‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 37 sur 104 · BRICIA REG. CAES. AUG. COS. TIB. ET PIS. DEDICATUM TEMPLUM · texte numérisé non relu

BRICIA REG. CAES. AUG. COS. TIB. ET PIS. DEDICATUM TEMPLUM

Sous le règne même de Tibère, dont le consulat date ce témoignage de reconnaissance à une divinité fluviale de la Gaule, le Sénat de Rome refuse de faire entreprendre, pour prévenir les inondations du Tibre, des travaux de rectification et d'endiguement, afin de ne pas porter atteinte à la religion traditionnelle du fleuve ''. Plus tard encore, Néron s'étant baigné dans VAqua Marcia, cet acte fut considéré comme un sacTilège et la maladie qui s'en suivit comme une marque de la colère des dieux -".

Ce sont les annalistes grecs et à leur suite les historiens et les poètes romains qui ont introduit, dans l'histoire du Tibre et des principaux fleuves de l'Italie, les fables généalogiques et transformé ces fleuves en héros ou rois de la période primitive, en leur prêtant des amours avec quelque personnalité locale-'. Grâce à eux, le Tibre joue le même rôle en Italie que Achéloiis chez les Grecs; il devient le père de tous les cours d'eau et est identifié, tantôt avec quelque roi des Aborigènes, tantôt avec un guerrier de 'Veies tué par Glaucus, fils de Minos, ailleurs encore avec un roi albain du nom de Capeto Tiberinus qui, englouti dans l'Albula, lui aurait

Plin. Epist. VIII, 8. — H Hild, Légende d'Énée, p. 40 et suiv. — 16 Vib. Seq. De fltim. au mol Clitumnus; ReilTcrscheid, Annali del. Inslit. 1866, p. 215 et suiv. — 16 Orelli, Inscr. 1649, 1647, 1648 ; Bullet. del. Inst. 1876, p. 85; Corp. inser. lat. I, 1541 ; Ephem. epigr. II, 198; Var. Ling. lat. V, 84. Le Sebetlius aussi sur des monnaies; v. Bull. arch. napol. 1852, n. 3, 6, 8, tab. VI. — " Orelli, Inscr. 1650 et 1651. — 18 Cajius, Recueil, III, 366; Orelli, Inscr. 2024; cf. des inscriptions en l'honneur de l'Yonne {Deae Icauni), Lebouf, Ilist. ecclésiast. et civ. d'Auxerre, 1743, II, 6 ; de l'Eure (Urae Fontis), Coniarmoud, Musée de Lyon, D' 587 ; do la Seine (flca Ser/uana), liaudot, Fouilles au temple des sources de la Seine, .intig. de ta Côte d'or, 11, p. 95 ; la Dca Vesunna sur Yex-voto do Bibracle, Revue celtique, 1, p. 306 et H, p. 22; v. encore E. Mérimée, De antiq. aquarum religionit/us in G'illin praescrtim in Pyraeneis mont. Paris, 1886. — 19 Tac. Ann. I, 79; cf. PUn. Eji. VIII, Set 20. — 20 Id. XIV, 22. — 21 Serv. ad Acn. VIII, 272 et 330; Porpbjr. ap. Uor. Od. I, 2, 17; cf. Front. Ep. de oral. p. 249. Clici Propcrco (V, 10, 41) Virdoniar rattache sa noblesse au Rhin.

FLU

FOC

donné son nom'. Pour les poètes de la lalinilé, les fleuves sont des divinités inférieures {plebs superum, turba vngorum semïdeum-), rattachées par la généalogie à l'histoire primitive des pays qu'ils traversent ; ils les peignent sous les traits que l'art grec leur a atlrihués dans les représentations plastiques ^

Strabon, à propos d'Achélous, énumèrc les divers procédés qui servaient à figurer les fleuves '*. Tantôt on leur donnait les traits du taureau", ainsi l'firasinos et le Métope chez les Stymphaliens, l'Eurolas chez les Spartiates, l'Asopos chez les Sicyoniens et les Phliasiens, le Céphise en Altique, le Gelas dans la ville de Gela en Sicile. Ailleurs on les représentait sous la forme de serpents ou de dragons ; ce fut le cas de l'Achélous, celui d'un fleuve de Lucanie et du Céphise en Phocide^ Puis on confondait en une seule la figure de l'homme et celle

du taureau, soit que l'on représentât un taureau à face d'homme comme le Gelas sur des monnaiesdeGéla(fig.

3111)'', soit que sur un corps d'homme on plaçât une tête de taureau (l'Alphèe sur les navires des Pyliens) *, soit qu'on se bornât, cas beaucoup plus fréquent, à munir de cornes des têtes humaines (fig. 3112) '. Exceptionnellement les fleuves sont représentés sous les traits du lion et du sanglier". Enfin l'on rencontre la forme humaine sans mélange, caractérisée par des attributs, urnes qui épanchent de l'eau, cornes d'abondance qui rappellent laclion fécondante, plantes aquatiques entrelacées dans la chevelure ou décorant le paysage. Parmi les représentations anthropomorphiques, les unes, celles-là surtout qui ont pour objet les fleuves au cours

31H. Fig. 3112.

Représentations de fleuves.

Fig. 3113. Fig. 3114.

