‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 103 sur 104 · C.VM · texte numérisé non relu

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certain des gymnastes, qui pourraient être figurés dans la même attitude.

On mentionne des progymnasfes',qui étaicntprohaijlement des employés inférieurs du gymnase. Busskmakkh.

GYMIVASTKl.V (.\RS), l'uuivxgTiz-;) ré/v/). — 1. La gymnastique est, scion la définition de Galien'.la scienec des efl'ets que peuvent produire les exercices corporels. Certains auteurs en font remonter très haut l'origine et en attribuent l'invention à divers héros mythologiques'. Comme rien n'est plus naturel que de s'exercer à la course et à la lutte, il est évident que la gymnastique fut pratiquée longtemps avant d'être devenue une science et même d'avoir reçu son nom. C'est ce qu'on remarque dans Homère qui ne la nomme jamais^ Il suffit de lire la description des jeux funéraires célébrés en l'honneur de Patrocle, et celle des exercices auxquels se livrent les Phéaciens à l'occasion du séjour d'I'lysse dans leur ilc. Le nom de gi/iiuiastiquc, comme appellation générale des exercices corporels, ne peut être antérieur à la date indiquée par Thucydide" et Platon'', où les concurrents se montrèrent entièrementnuset commencèrent à se frotter d'huile et de poussière. Autrefois ces frictions étaient inconnues: il n'en est pas question dans Homère, et les gymnastes conservaient au moins le subligacullim. La nudité absolue dont les Lacédémoniens et les Cretois donnèrent l'exemple fut officiellement admise aux jeux olympiques en 721 av. J.-C. (.vV 01.). Mais le développement donné à la gymnastique, comme art méthodique, date d'une époque plus récente, antérieure de peu à Platon; elle coïncide avec l'institution des athlètes [athletaeJ, qui se consacraient exclusivement aux exercices corporels pour se rendre aptes à concourir dans les jeux publics aussi bien que des gymnastes et des paido- TRiBAi qui faisaient métier de cet enseignement^. Cet art savant et compliqué continua à jouir d'une grande faveur partout où les mœurs grecques prévalurent ; avec elles il ne tarda pas à être introduit à Rome.

D'après Tite-Live', les premiers athlètes parurent dans cette ville l'an 186 av. J.-C. à l'occasion des jeux publics donnés par M. Fulvius pour s'acquitter d'un vœu fait dans la guerre d'Klolie. Mais des concours réguliers de gymnastique n'y eurent lieu que depuis l'institution des jeux destinés à perpétuer le souvenir de la victoire d'Actium [actia]. Souvent les athlètes furent largement récompensés et jouirent de grands honneurs et de privilèges importants, surtout du temps des empereurs; pourtant ils furent liien loin d'obtenir la même estime qu'en Grèce; leur art(n)\s /«rficra), uniquement destiné à amuser le public, passait pour peu digne de l'attention d'un homme sérieux. Un sénateur et quelques autres citoyens de Rome remportèrent, il est vrai, comme athlètes, des prix aux jeux olympiques'. Commode lui-même figura comme athlète'. Mais ce furent là des dérogations graves aux mœurs romaines. Jusqu'à Néron, les citoyens romains s'abstinrent de figurer, à Rome même, dans les jcaix publics '". Jusqu'alors Icsalhlèlesqui y paraissaient

1 (ialcn. /)e san. lu. \\l, 4 (l. VI, |>. 187). — Bim.iocuAt'Hi^:. Krause, Gymjinstifc uiKf Agonistik 'ff*!r'^f/fllaini, l.eipz. iS-41. I, 219 et s. : !il. Hcnlenctjcto pddie dp Pauly, s. t'.: Kayser. Wiener Jnhrb, IS41, p, Ki4 ; Houlez. Mèm. de VAcad. de Ilruxt'ltPSj XVl, p. Sels. ; ("irasliorger. /î"r;i>/iin»/ iinrf Ifntei'richt im klass. Alterthum, I, Wiirzbg. ISG6, j>. 205; llermann-Blitmiipr, Lehrbuch d. griech. Privalalterllifimfn I88S, § 33 ; p. 3i3 ; Dumonl, lissai sur fépMbie altique, Paris, 1876, I, 177.

