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tique et qu'ils ne commencent à apprendre à lire qu'à dix ans'. Aristote prescrit également d'enseigner d'abord aux enfants les choses qui regardent le corps et ensuite celles qui regardent l'intelligence-, mais les avis étaient partagés sur ce point ^ ; généralement on menait de front les deux espèces d'enseignement dans les palestres libres, où les paidotribes instruisaient les enfants n'ayant pas encore atteint l'âge de l'éphébie. Quand les garçons devenaient epdebi, ils entraient dans les gymnases de l'État ; dès lors on donnait la préférence à la gymnastique, sans abandonner entièrement l'instruction proprement dite [educatio].
D'après une loi de Solon' les gymnases et les palestres devaient être ouverts depuis le lever Jusqu'au coucher du soleil. Les jeunes garçons les fréquentaient très probablement deux fois par jour, le matin avant le déjeuner (àpi<7Tov) et l'après-midi avant le dîner, mais surtout le matin'. La coutume était la même à Lacédémone °. Quant aux hommes faits, l'habitude d'aller au gymnase avant chaque repas semble avoir existé aussi de tout temps et être devenue de plus en plus générale'.
V. De tout ce qui précède, il ressort évidemment qu'en Grèce, la gymnastique s'était développée plus que partout ailleurs et qu'elle a exercé sur l'état social des Grecs une bien plus grande influence que chez aucun autre peuple. Pour expliquer ce fait, on a invoqué le goût inné des Grecs pour la beauté corporelle, on a rappelé combien ils étaient convaincus que l'àme ne pouvait agir librement à moins d'habiter un corps parfaitement sain : il faut aussi chercher la principale et la plus simple cause de ce développement extraordinaire dans le nombre des fêtes publiques, qui se rattachaient presque toutes au culte et d(jnl plusieurs remontaient à une très haute antiquité. Elles étaient, en effet, accompagnées presque toujours de jeux ou de luttes gymnastiques. Peut-être ces exercices doivent-ils leur origine à ce que les assistants se livraient à de joyeux ébats alternant avec les différentes cérémonies du culte.
En ce qui concerne l'utilité des exercices de gymnastique, les auteurs tant anciens que modernes sont partagés d'opinion. Les deux principaux résultats qu'on se proposait d'atteindre sont, d'après les anciens : 1° d'assainir le corps et prolonger la vie (eùsçioc)" ; 2° de rendre les hommes aptes à la carrière militaire. Les uns soutiennent que les Athéniens à Marathon, les Thébains à Leuctres durent la victoire à leur habileté dans la gymnastique". D'autres autorités cependant sont d'un avis tout à fai t contraire '". Philopoemen faisait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher ses soldats de se livrer à la gymnastique qui leur enlevait l'aptitude aux travaux de la guerre ' ' . Cela dépend évidemment du point de vue auquel on se place, de l'époque dont on parle. Les médecins n'étaient pas d'accord'-; les moralistes s'en prenaient essentielle-
I Leg. |i. 794 r; cf. Aristot. Pulit. VU, 17, p. I:i:i0 6, 1. 36 ; Ps. Plal. Axioclius, p. 3G6 d ; Oribas. t. MI, p. 102. Voy. pour les LacédcMimuiens, Krauso, Gymn. p. 277.
- 2 Arislot. (. c. VllI, .3 ; p. ISSsi, s. 5. — 3 Cf. Galon. De San. lu. 1, 10, t. VI, p. '6ii et 54; Oribas. l. c. — 4 Aûschiu. Timarc/t. § 10; l'd. d'Oxford, p. 13. — " I.iician. Parasita § Gl ; Xcil. Memor, socr. 1, 1, 10 ; Diorlcs. ap. Oribas. l. III, p. 168- 178. — 1» Voy. Haasc, Palàstrik, dans V Encychpaedie d'Ersch et Gruber, p. 372.
— 7 Xcn. Sympos. I, 10 ; I.uciail. I.exipli. 4 et 5 ; Galeil. t. V, 899; l. VI, p. 764; t. XI, p. 3C5 et 370. — » l'iat. Gory. p. 450 A ; Acsciiin. I, 189, p. 179; III, 255, p. 045; Krause, Gymn. p. 4. — *J Lucian. Anach. ISetsuiv.; l'Iiiloslr. Gymn. 11;
Arisl. Polit. VIII, 3, p. 1337 : tï;v YJjJLvWffTiitT// m; cjvTEvvoyffav 7Tp?j; àvS^tav. — '0 Eurip. ap. Athen. X. p. 413 c-/'; l'Iut. De educ. 11. — " l*lul. l'Idlop. 3. On rcprocliail surtout auv athlètes de s'alourdir par des excès de nourriture (-o'/.'j(tu&xîu) ; Luciau.
ment à la nudité ou à la prépondérance accordée parles gymnastes aux développements du corps au détriment de celui de l'intelligence'^. Les politiques y voyaient même un danger pour l'État'*. Les militaires attaquaient surtout l'art dégénéré des athlètes, qui créait des hommes rohustes.mais pesants et impropres àsupporterles fatigues d'une campagne '"[atulet a]. Cesattaquesdiversesdevaient naturellement exciter les amis de cet art à prendre sa défense. Le traité de Philostrate ^ur la Gymnastique a été écrit dans le but évident d'exalter les vertus des athlètes et de confondre leurs calomniateurs; mais il est surpassé par Dion Chrysostome '% qui estime la valeur des athlètes bien plus que la valeur militaire; car celle-ci, dit-il, ne développe qu'une seule qualité, le courage, l'autre développe en outre la virilité, la vigueur et la modération. L'opinion générale des Romains est résumée dans Plutarque ''. Ils pensaient que la gymnastique avait causé la décadence des Grecs, que les gymnases et les palestres provoquaient l'oisiveté, la flânerie, les passe-temps inutiles , le dévergondage des mœurs ; qu'au milieu de leurs exercices minutieusement réglés, les Grecs avaient désappris, sans s'en douter, l'art véritable de la guerre, parce qu'ils tenaient plus à être beaux, élégants et agiles qu'à être bons fantassins ou bons cavaliers'*. [Il est vrai que les Romains n'avaient pu connaître les beaux temps de la gymnastique grecque ni la juger à l'œuvre comme élément de l'éducation nationale dans les anciennes républiques. Ils oubliaient que c'étaient les pédotribes du Lycée, du Kynosarges et de l'Académie qui avaient préparé les hoplites et les admirables cavaliers d'Athènes au v' et au w" siècle ; que les mercenaires de l'expédition des Dix-Mille ainsi que les soldats d'Alexandre avaient tous été formés à l'école des vieilles méthodes. Dans le monde grec pacifié, l'ancienne gymnastique, qui avait fait jadis ses preuves sur tant de champs de bataille, perdit le caractère utilitaire et patriotique qui eiit pu la faire absoudre aux yeux des Romains. Elle ne servait plus à former des soldats pour la cité. Mais elle était devenue, comme de nos jours, une sorte d'hygiène conseillée par les médecins contre la surexcitation du système nerveux, destinée à compenser les effets d'un régime trop sédentaire ou trop intellectuel. QuelquesRomains de bonne famille pratiquaient la gymnastique grecque par goiit comme Scipion l'Africain". Cicéron ^° et Horace-' lui demandent uniquement la réaction qui rafraîchit le teint et stimule l'appétit on activant la circulation, et la détente salutaire qui procure un bon sommeil. L'exercice physique devait combiner ses effets thérapeutiques avec l'usage rationnel des bains et de la taxpaXeiTtTix/î^-. Il n'y avait ni gymnastes ni paidotribes ; les hommes âgés donnaient l'exemple aux plus jeunes ; Caton l'Ancien enseignait lui-même la gymnastique à son fils". Quant aux spécialistes, amateurs do
Dial. .Vort. X, 5 ; EuslaUi. Ad J!iad.\\n\,i(,\ . — i-'Galeii. t. 1, p. 1-39; III, p. 20; V, p. SOO-898; VI, p. 37 et 39 ; XVII «, p. 617.— 13 Xen. ap. Alben. X, p. 418 F et 414s; Isocr. De anlido.'<. 250, p. 6.56, id. d'Oxford ; l'Iat. /,«/. 1, p. U30A; Cic. 7'uxcit.l. IV, 33; Plut. De sanit. tiiend. 10. — IV Sur les palestres et les çyinuases connue foyers de querelles et de si^ditions, cf. l'Iat. /. t. ; Alcidani. Palamed. 4. Sur la ({ueslion de l'iuunoralilé et du vice, qui sévissait dans les gwnuases grecs, voy. Becker, Charilclès. II, p. 253; Krause, Gymn. Il, p. 945. — 1= Nep. Kpnm. 2; Isocr. De Dij/. 14; Plut. Apophth.p. 192 </; Alcr. à. — i« Melanco7nas. H, 28 : t. 1, p. 540, M. Ueiske. — iT Quaest. rom. 40; cf. I.ucan. Pliiirs. VII. 171; Uuintil. I, 11, 15; Sil. Ital. XIV, 136. — l« « Gymnasiis indulgent Gracculi ., l'crit ■rr.ijan à Pline, Mp. X, 40. — 19 Tit. Liv. XXIX, 19. — 20 De ojf. 1, 30, 130. — 21 llor. .S•^^ Il 1 8. — M Voy. ai.iptks; l'iiu. XXXIX, 4. — -'3 Plut. Cal. maj. 20.
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jeux gymniques, candidats à tous les lauriers des grands concours, les Romains les conl'ondaienl avec les mimes cl les boufl'ons; sûrement, ils les jugeaient moins amusants. Indifférents au cc'ilé plastique de l'athlétisme, ils réprouvaient comme un scandale i/lagitium') la nudité complète des habitués de la palestre et du stade. Le spectacle de la beauté, de la force, de l'adresse, de l'agilité et des qualités corporelles cultivées pour elles-mêmes ne leur inspirait ni enthousiasme, ni émotions fortes. Il fallait, pour les émouvoir, l'étalage tragique des grandes douleurs, où leur orgueil trouvait son compte : défilé de captifs dans les cortèges triomphaux, égorgement de gladiateurs dans l'amphithéâtre. L'engouement passager de certains empereurs pour les concours gymniques soulevait la réprobation do tous les conservateurs, restés fidèles aux traditions du vieil esprit romain -.
Les exercices les plus familiers aux Romains étaient la course \ le saut", la lutte ^, le pugilat simple" pratiqué sans cestes, et dont la tradition leur venait probablement des Étrusques ', le tir au javelot *, le disque', l'équitation, la natation'", le jeu de la balle". Strabon'-, décrivant les exercices du Champ de Mars, emploie le mot yuiavoÇojaévojv. Mais il ne semble pas qu'on en doive conclure à la nudité complète de ceux qui pratiquaient ces exercices, le mot étant pris dans le sens général plutôt que dans le sens étymologique. .\prèsAuguste et les réformes sur le recrutement de l'armée, cette gymnastique cessa d'être un instrument d'éducation nationale. Elle ne fut plus guère cultivée que par ceux qui se destinaient spécialement à la carrière militaire"; les gens du monde ne la pratiquèrent que dans la mesure où l'exigeait leur santé, concurremment avec l'usage des bains.
[Enfin, la doctrine chrétienne, en prêchant le mépris du corps, en proposant l'ascétisme comme un idéal, acheva la décadence des exercices physiques; quant à l'athlétisme, l'abolition des pompes païennes lui avait porté le dernier coup.] Bussemaker. [G. Foucëres.]
(;Yi\I.\ESIOI {I^ujAv/iTioi ou Yu(Av-f,Teç). — • Population de classe inférieure à Argos. D'après les notices qu'on retrouve en termes presque identiques dans Pollux', dans Etienne de Byzance-, et dans le Commentaire d'Eustathe à Denys le Périégète', ils vivaient dans une condition
J Uîc. Tiiscul. IV, ;j:f ; Oe rep. IV, -i. — 2 \'oy. l'expression liu seiilinicuL public â propos des jeux uéronieiis dans Tac. Ann. XIV, 120; Sen. E/Àst. 88, 18. — 'i Papirius Cursor ap. Uv. IX, 16, id ; Cic. De Ici/. II, tô, 18; Dion. Halic. VU, 73; Veget. 1, 0 ; Mai'ipiardt, Vie privée dus Rom. Irad. fr. I, p. 138. — '» Veget. I, i); Son. Epist. XV. — « Virg. Geonj. Il, 531 ; Aen. III, i81 ; Uion. liai. VIII, 73; I.iv. I, Si. — G l'iul. Cat. Maj. 20 ; llor. Od. III, 13, 8 ; Uv. I, 35 ; Dion. Halic. VII, 7. — ^ l'Un. Epist. III, 1 ; KiiedlSnder, Culte, II, p. 300. — 8 Sen. Ep. 88, 19. — 'J Ho.-. Od. I, 8, 11 ; Sat. II. 2. 13; Ars Poet. 380; Martial. XIV, 164.
— 10 Plut. Cnt. maj. SO. — " Sirab. V, p. 236. — 12 Ib. — la Veget. I, 1 ; Laniprid. Alex. Ser. 3 ; Marquardt, Vie pi-irèe des Itom. trad. fr. I, p. 140, n. 7.
