L. L’épargne des légionnaires et les collée, es mi
- Ce serait une erreur que de considérer tous les J/*’ narres, même les simples soldats, comme réduits solde. Ils avaient le droit de posséder et quell ^ en usaient largement. Les codes contiennent toute , sérié de dispositions relatives cà leur avoir à ce U"e appelait leur peculium castrense. Celui-ci se composa! d abord des sommes d’argent qu’ils tenaient de leur fa nulle « quod proficiscenti ad militiam datur 18, guodarm rentibus vel cognatis in militia agenti donatum est 16 » • i a cela s ajoutaient les héritages qu’ils recueillaient de leurs compagnons d’armes et dont les inscriptions nous parlent pus dune fois17, le produit de la solde et surtout les libéralités impériales (, donativa ). Cette petite fortune était reconnue par la loi et protégée: le 1(~ naire en disposait librement, même lorsqu’il était en puissance paternelle [peculium castrensej.
Elle lui servait en partie à s’assurer certaines aises, i en particulier à acheter et à entretenir auprès d’eux des esclaves hommes ou femmes 18, sur qui ils se déchargeaient de toutes les besognes serviles, du soin des bagages 10 et de celui des armes20.
Mais d’autres notaient point aussi fortunés; pour eux l’argent que leur donnait l’État formait leur seul avoir, jusqu’au jour où ils touchaient leur prime de retraite. Or tous n’étaient point assurés d’y arriver: les maladies, les accidents pouvaient les arrêter. L’État avait donc dû envisager le cas où le légionnaire serait obligé de quitter l’armée avant sa libération. De là des mesures de prévoyance dont Végèce nous a conservé le souvenir-1. Il nous apprend que, pour empêcher les hommes de dépenser tout l’argent qu’ils recevaient, pour les obliger a 1 économie, on faisait sur les donativa des retenues qu on mettait en dépôt au nom de chaque I légionnaire, entre les mains des signiferi et sous la protection des enseignes. La retenue était égale à la moitié du donativum. Cette réserve était rendue aux intéressés, une fois le service achevé; elle pouvait s’élever assez haut, puisque Domitien, craignant de voir se former ainsi un trésor de guerre à la disposition dun chef ambitieux et infidèle au souverain, limita à 1000 de- j niers la somme que chaque soldat pouvait déposer - • Quand il mourait au service, le dépôt, faisant partie du
1 Ibid. XXIV, 1, 60 et suiv. — 2 Mommsen C. i. I. III, p. 903 et suiv. ; p. 2011 et suiv. ; Wilmanns, Étude sur le camp et la ville de Lambèse, p. 21 ; Mispoulet, Iiev. de philologie, 1884, p. I13et suiv.; R. Gagnai, Armée d' Afrique, p. 441 et suiv. ; P. Meyer, Ber rôm. Konkubinat , p. 100 et suiv. — 3 Tac. Ann. XIV, 27; Dio, LX, 24; Tertull. /Je exhortatione castitatis, 12; Brunns, Fontes (6e édit.), p. 381.
— 4 Wilcken, Griech. Urkunden aus Museen zu Berlin, 114. — 3 Pour tout ceci, voir Mommsen, Hernies, 1884, p. 11 ; C.i. I. III. p. 1212; Wilmanns ,Op. cit. p. 23 et suiv. ; R. Cagnat, Op.cit. p. 368 ; P. Meyer, Op. cit. p. 111.— 6 Ilerod. III, 8.
— 7 Wilmanns, Loc. cit. ; R. Cagnat, Op. cit. p. 431 el suiv. - 8 Cod. Theod. VII, 1, 3; 13, 6; Cod. Just. II, 32, 2; V, 4, 21 ; C. i. I. III, p. 909, note I ; P. Meyer, Op. cit. p. 123 et note 248. — 9 R. Cagnat, Op. cit. p. 441. — 10 Op. cit. p. 444. C'est aussi l'avis de M. 0. Secck, Ber Untergang der antiken Wclt, 1893, p. 533
et suiv. — il Op. cit. p. 103 et suiv. — 12 Veget. II, 7. — 13 C.i. 1 VIH. 25i8, 275a, 2798, 2862, 3324, 3325, etc. — 1 4 Je n’insiste pas sur le premier, dont I® peu de solidité est évidente. Pour infirmer le second, il suffit de faire remarquer que sur quantité de tonifies de simples soldats, la femme est appelée C0"./IU' ' fils porte le gentilice du père et, lorsque la mère est seule nommée, il ne pe,l: I1 son gentilice, ce qui caractérise les enfants naturels. En conclura- t-on que les k g011 naires ont eu le droit de se marier au service ? — 15 Paul..Se»f. III, 4,§ 3- —
XI. IX, 17, 11. 1. Juv. Sut. XVI, 51 et suiv. ; Biq. loc. cit. — 18 Veget. I [
Big. XLIX, G; Cod. Theod. VII, I, 3; C. i. I. III, P- 989: X- 60 , — lJ Veget. III, G. — 20 On appelait galearii les valets qui /' [ ^ dans les marches le casque de leur maître. — 21 Veget. II, 20. — 22 Domit . 7.
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castrense , passait à son père 1 ou aux héritiers
pl!CU ' 1 institués par testament2
ix soldats de former des colleges dans le camp % ce qui ■comprend aisément : le contraire eût été incompatible ^ec les règles les plus élémentaires de la discipline ; ils
uliuni
?U Celte caisse n’était pas la seule. Il en existait une autre, I . , . r.rnrnrer une sépulture honorable aux soldats
destmee a pi urux ci * . ,
■p au service. « Dans cette caisse, dit Vegece 3, tous ^^légionnaires mettaient quelque argent, de façon que . j,un (|e ieurs camarades venait à mourir on trouvât là d uoi faire face aux dépenses de sa sépulture. » C’est une organisation qui rappelle celle des collèges funéraires.
Elle se comprend d’autant mieux que la loi interdisait aux soldats de former des collèges dans le camp 4, ce qui
[se
avec Mi * - *
„„ r„vaient donc pas', comme le plus humble des habitants de l’Empire, prendre les mesures nécessaires pour s’assurer à peu de frais une sépulture honorable. L’État, pour y remédier, avait fait des légions autant de sociétés d’assurances en cas de décès.
