Attelage grec
Fig. 778. Balteus de cheval, romain.
vaux d’un quadrige 30 ; et (fig. 778) le dessin d’une pièce semblable, en bronze repoussé, conservée au musée de Brescia 3i, qui appartient au ii® siècle de l’empire romain ; d’autres d’un travail moins riche sont conservées au musée de Naples 32.
IV. La large bande ciiculaire obliquement tracée sur les sphères célestes et sur laquelle sont figurés les signes du zodiaque a été appelée balteus33, par analogie avec un baudrier qui serait pareillement orné :
on peut rapprocher, en effet, de celui dont est ceint le torse d'Apollon dans la figure 776, la zone qui porte les mômes signes dans une peinture de Pompéi 34. E. Saglio.
Y. Balteus, en architecture, désigne une sorte d’embrasse qui semble soutenir et même relever le milieu de la face latérale ou des volutes du chapiteau ionique [capitulum]. On sait que, dans ce chapiteau, les volutes sont, sur les faces principales, de véritables directrices d’une surface à double courbure, appelée par les Latins pulvinus (coussin), dont la section présente une sorte d’affaissement. Le balteus a pour effet de donner de la fermeté à l’aspect latéral du pulvinus33. Il ne se trouve que dans quelques-uns des chapiteaux, grecs que nous connaissons : par exemple, dans le chapiteau de l’ordre ionique des Propylées d’Athènes, dans celui du tombeau de Mausole (fig. 780), actuellement au Musée britannique; au contraire, l’architecture romaine en chapiteaux ioniques. J. Guadet.
YI. Une embrasse divise quelquefois de même un pulvinus placé audessus de chacune des faces latérales d’un autel ou d’un sarcophage. Celui qui est ici dessiné (fig. 781), provient d’un autel, a ensuite servi à décorer la pierre cubique sur laquelle est gravé un calendrier rustique [calendarium] conservé au musée de Naples36.
VII. Le mur ou parapet (SiaÇojjAa, praecihctio), qui séparait les sièges des différentes classes, dans les théâtres ou amphithéâtres s’appelait aussi balteus 37 [theatrum, ampuitheatrum]. E. Saglio.
BAPTAI (Ba7iraf) — Société religieuse formée à Athènes, sons le patronage d’Alcibiade et de ses compagnons de débauche. Elle honorait spécialement la déesse thrace Cotytto, dont le culte offrait une grande analogie avec celui de la Mère des dieux et d’Attis ou de Sabazios. L’im mer. sion dans l’eau, employée comme moyen de purification, avait donné le nom aux membres de la société. Les autres rites paraissent avoir été d’une licence extrême; des orgies nocturnes, des danses efféminées, au son des tambours et du rhymbos, une initiation à Dionysos et à Cotytto, tels sont les principaux traits marqués dans les
Fig. 780. Balteus du cliupitcau ionique.
a fait constamment usage
pour ses
Fis;. 781. Balteus d’un autel.
88 Mus. Pio-Clem.y II, I. La lyre est moderne; mais le torse avec le baudrier est antique. Voy. encore la peinture des Noces Aldobrandines, Bartoli, Admir. rom. pi. 61 ; Guattani, Quadri nell. apport. Borgia, I, et une peinture de Pompéi, Mus.Borbon. t. V, pl.xix. — 89 Hesveh. [tunyaha-.-ilç. ; Poil. V, 16, 100 ; Schol. Hom. Riad. XIX, 393 : Apul. Met. XI, 18, p. 248 ; Ach.Tat. I, 14 ; cf. Xenoph. De re eg. 12. — 30 Cette pièce est fréquemment représentée dans les monuments étrusques, voy. par exemple, Micali,
Monum. pour l’hist. de l’Italie av. les Rom. pl. xxxiv de l’édit, franc;., Paris, 1824.