CYMNASTICA. I De gtjnm. ad Thrasijh. 41 (t. V. p. 867, Kulin . — 2 Philoslr.

étaient des mercenaires. Kn opposition à cette gymnastique de théâtre, les Romains en pratiquaient une autre qu'ils tenaient de leurs ancêtres, dans laquelle les tendances militaires ou hygiéniques prédominaient, comme on le verra plus loin. fVers la fin de la République, (le riches particuliers annexaient une palestre à leur maison de campagne ". Le premier gymnase public fut, semble-t-il, construit par Néron'-; encore n'élait-il qu'une annexe des Thermae Neronianae^^.]

Remarquons encore que la gymnastique grecque jouit de beaucoup moins de faveur dans les provinces d'Occident que dans celles d'Orient. [Dans certaines villes d'Asie, comme Aphrodisias, la vie publique semble se concentrer tout entière dans le gymnase. Jusqu'aux derniers temps de l'Empire, les jeux agonistiques restent la consolation des provinciaux '".l On connaît moins d'exemples de concours publics et périodiques célébrés dans la Gaule ou dans l'Kspagne'", quoiqu'on possède une inscription qui se rapporte à une corporation d'athlètes ayant son siégea .Nimes". L'abolition des jeux olympiques, décrétée sous l'influence du christianisme par Théodose en 394, porta un coup très grave à la gymnastique. Toutefois, si on en croit la Chronique de Jean Matelas''', les jeux publics d'Antioche en Syrie ne furent supprimés qu'en 521 par Justin. L'abolition des jeux publics ne suffit pas à effacer toute trace de l'ancienne gymnastique grecque, puisqu'il en est encore question du temps de Justinien.

IL Galien, pour qui la gymnastique est la science des exercices, entend par exercice '* tout mouvement assez violent pour produire un changement dans la respiration. Les mouvements plus doux, tels que la promenade, ne rentrent donc pas dans sa définition. Or les exercices les plus anciens et que mentionnent les poèmes homériques sont le pugilat [pugilatus], la lutte lLUCta., la course [cursus], le jet du disque [disçus], du javelot [jaculu.m], l'escrime [uoplomacdiaI, le tir à l'arc [arcl"s\ la course en char [hippodromus], le saut [saltus] et la danse [sALTATio]. Cette dernière forme plutôt une espèce de Iransition entre la gymnastique et la musique, et de même que pour la course en char, à cheval ou à mulet, nous devons en faire abstraction.

Dans les temps historiques nous remarquons les changements suivants: 1° à part de rares exceptions, on ne proposait plus de prix pour le tir de lare et le combat en armes; 2° le jet du disque et celui du javelot, de même que le saut, ne donnaient plus lieu à des concours spéciaux : ils faisaient partie des cinq exercices constituant ensemble le pentathle "qi'inouertium" : .i" que, depuis les temps héroïques, on avait inventé deux concours nouveaux composés chacun d'une série d'exercices, le pentathle, que nous venons de mentionner, et le pancrace [pANCRATii'M . Outre les exercices usités dans les jeux publics, on en pratiquait beaucoup d'autres, dans les gymnases, soit pour des raisons hygiéniques, soit pour se préparer à des exercices plus sérieux. A ce genre

ne jjrj/mn. G. — 3 Galen. I. c. 33. p. S70. — ' I, fi. — 5 llepubl. V. p. 45i cd.

— G Galon. /. c. — 7 XXXIV, ii. — 8 Pausan. V, SO. 4 ; Pliol. Bibl. p. 83 A, 38. BcUcr.