— BiBLioGRiPHiE. — Pliilostr. Ilsf: TuiAvaTTix Jj;. <5d. DaTemberg, 1858 ; éd. Kayser, 1871 ; Mcrmriulis, J)e afte (/ymnastica, Ven. 1573; Burette, Sur la gymnastique des anciens {Mrm. de l'Acad. des Inscr. 1730, t. I, p. 89, 211 ; 1746. t. III, p. 228 et 318); Krauso, Gymnastik u. Afinnistik der Hetlenen, 1841; Geschicflte der Erziehuuf/ n. der /lilduny bei den Gricchen, Etruskern u. den liomern. Halle. 1851 ; l'art. Gymnastik du même dans les Encyclopédies d'Krscb-Gruber, Sect. I, I. 08, p. 323-380, et de Pauly ; Haase, Palaeslra u. Palaestrik. dans VEneycl. d'KrscIi et Gruber, Sect. III, t. IX, p. 375 et suiv. ; Cramer, Geschiebte der ErzieUuntj und der Inlerriehls im Allerthume, 1832-1838, I, p. 287-2!)7 ; l.indemaun, De ntililate artis f/ymnast. ap. Graecos. Littau, 1841; Houlez, .^'()la'. Mémoires de l'Acad, de Jiruxelles, t. XVI, 1842; Scbmidt, Geschicflte der Erziehuny, I, p. 178 et suiv.; Jîiger, Die Gymnastik der lleîlenen in ihrem Einfluss auf's gesammte Allerthum, EssIiugcn. 1852; Polke, Artis Gymnaslicae guae fuerit origo atque indoles apud Graecos, (ileiwitz, 1853 ; Basiades, De veterum Oraecor. Gymnastica, Berl. 1858; Wcnle, Erziehung u. Unterriv/tt bei den Athenern, V^eclila, 1801 ; Lôbker, Charakter u. Bestiminung der Gymnastik in Alhen, Miinster, 1864; Piuder, Ueber den Fiinfkampf der I/rllencn, Iîlm-I. 1S67; Stciu, Das DUdungswesen bei den
intermédiaire entre la liberté et l'esclavage, analogue à celle des hilotes Spartiates; ils paraissent donc avoir été des serfs de la glèbe, assujettis par la population dorienne conquérante il un service subalterne en temps de guerre, tandis qu'une autre classe de vaincus de i'.\rgolide, assimih'S aux l't^riéijucs et nommés encore 'OivE-iTat, jouissait d'une situation privilégiée'. D'après ces indications, il faudrait reconnaître dans ces r-^aw-T'O! les esclaves dont parl(! Hérodote, qui, après le massacre des Argiens par Cléomène, se substituèrent pendant quelque temps à la population libre et accaparèrent les magistratures'; puis quand les fils des .\rgiens décimés eurent atteint l'âge adulte, ils furent chassés par ceux-ci d'Argos et occupèrent Tirynthe. On a voulu retrouver dans leur nom le souvenir du rôle qu'ils avaient à jouer dans les armées argiennes, et qui aurait été analogue à celui des-("Ju.v?,-£;, ou soldats armés à la légère des troupes grecques; mais celte interprétation reste très hypothétique et ne parait s'autoriser que d'une ressemblance fortuite entre l'ethnique ryav/iiic.; et la dénomination de yuii.'i-'r^-î;'''. F. Dchrbacu.
GYMXOPAIDIAI (ryiAvoTtïtotat). — Fêtes célébrées à Sparte, en l'honneur d'Apollon Pythaios '. Leur nom venait des danses que les jeunes gens exécutaient nus, en chantant, autour des statues d'Apollon, d'Artémis et de Léto sur la place appelée le Chœur (Xosôç) -. Il y avait deux chœurs, l'un formé par tous les jeunes garçons (TratoEç), l'autre par les hommes faits ; seuls les célibataires étaient exclus'. Les premiers imitaient par des mouvements graves et cadencés les passes de la lutte et du pancrace, avant de se livrer aux danses bachiques, plus animées''. Les chants avaient été composés par les poètes et musiciens les plus célèbres, tels qu'.\lcman et Thalétas. Ce dernier est particulièrement désigné comme l'organisateur des chants et des danses des gymnopédies au vu" siècle ^ Des changements ont pu se produire par la suite et il faut peut-être rapporter ce que disent Plutarque et Pollux ''de la division triple des chœurs lacédémoniens, soit aux gymnopédies en général, soit à la célébration de la victoire de Thyréa, qui était dans ces fêtes comme une fête distincte'. Les conducteurs des chœurs portaient des couronnes de feuilles de palmier, qu'on appelait O^jp^arixot ^iTÉ-iavo'..
Griechen, p. I8n et s.; Gra^berger, Erziehung n. l'nlerricht im klois. Alterlh. Wiirtzb. 1864-1881 ; Seitï, Die Leibesùbungen der alten Griechen, .\usbach, IS72; lîccker-Gûll, Chariklès, M. 1877, t. Il, p. 213 ; Bintz, Die Gymnastik der Hellenen, Giitersloh. 1878; Maball'y. Old Greek éducation, Londou, 1881; ValtcUi, /.<i <7tn/iajtica in Grecia,' {\i\erm. ISS2; Herroann-BIiimncr. GriccA. Vrivatalterthùmer. 1882, § 30-37; Ussing, Erziehung und Jugend Vnterricht bei den Griechen u. liômern, Berl. 1885 (2" *d.' ; In. Millier, Handbuch des kinss. Allerthums, IV, p. 451 C. 1887; Bliimner, Leben u. Sitten der Griechen^ 1883. t, 11. 94; Fr. Mie, Quaestiones agonisticae, Roslock, 1888; Feàde, Der Fiinfkampf der Uellen. Leipzig, 1888; P. Girard,/.'e(iuca^ athénienne au v« et au iv s. Paris, 1881»; Kielz. Agonist. Studien, Leipz. 1891 ; Scbiessiing, W'erthschâtzung der Gymnastik bei den Griechen, 1892; Jiitiluer, Gymnastisehes in Philostrats Eikones Eranos, Vindcbon, 1893. p. 309.
GVMNÉSIOI. I Pollux. III, 83. — ^ S. a. X.'o;. — 3 Eustalh. ad Dionys. Perieg V, 533 ; Geogr. gr. min. (Didot), l. II, p. 322. — 4 Gilbert, Handb. d. gr. Staatsalt. II. p. 89. — 5 Hcrod. VI, 83. — 6 Pauly, Beat Encycl. ». ri.|»»v.<n«i ; cf. Gif. Mùller, Die Dorier, II. p. 50 sq.
GYMNOP.\IDI.\l. < U'après les AnFcrfo/ode Beklcr. p. 234, la fêle est rapportée à Apollon Kif,:;.;. — -' PausaD. ill. 11, 9.-3 Plut. Lyeurg. 15. — i Alhen. XIV, Ii30e cl 631 b; XV, p. 678 c. — -i Plut. De mus. 9; Alhen. XV, p. 67S c: voj. Gif. Millier, Uist. de la liltér. grecq. I, p. 285. p. 331 do la Irad. franc, de Hillebrand, Paris, 1866. — 6 piul. /. /. ; Inst. lac. II. lU: PoU. IV, 104. Voy. aussi Athcn. V, 184e. — 7 Alhen. /. t. ; Elym. Magu. ; Suid. .?. r. : -j:»>.it»i5;i ; Bekker, Anecd. p. 32. II y eut deux combats ;i Thyn^a : l'un en 723 av. J.-C, l'autre en 34S. Il est probable que l'introduction de la fâte commémorative remonte au plus ancien. Pour la discussion de cette date et de la fondation des gymnopédies, voy. l^orsioi. Fast. att. tll, p. 43; Manso. Sparla. 1, Berl. p. 219, 10: Kranse. Gymnast, und Ago~ nistik der Ifellen. p. 82S.
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Les gymnopédies paraissent avoir rempli plusieurs jours : on n'en connaît pas exactement la durée. Elles avaient lieu en été' au milieu d'une grande affluence d'étrangers'-'. Telle était pour les Lacédémoniens leur importance et leur sainteté que, lorsque la nouvelle delà défaite de Leuctres arriva à Sparte, les éphores ne permirent pas que les chœurs fussentinterrompus^.E. Sahlio.
GYXAECEUM ('O yuva'.zwv OU Y, Y'jvatxwviTiç ').
1. Grèce. — Ces mots désignaient la partie de l'habitation grecque réservée aux femmes, tandis que l'àvôpoiv ou àvSpiovÎTiç était plus spécialement destiné aux hommes ^ Il est aussi impossible de reconstituer sûrement un type du gynécée grec, qu'un type de la maison ellemême dans son ensemble. Autant d'époques, autant de fortunes, autant de positions sociales, autant de fantaisies même, peut-on dire, autant de plans variés d'habitations [domus], et Ton doit, pour le point particulier qui nous occupe, se contenter de renseignements épars.
Il est clair que dans les huttes des populations primitives, où toute la famille se confondait autour du foyer central, hommes et femmes vivaient dans une véritable promiscuité. Un peu plus tard, lorsque les demeures furent partagées par des cloisons en quelques salles distinctes, une ou plusieurs d'entre ces salles furent sans doute attribuées aux femmes, sans qu'on puisse dire que les femmes y furent confinées, d'autant que toutes les pièces donnaient sur une pièce commune. Mais déjà nous voyons que les palais où les poèmes homériques font vivre les princes, celui d'Ulysse à Ithaque, celui de Priam à Troie, de Ménélas à Sparte, celui, plus luxueux et moins réel, d'Alcinoos, sont divisés en trois parties principales dont l'une, formée par les 6â)>a|j.oi, est un gynécée. C'est là que se trouve, très retirée, la chambre conjugale % puis des salles où s'entassent, sous la surveillance des intendantes, les richesses de la maison ■'. Homère indique de plus qu'un escalier, dans le palais d'Ulysse, conduisait à un premier étage où Pénélope plus d'une fois se réfugia auprès de ses esclaves ^ ; c'était aussi au premier étage, semble-t-il, que les princes reléguaient les chambres de leurs filles non mariées".
Le fameux palais de Tirynthe (fig. 2496), déblayé par Schliemann, complète d'une façon heureuse ces données des poèmes épiques. Derrière l'appartement des hommes, et le répétant pour ainsi dire dans des proportions moins vastes, on trouve le gynécée. C'est un ensemble de deux cours autour desquelles sont groupées une vaste salle commune et des' salles de dimensions diverses, chambres à coucher, cuisines ou magasins. Tout cet appartement, que des murs épais enserrent et ferment comme un harem, n'a que deux issues, l'une conduisant aux propylées, c'est-à-dire à la grande porte d'honneur, l'autre, par une suite de couloirs détournés, à l'appartomonl des hommes". Le pa-
1 rial. ÏAg. I, p. 633 c; c'est ce que prouve aussi ce qui est dit plus loin au sujet (le la bataille de Leuctres. — 2 Xcn. Mem. 1, 2, 61 ; Isocr. Archid. Itît ; l'Iul. Cimon, 10. — 3 Herod. VI, 67 ; Xcn. Hell. VI, 4, 16; Plut. Ar/esil. 29. Voy. aussi le fait que rapporte Tliucyd. V, 82. — Biuliochapuu;. Meursius, Orchestra, dans le t. Vlll du Thcsaiirus de Gronovius, p. 1240 ; Krause, (hjuniaatik iinif Agoniatik thr Helit'nen, Leipz. 18il, p. 820 et s. ; Id. Jïealain/clnpai-die de Pauly, s. V.: Ilnger, Othryades itnd die Gymnopaedien, dans Phihlot/us, XXIll, p. 28 et suiv.
GYIVAECEUM. 1 Les deux mois sont sjuonymcs. Ou trouve quelquefois la fortne ytiv-zï/uvÎT/,; {',) (Pollux, I, 70). Ouelqupfois aussi Yjv«ixt.ivïT;; signifie une n'-union de femmes, le personnel du gyn6ci!e (Plut. De Herod. malifin. p. 808 A ; Clom. Alex. Strom. I, p. 310). — 2 Aul. GclL 17, 21. — 3 Od. XVL 285. — * Id. II, 337. — "Od. I, 363 ; IV, 760, 787 XVI, 440; cf. II, 358. —6 //.H, 514; XVI, 184;
lais de Mycènes offre un dispositif du même genre '.
Ces antiques traditions s'étaient conservées chez les Grecs. Certes à l'époque classique, si l'on en juge par les traces laissées par les maisons dans les quartiers pauvres d'Athènes (fig. 2498), les petites gens se préoccupaient peu, dans les grandes villes, de livrer aux femmes une partie exclusive du logis. Peut-être en étaitil autrement dans les villes modestes et dans les campagnes, où la place était moins ménagée. Dans tous les cas, à répof[ue classique, les riches faisaient construire leurs demeures sur un plan qui rappelait en somme le palais homérique. La YuvaixMvÏTtç y était reculée en arrière de ràvSfwvÏTiç, n'ayant avec elle que de rares communications", et constituée essentiellement par une salle commune, destinée au travail '", par la chambre conjugale", la chambre des filles '% les chambres des esclaves femmes et les dépendances '^ Il arrivait assez souvent que le gynécée se complétait d'un premier étage '', ou bien même que, l'àvSptovÏTtç occupant tout le rez-de-chaussée, les femmes habitaient exclusivement le premier'^ [domus, p. 343]. Mais nous ne pouvons donner d'explications plus précises, car les renseignements font défaut ; les architectes anciens prenaient d'ailleurs avec leur art beaucoup de liberté, et subissaient toutes les nécessités que subissent les architectes modernes.
