII, p. 229 sq. Il ; Demaeght et de Villefosse, Bull. ant. afr. II, p. 117 sq. et pl. v, et Rev. de VAfr. franc. 1887, p. 394 sq. etpl. îv; Robert, Jahr.d. arch. Instit. V, p. 217 sq. pl.iv-vi ; La Blanchère, Musée d’Oran, p. 40 sq. pl. u-vt; Gsell, Mon. ant. de V A lg. II, p. 19 sq. et fig. 87, p. 109, no 44; cf l’art, i.atona, p. 983, fig. 4358. Autres mos. de triclinium ; à Sousse,mos. de l'arsenal, Gauckler, Rev. arch. 1897, p. 16 sq. pl. ix bis etpl. x-xn ; Gaucklcr et Gouvet, Musée mun. de Sousse, p. 29, n° 3 et pl. ; autres (scènes niloti-

de l’entrée présenteront des chasses ou des combats d’animaux, ou encore des monstres marins, dont les corps allongés conviennent particulièrement aux frises rectan-

ques), Gauckler et Gouvet, Ibid. p. 33, n° 7 avec la bibliogr. ; à Médéina ( Althiburus ) ; scènes marines), Gauckler, C. r.Acad. inscr. 1898, p. 642 sq.; La Blanchère et Gauckler, Cat. du Musée Alaoui, p. 32, n° 168; à Oudna (Ulhina). mos. décorative dans la maison au* Chapiteaux composés; mos. à décor végétal dans la maison du Millet, Gauckler. Mon. et mém. Piot, 111, p. 184, note ; à Carthage, près des ports, scène de chasse, mos. inédite, fouilles de la Direction des Ant. en 1903 ; à Bulla Begia, fouilles de 1903, motifs décoratifs. Les mosaïques en T se rencontrent surtout en Afrique; cf. pourtant mos. analogues à Vienne en France, Bull. Soc. des Antig. 1807, p. 173 sq. et Bull. 1 868, p. 48 sq. el à Nîmes, Pelel, Les mos. de Ni mes, p. 36 sq. n° XX.

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gulaires des seuils ou des entre-colonnements ; le milieu de la pièce, bien éclairé par la lanterne ouverte dans

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la toiture et nettement délimité par la colonnadequi soutientcelleci, sera réservé à la grande peinture, tandis que la zone extérieure, où l’on circule de préférence, ne présentera que des motifs géométriques 1 .

Enfin, dans l’exèdre demi-circulaire du fond se développera une figure en éventail' :

paon faisant laroue,ou tête d’Océan 2.

En outre, les tableaux diffèrent de nature suivant que l’édifice est public ou privé. A chaque espèce de monuments correspond une série appropriée de mosaïques. Les temples, d’une décoration toujours sévère et sobre, n’admettent sur le sol que de rares ornements, d’un caractère religieux : par exemple, les symbolesetles instruments

du sacrifice taurobolique dans le Mithraeum d’Ostie3 ou bien une maxime morale comme à l’entrée d’un sanctuaire annexe du temple d’Esculape à Lambôse : Bo-

1 Par exemple l’oecus de la maison des Laberii à Ulliiua, Gauckler, L. c. p. 207 sq. pl . xx sq . Voir la fig. 5249. — 2 paon à Bir Ghana, La Blanchère et Gauckler, Cat. du Musée Alaoui, p. Il n* II, et pl. ii ; et à Sousse, Gauckler et Gouvet, Mus. du Sousse , p. 35, n° 13, Pour les tètes d’Océan, voir p. 2115, noie 10. — 3 Annali, 1808, p. 400 sq. . Alonum. Y J IL pl. lx, fig. 2 et 3. Autre: Mitt. d. d. arch. 1 nsf . Rom. 1, 1880, p. 193

Fig. 5250. — Mosaïque de triclinium trouvée k Porlus Magnus (Saint-Leu, Algérie).

nUS inl/a ’ melior «*«*• Les locaux destinés aux mons de confréries religieuses ne sont guère plU8 ^

Cependant,

dans la basilica nilariana des dendrophores du Gélius, à Rome3, une inscription liminaire adresse un vœu de • bon augure à ceux qui passent le seu il ; Intranllbus

hic deos propitios et basilic[ae]Hilaricinac : elle est accompagnée d’une figure symbolique, représentant le mauvais œil sur lequel est perchée la chouette satanique, et qu’attaquent de toutes parts une horde de bêtes préservant la basilique de toute influence maligne.

Les pavements historiés ne conviennent guère aux marchés, aux basiliques, aux portiques où circule sans cesse une foule • affairée dont les lourdes chaussures auraient vite fait d’user la mosaïque.

Ün n’y trouve

que par exception, sur le sol incrusté de gros cubes, une inscription dédicatoire, ou un motif décoratif, jamais de figures animées. Par contre, dans les thermes publics

sq. — 4 C. i. lat. VIII, 2384 clp. 303 sq. ; Gsell, Mon. ont. du l'Alg. L P- * 111 note 3 (bililiogr.) et p. 142. — 5 C. L. Visconti, Bull, comun. 1889, p. 18 sq. ph b 11 ■ Gatti, Notizie, 1889, p. 398 sq. ; 1890, p. 79, 113; Hiilse», Mitth. d. arch. Inst. Rom. VI, 1891, p. 109 sq. et lig. ; cf. Bicnkowski, Malocchio, dans 1 Eranos t indobonensis , 1893, p. 283 sq. , Jahreshefte, VI, p. 23; Conze, Jahrhuchy 1 890, p. 137, il" 2; Perdrizet, Bull, de a soc. des Antiq. 1903, p. JCt sq.

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où le baigneur se promène les pieds nus, ou chaussé de légères sandales, le peintre en mosaïque donne libre carrière à sa fantaisie 1 . Dès l’entrée, il souhaite au visiteur un bon bain, tout en l’engageant- à payer son écot : «Donne un as aujourd’hui ; demain, je te le garantis, tu te baigneras gratis2 ! » Bene laces ! ose (= lwdie) a[ssem] des , cras gratis : res tuta ! Sa/vu[s ] lave s ] e[t] bono ejus qui fieri jussit ex s[uo parcimonio]. 11 peuple la piscine et les étuves des innombrables habitants de l’élément humide, divinités, monstres et poissons, et de tous les pêcheurs qui en exploitent les richesses, montés sur des navires de tous genres et munis des engins les plus variés (fig. 5251) *. Dans les salles de repos ou de conversation, il amuse l'œil de la reproduction des

l Sen. Ep. LXXXV1, S sq. ; Slat. Sijlv. I, 5 ; Mar t. VI, 42 ; IX, 76 ; Luc. Hipp. 5 sq. Sid. Apol.ll, 2; cf. Marquardt, Vie privée des Romains, I, p. 323 sq. ; Wollaslon, Thermae Rom. Britann. 1 8G4-, passiin ; Gsell, Mon. ant. de l'Alg. I, p. 2 1 1 sq. (liste complète des thermes d’Algérie avec indication des mosaïques) ; voir bai.neaf., p. G62, — 2 Thermes de Khalfoun, près de Sétif : C. i. I. VIII, 8124 etp. 970, et de Rossi. Bull, crist. 1877, p. 68. A Brescia : Bene lava — salvum lotum, C. i. I. V, 4500. A Timgad, dans les thermes des Filadelfi (1903) : salvu[m ] lotu[m\. Peut-être aussi à Sétif : C. i. I. VIII, 8510. — 3 Fig. 525 1 : fragment d’une mosaïque des thermes privés à Médeina ( Althiburus i, Gaucklcr, C. r. Acad, lnscr. 1898, p. 042 sq. ; l.a Blanchèrc et Gaucklcr, Cat. du Musée Alaoui, n" 166. Sujets fréquents surtout dans les thermes d’Afrique, par exemple : à Aïn Témouchent, près de Sétif (thermes privés), Gsell, Bec. de Const. XXVII, p. 245 sq. et pl. Id. Mon. anl.Alg. p. 101 ; à Bône ( Hippo Begius), thermes privés? planche annexée au fasc. XXIV du Bull, d’acad. ; Hipp. et Papier, p. 29 sq. ; Gsell, L. c. II, p. 22 et p. 106, n° 27 ; peut-être aussi : Ibid, n* 26 ; à Bougie, Gsell, Bec. de Const. p. 243 sq. et Mon. ant. de l’Alg.

II, p. 102 sq. avec la bililiogr ; k Carthage? Bev. arclt. V, p. 634; Bull. 1849, p. 153 sq. ; Annali, 1852, p. 353 sq. ; Monum. V, p. 38 ; Morgan, p. 242 et pl. de la p. 267 ; Cat. Brit. Mus. n° 68; k Malifou ( Busguniae ), Chardon, Bull, arc/i. du Comité, 1900. p. 148 sq. ; Gsell, L. c. I, p. 232, no 10, et II, p. 107, n» 34 ; k Oudna ( Uthina )? Bev. arch. Il, p. 327 ; Doublet, Mus. d'Alger, p. 52 et pl. xvn ; k Oued Alliménia (bains de Pompeianus), Tissot, Géogr. comp. de l’ Afr. rom. I, p. 495, pl. n, « divinités numides », trois néréides; k Tébessa ( Theveste ), planche de Chabassière annexée au Bec. de Const. XXIV et p. 202 sq. ; de Villefosse, Ibid. p. 234 sq. et pl. et Bev. de l’Afr. franc. 1887, p. 384 sq. et pl. n ; Gsell, L. c. p. 109, n° 47, et Mus. de Tébessa, p. 64 et pl. vin, 1 ; à Timgad Gagnai et Ballu, Mus. de Timgad, p. 39 sq. Sur les sujets marins ornant les thermes, cf. O. Jahn, Arch. Zeit. 1860, p. 113. — 4 Mos. figurant les chars courant dans le cirque. A Barcelone, Annali, 1863, p. 135 sq. et pl.; Bull. 1860, p. 151 ; voir cmccs, p. 1190, fig. 1520. A Gafsa ; La Blanchère et Gauckler, Cat. du Musée Alaoui , p. 12 A, n» 19 cl pl. n (époque chrétienne) . A Girone : de Laurière, La mos. rom. de Girone, Bull, monum. 1887, p. 225 sq., avec fig. et Girbal, Memoria acerca del M. r. descub. en la heredad llamada Torre de Bell-Loch, Girone, 1876. A Italica, A. de Laborde, Bescr. d’un pavé en mos. déc. dans l’anc. u. d'italica, 1802, p. 19 sq. pl. i sq. A Lyon, Artaud, Mos. repr. les jeux du cirque, Lyon, 1806, et Bescr. des mos. de Lyon et des mos. de la France, p. 39 sq. et pl. i à IV ; Cat. Mus. Lyon, p. 204, no 11 ; voir cincus, fig. 1523. A Sennecey le Grand, C. r. Acad, des inscr. 1898, p. 16 sq. Mos. d aurigcs (souvent dans des maisons particulières) : k Baccano, Bull. 1873, p. 133. A Carthage (thermes privés près de l’amphithéâtre), l'aurige Scorpianus, C. i. I. VIII, 12589, et de Villefosse, Bull. Soc. antiq. Fr. 1900, p. 80 sq. ; les quatre auriges Bene[na]tus, Quiriacus. Ciprianus, Ce[le]rius (ép. chrél.) ; Bev. arch. VII, 1850, p. 260 sq. , pl. CXL1II ; C. i. I. VIII, 10 539; Gauckler, Bull. arch. du Comité, 1901, p. 232, n°2; Bull. Soc. antiq. Fr. 1903, p.154; Cat. somm.des mos. ant. du Louvre, n»* 1788-89, 1790-93. A Dougga, Gauckler, Bull. arch. du Comité, 1901, p. 231 sq. et Bev. arch. 1902, II, pl. xx ; Merlin, AI il. de Borne, 1902, p. 74 sq. et pl. m. A Nîmes, Ménard, Hist. de Nîmes , VII, p. 191, n» 3 et pl. ni ; Artaud, L. c. p. 94. A Ostie, Mût. d. arch. Instit. Bom, I, p. 193 sq. A Paisy-Cosdon, Bull. arch. du Comité, 1884, p. 150, 270 sq. A Riclves, P. Arnal, L. c. cité par Arlaud. A Rome : thermos de la via Flaminia (chiaroscuro), E. Caelani Lovatelli, Acad, dei Lincei, Mcmorie, 3“ série, VII, p. 152 et pl. et p. 250; (Palais Farnèse) Mél. de Borne, 1886, p. 327 sq. et pl. ix ; (Hypogée de la via Appia) C. i. I. VI, 2, p. iv, 10 203 = 33 978; autre : Bull. comm. di Borna, 1877, p. 265 sq. n» 1. A Sainte- Colornbe-lez-Vienne, Bull. arch. 1894, p. 224 sq. pl. xiv. A Trêves, M estd. Zeitschr., Korresp. bl. XIV, p. 102, n» CS, et XV, n» 55. — B Mos. de gladiateurs : Augsbourg, Gruter, p. 336; C. i. I. III. 5835 a avec la bibliogr. A Aulun, Artaud, p. 114. A Bignor (amours en gladiateurs), Arch. Britann. XVIII, I, p. 203; Lysons, L. c.

III. pl. XVI et XIX ; Morgan, L. c. p. 205. A Cologne, mos. inédite au Musée Wallraf- Uichartz, gladiateurs cl lanistes dans l’amphithéâtre avec inscriptions diverses. A Flacé-les-Mûcon, C. r. Acad, inscr. 1893, p. I06sq.cl Bev. arch. XXII, p. 107. A Kreulznach, Jahrbuch, X, 1895, p. 95 et 210. A Nennig, Wilmowsky, Bie rôm. Villa zu Nennig, pi. ix. A Rome; mos. Massimi (au Musée de Madrid), Wiuckclmann, Mon. ined. II, 2, p. 258 sq. p. 197; Hiibner, Antilce Bitdw. in Madrid, p. 196, 11»» 399, 406; C. i. I. VI, 2, n» 10 205, p. 1341 avec la bibliogr. ; aulre (via Appia), C. i. I. VI, 10203 — 33978; autre (porta Sanlo Sébastian®); Bull. 1872, p. 73; aulre, Bull, comun. 1895, p. 272. A Sousse, sur un tombeau (fouilles de 1903). A Tusculum, (mos. Borghèse), C. i. I. VI, 2, n» 10206 et p. 1341; Bull. 1834, p. 194 sq. ; Henzen, Explic. mus. Burgh. pi. i, ni, Rome 18 45; Hclhig, II, p. 135 sq. A'Reims, Bull. ‘1861, p. 113 sq. et Loriquet, La mosaïque des promenades.

spectacles du cirque et de l’amphithéâtre, courses de chevaux *, ou combats de gladiateurs5; ou bien, il otïre aux oisifs la distraction d’une sorte de jeu de 1 oie 6. Hercule et ses travaux1, Mercure protecteur desathlètes \ les groupes de lutteurs et les scènes de palestre 9 apparaissent surtout dans les gymnases réservés aux exercices physiques; la tète barbue et limoneuse de l’Océan, dans les nymphées et les fontaines demi-circulaires1".

Aux monuments publics conviennent les sujets empruntés à la vie sociale. Dans les édifices privés, la décoration prendau contraire un caractère tout personnel. Le propriétaire ne s'intéresse guère qu'aux tableaux qui le touchent directement. Il tient à être mis en scène nommément, lui11, ses amis12, ses esclaves13, ses chevaux1 \

pl. xviii, 10; autre : Bull, des antiq. de France, 1890, p. 328; Travaux de l Acad, de Reims, 1900, p. 337 sq. et planche. A Vienne, Artaud, L. c. p. 85, pl. xxx et xxxi , Cat. du Musée de Lyon , p. 207. Autres : Bull. arch. 1890. p. 86, et 1892, p. 89. — 6 Bev. de Const. XXIV, p. 211 sq. et pl. annexe de Chabassière; de Villefosse, Ibid. p. 240 sq., Ben. Afr. fr. 1887, p. 388 sq. pl. m, et C. r. Acad, inscr. 1888, p. 137; Bull, des antiq. de France, 1886, p. 265 et 26S ; C. i. I. VIII, 16 667 ; Gsell, ,1/0)1. ant.de l’Alg. I, p. 234, n» 26; II, p. 109, n» 48 et Mus. de Tebessa,\>. 67 sq. pl. ix,

I. Autre tabula lusoria découverte k Timgad dans une construction faisant face aux

grands thermes du sud, Cagnat et Ballu, Mus. de Timgad, p. 35 et fig. p. 34. 1 Mos.

d'Herculc k : Avenches (Hercule et Alitée), Caspari, Héraklès und Antaios zu Al*. Schweiz. Anz. 1869, p. 7. Braindeam (id.), Morgan, p. 223. Garlama (les douze travaux), Bull. 1861, p. 170, 1 ; Annali, 1862, p. 288 sq. pl. q; Hiibner, Ant. Bildw. in Madrid, p. 310, n° 827. Oudna (Hercule couronné) : La Blanchère et Gauckler, Cat. du Musée Alaoui, p. 28, A n» 133 et pl. vm ; Pitney (Hercule et l’hydre de, Lerne), Morgan, p. 98. Saint-Leu (Hercule et Chiron), voir fig 5250; Saint- Paul-Trois-Châteaux (Hercule et Hésione) : Bull. Soc. d'arch. de la Brome, 1884, p. 444 sq. et pl. ; Gauckler, Bull. arch. du Comité, 1901, p. 342 sq. — 8 Thermes de Giglhi, Gauckler, C. r. Acad, inscr. séance du 16 oct. 1903. Mos. de Nîmes, Arlaud, p. 90. — 9 Cherche! (thermes de l’ouest) : Gsell, Mon. ant. de tAlg,

II, p. 103, n» 94 avec la bibliogr. Gigthi (thermes du centre) : voir p. 2109, n. 46, Thermes d’Ostie ( chiaroscuro ) . Annali, 1857, p. 334 sq. el pl. m; Monuments, VI, pl. xi, n° 7. Rome (thermes de Caracalla) : Secchi, Il mus. Antoniniano rappr . ta scuolo degli atlil. Roma, 1843 ; Helbig, I. p. 467 et 524 sq. n» 704. Autres mosaïques d'athlètes à : Tusculum ( chiaroscuro ) Bull, 1862, p. 17 sq. 182; Annali, 1863, p. 397 sq. ; Monum. VI, et pl. m ; Mitt. d. arch. Inst. Bom. X, p. 120 sq. ; Palras, Arch. Anzeig. Berlin, XII, 1897, p. 63; Pyrgos (mos. de Nilodore), voir p. 2121, n. 2. Athlète vainqueur dans la tabula lusoria de Tebessa, voir plus haut note 6. — 10 Tête d’Océan en mosaïque, dans un nymphée en sigma lunaire (iTïyfxaionSéç) d'Anlioche : Jean Malalas, éd. Dindorf, p. 302; cf. Gsell, Bec. de Const. XXVII, p. 244. Autres k : Aix, de Caumont, Abécéd. arch. p. 62, 60; Bull. arch. du Comité , 1890, p. 40. Aïn-Témouchent, près de Sétif ; Bev. afr. I, p. 122 sq. ; Gsell, Bec. de Const. XXVII, p. 245 sq. ; C. i. I. VIII, 509. Bir Chana : La Blanchère et Gauckler, Cat. du Musée Alaoui, p. H, n» 12 et pl. n. Bougie (2 semblables) : Gsell, Mon. ant. de l'Alg. Il, p. 102, n» : 7 et 8, et Bec. de Const. XXVII, p. 243 sq. ; Ibid. XXV, p. 427, et XXVI, p. 409. Carthage, Bev. arch. V, p. 634; Bull. 1849, p. 153 sq. ; Annali, 1852, p. 353 sq. ; Monumenti, V, pi. xxxvm ; Morgan, p. 242 et 267 avec pl.; Cat. Brit. Mus. n° 68. Cherchel, Waille, Bev. afr. 1903, pl. n. Italien (sur la mosaïque du cirque), voir plus haut. Medeina, voir notre fig. 5252. Montréal, Bull. arch. du Comité, 1890, p. 38 sq. et pl. i. Oudna (exèdre de l'oeeus dans la villa aux Chapiteaux comp.) : voir plus haut. Orbe : Bull. 1848, p. 52; lilhogr. Bonstetlen. Palcrme (peut-être le médaillon central de la mosaïque de la Piazza Vittoria, modifié par le restaurateur antique), Overbeck, Ber. d. slichs. Geseltsch. 1 873, p. 125. Rome (au Musée des thermes), phot. Moscioni, n" 10 335. Sidi el Hani : La Blanchère et Gauckler, Cat. du Musée Alaoui, p. 12, n* 13. Sainte-Rustice : Artaud, p. 18; Bull. 1834, p. 157 sq.; de Carsalade de Pont, Bull, arch. 1890, p. 40 et fig. (titre erronél. Sousse : Gauckler, Bev. arch. 1897, II, p. 15. Vienne, Artaud, p. 1 17 ; Bull. arch. 1890, p. 39 et fig. ; de Caumont, Abécéd. arch. p. 66; Delorme, Bescr. des Musées de Vienne, p. 235 et fig. ; autre ; Bull. 1867, p. 193 sq. Vilbcl (médaillon central actuellement détruit ?) : Gsell, Bec. de Const. L. I. ; cf. Arch. Zeit. XVIII, pl. cxliii. Withington : Lysons, Beliq. Brit. Bom. II, pl. xix ; Morgan, p. 78 ; Duruy, Hist. des Bom. VU, p. 413. — U Pompeianus k l’Oued Athménia, L. c. et Tissot, Géogr. comp. I, p. 361 et pl. i et iv ; cf. Boissier, Afrique romaine, 2e édit. p. 157 sq. ; Fructus k Oudna, Gauckler, L. c. et Cat. Mus. Alaoui, p. 28, A n” 137 ; cf. aussi Ibid, n" i 38. — 12 Neantus, Cessonius, Cresconius k l’Oued Athménia, L. c. Cf. mos. : de Carthage, Gauckler, C. r. Ac. inscr. 1893, p. 643; de Lillcbonne, L. c. ; d’Oudna, Gauckler, L. c. p. 208, pl. xxm, et Cat. Mus. Alaoui, p. 23, A n» 104. — 13 Myro et Victor h Oudna : Cat Mus. Alaoui, p. 28, A n» 137 ; Liber, Biaz'l k l'Oued Athménia. — 14 A Cherchel ; Muccosus, cheval de C laudius) S a binus. Bull, épigr. 1881, p. 109; 1882, pl. xvn; Gsell, L. c. p. 103, n° 13; à Forryville : Alcides et Biomedes, chevaux de Sidonius, Gauckler, Bull. arch. Comité, p. 165 sq.; Viollier, Ibid. p. 470 sq. ; k El Kantara (Meninx), Ceruleus, Ispicatus, Luxuriosus, Botrocaleus, Ibid. 1885, p. 122, et Corp. inscr. lat. VIII, 11059; k l'Oued Athménia, les chevaux de Pompeianus ; Pullentianus, Belicatus, Titas, Scholasticus, Polydoxus, Altus, Le.-, k Sousse, les chevaux de Sorotlnis : Amor, Bominator, Adorandus, Crinitus, Ferox, Pegasus, La Blanchère, Coll. Mus. Alaoui, p. 20 sq. et Musées de Sousse, p. 3 sq. avec la bibliogr. ; cf. l’art, kqul's.

MUS

ses cliiens *, ses troupeaux1 2, son domaine3 4. 11 faut qu on lui retrace les épisodes les plus agréables de sa vie journalière, les festins, la chasse, la pêche, le canotage, les plaisirs de l'amour. Sur le seuil des pièces divers apotropaia , animaux ou attributs symboliques, écartent le mauvais œil \ tandis qu’une courte inscription définit le caractère du local : eedo, ce ne mu s, une salle à manger 5 ; bene dnrmio, une chambre à coucher 6 * ; ad aprum , ad leonem \ deux cabinets de repos symétriques, l’un pour l’été, l’autre P°ui 1 hiver, 1 un a l’ombre, l’autre au soleil, ce qu’indiquent, d’une part, le lion caniculaire du zodiaque et, de l’autre, le sanglier des chasses hivernales; put eus aquae , l'orifice de la citerne 8; fons perennts, une fontaine 9 * D’autres seuils nomment le propriétaire et lui souhaitent joie et profit, à lui, à sa Camille et à ses visiteurs : Genio populi Lambesis féliciter, et qui in Aeli Rufi [intr]av[e]ris annos dulees habet[o] )u, ou bien : in his praedis viras, cum tuis omnibus, muftis annis il. La cour centrale, qui entoure le péristyle, présente des scènes marines lorsqu’elle joue uniquement le rôle d 'impluvium alimentant la citerne 12. Si, au contraire, elle est ombragée d’arbres, égayée de plates-bandes fleuries et •de buissons, l’on y figure les animaux d’une bassecour ou d’une, volière13. L’ornementation des appartements d apparat, oecus, exèdre, atrium, est trop variée pour qu’il se produise toujours une adaptation précise du sujet au local. Souvent l’on juxtapose dans le même ensemble quatre ou cinq tableaux très différents de caractère **. Pourtant,

dans les salles de festins, le mosaïste représente de préférence des scènes de banquet1", ou de vendanges ir', des asarôta 17 , des natures mortes18, des victuailles 19 ; dans les salons de réception, dans

1 E dora tus et Mustela à Oudna, Gauckler, L. c. p. 208, pl. xxm; Castus et

Fidelis à 1 Oued Alhménia, L. c. — 2 A Oudna, maison de3 Laberii, Gauckler, L. c. p. 200 et pl. xxn. — 3 Campus dilectus à Sousse, domaine de Sorothus, mosaïque citée de Villefosse, lieu, de VA.fr. franc. 1887, p. 374; cf. mosaïques citées à Carthage, Scorpianus in adamatu[m], à Ferryville, à l’Oued Athménia, à Mrakib Tliala, à Oudna, à Sousse, à Tabarka. — i Par exemple : mosaïque du seuil de la maison d Jndustrius à Oudna, avec l’inscription inexpliquée oes-aks et un emblème prophylactique en fer à cheval que l’on rencontre souvent en Afrique : Gauckler, Mon. et Mém. L c. p. 184, n. ; Cal. du Musée Alaoui, p. 28, A n» 139; cf. Bull. arch. du Comité, 1901, p. 14t. — 8 a Pompéi, Bull. 1874, p. 93. — G A Brindisi, Artaud, O. c. p. 13. — ’ A Sousse, Corp. inscr. lot. VIII, I l 150; C. r. Acad, inscr. 1887, p. 379 sq. ; La Blanchère, Coll, du musée Alaoui, p. 18. Le lion en mosaïque de l'aile droite dans la maison du Faune à Pompéi, Bull. 1832, p. 50, et Roux et Barré, L. c. V, pl. xxxii, doit avoir une signification analogue. — 8 A Pompéi: Bull. 1874, p. 92 ; à Rome : Not. d. scavi, 1877, p. 311; C. i. I. VI, 4, no 2981. — 9 Mos. de Rome, C. i. I. VI, pars A, 29 821. — 10 A Lambèse, C. i. I. VIII, 2GOO. — H A Elchc : Hübner, Ephem. epiyr. Il, addit. IX, 1, p. 133, n° 351 avec la bibliogr. Mos. d’Ostie, aujourd’hui détruite, avec l’inscription Félix /-ami lia. Mos. de Salzbourg : hic habitat félicitas, luhil intere(s)t mali , Bull. 1841, p. 125. Mos. de Pompéi : Lucrum yaudium, Bull. 1878, p. 90. A Gigthi, dans une villa suburbaine, seuil à inscription mutilée se terminant par vita (inédit, fouilles de 1903). A Timgad, au centre td’une salle des 1 hernies : Filadelfîs vita (fouilles de 1903). A Ilalicarnasse, au centre d’une pièce, souhaits analogues, en grec : Bull. 1860, p. 106. Ile môme à Salemi (Sicile), Not. s. ccv. 1895, p. 356. A Cherehel : Leye et crêpa, C. i. I. VIII, 9421.

— 12 Par ex. dans la maison à atrium contrai à Oudna : Gauckler, L. c. p. 183, noie. — 13 Maison romaine de l’Odéon à Carthage : Gauckler, Illustr.

4 avril 1903, p. 224 et fig. — 14 Par ex. dans le triclinium de la maison romaine

de l'Arsenal de Sousse : mos. de l’cxèdre, [fleurs et fruits; du vestibule, tête

d Océan et scènes de pêche ; du seuil, nymphes et fleuves; du triclinium, qua¬

drupèdes divers et enlèvement de Ganvmède ; cf Gauckler, Bev. arch. 1897, II,

p. 8 sq. et. pl. ix bis. — 13 Banquets : à Cartilage, 1° Cat. somm. Louvre, n» 1796;

Reinach, Bull. arch. Comité, 1889, p. 356 sq. pl. ix , 2» Gauckler, C. r. Acad, inscr.

1898, p. 643; Tour du Monde, 1896, p. 332 et fig.; Cat. Mus. Alaoui, p. 31,

A n° 162. A Oslie, Martha, L'arch. étrusque et rom. p. 263. Esclave focarius à

Bir Ghana : de Villefosse, Bull. arch. Comité, 1894, p. 308 sq. fig. p. 309. Esclaves

versant à boire : deux mosaïques d’Oudna : Gauckler, Mon. et mém. Piot, III,

MUS

l ig. 5251. — Mosaïque des thermes de Medeina.

des tableaux de plein air, chasse 20, pêche et cano-

p. 183, noie, et 184 ; Cat. du mus. Alaoui , p. 28, A, n09 1 37 et 138. — 16 Par ex. à Oudna, Gauckler, L. c. p. 208, pl. xxi ; Cat. AJ us. Alaoui , p. 23, A, n° 103 et pl. v. A Sousse, Gauckler, Rev. arch. 1897, 11, p. 18 et pl. îx ; Musée mun. de Sousse , p. 30 et pl. vi, 1. — 17 Cités plus haut. — 1b Par exemple, à Koma Vecchia, sur la voie Prénestine : Helbig, Mus. Roms. 1, p. 261, n° 363. — 13 Par exemple, à Carthage, mosaïque inédite d’une maison voisine de l’Odéon (fouilles de 1903) : Gauckler, Illustr. 4 avril 1903, p. 224. O El Djem, mos. inédites (fouilles de 1904).

20 Scènes de chasse, par exemple, à : Rulla Begia (Tunisie), mosaïque inédite, fouilles de la Direction des Antiquilés, 1903. Bologne, Not. d. scavi, 1892, p. 258 sq. ; Bordj Redir, Gsell, Mon. ant. de V Alg. II, p. 102, n® G. Carthage, 1° Rousseau, Rev. arch. VII, 1850, p. 260, pl. cxliii ; 2® Morgan, p. 250 ; 3® Morgan, p. 273 ; 4° Delattre, Cosmos, 1888, p. 295; 5° Gauckler, C. r. Acad, inscr. 1898, p. 643; 6® Gauckler, C. r. Acad, inscr. 1899, p. 158; 7® Gauckler (fouilles de 1903), mosaïque inédite de triclinium, près des ports; 8° Ibid, mosaïque murale inédite, maison près de l’Odéon. Conslantine, de Villefosse, Rev. arch. I, 1876, p. 15; Gsell, O. I. p. 104, n° 17. Cherehel, Gsell, Ibid. p. 103, n® H ; Waille, Rev. afr. 1903, p. 99 sq. et pl. vui ; autre, Waille, Dépêche algérienne, 12 janvier 1904. Corcyre, Bull. 1849, p. 87. East Coke, Morgan, p. 100. Elche, Hübner, Ephem. epigr. IX, addit. 1, p. 133, n® 351 ; Arch. Anseig. 1899, p. 198 sq. fig. 1. Gaubert, près de Terrasson, de Villefosse, Bull. arch. du Comité, 1903, p. 30, n® 5. Framplon, Morgan, p. 243. Ilalicarnasse (Enée et Didon, Méléagre et Atalante), Bull. 1860, p. 104 sq. ; Morgan, p. 256 sq. et pl. ; Cat. B rit. Mus. nos 6, 7, 8. Lillebonne, voir p. 2118, n. 1. Oderzo, Notisie scavi, 1891, p. 143. Oglet-Alha (Tunisie), Gauckler, Bull. arch. du Comité, 1899, p. 166 sq. et pl. vu. Orbe, Bull. 1863, p. 193 sq. Orléausville, Gsell, L. c. p. 108, n° 42; Corp. inscr. lat. Vil J , 21518. Ormes, Bull, du Comité de la langue de La France, 1856, p. 45. Oslie, Annali , 1857, p. 296. Oued Athménia, Gsell, L. c. p. 25. Oudna (deux), Gauckler, L. c. p. 208 et pl. xxm, et p. 184. Pentima, Not. d. scavi, 1891, p. 171. Rome, Furietti, p. 46 ; autre, Bull, comun. di Borna, 1889, p. 491 sq. autre, près de la porte San Lorcnzo (1903). Ténès, Bull. arch. du Comité, 1893, p. 81. Ulique, Morgan, L. c. Vienne (triclinium), Bull. Soc. antiq. 1867, p. 173 sq. ; Bull. 1868, p. 48 sq. Villelaure, Bull. arch. du Comité, p. 10 sq. 27 sq. et pl. i. Weslerhofen, Arch. Anzeig.XN , 1857, p. 11. Et les chasses des paysages niloliques cités p. 2102, n. 14. Combats d’animaux : tableaux rectangulaires d’entre-colonnement dans les atriums : à Conslantine, L. c. ; à Lyon, Artaud, p. 75 ; à Oudna, Gauckler, Mon. et mém. Piot, l. c. et Cat. Mus. Alaoui , p. 25 sq. A, nos 112 à 119 ; a Ulique, Cat. somm. du Louvre, n° 1799 ; cf. les tableaux analogues de la période augustéenne, cités plus haut, trouvés dans la villa Hadriana et à Rome, sur lAvenlin.