— » Aiir. Vict. Epil. c. 17, S « : I>io. Cas*. I.XXII. ii. — 1» Siiel. Ntr.tî; Tac. Ann. XIV. 30; Friedlânrfor. Ditrsl. H, ,ï. p. 436. — » Cic. Ad Atl. I. 8, 9, 10: Jn Verr. V. 7J, 85 ; Varr. De re rutlic. II. i. — <2 Tac. Ann. XIV, 47 : Suet. A>r. lî.

— l:( Rekkcr. Topogr. 684. — 1^ Liormann. Diss. hai. p. 190. — 15 Voy. par ex. : Plin. Epht, IV, ii. — 16 Corp. inser. gr. 678ff. — 1' Voy. Corsini, Dissert, agonisticae,\, 11;1V, Il ; Krause, O/ymyiia, p, ilO. — 18 /)« tm. /«. Il, î (t. VI, p S5.

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appartient l'exercice dit èxTrXsGpi'Çeiv, (|ui consiste, suivant Galien ', à courir tour à tour en avant et en arrière en se restreignant dans un espace d'un plèlhre (30", 83) et en raccourcissant à chaque fois l'espace parcouru, de manière à s'arrêter enfin tout court au milieu. Dans la même catégorie, d'après Galien-, rentrent l'ascension à la corde, la suspension par les mains à une corde ou à une barre ; d'autres exercices consistaient à étendre le bras en fermant le poing, tandis qu'un autre essayait de Qéchir ce bras ou d'étendre les doigts, à s'accroupir et se redresser tour à tour, à soulever de terre un poids très lourd, etc.

D'autres exercices étaient encore pratiqués comme des jeux dans les palestres, par exemple celui qui consistait à se diviser en deux camps et à s'entraîner de part el d'autre au delà do la limite les séparant, soit que deux adversaires ou un plus grand nombre se saisissent un à un, soit qu'ils tirent une corde en sens opposés : ce sont ces exercices qu'on trouve mentionnés sous les noms de oisXxjTxi'voa, iXx^j!7Tiv5a, (jxairépSa^ La course au cerceau [trochus], le corycus, la paume [pila] pourraient être considérés aussi bien comme exercices de gymnastique que comme jeux. Certains auteurs modernes, entre autres Mercurialis ' et Burette'', ont distingué trois espèces de gymnastique : 1° gymnastique militaire ; 2° gymnastique hygiénique qu'on pourrait aussiappeler pédagogique ; 3° gymnastique athlétique. Cette classification ne manque pas de fondement ; mais ce serait aller trop loin que de vouloir assigner exclusivement à chacune de ces trois espèces les différents exercices pratiqués en Grèce. Chacune donnait sans doute la prépondérance à un certain genre de gymnastique ou admettait une succession ditrérente des exercices. Le pugilat, qui semble appartenir exclusivement à la gymnastique athlétique, est conseillé" comme remède contre le vertige. L'/(o/jfo»iac/»'a a appartenu plus oumoins aux trois genres de gymnastique. Il serait facile de multiplier les exemples. Chez les Lacédémoniens, la gymnastique était à la fois militaire et hygiénique. On pourrait, à ces trois espèces de gymnastique, en ajouter une quatrième, celle des bateleurs, beaucoup moins importante, il est vrai, mais qui, plus que les autres, compterait des exercices qui lui seraient exclusivement propres. in. [Dans VAnacharsis de Lucien, Solon est censé conduire le Scythe au Lycée, et, tout en lui vantant les avantages de la gymnastique grecque, il trace un tableau animé et pittoresque du gymnase athénien. Mais, si l'on

