‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 2 sur 111 · DAC · texte numérisé non relu

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M. Curtius. Suivant l’ historien de la Grèce, les Dactyle sont des génies souterrains de l’Ida phrygien, instruits par Cybèle à l’exploitation des riches filons16. L. de Ronchadd.

DACTYLIOTIIECA, AaxTuXtoOrjjwi. — Baguier, écrin où l’on serrait les bagues. Bien que le mot latin soit emprunté directement à la langue grecque, au dire de Pline1, nous ne trouvons ce terme dans aucun des auteurs grecs de l’époque classique ni même chez les lexicographes des temps suivants3. Au contraire, sans être fréquent, il est à plusieurs reprises employé par les auteurs latins. Nous savons même à quelle date il entra dans la langue. Scaurus, beau-fils de Sylla, fut le premier à introduire l’usage de ces écrins à Rome3; Jules César en consacra plusieurs dans le temple de Vénus Génitrix ; Marcellus, fils d’Octavie, dans celui d’Apollon4. Martial en parle8 comme d'un objet indispensable aux jeunes élégants de Romes qui portaient plusieurs bagues aux doigts [anulus]. Les textes de jurisprudence, qui traitent des legs, examinent la question de savoir si le légataire, à qui le défunt a laissé ses bijoux, a aussi droit à la dacUjliolheca* .

Il y avait sans doute des baguiers de formes diverses, Minervini a cru en reconnaître un exemplaire dans un petit ustensile de bronze, trouvé à Telese, en Italie (fig. 227 A)1 : il se compose d’une longue tige portée sur trois pieçls et d’un anneau. ouvert qui est muni en dessous d’une sorte de crémaillère. On assure que les deux objets étaient réunis et l’anneau en place, au moment de la découverte. Après avoir introduit l’anneau dans le haut de la tige, on le fait descendre jusqu’à mi-hauteur où la crémaillère bute contre une saillie ronde ; la tige s’insère entre les dents de la crémaillère qui s’y fixe solidement, en maintenant l’anneau supérieur dans une position horizontale : par l’ouverture ménagée dans cet anneau on pouvait enfiler les bagues et les suspendre. Cette forme correspond à peu près à celle de certains baguiers encore en usage aujourd’hui.

A Pompéi on a trouvé une petite boîte ronde d’ivoire, dont le couvercle est surmonté d’une tige haute et qui a servi peut-être au même usage (fig. 2273) 8 : la boîte pouvait contenir les bijoux dont on ne se servait pas journellement et dans la tige on enfilait les bagues dont on se débarrassait momentanément pour la nuit ou pour faire sa toilette9. Le terme 6^, qui désigne d’une façon très générale toute espèce de contenant, convient également aces deux formes différentes. E. Pottier.

16 ffist grecque, irai. franc. t.l,p. 88. Voy. aussi Fréret , Hist.de V Acad, des Inscr. t. XXXIII ; Lobcck, Aglaophamus , III, c. ni, De ldalis Dactylis ; Welcker, Griech. Gôtterlehre, II, 240 ; Roscher, Lexicon der rôm. und gr. Mythologia , s. v.

DACTYlàoTHECA. 1 Plin. Hist. nat. XXXVII, 1 (5). — 2 La seule mention s'en trouve dans un ancien Glossarium gr. lat. s. v. AœxtuUoOiPïi, Anularius ( Notices et extraits des manuscrits de la Biblioth. nat., t. XXIX, p. il). — 3 Pim. I. c. 4 Id — 6 Epigr. XI, 59 ; XIV, 123. — 6 Digest. XXXII, 1. 52, § 8 ; ibid. 1. 53. - 7 Annali delV Inst, di Borna, 1842, p. 83-86, pl. c, n- 7 et 8. - 3 Museo Borbonico, IX, pl. xiv, 8; Overbeck, Pompeji, 4* éd. p. 453, fig. 252 A, y voit une simple boîte à pommade ou à onguent. — » Cf. Martial. Epigr. XI, o9.

Fig. 2274. — Baguier.

DACTYLOTON. — Nous n’avons pas d’autre renseignement sur ce vase qu’une description d’Épigénès, rapportée par Athénée1 : « C’est un vase à deux anses (auioixov TTotviptov) où, de chaque côté, était marquée la place sur laquelle les doigts s’implantaient (eîç 3 olov tstcù; Siy. ruXcu; SiEipeiv ixaxEfwOev). Suivant d’autres, c’étaient des reliefs qui étaient disposés tout autour, semblables à des doigts, ou bien de simples saillies, comme sur les vases de Sidon ; d’autres enfin y voient un vase uni. » E. Pottier.

