‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 132 sur 155 · II. Le mot longtemps appliqué par les Grecs aux · texte numérisé non relu

II. Le mot longtemps appliqué par les Grecs aux

Romains eux-mêmes, semble avoir suivi, dans sa signification chez ces derniers, le même développement. D’abord étendue à l’homme de langue étrangère7, puis réservée à celui qui ne participe point à la civilisation gréco-romaine, dont Rome s’enorgueillit d’être le centre8, cette expression ne désigne plus que les peuples de mœurs sauvages, en province ou au dehors9. Mais, plus tard, sous l’empire, on cessa de confondre les sujets provinciaux (peregrini ou provinciales ) avec les nations placées en dehors des frontières et qui, ne reconnaissant pas la suzeraineté romaine, n’avaient lié avec Rome aucune alliance [foedus] ou amitié. Ces genles exterae non foederatae sont implicitement distinguées par un texte de Pomponius 10, jurisconsulte du second siècle, texte que Cujas 11 et Pothier 12 ont appliqué avec raison aux Barbares. La condition de ceux-ci ne doit pas être identifiée, comme l’ont fait de nombreux auteurs18, avec celle des sujets étrangers ou non citoyens [peregrini) , placés dans les limites de l’empire. Cette analogie ne peut être reçue en partie que pour certains des Barbares transplantés ou admis dans l’intérieur et soumis aux lois romaines14, sous le titre de dedititii, coLONr, foederati, laeti, etc. Si, primitivement, pour les Romains ennemi ( hostis 15), et étranger ( pe -

37 Censorin. De die nat. I, 10 ; Dio Cass. XLVIII, 34 ; XL1X, 14 ; XLI, 19 ; Suet. Ner. 12 ; Juv. III, 186 ; Mart. IX, 17 ; Stat. Silv. III, 4 ; Borghesi, Délia gente Arria, t. I, p. 99 et s. des Œuvres ; Salmas. ad Lampr. Heliog. 31; Lipsius ad Tac. Ann. XIV, 15. — 33 Cic. Ad Att. II, 14 et 16 ; Pro Coel. 14, 33 ; Catil. II, 10, 22; Suet. JVer. 34 ; Borghesi, l. I. — 39 cic. I. I.; Ovid. Ars am. I, 517 ; Sen. Ep. 114, 21 ; Mart. VIII, 49 ; cf. IV, 5. — 40 Voyez celles qu'indique Borghesi, l. I. p. 93 et s., 110 et s. — 41 Cohen, Med. cons. pl. xlii, Vipsania 2 ; Wiczai, Mus. Hedervari, II, p. 54, tab. suppl. Aur. 3 ; Borghesi, l. I. Voy. aussi une figure en bronze du cabinet de Vienne, Sacken et Kenner, Dronz. d. antik. Cabinets, pl. xxxvi ; Samml. d. antik. Cab. p. 282, n. 499, et un camée, Ib. p. 414, n. 29. Lenormant, Icon. rom. pl. v, 2. — 42 Gell. III, 4 ; cf. Borghesi, 1. 1. ; Juv. VI, 105 et 214. — 43 Mart. VII, 95; XII, 59; voy. aussi, dans les bas-reliefs de la colonne Trajane, des soldats portant la barbe. — 44 jit. civ. XXVII, 34; cf. VI, 16; Mart. II, 36, 3 : « barbariorum »; UJp. Dig. XLVII, 10, 15, § 27. — 45 Suet. Caes. 67 ; Polvaen. VIII, 23, 23 ; Caes. Bell. gall. V, 24 et s. — 46 plut. Cat. min. 53. — 47 Id. Anton. 18.

— 48 Borghesi, I, p. 111 et t. II, p. 64 et s. Cohen. M. imp., J. César, 90, 91.

— 49 Suet. Oct. 23. — 59 Spart. Dad. 26 ; Dio Cass. LXVIII, 15 ; Julian. Caes. 9.

— 51 Nous renvoyons à Visconti, Icon. rom. pl. xxxvm et s. et aux recueils de médailles. — 52 Voy. par exemple les effigies d’Héliogabale et de ses successeurs; de Trebonius Gallus, de Gallien.de Tacite, de Dioclétien, etc. — Bibliogiupiuh. Hotomann, De barba , ,4 ritverp. 1586, et dans Pitiscus, Lcxicon antiq. roman. I, 1 s. e. babba ; Ferrarius, Electa, II, 12, Patavii, 1685; Juni us, De coma Rotcrod. 1703 ,

et dans Gruter, Lampad. crit. IV ; Pagenstecher, Prognosticon historico-juridicum de barba , Lemgo, 1715 et 1746; Borghesi, Délia gente Arria, t. I, p. 93 et s. de ses Œuvres complètes, Paris, 1862 ; Becker, Charilcles, III, p. 233 et s., 2e édit., Leipz. 1854; art. bauba, dans Pauly, Bealencyclopâdie, I, p. 2262, 2e édition.

BARBARI. 1 En sanscrit barbaras, var, varas signifie étranger et l’on fait aussi remarquer la parenté de barbarus avec balbus et balbutio : G. Curtius, Griech. Etymol. II, p. 133; voy. cependant Max. Muller, in A. Kuhn’s, Zeitschr. f. vergl. Sprachforsch. V, p. 141. Les Égyptiens appelaient de même Barbares ceux qui ne parlaient pas leur langue : Herod. Il, 158. — 2 I, 3. — 3 II. II, 867 ; cf. Herod. VIII, 135; Strab. XIV, p. 662 ; VIII, p. 370 ; Pind. lsthm. V, 20 ; Soph. Trach. 1060 ; Nilzsch, Er/clcir. Anmerk. zu Odyss. I, p. 35. — 4 plat. Polit, p. 262 d ; Strab. I, p. 1 16 ; cf. Herod. VIII, 144 ; Grote, Hist. de la Grèce, t. III, p. 136, de la trad. franç. - 5 pjat. Bep. V, p. 469 ; Eur. Iph. Aul. 1379 ; Aristot. Polit. I, 1, 5 ; cf. VII, 6, 1 ; Demosth.

Olynth. III, 24. Voy. aussi l’article sbrvi - 6 Erastoth. ap. Strab. I, 66.— 7 Plant.

Asin. prol. II ; Miles Glor. II, 2, 58 ; Ovid. Trist. V, 10, 37 ; Cic. Brut. 74 ; Or. 48, 100. — 8 Cic. Tusc. I, init. ; Horat. Epist. II, 1, 156. — 9 cic. Verr. II, 4, 50 ; F. Roth, UeberSinn und Gebr. des Wôrts Barbar, Nüremb. 1824. — 1» Fr. 5, § 2, Dig.XLIX, 15 , De captiv. et postliminio reversis. — H Observât. XXVII, 33. — l2 Poth. Pand. Just. XL1X, 15,4; Ortolan, Expl. hist. des Instit. I, p. 410 (7e édit.), generalis, no33__ 13 Ortolan, Op. Z. p. 412; v. cependant p. 176. •- 14Zosim. 1,71; Léotard Condit. des Barbares, p. 35. — 15 Varro, Ling. lut. V, 1 ; Paul Diac. p. 102, Fcst p. 314 Miiller ; Cic. De offic. I, 12 ; Démangeât, Cours de droit rom. I, p. 153, 2* éd.

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regrinus ) ont été synonymes, et si l’on ne reconnut aucun droit aux étrangers, plus tard on distingua réellement les peregrini des hostes , et l’on admit les premiers aux droits privés faisant partie du droit des gens ( jus gentium ) : les sujets provinciaux et les étrangers alliés furent traités comme peregrini ; mais la même concession ne paraît pas s’être étendue aux Barbares du dehors. -Ceux-ci, même en pleine paix, étaient à la discrétion des Romains, qui auraient pu s’emparer de leur personne et de leurs biens16, et qui ne les admettaient sur le territoire qu’en vertu d’une autorisation extraordinaire et individuelle. Ce système existe même au temps de Pomponius, et on reconnaît aux Barbares un droit de saisie réciproque, sauf la fiction du postliminium 17.

Cette condition était certainement fort inférieure à celle' des peregrini et ne s’éleva pas non plus avec celle-ci progressivement. Cela tient peut-être autant à la nature des choses qu’à la politique défiante d’Auguste, qui, jugeant l’empire assez étendu, recommanda à ses successeurs d’assurer plutôt que de reculer les frontières. Dès lors les ordonnances impériales et toutes les mesures gouvernementales tendirent à organiser et à défendre la limite de l’empire {limes imperii) 18, à créer une frontière artificielle 19 là où les limites naturelles faisaient défaut, et à refouler au delà les populations barbares dont on craignait l’invasion ou les incursions subites20, ou même l’alluvion insensible. Quelquefois les traités interdisaient à' certains d’entre eux, comme aux Quades21, aux Marcomans, etc., de séjourner dans un certain rayon au delà de la frontière 223 et d’entretenir des barques sur des fleuves, comme le Danube 23, tandis que les flottilles romaines exerçaient un contrôle sévère sur les personnes et les marchandises non spécialement autorisées à franchir la frontière. Ainsi la prohibition en cette matière était la règle 24. En 70 de Jésus-Christ, les envoyés des Tenctères se plaignent aux citoyens de la Colonia Agrippincnsis de ce système, qui ne permettait aux Germains d’entrer que désarmés et sous escorte sur le territoire romain 25 , moyennant une redevance ( vectigal ). Mais les négociants romains ( mercatores ) pouvaient en général pénétrer à leurs risques et périls chez les Barbares, pour y chercher des produits du pays, comme des pelleteries, l’ambre en Germanie26, le bois de citre en Gétulie27, des murex et des pourpres,- là soie en Inde, les peaux de hérisson, dont le monopole donna lieu à de nombreux sénatus-consultes et aux plaintes des provinciaux28. Quelquefois on fixait, près de la frontière 29, des marchés autorisés, sortes de foires neutres pour l’importation et la vente des produits des pays barbares; ainsi, on assigna un lieu et un jour aux Marcomans30; en l'an 180 il est encore question d’un marché tenu sous la surveillance d’un centurion romain 81 . En Orient, il y avait des lieux et des stations déterminés pour l’importation des marchandises de la Perse ou de l’Inde32 [mercatura].

16 Accarias, Précis de droit rom. 1, p. 91, Paris, 1870 ; Ortolan, Op. c.t, n“ 197, p. 175 et 176. — 17 Pomponius, fr. 5, § 2 Dig. De captiv. et postlim.reversis. — 18 Marquait, Rom. Staatsoerwaltung, I, p. 420 et s. Leipz. 1873. — 19 Spartian. Hadr. 12 ; Max. de lting, Mém. sur les établiss. rom. du Rhin et du Danube, Strasb. 1852, I, p. 1126 et s. — 20 La c. 1 Cod. Theod. VII, XII, De commeatu prouve la peur des incursions des Barbares du dehors. — 21 Dio Cass. LXXI, 11. — 22 Id. LXXI, 15, 16; LXXI1, 13. — 28 Id. LXXI, 19. — 54 /J, ji y eut des exceptions au profit de certains peuples : Tacit. Germ. 41 ; De Ring. t. II, p. 243, 244 ; Léotard, p. 97. — 28 Tac. Dist. IV, 63, 65. C’est à tort, croyons-nous, que le savant Marquardt, ordinairement si exact (Op. I. p. 421, note 2), a pris le comte du commerce, dans un texte du Code de Justinien, pour l’escorte des commerçants (Cod. Just. IV, 63, 6); cf. Godelrov, Cod. Théod. VII ,16 , 2. — 28 Plin. lJist. nat. XXXVII, 34 ; Tacit. Germ. 45; Annal. II, 62. - « piin. Bist. nat. XIII, 29; V, 1, 12; VI, 364; IX, 60. - 28 ld. Vill, 50.

