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palestre, composées chacune d'un vestibule (t:oo9uç,ovi orné de colonnes corinthiennes in aniis, et d'un cabinet ouvert sous le péristyle (1*, 2*). Ces pièces assuraient l'isolement de la cour intérieure par rapport à la rue : précaution prise contre les regards indiscrets et peutêtre aussi contre le vent du sud. — 3. Grande salle (à-&3uT-/,piov) servant de promenoir et dont la longue colonnade intérieure constitue avec le péristyle un véritable portique double analogue à celui que prescrit Vitruve avec une orientation différente. — 4. Ce cabinet fermé convient à Velaeolhesium. — o. Exèdre ou àÀmTr|piov. — 6. Ephebeum (?). — 7. Salle fermée, peut-être le cnrijceinn. — 8. Conisterium. — 9. Aourpciv? Cette dernière pièce n'a pas été complètement dégagée, mais on reconnaît qu'elle s'ouvrait seulement sur la précédente. Ce fut là sans doute le bain chaud primitif, consistant en une simple vasque qu'on remplissait avec l'eau du Kladéos ou de l'eau de puits. A l'époque romaine, après qu'Hérode Atticus eut amené dans l'Altis l'eau qui lui manquait', toutes les parties du sanctuaire furent abondamment pourvues par une canalisation complète. Un bassin carré, garni de briques, d'environ 4 mètres de côté et de lo'iSS de profondeur, fut alors aménagé dans la pièce de l'angle nord-est (13) de la palestre. Il n'y a pas trace de concameraia sudatio ni des autres raffinements balnéaires du modèle vitruvien. Des thermes, installés dans le voisinage immédiat du gymnase, suppléèrent plus tard à cette insuffisance. Les autres subdivisions du côté nord comprises entre les deux pièces d'angles, c'est-à-dire au centre une vaste exèdre (H) tlanquce de deux grandes salles fermées (olxo; ? 10, 12) ne sauraient recevoir de nom particulier. On appellera exèdres les compartiments (14, l.'S, 16, 17} du portique oriental. Dans quelques salles (2", 5, 14, 17), ont été retrouvés en place des autels et des bases de statues. Les murs de la palestre étaient en briques sur un socle de pierres de taille. La peinture rehaussait la décoration sculpturale de l'entablement. Le style des chapiteaux atteste la recherche de la variété ; il s'affranchit des modèles canoniques et se rapproche, par ses formes un peu grêles, des types de l'époque hellénistique retrouvés en Asie.
L'area de la cour intérieure présente une particularité bizarre. C'est, parallèlement au péristyle nord, un dallage de tuiles, large d'environ o mètres sur une longueur probable de 2,t mètres et disposé comme suit: sur le i)ord nord court une ligne de tuiles il rebords surélevés, large de 0°',oO, puis un dallage de tuiles striées de 1"',60 de large, ensuite une double bande de tuiles lisses à
é 1 a Mitres
Fig. 367). — Dallage île ia palestre irtjlviiipie.
rebord saillant large de 1 mètre, et un deuxième dallage strié dje 1"",()0 ivoy. fig. 3(171) -. On a beaucoup discuté
1 Philostr. Vit. Soph.W, i. 5; I.uc. De morte Peregr. ^9,^0. — '^ Àusgrabtmgen von Olympia^ t. V, p. 41. — 3 Overbeck-Mau, Pompei, p. 215; Micliaelis, Arch. Zeitung, ISSS, p. 21. — j' Bull. t\ap. VI, p. 18. — '■' L'hyputliùse de Wernicke
la destination de cet ouvrage. Un plancher aussi dur ne convenait guère aux lutteurs; l'hypothèse d'un aqueduc est encore moins plausible. On a pensé à un jeu, dans le genre du dallage en plaques de tuf installé dans la palestre des thermes de Pompéi et sur lequel on a retrouvé deux lourdes boules de pierre'. Cavedoni '* a supposé que ces boules servaient à éprouver la force des gens qui s'exerçaient à les faire rouler sur les dalles. C'était donc un jeu de force analogue à celui du disque. A Olympie, la fragilité des tuiles exclut une semblable conjecture. Il s'agit plutôt d'un jeu n'exigeant qu'un matériel léger : des boules de bois seraient encore trop lourdes et s'accorderaient mal avec l'existence des stries^ On pensera donc, en dernière analyse, à une manière de <7(patfit(7T-/ipiov: les joueurs, obligés de prendre leur élan pour lancer le ballon, avaient moins de chances de glisser sur un dallage strié. Quant aux rainures latérales, peutêtre servaient-elles à renvoyer le ballon aux joueurs.