11 n’en était pas de même des sous-officiers. Ceux-ci, du moins à partir de Septime Sévère, se constituèrent directement en associations, en cercles 5. Nous avons conservé le souvenir d’une vingtaine de ces associations 6, et, ce qui est mieux, le règlement d’un certain nombre 1 d’entre elles1. Nous y voyons que, à son entrée dans le : collège, chaque membre doit verser entre les mains du trésorier une certaine somme ( scamnarium ) qui donne droit de prendre place sur les bancs delà société, soit qu’il la payât en une fois, soit plutôt qu’elle fût répartie en une série de contributions mensuelles. Avec les fonds ainsi réunis, le collège assurait aux participants certaines primes. Ainsi, chez les cornicines de Lambèse 8, l’associé promu à un grade supérieur dans la légion avait droit à 500 deniers; celui qui passait dans une autre légion recevait la même somme augmentée de frais de voyage ; les vétérans touchaient aussi 500 deniers, tandis que ceux qui quittaient le service par punition n’avaient dmit qu à 250 deniers ; enfin celui qui mourait au service était enterré aux frais de la caisse, qui versait 500 deniers entre les mains de l’héritier ou du procurateur du efunt. Dans tous les cas, la prime donnée à la sortie du c° ège ( anularium ) était inférieure à la somme versée à enliu par les intéressés. J’ai montré longuement 6U1S’ alH4‘sM- Boissier, que les collèges avaient comme u principal d assurer la sépulture à leurs membres.
. u 1 sous-officier mourait au service, la prime ser- S^>U^Ure ’ ma*s’ comme la plupart du temps il ,ai a soc*^ au bout de quelques années ; comme, fruit d Ü ne Allait pas qu’il perdit, pour cela, le
luive,.:r;ilCe fait en vue de sassurer une tombe, on
droit s’il* 'u ■ S°n ' ^vard’ lu somme à laquelle il aurait eu chose qu moi t ’ a*nsL « l 'anularium n’était autre du’un an! 6 *X de séPuEure payé d’avance à quelle sommT r°U.^ pas l attendre sur place10 ». Avec collège pr.ii' assurase disait inscrire dans un nouveau
collège dp C 6 SOus'°f6ciers s’il restait au service se ue vétérans
cette mise de
1 Dit
s il avait atteint la limite de temps fonds qu il avait faite lors de sa récep
" • XLlx, i7 »
!T'S do Genève (Nicole m" Ib>d' 2°' ~ 3 Loc- cit- • cf- aussi un Pa r° !)- - * Dig; XJ vn r1’ Archives Maires du 1™ siècle, recto !’• a> et 02; R. *• — 5 Boissier, Rev. arch. 1872 (XXUI)
sch>chte und 0 * ‘ ’ A^née d' Afrique, p. 457 et suiv.; Liehenam, Zu Wa"|| -- ' ' e* rom- Vereinswesens, Leipzig, 1890, p. 297 c
s,n les corporations professionnelles chez le p. 308. — g R. Gagnai, Op. cit. p. 4G3 et suiv.
"'•5 Wali2ino. fi. j y 1
Romn°’ ^C?mî!tor- SHr les
tion dans une première association, augmentée de souscriptions supplémentaires à mesure qu’il montait en grade, le suivait sans aucun risque pendant toute sa carrière. De la sorte, il assurait sa sépulture presque en entrant au corps etse gardait contre tous les accidents possibles. D’autre part, ces collèges ne pouvaient pas avoir un caractère aussi exclusif que les collèges funéraires ordinaires ; ils mettaient aussi les membres à même de faire face à certaines dépenses attachées à la carrière des sousofficiers, par exemple les changements de garnison.
Le surplus de l’avoir du collège servait à pourvoir aux dépenses et aux fêtes de l’association.
Il est remarquable que le lieu de réunion de ces associations était le camp lui-même et que leurs salles de cercles ont été retrouvées dans la partie postérieure du praetoriumil . Ils recevaient donc de l’autorité impériale un accueil bienveillant; on faisait plus que les tolérer, on les encourageait et on les protégeait.
Ainsi, qu’il s’agit de simples soldats ou de sous-officiers, l’autorité faisait en sorte que les légionnaires pussent s’assurer un tombeau honorable, par des moyens très semblables. Grâce à la caisse de sépulture légionnaire, les simples soldats étaient certains d’être enterrés avec les égards convenables; grâce à la retenue sur les donativa , ils avaient de quoi se faire inscrire, à leur libération, dans un collège funéraire civil, et grâce aux associations de sous-officiers, ceux-ci pouvaient envisager, sans crainte, soit la fin de leur service, soit même les hasards de l’existence militaire.
M. Culte des légions. — Le principe qui faisait de la légion un ensemble complet et qui l’avait pourvue de tout ce qui lui était nécessaire s’appliquait aussi à la religion ; elle transportait son culte avec elle, comme elle transportait son artillerie ou ses ateliers. Il fallait donc qu’elle adorât des dieux mobiles, ce qui était contraire àl’essence même de la religion romaine 12, où les dieux ne pouvaient être enlevés ni déplacés sans des cérémonies minutieuses. De là la nécessité de limiter le culte légionnaire à un petit nombre de divinités, facilement transportables.
Sous la République, d’après les recherches très intéressantes de M. Domaszewski, ces divinités militaires étaient au nombre de cinq. Au temps où les anciens Latins représentaient leurs dieux sous la forme d’animaux, on les avait assimilées à certains oiseaux ou quadrupèdes, et, pour pouvoir les avoir toujours avec eux, les légionnaires en avaient fait des enseignes. Pline 13 nous apprend qu’avant Marius, « crut aquila prima cum quatuor aliis ; lupi , minotauri , equi, aprique singulos ordines anteibant. » Dans ces emblèmes, M. Domaszewski a reconnu Jupiter (aigle), Mars (loup), Quirinus (sanglier), — ces trois divinités forment la triade primitive du culte romain, — Jupiter Feretrius (minotaure), le dieu de l’offensive, et Jupiter Stator (cheval), le dieu de la défensive 14. L’origine de ces signa explique pourquoi, même transformés, ils restèrent toujours un objet de culte pour les soldats. Ils étaient, en effet, à l’époque impériale, suivant le mot de Tacite, les propria legionum numina 1S. Qu’il s’agit de
Liebenam, Loc. cit. — 7 R. Cagnat, Op. cit. p. 4G7 et suiv. — 8 c. i. I. Mil, 2557. — 9 Op. cit. p. 471 et suiv. — 10 Boissier, Loc. cit. — il Besnier, Les scholae de sous-officiers dans le camp romain de Lambèse ( Mélanges de Rome, XIX). — ^ Die Relir/ion des rôm. Heeres, Trier, 1895 (Forme la première partie du 11e volume de la Westdeutsche Zeitschrift). — 13 Pli,,, ffist. nat. X, 6. — U Pour les preuves, cf. Domaszewski, Op. cit. p. 115 et suiv. — 15 Tac. Ann. Il,
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l'aigle, enseigne de toute la légion des signa manipulâmes 2 ou des animaux servant d’emblèmes aux différentes légions 3, la piété des troupes les entourait de la
même vénération. L'aigle lui-même, au dire de Dion, était porté au haut d'une hampe terminée en pointe par le bas, dans une sorte de châsse affectant la forme d’un temple (veto; (juxpdç) *. En outre, chaque camp avait sa chapelle des enseignes où l’on déposait l’aigle avec les autres signa légionnaires 8.