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lage\ Iravaux agricoles2. Dans les gynécées, l’on représente Eros et Psyché3, Pégase soigné par les Nymphes'’, Achille parmi les filles de Lycomède 5, la toilette de l’Hermaphrodite6, Vénus à sa toilette, aidée par les Amours7; dans le cubiculum, des tableaux mythologiques de circonstance : le sommeil d’Endymion \

Ariadne endormie surprise par Bacchus \ puis des scènes érotiques de tous genres et pour tous les goûts, réalistes ou mythologiques, Ménades et Satyres 10,

Mosaïque dêxèdre, à Weslcrhofen, L. c.

Mos. de trifolium , à Tabarka, Cat. Mus.

Alaoui, p. 13, A, noi 23, 24. Tableau central formé de deux groupes superposés, à Sousse (redoute des chasseurs), Musées de Sousse, Salle d’honneur, p. 5, n“ 5. Mosaïque de bordure, à Orbe : Ho ns le tien, Recueil, suppl. II, pi. xv, p. 16. — 1 Surtout en Afrique : par exemple à Carthage, La Blanchère et Gauckler, Cat .

Mus. Alaoui , p. 10,

A n“ 7 et pl. ui ; autre,

Gauckler, C. r. Acad, inscr. 1899, p. 158 ; aulres, Gauckler, Ihdl.

arch. duComité, 1903,

р. 413 (exèdre) et 414. Chebba, Gauckler,

Marche du service ,

1902, p. 20 et lllustr.

20 nov. 1902, p. 400.

El Alla : Gauckler, C. r. Acad, inscr. 1899, p. 580 sq. Médeina (fig. 5251), Gauckler, L.

с. elCat. Mus. Alaoui, p.32,nos16C, 1G7, 1 68. Oudna, Gauckler, L. c. passim et Cat. Mus. Alaoui, p. 24 sq. n°s 110, i-i., III, 124. Sousse, Gauckler, Rev. arch. 1897, II, p. 8 sq. pl. xi ; Musées de Sousse, p. 29, n» 2 et pl. vi, fig. 2. Utique (exèdre), Cat. sonim. Louvre, n» 1802 ; aulres, au British Muséum, n“s 65 et C0; Morgan, p. 247, pl. cc.i.xxu etcci.xxv; cf. aussi les paysages nilotiques cilés p. 2102, n. 14. — 2 A Ainay, près de Lyon : Artaud, p. 100 sq. pl. u ; Baccano, Bull. 1873, p. 134. Morton (Wight), Morgan, p. 25 et pl. p. 234. Oderzo, Notizie scavi, 1391, p. 143. Orbe, Bull. 1848, p. 52 ; Bursian, M. von Orbe, Mitth. Antiq. Zurich, XVI, 2e cah. I, avec pl.; Bonslctten, Recueil, p. 40, pl. xix. Oudna, Gauckler, L. c. p. 200, 205 et pl. xxu; Cat. Mus. Alaoui, p. 24, A, n° 105, et 26, n» 120. Sainllïomain-cn-Gal, près de Vienne, C. r. Inscr. 1891, p. 180 sq. ; Bull, antiq. Fr. 1891, p. 109 sq.; Bull. arch. du Comité, 1891, p. 317 sq. ; l.afaye, extr. de la Rev. arch. 1892 etpl. ; Cat. somm. du Louvre, no 1334. Vienne (détail de la mosaïque des Gargattes), Cat. Mus. de Lyon, p. 207, n» 16. Woodchester, Morgan, p. 77. — 3 Avec l’inscription : Omnia dei sunt. Agimur , non agimus, de Villefosse C. r. Acad, inscr. 1891, p. 28 sq. — 4 Sainte-Marie, Mission à Carthage, p. 38; Bull épigr, 1886, p. 142, il» 382. — SA Vienne : Artaud, p. 78 sq. et

Nymphes et Faunes11, Léda et Je Cygne n, Vénus et Adonis l3, ou l’enlèvementde Ganymèdc11 ; dans les thermes privés attenant à la maison du maître, de vastes paysages qui figurentson domaine 13. Dans les caveaux de mausolées, le pavemen l simule une tête fie Gorgone, 16 (apo trop a i o n souvent figuré aussi dans les habitations et les thermes), ou un Génie funèbre i7, ou bien quelque scène relative aux dieux des enfers, par exemple Pluton ravissant Proserpine

Fig. 5252. — Les Muscs et les Poètes. Mosaïque de Trêves, signée Monnus.

pl. xviii, xix (oecus) ; cf. la mos. de Poni péi, citée p. 2103 n. I. - — 6 A Timgad :

Cagnat el Ballu, Mus.

de Timgad, p. 30 el pl. xiii ; Gsell, c.

р. 110, u« 54.-7 A Ü u d n a ; G a u c k 1 c r , 37 r ni . Piot, 1897, p. 184, et Musée Alaoui, p. 27, A, no 130. — 8 A Oudna : Gauckler, L.

с. p. 204 pl. xxui, et Mus. Alaoui, p. 27, A, n° 128. A Nîmes, Bull .

des antiq. de Fr. 1884»

p. 1 50 e 1 150. — 9 Mos.

d’Ariadne endormie surprise par Bacchus '■ à Avenches, Schmidt, Recueil d'ant. suisses, p. 22 et pl. i ; Bursian, Avent. Helr. p. 59 sq.

pl. xxxi-xxxii; à Bavay, Caylus, Rec. d’ant. Il, p. 399 ; à Salzbourg :

Ariielh, Arch. Analekt. pl. v. Bacchus en-

e .. ... levant Ariadne ; à

. ousse, mosaïque non identifiée jusqu’ici, décrite par llannezo, Afas, Conorès de Carthage 1890, p. 817.- 10 A Avenches, sur la même mosaïque qu’Ariadne ctBacchus, Schmidt, L. c. ; a Sousse, Gauckler et Gouvet, Mus. de Sousse, p. 31 no c et pl , x •

1901’ P’23- 11 A Centocelle (mos. augustéenne), Arch, Zeit. XXV, p. 14. 12 Mos. de Sousse, Gauckler et Gouvet, Le p 34 n» 8

- '3 Mos. de Tarragone : Laborde, Italien, p. 102, pl. xx (identification douteuse) ; cf. mosaïque de Marseille, Frœhner, Cat. Marseille, p. 220 « Baigneuse »

- H Mos. de Sousse, Gauckler et Gouvel, L. c. p. 34, „o 9; cf. au même endroit, la mos. de triclinium, citée plus haut; Vienne, Bull. 1862 p 153 s„ . autres à Bignor, Morgan, p. 203 et pl. ; Baccano, Bull. 1873, p. 131 ■ Carnuntum Arch. Zeit. 1874, p. 164, et E. von Sacken, Mitt. centr. Comm. Wien XVIII

P:,f ; ÎS ' 93 S,‘- - 13 Th— ^ Pompeianus à l’Oued AUimenm

cités p. .118,11.2, cl. mos. analogues: a Carthage, fragment inédit (fouilles Gauckler en 1903) ; a Mrakib Thala, Gsell, L. c. Il, p. 108, n» 37 ; à Oudna, Gauckler, Mon Piot L e. et Musée Alaoui, p. 24, 105 et pl. v, ; à Tabarka (ferme Godmet), Musée

fsÏTn P20 Y ”* ~ “ T°mbeaU dË k V°ic Uti-’ > Rome, Bull.

1870, p. 201 sq. et plan p. I9a (chiaroscuro). - n Ibid. Furietti, p. 56 ; Ciampini

\et. mon. Il, ., p. 4. - i» A Rome (via Portuens e); Bull, comun. 1885, p 17L et

MIS

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Ces œuvres si diverses ont entre elles un lien commun': elles sont romaines et non plus grecques. Ce changement essentiel est naturellement beaucoup plus sensible au fond des provinces qu’à Rome même. Les artistes alexandrins, venus en Italie à l’époque d’Auguste, ont fait souche d’élèves latins. Ceux-ci, essaimant à leur tour dans les provinces, ont formé des ouvriers indigènes. La mosaïque de Lillebonne (Juliobona) est l’œuvre de T. Sennius Félix, venu de Pouzzoles, c[ivis]

Puteo/anus, et de son apprenti Amoi\ de la tribu gauloise des Kalètes, c[ivis] K[aletam<s] *. Le personnel des ateliers provinciaux est donc romain, ou romanisé. Il en est de même des modèles.

Sans doute les œuvres des peintres alexandrins restent encore en faveur à Rome au temps des Antonins. Mais leurs tableaux, même lorsqu’ils sontexécutés sur des panneaux de bois portatifs, sont trop fragiles pour supporter de longs voyages. Ils sont conservés avec un soin jaloux, dans les galeries des amateurs italiens 2. On ne les connaît, au loin, que par de sommaires croquis. Les chefs-d’œuvre de l’art hellénistique ne sont guère transmis aux ateliers provinciaux que romanisés par des répliques en ronde bosse, statues ou bas-reliefs, et plus encore par tous ces menus produits des industries d’art italiennes, les figurines et

Fig. 5253. — Neptune et les Saisons. Mosaïque de Chebba (Tunisie).

les lampes d’argile, les pierres gravées et les médaille dont les fabricants italiens inondent tout ppmn- D ailleurs, l’imagerie romaine est la seule qui n >U< encore être comprise et appréciée de la clientèle nlT naire des mosaïstes du iue siècle de notre ère I a ■ • • devient de plus en plus indifférente, sinon ' touiTna étrangère à la culture hellénique. Si quelque grand seigneur, quelque haut fonctionnaire établi sur les bords

du Rhin 011 de la Moselle fait encore pointe sur le sol des portraits de philosophes de poètes grecs (“g- 5252)3, on ne lit plus ceux-ci que dans des traductions. La faveur du public va aux auteurs latins. Homère est détrôné au profit de Virgile *. Lnée etDidon 5, Romulus et Rémus et la louve nourricière 0 font oublier Achille, Ulysse et les héros nationaux de 1 llellade. Des dieux de l’Olympe, on ne connaît plus guère que les aventures racontées par Ovide 7. Les métamorphoses amoureuses de Jupiter fournissent un thème inépuisable de compositions très goûtées.

La légende d’Ëros et Psyché apparaît aussi sur les pavements, mais c’est parce qu’elle a été mise à la mode par Apulée s. D’une façon générale, L’artiste préfère mettre en scène de grandes collectivités mythologiques telles que Bacchus et son thiase 9, Diane escortée de ses nym-

1$8G, p. 107; autre (villa Corsini), Furietti, p. 57, et Bcllori, Lucernae, pl. xvii. A Ostie, Annali , 1857, p. 293 ; cf. à Pompéi, Mau, AJ Ht. arch. Inst. /loin. VII, p. 12.

— l C. i. lat. XIII, 3225. Nous adoptons la lecture de Hirschfeld, au lieu de c(ivis) lc(arthaginiensis) comme lisent Renier, C. r. Acad, inscr. VI, p. 30 sq. et de Villefosse, Ibid. XIX, p. 345, et Gaz. arch. 1885, p. 99 sq. La lecture C(aii) /’( ilius ), proposée par Jullian, Gallia, 1892, p. 122, est impossible, le k étant certain.

— 2 Pliilostr. Imagines ; cf. Bougot, Une galerie antique de soixante-quatre tableaux, Paris, 1881 ; E. Bertrand, Un critique d'art dans l'ant. Philostrate et son école , Paris, 1881 ; Girard, La -peint, ant. p. 318. — 3 Fig. 3252. Mos. des Muses et des écrivains grecs, signée Monnus, à Trêves : Heltncr, Westd. Zeilschr. X, 1891, p. 248 sq. et Ant. Denkm. I, pl. xi.vnà xi.ix ; Leliner, Führerd. d. Provins. Mus. su Trier , p. 39 sq. ; à Salonc, mos. de Sapbo et des Muses (fouilles de 1903). Mos. des Philosophes grecs, à Cologne, citée p. 21 1 1 , n.5;cf. aussi : à Trêves (cxèdre) un pocle ou savant, Jahrbnch. Beibl. 1900, p. 31 ; à Morton Farm (Wiglit) (seuil) un astronome, Morgan, p. 28 et pl. de la p. 23 4; à Rome, portrait de Cliilon : Artaud, p. 14; à Palerme, dans la mos. de la Piazza Vittoria, trois médaillons représentant des poètes ou des philosophes, assis comme le Virgile de Sousse, Arch. Zeit. XXVII, p. 38 ; Bull. 1870, p. 8 sq. ; Aubé, Arch. miss. VII, p. 28 sq. ;Overbeck, Périclité d. sachs. Gesell. 1873, p. 91 sq. et pl. n. — 4 Macroh. Saturn. éd. Eyssenhardl, V, 17, 5; Gauckler, les mos. virgiliennes de Sousse, Mon. et Mèm. Plot , IV, p. 233 sq. et pl. xx (portrait de Virgile) et fig. 2 (Adieux d’Enée et de Didon). — 5 A Ualicarnasse (Enée et Didon chassant) : Arch. Anzeig. XVI, p. 115 sq. ; Bull. 1800, p. 104 sq. ; Morgan, p. 257 et pl. Autres mosaïques virgiliennes (Darès et Entoile) à Villelaure et à Aix, L. c. ; Vulcain et les Cyclopes, à Dougga, Gauckler, Bull, arch. du Comité, 1902, p. 215-216; Merlin, C. r. Acad, inscr. 1902, II, p. 745.

— 6 Mosaïque d’Aldborough : Morgan, p. 140; cf. la mosaïque en opus sectile de Marino, Bull. 1838, p. 112. — " Les mosaïques ovidiennes. sont extrêmement nombreuses et très variées. Par exemple : mos. des Amours de Jupiter, aux Oulcd- Agla, Gsoll, Mon. de l'Alg. IL p. 108, et à Paierie, voy. note 3. Mos. de l’enlève¬

ment d’Europe : à Aquilée, Arch. Anzeig. XXII, p. 185. Arles : Gauckler, Bull, arch. 1901. p. 33G sq. Baccano, Pull. 1873, p. 131 ; El Djem : Bull. arch. 1897, p. 37G; Halicarnassc : Bull. 1800, p. 106; Morgan, p. 249; Mrakib-Thala : GscIL L. c. p. 107, n° 35 ; Naix : Demangeot, Mos. gréco-rom. p. 29, et Bull, antiq. de Fr. 1878, p. 173; 1880, p. 135; Oudna : Gauckler, L. c. et Musée Alaoui, p. 27, n° 125 et pl. vu; Palcstrina : Furietli, p. 55; Ciampini, V et. mon. I, ch. x, p. 82 etpl. xxxm ; autre (sur tuile), Ciampini, 0. I. pl. xxxiv, n» 2 et p. 83; Sparte : Bull. 1873, p. 213; Arch. Zeit. 1881, pl. vi, 2. Léda et le cygne : à Aumale : Gsell, L. c. p. 102, n° 4. Baccano : Bull. 1873, p. 131 (ou llébé et l’aigle?) ; Ruggiero, Cat. del ijiuseo Kirchcr , p. 279. Dalmalic : Arch. Zeit . 1873, p. 136. Lambèse : Gsell, L. c. p. 107, n°3l. Sousse : Gauckler et Gouvct, Musée de Sousse , p. 34, n° 8. Pasiphaé et Dédale, à Mrakib Tliala : Gsell, L. c. p. 107. Métamorphose d’Actéon : Cagnat et lîallu, Musée de Timgad , p. 38 sq. pl. xiv. Narcisse, à Vaison : Gauckler, Mos. rom. de Provence , Bull. arch. 1901, p. 341 sq. Méléagre et Atalante, à Halicarnassc : Pull. 18G0, p. 105; Newton, Discov. 2, 1283; Morgan, p. 248 et 247, pl.; Cat. Prit. Mus. nos G, 7, 8. Lyon (Ainay), Artaud, p. G4 sq. et pl. ix ; Annali , 1843, p. 2<>2. Mansfield Woodhousc : Miinlz, Bev. des arts décor, sept. 1886, p. 78. Apollon et Daphné : à Lillebonne, voy. note 1 ; Timgad, mosaïque inédite (fouilles do 1903) , cf. mosaïque augusléenne citée p. 2101, n. 3. — y Apul. Met. I\-\I : mosaïques de Carthage et d’Utique déjà citées. — 9 Triomphe de Bacchus : à Ainay, Pull. 1861, p. 144; Conslantine? Gsell, Mon. ant. Alg. II, p. 105; Saint-Leu, Musée d'Oran , p. 70 sq. pl. vu c Gsell, L. c. p. 21 et pl. i.xxxvu; Sousse, Gauckler, Bev. arch. 1897, II, p. 18 cl pl. ix, et Musée mun. de Sousse , p. 30 et pl. vi, I,

Pyrgos, Bull. 1843, p.74; 1866, p. 231 , n® 1. Bacchus combattant dans l’Inde : à Tus-

culum, Canina, Desc. dell. ant Tusc. 1841, pl. xliv-xlv ; Bellori-Causs. p. 94 et pi- m, Guida del mus. naz. nelle Terme , p. 91, n °7 a. Dionysos et Ikarios, el vendanges, à Oudna, Gauckler, L. c. p. 208, pl. xxi; Cat. Mus. Alaoui, p. 23, A, n° 103 el pl. v. B. et Ampelos? à Kourba, Ibid. p. 23, A, n" 102, pl. v. B. avec une panthère ou un tigre : à Bavay, Caylus, II, p. 399; Djidjelli, Gsell et Bertrand, Musée de Philip-

MUS

MUS

plies 1 , Neptune el son peuple 2, Vénus et les Amours ", Apollon et les Muses \ car les figures si variées de ces cortèges lui facilitent le remplissage de plus vastes surfaces. Le mythe d’Orphée charmant les animaux ’ n’acquiert tant de faveur à partir du 111e siècle que parce qu’il fournit une occasion de grouper autour du chantre divin toutes sortes d’animaux, habitués à se fuir et non à frayer ensemble.

Mais aux types individualistes et nettement caractérisés de la mythologie grecque, le mosaïste préfère encore les figures allégoriques de la religion romaine, plus abstraites et par cela même d’un placement plus commode : la Terre °, l’Abondance 7, la Victoire 8, l’Année 9. Celles qui sont associées par séries de quatre, de sept, de

peville, p. 69, pl. x, fig. 2, et Gsell, Mon. mit. de l'Alg. Il, p. 105 sq. nos 23, 24 ; Erétrie (Eubéel, Bull. 1848, p. 40; Halicarnasse, Morgan, pl. <le la p. 262 et Cat. Brit. Mus. n® 20 ; Londres, Morgan, p. 187; Rome, Bartoli-Bellori, Lucernae, pl. xiv et p. 23; Sagonte, Caylus, II, p. 364 sq. et pl. ; Slunsfield, Morgan, p. 110; Tarente, Mitt. d. arch. Inst. Boni. X, p. 90; Sainte-Colombe, près Vienne (et les Saisons), Artaud, p. 118, pl. lvIi. Buste de Bacclius et les Saisons: à Carthage, maison de Scorpianus; Lamhcse, Gsell, Mon. ant. A Ig. II, p. 106, n® 30 avec la bibliogr. ; Morton file de Wiglil), Morgan, p. 23 et 234 et pl. ; Oudna, Gauckler, L c. p. 183, note, mos. Abria. Baechus, satyres et ménades à l’ilney, Morgan, p. 98, etc. Pan et génie bachique, à Halicarnasse, Morgan, p. 262 sq. Lykourgos et Ambrosia : 'à Narbonne, Cat. Mus. Nçtrb. n® 349, et Riols, Bull. comm. arch. Narb. 1891, p. 288 sq. et pl. ; Morton-Farm (Wiglil), Morgan, p. 19 sq. 234 et pl. Pan luttant avec Eros : à Baccano, Halicarnasse, Lyon, Sainte-Colombe, mosaïques citées. Pan, nymphes et faunes, satyres et ménades, à : Avenches, Schmidt, L. c. ;v Bignor, Morgan, p. 203 et pl. ; Carthage, Gauckler, Bail, arcli. du Comité, 1903, p. 415, et autre, inédite, fouilles de 1903; Dellys, Gsell, L. c. II, p. 103, n' 22; Oudna, Gauckler, L. c. fig. 9, et Musée Alaoui, p. 24, n° 107 ; Palerme, mos. citée p. 2118,n. 3; Saint-Leu (fig. 5250, bordure) ; Sousse, mos. citée p. 21 13, n. 2. Silène livre sur un âne, à Chcbba, Gauckler, Marche du service, 1902, p. 20. Buste de Silène : Oudna, Gauckler, L. c. fig. 10 et Musée Alaoui, p. 24 et n® 108. Priape, au Musée de Madrid, Bull, de la B. Acad, de Madrid, XX, p. 102.— l Diane couchée, un chien à ses pieds, à Nîmes : A. Pelel, Les mos. de Ninies (1 522-1804), p. 28 sq. D. avec un lévrier ou avec un cerf, à Oudna (2), La Blanchère et Gauckler, Musée Alaoui, p. 27, il05 131132. D. au bain et Actéon, à Timgad, Musée de Timgad, p. 38 sq. pl. xiv.

I). et Callisto, à Villelaure, Bull. arch. L. c. pl. i. Sacrifices à D.,à Lillebonne, voir p. 2109, n. 20: à Carthage, Gauckler, C. r. Acad, inscr. 1898, p. 643. Inscription Diana erenatrici, à Metz, Caylus, V, p. 326. — 2 Voir plusieurs mosaïques déjà citées. Les tableaux de tritons, néréides, monstres marins et poissons divers sont trop nombreux, surtout en Afrique, pour pouvoir être énumérés ici. — a Surtout Vénus Anadyomène : par ex. à Carthage, Gauckler, Bull. arch. 1899, p. 148 et 165; Halicarnasse, Morgan, pl. de la p. 249 et Cat. Brit. Mus. n® 5, sous le nom d'Amphitrile; Hippone, mos. cilée; Nebeur, La Blanchère et Gauckler, Musée Alaoui, p. 12. n® 14; Orbe, Bull. 1663, p. 193 sq.; Oudna, Gauckler, Mém. Piot, III, p. 184, note, et Musée Alaoui, p. 26 et n» 123 ; Tébessa, Gsell, Musée de Tébessa, p. 64 et note 4. Vénus dans une barque conduite par des amours : à Utique, d'Hérisson, Mission en Tunisie, p. 188 ; Cat. somm. Louvre, n® 1801. Vénus et Amours : El Djein, mos. inédite, fouilles de 1904. Amours : chevauchant un taureau et une chèvre : à Baccano, Bull. 1873, p. 134 ; un paon et un cygne : à Hippone, Papier, Bull. Acad, Hipp. XXIV,p. 30 ; un dauphin (ou Arion?) : à Ostie, Annali, 1857, p. 334 ; Chebba, Gauckler, Illustr. 1902,

L. c. \ Vinlimiglia, Bull. 1873, p. 29. Amours dirigeant des courses de poissons, à Sousse, de Villcfosse, Bec. de l'Afr. franc. 1887, p. 380,dig. el pl. i ; Cat. somm. du Louvre, n» 1797. Am. nageant avec des dauphins, à Utique : Ibid, n® 1803. Am. sur une amphore, à Lucera: Not. d. scavi, 1899, p. 275. Am. brisant son arc; caressant un dauphin ; avec Hymen, à Nîmes, Artaud, p. 94 et 1 13. Am. portant une couronne, un panier, des bandelettes : à Sarmisagcthusa, Arneth, Anale/cten, pl. xvn et xvm ; portant des corbeilles de fruits avec l'inscription : Bonum Eventum bene colite, à Woodchcstcr, Lysons, L. c. ; tirant de l'arc, à Zeugma : Jahrbuch Berlin, 1900, p. 109 sq. Amours jardiniers, à Pitney, Morgan, p. 98 ; gladiateurs à Bignor, Morgan, p. 205 et pl; athlètes à Vienne, Cat. Mus. Lyon, p. 207, n® 17 ; bestiaires, à Bulla Begia, mos. inédite (fouilles 1903); pêcheurs, dans nombre de mosaïques marines citées. Amour combattant Pan : mos. citées, p. 2102, n. 7.— '• Apollon jouant de la lyre, à Oudna, Gauckler, p. 2113, n. 2 ; Mém. Piot, III, p. 184 note, et M usée Alaoui, p. 28,n« 136; à Lilllccote Park, Lysons, 1, pl. ix; dans la forêt de Brotonne, Cat. Mus. Rouen, 1868, p. 8 J (ou Orphée ?). Apollon et Marsyas, à : Baccano, Bull. 1873, p. 128 sq.; Overbeck, Griech. Kunstm. I, p. 454; Saint-Leu fig. 5250. Apollonllélios : à Oudna, Gauckler, p. 199 et fig. 6, et Musée Alaoui, p. 24, n® 109 ter ; Païenne, mos. de la Piazza Viltoria ; Lambèse (avec Séléné), Gsell, L. c. 107, n» 32. Apollon-Hélios? avec les signes du zodiaque, Munster, près de Bingen, Jahrbuch Berlin, 1897, XII, Bibl. p. 12. Les Muses : à Baccano, Bull. 1873, p. 130; Italica, mosaïque cilée ; Montemayor ( Olia ), Bull. 1862, p. 249 ; Merida, mos. de Seleucus el Anthus, Corp. inscr. lat. 11. p. 61, n” 492; à Trêves, mos. de Monnus, voir fig. 5252. — 6 Mos. d'Orphée charmant les animaux à : Aix, litbograph. Reinard dans Rouard, Pouilles de 1843-4, p. 8 sq. ; Mayas. Pittor. XIII, p. 352 grav. ; de Caumont, Conqr. arch. p. 379 sq. et grav. ; Giberl, Cotai. I, p. 368 ; Gauckler, Bull. arch. du Comité, 1901, p. 338 sq. Avenches (détruite), dessin Courli,dans Anzeig. fürschweiz. Alterth. 1899, p. II. Barton, Univers, art invent. p. 3. Blanzy, Bull. Acad. Laon, IX,

neuf, de douze, par exemple les symboles des phénomènes cosmiques à révolution régulière, conviennent particulièrement au remplissage des mosaïques a compartiments polygonaux. Les quatre Saisons (fig. 5233) lü, les quatre Vents M, les quatre Factions du Cirque *■ servent a meubler les coins des pavements carrés, quels que soient le sujet et la disposition du tableau central. Les sept jours de la semaine, ou les sept planètes13, les sept Sages de la Grèce 11 trouvent tout naturellement leur place dans les sept compartiments adjacents d’un motif hexagonal, tandis que les douze cases qui doublent parfois la première zone de polygones entourant le tableau central, reçoivent les figures des douze mois de 1 année ou les douze signes du zodiaque16. Fnfin les neuf cases du sys-

p. 28; X, p. 40; Fleury, Antiq. et mon. dép. Aisne, II, 1878, p. 20, el Roscher, Lexilcon, s. v. fig. 14, col. 1191. Cagliari, Tarin, Mém. acad. sc. Turin, 1803, p. 53 sq. Carnuntum, E. von Sacken, Mitt. Centr. Comm' XVIII, p. 26. Chebba, Gauckler, Illustr. 1902, L. c. Cherchcl (chrétienne), Gsell, L. c. p. 104, n» 14 avec la bibliogr. Cirenccster, Morgan, p. 18. Constanline (chrétienne), Gsell. L. c. p. 105, n“ 20. Horkstow Hall, Lysons, Beliq. Rom. Britann. I, pl. m-iv. Jérusalem (chrétienne), Bull. arch. Comité, 1901, p. 110, 121, et C. r. Acad, inscr. 1901, p. 223, 252. Liltlecole Park (Willshire), Laborde, Mos. d’/lalica, p. 95; Fovvler, Plates of twenty mos. pavem. Morton-Farm (Wight), Morgan, p. 27 et 215. Nevvton- Sl-Loe, prés de Bath, Morgan, p. 102. Oudna, Gauckler, L. c. fig. 12, et Musée Alaoui, p. 29, n® 148, pl. vin. Palerme, Bull. 1870, p. 9; Aubé, Arch. miss. sc. 2“ série, Vil, p. 36 sq. ; Pérouse ( chiaroscuro ), Bull. 1876, p. 234 sq. ; 1877, p. 5 sq. ; Bull, antiq. Fr. 1878, p. 50. Rome ( chiaroscuro ). Not. d. scavi, 1894, p. 314, 408, 477; Mitt Inst. Rom. VIII, p. 293. Rolbenburg, Arch. Anzeig. VH, p. Il, et 19. Roltweil, Bonn. Jahrb. LXXI, p. 27 ; 0. Gruppe, dans Roscher, Lexilcon, s. v. col. 1192 avec la bibliogr. Santa Marinella, près de Civita Vecchia, Bull. 1838, p. 3, et 1840, p. 115. Sousse (singe parodiant Orphée), de Villefosse, Bull, ant. Afr. 1887, p. 380. Tanger, Bull. Soc. antiq. 1881, p. 97, et 1883, p. 319 sq. Utique? Ibid. p. 319 sq. Vienne (1860), Bev. arch. 1860, p. 128 (Sainte-Colombe, au Musée de Lyon), Artaud, p. 119 sq. et pl. lviu ; Ibid. (1899), Bull. arch. Comité , 1899, p. 103. Withington, Lysons, Il sq. pl. xix. Wintertou (Lincolnshire), Vet. Mon. 1747, II, pl. îx, 1, 2, 3; Morgan, p. 135. Woodchester, Lysons, II, pl. xxn, xxvi sq. el Account of rom. antiq. at W. 1797, pl. vu. Yverdon, Rocliat, Mitt. Zurich, XIV, 1861-63, p. 75. Yvonand-Cheires : de Bonstetten, Recueil, suppl. Il pl. xiv, et Millin, Galerie myth. pl. evit, 423. Cf. Knapp, Orpheus üarst. p. 29 sq.; 0. Gruppe, dans Roscher, Lexilcon, s. v. col. 1190 sq. ; S. Reinach, Bev. arch. 1903, II, p. 126 sq. — 6 Mos. de Sentinum, Bull. 1846, p. 1 01 ; Annali, 1 864, p. 384; R. Engelmann, Arch. Zeit. XXXV, 9 et pl. ni. — 7 Mos. de Carthage : Cagnat, Mém. antiq. de Fr. LVII, 1898, p. 251 sq. etpl. iv. Peul-êlre plutôt la Terre, ou Démêler et lacclios ; comp. avec le médaillon central de la mos. de Kourba déjà citée. — 8 A Carthage, Morgan, p. 250. A Sarmisagethusa, Arneth, Analeleten, pl. xvu et xvm a. Victoire et aurige à Trêves, Westd. Zeitsch. XIV, n“ 68, et XV, u® 59. — 9 Mos. de Bône (Hippone) : de Villefosse, Bull. arch. du Comité.

