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et des conlrôes conquises, (iu(!lquol'ois les ehel's captifs eux-mêmes [thiumpiius]. Les supports sur lesquels on les faisait figurer dans le cortège sont appelés par les auteurs frycula', et nous pouvons nous en faire une idée assez, (ixacle par I(^s monuments qui représentent la cérémonie du triomplu^ par exemple les bas-reliefs de l'arc de Titus, où l'on voit ainsi promenée une orfigi(! du .lour-
Fig. 2949. — Fcrculum.
dain personnifié (fig. 2049) sous les traits d'un vieillard couché, le liras appuyé sur une urne', elles instruments du culte enlevés au temple de Jérusalem ^; ou encore par ceux où l'on a figuré la pompe des ludi circenses, qui était imitée de colle du triomphe. Ce sont des civières ou brancards portés à bras, et le plus ordinairement sur les
épaules au moyen de barres. On en a déjà donné un exemple à l'article circus (p. H93, fig. 1528) ; en voici un autre (fig. 2930) tiré d'un bas-relief en terre cuite du musée du Louvre '. Des processions où l'on faisait paraître sur des frrcula des statues de divinités ou d'autres images symboliques faisaient d'ailleurspartiedes cérémonies de divers cultes^.
Dans une peinture de Pompéi, aujourd'hui détruite, mais dont le dessin a été conservé, on voit dans un cortège, qui défile devant le temple de Vénus, figurer un petit temple et un arbre autour duquel s'enroule un serpent", chacun j)osé sur un fi'rruliini {Vv^. 2931 1; le premitu' consiste en un plateau carré appuyé sur les épaules de quatre
f Flor. IV. 3, S.<; Suct. Cnes. :ilj ; (Juiiilil. Or. VI, .i, 7; Plin. l'cun-iiyr. XVII. 2 ; Senec. De vita benin, XXV, l: SiJ. Apoll. t'arm. XXil, S2 ; Schol. Uoral. Sttt. H, C, 104; cf. Cic. De of/ic. 1, 30, 131. — 2 l.cs gravures aucioniics soiil peu liili^les. Voir les photogra[)lHCS, ou Philippi, Ueher rlie rôm, Triiimphatreliefs (l'xir. des Abhamll. il. phil. hisl. Classe <l. .S'iîe/is. Oesellseh. il. 'Wi.sseiisclinfl, VI, I.cipzi,;;, im-lj pi. m). Autres exciuples : Mu.i. J'io Clementiiw, V, pi, xwi ; Oarhaitlt, .Monum. il. /tome antique. II. pi. Oi ; Zoega, /Jassiril. ant. 76. — 3 Barloli et Bel- \ar\^A)'Cus tfiumphales, pi. {= Moiitfaueon, AiUiq. expUifitrey pi. cii ; de Hubcis. Vet. arcits, pi. Yi.) — V l.e Musée posst^de deux exemplaires de ce bas-relief encore inédit, restaurés eu partie, mais qui se eompléteut l'uu l'autre. Le bas-relief de l'ompéi (/liillrl. Napolil. IV, pi. i = Mus. Ilnrb. XV, pi, xisi), où l'on voit une couronne portée sur un fi'fculum. représente non pas lu pontpe funèbre d'un gladiateur, mais celle qui préludait aux eoudials do rainpliithéàtre ; llenzcn, Itull. lie r/nsl. ISI6. p. SU; FriedUinder dans Marquardt, liiim. Staatsvenvalt, IV, p. 340, n. i. Voy. encore lîottari, Itoma solterraiiea. 11. pi. Lvu (= Garrucci, Hloria il. arle crisl. Pitture. pi. Ji!. — " Macrob. ."inl. I, 2:1, IS; Apul. Afet.
Fig. 29o0. — Fercnhun.
hommes, le second est une table à quatre pieds portée à l'aide de deux barres. Dans une autre peinture de l'ompéi', quatre hommes, qui paraissent être des me- A."---'"-^
Fig. 2931. — Ferculum.
nuisiers célébrant une fête de leur corporation, portent sur un ferculum une sorte d'édicule dans laquelle sont placées des images de dieux ou de héros leurs patrons. II. On appelait aussi fm-cubun un grand plateau sur lequel étaient disposés les plats qui formaient, dans un repas, ce que nous appellerions un service ou une entrée, et par suite, le mot a signifié l'ensemble de ce service ou missus. C'est dans ce sens qu'on le trouve surtout employé par les écrivains parlant de l'abondance des festins romains*. Quand Caton oppose à cette profusion l'antique simplicité et dit qu'autrefois, au temps où il n'y avait pas d'autre salle à manger que l'atrium, le plus important repas [kpul.4] ne comprenait pas plus de doux fercula\ il entend sans doute les plats mêmes, le contenu de chacun suffisant à un service '". Mais le luxe de la table croissant, il y eut des repas de sept services et davantage ". On faisait honneur à.\uguste de ce qu'il se contentait de trois, ou de six dans des occasions exceptionnelles'-.Chaque service se composant d'un grand nombre de plats, on comprend que les plateaux sur lesquels ils étaiuul rangés d'avance avec art '^ aient été assimilés aux fercula des cérémonies publiques : ils étaient introduits avec la même pompe [tnore pompne)''% et il ne fallait pas moins d'eil'ort pour les porter, quand ils étaient chargés de grosses pièces ou de plusieurs plateaux s'étageant sur le meuble plus grand appelé repo-
SITORIUM'^ p. P.\ris.
FEREXTARII. — On nommait ainsi des soldats romains, équipés à la légère, qui combattaient en tirailleurs sur les fiancs de l'armée. Tous les auteurs qui nous en ont parlé nous les dépeignent comme tels', mais ils ne nous disent pas s'ils appartenaient à la légion ou aux
XI, p. Î6i. — 6 Giorn. (M scavi Pomp. pi. vi : Helbig. Waniigemnlil,; n' 1479. — ■ï Uuaranla, .l/«n ileW acml. Ercol. Vil, p. lai ; .\rch. Zeitunij. IS30. pi. wu; 0. Jalui. Abhamll. </. philol. hisl. Classe il. Hilclis. GeselUchafl rf. Wissensch. V, p. 323, pi. IV, 5 ; Helbig, Wanilijenuilite. n' I4«0. — 8 Pelron. Sut. 35, 3«. 39, 46; Senec. Ep. XCV, 19 et 28; CXXII. 3; .V,i/. i/uaest. IV. 13. 6; Plin. //. nnl. XXXIII, 47, 2. — 9 Scrv. ad Aen. I, 726 : « El in alrio et duobus feiruli.; epulal.antur autiqui .. Cf. /6. 037. — 10 Des mets variés (Hiuvaieut élrc réunis dans un même plat ; voy. les fig. I2ÔC, au mot cATi.xts, ot 1446. au mol cioAni*. Fertulifm quelquefois désigne un de ces plats. Cf. Senec. 0- ""'• HI, IS, 2; llor. Sut. Il, 6. 191. — 11 Juven. I. 94: Peir. et S<-nee. 1. 1 : Philo. Vil. contemid. VI, 2, 479 M ; Lamprid, IClag. 25: Paulin. \il.Aiilhros. 1. — li Sucl. Aug. -\: de même pour Perlinax. Capitol. 12. — 13 Juven. VII, IS4. — U . Mort? porapae in teirasivium fercula... transierunt » dans les Acta fratr. Ait., Ilenzen. p. 27 et ;;:;. li Pelron. 3,i. 36, 40, 49.
KKnK\TARII. 1 Varro. De limj. lut. VU. 37 ; .Nonins, 320, 1 1 et suiv. ; Tac, An».
XII, 33 : Vegel, Biiit. 1, 20 : II. 15. cf. 17 : III, 1 1.
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corps auxiliaires. Il est remarquable que ni César, ni Tite-Live n'en font aucune mention ' et que Végècc nous représente ce genre de soldats comme n'existant plus depuis longtemps à son époque - ; il est donc vraisemblable qu'ils appartiennent à l'organisation de l'armée républicaine. Varron applique l'épithète de ferentnrii h des cavaliers et Végèce à des fantassins'; elle pouvait convenir aux uns comme aux autres.
On les a à tort rapprochés des fntmenlarii de l'époque postérieure. R. Gagnât.
