‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, d'après les textes et les monuments (volume 5)Chapitre 41 sur 104 · I-ii;. 3144. — Fontaine dans un gvtnnase · texte numérisé non relu

I-ii;. 3144. — Fontaine dans un gvtnnase

avoir été développé comme dans les luxueuses habitalions romaines — l'habitude en particulier pour les femmes, même de condition libre, d'aller puiser l'eau à la fontaine publique nous est attestée par l(^s textes et par d'innomlirables représentations'" — dans les gymnases " et les bains, qui souvent n'étaient qu'une dépendance de ces derniers, mais une dépendance obligée [balneum, gymnasium]. Les Grecs aimaient, à la suite notamment dos exercices atliléli(jiies, à s'y soumettre ;\ des douches tombant de haut, dont l'action, combinée avec

ci-Up du strigilc et des frictions, débarrassai! la peau de la sueur et de la poussière, l'n vase du musée de

' Loakc, Trmels in the Morea, II. p. 133; Pausan. VU, 21, 13. — i Ross, liiselreisen, 1, p. 47. — ■> Bull, de corr. hellén. .VIV, I8SI0, p. 633; Antike ncukimiter, II, pi. 3.-4 Bsiticiier, Tektonik, IV, p. 03, noie 29. — '•> Pausan. X, 8, 9; 44, 7. — c Le Bas-Rein.icli, Itin. pi. xisvn, p. 33. — " Tliooplir. Hist. Iilml. IV, 13; Plin. Hisl. nnl. XVI, 88. —S Plul. De Pylh. Orac. 17. — 3 Pausan. X. 24, 7; Bl'ilticlier, Tektonik^ IV, p. 58, note II. — 10 Museo Grcgoriano, M. pi. XII, 2 ft, xui 2 6, xvii 2 a (II. pi. t\, x, xi) ; 0. Jalin. Vasensammhmg in il. Piiiakolhek zu MitiicJien, n" 110, 118. I2U. 122; V<i,s«is. in il. k. Ermitage, n. 2S2; Calai, uf vases in the British .Vuseum, I, n" 475. 476, 477, 478, 470. 480, 481. 482; Kurtwîingler, Vdseus. iin Antiquarium :. Berlin, «•' 1723,

Kip. 3143. — Kontainc dans un bai» de femmes.

Leyde (fig. 314.i) '- nous montre ainsi, sous un édicule à fronton ([ui s'élève en plein air, à coup siir dans

la cour d'un gymnase, deux hommes debout.

entièrement nus, recevant l'eau qui découle de deux mufles de panthère et se frottant la poitrine, le dos et les épaules, tandis que, sur les côtés, deux groupes d'éphèbes s'oignent d'huile au pied dun arbre où sont suspendus leurs flacons et leurs vêtements. Une scène plus curieuse encore .

relative à un bain de femmes, nous est fournie par un vase de Berlin (fig. 3145 " : debout également sous un portique, aux colonnes doriques duquel est lixi'c une longue tringle qui leur sert à déposer leurs

lOOS, 1910, 4001 ; Visconli, Opère rarie. IV, î, 3; Catalogue Durand, n" ùVi cl 044 ; Mon. d. Insl. I. pi. xxvii ; Gorlian), Auserlet. Vasenbilder. iV. pi. axvii, i»-viir. cccix; id.. Elru.ik. kanipan. Vasenbilder, pi. xix, I ; Duni>. Hiat. des Grecs. II. p. 701 ; Rayetel Colliguou, ITisI . de la céramique, p. 113. Ijg. .î4. — Il l'clcrseii. Aïs Gymnasinm d. Griechcn, p. 40, note 13. — li Roulei, Chois de vases du Musée de Leyde. pi. xix, I, p. 79. — 13 Kurtnângler, Vasensammlung, w l»4a ; (icrharJ, Etriisk. kantpan. Vasenliilder, ^\. xxx, 3, * : PanoIVa. Bilder aniik l.ebens, pi. xvui, 9 ; Lcnoriuant et de Wilte. Élite des mon. céramogr. IV. pi. xun. p. 1 1 1 . 1 30 ; Ra> cl et Colligrno». Hist. de la céramigue, p. 93, fig. 30. Voir eacorr un vase atant ap|i3rtenu au prince de Canino. Elite des mon. eéram. IV, pi. xvii.