DADUCIIUS, àotooZ'/oi;. — I. Le daduque était le second personnage dans la hiérarchie sacerdotale d’Eleusis. Son nom vient de l’attribut caractéristique qui le distinguait des autres ministres de Déméter. AaSoîl^oç signifie, en effet, un porte-flambeau et, avant de désigner une fonction religieuse, avait un sens beaucoup plus général1. Dans l’exercice solennel de son ministère le daduque portait donc les flambeaux de Cérès. Nous savons aussi que, comme l’hiérophante et les autres prêtres du culte éleusinien, il était revêtu d’une robe de pourpre 3 et avait la tête ceinte d’une couronne de myrte3; de plus, même en dehors des cérémonies religieuses, il portait ce diadème, qui, à Marathon, fit prendre Callias pour un roi par les Perses4. Sur le fameux vase d’Iacchus découvert à Panticapée et conservé à Saint-Pétersbourg, au Musée de l’Ermitage 5, on voit Eumolpe faisant l’office de daduque auprès de Déméter et de Coré. Cette figure, que nous reproduisons (fig. 2276) explique d’une manière précise la coiffure caractéristique de cette fonction sacerdotale et aussi la manière dont le daduque portait les flambeaux; mais nous croyons qu’il ne faut pas la prendre à la lettre pour le reste du costume. On sait positivement par d’autres sources que les ministres supérieurs d’Eleusis portaient la stola ou robe longue6; il est donc probable que sur le vase la tunique courte aux riches broderies et les endromides ont été données à Eumolpe en imitation du costume thrace et pour rappeler son origine [eleusinia].

On manque presque absolument de notions sur le rôle du daduque dans la célébration des mystères et dans les grandes solennités du culte 7. Suidas le fait prier avec l’hiérophante pour le salut du sénat et du peuple 8. Porphyre, cité par Eusèbe 9, raconte que dans le drame d’une des nuits sacrées des initiations [eleusinia, sect. vu], le daduque faisable personnage du Soleil, comme l’épibome celui de la Lune, l’hiérocéryx celui d’Hermès, et l’hiérophante celui du Démiurge. Enfin Hésychius et Suidas 10 disent que, dans les purifications qui précédaient les mystères, c’était le daduque qui plaçait sous les pieds des

DACTVLOTON. 1 Athen. XI, p. 468 c.

DADUCIIUS. I Eustath. In Itiad. A, p. 104. — 2 Lysias, Aniocid. p. 107 ; Plut. Aristid. 5. — 3 Schol. ad Soph. Œdip. Col. v. 673. — '* Plut. Aristid. 5. — 6 Compte rendu de la Commiss. Imp. d’archéologie de Saint-Pétersbourg pour 1859, pl. u; Gerhard, üeber den Bilderkreis von Eleusis, premier mémoire, pl. dans les Mém. de l'Académie de Berlin pour 1862. — 3 Hermann, Griech. Alterth.

§ 55, 2 1 . 1 Meursius, Eleusinia, cliap. xiv ; Sainte-Croix, Bech. sur les mystères,

2' éd. t. I, p. 225; Guigniaut, Belig. de l'antiquité, t. III, part. III, p. 1 162; F. Leuormant, Bech. arch. à Eleusis, p. 151. — 8 Suid. s. v. huUr/y. - 0 Praep. ceang. 11,12. — 10 S. v. Aibîxi^tov.

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hommes soumis à la purification la peau des victimes immolées à Zeus Milichios, c’est-à-dire ce que l’on appelait Ali); xiooiov. Quelques savants prétendent qu’avec l’hiérophante il aurait « administré en commun ce qu’on appelait Xsy o'jjteva, les prescriptions ou les formules parlées. » Les passages allégués à cet égard ne sont rien moins que positifs.

Le siège d’honneur du daduque 11 figure à un rang très distingué parmi ceux du théâtre de Bacchus ’2. Cependant ce personnage était considéré, par rapport à l’hiérophante, comme un assistant de celui-ci; lui et l’hiérocéryx marchaient au même degré hiérarchique 13.

Bien que Lucien u dise formellement que le daduque était hiéronyme aussi bien que l’hiérophante, c’est-à-dire perdait en entrant en fonctions son nom individuel pour n’être plus désigné que par son titre, ce témoignage est formellement démenti par les monuments et par les auteurs, qui donnent toujours le nom des ministres de cette espèce, même de leur vivant. Aussi, de toutes les fonctions sacerdotales d’Éteusis, la daduchie est-elle celle dont on connaît le plus de titulaires 13.

Primitivement l’office de daduque était héréditaire dans la famille des Callias, dont on ignore l’appellation commune, qui faisait remonter son origine à Triptolème’6 et qui était en même temps étroitement apparentée avec la race des ceryces17. La filiation des personnages de cette famille, qui occupèrent tous un rang très considérable dans l’État, depuis le temps de Solon jusqu’à celui de la première guerre olynlhienne, vers lequel leur race s’éteignit, est parfaitement connue par les auteurs 18.