On voit une représentation très nette de ces édifices sur l'épée de Tibère 6 (fig. 4409) et sur un bas-relief de Vimi-
nacium (fig. 4410) 7 ; on y distingue nettement au centre l’aigle, et de chaque côté les signa et les emblèmes. Une pierre votive de la légion Xe Gemina nous montre aussi un emblème, le taureau, dans une édicule 8 (fig. 4411).
Pareille place était réservée aux images des empereurs portés sur les signa et aux vexilla des détachements 9. C’est dans ces temples qu’aux jours de fête et, en particulier, au jour anniversaire de la création de la légion (natalis aquilaë) 10, on ; venait offrir 11 des sacrifices et célébrer les cérémonies du culte. Nous dirons ailleurs quels rapports unissaient cette chapelle avec le quaestorium des camps [quaestorium].
A côté desenseignes, les légionnaires honoraient d’un culte spécial l’empereur et sa famille. En expédition et dans les camps de marche, les hommages ne pouvaient s’adresser qu’aux images du prince représentées sur des médaillons pendus aux enseignes ou cousues sur les vexilla [imago]12 ; mais dans les camps permanents il en était autrement. On élevait aux empereurs des statues de pierre ou de métal précieux et on les disposait sur des piédestaux ou dans des édicules, au praetorium ou
1 Tac. Ann. 1, 39; Suet. Calig. 14; Plin. Hist. nat. XIII, 23; C. i. I. Il, 6183; III, 7591. — 2 Tac. Ann. I, 39; Hist. I, 3G ; Hcrod. IV, 4, 5; Suet. Calig. 14; Pim. Hist. nat. XIII, 23; Tcrtul. Apol. 16; C. i. I. II, 2552-2556; III, 3526; XIV . 3608 . — 3 Arch. epigr. Mitth. XV, p. 184 et suiv. — l Dio, XL, 18. — 5 Herod. IX, 4, 5; C. i. I. III, 3526 : excubitorium ad tutel(am) signor(um) et imagm(um) saerar(um). — 6 Domaszewski, Op. cit. p. 11. Voir celte épée à gladius, fig. 3619. — 7 Arch. epigr. Mitth. XV, p. 192. — 874, rf. p. 185. — 9 Suet. Cahg. 14; C. i. I. III, 3526. — 10 74. R, 6183. — U Joseph. Del. Jud. VI, 6, 1 ; Plin. Hist. nat. XIII, 23. — 12 Tac. Hist. I, 55; Plut. Galb. 22. — 13 Tac. Ann. I, 43; V, 2; Suet. Tib. 48. — H C. i. I. III, 1371, 5G54, 5906, 5912, 6168, 6658; VIII, 25331, 2535, 18065. etc.; cl. Domaszewski, Op. cit. p. 08 et suiv. — 15 C. i. I. III, 3472. 3473, 759) . — lc Tac. Hist. III, 10 ; cf. Domaszewski, Op. cit. p. 1 et suiv. 17 C. i.
Fig. 4409.
ailleurs13. Il n’est pas de garnison légionnaire où l’on ’ • point trouvé des bases de statues ou même des shi' "l impériales, en grand nombre1*. '' UOs
Puis venaient certains des grands dieux de Toi {diimilitaresu, bellorumdei™), Jupiter, JunonetMinl'i'yJ soit seuls, soit associés17; Mars, le dieu militaire 0 ’ excellence, Mars ultor 18, Mars militarisé , Mars miij tiae potens 20, Mars campes ter 21 ; la Victoire, sa com' pagne22, Victoria Aeterna 23, Victoria ReduxVt ; et a 111e siècle, dans certaines parties de l’empire, Hercule2® ■ quelques-unes de ces entités auxquelles les Romains dé l’Empire accordaient tant de place dans leur religion • Fortuna 2G, Honos 27, Virtus 2\ Pietas 29, Bonus Eventus s°et enfin la Disciplina militaris 3I, sans laquelle il n'y a pas d’armée digne de ce nom.
Ces divinités diverses avaient aussi, dans les camps permanents, leurs chapelles et leurs autels, devant ou
Fig. 4412. — Les dieux de la légion.
dans le praetorium [praetorium]. On les trouve sculptées sur les monuments élevés par les légionnaires (fig. 4412) 32.
On ne s’étonnera pas de voir figurer également, parmi les divinitéshonorées dans les camps, les dieux protecteurs du lieu où ils étaient établis, des corps qui y étaient fixés, des édifices qui s’y élevaient, Genius legionis 33, Genius castrorum 3\ Genius praetorii 38, Genius valet udinariP\ Genius centuriae31 , beneficiariorum 38, scholae ,0; et des divinités qui réunissaient toutes les précédentes sous un seul vocable, les Lares militares *° .