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tuniques, quatre femmes reçoivent en douche l'eau qui jaillit de diverses tètes d'animaux disposées de part et d'autre des colonnes et dont se remplit le bassin où elles se tiennent baignées jusqu'à mi-jambe.

Il ressort d'ailleurs des vases peints qui, seuls ou presque seuls, au moins pour ce qui est de la construction extérieure et de la décoration, nous ont gardé l'image de ce qu'étaient en Grèce les fontaines, (jue le principe général qui présidait à leur architecture variait assez peu. L'exigence même du dessein auquel cette architecture était appropriée en faisait presque une loi. 11 importait en effet avant tout, en entourant la fontaine de constructions, d'empêcher, grâce à la couverture qui l'abritait, qu'aucune souillure en pût troubler la pureté et d'en régulariser le débit : le sentiment qu'expriment Ovide' et .luvénaP de la préférence marquée par la divinité de la source pour la nature inviolée que ne profane point le marbre est d'une religion plus raffinée que ne connurent que les siècles postérieurs'. La présence d'un portique et de bouches à eau plus ou moins richement décorées répondait à ce double objet : leur emploi aussi bien était général. L'existence d'un portique surmonté d'un fronton a même pu être reconnue, en dehorsde

représentations figurées, par Smith et Porcher sur la paroi de rocher de la fontaine d'.\ potion à Cyrène, où sa trace est restée entaillée ''. Il est assezrarequ'ilsoit absent, lorsque la fonlaineareçuune décoration sculpturale : une série de vases toutefois relatifs à la légende de Polyxène et de Tro'ile nous montrent Achille posté derrière une fontaine située en rase campagne , mufie de lion ' ; 5. 3146) la forme, insolite, semble-t-il, en Grèce anciennement d'un pi-

1 Mi'l. III, 138. — 2 Sa/. III, 12. — 3 Curlius, ùie Plastik d. Helleiieii, p. 111 — ' Discoi'eries at Cyrene, p. 26, p xi. — ô Vasemammlu»!/ in h. Ermitagt;, 11° 1588 ; Caial, of vases in the Brilish Musemn, I, n° 474; Gerhard, Auserles. Vasenltitder, 11, pi. XCII; III. pi. CI.XXXV ; Creuzpr, Galerie d. ait. Dramatiker, pi. ix ; Baumcislcr, Denlimâler, I. p. 358, fig. 381. — <• Fui'lwanfflcr, Yasensammlunn, n« 1094; Vttsens. in d. !c. Ermitage, n» 1612 ; Gcrlianl, Elrusk. kampan. Vasenbilâer, pi. xi (d'où est tirée la fig. .3147). — 7 0. Jahu, Yasensamml.d. Pinakolh. n" 118, 120; Calai, of vases in the British Muséum. I, n"' 477, 480 ; Furtwaiigler. Vasensammlung, n» 1008; Inghirami, Vasi fittiii, pi. xuii. — 8 Herodol. IV, 01. — » Virg. Georg. IV, .110. — 10 Curtius, Die l'iaslik d. Hellenen, p. 143. — il L'AlpIlf^c on particulier est appelé jmr ilésychius .Veùvteio; TTÔpo;. La préféft'Toiice .iccordée au loin parmi les auiniaux viendrait aussi, selon quelques autours, de ce ([ue c'est pendant le signe du Lion que les eaux sont le plus abondantes: Plut. Quaest. conviv. IV, 5, 2. — 12 Museo Gregoriano, 11, pl. xu. 2 6, XIII, 26, ivn, 2a (II, pi. ix, x, xi) ; 0. Jahu, Op. l., u" 118, 120, 477; Vasena. d. k. Ermitage, n» 282 ; Catal. of raies in the British Muséum, I, n" 47o, 476, 477, 478, 479, 480, 481, 482 ; Kurlwiingler. Vasensammlung, a" 1004, 1723, 1843, 1895, 1908,2173, tOOl ; Winnefeld, lieschr. d. Yasens. :u Karhruhe, n» 180 ; Visconti, Mém. de l'Acad. des inscr. t. III, p. :)0 ; Op. varie, IV, 2, 3; Catal. Durand, n'< 043 et C44; Élite des mon. eiramog. III, pl. xiix ; IV, pl. xvn ; Mon. d. Insl. III, pl. XLtx ; IV, pl. xiv, xvur : 0. Jahu. Teleph u. Troil, pl. iv ;

