I-ucius Vérus
flamen"....
Marc-Aurèle.
FF-AMEN*. I Flamen divi Marci'' .
Faustine la Jeune.
{sacerdos Fausiinae) '.
Commode.
* Fr.AMEN UERCULANEUS COM- j FLAMEN COMMODIANUS '°. MODIANUS '. I
Pertinax.
flamen"....
Septime-Sévère.
flamen DIVI SEVERi'^ | Flamc» divi Scveri'^.
Caracalla-.
Flamen divi Magni Antonini'''.
2° Caractères généraux du flaminat impérial. — Dans l'esprit d'Auguste, autant qu'il est possible de le deviner, le flaminat impérial devait être constitué avec les mêmes caractères que le flaminat primitif de la religion romaine, en particulier que le flaminat de Jupiter. Il était dans sa politique réactionnaire de remettre en honneur les usages comme les titres d'autrefois. Le flamen Romac et Augusti fut fait à l'imitation du flamen Dialis. On pouvait déjà le supposer en se rappelant quels liens ont uni pendant un temps le culte de César et de Jupiter. On peut l'affirmer aujourd'hui qu'une inscription de Narbonne " nous fait connaître la loi '° du flaminat d'Auguste ", tel qu'il fonctionnait au i""' siècle" dans l'assemblée de la Gaule narbonnaise ".
Nous retrouvons dans cette loi les prescriptions auxquelles nous avons vu le flamen Dialis assujetti de tout temps. Le flamine d'Auguste a dans IS'arbonne les mêmes honneurs que le flamine de Jupiter dans Rome : il a un ou plusieurs licteurs ^"j il a son siège au sénat de Narbonne^' et, sans aucun doute, au conseil de la province -^ ; il prend rang parmi les sénateurs de Narbonne, sur les premiers sièges, lors des spectacles-': il peut dire son avis dans les délibérations de l'assemblée municipale^' et de l'assemblée provin-
' V. PU, 13. — s V. PU, G. — 3 Aeclanum (IX, 11C3). M. Beaudouiu croit qu'il s'agit de la seconde Faustine, et qu'elle a en une flanùnique de son virant (p. 52). — * Fabrataria vet., Falcrio (IX, 542S) ; Concordia. — ^ V. Marci, J5. — 6 y. Marci, 18. — ^ Cirta; Oslie (Eph. Epigr. VII, 122:;. — 8 Turin. — 9 K. Comm. n. — 10 Cor/)t«, VI, 1577 (anonyme, sous Pertinai cl Siîvôre). — H V.Pertin, 13: BRLViDS PERTisAx, fils de l'cnipcreur. — 12 Corp., V, 77S3 : q. viatus egxatios, cons. on 191. — 13 Ostic. — Il Cirta fVIII, 6018), Vaga ? (VIII, 1«7), Sigus {Eph. Epigr. VII, 792). Remarqncz le di^veloppement particulier du flaminat de Caracalla dans l'Afrique du Nord . — lE Corp. XII, 6038. — 1» L. Il : i,r![(;am]. — 17 L. 21 : flames AVûii-s... — 18 OmniuQ bonne aftatis, dit Ilirschreld de l'inscription. — 19 Le concilium niontionni; 1. U et 23, la province. I. 3. — 20 ... itove lictoius, 1. 2. — 21 L. 4. — 22 L. lî. — 23 I,. 5. ^- 2V De Narbonne ? ou de sa ville natale? sans doute do la première pendant son anni'c de flaminat, de l'autre au sortir de charge. — 23 L. *;
Fig. 3108. — Apex d'un flamine de Troas.
ciale et même contresigner les délibérations -^. En revanche, il est tenu aux mêmes obligations que le flamine romain. Prêtre de la province, auprès de l'autel de Narbonne, il ne paraît pas qu'il doive s'éloigner de la ville pendant son flaminat ^°. Ni lui ni sa femme, la flaminique, ne doivent prêter serment à leur corps défendant"; ils doivent aussi s'abstenir de toucher à un cadavre". Neve invita jurato, neve corpus hominis mortiii attingito, dit la loi au sujet de la flaminique d'Auguste. Ces paroles ressemblent fort aux formules qu'Aulu-Gelle ou Plutarque ont empruntées au rituel des pontifes : on peut presque croire que le rédacteur de la loi de Narbonne a eu ces livres sacrés sous les yeux.
^"Insignes. — Les insignes des flamines impériaux, si peu que nous les connaissions, paraissent avoir été copiés sur ceux des flamines romains. Le flamine provincial de la loi de Narbonne a la toge prétexte -', et il en va sans doute de même des flamines municipaux du culte impérial. Les jours de sacrifice, le prêtre de la Narbonnaise semble revêtir un manteau de pourpre correspondant à la laena des flamines romains'". La flaminique provinciale est vêtue, comme celle de Rome, de blanc ou de pourpre '*.
Enfin, l'insigne essentiel du flaminat romain, Vapex, est aussi la caractéristique la plus nette du flaminat impérial dans les villes municipales. Sur leurs tombeaux, c'est un apex que font sculpter les flamines de l'empereur (fig. 3108) '^
Dans son costume, comme dans ses attributions, le flamine impérial est donc un peu une œmTe d'archaïsme.
4° Le flaminat des divi à Rome. — Cela est visible à Rome surtout : tout ce que nous avons dit sur le caractère domestique et national du flaminat primitif, peut s'appliquer au flaminat impérial du peuple romain.
Il n'y a de flamines que pour les empereurs divinisés : eux seuls, en efi'et, en leur qualité de divi, ont été mis au rang des dieux de la patrie et du peuple romain ". II faut faire une exception pour Commode qui osa, de son vivant, se donner un flamine romain. Était-ce après tout si audacieux? Commode avait voulu que Rome fût considérée comme une de ses colonies, il la fit appeler iîoma Commodiana, et, par suite, il pouvait prétendre à ce qu'elle le regardât comme son père et comme son héros fondateur : il était donc tout naturel, qu'il eût à Rome, même de son vivant, son flamine ".
Les titres de ces flamines romains ont toujours la forme archaïque des appellations flaminales : on dit flamen Augusialis ou flamen Commodianus. comme on disait flamen Dialis, \e nom de l'empereur servant d'épithète'°. En province, on disait le plus souvent flamen
cf. 14, 15. Jus signandi signifie pour Mommsen droit de vote par écrit (cf. Staatsrecht, III, II, p. u, u. I). Cf. contra, Mispoulel, Bull. crit. 1888, p. 192; Hirschfeld, SUzungsb. p. S39, n. 121. — S6Cf. I. 22-24 et 1. 18 où la priscnce d'un sacrificsicur in civitate est requise. — 27 L. 7 (il n'est question que de la flaminique). — 58 L. 7 et 8 (mâmc remarque). A moins qu'il ne s'agisse du cadavre d'un parent : [nisi necessa]rii hominis, compliïtc avec raison Hirscfifeld. — 20 II Va au sortir du flaminat, 1. 1 6, à plus forto raison pendant. — 30 L. 16 : E,i veste pujpwea ?] Cf. Pacal. Paneggr. 37 : Jîeverendos mtmicipali purpura /I'jmines{i\ s'agit d'unfestus occursus),
— 31 L. 6 : Veste alba aut purpurea ([estis diebns?? fiammeoT], — 3S Corpus, XH, 1114 (Apt);III, 386 ^Troas) d'où est prise la tig. 3110, dessinée d'après l'original au musi^e Britannique. Pacat. Panegyr. 37, parle de Vapex de prOtrcs munici|>aux.
— 33 Voir la liste, plus haut, p. 2078, 2t'70. I^s flamines de Rome sont indiquif-s par des capitales. — 34 yita Commodi, 17. — 35 Eicepliou : fiam. divi Sercri (V, 7783).
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Augnsfi ou flanien divi Hadrmni '. 11 faut sans doute regarder l'emploi de l'adjectif, à Rome, comme destiné à marquer davantage l'assimilation du flamine impérial aux autres flamines-.
Les flamines sont le plus souvent pris parmi les descendants de l'empereur au culte duquel ils sont attachés. Germanicus était le flamine d'Auguste, dont il était le petit-fils par adoption. Quand il mourut, le sénat décida qu'on ne nommerait pour le remplacer qu'un autre membre de la gens Julia '. Drusus, fils de Tibère, Néron, fils de Germanicus, eurent ainsi tour à tour ce sacerdoce, et, après eux, peut-être Silanus, qui descendait de Julie, fille d'Auguste. Pertinax reçut son fils pour flamine '*, et Marc-Aurèle choisit parmi les proches d'Antonin, ex af/inibus, le flamine de son père adoptif^ Cela n'est pas fait pour nous étonner, si nous nous rappelons les intimes relations qui existaient entre le flaminat et le culte domestique : le flamine est attaché au dieu de la patrie comme le père au Lare de la famille. Il était naturel que l'on confiâtle culte d'un empereur à ceuxlà mêmes qui, étant ses descendants, l'adoraient naturellement comme le génie et l'ancêtre de leur race. En prenant cette mesure, le sénat de Tibère contribuait à maintenir dans Rome le caractère familial de la religion de l'empereur, à en éloigner tout ce qui pouvait en faire une adoration contraire aux traditions du peuple romain. De la femme du flamine impérial, nous ne savons rien. Antonin institua des flaminicae pour Faustine divinisée ^. Tous ceux des flamines que nous connaissons quelque peu, Germanicus, Drusus, Néron, ont été mariés '. Antonia, Livie, qui étaient veuves, n'ont pris le titre que de « prêtresses d'Auguste », sacerdotes divi Augusti '. Je croirais fort que le mariage était demeuré indispensable au flamine romain des empereurs ' : il devait l'être au moins à l'origine, oîi l'on voulut, semble-t-il, conservera ce sacerdoce ses antiques attributs familiaux. La qualité de patricien était également requise pour l'exercer '". Si les patriciens manquaient, on donnait ce rang et ce titre à ceux dont on voulait faire des flamines impériaux".
Du mode de nomination, des obligations et des devoirs de ces flamines, nous ne savons rien. On peut conjecturer'^ qu'ils étaient choisis et inaugurés par l'empereur, en sa qualité de ponlifex maximus. La confarreaiio ne paraît pas requise pour leur mariage '^ Us pouvaient exercer toutes les magistratures, même
1 Sauf les flamines Augustales de Pise et de Vénafre, qui se rapportent direclcmcnt à l'empereur Auguste, et les flamines Augustales désiguant les Augustes eu gcut'Tal, cf. plus loin p. 2082, 2ÛS3 ; sauf encore le flamen Radi'(ianalis1) d'Ateste. — 2 Le nom est formé tantôt à i'aîde du cognomen, HerculaneiLS Commodianus, tantôt ù l'aide du gentilice, Claudialis^ Ulj.ialis. Cf. Dessau, p. 229. — 3 Tac. Ann. Il, 83,
— * y. Pertin. 13. — 5 V. .y arc:, 7; M. Dessau (Eph. Epig. 111, p. 22!)) suppose une certaine parenté entre Trajan et son flamen, L. Coelius Ealbinus (VI, 1383). — C V*. PU, 6. A Rome? — "^ Mais il est certain que L. Junius .Silanus ne l'a point été : il se tua, à la suite do la rupture de ses fiançailles avec Octavie. Mais a-t-il été réellement flamine de Césaret d'Auguste, comme on le répète couramment? {flaminem Auyustalem, ditentre autres Dessau, Eph. III, p. 224). L'inscription grecque {Corp. inscr. gr. 369) dit seulement : 'li-Au. 0;r>w 'Io-jaîoj xa\ Upéa OtoJ StSatnoJ, titre qu'on traduira plus certainement par sacerdos que par flamen. — 8 Cf. plus Iiaut, p. 2C78.
— 9 Ne semble-l-il pas l'être au 0amine provincial de la loi de Narbonnc? — 10 Cf. Dessau, p. 224, qui donne les preuves. — 1* V, 1812... Flam. Julian. patricio; V, 1577 : Adtccto inter [pal]ricios flamini Commodian. VI, 1633.-12 Dessau, p. 227. Cicéron rcproclic à Marc- Antoine de ne s'être pas fait « inaugiu-6 » . Phil. II, XXLI V,l 1 0. — ISDessau, p. 227, remarque en effet que Gaius, I, 112, ne parle que des trois grands flamines. — •'* V, 3223 : Quintianus a été flamine et pontife, de même Drusus (Orelli, 211). Mais on peut supiioser une exauguration du pontificat (Leurlier, p. 79; Dessau, p 227, n. 47). —15 VI, 1978; cf. Dcss.au, p. 228. Borglicsi a soutenu (III, p. 402) que les flamines impériaux étaient pris parmi les 50^a(6sau^u5^i/c>5. M. Dessau a déliniti-
celles qui éloignaient de Rome : Germanicus, qui était flamine d'Auguste, ne séjourna presque jamais dans Rome. Peut-être leur était-il permis d'arriver à (^'autres prêtrises ". En tout cas, la qualité de prêtre salien était incompatible avec celle de flamine '^ 11 est douteux qu'on pût exercer en même temps deux flamines impériaux '"'. Enfin, la prêtrise paraît viagère.
Si on parcourt la liste des flamines romains de la divinité impériale, on remarquera que les Flaviens n'en ont point eu et se sont contentés de sacerdotes. Peutêtre ne regardaient-ils pas leur famille comme digne de cet antique sacerdoce. Septime-Sévère est le dernier empereur dont nous connaissions un flamine. Et cependant, les divi sont nombreux après lui, et leur culte ne paraît pas se ralentir. On peut supposer qu'il y a eu, sous Sévère Alexandre ", un changement important dans la manière de le célébrer, changement qui a fait perdre au flaminat impérial son rôle d'autrefois, et qui, peut-être, en a amené la suppression '^
0° Le flaminat provincial de Rome et d'Auguste. — Les provinces sont des sociétés religieuses. Elles ont leur foyer, leur autel, leurs divinités protectrices, qui sont Rome et l'empereur : elles peuvent avoir leur flamine.
Mais on aperçoit tout de suite une divergence fondamentale entre les différentes provinces : l'organisation de la prêtrise ne se conforme pas à un modèle uniforme. Dans les provinces de langue latine, le sacerdoce est confié tantôt à des sacerdotes, tantôt à des flamines. Nous trouvons des flamines dans les trois provinces espagnoles, VBispania citerior, la Rétique, la Lusitanie", dans la Gaule Narbonnaise, les Alpes Maritimes et les Alpes Cottiennes 2°, dans laNumidie -' , la Maurétanie Césarienne " et la Maurétanie Tingitane "'. 11 y a en revanche des sacerdotes à l'autel de Rome et d'Auguste des Trois Gaules, en Afrique, en Sardaigne et dans les provinces Danubiennes ^*. On admet couramment qu'il ne faut établir aucune différence entre ces deux titres ^^ Nous ne le pensons pas'-". Ces deux appellations sont distinguées dans les inscriptions d'une façon trop visible pour qu'elles ne désignent pas chacune une fonction de nature particulière. L'État romain a eu à coup sûr une intention très nette en créant des flamines en Espagne et Narbonnaise, et en donnant seulement un sacerdos à l'assemblée des Trois Gaules. Nous disons « seulement», car noussommes convaincu que le sacerdos est inférieur en dignité au flamine^'. On pensera volontiers que le flamine provincial
vcment détruit cette théorie. — 16 On ne pourrait alléguer que l'inscription de Silanus dont le flaminat n'est pas incontestable. — 17 Aucune des inscriptions des flamines romains n'est postérieure à ce régne. Voici ce que suppose M. Beurlier (p. 77) : Tacite (Vop. V. Tac. 9) fit construire un temple de tous les divi (cf. p. 71); peutêtre dès lors un seul flamine présida-t-il à leur culte. — 18 Voici une série de flamines romains appelés simplement //aminés dans les inscriptions et qui, selon toute vraisemblance, ont été flamines des divi. Corp, VI, 1578, en 170 : l. anmcs uacus,
I.. SALMDS KAaUS, L. ROSCICS AEL1ANUS, L. COSSONIDS EGGIDS MAKUl.LUS, M. ACtLlUS
viBius FAUSTisDS ; Orelli, 2228 : ARtttA priscilla, flaminica, femme de uamds Acii.ius GLABaio, COUS, en 152. Corp. Vf, 1416; cf. 1419: u. postomids festos, 3» siècle. — 19 Cf. Corpus (suppl.), t. If, p. 1132. — 20 Xff, p. 928, n» 81 ; V, 7259.