La famille des Callias ayant fini, comme nous venons de le dire, en la personne d’un Hipponicus au ive siècle avant notre ère, la daduchie passa à une autre race religieuse de l’Attique , les Lycomides, dont l’origine ne se rattachait pas aux traditions éleusiniennes 19, mais dont un des ancêtres mythiques, Lycus, passait pour avoir introduit en Messénie des mystères calqués sur ceux d’Eleusis20. Illustrée dans l’histoire par Thémistocle, cette famille desservait et possédait en propre un vieux foyer de mystères pélasgiques, différents de ceux d’Éleusis, mais où une doctrine semblable était professée, le pastos de Phlya21. Les Lycomides conservaient traditionnellement les hymnes de Pamphus, d’Orphée 22 et de Musée 23 en l’honneur de Déméter.

Dès l’an 300 avant l’ère chrétienne on les trouve en possession de l’office de daduque à Éleusis mais on ne connaît les membres de cette famille qu’à partir de l’an ICO environ, cent ans avant l’époque où ils s’allièrent à la descendance de l’orateur Lycurgue, c’est-à-dire au sang des Étéobutades, qui avait, quelques générations auparavant, contracté alliance avec celui des Eumolpides. Dès lors nous connaissons leur généalogie presque complètement jusqu’au milieu du iv° siècle de l’ère chrétienne ; on a pu en dresser le tableau pour un intervalle de 500 ans environ 25.

Bien que les auteurs anciens ne parlent jamais des da-

il ’Ett/iix. àpyouoX. 1862, n° 101. — 12 Voy. A. Mommsen, Heortologie , p. 234.

— 13 Hermann, Gr. Alterth. § 55, 25. — 14 Lexiphan. 10. — 15 F. Leüormant, Rech. à Éleusis , p. 152. — 16 Xenoph. Hellenic. VI, 3, 6. — 17 Andocid. Demyst. 127; Aristid. Eleus. p. 257. — 18 Voy. Bossler, De gent. Attic. sacerd. p. 33-36.

— 19 Voy. la généalogie des ancêtres mythiques de cette famille dans Bossler, p. 41. — 20 Paus. I, 22, 7; IV, 1, 6. — 21 Plutarch. Them. 1 ; Urigen. (Hippolyt.), Philosoph. V, 20. — 22 Pans. IX, 27, 2 et 30. — 23 Paus. I, 22, 7 ; IV, 1, 6. — 24 Otf. Muller, Proleg. mythol . p. 251 ; Bossler, O. c. p. 39. — 25 Otf. Muller, De Minerv. Poliad. p. 144; îîrckli, Corp. inscr . graec. t. I, p. 442; Bossler, O. c. p. 43 : F. Le-

duques d’Éleusis, mais du daduque , en employant le mot oaooïyo; au singulier et toujours avec l’article, o Sa soûyo;, bien qu’on sache positivement que la daduchie était une fonction à vie 2“, Sainte-Croix 27, Bœckh 28 et Bossler "9, ont cru pouvoir conclure des inscriptions qu’il y avait, au moins à l’époque romaine, plusieurs individus investis en même temps du titre de daduques, lesquels figuraient alternativement dans les cérémonies par un roulement régulier. Rien dans la réalité ne justifie cette supposition. Pausanias 30 dit même formellement le contraire; car s’il avait pu exister simultanément plusieurs personnages portant le titre de daduques, il ne remarquerait pas comme une circonstance fortuite (vû/n), sans autre exemple, le fait qu’Acestium vit de son vivant son frère, son mari et son fils successivement investis de cette fonction. De même, dans les catalogues des aeisitoi du Prytanée, lorsque nous en possédons plusieurs qui appartiennent à des années immédiatement consécutives, nous voyons le daduque rester le même sans qu aucune alternance avec un autre se produise 31 . 11 est vrai que, dans le tableau généalogique de la famille des Lycomides, on voit quelquefois deux daduques à la même génération. Mais ceci ne prouve pas qu’ils aient en même temps porté ce titre, et l’existence d’un seul daduque est aujourd’hui généralement admise 32. C’est en partant de cette donnée que l’auteur du présent article est parvenu à reconstituer, sauf deux très courtes lacunes, la liste complète des daduques d’Éleusis depuis 1G0 av. J.-C. 33. En effet, l’office de la daduchie se maintint, sans sortir de la famille des Lycomides, jusqu’à la destruction des temples d’Éleusis par Alaric, en 396 ap. J.-C. 3t. Le dernier connu est Flavius Pompéius, dont on a un monument élevé entre 360 et3 7 0 33.

Choisi sans doute par la voie de l’élection dans une des deux familles dont nous venons de parler, le daduque n’était admis à remplir sa charge qu’après avoir passé par un examen 36, sans doute devant les Eumolpides et les Céryces réunis en conseil.

Il y avait aussi des daduques dans quelques-uns au moins des mystères issus et imités de ceux d’Éleusis, par exemple à Paros 31.

