‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 24 sur 111 · DU · texte numérisé non relu

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raient son nom, celui des poètes qui .avaient concouru, le rang qui leur avait été assigné par ordre de mérite, la mention des pièces représentées et le nom des protagonistes 10, plus tard on y ajouta l’indication des pièces anciennes qui avaient été reprises. Ges listes ou procèsverbaux s’appelaient didascalies. Conservées dans les archives de l’État10; elles pouvaient être consultées comme tous les documents officiels. A une époque qu’il n’est pas possible de déterminer, on voulut qu’elles fussent exposées publiquement, on les grava sur des stèles de marbre et on les plaça dans le téménos ou enceinte sacrée de Dionysos et dans le voisinage du théâtre11. On trouvera dans le Corpus des inscriptions attiques 12 les fragments de plusieurs de ces didascalies ; les plus anciennes de celles qui nous sont parvenues ne semblent pas avoir été gravées avant le me siècle13, mais il est certain qu’avant cette époque d’autres inscriptions de ce genre avaient déjà paru. Qu’il nous suffise de donner l’exemple suivant qui montrera comment elles étaient rédigées; c’est une didascalie tragique14 (340 environ av. J.-C.), dont nous n’avons qu’un fragment: n^Xata- Necntro- Xejaoç I<pifEvEi'a Eûpnrt'Sou- irarjTat ’Afft uoâpxç ’AyiXXEÏ, uttexoiveto ©Erra Xoç- ’AQaaotvtt, ûirtxpivExo NEOTtTÔXsjjLoç- ’AvTtyôvy], ôieexoivet!) A6-/|VoSwpoç. EüapsTOç osûrEpo; Tsuxpw, u7t£XpwEfo ’AOïivdoiopoç. ’AytXX.EÏ, Ô7TEXptVETO 0£TTOtXoÇ. . .Et, UTEEXptVETQ NcOTrTo'XEpLOÇ- . . .TptTOÇ lleXcotatv, ÔTOxpivETO NeotctoXeixoc* ’OpEdTV] , Ü7T£xptvÊTo ’A87]vo3copo;" Auyv), ÔTTEXptVETO ©STTaXoV &7TOXptT))ç Ne07:TÔXeU,Oî EVtXCf X. T. X.

On ne se contenta pas de graver ces didascalies sur la pierre, on les réunit et on les publia dans des ouvrages spéciaux qu’on appela du même nom. C’est Aristote qui, dit-on, puisa le premier aux sources officielles, compulsa les archives et les inscriptions et publia un traité intitulé : Atîao-xaXi'ai 15. Après lui les grammairiens reprirent son œuvre et la complétèrent dans des ouvrages dont nous n’avons que les titres. Citons parmi eux: Dicéarque10, Héraclide17, Callimaque 18, Eratosthène 19, Aristophane de Byzance20, Carystius dePergame21. C’est dans leurs écrits que les scoliastes des tragiques et d’Aristophane ont puisé les détails qu’ils nous donnent soit dans leurs scolies, soit dans les arguments, où nous trouvons très souvent, après des renseignements très précieux sur la pièce elle-même, une copie ou un extrait de la didascalie, provenant certainement de documents épigraphiques. Ainsi dans les Perses d’Eschyle, nous lisons ce qui suit: ’E-TttME'vwvoçTpotywStôv Aî<7pXoç3vfxa<I>ivsï, Ih'pcratç. TXaiîxw, npopiflEÏ : et dans les Grenouilles d’Aristophane: lotSâ/Ori Mit KaXXt'ou tou ptsxà ’AvTtvÉvr) 5tà *I>tXtovi'(?ou cïç Aijvaia- 7rp«To; yjv

Marquardt, Rôm. Staatsverwaltung, II, 108, Leipz. 1876, III, 2, p. 188; Baudi de Vesme, Des impositions de la Gaule, trad. en français par Ed. Laboulaye, dans la Revue historique de droit, Paris, t. VII, 1S61, p. 395 et 396 ; Walter, Geschichte des rôm. Rechts, 3" éd. Bonn, 1860, n» 326, note 51 ; Huschke, Ueber den Census und die Steuerverfassung der frUher. Kaiserzeit, Berlin, 1847, p. 135, 208 et s.

DIDASKALIA. 1 AiSd<rm).0 ;, Harpocration et Suidas, s. y. i.Sdex.ko;, lii»- SiS.enttou; Uf ou.t -toi; aoiïjtd; -t5v S tluçàjiSoiv rj -t^v xojf.vSiSv Ij t payuiiSv. — 2 Plat. Gorg. 501 e. — 3 Entre autres, cf. Aristoph. argument Equités. — 4 Lucian. *. inir «<■>;, li. — 6 Plutarch. V. Cimonis, 8; Anthol. Palat. VII, 37. — 6 plut. An sait sit. ger. resp. p. 785 a. — 7 Plut. Pericl. 5 ; V. X. Orat. p. 839 d. — 8 Aristoph. Schol. Ran. 1028. — 9 Corp. insc. att. II, 972 et Mittheil. d. deutsch. arch. Instit. in Athen. 111, p. 128, ou Kôhler émet l'opinion qu'on ne publiait pas officiellement de didascalies après les Lénéennes, opinion dont il est revenu. — 10 Ber»k Rhein.