FERETRUM («l'épsTpov, on trouve aussi (péprpov et oépsOpov). — Ce mot est employé dans le même sens que FERCL'LUM, pour signifier un brancard ou une civière sur laquelle on portait, dans les marches triomphales ou funèbres, les objets, les images, ou même les personnes. Il désigne tout particulièrement la civière servant à porter les morts aux obsèques [funus]. P. P.
FERIAE. — I. Signification du mot. — Caractère et ATTRIBUTS DES JOURS DE FÊTE. — On appelait fcriae (l'orthographe primitive était fesiae\ d'où est venu le mot frsius)'-, les jours qui appartenaient en propre aux dieux : ils s'opposaient aux jours qui appartenaient aux hommes; ils étaient, disaient les anciens, « institués à cause des dieux ». La fête est par définition un « jour divin ^ ».
1° Le jour de fêle, jour de relâche. — Ces jours-là, l'homme devait aux dieux toutes ses actions, tous ses sentiments, toutes ses pensées. Ce n'étaient pas des jours d'oisiveté (olium), mais plutôt des jours de relâche (quies, requies), pour toute occupation purement humaine'". Les affaires publiques et privées étaient suspendues : l'homme libre faisait trêve à ses procès et à l'exploitation de son champ; il arrêtait le travail de ses animaux, de ses esclaves, de la famille dont il était le père et le chef ^
Tel était du moins le caractère primitif du jour de fête; tel il put être rigoureusement observé dans les temps les plus lointains de la religion romaine. Toutefois, à ce principe de repos absolu, la loi religieuse de l'époque classique admettait d'assez notables tempéraments. Peu à peu, de nombreuses besognes furent autorisées les jours de fête. Les Livres des Pontifes indiquèrent avec un soin minutieux tous les travaux que les dieux permettaient. Les écrivains qui traitèrent de l'économie rurale, Caton, Varron, Virgile, Columelle, nous font connaître avec précision ceux des travaux champêtres que n'excluait pas le jour de fête. On verra par eux avec quelle tyrannie le rituel religieux surveillait les moindres actes de la vie domestique durant ces journées qui appartenaient aux dieux : il accordait bien le droit de se livrer à quelques travaux, mais il veillait à ce que ces travaux fussent exactement de nature à ne porter aucune atteinte au droit imprescriptible que la divinité avait sur le jour de fête.
C'est surtout à la campagne que les Livres des Pontifes réglaient l'emploi des jours de fête : car c'est pour mar-
1 L'omploi dans un seul passage do lY'pilliMe fei'eulm^inft par Tacite {loc. cit.) el par Salluslc {Catil. GO) ne suffit pas à «"'tablir que ce f^i-nre «io soldats ait exisii' de leur temps; ce peut être un souvenir du passé. — - Luc.^cit. — 3 /Cpit. I, 20.
l'IiMAE. I Cf. Feslus. p. 20i, p. 80 : Vel. Longus, p. i-m. L'emploi du ))luri('l rappelle que la ftîte est un jour qui revient i)ériodiipienieut : on dit ferifie comme on tlit itltis, kalemîne. — 2 Dies ft^sltm est synonyme à l'orii^inc de /'eriaG : Cor/t. hisci'. Inl. II (suppl.), p. Sm, etc. De même ilii.-s fcrinlus; Dig. Il, ;>. â; Win. Hisl. uni. XVlll, -40, etc. — 3 I,a définition du jour de fête résulte de ce que dit Varron, lit' t. /. VI. 12, lorsqu'il <listingue parmi les jours </Mt deoi'um causa et (jui /lominiim .suni
quer la fin du travail des champs, finita (icjricuUura'\ qu'ils ont été d'abord institués et les premières fêtes furent des solennités rurales. Aux jours fériés, le laboureur pouvait tailler les haies, brûler les ronces, détruire les animaux nuisibles, réparer les chemins, curer les fossés, et faire toute autre besogne de propreté ou d'entretien. Il fut permis de moudre le blé, de préparer des torches, de fabriquer des chandelles, do laver les troupeaux. On put mettre à sécher des raisins, des pommes, des poires, préparer du vin doux. Le paysan était autorisé à se rendre à la ville et ii y faire ses achats. Par un compromis bizarre, on déclara qu'il n'y avait point de fête pour la bête de somme, si ce n'est les fêtes de la famille ; on put occuper chevaux, bœufs et mulets : ce n'était pas l'homme qui travaUlait, mais l'animal.
Les Pontifes et les jurisconsultes établirent, au sujet de ces occupations permises, de subtils règlements, mais qui n'étaient nullement arbitraires, et dont il est facile de trouver le motif'. Il était permis de réparer une poutre, mais non point de bâtir', de tailler d'anciennes haies, mais non d'en planter de nouvelles, de nettoyer les fossés, mais non de les creuser : on pouvait réparer, on ne pouvait pas construire. Il y a, dit Macrobe, deux motifs de laver les brebis : ou bien on veut entretenir et embellir la laine, ou bien il faut préserver l'animal contre la maladie. Les jours de fête, il n'est permis de laver l'animal <|ue pour cette «dernière cause, et c'est ce que pense Virgile dans ses Géorgiqucs^. 11 était assurément interdit à un propriétaire rural.de travailler sa vigne ou ses oliviers : il ne l'était pas à celui qui avait affermé des vignobles ou des olivettes, car il s'appliquait non à s'enrichir, mais à faire face à ses engagements.
Voici quelle était en effet la règle de conduite de la vie rurale pendant les jours de fête : toute préoccupation de lucre, de gain nouveau, doit être écarté de la pensée humaine. Les jurisconsultes aimaient à le répéter : l'homme n'acquerra pas, ne travaillera pas pour produire, mais il veillera à conserver son bien et à faire face aux nécessités urgentes. On consultait Scévola sur ce qui était permis le jour férié. <( Tout ce dont l'omission serait nuisible », prononça-t-il, quod praeterviissum nocerct '". Les dieux avaient peut-être, dans les temps primitifs, exigé de l'homme le sacrifice de sa vie entière, actes et pensées : moins sévères aux temps classiques, ils ne lui demandaient que de faire relâche, quie.'i, à la poursuite de ses intérêts et à la recherche de son profit, que de leur consacrer le temps de repos conciliable avec le travail urgent de la terre ".
A la ville, la vie publique se trouvait régie, les jours de fête, suivant les mêmes principes. La loi suspendait la tenue des tribunaux les jours fériés; elle frappait de l;i même prohibition la culture de la terre et la poursuite d'un procès '- : l'une et l'autre chose était au même titre la recherche d'un gain. Mais en cela encore on adoucit de bonne heure la rigueur des prescriptions primi-
iiistitiili. Cf. Gic. Df lef/. II, 22. 55; le dles instiln/ns dans le cal. de Prénoslc {au 15 janv.). — * Cic. ibkl. — 6 Cic. De laj. Il, 12. — » Cf. Scliol. ad l'ers. IV, 28 : Sacrificia ftnita af/ricittlitra cvtebrant, ... etnerili et elaboruti o/ifris iiuticiitm. — '■ Hacrob. 1, 10 ; III, 3; Virg. Geori/. I, 209 et 1 ; Golumel. Il, 22; Cat. De >v r..ijnssim. —8 Macr. I.IC, II. — 9 Maer. I. tO, 12; III, 3. Il; Virg. Oeorg. I. 272. — 11 Macr. I, 16, H. — " Par suite, il él,\it permis de faire loule besogne ad deos pertmens .laci'onnnve causa; Macr. I, 10, 10, et tous les J; 9-12. — '2 Gic. De leg. ibid. ; G. Th. Il, 8, 1 ; Macr. I, 10, .'i el 0, etc. Pour rintenliclion des jirocés criminels, voir entre autres Cic. Pvo Caelio, I, I ; Verr. act. I, x, M : xi. '.H ; ael. Il, 1.11, 130 Ad fam. VIII, 8. I ; Ilor. Ep. I, 5, 8.
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lives. S'il y avail accord nnire les parties, une all'airc pouvait être jugée dans le eoiirant des l'êtes'. On autorisa d'cxjiédier certaines affaires urj'-entes; toutes colles dont la remise enirainail quelque dommage pour la Corlune, la liberté, ou la vie d'un homme'. Les causcis relatives i\ la liberté pouvaient être jugées, le magistral procédait, même les jours de fête, à la désignation d'un tuteur^. C'était l'application à la vie civile du principe posé pour la vie rurale par Scévola : IJcet qnod praelrrm'issum nocerei''.
