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Le véritable nom des ouvriers qui exécutaient ce genre de travail était, en grec, XenrxoupYÔ; ; c’est ainsi que Diodore de Sicile 8 appelle ceux qui furent occupés à la décoration du bûcher d Héphæstion ; et en latin tritor 6 ou bratteai'ius inaurator 7. Le braltiarius proprement dit, ou aurifex brattiarius, était le batteur d’or, qui réduisait l’or en feuilles. C’est le nom qu’on lit au-dessous d’un basrelief du musée du Vatican 8 représentant (flg. 876) un
homme assis devant un bloc qui supporte une enclume : il tient de la main droite un maillet ou un marteau plat, dont la forme se rapproche de celle d’une hache à deux tranchants9, et, de la gauche, la feuille de métal qui s’allonge sous ses coups. A côté de lui sont empilés des lingots, et au-dessus de sa tête est suspendue une balance à deux plateaux. Du reste, on trouve les deux appellations bratlearius et inaurator rapprochées dans les textes et les inscriptions, et dans une de celles-ci on voit les ouvriers des deux professions réunis en une seule corporation 10. A ces termes latins répondent en grec les noms de 7rsxaXo7totdç et
7t£TaA0UpY0i; 11 .
Les brattearii réduisaient l’or, l’argent, le bronze même à une extrême ténuité. Pline dit 18 qu’on tirait d’une once d or 750 leuilles ayant quatre doigts en carré ; les plus fortes se nommaient bratteae praenestinae, les plus faibles quaestoriae. Il y en avait certainement de plus minces encore; mais Pline ne dit pas combien on en battait à l’once. Des voleurs purent enlever l’or qui couvrait des statues à 1 aide d’une pâte épilatoire 13. Les lames destinées à la fabrication des bijoux étaient très-minces aussi; cependant elles devaient avoir assez de consistance pour se prêter à 1 exécution d’ornements estampés ou repoussés. Beaucoup de bijoux trouvés dans les tombeaux H ont trop peu d’épaisseur pour avoir été d’aucun usage aux personnes avec lesquelles ils ont été ensevelis [corona, funus].
A côté de ces objets il faut mentionner à part, parce qu’on leur applique aujourd’hui plus spécialement le nom de bractées, des plaquettes d’or découpées et estampées de manière à former des figures ou des fleurons, et toutes percées de trous qui permettaient de les attacher sur les vêtements. Ces ornements étaient semés sur les habits que les écrivains grecs appellent ^puffOTraffxot, xaxa’crxiy.xot
8 XV U, 115; et Wesseling, ad h. I. ; cf. Plat. P. Aem.il. 37; Raoul Rochette, Lettre à Schorn , p. 189. — 6 « Tritor argentarius », Reinesius, cl. XI, n. xcvii ; Spon, Mise. ant. p. 219 ; Mommsen, Inse. reg. Neapol. 6900 ; Orelli, 7281 ; ce nom peut s entendre aussi de ceux qui polissaient le métal [caelatüra], — 7 Gruter, III, P-mlxxiv, 12. — 8 Galler. delle statue, 262 ; O. Jahn, Berichte d. Sachs. Gesellschaft der Wissenschaft. 1862, pl. vu, 2. — 9 cf. Anacr. p. 48 Bergk. — 10 Gruter, l. I.; Doni, IX, 11 ; A isconti, Op. varie, I, p. 76 : » concordiae collegi erattiariqrum et inauratoruM. » Voy. encore Doni, VIII, 19; Orelli, 4153; Firm. Math. IV, la; VIII, 26 ; Ap. eumd. VIII, 16 : « bratteatores inauratores ». — il Cod. Justin. X, 64,
1 ; II. Stephan. s. v. — 12 Plin. XXXIII, 19; voy. aussi Athen. VI, p. 230 e; de Clarac, Mus. de sculpt. p. 77 ; Brônstedt, Bronzes de Siris, p. 2.— 13 Juv. XII, 152 et Schol.