On sortait de la palestre par l'ouverture percée dans le mur au fond de l'exèdre centrale du portique nord et l'on pénétrait dans le gymnase. De celui-ci on n'a encore reconnu que le portique simple, au sud, contigu à la palestre (Vitruve dit: «iina ex peristylio exeuntibiis »), et un portique double, incomplètement déblayé, qui s'allonge au nord, sur une longueur de 210", 30. Le portique simple, à colonnade dorique, communique à l'est par une petite porte à escalier avec un bassin ouvert sur la rue, en face de l'Altis. Le portique double répond incontestablement au xyste de Vitruve. Il mesure 11°, 30 de largeur, et se subdivise en deux galeries séparées par une colonnade médiane, dorique ainsi que la rangée latérale. .\ chaque extrémité le mur de fond se rabat en crochet sur le stylobate jusqu'à l'alignement de la troisième colonne médiane. La distance qui sépare ces alignements, indiquée sur le dallage par des lignes de trous destinés à recevoir des poteaux de départ, mesure exactement un stade olympique (192"°, 27) : la longueur totale du xyste équivaut à celle de la piste du stade d'Olympie, mesurée du pied des deux talus extrêmes. Ceci explique clairement le sens de l'épithète sladiatae appliquée par Vitruve aux xystes". Elle signifie, non pas en forme de stade, mais de la longueur d'une piste de stade. 11 n'y a pas de manjines à l'intérieur du xyste olympique.
Entre les deux portiques du gymnase s'ouvre un propylée ou porte monumentale (l'entrée signalée par Pausanias), qui fait communiquer la rue avec la cour du gymnase. Cette construction, datant de l'époque d'Auguste, remplace une porte plus ancienne et plus simple.
Le xyste occidental, parallèle à celui qui subsiste, devait être à simple colonnade. 11 a disparu, sans doute emporté par le Kladéos dont le lit a envahi la moitié du gymnase. Mais son existence résulte formellement du texte de Pausanias. La figure 3672", qui présente un croquis restauré de l'ensemble du gymnase, montre la disposition probable de ce portique avec les chambres d'athlètes qui le bordaient vers l'ouest, et celle de la
XpTiTItÇ.
Quant au stade, il était séparé du gymnase et situé de l'autre côté de l'Altis. On ignore comment était constituée, du côté du nord, lacliituro do la cour du gymnase.
{Jahrb. 0. /cuis. Jjistit. 181*4, p. ly"), (|ui croil à une sorte <lo jeu île IjouIi-s, ne me parait pas roncluanto. — i'' Cf. Strab. .Wll, 1, 10, p. "'J.H à propos ilu gyiuuasc d'Alexandrie : iniîî'ju; ^ ïthSiciîojî i/oïtSh itto»;. — 1 D'après Weriiickc (O. I. p. IS3).
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La palestre du gymnase de D(:-los (fig. .3(i73) ', qui existait, dès In début du iir siècle av. J.-C, présente
Fig. :ii»7i. — Gymnase d'Oljmpic (r'cstauralion).
beaucoup d'analogie avec celle d'Olympifi. Encombrée de constructions modernes, elle n'a pu être complètement
Fig. 3673. — Paleslrc Je D.-los.
dégagée. On reconnaît toutefois le dipositif canonique de la cour carrée entourée d'un péristyle quadrangulaire. Les colonnades du péristyle n'ont pas été reconnues, mais leur existence ne fait pas doute. On retrouve Vepheheum dans la grande exèdre du portique Nord (R) et la série des pièces spéciales dans les subdivisions du portique Sud (C, D, E). Il resterait encore à vériliersi le portique Nord ne se prolongeait pas à l'ouest par un xyste. C'est, en effet, de ce côté, que la palestre devait communiquer avec le gymnase. Quant au stade, il se trouve isolé à quek|ae distance de là, dans une autre direction. Les comptes déliens retrouvés par M. HomoUe mentionnent à différentes époques des réparations à diverses parties de la palestre et du gymnase : l'exèdre vers 280, le XouTpôv en 2(18, la couverture en 256^.
Sur le gymnase d'Êpidaure, déblayé par M. Cavvadias en 1892, les renseignements actuellement publiés' indiquent qu'il appartenait au même type hellénique.