Ce principe servait encore dans la vie politique. Les magistrats ne pouvaient pas, aux jours fériés, convoquer une armée, lever des hommes, engager une bataille''. Mais il fallait encore distinguer. Si les Romains étaient les agresseurs, si le choix du jour de combat ne dépendait que d'eux, ils devaient le fixer en dehors des journées qui appartenaient aux dieux ; mais, s'ils étaient attaqués, aucune loi divine ne les empêchait de repousser l'ennemi, de protéger leur salut, de veillera leur dignité''.
Au Forum, au Champ de Mars, les assemblées du peuple étaient suspendues. 11 est possible qu'à l'origine les jours de fête fussent incompatibles avec n'importe quelle réunion politique. Mais à la longue les dieux étaient devenus plus accommodants. Ils interdisaient toujours la tenue des comices où l'on devait voler, juger, élire : mais ils permettaient les réunions qui n'entraînaient pas un vote sur une loi, une élection, un jugement, c'est-à-dire qui n'impliquaient pas une lutte, une contestation, ou la poursuite d'un intérêt : telles étaient les assemblées où on entendait les communications des magistrats'.
Le Sénat pouvait également se réunir les jours fériés sans autorisation spéciale, et les historiens romains ne marquent aucun étonnement à le voir siéger un jour des Ides ou des Carmentales". C'est dans une séance du Sénat que Jules César fut tué, le jour de la fête des Ides de mars. On peut croire que si le Sénat jouissait de cette tolérance, c'est que, en sa qualité de conseil suprême de la République, il avait pour principale mission de maintenir et de conserver, et non pas d'acquérir ou de conquérir.
' D'une manière générale, en effet, tout acte de violence ou de force, toute conquête de l'homme sur l'homme ou sur la nature est regardée, le jour de fête, comme un crime envers les dieux : Feriis vim ciùquam fieri piaculare est^; le labour était une violence faite à la terre, les luttes du Forum ou du Champ de Mars, des violences faites h l'homme. Ce jour-Ui, il est permis d'épouser une veuve : c'est péché qu'épouser une vierge '". La formule la plus compréhensive peut-être que les anciens aient donnée pour le jour de fêle est celle que nous trouvons chez Scrvius". « On peut, sans commettre de faute, faire ce jour-là tout ce qui peut être fait sans création de quelque chose de nouveau », s'uw hitilitulionr
^ Dig. II, li, 6. — 2 Dig. n, i2, ±. Il ost permis d'alTi-aucIiir el li'rmaucipcr : cf. C. Theod. H, 8. (1 ot Ips remarques de Godefroy). — 3 Uig. XXVI, 3, 8, 3 ; cf. Il, ii, i. — ■'* Kn ;lil. (lonstuulin jinse à ce propos un autre principe, (pli recuite de ee qu'on associait en ce leuips-là l'idùo de fùte à l'idée de réjouissance. II est, dit-il, indigne de se Ii\rer à des contestations le jour de fête, mais on doit peruicltre ce jour-là ce (jue l'homme désire pai'-dessus tout, la lilierlé et l'émancipation : aussi rappelle-t-il que le magistrat a ticentiain rtnancipaiifli et manumittfmli die feato (C. Theod. II, 8, 1, Godefroy). — K Vapr. ap. Macr. I, 16, 10. J'interprète ici vii'os vocave dans le sens de convO(pier une armée. — G Macr. I, 16, 20. — "' KS. Ilusclike, Dns roifmisclieJii/ii\ p. iOT et s. — « Cf. Willeuis. le Sénnl romain. II. p. 150. —9 Maor. 1, 16, il. — Kl Maer. 1, 16, Jl. — H Ail lleory. I. iT2. — l-> Kestus, ICpil. p. 83. Cf.
7}ovl opcris. (jn dirai t que le jour de fête, dans les croyances anciennes, marquait une fin, était une conclusion, comme un arrêt dans la vie : la vie se trouvait pour ainsi dirt! frappée, tranchée, comme une victime qu'on immole. C'est pour cela que les anciens faisaient venir, non sans raison, frridi- du verbe f'i'rire, « frapper ■> '-.
Il est à remarquer combien cette notion primitive du jour de fête se rapproche de celle que la religion de Moïse a léguée aux chrétiens. << Tu travailleras six jours et tu feras toute ton œuvre », dit rKternel à Moïse '^. Cicéron dit de même : « Que les fêtes aient lieu, toute l'œuvre achevée », palralis operihus " : « les fêtes « ajoute-l-il sont placées de manière à permettre rachèvcment des travaux des champs'" »; elles ont lieu après les vendanges ou les semailles, « lorsque toute l'œuvre de Ihomme est faite », opus perfi'rliint"^. Moïse appelle de même le jour de fête, « le repos de l'Eternel », comme les Romains l'appelaient quies, «jour de relâche ». « Dieu bénit le septième jour », dit la Genèse, " et le sanctifia, parce qu'en ce jour-là il s'était reposé de toute son œuvre, qu'il avait créée pour être faite". » C'est la phrase de Servius, que le jour de fête vient après l'achèvement de l'œuvre nouvelle, inslilutio novi o/jn-is.
Dans la vie intime, les fêtes de la famille indiquaient aussi des changements d'existence : c'est le jour où l'homme prend la toge virile, ce sont les jours des fiançailles ou du mariage; ce sont les anniversaires, gais ou tristes, de la naissance ou de la mort, ce sont des commencements d'année ou des fins de période. La fête familiale, comme la fêle publique, est un moment qui sépare, qui ponctue les différentes époques de la vie.
Ce qui semble bien prouver que telle est la nature primitive du jour de fête, c'est le sens d'apparence extraordinaire qu'on donnait parfois à ce mot de fcrlae ou à celui de fi'ruitus. — Un citoyen prononçait-il par accident le nom de certaines divinités mystérieuses, comme Salus, Sfiiioiiia, Seia, Segetui, Tutilina "*, il devait " observer des jours de fêtes », ferias observabat : sa vie était « fériée ». — Si la flaminique entendait le tonnerre, elle devenait feriata, c'est-à-dire qu'il lui était interdit de se livrer à toute occupation jusqu'au moment où elle avait apaisé les dieux" : par cet avertissement, ils avaient en quelque sorte frappé sa vie d'interdit: fi-riata ressemblait singulièrement à ferita. — Certains phénomènes naturels entraînaient de même pour l'Ktat tout entier la cessation de la vie publique et l'institution de fêtes extraordinaires. Toutes les fois que la terre tremblait, un édit des magistrats annonçait qu'il y avait fêle. Une pluie de pierres provoquait neuf jours de fête : c'était un des signes dont se servaient les dieux pour réclamer de l'homme la suspension de son activité-".
Le caractère du jour de fête apparaît avec une singulière netteté quand on le compare au caractère du flamine. Le flamine est l'homme de la divinité, son
Huselike. p. :i33, où on trou\era l'indication d'autres éljniologies donnéos par les modernes: !«!« (Vossius), ferre epnla (PoUetusi. fari (HartmaniiV /a-a briller • (Corssen). I.'étymologic de ferire parait plus juste, à la condition de ne point ajouter, comme Fcslus. a feriendis viclimis. Feriae, dit avec assez de finesse HuscliLe. c'est u lejour qui frappe, qui Iranclie», Tre/flnr/, Slichlag. — I^Exoii.. XX. 8-10. —I^De Irg. II. S. 19. — 15 De leij. II, li. i9. Cf. Virg. Grorg. I, 339 : Operalus : Macr. 1. 10, l9-ii : scliol. l'ers. IV, i8, etc. — 'G .Macr. I, li, 7, etc. — i' Gen. II. 3. — 18 Et sans doute bien d'autres, car il est \isilile que nous ne possédons là que la llu d'une liste de divinités : Macr. I. 16 ; 8. — "* Ferinta esset donec plaeiisset deos : Macr. I. 16. S. — 30 T. I.iv. I. 31 : XXV, 7-9: XXXV, 40, 7 : .\ul. GcU., II. iS: Suel. V. Cl. ii. Voir plus loin. p. lo:>i. nulc 3.