Mus. XXXIV, p. 295. — H Koehler, Mittheil. d. d. arch. Inst. III, p. 112. 12 Corp.

insc. att. 973 et sq. — 13 Koehler, l oc. cit. p. 131. — 14 Corp. insc. att. I. L — « Diog. L. trt. V, 26; Schol. Arist. Atej, 282, 1379; Schol. ad Plat. Apol. p. 18; Suid. s. v. ôvou <rx,i; Plut. iVon posse suav. 13, 6, p. 1096 A; Schol. Arist. Ran. 1122, ÜJ5; Vesp. 1080, etc. — 16 Arg. ad Arist. Ran.; ad Soph. Ocd. Rcx. et Ajax. — n Diog. Laert. V, 88. — 18 Athen. VIII, p. 336 e; XI, p. 406 f; Schol. Arist. Nub. 552 ; Aves. 1242. — 19 Schol. Arist. Nu b. 552. — 20 Athen. IX, p. 408 f. Etym. Magu. s. v. — 21 Athen. VI, p. 235 e.

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(I>pùvr/oç SeuTepoç Moûaatç- nXâxtov xpîxo; KXeocpwvxt jc. T. X.22.

On pourrait rapprocher des didascalies les catalogues qui nous donnent les noms de ceux qui avaient remporté la victoire aux concours musicaux des grandes Dionysies23. Nous avons un fragment important d’un de ces catalogues qui paraît remonter à l’origine du théâtre attique 2\ mais qui n’a été gravé sur la pierre que vers le milieu du m° siècle et qui a été complété au siècle suivant25; on y trouve indiqués les concours lyriques des enfants et des hommes faits, puis les concours comiques et enfin les concours tragiques. Dans chaque année on place en tète du catalogue le nom de l’archonte, puis celui de la Iribu à laquelle appartient le chorège, puis ceux des chorèges des chœurs d’enfants, d’hommes faits, d’acteurs comiques et tragiques. Comme on le voit, ces documents, qui étaient placés sur l’Acropole, entraient dans moins de détails que les didascalies et n’étaient au fond qu’une énumération plus ou moins sèche ; c’est peut-être d’après eux qu’Aristote avait composé ses Ntxat Atovustaxcd 2C.

L’usage de publier des didascalies passa aux Romains; c’est ce que prouvent les tituli des comédies de Térence, où nous trouvons des détails analogues à ceux que donnaient les didascalies athéniennes, sur l’époque de la représentation, les circonstances qui l’ont accompagnée, le nom du personnage qui a composé la musique et les noms des acteurs; mais nous ignorons d’où proviennent ces renseignements : ils paraissent avoir été empruntés à un recueil primitif analogue à ceux des Grecs21 et composé par des grammairiens du premier siècle avant notre ère , ils étaient peut-être joints aux exemplaires officiels de chaque pièce. Le poète Attius aurait composé une histoire de la poésie grecque et romaine, en tenant compte surtout de la poésie dramatique ; cet ouvrage est désigné sous le titre significatif de Diclascalica 28; mais nous ne savons pas s’il contenait les détails que nous donnent les tituli de Térence. Adrien Krebs.

DIDYMEIA (AtSufista). — Fête en l’honneur d’Apollon Didyméen, à Milet. Nous n’avons de renseignements sur l’existence de cette solennité que par des inscriptions grecques ou des monnaies qui sont presque toutes de l’époque impériale. Une seule inscription1, trouvée à Olympie, peut être attribuée à l’époque macédonienne; les autres datent de l’Empire2. On y voit que sous le règne de Commode les At8ug.£ta prirent le nom de Koap.ooeta 3. Les fêtes devaient avoir alors une grande importance, car on les nomme xi psyâXa AtSu^ta4. Elles donnaient lieu à des

jeux gymniques et aux concours usités : certaines monnaies de Valérien et de Galien, frappées à Milet (fig. 2401), portent l’inscription aiaymcia inscrite dans une couronne qui fait

Fig. 2401.

allusion aux jeux 5. Le défaut de témoignages plus précis ne doit pas nous empêcher de supposer que ces fêtes remontaient à une antiquité beaucoup plus reculée, car on sait que le sanctuaire et l’oracle d Apollon Didyméen [apollo, t. 1er, p. 318] étaient, dès le vie siècle av. J.-C., un des endroits les plus vénérés de l'Ionie : le sculpteur Canachos de Sicyone avait sculpté pour Didyme une statue d’Apollon tenant le faon dans la main droite, dont le bronze archaïque du Louvre, l’Apollon de Piombino, paraît reproduire d’assez près l’attitude et le style G. E. Pottier.

DIES, ('Il pipa.) — Ce mot, dans le langage ordinaire, peut être pris dans deux acceptions; il désigne tantôt le temps pendant lequel on voit {lux), opposé aux ténèbres [nox) \ tantôt l’ensemble d’un jour et d’une nuit, c’est-àdire l’espace de temps déterminé par une révolution apparente du soleil autour de la terre s. Les astronomes alexandrins ont appelé ce jour de vingt-quatre heures v^uepov (, dies civilis). Pour ce qui concerne le jour solaire vrai, nous renvoyons à l’article astronomia (t. Ier, p. 485, 486).