1 ll'aprC'S Fougt^res, Bull. île Côrr. hell. 1811), p. 239 et èuiv. — - Bull, de coït. hell. 1890, p. tS8, n. 1. — 3 Alli. JUitlli. .Wll, p. 96 et 283. — l Papers of Ihe areheol. Inslil. of America, I, 1882, pi. iv, p. 40; Zeitschrift [. bil. Kunst, 1883, p. 8a, avec plan. Voy. sur la découverte en 1895, à Érélric eu Eubée, des restes do deux gynuiasos, Pliilol. Woc/i., 1805, p. 959; Athenxuin, 1895, II, p. 108 et 200; S. Reiuacli, llev. arclu'ol., 1895, II, p. 348. — 5 Palestre partie d'un bain : Luc. Hipp. 8 ; l*oIlu\, l.\, 43; Suet. -Ver. li; Corp. inscr.gr. 58(19. Cf. inscription des grands bains tic Pompéi (Overbeck-Mau, Poinpei, p. 215). Herodiaii. 1, 12, 20; Isidor. Oritj. .\V, 2, 40 ; Hacc (balnea) et gymnasia dicuntur. Cf. les lexiques : Suidas, Zonaras. Elyni. Magn. 5. v. Y^^jAvà»,». — 6 Texier,
Mais il fut remanié à l'époque romaine, et l'on installa un théiitre au milieu de la cour de la palestre.
Il faudrait rattacher à la même catégorie l'édifice découvert à Assos en 1881, si la qualification de gymnase, proposée par les archéologues américains, méritait créance'". Mais celle d'agora ou de marché lui convient beaucoup mieux, étant donnée l'absence de tout compartiment intérieur entre le péristyle et le mur de fond.
V. A partir de l'époque romaine, on constate dans la disposition des gymnases une révolution complète. Le corps des bâtiments de la palestre se complique au point de ne plus pouvoir se loger dans l'étroite bande comprise entre le péristyle et le mur de fond. Il déborde au dehors, pour former un groupe annexe rattaché à l'un des côtés de la palestre, comme on l'observe à Pergame ; puis il se détache complètement pour venir occuper le centre de la cour intérieure, jadis vide. Là se massent en un groupe compact Vephe/jeum, les olxot, les (jœaio'.<7TY|p!x couverts et clos, et les bains. Ce corps de bâtiment se modèle de plus en plus sur la disposition des établissements balnéaires : aussi les termes de palestre et de bains deviennent-ils synonymes ''. Les archéologues discutent encore, à propos de certaines ruines, comme celles d'Éphèse, d'Hiérapolis et d".\Iexandrie en Troade, pour savoir quelle qualification leur convient le mieux, celle de gymnase ou celle de bains. En réalité, comme Texier le fait justement observer ''', à cette époque les deux opinions peuvent être conciliées dans bien des cas, puisqu'il y a identité entre la palestre et les thermes. Toutefois, on réserve la qualification de gymnase aux établissements pourvus de xystes et de stade" ou seulement d'un péristyle quadrangulaire, lequel,dégagé des locaux intérieurs ordinaires aux anciennes palestres, rendait inutile l'adjonction de ces interminables xystes qui allongent démesurément les constructions d'Olympie. Tel est, par exemple, le gymnase dit d'Hadrien, à .Athènes. D'une manière générale, le gymnase gréco-romain présente un plan plus ramassé et plus carré, à partir du moment où les subdivisions de la palestre, reportées au centre de la cour, permirent d'utiliser comme promenoirs ou comme xystes les galeries du péristyle quadrangulaire établi sur une plus vaste échelle que celui des anciennes palestres. Dans ce cas, les oûoixo! extérieurs, couverts ou bordés d'arbres, se raccourcissent, comme à Éphèse et à Hiérapolis, ou bien disparaissent comme à .\thènes. Ce dernier plan convient particulièrement aux gymnases urbains, à qui la place manquait pour se développer au milieu de parcs et de jardins. Il conduit directement aux grands thermes de l'époque antonine dans lesquels se fondent en un type grandiose et harmonieux les éléments de la palestre et du gymnase grecs, et ceux des bains romains.
Le gymnase de Pergame ', découvert en 1879, et dont la figure ;{(!74 reproduit le plan d'après le croquis de M. R. Bohn ', offre l'intérêt d'un type de transition
Asie Mineure {Univers pittoresque), 1882, p. 196. — " t^esl poun^uoî on excluera l'édifice d'.Mevandria Troas, qui n'est décidément qu'un élablissemcnt thermal pour bains en tlouchcs. de l'époque d'Ucrode AlUcus: KoïdevTey, Ath. MUlh. IX. p. 36. pi. Il et m. Voy. les anciens plans, lonian anti-juities. II, 52, 33, 54; Texier, 11. pi. cvn ; l'rokescli, Denktrûrfiiykeiten, 111, p. 366. De même, on ne saurai se prononcer sur les prétendus gymnase d'Iassos (Texier, III, pi. ccrn), et d'Aphrodisias (Leake, Asia Jiinor. p. 2-54, Adiiitional notes, p. 341). — ^ Ti -z^t vfwv Tu[jivd9t^v *Mojv. •:f.:i iW-j^.ù. -i^.'i.. 1ST5-1$76, p. &.). Une inscription mentionne six gymnases à Pergame; l.e Bas-Waddington, n* 1723 c. — ' Ergebnisse der Awtgrab. su Pergamon. I8S0. p. 101.