Cela posé, le droit international privé romain dut être très-pauvre et très-restrictif à l’égard des Barbares. Les textes sont fort rares en ce qui les concerne dans le Digeste; suivant nous, les lois ne permettent pas de les confondre, comme certains jurisconsultes l’ont fait33, avec les peregrini. Non-seulement ceux-ci étaient admis à acquérir et à contracter par les modes de droit naturel, mais encore par les modes de droit des gens, sensu latoz'% et, au moyen d'actions fictives, on arrivait à leur accorder l’action furti 35, et en général la plupart des actions. Bien plus, on admit avec eux un mariage de droit des gens ; on reconnut la validité du testament fait selon les lois de leur cité (adversus (secundum) leges civitatis suae 36), et à Rome le praetor peregrinus jugea les procès qu’ilîf avaient entre eux ou avec les citoyens romains. Il est impossible de croire que toutes ces prérogatives reconnues par Ulpien et Gaius aux pérégrins leur fussent absolument communes avec les Barbares, surtout pour ce qui concerne le mariage, le testament, la juridiction et notamment le droit d’acquérir des fonds stipendiâmes ou tributaires, ou 1 ’m bonis sur les fonds italiques transmis par tradition.

Vers le 11e et le ni0 siècle de l’empire, les relations pacifiques avec les Barbares ne devaient pas être assez ordinaires pour que Gaius s’occupât de leur réglementation37; elles paraissaient devoir être soumises sans doute au pur droit naturel38, commun à tous les hommes de cette qualité. Ainsi l’échange, l’achat et la tradition avaient du être, avec le temps, permis avec les Barbares 39, sauf les restrictions introduites par lès empereurs ou les gouverneurs, au point de vue politique ou fiscal40. Mais les dangers de l’invasion générale des Barbares, à partir du in0 siècle de notre ère surtout, eurent pour effet d’aggraver en fait la position des Barbares restés en dehors de l’empire (alienigenil,i). Sans doute, dès le commencement de l’empire, les empereurs, en traitant avec des rois barbares vaincus, avaient concédé souvent le droit de cité 42 soit à eux-mêmes, soit à quelques personnages très-influents de leur tribu, même en dehors des limites de l’empire ( fines imperii ), ainsi au roi germain Arminius, eter, même à des peuples entiers43. Cependant nous croyons, avec A. W. Zumpt, que cette concession n’emportait pas l’aptitude aux honneurs, à moins d’une clause spéciale et extraordinaire44, qui se généralisa trop au bas-empire en faveur des alliés barbares (foederati) admis à certains grades militaires43; Constantin 46 éleva même un barbare au consulat. En outre, Ulpien rapporte que l’usage autorisait les gouverneurs de province à faire des présents aux barbares du dehors accueillis près d’eux, soit à titre d’ambassadeurs, soit pour tout autre motif, au moyen des valeurs provenant de la dépouille des condamnés à mort ( pannicularia ) 47. Une constitution de Léon et Anthémius valide exceptionnellement les dispositions de dernière volonté ayant pour objet le rachat des captifs, lors même qu’elles éma-

— 52 Souvent daus des places fortes (munimenta), Amra. Marcell. XIV, 3 ; XXIII, 3 ; Tac. Germ. 41. — 30 Dio Cass. LXXI, 15. — 31 Id. LXXII, 2 — 32 Vi\n. Ilist. nat. XII, 32 (14) ; VI, 511 ; Dig. XXXIX, 4, 16, § 7 ; Burmanu, De vectig. pop. rom. C. V, p. 53 et s. — 33 Ortolan, Op. c. p. 410; comp. Léotard, p. 172. — 34 Gaius I, 47,53, 74, 93, 94 ; II, 285 ; III, 93, 94, 132, 133, 134. — 35 Gaius, IV, 37 , 47, 105. — 36 ulp. Frag. XX, 14. — 37 jl ne s’occupe que du droit des peuples qui legibus et moribus reguntur. Comm. I, 1. — 38 ulp. fr. 1, § 3 Dig. I, 1, De justit. et jure. —39 Tac.

! Germ. 41 . — 40 Amra. Marcell. XIV, 3 ; XXIII, 3 ; Godefroy, Ad Cod. Th. VU, 16 ; Léotard, p. 94 et s.— 41 C. Justin. IV, 41, 2. — 42 Tac. Ann. I, 52, 58; II, 10, 88; Vell. Pat. II, 118; A. \V. Zumpt, Sludia romana, p. 329 et s.; Léotard, p. 173.

— 43 Dio Cass. LXXI, 19. — 44 Euseb. Vit. Constant. IV, 7. — 45 Capitol.' Vit. Max. 4,

1 1 ; Jornand. De reb. getic. 5 ; Aurel. X’ict. De Caesar. 41. — 46 a mm. Marcell. XXI, 10 ; Zosim, Il ; Léeturd, p. 175 et s. — 47 Fr. 6, in liue, Dig. De bon. dam. XLV1I1, 20.

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liaient d’un barbare 48. Cela démontre que, malgré la constitution d Antonin Garacalla qui, en 211, donna la cité romaine à tous les ingénus actuellement sujets de l’empire *®, la condition civile des Barbares était restée en principe inférieure à la pérégrinité, fussent-ils admis à séjourner temporairement sur le sol de l’empire. La loi romaine n’eut pas même à s'occuper, en général, de ceux qui demeuraient sur le territoire barbare, que l’on appelait Barbaricum au bas-empire , par opposition à la Romania 50. Même quand Justinien eut aboli la distinction des affranchis en déditices, latins-juniens et citoyens 5I, il n’y eut plus d'étrangers que les barbares et les déportés, à côté des esclaves non citoyens et des colons 62 [colonatus] qui restaient sujets de l’empire.

Au bas-empire, des constitutions défendirent de vendre ou d’importer chez les Barbares de l’huile et du vin 53, toute espèce d’armes H, de leur acheter de la soie dont le monopole était réservé au comte du commerce ( cornes commerciorum) 55 , et enfin de leur livrer de l’or contre d’autres denrées58. A cette occasion, Gratien, Valentinien et Valens paraissent même autoriser les Romains à a subtiliser » l’or des Barbares57. Bien avant ce temps le jurisconsulte Paul regardait comme une condition contraire à l’ordre public la modalité ajoutée à un legs ou à une disposition de dernière volonté quelconque, et consistant à paraître en public costumé en barbare58; mais les modes barbares envahirent l’empire à ce point que les empereurs furent réduits à interdire l’usage des vêtements barbares aux Romains 59. Néanmoins les juristes reconnaissaient la légalité de la servitude des Romains faits prisonniers par les Barbares et la nécessité de la fiction du postliminium pour restituer aux captifs libérés leurs biens et leur état, en cas de retour sur le sol romain 60. Mais les ennemis ( hontes ) surpris, en cas de guerre, sur le sol romain devenaient esclaves de droit61, et les Barbares, même en temps de paix, s’ils n’avaient un sauf- conduit spécial 62. Quant à ceux qui mouraient en territoire romain, leur succession, même en pleine paix, était déférée au fisc 63. Il n’en était pas ainsi pour les peregrini ni pour les Barbares foederati, régis par leurs lois [foedus]. Quand les incursions furent devenues fréquentes et désastreuses, Valentinien, Valens et Gratien en 366, Honorius et Théodose en 409, réglementèrent à nouveau le postliminium , et fixèrent le prix à restituer par les prisonniers à ceux qui les avaient rachetés des Barbares 64. En 410 ces deux derniers empereurs défendent d’admettre aucun étranger dans les ports ou stations des frontières del’Oi’ient sans un passe-port [sa, cri apices),é mané de l’empereur d’Occident Honorius63. Ces princes renouvellent en 420 la défense de porter aux nations barbares des marchandises illicites 6S, et ils permettent aux habitants des provinces orientales d’entourer leurs propriétés de murs de défense, murali ambitu61. Sui-

48 c. 28, § 3 Cod. Just. De episcopis et clericis, I, 3. — 49 Fr. 17 plg, j)e statu hom. X, 5 ; Dio Cass. LXXVII, 9 ; Demangeat, Cours de droit rom. 2e édit. I, p. 160, note 2; Ortolan, Op. I. n° 380, p. 298 et s. — 88 Sidon. Apoll. Ep. I, 6; Eutrop. VII, 5; Amm. Marcell. XVIII, 4; Heinecc. Antiq. Append. I, 6, 134, c. 1 Cod. Just. IV, 41 Quae res export.; c. 2 Cod. Just. IV, 63, De comm. et mercator.; Gronov. Observ. II, 3. — si Cod. Just. VII, 5 et VII, 6. — 82 Sid. Ap. Ep. I, 6 ; Walter, Gesch. n° 352 in fine. — 88 C. 1 Cod. Just. IV, 41 ; Serrigny, Droit pub. rom. n° 893. — 84 C. 2 Cod. Just. eod. — 88 C. 2 Cod. Just. IV, 40. — 88 C. 2 Cod. Just. IV, 63. — 87 « Sed etiamsi apud cos inventum fuerit, subtili auferatur ingenio. » C. 2 Cod. Just. IV, 63, De comm. et mercatorib. — 88 Sent, recept. 111, 4 B. n° 2. — 89 Cod- Theod. XIV, 10, 2 à 4 .De habitu quo uti oport. intr. urb.

— 60 pr. 24 Dig. De postl. XLIX, 15. — 61 Tryphoninus, fr. 12 Dig. eod. tit.

— 62 pr. 5, § 2 eod. — 88 C. 2, 3, 4, 5 Cod. Just. De bon. vacant. X, 10.

— «4 Cith. V, 5, 1 et 2 De postlim. — 88 Cod. Theod. VII, 16, 2, De lit. et itiner.

vant Godefroy, c’est en 410 que les mêmes empereurs restreignirent à certaines places, celles de Nisibis, Artaxate et Callinicum 68 , les marchés entre les Perses et les Romains 69, sous des peines capitales, qui furent renouvelées par une autre constitution 70.

Les Barbares proprement dits, ou alienigeni 7i, étaient donc traités avec une grande rigueur. Mais on permit de bonne heure 72 à certaines tribus de s’établir à l’intérieur près de la frontière, en conservant quelque temps leurs usages, jusqu’à ce qu’on jugeât utile de soumettre ces sujets à la loi romaine 73. Plusieurs de ces tribus avaient été admises, à charge de service militaire, sous le titre

de BENEFICIARII, COLONI, UED1TITII, FOEDERATI, GENTILES,

laeti. Nous renvoyons à ces mots où il sera traité des barbares domiciliés dans l’empire. Une constitution de Valentinien et Valens, rendue en 365 v>, interdit à toute personne de nationalité romaine le mariage avec une personne de nationalité barbare [gentilis]; car l’ensemble du texte prouve que ce mot y est pris dans son sens le plus large75. Godefroy y voit une loi de circonstance ; cet édit restreint le droit commun qui n’eût pas empêché un mariage de droit des gens ; mais il faut admettre la possibilité de dispense, par la concession éventuelle du jus connubii. Au surplus, Justinien n’a pas reproduit la prohibition dans son code. De telles unions en effet s'étaient multipliées sous l’empire. Depuis le temps de Marc-Aurèle surtout, on avait admis dans l’armée des corps de barbares à servir comme auxiliaires [auxilia], en les prenant au besoin parmi les vaincus76. Claude et Probus en répartirent même des groupes parmi les légions 77. Au bas-empire, l’armée se composa presque tout entière de foederati , laeti, gentiles ou autres barbares. Sous Constantin, ils remplissaient les troupes du palais et les offices militaires; ils obtinrent même le consulat78. Quant aux peuples barbares nouvellement conquis, événement rare à la fin de l’empire, on tâchait de les soumettre aux lois romaines79; c’est ce que nous apprend notamment une novelle intéressante de Justinien80.