— 21 VflL 7987. Un sacerdos au iv siècle. — 22 VIII, 9409. — 23 Cagiiat, Année épigraph. 1891, n' 117. — 2V Et dans les cultes de conventus, sauf pour le conventits de Cartilage où nous trouvons un flamen conventus Carthaginitmsis (II, 3412, 3418). -25 Cf. Guiraud, p. 84; Beurlier, p. 120. — 26 Hirschfeld seul {Saccrdozi, p. 69; Sitzungsb. p. 850) reconnaît qu'il a dû y avoir une différence d.ins la noblesse du titre. L'expression de sacerdos embrasse d'ailleurs, dans le langage courant, le flamen provincial (cf. Godefroy, C. Th. XVI, 10, paratitl. ; Guiraud, p. 92 et 93, et maintenant le sénalus-consuUe d'Italica, Corpus, t. II, C278, I. 16, 18, 20, 59).
— 27 Le prêtre do l'Espagne Citéricure est toujours un flamen, sauf uno exception (ff, 4248) : une inscription mentionne un sac. Jtomae et Aug. M. Hirschfeld croit (p. 830, n. 75) à une prêtrise municipale. Je ne pense pas. On a permis à ce sa-
FLA
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est un prêtre constitué à la manière latine, marié en tout cas, et sans doute suivant le rite romain, associé à sa femme dans les cérémonies du culte, sacrifiant peut-être suivant les liturgies romaines, soumis aux obligations et doté des privilèges que Je droit romain consacrait pour le (lamine de Jupiter'. Au contraire, il y a dans le « sacerdoce » provincial des éléments non-romains, une plus grande liberté d'allures : le mariage n'est peut-être pas requis, et le droit des pontifes n'est pas consulté pour l'exercice de la prêtrise. Cela n'est qu'une hypothèse. Mais remarquons qu'en Gaule, la vraie province romaine, la Narbonnaise, a un flamine, et que les trois provinces celtiques ne sont représentées que par des sacerdotes".
Le flamine de Rome et d'Auguste est le sacrificateur unique de la province ^ 11 sacrifie au nom de la province, pro provincia, sur l'autel élevé aux deux génies protecteurs, comme le flamine de Jupiter sacrifiait au Capitule pour le peuple romain'*.
Mais, à la différence de tous les ûamines du peuple romain, qui étaient perpétuels, le flamine provincial est nommé pour un an"^. Cela s'explique aisément. La province était une fédération de villes nombreuses et égales entre elles : il fallait que chacune tour à tour pût fournir son flamine à l'autel, et jouir ainsi du prestige de posséder le prêtre provincial^. Aussi établissait-on, sans doute, un roulement entre les cités, de manière à éviter toute compétition'.
Il est choisi d'avance {flamen designatus) ', par l'assemblée de la province'. On le prend sans doute parmi les membres de cette assemblée, en tout cas parmi les anciens magistrats des villes de la province : souvent même on choisit pour flamine provincial un ancien flamine municipal '". La loi de Narbonne nous montre qu'il conserve son rang dans l'assemblée fédérale et qu'il prend sans doute place, pendant son flaminat, dans la curie du chef-lieu".
Il ne devait point, en principe, quitter la ville où se trouvait l'autel'-. N'y avait-il point de flamine provincial dans la cité, que le titulaire fût mort, absent légalement ou frappé de déchéance '^ un sulfragant, désigné par avance, devait le remplacer"; ce suffragant venait-il à faire défaut, on confiait à un tiers, nommé surle-champ, le soin de faire, dans les trois jours, les sacrifices nécessaires"^. Il ne fallait donc pas que l'autel lût, pendant plus de deux jours, privé de son flamine :
Cerdos d'avoir sa statue inter (laminâtes viros : ce qui semblerait indiquer ; 1" que le sacerdoce ne donnait pas rang do flamine ; 2« cjue c'est par faveur spéciale qu'on assimile l'ancien sacerdos à l'ancien tlamine; 3" peut-être encore que celte anm'c-Ià la province n'ayant pas trouvé de personnage remplissant les conditions requises pour le flaminat, s'était contentée d'un sacerdos. — i Cf. Hirscbfeld, p. 850, d'après la loi do Narbonne. — 2 Ne pas oublier qu'on dit plutôt sacerdos arai^ -^uij. ou ait aram que sac, Aug, — 3 Contre l'opinion qui admet plusieurs flamines simultanés (Uiibner, Corp. II, p. 510: Bermes, IStiO, p. 113, pour l'Espagne Citérieure), voir Guiraud, p. 82 et suiv. — *Cf. XII, 4323 et 4329 : Tauropolium provinciae Narbonensis factumper C. Batonium Primum, flaminem Atigg., pro sainte dominorurii (Septimo et Caracalla). — 6 Cf. la loi do Narbonne, 1. 20, etc. Contre l'opinion de Hubner, qui songeait â un ûaminat perpétuel pour l'Espagne Citérieure (II, p. 540), cf. Beurlier, p. 145. — C Voici un autre motif indiqué par Mommscn {Corp. XII, p. 864) : « Le flamine en cbargc devait résider prés de l'autel ; s'il eut été perpétuel, il eût manqué des prérogatives municipales dans sa patrie ». — " Cf. Hiibner, Corp. t. Il, p. 540 et s. — S C017). II, 4106, 5124, 2220. — 9 Provinriae consensu flaminis mnnus conseculus, II, 2344; cf. X, 7599. — 10 Nombreux exemples cbcz Guiraud, p. 85 et 86, et Ucurlier, p. 140. — " I,. 4; cf. I. 14. — 12 Cela résulte des I. 18, cf. 23-24 do la loi do Narbonne. Cf. Guiraud, p. 94; IlirscLfeld, p. 857, ne croit pas à la nécessité d'un séjour continu. — 13 Loi do Narb. I. IS t si fi.ameh 1» civrr*TE essb DESiEarr.
— I^Jbid. — i^Ibid. cf. Hirscbfeld, Sitzunysb. p. 855. — 16 Cf. plus baut, p. 2076.
— 1* En Espagne surtout, ou trouve los expressions flamen Romae, divorum et Augusli ou Augustorum,/lnmen Romae et divorum Angustorum, flamen divorum
c'était, on le voit, la même règle que le droit pontifical de l'Empire imposait au flamine de Jupiter.
Ces sacrifices devaient donc être fort nombreux, peutêtre même quotidiens. 11 y avait d'abord les solennités annuelles des jours où se réunissait le concilium. II y avait ensuite les sacrifices anniversaires des jours de fête de l'empereur régnant, car le tlamine provincial de Rome et d'Auguste est avant tout le prêtre du souverain actuel'". Mais il avait aussi à célébrer le culte de tous les empereurs divinisés : aussi n'est-il pas rare que le prêtre provincial associe dans son titre au nom de Rome et de l'Auguste celui des dioi". Ajoutez à cela les circonstances extraordinaires où il fallait prier « pour le salut des maîtres » malades ou guerroyant sur la frontière".
Et ne croyons pas d'ailleurs que le flamine fût réservé au culte latin de Rome et du prince. Comme les Ûamines de la capitale, il peut sacrifier à d'autres dieux qu'à ses dieux fédéraux ; et on le voit même, à la fin du ii° siècle, immoler un taureau sur le commandement de la Mère des Dieux". Il assume tous les sacrifices faits au nom de la province, et il accepte tous les dieux auxquels elle fait accueil. C'est pour cela qu'il s'appelle moins souvent <i flamine d'Auguste » que « flamine de la province ». flamen provinciae-". Son rôle dans le culte d'Auguste est moins important que son rôle dans la vie religieuse de la province. A cet égard encore, il faut le comparer au flamine de Jupiter.
11 semble qu'il ait eu, pour défrayer ces sacrifices, une certaine somme allouée par le conseil pour l'espace d'un an-'.
La femme du flamine (et je crois que le flamine devait toujours être marié) ^- partageait, sous le nom de flaminica, les privilèges, les obligations et le ministère de son mari ^'. Il n'y a pas de flaminique provinciale distincte de la femme du flamine-'. Le flaminat de Rome et d'Auguste est organisé, comme celui de Jupiter, sous la forme d'une famille religieuse.
Après son année de charge -^, le flamine ne rentre pas dans le rang : il ne perdra plus ce caractère sacré que lui a communiqué son ministère. S'il n'a plus de fonctions, il conserve les prérogatives. Sous le titre de flaminalis ^", il reçoit sa statue dans l'enceinte du temple d'Auguste^', il demeure membre de droit du sénat de sa ville ^* et de l'assemblée de sa province''; il assiste aux spectacles provinciaux vêtu de la prétexte '°, et, aux jours
et Aug., flamen divorum Augustorum {Corpus, ii, index; Ciccotti, p. 56 et suiv.) Il ne serait pas impossible que certaines provinces eussent par exception, à côté de leur flam. Rom. et Aug. un flamine spécial soit pour un divus i/lamen divi Aug. prov. Lusitaniae, II. 473) soit pour tous les divi {flam. divorum ex consensu provinciae, en Sardaigne, où la prêtrise provinciale est aux mains d'un sacerdos, X, 7599).
— «S Corp. XII, 4323. — 19 Corp. II, 4323. — 20 Les inscriptions abondent, XII, 3184, 3183, 3212, etc. (.Narbonoaise). — 21 La lin de la loi de .\arb. règle l'emploi des reliquats de cette somme et la reddition des comptes par le flamine sortant.
— 22 Comprendrait-on sans cela qu'il y eût un article sur la flaminique dans la loi de Narbonne '? — 23 Cf. la loi de Narbonne. II faut écarter à tout jamais l'IiviKilhèso do Marquardt au sujet des flaminiques impériales, que la femme du n.)minc n'aurait pris le titre de flaminica que lors de la consécration des femmes de la maison impériale, par conséquent sous Claude {Kph. epigr. 1S72, p. 100). — 2^ Ce fait est désormais acquis par la loi do Narbonne. Les flaminicae provinciales de l'E«pagne sont la plupart connues comme mariées à des flamines; cf. Corpus, \\\, p. 1152 et Ciccolli, p. û9 : on leur élève des statues comme â leurs maris; en Narbonnaise, XII, 2516.
— 25 Consummato honore, perncto honore, functus honore, disent les inscriptions. Il, 2221, 2344, 37U, .XII, 3275 aii(/. ; li qui flamonio abicrit, loi de .Narb. I. 11 et 26.
— 36 Ftaminalis prov. Baeticae, II, 933, 424S. Loi de Narb. : de booiuiits eivs Qvi fLAMEM fucrit. — 87 L'inscr. de ces statues, dit la loi de Narb., portera nomen suum patris, et unde sit, ft quo anno flainen. On a trouva à Tarragone les statues des flamiucs de l'Espagne Citérieure {Corp. Il, p. 541), mais r,anuée de leur flaminat n'e:;l jamais indiquée. — 28 Loi de Narb. — 25 Loi de Narb. — 30 Loi de Narbt
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anniversaires des sacrifices qu'il a célébrés, il reprend cet habit de pourpre qu'il avait revêtu jadis à la même date', .\insi, la seule chose qui distinguait le flamine provincial des grands flamines romains, c'était le peu de durée de ses fonctions; mais cette différence avait été à dessein réduite au minimum : l'ancien flamine, durant toute sa vie, conservait le prestige et le rang du flamine en charge.
6° Flaviinat impérial dans les villes. — Sur le flaminat municipal des empereurs, nous ne possédons pas une demi-douzaine de textes : en revanche, les inscriptions qui le mentionnent se comptent par centaines. Le plus grand nombre viennent d'Afrique : l'Italie, la Gaule Narbonnaise, l'Espagne en sontassez abondammentpourvues. Mais cette richesse en documents est plus apparente que réelle. Ces inscriptions se copient ou se ressemblent souvent, et elles nous font connaître à peine plus que des noms et des titres. La question du flaminat municipal demeure une des plus inextricables que l'épigraphie puisse provoquer. Ce qui vient la compliquer, c'est qu'il y a eu sans nul doute des divergences nombreuses suivant les provinces, et suivant les villes d'une même province : l'État ne semble pas être intervenu d'une manière absolue ou uniforme dans la constitution du flaminat municipal, et le culte impérial, unissant Rome aux empereurs, les Augustes aux divi, se prêtait aux combinaisons les plus variées. Je pense qu'elles ont dû toutes se produire. Ajoutez à cela que l'institution a duré cinq siècles et qu'on ne peut la supposer immuable, même dans les limites d'une seule cité. De plus, nous ne sommes jamais assurés d'avoir devant nous, sur ces inscriptions, les titres exacts des fla mines : il est constant qu'on les abrégeait de bien des manières ; le titre de flanien Romae et Augusii, par exemple, a pu devenir flamen Augusti, et peut-être même flanien-. Enfin, il peut arriver qu'on tire une conclusion générale d'une inscription qui signale un fait exceptionneL II résulte de ces difficultés qu'un très petit nombre de solutions certaines peuvent être données et que nous essayerons ici bien plutôt d'indiquer les problèmes que de les résoudre.
A. Extension du flaminat. — C'est dans les provinces de l'Ouest, l'Italie, l'Afrique, la Gaule Narbonnaise, l'Espagne, que l'institution du flaminat impérial s'est le plus développée. C'étaient, de tous les pays de l'empire, ceux qui renfermaient le plus de villes latines, municipes, colonies romaines ou de droit latin, et le flaminat est essentiellement d'origine latine. C'est en Afrique qu'il est le plus populaire : chaque cité a ses flamines impériaux. L'institution y est peut-être née avec l'Empire'; elle lui a survécu, et c'est là que nous trouvons, sous les rois Vandales, le dernier flamine connu. L'Afrique est, en effet, la région la plus riche en municipes et en colonies
1 ï.oi de Narb. — 2 Cf. ù Vtîrone. A Ostic, flamen seul doit se rapporter au flaminat de Rome et d'Auguste ; cf. contra, Dcssau, XIV, p. o. — 3 Inscr. do 51 ou 5i (£>A. epigr. V, n» 513). — '• Lyon {fl. li. et Aug. el fl. Aug.); Bordeaux {flaminica) ; Éduens (Mâcon : flam. Aug.)\ Bourges (îV(?ris : /Tamen perpetmis et flaminica); Poitiers {fl. p. ifji) u{Tbe)1''.; Kspérandicu, p. 121 et 390); Kauzc {fl. II. et Aug. ??, Bladéi, n" 11), Dax (flamen, a' 87); Noviodununi (fl. Aug.); Aventicum {fl. Aug. pp.l [Inscr. Helv. 1S4]); Augusta Raurica {fl. II. et Aug.V) ; Tours [/lamin]ica cHvlae]. — 5 Corp. inscr. graec. 4647 : 'A^> slafiivo;. — lî Corp. inscr. lalin. III, 154. — 1 1bid. III, 386. — 8 Corp. inscr. graec. 4340 (add.) : -Ha;»... — 9 Ibid. 521 : <l.).»i,>iv ; Corp. inscr. atlic. 398.— 10 A Bordeaux, sans doute avant le in» siècle : /•V(im(i)m'(cae) (Inscr. do Bord., a' 75). — 11 Voir plus haut, p. 2U76. — 18 Corp. Il, 4610 : Flamen Romae et Auguslor.
romaines; chez elle encore, la vieille religion et les institutions primitives de Rome se sont transplantées avec une rare vitalité : l'Afrique a été, dans sa constitution comme dans sa langue, une province archaïsante, et le flaminat est une tradition du plus ancien passé de Rome.
En Occident, le flaminat paraît assez rare dans la Gaule Propre*, et inconnu en Bretagne, ce qui n'est peut-être pas accidentel. Aura-t-il trouvé dans les traditions religieuses des pays celtiques certains obstacles à sa diffusion? Ou, plutôt, cette rareté n'est-elle pas due à l'absence presque complète de municipes et de colonies dans l'intérieur de ces deux contrées?
Le flaminat s'est d'ailleurs répandu même en Orient. Il est vrai qu'il y a été fort rare : les Grecs étaient assez riches en fonctions sacerdotales pour en adapter au culte impérial. Nous le trouvons cependant, comme il est naturel, dans les colonies romaines de Bostra% d'Antioche, de Beyrouth^, de Troas, d'Apri en Thrace, de Philippes ''. Mais nous le rencontrons aussi dans les cités toutes grecques d'Attalie ' et d'Athènes, sous la forme gréco-latine de œ^ajAi^v'.