1 //.. 11. lu, l. VI, |i. lU, — 2 ///, 'J cl 11, |i. Ilil-m, I 16-147. -1 l'ollux, IX. IIJ et 110; Hcsych. 4-. u. 5iùxjr:-:v3» ; Eustalli. Ad lliail. XVII, 380 ; cf. Plat. Theaet. p. 181 a : Sm ypaîA^iîî; raîStiv ; Aelian. Va>\ hist. XU, 9 ; yîtjç Y?«I*i^*îî : Grasberger, Erziehung und Untcrricht, XXVII et XXVIII. — '■ De arle gijmn. I, 13. — i' Rist. dus athlètes, t. I, p. 286. — G .\rclao. De acut. ac diiU. morb. cur. I, 3. Sur la gymnastique tliérupeutiquc, dont Ikkos de Tarcnte et le pédotribe Ilérodicos de Si^Iymbria furent les promoteurs, n-. Plat, Protatj. p. 306I)-K: l*haedr. p. 227 D; yjep. III, p. ino A-lî, — 1 Voy, l'anofka, /yi7((i;r ontitoi itifiis, Berl, 1813, pi. i.n;

Fig. 3677. — Int^-rieur de gymnase,

veut saisir sur le vif les scènes journalii-res de la palestre, assister en spectateur aux exercices des éphèhes, étudier leurs attitudes et celles de leurs pédotribes, les instruments dont ils se servent, il faut consulter les monuments figurés. De nombreux vases peints, de la bonne époque, nous représentent d'un trait spirituel et gracieux des épisodes de la vie gymnique. On retrouvera aux articles spéciaux consacrés aux différents exercices les

figures qui les concernent particulièrement.

Nous ne citerons ici que quelques exemples d'un caractère général".

La scène reproduite par la figure 3677*, d'après un cratère de Berlin, se passe sans doute dans Vapodyiérion. A gauche un éphèbe vient d'entrer; avant d'enlever sa chlamyde, déjà dégrafée sur ses épaules, il se fait ('ifer par un jeune esclave une épine du pied gauche; il s'appuie du bras gauche sur son bâton et de l'autre sur la tète de l'enfant à demi accroupi. A droite, un autre jeune homme achève de retirer son himation qu'il va remettre au petit serviteur qui attend debout ; au centre, un troisième personnage, après avoir déposé son vêtement sur un siège, verse dans sa main gauche l'huile d'un aryballe retenu à son poignet droit par un cordon; il procédera ensuite à l'onction qui précède la lutte.

Dans la figure 3678', le péristyle de la palestre est représenté par deux colonnes ioniques. La scène se passe donc dans raùXvj. L'ensemble de la composition reproduit les exercices variés de la palestre. Au centre, un éphèbe coifl'é d'une calotte retenue par une mentonnière nouée sous le menton, s'apprête à lancer un disque. Un autre mesure le javelot qu'il doit lancer par le milieu : on comptait cette mesure à partir du sein droit jusqu'à la main du bras droit allongé [jaculim]. Dans le champ, une pioche piquée dans le sol, et dos haltères suspendus. Le cadre circulaire, à partir de la colonne de gauche, montre un autre discobole, un éphèbe appuyé sur son javelot, pouvant aussi servir de pitiuet pour marquer des buts, ou délimiter des pistes, puis un groupe de lutteurs. Dans le champ, un sac qui contient des provisions ou des habits [gvmmasium, p. 168SJ, ou servant aux exercices des pugilistes [corycus], des haltères, un slrigile, une éponge avec un aryiialle, et deux javelots. Sous la colùime de droite, un éphèbe muni d'un javelot mesure une distance sur le terrain, en comptant ses pas : le compas qu'il tient à la main lui servira, une fois la dislance fixée, à tracer sur le sol un cercle dans lequel les tireurs devront essayer de faire tomber leurs traits.

