‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 3)Chapitre 84 sur 111 · ou · texte numérisé non relu

ou

Après 95-4 . j

Avant 88 . ■

De 88 à 69 .

De 86 à 69 .

Peu après 69 .

Après 57-G .

Après 27 . )

De 4 avant J.-C. à 38 après.

Vers 61 .

ÉPIMÉLÈTES DE DÉLOS.

Socratès, fils d’Aristion, d’Oion 507.

Aininias, fils de Démétrios (substitué) 508.

Dracon, fils d’Ophélos, de Bâté 509.

Hégésias, fils de Pliilostratos, de Thymaitadai sl°.

Amnionios, fils d'Ammonios, d’Anaphlystos (II; 511 èfénon. fils d'Asclépiades, de Phylé 512.

Hipparehos, fils de Tiinoclès, de Sounion »13.

Théophrastos, fils d’Héraeleitos, d’Acharnai 51 1 .

Dionysios, fils de Démétrios, d’Anaphlystos »)5.

Dionysios, fils de Nicou, de Pallène 51c.

. 1 fils de . ? de Paeania517.

Théodotos, fils de Diodoros, de Sounion 5I8.

Callistratos, fils de ? , de ? 519 .

Sarapion, fils de Sarapiou, de Mélité 5*°.

Polycleitos, fils d'Alexandros, de Phlya 521.

Médeios, fils de Médeios, du Pirée 322.

Aristion, fils de Socratès, d’Oion 323 .

Callimachos, fils d’Epicratès, de Leuconoé 524.

Andréas, fils d’Andréas, du Pirée 52s.

Apollodoros, fils de Philonymos, de Décélie 520

. son, fils d’Hermocratès, de Dé(célie) ? 827.

Epigénès, fils de Dios, de Mélité 528.

Alexandros, fils de Léonidas, de '? 529.

Zénon, fils de Zénon, de Marathon 330 .

Nicanor, fils de Nicanor, de Leuconoé331.

Protimos, fils de Dosithéos, de Myrrhiuonte 332.

Alexandros, fils de Polycleitos, de Phlya 533.

Quintus d’Azénia 534.

Agathoslratos, fils de Dionysios, de Pallène 535.

. n. fils de Marcus, de Philaidai S3°.

Eurystias, fils de (Zaleuc)os ? , de Lousia 537.

...e.os, fils de Diodotos, de Marathon 538.

. ? , fils d’Apollonios, de M . ? »39.

Tibérius Claudius Novius, fils de Phileinos, d'Oion (à vie) 34°.

Léon..., fils de . ? (ou . ? fils de Léon...)3*i

- doros, fils de Zénon, d’Athinouon 542 .

6110 Sur la chronologie athénienne et détienne des deux derniers siècles av. J.-C. il faut consulter surtout les trois importants articles de Th. Homolle : Supplément à lu chronologie des archontes athén. postérieurs à la C. XX' olymp. [Bull, de corrhell. t. IV, 1880, p. 182- 191; ; Les Romains à Délos ( ibid . t. VIII, 1884, p. 75-158); Noie sur la chronologie des archontes athéniens de la seconde moitié du deuxième siècle av.J.-C.(ibid. I. X, 1880, p. 6-38).— 607 Bull, de corr. hell. t. VII (1883), p. 368, n» 18. — mibid. t. VI (1882), p. 348, n” 74; ’AS^vaiov, t.IV, p. 462, n” 10. C’est un épimélète substitué ; sur les deux inscriptions son nom remplace un nom effacé.

‘C-1 Ibid. t. I (1877), p. 88, n° 37 ; t. VI, p. 491 , n° 4. Il faut rapprocher autant que possdde les deux archontes Dionysios et Dionysios meta Lykiscon (113-112). Cependant ,1 vaut mieux chercher une année antérieure à Eugamos (119-118), sous peine de taire de Dracon un épimélète par trop vieux, puisqu'il avait déjà remporté une victoire dans les jeux Théseia sous Anthestérios {Corp. inter, att. t. 11, i, n» 445, col. Il, iU), .10 Ibid. t. \ II, p. 337, u» 1 3. Le nom d’Hestiaos de Spbettos unit Ilégésias a Dracon. — 511 Ibid. t. VI, p. 334, n» 32; ’AOvjvntov, t. IV, p. 459, n“ 8, complété parle Bull, de corr. hell. t. VIII (1881), p. 130 n. C’est son second épimélétat (xi 5eû- -ifvv). — 912 Ibid. t. III (1879), p. 370, n” 12; t. VI, p. 320, n" 0. — Ü13 Ibid. t. VII, p. 339, n 4. bon épimélétat est voisin de l’archontat de Dionysios meta Lykiseon, comme le veut S. Reinach; mais cet archontat doit être ramené vers 113-112.