Le gynécée, même à cette époque, n'était pas toujours aussi fermé qu'on pourrait le croire, et les femmes ne s'y tenaient pas absolument confinées; elles empiétaient souvent sur le domaine des hommes. Si l'on en croit Plutarque, c'était une bonne précaution de frapper à la porte avant de pénétrer chez un Grec, car en entrant brusquement le visiteur risquait de surprendre la femme ou la fille au milieu de la cour, ou un esclave qu'on rouait de coups, ou des servantes en pleurs"^. C'est peut-être pour remédier à cet inconvénient que l'on se décida souvent, à l'époque hellénistique, ;i agrandir le gynécée et à le rendre plus confortable. 11 forma, pour ainsi dire, une seconde maison accollée à la première (fig. 2499) ; sur le devant sont, autour du péristyle, les appartements réservés aux hommes, les salles d'apparat; par derrière sont les appartements intimes, où la famille peut vivre sans être troublée, ayant toutes ses aises, autour d'un second péristyle (fig. 2505). Telle est, du moins, la maison que décrit Vitruve, et qui n'est pas, sans doute, absolument théorique".
Le gynécée est le domaine propre de la maîtresse de maison ; c'est là qu'elle habite avec ses enfants et ses esclaves, de là qu'elle dirige et administre le ménage et les biens domestiques qui lui sont confiés. Ce n'est point une sinécure. D'abord la mère de famille est entièrement chargée des soins à donner aux enfants en bas âge, filles et garçons. Non qu'elle les allaite toujours (>llemème : déjà dans Homère l'usage des nourrices
l'Iiiloslr. jun. E-xôve;, p. 863. — "ï Schliemann, Tirynthe, pi. ii (de \vi à xrxvi) ; Perrot et (ihipiez, Bist. de l'art dans ranti(iuilèy VI, pi. n. — *t noctxTixÀ iJi; à^y,. ■EtkijÎ'/,^, 1886, pi. IV (;jL, i:, c. o, V. etc.), cf. p. 71. Voy. aussi Perrot et Chipiez. IJ. l. VI, (ig. 116. — 9 Xi5noplion (Oeconom. IX, 5) dil qu'il faut avoir liicu soin de fci-mer chaque soir la seule porte qui fasse communitiupr le gynécée avec le reste «le la maison (arAî-.'.; Ojpa, O-Jpa p«'/,iv:io;, noMus, p. 3 14), (le crainte de ^ol, et aussi pour que les esclaves ne fassent pas des cnfauts sans l'asscnliment de leurs maîtres.
— 10 Vitr. VI. vu; Poil. I, 79. — H Xenoph. Oec. IX, 3; Vitr. /. ; Poil. (.
— 'S Vitr. XVI. — '■•' Poil. (. ; Vilr. /. — '* D'après les témoignages qui nous restent, ce premier étage était souvent réduit â une sorte de tour, -jjy');. qui dominait le rez-de-cliaussée sans le recouvrir complètement ; voy. Demoslli. /ii ICuerg. et Mnesib. p. tl56, 10. 12. — '" Lys. Dr rard. Eratoslh. 10. — 'i' Plut. De citrios, 3. — 17 Vilr. VI, vu.
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mercenaires est fréquent'; à l'époque (;hissi(|ue, surtout dans la classe moyenne, il est presque exclusif. On confiait les nourrissons tantôt à des esclaves, tanlnt à des femmes libres qui trouvaient là l'occasion de gaf,'ner un peu d'argent^. Mais nul n'ignore que malgré le dévouement qu'elle peut trouver clic/, une noui^i-icc, une mère est tenue à son endroit à la plus étroite surveillance: il en était certainement dans l'antiquité comme de nos jours [educatio, p. 466, MH]. Puis il fallait, après le sevrage, s'occuper à donner aux enfants des mets appropriés à leur âge et commencer leur éducation, car tous restaientaux mains des femmes, dans le gynécée (lig. 3683), jusqu'à l'âge de six ou sept ans, et recevaient même nourriture et mêmes leçons ^ Quand les garçons passaient aux mains des pédagogues, la mère continuait à diriger les filles, jusqu'à la date, assez hâtive il est vrai, de leur mariage. Mais cette éducation très restreinte, comme nous le verrons, les absorbait moins que l'administration domestique. Pollux nous apprend que du gynécée dépendaient des ateliers de tissage et de filage, une boulangerie, une cuisine, plusieurs offices et magasins '*. La femme gouvernait le peuple d'esclaves qui travaillaient dans toutes ces salles. Au temps homérique, c'était le travail de la laine et du lin qui était le plus important. A l'époque classique, la femme avait plus à faire. Xénophon nous explique comment, dans le ménage modèle d'Ischomachos, l'épouse devait faire régner l'ordre le plus strict dans la maison, former les esclaves et les rendre aptes aux diverses fonctions, les récompenser et les punir, les soigner même s'ils tombaient malades, faire accompagner ceux des serviteurs chargés des travaux du dehors, surveiller le travail de ceux qui travaillent à l'intérieur, conserver les provisions soigneusement disposées dans les magasins, les distribuer jour par jour, de manière à les ménager, convertir en habits la laine des troupeaux ".
Ainsi, mettre au monde des enfants et les soigner durant leur bas âge, ensuite gouverner la maison avec ordre et économie, voilà tout ce que les Grecs demandaient à leurs femmes. Malgré les controverses des savants, il n'est pas douteux que là se soit restreint le rôle
f //. XXVI, s:j , Od. XI, US; Decker, Cliariclrs, 11. p. J9 ; I'. Ciraril, l'Jiducation aihénicnnc, p. 05. — -' Uenioslli. In Eubul. p. 13U9, 13 ; 1313, 1 ; Plul. De édite, puer. 5 : Corp. iiiscr. attîc. ill, U57. — -i Pbt. Leg. Vil, p. "'.>; C; Arist. BepiM. Vil, 17, p. 133(i. La ligure est tirée d'une amphore alliquc; Hcydcniaim, Criech. VasenbiMer, Berl. 1870, pi. xi, I. — * Poli. 1, "9 : Oiilan»;. yuv«ix«.vT-i;,
iiTTiiv, Ta^affiojpY^"''^ oïxoî, aif-noiixô;, iv« [ir, ;i'jÀ,~v« <ù; ojx ij=T,nf,v (>vo[«àÇw;i£v, ÔT:T«vtYov T^ iA«Yï'?£^o^' à-oO?;xai, -a;jiitïa, Qr.ffajjoî. ojÀaicn^pta. — '^ Xen. Oec.
Vil, 35 et s. — iJ C'est ce que dit formellement DiSmostliônes dans un passage
C(^li^l)ro : Il -i/.i jjiÈv y«ç ÊT«îp<t< ^Sov?;î 'EVïx'i/ojjitv, T«; Si 7:«'AXaxà; Ti;; )(aô"f,;A:pav
eur de swiécie.
singulièrement étroit des épouses légitimes. Il n'est pas question, dans le mariage grec, d'un accord intime de deux êtres unissant leurs cœurs, leurs volontés et leurs intelligences en vue d'un bonheur moral, d'une association parfaite où chacun, avec les mêmes aspirations, les mêmes goiMs, les mêmes idées, apporte une part égale
d'amour, de courage et de travail.
C'est là un idéal qui ne fut jamais celui des Grecs. Le chef de famille, dans les ménages les mieux assortis, n'a jamais prétendu que sa femme fûtune campagne, au sens profond que nous attachons à ce mot; en passant du gynécée de son père dans celui de son époux, la jeune épousée n'était destinée qu'à devenir la mère des enfants qu'elle lui donnerait et l'intendante de la maison qui lui était confiée". Les philosophes ont bien pu imaginer pour elle un sort différent, et d'essence plus haute ', et plus d'une femme peut-être songea qu'elle pourrait avoir quelque chose de meilleur encore et de plus noble à accomplir. Mais, en régie générale, il est certain que l'éducation, la religion, les idées, les mœurs, tout concourait à abaisser la femme et à la renfermer étroitement dans le gynécée. yt La petite fille, on peut le dire, n'apprenait rien ou presque rien au gynécée; l'enseignement tout à fait élémentaire que reçoivent chez nous les enfants avant d'aller à l'école n'existait pas chez les Grecs; la mère se préoccupait un peu de leur éducation, pas du tout de leur instruction ; les meilleures se contentaient de leur donner de bons exemples et de bons principes de morale, surveillant devant elles leurs actes et leurs paroles '. Le plus clair du temps se passait en amusements de toute sorte [educatio, p. 476]. Le gynécée connaissait les jeux bruyants où filles et garçons livrés aux seules ressources de leurs corps et de leur intelligence exerçaient leur pétulance, et la nuvser-y antique était pleine aussi de jouets ingénieux, dont beaucoup étaient appropriés aux goûts des filles, comme les poupées xoçatj de terre cuite ou de cire' [pupa]. Il y avait bien quelques villes où, à l'âge où les garçons étaient livrés aux pédagogues, les filles aussi sortaient du gynécée pour recevoir une véritable éducation physique ou intellectuelle. Chacun sait qu'à Sparte les filles fréquentaient la palestre et s'y
çùlaxi -irrr.v J/tiv (/il JVeaer. p. 1386, 20). — ^ Voir P. Jancl, Bisloire de la philos, morale et polit, dans l'antiquité et les temps modernes, I. p. li et s.; p. 62 et s. ; Denis, Hist, des théories et des idées morales dojis l'antiquité, I, p. 69 et s. ; 136 et s.; 218 et 219; Lallier, De la condition de la femme dans la famille athénienne au v< et au iv« siècle, p. 24 et s. — 8 Tlicocr. Idyll. XV', 11; Becker, Chariclès, II, p. 41. — 9 Sur les jeux et jouets d'eufauls, \oy. Becker, 11, p. 33 et s. ; P. Girard, VÉducation athénienne, p. S3 et s. ; cl les articles ckki'Undia, rucA, pila, tali, tdrbo, irochcs, etc.
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livraient aux mêmes exercices que leurs frères ' ; c'étail un système qui séduisait Platon, et qu'il aurait voulu introduire dans sa répuljlique idéale -. Dans quelques autres cités, a Téos ^, à Chios \ ailleurs encore, les filles, avant leur mariage, fréquentaient une école, et se mêlaient, bien qu'avec moins de rudesse qu'à Sparte, aux leçons et aux exercices des garçons [educatio, p. 'mC, 477; GYMN'ASTiCA, p. 1703]. Mais à Athènes, et c'était
presque partout la règle, les filles n'allaient ni à la palestre ni à l'école. Sans doute leurs mères ou leurs nourrices leur apprenaient quelques éléments de lecture" et cultivaient leurs dispositions naturelles pour la danse (lig. 260G); peut-être essayait-on de les initier un peu à la direction du ménage " ou de les occuper aussi à filer, à tisser ou à broder, travaux auxquels on les voit se livrer dans les scènes d'intérieur représentées sur les
i^stM.
Fig. 3C84. — Les In-ivaux IZ-minins.
vases peints (fig. 3084) ' [cf. calatuls, lig. 098, et fusus, fig. 3381, 3382]; mais comme elles se mariaient très jeunes, on peut dire qu'elles se mariaient très ignorantes. Des vierges de quinze ans qui, la veille de leur mariage, allaient consacrer à Arlémis leur balle et leur poupée, ne pouvaient guère avoir qu'en puissance les vertus domestiques. La délicate femme d'ischomaclios, que Xénophon a parée de tant de grâce ingénue, nous en donne un frappant exemple.
En second lieu, personne n'ignore que le mariage antique était d'origine purement religieuse, et qu'en Grèce, en particulier, les lois civiles qui le régissaient n'étaient que l'expression des nécessités du culte domestique. L'homme, chef de famille, héritier du culte de son père et de sesaieux, se mariait pour avoir un fils à qui transmettre à son tour ce même héritage : la femme qu'il prenait n'était qu'un instrument; en tant que personne morale, elle tenait dans le mariage une place nulle. On la transportait d'un foyer à un autre foyer pour perpétuer une famille qui n'était pas la sienne, celle de son père, mais celle d'un étranger, et si elle était stérile, son mari pouvait et devait sans doute, du moins à l'origine, la répudier comme inutile ', pour chercher ailleurs une union féconde. Cet étranger, d'ailleurs, à l'époque classique comme aux temps primitifs, la femme devait le suivre et trouver auprès de lui une destinée nouvelle, à l'âge très tendre de la nuhilité, sans être consultée sur son choix, sans le connaître, sans même l'avoir vu. Son père était seul juge des raisons qui rendaient l'alliance sorlable. La volonté de l'épouse, à plus forte raison son cœur, n'entraient pas en ligne de compte. De son côté l'époux ne se laissait guider, en se mariant, que par des raisons extérieures; son choix était dicté
1 riul. Li/c. I i, 13. - 2 l'ijl. Li-y. Vil, |>. 794 c, d ; cl. Jks/iuU. V, p. •1,1^ il, c ; Vil, [). y-iO et s. — ^ DiLleiibcrgcr, i>ytloge ittscr. graec. ad hist. pcrt. 349, 234. — '• Alhcn. XUl, p. MO e. — " Dcmoslli. In Spud. 9 ol 21. — 0 Xen. Oec. vil, C. — "J Slackelberg, Grûbsr der Uellenen, pi. xxxiu ; cf. Panofka, Cabinet Pourtalés, pi. xxxiv. — « Dio Chrysosl. Or. XV, 8 cl s.; Ilcroil. V, 39 cl VI, Gl. — '•' I.allicr, 0. I. p. 17, 19, il'aprcs Dcmoslli. Jn Onel. I. ar». p. 803;
par des motifs de pure convenance. Souvent même n'avait-il pas le choix, et l'épouse qu'il prenait, si c'était par exemple une fille épiclère Terikléros], c'est-à-dire une orpheline dépositaire plutc'it qu'héritière des biens paternels, lui était imposée, en tant que proche parente, par le testament du père ou par des nécessités légales'. Pour l'homme pas plus que pour la femme, il ne faut chercher dans un mariage grec, sauf de rares exceptions, l'entraînement de lapassionou ces considérations d'ordre si varié qui décident chez nous les mariages de raison.