G. Humbert.

III. Il n’entre pas dans le plan de cet ouvrage d’exposer ce que l’on sait des Barbares, de leurs mœurs, de leurs institutions, ni de décrire leurs costumes, leurs armes ou les autres objets à leur usage. Quelques-uns de ces objets, armes, costumes ou parties de costume ont passé dans l’usage des Grecs ou des Romains : on en trouvera l’explication dans les articles spéciaux. Nous devons nous en tenir à l’idée générale que Grecs et Romains se faisaient des peuples qu’ils appelaient Barbares et à la manière dont cette idée s’est traduite dans leurs œuvres d’art; disons seulement qu’on s’aperçoit, en recueillant les témoignages des géographes et des historiens, que les anciens avaient au sujet de ces peuples des notions plus

custod. incomplètement reproduite dans le code Justinien, XII, 45, I. — 88 Gothofr. Ad Cod. Theod. VII, 16, 3. — 61 Cod. Just. VIII, 10, De aedif. prie. — 88 Sur cette ville ; Amm. Marcell. XXIII, 3, 7. — 89 Cod. Just. IV, 63, 4. — 70 jb. IV, 63, 6. — 71 ib. IV, 41, 2, Quae res exportari. — 72 Tacit. Histor. IV, 12 ; Germania, 29 ; Zosim. I, 71 ; Amm. Marc. XVIII, 8 ; Jornand. Dereb. Get. 7. — 73 Novell. Just. 21 ; edict. Justin. 3 ; Spanheim, Orbis rom. II, 7 ; Léotard, p. 66 et s. — 74 C. unie. Cod. Theod. III, 14, De nupt. gent. — 75 Voy. cependant Léotard, Cond. des Barb. p. 90 et s., qui ne l’applique qu’aux colons militaires nommés gentiles au sens étroit du mot. — 76 pio Cass. LXXI, 11 ; Treb. Poil. Claud. 9. — 77 Zosim. I, 46 ; Vopiscus, Probus 14; Léotard, p. 41 et s. — 78 Léotard, p. 175 et s. Cela suppose lu concession de la cité et du jus lionorum. — 79 Amm. Marc. XX, 4, 4; XXXI, 4, 4 ; Zosim. II, 15 ; IV, 12, 30, 31, 56, 57, 58; Pacat. Patieg. Theodos. 32 ; J. Gode, froy, ad C. Th. III, 14 ; Spanheim, Orbis rom. Il, 21 ; Walter, no» 391, 416 ; Léotard, p. 177 et s. —"Justin. Novell. 21, 31; c. 3 ; edict. Justin. 3.

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exactes qu on ne le supposerait au premier abord quand on consulte les monuments.

Il ne faut pas chercher l’exacte représentation des Barbares dans les œuvres de la statuaire classique, qui se contente d’indications sommaires, moins par indifférence ou dédain afïecté, comme on l’a dit, pour tout ce qui n était point grec, que pour satisfaire au besoin de simplification qui s’impose à cet art et est une de ses lois. Les sculpteurs ont eu plus de souci de la beauté plastique des types et de l’harmonie des groupes que de la vérité historique et de ce qu’on appelle aujourd’hui la couleur locale. Dans leurs statues et leurs bas-reliefs, non-seulement des peuples fabuleux, tels que les Amazones ou les Arimaspes, mais ceux mêmes qui appartiennent à l’histoire, comme les Phrygiens ou les Perses, avec qui les Grecs ont été fréquemment en contact, ont un type commun, déterminé par quelques signes ou attributs facilement reconnaissables. Ce sont des armes différentes de celles des Grecs : 1 arc et le carquois, la hache, le bouclier en demi-lune suffisent à faire reconnaître les amazones ; ou quelques pièces de costume, les plus connues et les plus caractéristiques : ainsi le bonnet que nous appelons phrygien [pileus, tiara], les pantalons [braccae] larges ou collants, descendant jusqu’à la cheville, un vêtement à manches, étroitement ajusté (uM^anov), comme celui d’un archer qui figure sur le fronton du temple d’Égine 81, et, par-dessus, une tunique ou blouse flottante, serrée à la taille par une ceinture, et quelquefois encore un manteau : c est ainsi que sont représentés les Perses dans la frise du temple de la Victoire Aptère à Athènes 82. Les artistes paraissent avoir surtout remarqué l’habitude des Barbares d’envelopper toutes les parties du corps et la richesse de leur costume, qu’ils mettent constamment en

contraste avec la simplicité de celui des héros grecs : ceux-ci, en effet, quand ils ne sont pas entièrement nus, ont le cou, la poitrine, les bras,

'A les jambes découverts,

î AvMTOiW Les sculpteurs, en se contentant de ces indications à grands traits, se conformaient aux nécessités de la sculpture monumentale; dans des ouvrages faits pour être considérés de plus près, ils n’ont pas négligé les particularités de costume qui pouvaient faire reconnaître plus facilement les personnages ou ajouter à la signification de la scène ; c’est ainsi que le bonnet de fourrure [alopekis], les hautes bottes Fig. 790. Orphée. lacées [embades] et un manteau qui doit être la zeira des Thraces , ont permis de reconnaître (fi g. 790) un personnage de

81 Actuellement à Munich : Coekerell, Journ. of science and arts, VI, n. xn pl. i; Clarac, Mus. de sculpt., pl. 818, n. 2062; Millier- Wieseler, Den/cm. d. ali. Kunst, l, pl. vu, vm. — 82 Aujourd’hui à Londres : Stuart, Antiq. of Athens, 11, 65, pl. «ni ; Ane. Marbles in British mus. IX, pl. vu et vm ; Miil 1er- Wieseler üp. I. XXIX, n. 124. Ainsi devaient être les statues de Barbares qui ornaient à Sparte lé portique des Perses, Vitr. I, 6 : barbarico vestis ornatu; Paus. III, 11,3.— 8:1 \yjnckelmann, Mon. ined. 185; Clarac, Mus. de sculpt. pl. 116, n. 212; des reproductions peu exactes et une inscription fausse ont longtemps égaré sur la signification de ce bas-relief et de ses analogues : cf. Zoëga, Bassiril. ant. 42 ; Mus. Borbon. X 62. 8t Millingen, Ane. ined. monum. U, 12 ; Specim. of anc. sculpt. Il, 20- Miiller-Wieseler, II, n. 293. — 83 Rom. Hymn. in Ven. 168 et s. — 86 Comp" lé costume ici décrit et celui de Péris sur un vase de l'Ermitage, Comptes rendus de la

Fig. 791. Anchise.

cette nation et de lui restituer son vrai nom, dans le bas-relief du Louvre qui représente, en effet, Orphée avec Eurydice8’. Les détails du costume sont plus visibles encore dans un ouvrage de petites dimensions d’où est tirée la figure 791 : c est un fragment d’une boîte à miroir en bronze, trouvée en Épire 84, qui représente Anchise au moment où, jeune pasteur, il est visité par Vénus sur l’Ida 8S. Le travail, très-fin, fait distinguer toutes les parties du costume que nous avons énumérées. Les manches du vêtement de dessous, pareilles au pantalon, sont semées d’ornements qui paraissent être ces bracteae ou fleurons d’or mince (TTÉTaXa xpuffS) que l’on fixait sur l’étoffe : les tombeaux de la Crimée en ont fourni de nombreux exemples. Le

héros phrygien porte un second vêtement, sorte de pelisse ou de dolman à manches flottantes, attaché aux épaules et, à ce qu il semble, doublé de fourrure. Toutes les parties de ce costume se retrouvent avec une grande richesse de détails dans les peintures des vases grecs 85.

I B semble qu’à l’aide de ces peintures, dont les traits sont en général précis et significatifs, on puisse s’approcher davantage de la vérité et y trouver même toutes les ressources nécessaires pour étudier les costumes des Barbaies, les sujets représentés indiquant d’ailleurs leur nationalité. Mais là encore on s’aperçoit bientôt que les artistes se sont moins attachés à copier exactement des modèles qu ils avaient pu rencontrer, qu’à reproduire des types facilement reconnaissables parce qu’ils étaient déjà fixés par une constante tradition. Il semble que des traits empruntés aux populations des contrées situées au nord de la Grèce s’y mêlent à d’autres qui appartiennent plutôt aux Asiatiques. Les pantalons, le justaucorps dont nous avons parlé plus haut, le bonnet de fourrure ou la tiare à fanons tombants ou relevés sont portés par Orphée 87 ou Rhésus 8\ ou par les Thraces qui figurent dans leur histoire, aussi bien que par les Phrygiens des légendes de Pélops 89 et de J an taie 0 , par ceux qui combattent sous les murs de Troie comme par les Amazones ou par les Scythes, si souvent opposés aux Grecs, dans des mêlées où ceux-ci sont vainqueurs 91 ; les Lydiens ou les Bactriens qui font cortège à Bacchus vainqueur de l’Inde92 (p. 599, fig. 676), les Éthiopiens conduits par Memnon93 ont le même vêtement brodé et bariolé. On en pourra voir des exemples aux articles concernant les personnages qui viennent d’être nommés. Darius, représenté sur un vase célèbre du musée de Naples

Commise, arch. de St-Pétersb., <861, pl. v, et voir l’article paris ; R. Rochette Mon. ined., p. 261.— 87 Monum. de l'Inst. arch. t. II, pl. xlix- VIIT ni xLm ; Millin, Tomb. de Canose, pl. R. Rochette, l. c., pl. 88 GertaJ

Trinkschal. und Gefasse. II, pl. K ; Arch. Zeit. 1852, pl. xliy. - 89 Dubois Mai’ sonneuvé, Vases, pl. xxx ; Ann. de l’Inst. arch. 1840, pl. N ; Mon. d Inst ‘ IV pl.xxx; Inghirami, Pitt. di vasi, 15 ; Arch. Zeitung, 1853, pl. L,„, Llv, Lv.-9o'Mii: lm, l l. - 91 Gerhard, Auserl. Vas. pl. clxvi. 92 Mon. d. Inst. arch. t. pl l Arch. Zeit. 1844 pl xxiv. 93 Millingen, Ined. monum. I, 40; Id. Peint, de rases, p. 49; Arch Zeit. 1845, pl. xxxvi. Cependant les Éthiopiens accon,pa„nam Memnon furent quelquefois représentés sous les traits de nè-res • Paus X 31 9

Gerhard, Auserles. Vas . III, ccvii ; de même ceux „ . . * ’ ’

1 *» ue Ineme ceu* qui entourent Busins : Al cali

Mon. d. antich. pop. ttal. pl. xc; vdy. aussi la note 105.

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BAR

(fig. 79 L2), au moment où il tient conseil avant de déclarer la guerre aux Grecs94, porte, ainsi que plusieurs des personnages qui l’assistent, la tiare, la longue robe brodée par¬

dessus le justaucorps à manches et à jambes, quelques-uns ont le manteau. Ce costume est ailleurs celui de Priam, de Tantale, d’Orphée ou de Rhadamanthe 95 (voy. ces noms) : c’est celui des rois, des prêtres, des devins. Les gardes qui entourent Darius, les envoyés, que l’on voit dans un registre inférieur, apportant le tribut des provinces de l’empire, ne

diffèrent en rien des Amazones dessinées sur le col du même vase. Que l’on compare toutes ces peintures avec les monuments où les Barbares se sont eux-mêmes représentés, quelquefois en s’efforçant de marquer entre les races des différences extérieures 96 ; ou encore avec ceux que les Grecs ont exécutés pour des Barbares, tels que les pièces d’argenterie et les armes trouvées dans les tombeaux de Crimée97, où des Scythes sont figurés avec une connaissance des mœurs et des costumes, qui témoigne d’un long séjour des artistes parmi eux : on se convaincra par cet examen que les peintres qui décoraient les vases, ou ceux qu’ils prenaient pour modèles, se sont d’habitude volontairement conformés à un type traditionnel. Ce type comporte une certaine variété selon qu’ils ont eu à représenter un vieillard, un jeune homme, un héros, un pâtre, un archer ; mais non pas des différences, à l’aide desquelles on puisse, sans risquer de se tromper beaucoup, essayer de distinguer les nationalités. A plus forte raison ne saurait-on être trop circonspect si l’on veut étudier au même point de vue le costume des femmes, où il est moins facile que dans celui des hommes de séparer les Grecs des Barbares. Nous renvoyons aux articles spéciaux sur les diverses pièces du costume féminin 98.