Koulcz, Mém. de l'Acad. de Hntxelles, l, .XVI ; /tult. d<:l hist . di rorr. nrc/i . I8M, pi, 1, II ; Aimati, XI.II, pi. add, P; Arch. Xeil. XXXIX, pi. ix, u' i : LXIII, pi. XIX, n» i; Poltier, Gaz. arch. 1887, p. 112, note 2; P. Uirard, L'éducation athénienne^ p, 185 et suiv. ; Bliimner, Leben und .Sitten d. Griechin, U, Î>1. — ^ Détail de la pi. IV de VAirh. Xeitung, XXXVII (187'J) = Kurtwiinglcr, lleschreibung der Vasensamml. zu Berlin, 2180 ; Klein, .Mei.^tersignaturen. 2« lîd, p. 197, \; Duruy. Hist. des Grecs, II, p. 627 ; P. Girard, /7^<ii(C. «(/"■". p. 101. —'Arch. Xeil. XXXIV, pi. II = Klein, Meistcrsignutnren, '2' i^d. p. lli, 5; P. Girard. O. c. p. 19j.

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Trois de ces javelots sont représentés dans la position de leur chute à l'intérieur du but, fichés plus ou moins verticalement dans le <;zàij.[Aa ou sol ameubli par la pioche. I.'empldi de la pioche («jxaTràvfj, iy.ix<ùtwi c/.|j.V|), si souvent

figurée dans les peintures de vases', et qui servait à ameublir le sol, était aussi un exercice pour les jeunes gens qui la prenaient tour à tour^. Plus loin, un de ses camarades s'essaye ii sauter avec des haltères aux mains ;

Fig. 367S. — Exercices dans le gymnase.

en bas, un personnage barbu et plus âgé, sans doute un pédotribe ou un gymnaste, dépouillé de ses vêtements pour participer aux exercices, d'un côté montre au précédent comment on lève les haltères, de l'autre surveille le tireur de javelot placé à sa gauche. Dans le champ, des javelots ou des piquets, une pioche, un strigile, une éponge avec une aryballe, un xcôpuxoç.

On voit sur la figure 13079 ', un éphèbe préparant une corde', soit pour le jeu (oiEXxucxivoa) dont il a été question plus haut, soit pour faire sauter son camarade qui se tient prêt, à droite, les haltères dans une main, et lui crie ses indications; au centre et au second plan, un

I V. la bibliographie réunie par i'otlier, fiazette afch. 1S87, p. 112. — 2 Scliol. Theovrit. IV, 10 ; Fest. s. t. rutrum et 0. Muller. Ad. l. p. 263; Welcker. lihein, AMuseum filr Phllol. 1, p. 77; Roulez, Mihn. de l'Acail. df liruielles, XVI, p. 15. — 3 Roulez, Mém. cité (= Gerhard, Aitserlest;»e YaSfnh. IV, pi, ocLxxi, n* i ; Uirard, Edite, atltèn. p. 211, llg. 28 et p. li)7, lig. 20). — 4 La représentation de ces cordes est fi-éipu'nti' aussi sur les vases peints. Vin . à ce sujet. Roule/,, /. r. : Klein, Arch.

groupe de pancratiastes séparés par le gymnaste ou le pédotribe, armé de la baguette fourchue, insigne de ses fonctions avec le manteau de pourpre et le bâton °.

La figure 3G80, qui fait suite, sur la même coupe, à la précédente, représente deux lutteurs qui en viennent aux prises sous l'œil du pédotribe; à droite, un éphèbe maniant la pioche et un autre plus loin qui déroule une corde. .\ gauche, pend une sorte de havrcsac, muni dun cordon à coulisse qui le serre à la manière d'une grosse bourse. C'est peut-être le xuvoû/o; de Pollux ".

Le fond de la même coupe nous montre un éphèbe jouant, à l'égard d'un de ses camarades, le rôle de pédo-

Zeilung, i87S ; liartwig, Meislerschalen. p. 357, pi. m. — " Luciau. Anach. 3. — 6 Poil. X, 64, xavoJnc; î^oSiîsirtu t4 î^iiTi». Cf. Gerliard, AHtertestnr Vusenliitder, IV, pi. ccxix-ocii, n*" 1, 2 et 3. P. Girard, Édiic. itthén. p. 211. note 2, propose de lire -ri îiiivTii el de roconnailre dans le xjv.jjç.;. non un sac à habits, mais une caloltc en peau de chien destinée à amortir les coups des pugilistes ilonl les poings étaient garnis de lanières. Voy. lig. 3ti7S el l'art, calercs.