- 5)4 Ibid. I. Vil, p. 370, u« 19 ; t. VIII, p. 123 ; t. XI (1887), p. 257, n» 10 ; Corp. inscr.

gr. Il» 2286. — 61ü Ibid. t. XIII (1889), p. 373, n” 4; C. inscr. gr. n°2298. — UK Ibid. t. Il (1878), p. 398, n» 3; t. III, p. 471, n»4;t. VI, p. 337, n» 39; p. 491, n» 3; p. 494, n° 10; t. IX (1885), p. 379 ; t. XI, p. 273, n" 36; t. XIII, p. 370, n» 2. — 517 Ibid. t. VI, p. 322, n" 11. — 618 Ibid. t. VII, p. 364, n» 14 ;C.insc. att. t. II, n, n» 985, fr. D, col. L 1. 30. La mention d’Hèliauax permet de rapporter cet épimélétat à l'année d'Echécratès et de compléter sur la liste des le nom mutilé [0eéîo|xo; Eou,ué;.

— 519 Corp. inscr. att. I. c. fr. E, col. I, 1. 32-33. — 520 Ibid. 1. 63-64. 521 Ibid. h'. D, col. 1, 1. 27-29 ; Bull, de corr. hell. t. VIII, p. 126, 127 ; 1. X (1883), p. 36. Cf. ’AMvauv, t. II, p. 132. — 522 Ibid. col. Il, 1. 13-14 ; Bull, de corr. hell. t. IV, p. 190;

' 111 P' n° r'- ~~ 1,23 Alb. Lebègue, Recherches à Délos , p. 146, n° 8; C. insc. att. I. c. tr. C, 1. 8. Th. Homolle, dans le Bull, de corr. hell. t. VIII, p. 127, se croit " ’ 'é'1'1 Je fixer pour l’épimélétat d'Aristion la même année que pour celui de Poly- 4 L'l0a. 1 année où Proclès était archonte : « Cela prouve simplement, dit-il, que Pojc edos est un épimélète substitué. .. Mais il est plus simple encore d’admettre, avec

vou Schoeffer, Op. cil. p. 244, que le fragment C de la liste des doit en

réalité prendre place entre les fragments D et E, et par conséquent, que 1 epimé-

létat d’Aristion doit être contemporain du second archontat d’Argeios. 524 Bull.

de corr. hell. t. Y I, p. 335, n° 35 ; p. 316, n° 66. Archonte-roi en 99-98 {Corp. inscr. ait. I. c. fr. A, I. 8), Callimachos n’a été épimélète que postérieurement. Mais cinq épimélètes doivent être classés après lui et avant 89-88. Les années 98-97, 97-96 et 96-95 étant occupées, il ne lui reste que 95-94 (Héracleitüs étant archonte) ou 94-93.

— 52» Ibid. p. 497, n» 13. Cf. Corp. inscr. att. I. c. fr. E, col. II. 1. 30-31.

— 526 Corp. inscr. gr. n» 2 3 0 6. — 527 Ibid. n» 2293. Cf. Bull, de corr. hell. t. VIII.

p. 136. — 528 Bull, de corr. hell. t. IV, p. 220, n» 12; t. XI, p. 263, n» 23.

— 529 Corp. inscr. gr. n» 230G 6 add. — 630 Bull, de corr. hell. t. VIH,' p. 175,