IL Un des caractères particuliers du sacerdoce éleusinien était l’existence d’une hiérarchie féminine, analogue et parallèle à la hiérarchie des ministres choisis dans le sexe viril. C’étaient pour les représentations des nuits mystiques que ces prêtresses étaient particulièrement nécessaires. En effet, dans ces spectacles, à côté des mannequins de taille colossale qui sortaient du plancher de l’Anactoron des Grandes-Déesses, des rôles importants étaient remplis par les principaux ministres du culte costumés en divinités 38 [eleusinia, sect. vu], Eusèbe 39, d’après Porphyre, fait connaître ceux de l’hiérophante, du daduque, de l’hiérocéryx et de l’épibome. Il ne parle pas des prêtresses, mais les monuments qui peuvent être rapportés aux représentations de la nuit de l’époptie suppléent à cette lacune 40. Ceux-ci indiquent, en effet, l’existence de trois ministres sacrés de l’ordre supérieur

normimt, O. c. p, 154-157. — 26 Meursius, Eleusinia , chap. xiv. — 27 Rech. sur les mystères , 2e éd. t. I, p. 226. — 28 C. inc. gr. t. I, p. 443. —29 O. c. p. 41. — 30 1, 37, I • — 31 C. inscr. graec. nos 190-194. — 32 F. Lenormant, O. c. p. 161 et s. — 33 Jb. p. 163 et sM 166. — 3'» Eunap. Vit. Maxim, p. 53, ed. Boissonnade. — 35 C. inscr . gr. n° 3/2. — 36 Schol. Aphthon. ap. Meurs. Them. Attic. I. II, c. 20. — 37 c. inscr. gr. n° 2388. — 38 V. Ch. Leüormant, Sur les spectacles qui avaient lieu dans les mystères d’Éleusis dans les Mém. de l'Acad. aes Inscr. n. sér. t. XXIV, p 343- 445 ; Ch. Lenormant et de AVitte, Elite des mon. ccramog »\ t. IV, p. 34-41. — 39 Praep.ev. III, 12. — 40 F. Lenormant, O. c. p. 1S7.

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appartenant au sexe féminin et tenant les personnages de Déméter, de Coré et d'Artémis. Les tilles de Céléus, comme l’a remarqué M. Auguste Mommsen 41 étaient aussi au nombre de trois 42 et avaient dû fournir les types des trois ministres féminins. C’était d’abord l’hiérophantide, puis sans doute la prêtresse éponyme, correspondant à I’epibomius ; la troisième était certainement la parallèle du daduque, et l’on peut supposer qu’elle remplissait le rôle de Coré, comme l’hiérophantide celui de Déméter.

Or, une inscription de Gortyne d’Arcadie 43 mentionne une femme qui avait été daduque et à qui la famille sacerdotale des Prosymnéens, dont elle faisait probablement partie, avait élevé une statue. Le lieu où l’inscription a été trouvée et le rapport évident entre la famille des Prosymnéens et le culte de Déméter Prosymna, à Lerne 44, rendent certain que c’est dans les mystères de Lerne [eleusinia, sect. ix] que la femme en question avait exercé la daduchie. Mais le peu que nous savons de ces mystères révèle une grande affinité avec ceux d’Éleusis; des deux côtés 1 organisation du sacerdoce semble avoir été identique. Aussi, malgré le manque de témoignages antiques formels à ce sujet, nous n’hésitons pas plus que M. Guigniaut 48 à ranger parmi les hypothèses presque sûres celle de l’existence à Éleusis, comme à Lerne, d’une prêtresse porte-flambeau parallèle au daduque. Lucien y fait, d’ailleurs, une allusion directe et manifeste 46. Enfin, Gerhard a remarqué que le daduque féminin figure à plusieurs reprises, d’une manière impossible à méconnaître, dans plusieurs des représentations de l’art qui ont trait aux mystères d'Eleusis 47. F. Leinormant.

DAEDALUS, Aaîood.o;. — Ce nom appartient encore plus à la mythologie qu’à l’histoire. 11 forme le centre de légendes crétoises, siciliennes et attiques auxquelles sont mêlés d’autres personnages fabuleux comme Minos, Pasiphaé, le Minotaure, le géant Talos, Icare, Thésée et Ariane, le roi lvokalos, etc. Au milieu de ces récits légendaires il est intéressant de chercher à démêler la part qui revient au personnage historique dont l’influence s’est exercée surtout sur la naissance de l’art grec et que Ton peut considérer comme le père et le fondateur de la plastique. Pour tous les auteurs anciens, Dédale est Athénien 1 ; il appartient même à la plus ancienne famille royale de l’Attique, les Érechthéides, descendants du premier roi d’Athènes, né de la Terre2. Un scholiaste établit une filiation directe entre Jupiter et Dédale en nommant tous les intermédiaires3. Thésée le couvre de sa protection comme son cousin (àveTièv ovra)4. Un dème de l’Attique, où

*1 Heortologie , p. 238. — 42 Paus. I, 3S, 3. — 43 C. inscr. gr. n° 1535.

44 Paus. II, 27, 3. — 45 Belig. de l’anliq. t. III, 3e part. p. 1162 ; voy. Lenormant, O . c. p. 180. — 45 Calapl. 22. — 47 Ueber den Bilderkrcis von Eleusis, 2e mém. p. 565, note 366.