Il ne s’est agi dans l’énumération précédente que fies dieux adorés par la légion dans l’intérieur du camp, filie du culte officiel de l’armée. On comprend que la piété ou la superstition des soldats ne s’en contentât pas en temps de paix. Ils s’étaient habitués, avant leur entrée au s« vice, à révérer d’autres divinités, chères à leurs compa triotes, à leur cité, à leur famille ; ils en conservaient <■ culte sous les drapeaux. De plus, ils trouvaient dans ^ pays où le sort leur désignait une garnison des dix iml
l. III, 10435,10437, 13443; VIII, 2636, 1839, 16499, 18060; Brambach-
— t» C. i. I. III, 12467. — 19 Ibid. VII, 390, 391 ; Brambach, 467. — 30 1
2034. — 21 Ibid. II, 4083. — & Ibid. III, 11082; VII, 217 ; Brambach, ■**> ^ respondenzblatt, 1899, p. 196. — 23 C. i. I. XIV, 2257. j* 1^59;
— 25 Domaszewski, Op. cit. p. 49. — 26 C. i. I. III, 1008, 10992, ]îcn-ski, Brambach, 1033. -*-27 Brambach, Ibid. ; Westd. Zeitschrift, XI, p. 298 , Doa ,ç)S( Op. cit. p. 41. - 28 c. i. I. III, 7591, 10285. — 29 Westd. Zeitschrift , X < ^
— 30 C. i. I. III, 6223 ; Brambach, 983, 1034. — 3' C. i. I. VIL 896 i ' ’ c;(,
— 32 C. i. I. VII, 1050: Bruce, Roman Wall. p. 327; Domaszewski, U ^ pi. III, fig. 3. — 33 C. i. I. III, 6577, 6638 ; VIII, 2527. — 34 Corp. "iscr ^ ^ 2634, VII, 703 et 704. — 33 [b. VIII, 2529. — 36 74. III, 10403. -- ^ jW0, 11017; VIII, 2331. — 38 Brambach, 1791. — 39 C. i. L VIII, 2603. - w 1 '
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ifils apprenaient à connaître et à vénérer. Ils l0Cf C>, ion t pouvoir s’adonner à ces dévotions toutes priruha| ^tat n’avait aucun motif pour y mettre obstacle : il Vt ^ , -i ii Libre aux officiers etaux soldats de se créer en
PeS lër"°du cainp des sanctuaires où, dans leurs moments liberté, ils allaient porter leurs hommages au dieu de 1 ur'choix. Cette tolérance religieuse n’était point, d’ailleurs une neutralité absolue; les légionnaires élevaient ces temples annexes sur le territoire de la légion, ce qui
I pose une concession de terrain par l’autorité. A Lam-
bège ie temple de Jupiter Optimus Maximus Dolichenus était situé aux portes mêmes du camp1 ; celui d’Isis et Sérapis, ce qui est plus caractéristique encore, fut construit grâce à la main-d’œuvre légionnaire par toute une série de légats2. A Carnuntum, on a déblayé récemment, tout à côté de l’amphithéâtre, un sanctuaire dédié à Némésis3. Il était rempli d’ex-voto consacrés par les soldats. La statue de la déesse avait été offerte par un primipile de la légion XIVe Gemina.
N. Armement et costume des légionnaires. — Nous avons déjà dit, en parlant des différentes phases par .lesquelles a passé la légion romaine, que l’armement des soldats s’était modifié suivant les époques et suivant les besoins de la tactique. En consultant pour la période républicaine les textes des auteurs, pour l’Empire les écrivains et les monuments figurés4, on peut arriver à des conclusions assez précises. Il ne sera point question ici des cavaliers dont l’équipement a déjà été étudié [équités].
Sous le régime de la constitution servienne, le légionnaire de la première classe était revêtu d’une armure complète, constituée par le casque [galea], la cuirasse [lorica], un bouclier rond [clipeus] en airain et des jambières [• ocreae ); il avait de plus un glaive [gladius], une haste [hasta] et des javelots [telum]8. Aux soldats de la ! deuxième classe étaient attribuées les mêmes armes, moins la cuirasse ; le clipeus était remplacé, pour eux, par ! h scutum (bouclier de forme rectangulaire) ; l’armement de ceux de la troisième classe était semblable, à l’exception des jambières. Enfin, ceux de la quatrième étaient dépourvus de toute arme défensive et réduits à la haste et la la pique [verutum].
I Pour la période suivante, qui correspond à l’introduc- !°n u la tactique manipulaire, Polybe 6 nous a conservé I e pu ci eux renseignements. D’après lui, les trois genres e cbionnaires, hastats, princes, triaires, portaient une aj UU n ne ^ffère que par les détails. Il s’exprime énpp i' 6S ^US ^eunes son^ tenus d’avoir pour arme une ro t ^ JaVe^°tS et la par ma. C’est un bouclier d’une ü so^e et assez grand pour couvrir le corps ;
outre T!aire et a.trois Pieds de diamètre. Ils ont, en recoii'vmu "1 ^arn’e ^ un casque sans crinière, mais animal -n due[°ls de la peau d’un loup ou d’un autre distinctiw UTr SeTr,à ^ f°is de Protection et de marque naître cen • °S C 1<?fs Peuvent ainsi plus facilement reconde leurs S°nt Slgnalés Par leur courage. Le bois
( o s a généralement deux coudées de long et
’ U ■ VIII, 2680 18-1-20 „t ■
" C- »• l Vin <»630 1SU]V' cf' R' Ca=nat’ Armée d’Afrique , p. 422, note 2. défensives du ,nW , \'ePiar’ Mitth- XX- P- 205 et suiv. - 4 Lc Beau, r*\37etsuiv,);-°e«an; tesHw lcgwnmtre (Mêm- de l’Acad. des Inscv. XXXIX, ^follement du fantassin l /enmes du soldat légionnaire (Ibid. p. 478 et suiv.) ; De T. D^a/fnung des ' égwnnaire (Ibid. p. 50G et suiv.) ; A. Muller, Ausrüstung
C P- 221 et suiv,' • Die ' eeres '> Sepuicratmonumente rôm. Kriege (Philol. tf'e' *« der Kaiser-lit ' el' A’ beiten über Traclit und Bewaffnung des rôm.