Indispensable peut-être à toutes les villes à qui leur titre de colonie ou de municipe donnait un empereur pour fondateur ou pour patron, le flaminat impérial pouvait donc aussi se présenter dans des cités non romaines, qu'elles fussent libres comme Athènes ou tributaires comme Bordeaux*".
B. Les titres. — Les titres que portent les flamines municipaux présentent toutes les variétés imaginables. Nous les grouperons suivant six types principaux :
i° Flamen Romae et Augusti. — C'est, croyons-nous, le type primitif du flaminat officiel dans les municipes *'. Augusti put être au début remplacé par Augustorum '^ et parfois par une appellation plus précise, désignant un empereur donné, divi Augusti'^, Tiberii^^, divi'-^ Claudiï. L'expression s'abrège souvent en flamen Augusti '^ ou flamen ". Cette appellation ancienne du flaminat impérial a été plus tenace dans de grandes colonies italiennes, comme Vérone ", comme Ostie ", oîi elle durait encore au début du ni' siècle^". Flamen Romae est exceptionnel et peut-être indépendant du culte impériaP'.
2° Le flamine de l'empereur régnant, flamen Augusti ou Augustalis sous Auguste, flamen Tibcrii, etc. Nous avons vu comment cette forme de flaminat est limitée au i^siècle", et qu'elle y est même une rareté. Cela s'e.vplique facilement, puisque le flamine de Rome et d'Auguste se rattachait directement au culte de l'empereur vivant.
On peut rapprocher de ces flamines des princes vivants : la flaminica Salutis Augustae, créée peut-être en souvenir de la guérison d'un empereur régnant ^'; la flaminica Concordiae Augustae, instituée en l'honneur de quelque temple impérial-'; le flamen Juventutis de Vienne, attaché peut-être au culte des princes de la
— 13 Fl. M. et d. Aug.; cf. plus haut, p. 2076. — 1* Fl. Romae ri(6eni),Sorrcnlo.
— 15 Fl. R. et d. CL, Ticinum. - 16 Vérone; Barcelone, II, 4525. — " Ostie? ; Barcelone, Tarragone, etc. — 18 Cf. plus haut, p. 2076. — 10 Corp. XIV, p. 5 ; l'inscr. XIV, 373, mentionne un fl. R. et Aug. postérieur à Scptime-Sévéro.
— 20 II parait également la forme officielle du flaminat dans les col. espagnoles do Barcelone, Tarragone et dans un assez grand nombre do municipes de ce pays, sans doute aussi dans les col. d'Aix, Arles, Riez, Nîmes, Narbonne, Vienne, etc. en Narbonnaise, dans celle de Lyon. — 21 IX, 3009 (Avéia). Cela peut tout aussi bien signifler « flamine â Rome » que « flamine de Rome ». — 22 Cf. plus haut, p. 2077. — 23 IX, 5534; mais, comme il s'agit do la ville de Uy'bs Salvia, il serait possible quo Salos représentât la tutelle de la cité. Cf. IX, 6904: [SacerdosJ Augu]sti Victoriae Caeraris, Aucune. — 24 Tarragone, 11, 4270.
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Jeunesse, petits-fils d'Auguste, flamine créé de leur vivant et conserve après leur mort ' ; la flaminica domus Augusiae d'une ville espagnole -.
3° Le flamen d'un divus ou d'un prince mort, comme Germanicus'K — Les seuls princes qui ont reçu, sans être divi, un flamine municipal, sont les Césars de la famille d'Auguste, Germanicus, Drusus, et peut-être aussi les princes de la Jeunesse Caïus et Lucius. Dans le môme groupe il faut placer les expressions de flamen divorum'', flamen divorum omnium '% flamen divorum Aur/uslorum °. L'expression de flamen itomae, divorum et Augustorum'' et celle de flamen divorum et Augustoriim ', nous montrent une combinaison de ces expressions avec celle de flamen Romae et Augusti.
Toutes les expressions qui vont suivre on t été employées dès le début comme abréviation des précédentes, et, surtout, sinon exclusivement, de celle de flamen Romae et Augusti. Elles deviennent à peu près seules usitées dès le ui° siècle.
A° Flamen Augusti^ onsonsynony me flamen Augustalis'", abrégé presque constamment flamen Aug. ^\on, lorsqu'il y a deux ou trois empereurs régnants, flamen Augg.'- ou flamr.nAuggg. '^. On trouve é^aXemeni flamen Augustorum^'' .
ï)" Flamen civitatis^°, coloniae^^, municipii", et, plus rarement flamen municipum municipii ", ou encore flamen suivi du nom de la cité ".
6° Flamen ou flamen perpetuus. L'expression paraît seule usitée, à partir du iv° siècle, pour désigner le flamen Augusti ■".
C. Nombre des flamines. — Voici assurément ce que nous ignorons le plus dans l'organisation du flaminat municipal : combien comprenait-il de membres? Sans aucun doute, il y a eu presque autant de règles que de villes : le nombre de flamines a pu dépendre de la richesse des cités (il fallait être riche pour mériter cet honneur), du nbmbre de leurs habitants, de leur attachement aux empereurs. 11 a pu s'accroître avec le temps et le nombre des divi. A l'origine, le llaminat, sous le nom de Rome et d'Auguste ou sous celui d'Auguste seul, a sans doute été unique dans toutes les cités, sauf peut-être dans celles de l'Afrique, dont nous parlerons plus loin. Il l'était en tout cas à Pompéi. Dès le temps de Tibère, il a pu se dédoubler dans certaines villes, le flamen Romae et Augusti ayant à côté de lui un flamen divi Augusti ; il a pu même, avec le culte de Livie, de Germanicus et de Drusus, s'étendre à plus de deux personnes. Je n'en suis cependant pas bien sûr. Il a pu y avoir plusieurs flaminats, mais donnés successivement au même personnage. A Pompéi, à côté du flamine d'Auguste, nous ne trouvons que celui de Tibère ou de Néron, et encore
' Cf. plus haut, p. 2077. — 2Tucci, 1663, 167S ; cf. pont, domus Aug.lacà, 1663, Urgavo, 2105 ; pont. Caesnrum, .\Qlicaria, 2038-iO. — 3 On en trouvera la liste plus haut, p. 2078. — » II, 53 (l'ai Julia), 31 (Salacia) ; XII, 1577 (Voconccs). — 5 IX, 5357, 5362, 5363, 5365 (Firmum). — 6 11, 51 (PaiJulia), 3710(Ursavo), 1475 (.istigi), 3709, 3710 (Mage) ; X, 7212 (Lil)bée), 7599 (Cagliari). — 7 Barcelone, II, 4514. — 8 Mago, 11, 3709. — 3 Xll, 4252?; Eph. epigr. V, a' 962 : Flaminis Augusti p. p.; Inscr. Udv. 142. — 10 IX, 2648, 4086; X, 751S; XIV, 3300; 111, 1322. — " Les éditeurs tlu Corpus, dans les dilTi'rctits index, développent l'abréviation tantôt en Aug{ustorum), tanlûten Auy{ustalis), tantôt eu Aug{usti) : il serait préférable de laisser Aug. ou d'avertir en tout cas lo lecteur par des parenthèses. — 12 Inscr. alg. 2765 = Corp. VIII, 3366. — 13 VIII, 8496, 8995. — I» V, 47 : Flamen Augusior. (Pola). — 15V111, 989. 4S36, etc. Fl[ameit) p{erpeluus\ in u{rbc)T} chez les Pictons (Espérandieu, p. 121 et 390). — 10 II, 3278, 4276. Flamen in col. Xll, 2006, 2607, C95, etc.; IX, 4581. — " II, 895, iiS, 32. — 18 II, 2121. — 19 II, 4241, etc.; flaminica Viennne, XII, 1868, elc. Ce litre n'exclut pas les précédents : ou peut dire flamen Aug. col. elc. — 20 La même persouuc est appelée à ûuelma, fîain. pcrp.
ne sont-ils pas contemporains. C. Passerius, magistral de Vienne au commencement du i^' siècle, est flamen divi Augusti, flamen Germanici Caesaris-'; deux inscriptions nîmoises contemporaines parlent d'un personnage qui a été flamen Romae et divi Augusti, item Drusi et Germanici^^. Tout au plus y avait-il, au I" siècle, dans ces deux villes, deux flamines impériaux, un pour Rome et Auguste, l'autre pour les princes de la maison des Césars.
Plus tard, le nombre des flamines de divi a dû s'étendre : mais ce n'a été que dans un petit nombre de grandes colonies, àOstie, à Tarragone, à Cirta, dans les colonies ou les municipes de la Gaule Transpadane, Turin, Ivrée, Novare, Come, Brcscia, Aquilée, Milan, à Aeclanum, dans le sud de l'Italie : encore peut-on admettre que la plupart de ces villes n'accordèrent des flamines à Auguste, à Claude ou à Trajan, que si elles avaient reçu de ces princes un titre ou un privilège particulier. Ce qui, d'ailleurs, empêcha toujours, sauf dans les très grandes villes, comme à Ostie et à Tarragone, que le nombre des flamines de divi correspondit à celui des divi eux-mêmes, c'est qu'il fut d'usage de conférer à un même personnage le culte de deux " ou même de trois divl^'', et fréquemment même de tous les divi, sous le titre de flamen divorum omnium ".
Le flamen Romae et Augusti ou flamen Augusti. demeurait, je crois, unique en face des divers flamines divorum. Et souvent même les deux sacerdoces étaient exceptionnellement réunis. A Ostie, oii l'on peut suivre le mieux la coexistence parallèle des deux cultes, c'est un flamine de Rome et d'Auguste qui est créé, sous Hadrien, flamen divi Titi ^% au in= siècle, flamen divi 5eî)en".Dansles villes où les deux sacerdocesne coexistent pas, il va sans dire que le flamen Augusti dessert le culte de tous les divi, ce qui est indiqué parfois par son titre : flamen Romae, divorum et Augustorum-^, flamen divorum et Aug. ^', et ce titre semble bien marquer que le personnage qui le porte était le flamine unique de sa cité.
En Afrique, les choses se sont passées un peu différemment. Le nombre des flamines de chaque cité doit avoir été considérable, même aux trois premiers siècles : nous ne comprendrions pas autrement qu'il soit resté une telle quantité d'inscriptions relatives à des flamines, et encore à des flamines perpétuels. A Zama, en l'an 322, il y avait au moins 10 flamines ". Le chiffre total nous est donné pour la ville de Timgad, vers l'an 366 : il était alors de 36='. Pour quel motif a-t-on choisi ce dernier nombre ? Car on ne saurait croire que le nombre des flamines ait pu varier à l'intini, et ne pas être soumis à quelque règle précise, même dans les
[Inscr. alg. 2764 =: Corp. VIII, 5365) et flam. Âugg. (2763 = VIII, 5366). Lo décret de Zama (de 322) ne mentionne que des flam. .iug.perp. (VI, 16861; l'album de Timgad (vers 366), que des flam. pp. — 21 Corpus, XII, 1872. — 23 XII. 3180, 3207; à Lisbonne, lo même est fl. Germ. et fî. Juliae (U, 194). — » Fausline et PloUne à Turin (V, 7617) ; Trajan et Vespasieu à Terueutura (tX,2600). — 2* Hadrien, Trajan, Vespasicn ont le méino/!amine ii Novare (V, 6513) ; ailleurs (V, 7458) Vespasien, Nerva, Trajan ; à Ivrée (V, 6797), Vespasien, .\ugu5le, Trajan. — 25 A Fcmio, IX, 535/, 5362, 5363, 5375. En Espagne, le culte parliculier des din ne se déïelopi.0 séparément qu'à Tarragone. .\illcurs il n'y a à côlé du fl. R. et Aug. que le fl. dicorum, et encore faut-il remarquer que Von ne trouve un de ces deui flamines que dans les villes où l'autre manque. Je crois que presque toujours il n'y a qu'un flamine dans la plupart de ces villes : à Mago. on trouve un flamen divorum Aug. (3710) et un flamen divorum et Aug. (3709). C'est bien la même fonclion. — 2« XIV, 400.
— 27 337, XIV. — 28 II, 4514 (Barcelone). — 25 II, 3709 (Mago). CI. n. 43.
— 30 Corp. VI, 1686. A Lemellef. il semble bien qu'il y ail au moins sii Dammcs (VIU, 8807). — 31 Eph. epigr. t. 111, p. 82.
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cités africaines. M. Mominsen a supposé que ce nombre a dû correspondre à celui des divL Si Timgad, vers 366, avait 36 flamines, c'est qu'il y avait 36 divi dans le panthéon impérial '. Le malheur est que M. Mommsen lui-même parle de 37 divi, qu'en Afrique le flamine ne porte presque jamais le titre de flamen divi ou divorum -, et que précisément au i\° siècle, le flaminat personnel des divi semble avoir disparu, à Rome comme dans les provinces ^ Il faut chercher ailleurs la raison de ce nombre- Probablement on la trouvera (comme nous avons essayé de chercher la raison du chiffre des 15 flamines romains) dans les subdivisions administratives des cités africaines : les cités de l'Afrique étaient subdivisées en un certain nombre de curies, curiae. Le chifl're de leurs flamines ne correspondrait-il pas à celui de leurs curies *? S'il en était ainsi, le flamine demeurerait fidèle, même dans les villes africaines, à ce caractère de sacrificateur unique, représentant une société politique, qu'il semble avoir eu dans l'antiquité romaine ^.
D. Durée. — Le flaminat était perpétuel à Rome, annuel dans les provinces. Il a pris dans les villes l'une et l'autre forme.