1. Point de départ du jour civil. — « Les Babyloniens, dit Pline 3, comptent le jour entre deux levers du soleil ; les Athéniens, entre deux couchers; les Ombriens, de midi à midi; le vulgaire, de la lumière aux ténèbres ( a luce ad tenebras ) ; les pontifes romains et ceux qui ont fixé le jour civil, ainsi que les Égyptiens et Hipparque, de minuit à minuit. Le temps pendant lequel le soleil est invisible entre deux levers est plus court vers le solstice d’été que vers l’équinoxe, car à l’équinoxe la position de l’astre dans le zodiaque est plus basse, au solstice elle est plus élevée 4. » Nous savons aussi que les Gaulois 5 et les Germains 6 faisaient commencer le jour au coucher du soleil. Les Numides comptaient également le temps par les nuits1. Les Juifs et les musulmans font encore de même 8.

22 Cf. Boeckh, Corp. insc. gr. I, p. 330 et Valent. Rose. Aristotelpseudepigr. d. 559-561 ou l’on trouvera réunies un grand nombre de ces didascalies ; cf. aussi G C W Schneider, Dos AU. Theaterwesen, p. 171 et A. Millier, Die griech. Bixhnenalterlhümer , § 21, p. 311 sq. - 23 Kôhler, loc. ait 104 21 S- Remach,

Traité d'épigraphie grecque, p. 400. — 26 A. Muller, loc. ci. p. , >

— 26 Dio". Laert. V, 26. — 21 W. Teuffel, Geschichte der roem. Literatur, § 100. note 4. — 28 Teuffel’, loc. cit. § 134, note 7. - Bibliographie. Casaubon, Ammadversionum in Athenaei Deipnosophistas libri XV, t. U, p. 26 et s.; C. . ; un e, De Aristophane Ma co mmentatio. p. 83 et s.; Bôttiger, Quid s,t docere fabulam dans ses Opuscula et Carmina latina , p. 283 et s. ; Boeckh, Corp. msc. gr. I, p. 342 et s.: Witzchel dans Pauly, Realencycl. ; E. A. Chaignet, La tragédie grecque, r, 109 note; S. Reinach, Manuel d'épigraphie grecque, p. 400; A. Muller, Die griech Bnhnenaltevthümer passira. ; Mittheil. des deutschen archàol Instituts m Athen 111, articles de U. Kohler; G. Bernhardy, Grundriss der Griech. Litteralur, o. nart. 5 114 notes 3 et 8; W. Teuffel, Geschichte der rom. Literatur, 3« eçl., 3109, où l’on trouve l’indication de tous les ouvrages qui traitent des didascalies des

comédies de Térence. .

DIDYMEIA. 1 Arch. Zeitung , 1873, p. 183-184. - 2 Corp. inscr. graec. 288 , 288e 2883 2888, 3208; Addend. 2883 c; Dittenberger, Corp. viser, attic. 111, ,

12’9. 3 Corp. inscr. graec. 2882; Adtt. 2883 c. - 4 Corp. inscr. graec. 2881 2883 W. - 6 Eckhel, Doctr. num. veter. III, p. 84; IV, p. 439; Haym, De tesoro britannica, t. Il, p. 279, üg. iiv ; Miounet, Descrip. des méd. ant. 111, p. 174 ;

Barelay Head, Histor. num. p. 350. - 6 Sur Milet, le sanctuaire de Didyme et les monuments qu'il renfermait, cf. O. Rayet, Gazette des Beaux-Arts, avril 1- juillet et septembre 1876 ; Milet et le golfe Latmique, [en cours de publication). Sur V Apollon de Piombino, voy. Longpérier, Notice des bronzes du Louvre, n“69, l'ouvrage et les articles cités de M. Rayet.

DIES. 1 La durée du jour ainsi entendu varie naturellement suivant les saisons et les latitudes. Ptoléméo ( Geographia , VIII, 3 et s.) a donné la durée des plus louo-s jours pour les villes principales : cette durée est de 13 heures 5 minutes a Rome de 14 heures 35 minutes à Athènes. Ccnsorinus [De die natali, c. 23) définit -e jour naturel « tempus ab oriente sole ad solis occasum, cujus contrarium tempus est no*. » il ajoute : « Civilis autem dies vocatur tempus quod fit uno caeli nreumaetu, quo dies verus et nox continetur, ut cura dicimus aliquem dies t, iginta tantum vixisse; relinquitur enim etiam noctes intelhgere. » O Cf Idele- Handbuch der mathemat. und technischen Chronologie, t. I, 29. - 3 PAn. Hist. nat. 11, 78 (éd. Littré, t. I, p. 136). - ‘ Cf. Varron, ap. Gell. III, 2. Censor. De die nat. 23; Macrob. Bat. I, 3,4; Gaza, De mens. 20.' Des "témoignages analogues, mais entachés d'erreurs, sont donnés par Servius, Ad Aen. V, v. 738 ; Lydus, De mens. II, 1; Isid. Or. V, 30, 4. Cf. Ideler, Handb. der Chron. I, p, 100; A. Mommsen, Chronologie, p. 34. — 6 Caes. De Bell. Gall VI, 18. Cf. le commentaire de Kraner sur ce passage. — 6 Tacit. Germ c xi; cf. le commentaire de Scbweizer-Sidler. — 7 Nicol. Damasc. fr. 139 [Fr. historié, graec. éd. Millier, t. III, p. 463). - 8 Cf. Ideler, Ilandb. t. 1, p. 80.