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entre le système hellénique et le système romain. 11 rentre dans la catégorie des gymnases urbains. On y retrouve encore le péristyle ancien (A, A), entourant une cour rectangulaire et vide. Derrière les portiques, règne sur
pas peu influencé rimagination des restaurateurs, qui croyaient retrouver dans les édifices similaires des copies
Fig. 3674. — (.rymnase de Pergamc.
trois côtés une série de salles rectangulaires [h, h) incomplètement conservées. Les nécessités locales ont imposé ici une dérogation au plan canonique, en obligeant l'architecte à sacrifier la galerie sud de la cour, à cause des escarpements qui limitent le terrain de ce côté. Un long couloir extérieur (B, B) remplace le péristyle; il pouvait servir de xyste. Vers l'est, ce passage donnait accès sur une rangée de cellules (C, C), logis d'athlètes comme à Olympie, ou chambres du personnel. Dans le coin nordouest une vaste exèdre en hémicycle (D) s'adosse aux pentes supérieures : c'est une sorte d'odéon ou de salle de conférences, dans le genre de ces scholae dont parle Vitruve à propos des thermes'. La cavea faisait face à une scène ou estrade supportée par le loil du péristyle. En arrière, au nord, de gros murs (0,0) de soutènement contiennentles terresde l'Acropole. Ausud-ouest, laconstruction s'appuie au mur d'enceinte [p, p) de l'Acropole. Ce qui est particulier au gymnase de Pergame, c'est le groupement, en dehors et à l'est du péristyle, des locaux destinés aux bains et des oUoi. On peut reconnaître un apoili/terinm{l), un sudalorium (3), un tepidarium (5), un caldariwn (6), un fornax (7), un à).£t-Tiîptov (4), un frigidarium (5). Quant aux locaux proprement gymniques, coryceum, comsterium, ephobeum et autres exèdres, c'est dans les salles carrées rangées autour du péristyle qu'il convient plutôt de les chercher. Le gymnase de Pergame, construit vers le début du ii' siècle apr. J.-C, est en somme une palestre hellénique, avec adjonction de bains romains-. Les inscriptions y mentionnent un àXîi-TTjOiov, une -apaooofifç, un portique ^.
L'édifice d'Ëphèse '-, représenté par la figure 3075, montre en Asie le développement luxueux des gymnasesthermes à l'époque d'Hadrien et des .\ntonins. Les bâtiments occupent le centre de la cour, et les péristyles de la palestre sont remplacés par des couloirs ou galeries voûtées {cryptoporticus). Les salles intérieures, couvertes de voûtes ou de coupoles, avaient des parois plaquées de marbres et de stucs. On n'a maintenu sur notre figure que les parties subsistantes et éliminé les restitutions partout adoptées depuis Canina, en particulier celles des xysles et du stade installés dans le grand espace vide entre le corps de bâtiments cA Icpéribule (M, M). Le désir d'accorder l'état des ruines avec le texte de Vitruve n"a
1 VUr. V, 10, 15. — 2 Voy. un disposilif analogue à Prièiic, A)i(. nf Ion. ISSI.pl. n. — 3 Voy. note 9, p. 1690. — ' 70». mit. pi. LULrii ; Canina. Arclt. qr. p. 132 , Durni,
Fig. 3G75. — Gyniiiase-tliermos d'ÉpIièse.
du gymnase vitruvien. En réalité, ils s'en écartent peutêtre encore plus que les thermes de Caracalla. Toutefois, comme ils sont partout cités et qu'on ne saurait leur dénier la qualité de gymnases dans une certaine mesure, nous n'avons pas cru devoir exclure ce spécimen. Toutefois rien de plus incertain que les identifications proposées par les archéologues et les architectes au sujet de ce monument. L'ensemble du bâtiment est limité par un péribole extérieur (M, M) .séparé par des cours du corps central. Autour de celui-ci règne, en guise de péristyle, un corridor voûté à quatre côtés (A, A, A, .\) sur un rectangle d'environ 100 mètres de largeur sur 80 mètres de profondeur. Aux deux angles, en haut de la figure, des absides indiquent la place d'exèdres, d'oixoi ou de scholae. En bas, le corridor A communique par deux entrées avec une aire découverte B. de GS mètres de long, peut être une arène pour les lutteurs. De là, on pénètre par des couloirs brisés à angle droit dans une salle centrale (C), d'ordinaire assimilée à Vepheheum. S. droite et à gauche quatre compartiments rectangulaires (D, D), ouverts seulement sur B, représentent peut-être un apodytfriiim, un rlneothesiuni, un coryceum et un conisirrium. En arrière, un couloir plus étroit terminé par deux petits cabinets (a, a) conduit aux bains : frigidarium (F), tepidarium (H, H). Au milieu, en I, une salle de rez-de-chaussée à la voûte enfumée parait représenter une coucamerata sudatio, ou un propnigeuvi, ou encore un caldariwn, d'où un escalier (c, d) menait à la pièce supérieure, le ■nvivEûç ou le laconicum. Dans la longue salle K on place le sphaeristei'ium flanqué d'apodyteria (G, G).
