‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 81 sur 111 · qui . i. I4 i · texte numérisé non relu

qui . i. I4 i

tm|upO„a, «OTiOi. - 64 Ibid. 1. 18-32. - 65 Cf. Ernst Ziller, Untersuchunge ueber die antiken Wasserleilungen Alhens, dans les Mittheil. d. deutsch. ar chaeol. lnstit. t. 11 (1877), p. 107-131; Wilh. Doerpfeld, Dec Eridanos. Ibid. t. XII (I8SS), p. 211-220; Mary Dawe, The uiater-conduit at Alhens. dans l 'Athe naeum, n° 3176, p. 327 ss. — 66 Mittheil. d. deutsch. archaeol. Inst. t. XIII (1888) p. 172, ). 3. — 57 Ibid. 1.3, 7, 9; 4, 6, 10. — 58 Décret publié par Comparer dans le Mnseo ital. di antichità classiea, t. I, 1885, p. 223 s., n" 2. Comparett rapporte 1 un à l'autre les deux fragments insérés dans l"lîe^u. sou

es n°s 3006 et 3523. — 59 Corp. inscr. gr. n» 4502 : K;çtoa- *eÇx»5 ('!

vu ° ®oec'1'1' ^r*ttn den ueber das Seewesen des attischen Staates , p. 536 iv XVI (= Corp. inscr. att. t. Il, n, u» 811), b, 1. 139. — 01 Id. Ibid. p. 378, n- ) 1- Corp. Inscr. att. ib. u” 803), c, 1. 125. - 62 ld. Ibid. p. 485, u" XIV (= Corp

La même charge a existé ailleurs qu'à Athènes. A Chio il y avait probablement un épimélète de l’eau (èiti\xelr\Tr^ tou uoaxoç) s®. Il a dû s’occuper des mêmes travaux et réprimer les mêmes contraventions 57 que l’épimélète athénien. A Céos58 un épimélète est préposé à la surveillance des sources dont les eaux étaient amenées par un conduit souterrain dans le temple de Démêler. Il doit empêcher qu’on ne s’y lave ou qu’on ne s'y baigne; il doit infliger aux contrevenants une amende jusqu’à concurrence de dix drachmes, et, en cas de flagrant délit, une peine corporelle (itX»)yat; xoXâÇoiv). Enfin, à Palmyre, en plein désert, là où la question de l’eau était capitale, l’entretien de chaque source semble avoir été confié à un épimélète spécial (l7rt(X£>.r|Xr]i; ir/iy?);) i9. C’est à ces magistrats qu’est due sans doute la construction de ces aqueducs souterrains et de ces conduits verticaux (fig. 397 et 398) qui subsistent encore.

3° Epimélêtai Ion neôriôn (ot xwv vswptwv È-xipEX/ixat). — Les inspecteurs des chantiers et arsenaux maritimes ne comptaient ni parmi les commissaires extraordinaires ni parmi ces fonctionnaires subalternes que les Athéniens appelaient, d’un nom générique, CiTrqpéxat. C’étaient des magistrats réguliers, des àp/ovxE;. Eu effet, dans des actes officiels, les épimélètes en charge sont dits ot xwv veoipîwv ap'/ovxeç60; les épimélètes sortis de charge, ot àp^avxEç !v xotç vEwpton;61; la charge elle-même est positivement une àp yvj62.

Dès lors il est bien étrange qu’Aristote ne les cite pas dans la seconde partie de son ouvrage sur la Constitution d'Athènes , dans les chapitres où il énumère les magistratures permanentes. Cette lacune est d'autant plus bizarre, que l’auteur ne manque pas de parler de la haute surveillance exercée par le conseil des Cinq-Cents sur l’entretien des navires en service et la construction des navires sur chantiers63. Ni le rapprochement qui semble avoir dû s’imposer à l’écrivain, ni le terme même d’ÈiujxeXeîot sous lequel il désigne cette fonction spéciale du Sénat, rien ne Ta fait penser un seul instant aux épimélètes. Qu’on remarque, de plus, qu'Aristote consultait les documents épigraphiques, qu'il étudiait même de près les inscriptions athéniennes 6l, qu’il a dû, par conséquent, au moins jeter les yeux sur les stèles où étaient gravés les inventaires des épimélètes; et l'on trouvera son silence inexplicable. Car il est impossible de ne pas croire à l'existence de magistrats cités dans des textes aussi nombreux et aussi authentiques 6S. Faut-il penser qu’ils avaient cessé d’exister à l'époque que décrivait Aristote? Non : nous possédons des inventaires d’épimélètes depuis l'an 376-375 66 avant notre ère jusqu’à