Une fois le mariage accompli, les qualités de l'épouse pouvaient sans doute resserrer les liens moraux de cette union, mais par malheur ces qualités, que l'éducation première n'avait pas contribué à faire naître, avaient peu l'occasion de se développer et de paraître. L'intelligence, l'activité de la femme n'ayant à se produire que dans les travaux domestiques, son esprit ne s'ornait point de ces grâces qui captivent les hommes et que les Grecs allaient chercher hors de la maison familiale, près des hétaïres voluptueuses et raffinées, ou des éphèbes.
Ce n'est point à dire que les femmes fussent hermétiquement cloîtrées dans le gynécée, comme les odalisques dans le harem; plus d'une circonstance leur était offerte où elles pouvaient sortir, mais sauf les visites ([u'elles se faisaient parfois d'une maison à l'autre'", il fallait l'occasion d'une cérémonie funéraire" ou religieuse '- oii leur place était marquée par les rites [funus] pour les attirer au dehors, et cela ne pouvait leur tenir lieu de la vie du monde.
Aussi doit-on constater que la femme grecque, entendons la femme honnête, était en général d'esprit assez borné et de caractère assez médiocre. Travaillant quelquefois, le plus souvent oisive ou occupée des soins
Jn Knbul. p. 1311 ; In Slep/Mii. Il, p. 1131 (loi cil.V). — 10 Laliici-, O/,. I. p. 77; DcmosUi. Jn Callicl. p. li7S. — " Demoslh. In Macarl. p. 1071; l.js. De cui-d. Kratosth. S; TImcyd. II, 34; Cic. De legibus. II, Î3 ; Lallicr, Op. I. p. 79. Voy. en parliculier, E. Polticr, Les lécylfies blancs altiques, surlout les scènes d'ixçôja et d'offrande à la stôle, cli. n et iv. — 12 (Mat. leg. II, p. 059.
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dosa loili'llo (ildejuux enfantins (fij,'. 3t38o, 368(1 cl :{(i87)', la vie semi-recluse qu'elle menait développait on elle plus d'un défaut inesciuin, par exemple, la curiosité enfantine. Les textes- et les monuments (fig. 2502, 2925, 2926) nous
la montrent, telle qu'aujourd'hui la femme arabe, épiant de sa fenêtre, et comme en fraude, les menus incidents de la rue ; elle y perd son temps, et fait quelquefois pis encore. Par là se glisse plus d'un regard provocant, et
Fig. 3685.
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f.a femme
Fig. 3liS7
là s'éliauche plus d'une intrigue dont le dénouement sera fatal à l'honneur du mari, pour peu que s'en mêle une esclave infidèle ou l'une des nombreuses entremetteuses qui rôdent de gynécée en gynécée ^. L'adultère n'est point rare, et l'épouse se venge ainsi, sans intention bien arrêtée du reste, des libertés que prend l'époux envers elle. L'amour retrouve ses droits hors du mariage, avec son cortège de ruses spirituelles; qu'on se rappelle la plaisante aventure d'Euphilétos, ce client de Lysias, qui avait eu la complaisance débonnaire d'abandonner à sa femme le rez-de-chaussée de sa maison où celle-ci pouvait à son aise recevoir son amant, sous prétexte d'allaiter son tils ". Trop souvent aussi celles qui ne violaient pas la loi conjugale contractaient, à vivre renfermées et au contact perpétuel des esclaves, une humeur acariâtre et revèche qui contribuait à écarter d'elles leurs maris. Telle, la femme de Socrate, Xanlhippe.
La loi, d'autre part, accentuait à plaisir l'état d'infériorité de la femme ; elle lui refusait toute personnalité ; la jeune fîUe est aux mains de son père ou de son tuteur, la femme aux mains de son mari comme une chose dont ceux-ci disposent à leur gré ". Elle n'est en quelque sorte qu'une portion d'un héritage ; elle est, en se mariant, transmise avec la fortune paternelle sous forme de dot, sans qu'elle ait aucun droit sur cette dot, si bien que, devenant veuve, ce sont ses lils, et non elle, qui sont mis en possession de ses biens propres; ses enfants doivent seulement subvenir à ses besoins si elle reste dans la maison paternelle ''. Elle n'est jamais majeure et ne peut jamais agir sans l'autorisation de son xûito;, c'est-à-dire de son maître. Enfin son mari, non content de la délaisser, s'il veut, ou tout au moins de la négliger pour porter son aifeclion aux hétaïres, peut lui imposer la vie commune avec ses concubines' [coNCUBiNATUs] et même faire élever des bâtards dans le gynécée à côté de ses enfants b?gitimes\ Bien plus, il peut la répudier quand et comme il lui plail, sans même fournir un prétexte, quitte à rendre la dot [divortium], tandis que la femme, si elle peut légalement réclamer le divorce, trouve tant d'obstacles à l'exercice de son droit que c'est un droit illusoire\
Sans doute les mœurs douces et l'esprilsupi-rieuremenl
1 Ufjilfiuiinn, Gi\ Vasenbild. |il. IX, 5. Vo; . les ligures au uiol ui.siiaii, p. 701, 702, h.«;ei.hjm, p. 3087; ranollia, DUiler imlik. Lebens, pi. jis ; et les noms des (lilTôreuls jeux pu,a, tuubo, khomdl's, elc. — - Aristopli. Thesmoph. 797; Plut. De curios. 13. — 3 Alciplir. K/tist. III, 62 ; Lys. De caed. Erat. 50, elc. Voy. sur ce sujet Bccker, Cliariclis. III. p. 39i cl s.— ' Lvs. De caed. Erat. 6, 1 l-U. — S Uallier, f). l. p. -1 ; les articles l'os, Kumos, ÉiMui.fiios; liivle, Étude sur ta condil. privée
droit des Grecs, peut-être aussi l'intluencc des idées philosophiques, corrigeaient ce que le sort de la femme avait en principe de mesquin et d'humilié. Le ménage modèle d'Ischomachos est un ménage idéal sans doute, mais cet idéal a ceci de remarquable qu'il ne touche en rien à l'utopie. La jeune épouse n'a rien d'exceptionnel ni dans son éducation ni dans ses idées; ni les circonstances ni les conditions de son mariage ne sont spéciales ; c'est simplement une jeune Athénienne douce ot bonne, à qui son époux ne demande rien de rare, et qui n'aurait du reste rien de tel à lui olTrir. Et ces deux époux vivent selon les lois et les mœurs de leur ville, ont sur toutes choses, en général, les idées de leur temps ; mais ils savent si bien s'adapter à ces moeurs et suivre ces lois que leur ménage tout grec, tout athénien par la forme extérieure, est au fond un ménage selon la formule moderne, parce que tous les deux sont admirablement unis et se complètent l'un par l'autre en vue du bonheur : le mot est de Xénophon '". Il était loisible, en somme, à toute femme grecque de vivre comme vivait la compagne d'Ischomachos; il s'agissait de tirer le meilleur parti d'institutions défectueuses ; mais il faut avouer que cela n'était pas facile, et il est fâcheux que nohs soyons réduits à étudier la vie et les mœurs des hétaires, ces redoutables rivales des mères de famille", pour connaître le degré d'intelligence, d'esprit et de culture, où était capable de s'élever la femme grecque. Si le gynécée n'était pas le harem abrutissant, c'était une demeure étroite, obscure et étouflante.
II. RoMK. — Bien que le mot gynaeceuin ait, en latin, un sens spécial qu'on trouvera expliqué plus loin, nous croyons devoir placer ici le tableau de la vie romaine qui fait pendant à la vie grecque.
La maison romaine avait plus de jour et plus d'air, h'abord il ne s'y trouvait pas de quartier réservé spécialement aux femmes. L'ati!U.m, qui était la pièce essenlielle du logis, chez les riches comme chez les pauvres, était, aux premiers siècles de Rome, un centre où se réunissaient tous les membres de la famille ; la femme y régnait en maîtresse au même litre que son mari. Eu face de la porte était placé le lit conjugal'-: c'est là que toute la famille, y compris les esclaves, se tenait et
de la femme, p. 73 et s. — *• Dcmostli. /« Phoenip. p. 10*7. — * Laitier, O. /. cil. iT. — 8 ibid. p. 113, noie i; lii. note 2. — ^ Ibid.; DemosUi. /n Onelor., p. 86fi; l'Iul. Aldb. » : Andoc. /» Alcib. § 14, l>. S7. 10 Xcn. Oec. Vil, S.
— Il Mt^uaudre (e.r iiicertis fabutis. frag. 36) fait dire à uuc femme : « La lullc coulre une courtisane, l'ampliile, est toujours difficile pour une femme libre ».
— li Ascon. ad t:ic. Pro "Milone, S (Orelli, p. 43) ; Aul. Gell. XVI. 'J ; Prop. V, II, Si.
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travaillait ' ; là aussi que se prenaient les repas en commun- [domusJ. Et lorsque le luxe devint plus grand à Rome, lorsque les maisons s'agrandirent et que l'atrium se fut transformé en une sorte de salon (fig. 2313, 2323), les femmes, dont les chambres furent refoulées ailleurs, n'en restèrent pas moins à leur place dans toutes les parties de la demeure.
Ce fait seul est déjà tout à l'avantage de la femme romaine. Elle vit dans une intimité beaucoup plus grande avec son mari, puisque tout le jour, quand il n'est pas à ses afl'aires, elle reste à ses côlés. Elle a de plus mille occasions, que n'avait pas la femme grecque, de voir les hommes étrangers et de parler avec eux. Comme les hôtes et les étrangers sont reçus dans l'atrium, elle aide son mari à leur faire accueil, elle prend sa part aux entretiens, elle partage non seulement les repas des hommes de la famille, d'abord assise à côté des lits, et plus tard couchée^, mais ceux mêmes auxquels sont conviés les étrangers '. En un mot, comme dit un ancien, elle tient la première place dans la maison et y vit au milieu du monde '".
Rien ne s'oppose d'autre part à ce que les femmes sortent de chez elles, tantôt pour assister aux sacrifices et aux fêtes religieuses ^, aux funérailles ', tantôt pour faire des visites et prendre part à des dîners où les conduisent leurs maris ^ tantôt pour aller aux bains ', ou aux spectacles; au théâtre, elles étaient môme assises avec les hommes, et ce n'est que sous Auguste que la coutume s'établit de leur réserver des places'".
Elles jouissent ainsi de la plus grande liberté, et l'indépendance de leur allure ne nuit pas à leur considération. C'est ainsi que dans la rue tous les hommes, même les consuls, s'empressaient de leur céder le pas " ; chez elle comme hors de chez elle, la femme était vraiment la maîtresse, domina, et c'est de ce nom qu'on la saluait '^ 11 est vrai que la rudesse des mo'urs, et cette vieille idée persistante au fond des esprits que la femme est un être inférieur, léger, incapable de se conduire seul, tempéraient la liberté des femmes et réprimaient toute velléité d'abus. Les Romains n'enfermaient i>oinl leurs femmes, mais ils les estimaient et les honoraient d'autant plus qu'elles sortaient moins de la maison cl qu'elles s'y livraient avec plus de zèle au.\ travaux de leur sexe. Ainsi, aux temps rigides de la république, trois citoyens répudièrent, dit-on, leurs femmes, parce que l'une avait été vue dans la rue tête nue, parce qu'une autre avait assisté à des jeux sans l'assentiment de son mari, qu'une troisième avait causé hors de chez elle avec une all'ranchie ". Le plus bel éloge qu'on pût faire d'une matrone était qu'elle resta au logis et fila de la laine'', et les auteurs insistent souvent sur le bonheur et la dignité réservés aux lémmes dont la sagesse s'appliquait à obéir à leurs maris '■', à bien gouverner leurs esclaves, à tilor
I Ascon. Jhiit. ; Arnoli. Il, C7. — 2 Voy. licrkci-, Callus, III. \>. .ITe, et Man|uardt, Privatleben dei- Ramier, p. 57; coena, |i. 1278. — ;i Val. Max. Il, ), 2. ; Corn. Ncp. Praef. — ô Corn. Nep. Jbid. ; cf. Dion. Halic. Il, 23. — «TU. Liv. XXIl, 10; XXVll, .SI; Aul. Coll. XI, fi; Macr. Saiurn. 1, 12; Juven. IX, 24. — 7 Fusus, p. ..1390 et fig. :)361. —8 Corn. Ncp. Praef. \ Cic. Pro Laelio, 8, 20; Ad Atlic. V, 1 ; Macr. Saiurn. III, 13, 11. — o Balneom, p. 6^2. — 10 PInt. Suit. 35. — " l'Iut. Ilomul. 20 ; Val. Max. V, 2, I. — 12 Epict. Mnn. -iO ; Dig. XXXIl, fr. 41, pr. .. Pcio a le, domina, nxor... .. (cit* par Bcckcr, Gatlus, II, p. C ; cf. Fricdliinder, .Mœurs rom. (lu siècle d'Auguste (Irad. franc., I, p. 367 et note 3). — '3 Val. Mai. VI, 3, 10-12. — !'• Orelli, Jnscr. lai. n» 4848 = Corp. inscr. lai. I, n° 1007. — ':■ Dion. Halic. Il, 25. ic Til. I.iv. I, .ï7; Plaut. Menaech. I, 2, 12 : Cic. Ad fnmil. XVI, 26 ; Ascon.
la laine, à surveiller avec soin tous les biens de la famille, en un mot à se montrer excellentes ménagères"^.
