JUNONI
Exqinliis. '
dics matronarum'-.
1" mai.
1 Idl's.
JuilOlli. 1 MlfJERVAE.
in Arec.
11 juin.
• [Qu'inq ant rus iiii-
dicstibicinuin'' .
[ nusculac).
5 août.
Saliill .
in Colle Quirinali.
3 juin.
BMonai'.
in Circo Flaminio.
19 août.
VlNALlA (ruslira).
Veneri.
\ in Murcia vallc. i ( in lueo Libilinae. S
dics olitoruni'.
1°'' janvier.
Aesculapio.
in Insula.
20 juin.
Su))iiiiaiio.
ad Circum Maximum.
13 décembre.
Idus.
Telluri cl Cerehi.
in Cariins.
l"aoùt.
Spei.
ad forum HoUtorium.
!'='■ octobre.
Fidci.
in Capitolio.
!"'■ juin.
Tempestaii.
11 janvier.
{Juturnalla).
Juiurnae.
in Campo Marlio.
diesarlificumafjuariorum'.
27 (28) avril.
(Floralia).
Florae.
ad Circula Maximum.
3 février.
Concordiae.
in Arce.
8 juin.
Menti.
in Capitolio.
1'' mai.
lionae Deac.
in Avcntino.
1" février.
Junoni Sospitae.
in Palatio.
13 février.
Idus.
Fauno.
in Insula.
23 mai.
Fortunac J'iihlicnr.
in Colle Quirinali.
10 avril.
Matri Dcum Magnac.
in Palatio.
30 juin.
Herculi Musarum.
23 avril.
ViNALiA [rustica).
Veneri Erycinae.
extra porlam Collinam
dics mcrelricum''.
l" décembre
Neptuno l'ielali.
in foro HoUtorio.
22 décembre.
Laribus Permarinis.
in porlicu Minucia.
l"" avril.
(Vencralia)*".
[ Fortunac Virili.
( ]\'ue>-i Verticordiae.
dies mulieruni*
Sylla.
4 juin.
Hercitli Marjnu Ciislodi.
in Circo Flaminio.
20 septembre.
Veneri Geneirici.
in Foro Caesaris.
'6° Des changements apportés à l'idée de fêle. La fêle, anniversaire historique. — Si les Romains de la Républiciue ne touchèrent pas à leur calendrier primitif dans ce qu'il y avait d'essenliel, le nombre et la dcslinalion de ses jours de fête publique, en revanclie, le caractère même des fêtes se modilia peu à peu : l'esprit n'attacha plus à ces jours le uiènio sens qu'à l'origine; la signification
1 Cf. Varr., De imyua lutina, V, 100. — 2 R-sl., p. lis. — 3 Cf. Dion; s. VIll, 55. — l Cf. Polcniius Sihius. — 1» Cf. les textes citis pur Marquai Jl.
s'en altéra en même temps, de la même manière que la religion romaine.
Alix dieux impersonnels et rustiques, sans corps et sans légende, des croyances primitives, riiilluence hellénique substitua des dieux vivants, personnels, des (lieux ([lie nous pourrions appeler « politiques», ayant leur histoire et intimement mêlés aux événements de la
— C Varr., VI, 7. — ' Varr. I) I. I. VI, iO. — 8 Scrï. Ad Aen. XII, I3'J.
- Il C^il. lie l'i-.'iieste. — 10 Cal. de l'iiilocalus. — " Kasles de Pr(incslc.
FER
— Wil —
vie romaine. Celle transformation de la divinité devait fatalement dénaturer le caractère de ses fêtes. Déjà nous avons vu que les nouvelles fêtes de temples ne sont autres que des anniversaires des « naissances des dieux », des jours où ils ont pris corps sur la terre. Mais celle révolution religieuse cutuneiïetrétroaclif sur les anciennes fêles. On oulilia que la fête correspondait à un retour régulier do la vie rurale ou municipale, la tin des semailles ou la purification de la cité : on ne se rappela pas toujours qu'elle était h; symbole de l'activité liumaine confiée à la protection ou abritée contre la colère des dieux. Le sens de ces fêtes va maintenant s'adapter à la vie des dieux, puisque, désormais, on leur prête une vie : on les considérera comme rappelant un épisode de leur existence parmi les hommes, comme instituées en souvenir d'un bienfait qu'ils avaient accordés; elles devinrent, pour la plupart des Romains, des anniversaires de l'histoire religieuse et politique.
On sait quelle place ces fêles d'anniversaire avaient prise dans la théologie des autres peuples, par exemple chez les Hébreux. Le septième jour était devenu pour eux l'anniversaire du jour où le Seigneur s'était reposé après avoir créé le monde. La Pàque était le souvenir du jour où Dieu avait aidé son peuple à sortir d'Egypte. Les différentes fêtes traditionnelles furent peu à peu rapportées par leurs prêtres aux événements de la vie de Dieu ou de la vie d'Israël. Les Romains transformèrent, suivant le même procédé, leurs anciens jours de fête. Leur calendrier « agraire i> devint, à la fin de la répulilique, un calendrier d'« histoire sacrée ». Il importe de bien noter ce changement d'ailleurs purement tliéologique. Car presque toutes les fêtes qui vont apparaître dans le calendrier, y compris les fêles chrétiennes, auront ee caractère de « souvenir historique ».
