BOULEVARD S A I N T - G E R M A I N
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DACTYLI, ’lSatot AaTnAot. — Dactyles Idéens, personnages mythiques identifiés aux Curètes1. Quelques-uns les regardaient comme les ancêtres des Curètes. Selon Diodore 2, les Dactyles Idéens, qui tiraient leur surnom du mont Ida, en Crète, étaient les plus anciens habitants de 1a, Crète ; mais le même historien rapporte l’opinion d’Éphore, qui les faisait originaires du mont Ida en Phrygie, d’où ils seraient venus en Europe avec Mygdon. On les retrouve encore à Samothrace, où ils auraient séjourné et où leurs prestiges auraient fait l’admiration des habitants3. '
En Élide où, selon Pausanias, ils seraient venus de la Crète, ils fondent les Jeux Olympiques4, institution attribuée par d’autres aux Curètes. Entre autres inventions qui les rendirent célèbres et leur obtinrent les honneurs divins, on plaçait l’usage du feu, la découverte du cuivre et du fer et l’art de travailler les métaux5. Comme les telcmnes, ces autres artisans primitifs, ils étaient renommés et craints pour leurs actes magiques. Ils jouent un rôle dans les anciens mystères; on leur donnait Orphée pour disciple0, et leur séjour à Samothrace les rapproche des Cabires [cabiri].
Comme les Curètes, les Dactyles Idéens sont les nourriciers de Zeus, qu’ils ont reçu à sa naissance des mains de Rima1. Un curieux passage de Diomède le grammairien confond les Dactyles avec les Corybantes et les Curètes et raconte ainsi leur origine : « On rapporte qu’Ops (Rhéa), portée par sa fuite vers le mont Ida dans 1 île de Crète appuya ses mains sur cette montagne et mit ainsi au jour son enfant (Jupiter). De l’impression des mains surgirent les Curètes etles Corybantes qu’on appela Dactyles Idéens, du nom de la montagne et delà nature de l’action8. » Le même auteur identifie un peu plus loin les Dactyles aux Cabires phéniciens. « On doit remarquer, dit à ce sujet
DACTYLI, 1 Pausan. V, 7, 6. — 2 Diod. Sic. V, 64; cf. Hesiod. Frag. 14, 15; rlin. H. nat. VII, 57 (107). — 3 Diod. I. c. — 4 Pausan. I. c. ; cf. V, 14, 7; VI, 23. 2 ; Diod. I. I. j Strab. VIII, 355. - 5 Diod. Sic. I. c. et XVII, 7 ; Schol. Apoll. Rh. I, 1129; Strabo, X, 473 ; cf. Overbeck, Geschichle der Plastik, I, p. 25 ; Milehlœfer, Die anfànge der Kunst, p. 26 et suit. — 6 Strab. I. c. — 7 Pausan. V, 7, 6 ; Apoll. Rhod. Arg. I, 1126. — 8 Diorned. III, p. 747 , éd. Putsch. Voy. chez Apollonius (I, 1129 et
M. Fr. Lenormant, à l’appui de la légende crétoise, le rapprochement qu’elle établit elle-même entre le nom du mont Ida et le mot y y main, d’une part, et entre Sây.TuÂo;, le doigt, en grec et y y main en hébreu et en phénicien, d’autre part. Il est probable que le nom de l’Ida de Crète était originairement pélasgique, comme celui de 1 Ida de l’Asie Mineure et avait la même signification étymologique de forêt montueuse; mais les colons phéniciens, quand ils étaient arrivés en Crète, avaient établi un rapprochement assez naturel entre ce nom de lieu, qu'ils y trouvaient déjà existant, et le mot y y de leur langue; par suite l’Ida était devenu pour eux une montagne de la main9. »
Le nombre des Dactyles varie, ainsi que leurs noms, suivant les auteurs. Ce nombre est tantôt de cinq comme celui des doigts de la main, tantôt de dix, ou de cent10. On les distingua en mâles et en femelles et l’on mit les mâles à. droite et les femelles à gauche. Suivant Phérécyde, il y avait vingt Dactyles à droite et trente-deux à gauche; les Dactyles de gauche étaient des enchanteurs, dont ceux de droite détruisaient les enchantements11. Il y a dans ces nombres et dans tout ce qu’on raconte des Dactyles de très vieilles idées concernant le rôle de la main dans le travail humain, dans la magie, la bénédiction et la malédiction, etc. Pausanias compte cinq Dactyles, Hercule, Paenaenos, Epimedes, lasos et Ida 12 ; c’est à l'Hercule Idéen qu’est attribuée l’invention des Jeux Olympiques et la transplantation en Grèce de l’olivier. Strabon nomme Celmis, Damnameneus, Hercule et Acmon. Le nom de Celmis ou Telmis et de Damnameneus sont cités comme ceux de Dactyles inventeurs du fer13. Les étymologies qu’on donne de ces divers noms ont rapport à la métallurgie14.
« Les plus anciens, les plus graves et aussi les plus nombreux témoignages, dit M. Rossignol15, s’accordent à faire les Dactyles phrygiens. » C’est aussi l’opinion de
Scliol.) une légende semblable sur la nymphe Anchialé et la naissance des Dadylcs.
— 9 F. Lenormant, Gazette archéologique , t. III (1877), p. 35, 36. — 10 Paus. I. c. ; Diod. I. c. ; Pollux, II, 156 ; Etymol. M<ign . s. v. — U Schol. Apoll. Rh. I, 1 126, 1 129 ; A. Maury, Rist. des relig. de la Grèce ant. p. 203. — 12 Pausan. V, 7, 6. — 13 Schol. Apoll. I. 1129 ; Clem. Alexandr. Strom. I, p. 3t>3, éd. Potter ; Zenob. Proverb. IV, 80.
— H V. Rossignol, Des métaux dans l'antiquité, p. 27, 28. — O. c. p. 21, 22