— 31 Mus. Bresciano, I, pl. lui. — 32 Ceci, Piccoli bronzid.mus. di Napoli, pl. vu, 54 c 58. — 33 Manil. I, 684 ; 111, 361. — 34 Roux et Barré, Peint, de Pompéi, t. III, 1" sé rie, pl. 131 ; voy. aussi Clarac, Mus. de sculpt., pl. 218, n. 1 56 ; et la sphère que porte Atlas, p. 527 et 528, fig. 617, et celle que tient un génie, p. 325, fig. 389. — 33 vitr. III, 3.
— 36 Mus. Bu bon, t. XV, pl. xml. — 37 Calpurn. Eccl. VU, 47 ; Terlull. De spect. 3.
BAR
BAR
fragments d’une comédie d’Eupolis1 et rappelés dans les vers de Juvénal : Talia sécréta coluerunt orgia taeda Cecropiam soliti Baptae lassare Cotytto 2. La société des Bairnxt athéniens, vivement attaquée sur le théâtre par Eupolis, ne semble pas avoir survécu à la condamnation d’Alcibiade3. P. Foucakt.
BAPTISTERIUM [BALNEUM].
BARATIIRON (BâpaOpov). — Nom sous lequel on désignait à Athènes le gouffre (opuyg.a) dans lequel on précipitait certains condamnés à mort, ainsi que les cadavres des suppliciés qui avaient péri par un autre genre de mort, par exemple par le poison ’.
On n’est point d’accord sur le lieu où se trouvait le (3apaOpov. On sait seulement qu’il était dans le dème de Kériades (KetptaSat). Mais les uns, comme M. Sauppe, rangent ce dème parmi les urbains, tandis que d’autres, comme M. Hanriot2, le classent parmi les suburbains. M. Hanriot se fonde principalement sur ce qu’il n’est pas vraisemblable que la police ait choisi dans l’enceinte même de la ville un lieu pour y abandonner sans sépulture les corps des suppliciés. Cet auteur, qui a soigneusement étudié la topographie de l’Attique, est d’avis qu’il faut placer le (3âpaôpov au nord-ouest d’Athènes, et il le retrouve à peu de distance de la colline des Nymphes, dans un gouffre qui est actuellement utilisé parles équarrisseurs. Deux arguments favorisent principalement cette opinion :
1° Platon parle8 d'un individu qui, revenant du Pirée et suivant le mur extérieur, s’arrêta dans la portion septentrionale pour regarder les cadavres étendus dans le lieu de supplice.
2° Plutarque dit4 que les suppliciés sont jetés dans un gouffre situé non loin du temple de Diane Aristobule. Or, cet hiéron était dans le dème de Mélite, et Mélite se trouvait à proximité de la colline des Nymphes.
Le gouffre des équarrisseurs répond donc aux indications de Plutarque, comme à celles de Platon.
Le bourreau s’appelait quelquefois ô lui tw ôpuytxaTt5, ô lui tou opuyptaxoç6, ô 7tpoç tw opoypiatt 7. E. Caillemer.
RARBA (réveiov, uojywv, &Tnjvï]). — I. Les Grecs portaient delà barbe; il en fut ainsi au moins pendant la meilleure partie de leur histoire ; car ce n’est pas avant la période macédonienne qu’ils commencèrent à la supprimer habituellement. Pour eux, la barbe était une parure naturelle, l'attribut et la marque de la virilité.
Le mot ysvEtov est le premier que l’on trouve employé, avant itoiywv etuuvjvv), dans le sens de barbe en général; y éveiov et îiTfovv) ont aussi une acception restreinte : le premier désignant plus particulièrement le poil qui enveloppe le menton et la mâchoire inférieure, le second celui qui entoure la bouche. On appelait encore TrpoTrcoyo'jvtov, la barbe qui couvre les lèvres et le devant du menton, pa-caÇ et
BAPTAI. l Fragm. comic. grâce, p. 157. — 2 Juven. Sot. II, 92 et la note du seholiaste. — 3 Foucart, Des associations religieuses chez les Grecs, p. 57-60.