Cette transformation de l'idée de fête se fit à la fois dans l'esprit du populaire et dans celui des théologiens. Les érudits du temps de César et d'Auguste l'empruntèrent sans doute autour d'eux et, l'évhémérisme aidant, contribuèrent à l'établir par leurs recherches. Tout concourut ensemble : l'idée purement humaine que le peuple se faisait de ses dieux, le travail des philosophes, cherchant une origine historique aux vieilles choses delà religion, et l'inslincl des poètes et des artistes, désireux de donner aux puissances divines une allure vivante et imagée. C'est ainsi que, désormais, chez Ovide, chez Denys ouïite-Live, même chez le savant Varron, la plupart des anciennes fêtes seront expliquées par l'Iiistoire des rapports entre les hommes et les dieux. Kl parfois même, les calendriers publics cnregishMn-onU'origino delà fête'. Le jour des Poplifugia devint l'anniversaire d'une fuite tumultueuse du peuple romain, soit au temps des guerres contre les Fidénalos, soil après la mort de Romulus-.Les lAicaria rappelaient, dit-on, l'asile que les bois avaient donné aux Romains dans leurs guerres contre les Gaulois'; ce qui était élrangemenl dénaturer celte fête, qui se rattachait au culte le plus solennel de la religion des ancêtres. La fête mortuaire des Carnarïa aurait été instituée par .lunius Rrulus lorsqu'il expulsa les Tar- (juins''; cl le seul motif ([u'on eut de faire celte altribu-
Voù' sui'lmit les îiniiolutiûiis du ralrmlrior ilc Pri'-iieslo. — 2 Varr. Ot^ l. l. VI, IS; Dion; s. 11, .'iC— 3 Ki'slus, |i. 119. — 4 Macroli. 1, li, 31. — i^ Cf. Clirist, Si/:. </. Miinch. Aka.l. phil. hisl. Cl. 1876, p. I9S. — 0 Cf. Oviil. Fail. liv. U. — 7 Cal. de l'i'L'U.ii.StS. — 9/if'f/</Hji^irMKiuToiïKDrTAt'tïm7on', ditOvidc(IV, 899} aux Yinolin du
lion fut l'analogie qu'on trouva entre le nom du mois de juin où elles se célébraient, et celui de Junius Brutus. Égarés par ces puérilités étymologiques, tous les Romains lonibèrenl d'accord pour faire du /Iffjfifurjiunt l'anniversaire de la fuite de Tarquin le Superbe '. 11 n'était pas de fête plus ancienne et plus symbolique que celle des Lupercales : mytlioh)gues et poètes s'acharnaient, au lieu de chercher à la comprendre, à la rattacher à l'histoire deRomulus". La fête des Vinalia du printemps s'expliquait d'elle-même : mais tous les Romains prétendaient que c'était Énée qui, dans le combat contre Mézence, avait voué à Jupiter, avec ce jour-là, les prémices du vin nouveau : Calon, Varron, pour ne point parler d'Ovide, qui n'est point toujours sérieux, l'affirmaient, et Verrius Flaccus inscrivit sur ses Fastes publics celle 1res ridicule histoire''. C'est ainsi que, peu à peu, toutes ces fêles primitives vinrent se ranger dans le cycle légendaire des premiers temps de Rome, comme autant de « vo'ux 1 promis à la divinité « méritanl(! » par la volonté des rois et des peuples ". El ce vieux calendrier des l'êtes, symbole perpétuel de la vie humaine dans sa lutte contre la nature, devint le répertoire d'une épopée nationale créée de sang-froid.
De la théorie et de la recherche, cette conception de la fête passa dans la pratique au temps de l'empereur Auguste.
4° Institution de fêtes politiques sous Auguste. — L'établissement de la monarchie sous Auguste eut, en effet, comme conséquence immédiate, de transformer en fêtes perpéluelles, obligatoires pour le peuple entier, tous les anniversaires des jours heureux pour le prince. Pour la première fois depuis le roi Xuma, de nouvelles fêles publiques furent instituées, auxquelles le peuple devait participer, ferintus et roronatus, comme dit un calendrier'. La destination traditionnelle des jours où on les fixa fut changée : ce que les consuls et les pontifes de la Rome républicaine n'essayèrent jamais, le régime impérial le tenta. De nouveaux jours néfastes et purs furent ajoutés aux cinquante /"r-rfoeprimilives. Toutes les grandes victoires de César, tous les événements glorieux ou heureux du règne d'Auguste, leurs jours de naissance à tous deux furent décrétés jours de fêles. Lajournée perdit sur le calendrier sa marque primitive, N ou C ou F, pour prendre .V, la note des fêles'". Feriae ex senatusconsulto, quod co die imperator Caesar Aurjustus adoptavit /ilium l'iberium Caesarem, inscrivent par exemple les calendriers à la date du 2(3 juin, anniversaire du jour de l'adoption de Tibère par .\uguste".
La première en date de ces créations fut la fête de la naissance de Jules César, instituée en l'an 42 avant notre ère '-. Puis, ce fut celle de la naissance d'Octave, créée en l'an 31 ou en l'an 30 '^ Il ne semble pas que dès le début ces fêtes aient été imposées au peuple entier avec le caractère des anciennes fêles. Le jour de la fêle d'Auguste, le 23 septembre, garda quelque temps encore sa marque traditionnelle F, et ne fut inscrit dans les Fastes, comme fêle publique et jour chômé >P, que dans les dernières années avant notre èro'^ Jusque-là on ne peut considérer celle fêle que comme une fêle privée.
2.Ï avril. — 9 Coryïi(.ç, I, p. 314. — 10 Voir les exemples pluï. loin, et, en oulrc. le .5 août. — It Corpus, I, p. ,1i3. — 12 Dio. Ciss. XLVU, 18. — n Dio. L!, 19. — iv Cora|«r.r les anciens calendriers, Momnisen. p. 40i. Le cal. du Pincio |ior'.o F, quoiqu'il ajoute f>rrtac quod. etc. Ile même au -9 janv. le cal. de Pr^n. inscri F et à côlt* feriaf.