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esclave plus que son pivlre : il lui est voué. Or, son existence est inséparable de l'idée de lête : sa vie est, à l'origine, regardée comme une fête permanente, jlamen ipiotidii' feslalusK S'il sort les jours de fête pul)lique, il ne doit voir personne au travail : la vue du travail le souille ; un héraut le précède pour avertir le peuple de se livrer au repos sur son passage-. Quand les anciens disaient ainsi que chaque journée du llamine était une fête, ils rappelaient par là que sa vie entière appartenait à Dieu. La fête était vraiment un lien, une chaîne, qui attachait l'homme à la divinité ^
2° Le jour de fête, jour de pureté. — Le jour de fête ne provoquait donc en principe chez l'homme aucun sentiment de joie, aucun acte de plaisir. 11 n'a pas été institué pour lui, mais pour la divinité. 11 doit participer au caractère des dieux à qui la fête est consacrée : il peut être gai, comme lafête des Vendanges, ilpeutêtre triste, comme la fête des Mânes. Il est placé dans la saison de l'année où il est le plus aisé de donner aux dieux les victimes qu'ils préfèrent''. Il est destiné au travail religieux, à la prière, aux sacrifices, aux actes sacrés. Il est marqué par la divinité comme sa chose, il est fcriaius, comme la prêtresse qui a entendu le tonnerre.
11 faut donc considérer la fête, à vrai dire, comme une oITrandc sacrée prise dans le temps, de la même manière que la victime du sacrifice est une offrande choisie dans la nature. Le jour de fête ressemble à la victime destinée aux dieux". Comme de la victime, on disait du jour qu'il devait être « pur » pour être agréable à la divinité. Toute occupation illicite entraînait pour lui une souillure, pollulia'^, et nécessitait une expiation, pkiculuni"'. La conception de purus était inhérente à l'idée de fête. C'est ainsi que chez les Juifs, le Dieu d'Israël avait « béni » et « sanctifié » le jour du repos.
On a vu que, par rapport à l'homme, le jour de fête était un jour « néfaste », iicfastus^, parce que le magistral ne pouvait juger ce jour-là; mais par rapport aux dieux, c'était un jour pur: de là l'expression de ncfastus pitrus pour désigner les jours des fêtes publiques, expression qui sur les calendriei's était marquée par le signe ou l'abréviation 1^°.
Comme chaque victime était destinée à un dieu déterminé, de même chaque jour de fête (du moins dans les temps connus) appartenait, non pas à la divinité eu général, mais à tel dieu particulier, dont il était le bien propre. Il avait, comme le temple, un dieu dont il portait le nom '". Aussi inscrivait-on surles calendriers : « tel jour est fête, et est à Jupiter ", Jdus fcr'iac Jovi; on ne disait pas simplement : tel jour est jour de fête.
Il est vrai qu'on ignorait parfois le nom du dieu auquel le jour devait être consacré : c'était le cas par exemple des fêtes qui élaient provoquées par les tremblements de terre ; conimeut savoir en efl'et (niel était le dieu (|ui avait agité le sol et qui réclamait ainsi du peuple roniain
1 A. Gcll., X, lii. — - Macr. I, 10, !». — 3 Qh ilis-iit ti'npri fei'iis, ohlij/arr populitm ft>riis, el pout-ûtre aussi altii/air. Cf. A. Goll., II, 28, 2. — V Cio. />(' tpff. 11, 8, 20. ^ tj Romurqucz que les mots hmlinf et frrinc s'emploient frc'-inicmniuiit dans les ini^mos conditions. On dit par pxprnplc hnKtiaf lirarcUlant'tiP cl frriar praccidancac, .Aul. Gcll., IV, 6, 9. — ^'PvUui ffrias si u/tm nliqitod fiprt'l; Macr.
I, 10. 9; cf. I, 10, II; A. ficll., II, 28, 3. — T Macr. I, iO, 10; I, 15, 21; A. Gcll., II, 2S, 3,-8 Macr. I, 10, 13 ; A. Gcll., X, 24, 3 ; Cic, De /«/. 11, 8, lîi ;
II, 12, 2'J. Cf. l'article niF.s. — 9 C'est l'explication doum'-c du signe N* par Iluselilvc, p. 238. 11 faut ajiHiter qu'on en a donné Iiien d'antres; urfastits pnrti\ pusln^inr, principio, pubticiis, prior ; d'autres ont vu daiïs N* une corruption de M'' ([ui serait pour 7irfu-itux festits. Pour Moinmscn, N* ne serait qu'une variété de forme
le tribut d'un jour de fête ? Aussi, dans l'édit qui ordonnait le jour de fête, les magistrats évitaient de dire à ciiti il appartenait : on craignait qu'en nommant un dieu pour l'autre on n'impliquât le peuple dans de fausses pratiques". Si quelque faute venait à souiller ces jours de fête extraordinaire et qu'il fallût l'expier, la victime expiatoire était égorgée suivant la formule du dieu inconnu, sive dm sive dcae^-. Le maintien de cette formule montre bien que le jour de fête, comme la victime qui le purifiait, était donné, non pas à la religion, mais à un dieu bien déterminé.
3° Le jour de fête, jour de purificalioii. — L'emploi du jour de fête variait suivant la divinité à laquelle on rendait hommage. Mais certaines cérémonies se rencontraient dans toutes les fêles. C'était d'abord et surtout le sacrifice d'une victime dans le temple ou dans le bois'^ consacrés au dieu de la fêle ; c'était ensuite le repas sacré ''' inséparable de ce sacrifice : ces deux actes sont les cérémonies essentielles des jours fériés.
La plupart de ces fêtes comportent également des processions, pompae '^, cortèges solennels formés par ceux qui se rendent au lieu sacré : la plus célèbre de ces processions était celle de la fêle rustique des Ambarvnlia. Quel([ues-unes de ces fêtes étaient accompagnées de sauts, de courses, ou de « fuites » : telles étaient les Lupercales, avec leur course d'hommes nus ; les Équirries avec leur course de chevaux; les fêtes du dieu Consus, avec leurs courses de chevaux et de mulets; aux Palilies on allume des feux, el bergers et troupeaux sautent à travers les flammes. Il faut rapprocher de ces courses la fuite syml)olique du Roi des Sacrifices au licgifuglum, et la fuite du peuple aux mystérieuses Poplifugia. Un assez petit nombre de fêtes primitives présentent des jeux ou des combats : on ne peut guère citer que les combats des Ides d'octobre'" et ceux des Saturnales''. Rappelons enfin les cérémonies de purification des armes et des trompettes, aux jours de ÏAnnibisIrium el du J'u- Ijilustrium, et les jeux populaires des balançoires, oscilla aux Argées, aux Compitales et aux Fêtes latines.
On peut croire que la plupart des rites de la fête autres que le sacrifice et le repas se rattachent à des devoirs de purification ou d'expiation. Le combat des Ides d'octobre est présenté par les anciens comme un acte expiatoire '". La course des Luperques cb'iturail la grande fête de purification des Lupercales. Le saut des flammes aux Palilies purifiait bergers et troupeaux". Les oscillii qu'on agile dans les airs constituent à n'en pas douter un acte de purification. La procession des AnibarvaUu est avant tout une cérémonie di' lustrafiim. Constatons en outre qu'un assez grand noiiihre de ces fêtes sont par définition même des jours de iiurilicalioii, des armes ou de la cité, des champs ou des troupeaux-". Nous avons vu d'autre jiarl que les deux caractères essentiels de la fête, c'est d'être jour de k relâche « et
de rX, r^' : la forme \ tiésignerait les jours néfastes " , tristes », la forme A". dép:énérée en IS*, les jours néfastes «gais >•, Voir iuKs,c,u.KNi>,\nn;M, rASTi. — '0 [)fHS ffrinrum istarimu AnI. Gell., XVIII, 2, 10, — " Dci r.oim'ii, ilu idi solcl, ciii senuiri fcrias ujiorlrri't, statuerc t't tuUccrp (juicscchant, ne aliiim pro atio nomiiiamlo, ftUsa relhiionf j.ojudiun alli(]arpnt; A. (îell,. II, 28, 2, — 12 A. Gell., II, 28, 3. — " Martial. IV, 6^, 07; Foslus, p. H!) {I.iicnrm); Ov. IV, 908 {[tohigalia), etc. — '■• Ovid. Fiisl. Il, lil« ; Varro, D^- l. lui. VI, 13 ; elc, — 1^ Jlaer. 1, 12, 0 ; Tihull. III, I, I ; Ov. Fml. IV, 907, elc. — If'Serv. Ail .1.'». I, 317. — n Encore eeuv-ciparaissent*ilsdcdale récente, cf. Marqnarilt(éil. \Vissowa),p, 589, — ^* Pi'optt'v r.rpialionom ; Serv, Ail Ai'ii. I, 317. ^ 'î* Omuin pnnjat i'tla.v ii/nis; Ovid. Fast, \ I, 785. — 20 Annitttstriitm. 7'iiljititsti'iitm, Lupn'cnlitt, Amlittrralia, Patitio.