A toutes ces charges, déjà nombreuses, il faut naturellement ajouter l'éducation des enfants [educatio, p. 478J. On a souvent insisté sur la grande influence que la mère de famille prenait sur ses fils comme sur ses filles, et l'autorité qu'elle exerçait constamment, même lorsque les uns et les autres étaient avancés en âge. Cela tient sans doute en partie à la forte éducation qu'elle avait reçue elle-même. Dans leur toute petite enfance, les filles romaines étaient élevées à peu près comme les grecques. Leurs mères les confiaient tout aussi bien à des nourrices mercenaires qui souvent continuaient à les soigner il titre de nourrices sèches'"; elles passaient leurs premiers ans à la maison, remplissant l'atrium de leurs jeux '*, s'ébattant librement avec leurs frères ; mais l'âge de l'instruction venu, au lieu de rester à ne rien faire, ou presque rien, dans le gynécée, comme les jeunes Grecques, la plupart, celles que leur famille ne faisait pas étudier à la maison ", allaient à l'école élémentaire sous la conduite de leurs gouvernantes-", et s'y asseyaient sur les mêmes bancs que les garçons^'. C'est dire qu'outre l'enseignement que nous appelons primaire, et sans doute quelques arts féminins--, elles acquéraient des connaissances que n'eurent jamaislesfemmeshonnêtes d'Athènes [educatio, p. 488]. Sans doute bon nombre de Romaines se mariaient extrêmement jeunes, dès leur douzième année-'', et celles-là pouvaient consacrer aux Lares de la maison paternelle, la veille de leurs noces, leurs jouets enfantins -'',mais celles qui se mariaient plus tard, et qui consacraient aux Lares ou à la Fortune Vierge du forum boarium leur robe prétexte ^^, avaient le temps déformer, de développer, d'orner leur intelligence, ce qui n'était point un obstacle à l'éclosion des vertus familiales et domestiques.
C'est ainsi que la Romaine, par sa jeunesse studieuse, par sa vie libre et respectée, s'élevait à la dignité de mère de famille, do matrone, et non seulement dans le ménage, mais dans la République, prenait une importance et jouait un rôle auquel, malgré la fantaisie d'un Aristophane ou la rêverie d'un Platon, la femme grecque ne semble pas avoir jamais aspiré.
S'être fait dans la famille et presque dans l'Ktat une place égale à celle de leurs maris est d'autan t plus glorieux pour les antiques Romaines que la loi était plus dure pour elles. Le père de famille, à la fois prêtre chargé d'assurer les sacrifices héréditaires et maître absolu de tous les membres comme de tous les biens de la maison, a sur ses enfants, fils et filles, un pouvoir absolu qui va jusqu'au droit de vie et de mort [patekfamiliasJ. Mais tandis que le fils est émancipé lorsqu'il devient majeur, la fille reste en la puissance paternelle jusqu'au jour de sou mariage; elle a seulement une part assurée à son
ad (lie. Pro Miloiw. p. .Vi (éfl. Orellij ; ('olnni. XII, pr;i('f. '.t ; Angusl. Confess. IX, 8, 1: Tertull. Exii. caslit. 12. — i" Plaul. Menaech. prol. lU; Cic. Tuseul. III, I, 2 ; .luvcn. XIV, 208; Aul. (icll. XII, 1 ; cf. Bcckcr, Oallus, t. Il, p. 76-77.
— It Kricdliindcr, Op. taud. I, p. 344 et s. — K Suet. De r/rnni. Ifi; cf. licckor, Galhis. Il, p. 83. — 20 Tit.-I.iv. III, 44. — 21 Ovid. Trisl. II, 370; Martial. IX, OS; VIII, 3, 16; Hernies, I, p. 147 : sur un bas-relief surmontant une inscription, un maître d'école ayant ii droite un garçon, ii gauche une fdle. — -':; Kriedliiuder. fi/i. Inud. I, p. 34S et s. — 2^ Dio Cass. LIV, 16; Macr. Snlm-n. VII, 7, 6; Dig. XXIII, 2, 4. Oueliiuefois on les fiançait lieaucoup plus jeunes {Plut. Lye. et yumiir coni/>. 4), mais alors on attendait l'âge li^gal jiour ec^k^brer le mariage. Cf. Itecker, Gallus, II, p. 12; Fricdliinder, Oji. laud. I, \<. 3SI et s. — 21 Varr. ap. Nonn. p. 538, 1*.
— 26 Arnob. II, 67.
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héritage, à moins d'exhédéralion solennelle, el lo droit ! de prendre, sans aucune autorisation, un engagement valable. Restée orpheline, tandis que son frère, même impubère, entre en pleine possession de tous ses droits, elle tombe au pouvoir d'un tuteur [cukatom, tuïoh], el ce pouvoir est plus étroit encore que le pouvoir paternel, parce qu'il est exercé par ses arjnali [agnati], ses héritiers présomptifs, qui veulent veiller sur son héritage; puisqu'elle perd le droit de disposer de sa part de fortune, elle ne peut même pas faire de dettes sans autorisation, et en aucune laçon tester. C'est une véritable servitude, mais qui concerne (ïxclusivement les biens de la femme. Le tuteur n'a point k s'occuper de ses mœurs ni de sa conduite, ni à intervenir dans le choix qu'elle fait d'un mari; son rôle se borne à veiller à ce qu'elle n'entame ni n'engage son patrimoine'.
Que si elle se marie [matrimo.vium], la loi semble encore plus sévère. Ou bien elle reste sous la tutelle de son père ou de ses agnats, elle se marie sans convention in manus, et alors son père, s'il vit encore, garde tous ses droits sur elle; il peut l'enlever à son époux, la vendre, la punir, même de mort ; mais le mari acquiert ces mêmes droits, et l'on voit quel risquerait d'être le sort de la malheureuse, si l'intervention du tribunal domestique, ou celle du censeur, ne venait tempérer les abus et les conllits de cette double . autorité despotique. Si répoux est in manus, elle devient comme la fille [loco filiae) de son mari, qui a sur sa personne les mêmes droits que sur ses esclaves; il n'y avait, pour combattre ces droits tyranniques, que le pouvoir du censeur [cENsoii, p. 007], qui pouvait punir les brutalités dont la femme risquait d'être victime, ainsi que les répudiations arbitraires ^ Cette intervention du reste était rare, car les Romains n'aimaient pas qu'on se mêlât des affaires de leur ménage', el les maris, en général, savaient se préserver de tout excès de pouvoir, parce qu'ils n'oubliaient pas que le mariage était, en même temps que la confusion de deux patrimoines, l'union de deux vies, la communion du droit divin et humain ', qu'ils associaient leurs femmes à la fois à leur vie sociale et à leur vie religieuse, puisqu'ils offraient avec elle les sacrifices aux dieux Lares, et qu'ils les respectaient comme on doit respecter les mères.
Malheureusement, et par la faute des hommes et par la faute des femmes, ces beaux temps ne durèrent pas. Déjà sous la république les femmes avaient des velléités d'abuser de leur indépendance pour satisfaire, à mesure qu'augmonlait la richesse de Home, leurgoût inné de luxe el de coquetterie. La loi Upi)ia, destiné à réprimer des excès fùcheux, fut abrogée malgré le vieux Galon, et ce succès des femmes no. fut pas balancé parle votc^ de la loi 'Voconia qui prélendail du moins leur défendre de s'enrichir '. Mais le mal éclata plus général et plus grand, transformant les défauts en vices, et souvent les péchés en crimes, lorsque les Romains se furent laissés corrompre par les faux brillants de la civilisaticm grecque en décadence.
On a dit bien du mal des femmes de l'empire romain, d(!puis Auguste, et les reproches sanglants ijuc .luvrnal accumula contre elles semblent mérités, si même on fait sa pari à la violence outrée de la satire. C'était une
triste société que la société romaine, si vraiment les femmes avaient perdu toutes les belles et nobles qualités de leurs aïeules''. Leurs mœurs sont déplorables. L'exemple de l'impudeur et de la débauche, donné par les femmes de la maison impériale, par les héritières des plus grandes et des plus illustres familles, est suivi par celles des plus modestes. Bien peu, même de celles qui ne font pas profession de turpitudes, gardent la foi conjugale. Sans doute les hommes sont de leur côté assez vils pour rechercher avant tout les unions opulentes; ils vendent leur liberté pour être riches, et leurs femmes prolilent de ce qu'ils se sont vendus. Non contentes de traiter leurs maris de haut en bas, de leur imposer superbement leurs volontés, sans permettre qu'ils les discutent, elles réclament cyniquement le droit à l'adultère. Et ce sont les pires des amants qu'elles choisissent, des histrions, des chanteurs, des mimes, des saltimbanques, tout le personnel vil du théâtre et du cirque, quand elles ne roulent pas jusqu'à la plus ignoble fange. Le mariage, d'ailleurs, est chose si peu grave 1 De presque indissoluble qu'il était, c'est devenu un contrat éphémère, légèrement conclu, plus légèrement rompu; couramment une noble Romaine comptait les années non par le nombre des consuls, mais par le nombre de ses maris, divorçait pour se remarier, et se remariait pour se faire répudier". Souvent d'ailleurs tous ces mariages l'entraînent au crime, suppositions d'enfants, empoisonnements, que sait-on encore? Aussi doit-on trouver admirables les femmes qui ne se distinguent que par ces péchés bénins, la morgue insupportable, le pédantisme, l'effronterie, la coquetterie, la prodigalité, la passion folle des spectacles, la crédulité superstitieuse, la cruauté envers les esclaves, l'humeur batailleuse el processive, ou l'ivrognerie. Comprend-on, après cela, qu'un honnête homme songe à prendre femme?
Mais certainement le tableau est bien chargé; les vertus féminines étaient plus rares sous l'empire que sous la république, mais il y en avait encore. Les Lettres de Pline le .leune, les Annales de Tacite nous font connaître des Romaines dignes, par la distinction de leur esprit et la noblesse de leurs sentiments, des plus admirables matrones d'autrefois. Les exemples de courage, de dévouement, de fidélité, que nous rapporte rhistoire, balancent heureusement les exemples de débauches et de crimes : Arria vaut qu'on l'oppose à Messaline. Et sans aller chercher si haut, les femmes de mœurs austères, aimables, bonnes et intelligentes, peuvent s'appeler légion. Les épilaphes, si même nous tenons compte de l'exagération naturelle, de la banalité si l'on veut, pour ne pas dire du mensonge de ce genre. sous leur forme concise ou pompeuse, rendent à plus d'une épouse, plus d'une mère, plus d'une sœur, des hommages que l'on ne peut mépriser et passer sous silence. A côté du portrait de la grande dame romaine, entraînée à tous les vices d'une opulente oisiveté, corrompue par la richesse, les mauvais exemples, l'encouragement pulilic, il convient sans doute de dresser en bonne place l'image de la modeste bourgeoise, bien élevée, fidèle à ses devoirs, absorbée dans l'amour de son mari et de ses enfants et le soin de sa maison*.
*^ • p. Gide, Et. sur la contiit. privée de ta femme dans le droit <incien et moderne, Paris, i88.ï, liv. I, cliap. iv, § ii. — 2 /6irf. g III. — s lliid., p. 95. — Vïit. I.iv. I, 'J; Itionys. Ualic. Il, li ; Wod"eslin. fray. I. Dis. XXXIII, :! (cik< p-ir
Gide. Op. l. p. III). — J Ibid. p. tW.— '• Juïcii. Sut. VI ; cf. KnedlâDder, Op. l. I, liv. V. — ^ Seuec. De brnefic. Ul, 16. — ** Friediândor. O. t. I, p. 405 el s. Vo;. aussi les sujets figurés sur quelques louibeaux 'iiducatio], lig. iôOS, 2609.