Le flaminat perpétuel est constant dans les cités africaines, plus rare en Espagne et en Italie. La plupart des flamines africains s'intitulent flamen perpeiuus ", fl. jt- ou /?. pp., et quand ils s'appellent simplement flamen, on doit croire que le graveur de leur inscription a abrégé leur titre ''. M. Mommsen a émis, au sujet de ces flamines perpétuels, une hypothèse qui a trouvé grand accueil : les flamines qui portent, ce titre, dit-il, ont été nommés d'abord pour un an, puis, leur année de prêtrise écoulée, ils prenaient le rang de prêtres « honoraires », avec le titre de flamines perpetui, comme l'ancien flamine provincial prenait celui de flaminalis *. Aucun texte ' ne vient confirmer d'une façon pé-
1 iTp/i. epigr. HI, p. 82. — 2 Sauf exceiilionnellement à Leptis, Cirta, Cartilage, Vaga, Sigus. — 3 Cf. contre la théorie de M. Mommsen, d'autres arguments pré- ■ sentes par M. Bcurlier, p. 186. — * Hirschfeld, Hennés, p. 151, t. XXVI, remarque que le Haniinat perpétuel se rencontre précisément là où les cités sont subdivisées en curies. I.e nombre des curies est d'ailleurs assez considérable dans les villes africaines ; il est de dix à .^Uliiburi-us {Vlll, 1827, 1828) d'au moins dix àLambessa VIII, p. 283); dans une ville deSardaigne, ilestde23(X, 7053). Il ressort d'un texte de saint Augustin {sur le Ps. 121, c. 7) que le chiffre de trente-cinq curies était familier aux Africains {una civitas muUas curias habet, sicut Roma XXXV curias habet populi [les tribus]) : nous ne sommes pas loin des trente-six flamines de l'album de Timgad. Et les dix flamines de Zania rappellent les dix curiae d'autres villes africaines. — S Je ne sais que penser de l'hypothèse d'un [^colle(jùî]m flaminum pcrp. proposé par Wilmanns (VIII, 782). Il y a une grave objection à faire à cette théorie, c'est l'inscription de Lambôsc (VIII, 2714) qui mentionne quatre fl. pp. dans la curia Sahina, tout comme l'inscription de Rome mentionne plusieurs /lam. parmi les montani tnontis Oppii (plus haut, p. 2ll7.i) : mais ces quatre (î. pp. sont-ils seulement originaires de la curie plutôt qu'attribués à la curie? ou chacun d'eux correspond-il â un quartier de la curie ? — 6 Flamen in perpetuum, II, 194, est peutêtre l'expression primitive. — 7 VIII, 46S1 ; le même personnage est dit /Zar/ten et fl. pp. — 8 iMommsen, ap. Hirscbfeld, Sacerdozi, p. 54; cf. Beurlier, p. 185; Deaudouin, p. 107. M. Mommsen semble abandonner son opinion depuis la découverte de l'album de Timgad {Eph. III, p. 82). M. Schmidt l'a reprise pour son propre compte, Rhein. Mus. t. XLVII, p. 126. M. Hirschfeld avait cependant fait quelques réserves qu'il ne semble pas avoir maintenues [Hermcs, XXVI, p. 152). — 3 On cite d'ordinaire comme preuves ; C. Tk. XII, I, 21 (335) : Post flamonii honorem et sacerdotii vel mayistratus decursa insignia ; mais post flamonîi honorem peut signifier aussi bien post honorem coiilutum, que consummalum ; et C. Th. XII, 5, 2 (337, Afrique) : Sacerdotales et flamines perpi'ttios atque deccmvirales ; mais il suit seulement de cette énumération que les fl. pp. étaient nommés pour la vie, comme les sacerdotales jouissaient de leur litre leur vie durant. Pourquoi d'ailleurs aurait-on pris cette expression fl. pp. pour désigner l'ancien flamine, quand on avait cello do flaminalis 1 Et quand nous trouvons si souvent un fl. divi perpeiuus, faudra-t-il croire qu'il n'aura exercé sou flaminat qu'un an ? ou admeltra-t-ou deux catégories de fl. pp. ? Tout cela est coml)liquer la question, et, à mon sens, bien inutilemeuf. — 10 Le flamonium. annuuni de Thévcste y\\{, 1888) est celui d'une curie. Mais nous avons un flaminalis dici les Nattabutes (Vlll, 483G). — n II y a eu, je pense, dans une cité de l'Afrique de
remptoire cette hypothèse, et l'album de Timgad et le décret de Zama semblent la démentir, en ne nous montrant dans les sénats municipaux de l'.^frique que des flamines perpétuels. M. Mommsen part de cette idée, que le flaminat municipal ne pouvait être qu'annuel : mais c'est ce qu'il faudrait d'abord démontrer'". Rien jusqu'ici ne permet de voir, dans les flamines perpétuels de l'Afrique et de l'Espagne, autre chose que des flamines municipaux uommés et consacrés, comme ceux de Rome, pour toute leur vie ". En dehors des cités africaines et de quelquescités espagnoles ou italiennes*^ où le flaminat impérial est viager, la perpétuité de ce sacerdoce est de toute probabilité dans certains cas. Par exemple, presque tous les flamines attachés individuellement à un empereur, divus ou vivant, ont dû conserver leur titre et leurs fonctions toute leur vie. Cela est attesté par la mention de perpeiuus ou in perpetuum qui accompagne d'ordinaire celle de flamen divi'^. Cela va de soi-même, lorsque cette mention est omise. Les villes les plus grandes, comme Ostie, réunissaient souvent sur une même tête le flaminat de Rome et celui d'un divus : à plus forte raison, ne pouvaientelles guère se pourvoir de flamines annuels pour leurs difl'érents empereurs. A Pompéi, les deux prêtres d'Auguste ont desservi ses autels leur vie durant, et la mort de l'empereur n'a même pas interrompu le ministère de l'un des deux.
A côté de cela, le flaminat annuel, imité de celui des collèges et des curies, se rencontre un peu partout hors de l'Afrique'*. Il semble la règle quand il s'agit du flaminat de Rome et d'Auguste, et l'habitude quand il s'agit du flaminat commun à tous les divi '^ On peutmême dire que si les inscriptions d'Afrique mentionnent avec tant d'insistance la perpétuité du flaminat, c'est que la prêtrise annuelle était la règle dans les autres provinces '^.
même qu'à Rome, deux catégories de flamines, les flamines particuliers à la curie, ceux-là annuels, puis les flamines généraux à la cité, ceux-là perpétuels. Mais, dirat-on, comment accepter, dans ce cas, l'hypothèse précédente, que le chillrc des flamines a pu correspondre à celui des curies? On peut croire qu'au iv" siècle les flamines annuels des curies avaient disparu et étaient remplacés par autant de flamines perpétuels pour la cité. D'autres combinaisons sont possibles ; la curie avait à l'origine un flamino annuel nommé par elle pour adorer son dieu topique, Jupiter de la curia Jovis, Hadrien de la curia Hadriana et un flamine perjiétuel nommé par le sénat pour desservir, en son nom, le culte des empereurs- Quoi qu'il eu soil, je crois qu'il est impossible de séparer l'étude du flaminat africain de celle de l'organisation municipale eu curies. — 12 H est possibb- que dans la Gaule Propre, le flaminat ait été perpétuel et unique (cf. à Bourges, Allmer, Revue, n" 8S7), ce qui expliquerait encore la rareté des inscriptions qui le mentionnent. — *3 II, 104 (//. Jul. Aug. inpp.) ; X, 5893 (fl. R. et div. Aug. pp.); V, 7478, 7007, 6513, etc. ; II, 1663 [fl. pp. domus Aug.); H, 4270 {fl. pp. Concordiae Aug.), etc. etc. — i'* Gela résulte des expressions suivantes : ob honorem flamonii bcne gestum (Briauçon, XII, W],flamoniofunctus (Alba,XII, 2673;? Aix, 321). exacto flamonio (II, 2105, Gordouo), flamen Aug. // (Sardaigne, Henzen, 6009; X, 7518; XH, 519 11), flamen Divorum bis (Salacia, II, 34), flamen bis ou // (Sagonte, II, 3864 et 3865, Liria, 3792), flam. llîl (H, 3571), flaminalis, « ancien flamine » (IX, 2597, Tcnientimi ; 3437, Pcltuinum; V, 5132) ; flaminalis flamonium c(onsecutus 1] , (VIII, 4S36, Nattabutes); ou flaminicus, qui a sans doute le même sens (XII, 140, 5e(funj; X, 7002); flaminicius {Eph. Wli.n" 481,enMaurétanie),//amimcia(V, 6054*, iT:ooX«[iévo; (llostra, Corp. ^raec. 4647). Dans VIII, 4890: Flaminalis flam. perp. Flamiw\ lis ne serait-il pas un nom propre ? L'expression de llam. designatus (cf. .XII. 690, Vocouccs) peut aussi supposer l'annuité. — 15 Sauf quelques flaminats individuels, je crois le flaminat annuel en ISarbonn.iise (XII, 321 ; cf. Bcaudouin, p. 105), même à Vérone, à Ostio (cf. XIV, 353), et le flaminat divorum omnium de Ferruo. — 16 Le concile d'Iilvire (vers 300, Espagne) suppose le flaminat annuel cemnie règle en Espagne (c. 2, 3 et 4) : je ne comprendrais pas autrement que le flamine citéclmmèiie |iût rire admis au baptême post triennii te^npora (c. 4). II est vrai que de nombreuses inscriptions y mentionnent aussi le flam. jierpétuel, et, chose curieuse, parfois dans la même ville où est fait mention le flam. temporaire (Gordoue, II, 2105 et 5303). Mais rien n'empêche d'admettre dans ce cas ù côté d'un flaminat perpétuel pour tel ou tel divus, un flam. Aug. ou divorum annuel. Dans d'autres villes, au contraire, lo fl.iminat est uniquement perpétuel (p. ex. à Mérida où l'inscript. II. 32, l'oppose au flaminat annuel de Salacia et d'autres cités, cf. H, p. 1132). Cf. Giccolti, p. 35-37,
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di8.-; —
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Le flaniinal annuel pouvait être décerné plusieurs fois. Rien n'empêchait daillcurs que l'ancien flamine, flaminalts, ne conservât quelques-unes des prérogatives attachées à la prêtrise '.
E. La flaminique ^. — Les flaminiques municipales nous apparaissent dans les mêmes conditions et sous les mômes titres que les flamines, avec ou sans la mention de pcrpeiuae et d'ordinaire avec celle de Aug. ^, qu'on peut lire Augustalis, Augusti, Auguslae '• ou Auguslarum. Il y a des flaminiques spéciales pour des membres de la domus dlvina ^ : seulement, toutes ces llaminiques sont consacrées au culte des impératrices divinisées, divae °.
La flaminique municipale était-elie nécessairement, comme la flaminique romaine, la femme du flamine, celui-ci attaché aux autels des princes, celui-là à ceux des femmes de la maison divine? On voudrait le croire : de fait, un assez grand nombre d'inscriptions nous montrent la flaminique, épouse d'un flamine ' : à Novare, un personnage municipal est flamine des dieux Vespasien, Trajan, Hadrien, et sa femme est la flaminique de Julie à Novare, de Sabine à Ticinum*. C'est sans doute pour empêcher la prêtrise impériale de déchoir que les empereurs interdisaient aux flamines municipaux d'épouser des esclaves ou des afl'ranchies". On ne saurait nier, toutefois, qu'un bon nombre de flaminiques ont pour maris des personnages qui ne paraissent revêtus d'aucune prêtrise'". Mais on ne peut en conclure qu'ils ne fussent point flamines : leur titre a pu simplement être omis par les graveurs", et on comprendra d'autant mieux cette omission, si l'on suppose que la flaminique était nécessairement la femme du flamine : à quoi bon mentionner deux fois cette prêtrise sur une même inscription?*^ Tout ce qu'on peut dire sur cette question '^ c'est qu'il y a des textes en faveur de l'existence d'un couple flaminal, analogue à ceux de Rome ou de province : il n'y en a peut-être pas qui nous montre la flaminique veuve ou célibataire, et il y en a fort peu qui nous la montre, à coup sûr, mariée à un autre qu'à un flamine'*.
F. Flamen et sacerdos. — Une autre question non moins insoluble et qui se rattache peut-être à la précédente, est celle des rapports ou des différences entre les deux titres de flamen et de sacerdos. L'expression de sacerdos s'emploie précisément de la même manière que
ICr. plus loin. — 2 Fi.AMiNA .liijus». par erreur, IX, 3841.-3 XII, 1118, 3210, elc.
— 4 L.! lecture /laminic. Aiigustae II est l'ort incertaine dans Corp. XII, 519.
— t» Cf. la liste, plus haut, p. 2U7S. — 6 Livic a seule un jlamen (Lisbonne, II, ly4; Gaulos, X, 7501), mais il est vr.ai au dôbut do l'organisation du culte impérial.
— 'Il, 37127; VIII, 211, 2397; XII, UO {/laminicus el flaminica] ; XII, 150 et 151 ; Allmer, lievue, u" 887 (Bourges : flamen perp. épouse d'une flaminica). M. Ciccottia trôs bien montré, p. 28, toutes les probabilités qu'il y avait, en Espagne, à ce que la flaminique fût toujours la feniiiie du flamine. — 8 V, 6514, cf. 6513. — 'J Nov. De matr. sénat. 4 (Ilaoncl). M:irton confirme une loi de Constantin à ce sujet. Voir cependant Xll, 4402, où la femme d'un llamiuc parait bien être son aflranclne. — 10 Cf. la liste chez Uirschfeld, Sacerdozi, p. 4y; Herbst, p. 13 ; Bcaudouin, p. 89 ; cf. entre autres, XII, 690. — H Ciccotti, [i. 28, montre très bien ces omissions dans les inscript. espagnoles. — 1* Reraai-quc de Ciccotti, p. 29. M. Beaudoin, p. 93, attache une grande importance à l'expression de flaminica designata (XII, 690) ou décréta decurianum (XII, 1904) : il en résulte, dit-il, (juc la flaminique a été désignée indépendamment de sou mari. Mais il serait fort possible que la femme d'un flani. désigné ait pu prendre ce titre de fl. des. — 13 Xous ne nous dissinudons pas que l'opinion courante veut que le ministère de la flaminique soit indépendant do tout lien conjugal; do Boissieu, Inscr. de Lyon. p. 98; Hirschfold, Sacerdozi^ p. 49; lîeurlier, p. 174; Bca\idouin, p. 93 ; licrbst, p. 13. Ciccotti seul nous parait avoir montré plus de réserves. — It Toutefois voyez XII, 2244, une flaminique épouse d'un icvirAufj. A-t-il pu être également flamine? demande avec raison Bcaudouin, p. 90, qui a foil bien étudié celle question. — lû II, 2037 (Asturica) 2638 (Lucus Aug.) ;
celle de flamen. On trouve sacerdos Romae et Aug. '', sacerdos perpetua^^, sacerdos perpétua domus Augustae*'', sacerdos divarum Augustayum*", sacerdos Augustarum '^ , sacerdos perpétua divorurn divarum-", sacerdos munkipii'-^ ou coloniae, sacerdos Augustae^^, sacerdos Aug.^', sans parler des sacerdotes particuliers à tel divus ou à telle diva-'. Comment s'expliquer la présence simultanée de ces deux titres dans les mêmes provinces, et parfois aussi dans la même ville ^"? Comme le titre de flamen est à coup sûr un titre officiel et que l'expression sacerdos est une expression littéraire qui peut convenir au flamine, on peut croire que sacerdos est un simple synonyme de flamen^^ : c'est ce qu'ont pensé tous les érudits", sauf M. Uirschfeld -*, qui, avec sa sagacité ordinaire, a entrevu une différence entre les deux termes. Il fait remarquer avec justesse que l'expression de flamen ne s'applique à peu près jamais à des cultes non romains : en revanche, les cultes pérégrins, comme ceux d'Isis, de Mithra, de la Mère des Dieux, sont desservis par des sacerdotes : le flamen est le prêtre d'un dieu romain. Cela est vrai, mais il faut chercher autre chose pour nous expliquer pourquoi les empereurs, dieux romains, ont reçu des prêtres qui ne s'appellent point flamines. .le ne vois qu'une explication possible. Le flaminat n'est pas seulement la prêtrise d'un dieu romain, mais encore la prêtrise organisée à la manière latine, avec certaines conditions d'âge, de naissance, de séjour, de mariage. Là où ces conditions manquaient, la prêtrise impériale a été confiée à un sacerdos. 11 a pu se faire que, dans certaines villes, à l'origine, l'empereur ait reçu seulement un sacerdos et que le flaminat ne s'y soit point développé, ou seulement fort tard ^'. Dans d'autres, par exemple à Pompéi, le même personnage a été tour à tour sacerdos Augusti'", puis flamen Augusti'^ : peut-être n'a-t-il reçu ce dernier titre qu'après avoir rempli certaines conditions qui le rendaient apte au flaminat; son successeur est demeuré sacerdos AugustP^ . D'autres personnages ont été flamines dans une ville el sacerdotes dans une autre'' : peut-être parce que la présence leur était impossible dans cette autre cité. D'autres encore ont été, pour la même raison peut-être, flamines de province et sacerdotes municipaux'*. D'autres enfin, dans la même ville^ ont eu le flaminat impérial et le sacerdoce particulier d'un empereur'" : c'est que, dans cette ville, les divi particuliers n'avaient point de flamines'".
V, 5311, Sacerdos Urbis Romae Âcterruie, XII, 1120 (7 Apl\ V, 6991 (Turin).
— 16 II, 1046, 1956, 1958, etc. Sacerdos annua [Itomae et Aug. ?î), Castulo, II, 3279. — " II, 1978 (Abdcra). — 18 II, 1471 (Asligil, 1338 (Ocuri) ; IX, 2347 (.Allifae). — 13 IX, 5068 (Intcramna). — 20 I, 1341 (Sacpo). — 2" II, 3278 (Cordouc, Castulo), 195G, 5488 (Cartima). — 23 IX, 1154 (Aeclanum). — 23 V, 4950, 496C (Camunni) ; 111,3028 (TarsaUca). —2' La liste donnée plus haul, p. 2078. — 2S A Castulo, un flamen Rom. et Aug. et une sacerdos [Rom. et Aug.] et même une femme qui s'intitule flaminica sive sacerdos (II, 3i77-9i. Cf. à Cordouc (M, 2228, 2278 et 5523). — 26 C'est le cas peut-être de l'inscription II, 3278 {sac. sice fîam.) et de la femme appelée sac. Augustae et flam. divae Aug. (IX, 1154, 1155) : encore faudraitil prouver que le sac. et le flam. ont été simuUanés. Dans I .X, 1 1 43, sacerd. se rapporte je crois, à Isis ou à .V«(cr Deum ; cf. 1100. — 27 Cf. Beurlier, p. 168 ; Uerbsl, p. 12. — 23 Sacerdozi. p. 50 ; cf. Ciccotti, p. 29, qui hésite. — 29 II parait cerUin que dans certaines villes d'Kspagne le culte de Rome et d'Aug. et celui des diti n'a été confié qu'à des sacerdotes. La loi d'Urso ne mentionne non plus que des sacerdotes; do même à Ipsca (II, 1571-4), Cartima (1956 : sacerdos prima et perpétua). A Camunni en Transpadanc, la prêtrise impériale s'organise également sous forme de sacerdoce (V, 4950 etc.). — 30X, 830, 837. — 3' X, 838, 947, 948. — 32X, 840, 943-946. — 33 II, 3278. — 81 H, 2637 et 2638. —35 XI, 407, 408, 415 (Riminii.