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jour >■ pur >). On peut aisément conclure que la fête compoi'lail une purilicalion de riiominc ou de la terre après les journées de travail.
4° Que le jour de fêle n'est jtas un jour de joie. — 11 importe cependant de rappeler ((u'aucun de ces actes, procession, courses, jeux, sacrifices ou repas, n'est particulier au jour tic fèt(; : ils peuvent se rencontrer dans les autres journées de l'année. 11 n'est aucun jour qui n'ait son sacrifice ; tout repas est un acte placé sous l'invocalion de la divinité, et les jours de f^rand repas religieux n'étaient pas nécessairement des jours l'ériés'' Les courses, les jeux, les combats, les processions même peuvent avoir lieu à des jours non fériés. Ce n'est pas non plus la réunion au même jour de tous ces actes religieux qui constitue la fête : les jours de jeux comportaient sacrifices, repas solennels-, courses, combats et processions, et cependant les anciens ont toujours soigneusement distingué les ludi des feriae''. Ce n'est pas non plus la manière de célébrer ces différents actes. Sans aucun doute, le jour de fête ne tarda pas à devenir un jour de réjouissance comme il était un jour de repos. On s'habitua à dire que les dieux, ces jours-là, ne voulaient voir que visages gais et piété joyeuse :
Dit guorjue itt a ciini:lh hilan pielutc colunlui\ Trisliliain poni per sua fcsla juhent,
dit Ovide'". Les citoyens s'habillèrent de blanc ■' et portèrent des couronnes" : ce qui fut à l'origine un acte de religion et ce qui devint rapidement un signe de joie. Les sacrifices furent entourés de plus de solennité. Surtout, les repas des fêtes furent plus dispendieux et plus longs'. Sylla et Auguste durent même promulguer des lois pour restreindre le luxe que les particuliers déployaient les jours de fête". Mais la répression de ce luxe prouve par là 'même qu'il n'était pas indispensable au jour de fêle.
Les écrivains romains de l'époque classique et, après eux, les modernes, associent volontiers l'idée de fête et celle de réjouissance : ceux-là oubliaient leurs fêtes lugubres des Lémuriesou des Ferulia ; nous oublions que deux de nos fêtes, le Vendredi Saint et le jour des Morts sont de funèbres anniversaires. 11 serait plus dangereux encore pour la vérité de transporter ces conceptions dans le monde romain primitif. M. Mommsen a, dans une certaine mesure, cédé a celte tentation en établissant sa célèbre distinction entre les jours « néfastes tristes » ((|ui seraient marqués N sur les anciens calendriers) et les jours « néfastes gais », hilariorcs (marqués rs?) ', et cette distinction a eu de nos jours une vogue incroyable. En admettant que Festus '° et les grammairiens parlent de fêtes gaies, il est fort douteux que la Rome primitive ait attribué à la fête ce caractère de gaieté. Loin de là! A vrai dire, la fête religieuse, telle que les anciens la concevaient, comportait plus de tristesse
' Cf.Macr. 1, 10, l. — 2 Cf. Marquanlt. p. 3W. — 3 (Juand Macrobe ilil (I, 10, i) : Festis {rUfbu.'!) ii}snut sncri/icia, cputtie, liuli, feritii', il iMiiploie itics ft'sttis {primi- Livcmcatsyuoinme dp /(•;'/«(') dans le sens vague el gi'-in^ral do jour religieux ou sacrtS à moins qu'il n'y ail dans ce passage une erreur de copiste. L'opposition entre fei^iae et lufli est bien niarqui'O plus loin {'6\) : Sacra cflfhntax rsf vfl cnm sacuikicia dis offfrnntur, vcl citm dies tlirini.'i Kpiii.ATioxincs CfffftnUitr, et citm ludi in ftonorem aguntttr ilfontui. vrl ciim Fv.nwv nhsn'vantitr. Cf. Aul. Gell. M. 21, Il : Dirbuslitdnrum ft feriis iiuilm.-idam. — '► i)\ . /'ont. II, 1, 0. — ^ Sur l'emploi de \ctenienls blancs au\ joure de fête (priviV), cf. Ovid. Tris!. 111. Il i l:l). H ; V, 3, 8 ; Hor. .S',i(. II. 61 ; Ters. I. 10. — ~i Cal. do PrL^nesle, 0 mars. — S Surtout aux Saturnales. — 'J Voir .\ul. Gel. Il, il. l.cs lois perniircnl eu niojcunc dix fois plus de dépenses les jours
que de joie, plus d'ennuis que de divertissements. L'homme qui a blasphémé doit " observer une fête •>; la fête est une purification cl peut être une expiation. On célébrait la fête pour plaire aux dieux et non pour réjouir les hommes. Kii 173, à ce que rapporte Tile-Live, la terre trembla pendant trente-huit jours, et ces trentehuit jours furent passés comme des jours de fête, dans l'inquiétude et la crainte, dies feriae in sollkiludine ac metu fuere ".
Ce qui caractérisf; donc à l'origine le jour de fête, c'est moins ce que les dieux demandent que ce que les dieux interdisent. S'il appartient à un dieu, cela veut dire surtoutqu'il n'appartient pas aux hommes; sa« pureté » vient de c(! ((u'il est jour de « relâche », de cessation de l'activité humaine ; avant toute chose, il est « néfaste », et, comme tout ce qui était consacré aux dieux dans cette civilisation lointaine, il est entouré de plus de défenses et de craintes qu'il n'est accompagné de joies.
IL FÊTES PRIVÉES. — Les anciens distinguaient parmi les fêtes celles qui étaient particulières aux individus, auxfamilles, auxcoUèges, et celles quiétaient communes à tous les membres de l'État. Les premières n'étaient célébrées que par un certain nombre de citoyens, qui étaient seuls « tenus » ou « liés » par elles. Les fêles publiques ou de l'État'^ enchaînaient les magistrats ou le peuple tout entier '^
1° Fêles de la gens. — Toute société humaine ayant son dieu, a aussi ses jours de fêle. La gens, qui est la forme la plus ancienne de l'association chez les Romains, posséda, dit Macrobe, « des fêtes qui lui étaient propres », et le grammairien cite la f/ens Aemilia, la getis Claudio, la gens Jnlia, la. gens Cornelia " ; les fêtes appartenaient à la divinité dont la gens desservait le culte de temps immémorial : dans la grande gens des Jules, les fêtes étaient celles d'Apollon; Hercule était le dieu des Pinaril et des Polilii; Minerve protégeait la gens Naulia; et la fête du Soleil était celle de la gens Aurélia '\ Mais ces fêtes sont fort peu connues : l'extension et le démembrement de la gens ont dû les réduire de bonne heure à un simple souvenir.
2° Fêtes de la famille "^. — Les fêtes familiales furent au contraire vivaces et populaires durant l'antiquité. Elles étaient pour la famille entière des jours d'absolu repos. Il était permis aux particuliers de ne point prêter serment ce jour-là''. Les animaux domestiques eux-mêmes ne devaient point travailler : le repos était imposé à tous les êtres qui vivaient dans la famille. « Le septième jour », disait Moïse, « est jour de repos, même pour ton bœuf, pour ton àne et pour toutes les bêtes " ». <> Il n'y a pour les mulets, les chevaux, les ânes », disait Caton, « d'autres fêles que celles de la famille ''^ »
Certaines fêtes familiales étaient célébrées en même temps, à un jour fixé par l'usage ou par la loi, à peu près'^" dans toutes les maisons romaines. Telle est égale-
de fête que les jours oniinairos. — *0 Cf. Corpus, I, p. 367. — ** 1'. lOô. où Moraniseu supplée [liiltt\ riori:s. — l2Til. I.iv. XXXIV. 40. — 6' Frriae piiblicne ; Macr. 1. 10, 3. Cf. Fostus. p. m. — 13 rniirr.ti im/mli communes: Macr. I, 16. 5. — <*l. 16, T. Macrobe emploie ici abusivomeul l'eipression de familia pour celle Ae gens. — 13 Marquanit, Sacralwesen. édil. Wissowa. p. 131. — 16 Cf. Marquartlt. Prirat- Ifhen. p. ii^l et s. — '1 Aul. Gell. XVI. l. 4: Corput; t. II (suppl.). Ifjr col. Gfn. 111, i, i:i-33. — " lleuler. V. U. — " l>f rr nisl. I3S. Il faut faire riceplion pour quelques fétc-s spéciales, celles des rlie\aui aux Êquirries, des clipiaui cl des mulets aux Consuatia, des troupeaux aux Palilies, des àuesses aux Vfslalin (Oï. Fasl. VI, 31 1 ). — 20 On si^ialc une exception. La gfns Juuin aurait ct'lébré ses Caristia en décenibttï.