Fig. 3140. — Fonluiiii

sans abri, et pourtant ornée d'un sur quelques-uns même apparaît (fi;

lier surmonté d'un aiia(juo sur lequel s'adapte la Ijouche d'eau ^ forme commune au contraire dans les fontaines romaines et notamment dans les fontaines de Pompéi. Il va de soi, qu'il ne peut être question d'uniformité: le nombre, la disposition, la nature des colonnes variaient, doriques d'ordinaire, ioniques quelquefois"; mais presque constamment, sous le portique, l'eau sort de têtes d'animaux, et le plus souvent de têtes de lions. La source en efl'et, qu'est-elle sinon la tête du cours d'eau, xeoiXt,', de même que capul^ en latin, et la bouche répond à l'ouverture par où l'élément s'échappe des entrailles de la terre. Il semblait de plus aux anciens, en quête de symboles, qu'une ressemblance se pouvait trouver entre l'eau qui descend en bondissant de rocher en rocher et la course des animaux remarquables par leur agilité, tels que le cheval, le chien, la chèvre, ou l'impétuosité de leur nature, le bélier, le bouc, le taureau, le loup '", et, plus que tous autres, il leur paraissait que le lion était apte à personnifier l'élément qui, alors même qu'il semble endormi dans une capricieuse nonchalance, est susceptible des réveils déchaînés du torrent hivernal ". Innombrables sont les peintures qui nous montrent des mufles de lion ornant des fontaines'-, d'où l'épithète de xp-z-iVo^ùXaç '^ appliquée au lion et l'expression de xpoijvbt XsovT&TrpdTojTTot '*. Mais d'autres figures, quoique en moins grand nombre, se rencontrent également : tètes de panthère notamment sur des vases de l'Italie méridionale '% des vases des musées de Leyde'^ et de Berlin " déjà cités, du Brilish Muséum '*, des musées de Munich" et de Florence-"; têtes de sangliers sur le même vase de Berlin-', têtes de cheval ou de mulet sur un vase des musées du Vatican, de Munich et de Berlin -■'. Il est très rare en revanche que les têtes d'animaux fassent place à une représentation plus complète, même à un protome tel que le protome de lion qui se voit sur un vase de l'ancienne collection Panckoucke ^^ aujourd'hui au musée de Boulogne-sur-Mer, représentant Hercule vainqueur de l'Hydre à la fontaine de Lerne -'• : l'insolite du sujet avait même fait, jusqu'à MM. Mayer^'' et Pottier, regarderie lion comme un animal réel et vivant-", au lieu d'un détail architectural n'ayant d'autre fonction que de cracher l'eau par la gueule. La substitution à une tète d'animal d'un masque humain, est non moins rare; sur une hydrie de la collection Torlonia -', on voit une tête de Silène déversant l'eau sous une édicule à colonnes doriques. Il n'entrait pas, à plus forte raison, dans les conceptions des Grecs d'employer