DAEDALUS. 1 Ou trouvera tous les textes importants, relatifs à Dédale, réunis par Overbeck, Schriflquellen zur Gesc/tischle der bildenden Kiinste , nos 74 à 142. Sur la Dationalilé de I éJale, cf. Pausan. VII, 4, 5 : IX, 3, 2 ; Tzetzes, Chiiiod. I, 400; Diodor. Sicul. IV, 76; Scliol. Pial. Euthyphr. p. 278 éd. Didot; Philostrat. Imag. I, 16, p. 393. M. Kuhnert, Daidalos , p. 213, croit pouvoir aTirmer que Dédale devait être cr tois et que la legende attique sur sou uom s’est formée beaucoup plus tard. — 2 Diod. S eul. IV, 76 ; Pausan. VII, 4, 5 : Scliol. Sophocl. Oedip . Colon. 463 : Plat. Ion, p. 333 ; Apollod. III, 15, 9. — 3 Schol. Plat. AlcibiadA.p. 304, 30, Didot. — 4 Plularch. Thés. 19. — 5 Pherecyd. cité par Scliol. Sophocl. Œd. Col. 472; Diod. Sic. IV. 76. — 6 Diod. Sic. IV, 76; Apollodor. III, 15, 9; Schol. Plat. Aloib. I, l. c. ; Tzetzes, Ch.il . 1, 490; XI, 884; Scliol. Plat. Besp. VIT, p. 330, 43, Didot; Suidas, s. v. IlépSixo; U oôv ; Ilygin. Fab. 244, 274; Serv. ad VirgiJ. Aeneid. VI, 14; Lactant. Placid. Narrat. fab. VIII, 3. Pausanias, IX, 3, 2, l’appelle Palamaon; cf. Schol. ad. Pind. Olymp. VII, 66. Hygin, dans une des T'abul. 39, l’appelle Euph jmos. D’autres lui donnent pour père Métion, qui passe en géuéral pour son grand-père (Plat. Ion. p. 533 ; Scliol. Soph. Œd. Colon. 472) Mais ce sont là des variantes peu importantes, dont la plupart tiennent sans doute

Socrate naquit, s’appelait de son nom AaioocMSài8. On s’accorde généralement sur lé nom de son père Eupalamos 6. On lui donne pour mère tantôt Alcippé 7, tantôt Phrasimédé 8, ou encore Méliadousé9. 11 eut une sœur, Perdix 10 ; on cite aussi un sculpteur, Simmias, qui serait fils d’Eupalamos et par conséquent frère de Dédale11, mais il semble douteux qu’il s’agisse du même Eupalamos, car ce Simmias ne joue aucun rôle dans l’histoire si'souvent racontée de Dédale; il doit être rapproché des sculpteurs de 1 époque historique dont nous parlerons plus bas.

Arrivéà l’âge d’homme et déjà connu comme sculpteur, Dédale eut comme élève le fils de sa sœur Perdix, nommé TaTwç ou IvaXwç 12. Mais, jaloux des progrès du jeune homme en qui il voyait un futur rival, il le précipita du haut de 1 Acropole; sa mère Perdix se pendit de désespoir et Dédale, traduit devant l’Aréopage, fut condamné au ban¬

nissement13. On montrait encore, au temps de Pausanias, le tombeau de Talos près de l’Acropole d’Athènes14. Dé-

à des inexactitudes de manuscrits. — 7 Apollodor. I. c.; Scliol. Plat. I. c. ; Tzetz. Chiliad. 1,-490. — 8 Schol. Plat. Vespubl. VII, p. 503, Bekker. — 0 Tzetz. Chil. XI, 884. — 10 Suidas, s. v. nijSizo; itoo-/. — U Zenob. V, 13; Clem. Alexandr. Protrept. IV, p. 42 Pott. ; cf. Overbeck, Schriftquell., n” 346-347; Klein, Vio Daedaliden, dans Arch. Epigraph. Mittheil. aus Oesterreich, 1881, p. 95. — 12 On le nomme TSAia; (Apollod. III, 15, 9; DioJ. Sicul. IV, 76), sans doute par confusion avec le géant crétois de ce uom quijoue un rôle dans l’histoire de Dédale eu Crète ; cl. Kuhnert, Vuidatos, p. ISO, note 9, et p. 219, 220 sur le caractère mythique de Talos et sur sa resscmblauce avec Icare; Plat. Afin. p. 320 C.; Schol. Apoll. Rhod. IV, 1636. Tzetzès, fJist. I, 493, le nomme ■AtvoT.wç. Ilygin, Fab. 244, et Ovide, Metam., VIII, 236-239, suivant la tradition de Sophocle (Suidas, s. u.), lui donnent pour nom celui de sa mère Perdix. Ovide, Metam. VIII, 240, dit qu'il avait inventé la scie; mais Pline, Ilist. «at. VII, 193, attribue cette invention et d’autres il Dédale. — 13 Schol. Eurip. Orest. 1643 ; Apollod. III, 1, 4; 15, 9 ; Hyg. Fab. 39, 244; Serv. Ad. Aen ., VI, 14; Suid., s. v. ruante; iiçov; Diod. Sicul. IV, 76; cf. Mercklin, Abhandlung. ü ber die Talossage, dans les Schrifte der Petersburg. Akademie , 1851. — H Pausan. I, 21,6; Quaranta, Memorie dell’ Ace. Ereal. VII, p. 191, a voulu reconnaître le transport du corps de Talos dans une peinture de Pompéi; cf. Arch. Zeit. 1850, pi. 1 , n“ 1 ; mais Helbig, Wandgemdlde Campaniens, n“ 1480, n’accepte pas cette inlor prétation.

