BUT
BUL
substances, praevia remedia [amuletum, fascinum], qui >
Fig. 894. Bulle et bracelet de bulles en bronze.
étaient enfermées
Les
La bulle que représente la figure 895, qui a été le su j et de la dissertation classique de Ficoroni 16 sur l’usage de la bulle d’or chez les Romains, est unie ; tout l’ornement a été réservé pour la bélière qui servait à la suspendre. Elle est accompagnée d’une petite figurine d’Isis-Fortune [fortuna] 17, qui devait porter bonheur à celui qui en était paré, comme la bulle devait détourner de lui toute mauvaise influence.
triomphateurs à Rome obéissaient à la môme croyance, quand ils avaient soin de mettre une bulle à leur cou18. Mais, ce cas excepté, la bulle chez les Romains paraît avoir été réservée aux jeunes garçons, qui la déposaient avec la prétexte, quand ils parvenaient à l’âge viril, et l’offraient aux lares domestiques ou à Hercule 19 [toga]. Les enfants des sénateurs et des chevaliers avaient seuls le privilège de la bulle d’or ; après la seconde guerre punique, la bulle fut accordée à tous les ingénus, mais ceux qui n’étaient pas de famille noble et riche se contentaient d’une bulle de cuir ( bulla scortea), ou, comme les plus pauvres, d’un nœud [nodus], auquel on croyait aussi le pou-
Fig. 896. Jeune Romain portant la bulle.
15 Varr .Ling. lut. VII, 108; Fest. p. 205 Lind.; O. Jahn, Dos. Blick,f>. 44. — 16 Za bolla d'oro ; d’autres dans Cause!, Mus. rom. VI, 6, 3 ; Montfaucon, III, pt. xxxvii, Mus. Borbon. II, pl xiv ; Archaeol. Journal, \ I, p. 1 13 ; VIII, p. 166, et voy. la Bibliographie. 17 jjne pareille tutelle parait avoir été altribuée particulièrement aux diviuités
étrangères, lorsque leur culte se répandit chez les Romains. Voy. O. Jahn, l. I. p. 46. — 18 Macrob. Sat. I, 6, 9 : i Inclusis intra eam remediis, quae crederent adversus invidiam valentissima » ; Plin. Hist. nat. XXVIII, 4-, 7. — l9 Pers. V, 31, et O. Jahn, Ad h. I. p. 185 et s. —20 Macr. I, 6, Il ; Tit. Liv. XXVI, 36; Plin. XXXIII, 4, 25; Suet. lll. gr. 25 ; Cic. Verr. I, 58 ; Ascon. Ad h. L; cf. Marquardt, Handb. d. rôm. Alterth. V. 1, p. 25. — 21 Juv. V, 165 : « Nodus tantum et signum de paupere loro. » Voy. aussi au sujet des bulles d’argent et de bronze, R. Rochette. Mém. de l’Acad. des Inscr. XIII, 1838, p. 630 ; Ficoroni, pl. iv. — 22 Bouillon, Musée; Clarac, Mus. de se. Voy. aussi Bekker, Augusteum, pl. cxix; Visconti, leon. rom. pl. xix; ld. Mus. Pio-Clem. 111, 24; Mon. de l’Inst. arch. VI, pl. xm; Séroux d’Agincourt, Fragm. de sculpt. en terre cuite, pl. xiv, etc.; Plaut. Bud. IV, 4, 112; Orelli, Lise. 1301 ; Marquardt, l. I. p. 84. — 23 0. Jahn, l. I. — 24 Sackeuet Kenner, Anti/c. Cabinet, p. 415, n. 31 ; Arneth, Cameen d. Mûnz. Cabinet, pl. xvn, 6 ; voy. aussi d’Agin-
voir d’écarter les maléfices, ou de quelque autre amulette 21 . Beaucoup de statues de jeunes Romains les montrent vêtus de la robe prétexte et portant la bulle. Celle que l’on voit (fig. 896), qui représente, à ce que 1 on croit, un des petits-fils d Auguste, appartient au musee du Louvre 22 . Les jeunes filles aussi portaient la bulle, on ne sai t pas j usqu’à quel âge ; quand elles la quittaient, elles en faisaient offrande à Junon 23 . Un camée du cabinet de Vienne n, ici reproduit (fig. 897), offre l’image d’Agrippine , femme de Germanicus, selon d’autres d’Antonia, portant à son cou une bulle en forme de cœur.
On rencontre aussi dans les monuments 20 des animaux au cou desquels des bulles sont suspendues, sans doute pour leur servir de préservatif contre le mauvais œil , dont on les croyait particulièrement menacés [fascinum]. E. Saglio.