inscr. att. n” 800), c, I. 122, 138. Cf. Le.dc. Ithcl. ap. Bekker, Anecd. gr. t. I, p. 282, 6 ss. - 63 Aristot. De Alhen. doit. § 46, p. 118 : Uiqn'uT-cai 5t... vcceslxon;’. - 64 Id. Ibid. § 7, p. 20; § 53, p. 131 ; § 54, p. 135, 137. - 6b Ce sont, outre les textes littéraires qui n'ont aucuue importance ([Demosth.]C. Evcrg. et Mnesib. § 21, p. 1145). les dix-huit inscriptions publiées par A. Boeckh et connues spécialement sous le nom de Seeurkunden, auxquelles il faut ajouter dix nouveaux textes qui se trouvent dans le Corp. inscr. att. t. II, n, sous les numéros 700, 794, 707, 798 79J, 80a, 805, 806, add. 789 b , 808 b. — 66 C’est la date qu'on peut assigner à l’inscription de Boeckh, Op. cit. n” Il (= Corp. inscr. att. n” 791). Boeekli la croyait plus récente (372/357), et fixait à l'an 373/372 la Securkunde la plus ancienne, celle qu'il a classée sous le n" 1 (= Corp. inscr. att. n” 789). Mais Koehler (Mittheil. d. deutsch. arch. Inst. t. VI, 1881, p. 29) a démontré que 1 inscription u” il est antérieure à l'inscription n« I. il u'aurait cependant pas dû la faire remonter jusqu en 377-376, parce quelle cite comme épimélète de la tribu Erechthéide pour l'année précédente un citoyen du dème des Pambotades (à moins qu il faille lire Snajp/eiwjviÆ,;;] au lieu de na]p[6]w[vEST,-]), et que nous conuaisssous pertinemment l’épimélète de la tribu Erechthéide pour l'an 378/377, qui est Lycou de Cëphisia (Boeckh, Op. cit. p. 379, n° X = Corp. inscr. att. n° 803, c, 1. loi

EPI

EPI

1 an 323-322 67, c est-à-dire que les derniers en date sont précisément contemporains de la IïaXixeia68. On peut dire, sans trop s’avancer, que l’institution des épimélètes à duré depuis la réorganisation de la marine athénienne en 378 1,3 jusqu’à sa ruine complète à la suite de la guerre Lamiaqueen 322. Faut-il taxer Aristote de négligence ? Accusation bien osée : toute autre solution de la difficulté doit sembler préférable. Or, il y en a une possible, et elle aura 1 avantage d’expliquer comment étaient nommés, quelle position occupaient dans la constitution athénienne les épimélètes des chantiers.

On trouve à Athènes des collèges de magistrats qui ne sont, de par leur origine, que des commissions sénatoriales. Le conseil des Cinq-Cents tirait de son sein, par la voie du sort, dix logisles et dix euthynes pris dans les dix tribus et chargés d’exercer en son nom une de ses fonctions essentielles70. La même compagnie devait taire construire les trières; mais elle se déchargeait en grande partie de ce soin sur les dix TptYipoTto'.oi, véritables délégués quelle choisissait elle-même dans les dix tribus71. 11 est bien possible que les épimélètes des chantiers aient été nommés de la même façon par les sénateurs. Ne voit-on pas, en 1 an 346-343, un délégué du Sénat (aîpeôel; ix. lîjç (îa'Aîjç) adjoint au collège des épimélètes et occupé aux mêmes fonctions72?

Mais alors il faut que les épimélètes des chantiers soient nommés, comme les logistes, les euthynes et les xpi^po- ■koioi, au nombre de dix chaque année, un par tribu. Ils le sont précisément. C’est ce que témoigne le tableau ci-contre (p. 671), où sont rassemblés les épimélètes connus individuellement 13 .

