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qu’il suivît la foi d’un tiers, dans l’un comme dans l’autre cas, il engageait sa responsabilité personnelle. Sans doute, si le tiers l’avait induit en erreur, le trésorier pouvait se retourner contre lui et lui demander la réparation du préjudice causé par sa faute ou son imprudence ; il avait alors à sa disposition la St'xr, ou la ^euSouaprupiiov oi'xt]. Mais
c’était toujours lui, trésorier, qui était chargé de la tenue des registres et il devait répondre seul de leur régularité 3\
Platner 35, tout en admettant en principe la solution que nous venons de donner, pense que la tj/euSsYYpa'pviç ypxcp aurait pu être également introduite contre un simple particulier, qui, usurpant les pouvoirs du trésorier public, aurait à tort inscrit un débiteur sur les registres du trésor.
La juridiction, pour la ^£u8£YYp«<pil comme pour la pou- Xeu<7iç, appartenait aux thesmothètes 36.
Lorsque la tteu8eYYPa?^ç YP01?7! PouXsuüsojç YP*^ étaient reconnues bien fondées, le nom du prétendu débiteur inscrit à tort sur les registres était radié, et l’on inscrivait à sa place le nom du défendeur condamné. Cette pénalité est attestée pour la pouXsuciç par Démosthène37 et pour la AsuSey- Ypotcp'rç par les XeçEtç ^yixoptxxt 38. fioeckh 19 croit que le défendeur était en outre condamné à une amende. E. Caille mer.
BOULEUTÈRIOX [boulé].
BOULIMOU EXELASIS (BouXigou IçÉXao-tç). — Plutarque fait mention 1 d’une cérémonie de ce nom, qui signifie « l’expulsion de la faim ». Elle consistait en un sacrifice offert par l’archonte pour l’État au foyer commun, et par chaque père de famille dans sa maisdn. On chassait ensuite un esclave hors de la porte, en le frappant de branches d’agrqjs castus, et en s’écriant : « Ya-t’en, boulimie ! rentrez, richesse et santé ! » Hunziker.
BOUPIIOINIA [diipolia].
BOUPLEX [bipennis].
BOUTIIUSIA (Bou0u!hocç loptrj). — Fête célébrée dans l’île de Ténos ‘, au sujet de laquelle on ne possède aucun renseignement. Son nom indique que des bœufs y étaient sacrifiés.
BRABEUTES [aGONOTHETES] .
BRACAE OU BRACCAE (’ Avatjupfôeç, (3pax£ç, GuXaxot, TreptffXEXrj). — Les braies ou pantalons ont été, presque jusqu’à la fin des temps anciens, considérés par les Grecs et les Romains comme un vêtement caractéristique des Barbares ‘. Tandis que tous les peuples qulls qualifiaient ainsi (au moins en Europe et en Asie) se défendaient contre les intempéries de climats très-inégaux, en s’enveloppant les jambes et les cuisses de pantalons tantôt larges et flottants, et comparables à des sacs, que les Grecs appelaient pour ce motif OuXaxot2, tantôt étroitement ajustés, aucune pièce du costume ne leur paraissait à eux-mêmes plus étrangère et n’était plus en dehors de leurs habitudes. Elle est très-fréquemment représentée dans les œuvres d’art, où elle sert toujours à faire reconnaître des personnages ou des divinités barbares [barbari]3.
Cependant il vint un temps où des Romains qui habitaient ou faisaient la guerre dans les pays des Barbares,
34 Jlüller, Jleal-Encycl. I, 2e édit. p. 2535 et s. — 35 Process und Klagen, 11, p. 118 et s. — 36 Bekker, Anecd. graec. I, p. 310. — 37 c. Aristog. I, § 73, R. 792. — 38 Bekker, Anecd. gr. I, p. 317. — 39 Staatsh. der Ath. 2e édit. I, p. 510.
BOULIMOU EXELASIS. 1 Plut. Symp. VI, 8, 1 ; Hesych. s. v.