n° 11. M. Homolle {ibid. p. 149) veut que ce Zénon soit le même que l'archonte

de 58-57 et place sou épimélétat quelques années après cet archontat. Mais le nom de Zenon est si fréquent à cette époque, que l’identité du nom ne suflit point pour identifier les deux personnages. Il faut considérer le proquesteur M' Aemilius M'f. Lepidus comme le consul de 66, et non comme le fils de ce consul, et reporter l'inscription à la période précédente. On est, d'ailleurs, amené au même résultat, si Ion se fie a la règle énoncée par Valer. von Schoeffer, Op. cit. p, 220-221 • ou assigne à Zénon une des années antérieures à l’année critique 69. — 531 Ibid. t. III. p. 151, n° 1 ; p. 156, n° 3 ; p. 376, n° 16. Ou sait seulement qu’il est épimélète sous l’archoutat d' Apollodoros. Mais la place de cet archontat est bien incertaine. M. Homolle {Bull, de corr. hell. t. III, p. 152; cf. t. VIII, p. 149) choisit l’intervalle compris entre 52 (peut-être 48) et 42 (d'après Koehler, Corp. inscr. ait. t. Il, i, n° 481 > P- 295)- Mais )es raisons qui font placer Zénon avant 69 entraînent avec Zénon Nicauor (cf. A. Dumont, Fastes éponymes , p. 22 ; Noueeau mémoire , etc. n» 34). — 532 Ibid. t. III, p. 158, n» 5; t. VIII, p. 150. — 633 Corp. inscr. gr. n" 2287. - 534 Alb. Lebègue, Op. cit. n° 1, p. 139. On peut supposer que ce yuiutus est L'archonte cité dans une inscription {Corp. inscr. att. t. III, i, u» 1015) pour l'an 57-50. — 535 Bull, de corr. hell. t. VIII, p. 153. — 636 Ibid. t. III, p. 153, 2.

— 537 Ibid. t. VIII, p. 1Ô6. — 538 Ibid. t. III, p. 375, n» 15.-539 Ibid. p. 305, n* 3.

— 640 Ibid. t. VI, p. 493,11» 10. Il n’est pas sûr que Léon... soit le nom de l'épimélète. C'est peut-être le nom de son père. Au lieu de tel] i„|»£x,,Toî [TÎ(; Vvj„]»u As»,..., ou peut imaginerune restitution lai] iaipslxjioï [tgï 5sï,o]»u As'ov... — 541 Corp. inscr. gr. n»2288. — MBull.de corr. hell. t. III, p. 160, n» 9; Corp. inscr. att. t. III, t, u» 1083.

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La charge îles épimélètes de Délos était annuelle. Sur une loule d inscriptions, le nom des épimélètes change en même temps que le nom des archontes athéniens. Sur la célèbre table des dnrapyjxt'643 où sont énumérés les magistrats qui souscrivent aux frais de l’ennéétéride pythienne, on peut suivre une série de six années (de 101-100 à 96-95), dont chacune est pourvue de sonépimélète (de Théodotos à Aristion).

Comment était nommé l’épimélète? Nul document n'en dit rien explicitement. Mais d’aborcl tout prouve qu'il était envoyé d'Athènes 5U. Ensuite certains faits suggèrent

I idée qu il ne peut être question ici de tirage au sort646.

II serait assez étrange que le sort eût désigné deux fois le même personnage. Toutefois la chose est possible : admettons qu’Ammonios ait dû au hasard ses deux épimélétats. Mais comment le sort aveugle serait-il tombé avec une constante régularité sur les candidats les plus recommandables par leur noble origine, leurs longs services, leur expérience?

Qu on jette un coup d’œil sur la liste des épimélètes.

Il y a là une trentaine de noms, et bien peu dans le nombre, malgré les immenses lacunes de nos connaissances actuelles, sont sans évoquer ou la gloire d’une grande famille ou la valeur personnelle d’un homme illustre.

Voici Dracon640 et Xénon 647, dont on peut reconstituer la généalogie et les antécédents ; Ëpigénès, dont le père était, jeune encore, l’honneur de sa tribu 848 ; Dionysios d'Anaphlystos, frère d'un personnage qu’on jugea digne de plusieurs sacerdoces 649 ; Protimos, fils d'un thesmothète 680 ; Alexandros de Phlya, fils d’un ancien archonte qui fut encore épimélète de Délos. Zénon appartenait à une famille dont les membres proclamaient leur nom avec orgueil et considéraient leur origine comme un titre de gloire à étaler aux regards du public sur une inscription 661.