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mais une fête analogue aux Parentales ou aux Caristies, cél('l)rée le même jour dans toutes les familles et dans tous les collèges. Mais, aux abords de l'ère chrétienne ', les fêtes impériales sont définitivement organisées sur le modèle des anciennes fêtes publiques, avec la participation des magistrats, des prêtres et du peuple, et la marque consacrée IN?.
Voici la liste de toutes les fêles impériales organisées au temps d'Auguste, en l'honneur des victoires ou des jours de bonheur des deux premiers Césars:
49 et 47 av. J. -G. 2 août ^
Victoires de César en Espagne et dans le Pont.
Victoire de Pharsale.
Prise d'Alexandrie.
Victoire de Thapsus.
Victoire de Munda.
iNaissance de César''.
Victoires d'Auguste en Sicile.
Victoire d'Actium.
Naissance d'Auguste.
Prise d'Alexandrie.
AuGUSTALiA , retour d'Auguste.
Auguste nommé souverain pontife.
Auguste, père de la patrie.
Adoption de Tibère.
Apothéose d'Auguste.
Toutes ces fêtes impériales sont en fait des anniversaires d'histoire polititiue.
Il faut ajouter que l'empereur Auguste organisa, vers le même temps, en fêtes publiques, certains anniversaires religieux, ceux des dédicaces de temples ou d'autels fondés par César ou par lui. Ce qui n'eût été, sous la République, qu'une fête locale, <■< la fêle d'un dieu en son sanctuaire », devint souvent une fête générale du peuple romain. Voici la liste des principales fêtes de temple instituées ainsi au début du régime impérial.
D'nprc'S les calendriers. Nous mnri|iiiins rfLUi :istOi'ii|iie les fêtes qui ne paraissent pas avoir été fixées couuiic inibliques et iuscritos N". Cette liste continue celle que nous avons donnée, p. 105G.
9 août.
27 mars'.
6 avril.
17 mars ''.
12 juillet'.
30 et 36 —
3 septembre''
2 septembre.
31 ou 30 « —
23 septembre '
l"août.
12 octobre.
6 mars.
0 février.
4 ap. J.-C.
26 juin'».
17 septembre'
46 av. J.-C. 20 juillet*
Venehi Genethici /*// fnio Carsaris.
26 septembre*. Ibidem.
18 août*. Aedes m\i ,]{ju\.
28 août'-. Ara Victohîae in Ctiria.
1 Eiilro lu av. cl i uji. J.-C. ÊluiUer suilnnt, le rali-iitlrir-r dit de MatlVi cl le comparer aux pn-cédents. Il serait possible (|ue cette orgaiiisaliou des fêles impiJriales datât de l'an 8 av. J.-C, année où le mois Ac Scvtilis rerul le nom de Auf/ustus. — 2 Toutes ces fûtes relatives aux victoires de César n'ont dû ûtrc sjsti'matiiiuemeut orpanist-cs que dans les dernières années avant l'èro chrétienne. ^ 3 F dans le cal. de Cervetrï, N* dans le cal. de MafTei. — *■ Jour déjà férié dans le calendrier primitif. — 5 La fÔto fut céléhréc d'almrd le 7. Le ii est la date exacte de la naissance; cf. Mommscn, p. 31)0. Le jour est niar(|ué G da)is lo cal. de Tusc, K* dans les autres. — G Date do l'inslilution de la fétc. — 7 Cf. Momnisen, I/fnni'x, XVII, p. 033. Je suppose que les trois fêles des victoires d'Auguste ont dû élrc instituées en même temps que celle des victoires do Cé.sar.
av. J.
jcr
septembre*.
JoviToNANTi in CapitoUo,
mai '■'
?? Acdkula Maktis in CapHoUo.
juillet.
Arae Pacis conslilula.
avril.
Acdicula Vestae in Pu- Inliû.
janvier ''.
Ara Pacis dicala.
août*.
Marti Uliori in foro Augusto.
ap. J.
juin*.
Aedes Concordiae in puviicu Liviae.
janvier*.
Aedes Concordiae /lu^rusiae.
août'=.
Arae Cereri el Oi'i.
juin*.
Aedes Larum Praesti -
ÏUM.
Rien ne montre mieux que ces fêtes impériales et que la monarchie se fondait et comment elle s'organisait. Les naissances, les victoires, les guérisons du prince étaient autant de fêtes familiales célébrées dans la maison auquel ils appartenaient; ce sont par définition des fêtes domestiques :
Inveiiies iliic el [esta domextica vohù,
dit Ovide à Germanicus en parlant de ses /'n.s/es"'. Mais elles sont maintenant aussi célébrées par l'Étal au même titre que les anniversaires dn patcrfnmilias sont oitservés par sa famille. Les fêtes des Césars, fêtes privées d'un homme ou d'une gens, deviennent fêtes du peuple. Voilà un premier point à noter ''. Mais il faut bien remarquer, à côté de cela, que ces nouvelles fêtes, si politiques, si historiques, si humaines qu'elles paraissent par leur origine, ressemblent cependant à toutes les fêtes de l'histoire romaine. On aurait grand tort de les regarder comme des « fêtes nationales », instituées en faveur d'un homme ou réservées à la mémoire d'un événement. L'antiquité romaine n'eut point de fête qui ne fût par essence un jour religieux : elle n'a pas de fêles civiles. Ces jours appartenaient toujours à un dieu, la Concorde, la Victoire, la Paix. Surtout, ils appartenaient à l'empereur, être divin ou religieux : à son àme divinisée, le divus Julius, s'il s'agissait de Jules César; à sa puissance divine ou à son génie, A'unien, Genius, s'il s'agissait d'Auguste. C'est au « Divin » ou à 1' « .\uguste » que vont les sacrifices, les prières et les jeux. Le 12 octobre, jour auquel Auguste revint en It) de son voyage d'oulre-mor, l'ut désormais appelé Aiigusinlia, comme le 13 s'appelait Fonlinalia : mais Augustus était un nom de demi-dieu, comme Fiins celui d'une déesse, et au jour des Auguslales on sacriliait à la fois à la Fortune du Ilelour el à César Auguste, Fnrtuniw Itednci el Carsnri Atigiisla". Ce n'élait pas encore là un jour « institué en faveur d'un homme ». Ainsi, à celte époque oii la religion imiu'riaU' se déve-
— ^ .loTii- iiiarinu- I', [mis i\^. — '.' Date lic rrlali!i«spnH'))l cii' la fôto. - "> M.irqm' C (iaiis les anciens calendriers, A* dans ic cal. dWmit. — Il Marqué C dans les cal. .Sa!j. Mail., N' dans les cal. d'Amit. Anl. — '- C d.ins les anciens calendriers. .V dans le cal. Mail. — '3 C dans les plus anciens cal., K* dans le cal. de MalTei.