Représentations de fleuves.

majestueux et fort, sont barbues et d'aspect vénérable : tels le Nil (fig. 3113)", l'Achélous, l'IIèbre, l'Alphée,

1 Cette façon de concevoir les Fleuves a motivé des inscriptions ; v. Corp. inscr. lat. VI, 773 : Tiberino Pairi aqmrum omnium. — 2 Qv. /6.8I ; Mart. Cap. V, 423 ; Slat. Theb. I, 20o; cf. ap. Cic. Nat. Dcor. Il, 44, l'Eridan changé en astre cl placi^ dans le ciol. — 3 Kntres autres, Ov. Met. XIll, 894; Virg. Aen. Vlll, 31 ; 77; X, 205, etc. — ' Strab. X, 458; cf. Sopli. Trnch. 9 et suiv.; Aelian. Var. hisl. II, 33; voy. de Longpiîrier, Reu. numi.imatifjue, 1866, p. 266 et s. {== Œuvres, t. III, p. 116 et s.); Marx, JahrbMh. d. arch. Inslil. IV, 18S9, p. 121 et s. — E Eurip. /on, lS6i. Pausanias, II, 32.7, cite un fleuve Taûotoç près deTrt'zène. Homfri*, (jui donne toujours aux Fleuves les traits humains, dit du Scamandre (//. XVI, 237) qu'il mugit comme un taureau. Cf. Virg. Georg. IV, 371 ; Hor. OJ. IV, 14, 23; Fcstus, s. v. taurorum. Pour le GiSlas, v. Schol. Pind. Pytii. 1, 185. — 6 Hesiod. ap. Slrab. IX, 424; Id. VI, 253 [voy. AcuéLODS, fig. 51], où le dragon devient un Triton cornu. — ^ Percy- Gardner, 7'ypes of ijreek. coins ; B. Head. Bist. num. p. 121 . — 8 Eurip. Iph. Aul. Î76. — » Monnaie de Gela. Cabinet de France, B. Ilead, 0. l., p. 123; Virg. Aen. VIII, 77. Voy. ACHEL0U9, fig. 50 ; les cornes indiquent a la fois la force et les siimosités des cours d'eau ; cf. lies. Tlteog. 789; ApoU. IV, 282; Thucyd. 1,110. — 10 Soph. Fragm. 20; Hesycii. s. v. ; v. un fleuve ilj'î chez Pans. IX, 30, 5. — n Bronze d'Uadricu, Cah. de Fr;uice. Voyez Zoega, Nuin. Aeg. imp. Statue du Nil, Mus.

Fi». 3115.

l'Asopos et, dans le monde romain, le Tibre, le Danube, le Rhin; les autres, consacrées aux cours d'eau de moindre importance, nous oflrent des fleuves aux traits jeunes et élégants '-, on en a vu un exemple 'fig. 3H 2 . La figure 3114 représente !e fleuve Hipparis, d'après une monnaie de Camarine". Peut-être doit-on reconnaître, au fronton du temple d'Olympie, dans l'angle de gauche, l'Alphée sousle premier aspect, et sous le second le Cladéos, couché dans l'angle de droite. Sur le fronton du Parlhénon le Céphise et rilissus étaient tous deux juvéniles ; c'était aussi le cas du Mélès dans une peinture que décrit Philostrale". Les fresques de Pompéi restent fidèles à l'idéal grec qui représente les fleuves sous la forme humaine sans mélange et le plus souvent dans toute la force de la jeunesse; il y faut remarquer en plus la couleur des vêtements, empruntée à l'élément humide '". Une œuvre célèbre est le groupe du sculpteur iiutychidès représentant la ville d'Antiochia et à ses pieds la personnification du fleuve Orontès, dont le corps juvénile sort de l'eau à la hauteur du buste '^. Sur les monnaies d'un grand nombre de villes en Grèce, en Sicile et dans l'Italie méridionale, des têtes de fleuves sont reconnaissables à leurs cornes '^ ; sur des monnaies de Séhnonte, l'Hypsas et le Sélinus sont figurés par un petit taureau, placé sur une sorte de piédestal : au premier plan un jeune homme, personnification même de l'un des fleuves, offre une libation (fig. 3115). Le taureau semble une oS'rande (àvâO-r,pia) destinée à perpétuer le souvenir de la peste guérie par Empédocle, grâce à l'intervention des deux fleuves ". Une monnaie de Mélaponte rappelle des jeux en l'honneur d'Achélous " (t. I", fig. 30). Pausanias mentionne cette particularité que les sculpteurs se servaient de marbre noir pour représenter le Nil, alors que pour les autres fleuves ils employaient toujours le marbre blanc '". J. A. Hild. FOCALE (npotTYvaOïBiov). — Cravate, pièce d'étoËfe enveloppant la gorge et les oreilles, ce qui sert à justifier l'étymologie ordinairement donnée du mot, qu'on tire de fauces^. Mais ni Horace^, ni Quintilien^ niSénèque', qui nous expliquent l'utilité de cette partie du vêtement, ne nous en donnent la description. Ils nous disent seulement qu'elle était portée par les malades et les personnes délicates; elle annonçait une mauvaise santé, ce qui était la seule excuse à l'usage qu'on en pouvait faire, selon Quintilien. Ce fut aussi une parure de mode pour les diseurs de recitationes^. Elle semble avoir été en laine, si l'on interprète certains passages'.

l'io-Clem. I, 30. — 12 Voir l'article de Lehnerdt chez Roscber, Lexikon, p. 1438 et s. avec les ouvrages cités. — '3 B. Head, /. 112 ; Duruy, Bist. des Grecs, éd. illustn^e, III, p. 569. — " Philostr. II, 8, et Welckcr, ad h. l. ; Id. Griech. Goetterl. III, p. 48, note I.— lo Ilelbig, Wandgemaelde, 13, 1013; cf. 1011 et 1012; 1018 à 1022. Plusieurs fois le Sarnus, petit fleuve voisin de Pompéi. — 16 0. Mueller, Bandbuch^ % 409 ; Mus. Pio-Clem. III, 46, Mueller- Wiescler. Denkm. der alten Kunst, I, pi. 49.