— 36 Oq peut voir p.ar la liste donnée plus haut, p. 2078, 3079, que les iœt>êratricci ont infiniment plus de sacerdotes que de flaminicae ; cela s'expliquerait, si oq supposait que leur culte a pu être souvent confié à des femmes, mariées eu non, indépendamment de toute fonction religieuse de la part du miri.
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Les raisons ont pu varier à l'infini. S'il était vrai que le flaminat municipal impliquât le mariage, nous toucherions peut-être à la principale. Les prêtres des dieux impériaux étaient simples sacerdoies lorsqu'ils étaient pris parmi les célibataires, ou lorsque le veuvage venait briser leur flaminat, ou si leur mariage n'avait pas eu lieu suivant les formes ou dans les conditions prescrites par la loi. N'avons-nous pas remarqué qu'à Rome Livie et Antonia, les plus illustres femmes de Rome, n'ont jamais pu être que « prêtresses » du dieu Auguste, leur mari ou leur ancêtre? C'est que leur veuvage leur interdisait le flaminat.
G. Mode de nomination. — Les flamines étaient élus par l'assemblée municipale des décurions : les textes abondent pour le prouver'. Peut-être, dans certaines circonstances, le choix du sénat était-il ratifié ou au moins acclamé par l'ensemble des citoyens^.
L'élection des flamines semble soumise aux mêmes conditions que celle des magistrats. Le futur flamine s'engage à verser à la cité une somme d'argent, fixée du reste par la loi ou la coutume, qu'on appelle la summa légitima ; elle variait, dans les villes africaines, entre 2000, 4000, 10000 ou 12000 sesterces = : nous sommes bien loin de la légitima des flamines curiales de l'Afrique, qui ne dépassait pas trois amphores de vin et quelques provisions de bouche. Et encore était-il d'usage que le nouvel élu ajoutât d'autres dons, en argent, en constructions, en festins ou en spectacles'.
La loi devait requérir, pour l'éligibilité au flaminat, des conditions d'âge et d'origine que nous ignorons. Il est possible que le flamine pût ne pas être originaire de la cité où il sacrifiait'', car nous connaissons bon nombre de prêtres qui ont cumulé le sacerdoce dans des villes différentes. On pouvait être flamen ou flaminica, successivement ou simultanément, de deux'', trois' ou quatre' cités, parfois même de tout un groupe de villes d'une même province : tel, le flamen coloniarum en Dacie', le flamen coloniarum immunium provinciae Baeticae '" en Espagne. Mais encore peut-on supposer que ces flamines avaient reçu le droit de bourgeoisie et d'honneurs dans ces diverses cités.
H. Condition du flamine. — Le flaminat municipal est évidemment un sacerdoce, sacerdotium'K Mais c'est aussi, et plus encore un « honneur », honos, analogue aux magistratures municipales : l'expression courante en épigraphie est celle de honos flamonii ou flaminatus '^.
L'assimilation du flaminat aux dignités politiques est d'ailleurs presque complète. Si le sénat nomme le flamine, la cité n'est pas tenue à l'écart de l'élection. Le
1 Ob honorera flamonii ab oydine in se conlati; ab universo ord'me, pour indiquer l'unaaimili; : flamen d[ecreto) d[ecunonum], ex consensu decurionum; voir les preuves cliez Hirschfeld, Sacerd. p. 57 ; Herbst, p. 27 ; CiccoUi, p. 37 ; Beaudouio, p. 04. Cf. l'expression de fl. des. XII, GDO ; fl. pp. dcclits, VIII, 4333. — ^Fl.pp. lege electus, VIII, 74'.) ; fuctns ex coTisensunnivei-sat; civilatis, VIII, 698. — 3 Hirschfeld, Sac. p. 63 et s,; Corp. VIII, [). 1H8. — 4 Ex. d'une formule c^pi^raphique : Bacbius fi. pp., affjectis, ad legitimam flamonii, tts. Il millia nnmmum hs. l m. n. Voir Corp. VIII, p. 1 lis la table de ces formules. La légitima flamonii n'est connue que pour l'Afrique.
— !' Nous connaissons un citoyen d'IIorla en Étrurie {Corp. t. XI) qui a été fl. pp. à Verccunda en Afrique, où il «tait incola (Mil, 4249 et 4194). — 0 VIII, 2407 {Timgad et Larabesse); V, 6514, 5126; II, 32; XI, 407 ; Gruter, CCCXXII, 8 (Pesaro) ; II, 3278. — 7 III, 386 (Apri, Pliilippcs, Troas); V, 5373; II, 4241. — « VIII. 7080, 8318, 8319; cf. la priif. à Cirta. — 9 III, 1482. — 10 H, 1603. — H XIV, 353.
— 12 Cf. noie 1 ; XII, 521. — 13 De nombreux exemples de la richesse des flamines chez lîcurlier, p. 189-191. — 1* Les preuves notamment chez Hirschfeld, Sac. p. GO.
— It C. Theod. XII, 1, 21 ; cf. Hirschf. p. 54. J'imaginequ'elle fournissait seulement les flamines des curies africaines. — 16 Beaucoup plus rarement aux anciens ques ■ lcur.s; cf. les exemples chez Bcurlier, p. 178. — n Cf. Corp. t. VIII, passim.
flamine, comme les magistrats, ont à faire leur don d'avènement. Comme les magistratures, cette prêtrise est une fonction coûteuse, qui n'est accessible qu'aux plus riches" et aux plus nobles''*. La plèbe municipale en était sans aucun doute exclue formellement'^ On la donnait d'ordinaire aux anciens fonctionnaires de la cité, surtout à ses chefs, les édiles ou les duumvirs'". Le flaminat municipal était comme inséparable de la gestion des magistratures supérieures : il n'est guère do curator reipublicae, c'est-à-dire de chef suprême des cités, qui n'ajoute à son titre, au iv^ siècle, celui de flamen pcrpetuus^''. Aussi un bon nombre de flamines sont-ils chevaliers romains". Quelques-uns reçurent le laticlave comme couronnement de leur prêtrise". Quelques sénateurs romains, propriétaires dans le pays, ne dédaignèrent pas de briguer ou tout au moins de se laisser oflrir le flaminat municipal : Pline a été flamine à Côme ou à Verceil ^''. Et il semble que dans la ville de Noie, sanctifiée par la mort d'Auguste, le flaminat perpétuel de l'empereur fût réservé à des sénateurs''.
Par cela même qu'il est ancien magistrat, le flamine a rang dans le sénat : mais peut-être y a-t-il entrée aussi par cela seul qu'il est flamine, de même que le flamen Dialis avait son siège dans la curie de Rome-'. Le flamine a sa place sénatoriale déterminée par le plus élevé des titres qu'il possède : il est supérieur à tous les autres prêtres, pontifes et augures, et n'est l'inférieur que du duumvir ou du curateur de la cité. L'album sénatorial de Timgad, du milieu du iv° siècle, donne la hiérarchie suivante : patrons de la cité, anciens prêtres provinciaux, curateur en charge, duumvirs en charge, flamines perpétuels autres que le curateur ou les duumvirs, pontifes, augures, édiles, questeur, anciens duumvirs-'.
Le flaminat était, on le voit, compatible avec d'autres fonctions; peut-être aussi, sans quoi puisse l'affirmer, avec d'autres prêtrises ^'.
Comme les magistrats enfin, les flamines étaient exempts des charges ordinaires qui incombaient aux décurions -^, et, comme les privilèges ou les insignes des fonctions civiles, les « ornements du flaminat » pouvaient être décernés sans l'exercice même du sacerdoce^''.
L Attributions. — On dirait donc que le flaminat municipal a un double caractère : il est politique, et il est religieux. Il en était de même du flaminat romain : le flamen Dialis était prêtre, mais il avait aussi les insignes du magistrat. Ce double caractère se marque également dans les attributions du flaminat. Un concile espagnol, vers l'an 300, considère comme les deux fonctions essentielles du flamine, d'une part, de donner des jeux, mwnwsrfare^',
— 18 El. nombreux chez Beurlier, p. 179-180. — 13 VIII, 7041. Un fl. pp. v. c. du V» siècle (VIII, 989 et 450). — 20 V, 5667. A Côme, Mommsen,trad. MorcI, p. 75.
— 21 Hypothi^se de Mommsen d'aprùs Inscr. r. Neap. 4835 ou Corp. X, 1249.
— 2J Aucun texte ne le prouve ; mais cela nous parait aller de soi. Contra, Beurlier, p. 180. — 23 Corp. VIII, 2403; cf. C. Th. XII, 1, 21 et 5, 2. — 2'. Les inscriptions sont nombreuses de flamines qui ont été aussi pontifes et augures (II, 21 S2, 2105, 4028, etc.). Mais est-ce simultanément? Sur le tombeau d'un citoyen d'Api on voit figurer d'un côté l'apex flaminal, do l'autre le lituus augurai : est-ce à dire qu'il les ait portés en même lemps? (XII, 1114). — 26 Annonarum praeposituris inferiO' ribusque muneribus immunes, de môme pj'acposituris matisiontim (C. Th. lois do 333 et 337, XII, 1, 21 et XII, 6, 2). — iiBu{u)mviralibus et flamoniis et angaralibus ornamentis honorato {11. êpigr. du midi de la France, II, p. 150, Narbonno); XII, 408, Aix, 4232, Béziers. — 27 Sur les munera donnés par le flamine, cf. Corp. XIV, 353 : Flamen divi JTadriani, in cujus sacerdotio solus acprimus ludos scaenic'is suapeciima fecit. Chez les Voconces, certains jeux de gladiateurs, institués par fondation particulière, étaient attribués au flam. Aug. ; .\II, 1585 : flam. et enralor viunerjs gladiatorii Vtlliani ; 1529 ; fl. Aug. et c. m. j'iibtici ad Oeam \oc. TerluII. De spect. 12; Uoc genus editionis ad flamonia ; W\\, im.
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d'autre part, de sacrifier, sacrifîcarc '. La seconde seule est intéressante à étudier ici. Par définition, le (lamine est dans les villes, comme il est à Rome, un sacrificateur. 11 est attaché d'abord aux autels des princes, Lares publics et ancêtres ou bienfaiteurs de la cité muiiicipale : il porte leur nom, il fait sans doute les sacrifices aux jours des anniversaires impériaux, naissance ou avènement des augustes ou des divi^. Il est le prêtre du foyer municipal dont ils sont les dieux.
Mais, malgré son nom, le flamine impérial n'est point exclusivement réservé au culte de l'empereur : les flamines de Jupiter ou de Mars ne l'étaient pas au culte de ces grands dieux. Nous voyons les flamines élever des statues, des autels, des temples aux empereurs ou aux divinités qui s'attachent à la vie du prince, comme la Fortune^ : mais ils ne sont pas moins assidus auprès des autels des autres dieux, Jupiter Très Bon et Très Grand, Junon, Mercure, Cérès, Mars, Diane, Sylvain, Esculape, Liber*, et, comme le dit une inscription, de « tous dieux et déesses » ^.
Sous le couvert du titre de flamen Augustin les flamines du culte impérial dans les municipes ont été, comme les trois grands flamines du peuple romain, les sacrificateurs souverains de la cité. Le flmnen Augustalis des cités provinciales ressemble, à s'y méprendre, au flamen Bialis de Rome : leur nom à tous deux les attribue au dieu protecteur du foyer national, Jupiter à Rome, Auguste dans les cités; leurs fonctions en font les « maîtres des sacrifices publics >> de leur patrie : l'un et l'autre peuvent également s'appeler flamen sacrorum publicorum ", celui-là, populi romani, celui-ci, municipii.
Conclusion. — Ainsi, au moment oii le vieux flaminat latin commençait à pénétrer dans les cités romaines de la province, le culte impérial avait détourné à son profit cette importation. L'empereur avait donné son nom à ce flaminat qui allait peut-être recevoir celui de Jupiter, de Mars ou de toute autre divinité protectrice des villes municipales. Mais il n'avait fait que lui donner son nom : il lui avait laissé son caractère.
7° Rôle historique du flaminat impérial. — On voit, dès lors, l'importance historique et morale qu'a eue dans la vie de l'empire le flaminat de Rome et d'Auguste. En plaçant un prêtre de l'empereur devant les autels de la province et de la cité, l'État obligeait les hommes à commencer par ces deux dieux leurs prières publiques et leurs actes politiques. Mais en faisant de ce prêtre un flamine, c'est-à-dire un sacrificateur familial ou un ministre du foyer, on invitait les fédérés d'une province ou les citoyens d'une ville à se regarder comme les membres d'une famille dont Auguste était le héros divin ; on donnait au culte impérial le bénéfice de ce respect hiératique qui entourait l'institution huit fois séculaire du flaminat latin : cette œuvre d'archaïsme était une œuvre politique au premier chef, linfin, on faisait pénétrer le rite des cultes latins par le monde entier, depuis Antioche jusqu'à Cordoue.
Le flaminat d'Auguste a été, je crois, le moyen le plus habile de fonder la religion impériale. Il la présentait aux populations sous l'apparence de la plus solennelle et de la plus vieille des institutions religieuses romaines.
* C. 2, 3, 4, concile d'Elvire; Duchesne, p. i61. — 2 C'est peut-ôtre pour leur Tappolor leurs devoirs que les calendriers du !v« siècle inscrivent avec soin le natalice des divers empereurs. — 3 Corp. iascr. lat. VIII, 4836, 1574, 2344. — '•MU,
En outre, il a été le moyen le plus efficace de la double propagation de l'unité romaine et du régime impérial. Rome et l'empereur n'ont point de représentants politiques dans les cités : ils y ont au moins leur représentant religieux, le flamine. Le flamine de Jupiter avait été comme une statue vivante, représentant le dieu dans Rome. Le flaminat d'Auguste fut le solide trait d'union qui unit les provinciaux à Rome et à l'empereur.
VIII. La fin du flaminat. — On comprend dès lors de quelle manière finira le flaminat. Les flamines primitifs, ceux de Jupiter ou de Mars, n'ont plus, dés le 111° siècle, qu'une existence ignorée et peut-être intermittente. Les « flamines » par excellence, sans épithète, sont ceux de l'empereur. Or, sous la forme d'une religion archaïque, c'était une religion toute politique qu'ils desservaient. Ils avaient le nom et le costume traditionnels des prêtres de la vieille Rome ; mais leurs fonctions les attachaient à des dieux qui n'étaient dieux qu'en vertu de leur titre de chefs de l'État. Le flaminat devait donc, tôt ou tard, perdre toute importance religieuse ou morale : il ne demeurera de lui quun titre et qu'un costume.
Par leur condition, les flamines impériaux ne pouvaient prétendre aux grands rôles religieux. Ils étaient tous, à Rome et dans les provinces, magistrats ou fonctionnaires. Germanicus, Drusus, les plus grands personnages de l'Empire ont été flamines d'Auguste : ce titre pouvait-il ajouter quelque chose à leur prestige et à leur influence ? Qu'on lise les Philippiques de Cicéron, et on verra le peu de place que tient dans la vie et la politique de Marc-Antoine sa qualité de flamine de Jules César. Dans les municipes, les chefs de la cité sont également flamines : or, les devoirs politiques et la puissance de curateur ou de duumvir faisaient sans doute beaucoup plus pour leur dignité et leur influence que leur apex flaminal. Les sacrifices devaient être pour ces hommes, les premiers de leur cité, la corvée banale de la vie politique. Je me représente à peine Germanicus sérieusement attentif, au milieu de toutes ses guerres, à son rôle de sacrificateur. Dès l'an .300, il semble bien que dans les villes, où la ferveur religieuse a été plus durable, les sacrifices aient cessé d'être obligatoires au flamine : le concile d'Elvire permet aux chrétiens d'arriver au flaminat, s'ils consentent à s'en abstenir''. Ils peuvent donc se tenir éloignés des autels.