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ment chez nous, par exemple, lu Icle des Morts. Ces i'étos, sans être à proprement parler des fêtes publiques, sans empêcher toujours en droit la tenue des tribunaux ou des comices, étaient cependant inscrites dans le calendrier officiel : l'État avait d'ailleurs, lui aussi, ses morts à honorer par le ministère des Vestales, des prêtres ou des magistrats. C'étaient d'abord les fêtes funéraires du mois de février, réservées au culte des défunts, les Parcnialin (du 13 au 20 février), et les Fevalia[au 21), qui les cli'iturent; on doit rapprocher d'elles la fête énigmatiquo des Carnaria {l"' iuin) appelée aussi la fête des Fèves [Fabar'uie kalendac), qui est une solennité funéraire'. Observées par tous les citoyens à la fois, elles engageaient l)ar là-même la vie publique. Les temples étaient fermés, les mariages défendus et les magistrats, dit-on, ne pouvaient paraître revêtus des insignes de leur autorité-. — Fuis venaient, le 22 février, les Canstia; tous les parents d'une même famille se réunissaient dans de joyeuses agapes : mais l'État ne pouvait pas ne pas regarder ce jour comme un jour de réjouissance publique, surtout lorsqu'on s'habitua, dans ces fêtes, à associer aux dieux de la fauiillo les divinités de l'empereur, père de la patrie'. — Le 9, le 11 et le 13 mai, revenaient d'autres fêtes familiales, générales au peuple entier, les Lemuria, destinées à apaiser les ombres errantes : celles-là aussi influaient sur la vie publique, les tribunaux étaient fermés', les temples de même', et les mariages mal vus des dieux".
On doit ranger dans cette catégorie les fêtes, beaucoup plus récentes, des Calendes de janvier ou des êtrennes, qui furent célébrées pendant longtemps dans les familles, avant de prendre place dans le calendrier public'.
Indépendamment de ces fêtes, que le calendrier de l'État fixait à des jours déterminés, chaque famille avait ses solennités qui lui étaient propres et dont la date était celle de l'anniversaire qu'elles consacraient. — Les plus célébrées étaient les Feriac Dciùcalrs, réservées au défunt dont on venait de pleurer la perte : elles avaient lieu quelques jours après la mort, et toujours après les funérailles. — Puis venaient les Parenlalia privées, qui marquaient le jour anniversaire de la mort et des funérailles*.
— Les JRosaUa ou Bosaria, qui se célébraient d'ordinaire aux mois de mai ou de juin, et qui seront assimilées plus lard à des fêtes publiques étaient les jours où la famille portait des roses sur la tombe de ses morts, dics Itosaliunis, disent les inscriptions'^ A côté de la fête des Roses, la fête des Violettes, dies Violae^", était le jour où le mort recevait l'offrande des violettes.
A examiner de près toutes ces fêtes familiales, on reconnaît aisément qu'elles ont toutes les caractères essentiels des jours fériés : elles sont accompagnées de puriiications, et elles appartiennent à un dieu. C'est se tromper que de les regarder comme instituées en l'honneur de la famille vivante ou en souvenir de ses morts. Les Ferlae Denuales mettaient fin au temps de deuil et d'impureté qui suivait la mort". C'étaient des jours (lui ap[iartenaicnt au mort, mais comme les Ides apparle-
I llacr. 1, li, 31; Nonius, p. :U1 ; Curjms, 111. 3893; Ovid. Fast. VI, 101. Cf. FABA. — 2 Ovid. Faut. Il, 5.i7 cl s.; Lydus, De mens. IV, 24, El ccpclulanl, coniiiic le fait remarquer avec raison M, Boucln'-lieelercq, Institutions /tomtiiitrs, |i, WG, ces jours sont marques F et C sur les calendriers, — 3 Ovid, Fast, II, 038. — V Kllcs sont marquées N, nefasti dies. — ii Ovid, Fnst. V, 48;S.
— S Ov. Fast. V. 488, — 1 II semble qu'il fiU d'usajïc, dans les familles, de ci''li5brer, outre les Ides, les Noues et les Calendes ; Aul, (lell. II. Jl. Il l'I 11; i'.iûa, Dr re r. 148. — S Cf. Marquardt, Sacralwesen , p. :i I I . - ■' /bi'l. |>. :i 1 1 et :ll.>.
naient à Jupiter : le défunt n'y apparaissait point comme l'être aimé et regretté dont on veut célébrer le souvenir ou honorer la mémoire; il s'y montrait comme le dieu dont ce jour était la propriété ; on lui offrait des sacrifices, un repas sacré, des jeux mêmes : c'était le jour où le mort passait solennellement à l'état de dieu de la famille'-. Avant de célé])rer les Lemuria, le dévot se purifiait; et les ombres qu'il invoquait étaient des esprits divins". Les Fevalia appartenaient aux dieux Mânes comme les l'arentalia aux parents devenus dieux, Diis Parentibus. Et dans les Caristies, c'était aux dieux do la famille, Diis Gcneris, aux Lares ou au Niimrn de César, que s'adressaient les prières'''.
3° Fêtes des particuliers. — Les autres fêtes familiales peuvent êti'e regardées aussi comme des fêtes particulières aux individus'^: si c'est la famille entière (jui les célèbre, elles concernent cependant surtout l'un de ses membres "''. C'est d'abord le jour anniversaire de la naissance {Natalia) du père de famille ou de ses enfants, ou même de ses amis ou de ses hôtes''. C'est le jour où l'enfant nouveau-né reçoit son nom [Nominalia), et celui où il prend la toge virile (Liberalia). C'est enfin le jour des fiançailles {Sponsalia), celui du mariage {Nuptiae) et le lendemain des noces (Rcpotia) '*.
Ces jours de fête familiale ont été, durant toute l'antiquité romaine, l'objet d'une grande ferveur. Si on peut en juger d'après la popularité qu'ils conservèrent, la vie de famille demeura aussi intense qu'au premier jour. C'étaient, à ces moments, des folies de plaisirs et de dépenses. Il fallut faire des lois pour restreindre les prodigalités auxquelles on se laissait aller. Sylla défendit que plus de 300 sesterces fussent consacrés aux festins des fêtes familiales ; Auguste permit 1000 sesterces pour les jours de noces et pour les Repotia". C'étaient les jours où on invitait les amis et les clients; on s'habillait de blanc-", on répandait fleurs et parfums, on aimait à se trouver dans une compagnie nombreuse et réjouie : « Que de fois, dit Ausone, j 'ai célébré les jours des fêtes des miens ou j'ai assisté comme convive à celles de mes amis-' ! »
Mais il n'est pas permis de regarder ces jours de fête comme de simples anniversaires ou des rendez-vous de réjouissances purement humaines. C'étaient aussi et toujours des jours religieux et sacrés, qui appartenaient à une divinité : des prières, des sacrifices lui étaient adressés, et c'était sous son invocation que le festin de la fête avait lieu. Il va sans dire que le dieu Lare était le dieu habituel de la fête de famille. Ces jours-là, disait Caton, il faut adresser une supplication au dieu Lare". Il n'était jamais oublié, lui et son chien, aux fêtes domestiques. Le jour de la loge virile, on lui consacrait la bulla que l'enfant avait portée. Mais quelques-unes de ces solennités avaient aussi leurs divinités spéciales. J'imagine que Juno Pronuba tenait une grande place dans les invocations du jour des noces". Liber était sans doute devenu le dieu des Liberalia familiales. Les anniversaires des naissances appartenaient tout entiers au génie de
— lOfor/Liiiscr, /a(.,Vl,lÛi48.— llKcstus,iS'/),i). 70. — l-Toutcelacstlrésnctlcmeut marqué par Cicérou, De leij. II, 25, iio : Feriae denicales residentttr morttiis... Finis funestne familiae. — 13 Ovid. Fnst. V, 432. — IV Ovid, /■'«,'!(, Il, 631, «34, r>30, etc, — '•' .Siint sinffitlorum. Macr. I. 16, 8. — lo Privatantm et comnitifiimn .intemnilainni, dit 'rertniiieii de toutes les fOles que nous ennuierons ici (De ittoi. 16). — n Macr, I, 16, ». ^- 18 Aul, Gcll, II, 24 ; Tertull, De iilol. 16, — 1» Aul. (iell. II. 2i. — 20 Voir p. 104:1, note 3. — 21 Fpisl. 0, — 22 De re r. I i:i, — 23 Cf, Virg, .loi, IV, liili.