— 17Roschcr, Op.cif. p. 1490 et s. —18 0. Mueller, ifuilsfarcAaïo;. Werke, IV. p. 68 et s.; B. He.id. p. 147.— 19 Aniiat. det. Inst. orcA.XI, 270 (1839).— M Paus. VUI. 24. 13, à propos de l'Erymanthc, statuequ'il vit à Psophis en Arcadie.Pour les statues de fleuves. V. Clarac, Mus. d. sculpture, pi. 743, 750.— BiBuocRiPuiE. Voy. outre les ouvrages sur la mythologiegéuérale, Urlichs, /Inno/. d. iinst. arch. XI, p. 265 et s.; O.Jabn, Arch. Zettung, 1862, p. 313ets.;de Longpéricr,/îeruerfc numismatique, 1866, p.266el s. (=Œ'«rres.t. III, p. 1 16 et s.); P.Gardner.CrMfc rirer worship, dans les Transael. ofth- royal Society oflilter.î' sér. XI, 1878, p, 173 ot s. ; Lehnerdt, dans le Lexic. d. Mythal. de Roscher, art. F/uss9(5r(cr; Marx, dans Ie/aAr6urcA.d.arcA.7i«<. IV, 1889. p. 121 et s.

FOCALE. 1 Schol. Hor. Sat. Il, 3, 255. — 2 Uor. Ibid. - 3 Quintil. XI. 3. 144.

— V Sencc. Nttt. guaest. IV, 13, 9.-5 Mari. XIV, 142. - 6 Cels. 4, 2; A. Gell. II, 9 ; Mart. IV, il : fauccs... muita lana circu.itdatas.

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Plus tard, le focale devint une partie usuelle du costume militaire quand l'extension des frontières de l'empire amena les soldats romains sous les climats du centre de l'Europe. Les colonnes de Trajan ' et de Marc-

Fig. 3116. — Soldats portant le /bcaJe.

Aurèle, l'arc de Septime-Sévère nous le montrent comme un* accessoire assez général du vêtement du soldat. Là, c'est une cravate croisée par un simple nœud, à bouts tantôt pendants- tantôt ramenés sous la/onca' (fig.3116).

P. Gachon.

FOCUS ('E(7;^otpa, £(7Ti'a). — Atre, foyer. Le sens général du mot est nettement détini par un passage de Varron ' : « ... ignis ipsa flamma est : quidqu'id autem igncm fovet focus vocatur, seu ara sit, seu quid uliud in quo ignis fovetur », termes repris par Servius ^ Le focus est donc le récipient du feu. Dans la maison, c'est l'âlre ; sur l'autel, la partie supérieure d'où monte la flamme.

L Foyer fi.ke. — Le mot désigne, dans les très anciennes habitations, la pierre du foyer. Sans doute (on peut le supposer par analogie) dans ces cabanes coniques (ju rondes à toit pointu, huttes clayonnées ou non, dont les urnes cinéraires d'Albano ou de Villanova nous donnent la forme d'ensemble, était placée la pierre du foyer, comme elle l'était dans la maison rectangulaire des vieux Étrusques, telle que nous la font connaître, par des représentations analogues, les fouilles de Cornéto et de Chiusi. Une ouverture pratiquée dans le toit, le plus souvent au sommet, livre passage à la fumée ^ De même, dans la très ancienne habitation hellénique, ronde' ainsi que les primitives demeures italiques et le sanctuaire traditionnel de Vesta, se trouve fixé le foyer commun de la famille (xoiv^ éaxio:), noyau visible de l'association'*.

En tous cas, lorsque la maison s'agrandit, se complique de dépendances, grange, écurie °, modifiant en rectangle la forme primitive, le tout compris dans l'enceinte de l'enclos (É'pxoç, herctum), ce fut au milieu du principal bâtiment ([iéyaç olxoç) que resta le foyer, avec l'accessoire du xpîêavoç, four à griller le blé', à cuire le pain (apro; xpiêavirviç), àrôtir les viandes ^ Et lapièce qui le contient n'est pas seulement la cuisine, mais aussi le lieu de tenue et la chambre des habitants, y compris les enfants et les serviteurs'.

1 La fig. 31I1-I d'après Frœhner, Col. Trajane, pl. 149. Le focale se voit dans un grand nombre de planches. — S liellori et Bartoli, Colimna M. Aur. Anton, dicala, passim. — 3 Bellori et de Kubeis, Veter. arcus Awjustorum, pl. xin.