BOUTIIUSIA. 1 Corp. inscr. gr. n. 2338 : Bo-jô-joia; top-Gi-tot; tv 'Hpiffto (ksi:.
BRACAE ou BRACCAE. 1 Herod. V, 49 ; VII, 61 ; Eurip. Cycl. 182; Cic. Ad fam. IX, 15, 2 : « braccatae nationes »; cf. In Pison. 23 ; Virg. Aen. XI, 777 : « barbara tegmina crurum » ; Tac. Hist. Il, 20 : « braceae barbarorum tegmina » ; Ovid. Trist. V, 7, 49 : « Iaxis arcent male frigora braccis ; ■ cf. IV, 6, 47 ; V. 10, 34; et Juv. VIII, 254 ; Hygin. Poet. astr. I, 8. — 2 Aristoph. Vesp. 1087 ; Schol. Eurip. Cycl. 482 ; Hc-
obéirent à leur tour à la nécessité qui avait forcé ceux-ci à se couvrir les jambes.
Dans les bas-reliefs de la colonne de Trajan, où sont représentées les campagnes de cet empereur dans les contrées voisines du Danube au commencement du IIe siècle, on voit un trèsgrand nombre de Romains, soldats et officiers, portant des chausses étroites qui descendent un peu plus bas que le genou. La figure 873, détachée d’un de ces bas-reliefs4, permet d’examiner cette partie du costume, en quelque sorte séparément ; car le soldat qui la porte a le reste du corps nu. On voit que la culotte était serrée autour de la taille, probablement à l’aide d’une ceinture (mpî^Myoc) 5 pareille à celle des braies gauloises. Dans les figures voisines, et dans Celles qil’on Fig. 873. Soldat romain (co- , lonne Trajane).
peut observer sur d autres monuments, la cuirasse ou la cotte couvrant les hanches ne permet pas de saisir ce détail.
On n’avait pas attendu jusqu’au ne siècle pour adopter ce vêtement. Les militaires au moins en eurent beaucoup plus tôt ; mais seulement dans les provinces où il était en usage et où le besoin s’en faisait le plus sentir; en quittant ces contrées ils abandonnaient aussi le costume étranger. Cæcina, au milieu du ier siècle, portait les braies et la saie gauloises ; mais il excita les murmures quand il parut en Italie ainsi vêtu 6. Même les bandages [fasciae] dont on s’entourait quelquefois les jambes, pour les protéger contre le froid et l’humidité, pendant longtemps ne furent de mise que pour les personnes malades ou de complexion délicate 7. C’est à ces fasciae que s’appliquent proprement, suivant quelles couvraient les jambes ou seulement les cuisses, les noms de tibialia ou feminalia , mais on finit par se servir de ces noms pour les bracae, quand l’usage de celles-ci fut devenu commun 8.
11 n’est pas surprenant qu’une mode différente ait prévalu sous les empereurs des dynasties d’origine barbare. L’historien d’Alexandie Sévère dit que ce prince avait toujours des fasciae et que ses bracae étaient blanches, et non de pourpre, comme celles de ses prédécesseurs 9. Les braccarii étaient nombreux alors, et leur nom finit par désigner d’une manière générale des tailleurs qui confectionnaient, outre les bracae , toutes espèces de vêtements 10. L’opinion ne paraît pas avoir cessé cependant d’être contraire à cette altération de l’antique costume romain, au moins à Rome et quand on se montrait en public : une loi d’Honorius, de l’an 397, défend encore de porter des bracae dans l’intérieur de la ville 11 .