BARATIIROIV. 1 Xenoph. Hist. graeca, I, 7, §20; Harpocrat. s. v. fàpaOpov ; Bekker, Anecd. p. 219. — 2 Recherches sur la topographie des dèmes de l’Attique, Napoléon-Vendée, 1853, p. 15, 17. — 3 De Rep. IV, 14, édit. Steph. p. 439 e. — 4 Themist. 22. — 3 Dinarch. C. Demosth. § 62, D. 165. — 6 Lvc. C. Leocratem , § 121, U. 23. — 1 poilus, Onomasticon, VIII, 71. — Bibliogiupuie. On peut consulter sur le pàfaOç'.v les divers auteurs qui ont écrit sur les dèmes, Forchhammer, Ross, Grotefend, Lcake, l’atlas de Kiepert, et surtout l’ouvrage cité de M. Hanriot. Voy. aussi Hermann, Priuatalterthümer , F. ’idelberg , 1852, § 72, 24; Staatsalterthiimer, Heidelberg, 1S55, § 144, 8; Gru, isdtze und Anwendung des Strafrechts, Gottingue, 1835, p. 37-38.
BARBA, l Pour tous ces termes voy. les lexicograph ’s et Henri Estienne, Thés, linguae graecae. — 2 Ou yev&'.âSe; : Od. XVI, 176 : kaav.a y&vt iis; ùpepi yévsiov ; cf. Lehrs,
ÛTropjStvtov, la moustache, ttimtoç le bouquet qui croît sous la lèvre inférieure, yevsta ;, yvooç, ïouXo;, le duvet ou la première barbe, qui n’a pas encore été tranchée *.
Dans les poëmes d’Homère, on ne rencontre que le mot yevetov 2, qui tantôt signifie le menton et tantôt le poil dont il est garni. Il ne faudrait pas sans doute en conclure trop vite que les hommes de ce temps ne portaient de barbe qu’au menton ou aux joues; toutefois, il est à remarquer que dans les monuments les plus anciens on ne voit pas de barbe entière, mais seulement un épais collier enveloppant les joues et s’avançant fort au delà du menton, mais toujours laissant le tour des lèvres entièrement dégagé. On peut s’en assurer en examinant les peintures des vases archaïques, non-seulement de ceux qu’on appelle asiatiques ou corinthiens, que l’on fait remonter jusqu’au milieu du septième siècle avant Jésus-Christ, on
Fig. 782. Prométhée.
en voit ici un exemple (fig. 782), mais encore de la plupart des vases à figures noires les plus anciens 3.
Les monuments de la sculpture permettraient de remonter plus haut encore. Il est possible aujourd’hui sans témérité de citer, en parlant des Grecs, les figures, d’un caractère tout oriental, de divers personnages réels ou mythologiques, trouvées dans l’îlede Cypre : la barbe est toujours découpée par un trait net qui suit le contour des joues et du menton, mais la lèvre supérieure est nue4. On peut faire la même observation au sujet des plus anciens modèles de la plastique et de la peinture en Italie, le personnage couché sur le sarcophage étrusque en terre cuite du musée du Louvre, vulgairement connu sous le nom de « tombeau lydien5», a la barbe moins longue mais coupée de la même façon que les figures cypriotes [sarcopiiagus]. Les peintures trouvées en même temps dans un tombeau de Caere 6 représentent des hommes de différents
De Aristarchi stud. p. 115, Leipz. 1S65. On trouve aussi chez Homère l’épithète itpG-rov i)Kï)vniv7i; appliquée à Hermès, lorsqu’il prend la ligure d’un adolescent : II. XXIV, 348 ; Od. X, 279. — 3 Musée du Louvre, collection Campana. Sur beaucoup de vases, comme sur celui-ci, la barbe est peinte en rouge, quelquefois en blanc sur une figure noire, plus rarement en noir sur une figure blanche. Nulle part on no voit aucune trace do couleur autour des lèvres. — 4 Les bas-reliefs d’Assos, au Louvre, où l’on voit des barbes semblables {Mon. dell’ Inst. arch. III, pl. xxxiv; Clarac, Musée de sc. pl. cxvi ; Texier, Asie Mineure, II, pl. 112 et s.), sont contemporains des vases archaïques ; celui de Thasos, où est figuré Hermès avec la barbe pointue sans moustaches, à côté d'Apollon, des Grâces et des Nymphes [Rev. arch. 1865, pl. xxv) est un peu plus récent. Voy. encore ( Arch.Zeitung . 1864, pl. clxxxvji) un fragment de statue d'Hermès retrouvé à l’acropole d’Athènes. — 3 Mon. d. Inst, arch. t. VI, pl. lix; de Longpérier, Mus. Napoléon III, pl. i.xxx. — 6 Mon. d. Inst. 1859, pl. xxx ; de Longpérier, l. I. pl. lxxxiu
BAR
BAR
Fig. 783. Guerrier étrusque.