Des vases qu’on trouve dans l’Italie méridionale nous montrent99 des peuples différents par les mœurs et le costume de ceux de l’Orient et du Nord, dont nous venons de parler, aussi bien que des Grecs dont ils sont quelquefois, dans ces peintures, les adversaires. Telle est celle qui est ici reproduite 10°, où l’on remarquera (fig. 793)

Fig. 793. Messapiens.

une sorte de tunique très-courte, de hauts bonnets pointus, des bottes que n’ont point les guerriers en face desquels ils se trouvent : la trompe dans laquelle souffle Tun des combattants semble avoir été opposée à dessein à la trompette droite des Grecs. On a reconnu dans cette peinture des Messapiens, et sur quelques autres vases 101 des habitants de l’Apulie et de la Lucanie, qui étaient alors des Barbares pour les peuples de la Grande-Grèce. Dans une autre peinture (fig. 794), tirée d’un vase de Gumes102,

9* Arch.Zeit. 1857, pl. cm ; Welcker, Aile Den/cmSler.N, pl. xxm ; Mon. d. l’Inst. IX, pl. l et s. ; Annal. 1873, p. 27 et s.; Heydemann, Vasen des Mus. zu Neapel, 3153. Le personnage debout devant le roi n'est pas vêtu en barbare. — 9î>Millin, /. /. ; Mon. d. Inst. t. V, pl. xi ; voy. aussi un vase du musée Grégorien [Mus. Greg. II, iv, 2; Ann. de l’Inst. arch. XIX, 1849, pl. v, 2), et à ce sujet l'art, de Ch. Lenormant, p. 366 et s., et pl. U, V, W; cf. Panofka, Arch. Zeit. 1845, p. 382, pl.xxiv ; vov. aussi Musée sur un vase, Welcker, Aile Denkm. III, pl. xxxm, 3. — 96 Par exemple, àPersépolis, àBi- Sutun: FlandinetCoste, Voyage en Perse, Paris, 1851 ; Texier .Desc.de l’Arménie, delà

Perse, etc., Paris 97 Dubois de Montpéreux, Voyage au Caucase, Paris, 1852, 1843 ;

C.rend. delà Com. arch.de St-Pe't. pour 1864, p. 14 et s. pl. I-V ; Antiq. du Bosphore

et dans beaucoup d’autres ornant des vases trouvés en différents endroits de l’Italie centrale, on voit des guerriers dont les casques ornés de plumes droites, les cuirasses ou plastrons à rouelles, les tuniques courtes, par-dessus lesquelles des ceintures sont bouclées, paraissent propres auxSamnites ; on peut les rapprocher, de même que ceux des femmes qui y sont représentées, des armes et des costumes que l’on voit dans les peintures qui décoraient des tombeaux de laLucanie, de la Campanie et du Samnium 103.

cimmérien, pl. xxxm. — 93 Voy. les fig. de Médée (Millin., I. c. pl. vii ; Mon. d. l’Inst. arch. V, pl. xii ; Arch. Zeit. 1847, pl. ni ; Ib. 1846, pl. xliy; Bull. Nap.)- d’Iphigénie [Mon. d. Inst. IV, 51 ; VI, 66); de l’Artémis asiatique(/i. IV, 58, Arch. Zeit. 1854, pl. lxilxiii), où l’intention de reproduire un costume barbare n'est pas douteuse.— 99 O. Jah n, Vasensamml. zu München, Vinleit. p. ccxxix.— l" Gerhard , Apul. Vas. 1,2.— K» Tischbein, Vases d’Hamilton, I, 60; II, 57; III, 8; Inghirami, Vas. II, 175; Millin, Vas. I, 13, 41; II, 50 ;Mus. Borbon.VI, 39 ; Ann.d. Inst. arch. 1852, p. 316 — l" Fiorelli, Vasi Cumani, pl. xu-,Butlet. Napolit. n. 5, X, pl. x; cf. Dubois-Maisonneuve, Vases peints , I, pl. xli ; Ann. d. Inst. 1871, p. 175. — 1" Bulle t. Napolit. N. -S. II, 1854, pl. x-xv; III, pl. x; IV, pl. iv-vii ; Ann.d. Inst. 1865, pl. N, O; Mon.d. Inst., VIll. pl. xxj

BAR

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l'ig. 794. Samnites.

Ces exemples suffiront, sans entrer dans l’examen des représentations grecques ou non, des anciennes populations

de l’Italie, à montrer qu’elles se distinguent des types que nous avons observés ailleurs par des caractères propres et des détails qui n’ont rien de conventionnel, mais qui semblent avoir été copiés d’après nature 104.

Ce qui prouve encore que les Grecs, toutes les fois qu’ils semblent s’écarter de cette fidélité rigoureuse àlanature, le font par obéissance à une convention d’art supérieure, c'est l’exactitude avec laquelle ils imitent et l’esprit avec lequel ils saisissent toutes les particularités, quand ils introduisent dans un sujet, ou quand ils traitent à part des types qui sortent de cette convention : par exemple dans les sujets traités familièrement ou en caricature. Sans sortir de la matière de cet article, nous rappellerons les figures de nègres, qui ont été représentées plus d’une fois 105 par les peintres et parles sculpteurs avec beaucoup de vérité. Des grandes compositions datant du temps où la peinture inclina vers une représentation plus historique et plus réelle des faits, il ne reste rien, si ce n’est peut-être quelque reproduction comme la grande mosaïque de Pompéi106, dont le sujet est selon toute apparence la victoire d’Alexandre à Issus ; l’on peut juger par la précision avec laquelle y sont retracés les types, les costumes, les armes, les harnais, les chars, etc., de l’importance attachée parfois aux détails et du soin avec lequel on pouvait les reproduire dans un tableau de ce genre.

Les Romains à leur tour ont représenté les Barbares qu’ils se glorifiaient d’avoir vaincus et soumis. Ils ont placé leurs images sur des arcs triomphaux, sur des colonnes commémoratives de leurs victoires, sur leurs médailles : images à première vue, trop semblables entre elles ; mais s’il est souvent malaisé pour nous de distinguer dans les monuments des peuples que rapprochaient une ancienne communauté des races et des rapports de mœurs, cela tient plus encore à notre connaissance trop imparfaite des antiquités barbares, qu’aux habitudes de généralisation des artistes grecs, à l’école desquels appartenaient ou s’étaient formés tous ceux qui travaillèrent pour les Romains. Le mouvement naturel de l’art porte les peuples, dès qu’ils en sont capables, à saisir et à marquer les traits qui distinguent d’eux leurs enne¬

mis ou leurs voisins; à Rome aussi il en fut ainsi. Dès qu'il y eut un art exprimant la manière de voir et les sentiments des Romains, on s’efforça de faire reconnaître les Barbares par des traits qui leur étaient propres. Nous en prendrons des exemples dans quelques monuments romains ; car nous ne devons pas les chercher plus que précédemment dans les œuvres des Barbares eux-mêmes, qui ont un autre caractère.

L’épigraphie a fixé la date longtemps fort contestée de plusieurs importants monuments de la Gaule méridionale. On sait aujourd’hui que l’arc de triomphe et le tombeau des Jules à Saint-Rémy107, où se voient des Gaulois aux prises avec des Romains ; que l'arc d’Orange108 décoré de trophées d’armes gauloises, au pied desquels sont enchaînés des chefs captifs, ne sont pas postérieurs aux premières années de l’empire l09. Les artistes qui en ont sculpté les figures ont pris avec soin pour modèles les vêtements mêmes, les armes, les enseignes, les parures des vaincus ; il n’est pas possible de les confondre aveccelles des vainqueurs. Le groupe que reproduit la figure 795 est

tiré des bas-reliefs qui ornent un monument un peu moins ancien, trouvé à Rome et connu sous le nom de sarcophage de la vigne Ammendola uo. On y voit un combat de Romains contre des Gaulois ; ceux-ci sont caractérisés par leur habillement, qui consiste en pantalons étroits, en un manteau carré agrafé sur l’épaule, en une chaussure à semelle épaisse, découpée sur l’empeigne : ce sont les braies, la saie, les galoches [braccae, sagum, gallicae], dont les noms devenus latins ont passé ensuite dans notre langue; à quoi il faut ajouter pour quelques-uns une tunique serrée, descendant jusqu’au milieu des cuisses ; plusieurs sont nus ou au moins demi-nus 1U, ayant pour unique vêtement les uns le manteau, les autres le pantalon ; tous portent au cou le collier appelé torques ; tous ont la tête découverte une épaisse chevelure flottante, la barbe de la plupart est réduite aux moustaches et à une touffe de poils au menton ; leurs boucliers sont oblongs, ovales ou hexa-

101 Pour les Étrusques nous renvoyons à l’article général etrusci et aux nombreux articles où il est traité des antiquités de ce peuple en même temps que de celles des Grecs et des Romains. — 105 Lôwenherz, Die Aethiopen der altclassischcn Jiunst, Gôtting. 1861 ; Ficoroni, Gemm. litt., pl. u; Pacho, Voyage dans la Cyrénaïque, pl. L1V ; Visconti, Mus. Pio-Clem. III, 35; Mus. Povrtalès, pl. xix et xxx; Mus. Borbon. VI, pl. xxm; Mon. d. Inst. IV, pl. xx ; VIII, pl. xvi; Arch. Zcit. 1873, p. 36. — 106 Mus. Borbon. VIII, 36; Zahn, Die schônste Ornam. in Poinpei, t. II, pl. xci-xciii; O. Muller, Ilandb. d. Arch. § 163, 6; Denkm. d. ait. Kunst, I, 273. — 1°7 Millin, Voyage dans les départ, du midi de la France, t. III, pl. 63, p. 450 ; A. de Laborde, Monum. de la France, pl. 83-85 ; Ritschl, Priscae lali nitatis epigraph. Supplem. V, Index schol., Bonn, 1845; Jahrb. d. Alterlh. im

Rheinlande, XLIII, p. 133 et s. 108 Al. de Laborde, Monum. de la France , pl. XLvm et s. ; Caristie, Monum. ant. d’Orange, pl. xix et s. Voy. aussi les figures de captifs qui décorent l'arc de Carpentras, pl. xxix.— 109 Ritschl, l. I. De Saulcy, Rev. archéol. 1866 ; Congrès archéol. de France, 1866, p. 206. — HO Mon. d. Inst. arch. I, pl. xxx ; Dissert, délia pontif. Acad, d’archeol. IX, 1840, pl. xxx, xxxi. — m On sait que les anciens Celtes se dépouillaient souvent entièrement et se jetaient nus dans la mêlée. Le Gaulois mourant du Capitole est nu; celui de la villa Ludovisi n’a qu’un manteau (Clarac, V, pl. 825, n. 2072). — 1« Ce qui semble indiquer une époque plus ancienne qu’on ne penserait d’après le style de ce monument. On sait que, dès avant l’ère chrétienne, les chefs gaujois portaient des casques surmontés de cornes et de hauts cimiers. Ils sont visibles à St-Rémy, à Orange, etc.

BAR

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Fig. 797. Parthe captit (Arc de Septime-Sévèrc .

ou doublé de fourrure, d’une tunique à manches, ordinairement serrée par une ceinture, de larges pantalons noués à la cheville, de chaussures lacées ou attachées par des cordons : la tête est couverte du bonnet que nous appelons phrygien , plus souvent nue ou simplement ceinte du bandeau, insigne de la dignité du chef121.

Il n’y a rien dans les différentes parties de ce costume qui ne convienne aux Barbares du Nord aussi bien qu’à ceux de l’Asie. La plupart des statues dont nous parlons sont du temps de Trajan, d’Adrien ou de Marc-Aurèle, et si elles doivent rappeler leurs victoires, elles peuvent représenter des Parthes aussi bien que des Daces ou des Marcomans ; mais les Parthes figurés en basrelief sur la cuirasse de la statue d’Auguste 12S, contemporaine de ce prince, et sur une médaille de l’an 18 av. J.-G., qui consacre le.

souvenir de la reddition des aigles enlevées à Crassus sont vêtus de la même manière ; de même le roi Parthamaspates qui figure sur une autre médaille frappée sous Trajan en 116 ap. J.-G. 123 ; de même encore les Barbares de la même nation qui figurent12'* dans les groupes (fig. 797) et bas-reliefs de l’arc de Septime- Sévère, élevé au m° siècle, et qu’on peut rapprocher de ceux des colonnes Trajane et Antonine (fig. 798) ; de même enfin, les dieux orientaux dont les représentations devinrent si nombreuses sous l’empire, Mithras, Atys, Mèn ou Lunus, etc. : on en trouvera des exemples dans les articles concernant ceux de ces dieux qui eurent un culte chez les Romains. E. Saglio.