En voici d’autres, qui, avant d’être investis de l’épimélétat, avaient été vus à l’œuvre dans la vie publique et pouvaient rappeler de brillants états de services. Théophrastos avait, comme Dracon, appelé l’attention sur lui dès sa jeunesse662. Socratès663 et Théodotos654 avaient déjà déployé leur activité politique, et le second s’était acquitté d’un sacerdoce délien. Peut-être Callistratos avait-il été prêtre de Sarapis quelque douze ans auparavant 656. Sarapion, probablement lîls d’archonte 5S6, avait obtenu la charge de stratège des hoplites; il devait l’obtenir encore avec l’agonothésie de quatre grandes fêtes 687 ; et sa fille même est connue comme canéphore et prêtresse 568. Andréas avait été héraut de l’Aréopage 689 ;

643 Corp. inscr. att. t. II, ii, n° 985. — 644 Boeckh disait déjà ( Corp . inscr. qraec. n° 2286, argum.) : « Curatorem insulae et urbis Deli ab Atheniensium republica Delum, ut in civitatem suam, missum. » L'opinion contraire (Gilbert, Deliaca , p. 58-59) a été réfutée par P. Nenz, Quaestiones Deliacae, p. 15. — 645 Il n’y avait pas de roulement régulier entre les tribus : voir, de 99-98 à 97-90, les i démotiques de Sarapion, de Polycleitos et de Médéios. — 646 Sur sa famille il faut consulter Koehler, dans le Corp. inscr. att. t. Il, i, p. 223. Cf. ibid. n° 445, col. II, 1. 40. — 647 Son grand’père et son père sont nommés dans une inscription {Corp. inscr. att. t. II, i, n° 334, fr. D, col. II, 1. 13 16; cf. n° 420, 1. 8, 34); sou frère, sur une liste d’éphèbes {ibid. n° 465, col. III, 1. 74). — 548 Ibid. n° 445, col. Il, 1. 61-65. On connaît aussi le petit fils d’Épigénès {ibid. n° 481, col. II,

1. 89). — 649 Corp. inscr. qraec. n° 2298; Bull, de coi'r. hell. t. VI, p. 326, 350.

— 550 Corp. inscr. att. t. II, h, n° 985, fr. A, 1. 2. — 651 Bull, de corr. hell. t. III, p. 155, n° 2. — 652 Corp. inscr. att. t. II, i, n° 466, col. ji, I. 78.

— 553 Ibid. n° 469, I. 4, 52. — 654 Ibid, n° 470, 1. 5, 33; Joseph. Antiq. Jud. XIV, 8, 5; Bull, de corr. hell. t. VI, p. 49 8. — 665 L’épimélète de 100-99 n’est peut-être autre que le Callistratos d’Eroiadai mentionné dans le Bull, de corr. hell. t. VI, p. 350. — 656 Corp. inscr. att. t. II, i, n° 465, 595; Bull, de corr. hell. t. III, p. 293. — 657 Ibid. t. II, n, n° 985, fr. D. — 658 Bull, de corr. hell. *

Aristion, le fils de l’épimélète Socratès, avait été épimélète de l’emporion 500 ; Callimachos, archonte-roi 661 ; Hipparchos662, Polycleitos 663 et Quintus684, archontes. Il n’est pas jusqu’au mérite littéraire qu’on ne puisse revendiquer dans les rangs des épimélètes : Dionysios, fils de Démétrios, était auteur dramatique, et, dans ses vieux jours, il remporte des prix aux concours tragiques et satiriques 566. Mais de tous les épimélètes déliens le plus célèbre, c’est ce Médeios,fils de Médeios, du Pirée, qui fut dans la même année 97-96 épimélète, délégué à la banque publique de Délos, agonothète des Panathénées et des fêtes déliennes, enfin héraut de l’Aréopage 506. Ce descendant authentique de l’orateur Lvcurgue, que l’aristocratie des Eumolpides désigna comme exégète 667 et qui fit nommer dans une même solennité son fils déliasle et ses deux filles canéphores et prêtresses 808, avait exercé en 100-99 l’archontat 669 et devait plus tard le conserver trois ans de'suite 67°.

L’âge même des épimélètes indique qu’ils occupent un poste élevé. Dracon et Théophrastos avaient certainement atteint la soixantaine : ils avaient l’un et l’autre été proclamés vainqueurs aux Théséia plus de quarante ans auparavant671. Théodotos jouait, vingt ans auparavant, le rôle de chef de parti. Il y avait un long intervalle entre l’archontat d’Hipparchos et son épimélétat.

Tout conspire donc à montrer qu’à l’époque où la riche Délos était la perle de l’empire athénien, il fallait, pour la gouverner, des titres sérieux, et non pas une simple faveur du sort.