— 1'* X dans le cul. Cact\, K* dans le cal. de Prén., N dans le cal. MalT. M. Monnnsen, p. 3liS, croit à une erreur dans le dernier calendrier. Je pense que la marque aura élt'* changée postéricurcmcnL à réiublisscnieid de la ftHe.
— i" C dans !(• cal. Jlall'., N' dans les cal. d'Anul. et d'Ant. — 1» Jùixl. I, 9.
— 1" Remarque de Mommscn, Staafsrecht, II, p. 786. — 18 Dans les monnaies i'atdcl <'sL aeeonipagné de la légende Fovtun{nr) rciht[ci}, Cumnri Aiif/uslfn) S. /'. O. /^ ; cf. Mojninscn, /^■s (rr'stae, -" ôdH. p. 10.
FER
FER
loppait à ci'ili} de la religion gréco-romaine, les lèles du prince prenaient leur place dans le calendrier. Le génie d'Auguste et le divin Jules ne tardèrent pas à le partager avec les autres dieux, comme Auguste [uirtageait avec Rome le culte provincial et avec les Lares domestiques le calendrier des fêtes familiales.
5° Abus cl rf'f/l(-'tiiriilrilinn dos frirs iiNpi'rialrs au 1" siècle. — A la mort d'Auguste, une vingtaine de l'êtes impériales s'ajoutaient ainsi aux cinquante fêles traditionnelles. Sous le règne de Tibère le système des fêtes politiques semble s'organiser et se préciser en même temps que la religion du princi;. Le jour de l'Apothéose d'Auguste est inscrit comme /"f/'af dans le calendrier. C'est désormais un droit du souverain, de devenir, à chaque grand événement de sa vie, le dieu d'un jour de fête publique : célébrer la fête de Séjan est regardé comme une atteinte aux prérogatives de la majesté impériale '. Et « l'adulation des temps », comme dit Tacite, va multiplier les circonstances où l'empereur pourra exercer ce droit divin avec la connivence du Sénat. En l'an 15, Tibère est nommé souverain pontife : le Sénat institue des fêtes '-. Comme il le faisait sous la Républi(jue pour écarter la colère des dieux, il le fait maintenant pour les remercier. En l'an 10, le Sénat décrète qu'il y aura fêle aux Ides de septembre, parce qu'on découvrit ce jour-là la conjuration de Libon'. La fête était devenue un instrument de servilité, et si bien, qu'on avait l'air d'oublier que les Ides étaient par tradition le jour de la fête de Jupiter. A la fin .du règne de Tibère, on alla jusqu'à fêter le 31 août, anniversaire de la naissance de Caius César ''. Cette fois, toute fête de la donius de César, désormais domus divina, est fête pour la patrie.
La facilité avec laquelle ces jours de fête pouvaient s'établir sans nuire à la marche des affaires s'explique si l'on songe que vers le même temps Tibère supprimait les comices : il y avait là, en transformant en fériés tant de jourscomitiaux devenusinuliles,une manière déguisée de faire accepter et de justifier cette suppression. Qu'on se rappelle que le consul Bibulus, pour empêcher son collègue Jules César de tenir les comices, avait, en l'an 59, décrété des fêtes à tous les jours d'assemblée".
Toutefois on peut croire, surtout à lire Tacite, que sous les règnes des trois derniers Césars, l'usage des fêtes impériales dégénéra en un incroyable abus. Dans leur zèle d'adulation, les sénateurs multiplièrent les jours fériés, et les empereurs, heureux de se sentir dieux chaque jour davantage et de voir la Victoire Auguste dolée de plus de sacrifices, encouragèrent cette piété. l\'alla-t-on pas, en l'an 39, sous le règne de Néron, jusqu'à demander d'inscrire comme fêles et le jour de la prise d'Artaxata par Corbulon, et le jour où on l'avait apprise, et même le jour où l'on avait délibéré sur cette victoire. Une voix éloquente protesta, rappelant tjue les dieux ne devaient pas empêcher le cours des affaires humaines ''.