Les bas-reliefs de l’arc de triomphe de Constantin, à Rome, qui datent de la construction et n’ont pas été,
Svch. 3 Voy. les exemples reproduits aux articles bakbari, amazones, auxilia.
scythae, paris, MiTiiRAS, etc. — 4 Froehner, Col. Trajane, pl. lxix et xx. — 3 Varr. ap. J.Lyd. De magistr. II, 13. Cette ceinture est -visible dans les bas-reliefs de l’arc d’Orange (Caristie, Monum. d’Orange, pl. xvi), où des braies sont figurées parmi les dépouilles des Gaulois ; Comp. les braies trouvées dans les tourbières du Jutlaud (Engelhardt, Thorsbjerg Mosefund). Voy. aussi de Longpérier, Bull, de l’Athenaeum français, 1856, p. 42. — 6 Tac. I.I.; cf. Suet. Caes. 80. — 7 Quintil. XI, 3, 144. — 8 Ilieronym. Ep. LXIV (ad Fabiolam ); Lampr. Al. Seo. 40 ; Casaubon et Saumaise, Ad h. I. — 9 Lampr. 24. — 10 Édit de Dioclétien, c. vu, 42. — H Cod. Theod. XIV, 10, ?.
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comme ceux qui décorent quelques parties, détachés d’autres monuments du règne de Trajan, pour être mis à cette place, montrent (fig. 874) des soldats vêtus de pantalons
Fig. 874. Soldats romains (Arc de Constantin).
qui descendent jusqu’à la cheville, tout à fait semblables à ceux des Barbares captifs qu’ils accompagnent 13. E.Saglio.
BRACCARIUS, tailleur [braccae],
BRACCHIA DUCERE. — Lorsque les Romains voulaient obtenir une communication libre et sûre entre deux camps *, ou entre un camp et un poste important3, ils construisaient entre les deux points à réunir, une double ligne de retranchements, dont l’usage s’est conservé, sous le nom de caponnière, dans notre fortification permanente : c’est ce qu'ils appelaient bracchia ducere.
Cette expression s’appliquait aussi à un travail exécuté en vue d’un combat. Dans ce cas, on dirigeait dans la campagne deux lignes de retranchements partant du camp et destinés à empêcher l’ennemi de tourner l’armée ; on les séparait par un intervalle assez grand pour que l’armée put se mettre en bataille, et l’on établissait un poste fortifié à l’extrémité de chacune d’elles 3.
On voyait encore quelquefois une armée diriger vers la ville qu’elle assiégeait deux lignes de retranchements, afin de protéger les travailleurs contre les attaques d’une armée de soutien 4. Quelquefois aussi le chef de l’armée faisait établir une seule ligne de retranchement dans l’intervalle qui séparait son camp de celui de l’ennemi, pour se mettre à l’abri des coups de main de ce dernier 5.
Le même ouvrage servait à assurer la possession d'un pont6, ou la communication avec une rivière7, ou à empêcher l’ennemi d’approcher de ses bords 8.
L'expression bracchia circumducere , qu’on trouve dans le Commentaire sur la guerre d'Espagne 9, permet de croire qu’on employait quelquefois le mot bracchia pour désigner les lignes de circonvallation et de contrevallation. Masquelez.
BRACTEA [brattea].
BRACTEATI (nummi). — Les numismatistes modernes ont adopté ce nom pour désigner des monnaies composées d’une simple pellicule d’or ou d’argent empreinte, par estampage, sur un poinçon en relief, d’un seul type, en relief d’un côté, en creux de l’autre. Au moyen âge
13 Rubeis, Vet. arcus Aug. pl. xlvi. Séroux d’Agincourt, Hist. de l’art , IV, 2, pl.
BRACCHIA DUCERE. 1 Bell. gall. VII, 36. — 2 Bell. Alex. 30 ; Bell. afr. 49.
— 3 Bell. gall. II, 8.-4 Bell. afr. 51. — 5/6. 38, 61. — 6 Bell. hisp. 5.-7 /&. 13. — 8 Tit. Liv. XXII, 52. — 9 Bell. hisp. 6.
BRACTEATI. 1 Schœpllin, Bech. sur les monnaies bractéates, dans les Mém. de l’Acad. des inscr. t. XXIII, p. 212-219. — 2 Beulé, Monnaies d’Athènes, p. 63.