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tribe-adjoinl ou de moniteur (flg. 3681)'. Il est armé de la Ijaguette fourchue du pédotrihe ; il surveille un

éplièbe qui marche derrière lui, occupé à mesurer une distance en comptant ses pas, avec un compas dans la'

Fig. 3679.

main droite, un javelot ou'un piquet dans l'autre. Les peintures de vases ^ en ofi'rent d'autres exemples ^

Enfin, la figure 3682' montre un joueur de flûte accompagnant de son instrument et rythmant les exercices de

Fig. 3680. — Exercices gyninasliques.

la palestre. La présence du musicien parmi les athlètes au gymnase ou pendant les concours est attestée par d'autres monuments et par les textes^.]

IV. Parlons maintenant de la condition, du sexe, de l'âge de ceux qui s'exerçaient et des heures consacrées à la gymnastique. A Athènes, une loi de Solon '' avait rendu la gymnastique obligatoire pour les jeunes gens, mais défendait aux esclaves de s'exercer dans les palestres. Cette exclusion existait probablement aussi dans les

* Route/, Gorliard, I'. (iirarH. /. c. — 2 Voy. SLepliani, Compl/'s fendus, 1876, p. 88. — 3 Ai'c/i. ^ei(Mii.f/. Xl-ll.pl. xvi, n» 2 B; Klein, Meistersignaluren, 2» (5d. p. l'i.'i, G; P. (iirard, Édxic. alh. p. 201. — * Coupe de Coriieto, Monumenti, XI, 1)1. XXIV, a" 1; Kloin, Meislursignatwen, 2" 6d. p. 92, 13; Girard, Éduc. alh. p. ltV,I. 1.05 deux ronds. ,pii sont à droite et à gauche, marquent les points

autres cités"; elle se perpétua et ne fut abolie que sous les derniers empereurs". Isocrate'' rapporte que, primitivement, les tils des Athéniens riches devaient seuls s'occuper de gymnastique, de chasse, d'équitation et de philosophie, tandis que les fils de citoyens peu aisés apprenaient l'agriculture, le commerce ou (piolque autre métier : une des principales fonctions de l'Aréopage consistait à surveiller l'exécution de cet usage, et on peut croire qu'il en était de même dans tous les États qui

d'allache des .anses. — ■■ Atlicu. XIV, p. 6i9 li ; l'Iut. Ve music. U; l'ausan. VI, IV, 10. Pour les monuments, voy. P. Girard, Op. laud. p. I9i et suiv. p. lO'J. — 0 Aescinn. C. Timarch. 13«, p. 60, l'd. d'Oxford. — ' Krau.se, Gijiitii. I, p. i48, n. l. — » lioeckh, Corp. inscr. i/r. 112'i et 1123. — 'i Areopagit. p. 360-370.

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avaient un gouvernement aristocratique. De nombreux passage.s des anciens indiquent (|u'on pouvait, du

Fig. 3081.