BARlîARICARII ou baiibaricani, et par abréviation barbarii 1. — On appelait ainsi, au bas-empire (sans doute à cause de l’origine de leur art), des ouvriers qui imitaient les broderies [piirygium opus] d’or, d’argent et de couleurs variées des étoffes barbares 2, en appliquant l’or et l’argent sur le fer et le bronze, par exemple sur des vases et principalement sur des armes 3 ; cet art appartient à la

CHRYSOGRAPUIA.

Fig. 798. J)ace captif (Colonne Trajane;.

gones, avec une armature saillante ; on ne voit pas dans ces bas-reliefs la ceinture de métal qui était encore caractéristique dans le costume gaulois 113, ni d’autres ornements, armes ou insignes dont on trouvera ailleurs des modèles m. Nous n’avons pas à chercher ici tout ce qui constituait ce costume, mais à noter comment il a été vu et interprété par les Romains. On pourrait de même retrouver les traits distinctifs des autres nations qui furent successivement en contact avec eux, en étudiant de près quelques-uns des monuments où des Barbares sont représentés : il suffira de rappeler les bas-reliefs des colonnes de Trajan 115 et de Marc-Aurèle 116, où ont été retracées les expéditions de ces deux empereurs contre les peuples voisins du Danube. Non-seulement les guerriers, et aussi les femmes de ces nations, Daces, Sarmates, Quades, Marcomans, y sont figurés avec une grande abondance de détails originaux, mais encore beaucoup d’autres peuples déjà subjugués par les Romains et devenus leurs auxiliaires [voy. ceux qui sont figurés au mot auxilia] : le Germain qui combat nu jusqu’à la ceinture, armé d’une épée et d’un bouclier117, l’archer d’Asie au casque conique, à la robe traînante 118, par-dessus laquelle est passé un long justaucorps, le cavalier numide aux cheveux bouclés, à la tunique flottante 119, etc. : partout dans la longue suite de ces bas-reliefs se fait sentir une observation attentive, qui saisit le détail précis et donne à chaque figure sa physionomie propre.

Néanmoins il est vrai que dans beaucoup d’autres monuments l’accent particulier est plus effacé ; l’accessoire est subordonné à l’ensemble, et un type conventionnel se forme à l’exemple de la statuaire grecque, où le Barbare est reconnaissable tout d’abord à quelques parties principales de son costume trahissant une origine asiatique 12°. On a coutume de classer dans les musées sous la désignation commune de « prisonniers barbares » des statues qui étaient destinées à la décoration d’arcs de triomphe, de portiques et d’autres édifices, autrefois l’ornement de Rome et des autres villes qui imitaient sa magnificence. Ges statues participent du faste des monuments qu’elles complétaient : beaucoup sont en marbres variés de couleur, en porphyre ou en d’autres matières de grand prix. Elles représentent, en effet (fig. 796) , des Barbares captifs presque uniformément vêtus d’un manteau agrafé sur l’épaule, quelquefois frangé

113 De Longpérier, Bullet. de l’ Athenæum français, 1S56, p. 42, pl. ni. — 1'4 Dictionn. archéol. de la Gaule , t. X; de Longpérier, l. l.\ Hucher, L’art gaulois; J. Quicherat, Hist. du costume en France, c. i, etc. — 118 C.iaccono e Muziano, JJist. belli Dacici, etc., Rome, 1576; S.Bartoli et Bellori, Colonna Trajar.a, Rome, 1672; Froehner, Descr. de la colonne Trajane , Paris, 1872. — 116 S. Bartoli et Bellori, Columna cochlis M. Aurel. Ant. dicata, Rome, 1704. — 117 Froehner, l. c. 15, pl. xlvii ; cf. Tac. Hist. 11,22; Agathias, 11,5.— H® Froehner, pl. cru. — 119/*.— 120 O. Muller, Handbuchd. Archciol. §419,6; Gôttling, Gesammelte Abhandl. I, p. 387; Fea, Notizie d. scavi nell’ anfiteatro Flavio e nel foro rom. p. 24 ; cf. Bull. d. Inst. arch. 1859, 1, 59. La figure 795 est la reproduction d’une statue du musce de Kaples : Maffei, Raccolta di stat. ant. pl. lvi; Clarac, Mus. desculpt. pl. 854 B, n. 2161 ; voy. une grande réunion de figures analogues dans ce dernier ouvrage. — 1H Mon. d. Inst. VIII, pl. lxxxiv. — 122 Morelli, Num. Aug. pl. xxxm, 18; Eckhel, Doct. num. VI, p. 101. — l23 Pedrusi, Mus. Farnèse, VI, pl. xxvi, 7. — 124 Bellori, Vct.arcus Augustor.pl. xv, xx, xxi, xxiv, xxxi ; Suaresius, Arc. Sept.Sev. anaghjpha. — Bibliographie. Gibbon, Hist. de la décadence , del'empirerom. t. X, 51 p. 593 delà trad. franç. ; Roth, Cebcr Sim und Gebrauch

des Wortes Barbar, Nüremb. 1814; Amédée Thierry, Hist. des Gaulois, t. I et II ; Id. Tableaudel’ émpireromcin, l,jc. 111 ; II, c. I et XI ; U. Hist. d’Attila, c. I. Sybell, Deutsche Unterthanen im rôm. Reich, in Jahrbüch. der Altherthumsfreunde im Rheinlande, IV, 13 ; Voigt, Jus nciturate, II, 884-91 1 , Leipz., 1S56-8 ; Gaupp, Diegermanisch. Ansiedlung. in den Provinz. des rôm. Westreichs, Breslau, 1844; Waller, Geschichte des rom. Redits, 3e éd., Bonn, 1860, 1, n°» 343,391, 416, 420 ; de Fresquet, Traité élém. de droit rom., Paris, 1855, I, p. 47 ; Ortolan, Explicat. hist. des Instituts de Justinien, 7* édit., Paris, 1863, I, n° 330, p. 298, 410 et s.; Max Dunclier, Gesch. des Allherthums, II, p. 396, 3« édit., 1863, Rome, 1676 ; Gerlach et W.Teuffel. art. baubaei dans la Realencyclopàdie de Pauly, 1, 2, p. 2265, 2e édit. Stuttg. 1866 ; E. Léotard, Essai sur la condition des Barbares établis dans l'empire rom. au iv* siècle, Paris, 1873 ; Serrigny, Droit public et administratif romain, n»« 403, 435, 452, 893, 1141 et s., Paris. 1862 ; Mongez, Encyclopédie méthodique, Antiquités, 111, c. IV; Dict. de l'Académie des Beaux-Arts, 1867, art. Babbabes.

11ÀRBAIUCAR11. 1 Nov. Theod. II, 1 , 21; XXIX, 2, éd.Ritter.— 2 Donat. ad Virg. Aen. XI, 777.- 3 Godefroy, Ad Cad. Theod. X, 221 ; Corippus, Justin. 111, 121, p.33,n. 50.

BAS

- 077 — BAS

Il y avait des barbaricarii parmi les fabricenses des manufactures impériales, lesquels étaient placés sous la direction du magister officiorum. En effet, on voit figurer dans la Notitia dignitatum de l’empire d’Orient, parmi les employés de Yof/ïcium deux dignitaires, trois surveillants, adjutores barbariorum ou barbaricariorum \ Ils exerçaient leur surveillance sur les ateliers de Constantinople, d’Antioche et de Césarée de Cappadoce. Dans la Notitia de l’empire d’Orient, on trouve sous les ordres du cornes sacrarum largitionum 5, trois préposés barbaricariorum , sive argentariorum, l’un pour Arles, le second pour Reims, et le troisième pour Trêves. 11 paraît que les premiers appliquaient spécialement les ornements en or6 et formaient un collegium, qui ne travaillait que pour le compte de l’Etat. G. Humbert.

BARBATUS. — Nom donné par les Latins, d’après Varron, à un vase servant à contenir l’eau ; il leur venait des Grecs et était appelé par ceux-ci nain (nanus)*. E. S.

BARBITON [LYRA].

BARCA, chaloupe. — Terme de basse latinité, désignant l’ancienne scapua. Suivant Isidore *, la barca sert au déchargement des marchandises, et, pendant la traversée, elle est portée dans le navire lui-même. G. de la Berge.

BARDOCUCULLÜS [CUCULLUS].

BARRITUS ou BARDITUS. — Cri de guerre [clamor].

BASANOS [tormenta],

BASCAUDA. — Ustensile de table mentionné par Juvénal et par Martial comme un objet de luxe :

« Barbara de pictis veni bascauda Britannis Scd me jam mavult Roma dicere suam *. »

Le scholiaste de Juvénal2 explique ainsi le mot bascauda: « vasaubi calices lavabantur, vel cacabos ; » or lecAcabus était un vase à cuire ; c'est probablement une erreur commise par un commentateur ignorant, et il faut croire que la bascauda était une espèce de corbeille à fruits, ce que les Anglais appellent encore aujourd’hui basket, et la langue gaélique basgawcl. Ch. Morel.

BASILEIA (Bauftstoc). — Fête et jeux en l’honneur de Zeus Basileus, institués par les Béotiens après la bataille deLeuctres, en 371. Suivant Diodore, Épaminondas, pour encourager ses compatriotes, avait aposté un homme qui vint, avant le combat, annoncerqu’il avait consulté l’oracle de Trophonius ; celui-ci promettait aux Béotiens la victoire et leur ordonnait de fonder des jeux en l’honneur de Zeus Basileus ‘. Telle fut l’origine des Busileia. On les célébrait à Lébadée, sous la présidence d’un agonothète, ordinairement citoyen de cette ville2. C’était une fête nationale pour les Béotiens, mais les inscriptions prouvent que les Grecs de tous pays étaient admis à concourir. Les dédicaces de vainqueurs dans ces jeux montrent aussi qu’ils comprenaient la triple série des combats équestres, gymniques et musicaux3. Ce fut probablement à l’imitation des jeux de Lébadée que furent fondés plus tard, à

1 Bôcking, Nut. dign. I, c. x, § 1, p. 39 et 245 ; Orelli, Inscr. 4152. La loi ; du Cod. Tlieod. VI, 30, de Palatinis, indique dans le scrinium a pecuniis du ministre des finances seize employés de divers grades sous le titre de barbaricarii. — s c, x,

§ 1, ap. Bôcking, II, p. 50 et 364 ; cf. Godefroy, l. c. et XII, 137, De decurion.

— 6 Berger, Deviis, IV, 22. — Bibliographie. Godefroy, Comment, ad Cod. Tlieod,.

X, 21, I ; Lebeau, Mémoires de l’Acad. des Inscriptions, t. XXXIX, p. 444; Bôcking, Notitia dignitatum, Bonn, 1853, I, p. 39, 245 ; II, p. 50 et 364 ; Berger, De m 7s, in Graevii Thesaur. X, p. 461 ; Ducange, Glossarium med. et infimae latinitatis, s. v. Barbaricum, et Barbaricarii.

BARBATUS. 1 De ling. lat. V, 119 ; cf. Fest. p. 109 Liud.

BARCA. 1 Isid. Orig. 19, I.

Alexandrie et en Macédoine, des jeux appelés également Busileia 4 . P. Foucart.

BASILEUS [rex, archontes, symposium].

BASILICA, basilique. — I. La forme grecque du nom de basilique a fait admettre communément que le genre de monuments qu’il désigne devait avoir eu ses premiers modèles en Grèce, et que ce nom avait été d'abord celui de l’édifice attenant à l’agora d'Athènes, où l’archonte-roi exerçait ses fonctions [archontes]. Toutefois cet édifice n’est appelé nulle part [3a<7tXtx7), mais bien (ÜaciXeio; ctoa ou ÿj tou [iaatXewç oxoa, ce qui veut dire portique du roi. Le nom de patjiXix-/] ou [iaciXixy) crtoa n’a été employé que par les écrivains grecs de l'époque romaine qui ont eu à traduire le mot latin basilica1.

