‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 28 sur 275 · IV. Légions jusqu’à Dioclétien · texte numérisé non relu

IV. Légions jusqu’à Dioclétien

— Nombre des légions. — Le nombre des légions romaines a varié suivant les époques et suivant l’importance des guerres que l'État a eu à soutenir. En principe, et pendant les deux premiers siècles de la République, l'armée se composait chaque année de quatre légions, réparties en deux divisions commandées chacune par un consul. Le consul recrutait les deux légions dont il avait la direction 2. Mais la durée et l’extension des guerres nécessitèrent un déploiement de forces plus considérables, et les quatre légions annuelles furent assez rapidement remplacées par six légions3 et même davantage. L’histoire de la seconde guerre punique, pour laquelle nous avons beaucoup de renseignements, est à cet égard très instructive. J’emprunte à un travail de M. Schemann 4 les indications suivantes qui sont le résumé de ses recherches.

Fig. 4424. — Legal de légion.

Année.

Nombre de légions.

Année.

Nombre de légions.

VfH

En fait, chaque année, par le sénatus-consulte de exercitibus , le sénat arrêtait le nombre des légions20, ainsi que celui des socii , et les répartissait en autant d’armées qu’on créait de provinces militaires italiques et extra-italiques21. Il décidait, en outre, si les légions déjà formées seraient licenciées22 ou maintenues23, s’il y avait lieu de procéder à des levées24 pour compléter les armées existantes25 ou pour en former d’autres26. En règle générale, il décrétait annuellementle recrutement de deux nouvelles légions27 ; mais il pouvait augmenter sensiblement ce nombre qui alla jusqu'à H au moment de la guerre de Persée 28 .

I Op. cil. p. 57 cl pl. XI. — 2 Polyb. I, IC : VI, 19 ; Liv. VIII, 8.-3 Liv. X, 27.

■ — 4 L. Scliemann, De legionum per ait erurn bellum Punicum historia, Bonnae, 1875.

— ■> Liv. XXIV, 11. Sur ce nombre, 3 légions en Espagne. — 3 Liv. XXIV, 11; Id. — < Dont 3 en Espagne. - — 8 Id. — 9 Dont 4 en Espagne. — 1 0 Id. ; cf. Liv. XXVI, 28. — 11 Id. — 12 Id. ; cf. Liv. XXVII, 22. — 13 Id. ; cf. Liv. XXVII, 36.

— 14 Id. — 13 Id. — 16 Id. — 17 Dont 3 en Espagne ; cf. Liv. XXX, 30. — 18 Id.; cf. Liv. XXX, 27. — 19 Dont 1 en Espagne (Liv. XXX, 41). — 20 Liv. XXI, 17 ; XXII, 36; XXIII, 25; XXIV, 11 ; XXV, 3; XXVI, 1 ; XXVII, 7; XXVIII, 10, etc. ; Polyb. III, 107. — 21 Liv. XXVII, 7. — 22 Liv. XXVI, 28; XXVIII, 10; XXXI, 8; XLV, 2. - 23 Id. XXIV, 44; XXVI, 1. - 24 Id. XXIV, 44; XXVI, 1 ; XXVIII, 45; XXIX, 13 ; XXXIV, 56, etc. — 25 id. XXXII, 8 ; XXXIII, 43 ; XXXIV, 56 ; XXXV, 20 ; XXXVI, 1 et 2, etc. — 26 Id. XXVII, 22; XL, 36; XLI, 8; XLII, 1; XLIU, 12.

— 27 Id. XXIV, 44; XXV, 3; XXVI, 28; XXVII, 36; XXIX, 13; XXX, 2, etc.

A partir du début delà deuxième guerre puniqU(. | a, en principe, à côté de l’armée active, une arin,-.,. ' ' réserve composée de deux29 et même de quatre légim, t ce sont les legiones urbanae3i .

Ce qui caractérise les armées légionnaires dans tout cette période, antérieure à Marins, c’est qu’elles étaien formées d’un nombre de légions tout à fait variable | que leur existence n’avait aucune durée fixe. Les réforme introduites par Marius apportèrent à cet égard de g'rands changements, ainsi qu’il a été expliqué plus haut.