eit {rb,d ■ XLV1I, p. 514 et suiv.; 721 et suiv.);
un doigt d’épaisseur. La pointe, qui a une palme, est tellement acérée, effilée, que dès le premier coup elle se recourbe et que les ennemis ne peuvent la renvoyer... Les soldats qui viennent au second rang pour l’âge, et que l’on nomme hastaires, doivent porter une armure complète. Cette armure se compose, chez les Romains, d’un bouclier convexe, large de deux pieds et demi, long de quatre. Les plus longs ont une palme de plus... Les hastaires ont aussi une épée qu’ils portent suspendue au côté droit : ils l’appellent ibérique. Excellente pour percer, elle est tranchante des deux côtés. La lame en est forte et solide. Ajoutons à cela deux javelots, un casque d’airain et des jambières. De ces javelots, les uns sont épais, les autres minces. Parmi ceux qui sont épais, plusieurs sont ronds et ont une palme de diamètre ; d’autres sont carrés et ont une palme sur chacun de leurs côtés. Les minces sont semblables aux épieux de médiocre grandeur que les hastaires portent avec le reste. La longueur de la hampe et de tous ces traits est d’environ trois coudées : le fer qui y est adapté a la forme d’un hameçon et une longueur égale à celle du bois; on l’attache si fortement, pour en assurer l’effet, par des liens et de nombreuses agrafes jusqu’au milieu du bois, que le lien ne manque jamais avant que le fer soit brisé. Or, à son extrémité et à l’endroit où il s’unit au bois, ce fer a une épaisseur d’un doigt et demi, tant les Romains apportent de soin et d’attention à consolider cette jointure. Déplus, leur casque est surmonté d’une aigrette ou de trois plumes rouges ou noires, droites, d’une coudée environ Ces ornements placés au sommet de l’armure semblent doubler la taille des soldats... La plupart ajoutent à cela une plaque d’airain, de la largeur d’une palme en tous sens, qu’ils mettent sur leur poitrine et qu’ils nomment xapotocpuXa^ : c’est le complément de l’armure. Ceux qui possèdent plus de mille drachmes, au lieu de cette défense, se ceignent la poitrine d'une cuirasse. Les princes et les triaires portent les mêmes armures, si ce n’est que les triaires ont des lances au lieu de javelots. » De ce passage il résulte que tous les légionnaires étaient armés d’un casque, d’un bouclier, de jambières, et d’une cuirasse. Sous cette cuirasse, faite de cuir, vers la région du cœur, était une plaque de fer haute et large de trois quarts de pied. Les hastats seuls étaient vêtus d’une cuirasse composée d'anneaux ou de plaques de métal. Comme armes offensives, les soldats de cette époque portaient tous le glaive espagnol qui semble avoir été introduit par Scipion au cours de la deuxième guerre punique ; les hastats et les princes étaient munis du pilum, les triaires de la hasta. Mais, assez rapidement, le pilum fut donné à tous les soldats sans distinction : il devint l’arme caractéristique de la légion romaine [pilum]1.
Les vélites ne portaient pas de cuirasse ; leur casque était de cuir, leur bouclier rond et léger; ils étaient armés de l’épée espagnole et de hastes ( hasta velitaris j 8.
Les écrits de César ou de ses lieutenants et les fouilles faites autrefois sur l’initiative de Napoléon III à Alise 9
Hiibner, Zur Bewaffnung der rôm. Legionare ( Hermes , XVI, p. 302 et suiv.) ; Lindenschmidt, Traclit und Bewaffnung des rôm. Heeres waehrend der Kaiser- -eit, 1882 ; Schiller, Kriegsaltertümer (dans le Handbuch d’hvan Muller), IV, p. 737 et suiv. — 5 Liv. I, 43 ; Dionys. IV, 16, 17. — 6 Polyb. VI, 22 et s.' - 7 Sur tout ceci, voir Marquardt, Organis. milit. p. 25 et suiv.; Lindenschmidt, Op. cit. p. 3. — 8 Outre le passage de Polybe, voir ; Id. VI, 22 ; Liv. XXXVIII, 21 ; Varro ap. Non., p. 552, 29 M. - 9 Verchère de RefTye, Les armes d' Alise (Rev. arch. X [1864], p. 337 et suiv.).
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et ailleurs, nous donnent sur l’armement et le costume «les légionnaires dans les dernières années de la République des renseignements assez précis L Ils étaient armés du glaive espagnol et du pilum comme à la période précédente2; mais il n’est plus question des deux pila, un long et un court, dont parle Polybe : chaque soldat ne portait avec lui qu’un seul pilum*. Il n’est pas fait mention non plus, parmi les armes des légionnaires, d une petite épée ( pugio ) que l’on trouve figurée sur les monuments de l’époque impériale : cette arme n’était pas réglementaire. D’ailleurs, le pugio paraît plutôt avoir été icserxe aux officiers \ Les armes défensives se composaient d un bouclier, d’un casque et d’une cuirasse. Le bouclier des fantassins était le scutum rectangulaire B, le casque, la galea G. Pour la cuirasse, la question est un peu plus compliquée 7. Les officiers, depuis les tribuns jusqu au général, cela est certain, portaient une cuirasse de fer 8 ; pour les soldats, le doute s’impose. De certains passages on peut déduire que leur cuirasse était assez pesante et quelle brillait au soleil10, toutes données qui obligent à supposer, dans sa composition, l’emploi du métal. Mais, comme, d'autre part, les soldats étaient astreints à des travaux qui nécessitaient une souplesse de mouvement incompatible avec la rigidité d’une cuirasse laite tout dune pièce11, on peut supposer que la lorica des légionnaires de César était ou une cotte de cuir renforcée de pièces de métal, ou la cotte de mailles, ou la lorica segmentata, telle qu’on la voit figurée sur la colonne Trajane 12. Pour les centurions, on possède un texte assez embarrassant 15 : il y est fait mention d’un centurion de l’armée de César qui traversa un bras de mer « duabus loricis onustus ». Les uns ont vu dans ces deux loricae les deux moitiés d’une cuirasse de métal, les autres une cuirasse de cuir recouverte d’une lorica de fer. On ne trouve pas, dans les écrivains militaires de cette époque, la mention de jambières, comme dans Polybe. Sous la cuirasse, les soldats portaient une tunique; comme manteau, ils avaient un sagum u. Nous ne possédons malheureusement pas, pour cette période de l’histoire romaine, de représentations figurées relatives à des légionnaires : le monument de saint Rémy, qu’on a souvent interrogé à cet égard, et l’arc d’Orange, ne présentent aucune gaiantie de fidélité dans 1 exécution des costumes militaires 15.
Les légionnaires ne se servaient d’habitude ni d’arcs ni de fi ondes . ils en laissaient 1 usage aux auxiliaires [funditores, sagittarii] . Exceptionnellement pourtant, au siège de certaines villes, ils usèrent eux-mêmes de ces sortes de projectiles. Parmi les balles de fronde [glandes] qui ont ctë recueillies à Ascoli et qui remontent au temps de la guerre des Marses, quelques-unes portent inscrits les noms des légions XI et XV 16 ; sur celles qui proviennent du siège de Pérouse de 713-714 (de Rome), on a lu le nom des légions II, IX, XI et XII 11 .