On ne connaît ni le plan ni la disposition de la [âaotXîWî iTToa d’Athènes2. On ne saurait dire non plus si un portique où séjournaient, à Élis, les hellanodikai 3, avait quelque rapport avec la basilique romaine. Peut être en trouverait-on plus justement un exemple dans un portique dont il subsiste quelques parties à Tborikos \ en Attique. A Pæstum il existe aussi un portique traditionnellement appelé basilique 5, mais qui n’a peut-être reçu ce nom que par suite de l’embarras où l’on était de classer un édifice à colonnades qui visiblement n’est pas un temple.

En réalité, nous ne connaissons pas la basilique grecque, et c’est seulement par analogie que nous pouvons nous la figurer, annexée à une agora. Les mêmes causes ont dû naturellement produire des effets semblables ; le climat, les habitudes, l’état social, étant analogues en Grèce et en Italie, nous croyons que la basilique, si elle a existé en Grèce, doit avoir été un équivalent des loggie des républiques italiennes, par exemple de celles de Florence ou de Vérone, un portique d’abri, de rendez-vous et d’affaires complétant la place principale de la ville, et constituant avec Y agora, le forum ou la piazza le véritable centre de la vie publique et de la cité.

II. Pour les Romains, nous possédons des données beaucoup plus précises : d’abord une règle formulée par Vitruve6. « Les basiliques, dit-il, qui sont dans les places publiques, doivent être construites dans l’endroit le plus chaud, afin que pendant l’hiver les commerçants puissent y trouver un abri contre les rigueurs de la saison. Leur largeur doit être au moins du tiers de leur longueur, de la moitié au plus, à moins que le terrain ou un obstacle ne permette pas d’observer cette proportion. Si l’espace était beaucoup plus long, on ferait aux deux extrémités des chalcidiques semblables à ceux de la basilique Julia Aquiliana. Les colonnes des basiliques auront une hauteur égale à la largeur des portiques, et cette largeur correspondra à la troisième partie de l’espace du milieu. Les colonnes du haut doivent être, comme je l’ai dit, plus petites (d un quart) que celles du bas. La cloison ( pluteum ) que l’on fera entre les colonnes du premier étage (ou selon d’autres textes, entre les colonnes du premier et du

BASCAUDA. 1 Mart. XIV, 99. — 2 Ad Sat. XII, 46.

BASILEIA. 1 Diod. Sic. XV, 53. — 2 Le Bas, 3e partie, n° 752. — * Foucart, ltevue archéol. 1875, 1 , p. 110. — 4 Philistor. t. IV, p. 93.

BASILICA. 1 Plut. Cat. maj. 19; Cat. min. 5; Caes. 29; Galba, 26; Joseph. Ant. Jud. XIX, 1, 11 ; Stcab. V, p. 463 ; Suid. pGtoàixij. — 2 Ou peut voir à ce sujet les conjectures de Panofka, Der Tod des S/ciron und des Patroklos... zur Itestauration des Kônigshalle in Athen , Berlin, 1836, pl. ni, et de Zestcrmann, Die anlik. und christ. Basiliken, Leipz. 1847, p. 20 et s. pl. i. — 3 paUs. VI, 24, 3.-4 Uned.it. antiquities of Attica , c. ix, pl. î. — 5 Mavor, The ruins of Pæstum , Lond. 1768, pl. avili ; Delagardette, Monurn. de Pæstum ; Zosterir.ann, Op. c. pl. vi, 4. — 6 vilr.

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deuxième rang, inter inferiores superioresque columnas 7) sera d'un quart moins haute que ces colonnes, afin que ceux qui se promènent dans les galeries supérieures de la basilique ne soient pas vus des personnes qui s’occupent en bas de leurs affaires... »

Ce passage rapproché de quelques autres textes et éclairé par l’examen des ruines, nous aidera à nous rendre compte de la composition et du rôle des basiliques romaines.

Selon nous, les basiliques affectées à des usages publics doivent être considérées, en général, comme le complément du forum, dont elles étaient voisines: c’est le forum couvert8 avec ses destinations diverses, affaires, commerce, banque, justice ou simple promenade. Et d’abord, nous voyons que la basilique n’a qu’une antiquité relative9. Les premiers temps de Rome ne l’ont pas connue, bien qu’assurément tout ce qui parla suite s’est fait dans les basiliques ait dù se faire primitivement quelque part. Mais alors on restait exposé au soleil ou à la pluie, ou bien on se réfugiait sous un janus. Nous voyons aussi que la construction d’une basilique fut un des moyens employés par quelques ambitieux pour faire leur cour au peuple, dégoûté des intempéries du forum : témoin le marché peu honorable conclu entre César et Paulus Aemilius et dont le prix servit, dit-on, à construire la basilique Aemilia10. Le choix de la plus chaude exposition, que recommande Yitruve pour les basiliques, le luxe et les dimensions de ces monuments, plus grands, en général, que ne l’eût exigé la satisfaction rigoureuse d’aucun besoin défini, leur popularité, tout autorise à conclure que pour se représenter la vie et l’animation d’une basilique, on doit transporter par la pensée dans un vaste édifice couvert la vie et l’animation du forum ; et l’on s’explique en même temps ce nom de basilica qui, à l’époque où Rome vit construire sa première basilique, n’était qu’une épithète appliquée à tout ce qui paraissait magnifique et vraiment royal 11 .

La plus ancienne basilique de Rome fut élevée au nord du forum (en 570 de Rome, 184 av. J.-C.) par M. Porcius Caton, et s’appela de son nom basilique Forcia 12. Elle fut détruite en 52 av. J.-C., dans l’incendie occasionné par les funérailles de Clodius 13. Peu après, furent construites d’abord (en 575 de Rome, 180 av. J.-C.) du même côté, la basilique Fulvia, appelée aussi quelquefois Aemilia, des noms de M. Fulvius Nobilior, son fondateur, et deL. Aemilius Paulus, qui la restaura14; puis la basilique Sempronia, du nom de Titus Sempronius, qui fut censeur en 171 av. J -C.15; cette dernière était contiguë au forum boariumet l’on croit que l’antique église de Saint-Georges au Vélabre a été édifiée sur son emplacement. O. Opimius consul en l’an 600 de Rome (155 av. J.-C.) construisit la basilique

Opimia qui était située au nord du forum 1S. Ces édifices progressaient en richesse et en beauté, en même temps que toute l’architecture, dont la magnificence fut générale à la fin de la république. A cette période appartiennent la nouvelle basilique Aemilia et la basilique Julia. La première n’est autre peut-être que celle qui portait déjà les noms d ’ Aemilia et de Fulvia, transformée par Aemilius Paulus, fils du fondateur17. La deuxième, commencée par Jules César, fut achevée par Auguste et, après un incendie, relevée par lui 18. Plusieurs empereurs construisirent encore à Rome des basiliques 19, parmi lesquelles nous nommerons seulement la plus considérable de toutes, la basilique Ulpia, bâtie sous Trajan, probablement par Apollodore de Damas, l’architecte du forum de Trajan, où elle était située20 ; et la plus récente, celle qui fut bâtie par Maxence et à laquelle Constantin donna son nom 21 : on en a reconnu les restes 22 (mais cette attribution a été contestée) dans les ruines appelées communément temple de la Paix.

Il y eut aussi des basiliques dans les villes des provinces : telles sont, 'pour ne citer que celles dont on croit avoir conservé des restes, les basiliques d’Otricoli 23, d’Herculanum24, de Pompéi 25, de Trêves26, peut-être de Præneste27, etc.28.

Les ruines qui subsistent encore peuvent, mieux que tous lês textes, nous éclairer sur la composition des basiliques. A Rome, la basilique Julia, dont les piliers ont été dégagés par les récentes fouilles faites sous la direction de .M. Pietro Rosa29; la basilique Ulpia, dont on peut encore reconnaître la disposition et dont de beaux fragments sont conservés au forum de Trajan30; à Pompéi, la basilique du grand forum 31 , appartiennent, avec quelques nuances et des grandeurs différentes, à un même type. Celle de Constantin 32 est d’un type tout différent, et présente beaucoup d’analogie avec les grandes salles des thermes.

En général, les premières sont assez conformes à la description de Yitruve. Toutefois, la basilique Julia présente une série, non de colonnes, mais d’arcades avec' doubles bas-côtés. La basilique Ulpia est composée au contraire d’une grande nef avec double rang de bas-côtés, séparés de la nef par des colonnades. L’une et l’autre forment un rectangle et ont des dimensions fort vastes, dont les plus grandes salles modernes donnent difficilement l’idée. A cela se bornent les renseignements qu’on peut tirer de l’état actuel, le surplus est conjectural.

Toutefois, des fragments de la basilique ^

Ulpia et de celle de Pompéi, et la représenta- Basili^‘e Xemllia. tion grossière de la basilique Aemilia sur une médaille 33 reproduite (fig. 799) démontrent bien l’existence d’un portique supérieur.

7 Voy. les Journées archéol . de l’abbé Uggeri. — 8 Cic. In \err. \ , 152 ; Suct. Calig. 41 ; Tac. Ann. XVI, 27 -, Hist. I, 40; Gcll. XIII, 13; cf. Plaut. Captiv. IV, 2, 34 ; Curcul. IV, 1,11; Cod. Justin. III, 1 1, 21. — » lit. Liv. XXVI, 27. — 10 Appian. Bell. civ. II, 26, p. 731. — U Cf. Plaut. Capt. IV, 2,31 ; Trin. IV, 3, 23 ot Lexic. Plaut. — 12 T. Liv. XXXIX,. 44 ; Plut. Cat. maj. 19,1; Aur. Vict. Vir. ill- XLVII, 5;Camna, Foro rom. p. 85, 321. — 13 Ascon. ad Cic. Pro Mil. arg. p. 34 Orelli. — T. Liv. XI,

51 ; Varro, Ling. lat. VI, 4; Plut. Caes. 29. — 1* T. Liv. XLIV, IG ; cf. Prop. 14, 2, 5, et Ascon. ad Cic. Verr. I, 59 ; Canina, l. I. p. 353, 430. — 1® Varr. Ling. lat. 4,156; cf. Cic. Pro Sexto, 67 ; Marini, Atti di frat. arvali, I, p. 212 ; Canina, p. 316, 366.

17 Cic. Ad Attic. IV, 16, 14 ; Dio Cass. XLIX, 42; LIV, 24 ; Plut. Caes. 29 ; Appian. Bell. civ. II, 26 ; Plin. Hist. nat. XXXV, 3, 4 ; XXXVI, 16, 24 ; Tac. Ann. III, 72. Voy. Bekker, Ilôm. Alterthüm. I, p. 301 et s.; Canina, p. 338, 375 ; Zestermann, Op. c.

p. ga. 18 Canina, p. 113,431 ; Monum. Ancyr. (Perrot, XX, Mommsen, IV, 12, 14) ; cf.