premier coup, à la noblesse de sa tenue et de sa démarche, à l'élégance de ses mouvements, distinguer un

homme bien élevé (Tr£::a'.0£vu.£vcç, È/euOÉp.o;, xotXbç xàva^o;) d'un artisan ([iàvx'j'jo;) '. Au temps de la démocratie, cette distinction n'existait plus, le peuple s'étant l'ait construire des palestres pour son propre usage ^. Mais cette exception confirme la règle : depuis que les citoyens pauvres trouvaient des moyens d'existence dans le salaire affecté aux fonctions de juge et k la fréquentation des assemblées du peuple et des spectacles, ils n'avaient plus besoin d'apprendre un métier. En se construisant ces palestres, ils songeaient plus aux plaisirs de la conversation qu'aux exercices du corps, et la gymnastique était négligée, au rapport de plusieurs auteurs contemporains. Dans la plupart des républiques, la gymnastique était pratiquée uniquement par les hommes ; mais dans les États dorions etsurtout à Sparte les jeunes filles prenaient également part à certains exercices, et même dans un état de complète nudité '. Ces exercices consistaient dans la course, la lutte, le jet du disque et du javelot et le saut'*. Cependant, sur les monuments figurés de l'antiquité qui représentent une lutte entre un homme et une femme, celle-ci est ordinairement munie d'un subliyaculutn'\ Il y avait à Sparte un concours spécial de course pour les jeunes filles, nommé ivop'.wv'; '"". Une course

Fig. 3682. — Exercites au son i\e la flûte.

semblable existait probablement à Cyrène, colonie des Lacédémoniens''; de même en Élide, à l'occasion de la fête de Junoii, mais là, les concurrentes étaient légèrement vêtues*. Dans l'ile de Chios, qui avait une population ionienne, les jeunes filles s'exerçaient à la lutte avec les jeunes gens". Il semble que les femmes cessaient de se livrer à la gymnastique, du moins en public, dès qu'elles étaient mariées. Nous disons on public, cardans Aristophane'" la Lacédémonienne Lampito se vante de devoir sa bonne mine à ses exercices. Platon seul demande, dans sa /ti'imbliijur, que les femmes se li-

• Krausc, Gi/mn. I, p. SU, il. —'iS.ni. Jieap. Ath. Il, lu. — ■! l'Iul. Lijcurg. 13 cl m : Af/f/t. 31 ; Xen. Itesp. Lac. 1: Pliilostr. Gymn. 27; Arislopli. /fun. 7is ; Plat. T/ieag. p. 1J2 E ; Clitoph. p. 407 B. Voy. Eeckei-, Chafiklcs. Il, p. 220. — V Meyer. De vîrginnmexercUationibus gywnicis ap. vi'Ierfs, Clausllial. IS72; (îrasbcrfïer,/^ /•;»>huiuf. III, p. filin et s. — •' Vov. priiiri[)uk'inoiit los inonunit'iits ropi'L'scntatit IV-Ii'l*

vrent à la gymnastique, sans distinction d'âge ". Dans les Lois '- il est moins exigeant, il veut que les jeunes filles s'exercent à la course toutes nues jusqu'à l'âge de treize ans et qu'elles continuent depuis cet âge, convenablement vêtues, jusqu'à l'époque de leur mariage. Le médecin Rufus'^ recommande aux jeunes filles la lutte par terre (iÀîvoï,(ji;) comme préservatif contre une nubilité trop précoce. Quant aux hommes, depuis làge de six à sept ans jusqu'aux limites de la vieillesse, ils continuaient à faire de la gymnastique. Platon veut que pendant trois ans, les garçons apprennent uniquement la gymnas-

lutlaiil a»cc .Malaiilc [atauxtu. p. Sli;. — o Boeckli ad Piud. Pylh. IX.Il)2, p. 3Î8.

— -• Xen. Rfsp. Lac. I, i ; Cic. TuscuL II, 13, 36 : Plul. Lyc. 1 1 ; Plat. «ep. V, p. 45i ; f.eg. VII, p. S04 U; Otr. Mûller, Varier, II, 308 ; Bocker-Gôll. Chariklit. It, p. îîî.

— li Pausaii. V, 16, i et 3 ; j;f. lig. 2233. — » Vov. .\lllen. XIII. p. 566c. — «0 Lysistr. S:;. 11 nep, V. p 43» a. — 12 VIII, p. S33ci/. — «3 Ap. Oribas. I. III. p. 35.

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