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César 9 suppose que la croyance des Gaulois, qui faisaient descendre leur race de Pluton ou Dispater [dispater], explique cet usage singulier à ses yeux, mais qui paraît avoir été général chez les peuples aryens primitifs. « Les anciens Aryas, dit Pictet 10, avaient des mois lunaires et comme les phases de la lune ne pouvaient bien s’observer que la nuit, il était naturel qu’ils comptassent le temps par nuits plutôt que par jours. » Dans le Rig-Vêda" le mot kshapa, nuit, est synonyme du jour civil; le mot rétri, nuit, est employé de même dans l’expression daçarâtra, signifiant dix nuits ou un espace de dix jours I2. Les Iraniens, comme le prouve V Avesta 13, comptaient également par nuits et Spiegel en a inféré 14 que leurs mois devaient être lunaires. Les Kymris disent encore heno « cette nuit » pour « en ce jour » et wylh nos « sept nuits » pour « une semaine ». Chez les Anglo-Saxons, nyth erne signifie « la nuit dernière » ou « hier », seofenniht[ anglais sevennight) désigne la semaine. Les Anglais disent encore aujourd’hui a fortnight, c’est-à-dire « quatorze nuits » pour une quinzaine de jours. Dans de vieilles lois germaniques, on trouve aussi la formule super noctes septemiS. Par une hypothèse assez semblable à celle de César, on a invoqué, pour expliquer cet usage, l’idée, commune à plusieurs cosmogonies, de placer les ténèbres à l’origine des choses et de regarder la nuit comme plus ancienne que le jour. On peut citer à cet effet le second verset de la Genèse, un hymne du Rig-Vêda i6, un passage des Lois de Manou 17 et la Théogonie d’Hésiode 18, qui fait surgir du Chaos l’Erèbe et la Nuit. Une tradition analogue existait dans la mythologie Scandinave, où la nuit, nôtt, donne naissance à dagr, le jour 19. Ce n’est qu'à l’époque hellénistique que les Grecs ont fait commencer le jour au lever du soleil, d’après l’usage babylonien et macédonien. Auparavant, depuis l’époque homérique, les Grecs, comme les Athéniens, faisaient commencer le jour au coucher du soleil 20. Dans Homère, la nuit du jour précédent est appelée hier, ^QtÇoç 21 . Divers passages d’écrivains grecs, qui attestent le même usage, ont été réunis par M. Unger22. Aristide le rhéteur 23 fait encore commencer la journée à la nuit tombante. Geminus 24 dit expressément que les Grecs comptaient les jours d’après la lune. Il s’ensuit que pour convertir des jours grecs en jours de l’année julienne, qui commencent à minuit, il faut indiquer deux quantièmes : ainsi le premier Hécatombéon de l’Olympiade 87,1 répond au 13-14 juillet 432 de notre ère.

9 Caes. De Bell, g ail. VI, 18. — 10 Les Origines indo-europ. t. II, p. 588 et s.

— H Par exemple, Rig-Vêda , IV, 16, 10. — 12 Pictet, loc. laud.; Schweizer- Sidler, ad Tacit. Germ. c. xi, p. 28; Schrader, Die ûlteste Zeittheilung des 1. G. Vol/ces , p. 46. — 13 Avesta , fargard IX, 135. — 14 Spiegel, Avesta, II, xcvni.

— 16 Dieffenbach, Origines europeae , p. 185; Roget de Belloguet, Ethnogénie gauloise , t. III, p. 338, 342 ; Ideler, Handb. t. I, p. 81. — l6 Traduit par Max. Müller 3 Sanscrit littérature , p. 559. — 17 Lois de Manou , I, 5. — 18 Hesiod. Theog. v. 123. — 19 Grimm, Deutsche Mythol. p. 424. — 20 Ideler, Handb. t. I, p. 82, peuse que le mot vu^OtJixepov. au lieu de ï)|/.eoovûxtiov, prouve que les Grecs faisaient précéder le jour de la nuit dans le calcul du temps. — 21 Hom. Iliad. XIX, 140 et Schol. Homère dit généralement vûxxaç (vûxteî) te xat îlixap (^.axa, ^éoai), vuxtoç te xat yjjiiaTo; et une seule fois (II. XXIII, 186) vJixaTa xa\ vûxra;. Cf. Mommsen, Chronologie , p. 8 et s., qui conteste néanmoins l’autorité de cette statistique. La question est également obscure pour Hésiode (Op. et dies, 820). Les auteurs de l’époque classique disent indifféremment vù£ xa\ r.jAÉpa, fyAÉça *a\ vûi; (Thucyd. I, 129, 137 ; Luçian. Tim. 41 ; Herodot. V, 23). Cf. Mommsen, Op. cit. p. 55. — 22 Plut. Aristid. c. xx ; Herod. VII, 54; Thucyd. IV, 31 ; Xenoph. Anab. III, 4, 37; Hellcn. VII, 4, 31; Cyr. VIII, 39; Polvb. III, 42, 4-6, 8-43; X, 49, 2; XVIII, 19, 2 et 20, 7; Diod. XI, 21. Cf. Unger, Zeitrechnung der Griechen und Mômer , dans le Handb. der klassiscken Alterthumswissenschaft d’I. Müller, t. I (1886), p. 552. — 23 Aristid. Orat. XXIII, p. 452. — 24 Geminus, Isagoge, VI. — 25 Ptolem. Almageste, t. III, 8, p. 20S. — 26 Cf. Dissen, De partibus noctis et diei ex divisione veterum , 1836, réimprimé daus ses Kleine Schriften , p. 130-150; Ukevt, Géographie der Griechen und Borner , I, 2, p. 156; Nitzsch, Zur Odyssée , 111, p. 15; Oertel, De