Orelli 24. 19 Voy . Notitia et Curiosum urb. Romae ; Zestermann, p. 65; Jordan,

Topogr.der Stadt Bom,ï, p. 216, Berlin, 1871; Id. Forma urb. Romae. 1874, p. 2o,

53, pl. m. 20 Aur. Vict. Caes. 13 ; Uggeri, Ilella basilica Ulpia istoria e ristaur. ;

Canina, p. 183.— 21 Aur. Vict. Caes. 40. — 22 Nibby, Del tempio délia Pace, Rome, 1819 ; Canina, Indic. topogr. p. 81 ; Foro rom. p. 305 ; Becker, Handb. I, p. 1 12 ; Zcs-

termann, p. 117 et s.; Messmcr Ursprung und Entwiclcel. d. Basil, p. 32.— 23 Guattani, Monum. ined. rfr 1775 ; Id. Itorna, I, p. 63 ; Quatremère de Quincy, Rict.d'archit. Basilique ; cf. Zestermann, p. 114. — 2'* Cochin et Bellicard, Observ. sur l’antig. d’Herculanum, Paris, 1757, p. 15; Jorio, Notiz. sugliscavi di Ercolano .— 25 Mazois, Ruines de Pompéi, t. III, pl. xv-m; Breton, Pompéi-, Callet , Bestaur. inédite.— 26 c. W. Schmidt, Rom. byz. und germ. Baudenkm. in Trier, II, pl. iv; Kugler, in Kunstblatt, 1842, n. 84; Id. Pleine Schriften, II, p. 94; mais voy. Zestermann,

p. i2o. 27 xétaz, Bestaur. de la basil. de Palestrine, à l'École des Beaux-arts. —

28 Voy. Zestermann, p. 66, lt G, 125. — 25 I’ialc, Relia basil. Giulia, dans le 2” vol. de ses Dissertations; Gerhard, Relia basilica Giulia, Rome, 1823. Voy. les plans du forum romain, par P. Rosa Canina; lapins récente restauration est celle de M. Ferd. Dutert (Paris, 1876, et à la Bibl. de l’École des Beaux-arts). —30 Uggeri et Canina, Op. L, et les Bestaur. de MM. Lesueur, Morev, Guadet, à l’École des Beaux-arts ; la première est en voie de publication. — 31 Mazois, Breton, Callet, 1. 1.— 32 Voy. note 22 ; Caristie, Forum romain; h. Reynaud, Traité d’archit. t. II. — 33 Morelli, Thés , Aemilia, I, 7; Becker, Alterth. I, pl. v, 7, p. 307 ; Canina, Foro rom. pl. xm, s. p. 390, Cohen, Monn. de laBép. pl. i, Aemilia, 8; Mommsen, Hist. de la monn. rom. trad. fr. XV, pl. xxxV) 10.

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Nous avons donc quelques données assez précises sur ces édifices, mais nous restons sur bien des points dans l’ignorance. La description que fait Yitruve 33 de la basilique construite par lui à Fano (Colonia Julia Fanestris) ne peut servir à la dissiper. On s’est beaucoup exercé sans résultat sur ce sujet : tout ce qu’on peut induire, c’est que cette basilique s’éloignait autant que celles dont on peut encore étudier les restes de la conception théorique que l’architecte romain s’ëst plu à développer dans le passage cité plus haut. Il est évident qu’on modifiait selon les besoins et les emplacements la forme de ces monuments.

On remarquera aussi que Yitruve ne parle nulle part

d’une abside , et qu’il n’en est question dans aucun des auteurs qui se sont occupés des basiliques. Cependant comme une des principales destinations de ces édifices était d’abriter les juges et les plaideurs, le tribunal devait avoir une place à part 35. Dans le plan de la basilique Julia cette place n’est pas marquée; mais dans la grande basilique de Pompéi (fig. 800), elle est très-nettement indiquée, à l’extrémité du monument, par une importante tribune carrée, élevée au-dessus du sol environ à hauteur d’homme et faisant face à l’entrée. Le fragment du plan antique qui est conservé au Capitole (fig. 801), où est indiquée la disposition de la basilique Ulpia 36, montre à l’une des extrémités une construction demi-circulaire en forme d’abside, et

Fig, 800. Plan de la basilique de Pompéi.

l’on doit présumer, d’après l’ordonnance symétrique de

34 V, 2. — S5 Plin. Ep. II, 14; V, 21 ; IV, 16; VI, 33 ; Plut. Cato min. 51 ; Quintil. XII, 5, 6; Gruter, I, p. 444, 2 ; Messmer, Ueber den Ursprung und Bedeutung der Basilika, p. 25 et s. — 3® Bellori, Fragm. «est. vetr. Rom.; Caniua, Foro romano, pl. un; Jordan, Forma urbis Bomae, pl. m. — 37 Voy. la discussion

; l’ensemble des constructions dont la basilique faisait partie, que cette abside était répétée à l’autre extrémité. Une abside semblable se retrouve à la basilique de Constan- : tin. Toutefois le mot libertatis inscrit dans cet exèdre, sur le plan antique de la basilique Ulpia donne à penser i que l’édicule carré qui la termine n’était pas un tribunal, mais un sanctuaire consacré à la Liberté37.

La basilique de Constantin est un vaste édifice dont le plan (fig. 802) est un rectangle de 90 mètres environ sur plus de 75 de large, divisée en trois nefs dans sa longueur et en trois travées dans sa largeur ; à l’extrémité de chacun de ses axes est une abside en demi-cercle faisant face à une entrée ; l’une de ces entrées, celle qui termine la grande nef, ouvrant sur la voie Sacrée, l’autre tournée vers le temple de Yénus-et-Rome. La deuxième abside et les ouvertures qui lui sont opposées datent, se-

Fig. 802, Pian de la basilique de Constantin.

Ion quelques personnes, du temps où la basilique païenne fut convertie en église chrétienne.

Ainsi, en général, une nef entourée d’un ou deux rangs de portiques, où les commerçants avaient des boutiques ss, et une place spéciale pour le tribunal, voilà le rez-dechaussée de la basilique ; au-dessus des portiques et entourant également la nef, qui monte de fond, encore un ou deux rangs de portiques. Nous laissons de côté la question obscure du chalcidicüm, dont la construction est 1 recommandée par Yitruve dans des conditions spéciales et qui n’est pas essentielle dans le plan de la basilique. Le rez-de-chaussée est affecté aux affaires et à la justice (programme très-analogue à celui de nos bourses ); les galeries supérieures paraissent être réservées aux oisifs, telle est la composition de la basilique romaine.

Était-ce un monument ouvert ou fermé? Yitruve est | muet à cet égard 39 ; mais différentes raisons nous portent à croire que les basiliques étaient ouvertes en général : des textes d’abord, où il est parlé de libre passage de troupes

I sur ce sujet résumée en dernier lieu par Messmer, Op. I. p. 36 et s. et par Jordan, Forma urbis Bomae, p. 28 et s. —38 nig. XXXIV,2, 32, § 4 ; Cod. Justin. III, 11, 21 ; Gruter, Insc. p. 341 , 1. — 39 Bien qu’il parle des murs ( parieles ) de la basilique de Fano ; \oy. aussi Senec. Conlr. 4 ; Quintil. X, 5, 18.

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Fig. S03. Basilique Ulpia.

et de chevaux à travers le monument 40 ; l’examen des restes de la basilique Julia autorise aussi celte conclusion. A la basilique Ulpia, il ne reste aucun vestige des murs de face, mais des marches s’étendaient devant toute l’ancienne façade, placée latéralement du côté du forum de Trajan; elles sont usées par les pas à des places

qui ne peuvent, si le monument était fermé, avoir été celles des portes ; enfin les fragments du plan conservé au Capitole, qui indiquent nettement les colonnades intérieures, ne marquent nullement des murs de face. On a encore comme document relatif à cet édifice des monnaies de Trajan, et notamment le grand bronze reproduit (fig. 803) 41 ; nous croyons toutefois que cette médaille représente seulement l’entrée de l’édifice.

Une autre raison nous paraît digne d’attention : on admet généralement que les basiliques chrétiennes sont une imitation ou plutôt une continuation de la basilique antique ; les dispositions sont identiques, les noms mêmes des parties se sont conservés, par exemple l’abside qui, dans les basiliques de Rome moderne, s’appelle encore tribuna; or, on sait que, tandis que les autres églises de Rome ferment à certaines heures, les églises qui ont rang de basiliques restent toujours ouvertes. Ne serait-ce pas là une tradition 42 ? Rappelons-nous encore la recommandation de Vitruve relativement à l’exposition : nous croyons pouvoir, par toutes ces raisons, conclure que la basilique était probablement un édifice ouvert comme le portique, dont elle procède, et comme l’est encore la loggia moderne en Italie.

Iln’estpasdouteuxque les basiliques étaient couvertes43. Sauf celle de Constantin, celles que nous connaissons ne pouvaient être voûtées, leurs points d’appui ne le permettaient pas. Étaient-elles plafonnées, ou une charpente apparente supportait-elle simplement la toiture? Les deux hypothèses sont admissibles, et il est fort possible qu’il y ait eu des exemples des deux systèmes. Cependant nous croirions plutôt à l’existence de charpentes apparentes : la médaille déjà citée (fig. 799) de la famille Aemilia fournit une indication, très-imparfaite d’ailleurs, de la basilique qui portait ce nom 44, toutefois on y aperçoit une charpente. Mais ici encore nous pouvons nous appuyer sur l’analogie avec les basiliques chrétiennes. En effet, les plus anciennes, et avant toute autre celle de Saint Paul hors les Murs, avant l'incendie45, avaient des charpentes apparentes, et il serait étonnant que les chrétiens, s’ils ont réellement imité les anciennes basiliques, en eussent modifié cette partie seu¬

lement. M. Lesueur 46 a remarqué très-judicieusement que la largeur dans œuvre de la nef de Saint Paul hors les Murs est la même que celle de la basilique Ulpia; on sait que cette dernière fut ruinée prématurément, et il est très-possible que Constantin, dont l’arc de triomphe est fait avec des matériaux de l’arc de Trajan, ait employé de même pour couvrir sa basilique chrétienne les bois de la basilique Ulpia, d’autant plus qu’à cette époque on n’aurait pu que difficilement faire venir du Liban des poutres de 23 mètres.

Nous savons que le bronze avait été employé pour la toiture de la basilique Ulpia 47 ; des statues et des trophées dorés concouraient à la décoration. A l’intérieur comme à l’extérieur des basiliques, en général, les matières précieuses et les œuvres d’art furent prodiguées par les fondateurs, qui se faisaient un titre d’honneur de cette magnificence48. Les colonnes de la basilique Aemilia étaient de marbre phrygien, et P. Aemilius y avait suspendu des boucliers ornés [clipeus] qu'on aperçoit sur la médaille reproduite plus haut (fig. 798) 49. Ailleurs il est question du bronze et de l’or, des statues et des peintures qu’on y voyait.

Le nom de basilique réservé d’abord aux édifices somptueux qui étaient une dépendance de la place publique, ou pour mieux dire qui formaient un autre forum couvert, fut étendu à d’autres constructions, analogues sans doute par le plan et les dispositions générales : les unes sont mentionnées comme des annexes de temples, de curies80, de théâtres 51, de bains 62, où elles servaient d’abri, de promenade ou de salle des pas perdus ; les empereurs et d’autres grands' personnages voulurent en avoir aussi dans leurs palais et leurs villas33, qui rivalisaient de magnificence avec les monuments publics; puis, par une nouvelle extension, ce nom fut donné encore à d’autres bâtiments qui n’avaient probablement avec les premières basiliques qu’une ressemblance assez éloignée, mais qui devaient être comme celles-ci un lieu couvert. Ainsi des inscriptions 54 mentionnent des basiliques construites par des cohortes auxiliaires : l’une d’elles indique plus précisément qu’il s’agit d’un manège ( basilica equestris exerdtatoria). J. Guadet.