1901, p. 444 sq.pl. xxxm, et Gsell, L. c. p. 106, n® 28; mos. de Rome, Bull, munie. 111, p. 240; mos. de Sentinum, citée n. G. — 10 Liste de 23 mos. des Saisons donnée par de Villefosse : Gaz. arch. V, 1879, p. 148 sq. Ajouter les suivantes : Aumale, Doublet, Mus. d’Alger, pl. xv-xvi. Bône (l'Année et les Saisons), L. c. pl. xxxii', Carthage (Mois el Saisons), Cagnat, Mém. antiq. Fr. LVII, p. 253 sq. et pl. iv ; autre. Miss. cath. 1 883, p. 107 ; autres (maison de Scorpianus) inédites ; (Saisons et masques de théâtre), Gauckler, Bull. arch. du Comité, 1903, p. 415 ; deux autres inédites (1903), maisons près de l’Odéon. Chebba (S. et Neptune) (fig. 5253), Bull. arch. du Comité,

1902, p. 109 sq. el Illustr. 1902, L. c. Jahrbuch d. arch. Inst. 1903, p. 99. Cyzique, Musée de Constantinople (photo. Joubin). Morton-Farm (Wight), Morgan, p. 25 et pl. ccxxxiv. Naix (S. et Europe), voir p. 2118, n. 7, Nîmes (S. et aurige), Ménard, L. c. Orbe (S. el jours de la semaine). Bull. 1803, p. 193 sq. Autre (S., Ariadne et divers), Bull. 18 48, p. 52 et lith. Bonstetten. Oudna, Gauckler, L. c. p. 183 note. Pitney, Morgan, p. 98 sq. Poligny ; Bruand, Dissert, sur un monum. 1816, avec pl.; Artaud, p. 114. Rome : Bull. com. di Borna, XIII, p. 171 sq. Sainte-Colombe : deux mos. découv. en 1899, Bull. arch. du Comité, 1899, p. 103 sq. Autre en 1902, Bull, antiq. Fr. 1902, p. 155. Saint-Romain-en-Gal (Travaux de l'année), voir p. 21 17, n. 2. Thruxton, Morgan, p. 221. Timgad, Boeswilhvald, Cagnat, Ballu, Timgad, p. 260 sq, fig. 120. Trêves, mos. de Monnus, fig. 5252. — 11 Mos. d'Avenches, Annali, 1874. p. 267. Carlbage, Gauckler, C. r. Acad, inscr. 1899, p. 158. Franiplon (2), Lysons, L. c. I, pl. iv et vu. Morton, Morgan, p. 27 etpl. ccxxxiv. Poligny L. c. ; cf. à Rome ( Notlius ), Not. d. scavi, 1876, p. 73 ; Corp. inscr. lat. VI, 4, 29824, et (Boreas spirat). Ibid. 29 820. — 12 Mos. de Sainte-Colombe, de Villefosse, Bull. arch. Comité, 1894, p. 224 sq. el pl. xiv. — 13 Mos. de Bir Cliana, Musée Alaoui, p. 11, n” 10, pl. i ; Bramdeam, Morgan, p. 223 ; Orbe, Bull. 1863, p. 193 sq.; Vienne (2), Bull. 1868, p. 48 sq. et Cat. somm. Musées de Lyon, g. 207, n® 16 (ivresse de Baechus). Le globe céleste et les sept planèles (système hexagonal), à Sainte- Colombe : Arlaud, p. 81 et pl. xxu. — 14 Mos. de Cologne, citée p. 21)1, n. 5 ; de Rome, Annali, 1846, p. 132, et Monument i, pl. cixv. — li>Mos. de BirChana, citée; cf. aussi, mos. de Monnus à Trêves, et d'Avenches (fragment circulaire), Schmidt L. c. p. 58 sq. pl. xxv, 2.- lu Cf. la liste de Strzygowski : Die Calenderbilder der Chronogr. von Jalire 354, p. 44 sq. Système polygonal : à Trêves, mos. de Monnus ; à Carthage, Beulé, Fouilles à Carthage. Système circulaire : à Carlbage,

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tème octogonal permettent de grouper les neuf Muses (flg. 5252)

Ces ligures mythologiques ont perdu presque tout caractère religieux : ce ne sont plus guère que des motifs décoratifs. D'ailleurs, le public romain, pratique avant tout, s intéresse moins aux dieux qu’aux hommes, aux spéculations des philosophes et aux fictions des Poètes qu’aux scènes de la vie réelle. Il demande au mosaïste de lui peindre la nature telle qu’elle est, sans 1 arranger en tableaux d idylle, de se montrer exact, précis, savant. Il veut être instruit en même temps que charmé. Le goût de plus en plus vif que la société romaine manifeste pour l’érudition incite les artistes à emprunter les sujets de leurs tableaux aux sciences, à la géographie, à l’histoire naturelle, plutôt qu’à la littérature. Aux scènes dramatiques ou anecdotiques, succèdent sur le sol les catalogues figurés avec légendes explicatives, parfois bilingues, grecques et latines, et avec citations de textes à l'appui, telle, par exemple, la nomenclature des divers types de bateaux de plaisance ou de commerce du pavement des thermes de Medeina (lig. 5251) 2 ; ou bien des énumérations de cités " ou de provinces romaines 4, cartes de géographie représentant toute une ville ou même tout un pays vu à vol d'oiseau % comme la mosaïque de Palestrina ü, qui figure l’Égypte vue à vol d’oiseau, premier terme d’une série dont la mosaïque byzantine de la Terre Sainte, à Madaba7, est actuellement le plus récent échantillon connu; ou encore des collections de quadrupèdes 8, de poissons 9, d’oiseaux 10, de plantes “, de fruits 12 classés par espèces, qui semblent autant de planches détachées d’un atlas de botanique ou de zoologie. A l’époque augustéenne, le peintre en mosaïque s'efforcait d’exprimer les passions humaines : chacun de ses tableaux était un petit drame. Au me siècle de notre ère, le genre didactique a pris le pas sur tous les autres. Le mosaïste n’est plus un artiste : c’est un érudit.

2° Le tessellatum antoninien. — Les mosaïques en tessellatum de la période antoninienne sont innombrables et infiniment variées. On peut les classer en trois catégories suivant la nature des éléments qui composent leur décor : crustae , rinceaux, silhouettes monochromes.

I. — Les pavements imitant l’incrustation en opus sectile sont réservés aux portiques, aux couloirs, aux vestibules et aux communs. Les grandes lignes du dessin y correspondent aux sections des crustae qui sont censées recouvrir le sol. Par suite, le réseau est encore exclusivement géométrique. Il reproduit les motifs usités

a l’epoque augustéenne, mais en les compliquant D,n . un même pavement, le mosaïste varie les dimensions crustae du même type. Il mêle les types différents associant les formes rectilignes aux circulaires les polygones aux disques et aux ovales. Le coloris est moins s.mple : le rouge, le jaune, le brun et le verdâtre sont employés presque autant que le noir. L’étendue des sur faces réservées au fond blanc diminue.

D’autre part, lorsque, dans la décoration des parois la mode substitue aux placages de marbre les reliefs géométriques en stuc, le mosaïste est amené à simuler lui aussi sur le sol, au lieu d’un assemblage de crustae tout unies, des séries de caissons séparés par des cloisons saillantes à relief simulé, de telle sorLe que le pavement prend l’aspect d’un plafond retourné. De même, les bordures en mosaïque, qui touchent à la base des murailles et semblent répondre à leur couronnement, imitent par symétrie la bordure d’un toit en charpente, avec les extrémités des chevrons qui dépassent u, où bien une corniche en pierre, ornée de rais de cœur, d'oves et de denLicules u. D’une façon générale, les bandes et les filets d’encadrement se multiplient, s’élargissent et se diversifient. Les grecques s’enchevêtrent; les (lots se recroquevillent. L’entrelacs se substitue à la chaînette et à la torsade. Les tresses s’étalent; leur contexture se resserre. Les lignes droites s’infléchissent. Les arcs de cercle font place aux festons sinueux. Les angles s’arrondissent et les formes ondulent.

IL — Le décora rinceaux se rencontre surtout dans les maisons particulières. Il s’inspire souvent de ces treilles et de ces tonnelles qui égaient les murailles et recouvrent d’un toit de verdure les patios des habitations du Midi. Sur le fond blanc du sol, l’artiste applique l’assemblage symétrique de lattes et de cerceaux auxquels s’accroche le feuillage10. Parfois aussi, il supprime le support qui règle l’expansion des rameaux ; les ceps de vigne, les bouquets d’acanthe, les gerbes de roseaux et les tiges de blé développent alors librement sur le pavement tout l’imprévu de leurs thyrses, de leurs volutes eL de leurs rinceaux 10. Ou bien le mosaïste reproduit sur le sol les festons des guirlandes qu’à l’occasion des fêtes l’on suspend aux colonnades des portiques et aux plafonds des salles d’apparat17. Les artistes du second siècle excellent dans ce décor végétal, si frais, si vivant, si varié, tour à tour léger et délicat avec la vigne et l’olivier, somptueux avec les feuilles charnues de l’acanthe. Plus tard, les formes se raidissent et se disciplinent. Aux rinceaux capricieux de la vigne, succède le feuillage

Corp. inscr.lat. 12 588, et Cagnat. Mém . antiq. de Fr. LV1I, p. 253 sq. cl. pl. îv. La mos. découverte par Davis, à Carthage (système octogonal), ne peut pas représenter les mois comme on l’a supposé, puisqu'il n’y a que huit figures : Davis, Carthaqo and lier remains , p. 180 sq. et pl. ; Franks. p. 224 sq. ; Morgan, p. 250 sq. Fragments d’une mosaïque analogue à Calane (Janvier et Mars), Universal Art mventory , p. 8 ; à Rome (Mai), Not. d. scavi , 1870, p. 180; Bull. comm. 1870, p. 212; Corp. inscr. lut. VI, 4, 29 823; (Juin), Artaud, p. 27; Furietti, p. 45. — l Mos. de Trêves, voir p. 2118, n. 3; autres: mos. de Baccano, Bull. 1873, p. 130; Muses, à Mérida, Roscher, Leœikori , s.u.col. 3287. — 2 La Blanchère et Gauckler, Musée Alaoui, p. 32, n° 16G ; Gauckler, C. r. Acad, inscr 1898, p. 042 sq. Aulrcs scènes nautiques : à Rome, navire arrivant au port, Bull. comm. 1878, p. 270; Jahrb. Berlin , IV, 1889, p. 92 et 201, fig. 9; à Veii, embarquement d’un éléphant, Cagnat, L'ami des monum. XIV, 1900, p. 07 sq. et fig. ; Not. d. scavi, 1899, p. 158 ; G. Galli, Bull. com. 1900, p. 117 sq. fig. 1 ; à Sousse : débarquement de marchandises à la douane, La Blanchère et Gauckler, O. I. p. 10, no G et pl. i ; Gauckler, Tour du Monde , pl. c et fig. — 3 Mos. d’Halicarnasse : Bull. 1800, p. 106: Morgan, L. c. p. 259 sq.; cf. mos. de Catane (Alexandrie, ou l’Afrique?) : Bull. 1872, p. 97 sq. — 4 Mos. de Zeugma (Bircdschik) sur l’Euphrate, Jahrb. Berlin , 1900, p. 109 sq. ; cf. Arch. Zeit. XLIII, 1885. Arch. Anzeig. 1893, p. 101; Mise. Inv. du Mus. de Berlin , 7079. — 5 Fragm. inédit do Carthage, fouilles Gauckler, 1904. — G Citée p. 2103,

fig. 5243. — 7 Parmi les très nombreuses éludes concernant la mos. de Madaba, cf. surtout C. r. Acad, inscr. 1897, p. 140, 158; Bev. biblique , 1897, p. 105, sq., avec pl. hors texte; E. Stevenson, Di un ins. pavim. in mus. esprim. la : qcogr. dei luoghi sanli , Nuovo Bull, di arch. crisf. 1897, p. 45, sq. et pl.; Schullen. Die Mosaikkarte von Madaba, avec pl.; Clermont Ganncau, C. r. Acad, inscr. 1901, p. 553, sq.; Ph. Berger, Ibid., 1897, p. 21 1 , 457. — 8 Mos. africaines de Djemila, d’Oudna, d’EI Djem. — 9 Mos. africaines de Sousse, Carthage, etc. — 10 Mos. africaines de Carthage, Oudna, El Djem (1904), etc. — n Mos. africaines de Sousse, Carthage, El Djem (1904), etc. — 12 Mos. de l’arsenal à Sousse, Cf. sur toute cette série, Miintz, Etud. icon. p. 33 sq. — 13 Par exemple la bordure de la mos. des Cyclopes à Dougga, p. 21 18, n. 5. — 14 Bordure de la mos. nilotiqued'El Alia.p. 2104, n. 14. — Parexcmple dans la maison des Labcrii à Oudna : Gauckler, L. c. p. 200 et pl. xxii, et Musée Alaoui , pl. vi (portique d’atrium). — 16 Par exemple les mosaïques de ïoecus de la maison des Labcrii, à Oudna : Gauckler, L. c. pl. v; de Yoccus de la maison de 1 Arsenal, à Sousse : Gauckler et Gouvet, Musées de Sousse, pl. vi, I ; de Kourba, Musée Alaoui, pl. v ; de la maison de Sertius, Ballu, Guide : illustré de Timgad, fig. de la p. 61 ; et des thermes des fouilles de Filadclfi , 1903, à Timgad, cf. aussi à Oudna, la mosaïque du Millel : Gauckler, L. c. p. 183, note. — 17 Par exemple la mosaïque du triclinium de la maison voisine de l’Odéon, à Carthage (1903) et, à Luc-en-Diois, la mosai'quo signée 0* Amitcius Architcctus, l. c.

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régulier et symétrique du laurier ; le lierre affecte des contours géométriques; les découpures de l’acanthe s’aiguisent en dents de scie L Tout le décor végétal se stylise, et prend peu à peu l’aspect sec et guindé, la symétrie artificielle de l'ornementation byzantine.

III. — Au temps des premiers Anlonins, les pavements à silhouettes monochromes sont encore fréquents en Italie; ils apparaissent aussi quelquefois dans le sud de la Gaule. Partout ailleurs, ils sont très rares. Ils servent principalement à décorer les grandes salies des thermes, qu’ils remplissent de figures multiples, dirigées en tous sens: athlètes (fig. 5254) 2, auriges 3, monstres marins b On les rencontre souvent aussi dans les caveaux des mausolées 5. Mais la suppression du procédé de Y emblema entraîne la disparition de ce genre de peinture simplifiée. La mosaïque en monochrome n’avait d’autre raison d’être que de suppléer sur les grands pavements à 1 insuffisance de format des tableaux en vermiculatum. Du moment que ceux-ci peuvent remplir toute la place, la peinture rudimentaire qui en tenait lieu d’abord s’efface devant eux. Pour mieux dire, elle se transforme à leur contact. Elle leur emprunte l’art de modeler et de colorer les figures et conserve sa manière toute conventionnelle de les disposer, donnant ainsi naissance au genre hybride, signalé plus haut, où les figures représentées en trompel’œil, mais sans perspective ni profondeur, se dispersent en tous sens, sur un fond tout uni. A partir du m° siècle, l'usage de la mosaïque à figures monochromes est partout abandonné G.

3 0 Le musivum antoninien. — Pour la peinture murale en musivum , comme pour les pavemenls historiés en marbre, l'époque antoninienne est une période de transition. Mais il est difficile de rien préciser faute de documents. Presque tous ont péri ; cependant, l’on ne peut douter de leur existence. Les auteurs latins et les inscriptions du temps des Antonins et des Sévères mentionnent souvent des camerae, revêtues de mosaïques de verre 7. Et d’autre part, il arrive fréquemment qu’au cours de fouilles pratiquées dans les édifices dont les pavements ne comportent d’autre matière que le marbre, l’on recueille, dans les décombres de la surface, des smaltes diversement colorés qui ne peuvent provenir que de la décoration des voûtes. Toutefois le musivum restait encore à cette époque un revêtement de grand luxe. Les smaltes étaient à Rome matière rare et coûteuse. On n’en fabriquait guère en Italie. On les demandait aux industriels alexandrins qui fournissaient le monde entier.

1 Par ex. les bordures des nios. du trifolium de Tabarka : Musée Alaoui, pl. ni, nos 25, 20, 27. • — 2 Fig. 525 i. Mos. de Neilodoros, nom du pugiliste vainqueur au combat du cesle et non, comme on l a cru, celui du mosaïste. Trouvée à prato rolatore, près de Santa Scvera, Bull. 1800, p. 231; Engelmann, Jahresb. d. (ht. arch. Instit. VI. 1003, p. 34 sq. fig. 20. Autres mos. d'alhictes en chiaroscuro : à Home, Bull. corn. 1880, p. 49. Tusculum : Annali, 1863, p. 397 sq. ; Monument i , VI-VII. Oslio : Annali , 1857, p. 334 sq. : Arch. Zeit. XXV, 5*. — 3 Mos. de Rome : Le Blant, Mél. de Rome , 1886, p. 327 sq. et pl. ix. — '* A Rome : Ibid. p. 328; autre : Furietti, De mus., p. 51 sq.; Bellori, Pict. ant. Rome, I, pl. xvi sep xix; autre : Bull. 1834, p. 107; à Tarquinii : Bull. 1829, p. 197 sq. ; 1831, p. 4 à Luccra : A 'ot. d. scavi, 1899, p. 275; à Mcvania : Furietti, p. 56; Ciampini, 11,2, p. 4; à Ostie : Annali, 1857, p. 334. — 5 Tombeaux de la voie latine : Bull. 18"6, p. 199 sip plan, p. 193; delà via Asinaria ; Furietti, p. 56; Bartoli-Bellori, Vet. sepulcr. Rom. p. 41, pl. ux; de la villa Corsini : Furietti, p. 57; Bartoli-Bellori, p. 23 et pl. xiv. A Ostie, Annali, 1857, p. 293. — 0 La mos. monochrome citée par Müntz, Études iconogr. p. 13 sq. comme ayant appartenu à l'ancien pavement du mausolée de Sainte-Constance (époque constautinienne), n’est connue que par des inscriptions sujettes à caution. 11 s'agit sans doute d'un pavement en opus sectile. Cf. Dict. d’arch, et lit. chrét. p. 951, avec la bibliogr. — 7 Voir p. 2088 n. 7. — 8 Vopisc. Vit. Aurel. (Tcubner, 11, 167, 33). — 9E. Müntz, La mos. chrét. pend, les prem. siècles, 1, p. 35 ; Gauckler Bull, du Comité, 1903, p. 419 sq. ; Furietti, p. 50

Parmi les contributions en nature que I empereur Aurélien imposa à l’Égypte, le verre figure au premier

Fig. 5255-. — Mosaïque en monochrome de Santa Scvera (Pyrgos).

parfois déjà rehaussée d'or. L’on a retrouvé dans les débris des voûtes du Palatin et des Thermes de Caracalla 9, des cubes de verre transparents et incolores, dont la face supérieure conservait quelques parcelles du précieux métal, appliqué en couche très mince, presque translucide 10. La mosaïque en cubes de verre trouvait sa place dans tous les édifices qui comportent des parois courbes, mais surtout dans les thermes11, les septizonia l2, lesexèdres13 et les fontaines.

Le système de décoration des surfaces peu étendues, rapprochées du sol et destinées à être vues de près, telles quelesniches de fontaines et d’absides, ne différait guère du genre rococo , en vogue à Pompéi, à en juger du moins par les rares spécimens que Ton a retrouvés à Ostie u, dans la villa impériale ad Gallinas , près de Rome 1S, dans les thermes privés d’El Aerg, sur la côte du Sahel africain16, et dans les maisons voisines des Thermes d’Antonin à Carthage

Quant aux revêtements des surfaces architecturales, placées à une grande hauteur et très vastes, telles que les voûtes et les coupoles des palais impériaux et des thermes, ceux du baptistère de Sainte-Constance à Home18 permettent de s’en faire une idée approximative

(villa Hadriana). — '0 Cubes dorés, sur une mos. du me siècle à Médeiua : Gauckler, Bull. arch. du Comité, 1903, p. 419, c. A Utique ; de Villcfosse, Bull, antiq. de Fr. 1893, p.76; et Gauckler, L. c. — n A Cherchel, Rev. de l’Afr. I, p. 303; Gauckler, Musée de Cherchel, p. 64. A Tébessa, Bec. de Const. XXIV, p. 221. ARoyat, Bull. 1883, p. 186. — 12 A Lambèse, C. i. I. VIII, 2657. — 13. Spart. Pèse. Niger, 6, 8. Abside de l’oecus dans la maison de l’Arsenal, à Soussc ; Gauckler, Rev. arch. 1897,11, p. 15 sq. (fond blanc, en oubes de marbre ; dessins en smaltes mêlés de marbre). Autre mos. murale du même genre dans la maison voisine de l'Odéon à Carthage (Gauckler, lllustr. 1903, L. c.). — 14 Not. d. scavi, 1892, p. 112. — 13 Annali, 1864, p. 174 sq. pl. l, m 3; Benndorf et Schoene, Die ant. Bildw. des Lateran Mus. p. 384, u° 551 ; llelbig, Guide, I, p. 521, n» 698. — 16 L). Novak, Fouilles d’une villa rom. (Ass. hist. pour V Afr. du Nord), III, p/14. — 17 Gauckler, Bull. arch. du Comité, 1903, p. 414. — I» Cf. De Rossi, Musaici, fasc. XVIII ; voy. la bibliogr. dans Dict. d'arch. et lit. chrét. 1904, p. 940 sq. ; Pérâté, L’arch. chrét. p. 189sq.; Vilct, Journ. des savants, 1862, p. 717 sq.; Claussc, Basil, et mos. chrét. I, p. 110 sq. fig. p. 121; Labarte Hist. des arts ind. Il, p. 337 sq. ; E. Müntz, Notes sur les mos. chrét. d’ Italie, Rev. arch. 1875 , p. 225 sq. et 1878, pl. xi, p. 353 sq. ; V. Schullze, Arch. der altchr. Kunst, p.223 sq. ; H. Holtzinger, Die altchr. und bgz. Baulc, p. 57 sq. ; F. X. Kraus, Gesch. der christl. Kunst., 405 sq. A. Venturi, Stor. d. arte italiana, I, p. uo sq. fig. 90 à 101; L. Lefort, Deux mos. chrét. du iv» siècle, extr. de VEnseign. chrét. du 16 avril 1894, p. 9 sq.

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L’édifice est, il est vrai, postérieur de quelques années • à la période constantinienne, ayant été bâti par Constantin au début du iv° siècle, mais le style de la décoration est encore tout classique et l’inspiration presque entièrement païenne. Il se compose d’une rotonde à coupole, entourée d'une galerie circulaire, voûtée en berceau.

Le revêtement de la coupole est aujourd’hui détruit, mais il existait encore au xvic siècle, et, s’il faut en croire les dessins de Francesco d’Olanda ’ et les notes de Pompeo LJgonio 2 et d’O. Panvinio 3 qui l’ont étudié surplace, il comportait une vaste composition, remarquablement ordonnée. Suivant un ingénieux artifice d’école, très usité au temps des Ahtonins, le spectateur placé sous la coupole est censé naviguer sur un lac, que sillonne en tous sens, au premier plan, un peuple de génies Pêcheurs. Dans le lointain se développe en amphithéâtre la ligne circulaire du rivage, qu’annoncent des bordigues, des écueils, des îlots. Ce paysage est symétriquement divisé en douze berceaux par des touffes d'acanthe en éventail d’où surgissent des cariatides. Celles-ci supportent un second étage de rinceaux, qui ombragent d’abord de nouveaux cartouches plus petits, puis se ramifient en volutes de plus en plus étroites, et finissent par rejoindre le sommet de la coupole. Le revêtement de la voûte annulaire, trop souvent restauré, conserve cependant, dans ses grandes lignes, sa disposition primitive.

Il se divise en douze compartiments, l’un voûté en coupole, les onze autres en berceau. Ceux-ci sont décorés de compositions variées qui se répondent deux par deux : simples quadrillages où alternent croisettes et rosaces 4 ; semis de branches et de fleurs éparpillés sur le fond blanc, motif copié de quelque pavement conçu dans le style des asarota* , médaillons en forme de caissons, enfermant des fleurons, des brebis, des oiseaux, des masques juvéniles, des figures ailées d’Éros et de Psyché 6 ; enfin deux tableaux de vendanges7. Les ceps de vigne jaillissent de la corniche qui supporte la voûte, et transforment celle-ci en une vaste tonnelle oit voltigent divers oiseaux, becquetant les grappes que cueillent des enfants nus. Sur la corniche circulent de lourds chariots traînés par des bœufs. Ils portent la récolte au pressoir, où trois vignerons piétinent le raisin. Au milieu des tableaux apparaît d’une part le buste d’un jeune homme, peutêtre le césar Crispus, de l’autre celui d’une jeune femme, peut-être Constantine, fille de Constantin 8.

Les scènes de vendange du baptistère de Sainte- Constânce présentent d’étroits rapports avec nombre de pavements historiés de l’époque antouinienne, surtout ceux de Curubis (Kourba 9) et d Uthina (Oudna ,0) dans la Proconsulaire. D’autre part, les portraits qui ornent le sommet de la voûte ne constituent eux-mêmes en aucune façon une nouveauté. Sans doute, ils précèdent en date les médaillons chrétiens de Flavius Julius Julianus et de Maria Simplicia Rustica, exécutés à la fin du ivc siècle dans la catacombe de Cyriaque II, et les images de Théo-

1 Gravure de San Llartoli, d’après le dessin original conservé àTEscurial, Ciampini,

V et. mon. II, 1, pl. i, et De sacris aedificiis , p. 130 sq. pl. xxx sq.; Estampe de la bibliothèque nationale reproduite dans Claussc, L. c. p. 121 ; cf. aussi Garrucci, Storia del arte crist. pl. cciv sq. 2 Manuscrit de la bibl. de Ferrarc, publié par Müntz, Notes sur les mos. chrét. de V Italie , dans Rev. arch. 1878, H, p. 355 sq.

— 3 Notes manuscrites insérées dans le traité De praestantia basilic. S. Pétri > à la bibliothèque du Vatican; reproduites par Müntz, Rev. arch. 1875, p. 225 sq. ; cf. Clausse, L. c. p. 119. note 1. — 4 Venturi, L. c. fîg. 90, 91, 92. — î> Ibid. tig. 93,94; cf. motif presque identique de la cour centrale, dans la maison voisine de rOdéon à Carthage : Gauckler, llluslr. 1903, L. c. et autre analogue à El L)jcm

donc à Naples ,2, do Justinien, de Théodora et des ner sonnages de leur suite à Saint-Vital de Ravenne' Mais bien avant le règne de Constantin, le peintre en musivum exécutait des portraits en smaltes. Spon prétend avoir reconnu dans le fronton du Parthénon les figures en mosaïque d’Hadrien et de Sabine 13. Dans un pavillon de ses jardins, Commode avait fait représenter parmi ses lavons Pescennius Niger, portant les attributs du culte d'Isis u. Enfin dans le palais qu’ils édifièrent sur le mont Caelius, les deux Télricus se firent peindre en mosaïque d’émail, recevant de l’empereur Aurélien la robe prétexte et lui offrant le sceptre, la couronne et la chlamyde impériale '3. Le décor du baptistère de Sainte-Constance est donc encore tout traditionnel, comme l’étaient probablement aussi les tableaux en musivum qui, au dire de Saint-Augustin, représentaient sur l’esplanade du port de Carthage toutes sortes de personnages, de bêtes et de monstres16,

Tant que l’inspiration de la peinture murale en cubes d’émail reste romaine et païenne, celle-ci conserve un caractère réaliste et pittoresque. Elle s’adapte avec infiniment d’ingéniosité et de souplesse aux formes et aux divisions des édifices qu’elle décore, mais reste cependant essentiellement distincte de l’architecture. Les murs ne sont pour elle que le support de ses tableaux, et elle s’efforce plutôt d’en masquer la présence que de la faire ressortir. Au spectateur qui, placé au centre du tombeau de Sainte-Constance, lèveles yeux vers les voûtes, le mosaïste cherche à faire oublier l’écran opaque qui le sépare de la calote céleste. 11 étale autour de lui de vastes perspectives, l’abrite sous un berceau de feuillage, au travers duquel filtre la lumière du jour. Le fond blanc ou azur sur lequel se détachent les rameaux lui sert à figurer l’atmosphère qui la baigne. Sous la chape maçonnée, le mosaïste installe le décor de plein air.

III. Période chrétienne. — 1° Mosaïques de pavement en pierre. — A partir du ive siècle, la peinture en vermiculaturn ne se distingue plus de Vopus tessellatum , et les deux genres, désormais confondus, déclinent rapidement. Comme tous les arts à production lente, la mosaïque a besoin de paix et de sécurité. L’on ne s’avise guère d’entreprendre des œuvres de longue haleine, lorsque l’on vit au jour le jour. D’ailleurs l’apprentissage de la mosaïque nécessite plusieurs années d’un travail assidu. Or les troubles qui bouleversent l’Empire pendant la période des trente Tyrans ruinent les ateliers où les élèves s’initiaient lentement aux procédés du maître. En diverses provinces, il devient impossible de recruter des mosaïstes. En 260, l’un des principaux foyers de culture romaine en Celtique, Autun, est mis à sac par Tétricus. Peu d’années après le désastre, Constance, restaurant la cité, n’arrive plus à trouver sur place les ouvriers d’art nécessaires, qu’il lui faut faire venir de la Bretagne 17. Puis les invasions des barbares succèdent aux guerres civiles. La Germanie, la Gaule et l’Espagne,

(1904). — 6 Venturi, fig. 97 à 100. — 7 Ibid. fig. 95 et 90. — » rératé, L. c. p. 193. — 9 La Blanchcre et Gauekler, Musée Alaoui , p. 23, n° 103 et pl. '•

— 10 Gauekler, Mon. et Méin. Piot , 1897, p. 208, pl. xxi, et Mus. Alaoui, pl.

n° 103. — U Müntz, La nw^. chrét, pend, les prem. siècles, p. 70 sep; S. d’Agincourt, H. de l'Art, Peinture, pl. xiii, n°5 25, 32; de Rossi Musaici, l. c. pl.; Gerspach, La mosaïque, fig. p. 43; Pératé, L. c. p. 48, fig. 21. 12 Procop.

Pist. Goth., I, p. 24, Corp. script, hist. byz. Rome, 1833, 2e part. p. U*1 s<[. ; Muratori, 1 lcr. liai, script A, 1 , p. 203. — 10 Spon, cité par Artaud, p. 29. — '4 Spart. Pèse. Niger, 0, 8. — Treb, Poil. Trig. tyrann. 2a. 4.

— 10 August. Civ. Dei, 10, 8. — '7 Eu- mon. Paneg. V, 21.

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l’Italie elle-même sont successivement envahies. En 402, Honorius es! forcé de transférer le siège du gouvernement dans les marais de Ravenne, sous la protection de la Hotte d’Illyrie. En 410, Alaric prend Rome et la saccage. En 476, le nom même de l’Empire est aboli.