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dale s'enfuit en Crète1" où, accueilli par le roi Minus, il construisit le Labyrinthe et commença la série d’œuvres sculpturales qui fit sa gloire et celle de son pays d’adoption10; les villes de Cortvifè, de Cnossos s’illustrent de son nom ; il devient « l’homme de Crète 11 ». Mais de nouvelles aventures tragiques le forcent encore à quitter ce pays.

Sur cette période de son existence, deux traditions ont cours dans l’antiquité. La première établit une sorte de complicité entre Dédale et Phasiphaé, femme de Minos, éprise d’un amour contre nature pour un taureau. Suivant Ilygin18, Vénus irritée contre Pasiphaé, qui pendant plusieurs années avait négligé de lui offrir des sacrifices, lui avait inspiré cette passion; suivant Apollodore19, c’est Poséidon qui, pour punir Minos de ne pas lui avoir sacrifié un taureau magnifique promis au dieu, avait mis au cœur de la femme du roi cet amour déshonorant. La reine eut recours à l’industrie de Dédale qui, pour lui complaire, fabriqua une génisse de bois(fig. 2277), la recouvrit de la peau d’une véritable vache et permit à Pasiphaé au moyen

de ce subterfuge de se livrer au taureau : de cette union monstrueuse naquit le Minotaure [minotaurus]20. La nais-

üi Paus. ibid. ; I, 26, 4. D’nprès Xéuopliou, Apomn. Socr. , c'est sut- uue simple invitation du roi Minos que Dédale vieut en Crète, et non après avoir été banni. — 16 Paus. VIII, 53, 8. — 17 Paus. ibid. ; Auson., Mosclla , 300; Idyll. XII, De histor. 20; Eustath. Ad. Iliad. p. 1166, 23. — 18 Fab. 40; cf. Virgil. Acneid. VI, 26. — 19 III, 1, 4; uue version un peu différente dans Diod. Sicul. IV, 77. — 20 Ilygin. Fab. 40; Virg.il. Aeneid. VI, 25, Diod. Sicul. IV, 77 ; cf. Pausan. VII, 4, 6; Ovid. Metam. VIII, 137, 156. M. Kuhncrt, Daidalos, p. 190 et s., pense que le subterfuge de la Yache de bois est dû à l’imagination d’Euripide. — 2i Diod. IV, 77; Ilygin. I. I. ; Virg. I. c., 15. ; Ovid. Metam. VIII, 183-216. — 22 Diod l. c. ; Strab. XIV, p. 639 ; Palaephat. Incredibil. 13 ; Apollod. II. 6, 2, p. 206 ; Ovid. Metam., VIII, 223-230; Ars. amat. II, 21. — 23 Homer. Iliad. II, 145; Herodot. VI, 95 ; Strab. II, p. 124; X, p. 488; XIV, p. 639 ; Ovid. I. c., 230. Servius, Ad Yirgil. Aeneid. VI, 14, nous fait connaître une version différente sur la mort d’Icare. Après l’exil de son père, le jeune homme esta son tour chassé d’Athènes, s’embarque pour rejoindre son père et périt dans un naufrage. — 2V Pherccyd. dans Schol. Odyss. XI, 322 ; Hvgiu. Fab. 42. Sophocle avait traita ce sujet dans uue pièce intitulée Aai$a/,o;,

sance de cette étrange progéniture instruit Minos de son malheur et il se venge de Dédale en 1 entérinant dans une prison avec son fils Icare ; mais ils sont délivrés par 1 asiphaé, et l'industrieux artiste ayant fabriqué des ailes pour lui et pour son fils (fig. 2278), tous deux s’envolèrent de Crète21 : c’est alors que le jeune Icare, oubliant les recommandations de son père et planant dans les airs trop près du soleil, fit fondre la dre qui retenait les attaches de ses ailes et fut précipité dans la mer ou il se noya22; cette partie de la mer Égée prit le nom de mer Icarienne •

La seconde tradition place la disgrâce de Dédale longtemps après la naissance du Minotaure. Quand Thésée vient en Crète avec le tribut de jeunes gens amenés à Minos pour être livrés au Minotaure, il se fait aimer de la fille du roi, Ariane, et c’est Dédale qui fournit à la jeune princesse le fameux peloton de fil qui permet au héros athénien de se retrouver dans les détours inextricables du Labyrinthe. Après la mort du Minotaure et la fuite des deux amants, Minos, instruit du rôle de Dédale, le fait enfermer avec son fils Icare dans le Labyrinthe, d’uù l’ingénieux artifice de Dédale les fait évader par la voie des airs2*.