BASILICA (Tà BaffiXtxa, ô BacAtxoç vop.oç). — La législation de Justinien, puisée tout entière aux sources romaines, était assez peu appropriée aux besoins de l’empire grec. Aussi ses monuments originaux, qui eurent tant d’influence sur l’Occident, furent-ils presque immédiatement abandonnés à Constantinople pour les paraphrases et abrégés de Théophile, de Stephanus, de Thallelæus, d’Athanase et de Théodore ’. Les successeurs immédiats de Justinien se permirent de nombreux changements à ses lois. Dès le vme siècle l’empereur Léon l’Isaurien (7 17-

40 plin. Ep.W, 14, 8 ; Plut. Galb. 20; cf. Cod. Justin. III, 12,21. — 41Canina, Foro rom. pl. xii, z et aa, -Cohen, Sied. imp. Trajan, 18 et 319; Donaldson, Archit. numism. 66, p. 152;Zestermann,p. 99, pl. il, 9; Becker, Alterth. I, pl. i. 13. 42 Cependant

il semble résulter d’un passage de Sénèque ( De breo. vitae , 11) que la basilique Porcin était fermée le soir, et une inscription (ap. Iteines., p. 286), mentionne les portes d'airain d’une basilique. — 43 Vitr. V, I, 6, 9 et 10 ; Senec. Contr. 4 ; Quinlil. X, 5, 18 et 19 ; Suet. Cnlig. 37 ; Joseph. Ant. Jud. XIX, 1, 11 ; Mart. VI, 38, 5 ; Stat. Situ. I, 1, 29; Gell. XIII. 23. — 44 Voy. note 33. — 45 Letarouillv, Édif. du Home moderne, t. III. — 46 Mém. cité, en voie de publ. — 47 Pausan. V, 12, 4; X, 5, 5. Nous appliquons à la couverture le mot très-obscur ôp »;«, qui veut dire étymologiquement sommet, faîte. — 48 Gell. XIII, 24. Voy. la médaille (fig. 803 . — 49 Plin. Hist. nat. XXXV, 4; XXXVI, 15, 24; Cic. In Yerr. IV, 6; Cod. Justin III, t. XI, 21; Gruter, Inscr. p. 171, 7 ; 1080, 14. — 60 Muratori, Thés. insc. I, p. 120, 1 ; Reines. Inscr. p. 286, — SI Plin. Ep. X, 33, 3. — S2 Muratori, I, p. 463, 7 et 460, 2; Gruter, I, p. 171, 5. — M yitr. VI, 5, 2; Capitolin. Gord. 32

— 84 Henzen, Insc. n. 6736 ; Horslcv, Britannia antigua , p. 192, n. 54 ; L. Renier, Ilullet. de l’Acad. des inscr. 1869, p. 280. — Bibliographie. Sarnelli, Antica basilicographia, Naples, 1686 ; Quatremère de Quincy, Dictionnaire historique d’architecture, Paris, 1832, t. I, Basilique ; Kugler, Der rômische Basilikenbau, etc., dans le Kunstblatt, 1842, n. 84 et s. et dans les Kleine Schriften du même auteur. Stuttg. 1854, t. II, p. 95; Bunsen, Die Basililcen des christl. Boms, Munich, 1812; Becker, Handbucli der rôm. Alterthümer, I, p. 300 et s., Lcipz. 1843 ; Canina, Iticerche suit, archit. più propria dei tempi cristiani, Rome, 1843 ; Id. L’architett. antica, Rome, 1832-44 ; Von Quast, Die Basilica der Alton, Berlin, 1845 ; Zestermann , Die antiken und christl. Basililcen, Leipz. 1847 ; Messmcr, Ueber den Ursprung,die Entwickelung und Bedeutung der Basilika in der christl. Baukunst , Leipz. 1854, Id. Zeitschrift fur christl. Archâol. und Kunst, Leipz. 1859 ; Léonce Revnaud, Traité d'architecture, Paris, 1850-1858, t. II; H. Jordan, Forma urbis Bomae regionum XI III, IV, De foris basilicisque , Berlin, 1874.

BASILICA. Voy. Puchta, Inst. 5» édit, g 141. Leipz. 1856-7.

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741) essaya de résumer la législation par un abrégé assez informe; au ixe siècle, Basile le Macédonien (867-886) publia un autre abrégé (^po^eipo? vdpwç) de tout le droit antérieur, et prépara un grand recueil qui fut achevé par son fils, Léon le Philosophe (886-911), sous le titre de révision des anciennes lois, ’AvaxaOaptrcç twv TOxXaiwv vo'gwv, ou lois impériales, BaaiXoA vdp.t ga, d’où le nom de Basiliques. Cet ouvrage fut encore révisé sous Constantin Porphyrogénète, vers 945. Il se composait de 60 livres partagés en titres, qui étaient eux-mèmes divisés en chapitres et paragraphes. On l’appelait encore, à cause de cette division, to ovTd&êÀov. Les matières qui le composaient étaient puisées dans les traductions, paraphrases et abrégés de la législation de Justinien et dans les lois postérieures; mais au lieu de se diviser en Institutes, Pandectes, Code, etc. chaque titre contenait tout ce qui se l’apportait à son objet, d’abord dans l’ancien Digeste, puis dans le Code, dans les Institutes et dans les Novelles. Grâce aux paraphrases qu’elles ont mises à contribution, les Basiliques contiennent quelquefois des fragments d’anciens jurisconsultes romains et de constitutions impériales qui ne sont pas dans le Corpus juris de Justinien. De là l’intérêt que peut offrir aujourd’hui leur étude. La conférence des Basiliques avec la compilation de Justinien a été faite par Haubold 2.

Les Basiliques ne sont pas parvenues jusqu’à nous dans leur intégralité. La première édition qui est celle de Fabrot, avec version latine 3, ne contient que trente-six livres complets, et six autres incomplets ; on y a ajouté plusieurs suppléments, et tout ce qu’on en possè.de aujourd'hui a été publié par M. C.-G.-E. Heimbach4.

A partir de leur apparition en Orient, les Basiliques y abrogèrent la législation antérieure, et sauf les dérogations que les empereurs subséquents y purent apporter, elles restèrent le droit commun des Grecs. Elles ont continué de l’être sous l’empire turc, surtout dans l’abrégé donné par le jurisconsulte grec Harménopule (1320-1383), sous le titre de IIpo^Eipov vo'gwv, seu Promptuarium juris civilis, seu Manuale iequm dictum hexabiblos 6. F. Baudry.

BASILINDA (BatuXtvSa). — Jeu du roi, pratiqué par les enfants. L’un d’eux nommé par le sort était roi ; les autres, ses sujets et ses soldats ’. On connaît l’anecdote 2 du petit Cyrus jouant à ce jeu avec les enfants du village où il était élevé comme le fils d’un bouvier d’Astyage; distribuant à ses compagnons les fonctions et les grades et fustigeant l'un d’eux, qui refusait de lui obéir. Ce jeu, qui est de tous les temps, se retrouve chez les Romains. Suétone 3 1 appelle / ducatus et imperia ludere. Ch. Morel.

BASILIOI, BASILEIA (BocffiXstov, (3xai'),Etoc). — Ce nom, qui désigne un diadème royal, est employé par des écri¬

vains grecs 1 parlant des souverains de l’Égypte ; il se rencontre aussi dans des inscriptions latines 2 où il est question d’une parure semblable qu’on voyait à des statues d’Isis, au temps où les images et le culte de cette déesse étaient répandus dans tout le monde romain [isis].

On possède encore 3 un assez grand nombre de figures d’Isis et d’Isis-Fortune (fig. 804) portant, en effet, une coiffure très-haute telle qu’on en voit aux dieux et aux rois égyptiens4, qui consiste en deux ailes ou deux plumes entre lesquelles est placée une tige ou balustre, quelquefois terminé par une fleur de lotus et souvent orné de disques ou fleurons. Les inscriptions montrent que cette parure pouvait être enrichie de perles et des pierres les plus précieuses. E. Saglio.

BASSARA, BASSARIS (Baaaapa, Baaaapiç). — Nom de la longue tunique des Ménades de la Lydie et de la Thrace ’, appelées d’après ce vêtement Bassurae ou Bassarides 2. La robe en question était d'origine lydienne3 et avait passé avec son nom d Asie Mineure en Thrace. C’était aussi le vêtement du dieu lydien Bassareusk, assimilé à Dionysos [bacchus, p. 629], qui le portait comme ses suivantes. On décrit la bassara comme descendant jusqu’aux pieds (vestis adpedes usque demissa )s. Le nom eh venait, ajoutet-on6, du mot bassara qui, dans la langue lydienne, signifiait un « renard 7 » , animal consacré, en effet, au dieu Bassareus8 [bacchus, sect. xi]. Quelques érudits en ont conclu que cette tunique était à l’origine faite en peaux de renard 9, ce qu il est assez difficile d’admettre. La véritable indication paraît être celle du scholiaste de Perse 10, d après lequel la bassara était ainsi nommée parce que les Bacchantes qui la portaient se ceignaient en même temps de peaux de renard (pellibus Bacchae succingebantui*). En réalité, ce costume se composait donc de deux parties, la longue tunique et le vêtement de peaux plus court qui la recouvrait comme une sorte de justaucorps ou de petite tunique de dessus, analogue par ses dimensions au crocotos. C’est le costume que, sur plusieurs vases peints, nous voyons à un Bacchus barbu, dont l’aspect très-efféminé porte l’empreinte de 1 influence lydienne [bacchus, sect. xm], en même temps qu’aux Ménades qui lui font cortège. Nous en emprun-

2 Manuale Basilicorum, Leipz. 1819. — 3 Sept vol. in-fol. Paris, 1647.

4 Cinq vol. Leipz. 1833-51, avec le concours de son frère G.-E. Heimbach. — 5 La meilleure édition est celle que Bcitz a publiée dans le supplément du Thésaurus de Meermann, La Haye, 1780. C’est à ce livre que Racine fait allusion quand il cite dans les Plaideurs (Acte 3, Sc. 3). « Harménopule in Prompt... » — Bibliographie. Montreuil, Histoire du droit byzantin, Paris, 1813-6; Zachariae von Lingenthal, O vfoytifoç votAt,,-, Heidelberg, 1837 ; Jlist. jur. graeco-rom. delineam. Heidelb. 1839, et Zeitschrift, fur gesch. Rechtswiss. XI, p. 272-286 ; XIV, p. 94-135 ; Anecdots Theod. Lips. 1843 ; Collectio lib. jur. graeco-rom. Lips. 1852; Innere Gesch. des griech. rom. Redits, Leipzig, 1856; Heimbach, Obs. jur. graec . rom. Leipz. 1830, et •A/ix.îovœ, t. I et II. Lips. 1838-1840; Haubold, Manuale Basil. Leipz. 1819; Heimbach, De Basil, orig. font. Leipz. 1825 ; C.-E. Zachariae, Suppl, edit. Basil. Heimbach, Leipz. 1846.

BASILINDA. 1 Hesych. I, p. 791; Eustath. ad Odyss. I, 395 ; Pollux, IX, 110. - Herodt. I, 114; Justin. I, 5. — 3 Rfero, 35. — Bibliographie. Grasberger, Erziehung und Unterricht irn classischen Alterthum, Würzburg, 1864, 1, p. 53; Becq de Fouquières, Jeux des anciens, Taris, 1873, p. 65

BASILIUM, BASILEIA. 1 Diod. Sic. I, 47 ; Plut. De Is. et Osir. 19 (II, 358) ; Schol. Anstoph. Plut. 926 ; Horapoll. I, II ; Letroune, Disc. gr. et lat. de l’Égypte, I, p. 309 ets. — 2 c. insc.lat. II, 3386; Orelli, 2510 ; Hübner, dans VHermès, I, p. 34G et s. ; Henzen, Ib. VI, p. 8.-3 Bronzi d'Ercol. II, p. 39 ; Mus.Borb. 111,26; Clarac, Mus. de sc., pl. 9S6 et suiv. -4 Voyez la même coiffure sur un monument de la Perse, Ker Porter, Tranels, I, pl. xiii ; Texier, Descr. de l’Arménie et de la Perse, pl. 84.

BASSARA. 1 Hesych. s. v.; Etym. Magn. s. v.; Poil. VII, 59 ; Lexic. ap. Bekker, Anecd. t. I, p. 222. - 2 Propert. III, 17, 30; Athen. V, p. 198; Artemid. II, 37;

Hesych. s. v. ; Steph. Byz. v. hSwvej; cf. Lobeck, Aglaopham. p. 293. 3 Poil.

I. c.; Schol. Horat. Od. I, 18, 11 ; cf. Philostrat. Vit. Apollon. V, 32. — 4 Map/ Saturn. I, 18; Horat. Od. I, 18, 11; cf. Gerhard, E truste. Spiegel, p. 70; Griech. Mythol. § 444, 5.-5 Schol. ad Horat. I. c. ; cf. Poil. I. c. — 6 Schol. ad Pers. Sat. I, 101. - 7 Schol. ad Lycophr. Cassandr. 771, Bàiwccpoç ; Suid. et Etym. Magn. s. v. lldudapi; ; Hesych. s. v. Bancrâpta ; Herodot. IV, 192. — 8 Schwenck, in Rhein. Mus. 2° sér. 1. VI, p. 549 et s. ; F. Lenormant, Annuaire de la Soc. de Numism. t. IV, p. 181. 9 Xossius, Theol. gent. p. 405 ; Maurv, Religions de la Grèce, t. III p 138

— lo L.c. '

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