FOCUS. I Ap. Isidor. Orig. XX, 10. — 2 Scrv. Ad Aen. XII, MS ; cf. ihid. XI, 211. 3 V. sur des habitations de ce genre dans la Talli'C du P6, Helbig, Die Italiker in der Poebene,f. 11 sqq., 52 sqq. et Tai-t. domd». — * Spi''cimens dans les fouilles de Mjcèncs, Orchonu-^ne, Tirjntlic. Cf. Adlcr, Yorrede :u Scldiemaiins Tiryns, . 33. — B Pour les rcJffTcnces aux textes sur ce point, v. l'art. *«*. — 6 Nissen, Pompeian. Slud. p. 610 sqq. - T Galon. De anlidot. I. 3, t. XIV, p. 17 Kulin;

Aux temps homériques, disposition analogue ; mais la maison s'est subdivisée et les pièces se sont multipliées. Là, dans la demeure des àvaxTsç, le foyer est dans la salle principale, le i^ÉyaGov, le plus souvent adossé contre le mur opposé à la porte d'entrée '". 11 a un caractère sacré, et, près de l'âtre, IsTÎiri, se tient, dans les actes importants de la vie domestique, le chef de la famille, prêtre du culte familial [sacra]. Rumpf l'a situé, avec vraisemblance, en comparant plusieurs textes de commentateurs, tout proche de la pièce appelée souvent le [aû/oç, pièce réservée, intime, qui donnait accès au gynécée ".

11 garde sa place dans la pièce principale de la maison athénienne, celle qui fait face à l'entrée de la cour (aùXvî), parfois enfermé dans une petite chapelle ronde (OôXo;). Dans la maison romaine, il occupe un emplacement central dans le corps de logis correspondant sur le grand axe de l'atrium. Autour du foyer eurent longtemps lieu, dans les demeures fidèles aux antiques traditions, les repas et les réunions de famille, jusqu'à ce que, dans un coin de l'atrium, une pièce particulière fut aménagée, consacrée aux dieux Pénates et servant de cuisine, tandis que le foyer de la grande salle restait destiné au culte [domus]. La famille n'habitant plus la pièce centrale, les foyers se multiplièrent.

En quoi consistait primitivement le focus, ràtre?Prcuner'^ essaye d'établir une distinction entre ècyipa et £(TT;a. 11 est incontestable que les deux termes ont été souvent synonymes. Et, d'autre part, les documents écrits ou figurés ne nous permettent pas de préciser pour les époques primitives. Tout au moins, peut-on admettre avec Preuner que È(i;^âpa, dans sa signification usuelle, désigne spécialement la cavité renfermant le feu, creusée dans la pierre du foyer '^. L'éuTÎa ou le focus serait donc

Fig. 3117. — La pierre du foyer primitif.

la pierre du foyer creusée pour recevoir et conserver le feu, une simple pierre. A cette définition correspond la

cf Ilesyeh v s «jis.vo,.- «Schol. Aristoph. Vesp. 86, 1 1.Ï2. -9 Iwan Millier, /Taïu/ft. nriech.PriMtalterth.^W, li.), p. 342. - lOSchliemann, Tirynlhe. trad. fr. Paris, 1885, pl. .. et xn, reprod. à l'art, domus, f.g. 2495 et 2496. - » Aesch. Agam. 1055 sqq. f..,i^v.î..i Itt!. ; cf. Preuner, Uestia-Vesta. p. 80 sqq.; H. Kurapf, De aedib,is homericis, Giessen, 1857, p. 29 sqq. - 12 Preuner, art. nKsru-vRsr» dans Roscher, AusfaMiche!: Lexikon der griech. und r6m. Mythologie, i U. - Abtheil col. 2301. - 13 Aesch. Enmen. 108, 1,^'^ r^^^ii ! cf. Schol. tur.p. Phoen. 274: ni^,. ia^io.. ' Ta xoAi^.T. xî. p»,.S., le f-^y-k, l'au'C "a°t '" <=»"■ sidOré comme diàlinct de \'iiiù.<ja..

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Fig. 3118. — Aulel-foyer.

figure 3117. Entre le héros Thésée et Sosippos, sur un bas-relief votif ', est placée une pierre arrondie qui reproduit une Ê(7/7.oa, au sens large : un foyer, si l'on admet que dans la figuration des actes du culte rendu aux héros, le tombeau, c'est-à-dire la demeure du héros, avec son foyer, est représenté ^.

A l'époque classique, dans les maisons grecques et romaines, le foyer prend des formes diverses suivant ses usages. L'àtro devenu l'autel domestique des Pénales ou des Lares garda souvent, sans doute, l'ÈT/âfa creuse qui se remarque sur bien des autels. L'autel que l'on voit ici (fig. 3118) appartient au musée du Capitule ^ et peut dater du dernier siècle de la République : avec sa cavité au sommet et l'ouverture pratiquée à la partie inférieure, il garde tous les caractères d'un foyer.

Les appartements et les cuisines eurent des foyers mieux appropriés par leur disposition aux besoins du service domestique. En ses éléments les plus simples, et dans les logis ordinaires, l'âtre se composait d'une plateforme carrée de pierres ou de briques, élevée de quelques centimètres au-dessus du sol, souvent avec une cavité ménagée au-dessous pour le feu et la ventilation. Plusieurs spécimens en ont été retrouvés dans les fouilles de Pompéi. Là-dessus brûlait le feu alimenté par des bûches de bois reposant sur des chenets [craticulum]. Pas de manteau, d'ordinaire, pour recueillir et diriger la fumée, ni de tuyau de cheminée ; on est dans une région méridionale et de vie tout extérieure. Ce n'est pas que la cheminée, même à tirage compliqué, fût ignorée des anciens, des Romains surtout; mais elle était réservée d'habitude pour les fours de boulanger', les fourneaux à fondre les métaux ou certains appareils de chauffage [iiypocaustum]. Celle des cuisines,

là où elle a pu être trouvée, est fort simple. Peut-être, dans de nombreux cas, l'exutoire de la fumée était-il une simple section du plafond de l'appartement, pratiquée au-dessus de Fâtrc, contre un des murs et correspondant à une ouverture du toit, comme cela se voit encore dans quelques très vieilles fermes du midi de la France.