Nous trouvons encore des légendes différentes sur le lieu de refuge de Dédale après la fin malheureuse d Icare. D’après une tradition recueillie par Sophocle dans sa pièce de”S Kagixiot, qui faisait suite à son AaîoaXo;, il trouve asile auprès du roi Kokalos, à Camicos, en Sicile25. Minos l’y poursuit avec ses vaisseaux et réclame le fugitif à Kokalos qui refuse de le livrer par reconnaissance pour les chefsd’œuvre dont il enrichissait la Sicile ; n’osant pas résister par la force au roi de Crète, il l’invite à un banquet et le fait périr en le plongeant dans un bain d’eau bouillante; les filles mêmes de Kokalos prêtèrent les mains à ce meurtre, dans leur désir de sauver Dédale20. D’après une autre version, c’est à Athènes que Dédale était retourné. Minos, parti à sa poursuite, fut assailli par une tempête sur les côtes de Sicile, où il périt. Son fils Deucalion somma les Athéniens de lui livrer le fugitif; Thésée s’y refusa, invoquant sa parenté avec Dédale, son cousin, de la famille des Érecthéides; puis il fit construire secrètement une flotte, partit avec Dédale et ses compagnons de fuite pour guides, se saisit de la ville de Cnossos sans résistance, livra bataille à Deucalion aux portes mêmes du Labyrinthe, le tua et fit proclamer Ariane souveraine du royaume27. Diodore mentionne un récit des prêtres égyptiens sur un prétendu séjour de Dédale en Égypte28; ce n’est sans doute qu’une fiction qui résulte des efforts tardifs faits par les Grecs pour rattacher l’origine de leur religion et de leur art aux traditions égyptiennes29. Enfin l’Italie, à son tour, réclame l’honneur de lui avoir donné l’hospitalité : Virgile nous le montre arrivant directement

et Euripide dans son ; cf. Korte, Hist. u. phil. Aufsàtze E. Curtius gewidmct,

p. 207-208. — 23 Ovid. Metam. VIII, 260; Hyg. Fab. 40, 44; Eustath. Ad Iliad. XVII, 220; Schol. Pind. Nem. IV, 95; Schol. Homer. Iliad. II, 145; Steph. Byz. s. v. Kttp,txo: ; Strab. VI, p. 273 ; Fragm. tragic. graec., éd. Nauck, p. 159 ; Sophocl. édit. Didot, p. 359; Welcker, Griech. Trag. I, p. 431 et s. ; Korte, Die Kreter des Euripidcs , dans les Historische u. philolog. Au fs. E. Curtius gewidniet., p. 208. M. Kuliucrt, Daidalos, p. 186 et s., s’attache à démontrer que la légende sicilienne, ou il n’est question que d’un Dédale architecte, devait s’appliquer à un autre personnage. Cette légende sicilienne serait en grande partie due à Antiochus de Syracuse (p. 191); puis le drame attique la combiua avec la légende attique. — 26 Diod. Sic. IV, 79; Paus. VII, 4, 6; Hyg. Fab. 40, 44; Tzetz. Hist. I, 508; Herodot. VII, 170 ; Eustath. L c. — 27 Plut. Thés. 19. — 28 Diod. Sic. I, 97. Il lui attribue îles constructions dans le temple d'Héphaistos à Memphis et une statue de bois dans ce temple ; cf. Bruun, Geschiehte der gr. Künstler , I, p. 19. — 29 Cf. Brunn., I. c. p. 21-22; Schreiber, article Daidalos dans Ausführl. Lexicon der griech. u. rôm < Mytliol. de Roscher, p. 937.

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de Crète à Cumes et consacrant dans le sanctuaire d'Apollon les ailes qui avaient servi à sa fuite 30.

On voit que l’amour-propre national a dû contribuer beaucoup à la formation des différentes légendes qui concernent ce personnage. 11 est probable que la tradition qui, négligeant l'histoire de Pasiphaé et du taureau, explique la colère de Minos contre Dédale par les services rendus au héros Thésée est de création attique. Plus que les autres, les Attiques se sont montrés habiles à rattacher à leur histoire les noms ou les événements célèbres : ils ont créé la légende d’Aethra retrouvée par Démophon et Akamas pour montrer les Athéniens au siège de Troie ; ils ont substitué au nom d’Hercule celui de Thésée pour tous les exploits accomplis en Grèce. Ils usent du même procédé avec la légende de Dédale en le montrant en union et en parenté intime avec le grand héros de l’Attique. Nous ne connaissons jusqu’à présent qu’un monument qui montre la fuite de Dédale liée aux aventures de Thésée en Crète, et M. Rayet a fort bien montré que c’est probablement un monument attique. C'est un skyphos à ligures noires, de style très ancien, peut-être du vue siècle, qui