Du jour où, contrairement à l’ancienne coutume W citoyens des classes ne furent plus seuls admis dans l’armée, où les capite censi purent être enrôlés, ceu\-H restant au service pendant de longues années, les légions acquirent une sorte de permanence, et on commença à les distinguer entre elles par un numéro qui leur était propre. Ce n’est pas à dire qu’on ignorât jusque-là toute numérotation: on trouve dans Tite Live des exemples de légions spécifiées par des chiffres de classement32, et l’on sait que le numéro d’un certain nombre de celles qui prirent part au siège d’Asculum pendant la guerre sociale figure sur des balles de fronde recueillies aux environs de cette ville33. Mais cette numérotation, qui comprenait la série de toutes les légions de la République, se renouvelait chaque année, si bien qu’une légion/sans voir son personnel complètement modifié, pouvait recevoir un numéro différent de celui qu’elle portait dans la campagne précédente, si le rang qui lui était attribué dans l’ensemble de l’armée n’était plus le même. C’est précisément là ce qui commence à changer vers l’époque de César. Ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, la légion Ve qu’il recruta en Gaule 34 se trouve citée plusieurs fois avec le même chiffre dans la suite de ses guerres35. Cette persistance de la numérotation initiale n’est point encore une règle établie, mais elle a tendance à s’établir.

De ces légions numérotées et quelquefois même caractérisées par un surnom, nous connaissons un certain nombre, non seulement par les auteurs, mais encore par des monuments épigraphiques : une legio II de Pompée36, une legio II Sabina 37, une legio II II Sorana au temps des triumvirs38, une legio V Urbnna 39, une legio VI Gemella , qui est une légion de César40, une legio VII , une des plus célèbres de son armée41, une legio VIII Mutinensis +2, une Vil IN Triumphali* 'b um‘ ; X Veneria u, une XII Paterna 45, une XI IX de Cornélius Spinter46, une XXX Classica 41, une XXXIII '8, line XXXXN\ etc.

En même temps, le nombre des légions se mullip i>u d’une façon excessive, chaque compétiteur levant ucorps nouveaux pour grossir l’armée sur laquelle il 111 ,J 1 ses espérances. César, qui en 58, en partant p,ml ^ Gaule, avait 6 légions50, était à la tète de 11 51 51 ; c’est avec le même nombre qu’il combattit a I kU

— 28 Id. XLII, 31 cl 35. - 29 id. XXIV, 14; XXV, 3’ XX!/cf Kinder! I

XXVIII, 46; XXX, 2, etc. — 30 Id. XLII, 35; XL11I, 12. — 31 x, I*. I

Die legiones urbanae, dans le Philologue, XXXIX, p. 527 et s. — v XXI-V, 33 I XXII, 53, XXXIII, 56, XXXIV, 46 (n« I, II, III); X, 18, XXVI, 48 (IV) ^ ^ I (V); XXVI, 5 (VI), etc. - 33 C. inscr. lat. IX, 633, 693 et suiv. ^ I|[ 8i Cites. 24. — 35 Cic. Ad fam. X, 33; Ad Att. XVI, 8; App. Bel. cm. 1 . ^ I

40, 45; Del. afr. I, 5, 47, 60, 80, 84; Bel. hisp. 30. — 36 C. t. J- ’ W; cf. I

— 37 Ibid. X, 4876.— 38 Ibid. 57 1 3. — 39 Ibid. 2514. — w Ibid- ' ' I

Caes. Bel. gall. III, 4. — 41 Ibid. I, 624 ; cf. Caes. Ibid. VIII, 8. — 42 ^ k I

— 43 lb. V, 397. — 44 lb. 4191. — 45 Ib. XI, 10 58. — 46 Ib. HÉ 6:, t ' j.owano«» I X, 18. — 48 Ib. 1, 1278. — 49 Dessau, 2229. — 50 Krohl, De legionibus " m far j Dorpati, 1841, p. 15. —51 Domaszewski, Die Heere der Bütgei p. Iï*)‘ I Jahren 49 bis 4Î vor Cliristus (dans les N eue Heidelberg. Jaht büc 11