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Il va de soi que la situation juridique des femmes dut se modifier en même temps que les mœurs. La liberté illimitée de conduite qu'elles conquéraient peu à peu devenait incompatible avec la dépendance absolue, pouvoir paternel, tutelle, autorité maritale ou manus où les condamnaient les anciennes lois. Les femmes, sous la république même, en étaient arrivées à s'afl'ranchir progressivement de toutes ces entraves pesantes, surtout de la tutelle et de la manus, et bientôt, comme on l'a dit, « de toutes les barrières élevées autour de la femme parl'ancien droit civil, rien n'était resté que d'inutiles débris' ».
Mais alors l'Ëtat intervint, substitua sa puissance à celle du père, du tuteur ou du mari, et prétendit s'occuper autant de la personne de la femme que de ses biens. Ainsi, tandis qu'autrefois le mari qui soupçonnait sa femme de le tromper, avait le droit de la tuer, sous l'empire, le mari outragé n'a plus le soin de son honneur; la femme coupable devient justiciable des tribunaux, et tout citoyen peut l'y traduire. D'ailleurs l'État protège aussi l'épouse contre l'époux; non seulement il s'oppose à ce ciu'il sévisse contre sa femme, lorsque celle-ci le mériterait, mais il punit les torts qu'il peut avoir envers elle, et règle les divorces ^. Pour nous borner, ajoutons seulement ce trait, qu'Auguste, par exemple, édicta tout un ensemble de pénalités sévères pour s'opposer au débordement des désordres et des scandales, pénalités qui frappèrent les femmes non moins durement que les hommes, et qui les frappaient à la fois dans leurs personnes et dans leurs biens. C'est ainsi que les femmes adultères ne pouvaient plus « témoigner en justice ni contracter un mariage légitime, ni être instituées héritières, ni recevoir aucun legs ou fidéicommis. Les femmes honorables elles-mêmes ne pouvaient recueillir les legs et les successions testamentaires qu'autant qu'elles se mariaient et avaient des enfants ^ » C'est ainsi que le législateur substitua des incapacités nouvelles — celles-là, et bien d'autres encore — aux incapacités abolies, incapacités dont l'énumération et l'étude n'est point de notre sujet, mais dont il faut au moins bien connaître l'esprit. Nous ne saurions mieux dire que M. Gide : « Les anciennes incapacités », dit-il, « n'avaient pour fondement que l'intérêt de la famille, et pour objet que les rapports de la femme avec son père, son mari, ses agnats; les incapacités nouvelles, au contraire, vont être établies dans un intérêt public, elles vont réglementer les relations de la femme, non pas avec ses parents, mais avec les tiers; la femme sera incapable, non pas comme épouse, comme fille ou comme sœur, mais comme femme; la cause de son incapacité, ce sera son sexe, fragiliias, imprudeniia, imbec'dlUas sexus''. » Ajoutons que le législateur n'a désormais qu'un but, enrayer le mouvement d'émancipation dos femmes, refréner la corruption, et ramener les bonnes mœurs^ On l'a remarqué, plus les mœurs sont mauvaises, plus les lois
i Gide, O. t. p. i30-l«. — i Ibid. p. 13S. — 3 Jbid. ],. li'J-150. —'•Ibid.f. 145. — 5 Ibid. p. 131. — i^Cic. In Verr. 11. 4, 26; Isid. Ori;/. XV, 6, 3. — ^ Cod. Theod. .X, 20,3; VII. 6, 5. —X Cod. Theod. X, 20, Sel 9. Les ing(''iiues qui se mariaieulavcc eux perdaient leur qualité et devenaient cllesaus:^i ffyuai'Ciariae (Cad. Theod. X, 20, 3 ; et. le commentaire defioHcfroy). ^ '•> So/onien. I, 8; Lartant De mort, persec. 21, 4. Ce passage a permis à certains lexicographes d'ail riluior à ijyuarceum le sens de sérail. C'est une erreur, comme ou le fait très bien remarquer à la page 729, t. Vil), de la Pa- (ro;o(/w latine de m^na. — 'O Cod. Theod. X, 20, 16. ^li;6irf. X, 20, 7. — 12 74irf. X, 20, 16 : ne.ru sangninis ad divinas targiliones pertinentes. — 1^ Ibid. G. — 1'* tbid. i, G, 7, 8, 0. — i:. Cod. Theod. XI. 1. 14. — lo fb. X, 20, 13 ; X, 21, 1 et 2 avec le commentaire de Godefroy. — n Cod. Theod. X, 30, G. — 1» Cf. Caguat, Armée
d'un pays deviennent sévères. Nous en avons à Rome, en ce qui concerne les femmes, un exemple frappant; mais le succès n'a pas répondu aux efforts, ni aux espérances. Il fallait, pour changer la face de la société romaine, autre chose que les efforts des empereurs et des juristes : il fallait la rénovation parle christianisme. P. P.\ris.
111. Le mot f)i/naeceum avait été emprunté aux Grecs par les Romains pour désigner, quand ils s'approprièrent les dispositions de la maison grecque, la partie réservée aux femmes. Là les servantes réunies travaillaient à filer, à tisser, à broder, formant de véritables ateliers ^
Dans les textes duiV et du \' siècle, ce nom est appliqué à des établissements industriels, dépendant de l'empereur, où se tissaient des étoffes et se fabriquaient des vêtements. Il est évident que cette dénomination leur venait du fait que des femmes y travaillaient; mais on y employait aussi des hommes. On les nommait rjijnaeciari''. Ces ouvriers des deux sexes étaient de condition servile — mancipia, dit le Code Théodosien'; — on y trouvait aussi, comme dans tous les ateliers impériaux, des condamnés et en particulier des chrétiens'. Ils étaient groupés en corporations [corpus *", faniHia^') ; leur condition ressemblait à celle de tous les artisans qui formaient des collèges à cette époque : ils ne pouvaient se soustraire à leurs fonctions '-; il leur était interdit de répondre aux propositions avantageuses que les particuliers pouvaient leur faire pour les attirer dans l'industrie privée " et ceux qui leur donnaient asile pour leur permettre de se soustraire à leurs devoii-s, étaient passibles de châtiment ''.
Pour fournir à ces manufactures la matière première, on faisait appel aux particuliers. On les obligeait de l'apporter au gynécée, contre remboursement équitable, le tarif étant fixé par le gouverneur de la province ' '. Là, des ateliers différents la transformaient en vêtements de luxe ou en habillements plus grossiers. Les premiers étaient réservés aux empereurs, à leur famille, hommes et femmes, à leur entourage'"; les autres étaient destinés aux employés des services publics que l'État habillait", en particulier aux soldats. On sait que, pendant tout l'empire, les vêlements furent fournis gratuitement aux militaires, soit en nature, soit en argent'". Pour l'époque d'Ilonorius et de Théodose seulement, on possède des renseignements précis. A cette date il n'y avait que les simples soldats et les conscrits qui fussent habillés par les gynécées ".
La Notice des Dignités nous apprend que chacun de ces établissements avait à sa tête un procurateur, qui dépendait lui-même du Cornes sacrarum ka-gitionum-". Il semble, par un autre passage, que certains de ces procurateurs relevaient plutôt du Cornes reruniprivatarum''^ , mais le texte de ce passage est extrêmement corrompu ''-.
Le même document nous fait connaître, pour l'Occident, le nom des villes qui possédaient des gynécées -^
d'Afrique, p. 405. — u Cod. Throd. Vil, 6, ô. — 20 jVo/. Dignil. Or. 13 ; Oc. li. — 21 Ibid. Oc. 12. — 22 Cf. la rcinaniuc de iM. Seeck à propos île ce dernier passage, dans son édition de la Notice. — ^'i Not. Diijnil. Oc. 11. — IJim.ior.RAi'tuK. R. I.allier, De la eoitdition de ta femme dans ta famille attiènienne au v* et au jv' siècle, Paris, 1875; Clarisse Badcr, /.a femme f/recqtte, Paris, 1872, cll.i: IJeckcr, Chariclès, t. Il et III, Die Erziehuntj, Das firiechi.^che /Tans, Die /■ rauen ; Hermauu- Bliimner, Leitrbuch der griech. Prioatatterih.. p. 61. 143, 75, 7.H, 260 etc. ; lluld et Koner {Irad. Trawinski). La vie antifjue; Ilerker. Gallus. l. Il, Die Frnuen, Kinder und JCrziehung, Das rumischc Haus ; .Mar*iuardt, Das J'rivatteben der Rômern {[" Tlieil), Die Khe, Die Kinder vnd die Erziehung ; Friedliindcr, Sittenyeschichte lioms, 5* cdit. (traduit par Vogcl sur la l" édil., Mœurs ro-
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Ce sont, pour l'Italie, Rome, Canusiuin, Venusia, Milan, Aquilée ; en Dalmalie, Jovia ; en Pannonie, Bassiana (remplacéeplus tard parSalone) et Sirmium ; en Gaule, Arles, Lyon, Reims, Tournai, Trêves et Autun i rempl.icée ensuite par Metz) ; en Bretagne, Venta; en Afrique, Carlhage.
il est possible que ces étahlissenients aient existé déjù, à une époque antérieure au iv siècle ; mais nous n'avons aucun document sur ce sujet avant cette époque.
R. Caonat.
GYi\AEKOIVOMOI(ruv».ixovôtj.c,0. — A s'en tenir àl'étymologie même de leur nom, les gynéconomes doivent être des magistrats chargés d'exercer une surveillance sur les femmes, c'est-à-dire de réprimer l'indécence ou le luxe exagéré dans leur costume, la mauvaise tenue et les extravagances sur les promenades publiques ou dans les fêtes religieuses. Telles sont bien, en efTet, les attributions que les inscriptions et les auteurs anciens donnent le plus habituellement aux gynéconomes. L'inscription d'Andanie, relative aux Mystères, entre autres, nous dit que le gynéconomc prêtera le serment solennel de veiller sur l'habillement des femmes ; il les empêchera notamment de porter des vêtements faits d'étoffes transparentes et d'une couleur autre (juc la couleur blanche; il ne leur permettra ni de mettre du blanc ou du rouge sur leur visage, ni d'avoir des bijoux d'or, ni de relever leurs cheveux. C'était aussi Icgynéconome qui tirait au sort l'ordre dans lequel devaient détiler, dans la procession, les hiérai et les jeunes filles '. Mais à ces attributions vraiment inhérentes à leur titre, ils en joignirent quelquefois d'autres qui ne sont plus exclusivement relatives au sexe féminin. Plusieurs textes nous les montrent chargés de faire observer les lois somptuaires.
Aristote ne dissimule pas que la yuvaixovo[j.ia n'est pas conforme à l'idée que l'on se fait habituellement d'un gouvernement démocratique. Une démocratie ne peut pas, en efl'et, songer à défendre aux femmes pauvres de se montrer hors de leurs maisons et d'exercer de petites professions plus ou moins lucratives. Ce n'est pas non plus une institution oligarchique ; car les femmes des oligarques tiendront toujours à se distinguer des autres femmes par le luxe de leur toilette-. C'est une magistrature aristocratique, que l'on a été forcé d'établir dans les cités riches et oisives, pour y assurer le maintien du bon ordre et de la décence publique ^
Il y eut des gynéconomes à Syracuse ; Philarque affirme qu'ime femme honnête ne pouvait pas, même pendant le jour, sortir de chez elle sans leur permission''. 11 y en eut à Milet". Sur la côte d'Ionie, à Gambreion, un gynéconomc, élu par le peuple, était chargé de veillera ce que les honneurs funèbres fussent décemment rendus aux morts, non seulement par les femmes, mais encore par les hommes et par les enfants".
Dans d'autres États grecs, on trouve des magistrats chargés de veiller à la bonne tenue, à \'vr/.oi7u.{7., des femmes; mais ils portent d'autres noms. A Sparte, on les
utaines du règne d'Auguste à la fin des Aiilonins'jy I, liv. v, Les femmes ; F. Gide, Etude sur la condition privée de la femme dans le droit ancien et moderne l'ai'is, 1867, ch. III el iv ; Godofroy, Paratitton du Code Théodosicii (X, 20J.
GYNAEK(»\OM01. I Le Bas-Foucarl, Voynge arclii'ologique en Grèce, n" 326, a, p, 170. — -iPulilica, IV, ii, § U, Didol, p. 36i. — i Ib., VI. 5, § 13, 1). p. 600.
— * Atlicii., .VII, 20, p. 521. — ô Corp. inscr. graec. II, n" is^si. — » ICod. toc. II. 11» 3502. — 7Hcsjcli,, s. i'., Albcrli, p. 5il. — 8 Hcsjcii., s. r., Alberli, p. 1364.
— '•* Meier, Attiscfic Process, IS24, p. y7 ; cf. Schubert, De Jiomanorum aedilibus, 1828, p. 70, nolo lU. — '0 K. Siegfried, De mulla i/uaf i-iG.,)iii dicitur, 1870, p. 12. — H S. !■. n/.it«vo;, M. Albcrli, p. 971. — 12 Thiil»;dl. History of Creece
appelle des 'Açjxotjvo'. ' ; ailleurs ce sont les TEiATtc-ùç.ot'*. Sur la foi des éditeurs de PoUux, plusieurs historiens ont donné aux magistrats athéniens chargés de la police féminine le litre de gynécocosmes lY'jva'.x.ozocao;/; mais, aujourd'hui, il est généralement admis qu'ils ont porté, à Athènes comme dans les autres républiques grecques, le nom dc.yrrjux^^'/'ju.o:^". C'est sous ce nom qu'ils sont désignés par les comiques grecs, dont .\thénée nous a rapporté les témoignages, et par le grammairien Hésychius".
