‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 5 sur 111 · DAI · texte numérisé non relu

DAI

UAL

doute Thanatos et Hypnos (fîg. 2287),S9. Nous avons parlé plus haut et on peut voir dans des articles spéciaux, des représentations figurées d’AGATiioDAEMON, de bonus eventus et de Tyché [fortuna], qui sont de beaucoup les p>lus fréquentes et les seules qui témoignent d’un culte vraiment populaire 160 [voy. aussi Genius et héros]. J. A. Hild.

DAIDALA, Aai'SoAa. — Fête béotienne dans laquelle on célébrait l’union symbolique (tepo; y ocpwç) de Zeus et de Héra [juno]. Elle tirait son nom des idoles grossières, taillées en bois [daedalus] qui, dans cette fête , représentaient les deux divinités. Voici ce qu’on racontait sur l’origine de cette fête 1 : Héra, irritée contre Zeus, était allée se cacher dans la montagne du Cilhéron. Zeus, la cherchant en vain, rencontra Alalcomeneus (fondateur et éponyme de la ville d’Alalcomènes, en Béotie), qui lui suggéra la ruse suivante. L’image d’une femme fut taillée dans un tronc de chêne; puis, assise sur un char, parée comme une fiancée, elle fut conduite, accompagnée d’un nombreux cortège chantant des hyménées à travers le pays. C’était, disait-on, une nouvelle fiancée, Daidalé, qui allait prendre la place de Héra. Celle-ci descendit précipitamment de la montagne, suivie des femmes de Platées; mais, à la vue de l’image de bois, sa colère et sa jalousie se changèrent en risées. Réconciliée avec Zeus, elle monta elle-même sur le char nuptial et, en commémoration de cette aventure, elle institua la fête des Dédalies , dont les cérémonies n’étaient autre chose que la représentation mimique de la légende. Cette fête était célébrée par ltes Platéens tous les six ans, c’est ce qu’on appelait les petites Dédalies, tandis que les grandes Dédalies, auxquelles prenaient part toutes les villes de la Béotie, ne revenaient que tous les soixante ans2.

Lors des petites Dédalies, on se rendait en procession de Platée dans une forêt de chênes située près d’Alalcomènes. Là, on répandait par terre quelques morceaux de viande cuite et on observait les corbeaux qui venaient les enlever. Le" chêne sur lequel s’était posé le corbeau qui, le premier, avait enlevé un morceau de viande, était coupé, et on en taillait 1 image appelée Sa îSaXov. Lors des grandes Dédalies, on apportait quatorze de ces images, choisies et taillées de la même manière, et on les distribuait entre quatorze villes qui prenaient part à celte fête. Le reste des cérémonies était identique dans les deux solennités. On commençait par baigner les images dans le fleuve Asopus, puis on les parait comme des fiancées et on les conduisait, assises sur des voitures, vers le Cithéron. Sur le sommet de la montagne, il y avait un autel construit de morceaux de bois grossièrement découpés et recouvert de ramilles.

169 A. Dumont et J. Chaplain, Les céramiques de la Grèce propre, U» part. 2*fasc. pl. xxvii-xxvm. — 160 Stob. Florll. 106, CO, cite une Tyché d’Apelles; Paus. IX, 35, 2, une Charité du même h Smyrne. — Bini.ioGiu.rHiE. Fr. Creuzer' Religions de l antiquité, trad. et développé par J. D. Guignîaut, Paris, ÎS^-ISSI- E. Gerhard, Agathodaemon und Dana Dea , Berlin, 1847 ; Id. Ueber Wesen Verwandschaft und Ursprung der Daemonen und Genien, Berlin, 1852' J. A. Hild' Élude sur les Démons dans la littérature et la religion des Grecs, Paris, 1881 ■