Si l’on a pu tirer de leur longue obscurité un assez bon nombre d’épimélètes, c’est que leur nom servait, joint à celui des archontes athéniens, à dater les inscriptions déliennes. On a cependant voulu nier que l’épimélétat de l’île fût une magistrature éponyme 672. Il est vrai que, dans les décrets rendus par les clérouques, le seul éponyme c’est l’archonte613. Mais si, dans les actes officiels, qui parfois étaient soumis à la ratification de l’assemblée athénienne, « le peuple des Athéniens habitant Délos » ne se permettait aucune dérogation au formulaire athénien, il n’en allait plus de même dans les actes privés et dans la vie quotidienne. Athènes était loin : le nom de son archonte pouvait être encore familier aux clérouques qui s’établirent dans l’île en 166 ; il ne pouvait plus dire grand chose à l’esprit de la génération suivante. De là vient que les inscriptions remontant aux premières années de l’occupation athénienne (ce sont, d’ailleurs, des copies de décrets) ne mentionnent pas l’épimélète de l’année 674. De là vient aussi que, dans les inscriptions

t. XI, p. 262. Cf. Valer. von Schoeffer. Op. cit. p. 213, n. 159. — 569 Corp. inscr. att. t. II, ii, n° 985, fr. E, col. ii, 1. 33-34. — 660 Ibid. col. I, 1. 34, 35.

— 661 Ibid. fr. A, I. 8. — 662 Ibid. t. II, i, n® 469, l. 53. — 663 Ibid. t. III, i, n° 88. — 664 Léon... a peut-être aussi été archonte {Bull, de corr. hell. t. X, p. 37; t. XI II , p. 422) ou prêtre {ibid. t. VI, p. 324). M. Homolle {ibid. t. VIII, p. 149) n’hésite pas, mais à tort, à reconnaître dans l’épimélète Zénon l’archonte de 58-57. — 665 Bull, de corr. hell. t. X, p. 372, n° 4. — 666 Corp. inscr. att. t. II, ii, n° 985, fr. U, col. II, 1. 9-16. — 667 [Plut.] Vit. X Orat. Vil, 28-30.

— 568 Bull, de corr. hell. t. III, p 379, n° 17. — 669 Corp. inscr. att. t. II, ii, n° 985. — 570 Ibid. t. III, i, n° 1014. — 571 L’un sous Anthestérios, l’autre sous Phaidrias. Valer. von Schoeffer, Op. cit. p. 220, croit reconnaître le futur épimélète Nicanor sur le catalogue des éphèbes dressé sous Ménoitès {Corp. inscr. att. t. II, i, n° 465, 1. 66) : de 86 à 69, Nicanor aurait doue aussi atteint, sinon dépassé, la soixantaine. — 672 Valer. von Schoeffer, Op. cit. p. 201-202, s’élève à tort sur ce point contre P. Nenz, Op. cit. p. 15. — 673 Corp. inscr. qraec. n° 2270; Bull, de corr. hell. t. X, p. 35, n° 19; p. 37, n° 25. — 674 ][ n’y a donc aucun fondement à la conjecture d’AIb. Lebègue {Recherches à Délos, p. 310-311) qui croit probable que l’épimélétat est une institution postérieure de plusieurs années à l’annexion de Délos.

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plus récentes, celte population hybride de marchands cosmopolites ait senti le besoin de fixer les dates, non seulement par le nom d’un dignitaire presque inconnu, mais encore par le nom du magistrat que tous avaient continuellement sous les yeux. A Athènes, la république était personnifiée par l’archonte ; à Délos, par l’épimélète.

Comme la plupart des documents où il s’agit des épimélètes sont de simples dédicaces ou des bases de statues où leur nom ne figure qu’à titre de date, on a peu de détails précis sur leurs attributions. Ce sont des dignitaires très occupés : ils ont un secrétaire515. Mais peut-on déterminer leur rôle? M. Koehler les croit chargés surtout de maintenir l’ordre et de veiller à la rentrée des impôts576. Les qualités que les décrets honorifiques vantent particulièrement en eux sont « la vertu et la justice » (àpsTrjç svexoc xod Sixatoouv/iç) 517. On a voulu conclure de là « que ces magistrats jugeaient certaines contestations commerciales5™ ». On leur a même octroyé une compétence universelle et la même fjyspovia Sixa<iTr)p(ou qui appartenait dans Athènes aux archontes579. Tout peut se soutenir quand rien ne peut être affirmé, et ici rien n’est certain, pas même l’existence pure et simple de cette juridiction qu’on cherche à définir. En réalité, « la vertu et la justice » sont de style dans les inscriptions du même genre et de la même époque 580 : ce sont compliments qui ne prouvent rien, à moins qu’ils fassent ériger aussi en président de tribunal le yu^vain'ap^o:;681.