Quoi qu'on pense de la nomination des inspecteurs des chantiers, on peut affirmer qu’à aucun moment ils ne cessaient de recevoir l’impulsion du Sénat. Ce sont les agents, probablement désignés par leur profession ou leurs connaissances spéciales71, à l’aide desquels les Cinq-Cents dirigeaient l’administration maritime. Leurs attributions étaient assez importantes pour qu’ils eussent le titre dap/ovreç; leurs rapports avec le Sénat assez constants, et sans doute leur dépendance assez étroite, pour qu’Aristote se crût dispensé de les nommer après avoir montré à l’œuvre leurs collaborateurs et chefs.

Les fonctions des ÈTrtjisXrjTa’i t<Sv vswpiiuv, mal définies dans quelques passages d’orateurs anciens ou de lexicographes, sont indiquées avec une grande précision par les inscriptions navales. « Ces inscriptions sont soit

M. Koehler devait donc assigner à ce document la date de 376/375 ou de 374/373 (la date de 375/374 est impossible, parce que l’épimélétat de la tribu Oenéide, occupé par Mnésiadès, ne peut l’être par Diogeiton). — 67 C’est la date des Seeurkunden, n° XV et XVI (= Corp. inscr. att. n° 811). Cependant l'inscription n° XVII (= Corp. inscr. att. n° 812) se rapporte peut-être à l’une des années immédiatement suivantes. — 68 Elle a été composée entre 320/328 (archontat de Céphisophon cité § 54, p. 137; cf. § 61, p. 152) et 322 (mort d'Aristote). Sont donc peut-être postérieures à la rioXireta les inscriptions de Boeckh, Op. cit. nos X1I-XV1I (= Corp. inscr. att. n° 808-812) et l’inscription du Corp. inscr. att., add. n° 808 b. — 69 polyb. Il,

62; Diod. Sic. XV, 20. — 70 Aristot. De Alhen. civit. § 48, p. 121-122. — 71 Id. ibid. § 46, p. 118-110. — 72 Boeckh, Op. cit. p. 37V, n° X (= Corp. inscr. att. n° 803), c, I. 166-177. — 73 A cette liste il faut joindre Satyros ([Demostb.] C. Androt. § 63, p. 612). Mais on ne sait ni à quelle date il fut épimélète ni de quelle tribu il faisait partie (Arn. Schaefer, Domosth. und seine Zeit , Leipzig, 1856, t. I, p. 326). Tout ce qu’on peut affirmer, c'est que son cpimélétat fut antérieur à l’an 355-354, où fut composé le discours contre Androtiou. — 74 Boeckh, Op. cit. p. 48. — 75 A Cartault, La trière athénienne, Paris, 1881, p. 5-6. — 76 Ce sont, plus exactement, les abris couverts où l’on remisait les navires mis à sec (A. Cartault. Op. cit. p. 27, 248-250). — 77 Boeckh, Op. cit . p. 462, n° XIV (= Corp. inscr. att. n° 809), a, 1. 185-188. — 78 Sur le $tâYpapi|jia, voir Boeckh,

Op. cit. p. 204. — 79 Id. ibid. p. 404, n° XI (= Corp. inscr. att. n° 807), b,

]. 88 ss. ; p. 446, n° XIII (= Corp. n° 808), d, 1. 43 ss. p. 499, n° XIV (= Corp. '

des inventaires de navires avec leurs agrès composant la Hotte d’Athènes, soit le relevé des dettes des triérarques et des sommes payées par eux, soit des documents dans lesquels les épimélètes des arsenaux font un compte exact des objets qu’ils ont reçus au moment de leur entrée en charge et qu’ils transmettent à leurs successeurs73 ». D’une façon générale, les imitai rôv vtwpfc, surveillent les arsenaux maritimes (vewpia) et les chantiers (vewsot'xou;) 76 ; ils ont la garde des navires et agrès appartenant à la république. Sur décret conforme du peuple, ils font remise aux triérarques d’une coque de trière et des agrès accessoires77. Ils reprennent en charge les navires cl le matériel ramenés par les triérarques dans I un des trois ports militaires de l’Attique. Ils procèdent à l’inspection minutieuse des objets restitués, prenant note de ceux qui manquent, rapprochant chaque pièce présentée do la description qui en est faite sur le rôle des prêts ou sur la liste matricule conservée dans leurs archives78, constatant les dégâts. Par intérim, mais au moins pendant sept ans, ils ne s’occupent pas seulement du matériel naval, mais aussi des machines de guerre70. Dans leur visite de contrôle, ils sont assistés d’un expert ((foxif/.aa'njç)80. Ils tiennent registre des dettes contractées de ce chef envers l’État, font graver les noms des débiteurs sur la stèle desti îée à cet usage81, s’occupent des recouvrements82, et font inscrire sur la stèle les sommes acquittées83. Ils vendent les agrès mis au rebut, non pas de leur autorité propre, mais sur l’ordre du Sénat8’*, et les remplacent par des neufs83. On peut se rendre compte de ce que ces multiples attributions devaient coûter de travail aux épimélètes, quand on songe, que depuis la réorganisation de la Hotte, les Athéniens possédaient en 37H-377 cent bâtiments, en 337-336 deux cent quatre-vingt-trois, en 333/352 trois cent quarante-neuf, en 330-329 quatre cent dix, en 326-355 quatre cent treize86.