Le prétendu gymnase d'Hiérapolis '■ longtemps considéré comme le type accompli du gvinnase vitruvien, n'est pas plus instructif et peut être négligé ici.
liauk. d. tU'iech. p. 232. — ^ l.calic, .Xsin Miiior ; Canina, Arch.gr. p. 1 33. Vue générale dansTexicr, I, p. 53. Le plus beau gymnase d'Asie élail à Snnrnc; Pliil. \it. Vol. I, 2'i, 3.
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Nous terminerons cette revue par lu nieiilion d'un bâtiment de style plus pur, sinon de caractère moins anihi^'u; nous voulons parler du grand édifice carré situé à Athènes aux environs de la Tour des Vents et dégagé
Fifr. 3676. — (îymnasc d'Hadrien, à Athènes.
partiellement en J88o et 1880 par la Société archéologique ' (lig. 3676). On en connaissait de longue date un fragment, en bordure sur la rue d'Éole, sous le nom traditionnel de Portique d'Hadrien. Depuis qu'il a été relevé dans ses grandes lignes, on lui a appliqué la qualification de Gymnase d'Hadrien, en se fondant sur un passage assez confus de Pausanias -. Koumanoudis préfère y reconnaître une bibliothèque, et plus récemment, M. Ussing' a proposé d'y retrouver le Ptolémaion, le gymnase des éphèbes à l'époque hellénistique, construit vers 275 par Ptolémée Philadelphe ' et qui contenait la bibliothèque des éphèbes. Il serait ici hors de propos de discuter ce délicat problème d'identification, que des fouilles intégrales pourraient seules résoudre. On constate, d'après le plan de M. Dôrpfeld ci-dessus reproduit, que l'édifice se compose d'un péristyle tétragone (A, A) sur lequel s'ouvrent, à la manière des anciennes palestres, des exèdres carrées ou bémicycliques et d'autres salles fermées. On pourrait reconnaître un epheheum dans la grande pièce qui fait face à l'entrée. A la rigueur, toute cette partie conviendrait à une palestre de l'époque alexandrine. Le corps de bâtiment isolé au milieu de la cour peut, au contraire, dater seulement de l'époque impériale. Contenait-il des bains ou une bibliothèque? 11 est difficile de se prononcer encore à ce sujet. Quoi qu'il en soit, il n'est pas sans intérêt de comparer les dispositions de cet édifice avec celles des grands thermes romains [thermae]". VI. Le régime intérieur des gymnases est très mal connu. Chaque époque et chaque pays suivait en cela des règles particulières dont le détail nous échappe. Le plus clair de nos renseignements à ce sujet provient d'une source assez suspecte, les règlements cités par Kschine dans le Discours contre Timarque et placés par lui sous le patronage de Selon. Il s'agit surtout des pré-
' nf«/-i-/'A Tr,; '/o/. ETatoEÎa;, 188.T, p. 13 et suiv. pi. i. cl 18S6, J). 10 et Slliv. — 2 l'aus. 1, IS ad fin.; Corp. inscf. gr. 353. — 3 R^suiiit5 en franrais d'une conférence pul»li(î dans VOvcrsiijt overdet Kongeliije Danskv-Yidenskabernea, etc. 1894, n" i, pi. V (cf. ^licA. Anzeigcr, 189V, p. i08). — * l'aus. 1, 17, 2.-5 Peulôtre doit-on reconnaître un gymnase dans les constructions de la Villa Hadriana à Tibur, aux environs du Stade. Voy. Wiunefcld. Villa des Iladrian, 1895, pi. i, n" lu, détail, pi. xi et \u. — 6 Grasberi^er, Erziehuntf, I. p. 215; P. Girard, lùhic. atlién. p. 39. — 7 Aescllin. C. Timarch. 10, \t, — ** I.ucian. De Paras.
cautions pri.ses par le législateur athénien pour sauvegarder la morale publiijue et protéger la jeunesse contre les contacts corrupteurs. Encore ces prescriptions s'appliiiuent-elles plutôt aux palestres libres des pédo- Iribes [palakstka; qu'aux gymnases d'fitat : de plus, la teneur même des décrets ne paraît pas toujours authentique. Sous ces réserves, on peut les résumer ainsi ' :
1" Les palestres doivent être fermées la nuit et ouvertes du lever au coucher du soleil, mais pas avant le lever du soleil'. On les fréquentait, semble- t-il, surtout le matin avant et après le déjeuner ou apiî-riv'.