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Les astronomes, suivant l’exemple de Ptolémée commencent le jour au passage du soleil par le méridien supérieur, c’est-à-dire à midi.

IL Division du jour-1’. — Il est probable que les Grecs, comme tous les peuples primitifs, ne distinguèrent à l’origine que le jour et la nuit. Avec le temps et la diversité croissante des occupations de la vie civile, le nombre des divisions se multiplia. A deux reprises21, Homère indique les trois divisions principales dans le vers suivant : 'Eacexat •1) •?<»; -t] Seikr\ îj u .éaov -?pap 28. ’Hojç n’est pas. seulement l’aurore, mais désigne la matinée, sens généralement attribué à op9po; par les écrivains postérieurs 29. Pendant le gscov ripap, on croyait le soleil immobile 30. Au lieu de oaX-/), la soirée, on trouve aussi SeieXov vjgap 31. La dernière partie de la osiXt) est quelquefois appelée tot! soi tép™, ou fiou- Xuxoç, l’heure où l’on dételle les bœufs 32. Homère connaît le mot âiirepoç 33 « le soir », mais n’emploie pas le féminin saTiÉpa. L’expression àppiXuxr) vu? désigne le crépuscule 34. On a beaucoup discuté sur le sens et l’étymologie de l’expression vuxxos àpoXyC) 36, que les anciens étymologistes rattachaient au verbe àpÉXyio signifiant traire (l’heure de la nuit où l’on trait) 36. Buttmann 37 admet, d’après Eustathe 38, qu’apoXydi; est un vieux mot équivalent à àxp) et signifiant « au fort de, au milieu de 39 ». Curtius a du reste fait observer40 que le mot n’avait rien de commun avec dgslyetv : il le rattache à une racine papx, ppax, qui se retrouverait dans le grec moderne poupxî?Et, « la nuit tombe 41. »

Les écrivains grecs, en particulier Pollux42, nous ont transmis un grand nombre d’expressions plus ou moins vagues désignant les différentes parties du jour. Les unes sont empruntées aux phénomènes lumineux, les autres aux occupations des hommes et à la vie animale. Dans la première partie du jour, npiot (plus tard aussi opOpo;), Pollux distingue ou plutôt énumère les moments suivants : mptopOpov, l’approche de l’aube, op0po;, le diluculum des Romains, &TToXaptouG'/]ç -^{xépaç, uTTOMivoûar,; (ïjpupa;), uto irpwTY)v Eü 3, YjXlOU dvttr/OVTOÇ, TtEpl 'h /.tou STtlTOÀoiÇ, Ttplüt, 7Tpoft TT); 7j|XEp0C; .

Dans la seconde partie du jour, géari %epa, quelquefois (jtearifijjpia 43 , Pollux distingue : [/.scoûar); rjpus pa; , 7tspi p.saripi.fipi'av, -f)Xi'ou &7iÈp XECvaXriç icxap.Évou, xXivavxoç eî; xà p.saï)(j.pptvà xoü Osoïï. La soirée, SeiXrj, comprend Ss£Xr) xtpiot'a (non mentionnée par Pollux) 44 et SsIXy] <fy£a ; on dit -f)X£ou EÎ; xù xoîxw jsÉTiovxo;, O'jiÈ xîj; ^pÉpocç, xxspt Y]Xîou 8uap.ee;, éoitÉpa; (oxe vjoY] auvEaxo'xa Çe) pour désigner le moment où le soleil se couche et disparaît. On trouve encore dans les auteurs les

clironolog. homerica comment. I et II, Mcissen, 1838 et 1845; A. Mommsen, Chronolog. p. 13 et s. — 27 Hom. II. XXI, 111 ; Odyss. VII, 118. — 28 R n’est pas certain (cf. Hom. Od. IX, 56, et Eustath. sur ce passage), qu’Homère ait admis également une division bipartite du jour. Cf. A. Mommsen, Chronologie, p. 13. — 29 Cf. Odyss. II, 434 et Nitzsch, Zur Odyssee, Theil I, p. 126. 'Hù; est quelquefois employé par Homère comme synonyme de r.nÉça (II. XXI, 80 ; XIII, 794; Od. V, 278 ; VII, 267 ; IX, 82). Cf. A. Mommsen, Chronologie , Unlersuchungenüber das Kalenderwesender Griechen , Leipzig, 1883, p. 7. — 30 Cf. Hermias, Ad Platonis Phaedrum , p. 242.