Par la destination même de ces sacrifices, les flamines devaient perdre également de bonne heure leur caractère religieux : ils adoraient l'empereur, et ils étaient magistrats; c'étaient donc, en réalité, des fonctionnaires rendant hommage à leur chef. Ce n'était pas cette religion qui devait donner à ses ministres la prépondérance morale sur les populations. Le flaminat demeura inévitablement en dehors des mouvements religieux du 111° et du iv° siècle. Si les flamines président aux tauroboles, ils y président avec une attitude de magistrats : les vrais prêtres, puissants sur les âmes, sont les sacerdotes des religions exotiques. Pénétrez dans la vie d'une cité au temps de Julien : le flamine apparaît dans les moments solennels de la vie publique, en tète des cortèges, dans les spectacles, reconnaissable à la pourpre
4196, 4197, 5142, 237Î, 2343. 1398 ; III, 903, 1417 a, 1064, 1065. — S Cr. 111, 1065 : Dis et deabus. — 6 Aussi ne serait-il pas impossible que les fl. sacrorum municipaux cités plus haut (V, 2) fussent des Oanûueâ impériaux. — i Couc. d'Elvire, c. 3.
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de son vêtement'. Mais assistez aux vraies cérémonies populaires, ce sont d'autres prêtres que vous trouverez.
Dès lors, au iv siècle, le flaminat devient moins une prêtrise qu'une fonction, et mieux encore un titre et rien qu'un titre. On dit d'un haut personnage qu'il est « flamine » comme on dirait de lui qu'il est « chevalier » ou « sénateur». Les premiers personnages des villes accolent à leur nom l'épithète de flamen perpetuus, comme ils font celle de vir egregius ou de vir clarissbnus -.
Mais c'est précisément ce caractère purement honorifique du flaminat qui devait le sauver au iv° siècle. N'étant plus qu'un nom, il put rester : les chrétiens n'en eurent point peur. Ils ne firent supprimer (ce fut sans doute sous Théodose) que les trois vieux flaminats romains : ceux-là, portant éternellement le nom de divinités odieuses, Jupiter, Mars, Quirinus, avaient comme une étiquette qui les rendait impossibles. Les flamines impériaux, appelés maintes fois simplement « flamines », ne portèrent aucun ombrage. Dès l'an 300, le concile d'Elvire nous montre en Espagne les chrétiens arriver au flaminat : à la condition, il est vrai, de ne point se souiller par un sacrifice et de se soumettre à une pénitence. Aussi le triomphe du christianisme, vers l'an 400, ne toucha pas Finslitution du flaminat. Même au delà de cette date, on voit que les flamines perpétuels ont subsisté en Afrique, aussi nombreux, aussi considérés qu'autrefois ^
Ils survécurent même à la domination romaine. Au v^ siècle, il existait encore des flamines dans la Gaule burgonde ' . Au vp siècle, il y en avait dans l'Afrique vandale, et on possède une inscription , datée de l'an 525, qui est l'épitaphe d'un Africain chrétien et flamen perpetuus^. Ainsi les limites extrêmes connues du flaminat sont marquées par les règnes de Romulus et du vandale Hildéric. Seule, l'institution du sénat a eu d'aussi longues destinées.
11 ne serait même pas impossible que le flaminat n'ait
1 Cf. Pacat. Pancg. 37. — 2 Voir le décret de patronal de Zania, Corp. Vi, 1686 ; les premiers qui le signent s'intitulent V.E. FL. AVG. P.P. ; cf. VIII, 2G61 : V. E. FL. PP. CVR. R. P. etc. Un poète municipal veut-il dire qu'un personnage a été flamine, duumvir, édile, il trouvera des périphrases pour rendre les deux derniers titres, du flaminat il ne peut que répéter le nom ; « Vir egregius, flavien, patriae pius admoderaior, largus înunidator n, VllI. 4581. — 3 VIll, 969, 27, etc. Pacatus, Paneg. 37, nous montre les namines municipaux venant au-devant de Théodose. La Nûvelle de Marcien, en 434, mentionne encore officiellement les flamines municipaux, il est vrai en rapportant une loi de Constantin. — ^ Sid. Apol. Ep. V, 5, (en 474). Il est vrai qu'on persécutait l'institution : .. Jnvident flamonia municipibus y, — U VIII, 10516 (dans la basilique d'Ammaedara) : AsTivs mvstelvs fl pp chistunvs vixiT etc. Cf. l'inscr. ft. pp. hujuscc ctvitaUs à Missua, qui paraît être du v* ou du VI" siècle (VIII, 940). A Ammaedara également un Astitts Vindicianus, fl. pp., qui est peut-élrc parent du premier (VIII, 450), se fait enterrer dans une basilique chrétienne,et sur son épitaplie ne met que ce titre de flamine, qu'il accompagne des symboles clrrétiens. — 0 Corp. V, 6365 ; cf. plus haut. — 7 Peintures de saint Clément (ii" s.), Rev. arch. 1873 ; Liber Pontifîcalis, t. I, p. 300 (VIII- s.) et 394 ; cf. Duchesne, Orig. du culte clirétien, p. 381. On s'étonnera moins de la possibiUté de ce rapprochement si l'on songe qu'au vi" siècle on a pu enterrer des flamines dans les basiliques chrétiennes {Corp. VIII, 450 et 10516). — Bibuogràpbie. Pour les flamines romains : Ambrosch, Quaestionum ponti/icalium proem. et cap. îll, Breslau, 1847-185) ; Marquardt, Staatsverwaltung, t. III, éd. \Vissowa,p. 326 et suiv. ;Eouché-Lederc(\, les Ponlifes de Conc. /(orne, Paris, 1871, p. 299 et s. ; Helbig, Silzujigsbcrickie der bayer. Akad. 1880, I, p. 492 et s. ; VViUems, les Droits sénatoriaux du Flamen Dialis {S. R. t. I, p. 665 et s,), (885 ; Peter, Quaestionum pontifiealium spécimen, Strasbourg, 1886 {diss. inaug.). Pour les flamines impériaux en général: Marquardt, Staatsverw. t. III, édit. Wissowa, p. 90 et suiv. ; Beurlier, te Culte impérial, Paris, 1801. Pour les flamines impériaux de Rome : Dessau, lie /laminibus (Eph. epigr. t. III, p. 221 et s., mai 1877). Pour les ilaniines provinciaux en général: Marcpiardt, De prov. Roman, concil. et sacerd. 1872 {liph. epigr. p. 200 et s.) ; Id. Staatsverwaltung, I, p. 503 et s. ; Guiraud, les Assemblées provinciales dans l'Empire Romain, Paris, 1887; Hirschfcld, Zur Oeschichte des rômischen Kaisercultus {Sitzungsbericlile der Akad. der Wissensch. zu Berlin, 1888, t. XXXV). Pour les flamines municipaux en général : Marquardt, Staatsverwaltung, I, p. 173 et suiv. ; Herbst, De saccrdotiîs Romanorum municipalibus quaestio epigraphica. Halle, 1873 {diss. inaug.); Desjardins, te Culte des Divi et le culte Je Rome
pas disparu tout entier au vi" siècle : peut-être a-l-il laissé quelques vestiges, au moins de son costume. La manière dont est représentée la flaminique sur les tombeaux, lui donne une certaine analogie avec les « orantes» chrétiennes^. La tiare pontificale, telle que la portaient à l'origine les évêques de Rome, blanche et de forme conique, ressemble assez au bonnet flaminal '. Mais avant même de rien supposer en cette matière, il faudrait connaître davantage les origines du costume des prêtres chrétiens. C. Julli.\n.
FLATURARIUS [moneta, MONETARIUSj.
FLAVIALIS.— Les/7au/a/('s sont, dans la ville de Rome, les prêtres particulièrement attachés au culte des empereurs de la^ens /^/auia, de ceux du moins qui ontmérité les honneurs divins, Vespasien et son filsTilus. On trouve dans les inscriptions les expressions suivantes: sacerdos Titialis Flavialis', sacerdos Flavialis Titialis^, sodalis Titialis^., sodalis Flavialis''. L'opinion courante '' est que ces différents termes sont synonymes et qu'ils désignent tous les membres d'un collège de sodales Flaviales, créé à Rome sur le modèle du collège des Augitstales, et qui, destiné d'abord à honorer l'empereur Vespasien, aurait eu ensuite à desservir le culte de Titus : d'où l'adjonction du mot Titialis. Cela est possible. Mais il est possible aussi qu'il faille distinguer deux prêtrises : 1° le sacerdoce proprement dit, soit de Vespasien, soit de Titus, confié à un prêtre isolé, sacerdos °, analogue au flamen romain des empereurs (les empereurs de la ge7is Flavia, qui n'était pas, comme la gens JuUa, d'une origine divine, ont dû peut-être se contenter du simple ministère d'un sacerdos au lieu de l'honneur excessif d'un flamine ') ; 2" un collège de Tiliales Flaviales^, composé de quinze confrères, sodales^, et particulièrement attribué au temple de la gens Flavia^". C'est ce collège que Suétone nous montre entourant l'empereur Domitien lorsqu'il célébrait les jeux en l'honneur de Jupiter Capitolin ". De ce col-
el d'Auguste, 1879 {Rev. de pkil. n. s. t. Ill, p. 55 et s.) ; Kraszeninnikow, Sur les sacerdoces municipaux (en russe), Saint-Pétersbourg, 1891 ; cf. Zielmski, Pliilologus, L, p. 763. Pour les flamines de l'Afrique. Hirsclifeld. / sacerdozi municipati delV Afriea, 1866 {Ann. de l'Jnstit. p. 28 et s.); Id. Die /lamines perpetui in Africa, 1891 {Hermès, t. XXVI, p. 150 et suiv.) ; Schmidt, Statut einer Municipalcurie 1800 {Rhetn. Mus. t. XLV, p. 599 et suiv.); Id. Corp. VIII, aun" 14083 ; Id. Ueber die alba... und das Flamonium perpetuum, i^9i{!lli. M. t. XLVII, p. 114 et s.); Pallu de Lessert, les Assemblées provinciales et le culte provincial, 1884, Paris, Id. Nouvelles observations sur les Assemblées provinciales, 1891, Paris. Pour ceux de l'Espagne, Iliibner, Corpus, i. U.passim; Boissier, Revue critigue, 1870, t. I, p. 130 ; Ciccolti, I sacerdozi 7nunicipalie provmciali delta Spagna, Turin, 1890 (extr. de la Riv. di Filol. a. XIX). Pour ceux de la Narhonnaise ; ller/.og, Galliae ISarbonensis historia, p. 245 et s. ; Atlmer, Inscr. de Vienne, 1. 1, p. 244 et s. ; Beaudouin, le Culte des empcr. dans la Gaule Narbonnaise, 1801 {Ann. de l'Ens. sup. de Gren. t. III). Sur la loi de Nai-bonne : Hirschfcld, Corp. t. XII, p. 864, cl Zeilschrift d. Sav. Stifl. t. IX, p. 1888, p. 403 et s. ; Guiraud, Ac. d. senior, et polit. {C. r. t. GXXIX, 18SS, p. 262 et suiv.) ; Mispoulet, Bull, critique, 1888, p. 135 et s.; Héron de Villefosse, Jbid. p. 110 et s.; Louis Lucas, Rev. gèn. de droit. 1888; Alibrandi, Bull. deW Instit. di dir. 1880, 173 et s., etc. Sur les flamines chrétiens : de Rossi, Bull, di archeol. crisl. )S78, t. III, p. 26 et suiv. ; Duchesne, le Concile d'Elvire et les flamines chrétiens {Mélanges Renier, H. Et.). FLAMAI-IS. 1 Henzen, 6480; Corp. inscr. lat.W, 1523 (il s'agit du cous, de 150): cf. sacerdotium Titialium Flavialium, Corpus,''Vl, 2189. — 2 Corp. inscr. lai. VIII, 597; cf. sacerdolio Flaviali Titiali exornatus, VHI, 7062. — 3 Henzen, 6050 (Altidium en Ombrie). Le sodalis Titialis de Tibur est ligorien (XIV, 303*). Cf. Bull. arch. cotnun. 1890, p. 103. — * VI, 1333 (sous Antonin) ; Orelli, 364 (sous Trajan) ; Corpus, XIV, 2301. Flavialium {Corpus, XI, 1430) scilicet ex collegio, dit justement M. Mommscn ap. Ilenzcn, 111, p. 200. Collegium Flavialium ; Suet. V. Domit. 4. — b Marquardt, Staatsverwaltung, III (édit. Wissowa), p. 471. — C VI, 1523 : sac. Titialis Flavialis ; VIII, 597 : sac. Flavialis Titialis. Tous doux de Titus ? ou l'un des deux seulement, l'autre de Vespasien ? ou l'un et l'autre attribués aux deux empereurs? Toutes les hypothèses sont admissibles. — 7 Cf. flamen. — 8 Suet. V. Domit. 4. Ce collège a fort bien pu être appelé sacebdotium Titialium Flavialium (VI, 2189) ou Flavialium Titialium (VIII, 7062). — » xvvm. flavialivu, Pise, Corp. XI, 1430. — 10 Cf. Suot. V. Domit. 1 ; ib. 5 ; ib. 13 ; ib. 17 — H Les membres élâicnt, ilaus cette cérémonie, velus de la toga purpurja, cl portaient une couronne ornéo
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lège dépendaient des serviteurs, calatores '. L'une et l'autre prêtrise- paraissent réservées à des jeunes gens ou à des hommes de grande famille sénatoriale^.
Dans les villes, le collège des Augustales {seviri Auguslales) ajoutait parfois à son nom traditionnel celui de Fluviales, pour bien montrer qu'il n'excluait pas de sa dévotion le culte des empereurs de la nouvelle dynastie*.
On peut conjecturer que l'organisation des prêtrises Qaviennes, ou tout au moins celle du collège romain des Fluviales est l'œuvre de Domitien : il s'appliqua, avec plus de soin que de bonheur, à doter sa dynastie de la sanction divine qui manquait à son origine. G. Jullian. FLORA. — Une des plus anciennes divinités de l'Italie centrale, une de celles aussi dont le culte se localisa le plus là où il avait pris naissance, sans pouvoir se répandre au dehors. Elle présidait à la floraison printanière, à celle des céréales d'abord ', puis à celle des arbres fruitiers et de la vigne-, finalement à l'épanouissement des fleurs de pur agrément. Son nom, sous la forme de Flausa, a été reconnu sur diverses inscriptions en langue osque^ une fois à Agnone où il est accompagné d'une épithète équivalant a Genialis, une autre fois à Tufo, dans le pays Sabin, où le mois de juillet lui était spécialement consacré*. A Rome, sur la liste des Indigitamenta, Flora est associée- à Robigus ^ ; celui-ci devant détourner la rouille des blés, au moment de la formation de l'épi, sa compagne leur assure une heureuse déflorescence. Varron lui attribue une origine sabellique; elle était au nombre des douze divinités à qui le roi T. Tatius le Sabin fît ériger un autel et que l'on apaisait par des piacula ^, lors de quelque événement extraordinaire ; sa place était entre Fons et Summanus. Son intervention dans la culture des arbres fruitiers est attestée par les Actes des Frères Arvales ", qui la citent avec les dieux auxquels on doit sacrifier quand on va planter un arbre. Son nom évoquait naturellement celui de Pomona ■ à laquelle on la trouve associée, aussi bien dans les anciennes inscriptions dont nous avons parlé que chez les poètes récents'.
Le culte de Flora faisait partie de tout un ensemble de cérémonies, qui, dans le mois d'avril, si important pour la prospérité des récoltes, mettaient les biens de la terre sous la protection des dieux ; il succédait, à quelques jours d'intervalle, aux fordicidia, aux cerealia, aux viNALiA priora et aux kobigalia. Jusqu'aux guerres Puniques il ne semble avoir eu d'autre centre qu'un temple
de l'imaye de Domitien. A côi^ d'eux Suétone, /. c, Qientionne le Dialis : Adsidentibus Diali sacerdote et coUetjio Fîaviatium pari habitu. Je suis un peu étonné de voir le flamen Dialis associé ù ce collège, portant dans sa couronne l'image du prince, et appelé simplement sacerdos, et je me demande s'il ne faut pas lire sacerdote Titiali. Toutefois sa présence était naturelle aux Jeux capilolins. — 1 VI, 2189: Kalatori sacerdotii Titialium Flavialium. — 2 Sacerdotium s'applique aux uns et aux autres. — 3 VIII, 597, Vl, 1523, etc. Un d'eux, sacerdotio Flav. Tit. judicio Severi exomatus, a été désigné par Sévère, ce qui semblerait indiquer une exception et que le système de recrutement du collège était la cooptation. — ^ Henien, Indices (t. III), p. 168 ; Schraidt, De Seviris, p. 39 et suiv.