2° L'entrée de la palestre est interdite aux hommes faits pendant que les enfants célèbrent les fêles des Muses et celles d'Hermès. Le gymnasiarque qui n'aurait pas exclu les contrevenants s'exposait à des poursuites pour excitation à la débauche'. Mais plusieurs textes, en particulier Eschine lui-même'", contredisent cette assertion et prouvent que ce règlement tomba vite en désuétude. Les vases peints nous montrent constamment, mêlés à la palestre ou au gymnase, des hommes de tout âge [gymnastica!.
3° Interdiction aux esclaves de lutter et de se frotter d'huile dans les palestres des hommes libres".
4° Le voleur qui aura dérobé dans une palestre un objet d'une valeur supérieure à lOdrachmesserapunidemort'-.
A ces règlements, Aristophane ajoute une indication piquante'^ : les enfants bien élevés, après s'être assis sur le sable de la palestre, devaient effacer l'empreinte de leur personne.
Les savants qui ont étudié les institutions gymniques et agonistiques, ainsi que l'éphébie, ont longuement discuté la question de l'âge du public admis dans les palestres et dans les gymnases'*. On suppose généralement que les TcaïSîç et àyi'iv.o:., c'est-à-dire les enfants et adolescents de douze à dix-huit ans, recevaient l'éducation physique et intellectuelle dans les palestres libres des pédotribes, tandis que les gymnases de la cité s'ouvraient surtout aux éphèbes et aux vio-., de dix-huit à vingt ans et au-dessus '^. On doit toutefois admettre que, dans des circonstances spéciales, à l'occasion des Hermaiaet d'autres concours, les éphèbes ou ïvops; pouvaient retourner à la palestre des enfants et ceux-ci pénétrer au gymnase sous la conduite de leur pédotribe. On ne saurait d'ailleurs établir une règle absolue. Enfin les hommes faits ayant dépassé 1 âge de l'éphébie et les athlètes professionnels avaient le droit, sans doute en dehors des heures réservées aux exercices des éphèbes, de disposer du gymnase. Les villes soucieuses d'isoler la jeunesse lui consacraient des gymnases spéciaux : tels, à Athènes, à partir du m' siècle, le Ptolémaion et le Diogénéion, où la promiscuité des anciens gymnases publics, Académie, Lycée, Kynosarges, n'était plus tolérée. Élis réservait aux éphèbes le Maltho'^ pendant les fêles Olympiques. Pergame possédait six gymnases dont un réservé aux vÉo'., celui qui est reproduit parla figure 367i. Mais toutes les villes n'étaient pas aussi bien pourvues : en
10 ; Mar. i. l'Iaul. liacch. III, 3, 10. — » Aesch. 0. I. li. — lo Aesoh. O. /. 10; Plat. Lys. f. i06 D. — » Aescb. O. l. 138; Plut. Amat. 4; Sept. Sap. Conr. 7; .S'o(. 1.— '- Acsch. O. I. 6; Dcm. C. Timocr. lU. — 13 .\rist. -Vu*. 97i.— I» Vojr. le i^sumi^ des principales opinions de Krause, Beekcr, Hermann. Maase, etc. dans Grasberger, Erzieltunf/, I, p. 247 et suiv. — '3 P. Inrard, Kduc. athén. p, S8, art. EDOC»Tio, KpiitBi. Cf. Plat. Axioch. p. 366; Pausan. II. 10, 6; VII, 27, î ; Slrab. XIV, î, p. 650; Plut. Amat. 9; f'imon. 16; Allien. XIII. 20, 566(!. — le Paus. VI. ii. Voy. pour Sicyone, Paus. Il, 10, 0; pour Njsa, Strab. XIV, 2. p, 650.
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maint endroit, un seul et même gymnase servait à l'éducation de la jeunesse, à celle des hommes faits et à l'entraînement des athlètes professionnels. D'autre part, à Élis et à Olympie, les athlètes candidats aux palmes olympiques composaient la clientèle ordinaire des gymnases athlétiques, soumis à une réglementation particulière'. Sans doute devaient-ils payer un droit d'entrée.