Les seules fonctions que l’insignifiance, plus encore que le petit nombre, des documents actuels permette d’assigner avec certitude aux épimélètes de Délos sont relatives au commerce et aux travaux publics. Un épimélète dédie à Apollon la mesure de froment qui doit servir de type légal (tr/jxMjji « aiT^poC fip.eSip.vou 582). Comme d’ordinaire ce sont les agoranomes qui sont chargés de ces offrandes, on peut croire qu’à Délos 1 epimélète et les agoranomes ont des attributions connexes. Une statue fut élevée par souscription à Théophrastos, non pas seulement pour rendre hommage à sa vertu, à son mérite et à sa bienveillance, mais surtout pour célébrer le magistrat qui avait fait construire ou achever l’entrepôt et les quais bordant le port 583. Faut-il donc aller, comme on l’a fait, jusqu’à déclarer que l’épimélète de Délos était préposé particulièrement, uniquement, aux affaires commerciales581? Faut-il affirmer585 que l’épimélète de Délos absorbait toutes les affaires de cette catégorie, au point de rendre superflu et sans raison d’être l’épimélétat de l’emporion ? Exagérations évidentes. Si l’on ne veut pas laisser subsister à côté de l’épimélète délien un autre épimélète aux fonctions plus restreintes et plus spéciales, sous prétexte que Théophrastos s’est occupé des travaux du port, on devra, d’après le même raisonnement, nier l’existence des agoranomes déliens, puisque le fils de Diodotos a consacré le demi-médimne normal de blé en

875 Bull, de corr. hell. t. XIII, p. 414, B. — 576 Mittheil. d. deutsch. archaeol. Instit. t. I, p. 267-2 6 8. — 577 Bull, de corr. hell- t. III, p. 370, n» 12 (Xénon) ; t. X, p. 36 (Polycleitos) ; t. IV, p. 220, n° i2; t. XI, p. 263, nu 23 (Épigénès) ; t. VIII, P- 1 /o, n° 11 (Zenon) ; Corp. inscr. graec. n° 2287 (Xlexandros) ; n° 2288 ( . doros).

578 Alb. Lebègne, Op. cit. p. 148. — 579 Val. von Schoelfer, Op. cil. p. 202.

550 La même formule est employée rien que dans les inscriptions de Délos, pour un proquesteur (Bull, de corr. hell. t. Ii I, p. 151, 11° 1) et pour un « convive » (fTvvvçoeo-) du roi Séleucus (ibid. p. 360, n° 4). — 681 Ibid. p. 376, n° 16. 11 est infiniment probable que l’épimélète de Délos n’était pas dépourvu de tout droit judiciaire; mais il ne faut pas s'imaginer que jusqu’à présent l'existence de ce droit ait été démontrée. — 682 Ibid. p. 374, n° 15. Voir le commentaire et la liste des TŸixiuuavK dans Le Bas-Foucart, Pélop. n° 241 6. — 583 Corp. inscr. graec.

leur lieu et place. Or, l’institution des agoranomes ne peut être contestée 580. Et il en est bien ainsi de l’épimélétat de l’emporion. Ce rapprochement même qu’on constate continuellement, entre les attributions de l’épimélète et celles des autres fonctionnaires déliens, est une indication qui ne manque pas de valeur. Elle fait soupçonner que l’épimélète de Délos avait la haute main sur toutes les branches de l’administration. En fait, il avait à prendre le plus souvent des mesures destinées à favoriser le commerce; mais il s’occupait de tout. C’est à lui, par exemple, que les ambassadeurs de trois cités crétoises viennent porter leur lettre de créance et demander un emplacement pour l’érection d’une stèle. C’est lui qui a le droit de haute surveillance sur les fonds sacrés, qui autorise les administrateurs du temple d’Apollon à transformer les objets mis au rebut en une offrande dédiée au nom du peuple 587. On peut voir en lui le représentant ordinaire de la métropole, un fondé de pouvoirs universel envoyé par Athènes dans sa colonie.