âges, les uns imberbes, les autres pourvus d’une barbe noire ou blanche, tantôt ronde comme celle du guerrier que l’on voit (fig. 783); tantôt longue et pointue, ou
même formant une double pointe, mais aucun n’a de moustache; un point noir, à peine marqué, indique peut-être, pour quelques-uns, une mouche sous la lèvre inférieure.
Nous pourrions citer d’autres exemples parmi les monuments les plus anciens de la sculpture et de la peinture étrusques7. Nous mentionnerons encore les poteries noires étrusques, les unes du même temps, les autres plus anciennes que les vases peints à figures noires, et qui présentent quelquefois, parmi les reliefs dont elles sont décorées, des têtes dont la barbe est taillée de la même manière que celle des figures cypriotes, c’est-à-dire que la lèvre supérieure et ordinairement aussi le devant du menton sont découverts.
L’exemple que l’on voit (fig. 784), est une de ces urnes cinéraires dont le couvercle est une tète humaine et que l’on a comparées aux canopes égyptiennes 8.
La réunion de monuments d’origines si diverses, dont les analogies s’expliquent peut-être par une tradition commune, a d’autant plus de prix, que les auteurs fournissent moins de renseignements sur les usages des temps auxquels ils appartiennent. On sait cependant qu’à Sparte, les éphores , à leur entrée en charge, rendaient un édit prescrivant, entre autres choses, à tous les citoyens d’avoir « à couper leur moustache et à se conformer aux lois 9. » Cette prescription a semblé peu d’accord avec ce qui est dit ailleurs 10 de l’habitude de ce peuple de laisser pousser la barbe librement et de la porter fort longue et fort épaisse, et a arrêté les commentateurs 11 ; mais elle peut remonter au temps éloigné dont les monuments que nous avons cités sont les témoins, et s’être ensuite maintenue avec une signification purement symbolique, comme une marque d’obéissance à la loi, exigée chaque année et peut-être des jeunes gens seulement12. A Sparte comme ailleurs, et plus qu’ailleurs peutêtre, la barbe était considérée comme un signe de la valeur de l’homme ; et c’est pourquoi les lâches qui s’étaient mal conduits devant l’ennemi et qui devaient subir pour cette cause tous les outrages, étaient condamnés aussi à retrancher une partie de leur barbe (ômrçvr,) et à en conserver une partie 13.
La manière dont les auteurs de la comédie attique14 ont parlé des Spartiates prouve déjà qu’à Athènes on ne
Fig. 784. Urne cinéraire étrusque.
laissait pas cioitre la barbe avec la même négligence ou la même affectation qu’à Sparte. C’était un ornement de la personne, que l’on entretenait avec le même soin que la chevelure [coma], mais aussi avec cette mesure et ce goût qui devaient paraître dans tout l’extérieur d’un Athénien bien élevé. Platon lui-même et ses disciples étaient raillés 15 parce qu’ils faisaient tailler leurs cheveux, mais laissaient en même temps pousser leur barbe dans toute sa longueur.