Les fourneaux des marchands de victuailles et de boissons chaudes, dont les boutiques ouvraient sur la rue, subsistent en grand

I Au Louvre; Monum. deW Inslit. arclieol. IV, 22 ; = Qarac, Mus. de sculpt. Il, pi. â24a ; l.c Bas-Heinach, Voyage arc/téol. Mon. figurés, pi. l ; Rosclicr, toc. cit. 2490- Ï500. — 2 Preuuer dans Roscher, loc. cit. col. 2496-'J7. C'est peut-ôtro là le type primitir do l'itrxùçu, posée à plat sur le sol, si l'oa en croit Eustutlie rcpreuaut uue scliolie de

rOrfy.s.S('t?(XXlII, 71) : î'vOa rî. ,Tffç xatiTRi" fim Si pwjjiiî IffôiïtSo^ ojx ix ).iOoiv u^oûijicvoç. Il confirme aiusi ce que Suidas (s. v. lir/â^a.) : iojfàçKv çro'i xttXiTffOat Auxo^çy"? "«'^ *A[ii*<ivioî -rtiv [Aïi exouffttv ûioî, ak\' M Y^îs ÎSf'jjJiévïiv' î) xotXïiv... Photius (s. l'., à propos d*uu commontairo d'ilôsychius) doune une indicalion relative au contour arrondi do l'objet ; #1 T.tf\ Y>î; ifftia (TtçoYYuÂoiiSr.î... Cf. fl. Rumpf, loc. cit. p. 29. — ^ Uilsclil, Pris-

nombre à Pompéi. Le plan donné (fig. 3119) d'une de ces constructions, montre la place de quatre fourneaux engagés dans une commune maçonnerie ° : des bassins

3119. — Fourneaux de cuisine.

Fig. 3121. — Fourneau de cuisine.

Fig. 3120. — Fourneaux de cuisine.

mobiles étaient posés sur chacune des ouvertures circulaires au-dessous desquelles était entretenu le feu (fig. 3120). La figure 3121, tirée d'une peinture découverte à Rome dans une maison voisine du Tibre " , ofl're l'exemple d'un fourneau à cuire très élémentaire, construit d'après le même principe '.

A un usage industriel, probablement à la teinture des étoffes, était affecté le triple foyer de la maison de Lucrétien, dans la slrada Stabiana, avec ses trois récipients circulaires fixés dans la maçonnerie (fig. 3122) '.

Les fourneaux servant à la céramique et à la métallurgie [fornax] sont établis de façon analogue, avec ou sans caminus, et la plus grande partie de la construction est engagée ^■ dans le sol'.

n. Foyer mobile.

— Un certain nombre de modèles de foyers mobiles destinés au service du culte sont décrits aux articles ARA et TURiBULUM. Les formes en étaient fort variées, si l'on en juge par les spécimens qui nous restent. Ces foyers ou brûle-parfums [foculi, iï/ipia) abondaient dans les sanctuaires et les chapelles des cultes publics ou domestiques. La plupart sont posés à même le sol. D'autres sont supportés par un pied. Les monuments en offrent d'abondants exemples. Tel est un élégant foculus ici reproduit (fig. 3123) d'après un bas-relief '" du Musée Britannique. C'est parfois la cavité pratiquée dans la partie supérieure de ces foyers qui porte le nom de focus ou focu-

cae latiiiitatis monum. epigraphica, tab. ici, F, p. 80; cf. un petit auld IrooTé i Antium. d'après A. Rich, Dict. des antig. rom. p. 275, êà. française, 18S3, ctTov. pour le focus dans les autels, l'art. *r» . — ' V. ciMoos, et la fig. 1056 repnïsenlant le tour à cuire le pain , de la maison de Salluste. — 6 Maiois, Ruines de Pompéi, II. pi. vin ; Ovcrbeck, Pompci. {-d. Mau, fig. 182, 1S3. — ' Monum. d. Inst. arch. XI (1882) pi. xLvi. — 7 Cf. Mau, Pompéi. Beitrâge, p. 83 et 90. — » Overbeck, I. c, 6g. 187.

— 9 H. Bliiunier, Technologie und Tenninolog. der Gewerbe und Kùiist. IV, p. 217, 221 sqq., fig. 8 et 12. — <o Combe, Ane. marbUs of British Mus. Il, pL i ; cf. Mus. Borb. X, 60 ; Mus. Brcscian. pi. Lvi, etc.

Fig. 3122. — Fourneaux de teinturier.

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lus ', parfois, par extension, le récipient du feu tout entier -. On peut assimiler à ces modèles les ouvrages de

bronze, de métal précieux ou de marbre, faits à l'imitation du trépied sacré, offrandes votives dans les temples ou récompenses honorifiques \ Beaucoup defocidi, en terre ou en bronze, de formes diverses, quelque-uns très anciens, ont été trouvés sur le territoire de l'ancienne Étrurie et dans l'Italie entière (voy. ETRUSCI,

(fig. 2789, 2793, 2828).

C'est surtout à l'aide de foyers mobiles contenant un combustible sans fumée [acapna] que se faisait le chauffage des appartements. Pompéi a fourni

detrèsélégants spécimens de brasiers portatifs en bronze, de forme rectangulaire ou ronde. C'était à la fois une pièce d'ameublement et un appareil de chauffage pour les chambres ou les thermes. Tels sont les braseros d'ornementation

Fig. 3123. — Foyer mobUe.