— 31 Hom. Od. XVII, 600; cf. Buttmann, Lexilogus, II, 95. — 32 Hom. Od. XVII, 191; IX, 58; II. XVI, 729. Aratus dit pouWio? £?<x, v. 82o, 1119. — 33 Hom. Od. I, 422 ; II. XXII, 318. — 34 Hom. II. VII, 433. — 35 Hom. II. XI, 173; XV, 324; XXII, 28 et 317 ; Od. IV, 841. Cf. le Thésaurus d’Estienne, éd. Didot, s. v. — 36 k«0’ ov à[i.i).vou(ri disaient les uns; xaO’ ov (jlyj àpLÉXvouiTi, disaient les autres. Cf. Ideler, Handbuch der Chronologie , t. I, p. 227. — 37 Buttmann, Lexilogus , II, 39.

— 38 Eustath. Ad Iliad. XV, 324, p. 1018, 21.-39 Selon le scholiaste, Ad Iliad. XXI, 111, Homère divise la nuit comme le jour en trois parties, Ec-üs’çiav, àjxoXfôv, Itiav. Il est question dans deux passages (II. X, 251 ; Od. XII, 312) des trois (xoT^œt de la nuit. — 40 Curtius, Grundziige der griech. Elymol. 5e éd. (1879), p. 533. Mommsen (Chronol. p. 15) identifie àpio'/.Yô; à concubia (nox); il admet l’étymologie fcjia et AEX, Xêxto « legte, bettete sich. » C’est bien invraisemblable. — 41 L’hypothèse est de Deffner dans les Fleckeisen's Jahrbücher, 1874, p. 708. Elle est très hasardée, non moins que les précédentes. — 42 I, VIIi 68 et 72. — 43 Cf. Theophr. De signis tempest. 59. — 44 Cf. Herodot. VII, 167; VIII, 6; Thucyd. II, 74; VIII, 26. Aee).^ -pwta et 8. o'jôa désignent le commencement et la lin de l'aprcs-midi ou de la soiréo.

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expressions 7r)>Y)(5otj(xy]ç ty); otyopaç, Trspl tcAv^Qo uaav àyopxv48, désignant ie moment de la journée, depuis le matin jusqu’à midi, où l’agora est remplie de monde 40. La nuit, dans les camps, est divisée en trois veilles ou cpiAaxaî, auxquelles on a voulu, dès l’antiquité, identifier les trois poTpxi de la nuit dans Homère 41. Pollux48 énumère ainsi les parties de la nuit : vu*toç op yj\, xcd irep'i 7:pa>TY]v vûxxa, xa'i vuxtoç àp^ogsvy];, xat ■JTEpl TtpwTaç ttuXaxàç, xal Ssutépa; xat Tpiraç, -îj xa0’ 'yO(jty|pov nEpt irptuT’/jV pt.oîpav,?i Tcspt irpStov uttvov, il ur: sùteaeç. MEaou<jY)çvtjXTC>ç, p.E<7tov vuxtwv49. 'Tito to Xuxauysç, oitep “Ogripoç àu.tWxr)v vuxra xxXeï. Ilept àXsxTpuovwv wSotç, àXsxTpuovojv àoovxwv, uirà xov toSov opvtOa. Le chant du coq est suivi du raptopOpov. Les différentes parties delà nuitn’ontpu être distinguées et mesurées exactement que depuis l’invention de la clepsydre [horologium].

Chez les Romains, nous avons dit que le jour civil ( dies civilis ) commençait à minuit ; c’est alors que dans les camps commençait aussi la troisième veille 60. « La division des heures, dit Pline 51, s’introduisit tardivement chez les Romains. Dans les Douze Tables, on ne nomme que le lever et le coucher du soleil; quelques années après, on y ajouta l’heure de midi ; Vaccensus des consuls l’annonçait quand du sénat il apercevait le soleil entre les rostres et la graecostasis ; il annonçait la dernière heure ( supremam ) quand l’astre était descendu entre la colonne Maenia et le Carcer. Cela n’était possible que par un temps serein ; cet état dura jusqu’à la guerre punique. Le premier qui donna aux Romains un cadran solaire, douze ans avant la guerre de Pyrrhus, fut L. Papirius Cursor (an de Rome 461) ; c’est du moins ce que rapporte Fabius Yestalis. M. Varron rapporte que le premier cadran établi en public le fut auprès des Rostres, sur une colonne, lors de la première guerre punique, par M. Valerius Messalla, consul, après la prise de Catane en Sicile. Il fut donc apporté de là trente ans après la date assignée au cadran de Papirius, l’an de Rome 491 (262 av. J.-C.). Remarquez que les lignes qui étaient tracées ne concordaient pas avec les heures 62 . Cependant on s’en servit quatre-vingt-dix-neuf ans, jusqu’à ce que L. Marcius Philippus, qui fut censeur avec L.Paulus, en fit poser près de l’autre un mieux approprié. Néanmoins, quand le temps était couvert, les heures étaient incertaines et il en fut ainsi jusqu’au lustre suivant. Alors Scipion Nasica, collègue de Laenas, marqua le premier, à l’aide d’une clepsydre, les heures tant du jour que de la nuit 63 ; il la plaça dans un lieu couvert et en fit la dédicace l’an de Rome 595. Tel fut le long espace de temps pendant lequel la journée fut sans divisions pour le peuple romain ».