LEG

I i \ sa mort) le total de scs légions se montait à. 37 2. Sale ' , , avait avec lui à Pharsale 11 légions 3 ; le reste de P°®P^e ge composait de 7 autres légions, 6 en Espagne s0“ ^Afrique*. Brutus et Cassius alignèrent à Philippes 19 légions 3, tandis que leurs adversaires, qui n'en engagèrent qu’un nombre égal, en possédaient plus d’une quarantaine G. Au moment de la bataille d’Actium, Antoine pouvait mettre en ligne 30 légions, 19 formant l’armée de terre 7, 8 étant sur Fi». 442o. — Won- ja fi0t,te s et 4 autres se trouvant en Rnaieiégionnnuc. ggypj.e 9 Les monnaies de ce général

nousles mentionnent avecleurs numéros10. La figure 4423 reproduit, comme spécimen, une de ces monnaies.

I L’armée d’Octavien comprenait quarante à quarantecinq légions11. La bataille gagnée, les troupes du vaincu venaient grossir l’armée du vainqueur. Celui-ci en licenciait une partie et gardait le reste. Ainsi, après la bataille de Philippes et la mort de Cassius et Brutus, quarante mille de leurs soldats furent incorporés dans la légion d’Antoine et d’Octave 12. Il en fut de même après Actium : Octavien vainqueur se trouva à la tête de plus de cinquante-sept légions, suivant Marquardt13, d’une cinquantaine suivant M. Mommsen11.

! C’était beaucoup plus qu’il n’en fallait pour la sécurité de l’empire. Il en supprima un grand nombre et envoya les soldats qui les composaient dans des colonies13. Quant aux autres, il les conserva et leur donna une organisation définitive, sans créer, d’ailleurs, de cadres nouveaux ni de dénominations nouvelles.

11 leur garda les numéros et les surnoms qu’elles portaient, soit dans son armée, soit dans celle de son compétiteur, ce qui explique qu’on trouve plusieurs fois 7e même numéro dans la liste des légions impériales 16. Voici, d’après M. Mommsen, comment les choses se passèrent11. Lorsqu’il organisa l’armée permanente en 725 = 29, Octavien, craignant de froisser les susceptibilités du peuple romain, déclara publiquement que son armée ne compterait plus que douze légions ; il licencia donc celles dont le ■chiffre distinctif dépassait le nombre douze. A ces troupes il ajouta seulement six légions, enipr un tées à l’armée d’ Antoine, ou plutôt cinq légions d’Antoine et une de Lépide, qui

avaitpasséantérieurement à Antoine18, légions qui, d’après

lune observation assez récente, auraient été celles qui ■vaient déjà servi sous César19. Mais les guerres qui éclatèen sur le Rhin en 737 = 4 et en Iilyricum dix ans plus tard . !?Ul 111,1 augmenter l’effectif de l’armée impériale. Il <n °ac p0ui - Gire lace huit nouvelles légions, qu’il can- ■ - ae n!,uile en Germanie et sur le Danube et auxquelles

il donna

U‘le numérotation supérieure à douze. Cela por-

m VHA .1 ,

des léc.0m >ie S6S ^§10ns à 26. Mais, d’autre part, trois etravpo10l?S en8agées avec Varus ayant été détruites 1 es cadres de 1 armée, il les remplaça par deux

■ 1 Florus, Enit, iv -i . i?

■^0f. cit. p, 3 a l°P.' V’ ”9, cP ^rolil, Op. cit. p. 20. — - Domaszewski

5?i<- IV> 5: cf. Krnl,l PP',, ' C,V: 49 1 cf- Krohl- °P- cit ■ P- 40. — 4 Fl or u s

foohl- P- la et 73. ’oPr ' ° VeU- PaL «8; App. Bel. cio. IV, 88; cf

10 Cohen xf Plt" GXXIL ~ 1 Plllt- Anf. 68. — 8 Oros. VI, 10 eC cio. IV, 135 j/ xrnP- h P- 41- — 11 App. Bel. civ. V, 127. — 12 App