Gerhard, Auserles. Yaseubilder, II, pl. xcu, ; III, pl. glxxxv; IV, pl. cccvri, cccvni, cccix ; Etrusk. kampan. Yasenhilder, pl. xi, xiv, xxx ; Antike Denkmàler, II, pi. 8 ; Ihiru), Hist. des Grecs, II, p. 701 ; Rajet et CoIIignon, Mist. de la céram. p. OS, lii;. 50; p. 113, fig. 54. Le ninlle de lion servant d'orifice de fontaine se trouve ou outre sur un certain nombre de monnaies, notamment sur des monnaies de Terina : Lcnormaut, Monnaies et Médailles, p. 117, fig. 50. — 13 Pollux, Onomasticon. VIII, 9. — 1* Curtius, p. 143, note 3. — I^ Mon. d. Jnst. arch. IV, pl. xiv et xvin : Arch. Zeit. 1844, pl. xvni ; Bull. Neapol. 1643, pl. vi. — IG Roulez, Choix de vfises du Musée de Leyde, \A. xix, 1. — i" Furtwiingicr, Vasensammlung, n" 1843; Gerhard, Elrusk. kampan. Yasenhilder, pl. xxx, 2. — 1(* Catal. of Ynses in the British Muséum. 1, u° 476. — *9 0. Jahn, Yasens. d. Pinakothek, II" \-li. — 20 .Mon. d. Inst. IV, pi. i.iv (vase François). — 21 L'no tête de sanglier cil bronze, ayant servi d'oriliee de fontaine est conservée à Napics ; Jahrb. d, \ereins v. Alterth. im Hheinl. XLVI, p. 29. — 22 Museo Greyoriano, II, pi. xni, - h (II, pl. X); 0. Jahn, Op. t., n" 110; Furtwaiigler, Yasensammluny, n" 4027; .lalta, Ann. d. Inst. 1877, tav. W. — 23 Catalogue Panckoucke, appendice. Il" 41)6. — 2V E, Pottier, Album archéologique des musées de province, p. 81, pl. xvn. — 2û Jahrb. d. Jnstit. 1889, Arch. An:, p. 180. — 2C Biftnsted, .1 hrief description of thirty-two ancient greek painted vases, n" 30 ; de Wilte, Deser, des antiques du cabinet Durand, n" 270; l'aiiofka, Ann. d. Jnntil. 1S32, p. 372. — 27 Antike Venkmûler, II, pi. 8.

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une slalue cnliùre d'homme ou de femme comme élément de la lonlaine elle-même ', et si, k côté de la sculpture ornementale, la statuaire proprement dite a chez eux trouvé place dans la décoration des fontaines, son intervention s'y justifiait par quelque raison d'ordre supérieur, la représentation d'une divinité locale par exemple, ou du moins de quelque personnification en relation plus ou moins directe avec les sources et les eaux. La sculpture de genre n'apparaît guère qu'à l'époque alexandrine et à elle sans doute au plus tôt appartient l'idée, dont nous aurons à reconnaître la fréquente mise en pratique à l'époque romaine, de faire servir, par l'intermédiaire de quelque accessoire, une statue au jet même de l'eau-. II. 11 n'est parvenu jusqu'à nous, en dehors des murailles massives qui défendaient leurs villes, que trop peu de vestiges de l'architecture des Étrusques pour nous renseigner exactement sur ce qu'étaient Iqurs fontaines. 11 convient de signaler toutefois deux monuments qui, rendus à la lumière dans ces dernières années, en peuvent don-

Fig. 31 18. — Plan de la même fontaiii

Fig. 314". — Fontaine (étrusque de Pian di Misano.