BURGARII. — Pendant le bas-empire, le gouvernement plaçait auprès des frontières les plus menacées ( limites ) des barbares [gentiles], des soldats ( limitanei ), ou des vétérans auxquels il accordait des concessions en terres *, à charge de défendre ces limites contre les invasions du dehors. Ces territoires ( tractus ) étaient placés sous la direction de comités, de duces ou praepositi castrorum, et fortifiés par des burgi, ou petits châteaux, d’où le nom de Burgarii. Les terrains concédés aux burgarii leur étaient garantis contre toute usurpation par une disposition qui les déclarait imprescriptibles2 ; d’un autre côté, ces défenseurs ne pouvaient quitter leur poste aux frontières, sous les peines les plus sévères, qui menaçaient également ceux qui leur auraient donné asile3. G. Humbert.
BUSTUARIUS. — Gladiateur qui combattait auprès du bûcher ( bustum ) d’un mort. Les combats de ce genre remplacèrent les sacrifices humains par lesquels on honorait anciennement les mânes de ceux qu’on avait perdus1 [funus]. Sur une pierre gravée 2, qui est ici reproduite (fig. 898), on a reconnu un de ces gladiateurs, dont le caractère est déterminé par la pyramide funèbre qu’on aperçoit derrière lui [pyra]. E. Saglio.
BUSTUM [funus, pyra].
BUTYRUM (Bouxupov, [iou-njpo;), le beurre. — Les Grecs et
court, Op. I. xviii, 2 ; Lenormant, Icon. rom. xi, 2. — 25 Zahn, Die schônste Gemâlde in Pompei, I, 24. — Bibliographie. Spon, Miscell. erud. antiq. p. 299, Lyon, 1585; Baudelot, Bulle des enfants romains, dans les Mém. de l'Acad. des inscriptions, t. III (1714) ; Ficoroni, La bolla d’oro de' fanciulli nobili romani, Rome, 1732; Winekelmann, Morcelli , Délia bolla de' fanciulli romani, Milan, 1816 ; Raoul-Rochette, 3e Mém. sur les antiq. chrétiennes des catacombes, dans les Mém. de l’Académie des inscriptions, t. XIII, 1838, p. 628 et s. 733 ; O. Jahn, Adnot, ad Persium, Sat. V, 31 ; Id. Ueber dem Aberglauben des bôsen Blicks, in Berichte d. sâchs. Gesellschaft der Wissenschaft. Phil. hist. classe, 1855, p. 42; Yates, in Archaeological Journal, t. VI, 1849, p. 112; VIII, 1851, p. 166; X, p. 159; Cunning, Ibid. XIII, p. 321.
BURGARII. IC. 1 et 2, Cod. Theod. VII, 15, De terris limitaneis. — 2 N0v. Theod. II, XXIV, § 4. — 3 0. un. Cod. Theod. De Burg. Vil, 14. — Bibliographie. Walter, Geschichte des rômisch. Bechts, 3e édit. Bonn, 1860, I, n» 416 ; Godefroy, Ad codic. Theod. VII, 14 ; Bocking, Notitia dignit. Orientis, Bonn, 1853, I, c. 25 et p. 290 et s.
BUSTUARIUS. 1 Serv. Ad Aen. X, 519; Cic. In Pis. 9. — 2 Agostini, Gemme, IL pl. cix ; Maffei, Gemme, III, 87 ; Gori, Gai. de Florence, II, pl. lxxiii.
Fig. 897. Jeune Romaine portant une bulle.
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les Romains connurent le beurre, mais ils n’en firent pas un de leurs mets et ne s’en servirent pas ordinairement pour la cuisine. Hérodote et avant lui Hécatée de Milet *, ont raconté comment les habitants du Nord, Scythes, Thraces, tiraient du lait le beurre, qu’Hécatée appelle une huile 2. Un poëte comique du ivc siècle appelle les Thraces « des mangeurs de beurre » (pouTupo-paya;) 8. D’autres peuples, dans les pays qui entouraient les Grecs et les Romains, paraissent avoir fait usage d’un beurre liquide, non consistant, de la môme manière que ceux-ci employaient l’huile 4. Le beurre resta toujours à Rome et dans la Grèce un produit étranger, exceptionnellement utilisé, particulièrement en médecine 5. B. Saglio.
BUXUM (n^oç), Buis, bois de buis, et par extension, toutes sortes d’objets fabriqués de cette matière.
I. Tablettes pour écrire (nu;i ’ç, -rtu^tStov), recouvertes d’une couche de cire ( tabulae ceratae ) *. De là l’expression grecque ■jru'oypacpEtov 2 [tabula],
II. Palette des peintres sur laquelle ils étalaient ou délayaient leurs couleurs 3.