’’ h 0r0s. VI, Ig. Hvainÿ<TV”MW' P' 161 • “ 14 Res 9«stae, p. 75. - 15 Dio • ü commentaire de M & P' 1/7 Lachmann) ; Iles qestae, 111, üG (f!°ns portant le num 'r! r;SCn; P’ °* 6t S' ; cf' 74’ nole *■ - « Ainsi il y a trois bdeL^e,PaSsta ttIIAl:rlade 1 armée d’Octavien, la III Cyre- S;re"' cl>a ^ Gallica d’Antoine ;

"■* wstae, n 69 n n -, 1

rtszewski Ard, 1 • J} C,L P- 69 et suiv. - 18 Voir la note 16.

■ ^ Mm- X- P- 184 et suiv. - 20 Ch. Robert, Les lé-

seulement; de sorte qu'en somme le total des légions d’Auguste, tant de celles qu’il conserva après Actium que de celles qu’il établit dans la suite, se monta à 25.

Cette théorie a trouvé des contradicteurs. Ch. Robert, le plus ardent d’entre eux, l’a combattue dans une note assez développée 20. Pour lui, rien ne justifie l’adoption du chiffre de dix-huit légions après Actium ; toutes les probabilités historiques sont, au contraire, en faveur de la conservation par Octavien vainqueur d’un pied militaire plus considérable. En conséquence, les huit légions numérotées de XIII à XX doivent remonter beaucoup plus haut quel’année 6, sans doute à l’organisation de l’armée permanente21. Quant au nombre des légions à la mort d’Auguste, personne ne conteste qu’il se soit élevé à vingt-cinq22.

Dès le règne de Claude, on constate la création de deux nouvelles légions par dédoublement de légions déjà existantes23, la XV Primigenia et la XXII Primigenia. Néron constitua la / Italica et la/ Adjutrix ; Galba, la VII Gemina. Sous les Flaviens, le nombre total des légions ne fut pas modifié, mais quatre des anciennes disparurent et furent remplacées par quatre nouvelles : II Adjutrix , IV Flavia, XVI Flavia et / Miner via ; sous Domitien, deux légions sont supprimées à la suite de défaites; Trajan en crée deux autres, la II Trajana et la XXX Ulpia ; le numéro donné à cette dernière nous montre qu’à cette époque le nombre total des légions romaines était de trente. Au temps de Marc Aurèle, la formation des deux légions Italica vint combler le vide résultant de la suppression de deux autres sous Hadrien, mais sans changer la somme des légions existantes. Nous possédons, en effet, un document officiel de ce temps, un laterculus legionum rédigé entre 120 et 170 ap. J.-C. et gravé sur une colonne conservée au musée du Vatican24. On y lit le nom de trente légions, celles qui existaient à la fin du IIe siècle, énumérées dans l’ordre géographique. A la suite, et rajoutées après coup, figurent trois légions créées par Septime Sévère (/ Parthica , II Part h ica et III Parthica ), ce qui porta le total des légions romaines à trente-trois : c’est le chiffre donné par Dion Cassius23. Il se maintint jusqu’à Dioclétien.

Numéros et surnoms des légions26. — Nous avons déjà indiqué que la plupart des numéros portés par les légions impériales sont ceux qui leur étaient attribués soit dans l’armée d’Octavien, soit dans celles d’Antoine.

Il en est de même d’un certain nombre de surnoms, en particulier de ceux qui provenaient du nom des provinces où les légions avaient combattu ou avaient été levées (. Macédonien , Gallica, Cgrenaica , Hispana , etc.). D’autres furent tirés de noms de divinités comme .1 potlin ari s ou Minervia ; d’autres de particularités relatives à leur formation ( Adjutrix , Primigenia , c’est-à-dire obtenue par voie de dédoublement, la Primigenia étant l’ancienne légion ; Gemella, c’est-à-dire obtenue par

gions d’Auguste {C. rendus de V Acad, des Inscr. 1808, p. 94 el suiv.). 21 Cf. l'ar¬