Désormais, malgré la protection des papes, la mosaïque romaine est condamnée à mort. Tout lui manque à la fois, la matière première et les modèles, les ateliers et les commandes. Les simples particuliers renoncent au luxe des pavements historiés. Pour revêtir de mosaïques le sol de ses appartements, il faut être riche, ou vouloir le paraître, Or les fortunes privées sont détruites, ou se cachent pour échapper au collecteur. Les ressources publiques se concentrent entre les mains du monarque et de l'Église. Aussi l'emploi delà mosaïque est-il presque exclusivementréservé aux palais impériaux etaux édifices religieux, basiliques, baptistères, couvents, chapelles funéraires, où la décoration prend un caractère officiel. Le mosaïste n’a plus le choix ni des sujets, ni de l’ordonnance de ses œuvres. Ce n’est qu’un manœuvre qui travaille à la tâche, une sorte de peintre en bâtiment, que l’on paie à tant le pied carré, parfois par souscription publique 1 . Il n’a plus le droit de signer ses tableaux : lorsque, sur un pavement, apparaît un nom propre, suivi de la formule ordinaire fecit ou tessellavit , ce n'est plus celui de l’artiste qui a conçu et exécuté le travail, mais celui du client qui en a fait les frais 2. La médiocrité des œuvres justifie amplement le dédain que l'on marque au mosaïste. Les pierres qu’il, emploie sont de plus en plus grossières. Les carrières de marbre s’épuisent ou sont abandonnées. Il devient impossible de transporter leurs produits à distance. La mer est infestée de pirates. Les routes sont peu sûres, et cessent d’être praticables, faute d’entretien. Le mosaïste ne dispose plus en chaque endroit que des ressources lapidaires locales. Il lui faut remplacer le marbre par les calcaires ferrugineux ou cuprifères, les grès carbonifères et l’ardoise. A la taille, ces matériaux de qualité inférieure se débitent en lamelles ou s’effritent. Aussi ne peut-on les couper qu’à angles droits, en dés de grandes dimensions, ce qui exclut le procédé du vermicu latum. Puis leur coloris est terne, la gamme des tons très limitée. La

■ Sur les pavements payés par cotisations des fidèles, cf. Miinlz, Etudes iconogr. : les pavements historiés du ive au xn* siècle, p. 7 sq.. — 2 En Italie : à Aquilée, Bartoli, Antich. d'Aquileja, Venise, 1879, p. 340 sq. Brescia : Marini, dans Veter. script, nova coll. de Maï, V, p. 120. Inziuo, près de Brescia : Bartoli, L. c. p. 343 sq. Grado : Marini, L. c. V, 126. Pesaro : Miinlz, L. c. p. 1 1 sq. avec la liililiogr. ; Bull. 1851, p. 203; 1852, p. 25, 37; 1876, p. 36 sq. Trieste : Müntz, L. c. p. 5, avec la bibliogr. Vérone : Maffei, Mus. Veronense , p. 208 et gravure. En Afrique : à Bordj-el- Youdi, Gauckler, Bull, arch. du Comité, 1898, p. 137 sq. et 335; de Villefossc, Bull, antiq. de Fr. 1898. p. 207 et pl. Carthage : Gauckler, l. c., 1897, p. 447, n° 274. Djcmila : C. i. I. VIII, 8344-48; Ravoisié, Explor. de l'Alg., 1, pl. eu et i.in; Dclamare, pl. civ, 3; Müntz, L. c. p. 10 ; Gsell, Mon. de l'Alg. Il, p. 190. Hammam-I.if (synagogue) : C. i. I. VIII, 12457, avec la bibliogr. lleucbir Guesseria : C. i. I. VIII, 2335; Guyon, Voyage d'Alger au Ziban, p. 128 ; Gsell, L. c. p. 204. Kherbct Guidra : Gsell, L. c. p. 207. Sériana : Gsell, L. c. p. 255; Bec. de Const. XXX, p. 99, pl. vu. Sélif : C. i. I. VIII, 8629; Bec. de Const. XVI, p. 278; autre, Poinssot, Bec. de Const. XXII, p. 207. Thala : Gauckler, Bull, du Comité, 1901, p. 142, n° 71. Tigzirt : Gsell, L. c. p. 300. — 3 Sur l'entrelacs dans la mosaïque antique en général, cf. Müntz, Études icon. p. 146 sq. En Angleterre : Morgan, Boni. brit. pavem. p.OOsq. et pl. Exemples de pavements décoratifs chrétiens (pl. en couleurs) en Algérie, dans Ballu, Monastère byzantin de Tébessa. pl. vi, vu, vin (Tébcssa); Brochai, Bull, du Comité, 1888, pl. xm (Serlei) ; Dclamare, Explor. pl. cli-clii (Conslanline) ; Gsell, Bech. arch. en Algérie, pl. v (Sainte Salsa, à Tipasa); Bavoisié, Explor. I, pl. i.ii—i.i n (Djemila) ; II, pl. xxxiv (Guelma). En Tunisie, cf. la riche série de types, encore inédite, rassemblée au Musée du Bardo, et la maquette coloriée de la basilique byzantine de Dermcch, Ibid. Gauckler, Marche du service en 1899, p. G sq. ; Ibid. 1900, p. 19 ; cf. aussi, à Trêves : Wilmowsky, Hbm. Mos. uus Trier

brique, les roches minéralisées que 1 on roussil eu les soumettant à une haute température, suppléent a 1 insuffisance des rouges. Mais pour les bleus, les verts, les jaunes vifs, il faut bien recourir aux smaltes et 1 on ne peut toujours s’en procurer, ni les payer.

Les tons de la verdure manquant à la palette, le décor végétal disparaît, à moins que le mosaïste n attribue aux plantes et aux rameaux des teintes automnales, rousses, brunes ou jaunâtres. A l’infinie variété des formes naturelles se substitue l’insignifiance monotone des entrelacs3, Ceux-ci se ramènent à un très petit nombre de types, imitant les motifs qui décorent les tissus brodés ou les tapis de sparterie: la tresse, la natte, la torsade, le feston ; elle mosaïste n’a d’autre moyen d’en varier 1 uniformité, que de multiplier les lignes du réseau à la façon des arabesques, de manière à former un décor si compliqué que l’œil s’y perd. Le répertoire des sujets figurés se restreint dans les mêmes proportions. La ruine des cites entraîne la destruction des œuvres d’art et la perte des cahiers de modèles conservés dans les ateliers. Les chefsd’œuvre du passé tombent dans l’oubli. 11 n’y a plus d’artistes qui soient capables d’en créer de nouveaux. L’ignorance limite étroitement le nombre des compositions d’école.

Le fanatisme le réduit plus encore. Le christianisme triomphant proscrit, avec le culte des idoles, touLe l’imagerie païenne. L’anthropomorphisme mythologique est expulsé du domaine de l’art. De toutes les figures de la fable, les seules que l’on tolère encore sont celles dont le symbolisme s’accommode aux croyances nouvelles. Orphée, le chantre divin qui charme les bêtes fauves, est considéré comme un précurseur des prophètes, et son image tend peu à peu à se confondre avec celle du bon Pasteur4. La légende de Psyché symbolise les souffrances et les épreuves de l’âme qui valent au fidèle le bonheur éternel5. Le labyrinthe est l’image des séductions du monde G, et Thésée terrassant le Minotaure correspond à David combattant Goliath \ L’orlhodoxie chrétienne admet également les figures qui personnifient les forces, les révolutions, la fécondité de la nature 8 : les Saisons IJ, les Mois 10, l’Année ", le Soleil et la Lune 12, où l’on peut voir des symboles de la résurrection promise, de la vie

und Umgegend, 9 pl. en couleurs. A Cologne et divers, Aus’ni Weerth, Der. Mosaikboden in St-Géréon, passim (Cologne). — 4 Mos. chrétiennes d’Orphée à Chercher? Constanline? Jérusalem, citées p. 21 19, n. 5) ; cf. pour le type, Péralé, L' Arch. chrét. p. 65 sq.; V. Schultze, Arch. der altchr. Kunst, p. 178 sq. ; Kraus. Gesch. d. altchr. Kunst, p. 214, sq. ; A. Heussner, Die altchr. Orpheusdarst. Cassel, 1893. — 5 Mos. des voûtes annulaires de Sainte-Constance : Vculuri, L. c. fig. 97 à 100 ; Kraus, Ibid. p. 213 sq., 406, fig. 321. Pour le type, cf. Péralé, L. c. p. G4 sq. ; V. Schultze, Ibid. p. 179 sq. et 368. — G Inscription métrique en mosaïque de l’église Saint-Savin, de Plaisance : Ciampi, Dell’ istoria eccl. di Piacenza, Plaisance, 1031, p. 241 ; cf. inscr. métrique analogue à l.ucques, citée par Enlart, Mau. d’arch. franc, p. 722. Autres labyrinthes dans des basiliques : en Italie, à San Vitale de Ravenne, Santa Maria in Traslevere et Sanla-Maria in Aquiro de Iîome. Brindisi, Müntz, D. c. et Doublet, C. r. Acad, inscr. 1892, p. 322 sq. En France, à Amiens, Arras, Bayeux, Chartres, Saint-Quentin, Saint Orner, Sens : Enlart, O. I. p. 719 sq. En Afrique, à Orléansville (mosaïque avec l’inscription : Sancta ecclesia ), Corp. inscr. lat. VIII, 9710. — 7 Mos. de Pavie : Ciampini, V et. mon. Rome, 1747, I, pl. xxxi, I et 2, p. 82 et dessin plus complet cité par Müntz, L. c. p. 15, noie I (avec les signes du zodiaque, et les travaux ou plaisirs de chaque mois); cf. aussi mos. du dôme de Crémone : Müntz, L. c. p. 17 sq. et fig. — 8 Miinlz. L. c. p. 26 sq. ; Pératé, L. c. p. 60 sq. ; Schultze, L. c. p. 374 sq. ; Kraus, I. c. p. 203 sq. ; Aus’m Wcerlh, Der Mosaikboden in St-Géréon zu Coin, passim. — 9 Mos. de Kabr-Hiram, Olranlc, Reggio, Reims. — >0 Sur le type, cf. Strz.vgowski, Die Calenderbilder des Chronogr. von Jahre 3ù4, p. 44 sq. Mos. d'Aoste, Aus’m Wcerlh, L. c. pl. ix ; cf. mos. analogues à Kabr-Hiram, Olranle, Saiilt-Michel Majeur de Pavie, Saint-Savin de Plaisance, Reims, Saint-Berlin, Saint-Omer, Saint- Géréon de Cologne, Tournus. Zodiaque en opus sectile à San Minialo et au baptistère de Florence ; cf. Auson. Eclogar. — U Mos. d’Aoste. Ibid. — 12 Mos. d'Aoste, Ibid.

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sortant de la mort comme le printemps succède à l’hiver, le jour à la nuit; les quatre Éléments *, les quatres Points cardinaux 2, les quatre Vents 3, l'Océan 4, les quatre Fleuves assimilés à ceux du Paradis 5; toute la troupe des génies bachiques et des amours, prototypes des anges, et tous les monstres, proches parents des bêtes de l’Apocalypse, dauphins, hippocampes, griffons, centaures, sirènes, dragons et gorgones 6 qui ne sont plus que de simples ornements [simplex ornarnentum '), dont la signification est oubliée. Mais l’Église interdit avec la dernière rigueur toute image qui de près ou de loin rappelle 1 idolâtrie [ad idolatriae titulum pertinentes 8).

Pour combler le gouffre qu’elle creuse ainsi dans son î épertoire de sujets, elle ne trouve à offrir au mosaïste que quelques légendes bibliques empruntées au symbolisme primitif des catacombes et qui disparaissent de bonne heure . Daniel dans la fosse aux lions 9, Jonas et le monstre marin 1 0 , le sacrifice d’Abraham “, les trois Hébreux dans la fournaise 12, puis une monotone série de figures symboliques, personnages, animaux et attributs divers, figés dans un petit nombre de types immuables *.3 : le pêcheur et le poisson, le navire et I ancre, le Bon Pasteur et l’agneau, le lion, le coq, le paon, le phénix, le dragon, le lièvre, le palmier et les palmes, la couronne, la vigne et le raisin, la grenade, le 1ns elle rosier fleuri, le flambeau et le trépied, le calice, qui apparaissent indistinctement dans tous les genres de sanctuaires, et d une banalité telle que l’on n’éprouve aucun scrupule à les piétiner. Par contre, certaines images d un symbolisme plus précis et d'un caractère religieux plus accusé reçoivent une affectation plus spéciale. Le cerf et labiche buvant aux quatres fleuves, la colombe du Sai nt- Esprit sont généralement réservés à la décoration des baptistères u. L’orant et Forante apparaissent sur les mosaïques tumulaires 15. Toutes les variétés du chrisme

et de la croix figurentaussi surlesrevêtemehts desol m,; seulement dans les régions des basiliques où ne pénètre que le prêtre, près de l’autel; ou bien dans les endroits ou 1 on ne marche que pieds nus, par exemple dans les cuves baptismales iG, et plutôt encore sur les tombeaux que le respect des morts interdit de fouler aux pieds n Par contre, défense expresse est faite au mosaïste dé représenter sur le sol le Christ ou la Vierge, les saints ou les apôtres et tout le personnel du nouvel anthrono morphisme 18 ; ce serait profaner les images divines.

Ainsi, l’orthodoxie chrétienne retire au mosaïste ses anciens modèles et lui interdit d’en créer de nouveaux • arrachant à la tradition païenne, elle l’empêche en' même temps de se christianiser. Le triomphe de la foi catholique porte un coup fatal à la mosaïque de pavement, en 1 arrêtant brusquement dans une évolution qu’il a lui-même provoquée.

L artiste dispose sans doute encore du vaste répertoire de modèles que lui offrent la nature et la vie. Il arrive parfois à remplir toute une basilique, comme celle de Kabr-Hiram l9, de motifs extrêmement variés, qui ne comportent que des rinceaux et des plantes, des figures animales, et quelques bustes symboliques, sans aucun caractère sacré. Ce décor trouve surtout sa place dans les monuments profanes. L’on rencontre encore, ça et là, surtout en Afrique où les traditions classiques se conservent plus longtemps, les motifs habituels de 1 époque païenne : dans des thermes publics, quelques scènes empruntées aux combats du cirque et aux courses de l’hippodrome; dans les habitations privées, des paysages, des banquets, des chasses, des pêches20 ; sur les caissons des tombeaux 21, des portraits funéraires'". Dans un batiment annexe de la basilique de 1 Oued ftamel en lunisie, l’un des pavements représente un chantier de construction, peut-être celui du monu-

1 Mos- d'Hildesheim. — 2 Mos. de Sainl-Remy de Reims. — 3 Mos. de Kabr-Hiram ; de Die. — 4 Mos. de Reims. — 5 Mos. de Die, Artaud, p. 87 et pl. xxxiii et G. Vallier, la mos. du Paradis terrestre à Die, Hall. Soc , d arch. et de stat. de la Drôme , XI, 1S76, p. 57 sq. et pi. ; Béni Hassen (en Tunisie). C. ï. /. VIII, H 134. Baptistères: de Bir Ftoulia à Carthage : Cosmos, 1888, p. 463; 1892, p. 461; Gauckler, Marche du service eu 1891, p. 7; de l'Oued Ramcl en Tunisie : Gauckler, C. r . Acad. 1901, p. 604, et Bull, du Comité, p. 211. — 6 Liste donnée par Müntz, L. c. p. 36 sq. ; cf. aussi Müntz, Jlev. des Deux Mondes , juillet 1882, p. 176 sq.; Kraus, L. c., p. 212, sq. ; Pératé, p. 54 sq. ; Schultze, p. 320 sq. ' Kraus, L. c. p. 213. — 8 Ibid. — 9 Caveau funéraire de Blossius Honoratus à Bordj cl ^oudi, Gauckler, — 10 Mos. de la basilique de Bordj el Youdi ; Gauckler, Marche du service en 1901 , p. 16 sq. et Bull, du Comité , 1901, p. 223. Mos. de Casale : Aus’m Weerth, L. c. — H Mos. de : Tigzirt, Gsell, Mon. ant. Alg. II, p. 300; Novarc; Saiut-Remi de Reims. — 12Mos.de Carthage : Delattre, C. r. Hipp. 1893, p. 39. Autres sujets bibliques à Ivica (îles Baléares), de Laurière, Bull, monum. 1892, p. 141 sq. et pi. cl. La liste donnée par Müntz, L. c. p. 50 sq. comprend surtout des mos. des xi-xne siècles. — 13 Mos. beaucoup trop nombreuses pour qu’on puisse les énumérer ici. Pour les types, cf. Kraus, L. c. p. 91 à 133. — 14 Sicut cervus désirât ad fontes aquarum , ita désirât anima ad te, Domine , mos. du baptistère de Salone, Annali, 1850, p. 139; Lanza, Monum. Salonitani inediti , 1856, p 18 sq. pl. u ; cf. mos. de Bir Ftouha, à Carthage, el de l’Oued Ramcl, citées plus liant. — 15 Par exemple mos. africaines de Carthage, Kherbet Guidra, Lemla, Sfax, Tabarka, Tebessa; cf. La Blanchère, Tombes en 7nos. de Thabraca ; La Blanchère el Gauckler, Musée Alaoui, p. 14 sq. A, nos 29 à 86, et pl. îv (Carthage, Lemla) ; Brochin, Bull. arch. Comité , 1888, p. 428, 434, pl. xui (Scrtei) ; Ilannezo el Féméliaux, Ibid. 1900, p. 150 sq. (Sfax); Gauckler, Ibid. 1901, p. 139 sq. (Tabarka); Ballu, Mon. byz Tebessa, pl. v; Corp. inscr. lat. VIII, passim. — 16 par exemple à Hammam Lif, à Hcnchir Hakaïma, à Sfax : Gauckler, C. r. Acad, inscr. 1901, p. 604. — 17 Voir l'énumération de la note 15; autres mos. tumulaires à Malifou, Orléansville, Sétif, Ténès, Tipasa en Algérie, et Bou Ficha, Henchir ben Hassen, Sousse, Utique en Tunisie. — 18 Digest. I, titre VIII; Müntz, L. c. p. 47. Par exception, sur une mos. tumulaire de Tabarka apparaît un personnage nimbé, peut-être le Christ, ou saint Étienne? Cf. La Blanchère et Gauckler, Musée Alaoui, p. 18, n° 56, pl. iv. Par contre, la mosaïque découverte près de Damous el Karita à Carthage, tableau tout païen de caractère, où le P. Delattre avait cru reconnaître l’image de sainte Perpétue, représente en réalité Vénus vietrix. Celle fausse attribution a cependant été maintenue par

Kraus, Gesch. der. christl.* hunst, p. 424, ti g. 328 sous la rubrique erronée de : « Mosaïque de Cherchel », et par II. Lcclerq dans le Dictionn. d' Arch. chrét. et de liturgie, art. « Actes des Martyrs », p. 437 sq., fig. 84. Cf. C.-A. Lavigerie, De l'utilité d’une mission permanente à Carthage, p. 52, pl. v; P. Allard, Notes d'archéologie, Lettres chrétiennes, 1881, p. 291, 29. Pératé, L'arch. chrét., p. 233, fig. 159; Ficker, Theolog. Litteratur Zeitung, 1894, p. 164, qui prétend reconnaître dans cette mosaïque la représentation d’un hermaphrodite. Cf. : Gauckler, Musée de Cherchel, p. 64, n. 5 ; H. Thédenat, Bull, critique , 15 juillet 1881. Toutes les reproductions de cette mosaïque publiées jusqu’ici sont inexactes.

— 19 Renan, Mission de Phénicie, p. 607 sq. et pl. xux ; C. r. Acad, inscr. 1862, p. 153, 157 sq. ; J. Durand, Annales arch. XXXIII, p. 278; XXIV, p. 5, 205, 209, 286, 288 ; Müntz, L. c. p. 44 sq. ; Cac. somm. des marbres du Louvre, nos 2230, 2236. La mos. de Kabr Iliram date de la fin du iv° siècle (389 d’après l’ère des Séleucides), ainsi que l’a bien vu M. Bayet. Ilech. pour l'hist. de la peint, et sculpt. en Orient , p. 79 sq. et non de 575 (d’après l’èrc de Sidon) comme le croyait Renan. Elle est tout antique, et non byzantine de tradition et de style. Voy. E. Michon, L’inscr. en mos. de la basil. de Medeba, et la mos. de Kabr Hiram, comparez aux pavements des basiliques africaines du iv« siècle à : Djcmila, Ravoisié, Explor. 1, p. 63 sq. pl. i.i-m ; Delamare, Explor. pl. civ, fig. 3, et Gsell, L. c. Il, p. 194 sq. avec la bibliogr. Kherbet Guidra (Scrtei), Gsell, Mélanges de Bossi , 1892, p. 345-358 et fig. 1 sq. Orléansville, Prévost, Bev. arch. IV, p. 659 sq, et plan; V, p. 372 sq. ; VIII, p. 566 sq. ; Gsell, L. c. p. 236 sq. Malifou (Busguniae), Chardon, Bull, du Comité, 1900, p. 129 sq. et pl. v; Gsell, L. c. Il, p. 222 sq. : Sidi-Ferruch, Berbruggcr, Bev. afr. V, 1861, p. 355 sq.; Gsell, L. c. p- 258 sq.

— 20 Villa de Sidonius (iv® siècle) dans le fundus Bassianus, à Ferryville sur le golfe de Bizerlc (chevaux, paysages, pèche), Gauckler, Marche du service, 1902, p. 14 sq. ; Bull, du Comité , 1902, p. 172; Viollier, Ibid. p. 470 sq. A Carthage (banquet) : Gauckler, C. r. Acad. Inscr. 1898, p. 643; Tour du Monde, 1896, p. 332 et fig. ; Musée Alaoui, p. 31, n° 162. — 21 par exemple à Carthage (chasse et jeux du cirque), Rousseau, Bev. arch. VII, 1850, p. 260 sq. et pl. cxi.m; cl. Gauckler, Bull. Antiq . de Fr. 1903, p. 154, et Mém. Soc. Antiq. 1904, avec la bibliogr.; à Gafsa (Hippodrome), La Blanchère et Gauckler, Musée Alaoui , p. 12, n° 19 elpl. ii. — 22 H y a toujours dans la représentation de Forante ou de I orant sur les mos. tumulaires (liste donnée plus haut) une intention iconique et une ccitainc recherche de la ressemblance. Cf. D. Cabrol, Dtct. d arch. chrét. 1903, III, Afrique , p. 718; cf. aussi pour les portraits funéraires, surtout dans les catacombes, Pératé, L. c. p. 47 sq.: Müntz, L. c. p. 70 sq. et les manuels déjà cites.

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ment lui-même avec les maçons, les tailleurs de pierre et les charpentiers au travail Mais l’imitation directe de la nature exige de l’artiste un talent et une habileté dont il a cessé d’être capable. Le mosaïste n’a plus aucune notion ni de la perspective ni de l’anatomie artistiques. Il ne sait plus ni dessiner, ni peindre. Aussi s’efforce-t-il de suppléer par l’épigraphie à la faiblesse de ses productions. Il accompagne ses compositions pittoresques de légendes explicatives, dont elles n’ont d’ailleurs que trop besoin 2. De pompeux panégyriques en quasivers 3 exaltent la magnificence des édifices dont ils ornent le pavement. Les portraits funéraires sont accompagnés d’épitaphes relatant le nom, l’àge, la profession du défunt 4. Peu à peu l’inscription se développe en un poème amphigourique qui vante les vertus et les mérites du mort : elle envahit tout le champ du tableau, et finit par éliminer entièrement le sujet figuré 5.

Ainsi dévoyée, stérilisée, paralysée, la mosaïque de pavement perd toute raison d’être. Elle disparaît. Mais son agonie est lente et se prolonge jusqu’en plein moyen âge 6. Dans les basiliques du vmc et du ixc siècle, on rencontre souvent encore des pavements historiés à demi païens qui, malgré leur aspect barbare, conservent très visible l’empreinte romaine et classique.

2 0 Mosaïque murale en émail. — Tandis que les pavements de marbre tombent ainsi en une irrémédiable décadence, la peinture murale en mosaïque d’émail atteint son apogée. De la place secondaire qu’elle occupait dans la décoration architecturale, elle s’avance au premier rang, et devient l’art officiel par excellence 7. Le musivarius , passant à la solde de l’État, seconde l’action des pouvoirs publics, et les aide à consacrer le nouvel ordre de choses qui résulte du triomphe de l’Église et de l'avènement de la monarchie absolue. Il contribue, pour sa part, à rehausser le prestige du souverain, en augmentant l’éclat des somptueux édifices qui s’élèvent de tous côtés à la gloire de Dieu et de l’Empire 8 ; et c’est à lui aussi que s’adresse l’Église pour arrivera créer de toutes pièces, d’une façon définitive et immuable, le vaste cycle de figures et de tableaux mystiques qui doit à l’avenir servir de fond commun à tous les artistes chrétiens9. La mosaïque murale s’empare ainsi du rôle et des sujets réservés à la grande peinture. Cette faveur inouïe, elle la doit surtout à la création de l’empire d’Orient. Celui-ci introduit la pompe asiatique dans les provinces grecques et jusqu’en Italie. Répandant partout le goût du faste et de la magnificence, il amène à préférer au coloris clair et discret de la fresque, la splendeur

1 Gaucklcr, C. r. Acad, inscr. 1898, p. 613. — 2 Par ex. à Aïn-Témouchent, prés de Sélif, deux distiques tracés sous une tôle d’Océan : C. inscr. lat. 8509 ; Gscll, lier, de Const. XVII, 'p. 245 sq. et pi. cl Mon. de l'Alg. Il, p. 101, n° 1 ; à Fcrryville, inscription de six hexamètres acrostiches, accompagnant un paysage maritime : Gaucklcr, Marche du service en 1902 , p. 15. — 3 Dans les bains : par ex. à Klicrba ( Tigava ), C. i. I. VIII, 10 940, et Gsell, L. c. II, p. 216 sq. Dans les basiliques : à Matifou, L. c. p. 2124, n. 19 ; Orléansvillc, Ibid, et C. i. I. 9708 à 9712; Sidi-Ferruch, C. i. I. VIII, 9271 : Tipasa (baptistère), Gsell, L. c. p. 321 (basilique de Saiulc-Salsa), Ibid. p. 327 sq. et Iiech. arch. en Algérie , p. 23 sq. (chapelle d'Alexandre); Saint-Gérand, Bull, du Comité, 1892, p. 406 sq. et pl. xxxii-xxxui; Gsell, Ibid. p. 333 sq. avec la bibliogr. Près de Fériana, inscription absidalc inédite. — 4 Cf. la riche série de mosaïques tumulaires de Tabarka Carthage, Lemta, Kherbet Guidra ( Sertei ), Tébessa, citées p. 2124, n. 17 notamment celle de Félix navicularius ab oriis Semis ; La Blauchère et Gauckler Musée A laoui, p. 19, n" 66 et pl . iv. — 5 Par ex. à Tipasa, les épitaphes en quasi versus de l’évèque Alexandre cl de plusieurs fidèles enterrés dans la même chapelle : Bull, du Comité, 1892, p. 471 sq., 479 sq. — 6 Cf. Münlz, Ét. iconogr. 1, Les pavements historiés du ivc au xu' siècle, p. 1-63 ; Aus'm Weerth, lier Mosaikboden in Saint- Gei'eon su Coin, nebst den damit verivandten Mosaikboden

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et l’éclat des surfaces incrustées d’émail l0. D autre part, a l’exemple des basiliques et des monastères de Syrie et d’Asie mineure, l’architecture religieuse se transforme “. Partout les courbes se substituent aux droites, les arcades aux plates-bandes. Les voûtes et les coupoles remplacent les toitures en charpente, étendant ainsi dans d’énormes proportions l’espace réservé à la peinture en mosaïque, et lui offrant un champ d’action incomparable dans le développement harmonieux et la succession ininterrompue de leurs surfaces unies, parfaitement symétriques 12.

La paix qui règne en Orient et qui assure la prospérité des provinces grecques et asiatiques, y favorise le développement des industries d’art. Constantin attire les mo- saïstes dans sa nouvelle capitale par divers privilèges, notamment l’exemption des charges publiques 13 . Ils y trouvent en abondance la matière première et les modèles. Appelés par l’empereur, les verriers d’Alexandrie ont transporté à Constantinople leurs ateliers et leurs secrets et y forment des élèves. Ceux-ci, dépassant vite en habileté leurs maîtres, inventent de nouveaux procédés. Les fabriques byzantines sont bientôt universellement renommées pour l’excellence de leurs produits. Elles fournissent au mosaïste les pâtes les plus variées et les plus fines : opaques, translucides, transparentes, argentées et dorées, et toute la gamme des couleurs, sans doute insuffisamment nuancées encore, mais riches, franches, intenses11.

L’art lui-même se régénère à Constantinople sous l’influence des chefs-d’œuvre que l’empereur y accumule, dépouillant de leurs trésors les plus luxueuses cités de l’Europe et de l’Asie 15. La capitale tout entière devient un incomparable musée où se rencontrent deux civilisations opposées, jusque-là étrangères l’une à l’autre, deux traditions d’art essentiellement distinctes : l’Orient fastueux, hiérarchique et mystique, attachant plus de prix à la richesse de la matière ouvrée qu’à la beauté des formes, stylisant tout décor, épris du fantastique et du bizarre, vivant dans la fiction et dans le rêve ; et l’Occident gréco-romain, rationaliste et réaliste, admirateur passionné delà nature vivante dont il s’efforce de reproduire avec exactitude la souplesse infinie et l’harmonieuse beauté 1C. Au contact de l’art oriental, la mosaïque romaine se transforme lentement, allant du naturalisme pittoresque qui caractérise l’antiquité classique, au symbolisme hiératique purement byzantin. Nombreuses sont les œuvres qui marquent les étapes de cette évolution. Celle-ci se prolonge du règne de Constantin à celui de Justinien : brusque et rapide dans la

Italien. — 7 Münlz, Une ind. d'art à ressusciter, ravis, 1898, p. 7 sq. ; La peint, en mosaïque, Rev. des Deux Mondes, juillet 1882, p. 173 sq. — 8 Ciampini, De sacris aedif. a Constantino magno constructis, 1693, passim; Bayet, Iiech. pour servir à l'hist. de la peint, en Orient, 1879, p. 44 sq. et 76 sq. ; Id. L'art bgs. p. 30; Pévalé, L’arch. chrét. p. 169 sq.; Gerspach, La mosaïque, p. 33 sq. — lJ Bayet, L. c. p. 47 sq. — 10 Müntz, L. I. ; Diehl, Justinien et la civil, bgs. au vi“ siècle, p. 657 ; Ravenne, p. 41-42; Bayet, L'Art bgs. p. 37. — il Choisy, L’Art de bâtir ches les Bgzantins, p. 151 sq. ; Mobilier, Hist. gén. des arts appl. à l'industrie : les ivoires, p. 14 sq. ; Slrz.ygowski, Orient oder Rom. p. 150 sq. ; de Vogue, Archit. civile et relig. de la Syrie centrale du iv* au vu* siècle, avant-propos, et Les Eglises de Terre Sainte, — ,2 Choisy, L. c. ; Pératé, L. c. p. 181 sq. — 13 Cod. Theod, XIII, til. IV, 2; Bayet, Ibid. p. 46. — H Müntz, La mos. chrét., p. 24 sq. Jusqu'au vne siècle les émaux blancs sont très rares, et pour celte couleur, le mosaïste est souvent encore obligé de recourir au marbre comme le faisaient les Romains, par exemple à Saint-Vital de Ravenne : Münlz, L. c, p. 33. Pour les cubes dorés ou argentés, cf. Münlz, L. c. p. 34 sq. — 10 Allard, L'art païen sous les empereurs chrétiens, 1879, p. 173 sq.; Bayet, L’art bys. p. 22 sq. — 10 Cf. Strzygowski, Orient oder Rom-, Diehl, Justinien et la civil, bys. au VI- s. p. 657 sq. ; Choisy, Hist. de l'archit. 11, p. 82; Bayet, L’art bys, p. 102 sq,

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nouvelle capitale et dans les pays grecs, tout asiatisés ; plus hésitante à Rome 1 qui renonce avec peine aux traditions classiques; sagement progressive à Ravenne, qui est placée à mi-distance des deux centres rivaux, et où leurs influences opposées s’équilibrent et se fondent en un ensemble homogène 2.

Tandis que les mosaïques murales du temps de Constantin, comme celles du mausolée de Sainte-Constance

sont d’une pittoresque richesse et d’une variété pro gieuse, mais d’un caractère si mal défini qu’on a contester leur origine chrétienne, dès la fin du ir une iconographie, nouvelle apparaît. Aux naïves figllre! du symbolisme chrétien primitif 3, plus humaines que divines, succèdent des types mystiques nettement déterminés, des portraits hiératiques conformes aux enseignements de l’Écriture et aux descriptions de l’Apo

calypse, et qui fondent définitivement la tradition chrétienne. La gracieuse image du Bon Pasteur adolescent cède la place à la figure barbue, noble et majestueuse du Christ triomphant 4. Autour du Seigneur, la Vierge, les prophètes, les apôtres, les saints revêtent des traits distincts et individuels 5. L'art symbolique se fixe sous la discipline chaque jour plus étroite de l’Église. Mais les motifs antiques reparaissent encore çà et la. Les guirlandes de fleurs et de fruits, les rinceaux de feuillages où voltigent des oiseaux couvrent les murs de bien des

1 Barbet de Jouy, Les mos. chrêt. des basil. et des églises de Rome, i S57 ; Clausse, Basil, et mos. chrêt. p. lit srj. ; cf. Vitet, Études sur L’hist. de l'art, 1" série, p. 248 ; ld. Journal des Savants, 1802, 1863, passim; Labarte, L. c. p. 336 sq. ; Kraus, Gesch. d. christl. Kunst , 1, p. 403, sq. — 2 Sur le caractère mixte de la mos. à Ravenne, cf. surtout Bayet, Recherches, p. 80 sq. ; Diehl, Ravenne, 1886; ld. Justinien, 1903, p. 629 sq.; Ricliler, Die Mosaikboden von Ravenna. Pour le reste de la bibliogr. voir les manuels et Kraus, L. c., p. 427, n. 2.-3 Pératé, L. c. p. 69 sq. ; Kraus, R. Encycl. der chr. Alterth. art. Symbol. — 4 J. Damasecn. Ep. ad

édifices chrétiens, à Rome, à Ravenne, à Capoue et à Naples6. Dans le mausolée de Placidie1, le Bon Pasteur, imberbe, paît ses brebis au milieu d’un paysage aux plans variés, parmi les rochers, les fleurs et les arbustes; les quatre évangélistes sont drapés à la romaine, et entre eux apparaît encore le motif classique des colombes buvant dans une coupe, mis à la mode huit cents ans auparavant par Sosos de Pergame. Dans le baptême du Christ (fig. 5255) qui couronne la voûte du baptistère des orthodoxes, le Jourdain est personnifié comme les

Theophilum imp. c. m; Bayet, Recherches pour servir à l'hist. de la peint, en Orient, p. 48 sq. avec la bibliographie; Schullze, L. c. p. 341; Kraus, O. I. II, 7 sij. ; ld. Gesch. d. christl. Kunst, I, p. 179 sq. — e Bayet, L. c. p. 51 sq. ; Schullze, L. c. p. 354 sq. — 6 Pératé, L. c. p. 203 sq. — 7 Garrucci, Stor. d. arte crist. pl. ccxxix-ccxxxm ; Photogr. Ricci, 66 à 77; Bayet, Rech., p. 83; Pératé, L. c. p. 224 sq. et fig. 147 ; Müntz, Une industrie d'art à ressusciter, Paris, 1898, p. 9 sq. ; Schullze, L. c. p. 1S7 à 207 ; Kraus, L. c. p. 203 sq. Pour la bibliographie, voir les manuels.

