‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 129 sur 155 · BAI · texte numérisé non relu

BAI

Fig. 772.

main droite la dégager assez promptement du fourreau et qu’il allait succomber sous les coups des ennemis qui l’enveloppaient, si son compagnon ne l’avait secouru. Il est clair, d’après ce récit, que l’épée était, comme dans les basreliefs deSaint-Remy, attachée, non à la ceinture, mais à un baudrier que le bouclier couvrait et qui pendait sur le flanc gauche 17.

Les bas-reliefs des colonnes de Trajan et de Marc-Aurèle, ceux des arcs de triomphe et d’autres monuments encore olfrent en abondance des exemples de soldats et officiers de toutes armes portant l’épée suspendue à un baudrier, qui est passé le plusordinairementde gauche à droite, pardessus la cuirasse ou la cotte. C’est ce qu’on ne voit à peu près jamais, au contraire, dans les effigies sculptées sur les tombeaux; et peut-être en faut-il conclure 18 que les

personnages qui y sont représentés n’y paraissent pas en tenue de campagne, mais en tenue d’apparat, et qu’ils se dispensaien t dans cette tenue d’ajouter le baudrier au ceinturon souvent double et très-orné que l'on trouve constamment figuré, et qui était en effet une partie essentielle du costume militaire [cingulum]. La figure 774 est tirée de l’un des trophées connus vulgairement sous le nom de trophées de Marius, dont l’époque n’est pas déterminée d’une manière certaine, mais qui appartiennent vraisemblablement au règne d’Alexandre Sévère19. On y voit, avec d’autres armes romaines, la cuirasse à imbrications imitant des plumes [lorica plumata], qui est ici représentée, et, bouclé par-dessus et soutenant l’épée, un riche baudrier, formé, autant qu’on en peut juger, de plaques de métal repoussé et ciselé20, attaché à la bande de cuir qui en était le support ordinaire21. Nous savons que, sous l’empire tout au moins, le luxe de ces ornements fut poussé très-loin, même chez les simples soldats 22. L’or et

l’argent étaient employés à faire les plaques et les boutons [bulla] de la garniture. Hadrien, parce qu’il n’en portait point en or, fut loué de sa modération 23 ; au contraire,

plusieurs empereurs après lui y ajoutèrent des pierres précieuses2*: tel fut Gallien qui en couvrait tous les objets à son usage.

Son exemple paraît du reste avoir été en général imité par les princes du bas-empire. On les voit dans

leurs

ordi-

Soldats romains.

Fig. 774. Baudrier.

nairement chargés de bijoux ; à la ceinture enrichie de pierreries ou au ceinturon militaire est souvent joint un baudrier également magnifique :

nous citerons seulement la statue de Constantin qui est au Capitole 25 , et le portrait d’Honorius deux fois répété sur les feuilles d’un diptyque d'ivoire découvert à Aoste en 183326, et qui est ici reproduit (fig. 775).

Fig. 773.

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Fig. 775. Diptyque d’Honorius.

IL Ce ne sont pas seulement des armes qui pouvaient être suspendues à un baudrier : les monuments, d’accord avec les textes27, nous montrent aussi quelquefois la lyre ayant un support semblable plus ou moins orné, qui passe de l’épaule droite au côté gauche de celui qui tient 1 instrument. Les figures d’Apollon en offrent notamment des exemples, comme la statue célèbre du Vatican, dans

17 L’épée est à gauche dans divers monuments de la même époque : Visconti, Iconngr. rom. pl. 8, 19 bis, 23, 26, 33. — 18 Voy. à l’appui de cette opinion A. Müllcr, Cingulum militiae, Ploen, 1873, et l’article cingulum. — 19 Ch. Lenormant, Rev. de mtmism. 1842, p. 332 ; Jordan, Topogr. der Stadt Rom, p. 517 et s. — 20 Vov. les restes d'une garniture semblable, d’un élégant travail, Antich. d'Ercolano, t. VI, vignettes des pl. v et vi, et Mus. Barbon. ï. V, pl.xxix.— 21 Varr. Ling. lat. V, 116 ; cf. Propert. IV, 10, 22. — 22 rlih. ffist. nat. XXXIII, 12, 152 ; Tac, Hist. I, 57; Treb. Poil.

Salon.; Gallien. duo; Claud. 14; Capitolin, Maxim, duo, 2. — 23 Spart. Hadr. 10. — 24 Treb. Poil. Gallien. 16 ; Saumaise et Casaubon, Ad h. I.; Vopisc. Carin. 17 ; Coripp. Justin. II, 114 et s. — 23 c.larac, Mus.de sculpt.y, pl. 980, n. 2527 ; Mougez, Icon.rom. pl. lxii, t ; Séroux d’Agincourt, Hist. de l’art, t. IV, 2» part.pl. m, n. 2; Re et Mori, Scult. d. Mus. Capit. I, pl. vin. — 26 jîd. Aubert, Rev. arehéoh N. S. t. V, 1862, pl. III, p. 161. — 27 Apul. Flor. II, 15, p. 971 : « Cithara baltheo caelato apta; » cf. Tibul.IlI, 4, 39, et, pour un tympanon, Nonn- Dionysiac. XV, 53.

BAL

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