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riimiiine, à col iiivisihio (hniius qui! riioiiiiin; ri'C(!vait en naissant. Celait lui ([ii'oii adorailco jour-là : A'ufalis Juno (jl::NO est In féminin de cenius),
Nalalis Juna, sani-to.i cape luiis areivos,
ainsi commence une prière que la femme adresse à son génie le jour anniversaire de sa naissance'. Ce jour est proprement la IV" le de ce l ê Ire divin qui csiràme humaine-.
Fêtes des collèges. — Les collèges étaient des associalions humaines comparables, en tout point, aux génies et aux familles; ils ont leur foyer, leurs repas en commun, leur sépulture et leurs dieux; ils ont aussi leurs fêtes. De ces fêtes, les unes ressemblent aux solennités familiales et privées; tels sont les anniversaires des patrons ou des bienfaiteurs de lacorpoialion : ces jours-là, on célèbre leurs Mânes par des sacrifices, des offrandes ou des repas de corps, comme la famille célèbre l'anniversaire do son père. Les autres rappellent davantage les fêtes publiques; ce sont celles que le collège observe en l'honneur du dieu sous la protection duquel il s'est placé : elles ont lieu, en règle générale, le jour anniversaire de la dédicace du temple auquel le collège est consacré. C'est ainsi que la plus célèbre des corporations romaines à l'époque impériale, celle des Frères Arvales, célébrait, d'une part, pendant le mois de mai, trois jours de fête en l'honneur de sa déesse Dea Dia et, d'autre part, à leurs dates anniversaires, les fêles delà naissance, du mariage ou de l'avènement des empereurs, membres et bienfaiteurs du collège. '
Quelques-unes des fêtes célébrées par les grands collèges de Rome prirent une importance presque égale à celle des solennités publiques. La fête de Mercure, qui avait lieu le 15 mai, n'était en droit que celle du collège des Marchands : elle fut établie en 495, en même temps que fut fondé le premier temple de Mercure et que fut créé le collcguim mrrcatoruin chargé d'y desservir le culte ^ ; mais, au fur i^l à mesure que grandit le culte de Mercure, la fêle des Ides de mai prit place parmi les plus populaires, et Ausone les cite encore parmi les grandes fêtes de l'empire'. Les deux principales fêtes de Minerve, celles du 13 juin et du 19 mars, étaient avant tout les fêtes des vieilles corporations instituées par Numa, les collèges des tibicincs et des artisans''. Les Julurnalla étaient célébrées par les ouvriers des aqueducs romains, dont Juiuvna était la protectrice ".
Nous verrons plus loin qu'un certain nombre de fêtes publiques, tombées en désuétude, furent confiées par l'État aux soins de corporations qui continuèrent à les célébrer en sou nom et pour le peuple.
Enfin, c'est dans la catégorie des fêtes de collèges qu'il faut comprendre les solennités des cultes orientaux. d'Isis, de Mithra ou de la Mère des Dieux, et les fêtes chr('tiennes, jusqu'au moment où elles reçurent la sanction de l'État et furent mises au rang de fêtes publiques.
0° Fêtes propres à rerldiiis groupes de personnes. — Certains jours de l'année étaient regardés comme des
' Tiljtill. II, ' ; IV. '.f. — - Le bas-oni[iirt-' céli^hi-L' en fi'^ricr les Geniaiia.
— a T. l.iv. H, Jl. 7; II, iT. 5. — V /)e fei-iis. :i. — o 0,id. Fasl. VI, 051 el s. ; III, 809 i-l s. — i"' Jutuninn fi'riiis cflebrtint, qui artifichim aqua exercent, iiuem ilirm frsliim Jiilunmlm ilicuni ; Sor\ . .(</ .Ic/i. XII. 1.111. — 1 Fasl. VI, iV.I; Vano, W- /. /. V, (OC. -^ a Macr. I, 11. 7. — a Maoroli. I. Il, :lfi-
— 10 Dlonys. VIII, 33, de. — "Voir le cal. de l'olcmiu* Silvius, — 13 Keslus, p. .11:1 : ■Seri'orum (lies frsliis.— I3C. Tlieod. 11,8,2.— 'UX M,iriiu,-irdl, Privallehen.f. III el \\i. — lj l'Iiii. Ep. VIII, 7; Svmni. F/i. V, S3 ; llor. /C/i. Il, S, l'J7. Je pense
foliis propres à des catégories do personnes, que réunissait leur sexe ou leur condition, comme les esclaves ou les femmes. Fêtes féminines, fêtes serviles, si générales qu'elles fussent, ne peuvent être regardées que comme des fêtes privées : femmes el esclaves étaient en dehors de la cité. Les femmes avaient comme leur calendrier de fêtes. Les Mairnlio. (11 juin), en l'honneur de la.V'/7''/' .Mntuta, étaient la fête des mères de naissance libre :
lie, Ijonae Maires ; vestrum Malralia feslum,
dit Ovide ''. En revanche les célèbres Ma/rona/ia (fmars), consacrées à .lunon, observées par les matrones comme mères de famille, avaient lieu avec la participation des femmes esclaves *. Le jour des Nones de juillet, les Xonae Caproliniie. réunissaient, également sous la protection de Junon, les femmes libres et leurs annllue''. Le 1'^'' décembre, jour do la Forluno Muliehris, était, diton, réservée aux femmes mariées en premières noces '". Cela n'empêchait pas les femmes de prendre une part active à certaines fêtes publiques, par exemple aux CnrinenlaUa, chères aux femmes enceintes et aux mères de famille. — Les esclaves célébraient tout particulièrement la fête publique des Saturnales : on l'appellera volontiers ferme servorum, comme on nommera aussi les Capro fines feriae ancillarnm ". Mais s'ils partageaient ces doux fêles avec les hommes libres, ils en avaient aussi une qui leur était réservée, celle de la Diane .\ventine au 13 aoiU'^
0" IVundines et vacances. — Le terme de feriae impliquait si complètement l'idée de relâche, recjuies, que les Romains furent amenés à désigner par ce seul mot les fêtes et les vacances. Les vacances sont de véritables fê tes, '/rfrcr; )(/■(')« /ffio)'(s'^, réservées à certaines catégories de travailleurs ou de fontionnaires.
Les quatre mois de juillet, d'août, de septembre et d'octobre étaient pour les écoliers quatre mois de fête ", feriae puerorum : c'étaient les jours de relâche à leurs travaux habituels. Bien entendu, il y avait aussi fête pour les écoles aux grandes solennités publi([ues. et nommément aux Saturnales et aux fêles de Minerve du 19 mars''. Les écoles chrimaiont encore aux Nundines"''.
Les Romains connurent d'assez bonne heure les vacances judiciaires, qu'ils appelaient aussi feriae *'. Elles duraient deux mois, juillet et septembre, l'un réservé à la moisson, l'autre à la vendange. Aussi les appelait-on /'tTfnn messium'^, feriae vindemiarum^', ou encore fêtes d'été, feriae aeslivae-". On peut en suivre l'usage jusqu'à la fin de l'Empire, el une loi de Théodose, en 389, rappelait que les juges avaient droit k deux mois de relâche [rec^uics], l'un « pour adoucir les ardeurs de l'été », l'autre « pour recueillir les fruits de l'automne-' ».