C’est seulement en comparant un grand nombre d’œuvres des beaux temps de l’art, que l’on se rendra compte de la diversité que l’âge, la condition, la nationalité, le goût et la fantaisie de chacun pouvaient introduire dans la manière de porter la barbe, et en même temps de l’habileté avec laquelle les artistes ont su tirer parti de ce moyen pour rendre sensible la variété des types et des caractères. Cette diversité apparaît aussi bien dans les figures des dieux et des héros que dans les rares portraits que nous possédons d’hommes célèbres16. Pour les images des personnages mythologiques, nous renvoyons aux articles concernant chacun d’eux, en nous bornant ici à une remarque générale : c’est que dieux et héros sont représentés barbus de préférence dans les œuvres de 1 art archaïque; l’art de la période qui a suivi a assigné à la plupart un caractère et en quelque sorte un âge idéal (mais non toutefois invariable), que l’absence ou la présence de la barbe, son plus ou moins d’abondance, sa forme et son port différents ont aidé à déterminer : il suffit de rappeler les types de Bacchus Pogonitès, de Mercure Sphénopogon, si opposés aux images de ces mêmes dieux imberbes [bacchus, sect. xm, mercurius], et les physionomies diverses des têtes de Jupiter, de Neptune, d’Hercule, etc. Quelques exemples pris dans cette classe de monuments montreront comment l’aspect pouvait être varié par la coupe de la barbe et les soins qui lui étaient donnés. Le premier (fig. 785) est une tête en marbre du musée du Louvre, connue sous le nom de Jupiter Talleyrand 17, et dans laquelle on reconnaît plus justement aujourd’hui un Hermès ou un Dionysos d’ancien style, imité à une époque postérieure. Elle offre un modèle de la barbe pointue ou en forme de coin, qui n’est peut-être dans les monuments où elle se rencontre qu’un trait d’archaïsme, d’abord involontaire et plus tard imité; cependant ce trait resta au théâtre caractéristique de certains emplois, que l’on voit qualifiés de ory/)voro'jywv 18. Les divisions si nettement marquées de la barbe, et particulièrement la touffe séparée (Tramto;) sous la lèvre inférieure, ne
Fig. 785.
7 Micali, L’Italie av, les Romains, pl. xiv, 2 ; xvi, 2, Ie édit. — 8 Au Louvre. Yoy. aussi Micali, Monum. inéd. 1833 ; de Witte, Études sur les vases peints , p. 52 ( Gazette des Beaux-arts , 1865). — 9 pjut. Cleom . 9 ; Id. De sera num. vind. 4. — 10 Plat. Com. ap. Aspas. Ad Aristot. Eth . Mc. 4,7; Aristoph. \esp. 476; Lysist. 1072; Plut. Apopht . lac. 52; Lysand. 1; Antiphan. ap. Athen. IY, p. 143 a. — H Yalckenaer, Digr. VI ad Theocr. p. 284; Wvttenbach ad Plut. De sera num. vind. p. 25; O. Millier, Dorier) II, p. 121, 265, 2e édi
— 12 Plut. I. I. : ôtcwç xat iceol tà jxixpÔTaTa xoù; véouç itîiOâa/etv iOlÇucu. — 13 Plut. Ages. 30. — l* Vov. les citations de la note 10. — 15 Ephipp. ap. Athen. XI, p. 509 d. — 16 Yoy. les planches de Visconti , Iconogr . grecque . — 17 Arch. Zeitung , 1843, pl. i et IS7, pl. ; Magas. pittoresque , 1855, p. 12 ; Clarac, Musée de seulpt. pl. 1086, n. 2722 e ; Frohner, Notice de la sculpt. antique, n. 186 ; Yoy. les dissertations indiquées par ce dernier. — 18 Pollux, IV, 137, 138, 143, 145; Lucian. Ep. sat. 24.
BAR
BAR
se retrouvent guère que dans les sculptures de style archaïque 19. La deuxième (fig. 786) est le buste fameux, trouvé àOtricoli, à la fin du siècle dernier, qui passe pour
la plus belle représentation qu’on ait conservée de Jupiter ; on peut la considérer aussi comme offrant un type accompli de ce que devait être chez les Grecs la barbe de l’homme dans sa maturité , abondamment fournie, épaisse et légère à la fois, mais d’une longueur modérée, divisée en boucles régulièrement partagées 20.