On a contesté l’exactitude de ce passage de Pline en faisant remarquer que les expressions ortus et occasus ne sont pas seules employées dans les Douze Tables, puisque Aulu- Gelle54 et CensorinusS6y ont trouvé les mentions ante meridiem eipost meridiem. La division du jour en antemeridianus

45 Herod. IV, 181 o;, àyoçîîç lO.vjOuoûir»);, |.«<ra|Jt 6 ?(■/), i7cox)ayonivY)î Tîjç

Xen. Memor. I, 1, § 10; Hellen. I, 1, § 30; Dion. Chrys. Orat. LXVII. — 46 Cf. Ideler, Handb. t. I, p. 228; Mommsen, Chronol. p. 58; Stein, Ad Herod. III; 104. Pour Suidas, le moment àyopa; 7;>yi0oû-rr)ç marque le temps de la 3a à la 0e heure ; pour Phrj nichus, ce sont les heures 4 et 5 (Lobeck, Ad Phrynich. p. 275). — 47 I, 70. — 48 Cf. Scliol. Ad Iliad. X, 252 : TpiçûXaxo; yàp rjv xaO’ "Ojxyjpov yj vu!;, et le scholiaste d’Euripide, Rhes. 5. Stésichore avait distingué cinq veilles ; de même Euripide (Rhes. 543 et 562). Moschus n'en connaît que trois (H, 2). Cf. Mommsen, Chronol. p. 15. — 49 To (juo'ovùxtiov, Aristot. Probl. XXVI, 18; cf. le Thésaurus d’Estienne, éd.Didot, s. v. — 50 Censor. De dienat. XXII I, 9; Veget.De re milit. III, 8. Cf. Varr. ap. Gell. Noct. attic. III, 2;Macrob. Sat. I, 3; Paulus, Di g. II, 12, 8; Isidor. Or. V, 30, 1 . Les textes relatifs à ce sujet sont réunis dans Reiffersrheid, Suetoni reliquiae , p. 149-153. — 51 Plin. H ist. nat. VII, 00 ; éd. Littré, t. I, p. 314. — 52 Catane est à 4° environ plus à l’est que Rome, ce qui occasionnait un retard d’un quart d’heure lorsqu'on se servait, à Rome, d’un cadran établi à Catane. — 53 Cf. Vitr.

etpostom'dmnwssemble, en effet, avoir été très répandue56.

Les anciennes divisions du jour chez les Romains ne sont pas moins vagues que chez les Grecs. Censorinus 81 distingue : Media nox, gallicinium , conticinium ( cum galli conticuerunt) , ante lucem et sic diluculum, diluculum ( cum sole nondum orto, jam lacet), mane ( cum. lux videtur solis ), ad meridiem, meridies, de meridie, suprema, vespera ( ves pcrugo dans Plaute, vesperum dans Ennius), crepusculum {sic fortasse appellatum quod res incertae creperae dicuntur), luminibus accensis (plus anciennement prima face), concubium, intempesta nox {id est mulla nox qua nihil agi tempestivum est), ad mcdiam noctem, media nox6e. Servius39 distingue sept parties de la nuit : crepusculum, quod est vesper; fax, quo lumina accenduntur ; concubium, qao nos quieti danius ; intempesta, i. e. media;. gallicinium, quo galli contant; conticinium, post cantum gallorum silentium ; aurora vel crepusculum matulinum. Ailleurs, Servius adopte des divisions un peu différentes 60, en se fondant sur Varron : Sunt autem solidae noctis partes secundum Varronem hae : vespera ( crepusculum ), conticinium ( concubium ), intempesta nox, gallicinium ( conticinium ), lucifer {crepuscutum matutinum). Diei : mane, ortus, meridies, occasus. Varron énumère lui-même61, sans suivre aucun ordre, mane, suprema, crepusculum, nox, vesperugo ou vesper, nox intempesta ou concubium ou silentium noctis ou conticinium. Fronton 62 cite les expressions media nox, gallicinium, conticinium, matutinum, diluculum, ante meridiem, meridies, vespera, concubia nox, intempesta nox. Il est inutile de transcrire les divisions indiquées par d’autres auteurs et qui n’ont ni plus de valeur ni plus de précision r'3. On n’était pas d’accord sur la signification exacte de suprema. Nous savons par Varron64 que, dans la loi des Douze Tables, la suprema était identique à l’occnsus solis ; plus tard, une loi Plaetoria établit que le supremum tempus diei serait proclamé avant le coucher du soleil. Du temps de Cicéron, cette suprema factice, qui marquait la cessation des tribunaux, coïncidait avec la fin de la neuvième heure 66.