L'administration des gymnases était contiée à des magistrats spéciaux, gymnasiarques [gymnasiarchia], cosmètes [cosmetaej, secondés par des hypogymnasiarques, des hypocosmètes, des pédonomes et des épimélètes. Sur ces fonctionnaires, et sur le personnel enseignant, gymnastes, pédotribes et professeurs divers, on trouvera des renseignements aux articles spéciaux qui leur sont consacrés -. Le personnel subalterne comprenait des employés chargés de l'entretien du bâtiment et du matériel, tels que l'épistate de l'Académie ■' et l'épimélète du Lycée*, un gardien de palestre ou TraXaur- T[;ocpiJX-/;,un portier (Oupcosoç), des garçons ('J:rY,psrïi) et des employés divers, la plupart esclaves, chargés du service des bains, delà cuisine : aliptes [aliptes], paXaveùç, denudator gimanasius'^, lA-ivEipoç, etc. Les comptes aéliens montrent que le gymnase de Délos, administré par les hiéropes d'Apollon, était surveillé par des agents salariés du sanctuaire. Le palaistropht/lax Midas, sans doute un esclave acheté parles hiéropes, touche une indemnité de 120 drachmes pour sa nourriture".
Pour les exercices et les concours, nous renvoyons le lecteur aux articles agonothetai, atuletai, certamina,
GYMNASTICA, HERMAIA, PALAESTRA, elc. G. PoUGÉRES.
GY.MXASTÈS (ruavaiTr,?). — Personnage qui dirigeait les exercices de gymnastique d'une façon méthodique: il est souvent confondu par les anciens eux-mêmes avec le PAiDOTRiBÈs. Le gymnaste avait surtout à déterminer le genre d'exercice auquel chacun devait se livrer selon sa constitution ; il s'attachait à mettre le corps et les muscles dans un état déterminé'. Le pédotribe enseignait les manœuvres, faisait exécuter les exercices prescrits, sans s'occuper des effets qu'ils devaient produire sur la santé ; ce qui suppose naturellement que tout gymnaste possédait la science du pédotribe et lui était supérieur. 11 était chargé aussi d'examiner ceux qui voulaient devenir athlètes, d'apprécier leurs aptitudes spéciales et de surveiller le régime de ceux qui se livraient aux excercices. Les gymnastes étaient très habiles à reconnaître, à certains signes extérieurs, les écarts de régime dont les athlètes se rendaient coupables et indiquaient les moyens de remédier aux conséquences de ces irrégularités-.
Ils accompagnaient les athlètes ou les adolescents aux jeux publics ; ils les guidaient prol)ablement dans les
1 Paus. Vi, 2-'t. — 2 Sur les professeurs du gyriuiuse épliébique, voy. f.i-iiebi, 11. 627. — 3 Hyper, c. Demoslh. 22. — 4 Corp. inscr. utt. III, sn. — 5 Inscr. deSSville, BuH. des Anliqiiaires del'r. 1890, n' 23fi. — c Honiollc, BuU. de cor r. hell. 18'JÛ, p. 488, complesde 246, de 225, de 201, de l'JO où figure aussi un înriflTr,; tU -'/*«rffTjav. Voy. aussi les fonctionaaires éiiumérés par Pollux, VI, 12, 88 et suiv.; vil, 109, 166 ; X, Hii et suiv.; Bocckb, Corp. inscr. tjr. ad n. 268. — HiisLioGRAPHie. — D. AuUsius, />(? Gymnas. coiistnicthne in Sallengr. .Voc. Tkesaur. III. p. 898, 1719; Sclimidt, /^ic Gfjinnasien als UebungsplcUzc, Halle, 1844; lirugsma, 6'y»(;ta5ioï'it7n apud Graecos description Groning. 18d.t; Peterscn, Dus Gijjnuasiian tlcr Griechen nack sciner baulichcn Einrichtun(j , Hambourg, 18a8 ; cf. Arch. Anzeifjer, 1856, p. 278 et suiv. ; Ijucsgen, De Gymnasii Vitruvianipalaestra, Bouii, 1863; Krause, Ai/onistik u. Gijmnastik der Ilelienen, Leipz. 1841, I, p. .SU et suiv. ; Bccker- (joll, Chariklfis, II, p. 2'î!> s<iq. ; Haase, art. J*alaeslru dans V /Ciici/clopèdic d'Ersch et Gruber, sect. III, l. ,\iX, p. 300 sqq. ; l'auly, Iteatencyclopiidie.ivi. Gytnnasium \ Wcrniclic, Olyinpische Beitrûije {Jahrb. d. k. arch. Jnstit. 1804, p. 101 et suiv.);
exercices préparatoires, et pendant le concours lui-même ils tâchaient de leur être utiles, en les excitant, les menaçant, les réprimandant ; quelquefois même ils avaient recours à la ruse pour leur faire remporter le prix. .Au temps de la dégénérescence des institutions athlétiques, on en vit prêter, à gros intérêts, de l'argent aux athlètes qui voulaient acheter de leurs adversaires une victoire facile ■'. On érigea des statues à certains d'entre eux aussi bien qu'aux vainqueurs olympiens eux-mêmes, probablement pour reconnaître l'excellent enseignement qu'ils leur avaient donné '.