Comme les
images de certains dieux offraient un idéal de l’âge mûr, il y en avait aussi qui personnifiaient l’enfance et la jeunesse et le passage de l’une à l’autre [ephebi]. C’est ainsi qu’Apollon, ordinairement imberbe (dcyEVEtoç), est représenté quelquefois sur les vases peints avec une barbe naissante, qui ombrage à peine le contour de la joue 21 ; Mars et les héros que l’on suppose comme lui dans la période qui suit la puberté, sont figurés tantôt avec et tantôt sans barbe 2S. On voit aussi, dans les scènes familières qu’on rencontre sur les vases, des jeunes gens mis et coiffés avec recherche et qui portent, comme Apollon dans les peintures que nous venons d'indiquer, de minces favoris23 (fig. 787).
On se plaisait à porter cette première barbe 24. 11 y eut des hommes qui, pour prolonger chez eux les apparences de la jeunesse, se rasèrent et s’épilèrent, non toutefois sans s’exposer aux railleries et aux mauvais propos 25. A quelle époque commença-t-on à faire usage du rasoir [novacula] ou des pâtes épilatoires [DaorAx]? De bonne heure, sans doute, comme le laissent entrevoir quelques rares témoignages, notamment dans la Grande-Grèce26. Mais ce n’est qu’à partir du règne d’Alexandre le Grand
19 Voy. par exemple, Mus. Borb. I, pl. xlyi ; Clarac, 658, n. 1545 h («f. Conzc, in Arch. Anzeiger, 1864, p. 209); Combe, Terraeott. in British Mus.; Panofka, Terracotten zu Berlin, pl. xlyii. — 20 Winckelmann, Bist. de l’art, VI, 31 et 35 ; Yisconti, Mus. Pio-Clem. VI, pl. î ; Friedricbs, Bausteine zur Gesch. d. gr. rôm. Plastik, n. 435 ; Ovei'beck, Kunstnnjthologie, I, 1, p. 72, pl. i, 1. Comp. les types de Jupiter dans les planches de ce dernier ouvrage; et, dans les recueils de Clarac, de Müller-Wieseler, etc., ces mêmes types et ceux des autres dieux barbus, Neptune, Hacchus, Esculape, Hercule, etc. — 21 Mon. d. Inst. arch. Il, pl. xxm ; Élite des mon. céram. II, pl. lvi ; Gerhard, Auserles. Vas. I, 22 ; Id. Trinhschal. und Gefâsse, II, pl. xix. — 22 o. Millier, Handb. d. Arch. 372 ; Stark, in Berichte d. scichs. Gesellsch. d. Wissensch. 1864, p. 180. — 23 Gerhard, Trinksch. und Gefâsse, II, pl. xix,xx; ld. Gr. und etr. Trinksch. pl. xiv (voy. plus haut, à la p. 644, fig. 726). — 24 plat. Protag, init. — 23 Aristoph. Thesm. 213 ; Athen. VI, p. 260 e.
que l’on renonça d’une manière générale à porter la barbe. Que cette nouvelle mode ait été introduite en Grèce à l’imitation de l’Égypte et de l’Asie, ou qu’elle ait été, comme on l’a dit27, la suite d’un règlement du roi de Macédoine, qui enjoignait à tous les militaires de se raser, il est certain qu’elle ne se borna pas à la Macédoine, mais s’étendit rapidement dans tous les pays habités par les Grecs, et que là même où l’on essaya de l’arrêter, comme à Byzance et à Rhodes, toutes les défenses furent impuissantes28. Les hommes de tous états suivirent l’exemple des princes macédoniens 29 et de leurs soldats. Aristote fut des premiers à adopter cette mode30. Cependant les philosophes, ou plutôt ceux qui faisaient profession de l’être, conservèrent comme un insigne une barbe longue et épaisse, lorsque tout le monde eut cessé d’en porter, ce qui donna lieu à des proverbes tels que celui-ci : « La barbe ne fait pas le sage, » et exerça souvent la verve des satiriques31.