Enfin les jours de marché ou nundinae, qui revenaient tous les neuf jours, furent à l'origine de véritables jours de fête (on les disait consacrés à .lupifer) '-, mais des
aussi, au 1'' janvier, au Septimo7ttiitm . aux Carislies, aui Ftomliti. à U fêle de l'hiver. Jiriitm ; cf. Tcrl. De idol. 10. — If- Varr. ap. Non. p. iU. —17 Cf. Sucl. Ciesar, W; SUl. Sylr. IV. *, 40; Plin. Kp. VIII, il ; Soncc. .\poe. 7. *. Cf. le conimenUire de Godefrov au Code TluVid. (Rillor), t. I. p. 135. — tsguel. Caesu-. U). — 1» Voir C. Jnsl. ni, li, De feriis : Dij:, II, li, 1 el I. — M Aul. Gcll. X. 18, I ; XVIII. 5, 1. — 21 {Die.t) qnos ffemiiiis inensibit.^ ati requiem taboris inHulgentior itiiiitis accepit aestivix ferroribus mitigniitiis et nutttttinix foetibus dreerpeniiis ; r..Tlieod.lI.S, i (Godefroyi, — 52.Macr. I. Itî, 10. Ou.iSalume. rinl.(l«''<«'. roui. li.
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fêles réservées aux plébéiens de la campagne'. Ils interrompaient leurs travaux et, suspcntlant la vie des champs, intermisso riire-, ils venaient à Rome faire leurs achats et prendre connaissance des règlements publics. N'oublions pas que la loi romaine autorisait, aux jours de fête, les achats et les ventes pour les gens de la campagne, et les communications des magistrats au peuple. Plus tard on oublia ou on changea ^ le caractère primitif des i\undines et on agita sans lin la question de savoir si elles rentraient ou non dans la catégorie des jours de fête*.
111. FÈTES PUBLIQUES. — Les fètcs publiques étaient celles que l'État célébrait à ses frais, dans ses temples, par le ministère de ses magistrats ou de ses prêtres, en l'honneur de ses dieux, et qui étaient obligatoirement chômées par le peuple tout entier''. Les jours en étaient tous (1 jours néfastes » : ils étaient jours de « relâche » pour le peuple et pour les magistrats.
Les anciens faisaient d'assez nombreuses distinctions parmi les fêtes publiques. On les distinguait d'abord suivant leur date. Les unes revenaient chaque année le; même jour du calendrier; elles étaient inscrites dans les fastes, et elles donnaient leur nom à ce jour : c'étaient les fêtes fixes, feriae sialivae''. Les autres étaient lixées par les magistrats ou les pontifes pour un jour déterminé : ils « concevaient » la fête (concipicbant), c'est-à-dire ils l'ordonnaient suivant de certaines formules, et ils l'annonçaient et la proclamaient devant le peuple [indicnbant , cdicebaiii)' . Ces fêtes étaient d'ailleurs régulières, en ce sens qu'elles revenaient tous les ans, les unes au même jour, les autres à un jour variable, mais toujours dans la même saison. On les appelait feriae conceptivae. D'autres fêtes enfin, extraordinaires et exceptionnelles, étaient décidées par les magistrats en vertu de leur imperium : c'étaient les feriae imperativae'.
A un autre point de vue, on distingue d'un côté les fêtes publiques célébrées par les magistrats ou les prêtres do l'Etat au nom du peuple romain, sacra pro populo, mais le plus souvent sans la participation du peuple : et de l'autre les fêtes que le peuple célèbre lui-même, avec ou sans la participation de l'État. Mais cotte distinction n'apparaît pas très nettement dans les textes et semble surtout l'œuvre des modernes ". .Nous verrons d'ailleurs que cette distinction rentre dans la première : les foies populaires sont presque toutes mobiles et annoncées par les magistrats; les fêles pro populo sont fixes et inscrites dans le calendrier.
A dire vrai, d'ailleurs, l'une et l'autre distinction sont
1 Macr. I, 10, 30 ; Fcstus. |i. SU, p. 173. — 2 Macr. I, 10. Xi. — 3 Une Ifx Ifortcnaia (celle de 2117 '.') aurait di'reidO ut ftistae csscnt lutntliiific ; Macr. I, IG, 3n. — V Voir Macrob. I, IC. — *» IJnivi'vsi popuU C07inmtnpx ; Macr. I, 10, 0. Cî. l'cstus, p. 2'm et 253 ; ici, note 61. — ^ J^t sitnt stativak nnircrsi popitti communc/t cci'lis et cnuslitutis dieliux ac monsihttfs et in festis statis abservationibus arlnntataf ; Macr. 1, IC, 0. De staïutis ilirbu.t^ dit Varron, VI. li.'i. Cf. Ovide, /'«.ç^cs, II, 2iiS : Stata nacra ; Feslus, p. 3-H : Si'ata sncrificia. — 7 Conchitivae sunt quae fjitotannis a mat/istratibui vet sncerdotibtis concipiuntur în fJies t'tfl cei'los vet r/ifim iiiccrtos ; Macr. I, 10, 1. FcritiP cokceptivae annai.iis, Varron, VI, 20. Cf. iljidcm ; l'crutc suâCEi>TAE. — ** Impeiiativae sunt ijitas couxulrs rt'l praetorcs pro arbitrio potcstatis indicunt; Macr. 1, 10, G. Il est visible (pie ces fuies élaient d'aillcurâ l'ga- Icnieut conçues, ce qui cxplicpie (pie Varron, VI, 25, les ap[>elle : Feriae conceptivae qtiac non stutt annates. — w Mai-ipiardt, [i. l'JO el p. 120. d'apri^s Festus, p. 2i.5 et 253 ; cf. ù ce sujet les réflexions fort justes de Houcbé-I.cclereq, Manuel, p. 4ÎIG. Voir plus loin, note 01. — • 10 Cf. contra, Hartmann, p. 133. — it Nous ne pouvons donner cette liste qu'à titre d'iiypotli^se. Voici couinient elle peut s'obtenir ; 1" à l'aide des renseignements fournis par les écrivains sur l'origine de ces fêles (c'est la source la moins sûre) ; 2'^ de la place qu'elles occupent dans le mois (elles doivent ôtrc à des jours impairs et après les noues) ; 3" des signes dont les marqvicnl les ca-
un peu factices, et dues surtout aux recherches des grammairiens. Il n'y avait pas, à l'origine du culte romain, des séparations aussi tranchées entre les diirércnts groupes de fêtes.
1° /e/es primitives de l'Etat romain [feriae stativae, sacra pro populo). — Parmi les fêles publiques du calendrier romain, les unes sont de création récente : elles apparaissent à une date précise dans l'histoire romaine. Les autres n'ont point d'origine connue : la tradition les attribuait à Romulus et surtout à Numa; c'est dire qu'elles appartenaient au calendrier primitif de l'État romain, qu'elles sont aussi anciennes que la cité elle-même, et peut-être antérieures à sa fondation : elles nous ramènent aux temps lointains et mystérieux où se formaient les religions de l'Italie. Aussi loin que nous remontons dans l'histoire de ces fêtes, elles nous apparaissent toujours comme fixes et régulières : le jour en a di"i être arrêté on mémo temps (]ue se constituait le calendrier public du peuple romain'". Voici, d'après les calendriers épigraphiques, d'après Varron, Ovide et les grammairiens, quelles sont les fêtes fixes iiriniilivos du peuple romain, à quelle date elles se célébraient, quoi nom elles portaient, à quels dieux elles appartenaient.
Les lettres majuscules indiquent les fêtes traditionnelles fixes du peuple rom,ain : nous avons ajouté un astérique à celles qui ne sont peut-être pas primitives, tout en étant fort anciennes. Toutes ces fi'tes, et elles seulement, étaient marquées N' sur les calendriers. — Les italiques désignent également des fêtes anciennes, mais qui, tout en étant inscrites dans le calendrier à des dates lixes, sont plutùt des fêtes familiales ou collégiales, que des fêtes publiques : nous avons indiqué sans parenthèses celles qui sont gravées en grandes lettres dans les calendriers et qui ont, par conséquent, une importance particulière". Les fêtes entre parenthèses manquent dans les calendriers du temps d'Auguste. Plusieurs paraissent ne pas être [iriuiitives ; nous les avons marquées d'un astérique.
Janvier.