11 y eut des gymnastes spéciaux pour la course, d'autres pour la lutte et le pancrace, pour les exercices u légers >) et pour les exercices « lourds » [athleta] ^
Les soins qu'ils donnaient se rapprochaient à beaucoup d'égards de ceux des médecins ; sans doute leurs prescriptions étaient surtout hygiéniques, mais parfois ils ordonnaient'' des purgations ou des remèdes pour assouplir les parties du corps endurcies, pour en fortifier d'autres, les tranformer ou les échauffer. Ils guérissaient les fluxions, rhydropisie,la phlhisie,répilepsie,non pas comme les médecins par des affusions, des potions et des topiques, mais par les exercices et les frictions. On en vit quelques-uns étendre beaucoup plus loin l'exercice de leur art '.
Les gymnastes étaient très souvent d'anciens athlètes forcés par l'âge à renoncer aux concours et à chercher un gagne-pain dans l'enseignement de la gymnastique. On peut citer comme les plus célèbres : Iccus de Tarente, qui avait remporté le prix du pentathle à Olympie*; Hippomaque d'Élée, qui remporta le prix du pugilat des adolescents, après avoir vaincu successivement trois adversaires sans recevoir une seule blessure'; Mélésias d'Athènes qui remporta, à Némée d'abord, un prix comme adolescent, puis un autre au pancrace comme homme fait; il s'établit à Égine et eut l'honneur de compter parmi ses disciplesjusqu'â trente vainqueurs'". D'autres athlètes se faisaient gymnastes, parce qu'ils n'avaient pas réussi dans les jeux publics. Enfin il yen avait aussi qui n'avaient jamais été athlètes. Le moyen le plus ordinaire de débuter dans la carrière consistait sans doute à acheter une palestre et à y donner des leçons pour de l'argent.
D'après Philostrate ", le gymnaste était recouvert d'un manteau (t;i'6cov), quand il oignait les athlètes, sauf à Olympie, où les gymnastes étaient obligés d'accomplir leurs fonctions dans un état de nudité complète. Les monuments de l'antiquité représentent fréquemment des personnages en manteau et armés de la verge, ijui dirigent les exercices gymnastiques [gymnastica, fig. 3(179 à 3682J : ce sont des pédotribes : on n'y reconnaît à aucun signe
BlavcLle, Bestaur. de ta palestre des therm. d' Agrippa. Mvi. de VÉc. de liortie, 18S;i, p. 3 et suiv. pi. I et u. Les essais de reslituliou du gyninase vitruvieu par les anciens éditeurs cl traducteurs de Vitruve ne prc'-sentent plus aucuu intérêt; on en trouvera la liste dans les notes de Krause. De mùme. nous renvoyons à Krause pour la liste des villes dont les gymnases sont mentionnés par les auteurs [Agonistik^ u. Gymn. \, p. 126) et à Licrmann {Atialecta epiijrapUica et agonisticn, dans les Dissert. luilenses, 1S80, X, p. 77) pour les ti^nioignages ^pigrapbiques.
GV.M\ASTi;S. 1 Aristot. Putil. Vlll, 3, p. 33s, I. 7 ; lialeu. De ijyiiin. ad Tlira- ■vjh. 45; De .laii. lu., Il, 0, Il et 12 (t. V,p. 892; t. VI, p. 143 et I.i3-lr>7, M. Kiilin^. Plliloslr. Du gymn. 14. — 2 Philostr. 0. C. 25 sqq. ; 48 sqq. ; cf. Plat. Crilon. p. 47 6.
— ■' Philostr. O. c. 43. — '• Paus. VI, 3, 6. — ;■ Philostr. 15. — « II). 14. — • IMppocr. ICpid. VI, 3, 18. — S Paus. VI, 10, 2 ; Plat. l'rotng. p. 316 e ; Leg. VIII, p. 840 a.
— 3 Paus. VI, 12, 3; Aclian. Var. Iiisl. Il, 6. — 10 Voy. Krause, Olympia, i>. 325; Xemea, ii. 156. — H L. c. SI".
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