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Fleuves du paganisme Enfin, dans l’abside de la basilique de Sainte-Pudentienne à Rome, derrière l’admirable groupe du Christ et des apôtres, se développe la perspective du Viminal avec les grandioses constructions qui le couronnaient à la fin du ive siècle 2 (fîg. 52,%).

Au milieu du siècle suivant, dans la série des tableaux historiques de l’église de Sainte-Marie-Majeure 3, édifiée à Rome par le pape Sixte III, l’influence orientale s accuse davantage. Elle apparaît surtout dans la richesse nouvelle des costumes et de l’architecture, la simplification des perspectives, l’abandon du décor végétal, l’éclat des couleurs et de l’or partout répandu à profusion. Mais

la belle ordonnance de la composition, la correction des attitudes et du modèle, la vivacité de l’action et parfois quelques détails pittoresques rappellent encore les meilleures traditions de l’art antique

L'évolution se poursuit et se termine au vi* siècle. C’est l’époque où la mosaïque chrétienne, en pleine possession de ses formules et de ses types, arrive à produire à Ravenne des chefs-d’œuvre dont l’éclat et le charme ne seront ni dépassés, ni même égalés plus tard.

A Saint-Apollinaire-Nouveau5 , lapeinture en mosaïque, transformée par la Renaissance chrétienne, atteint sa forme la plus parfaite. Elle y apparaît dans toute la

Fig- 5236. — Mosaïque absidale de l'église Sainte-Pudentienne, à Rome.

noblesse, la simplicité, la puissance expressive de sadécoration hiéraLique, sans présenter encore cette raideur et cette sécheresse qui caractériseront les œuvres des époques suivantes. Mais c’est déjà un art essentiellement impersonnel, où tout est prévu et calculé d’avance et qui ne laisse plus aucune place à la libre fantaisie de l’artiste. Celui-ci, placé sous le contrôle de l’Église, s’astreint, en outre, à se plier à toutes les exigences de l’architecture. Le clergé règle le choix et la distribution des sujets^ la répartition des scènes. Le groupement des figures, leurs attitudes, leur coloris dépendent de la forme et des dimensions des parois qu’elles doivent recouvrir.

Description théorique de la décoration en mosaïque des basiliques. — Les sujets diffèrent suivant les divisions du sanctuaire G. Dans la conque de l’abside, centre mystique de l’édifice, apparaît l’image du Christ triomphant, donnant la loi au monde. Dans le chœur, où le

l San Giovanni in fonte; Garrucci, O. I. fig. 227 ; Pliot. Ricci, PH. Comparez à la même personnification dans le baptistère des Ariens, Garrucci, 241 ; Pliot. Ricci, 285 ; cf. Scliultze, L. c. p. 375; Kraus, L. c. p. 205 et 429, fig. 330 ; lloltzingcr, p. 78 sq. — 2 De Rossi, Musaici, fasc. 14; Pératé, L. c. p. 208 sq. et fig. 140. Bibliogr. dans les manuels. Reproductions dans Clausse, Basil, et mos. chrét. pl. delà p. 144, en couleurs, cl dans Rabarte, Hist. arts indust. pl. lvit, p. 338 sq. Kraus, L. c. pl. I. — 3 Garrucci, IV, pl. ccxi-ccxu; de Rossi, AJusaici , fasc. 24, 25; Pératé, L. c. p. 215 sq. ; Scliultze, O. c. p. 233 sq, ; Kraus L. c. p. 41i' sq. — 4 Pératé, L. c. p. 220. — & Garrucci, pl. ccxi.ii-ccli ; Pliot. Ricci, 97- 140 ; Deliio et Bezold, pl. xvi, xix ; von Quast, Die altchr. Bauwerlce in Bavenna , p. 19

sacrifice de la messe se célèbre chaque jour, les tableaux des murailles rappellent les holocaustes préparatoires d’Abel, d’ Abraham et de Melchissédec, tandis que du sommet de la coupole, la colombe mystique semble descendre au milieu des saints et des apôtres qui forment cercle autour d’elle. Dans la nef, où se presse le peuple des fidèles, s’avancent processionnellement vers l’autel de longues files de martyrs, tandis qu’au-dessus du Christ se déroulent en tableaux variés l’histoire du peuple hébreu, les épisodes de la vie du Christ, les scènes où le Seigneur prend contact avec les hommes. L’action est lente et grave, presque nulle, telle qu’il convient à un sanctuaire où doivent régner le recueillement et le silence. Les diverses figures, désormais fixées dans des types immuables, se succèdent dans l’ordre de préséance établi par l’orthodoxie. Une fois approuvées, placées et hiérarchisées par l’Église, elles prennent l’attitude commandée

sq. pl. vu; Schultze, Loc. cit. p. 210 sq. fig. 64, 65; Pératé, Loc. cit. p. 233 sq. fig. 153 à 165; Bayet, Iiech. p. 98 sq. ; Hollzinger, L. c. p. 68 sq. et fig. 66 à 68. Kraus, L. c. p. 433 sq. — 6 Cette description théorique est une synthèse d'éléments divers, se rapportant aux principaux édifices religieux des v« et VI» siècles en Italie, surtout aux basiliques et aux baptistères de Ravenne, aux oratoires du I.alran et aux églises de Sainte-Pudentienne, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Paul hors les murs, Sainte-Sabine, Saint-André-in-Catabarbara, Saints- Cosme-et-Damien, à Rome, et enfin à divers monuments de la même époque, moins bien conservés et moins caractéristiques, à Papoue, à Milan, à Naples; Pératé, £ e p. 184 sq.

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par le rôle architectural qu’elles ont à remplir

Caractère architectural de la décoration murale en mosaïque. La décoration est rigoureusement équilibrée dans son ensemble. De part et d’autre de l'axé central, tout se répond et s’oppose avec une parfaite symétrie. Les personnages et les attributs apparaissent en nombre égal à droite et à gauche de la figure mystique dont ils forment le cortège.

L( ur caractère varie suivant la place qu’ils occupent.

Les lignes verticales du corps humain conviennent aux surfaces qui se développent en hauteur; les formes horizontalement allongées des quadrupèdes, brebis, agneaux, permettent de les aligner à la file sur les bandes étroites des Irises, qui reçoivent aussi de longues inscriptions dédicatoires; la forme sensiblement triangulaire des anges aux ailes éployées et des figures symboliques des Évangiles, également , -ailées, les destine au remplissage des écoinçons flanquant les arcs, et des trompes qui soutiennent les coupoles.

Selon la forme et le développement de la paroi qui les supporte, les diverses figures sont tantôt isolées, tantôt appariées, par deux 2, par quatre 3, par douze par vingt-quatre s. Elles se dressent, s’inclinent, se prosternent, pyramident ou rayonnent. Dans la conque de l'abside qui domine l'autel, l’axe central vers lequel se

dirigenttousles regards est nettement indiqué par l’assemblage des trois figures superposées qui symbolisent la Trinité. Celles-ci s’élargissent du haut vers le bas à mesure que divergent les rayons qui, du sommet de la conque, descendent en éventail vers la demi-circonférence de base. La colombe du Saint-Esprit plane au zénith. Audessous d’elle, la main du Père sort de la nue pour montrer aux fidèles la couronne des éternelles récompenses. Puis apparaît la figure du Christ assis sur un trône massif, lequel repose sur la montagne sacrée d’où jaillissent les quatre fleuves du Paradis. A droite et à gauche s’inclinent symétriquement en signe d’hommage saint Pierre et saint Paul, suivis parfois d’une troupe d’apôtres et de saints, et des deux Églises. Enfin, deux palmiers, jouant le rôle de portants, ferment la scène des deux côtés et l’ombragent de leurs rameaux tlexibles qui vont se rejoindre au sommet de la voûte.

Sur la frise horizontale qui souligne la conque, processionnentdeux troupeaux symétriques d’agneaux. Partant des deux villes saintes, Jérusalem la cité juive et Bethléem où naît Jésus, placées aux deux extrémités opposées, ils se dirigent au centre vers l’Agneau de l'Apocalypse, debout sur la montagne de Sion.

L’arc de la tribune qui encadre l’abside figure de nouveau, en son milieu, l’Agneau divin, mais égorgé et étendu sur un trône. Derrière lui se dresse la croix; à droite età gauche, les sept candélabres; au dessous, dans les deux écoinçons, vingt-quatre vieillards l’adorent, tendant vers lui des palmes et des couronnes et inclinant leur corps parallèlement à l’inflexion de l’arc, tandis que sur les deux piliers verticaux qui soutiennent celui-ci se dressent, immobiles comme des statues, dans une atti-

1 Sur le rôle architectural assigné à la figure vivante repose tout le système décoratif de la peinture murale en mosaïque aux v' et vi® siècles de notre ère. Cependant, parmi les savants qui ont le plus consciencieusement étudié et le mieux compris la mosaïque antique, E. ilüntz (Une industrie d'art à ressusciter, Paris, 1898, p. 14) est presque seul à avoir effleuré cette question : çf. aussi Pératé, L. c. p. 181, — 2 Les deux Églises,

tude méditative, Pierre et Paul, propagateurs de la f0j chez les Juifs et chez les Gentils.

Au sommet de la calotte sphérique qui recouvre le chœur, rayonne au milieu d’une gloire que cerne une couronne, l’étoile, la croix, le triangle mystique, ou la colombe cruciforme. La zone circulaire, qui occupe la base de la coupole, se partage en quartiers triangulaires dont chacun est rempli par la figure conique d’un apôtre marchant h grands pas, les jambes largement arquées! Puis des statues de saints impassibles, debout dans des niches cintrées, alternent avec les fenêtres percées dans le cylindre des tambours, tandis que les symboles des quatre évangélistes éploient leurs ailes triangulaires dans les angles des trompes qui supportent l’ensemble

Enfin, la monotonie des larges pans de murs latéraux

Fig. 5257. — Mosaïque de la nef de Saint-Apollinaire-Nouveau, à Ravenne.

qui soutiennent le toit de la nef est rompue par trois zones superposées de figures, chacune d’elles jouant un rôle différent (fig. 5257) 6. Celle du bas, d’un caractère tout architectural, représente une longue théoriede saints ou de saintes qui se dressent tout droits comme les piliers d’une colonnade de cloître : leurs robes blanches rectangulaires et leurs nimbes arrondis, taches claires rassortant avec éclat dans la pénombre, produisent l'illusion des ouvertures cintrées qui donnent passage à la lumière du jour, tandis que les palmiers épanouis en

l’ancienne Loi et la nouvelle : Jérusalem et Bethléem, saint Pierre et saint Paul. — 3 Les quatre évangélistes, les quatre fleuves. — '* Les douze apôtres, les douze brebis. — 5 Vingt-quatre vieillards adoranls ou orants ; vingt-quatre saints ou saintes. — 6 Rien de plus typique, à ce point de vue, que la décorai ion de la nef de Saint Apollinaire-Nouveau, dont notre figure 5257 reproduit un fragment.

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éventail qui alternent avec les saints, représentent le? colonnes elles-mêmes et les arceaux qu’elles supportent. La zone intermédiaire est toute sculpturale d’aspect : dans les intervalles des fenêtres, des prophètes ou des apôtres, tenant des livres fermés ou de grands parchemins, et abrités par des conques en coquille, jouent le rôle de statues, meublant des niches qui alternent avec les baies évidées de la paroi. Seule la partie supérieure de la décoration atfecte un caractère franchement pictural. Elle représente, dans une rangée de tableaux rectangulaires, tous de mêmes dimensions, des scènes historiques de l’Ancien et du Nouveau Testament destinées à l’instruction des fidèles qui remplissent la nef.

L’architecture détermine non seulementle groupement et l’attitude des figures, mais même le choix des couleurs. Les fonds sont toujours largement ménagés. Leur ton est éclatant, bleu intense ou doré, car leur lumière artificielle doit remplacer la clarté du jour. Loin de chercher à faire oublier la paroi, ils en accusent la présence. Sur leur surface uniforme, les figures se détachent en sombre ou en clair, suivant qu’il est nécessaire de renforcer ou d’atténuer les lignes, de charger ou d’alléger les masses. Le mosaïste, ne disposant que d’un petit nombre de tons, procède forcément par larges touches, juxtaposant les couleurs tranchées, supprimant les nuances intermédiaires. Mais cette imperfection de la technique, qui serait intolérable sur le sol, est un avantage pour les mosaïques murales, destinées à être vues de loin. A distance, la dureté des oppositions se perd dans l’harmonie générale de l’ouvrage ; l’énergie du coloris fait saillir les figures, leur donne un relief d’une vigueur incomparable *.

Décoration en mosaïque des édifices profanes. — Cette décoration suit les mêmes principes et applique les mêmes formules que celle des sanctuaires. L’empereur est le représentant de Dieu dans l’ordre temporel, comme le Christ dans l’ordre religieux. Les dignitaires de la cour, les hauts fonctionnaires de l’Empire correspondent aux apôtres et aux saints ; les sujets, aux fidèles. La hiérarchie civile, strictement graduéeconnne la hiérarchie religieuse, détermine avec autant de rigueur l’ordre de préséance des figures el leur balancement symétrique. L’ornementation est aussi riche, le coloris aussi éclatant dans les palais que

1 Bayet, Jtecherchcs, p. 102 sq. et L’art byz. p. 02 sq. — 2 Cassiotlor. Var. VII, 5; cf. Iloltzinger, L. c. p. 71 sq. — 3 Procop. Bell. Goth. I, 24. Un autre portrait de Théodoric le représente triomphant, armé de la lance et du bouclier, entre les figures symboliques de Rome relevée de ses ruines et de Ravenne vaincue, s’avançant en humble suppliante : Miinlz, La peint, en mos. L. c. p. 170. — 4 procop. De aedif., I, 10; Diehl, Justinien, p. 80. Les mosaïques de Saint-Vital de Ravenne permettent de se faire une idée d cl magnificence de ces tableaux. — Bibliographie. Ciampini, Vetera monimenta in quibus prâecipue musiva opéra... Roma, 1090-99; Furietti, De musivis, Rome, 1752; Pierre le Viel, Essai sur la peint, en mosaïque, Paris, 1708 ; Fougeroux de Boudaroy, Traité sur la fabrique des mosaïques, à la suite des Recherches sur tes ruines d' Herculanum, Paris, 1770; Haeffelin, Observ. sur la mos. des anciens, dans les Comment. Iiist. Academiae Theodoro-Palatinae, V, n“ 3, p. 89 sq. Mannheim, 1783; Calvet, Dissert, sur les mos. des anciens, et plus particulièrement sur celles qui ont été découvertes près de la ville d'Aix en Provence au mois de juin 1790. Ms. de la Bibliothèque d’Avignon, il0 2345; Gurlilt (J. -G.), Ueber die Mosaik, Magdeburg, 1798; Hirt, Des différentes espèces de mosaïques chez les anciens, trad. de l’allemand dans les Mêm. de l'Ac. des Sc. et B.-Lettres, 1801, cl. de B. -Lettres, Paris, 1801 ; Tarin, Descr. d'un ancien ouvrage en mosaïque suivie de remarques sur ce genre de peinture, Mém. de l’Acad. de Turin, XIII, Turin, 1803 ; Spreti, Compendio istorico dell’ arte di comporre i musaico con la descrizionc de musaici antichi che trovansi nelle basiliche di Ravenna, Ravenne, 1804; Lysons, Reliquiae Britannica Romanae, containing figures of roman antiquities discovered in varions parts of England, Londres, 1813 ; Caylus, Essai sur la manière de peindre en marbre, Mém. de l’Acad. des Inscr. t. XXIX; A. de Laborde, Descr. d’un pavé en mosaïque découvert dans

dans les basiliques, car la majesté impériale doit être entourée de la même splendeur que la majesté divine.

Malheureusement, des nombreuses mosaïques profanes du v° et du vi° siècle, il ne nous reste plus que de rares et courtes descriptions. L’on ne peut s’étonner de la disparition de ces revêtements. La piété des fidèles respecta la peinture d’émail des basiliques. Leur conservation fut souvent mieux assurée encore jmr le mauvais goût des prêtres qui, pour rajeunir l’aspect de leurs églises, les faisaient recouvrir d’un épais enduit de stuc qu’on peignait à volonté. Mais les palais impériaux eurent à subir les injures du temps et des. hommes. Celui de Théodoric à Ravenne fut dépouillé de son splendide revêtement par Charlemagne, qui fit gratter des voûtes tous les cubes d’émail pour en orner sa résidence d'Aix-la-Chapelle 2. D’autres mosaïques tombèrent de vétusté, s’écaillant par morceaux comme ce portrait du Forum de Naples qui figurait le roi des Golhs 3. Les magnifiques tableaux qui ornaient le palais de Justinien ne nous sont connus que par Procope L Ils représentaient, d’après l’historien grec, les guerres et les combats du règne, les villes prises en Italie et en Afrique, le retour à Constantinople de Bélisaire victorieux, suivi de son armée, de son butin, des rois Goths et Vandales prisonniers, et solennellement accueilli par Justinien et Théodora et leur cortège de sénateurs en habits de fête.

De ces exemples, il parait résulter qu’au temps de Justinien, quelque soit le décor, sacré ou profane, dont le mosaïste est chargé, celui-ci a pour thème unique les hommages rendus au souverain. Dans les palais comme dans les sanctuaires, toutes les scènes, tous les gestes se confondent désormais en un acte de perpétuelle adoration.

Un nouveau cycle commence, purement byzantin. Le rôle de la mosaïque antique est désormais fini.

D’une façon générale, son histoire peut se résumer ainsi : De ses origines, jusqu’à la fin du ier siècle de notre ère, la mosaïque reste un art alexandrin, idéaliste, aristocratique. Au temps des Antonins et de Sévère, elle se romanise et devient naturaliste et démocratique. A partir du triomphe de l’Église chrétienne et de l’établissement de la monarchie absolue, elle se transforme à la mode byzantine pour prendre un caractère officiel, mystique, théocratique. P. Gauckler.

l'ancienne ville d'Italica, Paris, 1832; Artaud, Hist. abrégée de la peinture en mosaïque, suivie de. la descr. des mosaïques de Lyon et du midi de la France, Lyon, 1835, avec Atlas ; Lctronnc, Lettres d'un antiquaire à un artiste, Paris, 1830- Sccchi, Il musaico Antoniniano rappresentante la scuola de gliatleti, Rome, 1843 ; Visconti, Mus. Pio. Clementino, VII, p. 238 sq. Milan, 1818-22; Barbet de Jouy, Les mos. chrétiennes des basiliques et des églises de Rome, Paris, 1857; Haas, Ueber Mosaik malerei, Mitth. d. k. k. central Kommission Wien, 1859, p. 173 sq.; Loriquet, La mosaïque des promenades et autres trouvées à Reims, Reims, 1802; Vitet, Dissert, sur les mosaïques chrétiennes, dans le Journal des Savants, 1802, 1803; de Rossi (J. -B.), Musaici cristiani e Saggi dei pavimenti delle chiese di Roma anteriori al secolo A4', Rome, 1870 sq.; Universal Art inventory : Mosaics and stained glass, South Kensington Muséum, 1870; E. Aus’m VVeerth, Der Mosaikboden in Saint-Gereon zu Côln,nebst den damit verwandten Mosaikboden Italiens, Bonn, 1873 ; J. Labarte, Hist. des arts industriels, II, p. 233 à 414, Paris, 1873; Engelmanu, Ueber Mosaik reliefs, Extr. du Rhein. Muséum fur Philologie. N. F. f. XXIX, 1874 p. 501-589; Br. Bûcher, Gesch. d. lechn. Kilnste, I, ch. ni, p. 95-151, 1875; A. Dareel, La mosaïque, Gazette des Beaux-Arts, t. I ; E Didron, Du rôle décoratif de la peinture en mosaïque, Gazette des Beaux-Arts. mai 1875, p. 442-459 ; G. Berger, Notes sur la mosaïque, Extr. du Bull, de l’Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l’industrie, Paris, 1870; Appell, Christian mosaics Picture : a catalogue of reproduction of christ, mosaics exliibited in the South liensington Muséum, Londres, 1877; Ch. Bayet, Recherches pour servir à l'hist. de la peinture et de la sculpture chrétiennes en Orient, Paris 1879 - F -X Ixraus, Real Encyklopüdie der christl. Alterthümer, II, p. 419 Sq., Freibur -, 1882-1880; E. Miintz, La peinture en mosaïque, Revue des Deux Mondes, 1" juillet 1882, p. 102 à 183 ; Notes sur les mos. chrétiennes de Vital fasc. 1-VHI, Paris,

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MÜSTEA. Mufftéa. — Jeu usité chez les Grecs. C’était peut-être un jeu de poursuite, où les joueurs formaient une chaîne en face de l'adversaire qui devait les prendre, comme dans la Queue du chat. Mais rien n’est moins certain 1 . Georges Lafaye.

MUTATIO [CURSUS PUBLICUS, p. 1G55].

MUTUUM. Droit grec. — Le prêt de consommation, correspondant au mutuum du droit romain, et surtout le piêt d argent, était très fréquent dans le droit grec, et notamment à Athènes. Les orateurs, dans leurs plaidoyers, ont souvent à s’en occuper. Parmi les discours qui nous sont parvenus et qui renferment de précieux renseignements à ce sujet, nous citerons le Trapézitique d’Isocrate, les plaidoyers de Démosthène contre Timothée, contre Callipe et contre Dionysodore, plusieurs Ttxoa- Ypacpucot Xoyoi du même auteur contre Zénothémis, Apatourios, Phormion, Lacritos, Panténète, et pour Phormion. Nous avons malheureusement à regretter la perte de plusieurs plaidoyers de Lysias ayant trait spécialement à des questions de prêt, ypéwç \

A la différence du prêt à usage ou commodat ( commo datum) qui est toujours gratuit, le prêt de consommation peut entraîner non seulement la restitution d’un objet ou d’une somme de même valeur, mais encore le paiement d une indemnité pour la jouissance delà chose prêtée. Cette indemnité porte le nom d’intérêts, tôxoi. Nous avons précédemment exposé [foenus, p. 1214 et s.] la théorie du prêt à intérêts dans le droit grec.

Le contrat de prêt, qu’il soit simple ou à intérêt, ne requiert aucune formalité2. 11 peut donc avoir lieu avec ou sans écrit. Dans le premier cas, il est désigné, mais par des auteurs d’une époque relativement récente, par les expressions ystpôoorov, àaûyYpatpov 3. On a enseigné qu’à la différence dans la forme correspondait une différence dans le fond, et que la forme la plus simple, la forme verbale, n’aurait été employée que pour le prêt sans intérêts4. Mais le texte d’Hésychius sur lequel on s’est fondé ne nous paraît point assez explicite pour entraîner une dérogation aux principes généraux du droit attique, qui reconnaissaient la même force à toutes les conventions, quelle que soit leur forme. 11 nous semble d’autant moins décisif que Pollux et Diodore de Sicile s ne font aucune allusion à la distinction que l’on a imaginée

Le prêt, lorsqu’il est verbal, peut même avoir lieu sans témoins 1 . Mais c’était là un fait exceptionnel, qui n’inter-

1874-1884; Etudes iconograph. et archéologiques sur le Moyen âge, I ; Les pave ments historiés du iv' au xu° siècle, Paris, 1887 ; De l'ornementation dans les mos. de l'antiquité et du moyen âge, Rev. des arts décoratifs, avril cl sept. 1880, juillet-août et sept. 1888 ; La mos. chrétienne pendant les premiers siècles , Paris, 1893; Une industrie d’art ancienne à ressusciter, Paris, 1898; Projet d’un Corpus des mosaïques païennes et chrétiennes jusqu'au ix" siècle inclusivement, Paris, 1901, circulaire autographiée ; H. Blümner, Technologie und Terminologie der Gewerbe und Künste bei Griechen und Rômern, III, p. 323-343, Leipzig, 1884; Morgan, Romano-british mosaic pavenænts : a history of their discovery and a record and interprétation of their designs, Londres, 1886 ; Héron de Villefosse, Les mosaïques récemment découvertes en Afrique, exlr. de la Revue de l'Afrique franc., Paris, 1887 ; Baumeister, Denkmüler des klass. Alterth&ms, s. v. p. 927-933 (Von Roliden), 1887; J. N. von Wilmowsky, Rom. Mosaiken ans Trier und dessen Umgegend, Préface de F. Hettner, p. 1-10 et t -23, Trêves, 1888 ; Marligny, Dictionn. des antiquités chrétiennes, s. v. p. 485-490, 3® édit. Paris, 1889; Cari Elis, Die Mosaik und Glasmalerei, Leipzig, 1891; Gerspach, La mosaïque, Paris, 1893 ; Marquardt-Mau, trad. Henry, La vie privée des Romains, II, p. 274-282, Paris, 1893 ; G. Clausse, Basiliques et mosaïques chrétiennes, Italie, Sicile, Paris, 1893 ; D. Victor Schultzc, Archüologie der altchrist. Kunst, das Mosaik, p. 00 sq. 197 à 241, Munich, 1895; Iwan von Muller, Handbuch der klass. Alterth. Wissenschaft, t. VI ; K. Sittl, Archüologie der Kunst, p. 302 sq. 741 sq. Munich, 1895 ; P. Gauckler, La mosaïque romaine en Afrique, dans le Tour du Monde, 1890, n° 42, p. 329-332 ; Id. Des principes d'une classification raisonnée des mos. africaines, Afas, Congrès de Carthage, 1896, I, p. 278 sq. ; F.-X. Kraus, Gescli. der christl. Kunst, p. 399 sq.,

venait qu entre amis, et la prudence imposait aux caniK listes plus de précautions. On appelait donc des témoins" pour assister à la conclusion du contrat et au versement des deniers8. Les prêteurs vraiment diligents ne se contentaient point de réunir des témoins. Ils prenaient soin en leur présence, de rédiger un écrit, qu’ils leur faisaient signer0. Cet écrit portait le nom de auYYpacp7j et pouvait être également désigné par l’expression plus générale cugêrjXouov 10. Enfin, pour soustraire le titre aux dangers de destruction ou d’altération, on le déposait chez un tiers, ordinairement chez un trapézite, et des témoins étaient encore appelés à assister à ce dépôt11. Lorsque ce prêt était consenti par un trapézite, on suivait les formes spéciales aux opérations faites par les banquiers12.

Le prêteur pouvait se fier à la parole de l’emprunteur et ne lui réclamer aucune garantie; mais c’était là l’exception. Ordinairement le débiteur fournissait à son créancier des sûretés soit personnelles, c’est-à-dire des cautions, soit réelles, c’est-à-dire des gages ou des hypothèques. Les plaidoyers des orateurs athéniens fournissent plusieurs exemples de prêts garantis par des cautions 13. En dehors d’Athènes, une inscription de Gythion parle de cautions en terres, k'fqùctq èvyxfouc, exigées de ceux qui reçoivent un prête de sommes léguées aux villes, et dont l’intérêt doit servir à des distributions annuelles. Mais il est assez difficile de savoir ce qu’il faut entendre précisément par là15. Les obligations de l’emprunteur sont plus fréquemment garanties par des constitutions d’hypothèques10. Le prêteur pouvait aussi faire insérer dans l’acte une clause qui lui permettait, s’il n’était pas payé à l’échéance, de saisir directement les biens de l’emprunteur sans avoir à recourir à la justice et comme s’il avait obtenu un jugement, xaôx7isp èxStxT,?17.

Le contrat de prêt est, en ce qui concerne la capacité des parties, soumis aux principes généraux. Ainsi une femme ne peut y figurer valablement, soit comme prêteuse, soit comme emprunteuse, si elle n’est pas autorisée de son kyrios18.

Le prêt est permis, en principe, pour une opération quelconque. Par exception, il est interdit, sous peine de confiscation de la créance, de prêter de l’argent sur un navire ou sur une cargaison, lorsque l’armateur ne s’engage pas à l’apporter à Athènes des céréales ou d’autres marchandises19. On voulait ainsi empêcher que les capitaux du pays ne fussent employés au profit d’une autre place20.

Fribourg en Brisgau, 1896-1900; St. Gsell, Les monuments antiques de l'Algéri: , II, p. 100 sq. Paris, 1901. Listes de mosaïstes, voir p. 2104, note 6.

MUSTEA. 1 Hesych. s. V. : « natScct vt; èittTcXou|juvq xataXû&vT« toù; IZùpypvzui ». Le texte est sûrement altéré. L’hypothèse est de Grasberger, Erzichung u. Unterricht im klass. Alterth. I, 1, p. 149. Elle repose sur le mot xcetaYùov-ra, qui semble une corruption de xa-takijo ura ; ef. Becqde Fouquicres, Jeux des anciens -, 1873, p. 282.

MUTUUM l Voir l’énumération de ces plaidoyers ap. Meier, Schumann et Lipsius, Der attische Proccss, p. 681. — 2 Cf. Platner, Process, t. II, p. 349; Meier, Schumann et Lipsius, p. 684; Caitlemer, Contrat de prêt, p. 9; Guiraud, La propriété foncière en Grèce, p. 279. Cf. sur les formes des actes de prêt, dans le droit gréco-égyptien, Caillemer, Les papyrus grecs, p. 1 1 sq. ; Dareste, dans Nouv. rev. hist. du droit, 1894, p. 691. — 3 Poil. Il, 152; Hesych. s. v. ^npoJ»«v ; Diod. Sic. I, 79. — 4 Sieveking, Das \ Seedarlehcn des Altertums, p. 28. — 3 Loc. cit. — 6 Cf. Beauchet, Rist. du droit privé de la République athénienne, t IV, p. 236. — 7 Rcmostb. C. Timoth. § 2.— 8 Demoslh. C. Phornt.%30.— « Demosth. C. Lacnt. § 13 ; C. Dionys. § 1. — i<> Meier, Schomann et Lipsius, p. 684.— 11 Demosth. C. Lacrit. § 14; C. Phorm. §6. — 12 Voir à ce sujet Beauchet, t. IV, p. 48. ,3 Lvs.

De bon. Aristoph. § 22; Demosth. C. Apatar. § 7 ; Isocr. Trapez. § 37.— 14 Le Bas- YVaddiuglon, Voy. archéol.U'Aa,\, 13.— 15 Cf. Lécrivain , Le cautionnement dansle droit grec classique, dans Mém. de l’Acad. des sciences, etc., de Toulouse, 18.ii-, p. 209; Beauchet, t. IV, p. 238. — 16 Beauchet, t. III, p. 197. — U Voir supra, article foenus, p. 1218. — '8 Beauchet, t. 11, p. 362, et t. IV, p. 239. 1 lu

mosth. C. Lacrit. § 51 ; C.Theocr. § 13. — 20 Thonissen, Le droit pénal de la Républiq. ath. p. 400.

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La somme prêtée doit être remboursée à l’époque fixée par la convention. Le remboursement peut toutefois, ainsi que le montre une inscription de Lébadéc1, s’effectuer par annuités, comprenant en même temps le capital et les intérêts. Si le débiteur néglige de remplir son engagement, il devient 67:£p%£po<; et il est exposé à toutes les conséquences qu’entraîne, en général, l’inexécution des obligations. Il encourt notamment la clause pénale qui a pu être stipulée pour ce cas2.