L’armement et le costume des légionnaires sous l’Empire nous sont connus par certains passages d’auteurs latins ou giecs, comme Tacite ou Josèphe, par des repré¬
sentations itinéraires qui, Ou moins jusqu’à la fj,
Ier siècle, ont une certaine importance, les soldats "r lu rant avec leurs armes, ce qui ne se rencontre pl us ’8U' périodes suivantes 18 ; enfin par les sculptures des colon^ et des arcs triomphaux élevés pendant le ne siècle "r^ documents nous permettent d’arriver à quelque précisi ^
On peut dire, d’une façon absolue, que le vêtement^ composait d’une tunique et d’un sagum. La tunimie — paraît sur les mo- ’ 1,111
numents funéraires aussi bien que sur les bas-reliefs militaires, était peut-être de couleur rougeâtre ( r ussa ta ) 19; le sagum est très visible sur un monument du musée de Strasbourg reproduit ici (fig.
Pour l’arme ment, il faut tenir compte des différentes époques.
Les armes défensives consistaient en un casque, une cuirasse, un bouclier, un cingulum. Le casque, de métal, était garni de deux pièces latérales, couvrant les oreilles et se reliant sous le menton. La forme en a été nettement indiquée à l’article galea. Le sommet était surmonté d’un panache, comme on le voit sur la tombe du légionnaire C. Valerius Crispus à Wiesbaden (fig. 4414) 21 , et sur la colonne de Marc Aurèle (fig. 4415),
Fig. 4413. — Légionnaire, np siècle ap. J.-C.
ou d une sorte d’anneau comme sur la colonne de Trajan et sur l’arc de Septime Sévère (fig. 4416). Au début de
l’Empire, la cuirasse fut probablement en cuir, consolidé sans doute intérieurement de plaques de fer : le légionnaire de Wiesbaden en est revêtu et aucun monument de
cette date, relatif à un simple soldat, n’en présente d’autre22. On la complétait par deux pièces {humcralw) protégeant les épaules. Le bouclier réglementaire était le scutum, muni à sa partie antérieure d’un umbo saillant, au milieu d’une pièce rectangulaire qui formait la part'1 centrale du bouclier. On en a trouvé plusieurs spécimens, dont l’un, découvert en Angleterre [clipeus], est particule* rement intéressant (fig. 4417). Un texte de Végèce nous apprend que cette partie centrale, sinon le bouclier l°ul
i FriSIich, Op. cit. I, p. 60 et s. - 2 Caes. Bel. gai. 1, 25- II 23- V 44; Bel. civ. III, 93, etc. - « Ibid. - 4 Bel. hisp. 18, 2; Frôntin. Strat.
II, 7, 5; cf. Mommsen, Droit public romain , II, p. 73. y j}ei qai
H, 21, 25, elc. — «i lb. II, 21 ; Bel. civ. III, 62, 03; Bel. afr. 12. — 7 Frôlicli Op. cit. p. 68 et suiv. - 8 Plut. Lucul. 28 ; Pomp. 35; Crois. 35 - 9 Caes’ Bel. gai. V, 16; Bel. afr. 71. - 10 Bel. hisp. 9; Plut. Brut. 38; Anton 74. - U Bel. gai. II, 21. — 12 Frôlich, Op. cit. p. 72. — 13 Val. Max. III
2, 23. — 14 Frôlich, Op. cit. p. 73. — - 13 Caes. Bel. civ. I, 75; Bel. ?«*(• ' ^ — 10 C. inscr. I. IX, p. 633. — 17 Ibid. I, 693 à 706. — 18 Domaszewski, y ’ epigr. Mitth. V, p. 200; A. Muller, Philologue , XLVII. p. 551. — 19 Isl)1, 'VJ) XIX, 22, 10 ; Mart. XIV, 131 ; Terlull. De coron, mil. 1 . — 20 Bonn. Jahr*’. ^ p. 74el pi. ii. — 21 Lindenschmidt, Tracht uiul Bewaffn. pl. iv, fig. I î D°«liasZ^ ^ Wien sur Z ait der Rômer (extrait du tome Ier de l’Histoire de Vienne), p*'denschmidt. Op. cit. p. G et suiv. ; A. Muller Philologus, /. C. p. 550 cl
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en tic'’
(,|ait peinte et constituait un épisème qui permetm ' différentes cohortes de se reconnaître : Ne milites h1'1 i"1'' 1 aliquando in tu-
multu proelii a suis contubernalibus aberrarent , diversis
cohortibus diversa in scutis signa pinge bant, ut ipsi nommant, dig mata ; et, en effet, le bouclier était la seule partie de l’armure qui différenciât les légions entre elles L Le reste de l’arme était, d’ailleurs, également ornementé, ainsi qu’il ressort des représentations des colonnes Tra jane et Aurélienne. Les cuisses, sur le monument de Wiesbaden, sont défendues par des bandelettes de cuir formant comme une sorte de culotte hès courte. Une ceinture [cingulum] entourait la taille,
A VGA N X h S T ' P, X X l t ' F vC
Fig. 4H4.
Légionnaire (u« siècle).
If;' *Oo. Légionnaires (n* siècle). Fig. 4416.
blées^de j \î'd.aptai.t un tablier formé de lanières douventre poip'u ’ re^om^a^ sur Ie ventre et le bascaliqa ) ^ 0r°téger. Les pieds étaient chaussés de la
soldats et J tbSenl‘e^ement la chaussure des simples du cou s’en^ °i ('.e‘ers grade inférieur [caliga]. Autour Ju ait une cravate, utile surtout aux légion-
‘ 1 "lac' ®isl. il, 23 __
^ a A. MüUcr miiilolonus X ! Vrr0'1"?’ U C°L TraJane <éd' 186S)> P- 71 c‘ fte puis i)as ’ * P’ 4 Petersen, Die Marcussâule , p. 4’
C avcc T°C'lcsco que les soldats vêtus de la eu
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naires dans les pays froids [focale] ; on la distingue très nettement sur le relief de Wiesbaden (fig. 4414).
Comme armes défensives, les soldats portaient, ainsi qu’à l’époque républicaine, un large glaive, maintenu au côté droit par un baudrier suspendu à l’épaule gauche [balteus] ou par une ceinture, et le pilum. Parfois, on voit, sur les monuments, un poignard ou une petite épée supplémentaire attachés au flanc gauche.