J'avoue cependant no point [larlager toute l'indignalion de Tacite lorsqu'il s'élève contre laservilité des sénateurs et l'orgueil des princes. On peut se demander s'il n'y avait pas autre chose, en ce temps-là, que bassesse chez les gouvernés et folie che/. les chefs. Ces créations de
I Dio Cussius, LVIll, i. — -' Cul. du Val. — 3 Tac. .Un. 11. i7 ; cal. <r.\iiiil. — '• Cal. Pigli. et Vall.; Mommscn, 1, p. 100. — " Dio, .\XXV111, li. — 6 Tac. -Imi. .Mil. ». — "Tacil. IIM. IV, W. — «Voir iiliisloiii.il. lOlii. - 9 l'iiii. A.'/ji.sV. X,8{ill. - M !),■
fêtes ont pu être une mesure de sage politique : elles occupaient le peuple, elles lui faisaient oublier les comices; en se réjouissant pour le plaisir des dieux, le pojjulaire songeait moins aux tumultes de la place publique : et, en même temps que ces fêtes le détournaient des affaires et l'amenaient aux temples, elles l'attachaient au culte de l'eiupereiir.
Toujours est-il qu'en l'an TU, avec l'avènement de Vespasien, les choses changèrent. Le régime impérial était à jamais établi. La nouvelle dynastie, simple d'allures, n'avait pas les prétentions divines et l'orgueil sacré des Césars. Accrue chaque année, la liste des fêles risquait de se confondre avec le ralendrier même. Il fallait enrayer. Une commission fut nommée pour reviser le calendrier, et, dit Tacite, pour « le soulager' ».
Tacite ne nous dit pas quelles furent les conclusions auxquelles on s'arrêta. Mais nous avons tout lieu de croire qu'on supprima purement et simplement de la liste des fêtes publiques toutes celles qui avaient été ajoutées sous l'empire, et qu'on arrêta à tout jamais cette liste aux quarante-huit jours du calendrierde Numa revisé par Auguste*.
Sans être indiscutable, celte assertion parait justifiée par tout ce que nous savons des fêles publicjues sous les Flaviens et sous les Antonins. Nulle part, nous ne voyons que les fêtes impériales, même l'anniversaire de César, soient célébrées publiquement par l'Etat et le peuple tout entier. On a pu voir, par exemple, que beaucoup de ces fêtes avaient été placées au mois de septembre, mois qui, dans le calendrier primitif, ne contenait aucune fête publique. Or, sous le règne de Trajan, Pline demande un congé ce mois-là, parce qu'il n'a aucune fête à célébrer, comme magistral'. Au temps de Septime-Sévère, TertuUien s'adressant aux chrétiens, leur rappelle qu'ils ont plus de fêtes, plus de jours consacrés à Dieu que les païens : « Faites la liste de toutes leurs fêtes, vous n'arriverez pas au total des cinquante jours de la Pentecôte"' ». La liste des fêles publiques païennes n'allait donc pas alors à cinquante jours : TertuUien songeait peut-être aux quarante-huit fcriae du calendrier primitif, les seules qu'il voyait observées de son temps.
Il est vraisemblable qu'il y ait eu (juelques changements. Toutefois, si le calendrier des Antonins différait de celui de Numa, ce ne pouvait être que sur des points de détail : car la plupart des vieilles fêtes se retrouvent mentionnées par TertuUien et par les écrivains ou les calendriers du bas-empire.
Ce n'est pas à dire toutefois que les anniversaires impériaux fussent exclus du calendrier. Mais les « jours impériaux » demeurèrent dans les Fastes, au même rang et au même titre que les fêles et les jeux créés entre Numa et César en l'honneur d'.VpoUon, Cérès, Mercure ou autres dieux nouveaux. C'est là peut-être la solution à laquelle s'arrêta la commission de l'an 70, et le procédé qu'on ado])la pour la célébration des solennités impériales. On les traita exactement de la même manière que celles que la République avait décernées aux divinités d'importation étrangère.
1° D'une part on en laissa le culte soit aux familles,
idolotiitrid, c. l l^MIgiie. I. col. GS3) ; h'scerpi! sinifutas solemiiUattrs nadonum, et in oniiitem tcxe^ Pfntecosten iinpli'n* nonpotueraitt. Il s Agit t\e la IViitecolc primîUvc. qui ontlira^sail les sept semaines après Pâques i cf. huchi-^nc.Oritf.ttii culte chrt't. p.ài9).
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FER
soit aux collèges spéciaux, par exemple, ceux des Auguslaux, soit aux flamines des princes. Les fêtes impériales devinrent surtout des fêtes privées, des fêtes de collèges, de provinces ou de temples, ce qu'elles furent d'ailleurs dans les premiers temps du règne d'Auguste.
2« D'autre part, on attribua aux jours impériaux surtout le caractère de jeux, ludi. C'étaient des jeux qu'on avait donnés à Apollon ou à la Mère des Dieux. De même, les victoires, les dédicaces des temples, les anniversaires des naissances ou des avènements de prince, donnèrent lieu à des jeux, qui, pour être célébrés dans la joie et le repos, ne purent jamais être assimilés aux vrais jours de fêtes publiques.
Mais, parmi les «jours impériaux », il en est un certain nombre qu'on s'habitua à regarder par tout l'empire, surtout au m' siècle, comme de vrais jours de fêtes.
Ce furent d'abord le jour des « vœux », Vota , NuncupaUo votonim, Neomenine, Dies auspiraHuiii, comme on l'appelait : c'était le 3 janvier ; ce jour était consacré aux prières que l'on présentait aux dieux pour la santé du prince et pour le salut de l'État. On doit rapprocher de ces « vœux » réguliers et solennels les vœux extraordinaires célébrés tous les cinq ans après l'avènement d'un prince, vola quinquennalia, decennalia. Sans doute, à l'origine, il en était des jours de vota comme de ceux de ludl ; s'il y avait prières, sacrifices, et tous les dehors de la fête, le jour n'était point feriae, dans le sens de journée appartenant aux dieux sans restriction. Mais, au ui'^ et au IV" siècle, on ne parait plus guère établir la moindre diiïérence entrâtes jours de vœux publics et les anciennes fêtes : éopTT,, dit des vota le rhéteur Libanius' [votum].