A quelle époque cette magistrature fut-elle instituée? S'appuyant sur l'iutarque, quelques auteurs la font remonter jusqu'à Solon. C(! législateur, en même temps qu'il formulait des lois relatives aux femmes, a dû certainement créer des magistrats préposés à leur exécution, et ces magistrats sont naturellement les gynéconomes, dont parle expressément l'historien grec'-. Mais les gynéconomes que Plutarque a en vue ne sont pas ceux d'Athènes; ce sont ceux de Chéronée, sa ville natale. D'autres, sans aller jusqu'à Solon, estiment qu il y eut des gynéconomes à l'époque classique, au teiiiiis des orateurs et d'Aristote''. Bœckh, dont l'opinion est aujourd'hui dominante, nous paraît avoir bien démontré, dès 1832''', que les gynéconomes ont di'i être créés par Démétrius de Phalère, au moment où, par de nouvelles lois assez vexatoires, il augmenta notablement le nombre des prohibitions somptuaires'-. Aucun des orateurs grecs n'a parlé des gynéconomes, et quant à Aristote, s'il y fait allusion, il ne dit pas que ce sont des magistrats athéniens. Bien loin de là! il écrit qu'il ne faut pas s'attendre à rencontrer de gynéconomes dans une démocratie. Or, au temps d'Aristote, Athènes était le type des gouvernements démocratiques et ne devait pas avoir une magistrature qu'.\ristote regarde comme un indice d'aristocratie.
11 y a eu, à Athènes, antérieurement à Démétrius de Phalère, des lois tendant à réprimer les excès du luxe et le dévergondage des femmes. L'amende de mille drachmes, établie par Philippide pour punir les ày.oiu.oOca! yuvaîxsç, existait déjà au temps d'Hypéride"'. .Mais il ne s'ensuit pas nécessairement qu'il y eût des gynéconomes. D'autres magistrats pouvaient être chargés de faire exécuter ces lois, les astynomes, par exemple, à qui était confiée la surveillance de toute une catégorie de femmes, les joueuses de tlùte, de harpe ou de cithare''.
Quel fut le mode de nomination des gynéconomes? D'un passage du rhéteur Ménandre, Hermann a conclu que ces magistrats étaient élus". Mais le tirage au sort a aussi des partisans". Le plus sûr est de s'abstenir provisoirement d'une solution, qui serait prématurée.
La fonction normale des gynéconomes athéniens était la surveillance des femmes. M. Foucart nous les montre, lors des grandes processions, qui, à des époques périodiques solennelles, se rendaient d'Athènes à Delphes, vérifiant si elles se conformaient aux prescriptions minutieuses que les règlements avaient établies. « Ces
II, p. 51 -, Sniilli. Diction, of .itttiquities, 2' éd. p. ôSi ; Van Stegereu. De condilione civiti feminarum Atheniensium. 1839, p. 151. — 13 Stojeutio, De PoUneis (luctorilale, p. 50 el s.; C. WachsniulU, Die Sladt Alhen. Il, I, p. 39i>, nolo 2. — 1^ l'eber den Plan der Atthis des Pliilochoros, dans les Mém. histor. de VAradémie de Berlin pour 1832 (1834), p. 23 à 23 ; cf. Busoll, Slaatsallerihimer. 2' éd. IS92, p. 190; Thuniser. 5/(in(sii//er(A.. 1892, p. 774; Gilbcrl, S(oo/m//«-M., 1, 2- éd., 1893. p. 178. — 13 Cic, De leg.. II. 2ô. J 66. — >« Harpocrat.. s. r. 'On /iW«;,éd. Bekkcr.p. IH. — <'■ \r\sM.. Constitution d'Athènes, c. 50. — i*S/ao/iiltlerth.. § 130. noie 5. --■13 Meier. Atl. Process, IS2i, p. 97; cf. Lipsius. p. 110. n. 270.
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magistrats, dit-il, ne devaient pas être les moins occupés, car on mettait à leurs ordres des liuissiers armés de verges ([ji.aaTii'c.oopo'.) ', chargés de maintenir plus elficacement la discipline. » Pour certaines fautes graves commises en temps ordinaire sur la voie publique, les àKoi7[xoî;<7oct Yuvaîy-Eç pouvaient être frappées d'une condamnation pécuniaire s'élevant à mille drachmes^. Les condamnations de ce genre étaient portées à la connaissance du public par voie dafflche sur un platane du Céramique ^.
Les gynéconomes devaient aussi veiller, concurremment avec les Aréopagites, à ce que les convives, dans les repas de noces ou dans les festins de tout genre, ne fussent pas plus nombreux que ne le permettait la'loi*. Le maximum avait été fixé à trente. Cette limitation du nombre des convives et la mission donnée aux gynéconomes de la faire respecter étaient de date récente à l'époque oii écrivait le poète Ménandre. Il nous dit, en effet, que c'est en vertu d'une loi nouvelle, xarà vdixov y.atvûv Ttva '■", que les gynéconomes sont obligés de prendre de singulières mesures pour s'assurer du nombre des convives; par exemple, de s'entendre avec les cuisiniers, que les maîtres de maison chargeront de la préparation des repas, pour la découverte des infractions à la loi^
Les gynéconomes poursuivaient-ils d'office les contraventions aux lois qu'ils étaient chargés de faire observer? Attendaient-ils une plainte ou une dénonciation? Les témoignages des poètes comiques autorisent à penser qu'ils constataient eux-mêmes les faits illégaux et prenaient l'initiative des poursuites. Timoclés, entre autres, nous les montre parcourant les voies publiques et cherchant à vérifier si, dans les festins, le nombre des convives excède le chiffre légal. « Tenez, dit le poète, les portes ouvertes, pour que le gynéconome voie sans peine les convives, s'il tient à les compter. Ne ferait-il pas mieux de visiter les maisons des malheureux qui n'ont rien à manger ' ? » Mais cette surveillance était-elle efficace ? Pouvait-elle, comme le souhaitai t certainement Démélrius de Phalère, rappeler à la discipline intérieure et à la dignité de la vie ceux qui n'avaient plus le souci des bonnes mœurs, de ces choses qui, suivant le mot de Sénèque', omnes exlva piibticas tabulas sinil? '' E. Caillemeh.
GYPSUM, YÙ'i/oç, gypse, plâtre'. — Le terme latin elle lerme grec servaient à désigner le gypse ou pierre à ])l,'ilre (sulfate de chaux hydraté), aussi bien que le plâtre lui-même. Mais ici, comme dans bien d'autres cas, il y a
1 Cf. les 'PaSSosOfot de l'inscription relative aux tn\ stères d'Andanie. — - Harpocr. s. V. "0-1 yÙMi, a. Bekker, p. 141. — a pollux, VllI, 112; Hcsjcli., s. i: nU-.mti, ià. Alborti, p. 974. — ' Philochor,, ap. Athcii., VI, § 46, p. 24S.
— li i.e poiSte TimocU's, dans Athen., VI, § 46, p. 245, se sert des mêmes csprcssions. — 6 Athen., VI, § 40, p. 24S. — ^ Athen., VI, § 46, p. 245. — 8 De irttt II, 27. — 9 Schiimann, Aiitiquttt'-s grecques, trad. Galuski, I, p. 180 et s.
— BiBi.iooBAPHiE. IluUemann, flf ruvoiixo/iiiois, in Miscell. philoL, Utrecht, 1849, j), 42 et s.
GYPSUM. 1 Le mot TÎtavo;, (jui sert ordinairenieut à désigner la cliaux, pai-ait, d'aprùs une tradition recueillie par le scholiaste, litre IV'quivalent de -j-j-voî (peut-Otrc pris dans le sens de i/a»c, voir à la fin de cet article) client Hésiode, Scut. 141. Dans llésycliius. TiTavcuiva; et Ysyalutiiva; sont donnés comme synonymes. Le plâtre a été encore appelé fl-;(!jff.; {Suidas, 5. u.). écrit aussi axtTçd; (llesycli.) et nxïço; ou (rxJpoç (l'ollux, l.\, 104), et (.!<T;-;ir. d'après le schol. d'Aristophane, Nub., 261 ; Vcxp. 925; l'ollux, /. l. et Schol. l'indar. Pyth. V, lii. Uu premier a élé tiré le nom .ixt^fÎTr,; donné à l'ouvrier «lui le travaillait ; cf. Zonar. p. 1051, qui le donne comme l'équivalent de Yy-it;A^>.à«xTr,;. — '^ Théophraste {Lap. 62) range parmi les terres qu'il appelle «jTo-utï; la terre de Tymphée (espèce d'argile à foulon) ou gypse, ajoutant (^ 04) que ce nom lui est donné par les habitanis de l'Athos et des régions avoisinantes. — ^ Lenz, Minéralogie derOriee/t. tind Jiônieni, p. 27, au sujet d'un passage de Théophraste {Lap. 60) où il est question de l'échaufl'ement du plâtre mouillé, croit à une confusion avec la chaux. Cependant l'erreur de Théophraste n'est pas "certaine, car I. un philre bien préparé dégage de la chaleui' (|uand on le mélange avec de l'eau.
lieu de présumer que l'on a confondu quelquefois sous la même dénomination des substances d'aspect analogue, mais de nature ditïérenle, par exemple une espèce d'argile à foulon* et la chaux elle-même ^
La nature du gypse n'a été connue qu'au siècle dernier ; mais les minéralogistes anciens s'en étaient préoccupés. Aux yeux de Théophraste c'était une substance plutôt pierreuse que terreuse (>'.0oj3£(7T£pxji.î.X)vov-V|yEc.j5T,i;)'; il le comparait à l'albâtre (àXa6ocîTç,{TY, X'.Oo;)'' [alabaster]. D'autre part certaines de ses propriétés le faisaient aussi rapprocher de la chaux '^.
Les anciens connaissaient beaucoup de gisements de gypse. Les plus considérables et les plus renommés étaient ceux de Chypre, où la pierre était à fleur de terre, de Phénicie, de Syrie, de Thurium en Lucanie, de la Perrhébie (Thessalie du Nord), enfin de Tymphée en Étolie ■'. Le plâtre se préparait, comme de nos jours, en calcinant le gypse dans des fours, sur la construction et l'aménagement desquels nous ne possédons aucun renseignement. Il semble, d'après les termes de Théophraste et de Pline l'Ancien, que l'industrie plâtrière ait été spécialement exercée en Phénicie, en Syrie et à Thurium. On choisissait pour la calcination les pierres les plus dures, les plus homogènes, celles qui présentaient l'aspect du marbre ou de l'albâtre et on les mettait au four avec de la bouse de vache pour accélérer l'opération ; puis on les battait (xoTtTstv) pour les réduire en poudre '. Le meilleur plâtre se fabriquait avec la pierre spéculaire ou celle de texture semblable-'. L'avidité du plâtre pour l'eau, la rapidité avec laquelle il se prend en masse compacte (7ï/,YvjTat' n'avaient pas échappé aux anciens; aussi recommandaient-ils de ne le mouiller qu'au moment de s'en servir"'. La pâte formée par l'addition de l'eau se remuait avec des morceaux de bois (çùXot;), à cause de l'élévation de la température produite par l'hydratation ' ' .
Le plâtre trouvait son principal emploi dans la maçonnerie pour le crépissage (alharhim opus) des murs de moellons ou de briques et pour toute espèce de scellement''. Il servait à établir les surfaces blanches sur lesquelles on inscrivait les déclarations publiques et les annonces de toutes sortes '^ [album] ;à faire les moulures, les corniches '' [corona], et les décorations en relief (sigilla aedifidorum) '■'.
A cause de ses propriétés plastiques, le plâtre eut de bonne heure une place importante dans la sculpture et
souvent même on juge de la qualité d'un plâtre d'après l'élévation de la tenqiérature qu'il produit en s'hydrataut » ; J. Pelouie et E. Frémy, Traité de chimie gêné' raie, 3' éd. II, p. 573. .— l Theophr. Op. l. 05. — ô Theophr. JOid.; l'Iin. Hisl. nat. XXXVI, 182. il s'agit évidemment de l'albâtre gypseux ou gypse saccharoi'de. Cf. d'Urbigny, Dict. unirers. d'histoire nat. au mot Gypse. — 6 Theophr. Op. /.OS ; De igné, 66; Plin. XXXVl, 182. — 7 Theophr. Lcip. 64; Plin. Uid. Au sujet du gypse de Tymphée, voy. ci-dessus, note 2. Il y en avait aussi à Zacynlhe, cf. Plut. Quaest. nat. X, p. 914c. — » Theophr. Lap. 64 et 09 ; Plin. Ibid. ; cf. H. Bliimner, Technologie u. 7'erminologie der Oeieerhe u. Kiinste hei Griech. u. Bôm. II. p. 141 .