— 3 Corp. inscr. graec. n° 150. — 4 Beulé, l. I. p. 64. — 5 Catalogue d'Ennery, p. 261, n“ 680.
l’usage monétaire des bractéates a été fort répandu dans l’Allemagne et dans les pays Scandinaves L Bien qu’aucun auteur n’en parle, il n’était pas non plus inconnu à l’antiquité. On a trouvé dans des tombeaux d’Athènes des bractéates d’or au type de la chouette (fig. 875), dont les poids sont exactement ceux du myshémihecton ou hémiobole d’or, du tartémorion et de l’hémitartémorion [stater] dans le système attique, et qui, par conséquent, ont eu certainement une circulation comme monnaies 2, d’autant plus qu’une de ces divisions monétaires, le tartémorion d’or, est mentionnée dans une inscription attique3. On connaît aussi des bractéates d’argent de Ténédos et de Mélos, ayant des poids monétaires exacts 4.
Il importe de ne pas confondre les bractéates proprement dites, qui ont été fabriquées comme telles, avec celles qui se rencontrent quelquefois et se sont produites accidentellement, lorsque la pellicule d’or ou d’argent qui revêtait une monnaie fourrée [nummi mixti] s’est détachée de son âme de cuivre ou de fer3. Le poids sera ici le plus sûr critérium, aussi bien que lorsqu'il s’agira de distinguer les bractéates monétaires des bractées estampées et repoussées, presque semblables d’aspect, que l’on employait comme ornements dans le costume des vivants et dans la parure des morts [bractea]. F. Lenormant.
BRASIDEIA (Bp'xfftoeta). — Fête célébrée à Amphipolis en l'honneur de Brasidas, général lacédémonien, mort dans un combat contre les Athéniens, près de cette ville, en 422 avant notre ère '. Hunziker.
BRASIDEIOI [apiietai] .
BRATTEA ou BRACTEA 1 (néxoAov.) — Feuille de métal, plus particulièrement d’or, réduite par le battage 2 au degré de finesse voulu pour être employée, soit simplement à couvrir des objets que l’on se proposait de dorer ou d’argenter [imbrat tiare), soit à être travaillée par l orfévre pour la fabrication de bijoux de diverses sortes.
L’application de l’or en feuilles à des meubles ou à d’autres objets est un procédé très-primitif, qui fut employé dès les temps les plus anciens et qui a précédé la civilisation hellénique ; c’est celui qu’Homère désigne par le terme 7tepi^éetv, quand il décrit3 l’opération de l’orfévre à qui Nestor remet l’or nécessaire pour envelopper les cornes d’une génisse destinée au sacrifice ; c’est celui dont on doit supposer l’emploi, quand il parle de meubles revêtus d’or ou d’argent par celui qui les a fabriqués. L’opération qui consiste à appliquer sur une âme de bois le métal battu au marteau se retrouve partout aux débuts de l’art, au moyen âge comme dans l’antiquité, pratiquée non-seulement pour revêtir d’un métal précieux des objets usuels, mais des statues même ( statuae imbrat teatae , deauratae), dès que naît la véritable plastique [caelatura, sculptura, xoanon] : il ne cessa pas d’être employé pendant tous les temps antiques 4.
BRASIDEIA. I Thucyd. V, 6-11 ; Aristot. Eth. Nicom. V, 10.
BRATTEA. I C’est 1 orthographe qui doit être préférée, voy. Lachmann, ad Lucret. p. 253 et s.; on trouve aussi brattia. — 2 Diosc. V, 91 ; Plin. Hist. nat. XXXIII, 61 :
« ducere laminatn » ; Tertull. De idol. 8 : « bratteani exprimere . . — 3 Odyss. III, 425 et s.; cf. Bockh, Corp. insc. gr. I, n. 158 A, 55 ; et Iliad. X, 294. — 4 Vov. Sid. Apoll. Ep. il, 10; VIII, 8, et les commentateurs; Yopisc. Aurelian. 46. et Saumaise, Ad h. I. ; Luciao. Philops. 19;C.lem. Al. Cohort. p. 15; Amm. Marc. XIV, 6, 8; XVII, 4, la; Yisconti, Lett. sopra la colonna di Foca, p. 18.