K. Lehrs, Populaere Aufsaetze aus dem Alterthum, 2* édit., Leipzig 187s’ p. 143-171 ; 1S9-198; Ch. A. Lobeck, Aglaophamus , sim de Theologiae mysticae causis, Regimont. Pruss. 1829, passirn ; A. Maury, Croyances et légendes de l antiquité, Paris, 1863, passirn; Id., Histoire des religions de la Grèce antique Paris, 1857, passirn; Id. La Magie et l'Astrologie dans l'antiquité, Paris,' 1877, passirn ; C. Fr. von Naegelsbach, Homerische Théologie, 2« édit. Nürnber"- 1837, p. 72-74; Id. Nachhomerische Théologie, Nürnberg, 1857, p. 1 10-1 1<T- J. Neuhaeuser, De Graecorum daemonibus, Particula prior; dissertatio inauguralis' Berlin, 1857; E. Preller, Griechische Mythologie, 3e édit., Berlin, 1872; I, p 44 444 et passirn; G. RoskolT, Geschichte des Teufels, Leipzig, 1869; I, p. 124-141 •

Fr. A. Ukert, Ueber Daemonen , Heroen uud Genien, dans le premier volume des Mémoires de la section philologique de l'Académie royale de Saxe, p. 139-219-

| On y sacrifiait une vache à liera et un taureau à Zeus, et les pièces de sacrifice y étaient brûlées, en même temps que les images de bois3. Hunzikkk.

DAITROI, DAITYMONES [cena, p. 1270, dipoleia, syssitia].

DAKTYLOS [digitus],

DALMATICA. — Les textes les plus anciens qu’on connaisse sur la dalmatique ne datent que de l’époque impériale. Lampride signale comme une excentricité que Commode porta la dalmatique en public et au cirque 1 . Capitolin, parlant de la vente des objets qui avaient appartenu à Commode, mentionne aussi chiridotas Dalmatarum- . Lampride, pour blâmer Héliogabale, dit qu’il portait publiquement la dalmatique 3. C’est peut-être le même vêtement qu’on trouve désigné chez Trebellius Pollio sous le nom de singiliones dalmatenses L De ces textes des écrivains de l’histoire Auguste on peut tirer quelques renseignements. 1° La dalmatique avait déjà été portée à l’époque républicaine, mais, semble-t-il, cette infraction au costume national était considérée comme une honte3. A l’époque impériale l’habitude s’introduisit de porter des vêtements d’origine étrangère. Les empereurs eux-mêmes en donnèrent souvent l’exemple, mais leurs biographes le notent en des termes qui contiennent un blâme. On adoptait ainsi, même officiellement et au mépris des traditions, des vêtements, soit de tissus précieux, soit de formes amples et commodes. 2° La dalmatique était originaire de Dalmatie. On manque malheureusement de renseignements sur l’ancien costume dalmale. Les écrivains du moyen âge ont suivi sur ce point le témoignage des écrivains profanes6. 3° Enfin Capitolin note les longues manches comme le trait distinctif de la dalmatique. Il faut descendre ensuite jusqu’au ive siècle pour trouver de nouveaux renseignements. L’édit de Dioclétien sur le maximum, de l’an 301, chap. xvi et xvii, atteste que l’usage de la dalmatique était fort répandu en Orient7. Il existait en Asie Mineure et en Syrie plusieurs manufactures importantes à ce point de vue, celles de Laodicée (Latakié), de Tarse, d’Alexandrie de Commagène, de Byblos, de Scythopolis (au sud de Tibériade).

Il y est question de dalmatiques tissées avec trois lices et sans clavi (o^f/a-rur) à<77)u.oç Tpqjtrro;), de dalmatiques en étoffe pluebeuse avec bandes de pourpre (oeXaaTtxr) Lxasioç l/ooaa irop-pupaç), de dalmatiques plucheuses à capuchon (3£Xp.aT[y.0[4âa£pT0; Àâasto;), de dalmatiques tout en soie ou mi-soie (ôXocnqpixai', uu'itptxat). Dans le chapitre xvii, les dalmatiques d'hommes et celles de femmes sont l’objet d’articles distincts : les unes et les autres sont classées d’après la qualité et les dimensions de l’étoffe. D'après M. Wad-

C. Waclismuth, Die Ansichtender Stoîker über Mantik und Daemonen, Berlin, 1860 ;

F. G. Welcker, Griechische Gôtterlehre , Goettingue, 1857, I, 138-140; 731-742- 11]

Page 1