Dans la vie des camps, la nuit est divisée en quatre veilles 66, vigilia prima, secunda, tertia, quarta, de trois heures chacune (6 heures du soir à 6 heures du matin) 67. Par extension, on employait aussi cette division dans la vie civile68. De là, aussi, une division quadripartite du jour qui paraît avoir été établie pour les vacations des tribunaux 69 : mane, du lever du soleil au commencement de la troisième heure ; ad meridiem, de la troisième à la sixième ; de meridie, jusqu’à la neuvième ou la dixième et la suprema jusqu’au coucher du soleil. Les tribunaux s’ouvraient à la troisième heure 70 et fermaient, comme nous l’avons dit plus haut, à la suprema. Varron71 rapporte, d’après Cosconius, que le préteur donnait l’ordre à son accensus d’annoncer la troisième heure, le milieu du

IX, 8. — 54 Gell. XVII, 2, 10. — 58 Censor. De die nat. XXIII, 8. — 56 Sur la forme incorrecte pomeridianus, cf. Ritschl, Opusc. II, v. 549. — 57 Censorin. 24. — 58 Sur la nox intempesta , cf. Serv. Ad Aen. III, v. 5u7. éd. Tliilo. — 59 Serv. loc. laad.

— 60 Ad Aen. II, 268. — 61 De ling. lat.\ I, 4-7 — 62 Fronto, Ad M. Caesarem , éd. Naber, II, 6, p. 31. — 63 Cf. Macrob. Sat. I, 3, 12 ; Isid. Or. V, 31-32. — g; Varr. De ling. lat. VI, 5. Cf. Ceusor. De die nat. XXIV, 3, passage dont le texte est corrigé par Marquardt, Das Privatleben der Rômcr , t. I, p. 249. — 65 Ascon. Di Milon. éd. Orelli, p. 41 ; Cic. In Verr. II, 17, 41 ; Sen. De tranq. XVII, 7 ; Paulus, Sent. IV, 6, 2. — 60 Vigiliae opposées à excu- biae , qui sont les heures de garde pendant le jour (Isid. Or. IX, 3, 42). Cf. Hieron. Epist. 140, 8; Veget. III, 8 ; Aen. Tact. 18.

— 67 Le chant du coq annonce la quatrième veille, Pline, H. nat. X, 21. — 68 Cic. Ad famil. III, 7, 4; cf. d’autres passages cités par Marquardt, Rom. Staatsverwallung , 2° éd. t. II, p. 420, note 8. — 69 Ceasor. XXIII , 9 : « Alii diem quadripartite, sed et noctem similiter. » Cf. Marquardt, Privatleben d. Rom. t. I, p. 248.

— 70 Martial, IV, 8, 2: « Exercet raucos tertia causidicos. » — 71 Ling. lat. VI, 89.

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jour et la neuvième; ainsi le jour judiciaire, comme le jour et la nuit militaires, était divisé en quatre parties.

III. Les heures. — Les peuples anciens ont divisé le jour naturel et la nuit en douze heures, comptées à partir du lever du soleil, de sorte que midi coïncidait avec le commencement de la septième heure du jour et minuit avec la septième heure de la nuit72. L’origine orientale de cette division est certaine. Hérodote13 dit que les Grecs reçurent des Babyloniens le cadran solaire (ttoXo;), le gnomon et la division du jour en douze parties (jxépea). L’emploi du mot copat dans le sens d 'heures n’est pas antérieur cependant à Pythéas de Marseille : c’est à tort qu’on a cru le trouver dans Platon et dans Xénophon 7\ qui se servent de ce mot d’une façon vague, pour signifier les phases successives du jour ou de l’année. Lors de l’invention des horloges solaires, nommées <ôpoXÔYia ou o)poaxÔ7ua parce quelles mesuraient les phases delà journée (topai), l’emploi du motSpa se répandit, principalement sous l’influence des astronomes. On voit, par VAlmageste, qu’il était déjà familier à Hipparque vers 140 avant J.-C. 75. Le nombre de douze heures s’explique tant par la commodité de ce chiffre que par le désir fort naturel de conformer les divisions du jour à celles de l’année76.

If usage de compter par heures égales ou équinoctiales n’a été connu, dans l’antiquité, que des astronomes (âpac îar) pcspivai, horae aequinoctiales). Les autres écrivains n’en ont fait mention que très rarement77. Les heures variables, seules usitées dans la vie ordinaire, sont appelées Spai xaipixaî, horae temporales, c’est-à-dire variables suivant la longueur du jour et de la nuit. Théon78 distingue aussi les jours en fipcépai xaipixaf et larifxeptvai'. Les premiers sont les jours naturels et variables, déterminés parle séjour du soleil au-dessus de l’horizon; les seconds sont ceux des équinoxes. L’heure variable est ^ des premiers, l’heure équinoctiale est ± des seconds79. Les heures de l’hiver étaient naturellement plus courtes et les heures de 1 été plus longues que les heures équinoctiales80.

Si l’on veut réduire en heures équinoctiales modernes une indication d’heures donnée par un auteur romain, il faut tenir compte de ces deux faits : 1° que la première heure du jour varie, sous une même latitude, suivant les saisons ; 2° que la durée des heures varie suivant la durée du jour apparent. Le tableau suivant, reproduit par Becker81 et par Marquardt82, d’après les calculs d’Ideler, indique, pour la latitude de Rome, la concordance des heures anciennes et modernes aux solstices d été et d hiver. A l’équinoxe, comme il a été dit plus haut, les heures romaines sont identiques aux nôtres.

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