gumentation de Ch. Robert qui suit pas à pas celle de M. Mommsen. Ce dernier lui a répondu (Bes gestae, 2' édit. p. 73, note I) en maintenant son opinion. Voir aussi Domaszewski {Iiorrespondenzblatt, 1891, p. 59 et suiv.) qui est du même avis que M. Mommsen, et G. Hardy {The Journal of Philologrj, XXIII, p. 29 et suiv ) qui est d'une opinion contraire. — 22 Tac. Ann. IV, 23 ; Dio, LV. 23 — 23 F*our tout ce qui va être dit, voir l'histoire de ces différentes légions ; cf. aussi Marquardt, Organis. milit. p. 166 et suiv.; Ch. Robert, Les légions du Rhin : Introduction: Coup d’œil sur les légions romaines , Paris, 1867 ; Pützner, Geschichte der rom. Kaiserlegionen. — 2t C. i. I. VI, 3492; cf. Borghesi, Œuv. IV, p. 259: Domaszewski, Wiener Sludien, VII, p. 297. — 23 Uio, LV, 24. — 2f> Marquardt. Organis. milit. p. 171 ; Pfttzner, Gesch. der Kaiserlegion., p. 3 et suiv.

LEG

voie de fusion). Certaines légions portèrent le nom de l’empereur qui les créa : Aurjusta, Claudio , Ulpia, Tra-

jana . Il est impossible d’insister ici sur tous ces surnoms ; I origine d un grand nombre d entre eux sera expliquée à propos de l’histoire particulière de chaque légion.

A côté de ce surnom

meme représentation

numéro des légions soit i

res monnaies dation, ndiqué

s. vl. 4430) 7. Enfin, toutes les monnaies milj.

qaractéristique, on en rencontre d’autres que les légions recevaient comme récompense de leur dévouement à l’empereur :

ce sont les épithètes Pia,

Fidelis, Cotisions , Firmo ,

Victrix , etc.

De plus, à partir de Caracalla, l’usage s’établit de donner à toutes les légions un surnom supplémentaire tiré du nom du souverain régnant, pour bien affirmer l’union du prince et de l’armée, jtour marquer nettement la soumission de celle-ci a celui-la. On voit alors apparaître les épithètes de Antonimana (Caracalla), Severiona , Alexandriono (Sévère Alexandre) Maximiana (Maximin), Gordiano (Gordien), Philippiana (Philippe), Gollieno (Gallien , etc., qui fournissent des données chronologiques fort utiles sur les inscriptions.

Insignes des légions. — - On a reconnu depuis longtemps que chaque légion avait un ou plusieurs insignes, généralement des animaux, qui la caractérisaient; ces insignes se rencontrent soit à côté du nom de la légion, soit même seuls, et à la place de ce nom, sur des monuments figurés et sur des monnaies. Par exemple, sur une pierre trouvée à Benwell ( Condercum ), on lit les mots Leg. II Aug., sur une enseigne accostée d’un Capricorne et d un Pégase 1 (fig. 4426) ; sur une plaque de bronze découverte à Crémone, l’indication Leg. II II Mac. ligure entre deux disques supportés par une haste où l’on voit un taureau et une chèvre 2 (fig. 4427).

1 Corp. inter, lat. VII, 517 ; Bruce, Roman Wall, p. 115. - 2 JVotizie cl. scavi, mll P1' lv; J{er' arch- ,888> XI, p. 29 et suiv. -3 Der obergermanisch. raetische Urnes (k'astell Bulzbach, pl. m, 30). — » lire. Bibl. 1899, p. 101 et suiv. — •> Ilev. Arch., 1869, XX, p. 251 ; cf. Numismatique de la Terre Sainte , p. 84. — 6 Eckliel, Docl. num. II, p. 8; cf. Numismat. Zeitschrift, 1891, p. 30, pour la Dacie. 7 Blanchet, Monnaies inédites de la Chersonèse Taurique, 1892, p. 6 et pl. n° 2. -8 Kolb, dans la Wiener Num. Zeitschr. V, p. 53 et

Une brique découverte dans le Castelluni de it montre à côté des mots Leg. XXII Pr. p p corne3, et d’autres, recueillies à Jérusalem, pj” r^' Leg. X Fret., accompagnée d’une galère * et'd’u ^ "