Au 11e siècle, quelques détails de cet armement ont changé. La cuirasse de cuir a fait place à la cuirasse, dite
segmentata , faite de plusieurs pièces. Celle-ci se compose essentiellement de deux carapaces de bronze réunies sur le dos par deux charnières et par des boucles sur la poitrine ; la taille et les épaules sont garnies de bandes de cuir, suivant les uns 2, de lamelles de métal, suivant certains3, juxtaposées et se recouvrant l’une l’autre [lorica, cingulum]. C’est la cuirasse qui caractérise les légionnaires sur la colonne de Marc Aurèle * et sur l’arc de Septime Sévère ; on la verra aussi sur le groupe de soldats de la figure 4418, empruntée à la colonne Trajane : elle montre une troupe de légionnaires en marche, qui portent leur casque suspendu à l’épaule droite, leurs provisions et ustensiles au haut d’une perche [sarcina]5.
Le bouclier rectangulaire semble ne plus être à cette époque le seul dont on fit usage régulièrement ; le bouclier oblong se remarque au bras des légionnaires sur la colonne de Marc Aurèle et sur l’arc de Sévère ; sur la colonne Trajane, il est réservé aux prétoriens et aux auxiliaires. Sur toutes ces représentations (fig. 4415, 4416), la tunique descend jusqu’au genou; les jambes sont nues et chaussées de la caliga.
Pour le iii° siècle et la période suivante, nous n’avons plus de documents figurés concluants. Les dessins que l’on possède des colonnes de Théodose et d’Arcadius nous ^offrent peu de garanties pour l’exactitude des détails; et, en tout cas, il n’est pas possible d’y distinguer les
rasse squamata, avec les manches bardées de fer, qui se voient sur le monument d’Adam-Klissi, soient des légionnaires (Beundor, Niemann et Tocilesco, Das Monument von Adam Kiwi, p. 75).
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légions des autres troupes. Tout ce que l'on peut dire, c’est que l'armement général ne semble point avoir éprouvé de grandes modifications. C’est aussi ce qui ressort d'un passage de Végèce. D’après lui1, les soldats légionnaires, qu’il divise encore en principes , hastati , triarii, portaient des casques ( cassides ), des eu i russes (cata fra ctae), des jambières (ocreae), deux épées [spatha et semispathium ), un scutum, dans lequel ils dissimulaient cinq javelots ( plumbatae ); et enfin, au lieu du pilum , deux lances, l'une assez grande ( spicu lum ), l'autre plus petite ( verutum ). La nature de la cuirasse désignée dans ce texte par catafracta est difficile à reconnaître ; car Végèce se sert la plupart du temps de ce mot pour indiquer une cuirasse quelconque2. Peut-être, cependant, faut-il y voir la cuirasse s (j un mat n ou hamata , la cotte de mailles [cataphraota]. Dans un autre passage, d'ailleurs 3, il ajoute un renseignement contradictoire ; à partir de Gratien, la plupart des soldats, par mollesse, auraient demandé à l’empereur la permission d'abandonner les armes traditionnelles, primo cala fra etas , deincle cassides ; celui-ci aurait eu la faiblesse d'y consentir. Les Romains, désormais sans défense, auraient été de ce fait très éprouvés par les flèches des Gotlis,
« nec post. tôt clades... cuiquam eu-
rig. 4410. — Option légionnaire. ,
rae fuit , vel cata-
f raclas vel galeas pedestribus reddere ».
Le costume distinctif des divers sous-officiers cialistes de la légion ne nous est pas connu 4 • ' probable, d’ailleurs, qu’il ne différait de celui des ■ "
légionnaires que détails. Pour ies
spéest
s'mple&
Fig. 4418. — Soldats légionnaires.
les
particularités relatives à l’armement des mu
siciens, à l’uniforme des
porte -enseignes, voir
CORNU et SIGNA MILITARI \
Nous possédons pour les options légionnaires deux monuments : le plus important a été trouvé à Aquincum et appartient au musée de Pesth8 (fig. 44m On y voit un homme revêtu d’une tunique serrée à la taille par une ceinture à laquelle est attachée une épée.
11 est couvert d’un sagum dont les pans retombent par devant, présentantune suite de festons. La main droite s’appuie sur une lance; de la gauche il tient des ta' blettes, indices de ses fonctions administratives Les pieds sont chaussés de caligae.
prend qu’il appartenait à la légion II nument remonte donc au m° siècle6, récemment publié 7, vient d’Angleterre :
il est conservé dans le Grosvenor Muséum à Chester. Le défunt y porte les mêmes insignes : sagum retombant en pointe sur le devant du corps, épée, lance, tablettes; il servait dans la légion XX 0 Valeria Victrix.
Nous sommes assez bien informés poulie costume des centurions, grâce à quatre représentations que nous possédons : le tombeau dt M. Caelius, tué lors de la défaite de Varus (fig. 4420 celui de Q. Sertorius Festus (fig. 4421) 9, celui di T. Calidius Severus (fig. 4422) )0, et enfin celui de M. Favonius Facilis11 (fig. 4423), morts tous vers la Prt mière moitié du 1er siècle.
Les centurions portaient, comme les légionnaires, UIU cuirasse : mais il semble que la nature en ait varié eu
L’inscription ap Adjutrix ; le mo Le second, tou
Fig. 4420. — Centurion.
1 \ eget. II, 15. 2 Id. I, 20 : « ab urbe condita usque ad tempus Divi Gratiani
et cata f radis et galeis muniebantur pedestres exercitus ; cf. 11, 14, loricas suas vel catafractas. 3 Ibid. + Les documents manquent, ou, quand ils existent par exception, il n'en existe pas de représentations ; par exemple C. i. I. III, 190. — 6 Desjardins, Musée national hongrois , pl. xxiv, 138; C. i. I. III, 3530. La figure 4119 a été exécutée d’après une photographie. — G Cf. l’histoire de la légion pour la date de son séjour à Aquincum. — 7 Haverfield, Catalogue of Lhe roman inscribedand scii ptured stones in the Grosvernor Muséum, Chester, 1900,
, l’oi-jcinal.
