‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 4)Chapitre 155 sur 155 · V. Peigne 6 [pecten · texte numérisé non relu

V. Peigne 6 [pecten

VI. Le mot grec mil ;i'ç, désigne aussi une cassette ou petite boîte faite en buis 7. Ch. Morel.

BYSSUS (BuTdoç). — Une assez grande obscurité règne sur le véritable sens de ce mot, et il est vraisemblable que les auteurs anciens l’ont appliqué à des étoffes différentes. Ce que les naturalistes actuels appellent byssus est une sécrétion filamenteuse du mollusque appelé pinne marine; les anciens la connaissaient, ils surent môme en faire des tissus L Mais cette substance n’a pas de rapport avec le byssus dont parlent les écrivains des temps antérieurs, qui était certainement un lissu végétal. Le mot byssus semble venir de l’hébreu

BUTYRUM. 1 Herod. IV, 2; Hecat. ap. Athen. X, p. 447 ; vov. aussi Hippocr. De morb. IV, 20 (édit. Ermerius, II, p. 401). — 2 Cf. Aristot. Hist. anim. III, 20.

— 3 Anaxandrides ap. Athen. IV, p. 131. — 4 Plin. Hist. nat. XXVIII, 133 ; XVIII, 103 ; Strab. III, 7, 7 ; XVII, 2, 2 ; Polyaen. Strat. IV, 3, 32 ; Erotian. s. v. mxipiov.

— 5 Galen. VT, p. 683, et XII, p. 274 Kuhn; Marcell. Emp. IX, p. 81. — Bibliographie. Beckmann, Dis tory of inventions, Lond. 1846, I, p. S04 ; V. Hehn, Kullurpflanzen und Hausthiere, Berlin, 1874, p. 137.

BUXUM. 1 Schol. Hor. Serin. I, 6, 74 ; Hesych. s. v. icuÇiSia ; Prop.

III, 22, 8. — 2 Artemidor. Oneir. I, 53. — 3 Bekker, Anecd. p. 113. — * Virg. Aen. VII, 381 ; Pers. III, 51. — 3 Ovid. Ex Pônto, I, 1 , 45 ; cf. Fast. VI, 697 ; Virg. Aen. IX, 619 ; Stat. Theb. II, 78. — 6 Ov. Fast. VI, 230 ; Juv. XIV, 194. — 7 Luc. Asin. 14.

buth dont le sens n’est pas mieux défini. Le passage le plus remarquable est celui où Hérodote dit qu’on enveloppait les momies dans des bandages de byssus 2 : or on a cru longtemps que la matière de ces bandages était du coton, mais les dernières recherches et les études microscopiques tendent à prouver que c’est du lin. D’ailleurs, dans un autre passage, Hérodote dit que les Perses avaient des baudriers en byssus 3, ce qui ne permet guère de supposer que ce fût du coton, et en décrivant le coton qui croît dans les Indes, il ne nomme pas le byssus 4. 11 ne paraît pas avoir bien distingué le coton du lin : car il dit que les prêtres égyptiens portaient une robe de lin 5, et il ressort de plusieurs passages d’autres auteurs6, notamment de Pline l’Ancien 7 et de Philostrate 8, que les prêtres de l’Égypte portaient des vêtements en coton, qu’on faisait venir de la Haute-Égypte ou de l’Inde. Que le byssus ait été tiré d’un ou de plusieurs végétaux, ce qui est certain, c’est qu’il était ordinairement blanc ; on le teignait souvent en pourpre 9 ; mais l’Élide, le seul endroit de la Grèce où on cultivât cette plante, produisait du byssus jaune, SjavOdç 10. Ce byssus était travaillé à Patras par des ouvrières spéciales, elles en faisaient des voiles et des coiffures (xsxpuiaXot) fort recherchés 11 . Pline nous apprend que ces étoffes, qu’il appelle linurn byssinum, servaient surtout à des femmes et se vendaient au poids de l’or 12. Peut-être étaient-ce des tissus extrêmement légers, analogues aux étoffes de Cos ; Pausanias 13 croit nécessaire d’avertir que les étoffes de soie que fabriquaient les Sèros étaient quelque chose de distinct du byssus.

Le premier auteur grec qui nomme le byssus est Eschyle14, qui paraît entendre par lâ le lin; Hérodote en parle comme d’un produit étranger; on ne peut préciser à quelle époque il fut introduit chez les peuples helléniques. Il ne se trouve mentionné que très-rarement parles auteurs latins15; il était sans doute peu en usage chez les Romains. ou bien ils lui donnaient un autre nom. G. Paris.

BYSSUS. 1 Tertull. De pallio, 3 ; Saumaise, Ad h. I. p. 219 ; Procop. De aedif. 111, 1 ; S. Basil. Hexaem. 7 ; Man. Philos. De animal, propriet. 88. — 2 Ileiod. II, 86. — 3 Herod. VII, 181 : div&ôvoç tvrçç Tt>.a;Awv£ç. — - 4 Herod. III, 106. — 3 Herod. II, 37, et Larcher, ad h. I. Paris, 1802, p. 357 ; de même Pollux, VII, 75. — 6 Cf. Tibull. I, 3, 130; Mart. XII, 29; Ov. Metain. I, 747 ; Apul. Apo>. 518. — 7 PI i n . Hist. nat. XIX, 1, 2. — 8 Philostr. Vit. Apoll. II, 20. — 3 Hesych. s. v. — 10 Paus. VI, 26, 4; V, 5, 2. — H Paus. VII, 21, 7. — 12 Plin. Hist. nat. XIX, 1, 4, 12 ; Bottiger, Sabina, II, p. 15. — *3 Paus. VI, 21. — î4 Aesch. Sept. c. Theb. 1041 ; Pers. 126 ; cf. Yates, Textr.ant., p. 267. — 13 Isid. Orig. XIX, 22 et 27; Mart.Cap.il, 4 ; Paul. Nol. Ad Cyther. in Max. bibl.patr. t.VI, p. 264. — Bibliographie. Forster, De bysso antiquorum, Lond. 1776 ; Yates, Textrinum antiquorum, Lond. 1843, p. 267.

hÿ

5'-' iÆ?'- • ' ■ ;

Page 1