FLORA, 1 s. Aug. Cil). D. IV, 8 : Florescentibus frumentis. — 2 Lact. I, ÎO, 7.-3 Mommscn, Unteritalische Diakkte, p. 128. Cf. l'inscription sur un autel doniesli({uo de la casa det Fauno à Pompéi, ibid. 180, sous la forme Flausai. — ^Corp. inscr. lat. 1,603; de l'an 58 av. J.-C. Cf. Momnisen, Op. cit. p. IH, et la noie chci Preller, Itoem. Mytiiol. (3' édil.), p. 130. — s Var. It. Itust. I, 6; cf. 23, 4; Ovid. Fasl. 277 et sq., 327. — 6 Var. iiiij. /(i(. V, 10, 74; Henzen, Ac((i Fratr. An. p. 1-18. — 7Tab. XI. m, Marini, p. 377. — S Inscription d'Aniisteruum, ap. Momnisen, Inscr. Neap. 6753 et Untcrit. Dinl. p. 339, * ; cf. Calp. Eclog. II, 32. — 9 .\osil. et Curios. Urbis, VI* Reg. Cf. UuUet. Arch. .Munie. lS7:t, p. 227 et suiv.; Rossi, Dullet. christ. 1808, p. 53. .Martial demeurait auprès de co temple, V, 22, 6 et VI, 27. 10 Var. Ling. lat. VU. -to; Festus, p. Ihibis. — » Corp. inscr. lat. IX. 705
fort ancien, sur le Quirinal, un peu au sud de la porte Sanqualis '. Un flamine spécial y présiilait, institué par le roi Nuina'"; ce flamen Floralis à qui, sur la liste des petits flamines, correspondait le flamen Pomonalis, le dernier dans l'ordre des préséances, est encore en fonctions sous l'Empire". A ce moment le temple reconstruit, on ne sait par qui, était de style corinthien". Les .sacrifices ordinaires en l'honneur de Flora paraissent avoir été des sacrifices de brebis ; il en est fait mention dans les Actes des Arvales pour les années 183, 218 et 224 ap. J.-C. ". Le culte de Flora est un de ceux qui furent modifiés par l'intervention des oracles Sibyllins. La transformation date de l'an 240 ou 238 av. J.-C; elle eut pour raison d'être des années de récoltes mauvaises et les cérémonies nouvelles furent instituées ad placandum '*. Un temple nouveau fut élevé au voisinage du Grand Cirque et dédié par les frères Publicius, édiles plébéiens ''' ; la dédicace eut lieu, le 28 avril, date considérée depuis lors comme la fête propre de la déesse, Natalis Florae; des jeux furent institués qui, peu à peu, se prolongèrent jusqu'au 3 mai [floralia]. Le temple auprès du Grand Cirque fut restauré par Auguste et dédié par son successeur en 17 ap. J.-C; il semble qu'il ait été réparé encore par Symmaque, vers 391 '«.
Il y a des traces d'autres cérémonies en l'honneur de Flora; le calendrier d'Aliffae fait mention d'un sacrifice pour le 23 août, ce qui semble indiquer une fête de la moisson*'. Philostrate dit qu'il a été témoin à Rome d'une fête des Roses, qui consistait en une course rapide de personnages portant ces fleurs et signifiant ainsi que les grâces du jeune âge passent vite '^ Il est probable que cette fête est celle dont parlent pour le 23 mai les Fastes de Philocalus et qui ailleurs encore associe le nom de Mercure à celui de Flora". On a cru pendant longtemps que le culte de Flora n'avait point franchi les limites de l'Italie; une inscription en signale l'existence en Afrique sous l'Empire ^''. Ce qui a dû en gêner la difî'usion, c'est le caractère exclusivement rustique et local de la Flora des Romains^' et l'éclat plus grand de divinités féminines qui avaient avec elle une ressemblance de nature et de signification, en première ligne de Vénus.
Cette ressemblance a même abusé des mythologues modernes; Hartung d'abord, Preller ensuite, ont cru retrouver dans le culte de Flora à Rome certaines pratiques du culte d'.\phroditè èv xtitioïç, tel qu'on le célébrait à Athènes^-. Ces ressemblances sont purement fortuites;
et Inscr. Neap. 5192. — 'î Vitrav. VII, 9, 4 et I. 2, 3. — " Hemen, Acta, toc. cit. — 1* Kal. Praen. IV, Kal. Maias : A edes Florae quae rébus floreseendis praest dedicata est propter sterilitatem frugum. Cf. Corp. inscr. lat. I, p. 392 et sq. L'expression de placare est employée par Cic. Xerr. V. 14, 36, énuméranl les fonctions de sa charge d'édile; de même par Laclance. I, 20, 7. Cf. Plin. Bitt. nat, XVIII, 29, 286 ; Vcll. Pat. I, 14, 8. La date véritable parait être la première et Sillig a corrigé le texte de Pline en ce sens. — *» Varroo, Ling. lat. V, 158, et Ovide, Fast. V. 287, leur donnent ce titre ; Festus, p. 238, les appelle édiles curules.
— 16 Tac. Ann. 1, 49; Anthol. lat. Riese, 4, v. 114; BecLer, Topographie, elc p. 473, 673. — 17 Florae ad Circgu Maxiuom, Mommsen, Ephem. epigr. 111, p. 86
— 18 philostr. Ep. 55, p. 360, édit. Kayscr. Cf. Preller, ttoem. Myth. I, p. 4.13.
— 19 Corp. inscr. lat. I, p. 358 (Menol. rust. Colot. ; cf. ibid. Menol. nist. VoU.) et le commentaire de Mommsen, p. 35t. Pour la fdte du 23 mai, Kal. Philoc. Corp. inscr. lat. 1, p. 342, et Paul. Diac. p. 91, 10. C'est à Flora, déesse de la culture florale, qu'il faut rapporler Mart. VI, 80, 5 et X. 92, 11. — !0 Corp. inscr. lat. VIII, n" 6938. L'inscription est en l'honneur d'un triumvir qui a organisé U fête à ses frais. Cf. Preller, Ouv. cit. I, p. 434, note. — 21 Ce caractère ressort aussi des qualificatifs décernés à Flora par les auteurs latins. Lucrèce ^V, 737) et Cicéron ( Verr, V, 14. 36) l'appellent mater; cf. Aruob. III, 23. qui ironiquement la nomme : Flora ilia genetrix et sancta. Cf. Slarl. V. 22, 4 : Rustica, et Anthol. lat. Riese, 747. — 22 Hartung, Ilelig. der Itoemcr, II, 143 ; Preller, Op. cit. I, p. 151.
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Fig. 3109.
Flora.
Flora est bien véritablement une divinité indigène de l'Italie; à plus forte raison n'a-t-elle rien de commun avec la nymphe Chloris, amante, dans la fable grecque, de Zéphyre^ On ne sait où Ovide, qui a consacré près de deux cents vers de ses Fastes à Flora, a pris la fausse étymologie qui la lui a fait identifier avec la Chloris des Grecs et mettre à son compte le mariage avec Zéphyre, de qui elle aurait obtenu le royaume des fleurs-. Quant à la fable de Junon devenue enceinte de Mars en respirant une fleur qui lui est présentée par Flora, il est démontré qu'elle est d'origine italienne ^ Les apologistes de la religion chrétienne, mis en verve par la licence des fêtes en l'honneur de Flora, racontent sur son compte une fable qui s'inspire des plus grossières imaginations d'Evhémère *. Flora, de même que Acca Larentia, ne serait qu'une courtisane fameuse, enrichie par son métier et qui aurait légué au peuple romain sa fortune, à charge de célébrer avec les revenus sa fête annuelle . 1 1 n'est pas besoin d'une telle origine pour expliquer le caractère du culte de Flora; populaire et rustique, ce culte dut dégénérer de bonne heure eu réjouissances bruyantes et dissolues". On ne saurait' dire que l'art romain aifjamais conçu pour Flora un type distinct et facilement reconnaissable.
Sa tête figure sur des monnaies de la gens Servilia avec la légende
FLOnA(UA) PRIMUS ',
^fig. 3109) et peut-être sur celles de la gens Clodia (fig. 3110)''; les fleurs mêmes dont elle est couronnée ne suffisent pas à la distinguer d'autres divinités analogues*. Les statues qui existent d'elles ne sont que des adaptations d'œuvres helléniques qui ont eu, à l'origine, un tout autre sens. Ainsi Pline cite, comme figurant dans les jardins des Servilius, un groupe composé de Flora, de Triptolème et de Cérès dû au ciseau de Praxitèle'; Flora s'était évidemment substituée dans l'opinion ou à Cora ou à l'une des Horae. Elle avait cependant ses statues propres; des fouilles récentes ont mis au jour un piédestal qui porte son nom'". On connaît la Flora Farnèse, statue colossale, magnifiquement drapée, qui n'est probablement pas une Flora, la tète et les attributs provenant d'une restauration ". J.-A. Hild. FLORALIA. — Fête en l'honneur de la déesse Flora, à Rome et dans les campagnes voisines. On ne sait ce qu'elle fut au juste, antérieurement au vi" siècle de la fondation de la A'ille ; on devine seulement qu'elle faisait partie d'un ensemble de pratiques destinées à appeler, au printemps, la faveur des dieux champêtres sur les ré-
1 Ovid. Fast. V, i83-378 : Corrupta latiiio nominis est nostri litlera graeca sono. Cf. Peler, Zu Omds Fasten, p. Ô6. Dans le Pseudo-PIul. Di: flum. V, 3, Borée ravit Chloris, sans que celle-ci soit de près ou de loin identifiée avec Flora. Cf. Anthol. lai. op. cit. — 2 Ovid. Op. cit. : Arbitiium tu, <lea, flores habe... a Usener, nhein. Mus. 1875, p. 216 et suiv. — * Lact. 1, 20, 5; Prudent. Conl. St/mmacli. I, 260 ; Minut. Fel. Octav. 25, 8 ; Mari. Cap. IX, § 888. — EMart. I, 1; Ovid. Fast. IV, O-iô; V, 331, Ibid. 332. — c Eckliel, Doctr. Num. V, p. 307-310 ; Cohen, Méd. consul. X.\.XV1I, Servilia, 5 ; Dabclon, .Mon. de la Jiép. II, p. 452 ; Mommsen, Jloem. Mûnzwescn, p. 645, n" 206. — 7 0. Millier, Handbuch, etc. § 410, 2.-8 Flora a des rcssemhlancos avec Feronia ; cf. l'inscr. chez Muratori, 92, 6 : Flora Febonia, qui semljle apocryphe. — 9 Plin. XXXVl, 23. Cf. lirunn, Gnch. der griech. Kûnstler, I, p. 23ii (2" <!dit.). — nEphem. epigr, IV, p. 216, n*" 725 : A. IlEnENHULKins Soteiuc. Ckpio basim posuit deak Flohah I.UD... — 11 Sur les représentations figurées de Mura, v. Visconli, Oper. Vnr. IV, 101 et suiv.
F1.0I\AI.IA. 1 Var. De re rusî. I, 1,6: Publiée Itobigo ferinc Jiobigalia, Florae ludi Floralia instituti. — 2 Ovid. Fast. V, 361 ; Dion Cass. LVIII, 19.
coites en espérance. Dans les Indigifamenta la déesse étant nommée à la suite de Robigus, les Floralia devaient sans doute déjà sous les rois succéder de près aux ^^ robigalia'. C'est à cette période primitive qu'il faut rapporter diverses coutumes qui se sont perpétuées à travers les âges ; celle d'allumer de nombreux flambeaux à la lueur desquels on prolongeait les jeux dans la soirée^; celle, pour les femmes, de se vêtir d'habits bariolés, aux couleurs vives ^; celle de jeter parmi la foule des graines sèches de toute nature, des pois, des fèves, des lupins, du poivre, comme pour se concilier la faveur de la Terre par ses propres dons', celle enfin de lâcher et de poursuivre à la course des lièvres et des chèvres, animaux au tempérament erotique ^ Toutes ces pratiques sont symboliques, exprimant le caractère même de Flora qui représente l'éclat et la variété de la végétation avec la vigueur inépuisable du sol.
L'intervention des oracles Sibyllins, consultés à la suite de plusieurs récoltes mauvaises, en l'an 514de Rome, modifia la signification purement rustique des Floralia et en augmenta l'importance^. A l'occasion de la dédicace du temple que les deux frères Publicius, édiles plébéiens, avaient élevé à la déesse auprès du Grand Cirque, des jeux furent institués ; célébrés d'abord à intervalles variables, ils devinrent annuels à partir de 173 av. J.-C. C'est à cette transformation que fait allusion le denier de la gens Servilia (fig. 3109), qui porte en légende, autour de la tête de Flora : flora(lia) PRIMUS, etc. '' Ils commençaient le 28 avril, jour solennel de la déesse {natalis Florae') et en vinrent, par des accroissements successifs, à durer six jours, jusqu'au 3 mai. Le calendrier de Maffei concorde avec ceux de 'Venouseetde Préneste pour leur attribuer cette durée ; les autres ne mentionnent que les trois premiers jours. Au iv° siècle ils en comportent quatre, du 30 avril au 3 mai '. La fêle commençait par des jeux scéniques et se terminait par des jeux du cirque et un sacrifice à Flora'". Sous la République, les édiles, plébéiens ou curules, en furent chargés ; . sous l'empire elle passa dans les attributions des préteurs". Pour les représentations scéniques, il semble qu'elles aient été défrayées par le seul genre du mime, même après que le progrès littéraire en eut révélé d'autres'^. Le théâtre où ces pièces populaires étaient représentées fut d'abord élevé pour la circonstance, devant le temple même de Flora". La course aux lièvres et aux chèvres continua à faire partie des jeux du cirque; mais il s'y joignit d'autres amusements : Galba, préteur, exhiba aux Floralia des éléphants funambules ". Ces fêles furent de tout temps très bruyantes et licencieuses'^; déjà au dernier siècle de la République des courtisanes
— 3 Ovid. Jbid. 355. — V llorat. Sat. II, 3, 182 ; Pers. V, 177. Cf. le schol. â ce vers : J/oc enim in ludis Floralibus... jactabatur (piper), quando Terrae ludos colebant et omnia semina super populum spargehant, ut Tellus veluli visceralibus .iiiis placaretur. — 6 Ovid. Fast. V, 371 ; Mari. VIII. 07, 4. — 6 Phn. Hist. nat. XVIIl, 20, 286 ; Vell. Pal. I, 14, 8. — 7 Ovid. loc. cit. 327 ; Mommsen, Geschichie des Toem. Mùnzwesens, p. 645, n" 296 ; Corp. i7iscr. lat. I, p. 392 et suiv. ;Bahelon, Mon. de la Rép. rom. II, p. 452. — 8 Kal. Praen. loc. cit.; cf. Lact. I, 20, 10.
— 9 Corp. inscr, lat., loc. cit. et la note de Fricdlaeudcr, Handbuch etc. de Marquardt-Moranisen, VI, p. 502, 7 (2« édit.). — 10 Ovid. Fast. V, 189, avec le commentaire de Peter, Zu Ovids Fasten, p. 67. — '1 Ovid. Jbid. 287; Cic. Ver. V, 14, 30; Suct. Galb. 0. — 12 Arnob. III. 23 ; VII, 33. Juvénal (XIV, 262) emploie pour désigner ces représentations l'expression vague de aulaea.— i^S. Aug. Civ. D. II, 27. — IV Ovid. Mart. Suet. loc. cit. — IB Pour le vacarme, devenu proverbial, v. la citation de Varron, Eumenid. chez Nonius Marccllus. p. Il, 10, nu mot lurcones : cum Flora lurcarc ac strepi, cl Juv. VI, 249 sijrualant la turba Floralis. Pour le surplus, Ovid. Fast. IV, 910 ; V, 381 et suiv. ; Mart. I, 30, 8 et le schol. de Juvénat au pass.ige cité.