cheval32. Les autres monuments, trouvés en Italie, se rapportent au contraire à la tradition purement crétoise et à l’histoire du taureau de Pasiphaé. Sur des reliefs de marbre nous voyons Dédale offrant à la reine la vache de bois qu’il vient de terminer (fig. 22 7 7 ) 33. Trois peintures de Pompéi représentent le même sujet : la vache est montée sur une planche à roulettes ; on voit Dédale ouvrir une petite porte pratiquée dans le flanc de l’animal 34. Sur une quatrième peinture , Pasiphaé et Dédale se montrent le taureau blanc dans un site rocheux 35. Une série d’urnes

funéraires étrusques représente le drame du palais crétois, Ja colère de Minos éclatant à la vue du Minotaure et de la vache de bois, la terreur de Pasiphaé, la punition de son complice Dédale enchaîné par ordre du roi et prêt à être immolé sur-le-champ, les supplications d’Ariane qui demande la grâce des coupables (fig. 2280) 36. M. Kortc a fort heureusement rapproché ces monuments des fragments d’une pièce perdue d’Euripide, Kp^vs;, dont ils sont une sort e de commentaire illustré31. La fabrication des ailes par D : .'aie dans sa

Fig. 2279. — Dédale et le géant Talus.

porte d’un côté la représentation du Minotaure tué par Thésée en présence d’Ariane tenant le peloton de fil31 et des jeunes Athéniens et Athéniennes livrés au monstre; de l’autre côté, on voit Dédale ailé qui vole dans une position horizontale (fig. 2279) ; le cavalier armé qui galopeen avant représenterait Minos lancéàlapoursuite du fugitif, ou plutôt le géant Talcs [talus], serviteur du roi de Crète et gardien de Pile, célèbre par la rapidité de sa course que le peintre a symbolisée ici au moyen du

30 Virg. Aen. VI, H et s. — 31 C’est un des rares monuments qui représentent cet accessoire. V. une plaque d’or de Corinthe et surtout un relief estampé sur un verre de Corneto, Arch. Zeit., 1884, p. 107, pi. 8, n 3 ; peut-être aussi un vase de Berlin, Furtwangler, Vasensamml. im Antiquarium , n° 1698. — 32 Gazette arch., 1834, p. 6, pl. 1, 2. Au musée du Louvre. — 33 Braun, Anti/c. Reliefs, pl. o; "Winckeimann. Mon. ined., Il, pl. 93, 94 ; Bouillon, Musée des antiq. III, Reliefs, pl. 20; Clarac, Mus. de sculfit. pl. 104, n” 227 ; cf. Kuhnert, l. c. p. 193; Matz u. Dulin, Bildwerke im Rom, u° 3367; Koschr, Lcxic. der AJythol., p. 933.

31 Hetbig, Wandgemâlde Campaniens, n"* 1206, 1207, 1208. — 3o Ibid. n“ 1206.

30 G. Kfirte, Die Kreter des Euripides, dans Butor, und philolog. Auf-

tü'.ze E. Curlius ij'wiimet, p. 201 ; voir les deux autres reliefs, vignettes aux

prison est reproduite sur plusieurs monuments, entre autres sur un bas-relief de la villa Albani38 (fig. 227S), un camée d’onyx30 et un vase peint du musée de Naples 45 (!:g. 2281),

où l’on voit la déesse Athéné assister l’habile artiste, comme déesse protectrice de son industrie merveilleuse 41 .

La fuite de Crète a fait le sujet de trois peintures pompéiennes; elles représentent l’infortuné Icare en train de tomber ou déjà étendu sans vie sur le rivage de

la mer et recueilli par une ou plusieurs nymphes43 (fig. 2282),

tandis que Dédale plane librement dans les airs43. Un vase

p. 199 et 200. — 37 Ibid., p. 205-207. Kuhnert, Daidalos, p. 190 à 193, fait une grande part aux inventions d’Euripide dans la légende. — 33 Braun, Op. I. pl. 12 ; Roscher, Lexic., p. 934. — 33 Mus. Borbon ., II, pl. 28, 1. — 40 lb. XIII, pl. 57-58; Ileydemann, Vasensammlung. zu Neapel, n° 1767. 41 Hygin, lab. 39, dit que Dédale <* fabricam a Minerva dicitur accepisse. » — 42 Robert, Arch. Zeit 1877, pl. 1 et 2 ; Helbig, Wandgemâlde Campaniens, nos 1209, 1210 et p. 459

43 On remarque daus ces pointures l'influence des deux traditions antiques sur

cet épisode. D’après certains auteurs, Dédale s'aperçoit immédiatement du malheur arrivé à son fils et lui donne la sépulture sur le rivage (Ovid. Metam. VIII, 231-235); pour d'autres, l’accident reste inaperçu de Dédale qui arrivé en Sicile attend vainement son fils (Schol. Iliad. II, 145). V. l’art'.cle do M. Robert, /. c.

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