De la même manière, certains jours de jeux impériaux furent, je crois, assimilés aux fêtes traditionnelles. Ce furent les anniversaires de la naissance et de l'avènement du prince régnant. Une loi de l'an 389 nous paraît sanctionner d'une manière définitive l'assimilation aux fêtes de ces deux journées impériales. Mais cette même loi montre aussi que l'État distinguait toujours très nettement entre les ludi et les feriae-. Le triomphe du christianisme devait marquer plus fortement encore cette différence. Les jours de jeux furent les vestiges et comme l'asile du culte des dieux païens. 11 n'y eut plus, comme exigeant le repos et méritant le respect, que les jours de fêtes, consacrés à Dieu ou au prince qui le représentait.
0° De In rcstaui'cition des fêtes primitives sous Auguste et de la diffusion par tout l'empire du calendrier romain. — Si l'État a pu, sous les Flaviens et les Antonins, rendre au calendrier de Numa son antique prépondérance, c'est que les fêtes qu'il renfermait avaient reconquis, depuis un siècle, la faveur du peuple romain, et qu'elles s'étaient en même temps répandues par l'Italie et par tout l'empire. Les empereurs italiens et provinciaux qui régnaient alors ont dû avoir pour ces fêtes le respect qu'elles inspiraient dans la vie provinciale. En cela comme dans tout le reste, la province, sous l'empire, continuait les usages de la vieille Home.
Les deux derniers siècles de la Républi(]ue avaient été désastreux, nous l'avons vu, pour le culte romain. Auguste le restaura. Dans son œuvre de régénération
• i T. I, p. 2a0, Rciske. — 2 C. Tlieod. II, 8, 2(1!)). Dans le Code Just. III, 12, I, feriae est employé abusivcnienl dans le sens do Itt'H. — 3 Suel. Aut/. 31. — '♦ Itjidem. — li Cf. lo collège des Frères Arvales. — <j ï.e jour changea la ninripic N pour PP ; cf. Corpus, XI, 3ij92. — "i Kemarqucz qu'elles prirent la marque V. W fjue \ ous
morale et religieuse, il n'eut rien de plus à cnnir que de remettre en honneur les vieilles solennilés de la religion romaine. Grâce à lui, un certain nombre de ces fêtes traditionnelles et démodées, dont Varron cherchait si pénililement le sens, furent solennellement restaurées et durent au pieux zèle d'Auguste une nouvelle période d'éclat et de vitalité. Les Lupercales avaient été interrompues ou oubliées : Auguste les rétablit ' et on sait qu'elles devaient demeurer jusqu'à la lin du paganisme une des fêtes les plus populaires de Rome. C'est sans doute à ses réformes que le Septimontium et les Carmentalia, (|ui paraissent un peu discrédités à la fin de la République, durent un regain de popularité, qui devait les maintenir jusque sous le bas-empire. A coup si'ir, il réorganisa les fêtes populaires des Cowpitalia''. Pour perpétuer la célébration d'autres fêtes, il semble qu'il constituât ou rétablît des collèges destinés à les observera
Il y eut cependant, je crois, quelques modifications apportées par Auguste au calendrier des fêtes de Numa. On peut en soupçonner deux ou trois. D'abord les Cerialia semblent avoir été rangées, aux abords de l'ère chrétienne, parmi les grandes fêtes publiques". En revanche, les Vinalia semblent avoir été réduites au rang de fêtes privées ou populaires'. Peut-être y eut-il d'autres modifications provenant de l'incertitude où l'on se trouva de reconstituer à coup sûr le calendrier primitif. En tout cas, je ne pense pas qu'elles aient été fort nombreuses et qu'elles aient eu d'autres conséquences que de réduire de deux ou de trois le nombre total des fêtes des dieux. Peut-être reconstitua-t-on le nombre consacré de 48.
Ce fut sans doute sur l'initiative d'Auguste et pour sanctionner celte restauration du culte primitif qu'on grava sous son règne un aussi grand nombre de calendriers, où les fêtes étaient inscrites suivant l'usage traditionnel*. Les Fastes d'Ovide, quoique dédiées à (iermanicus, se rattachent visiblement à l'œuvre entreprise par Auguste, de populariser « les fêtes tirées des Annales antiques »,
Sacra recognosces Annalilnis erula priscis '.
En même temps que les fêtes romaines étaient remises en honneur, elles pénétraient dans toute l'Italie d'abord et ensuite dans toutes les provinces de langue latine, et jusqu'en Orient. Transportées dans les villes provinciales, elles vont y vivre d'une seconde vie, dans ces populations foncièrement dévotes et pour (jui elles ont le charme de la nouveauté. C'est grâce à la province qu'elles pourront persister jusqu'à l'arrivée du christianisme et que nous les retrouverons aussi ])opulaires au IV' siècle à Bordeaux ou à Carlhagc qu'elles pouvaient l'être à Rome avant la seconde guerre Punique.
L'assimilation de l'Italie à Rome à la fin du i" siècle avant l'ère chrétienne a eu pour conséquence l'adopliou des fêtes romaines par toutes les villes, municipcs l'I colonies. On peut remarquer, par exemple, que la plupart de nos calendriers romains ont été trouvés hors de Rome, en Campanie, en Étrurie, en Ombrie, en Apulie. Sans aucun doute, ces vieilles villes italiennes
ne retrouve/, qu'aux Fi^ntliit ; cf. Corpus, XI, 3o02, et dont le sens est diflieile ;1 ^•lablir {feriae privatae plutôt que fasftts, purus ?) — 8 II faut îijonter à ce motif relui iiu'inditpie Mommsen, Corpus, I, p. 200, le dt^sir de faire connaître les réformes insérées par César dans le calendrier. — £• I, 7.