Pour obtenir le remboursement de la somme prêtée, le prêteur a, outre les actions réelles qui peuvent résulter à son profit de la constitution d’un gage ou d’une hypothèque, plusieurs actions personnelles à sa disposition. Il peut d’abord, dans le droit attique, recourir à l’action générale, commune à tous les contrats, et recevable dans le cas où ils n’étaient pas exécutés, à savoir la Six-/) ffu|i.êoXatwv ou <7uv07]xtov TrapaSottjewç, qui ne présentait ici aucun caractère particulier3.

La seconde action ouverte au prêteur, et qui alors, comme l’indique son nom, était naturellement indiquée en cas de prêt, c’est la oiY/j ^pswç 4. Le prêteur peut, en troisième lieu, exercer la StY/j àcpopjxvjç, qui n’est point une action générale en matière de prêt, mais qui s’applique à une hypothèse spéciale. L’à^opg-rç est la somme d’argent fournie par un commanditaire à un négociant pour que celui-ci l’emploie à son commerce [aphormè]. La o txvj àifopgTiç peut donc être définie l’action intentée par un commanditaire contre le gérant d’une entreprise commerciale afin d’obtenir la restitution de la mise qu’il a versée dans le fonds social s. Une quatrième action ouverte au prêteur est la oiY*] àpyupiou [argyriou dikè]. On peut se demander enfin si le prêteur n’a point à sa disposition la oixt) pXàëviç. La question est controversée. Dans une opinion, on dit que ce serait donner à cette action une trop grande extension et l’on décide qu’en l’absence de circonstances spéciales donnant naissance à une pXaêr) proprement dite, cette action reste étrangère aux relations naissant du contrat de prêt. Dans une autre opinion, l’action pXixê^ç peut servir au contraire à poursuivre l’exécution des engagements naissant d’un contrat et à réprimer leur violation 6.

On n’est pas d’accord non plus sur le point de savoir si les différentes actions qui compétent au prêteur contre l’emprunteur sont de la compétence des thesmotètes 1 ou de celle des Quarante 8. Dans tous les cas, nous savons, par le traité d’Aristote nouvellement découvert 9, que les Ettjxytoyf-ïî avaient pour mission d’introduire devant les tribunaux, avec d’autres affaires présentant un même caractère d’urgence, les actions en restitution d’un petit capital (à<popfjcrç) emprunté pour faire des affaires sur le marché. L. Beauchet.

Droit romain. — Le mutuum est le prêt de consommation du droit moderne (Code civil, a. 1892 et suiv.). C’est

1 Corp. inscr. gr. sept. 3034. — 2 Demostb. C. Nicostr. § 10; cf. Beauchet, t. IV, p. 239. — 3 Meier, Schômann et Lipsius, p. 097. — 4 Voir supra, foenus, p. 1218. — S Caillemer, Contrat de prêt, p. 29 ; Beauchet, t. IV, p. 241.

— 0 Voir l'art, blabès dikè et Beauchet, t. IV, p. 393 sq. — 7 Voir en ce sens Platner, t. II, p. 362; Meier et Schumann, lrc éd. p. 08. — 8 Eu ce sens Lipsius, sur Meier et Schumann, p. 81 et 697. — 9 Arist. Constit. Ath. c. 52.

— 10 Gaius, 2 Aureor. Dig. XL1V, 7, 1, 2. — H Plaut. Trin. III, 3, 32 ; Cat. De re rust. 5, 3; Paul. 28 ad Ed. Dig. XII, 1,2: Appellata est mutui dalio ab eo quod de meo tuum fit. — *2 Plaut. Trin. II, 4, 38 ; Lucil. ap. Non. Marc. 138, 19. — 13 Cat. ap. Sen. De bcnef. V, 7, 6; Jul. ap. Afric. 4 Ouaest. Dig. XVI, 1, 17 pr.

— HScn. De benef. VII, 4, 8; Paul. 2 Sent. Dig. XII, 1, 34, 1. — 15 Gaius, III, 90.

— 10 Plaut. Pers. 1, 1, 5; Naev. ap. A. Gell. II, 19, 6; Pompon. G ex Plaut. Dig.

un contrat par lequel une personne transfère à une autre la propriété d’une certaine quantité de choses qui se consomment par le premier usage, à charge de rendre au prêteur," à une époque convenue, une quantité équivalente de choses de même qualité 10. L’acte du prêteur est désigné par l’expression mutuum dure 11 ou facere 12 ; celui de l’emprunteur par l’expression mutuareyi ou mutuum sumeren. Le mutuum ne peut avoir pour objet que des quantités13, c’est-à-dire des choses qui, d'après les usages du commerce, sont considérées comme équivalentes entre elles malgré leurs différences individuelles : de l’argent16, des denrées 17. En cela le mutuum diffère du commodat ou prêt à usage qui a toujours pour objet un corps certain18 que l’emprunteur doit rendre in specie [commodatum, t. II, p. 1409].

I. Histoire du contrat de mutuum. — Le mutuum n'a reçu le caractère de contrat qu’à une époque relativement récente. Pendant longtemps, ce fut un pacte sans valeur juridique. C’était un bon office, un de ces services qu’on se rend entre amis ,9. Le prêteur s’en remettait, pour le remboursement, à la loyauté de l’emprunteur 20. Aux derniers siècles de la République, le mutuum fut indirectement sanctionné par application du principe qu’on ne doit pas s’enrichir injustement aux dépens d’autrui 21. L’emprunteur, qui refusait de rembourser à l’échéance, pouvait y être judiciairement contraint au moyen de l’action de la loi per condictionem introduite par la loi Silia [lex, p. 1164, n. 30]. Dans la suite, on a donné effet à la convention qui accompagne la remise de la quantité prêtée. Cette convention a été élevée au rang de contrat : elle doit être conclue de part et d’autre en vue de faire naître une obligation de restituer dans des conditions déterminées22.

Il y eut dès lors deux sortes de prêts de consommation sanctionnés par la loi romaine : le foenus et le mutuum ; le premier résultant d’un acte solennel, le second se formant sans aucune solennité ; l’un réservé aux citoyens romains, l’autre accessible aux pérégrins; le premier imposant à l’emprunteur l’obligation de paver des intérêts en sus du capital, le second essentiellement gratuit23 [foenus, p. 1223]. Ces deux sortes de prêt coexistèrent pendant un certain temps : le foenus est encore mentionné sous le règne de Claude dans un document législatif 24. Mais, tandis que le foenus était mal vu 23, l’opinion publique était favorable au mutuum 26 , dont l’usage cessa d’être restreint aux rapports entre amis. Tite-Live en cite un exemple de l’an 535 de R. : les Carthaginois étant venus à Rome apporter l’argent du tribut qui leur avait été imposé, les questeurs leur déclarèrent que cet argent n’était pas de bon aloi et qu’il contenait un quart d’alliage. Pour parfaire la différence, les envoyés Carthaginois durent emprunter de l’argent à titre de mutuum 21 . Si le mutuum n’avait eu

XII, I, 8; Jul. 7 Disp., eod. 18. — 17 Cic. De leg. agr. II, 30, 83. On peut même prêter des poissons : Varr. De re rust. III, 17, 3; Plin. Hist. nat. IX, 55, 77. — 18 Les choses qui se consomment parle premier usage ne peuvent faire l’objet d’un commodal que si elles sont prêtées ad pompam et ostentationem : Ulp. 28 ad Ed. Dig. XIII, 5, 3, 0 ; Gaius, I De verb. oblig., Eod. tit. 4. —19 Cat. De re rust.

4. — 20 H y avait là un creditum ; cf. Ulp. 26 ad Ed. Dig. XII, I, 1, 1. 21 Cf.

Ed. Cuq, Instit. jurid. des Domains, t. Il, p. 492 et 493. — 22 Paul. 2 Inst. Dig. XLIV, 7, 3, 1. — 23 Paul. 2 Sent. Dig. XX, 2, 8. — 24 Voir plus haut, t. V, p. 1135, n. 11. — 23 Cic. Pro Cael. 7, 13. — 26 Non. Marc. 439, 20 : ffonestius ( fenore est) mutuum, quod sub amico affectu fiat meum tuum usu temporis necessarii. — 27 Ti t . Liv. XXXII, 2: Pecunia liomac mutua sumpta.

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à cette époque une valeur juridique, les Carthaginois eussent difficilement trouvé des capitalistes romains disposés à leur prêter la somme dont ils avaient besoin.

Pour rendre le mutuum vraiment pratique dans les rapports d affaires, il fallait fournir au prêteur le moyen d obtenir une compensation pour l'usage de son argent, tout en évitant les abus auxquels donnait lieu l’emploi du foenus. La solution consista à juxtaposer au mutuum un contrat spécial conférant au prêteur le droit d'exiger des intérêts ( usurae ). Le mutuum était en ce cas suivi d une stipulation ( stipufatio subjecta '). On dit alors qu’il y a pecunia foenebris- ou foenerata \ et non cjratuitu pecunia. Grâce à cette séparation de la convention relative au capital et du contrat relatif aux intérêts, 1 emprunteur cessa d’être à la merci du prêteur : il fut impossible, par exemple, de convenir à l’avance que les intérêts non payés se convertiraient en capital4. En même temps on rendait manifeste ce fait, que la promesse d intérêts émanait de la libre volonté de l’emprunteur [usurae].

Dans la suite, le principe de la séparation des deux conventions n’a pas été rigoureusement observé en pratique, sinon en théorie. On a cherché à l’éluder par des expédients : tantôt on déduisait du capital le montant des intérêts qui se trouvaient ainsi payés d’avance 6 ; tantôt, après avoir conclu le mutuum , on stipulait séance tenante le paiement des intérêts et du capital : la stipulation ayant un effet novatoire, les règles sur le mutuum cessaient d’être applicables 6, l’unité de contrat était obtenue 7. Cette conséquence fut d’ailleurs repoussée par certains jurisconsultes, et l’on ne peut affirmer qu’elle ait prévalu8. D’autre part, la loi elle-même a écarté le principe pour le mutuum de denrées : au milieu du me siècle de notre ère, sous l'influence du droit pérégrin, un rescrit de l’empereur Philippe permit à ceux qui empruntent du blé ou de l’orge de s’engager, par un pacte joint au mutuum , à rendre plus qu’ils n’ont reçu 9 [partum]. C’est seulement pour le mutuum d’argent qu’on a de tout temps maintenu la règle qu’on ne peut s’obliger à rendre une somme supérieure à celle qu’on a touchée i0.

II. Conditions requises pour la formation du mutuum. — Le mutuum est classé parmi les contrats réels 11 ; il exige pour sa formation : 1° un accord des volontés; les parties doivent avoir l’intention de faire naître actuellement l2, ou tout au moins sous condition 13, l’obligation de restituer; 2° le transfert de la propriété de la quantité prêtée u. Ce transfert a lieu sans solennité: une simple tradition suffit, car les choses qui se pèsent, se comptent ou se mesurent sont des res nec mancipi. La propriété est donc acquise à l’emprunteur dès qu’il prend possession de la quantité qui vient d’être

1 Marcel lus, ap. Ulp. 29 ad Ed. Dig. XV, 3, 10, 3 ; Paul. 4 Resp, Dig. XXII, 1, 9 pr.

— 2 Papin.1 1 Resp. Dig. XXII, 1, 9 pr. ; Paul. 2 Sent. Dig. XII, 1, 34,1; Sev., Anton. Cod. Just. IV, 32, 3. — 3 Afric. 8 Quaesl. Dig. XIX, 5, 24. — 4 Marrfan. 14 Inst. Dig. XXII, 1, 29. — 5Scaev. 28 Dig. Dig. XLV,1, 122 pr.;Ulp. 76 ad Ed. Dig. XLIV. 4, 2, 6. — 6 Pompon. 24 ad Sab. Dig. XLVI, 2, 7. — 7 Ulp. 26 ad Sali. Dig. XII, 6, 1. — 8 Au milieu du ni' siècle, Modestin affirme que l’obligaliou se forme re et verbis (2 Rcg. Dig. XLIV, 7, 52 pr.); cf. Éd. Cuq, Instit. jurid. t. II, p. 374, n. 2.

— 9 Cod. Just. IV, 32, 23. — 10 Paul. 3 ad Ed. Dig. II, 14, 17 pt\. Cette règle n'est pas contredite par un autre fragment de Paul (cité à la note 23, p. 2131) qui, en cas de prêt sans intérêt, permet au créancier de retenir les fruits de la chose qui lui a été remise en gage, jusqu’à concurrence d'une somme égale au taux légal des intérêts. Ce texte doit s’entendre, comme l'a proposé D. Godefroy, du cas où l’emprunteur esten demeure. — U Gaius, III, 90. — 12 Cels. 5 Dig. Dig. XII, I, 32 ; Paul. 2 Inst. Dig. XLIV, 7, 3, 1. — 13 Ulp. 26 ad Ed. Dig. XII, 1, 7 ; Pompon. 6 ex Plaul. Eod. tit. 8. — 14 Inst. Il, 8; 2. — 13 Paul, 28 ad Ed. Dig. XII, I, 2, 4. — 13 Inst.

pesée, comptée ou mesurée. Mais il faut pour cela que le prêteur soit lui-même propriétaire des choses qu’il a livrées, sinon il n’y aura pas mutuum'*. L’emprunteur pourra être évincé par le propriétaire si les choses n’ont pas été consommées ; dans le cas contraire, il sera poursu ivi par lui comme s’étant enrichi i nj ustement aux dépens d’autrui. Alors même que le propriétaire ne réclamerait pas, le prêteur qui s’aperçoit de son erreur pourra exiger la restitution de ce qu’il a livré en se fondant, non pas sur le mutuum puisqu’il est nul, mais sur l’enrichissement sans cause de l’emprunteur 18.

La formation du mutuum a été facilitée par un certain nombre de règles introduites par la jurisprudence classique : 1° Anciennement, il était nécessaire que la livraison fût faite par le prêteur lui-même 17 ; mais au second siècle de notre ère'8, lorsqu’on eut admis qu’on pourrait transmettre ou acquérir la possession par l’intermédiaire d’autrui [possessio], on put faire un prêt pour le compte d’autrui *9. Cette manière de prêter devint d’un usage journalier: celui qui voulait faire un prêt priait son banquier de compter l’argent en son nom à l’emprunteur 20. — 2° On peut remettre à l’emprunteur une marchandise pour la vendre, en l’autorisant à garder le prix de vente à titre de prêt2'. — 3° On peut aussi remettre des objets pour un prix déterminé et convenir que le prix d’estimation sera considéré comme argent prêté22.

— 4° On peut convenir avec un débiteur que l’argent qu’il détient à titre de dépôt ou de mandat, lui sera laissé à titre de prêt23. Il suffit même de déléguer une créance à l’emprunteur, ou de s’obliger envers un tiers délégué par lui. La délégation équivaut à la remise de l’argent24.

Le mutuum exige pour sa formation une troisième condition : la capacité des parties contractantes. Le prêteur doit être capable d’aliéner, l’emprunteur capable de s’obliger d’après le droit commun. Par exception, il est interdit aux gouverneurs des provinces de faire un prêt23 ; aux fils de famille d’emprunter de l’argent. Cette dernière prohibition, qui n’avait pas déraison d’être à l’époque antique où les fils de famille étaient incapables de contracter, a été introduite par la loi Claudia de l’an 47, pour les emprunts remboursables à la mort du père [lex Claudia, p. 1133, n. 11]. Sous Vespasien, cette prohibition a été généralisée par le sénatus-consulte Macédonien et appliquée à tout emprunt contracté par un fils de famille, quelle qu’en soit l’échéance26. Le mutuum d’argent conclu au mépris du sénatus-consulte n’est pas nul de plein droit: il donne naissance à une obligation naturelle21, il peut être validé parla ratification du père de famille28; mais le magistrat refusera d’accueillir la demande en remboursement qui serait

11, 8, 2; Jul. 10 Dig. Dig. XII, i, 19, I. — U Paul, 28 ad Ed. Eod. tit. 2, 3 : Mutuum esse non potest nisi pi'oficiscatur pecunia . — 18 Cf. Ed. Cuq, Distit. jurid. t. II, p. 213. — 19 Sur les effets du mutuum ainsi conclu, voir Gcrardin, De la représentation dans le mutuum , Nouv.rev. histor. de droit, 1900, t. XXIV.

— 20 Arisl., Jul. ap. Ulp. 26 ad Ed. Dig. XII, 1, 9, 8. — 21 Ulp. Eod. lit. 11 pf.

— 22 Diocl. Cod. Just. IV, 2, 8. - 23 Ulp. 26 ad Ed, Dig. XII, 1, 9, 9; Jul. ap. Afric. 8 Ouaest. Dig. XVII, 1, 34. — 21 Cels. 5 Dig. Dig. XII, 1, 32; Papin. 3 Resp. Dig. XIV, 3, 19, 3. — 23 Modesl. 10 Pandecl. Dig. XII, 1, 33, — 20 Ulp. 29 ad Ed. Dig. XIV, 6, 1 pr. ; Suet. Vespi 11; cf. Iliibner, Ad Sen. cons. Macedo nianum, 1798 ; Lobcnstern, De Sen. cons. Afacedoniano, 1828; Riedel, Ad Sen. cons. Macedonianum, 1861 ; Dückcrs, De Sen. cons. Macedoniano, 1866; Maudry, Das gemeine Eamiliengûterreeht, 1871, t. I, p. 431; Ed. Cuq, Distit. jurid. t. II, p. 388-389. — 27 Paul. 30 ad Ed. Dig. XIV, 6, 10, Marcell. ap. Ulp. 30 ad Ed. Dig. XII, 1, 14. — 28 Ulp, 29 ad Ed. Dig. Xl\, 6, ,, §§ Il et 15.

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formée par le prêteur ; ou, s’il y a doute sur la contravention, il permettra au fils de famille d’opposer l’exception senatus consulti Macedoniani pour que le juge examine si le sénatus-consulte a été violé1 [senatus CONSUL¬ TAI, EXCEPTIO].

III. Obligation résultant du mutuum. — Le mutuum est un contrat unilatéral ; il donne naissance à une obligation unique à la charge de l’emprunteur: rendre, à l’époque convenue, une quantité équivalente à celle qu’il a reçue. Cette quantité doit être composée de choses du même genre et de la même qualité2. L’obligation de rendre subsiste, même si la quantité prêtée a péri par cas fortuit chez l’emprunteur3. '

IV. Preuve du mutuum. — Cette preuve se fait de plusieurs manières : soit par témoins, soit par écrit. L’écrit peut être porté sur le registre du créancier ( expen silatio) ou de son banquier qui a compté l’argent à sa place (mensae ratio) *. Pour plus de sécurité, on le faisait enregistrer sur les livres d’un ou de plusieurs amis 5 ou de pararii6 ; ou bien l’on exigeait des témoins qui apposaient leur sceau sur l’écrit ( signatores ) \ Sous l’Empire, l’usage d’un écrit signé par l'emprunteur ( eau tio, chirographum) et revêtu de son sceau était très répandu8. Surtout pour les prêts d argent, le prêteur exigeait la remise préalable du reçu ; de là un abus possible lorsque le prêteur ou son banquier refusait de compter l’argent au signataire du billet. Celui-ci pouvait sans doute se défendre contre la poursuite du porteur du billet en prouvant qu’il n’avait pas reçu l’argent (exception non numeratae pecuniae)9 , ou même se faire restituer son billet en prouvant que l’engagement était sans cause10. Mais cette preuve était parfois bien difficile lorsqu’il ne pouvait invoquer les livres du banquier11 et, dans le cas où il ne réussissait pas a la fournir, il restait lié par sa signature. Antonin Caracalla jugea utile de modifier ici les règles ordinaires en matière de preuve12 : il imposa au porteur du billet l’obligation de prouver que l’argent avait été compté13 [chirographum, t. II, p. 1103]. Pour bénéficier de cette dérogation au droit commun, il faut que l’exception non numeratae pecuniae soit invoquée dans 1 année 1 * , mais le signataiie du billet peut se ménager la faculté d’opposer en tout temps cette exception en adressant une protestation au magistrat. Dans l’un et l’autre cas, il y a querela non numeratae pecuniae. Le délai d’un an accordé au débiteur a été élevé à cinq ans par Dioclétien15, puis réduit à deux ans par Justinien16. Si la querela est reconnue mal fondée, la Novelle XVIII (cap. 8) édicte la peine du double contre le plaideur téméraire.

V. Sanction du mutuum. — Le mutuum est un contrat de droit strict : il est sanctionné, à l’époque clas-

l Ulp. Eod. tit. 7, § 10 ; 9, §3.-2 Pompon. 27 ad Sab. Dig. XII, 1,3-3 Gaius,

2 Aur. Dig. XLIV, 7, 1, 4. — 4 Aul. Gell.XJV,2, 7 ; cf. Donal. in Terent. Phorm. V, 8, 29, cl les papyrus gréco-égyptiens [Corp. papyr. Rainer. I, la). ° Ilor. Sat. II,

3 09 : Scribe decem a Nerio... Adde Cicatae nodosi tabulai centum. — 6 Sen. De,

‘ b'enef. III, la : Hle per tabulas plurium nomina interpositis parariis facit.

— 7 Ibid. Il, 23. — 8 Nombreux exemples dans les quittances du banquier de Pompéi, I,. Caecilius Jucundus; cf. Zangmeister, Corp. inscr. lat. suppl. au vol. IV, p. 278; Erman, Zeitschrift der.Samgny-Stiftu.ng, R.-A., 1899, t. XX, p. 186. J 9 ulp. 76 ad Ed. Dig. XUV, 4, 4, § 16 ; 7 Disput. Dig. XVII, 1 , 29 pr. — 10 Alex. Scv. Cod. Just. IV, 30, 7; Gord. II, 6, 4; Diocl. IV, 9, 4. — U Paul. 3 ad Ed. Dig. Il, 13,9, 3; cf. Mitteis, Trapezitika , 1899. — 12 Cf. Henry Mounier, Études de droit byzantin, t. II, 1901, p. 77. — « Cod. Just. IV, 30, 3. — H Anton. C.arac. Cod. Just. IV, 30, 4; Alex. Sev. IV, 30, 8. — 13 Cod. Bermog. 1. — 16 Cod. Just. IV, 30, 14. — n Gaius, IV, 41, 49 et 50. — l» Ulp. 27 ad Ed. Dig. XIII, 3, 1 pr. ; fc.'sur l’interpolation de ce texte, Lenel, Essai de reconstitution de l'Édit perpé-

sique, par l’action certae pecuniae creditae , ou par la condictio certae rciltriticaria), suivant qu’il .a pour objet de l’argent ou des denrées18. La sanction du prt t d’argent est particulièrement rigoureuse : 1° le demandeur, qui réclame plus qu’il ne lui est dû, perd son piocès ; il est déchu de son droit19 [pluspetitio] ; 2° le juge ne peut modifier le chiffre de la condamnation fixé dans la formule 20 ; 3° le défendeur qui conteste la dette peut engager avec son adversaire un pari du tiers (sponsio et restipulatio tertiae partis) : si le demandeur perd son procès, il paie au défendeur un tiers de la somme reclamée, à titre de dommages-intérêts; s’il obtient gain de cause, le défendeur est condamné à payer un tiers en sim de la somme due21 ; 4° d’après la loi Rubria [cap. xxi, lex, p. 1162, n. 44], celui qui ne répond pas in jure à une action tendant à payer une certa crédita pecunia , ou qui ne se défend pas [sponsione judicioque) est traité comme un judicatus: il est tenu pour condamné et peut être emmené par le demandeur dans sa prison privée, sur l’ordre du magistrat ; 5° le demandeur peut déférer au défendeur le serment nécessaire [jusjurandum, p. ‘ 4, n. 1]. Édouard Guq.

MYOPARON [paron].

MYRIOI. — Nom de l’assemblée fédérale de la Ligue Arcadienne [arcadicum foedus, p. 366-307 .

MYRRHA [SACRIFICIUM, UNGUENTA, VINUm].

MYSIA (Môffia). — Fête célébrée par les habitants de Pelléné en Achaie, dans le Mûd-ov, enceinte consacrée à Déméter Mysia. Pausanias 1 dit que ce nom provient de celui de Mysios, qui avait donné l’hospitalité à la déesse, près d’Argos [ceres, p. 1025, n. 131]. Le même auteur nous apprend2 que la fête durait sept jours; les hommes y assistaient les deux premiers jours, puis laissaient seules les femmes qui, pendant la nuit, accomplissaient certains rites. Alors aucun être mâle, pas même un chien, dit le périégète, ne devait rester dans l’enceinte sacrée. Le quatrième jour, les hommes et les femmes se réunissaient de nouveau, et en s’abordant ils s’accablaient mutuellement de railleries, trait qu’on retrouve dans d’autres fêtes [gepuyrismoi]. IIunziker.

MYSTERIA. — A côté des cérémonies et des fêtes de la religion publique, il y avait des cérémonies et des fêtes d’une forme secrète, les Mystères, qui exigeaient une préparation spéciale, une initiation, et comportaient des révélations particulières avec l'obligation du secret. L’histoire des Mystères est un des chapitres les plus obscurs de la religion grecque. Le secret a été bien gardé1. Nous sommes réduits sur la plupart des points à des conjectures et nous n’avons de renseignements étendus que pour les Mystères de Déméter à Eleusis, des Cabires à Samothrace, et d'Isis.

tuel, trad. Pcltier, l. I, 1901, p. 269. — 19 Cf. Éd. Cuq, Instit. jurid. t. II., p. 743, n. 3. — 20 Gaius, IV, 52. — 21 Cf. Éd. Cuq, Op. cit. t. I, p. 609. — Bibliographie. Huscbke, Die Lehre d-s rômischen Rechts vom Darlehn , 1882; Ortolan et J.-E. Labbé, Explication historique des Instituts de Justinien, 12» éd. 1884, t. III, p. 138; Accarias, Précis de droit romain , 4» éd. 1891, t. II, p. 230 ; Morilz Voigt, Rômische Rechtsgeschichte, 1892-1902, t. I, p. 616; t. II, p. 899; Karlowa, Itômische Rechtsgeschichte, t. II, 1893, p. 591; HvJ Roby, Roman Private Law in the times of Cicero and of the Antonines, 1902 l. II, p. 66; Éd. Cuq, Les Institutions juridiques des Romains, 1891-1902, l. I, p. 630; t. U, p. 381.

MYSIA. l H, 18, 3. — 2 VII, 27, 9; cf. Cornut. De nat. deor. 28, et Osann. Ad h. I.

MYSTERIA. l On peut se demander quels renseignements il y avait dans les livres qu’auraient écrits sur les Mystères Cléantlic, Mélanlhios, Icesius, Demetrius de Scepsis, Sotadès d’Athènes, Arignote de Samos.

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I. Caractères généraux. — Les rapports des peuples primitifs avec la divinité se présentent, en général, sous deux formes principales, selon que la divinité est conçue comme un être fini, voisin et parent de l’homme, ou comme un être infini, redoutable A la première forme correspondent la religion simple, la mythologie épique avec son monde déterminé de dieux et de héros, les représentations anthropomorphiques, les rites précis, un état desprit calme; à la deuxième la religion mystique, la conception plus ou moins panthéiste des dieux comme forces naturelles, les représentations allégoriques de leur passion , les attributs symboliques, 1 exaltation de 1 âme. Les Mystères ne sont donc pas un accident, mais une forme générale et nécessaire de la vie religieuse. Historiquement, ils se sont développés plus rapidement chez les peuples orientaux, phrygiens, lydiens, thraces et dans la race dite pélasgique que chez les peuples grecs, romains et germains primitifs : mais, même chez ces derniers, ils devaient nécessairement apparaître avec le développement de la pensée religieuse et philosophique.

IL Origines. — Les Mystères ne sont donc ni d'anciennes incantations, analogues à celles des peuples sauvages, destinées, par exemple à Eleusis, à faire obtenir de bonnes récoltes; ni d’anciens cultes locaux qui seraient devenus, à l’époque historique, l’apanage de familles sacerdotales et qui auraient imposé aux étrangers des formalités d’initiation2.

La nécessité d’un enseignement préalable s’explique naturellement par le caractère de la religion à laquelle correspondent les Mystères. Comment s’expliquer l’obligation du secret, maintenue, par exemple à Eleusis, jusqu’à une époque où presque tous étaient initiés et où il n’y avait plus rien à cacher? Est-ce parce que chaque ville avait ses dieux protecteurs, qu’elle devait cacher aux étrangers, qu’il fallait préserver de tout dégât, de tout enlèvement, et qu’ainsi beaucoup de temples ne s’ouvraient qu’une fois par an ou, en général, aux seuls prêtres parce qu’ils renfermaient des Palladia de ce genre3? Mais on a fait remarquer justement que ce genre de secret était plus exclusif que mystérieux, qu’il ne tenait qu’à des raisons politiques et qu’à l’époque historique tous les cultes auraient dû devenir mystérieux, puisqu'ils avaient tous eu, à l’époque primitive, ce caractère local et exclusif. Il ne faut pas attacher plus d'importance aux raisons locales ou fondées sur le caractère d’un culte qui excluaient du sanctuaire ou de certains actes religieux telle ou telle catégorie de personnes, par exemple du temple de Leukothéa à Chéronée les esclaves et les Ëtoliens, de celui d’Athéna sur l’Acropole d’Athènes les Doriens, de celui d’Héra à Argos et à Amorgos les étrangers4. Nous rejetons également l’hypothèse3 que d’anciens cultes des Pélasges seraient devenus mystérieux parce que ces peuples vaincus et asservis auraient continué à les pratiquer en secret. L’hypothèse

1 Voir Preller, Mysteria ( Pauhj's Real-Encycl.), p. 334. — 2 Théories de Lobeck, A glaophamus, p. 270; Goblet d’Alviclla, De quelques problèmes relatifs aux Mystères d' Eleusis {Rrv.de l'hist. des relig. XLVI, p. 173-203). — 3 Herod. 6, 134-135 ; Dem. 59, 76; Plut. Cleom. 8; Paus. 9, 16,4; 9,25,3; 6, 19,1; Pliil. Enarrat. in Cant. Cant. p. 722, Minuc. Félix. Octav. 24, 266; Lyd. De ostent. 7, p. 24. Voir Lobeck, L. c. p. 270-282. — 4 Herod. 5, 72; 6, 81; Plut. Qu. rom. 16; Pans. 3, 20, 3; 3, 22, 7 ; Ath. Mitth. 1, p. 3 42. Autres cas analogues: Plut. Qu.gr . 40; Paus. 7, 5, 8; Cic. Verr. 4, 45, 100. — 5 Ottf. Muller, Eleusinia (Allgem. Encyclop .); Bloch, Hora und. Demeler (Roscher, Lexik, der griech. und rom. Myt/iol. p. 1337-1338).

la plus probable est celle de Preller6: l’obligation du secret découle de la sainteté même des rites. Le silence est nécessaire dans la cérémonie7, comme marque d’attention ; il est encore nécessaire après la cérémonie, parce qu’on ne doit pas profaner les choses saintes en les répétant, en les imitant en dehors de l’initiation.

Ottfried Muller8 a démontré que c’était dans le culte des divinités clithoniennes et productrices, essentiellement pélasgiques, qu’avaient dû se développer le plus particulièrement et le plus tôt les rites mystiques. Mais il a tiré de ce principe juste des conséquences exagérées en considérant comme chthoniennes toutes les divinités pour lesquelles il y a eu des ^Mystères. Si Déméter et le Dionysos primitif, celui des plus anciennes fêtes triétériques, ont eu ce caractère, nous ne savons pas exactement quel était celui du Zeus crétois dont les Mystères passaient pour très anciens9.

L’apparition des rites mystiques remonte probablement à une très haute antiquité, à l’époque même de l’établissement des tribus grecques dans la Grèce. Si l’époque homérique les passe presque entièrement sous silence, c’est sans doute parce que les rhapsodes ont compris que l’élément héroïque s’accommode mal de l’élément mystique; d’ailleurs les rites de l’évocation des morts par Ulysse et les épithètes que porte Dionysos 10 laissent voir que l’épopée suppose déjà les plus importants des dogmes et des mythes des Mystères 11 .