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y figuraient, n'attendant que les réclamations de la foule pour se montrer toutes nues. L'anecdote de Caton d'Utique, quittant le cirque (en l'an 53) pour ne pas gêner les plaisirs des spectateurs à qui sa présence en imposait, est célèbre'. Si Ovide et Martial excusent cette licence, qui paraît avoir eu à l'origine un sens symbolique, Sénèque et Juvénal s'en indignent; quant aux Pères de l'Église on sait comment ils en ont pris occasion, non pas seulement de flétrir l'immoralité païenne, mais de dénaturer le caractère même de la déesse Floral Nous avons cité ailleurs [flora] le cas, jusqu'à présent unique, de Floralia célébrés en province*, ainsi qu'une course aux roses' et une fête de la moisson en l'honneur de Flora ^ celle-là à Rome le 23 mai, celle-ci à la campagne le 13 août. J.-A. Hild.
FLUMIIVA (noxajxoî). — La vénération des cours d'eau fait partie des pratiques religieuses de tous les peuples polythéistes ' ; elle a tenu une large place dans la légende et dans le culte chez les Grecs et les Romains. Pour Homère, les Fleuves sont tous issus d'Okéanos^, quoique l'un ou l'autre soit, à l'occasion, nommé fils de Zeus^ Ils sont immortels comme les autres dieux et figurent dans l'assemblée de l'Olympe', subordonnés à Zeus hiérarchiquement; les plus puissants ne s'aventureront pas contre lui''. Le poète se les représente sous la forme humaine : il leur donne des enfants et les mêle à l'action épique ^ A l'exception d'Okéanos, d'Achéloos et d'Alphée, dont la divinité a un caractère presque universel chez les Grecs, ils sont des dieux localisés, identifiés avec les intérêts des régions qu'ils traversent. Hésiode dit qu'ils sont trois mille, fils d'Okéanos et de Thétis, et qu'il y a un nombre égal de Nymphes, personnifications des sources, qu'il appelle leurs sœurs"; pour Homère les nymphes de Circé sont les filles des fleuves'. L'imagination en a fait des rois et des princes, ancêtres des races héroïques qui sont à l'origine des peuplades et des villes : Alphée est le père d'Orsilochos; Asopos celui d'Antiope et par elle des Éacides; Inachos celui de Phoronée ; le Sperchius est épris de Polydore et l'Enipeus de Tyro'. Tel d'entre eux tire son nom de sa dignité (Axios), tel autre de son action fécondante (Alphée) '" ; le trait dominant de la religion dont ils sont l'objet en Grèce est la reconnaissance. Ils y apportent plus de bienfaits qu'ils n'y causent de désastres et un auteur remarque qu'ils n'y sont pas infestés, comme ailleurs, par des animaux malfaisants ".
Leur divinité y est moins intéressante par la mythologie, assez banale et uniforme [acqelous], que par le culte. Chez Homère ils figurent dans le serment d'Agamemnon, à côté des divinités les plus imposantes; une inscription d'origine Cretoise les associe de même, dans une formule semblable, à Gaia, à Ouranos, aux dieux et
i Mart. I, 1 ; Val. Max. Il, 10 ; Son. E/i. 07. — 2 Lact. I, 20; Arnob. VII, 33 ; S. Aug. Cw. D. II. 27 ; JJ/). 91, 5 ; Cona. Kvang. I, 5 ; S. Cjpr. Idol. i. — 3 Corp. iuser. lai. VIll, 6958. — 4 Pliilostr. E/i. 55, p. 360. — 6 Corp. inscr. lat. I,
p. 358 : SEGETES LUSTRANTUB SACRUM MERCUR. ET FLORAE.
FI.UMINA. 1 Grimm, Deutsche Mytholotjie, p. 549 et suiv. ; Welckcr, Griech. GoHlerlehre, I, p. 652. — 2 11. XI, 196. — 3 //. XIV, 43i; c'est ainsi encore que le poMe les appelle SuTçiçtr;, Si.nniT;. — * //. XXI, 380; XX, 7. — S /(. XXI, 194.
— 6 0d. X, 351 ;«.XXI, 136,211, etc. — 7 T/ieoff. 337 ets. ; 367 cl s. ; cf. Acusil. ap. M.irr. Sat. V, 18, 10. —8 Orf. X, 331.— 0 //. V, 5«; XXI, 141, ISl; Oif. IV, 259-, cf. Paus. IV, 30, 2; II, 15, 5 ; VI, 6, 4. — 10 Diod. Sic. I, 10. — H Paus. IV. 34, 2.
— 12/;. III, 276 ; cf. Cauer, /W.?C(liSmsCl-.j7rntv.n»3S. — 13 0c<.V,4l5.— IV/(. V, 78; XIII, 144.— 1=;/. XXI, 130, XXIII, 146; Orf. XI, 727. Cf. une inscription de Jlikonc- *A(l/.v«iov, II, 238. Nestor (//. XI, 728) sacrifie à Alphée un taureau tout connue â
aux héros '^. Ulysse dans VOdyssée adresse une prière au neuve de Schériaenrappelant7to),'j),),i'7Tc.ç "; dansV/liade le Sperchius possède un tÉ|j.6v&ç avec un autel ; le Scamandre, appelé un grand dieu, a un prêtre à son service ". On leur sacrifie, comme aux autres dieux, des brebis et des bœufs ; ou bien on leur voue des boucles de cheveux; ainsi Pelée ofl're au Sperchius la chevelure d'Achille''^. Cette pratique, qui se retrouve assez fréquemment aux temps historiques, ne parait être qu'une substitution à d'antiques sacrifices humains'^. Il en est de même d'un usage asiatique qui s'implanta en divers lieux de la Grèce et qui consistait à jeter dans les eaux des fleuves des chevaux vivants". Hérodote, qui raconte une cérémonie de ce genre accomplie par les Mages en l'honneur d'un des affluents du Strymon, remarque que les Perses ont pour les cours d'eau une vénération particulière, qu'ils s'abstiennent de s'y laveries mains, d'y cracher, etc. " Hésiode dit de même qu'il ne les faut franchir qu'après les avoir contemplés pieusement, en leur adressant des prières et en se purifiant les mains dans leurs ondes ; quand on les passe avec la souillure de quelque action mauvaise, on devient l'objet de la haine et du châtiment divins ''. Certaines villes font aux Fleuves des sacrifices annuels^"; les généraux d'armée les honorent par une cérémonie spéciale (oiaoï-r^p'.a) avant de les faire franchir à leurs troupes^'. Hérodote parle d'un sacrifice sanglant offert en l'honneur du fleuve Érasinos dans la vallée de Stymphale par Cléomène, afin d'en obtenir des présages favorables ^-. A Élis les vainqueurs aux jeux solennels vénéraient Alphée, qui avait du reste une statue à Olympie '". Ailleurs, une inscription mentionne une dîme, prélevée sur la fortune de deux citoyens condamnés, en l'honneur d'Apollon et du Strymon -'. Parmi les cérémonies du mariage, on rencontre çà et là la coutume de puiser de l'eau dans des sources et des fleuves revêtus d'un caractère divin, comme une sorte de prélude à la procréation et à l'éducation des enfants".
Les Fleuves sont honorés ainsi à titre de nourriciers et de guérisseurs. Ils sont au nombre des dieux xo'jpo- Tpdtfot, d'où le sacrifice de la chevelure dont nous avons parlé ^^ Divers textes et inscriptions leur donnent le vocable de sauveurs, parfois à la suite d'épidémies auxquelles ils sont censés fournir le remède et en les associant à Asclépios. Après la peste qui désola Smyrnesous Marc-Aurèle, on éleva au fleuve Mêlés une colonne votive où se lit encore celte inscription métrique : « Je le chante, ô dieu Mélès, mon sauveur, toi qui m'as délivré de la peste et de tous les maux 1 » ^'' Déjà Empédocle, pour remédier à la peste qui sévissait à Sélinonle, avait détourné les deux cours d'eau voisins de la ville et leur avait fait traverser des marais méphitiques en leur
Poséidon. — if- V. Hild. les Argées {Bulletin de la Faculté des Lettres dePoitiers* 1889, p. US et suiv., surtout p. 130). Pour les temps postérieurs, v. Paus. I, i", 3; VIII, 41, 3 ; Aescli. Choeph. 6. — H Herod. VII, 113 ; Toy. à ce sujet Stcngel, Philolog. XXXIX, p. ISi et s. ; Id. Jahrb. (. Philol. u. Paedag. 1832, p. 733; cf. Cultiiig. Gclehrt. Anseig. 1884, p. 15». — 18 Herod. I, 131 et 138.— )» Op. et D. 737 et suir. Cf. les expressions ovvo; Lt^u^iûv (Aesch. Pers. 407) et, du môme, àpôpuToi -otanoî, àXseTÎSoiov uSup, 9£iavoi ôjtTot (Pind.) et Max. Tyr. VIII, 1 ; Plut. Arist. 16. — 20 Cic. Ver. IV, 2, *4 ; Paus. IV, 3, 10; V, 22, 6; VIII, 24,6; Plin. Uist. nat. XXXI, 5, 31. — 21 Plut. Luc. S4. — 22 Herod. VI, 76. — 23 Pind. 01. XI, 48; Paus. V, 14, 5. — 2-. Corp. inscr. graec. 2008. — » ScAo/. /(. XXIII, 142. — 26 Hes. Theog. 346. Après Apollon et les Nymphes, ce sont les Fleuves qui xaià y«i«v avSjot; xoypiÇojffs : cf. la uole du Scliol. — 27 Hcrod. VIII, 138; Corp. insc: graec. 3165 et 5747.
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offrant des sacrifices'. D'autres Deuves étaient réputés pour leur action médicale ; ainsi le Téaros, petit cours d'eau de Thrace, à qui Darius élève une stèle et qui, disait-on, avait la propriété de guérir de la gale les hommes ou les chevaux qui s'y baignaient ^ Pausanias constate la même chose d'un fleuve de l'Élide. Le même auteur mentionne le Charadre comme ayant la vertu de l'aire procréer des mâles aux troupeaux qui y venaient boire; ailleurs, il établit une sorte de rapport divin entre les cours d'eau les plus célèbres et la végétation qui croît sur leurs bords ^.
Une des causes encore qui ont accru la vénération dont certains fleuves étaient l'objet en Grèce, est la bizarrerie de leur cours, qui tantôt les faisait jaillir à l'improviste, tantôt les absorbait dans un sol tourmenté pour les faire reparaître plus loin '. On remarquait les relations mystérieuses de l'Alphée avec la fontaine d'Aréthuse, du Céphise avec la fontaine de Castalie; l'Hélicon, disait-on, disparut sous terre, lorsque les femmes qui avaient tué Orphée voulurent y laver leurs mains souillées de sang^. Ce sont ces mêmes accidents géographiques qui, joints à la mobilité naturelle des fleuves, introduisirent dans leur légende des récits de métamorphoses extraordinaires''.
En Italie, la religion des Fleuves revêt lesmémes caractères qu'en Grèce, sous cette réserve toutefois que les fables où ils sont représentés comme des héros topiques sont dues à l'influence de la mythologie grecque plutôt qu'au sentiment national. Pour les Romains, les cours d'eaux et les sources d'eau potable sont habités par des esprits ou génies qu'il faut se rendre propices à l'aide de prières et de sacrifices ' [fons]. Ils sont au nombre des indigetes et figurent dans les indiGitamext.^ des Pontifes comme dans les formules rituelles des Augures. A côté du Tibre qui, comme de juste, tient la place la plus importante, on y rencontrait ses principaux affluents, le Spino, VAlmo, le Nodinus ^ Des inscriptions votives en assez grand nombre mentionnent divers fleuves de l'Italie avec le vocable de Pater qui est d'usage dans toutes les prières en l'honneur des dieux, petits et grands'. A Rome même, les deux flamines appelés Volturnalis et Portunalis semblent avoir été au service du Tibre ; les Volturnalia, célébrés le 27 août, étaient, suivant toute probabilité, une fête en son honneur; le 8 décembre on lui sacrifiait dans l'île '". L'institution du collège des Pontifes témoigne des craintes qu'il inspirait et des précautions que l'on prenait à l'origine pour apaiser sa divinité [poxtifex] ". Les deux cérémonies dont les Argées y étaient l'objet, à savoir l'immersion des mannequins d'osier du haut du pont Sublicius le 15 mai et la procession aux vingt-quatre sacella et sa-
1 Diog. Lacrt. VU1,2,70; \Velcker,A7eme Sc/in/(. IV, 41 et s. — 2 Herod. IV, 89. — 3 Paus. V, 5, 1 ; Vil, 22, 11 ; V, I*, S. - i l'rcller, Gr. ilytk. 1, 241. — 5 Strab. VI, 2, 9 ; Paus. II, 5, 2 ; IX, 10, 30 ; X, 8, 10. — 6 Ainsi pour Acbéloos, Crimisos, Nérdo, Proléc. Thélis ; Ov. Met. I, 422, etc. — 7 piin. Pnneg. 32 ; sive terris divinitiis quaedanu sive aliquis umnibus genius. — 8Serv. adAen.WW^ 72 et 330; Cic. Nat. Deor, III, 20, b2, —3 Corp. inscr. lat. VI, 773 ; cf. Enn. Ajmal 53 ; Virg. Georg. IV, 369 ; Acn. VII'., 72. Ailleurs, i)icus; Orclli, 4940. — 10 Pour Voltumas, vocable du Tibre, cf. Motnmseï), Corp.ijiscr. lat. I, p. 400 et Prellcr-Jordan, lïoem. Myth. p. 143. Pour je surplus, Varr. Ling. (af. VI, 21 ; VII, 45 ; Festus, p. 379. Pour le flamen Portunalis, Prellor, Op. cit. p. 133; Jordan, Topogr. 1,1, p. 430; Marquardt-Mommsen, Itoem. Staatsverwaltuiig, III, p. 327, a. 10; Tibi'rino in Insuta, 8 duc. Kal, Amit.;cS. Serv. adAen. VIII, 63. —" Var. jCini/. Uit. V, 83; Dion. liai. Il, 73; III, -13 ; Jordan, Topogr. 1, 1, 395. — J2 Hild, Op. cit. p. 39 et suiv. — '3 Pour le Numicius, v. Jlion. Hal. I, 64; Tit.-I.iv. 1, 2; Ov. Fasl. 111, 647 et 653; Tib. Il, V, 43, etc.; pour le Clituinnus, Virg. Georg. II, 146, avec les commeutateurs ; Prop. 111, 12, 41, et surtout
craria les 16 et 17 mars, procession à laquelle la Flaminica Dialis présidait, sont des actes du même culte. On peut reconnaître dans la première les traces d'anciens sacrifices humains [argei] '".
Parmi les fleuves d'Italie qui furent l'objet d'un culte local, il faut citer au premier rang le Numicius ou Numicits qui coulait au voisinage d'Ardée''' et le Clitumnus, un petit fleuve de l'Ombrie. L'un et l'autre étaient à l'origine identifiés avec un Jupiter local ; à Lavinium Énée se substitua à ce Jupiter sous l'influence do causes diverses"; le Clitumnus finit de même par devenir une personnalité distincte '^ Il y a traces dans les monuments épigraphiques d'un culte du Volturnus, appelé sanctus, au pays des Samnites ; du Sebethus en Campanie, de VAufidus en Apulie, du Padus, etc. Le Turpenits Pater, ÏAlbsis Pater, le Bivits Pater Falacer, que l'on trouve mentionnés ailleurs sont, suivant toute vraisemblance, des divinités fluviales"'. Dans les provinces il y a des dédicaces en l'honneur du Rhin associé il Jupiter et au Genius loci ; du Danube, en compagnie aussi de Jupiter'''. Parmi les dieux topiques de la Gaule dont l'être et le nom sont demeurés obscurs, il en est plus d'un qui n'est que la personnification de quelque cours d'eau. L'inscription Luxovio et Brixiae, etc. " associe le héros éponyme de la ville de Luxovium (Luxeuil) à la déesse Brixia personnifiant le cours d'eau (aujourd'hui Breuchin) qui coule à l'est de la ville. Il faut interpréter de même l'inscription encore inédite qui a été découverte dans les thermes de cette localité : diva Auxi(t)