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observaicn t encore quelques-unes do leurs fotos primitives. Mais il est étonnant de voir que ces fêtes étaient en nombre (brt rcslreint dans chaque ville. Le calendrier de Préneste ne nous fait connaître qu'une seule fête locale, celle de la Fortune, la grande divinité de la ville'. Celui d'Autium mentionne, à la date du 17 octobre, la fête des esclaves, veniarum dies festiis : mais il s'agit de la fête, toute domestique, des esclaves nés dans la maison de l'empereur. Partout ailleurs, les villes italiennes ont di^i conserver la fête de leur princijjale divinité, comme Préneste celle de sa Fortune. Mais, à part cela, toutes les fêtes romaines, même celles qui sont d'un caractère local et en quelque sorte attachées au sol de Rome, par exemple les Lupercales ou le Srplimonlium, sont acceptées ou imposées dans tous les cités : si les cérémonies n'en sont pas observées comme à Rome, W, jour n'en est pas moins férié et chrimé-. A Pompéi, on date, en l'an 2il de notre ère, de la veille des nones Caprotines'.
Comment se fit, hors de l'Italie, la diffusion de ces fêtes, c'est ce qu'on ne saurait indiquer à coup srtr. II semble que les magistrats, même des colonies romaines, aient eu le droit do régler à leur gré la liste des fêtes municipales. La loi de la colonie Julia Geneiiva en Espagne stipule que, la colonie une fois fondée, les premiers duumvirs devront, dans les dix jours, fixer quelles fêtes publiques la ville devra observer*. Mais il est probable que leur calendrier ne put être que celui de Rome, en tenant compte de certaines solennités consacrées aux grands sanctuaires du lieu. On peut supposer encore que la plupart des fêtes locales ont été réduites au rang de fêtes collégiales ou de fêtes de temples.
En i)articulier, l'usage des fêtes mortuaires et familiales se manifeste en Gaule, en Espagne, en Afrique, dès le i" siècle, sans qu'on puisse jusqu'ici trouver trace de la moindre coutume locale. Les Pavenialia, les Fcriae Denicalns^ les Hosaria, se propagent avec une grande facilité. Le culte des morts à la manière romaine devint celui de tous les peuples de l'Occident. En Pannonie, une inscription de l'empire nous rappelle cette mystérieuse fête des Caritaria que la tradition attribuait à Junius Brutus".
L'unification des calendriers religieux était achevée en Occident à la lin du second siècle. Tertullien nous parle des Saturnales et dos fêtes romaines comme si elles se célébraient dans le monde entier^ En 393, la fête des Ambarvalin se célébrait dans le pays de Trente le 29 mai, de la même manière et le même jour (pi'à Rome '.
L'Orient même, si bien pourvu qu'il fût de fêtes religieuses, helléniques ou autres, acceptait volontiers les fêtes romaines. S'il est une fête de caractère latin et primitif, c'est bien celle des Consualia : or, on la célébrait à Gaza à la lin de l'Empire *.
Les seules difTérences que l'on peut constater sont des différences de date. Ces mêmes Ambarval'w avaient lieu le l"" mai en Campanio', le 3 juin ;i Bcnévent'". La fête des Vendanges est marquée à des jours différents à Rome et en Campanic". Les /losnrin, fêtes privées du reste,
1 y cl 10 :i\ril. — 2 (liMasp (au v*" si.^clo do lioti-o i""!'»' il est \rai| iii:uiiiip Lien (|ue la c<îl(Miralioii des Lupercales est iiarticuliOrc à Koiiio ( Migne. I.IX. col. 1 1 V cl !!.=>). — ^ Corpus. IV, loiîj. — i Cor/nis,\\ [siippl.V p. 854 : Qiwf tlit'X /i•s^^.ç /îcrj publiée placeat. — '■' Corpus, 111, :tSU3. — 0 Cf. Dr iilolulrifi, c. 10, II. 16. — ^ Acia Sanelorum, iO mai, Vil, p. H. — 8S. llieronym. Ojimt, IV, i, p. 80. Mil. des B6nidicliiis. — » Corpus, X, 3792. — 10 Corpus, IX, IC18. — u Cal. de Pliil. ; feriale
varient, en Italie même, du 13 mai au -M juin'-. Mais ces divergences sont peu de chose, et l'on admettra que, pour certaines fêles du calendrier romain, on a dû tenir compte des traditions locales et des différences de climat. <■ Los gouverneurs de province », dit nettement un texte législatif, « auront égard, pour fixer les feriae des vendanges et des moissons, aux coutumes de cliaque lieu'- ".
Si difficile qu'il soit d'en marquer les étapes, il importait de rappeler cette diffusion du calendrier romain ; car elle préparera les voies h celle du calendrier chrétien, et elle expliquera pourquoi tant d'usages dérivés des fêles païennes se retrouvent uniformément dans les fêtes de toute la chrétienté.
7° 'J'roisii'tiif cl rpifilri'hne sicrAfs : fêles orientales, fiHrs de la nalure cl fcles nsticinomiques. — Les seules féles qui furent introduites au iii'^ et au iv'= siècles, indépendamment des trois ou quatre " jours impériaux », furent celles de ces divinités orientales, Isis, la Mère des Dieux, Mithra, auxquelles l'Rtat avait depuis longtemps accordé des temples, des sacrifices et des jeux et qui, maintenant, reçurent enfin leurs « jours ».