— 9 Plin. Jbid. La pierre spéculaire de Pline est évidemment du gypse cristallisé, mais on a .aussi désigné sous ce nom le mica. Cf. Ilofer. //is^ de la chimie. I, 179.
— 10 Theophr. 06 ; Lap. Plin. XXXVl, lS:t. — ' ' Theophr. Ibid. ; \ oir ci-dessus note 3.
— 12 Theophr. os'; Plin. XXXVl, 1S3; cf. IL lilûnmer. Op. l. Il, p. 141. — "Cf. IL liliimner, II, p. 142, noie 1. — 14 Plin. XXXVI, 1S3; Isidor. Orig. 10, 10, 20. Cependant Vitruve {Arch. HI, 3, 3) déconseille d'employer le plaire pour les coronae. Cf. Bliimner, II. p. 143, n. 1. — '■' t^onune exemple de ces ornements on trouve mentionnés, dans la description faite par Pausaniss (S, 22, 7) du temple d'.Arténiis à Slymphale. des oiseaux qu'il croit être en plâtre plutôt qu'en bois. Des chambres sépulcrales, découvertes près de la porte du Peuple, à Rome, ix'ufermaicnt des ornements de ce genre. lîUinmer (p. 113), qui parle de gracieux reliefs publiés par d'Aginrourt {Jtecueil de fragm. p. 3;») dont la matière est donnée conune du plaire ou une terre argileuse légère mêlée de sable, affirme que ceux (pli ont été signalés par Ilirl (.\.mallhea, p. 215), dans un passage soulenain à Calane, sont en sluc.
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dans la céramique pour prendre des moulages (à-opi-/.va-y-ï) '. L'arldu moulage est donné par Pline comme une invention de Lysistratos deSicyone, f|ui le premier prit au moyen duplàlrc l'emprcinle d'un visage liumain [forma] et coula de la cire dans le moule ainsi obtenu ; il reproduisit aussi des statues de la même manière '^ J/authenticité de ce fait a été révoquée en doute ^. Quoi qu'il en soit, le procédé se répandit et l'on cile de nombreuses statues en plâtre qui étaient ou des œuvres originales ou des reproductions*. La statue chryséléphantine de Zeus que Théokosmos de Mégare avait, dit-on, enlreprise avec l'aide de Phidias, et dont la guerre du Péloponnèse avait interrompu l'exécution, n'avait que la tête en or et en ivoire, le reste était d'argile et de plâtre^. Pausanias avait remarqué dans une maison particulière, à Creusis, port de Tlicspies, une statue de Dionysos en plâtre et peinte". A Rome, des particuliers possédaient chez eux des bustes ou des statues de cette matière. Les écrivains, en parlant d'une statue de ce genre, la désignent parle mot gypsitm, comme nous disons un « plâtre'' ».
Les poupées ou ligurines appelées itopai se faisaient non seulement en cire, mais encore en plâtre'; c'est pourquoi l'artisan qui les fabriquait, appelé d'abord xoso- ■itl'j.'ioq puis xopo7vÀâTTf|; ', reçut plus lard le nom de gi/psoplastes (yuJ/'vTrXicr-rii;) '" et de plasfes gypsarius'K Ce qu'il y a de plus curieux en ce genre a été trouvé dans un sarcophage. Ce sont des figurines peintes, qui ont rapport à la fable de Niobé'^
Le moulage n'avait pas toujours pour but de multiplier les exemplaires d'une œuvre ; aussi un plâtre, lorsqu'il était unique, pouvait-il atteindre un prix fort élevé, comme il arriva pour le modèle d'une coupe qui fut vendu un talent à un chevalier romain '\
Les ornements en relief (sigilla acdificioruin), dont il a été question plus haut, étaient quehiuefois moulés; c'est ainsi que dans une maison de Pompéi, qu'on suppose avoir été la demeure d'un slucaleur, on a trouvé un assez grand nombre de moules de plâtre destinés à reproduire des ornements de ce genre ''. Les potiers romains se servaient aussi de moules semblables [figlinum] '"'.
Le plâtre avait bien d'autres emplois. Un des plus anciens est rapporté par Hérodote dans sa description des momies éthiopiennes '^ : le cadavre, après avoir été desséché, recevait un enduit de plâtre que l'on peignait en s'efforçant de reproduire les traits du mort. Les peintres en faisaient usage, d'après Théophraste, qui ne précise rien à ce sujet", de même que les foulons'* [kullonica]. Il semble qu'on en ait rempli, à l'occasion, les vides de certains ouvrages d'orfèvrerie non massifs". Un mélange de gypse, de céruse et de poix liquide passait pour préserver le fer de la rouille-".
Les agronomes font souvent mention de son emploi
pour clore '^ et réparer les divers ustensiles d'argile -^ Du plâtre pulvérisé mélangé à une livre de cire, une livre de résine et une demi-livre de soufre servait à faire un hil recommandé pour le raccommodage des tonneaux-'. Quand on voulait détourner les poules de manger leurs œufs on coulait dans la coquille, â la place du blanc, du plâtre mouillé dont la dureté, quand il était sec, décourageait l'animal'". En Grèce et en Italie on plâtrait les vins faibles et ceux qui se piquaient facilement pour les conserver^'; après avoir cuit le vin jusqu'à diminution du dixième, on y ajoutait, après refroidissement, une liémine de gypse pour sept setiers de moût^". Le plâtre entrait ainsi dans diverses mixtures, dont le but était soit de donner de la force aux vins faibles, soit de communiquer à ceux qui étaient trop jeunes un goût de vin vieux-'. Le plâtrage était usité aussi en Afrique pour corriger l'âprolé du vin -'. Mais les vins ainsi traités passaient pour nialsains-\ Les qualités absorbantes de ce corps étaient utilisées pour la conservation des fruits, notamment des pommes et du raisin. Les premières en étaient tout simplement enduites"*; quant au raisin, après l'avoir fait sécher au soleil, on enveloppait la grappe de jonc et on l'enfouissait dans du plâtre contenu dans une jarre; c'était là un procédé usité dans la Ligurie Maritime-^'.
On voit encore le plâtre employé dans la fabrication de la fausse alica, espèce de gruau fait avec un épeautre dégénéré qui provenait d'Afrique. On en concassait les grains avec du sable pour les monder. L'enveloppe partie, on ajoutait au grain un quart de plâtre et, lorsqu'il y était bien incorporé, le tout était tamisé à trois reprises sur des cribles de plus en plus fins dont le dernier ne laissait passer que le sable ".
Le plâtre était regardé comme un poison et l'on racontait queProculeius,ami de l'empereur Auguste, souffrant de violentes douleurs d'estomac, s'était donné la mort en en avalant". Naturellement il avait ses antidotes, parmi lesquels il faut citer l'origan, puis l'huile prise en boisson dans de l'hydromel ou dans une décoction de figues sèches, enfin le lait d'ânesse".
Le mot vJio; parait avoir servi de terme de comparaison quand il s'agit du fard blanc '°; c'est de la même manière que nous disons familièrement plâtré pour fardé. C'est peut-être dans le sens de blanc et de blanchir qu'il faut prendre yû'^oi; et ^uioùv dans deux passages d'Hérodote. Dans l'un, l'historien raconte que les Éthiopiens, pour marcher au combat, se frottaient la moitié du corps de rouge (,u.îÀTtp) et l'autre moitié de blanc (yûJ/w) ". En rapportant le stratagème suggéré par le devin Tellias aux Phocéens cernés sur le Parnasse, il nous dit qu'après avoir enduit de plâtre ou de blanc vrVôsa;) six cents hommes, ainsi que leurs armes, il les lança
t Theo,.lir. iiip.07.— 2 F'Iin. XXXV, 153. — ^ Cf. lîliimnci-, II, |i. U6. — V Quelquefois ces œuvres en plâtre n'étaient destinées qu'à une décoration temporaire ; cf. Sparliun. Vit. Sev. il; Blûmncr, p. )45.— 5 Pausan. I, M, 4 ; cf. Scliubarl. Rheiii.Mus. (ISCO), XV. f.8 ; Blumncr, Op. l. H, 114. — 0 Pausan. 0, 31, 1. — 7 Juven. II, 4; cf. Prudent. .Apolheos. 4S8 ; Tertull. De idolalr. 3.-8 Anecd. Bekk. 272, 31 ; cf. Bliimner, Op. l. Il, IW. — 3 Jloeris, p. 234 (éd. l'ierson) ; Tliom. Mag. 108, 7 (éd. Kilsclil): Harpocrat. 183, 4 (éd. Dindorf): Suidas, s. r. — to Cassiodor. Vm: lipisl. 7, .1 ; \il. Epist. p. mi, 19 (Allât.), cité par Bliimner, p. U6. — n Diocicl. Kdict. VU, 30. — 12 Stcphapi, Compl. renda.i. p. 1875, p. .i et 5. et pi. I. — 13 Plin. XXXV, 156.— tlOverbeck, Pompeji (2' édit.), Il, 7 ; cf. Plin. XXXVl, 183; Bliimner, 11. p, 148. — I» Bliimner, II, p. 106, n. 2 et p. 13Ô. — IC Hcrod. III. 24. — H Tlieopllr. Lap. 07. ISTIieoplir. lùid.; Plin. XXXV, 198. Voy. ci-dessus, note 2, p. 1714. — ^'> Voy. Corp. i)isi:r. (/r. 3159. où il est question d'une stalue, çjv pàTtt «ç7.»s£r,
vjioj iitjTf,. — S!> Plin. XXXIV, 149. — 21 Coluni. Il, 10, ifl; XII. 10. 4; 12. i; 16, 2 et 4; 39, 2; 41. t et 4: 43, 6; Pallad. IV. 10. 10; Plin. XV. 62: XX. 98; Geopnnie. IV, 15, 13 (éd. Niclas). — U Arist. Vesp. 926; cf. Scliol. au t. 925.
— 23 Cat. D- re riislie. 39. 1. — 2'. Geoponie. XIV, 7. 5. — 23 Th<x>p!.. Lnp. 67 ; Plut. 0-l<ws/. nat.\. (p. 914 C ; Colum. XII, 20. 8 ; 21,3; 25, 3; Pallad. XI. 14.4; Geoponie. VI. 18; VII, 12, 4. — 2ù Colum. XII. 86, 2. — JT Palla). XI. 14. 11 et I*.
— 28 Pl,n. XIV. 120. — 10 Phn. XV. 64. — 30 Pli„. nui. 66; cf. Co!um. XII. 43, 4.
— 3" Plin. XXIII, 45.— 32 Plin. XVIII, 115; Geoiionc. III. 7, 1; cf. H. Bljmiier, t)p. l. I, p. 55-56. — 3J Plin. XXXVI, 183. — 3V p|in. XX, 179; XXIII, SO: XXVIII. 29. — 35 r-j-io-j /ç:ff;i«T« on 73n;;ji«-rï, RuGu, Anlhot. pat. I, 19; de même c^etata facis i\>. Anthot. Int. III, 223; crelala Fabulta ap. Martial. II, 41, 11; Petron. Sat. 102. Sur l'habitude de s'enduire de blanc dans certains rites, toy. les passages réunis "par Lobeck, Ayla'ophamus, p. 654. — 36 licrod. VU, 69.
GYR
GYR
contre les Thessaliens'. De même à Rome on disait indifféremment gypsali ou crelali pedes ou encore albi pedes en parlant de la marque à laquelle on reconnaissait les esclaves récemment importés ou ceux qui étaient à vendre". Alfred Jacob.
GYRGILLUS. — C'est la barre transversale ou le treuil autour duquel s'enroule la corde au moyen de laquelle on fait descendre et l'on remonte le seau d'un puits' ou tout autre fardeau. On peut voir un exemple de ce mécanisme au mot CADus. Dans la figure 920, la barre traverse un cylindre renflé au milieu, qui est formé de rais arqués dont les extrémités s'appuient surdeux fonds circulaires. Nous en donnons ici un deuxième exemple (fig. 3088). Ce treuil, dont les débris ont été trouvés dans un des puits funéraires du Bernard (Vendée)^, est formé de deux plateaux de bois circulaires reliés ensemble par un axe de bois et échancrés sur leurs bords. Dans ces échancrures
iHerod. VIlI,27;cf. Pausan.X, 1, 11. — 2Pliii. .VXXV, lOOoliOl ; Peiron. Saîi'nc. 29 ; Ovid. Amor. 1, 8, 64; Juven. I, 111 ; TibuU. H, 3, 60; cf. J. Marquardt, La vie privée des Romains (trad. franc.), II, 201.
s'encastraient des douilles formant tambour, qui ont péri: elles étaient fixées par des clous, dont quelques-uns subsistent encore.
Chacun des plateaux était muni d'une traverse qui se terminait des deux côtés par une queue droite, laquelle permettait à deux hommes manœuvrant dans le même sens de soulever l'objel qu'on voulait tirer.
Les plateaux mesurent 0",33 de diamètre; les douilles avaient 0", 65 à 0'°,10 de longueur. E. Saglio.
Treuil.
GYRGILLUS. 1 Isid. Orig. XX, 15, 2.
du Bernard, La Roche-sur- Yon, 1873, p.
France, 1874, p. 68.
— 2 Baudry et Bailcreau, Puits funéraires 3ia ; Bullet. de la Hoc. des Antiq. de