III. Développement historique et influences étrangères. — Comme le montrent les Mystères de l’Asie Mineure et de la Phrygie, nés du fonds de traditions religieuses commun à ces peuples et aux Grecs, les cultes pélasgiques pouvaient spontanément donner naissance aux Mystères grecs. Mais cependant il faut faire ici une large part aux influences étrangères, même pour l’époque primitive. On a mis hors de doute l’influence de la Thrace pour les Mystères de Dionysos [Baccuus, dionysia]. Celle de l’Égypte pour Déméter est également certaine. C’est à tort qu’on12 a souvent rejeté sur ce point les assertions unanimes des auteurs grecs13, en prétendant qu’ils avaient été trompés par des analogies superficielles, par les assertions mensongères, les rapprochements arbitraires des prêtres égyptiens. Les témoignages qu’on a sur la marine égyptienne pour la sixième dynastie, surtout pour Thoutmès III, sur l’existence d’un empire égyptien dans le bassin de la mer Égée du xvnc au xinc siècle, les découvertes d’objets égyptiens dans la tombe dite de Minyas à Orchomène, dans celles de Mycènes, dans une nécropole d’Eleusis antérieure au vme siècle14, et surtout les découvertes récentes faites à Cnossoslàen Crète ont confirmé les textes classiques et prouvé que l’Égypte a été en rapports directs avec la Grèce au moins dès le xvi° siècle. Ce n’est donc pas sans raison que les Grecs ont assimilé Déméter et Dionysos avec Isis et Oisiris. Isis et Déméter sont toutes les deux des déesses de l’agriculture

— 6 Preller, L. c. — 7 Philostr. Vit. soph. 1, 15, 17. — 8 L. c. — 8 üiodor. 5, <7.

— 10 II. G, 130. — U C'esl aussi l'opinion de Gruppe, Orpheus , p. 1073 (Roscher, L.c.). — 12 Lobeck, L. c. p. 1102; Maury. Hist. des religions de la Grèce , 2, p. 303. — 13 Diod. I, 29, 97; 4, 25, I ; Herod. 2, 40-49, 171. — U Voir Foucart. Uech. sur l'origine et la nature des myst. d’Eleusis (I), p. 11-12; Les grands myst. d’Eleusis, personnel, cérémonies (II), p. 148-155; ’Eyrm. &j/.. 1898, p. 30- 122, pl. ii-vi. M. Foucart indique en outre la ressemblance entre le lac sacré de Délos et les étangs sacrés des temples égyptiens. — 13 Voir Wolters, Jahrb. des arch. Inst. 1900, Anzeig. p. 141-151 ; Evans, dans Annual Brit. sch. AI liens, t .VII à VIII.

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et de la civilisation1. 11 y a une ressemblance étroite entre la mission de Triptolème et celle d’Osiris2. Osiris est aussi, en Égypte, le roi des Enfers3. Nous savons, d’autre part, que la religion d’Isis avait, en Égypte, des représentations sacrées de l’histoire de la déesse, que ne connaissaient pas les profanes et que les initiés ne devaient pas révéler4 S *, et que l’initiation garantissait le bonheur dans l’autre monde s. Certains rites grecs, la nécessité pour l’hiérophante d’avoir une voix juste, pour les mystes d’avoir une voix intelligible, l’obligation de ne révéler qu’aux initiés le nom vériLable des dieux des Mystères paraissent également s’expliquer par des croyances égyptiennes fi.

On a répondu victorieusement 7 à l’objection que chez les Égyptiens il y a le couple Isis et Osiris, tandis que chez les Grecs Osiris a disparu et n’a été remplacé que plus tard par Dionysos : le culte classique d’Éleusis a caché le culte plus ancien d’une divinité chthonienne, mâle et femelle, appelée « le dieu et la déesse », b Oebç xa't vj 6eâ, qui figure sur une inscription du ve siècle av. J.-C. à côté de Déméter, Coré, Triptolème et Eubouleus 8, sur des bas-reliefs où le dieu s’appelle Pluton9; elle a encore un prêtre à l’époque d'Hadrien 10, et le culte de Pluton a été restauré sous l’administration de l'orateur Lycurgue. Dans l’Attique, le dieu mâle, que le dieu des Enfers Aidoneus représente encore dans l'hymne homérique à Déméter, a été démembré de bonne heure en héros Triptolemos et Eubouleus, synonyme de Pluton, et la déesse s’est décomposée en deux déesses, Déméter et Coré, dont le rôle est devenu prépondérant. Nous constatons la même évolution dans les îles où le culte primitif s’est souvent mieux conservé. A Myconos11 on trouve, d’une part, Zeus Chthonios et Gè Chlhonia, de l’autre Déméter, Coré et Zeus Bouleus; à Paros, où Hérodote appelle Déméter une divinité chthonienne, on trouve Déméter, Coré, Zeus Eubouleus12. Amorgos, Délos, Cnide possèdent la même triade 13; à Hermione et Asine, la vieille divinité tellurique dont on célèbre encore très tard la fête, les yôovta, a formé aussi une Déméter Chthonia, une Coré et un dieu infernal, Clymenos 14.

A quel moment la divinité primitive a-t-elle subi la transformation et les dédoublements qu’on vient de voir et reçu la légende de Déméter et de Coré? On peut remonter jusqu’à l’époque probable de la fondation des colonies ioniennes de l'Asie Mineure et de l’Archipel, jusqu’au xie siècle. C’est vraisemblablement par les fondateurs de ces colonies que la triade dite éleusinienne, de Déméter, de Coré et de Zeus Eubouleus, a éLé importée dans les Cyclades, et ailleurs, ainsi à Ëphèse et à Milet15. Elle s’est propagée rapidement aussi dans les

1 A l’époque postérieure les prêtres révèlent aux mystes le caractère tellurique d' Isis (Heliodor. 9, 9, 362); cf. Lactanl. Inst. 1, 21. — 2 plut. De Is. et Os. 13; Diod. 1, 14, 19-23; Serv. Georg. 1, 19. — 3 Herod. 21, 2 3. — 4 Herod. 2, 171 ; Plut. De Is. et Os. 27; Jamblich. De myster. Aegypt 6, 3; Philosophoumen. 5, 7; Paus. 10, 32, 9. — 3 Voir Maspero, Études de myth. et d’arch. égypt. II, p. 14. — 6 Paus. 8, 38; Herod. 2, 61, 170-171.

Voir Foucart, I, p. 29-38. La mention de la barque ( Corp . inscr. att. 4, p. 169, I. 17-18) suppose peut-être aussi une imitation à Eleusis de la pêche sacrée des Mystères égyptiens, encore usitée chez des isiaques de Callipolis (Bull, de cor r. hell. 1877, p. 410). — 7 Foucart, Bull, de corr. hell. 1883, 7, p. 387-404;

Rech. I, p. 23-29. Voir l’art, eususinia, p. 544-546. — 3 C. i. att. 4, p. 62.

9 Ath. Mitth. 16, p. 4; 17, p. 127. — 10 C. i. att. 3, 1109. — il Dittenberger,

S y II. 2" éd. n° 615, 1. 26, 15-18. — 12 Herod. 6, 134; ’ASriv. a, p. 15. — 1-3 Ath.

Mitth. 1, p. 334; cf. Dittenberger, Z. c. 753 ; Bull.de corr. hell. 1890, p. 505, n. 4;

Newton, Halicarnassus , II, p. 714. — 14 Strab. 8,6, 12; Paus. 2, 33, 4-10;

autres parties du monde grec. Éleusis paraît tirer son nom d’une épithète de la divinité, évT|Xu<ii7], eiXetOuia, qui rappelle son séjour légendaire dans beaucoup de loca lités. Déméter avait le surnom d'Éleusinie dans plusieurs endroits de la Laconie, de la Béotie, de 1 Aicadie16, et on ne peut admettre que cette épithète soit venue partout d’Éleusis; il y avait le mois Eleusinios a Théra et à Olus en Crète17; en Béotie, près du lac Copaïs, il y avait eu une Eleusis disparue18; une insciiption archaïque de Laconie mentionne le concours des Eleuhynia 19 . Beaucoup de Mystères, par exemple ceux de Despoina dans l Arcadie, paraissent aussi anciens que ceux d’Éleusis.

L’influence de l’Égypte sur les Mystères de Déméter parait donc incontestable. Mais peut-être y a-t-il eu aussi l'influence simultanée des Mystères béotiens de Dionysos. Les plus anciennes fêtes de Dionysos, du dieu de la végétation, les Triétériques du Cithéron et du Parnasse, les A’noXetat d'Orchomène avaient en effet aussi un caractère mystérieux par l'exclusion des hommes, l’inspiration divine, les rites purificatoires, les initiations. Euripide, dans les Bacchantes, y voit de vrais Mystères soumis à la loi du secret20.

Pendant cette période, le caractère agraire domine encore dans les fêtes de ces divinités chthoniennes transformées. Ce sont les Haloa , les Chloia, les A alamaiu2* , et en général les Thesmophoria. Les Haloa ont gardé jusqu’à la fin le caractère de Mystères, avec une initiation accessible aux femmes seules, un échange d apostrophes grossières, la représentation des organes des deux sexes, l'interdiction d’un certain nombre d aliments, tels que la grenade, la pomme, les oiseaux de basse cour, les œufs, le rouget, le squale22. Il en est de même des Thesmophories : partout elles sont célébrées exclusivement par les femmes, de naissance civique, mariées légalement et qui doivent s’abstenir de rapports charnels pendant la fête et sans doute quelque temps auparavant23. Elles comportent certainement une initiation ; c'est attesté pour Smyrne, pour Myconos24, et plusieurs textes appellent cette fête de l'Attique les Mystères d’Halimus25; à Athènes, la direction, le droit de sacrifier et d’initier appartiennent à la prêtresse de Déméter20. Ces Mystères n’ont pas encore de rapport avec la vie future; ils n’expriment symboliquement que la fécondité universelle.

11 est probable que les Mystères des Grands Dieux ont eu la même origine et le même développement. C’est sur le culte d’une divinité pélasgique et chthonienne antérieure que s’est greflé partout, à Samothrace, à Délos, à Imbros, à Lemnos, àThèbes,àAndania,le culte desCabires phéniciens devenus les Grands Dieux. A Samothrace, la

Atlien. 14, 624 E; C. i. gr. 1194; Le Bas-Waddington, Voy. arch. Pelop. 159 b.

— 13 Strab. 14, 1, 3; Herod. 6, 13; 9, 97. — 16 Paus. 3, 20, 5; 8, 25, 2; 8, 29, 5; 9, 4, 3; Plut. Aristid. 11. — 17 C. i. gr. 2448, H, 8; III, 4; 2554. — 18 Strab. 9, p. 407. — 19 Inscr. gr. antiguiss. 79. — 20 Euripid. Baccli. 470; Diod. 4, 3; Paus. t, 40, 5; 2, 7, 6; 2, 37, 2-3; 10, 0, 2; Stat. A cliill. 1, 592; voir Lobeck, L. c. 672, 693; Maury, L.c. 2, p. 200-202; art. bacchus, p. 632-633. — 21 A Eleusis, C. i. att. 4, 2, 614 4, 1. 9; à Milet et dans les colonies de Milet, Cyzique et Olbia, il y a le mois Ka7a^aiùv (C. i. gr. 2082, 3663 A; Arch. Zeit. 1876, p. 128).

— 22 Scliol. ad Lucian. Dial, meretr. 7, 4, dans Rhein. Mus. 1870, p. 557. Tôpffer (Attische Genealogie, p. 94) rapporte à cette fête l'initiation de la prêtresse des Philaïdes (Hesych. s. v. du'UsïSai). — 23 Scliol. ad Lucian. L. c. ; Paus. 4, 17, 1; Herodot. 6, 16; Diltenberger, L. c. 615; voir Preller, Demeter und Persephone, p. 343. — 24 C. i. gr. 3194; Diltenb. L. c. 615, 1. 23. — 25 Clern. Alex. Protrept. 2, p. 67-92 ( Patr . gr. I. VIII); Arnob. Adv. gent. 5, 2. — 26 Dcm. 59,

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déesse femelle s’est décomposée en deux déesses, Axieros, Àxiokersa (Déméter, Coré), et les dieux mâles les Cabires ont été assimilés à d’autres dieux d’origine pélasgique, Axiokersos à Zeus, Hadès ou llephaistos, plus tard à Dionysos, et Casmilos à Hermès, plus tard à Dionysos jeune [Cabiri, 1, p. 757’ 1 . Nous ne savons rien de précis sur Délos, 2 ni sur Imbros où la vieille divinité était sans doute Hermès ’T(/.6pagoç3. A Lemnos c’est à Héphaistos, le dieu chthonien du feu, qu’avait été assimilé le principal Cabire, et ce sont probablement les Mystères d’Héphaistos qui ont subsisté sous le nom de Mystères des Grands Dieux4. A Thèbes, les Mystères desCabires remonteraient, d'après Pausanias s, à une très haute antiquité; mais la partie la plus ancienne du Cabirion qu’on a retrouvé ne parait pas antérieure au vie ou au v° siècle av. J.-C., et l’existence de deux fosses à sacrifices prouve qu’ici encore le culte des Cabires s'était ajouté à un vieux culte chthonien ; le Cabire principal fut identifié avec Dionysos et le Cabire secondaire avec un Dionysos jeune, car une coupe représente le premier avec les traits de Dionysos et le second comme un enfant jouant 6. Nous savons d’autre part que Déméter Ivabeiria et Coré avaient un temple voisin du Cabirion; elles avaient donc été associées au culte des Cabires, plus tôt que ne le dit la légende rapportée par Pausanias1, et c’est probablement dans leur temple qu’avaient lieu les Mystères; le Cabirion n’était qu’un temple secondaire. A Andania nous ne savons pas exactement quels étaient les dieux des Mystères8; Pausanias donne Déméter et Coré (Hagna); l’inscription ne cite que les Grands Dieux auxquels sont associés plusieurs dieux et déesses qui reçoivent des sacrifices au moment de la fête, Déméter, Apollon Carneios, Hermès, Hagna, la nymphe de la source. Les vrais dieux des Mystères paraissent donc être les Grands Dieux; cependant le rôle que jouent des figurantes dans la représentation sacrée nous fait croire que Déméter y avait sa place. Nous trouvons donc probablement ici encore une triade mystique composée de Déméter et des Cabires, dont le culte a continué un ancien culte chthonien.

IY. Le problème de la vie future. — Nous arrivons ensuite à une deuxième période, où dans tous les Mystères en général s’introduit un élément nouveau, le problème de la destinée humaine, la croyance à l’immortalité de l’âme. Le terrain avait été préparé parles progrès de la civilisation, de la pensée religieuse et philosophique. Mais faut-il croire que cette notion de l'immortalité de lame serait sortie par une évolution naturelle de la religion primitive et naturaliste des Grandes Déesses d'Ëleusis, ou faut-il encore ici admettre l’emprunt à l’Égypte de la doctrine de la vie future ? La seconde opinion paraît la plus vraisemblable. Elle est fortifiée par l’extraordinaire ressemblance qu'il y a entre les Mystères d'Isis et ceux de Déméter9. A quelle époque

1 Voir Roscher, Lexik. Megaloi Theoi, p. 2522-2541. — 2 Jamblich, Vit. Pijth. 28, 151. Sur la découverte du temple des Cabires, voir Bull, de corr. hell. 7, p. 334. — 3 Eustalli. ad Dionys. Perieg. 524; Stcph. Byz. s. v. 'I(i6fo5; Cic. De nat. deor. 1, 42, 119; Jamblich. Vit. Pyth. 28, 151 ; Bull, de corr. hell. VII, 1883, p. 164-166. — 4 Accius, Philoct. fr. 2; Philoslr. Heroic. 740. — 5 9, 25, 5. — 6 Ath. Mitth. 13, 87, fig. 3, laf. îx. A côté des prêtres des Cabires, il y avait des xaêtjLàpxai, d’abord quatre, puis trois, puis deux ( lnscr . Gr. sept. 2428). 7 4, 1, 7. — 8 Le Bas-Waddington, L. c. 326 a, avec le commenlaire de Foucart; Dittenberger, L. c. 653 ; Sauppe, Die Mysttrieninschrift von Andania , Gotting. 1860; Paus. 4, 33, 5. — 9 Lenormant, qui combat cette opinion, admet d’ailleurs sur ce point l'analogie des doctrines des deux pays [eleusinia, p. 549 g n 96], — 10 Frag. 201 (éd. Didot). — u Dumont et Chaplain, Céram. de la

s’est produite cette innovation ? Quand apparaissent, à côté des anciens Mystères, des Haloa, des Thesmophoria les nouveaux Mystères, ouverts aux deux sexes, qui comportent plusieurs degrés d’initiation et garantissent lc bonheur après la mort ? A propos du culte éleusinien Hésiode ne cite pas les Mystères10, mais ils sont dans l’hymne homérique à Déméter [eleusinia, p. 574 B], On peut donc accepter la date du vu® siècle av. J.-C. pour Éleusis. Le même changement a dû aussi se produire à Samothrace. Le vu® siècle est précisément la date où les Ioniens d’Asie Mineure et les Grecs insulaires entrent en contact direct et définitif avec l’Égypte, par la fondation de Naucratis et de Daplinæ, dans le Delta du Nil 11 . C’est probablement un peu plus lard, dans la première moitié du vi° siècle 12, qu’il y eut une sorte de fusion des Mystères dionysiaques et des Mystères des Grandes Déesses, que Dionysos, encore absent dans l’hymne homérique, supplanta définitivement le vieux dieu pélasgique Pluton-Hadès, et que dans certains endroits, comme à Lerne, à ses anciennes fêtes furent associées Déméter et Coré l3.

A partir de ce moment nous assistons à un immense développement des Mystères que favorisent l’extension du commerce, des relations de la Grèce avec les pays voisins, l’affluence des métèques et des esclaves étrangers, les nouveaux besoins moraux, le progrès de la croyance à l’immortalité de l’âme qui exige de nouvelles purifications, de nouvelles garanties pour la vie future. La religion d’Éleusis s’étend dans tout le monde grec, soit par la fondation de Mystères similaires, soit par la transformation d’anciens cultes pélasgiques. On s’efforce partout, au détriment de la vérité historique, comme le montrent les traditions recueillies par Pausanias, d’assimiler à Déméter et à Coré de vieilles divinités locales, d’attribuer à Éleusis l’origine de tous les Mystères.

D’autre part les Orphiques introduisent quelques innovations dans les Mystères. On a souvent exagéré l’influence de l’orphisme sur ce point [orpiieus]. La cosmogonie de l’orphisme, sa doctrine de l'autre vie fondée sur la métempsycose et la palingénésie n’ont certainement jamais pénétré dans les Mystères. Mais c’est l’orphisme qui a fait entrer à Éleusis la légende du Dionysos Zagreus, très probablement représentée dans les Mystères14, qui, n’étant au fond que la légende d’Osiris, venait probablement aussi de l’Égypte, peut-être par l’intermédiaire de la Crète13. L’orphisme a dû aussi influer sur d'autres Mystères, par exemple à Samothrace [cabiri, p. 757] ; une coupe trouvée au Cabirion de Thèbes 16 montre des personnages et des noms orphiques, l’homme primitif G paTÔXaoç, un personnage féminin lipa-eiot 17, le mot Mi'toç (semence)18.

A partir de la guerre du Péloponnèse, la Grèce est envahie parles Mystères étrangers, de plus en plus com-

Gréce propre. 1, p. 308 ; Mallet, Les premiers établissements des Grecs en Égypte , dans le tome XII des Mémoires de la Mission du Caire ; Poltier, Calai, des vases du Louvre, p. 492. — 12 Art. eleusinia, p. 549 B; Gruppe dans Roscher, O. c. Orpheus. p. 1096-1098. — 13 De Bas-Waddington, L. c. 142 b.— 14 Theodor. p. 819-822 (Patrol.gr. t. LXXXIII); Firmic . De error. prof, relig. 6; Plut. De ls.et Os. 25; Cletn. Alex. L. c. La représentation de la barque (note 6, p. 2135) se rattacherait à cette légende. — 15 Diod. 5.64. Le rôle que Lenormant [eleusinia, p. 550 B] attribue dans ces innovations orphiques à la famille des Lykomides qui aurait eu, apres 380, après les Keryces, l’office de la dadouchie (d’après Bossler, De gentibus et familiis Atticae ), est faux ; des inscriptions de Delphes ont prouvé que les Keryces n’ont iamais été dépossédés de ces fonctions (voir Foucart, Mémoire, 11, p. 47-49). -1 « Voir note 6. — V' V. Kaibel, Hermes, 25, p. 98.— Clem. Alex. Strom. 5, p. .

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pliqués, déréglés; la Phrygie, l’Asie Mineure, la Syrie, l’Égypte introduisent les cultes de Sabazios, d Attis, de Cybèle, d'Aphrodite, d’Isis, soit publiquement, soit dans les thiases. Ils agissent et réagissent les uns sur les autres.

Y. Les Mystères dans le monde romain. — Le monde romain reçoit dès la République et agrandit considérablement sous l’Empire cet héritage de la Grèce, de 1 Orient et de l’Égypte. Le syncrétisme religieux qui se développe surtout à partir du nc siècle ap. J.-C.1, la préoccupation de plus en plus marquée de la vie future, la multiplication des confréries religieuses favorisent encore l’extension des Mystères. C’est dans les Mystères que les dévots cherchent l’union mystique avec la divinité. Ce sont les Mystères que les païens opposent au christianisme. Ils sont plus populaires que jamais ; presque tous les dieux ont les leurs ; il en naît de nouveaux, par exempie ceux de Mithra [mithra]. C’est une mode que de se faire initier au plus grand nombre possible de Mystères pour y trouver la vérité universelle2. Les doctrines philosophiques affectent des formes mystérieuses 3. Les ' charlatans font des parodies des Mystères : sous Marc- Aurèle, Alexandre le Paphlagonien institue à Abon les Mystères de son dieu Glycon, en exclut les chrétiens, les épicuriens, les athées, y célèbre la naissance d Apollon, d'Esculape et de Glycon, le mariage de la mère d'Alexandre avec Podalire, fils d’Esculape, les amours d’Alexandre avec la Lune, la naissance de la femme de Rutilien 4. L'acharnement avec lequel Clément d’Alexandrie, Arnobe, Laclance s’attaquent aux enseignements des Mystères montrent quelle importance ils conservaient à la fin du paganisme. Ils paraissent d’ailleurs alors s’être fondus les uns dans les autres, avoir accepté de nouvelles interprétations philosophiques. La philosophie néoplatonicienne parait s’être introduite dans les enseignements des hiérophantes d’Éleusis5, et inversement les xsXexat théurgiques des néoplatoniciens, avec leurs incantations, leurs sacrifices, peuvent être considérées comme des Mystères philosophiques.

Plaçons-nous de préférence à la fin de 1 histoire de la Grèce indépendante pour étudier les Mystères.

VI. Terminologie. — Trois mots ont désigné les Mystères : TeXexat, opyia6, jj.ucT7jpia;enlatin,le mot initia ■ )jC mot opyta, qui a eu au débutunsens très large, a fini par désigner surtout les transports extatiques du culte de Dionysos. Le mot teXstŸ), d’abord aussi d extension très large, a désigné dans un sens restreint l’état que procure l’accomplissement des rites, la perfection de 1 initiation 8. MuoxVjptov 9 vient de (j.ûu>, fermer la bouche10, et signifie le secret, le culte secret, les actes rituels et aussi les objets du culte (xà pwaxtxx, xâàî tô^Tixa). Mûdxixoç a pris par extension le sens de symbolique, d allégorique

VIL Classement. — Les listes que nous avons des Mystères sont très incomplètes 12 et il est difficile de les classer systématiquement 13. On peut cependant distinguer : les fêtes mystiques avec ou sans initiation, les

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Mystères complets, les Mystères des tlnases, les Mystères orphiques.

A. Les fêtes mystiques. — 1° Les Dionysies [racculs,

moNYsu]. Ce sont des fêtesorgiastiques, surtout nocturnes.

On a vu le caractère des anciennes fêtes triétériques de Dionysos, célébrées d’abord dans la Béotie, puis a Delphes où tous les neuf ans la fête mystérieuse dite 'Hpov.ç célébrait le retour de Sémélé de l’enfer l4, et dans une foule d’autres villes grecques15, ainsi à Lerne, à Magnésie du Méandre16, peut-être à Sparte où il y avait vers le Taygète, à côté de l’ancienne ville de Bryseai, un temple de Dionysos ouvert aux seules femmes n. Plus tard c’est le nouveau Dionysos mystique, devenu chthonien par son assimilation avec Hadès et son union avec Déméter, qui est le dieu des Mystères dionysiaques célébrés soit officiellement, comme ceux de la Grande Grèce, soit dans des thiases et des corporations d’orgéons, en Grece, en Italie, à Rome [bacchanalia]. Quant aux fêtes de Dionysos à Athènes, il est probable qu’il y avait des rites mystérieux aux Lénéennes, puisque l’archonte-roi y jouait un rôle avec les épimélètes des Mystères. Aux Anthe»téries il \ avait le deuxième jour une cérémonie mystérieuse à la fois au vieux temple de Dionysos à Limnai, ouvert seulement pour cette fête18-, et dans le Bucoléion, local de l’archonte-roi : le rôle principal appartenait à la Basilissa, femme du Basileus, qui devait être Athénienne de naissance et n’avoir été mariée qu’une fois, et aux Gerairai (yspapaî) choisies par l’archonte-roi parmi les matrones. Elles juraient sous l’assistance du hiérokeryx de remplir les conditions nécessaires, de ne rien révéler ; elles accomplissaient certains rites à quatorze autels; la Basilissa entrait dans le Bucoléion et, avec des rites inconnus, contractait avec Dionysos le mariage secret dont nous ne connaissons pas le sens i9.

2° Les halo a et les thesmophoria de l’Attique, fêtes déjà vues [ceres].'

3° Les Thesmophoria du monde grec [ceres] 20. Ajoutons ici quelques détails. A Pellène, en Achaïe, les Thesmophoria du Myseon duraient sept jours; pendant deux jours la fête était commune aux deux sexes; le troisième était réservé aux femmes avec des rites nocturnes; puis les hommes étaient de nouveau admis21. A Smyrne, le collège des Mystes de Déméter Thesmopkoros avait à sa tète deux femmes des premières familles, les QsoXôyoi 22.

4° En Arcadie, Acacesion près de LycosouraetThelpusa avaient le très ancien culte mystérieux de Despoina [eleusinia, p. 544-545 ; ceres, p. 1028] ; à Acacesion il y avait un megaron souterrain, le rituel était affiché dans un portique 23, et on y a trouvé récemment une inscription 24 qui contient les prescriptions suivantes : on ne devait porter dans le temple ni bijoux d’or, ni bagues, ni vêtements de pourpre ou brodés de fleurs ou de couleur foncée, ni sandales; les hommes ne devaient pas être couverts, les femmes ne devaient ni avoir les cheveux relevés, ni se faire initier étant enceintes ou allaitant.

t V. Révilie, La religion à Rome sous les Sévères, p. 142 sq. — 2 Apul. Apol. 140. — 3 Tertull. Ad Valent. 1 ; Porphyr. Vit. Plot. p. 104 (éd. Dklot); Euseb. Praep. ev. 5, 5, 5.— 4 Lucian. Alex. 38 sq. —3 Eunap. V. Porphyr. p. 457; V. Maxim, p. 474-475 (éd. Didot) ; Theodor. L. c. - 6 TO.^ d'abord dans Hésiode pour les fêles de Dionysos (Apotlodor. 2, 2, 2); cf. Diod. 5, 49 ; Plut. Thés. 25. d'abord dans l'hymne à Déméter et la loi de Solon ( Di g .

47, 22, 4); Paus. 4, 2; Plut. Caes. 10. — 7 Varr. De re rust. 3, 1. — 8 Ol eete- )n»;iuvôi 'Ejheï, les initiés d’Hermès (Bull, de corr. hell. 7,p. 164-106,'. — 9 D'abord

dans Herod. 2, 51. — 10 D'où |»-jeïv initier, |iutï»8oti être initié (avec l'accusatif).

— U Voir Lobeck, L. c. p. 85-87. — 12 Clem. Alex. L. c. — *3 Essais de classement dans Preller, L. c. — *4 Plut. Qu. gr. 12. — 13 Diod. 4, 3.

— 18 Voir p. 2136, note 13 ; Rev. ét. gr. 1890, p. 352. — U Paus. 3, 20, 4. — 18 Dem.

59, 76. — 19 Id. 59, 78; Poil. 8, 108; Etym. magn. 227, 35; Harpocr.

Hesych. s. v. yE?aptt;, Aristot. Atli. Pol. 3, 5. — 20 Voir Roscher, Lexik.

art. Kore und Demeter, p. 1284-1379, - 21 Paus. 7, 27, 9-10. — 22 C. i. gr.

I 3194, 3200. — 23 Paus. 8, 37, 8-9; 8, 38, 5; 8, 27, 6. — 2< Ditlenberger, L. c. 939.

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5° A Ëpidaure et à Égine la fête de Damia et Auxesia, divinités chthoniennes, assimilées plus tard à Déméter et à Coré ; les rites rappelaient les Thesmophories ; les femmes échangeaient des injures ; chaque divinité avait un collège de dix prêtres qui conduisaient les chœurs; Ëpidaure seule avait la partie mystérieuse du culte1.

6° La fêté annuelle d’Héphaistos ou des Grands Dieux a Lemnos : pendant les neuf jours où un navire allait à Délos chercher le feu nouveau, les feux restaient éteints ; il y avait des purifications, des expiations, des appels à des dieux chthoniens ; les hommes et les femmes observaient la continence 2.

"u La fête des Dioscures, des àvaxreç 7taîo£ç, à Àmphissa de Loeride3.

8° Les Mystères de Zeus dont nous ne savons presque rien. A Cnossos de Crète, le mythe de Zeus, en particulier ses noces avec liera, avaient des représentations publiques4 : faut-il croire, avec Preller B, que la fête du dieu du ciel avait lieu, non pas la nuit, dans un enclos secret, mais de jour, en plein air, sans préparation spéciale et qu’elle n’en comportait pas moins des actes mystérieux? Cette explication est satisfaisante; il y avait probablement en effet de vrais Mystères : Pythagore, initié par les Curètes, purifié avec une pierre de foudre, couvert de la toison d’une brebis noire, aurait pénétré dans l'antre du mont Ida et vu le siège où Zeus était né 6. Il y avait au Comyrion, dans l’enceinte sacrée de Panamara, près de Stratonicée en Carie, des Mystères sans doute de Zeus Kc-güpi&ç 7.

9° Le culte d’Hécate pratiqué à Lagina de Carie8, à Samothrace sur la colline zérinthienne 9, à Égine où il y avait probablement des rites expiatoires et où on demandait à la déesse de protéger contre la folie l0.

10° Les Mystères de Thétis, déesse d'origine chthonienne, dont nous ne connaissons guère que le nom11.

11° Le culte orgiastique de Rhéa, confondu de bonne heure avec celui de Cybèle12, en Troade, en Phrygie, en Grèce.

12° Les Mystères d’Aphrodite à Chypre13. En Thessalie elle avait une fête ouverte seulement aux femmes.

13° Les Mystères d’Artémis à Perge en Pamphylie **.

B. Les Mystères complets.

1° Les Mystères dits des Grands Dieux à Samothrace et dans les lieux qu’on a vus [cabiri]13.

2° Les Mystères d’Isis [isis, p. 582-585].

3° Les Mystères d’Éleusis [eleusinia]. Il faut y rattacher les Mystères qui en dérivent, dans les mondes grec et romain ; l’article ceres [p. 1023-1034] 16 a déjà énuméré avec leurs particularités ceux de Lerne, d’Hermione, d’Andania, de Phénéos, de Cyzique, de Syracuse. Ajoutons encore les cultes de Pellène1'; de Phlius où

l Paus. 2, 30, 4; Herod. 5, 82-83 ; un hiérophante d’Épidaure ap. C. i. gr. 1176. — 2 Voir note 4, p. 2136. — 3 Pans. 10, 38, 7 ; maison ne savait pas exactement -si c'étaient les Dioscures ou les Curètes. — 4 Diod. 5, 72, 3 ; 5, 77, 3. 5 L. c. — 6 Just. 20, 4 ; Val. Max. 8, 7, ext. 2 ; Porphyr. Vit. Pytk. 13. — 7 Bull. corr. hell. 1887, 11, p. 385, n« 3, 1. 26-27 ; 1888, 12, ip. 249, n. 4; p. 102, n» 22. — » Strab. 4, 2, 25; Newton, L. C. 2, 554; Le Bas-Waddington, L. c. As. Min. 519; Bull. corr. hell. 1881, p. 187. — 9 Schol. Aristopli. Pax, 277; Slrab. 6, 3, 20; Suid. s. V. Znpjvtiov. — 1° Paus. 2, 30, 2; Plut. De fac. in orb. lun. 29, 8 ; Lucian. JVavig. 15; Strab. 10, 3, 10; C. i. lut. 6, 1779. u ciem. Alex. L. c. — <2 Paus. 2,3,4; Strab. 10, p. 469. — 13 Clem. Alex, y.. c. — n Strab. 4, p. G07 ; Orig. C. Cels. 6, 22, p. 647. — 15 Voir note 1, p. 2136.