3124. — Brasier de bronze.

Brasier portatif.

riche, l'un rond, de Pompéi (fig. 3124) ', l'autre, rectangugulaire (fig. 3125), provenant de Vienne (Isère) et actuel-

Fig. 3128. — Foyer portatif.

lement au musée de Lyon ^ Des foyers analogues ont peut-être servi à l'usage du culte : c'est ce qu'on a pensé

) Ov.Amamal. 1, 637; Tibull. I, 8, 70. — 2 Virg. 4cii. V, 110. —3 Voy. une représentation de trépied de ce genre sur l'arc de Sepliroe-Sévère, Bellori et de Kubeis, Veinret arcns Augustorum, pi. xxi. — * Overbcck, Pomp. p. 440, fig. 23t! ; Mus. Borbon. VI, pi. xi,T;cf. V, pi. XIV. — ^Gaz'lte archéol. 1876, pi. xvii.p. 'o%. — ^Mus.Gregor.

de celui qui est représenté (fig. 312G) et qui appartient au musée du Vatican*^, muni d'un couvercle et trouvé avec sa pelle et un crochet pour remuer les charbons.

Fig. 3127. — Foyer roulant.

Quelques-uns sont portés sur des roues ou des pieds à roulettes (fig. 3127) '.

D'autres, servant aux usages de la cuisine, sont ou des fourneaux ou des réchauds. Les fourneaux ' sont souvent placés sur un support, laissant place, au-dessous, à la ventilation, avec une porte en avant pour recevoir le combustible ; le vase contenant les ingrédients est placé dans l'ouverture supérieure. Dans cette catégorie et comme pouvant répondre, selon les cas, à la double destination de fourneaux et de réchauds, il y a quelque intérêt à mentionner ces ustensiles en terre cuite, d'un rouge vif pour la plupart, dont les fragments sont en nombre considérable (plus de 900 ont été signalés par M. Conze) et proviennent de presque tous les points du littoral de la Méditerranée où s'est le plus directement et le plus fortement développée ou exercée l'influence hellénique'. L'étendue de cette aire de dispersion montre de quel usage commun était cet ustensile dans le monde antique. C'était un réchaud à charbons. Il consistait en uu cylindre creux, légèrement évasé à la base qui, dans la plupart des cas, reposait directement sur le sol, et muni d'une ouverture libre par où, évidemment, étaient extraites les cendres (fig. 3128). Des bouches pratiquées dans la paroi et le plus souvent ornées contribuent, avec cette porte, à favoriser la ventilation. Le combustible déjà allumé était placé dans une sorte de vasque circulaire par laquelle se termine le cylindre (fig. 3129) : elle s'élargit dans le sens de la hauteur; le fond en est curviligne et percé de trous destinés à permettre le tirage de bas en

Fig-

3128. — Fourneau grec.

Fig. 3129. — Récipient supérieur d'un fourneau grec.

haut, dû à l'appel d'air produit dans le creux du cylindre. Sur le rebord supérieur se dressent, chacun d'eux

I, pl.sTv; Mon. dct. Imt. 1837, pi. xLii. — 7 Ciniua, ii^nin'a mnri/ima.pl. i.vin ; Mus Chiusiiio, I. pi. xxxix ; Jahrb. d. arch. Instil. 1 890, p. 6.-8 Plaut. Capt. IV, 2. 67 (ici le fourneau scrtdc récliaud); Juven. III, 262. — 0 V. le catalogue douné par M. Conic; Jtthrbuch des kaiserl. deuilch. archûolog. Instil. t. V, 1890, p. 118 et suiv.

FOC

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Fig. 3130. — Coupe d'un fourneau grec.

inscrit dans un encadrement généralement rectiligne, trois appendices dont la partie la plus saillante se dirige vers l'intérieur du récipient, perpendiculairement aux parois, en forme de pied, plus exactement de support. La convergence de ces saillies résulte de la forme circulaire donnée au contour de la vasque. La figure 3128 montre un exemplaire du musée Fol à Genève, dont l'élégance peut être appréciée dans l'ensemble, grâce à l'état de conservation dans lequel il nous est parvenu. La figure 3130 donne la coupe verticale d'un des types les plus usuels '.

La destination du meuble paraît évidente : sur ces réchauds pouvaient se placer des récipients de mets ou de boissons. M. Conze a attiré l'attention récemment sur ces pièces dont un type à trois pieds, trèssimple et moins fréquent que les autres, a été reconnu depuis longtemps par A. Dumont sur un bas-relief du cabinet de M. Brunet de Presle, aujourd'hui au Louvre*. La question qu'il avait, à ce propos, indiquée en passant, celle des affixes ou supports de la partie supérieure, est devenue depuis la plus importante et la plus étudiée de celles qui se rattachent à ce sujet. C'est, en effet, dans les dessins très variés qui décorent ces pattes, ces porte-plats, têtes à bonnet pointu, à barbe large, très étalée, qui fait l'office de support, tètes de Satyres et de Silènes couronnées de lierre ou hérissées, quelquefois accompagnées d'un foudre, masques de théâtre, mufles d'animaux, rosaces, etc., que se montrent surtout la conscience et la fantaisie de l'art grec appliquées à un ustensile vulgaire ; d'ailleurs l'épaisseur même de leur point d'attache au récipient et la forme de coin qu'ils affectent en a l'ait les fragments les plus résistants et, par conséquent, les mieux conservés de l'ensemble. M. Conze classe les restes qui nous sont parvenus d'après ces motifs^ A ce classement s'est ajoutée l'hypothèse trop ingénieuse peut-être de M. Furtwângler qui voit dans ces types décoratifs la représentation des génies du feu, des Cyclopes en particulier, aides de Vulcain, ou des ennemis du feu qu'on voulait apaiser. Le foudre de Zeus est un symbole du même genre *. 11 est bien malaisé d'appliquer ce système d'interprétation k tous les modèles d'atelier qui nous sont parvenus parmi les débris des réchauds en question.