p. 108, no 38. — 8 Brambach, 209; Lindenschmidt, pl. i, 1, “1Prt>
— 9 C. i. I. V, 3374 ; Lindenschmidt, Ibid. I, 6, d'après Orti, GU an^c " alla Gente Scrtoria Veronese spettanti, pl. i. — 10 C. i. I- UL O- ’ morl epigr. Mitth. V, p. 206 et s. — U Corp. insc. lat. VII, 90 ; B. lj0l'fC’ln„rapliie se
d’après laquelle --- -
M. le professeur Haverfield). Autres représentations de centurion : C. i.
W/Cy' * - ...... », j 1. -uu a. ..... ...» 1 otOlU,ilf
scpulchral monument foand at Colchester, Colchester, 1868 pa P 11 y ^|ar d’après laquelle le dessina été exécuté nous a été aimablement connu"1 I
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. ceue de M. Caelius est de cuir avec trois [ ''"q,! 'lambrequins retombant sur le ventre et autant
^"^liaque bras; celle de Favonius est analogue; les s,Uf oli;T,pq ont une cuirasse du genre dit squamata. M Domaszewski a supposé que Claude avait eu la pensee pP ffenre de cuirasses à toute l’armée romaine, mais qu’il y avait renonce assez rapidement1. Et, en I ffet nous n’en trouvons plus trace sur les monuments li curés du iic siècle, en particulier sur les colonnes, où I on a certainement représenté des centurions, sans que I n0us puissions, d’ailleurs, les reconnaître. On y revint I peut-être plus tard : car Végèce leur assigne des cata- I fractae comme aux autres légionnaires 2.
Leur grande tenue comportait, en outre, une riche [ tunique (fig. 4421), des
jambières ornementées (fig.
4421, 4422 et 4423), et peutêtre des c.alcei (fig. 4421 et 4423). En temps ordinaire, ils portaient la caliga 3.
Leur casque, comme l’indique Végèce, n’offrait au-
TÏÏAÛmvS)
P-CAM-SEVEK
E O ! T F M’OPT 10 DEC V RC 0HTAIP1N ITFM-'L EG'XV-APOLL'
ANNOP I viipsiipxxxtin
QCAL1D1VS FPA^I POSVIT
Fig. 4421 . Costumes de
centurions. Fig1. 4422.
;'Ulle l)arlicularité, sinon d’être transversal
couronné d’un panache
* h figure uZÙT tramver°™) parfaitement visible
«M acjnoscermuJT^ ^ d’arëent’ Ut cde-
et s**?*'' LeU1’ manteau était le
l’épitaphe de CiV v J' Le 1>eIief sculPlé au-dessous de tés % 44221 S™We Pr0llver qu'ils moins; c’est Ü' ?uelques“uns d’entre eux, tout au bi°n Chacuii^U °n *n^rer aussi d’un texte de du c°mniandpm, 'Sc!il qu ds Portaient comme insignes
caractérise sur Tu, 1° ^ ^ ^ ^ qui les
Sur un de pp . es monuments. Comme on le voit
ment ^glaive.^l'fi^; 4423)’ ÜS avaient certaineaut aussL si l’on en croit Végèce,
comme dernier
c>r complément au costume, un ,<
scu-
aJouter,
tum \
k( 'ètenient pi p.,,
mement des officiers supérieurs de
3 V?rhandl- der 4S p,..'
ri /°Sepl‘- Sel. jud ,, ltlolo^rsammlung, p. 337. - L W.-^Veg. U, lfl.
2 Vegel. Il, 16.
«Mui de’|f" ~ 1 Cf- suc Je co,t„m’U;j ~ * Ves' 16- - 5 Dio, LXXI, 27. B^/rnunaTeW’ m°'ns 10 ^ °ificiei,s supérieurs (qui, en somme, est
.xecres P^amentum) : A. Millier, Ausrüstung und aiserzeiti p. 30 et s. ; Id. Das cingulum
la légion 7 présente de grandes différences avec tous ceux que nous venons de décrire. Sans parler de leur bouclier, qu i était sans do u te plus orné, et de le ur casque don t le panache devait être plus fourni et plus brillant, mais dont nous n’avons pas conservé d’exemples certains, leur cuirasse était le corselet plein et droit (Ooipy.; <7x7.010 ç) à lambrequins et à épaulières ; leur
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Fig. 4423. — Centurion.
épée, le gladius ou plus proprement le j ougio* , pendu à l’épaule par un baudrier ou supporté par une ceinture; leur manteau consistait en un sagum plus riche que celui de leurs subordonnés. M. Mommsen croit que, sous la République, les tribuns se distin guaient par le clavus , comme les généraux par le paludamentum et les centurions par le cep de vigne ; d'où serait venu le diminutif de rufulus appliqué au tribun par opposition avec la pourpre du général 9 [clavüs]. S’il en est ainsi, on peut croire que sous l’Empire le légat et le tribun se reconnaissaient à la largeur du clavus et, sans doute aussi, les tribuns laticlaves et les angusticlaves. Les officiers n’avaient point de cingulum , sinon ce petit ceinturon souple noué sur l’estomac10 dont il a été question à l’article cingulum. Il faut enfin signaler qu’ils portaient des braies qui tombaient jusqu’au genou et que leur chaussure était le calceus. Malheureusement, les représentations précises de légats et de tribuns manquent complètement sur les monuments funéraires et sont très rares sur les bas-reliefs des colonnes, ou, du moins, très difficiles à reconnaître. Nous possédons pourtant certainement, sur la colonne Trajane, le portrait de deux légats dh légions : leur présence à la tête du groupe de légionnaires cité plus haut et en avant des porte-enseignes ne laisse aucun doute à cet égard (fig. 4424) 11 ; ils sont cuirassés et couverts d’un sagum retenu à l’épaule par une fibule; de la main gauche ils tenaient un bâton de commandement ou un rouleau très détérioré aujourd'hui. Ailleurs, derrière 1 empereur, et à côté d’un autre légat, figure un jeune officier, dont les braies et les calcei indi-
militiae , p. 19 et suiv. — 8 Val. Max. III, 5, 3; Suet. Galb. 11 ; Slat. Sjlv. V, 2, 154, 173; Mart. XIV, 32. — 9 Droit public ro)nainr II, p. 74, note; çf. Liv. XX' M, 24. • 10 Cf. p. H81,fîg. 1301, et A. Muller, Das cingulum militiae, p. 19
et suiv. — U Frôhner, La colonne Trajane, éd. in-Sf, p. 71 et 73; Cichorius, Die Reliefs der Trajansaeule, p. 29, 33, 37.
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0 Lient la dignité ; sa cuirasse est île peau et il n’a pas d’épaulières. M. Cichorius pense que ce pourrait être un tribun, à moins qu'il ne faille y voir un préfet de cohortes auxiliaires, ou même un tribun de cohorte prétorienne. Dans
le doute, il convient de s’abstenir de toute affirmation1.