Après les terribles massacres de 88, après le sac de Délos par les pirates d’Athénodoros, quand commença pour l’île une décadence rapide, l’importance de l’épimélétat diminua, mais non pas son prestige. Il n’y eut plus de magistrats dans cette vaste solitude de Délos; mais, si l’épimélétat ne fut plus qu’une sinécure vide de puissance, il servit à donner un titre recherché. Les plus grands noms semblent n’avoir point dédaigné ce surcroît d’honneur. Sous le règne de Néron, les inscriptions intitulent épimélète à vie de File sacrée de Délos (ÈTrtpeXviTVjv xvjç ÎEpôcç Avftou oià [Mou) un personnage nommé Tiberius Claudius Novius, qui fut en même temps stratège des hoplites au moins huit fois, prêtre à vie d’Apollon Délien, grand prêtre de Zeus Éleuthérios, de la maison des Augustes, etc., nomothète, agonothète des Grandes Panathénées, etc., enfin épimélète à vie d’Athènes 588. Cependant cette inutile magistrature disparut bientôt 589. Hadrien et Hérode Atticus, accablés de dignités par la reconnaissance athénienne, n’ont, pas reçu la charge d’épimélète.

2° Epimélètes éloliens. — Au me siècle, quand la ligue étolienne atteignit l’apogée de sa puissance, elle étendit sa domination sur Delphes. Pour maintenir sous son autorité l’assemblée des Amphictyons, elle ne se contenta pas d’en modifier la composition à son gré et de prendre la présidence des jeux pythiens et des -wT-qpca 590 ; elle délégua dans la cité sainte un épimélète, fonctionnaire religieux et politique, curateur du temple et de la ville (atpsôe'iç uni) twv AîtwXwv £7it|jt.sXï)Tàç xoïï te tspoù xod raç 7tô).ioç). Il n’est connu que par une inscription 591 ; mais le texte du décret conservé sur cette inscription, les habitudes de la politique étolienne, souvent hostile à l’indépendance locale, suffisent à montrer l’importance de sa mission. On choisit, semble-t-il, un homme préparé à ce rôle par

n° 2286. Voir les explications de M. Homolle dans le Bull, de corr. hell. t. VIII, p. 123-125. — 68V Comme Gilbert, Deliaca , p. 58-59, et Dittenberger, Syll. inscr. graec. n° 342, n. 2. — 586 Comme Valer. von Schoefler, Op. cit. p. 202-203.

— 586 Voir leur liste dans Valer. von Schoefler (Op. cit. p. 130, 207; cf. p. 231), et Th. Homolle {Bull, de corr. hell- t. XIII, p. 411-412). — 587 Bull, de corr. hell. t. III, p. 292-294, 1. 49-50; t. XIII, p. 428. — 588 Ibid., t. II, p. 400, n° 9; t. III, p. 160, n° 9; p. 161, n° 10; Corp , inscr. att. t. III, i, n06 457, 652, 1085.

— 589 Valer. von Schœffer, Op. cit. p. 223. — 590 Polyb. IV, 25 et 26. Cf. P. Foucart, Mémoire sur les 7'uines et l’hist. de Delphes (dans les Archives des missions scient, et littèr. 2« série, t. II, 1865)*p. 37-45, 212-215; Marcel Dubois, Les ligues étolienne et achéenne , p. 27-28. — 591 ’Ecth*. à^ouoX. 1883, p. 165-166, 1. 5-6.

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son passé : l’épimélète Aristarchos connaissait la ville qu’on l’envoyait gouverner, puisqu’il avait déjà témoigné aux Delphiens « sa continuelle bienveillance » 592. L’épimélète a occasion d’intervenir dans la vie quotidienne des citoyens593, et sa conduite peut avoir pour effet de resserrer les liens qui les unissent au pouvoir central 594. 11 fallait « piété et activité bienfaisante 805 » pour administrer le sanctuaire où la Pythie rendait des oracles toujours dictés par un maître, et pour attacher aux Étoliens une ville qui leur permettait de « transformer leurs affaires politiques en affaires religieuses596 ».

3° Epimélètes Spartiates (6 ’AguxXCiv, Kopoiveta;).

— Dans des inscriptions, qui toutes sont de la période romaine, il est question d’un épimélète d’Amyclées 891 et d’un épimélète de Coronée 598. Il faut sans doute les considérer comme des représentants de Sparte délégués dans les villes de son territoire 599. On ne sait rien sur leurs attributions. Il semble cependant que l’épimélète d’Amyclées ait eu à s’occuper spécialement des étrangers établis dans cette ville. Toujours est-il qu’un épimélète fut honoré d’une dédicace par la colonie étrangère d’Amyclées.

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