L’industrie du barbier fut naturellement réunie à celle du coiffeur (xoupEwç), dont la boutique, toujours très-fréquentée, était un des rendez-vous ordinaires des oisifs [tonsor].
Couper sa barbe, ou, au contraire, la laisser croître et la porter inculte, fut, selon les temps et les habitudes régnantes, un signe d’affliction et de deuil [luctus],
IL Nous avons cité plus haut des monuments appartenant à l’Étrurie, qui montrent à une époque trèsancienne les hommes qui habitaient l’Italie centrale portant la barbe, tantôt courte, tantôt longue et pointue; beaucoup de figures mâles en sont au contraire entièrement dépourvues et l’on sait, en effet32, mais sans pouvoir préciser l’époque à laquelle se rapporte ce témoignage, que chez eux on se faisait raser et épiler et qu’il y avait des hommes habiles à ce métier. La même chose nous est dite33 des Samnites, des Messapiens et des Italiens en général, de qui les Grecs qui habitaient le midi de la péninsule en auraient pris l’usage. Les peintures de vases qui appartiennent en propre à ces pays et celles qu’on a trouvées dans quelques tombeaux offrent le même mélange de personnages avec ou sans barbe. Nous n’essayerons donc pas, avec le peu de documents que l’on possède à ce sujet, de démêler ce qui appartient, en Italie, à des peuples et à des temps différents.
III. Les Romains, pendant plusieurs siècles, laissèrent librement croître leur barbe aussi bien que leurs cheveux34. En 454 de Rome (300 av. J. -G.), parut à Rome pour la première fois un barbier, amené de Sicile35; et les ciseaux [forfex] et le rasoir [novacula] commencèrent à entrer dans l’usage commun. Scipion, le second Africain, passe pour le premier qui se soit fait raser tous les jours 36. Dès lors il fut de mode de ne plus porter sa barbe, et comme on avait emprunté aux Grecs cette mode nouvelle, on prit d’eux aussi la coutume de consacrer aux dieux la première barbe ( lanugu ), et de célébrer le jour où l’on
— 26 Athen. XII, p. 518 a b ; Aelian. De nat. anim. XIII, 27. — 27 Ath. XIII, p. 565 ; Polyaen. IX, 3, 2; Plut. Thés. 5; Eust. ad Od. XXI, 305, p. 1910, 1. — 28 Athen.
I. I. — 29 Voy. les monnaies, les bustes, les statues des princes macédoniens, dans Visconti, Icon.gr.\>\. xl et s. et dans les recueils de numismatique. — SODiog. Laert. V, 1 ; Visconti, Op. I. I, pl. xx, p. 93 et 228 ; comp. les planches suivantes. — 31 ’llx mliyuvoç ffoooç, raoyoyoTfOçia pXéaoçov où itoisî, Dio Chrvs. LXXII, 2 ; Plut. De Is. et Osir. 3; Lucian. Pisc. H ; Icarom. 5 ; Démon. 13 ; Arrian. Diss. Epict. I, 2, 29 ; III, 1, 27 ; Gell. IX, 2 ; Aelian. Var. hist. XI, 10 ; Stob. Serm. VI, 02 ; Jacobs Ad. Anthol. II, 2, p. 425. - 32 Athen. XII, p. 518. — 33 /*. 34 Tit. Liv. V, 41 ; Cic. Pro Coel. XIV, 33; Pro Sest. 8; Pro Mur. XII, 26; De fin. XXIII, 62; Senee. Nat. qu. I, 17, 7 ; Tihull. II, 1, 34; Juv. IV, 103 ; Visconti, Icon. rom. I. pl. 1, 2, 3.