La destination même do l'ustensile a donné lieu à de nouvelles conjectures. Récemment, M. Benndorf l'a rattaché à la fabrication du pain, alléguant le peu de résistance des matériaux composant les affixes, en terre cuite comme le reste et insuffisants à supporter un poids tel qu'une bouilloire d'eau chaude, par exemple, tandis qu'une légère caisse métallique contenant une galette de

* Conze, loc. cit. p. 134-135. — 2 Jiev. archéol. nouv. siîr. vol. -0, ISGit. p. 14U.

— 3 Coiiio, (. c, p. 118-133. — » Furhïânglor, Jahrb., VI, 1891, p. 110 sqq.

— 5 Benndorf, AUgriechiscfte Brut, tirage à part do u VEranos de Vienne », 1803, p. 11-13. — 6 et. Hom. //. XXIII, 702, -ifréou; ln^iufiSr.T^î. Voy. Btrasci, ùg. Ï789, 2793 et l'art. Tnipos. — ^ Mus. Borbor.. II, pi. XLVi, I ; Overbeck, Pomp. p. 441, lig. S28 (à droite). — 8 Sen. Ep. 78. — 9 Kseraples dans PorcelUui, s. v. focus. — BtDLioGitArniE. Ajouter aux rtfl'éronces de jlra, cami- SU9, Doiics, les mentions suivantes : Preuner, /Jestia-Vesta, Tubing. 1864 ; Id. art. «ESTiv-vKSTA dans le Lexikon der Mythologie de Roscberj ErscL et Uruber,

pâte n'aurait pu en compromettre la solidité. Le réchaud serait alors une sorte de four, un clihanos d'usage général et, par là, s'expliquerait le nombre de ces objets et aussi leur diffusion, dont témoignent les origines des débris conservés '. Question technique assez difficile : la galette de pâte, en ce cas, serait-elle cuite autrement que dans ses couches inférieures? A-t-on retrouvé des caisses métalliques du genre désigné? Cette adaptation n'est pas, d'ailleurs, incompatible avec celles que présentent .\. Dumont et M. Conze et qui fait de l'ustensile un simple réchaud. Nous ignorons seulement ce que l'on pouvait lui faire supporter. Quant à l'époque de la fabrication et de l'usage, A. Dumont et M. Conze, se fondant sur le style des modèles et l'examen des caractères et des marques, là où sont fournies des inscriptions, les fixent au n' siècle avant notre ère ; quelques exemplaires, comme l'a fait remarquer M. Newton à propos de l'un d'eux, peuvent appartenir au in°.

Parfois le fourneau qui porte alors le nom de tripus, se réduit à un cercle soutenu par trois pieds et reposant sur un plateau où brûle le feu '.

Les réchauds, d'abord assez simples, reçoivent, à l'époque impériale, une décoration élégante, comme en té-

Fig. 3131 . — Foyer portatif.

moigne la figure 3131'. Ce modèle en bronze, tiré de Pompéi, a pu, avec les fins et sobres reliefs qui courent le long de ses quatre faces, être pris pour un brasier d'appartement, et, à ce titre, un objet d'ameublement riche. C'est plus probablement un réchaud servant de bouilloire, comme le type dessiné à l'article CALD.\RiUM, qui est moins artistique. On a ici décrit la bouilloire, le réchaud perfectionné [caijia, cau)ariu.m] qui témoigne d'un goût du confort inconnu des âges antérieurs et qui sert de thème k une déclamation de Sénèque ^ On transportait les mets préparés de la cuisine à la salle à manger dans un réchaud fermé : d'où l'indignation de l'opulent philosophe. Bien plus compliqués encore sont d'autres foyers d'appareils à eau chaude dont il a été parlé aux articles ci-dessus indiqués.

Le mot focus est pris parfois, surtout chez les poètes, dans l'acception générale de feu, flamme'. P. Gachon.

FODIXA [metalla].

FOEl)ER.\TI, FOEDERATAE CIYITATES FOEDUS].

FOEDl'S. — Grèce. — Les conventions internationales tiennent une très petite place dans l'histoire de la Grèce

Allgcmeine Encyclopâdie, art. focus (Biihr) ; Baumeister, Aniike Denkmàttr, art. Hios; Iwan MCiller, Handbuch der klatsischen Alterthumncit, lenekafi, IV, I, p. 339 sqq.; Il, p. 787 sqq. ; Hermann-Bliininer, Lelirliuch der Grieeh. Antiq. Privatatterlhùmer. IV, p. 61, 146 sqq., 171 sqq.; Boetticher, Tektoiiik der Heltenen, IV, 330 sqq.; Uaiois, Buirtes de Pompéi, 181i; Overbeck, Pompcji, MU. A. Mau, Leipiig, 1884, p. 376 sqq., 3Sî sqq., 439 sqq. ; H. Bliimner, Technologie und Terminologie der Gewerbe und Kimte bfi Griech. und Bômem, Il (Lcipiig, 187»;, p. 347 sqq. ; IV (Lcipiig, 18S7), p. il7, m sqq.