(fig. 4428). C’est ce qu’on voit aussi sur une moim^8'^ tremarquée 8 de la même légion (fig. 4405). Des 1 C°n' de Viminacium portent6 une femme tenant un l'.'!"lnaies de chaque main ; sur celui de droite se voit le chiir ^ sur celui de gauche le chiffre IY ; à droite de la JJ*'11’ est un taureau, à gauche un lion. D’autr de la même ville offrent la mais sans que le (fig. 4429 et

taires émises par Gallien 8, Carausius 9 et Viol , (fig. 4431, 4432, 4433), présentent les noms et 1 ' insignes des légions pour la solde desquelles J* étaient frappées. es

On est d’accord aussi pour admettre que ces insv figuraient sur les enseignes légionnaires11. Leur'C' gine et leur nature n’avaient point été déterminées. c°esî

à M. Domaszewski que revient l’honneur de les avoir fixées. Il a établi très ingénieusement12 que la plupart de ces animaux n’étaient autres que des signes du zodiaque et indiquaient des dates en rapport avec l’origine de la légion. Ainsi le taureau est le signe du zodiaque du mois auquel préside Vénus13; Vénus est, d’autre part, la divinité protectrice de la gens Julia. Le taureau, dans les armes d’une légion, signifie donc qu’elle doit sa création à César. Le capricorne correspond à la dernière quinzaine de dé- , cembre et à la première semaine de janvier. Or, c’est au début de janvier qu’Octave déposa son pouvoir reipv- It/icoe eonstituendoe pour le changer contre la puissance impériale1'. Les légions que caractérise le capricorne seront donc des légions d’Auguste. Si elles ont à la fois comme insigne le taureau et le capricorne, c’est po® rappeler que leur origine remonte à César qt que le®' introduction dans l’armée impériale est le fait d’Auguste '• De même pour la légion Minervia de Domitien. Ladéesse Minerve présidait au mois que le bélier caractérisai1 comme signe du Zodiaque16 ; il est tout naturel que la légion ail pour emblème à la fois Minerve et le Délie1, Ces observations ne suffisent pas à expliquer tous les insignes légionnaires. Ainsi la cigogne de la///' n est pas un signe du zodiaque, le Pégase eles dt® légions Adjutrix et de la IP Augusta non plus- U laU donc chercher, dans certains cas, d’autres interprétati°ns

suiv. — 9 Colien, Mon. imp. V, p. 519 cl suiv. — 10 De Witte, Jler- nu»- ^

]). 293 et suiv. — n Domaszewski, Die Tahnen im rôm. Hecre, p- 38 cl "inl)CS, nu'me auteur admet que l’image de ces insignes pouvait être figurée sui U par exemple sur les casques ( Die Marcus- Saule, p. 113). — 12 4^*

Milth. XV, p. 182 et suiv. — 13 Mommsen, /lom. Chronol. p. 305. — j|onl. Chronologie de l’Empire romain, p. fi. — 15 Domaszewski, P- 1 s ' ' msen; Rôm. Chronol. p. 305.

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is sont évidentes ; ainsi le dauphin de la^Y" Fre- Un:L certainement un souvenir de son origine, lensU et,(i |e taureau que lui attribuent les monnaies la lan(-''s <l'" signale comme une légion

de César. Les autres sont encore incertaines. S’il est possible que la cigogne ait été assignée à la légion IJ Ie Ilalica, nommée aussi Concordia *, parce que cet oiseau est le symbole de la concorde 2, il parait bien moins probable que Pégase ait été donné à certaines troupes parce que Pégase, d’aprèsles résultats des recherches assyriologiques, était, chez les Chaldéens, une constellation sacrée 3 . De même est-il bien certain 4 que le sanglier, qui caractérise, par exemple, la légion XX Valeria Victrix et aussi

la Xe Fretensis , n’ait pas d’autre raison d’être que d’avoir figuré sur les enseignes de l’armée romaine antérieure à Marius5 ?I1 subsiste encore, dans ces questions, quelque

obscurité.

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