— 33 Varro, De re rust. 11, 11, 10; Plui. Camill. — 36 plin. Hist. nat. VII, 59; cf. Gell. Noct. att. III, 4; Visconti, Icon. rom. pl. ni; Icon. gr. pl. lvi.
Fig. 786. Jupiter.
Fig. 7S7. Jeune Grec.
BAR
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Fig. 788.
Jules César déifié.
s’en dépouillait par des sacrifices et des réjouissances87. Toutefois, après avoir accompli cette cérémonie ( depositio barbae), aux environs de la vingtième année, il paraît que les jeunes gens [barbatuli juvenes, bene barbati )88 laissaient de nouveau pousser et entretenaient avec soin 89, non leur barbe entière, mais des favoris ( barbula ), comme on le voit par les monnaies du dernier siècle de la république et du temps des Césars ',0. Les personnages au-dessous de quarante ans sont représentés avec une barbe courte, qui contourne quelquefois la joue et le menton, tandis qu'ils en sont après cet âge complètement dépourvus. On en trouve un remarquable exemple (fig. 788) sur la rare médaille 41 où Jules César, constamment représenté sans barbe dans ses autres effigies, l’est au contraire avec la barbula, après que le sénat l’eut proclamé dieu et lui eut décerné les honneurs divins [apotheosis, p. 324] : ici la barbe est un signe de l’éternelle jeunesse que lui a rendue son apothéose. Vers la quarantième année seulement on supprimait totalement la barbe 42. La porter après cet âge ou la laisser croître auparavant ( barbam promittere, demittere), était une marque ou de négligence (car tout le monde ne prenait pas tant de soin 48), ou de grande affliction, motivée parun deuil [luctus], par une condamnation ou la nécessité de se défendre contre une accusation publique 44 , ou par quelque grande calamité : c'est ainsi que Jules César, après la défaite de son légat Titurius en Gaule 45, Caton, après la bataille de Thapsus 415 , Marc- Antoine, après celle de Mutina47 ; Octave, après sa rupture avec Sextus Pompée 48 (fig. 789), et plus tard, quand il régna, après la défaite de Varus49, firent paraître leur douleur.
L’empereur Hadrien porta la barbe entière 50 pour cacher quelques défauts - de son visage, et son exemple en fit revenir la mode, qui subsista presque sans discontinuité jusqu’à Constantin. On verra toutefois Sl, si l’on examine avec soin les bustes et les monnaies des empereurs, qu’il y eut dans, la coupe de la barbe plus d’une variation 52. Constantin et après lui tous les empereurs, à l’exception du seul Julien, renoncèrent à la barbe, jusqu’à la fin du vie siècle. E. Saglio.
BARBARI (Bapëapoi) . — I. Les Grecs appelèrent Barbares indistinctement tous les hommes, toutes les cités
qui n’appartenaient pas à la famille hellénique. A l’origine, ce nom signifiait seulement des hommes dont on n’entend pas le langage1. Thucydide a remarqué 2 que le mot pdpêapot ne se rencontre pas dans les poëmes d’Homère, mais les Cariens y sont appelés papSapo'ipwvot8, c’està-dire ceux qui parlent d’une manière peu intelligible. La répugnance causée par la différence du langage et des habitudes fut donc ce qui marqua d’abord la séparation entre les Hellènes et les peuples qui les entouraient, et ils les comprenaient tous sous une désignation commune qui n’impliquait pas nécessairement un sens défavorable .4 Puis le sentiment de leur supériorité naquit, et la juste fierté qu’ils avaient de leur indépendance, de leurs victoires, de leurs arts, fit attacher à ce mot Barbares l’idée d’un état inférieur auquel manquaient la culture et la liberté. Ils en vinrent à considérer les Barbares comme naturellement destinés à la servitude, tandis qu’à euxmêmes appartenait le droit de leur commander5, et ce nom devint à la fin le synonyme de grossier, d’inculte et de sauvage ; c’est l’acception qui a prévalu, mais elle souleva les protestations de quelques Grecs dès l’antiquité6. E. Saglio.