Les constructions navales étaient dans les attributions des Cinq-Cents. A l’ordinaire, les Cinq-Cents déléguaient leurs pouvoirs à un comité de construction, aux dix tptïipoTtotoî87. Il pouvait toutefois arriver aux inspecteurs des chantiers d’être chargés par commission spéciale de surveiller des travaux entrepris. Dans un de leurs inventaires, les épimélètes déclarent avoir pris en charge un bâtiment à moitié terminé88, et, par la suite, signalent le même bâtiment comme rangé dans la catégorie des navires d’élite85 : c’est donc que la construction déjà

n° 809), c , 1. 16 ss. Il y ;i là une rubrique qui parait pour la première fois dans l’inventaire de 330-329, qu’on retrouve dans ceux de 326-325 et 325-324, et qui a dû disparaître dans les inventaires postérieurs à 323-322; car, cette année-là, les épimélètes des chantiers remettent tout ce matériel à l’un de stratèges (id. ibid. p. 526, n° XVI = Corp. n° 811, a, 1. 194 ss.). — 60 Id. Ibid. p. 288, n° Il (= Corp. inscr. att. n° 791), I. 56. — 61 [Demosth.] C . Eoerg. et Atnesib.

§ 22, p. 1145. — 62 [Demosth.] C. Androt. § 63, p. 612, oü l’épimélète Satyros fait rentrer la somme considérable de trente-quatre talents. — 83 Boeckh, Op. cit. p. 535, n° XVI (= Corp. inscr. att. n° 811), b, 1. 123-128. — 84 Id. Ibid. p. 503 ss. n° XIV (= Corp. inscr. att . n° 809), e, 1. 180 ss. ; p. 532 s. n° XVI (= Corp. n° 811), 6,1. 80 ss. Ailleurs il est même dit que c’est le Sénat qui s’est défait de certains objets : il faut entendre que c’est par l’intermédiaire des épimélctes (Id. Ibid. p. 437 s. n° XIII =s Corp. n° 808, 6, I. 184 ss.). — 8b Id. ibid. p. 476 s. n° XIV (= Corp. n° 809), 6, l. 190-207 : xaiha ÈnpàOï] xatà jîoiAy;;..., val àvx\ toutwv Etepflt !7ïptà|Ae8a. — 86 Id. Ibid. U° II (= Corp. inscr. att. n° 791); n° IV (= Corp. nu 793); n° V (= Corp. n° 795); u° XI (— Corp. n° 807) ; nu XIV ( — Corp. n° 809). Cf. Koehler, dans les Mitthe.il. d. deutsch. archaeol. Instit. t. VI (1881), p. 29-30. — 87 Aristote, De Athen. civit. § 46, p. 118-119, complète sur ce point Aeschin. In Ctesiph. § 30, p. 425. — 88 Boeckh, Op. cit. p. 317 s. n° IV (= Corp. inscr. att. n° 793), 6, 1. 71-75 : tpnnp»|Çi h ovojià IffTtv BoqOeia, ’Ap^evvj^ou tpyov. xaÛTYjv ^p>UçY0V ixapa XaSôvxeç èx tûîv TïiXeyovsiwv vauiïYiyiw vVjpeïç... — 89 Id. Ibid. p. 318 s. c, 1. 8, 38. Çf. p. 62.

Page 1