Dès le temps de Caligula'', les fêtes d'isis [Isia], en octobre et en novembre, paraissent s'être introduites officiellement dans le calendrier romain. Mais on peut douter qu'elles y soient restées au temps des .\ntonins. En tout cas, elles sont acceptées aux m" et iv" siècles comme fêtes publiques. Vers l'an 300, le navigium Isidis était célébré par l'État, au même titre que les Lupercales '°. Moins connues, les fêtes de Sérapis, les Pehisia du 20 mars et les Sevapia du 23 avril, sont sans sans doute d'importation tardive.
Les fêtes de la 3Ière des Dieux formaient un cycle complet, comme notre Passion, et duraient, presque sans interruption, du 13 au 28 mars. Après avoir été célébrées longtemps à Rome par les ministres de la déesse, elles sont observées, dès le début du m' siècle, par les empereurs eux-mêmes et admises dans le calendrier officiel"'. Un historien du temps de Dioclétien nous représente les magistrats, au jour des Hilnrki, " libres des affaires publiques et des soins officiels», et il ajoute que, ce jour-l;"i, tout doit être « en fête, actes et paroles" ».
Enfin Mithra, « le Soleil Invaincu », Sol Imiclus, eut d'abord sa grande fête fixée au 23 décembre, sans doute sous le règne de l'empereur Aurélien'*. Puis le développement de la religion solaire, aux abords de Tan 300, amena pou à peu le peuple à considérer le ^ jour du Soleil » do l'antique semaine comme un véritable jour de fête et, en l'an 321, une loi de Constantin ordonna que « juges, plébéiens et artisans se livrassent au repos le jour vénéré du Soleil "" ».
L'introduction des fêles orientales eut en partie pour résultai de ramener le calendrier romain à ses anciens principes. U reprit dans une certaine mesure ce caractère physique et astronomique qu'il avai l eu au temps de Numa et de Riunulus. Ces fêtes orientales, si mystérieuses et si compliquées qu'elles paraissent, sont, en réalité, des fêtes de la nature, et d'allure matérielle et primitive. Les divinités solaires, lunaires ou autres, qu'elles célèbrent, sont
Cnmiutiiuiu, — *- Cf. Marquartll. p. 311. — *^ nipest. 11. M. 4. — IV Momniscn. Corpus, I. p. 400, (l'a|ii->»s Lucain, VIII, 831. — '3 Cf. Uaclanl. I. Il, 21 : Cerlus dits hnbrlur in fnstis. — 16 Treb. l'oll. V. CttiuiHi (pour le rfir* SiiHguinis) ; l.ani|>r. V. ,Wi'.r. 37; Vopisc. Y. Aurel. 1 (pour les Uilnria). — l< Vopisc. \'. Aurrl. 1. — U Cf. TrcUer, U, p. 409. — " Omnes juiliers urbannequr pUbcs el arliuui officia C'tncliirum vrnerabili die Solis quiesemil ; C. Just. III, li, 2(3) ; cf. C. Tlieoil. Il, <i.
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inliinement mêlées aux choses do la terre: leurs fêtes sont les symboles des révolutions physiques, et leur date en coïncide avec les grandes époques de la vie du monde. La fête du Soleil, du 25 décembre, marquait le commencement del'année nouvelle, le jour du u Soleil Nouveau' •> : Sol Novus, disait-on couramment à Rome, même au temps d'Auguste, et la fête solaire d'Aurélien ne fit que donner une sanction divine et pulilique à une date acceptée depuis longtemps par le calendrier des astronomes et le langage populaire. La « fête joyeuse » de la Mère des Dieux, les Hilaria du 23 mars, fut regardée comme la fêle du Printemps, celle oii « le soleil l'emporte enfin sur la nuit- ». Le Navir/him Isidis, en mars, marquait le moment où les navigateurs pouvaient de nouveau aft'ronter les mers apaisées.
Grâce à ces solennités orientales qui correspondaient si bien à la vie de la nature, le ni" et le iv" siècle amenèrent ainsi un surcroit de faveur aux fêtes de saison, ([ue le peuple d'ailleurs n'avait jamais délaissées ^ Dès la lin du ii° siècle, la fêle de l'Hiver, Bnimae, semble se célébrer régulièrement, peut-être à la fin de novembre. Des fêtes de Vendanges, Vinclmiiac, remplacent peu à peu, en septembre ou en octobre, les antiques Mediirinalla. Au iV siècle, les jours de changement de saison s'inscrivent dans le calendrier public, et le poète Ausone, dans sa poésie Sur les Fêtes, n'hésite pas à parler des jours de solstice et d'équinoxe. Il faut ajouter, comme fête astronomique, les calendes de janvier, qui, après avoir été longtemps célébrées dans les familles, semblent n'être devenues fêtes publiques qu'au temps des Sévères.
Voici quel pouvait être, vers le milieu du iV siècle, le calendrier public, tel que nous essayons de le reconstituer à l'aide du calendrier composé vers 334 par Philocalus, de la poésie d'Ausone Stir les Fêtes romaines, et de quelques textes des écrivains chrétiens.
Les lettres capitales indiquent les fêtes puljliques du calendrier de Numa. — Les croix f , les fctes d'origine orientale. — Les parenthèses désignent les jours qui nous paraissent plutôt des Itidi que des ferine. — Les crochets indiquent les frtes qui étaient peut-être tombées en désuétude au i\' ou dont l'existence est fort problématique. — Enfin les astériques désignent les fêtes les plus importantes ou les plus populaires.
Janvier.