16 Roscher, O. c. Kore und Demeter, p. 1284-1379. — 17 Paus. 7, 27, 9-10; art.

eACCHUS, p. 596 B. — !» Paus. 2, 14, 1 ; art. bacchus, p. 596 A. — 19 Paus. I, 43, 2; Elym. magn. s. v. ’Avaxxi]8çtî. — 20 Paus. 8,29, 1. — 21 M. 8, 6, 2; Le Bas-Wad- ■dinglon, L. c. Pélop. 352 A, 1. 19 ; voir Fougères, Mantinée, p. 206-267. — 22 paus.

les Mystères pentétériques avaient un hiérophante qui pouvait se marier18; de Mégare au rocher Anakletra 19 ; de Trapezus d’Arcadie20; de Mégalopolisqui avait un immense telesterion ; de Mantinée où Coré avait un collège de prêtres annuels, les Kopayot, avec la fête des Choragia, des Mystères où on représentait le retour de Coré sur là terre, une procession où la statue de la déesse recevait l’hospitalité chez une femme de la ville et rentrait au temple, accessible au public pour cette circonstance21 ; de Sicyone où les hommes et les femmes avaient des locaux spéciaux pour la fête de Déméter Prostasia 22 ; de Béolie où nous ne connaissons que de nom la fête des ÈTrayOr, 23 ; de Mytilène 2t; de Paros 55 ; d’Éphèse où il y avait sans doute des Mystères à côté des Thesmophories26 ; de Néapolis (Naples21). En Italie, il faut voir une imitation des Mystères d’Éleusis dans la fête annuelle que les femmes célébraient à Borne, au mois d’août, en l’honneur de Cérès, dès la deuxième guerre punique, et qui est sans doute identique à ces Mystères de Cérès, dont parle Cicéron28, les seuls qu’il permette aux femmes : pendant toute la fête, les femmes ornées de bandelettes et d’une coiffure spéciale, vêtues de blanc, devaient s'abstenir de pain et probablement garder la continence ; la scène principale des représentations était les Orci nuptiae , sans doute une hiérogamie28. C’est sûrement aussi le culte de Déméter qui a transformé et revêtu d’un caractère mystérieux, probablement après la prise de Tarente, en 272, le vieux culte romain de la bona Dca [bonadea, l, p. 723] : ouvert aux femmes seules, il a un caractère public ; l’État offre le sacrifice par la femme d’un magistrat dans la maison duquel a lieu la fête, et par les Vestales; la prêtresse s’appelle damiatrix ; on connaît comme rites des abstinences, le sacrifice d’une truie, l’emploi du vin sous un autre nom, une veillée sacrée 30.

C. Les Mystères des thiases [tiuasos|. — Les cultes des thiases, sauf celui du Dionysos mystique, sont presque tous étrangers; pratiqués surtout par les étrangers et les esclaves, ils ont pour caractères communs les purifications, les danses orgiasliques, les symboles d’un naturalisme grossier. Les purifications et les expiations indiquées parlesagyrtes, métragyrtes, ménagyrtes [agyrtae, I, p. 169], effacentles fautes, assurent lebonheur après la mort31. Les principaux dieux connus sont:

1° Sabazios [sabazios]. Les Mystères thraces 32 de Sabazios avaient passé dans la Grèce et l’Asie Mineure, et s’y étaient confondus en partie avec ceux de Cybèle et surtout ceux de Dionysos. Dans l’Asie Mineure, le Dionysos de beaucoup dethiasesestsans doute Dionysos Sabazios ; les mysles s’appellent souvent (îouxoXot. A Pergame33 on trouve un àpyiëo üxo)xç (archibuculusiu), des ûu.vootoâ<jxaXct,

2,11,3.-23 plut. De Is. et Os. 69. — 24 C. i. gr. 2177. - 23 Sleph. Byz. s. v. Ilàço;; Hesych. s. v. KaSàfvo,; C. i. gr. 2388 : voir noie 12, p. 2135. — 26 Flrab. 14, p. 633; Dillenberger, L. c. G55. — 27 Stat. Silu. 4, 8, 50. — -s Leg. 12, 21, 37. — 29 Fest, p. 154 ; Arnob. 5, 16 ; Tertull. De moncg. 17 ; De pall. 4; Serv. Georg. 1,344: Ephem. epigr. 4, 866; C. i. I. 6, 1779; voir Wissovva, Beligion und Kultus der Borner , p. 245-246 ( Handb . d. kl. Altert. B issensch. V, +).

30 Fest. p. 52; Cic. De har. resp. 37; AdAtt. I, 12, 3; 1, 13, 3; Ascon. p. 43-

47; Serv. A en. 8, 314; Juv. 2, 86; 9, 117; Plut. Caes. 9-10; Cic. 19, Qu. rom. 20; Macrob. Sat. 1, 12, 25; Laclanl. Inst. 1, 22, 9; Tertull. Ad nat. 2, 9 ; voir Wissowa, L. c. p. 177-178. — 31 Plat. Pol. 2, p. 364; Plut. Apoph. lac. p. 276; Déni. 19, 249; Thcophr. Charac. 1, 16; Jamblich. De myst. Aegypt. 3, 10. Voir Foucart, Des assoc. relig. chez les Grecs, p. 176. — 32 Euripid. Blies. 9/0- 973; Heuzey, Mission de Macédoine , p. 128; art. bacchcs, p. 597 ; cistopuori, ci>ta mystica. - 33 Hermès, 1872, p. 39; il y a aussi à Périnthe un b.n Msolo; et un (Eph. épigr. 3, p. 23, n° 605). - 34 Orelli, Inscript. 2335, 2352.

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des <ret>.Vjvio». 1 , un cliorège ; à Anollonia 2, un Xtxvocpôpo;, un [î&uxoXoç, un x'.ffxo'pôpoç, un xpocxTjptaxôç, une àpyiêaffirapa , à Téos 3, les mystes de Dionysos Syitxvsio? ; à Smyrne S les mystes de Dionysos Briseus avec un |îàxyoç, un TtaxpopuiffTTi;, un ûfjtvooodç. A Alhènes, dans le thiase de Sabazios5, à l'époque de Démosthène, les fidèles, couronnés de peuplier blanc et de fenouil, faisaient pendant le jour des processions, où figuraient la corbeille aux gâteaux sacrés et le van mystique, aux cris de : eùol caëoï, Ü7)ç axx7)ç ; la nuit avaient lieu les purifications et l'initiation, dirigées par une prêtresse ; un lecteur, àva yvciffxr,;, lisait sans doute les formules à l'initié ; le purificateur, xaôapxv];, portait la nébride; 1 initié était arrosé avec l’eau du cratère, frotté avec 1 argile et le son, et répétait la formule : « J’ai fui le mal, j ai trouvé le mieux»; il y avait certainement une époptie avec une hiérogamie, l’union de Zeus transformé en serpent avec sa fille Coré-Pherephatta, d'où naissait Sabazios à la figure de taureau. Un acte symbolique était 1 introduction du serpent par le haut du vêtement des initiés6. On peut rattacher à Dionysos Sabazios Isodaites et Nycteleos, dont les thiases célébraient des Mystères avec initiation et époptie [isodaites]7.

2° Adonis, dontle culte, pratiqué surtout par les femmes et les courtisanes, avait des rites orgiastiques et des Mystères d’un naturalisme grossier8.

3° Attis et Cybèle [cybele]9. Les Mystères phrygiens de Cybèle, dont les légendes étaient analogues a celles d’isis ,0, s’étaient répandus dans l’Asie Mineure, en Grèce, souvent mélangés à d'autres cultes, à ceux de Rhéa, d’Hermès11. A Athènes lesOrgéons du Pirée célébraient les Mystères d’Attis avec des purifications, des exhibitions d’objets sacrés, des représentations, une époptie ; certains actes des Mystes étaient indiqués par la formule, analogue ù celle d Éleusis : « J ai mangé dans le tympanon, j’ai bu dans la cymbale, je suis devenu myste d’Attis ,2. »

4° Bendis [bendis, I, p. 6S6] et Cotytto [cotytto, II, p. 1351]. Dans les thiases de Cotytto, les initiés avaient à peu près les mêmes rites que ceux de Sabazios ;il y avait la purification par l’eau, comme l’indique lemotpxixxai,etles mêmes objets symboliques que pour Cybèle, le tambour et la toupie 13 .

D. Les Mystères orphiques. — Les plus anciens écrits orphiques, composés probablement à 1 époque de Pisistrate14, étaient le résultat d’un syncrétisme religieux et philosophique, le mélange de nombreux éléments, grecs, orientaux, phrygiens, et surtout égyptiens )o; aussi y at-il des rapports nombreux entre les cultes de 1 Attique et la littérature orphique16. La théologie orphique sur le

1 Cf. Lucian. De sait. 79. - 2 C. i. gr. 2052. - 3 Le Bas-Waddington, !.. c. As. Afin. 106. — 4 C. i. gr. 3173, 3176, 3190,3195. — “ Aristoph. Lysist. 386-390; Vesp. 9; Dcm. 18, 239, 259-260; Schol. ad Dem. 313, 26; 431, 25; Strab. 10, 3, 18 ; Plut! De snp. 7; Bekk. An. 293, 13; Lucian. Tragodop. 30. — 6 Diod. 4, 4, Clem. Alex. L. c.\ Arnob. c. 5; Firm. Mat. c. 2. - ' Hyper. Fr. 214, 215, 217; Vit. X. Orat. Nyp. 20; Athen. 13, 590 D; Plut. Qu.gr. 112; Serv. Ad Aen. 4,

302. 8 Clein. Alex. L. c. ; Dipliil. Frag. 24, v. 38-40. — 9 Foucart, Assoc.

p. 84-100, et catalogue n° 4, 1. 6-8, p. 191. - 1» Cornut. De nat. deor. c. 28.

— U Dion. Hal. 1, 61 ; Herod. 4, 76; Paus. 7, 17, 5; 2, 3, 4; Hcrod. 1,11; Lucian. De deaSyr. 15; Schol. Aristoph. Vesp. 876; Schol. Homcr. II. 6, 130; Julian. Oral. 5, p. 218; Clem. Alex. L. c. ; Thcodor. L. c. ; Marin. Vit. Procl. 33

— 12 Firm. Matern. De error. prof, relig. 18, éd. Halm. — l'*Strah. 10,4/9; Eupol. Frag. 7 et 10; Hesych. s. ». Kotutto ; Athen. 4, 192 ; Suid. s. v. Kotu;; Tertull. Adv. Valent. 12, 161 ; Juven. 2, 92; Philosophoum. p. 117, 119 ; Bekk! An. 246, 19. Voir Lobeck, L. c. p. 1007-1024. - 14 Herod. 7, 6; Paus. 8, 37, 5.-15 Herod. 2, 81 ; Diod. 1, 96. — 16 Voir Lobeck, L. c. p. 585, 754, les hymnes orphiques, 18, 40-42; la série des hymnes 76-78 concorde avec le rituel éleusinien.

péché originel de l’homme, sur la palingenesie des âmes, impliquait la nécessité de purifications, d abstinences, d’expiations pour le bonheur dans 1 autre vie 1 . Llle se communiqua comme une initiation. C est à tort qu on a souvent considéré les orphiques comme un ordre véritable, une secte18; il n’y avait d’une part que des prêtres privés, les orphiques de Platon 19, les orphéotélestes dont parlent d’autres textes20, d’autre part* des thiases isolés qui se rattachaient à Orphée comme fondateur, et suivaient les préceptes communs de la vie orphique, dont les principaux étaient les purifications, l’interdiction de la viande des animaux, des fèves, l’ensevelissement des morts dans le lin et non dans la laine21. Les exercices religieux communs, prières, représentations des îepot Xôyot, révélation de formules pour guider les défunts aux enfers, étaient de véritables Mystères soumis à la loi du secret 22. Nous ne savons les dates ni du début ni de la fin de ces thiases ; mais ils ont duré fort longtemps comme le prouve l’abondance des écrits orphiques. C’est vraisemblablement pour des thiases de la Grande Grèce qu’a été composé, au moins au ive siècle av. J.-C., à l'exemple du Livre des Morts égyptien et sans doute aussi des révélations d Éleusis, un rituel en vers évidemment d’origine orphique23, destiné à guider le défunt aux Enfers par des indications très précises, à le mener sans danger au séjour des bienheureux, et qu’il emportait avec lui. On a trouvé des fragments de ce rituel, devenus sans doute de simples amulettes, gravés sur des lames d’or, dans des tombeaux, à Pétilia, à Thurii et aussi à Eleutherna en Crète24; ils nomment des divinités orphiques, Phanès, Euclès, Eubouleus, Perséphonè appelée aussi Despoina. On a conjecturé aussi avec raison que les hymnes orphiques n’étaient pas des fictions littéraires2*, mais qu’ils avaient été écrits pour une confrérie orphique (Xaot) dontlesmembres s’appellent mystes, p.uo"rt7ioXo!, àpyioœ/àvTa;, qui a un boukolos , (\u\ offre des sacrifices, célèbre des veXeraf, des opyta 26.

VIII. Règlements et personne!. — Nous avons vu les détails connus pour les fêtes mystiques et les Mystères orphiques et des thiases. A partir d’une cerlaine époque les règlements furent affichés dans plusieurs villes à la porte du temple : ainsi à Acacésion, à Pliénéos [ceres, p. 1028 B], à Andania27. A Phlius une partie des scènes mystiques était peinte sur un portique28.

Pour les Mystères d'Isis et de Samot-hrace, nous renvoyons aux articles isis et cabiri.

1° Éleusis. — L’article eleusinia a exposé en général les règlements et le personnel [p. 553 B- 556 B]. Nous avons à exposer ici le détail des fonctions 29.

A. Les Eumolpides et les Keryces. A l’époque histo-

Voir Gruppe, Orpheus (Roscher, O. c. p. 1132-1137). — U Plat. Cratgl. 400 e; Phaidr. 62 6; Gorg. § 105; Protag. p. 272; Apul. Apol. p. 142; Paus. 9, 30, 3; Plut. De Pyth. orac. p. 668 ; Euripid. Hipp. 95t. — 18 Hérodote (2, 81) n'a pas ce sens. — 19 Pol. 2, 364 e. — 20 Plut. Apopht. la , . Leotych. 2, 3; Theophr. Cliarac. 16. — 2' Eurip. Hipp. 946; Plut. Sept. sap. conv. 15, 38; Plat. Leg. 6, 782 D; Hieron. Ad Jovin. 2, p. 206. Voir Lobeck, L. c. p. 244-245. — 22 Euseb. Praep. ev. 5, 5, 189; 13, 12; Firm. Mat. Astron. VII praef. p. 493. — 23 Une des plus anciennes pièces orphiques était une descente aux enfers, une xaTiSa/ri; s!; "ASau. — 24 Inscr. gr. Sicil. et liai. 638, 642; Journ. of hell. stud. 3, 114; Bull. corr. hell. 1893, p. 177. M. Foucart ( Recherches , I, p. 76-71) signale des analogies avec des croyances égyptiennes, notamment la peur de la soif, la transformation du défunt en dieu. Gruppe (Orpheus, l. c. 1 124-1131) signale des analogies entre ces vers et d'autres morceaux orphiques. — 25 Contre Lobeck, L. c. 359 et Kern, Hermes, 1889, 498. — 26 Hymn. orph. 1, 9 ; 4, 9 ; 6, 11 ; 9, 12 ; 43, 10; 49, 7.

27 Ditlenberger, L. c. 653, 1. 37. — 2 i Philosophoum. p. 144 éd Miller) —

29 Surtout d'après Foucart, Rcch., 11.

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rique, mais peut-être seulement depuis la chute de la royauté1, ces deux familles sont maîtresses des Mystères2. Elles ont avec l’archonte-roi, les lftéropes et les quatre épimélètes[EPiMELETAi, p. 078-682] l'intendance du temple, mais non l’administration de la fortune des deux déesses qui appartient à des trésoriers et aux épistates d’Eleusis [epistatf.s, p. 703] 3 ; elles fournissent les spondophores 4; c’est en leur nom que le hiérophante et le dadouque font la proclamation [éleusinia, p. 536-537], invitent les villes helléniques à consacrer à Déméter et à Coré les prémices de leur récolte 5.

Les Eumolpides [eumolpidai]. Ajoutons ici que les Eumolpides possèdent seuls les objets sacrés, xà tepol, ont seuls la liste des mystes admis à l’initiation6. Il n’est pas prouvé qu’ils aient constitué un tribunal pour les affaires d’impiété1.

Les Keryces possèdent sans doute un local à Eleusis dans l’enceinte sacrée ; ils fournissent pour les Mystères le dadouque, le hiéroceryx, leô Itù pwgcu et un des quatre épimélètes 8.

B. Les autres familles attachées au culte, xôc ylv-ri xi. -7rept xw 0£c69. On connaît les <i>tÀXeï2xi qui fournissent la prêtresse de Déméter et de Coré, les Kpoxomoai 10, les Koipojvioxt, les Eùoxvsgot11, les 'buxaXtoxi 12, les BouÇuy*i '3-

C. La îepi yepouata, connue seulement par deux inscriptions de l’époque impériale et dont on ne connaît ni la composition ni la compétence14.

D. Le hiérophante, o t'epocpivx-q;. Désigné à vie par le sort dans la famille des Eumolpides15, il peut se marier, au moins jusqu’à l’époque des Antonins16; il a eu, au riioins depuisla fin duiue siècle av. J.-C., l’hiéronymat17 ; il porte pendant les cérémonies la robe en laine couleur de pourpre avec des broderies et le bandeau (cxpotptov) 18 ; il dirige les Mystères, envoie les spondophores 19, surveille la préparation des mystes20, fait la proclamation du concert avec le dadouque21, prend une part active aux cérémonies de l’initiation, joue avec la prêtresse l’union de Zeus et de la déesse, montre aux mystes les objets sacrés, dit les formules secrètes. En outre, il intervient dans les cérémonies des autres temples d’Eleusis, désigne les citoyens chargés d’offrir un banquet sacré à Pluton, à Athènes2- ; il conduit la procession des Kalamaia avec le démarque et le collège des prêtresses ; il annonce la fête des irpo-ripoffia. et assiste avec les prêtresses d’Eleusis à la veillée sacrée23; dès le vc siècle av. J.-C., aux grands et aux petits Mystères, il touche de chacun des mystes une redevance d une obole

par jour ; à l’époque romaine, il surveille les poids et mesures des marchands pendant la fête 24 ; sous l’Empire, il a une place au premier rang au théâtre de Dionysos ; il ligure avec le dadouque, le b lui [îwaio et le hiéroceryx parmi les àeitxixot nourris au prytanée ; il est une sorte de chef du culte et a souvent occupé les plus hautes fonctions publiques25.

E. Le dadouque [daducues, t. II, p. 24],

F. Le hiérocèryx (b îspoxripu!;), le héraut sacré26; élu à vie parmi les Keryces27, il fait aux mystes les proclamations nécessaires, recommande le silence, assiste à toute l’initiation, reçoit de chaque myste une demi-obole par jour; il a sous l’Empire un siège au théâtre de Dionysos 28.

G. Le b I711 peogeü [epi bômô, t. II, p. 659].

H. Le ,î>ociouvxr1i; xoiv Oeoïv, chargé de garder et d’entretenir les objets sacrés, d'annoncer leur arrivée à Athènes à la prêtresse d’Athéna29.

I. Le ’laxy aycüYÔç, élu à vie, chargé de conduire à Eleusis et d’en ramener le jeune Iacchos [iaccuos] ; il a le titre de prêtre et un siège au théâtre30.

J. Le if peu; Oeoù xai 6eï;, qui a peut-être un rôle dans les Mystères31.

K. Le Ilavay-/,;, qui a un siège d’honneur au théâtre, mais dont on ignore les fonctions32.

L. Les prêtresses. Il n’y a pas, comme on l’a cru, de hiérarchie féminine, parallèle à celle des prêtres. 1° Les deux hiérophantides (al iepocpdlvxiSe;), une pour Déméter, une pour Coré, choisies à vie parmi les Eumolpides33 ; on connaît surtout celle de Déméter ; elle est hiéronyme, peut se marier, prend part à l’initiation, a peut-être un siège au théâtre34. 2° Les Upeiai TtavayEï;, prêtresses astreintes au célibat ; elles président au festin des femmes pendant la fête des Ilaloa, prennent part à la procession des Kalamaia et à la veillée sacrée du 7 Pyanepsion 35, sont logées et entretenues à Eleusis aux frais des Déesses, portent les objets sacrés au passage des lacs, le 14 Boédromion 36. 3° La prêtresse de Déméter (■/] tépsia xft; AvjaTjxpo;) 3 ‘ . Élue à vie parmi les Philaides, elle représente sans doute le plus ancien culte d Eleusis et habite dans l’enceinte sacrée38 : elle préside à 1 initiation des Ilaloa 39 ; elle sacrifie avec l’hiérophante aux Grandes Déesses, célèbre avec lui l’hiérogamie; égale a l’hiérophante, elle a été souvent en conflit avec lui40. 4° La Aasipixi; [daeirites, t. II, p. 9]41.

M. Les Muy|9!vxs; àç’laxia; [ELEUSINIA, p. 554 A, 557 B, 558 A] 42 .

i Foucart le conclut de ce que le fondateur légendaire d'Ephèse, Androclès, fds du roi Codros, aurait emporté les objets sacrés (Slrab. 14, I, 3). 2 Privilège confirmé dans la convention conclue après la chute des Trente entre leurs partisans réfugiés à Eleusis et Athènes (Aristot. Ath. pol. 39). 3 C. i. att. 4, p. 199, 1. 31-34. - 4 Ibid. 2, C05. - S Ibid. 4, 1, p. 60. 6 Rev. ét. gr. 1893, p. 330; C. i. att. 4, 597 i, p. 149; 4, p. 170, n0 c23 c ] 19 7 Ap. Dem. 59, 1 16, et Plut. Alcib. 22, il s’agit des hél.astes;

dans l’affaire de Dinarch. Frayai. p. 451 et 463, on ne connaît pas les juges Les Eumolpides avaient plutôt l’arbitrage (Schol. Dem. L. c. p. COI, 26). ^ur eut

rôle dans le culte d’Apollon délien et pylhien, voir Foucart, L. c. p. 13-16. - » » faut ainsi rectifier l’art, eumolpidai, p. 551 B, n. 4, d’après la nouvelle lecture Iule par Foucart, L. c. p. 17-18 de C. i. att. 2, 1345 et ’E =.%• 1894’ P‘ ’ io Paus. 1, 38. — 11 Lyc. Fragm. 56, 60. — 12 Paus. 1, 37; C. i. att. , P- ' i

1.21. 13 Schol. Aristid. 3, 473 ; ’Eo. ’An. 1900, p. 74-86. — 14 C. i. att. 3, 702;

•Ec. - A n- >883, P- 78. — 16 Paus. 2, 14; ’Eo. ’A?-/.. 1883, p. 81 ; 1895, p. ! Schol. de Palhmos (Bull. corr. helt. 1877, p. 152). - 16 Bull, corr.liell. 89o, p j 28 ; Paus. 2, 14. — U Lucian. Lexiph. 10; ’Eo. ’AfX. *883, p- 79; C. i. a . , <j00. — 18 Lys. 6, 51; Plut. Alcib. 22; Aristid. 5 ; ’Eo. ’Af/.. 1895, p. 114. — ,s> • *• ntt A 597 C — 20 Dio. Chrys. 17, 273. — 21 Voir eleus.nia, p. 565 A, et Foucart, L C p. 109-111. - 22 C. i. att. 2 , 948. - 23 ,bid. 4, 477 c; ’Eo. ’A„, 1895, p. 99.

— 24 Ditlenberger, L. c. G46 ; C. i. att. 2 , 476, 1. 48. — 23 C. i. att. 3, 271 et index; Bull. corr. hcll. 1895, p. 113; ’E=. A?x- >895, p. 114; Plut. Num. 9. Voir dans Foucart, L. c. p. 43-45, la liste des hiérophantes antérieurs à l’Empire. - ^ C. i. att. 4, 1, p. 133; Plut. Alcib. 22; Xen. Ilell. 2, 4, 20. — 21 Pas de texte formel.

— 23 Sopatr. p. 116 (Rhet. gr. VII, éd. Walz); C. i. att. 3, 264; 4, 1, p. 133, 204,

1. 98. 29 Dittenberger, L. c. 032, 1. 17; C. i. att. 4, 1, p. 133; Uesych. s. v. ♦«.SfuvTViî. — 3° c. i. att. 3, 262. Voir art. eledsima, p. 557 B. - 31 C. i. att. 3, 1108' ° add. p. 352, n° 1620. Ap. Dittenberger, 646,1. 130-134, la restitution est incertaine — *32 C. i. att. 3, 226, 716, 717, add. 70 a; Etym. magn. s. v. (hoW.o;. 33 C’est certain pour la première, probable pour la seconde (Bull. corr. hell. 1895 P 113) — 34 Phot. s. h. v. ; Istros, Frag. 20 ; ’Eo. ’A?X. 1885, p. 149; 1900, n 74-86; C. i. att. 3, 331, 737, 900, 901, 914. - 3b Schol. Lucian. L. c. ; Dem. Frag. 1, ’Eo. ’Af7. 1893, p. 99. - 36 Dittenberger, L. c. 541. - 37 A 1 époque romaine, à ET. ’AK. 1897, p. 52, n» 23, il y a l’addition : Kdf,;. - » “■ »•

att 2 add. p. 516, 1. 17; p. 518, 1. 74-75; 4, p. 200, 1. 93. - 39 Schol. Lucian- L c • Suid. s. v. Sa,; C. i. att. 4, p. 198, 834 b. - 40 Dem. 59, 1 16 ; Dinarch. Fraàm P 451, 467 (éd. Didot). - *' Prêtresse ou prêtre d'après les manuscrits de Poilu* (1, 35). - 42 ’Eo. ’A W. 1885, p. 143 ; C. i. att. 2, 1388 ; 3 809, 828 83 908, 910, 91 1. D’après Foucart (L e. p. 97-99), ces enfants représenteraient la clé symbolisée par le foyer public.

MYS

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N. Les employés subalternes, le vciixofoç chargé d'entretenir le matériel du temple1, le 7tup^ôpo; qui apprête et entretient le feu pour le sacrifice 2, l’OSpavô; qui fournit l’eau lustrale 3 [neocoros, pyrpiioros].

O. L’archonte-roi avec ses deux parèdres. Chargé spécialement des Mystères, il a la police de la fête4; au retour d’Éleusis il fait son rapport au sénat, afferme les domaines de Déméter5.

P. Les épimélètes des Mystères [epimeletai ton mysteriôn, t. II, p. 678 A-682 B]8.

Q. L’archonte éponyme. Il dirige seulement une cérémonie ajoutée tardivement 7, la procession au temple d'Asclépios, les 17-18 Boedromion, pour les Epidauria instituées après l’arrivée à Athènes, en 421 av. J.-C , du dieu Asclépios, appelé d’Épidaure par les Athéniens 8.

R. Les exégètes [exegetae, t. II, p. 884]. Outre les trois exégètes officiels, il y a les trois exégètes particuliers des Eumolpides, qui figurent dans les cérémonies9.

S. Les éphèbes. Au iv° siècle les éphèbes, cantonnés il Eleusis, escortent probablement les objets sacrés à Athènes; au u" siècle, partant d’Athènes, ils vont audevantdes objets sacrés, escortentla procession d’Iacchos ; au temple d’Éleusis, ils soulèvent les bœufs des sacrifices et consacrent une phiale aux déesses10; sous l’Empire, ils escortent les objets sacrés à l’aller et au retour11.

T. Les hiéropes. Au vc siècle av. J.-C., ce sont probablement les hiéropes d’Éleusis (oi ’EXsucavôôsv) 12 ; plus tard, les hiéropes temporaires chargés du sacrifice qu’offre le sénat13.

2° Andania'1*. — Les fonctionnaires spéciaux sont :

1° cinq commissaires électifs, chargés de recueillir et de remettre à un épimélète les revenus des Mystères ; 2° dix commissaires électifs, âgés de quarante ans au moins, assermentés, ornés du bandeau de pourpre, qui ont la surveillance générale des Mystères, jugent, infligent des amendes de vingt drachmes, délibèrent avec les hieroi\

3° les liieroi (tepoi), annuels, tirés au sort parmi les plus nobles citoyens, assermentés, sans doute déjà initiés, ornés de bonnets de laine blanche; aidés par le héraut, le joueur de flûte, le devin, l’architecte, ils gardent la cassette des livres rituels, font observer les règlements, fouetter et expulser les contrevenants, avec l’aide de vingt d’entre eux, choisis comme paêoo^ôpoi, jugent les délits commis pendant les fêtes ou au marché, vérifient les victimes fournies par les entrepreneurs, les fournitures pour les bains, règlent la construction des trésors, l’emplacement du marché ; 4° les hierai (i'epxi), femmes mariées, tirées au sort par le gynaeconome, ornées du bonnet de laine blanche et dont le costume ordinaire ne doit pas valoir plus de deux mines. A côté d’elles, il y a

1 C. i. att. 4, 834 ê, col. I, 1. 4(i. — 2 Poil. 1, 25; E®. Aoy. 1000, p. 74gfi. — 3 Hesycli. s. h. v. -r- 4 Aristot. Ath. Pol. 57; Lys. fi, 4. 11 est peu probable qu’il ail interdit les Mystères aux gens indignes; le texte de Pollux (8, 90) n’est que le résumé d’Aristot. Ath. Pol. 57. — B Andoc. 1, 111; Aristot. L. c. 47; C. i. att. 4, p. 32, 1. 25; p. 199, 1. 30-33. — « M. Foucart (L. c. p. 76-79) croit qu’il y en a toujours eu quatre. — 7 Aristot. L. c. 56, 4. s Voir Girard, L’Asclepieion d' Athènes, p. 43; Foueart, L. c. p. 115-120; I ancienne opinion sur l’origine des Epidauria, d après Philostr. Vit. Apoll. 4, 17-18 (ei.f.usinia, p. 566 B), a été renversée par les inscriptions de l’Asclépieion qui indiquent l’arrivée d’Asclépios le 1" Boédromion 421, l'hospitalité qu'il reçoit des Déesses, la construction d'un hiéron et d’une enceinte sacrée par un certain Télémachos.’ etc. (C. i. att. 2, 1442, 1649, 1650; Ath.Mittlu 1896, p. 314). — 9 C. i. att. 2, 834 b, add. p. 516. - l» Ibid. 2, 467, 468, 470 ; 4, 1, p. 64, 1. 21. - u Ibid. 3, 5; Dittenbcrger, L. c. 652. — 12 Dittenberger, L. c. 640, 1. 119. — 13 C. i. att. 2,

g-2 14 Note 50. P. 2136,n. 8. — 15 On trouve aussi : oî tiIoùhevoi à Andania ;

pà*/oÇ, l’initié de Bacchus (Schol. Ariutoph. Eq. 408). L’àç/aïo; d ulle inscrip¬

tion de Magnésicesl peut-être sur épx’t ^atr,((Jtev. ét. gr. 1890, p. 352). A L.i. gr.

des jeunes filles appelées aussi iepat', dont le costume ne doit pas valoir plus de cent drachmes. Elles ne doivent avoir pendant la procession ni bijoux d or, ni fard, ni bandeau, ni cheveux relevés, ni chaussures autres qu’en feutre ou faites avec le cuir des victimes ;

3° le gynaeconome; 6° l’agoranome urbain, qui a la police du marché, des eaux, des bains, l’inspection des tentes. A la procession prennent part le prêtre et la prêtresse des Grands Dieux, l’agonothète, les sacrificateurs, les joueurs de flûte, les liieroi , les hierai des deux catégories, la Qotvafgdaxpta et ses aides, chargées de préparer le banquet sacré de Déméter, une prêtresse de Déméter ’ tTrrc&opôpp. la prêtresse de Démeter à Aigila.

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