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primitive ; car les différents peuples grecs, sans être en état de guerre ouverte, se livrent perpétuellement au brigandage et à la piraterie *. Ces actes ne passent ni pour illégitimes ni pour déshonorants^ et les représailles qu'ils provoquent s'étendent à tous les concitoyens de l'agresseur ^ En dehors de son pays, l'individu ne jouit d'aucune protection légale ni pour sa personne ni pour ses biens, et n'a aucun droit '. D'autre part, nous ne connaissons pas d'entreprises communes des Grecs avant la guerre de Troie ^. Les rapports internationaux, dans une telle société, ont donc dû être très rudimentaires. Cependant, surtout sous l'inQuencede la religion, se sont établies quelques habitudes, quelques règles qui constituent une sorte de droit des gens primitif. Ainsi, àl'époque homérique, l'étranger, protégé de ZeusXénios, jouit déjà de l'hospitalité privée et de l'hospitalité publique [nospiTiUM]. Il y a dans VOdyssée des relations d'amitié entre quelques peuples^ ; le sentiment de la justice règne dans toute Vlliade. Hector reconnaît la légitimité des réclamations des Grecs'; les deux partis s'accordent des trêves pour l'ensevelissement des morts*. Agamemnon et Priam concluent au nom des deux peuples un traité de paix avec échange de serments, invocation des dieux, sacrifice et distribution de la chair des victimes aux principaux chefs ' : la violation du traité par IcsTroyens est considérée commeuneperfidie '". Ailleurs, il y a déjà la procédure qu'on trouvera à l'époque historique : les députés des Grecs viennent réclamer Hélène avant de déclarer la guerre"; un héraut troyen apporte des propositions de paix à l'assemblée des Grecs où des orateurs les discutent '^ ; Hector veut faire jurer un traité par les anciens '^.

Ces éléments de droit international se développent en même temps que la civilisation grecque, lorsque l'état de paix devient l'état normal et que les amphictionies religieuses, réunissant les peuples, fournissent au droit public des modèles de traités. Les premiers synœcismes, les premières confédérations supposent des conventions détaillées. A l'époque historique, nous trouvons toutes les formes imaginables de traités internationaux ; l'esprit grec a déployé sur ce terrain une merveilleuse souplesse. n y a beaucoup d'expressions pour désigner les traités, à l'époque ancienne, pr^xpx, plus tard (7uv6yix-/i, bii.o\oy(a.^ erûv-ra^ii;, ôtaX^ayT], ôixX'jaiç, (jûjxÇa^tç, (iTr&vSaf, dûXXudtç, cuIjlSoXov ou sûjJLêoXa. On peut les diviser en trois grandes catégories : les conventions qui ont lieu pendant une guerre ou pour en amener la cessation ; les conventions, soit isolées, soit annexées aux précédentes qui établissent différents rapports entre deux ou plusieurs États ; et enfin les traités d'arbitrage, qui

FOEDDS.lThucyd. 1,6-0 ;i;iad. 1,154-, !), 170; 11, 070; 18, 28; Odyss. 1,398; 9, 39; 11, 401 ; 14, 83; 17, 424; 23, 357. — 2 Thucyd. 1, 5 ; Od,/ss. 3, 71; 9, 232.

— ^ lliad. 11,670; Odyaa. 21, 17, Voir plus loin ce qui a trait aux repri^-sailies.

— 4 Iliad. 9, 648 ; Aristot. Pol. p. 1324 4, 35 ; cf. Fustel de Coulanges, la Cité antique, (9" 6d.) p. 226. — 5 Tliuc. 1, 3. Le serment des Argonautes de s'entr'aider (Diodor. 4, 53) est un prototjpe k'gendaire d'une symmacliie. . — 6 Odyss. 16, 424. ~T Iliad. 22, 113. — 8 Iliad. 7, 375; 24, 636. - 9 Iliad. 2, 34D; 3, 94, 280; 4, 158. — 11 Iliad. 3, 236. — H Iliad. 11, 125. — 12 Iliad. 7, 372, 406. — 13 Iliad. 22,113. —14 Plut. Nie. 6; Ayes. 18; Diodor. 13, 87; Xen. Uell. 7, 5, 26. Delà l'eiprcssion vexpot u-oin:ôvSoi. Fondateurs liîgendaires de cette trûve, Thésée (Plut. Thés. 29), Hercule (Ael. Var. hist. 12, 27). — 15 pour la trêve religieuse, voir le mot HrenoMESu. — l» Thuc. 1, 112; 2, 71-76 ; 4, 117; 5, 59; Xen. Hell. 3, 2, 9 ; 5, 3, 23-27; Polyb. 17, 10, 4; Diodor. I, 80, 6; 14, 90, 7; Tit.-Liv. 29, 12, 1-14; Corp. inscr. att. 2, 205. — 17 Tliuc. 5, 20-32; Polyb. 20. 9, 1-0. — '8 Thuc. I, S8, 5. — "Thuc. 4, lC-17 ; 4, 117 ; Xen. Hell. 3, 4, 4; 5, 3, 23-23. — 20 Thuc. 4, 117.

— 21 Thuc. 2, 2, 4; 3, 28 ; cf. 5, 59; 3, 77-80. Mais «rifiSa».? désigne iiuclquefois un traité dédnitif (Thuc. 2, 70, 1 : 4. 106 ; Arrian. Anab. 2, 1,7).— 22 Voir la note |

rentrent à la fois dans les deux premières catégories.

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