ner une idée. Le premier (fig. 3147 et 3148) a été découvert à Pian di Misano, à peu de distance de la célèbre nécropole de Marzabotto près de Bologne; il se compose d'un réservoirquadrangulaire divisé en deux parties, dont l'une servant de bassin de décharge, l'autre couverte horizontalement et plus basse, où deux conduits formés de grosses tuiles amenaient l'eau qui, une fois purifiée, sortait de la fontaine par deux canaux en travertin ■'. Les fouilles entreprises dans les environs de Piansano ont de leur côté fait reconnaître une vaste excavation de 30 mètres de long sur 10 de large environ, tout entourée de murs en blocs carrés de tuf et de calcaire que couronne une rangée de dalles. Les détails de l'appareillage ne se prêtant pas à un réservoir, et, d'autre part, les nombreuses infiltrations et les traces de canalisation qui s'y rencontrent ne permettant pas de douter

1 La sculiilurcassjrieunon'a [jas reculé devant l'application la plus grossièrement naturaliste de celle adaptation, témoin une obscène statuette de Mxlitta. trouvée dans les fouilles de Kouyounjick, aujourd'Iuli au British Muséum. Areli. Zeit. is.ij, Arch. Afi:. p. t>0. — 2 Sur la panse d'une llydrie du lîritisli Muséum {C(tlfilof/itt\ I, n"-i8!) se verrait, s'il n'était permis de croire à une fausse interprétation, une fontaine à quatre bouches, dont deux formées par des mufles de lion, deux autres par des statues équestres adossées à un mur de fond et vues de face, le jet d'eau s'écbappaut de vases attachés an corps des chevaux. • — ^ Monum. anlichi pubhUcali p, l'Accad. d. Lincei, I, p. i66, pi. ni. — 4 Laspeyres, Ann. d. Iiisl. 1870, p. 2i7, pi. k. — •' Sur le rt^gimo des eaux à Rome voii- l'important mémoire de M. Lanciani, Topof/rafia di Jiotna auticay 1 Commentarii di Fronlino intonw le actjue e gli aquedoui, Sil-

que l'eau ne jouât un rôle important dans la construction, le plus probable est qu'elle entourait une source et des bas.sins servant de fontaine et de lavoirs publics, auxquels un escalier subsistant encore dans l'un des angles donnait accès*.

III. Il est peu de villes qui fussent aussi richement dotées d'eau que l'était Rome'-. La plus grande partie, il est vrai, lui était apportée du dehors par les aqueducs dont les ruines sillonnent aujourd'hui la campagne environnante. Quatre cents ans et plus toutefois, les Romains avaient pu se passer d'emprunts extérieurs, se contentant de l'eau du Tibre, des puits, des citernes et des sources". Romulus, dit Cicéron', a choisi un site riche en sources, et, quoique toutes n'aient pas laissé un nom *, le nombre de celles qui ont été reconnues est assez élevé''. .lointes à ces eaux naturelles, les eaux dues à l'adduction n'étaient pas distribuées, en dehors des concessions particulières, des bains, etc., par moins de cinq cent quatre-vingt-onze fontaines au i" siècle de notre ère, de plus de douze cents aux iv" et v"^ d'après le Curiosum et la Notifia '". Les laci, simples bassins ou réservoirs [l.\cus] destinés aux besoins de la population et à l'abreuvement des animaux, sont distingués dans le nombre des munera qui semblent être les fontaines ornementales". Aux uns et aux autres l'eau était distribuée par des saitentes ou prises d'eau jaillissante, le plus souvent au nombre de deux, établies sur des branchements distincts, afin qu'en cas d'interruption de l'une des conduites l'alimentation fût assurée pas l'autre '-. La metasudans, entre l'extrémité du Forum et le Colisée, n'était que le plus célèbre de ces salicntes, de dimensions plus grandes qu'à l'ordinaire : sous le massif de maçonnerie quelque peu informe qui la représente aujourd'hui et qui s'élevait vraisemblablement en tronc de cône, constituant, indépendamment de la décoration qu'il avait dtl recevoir et dont un bas- relief du Vatican nous peut donner l'image (fig. 3149) ", une véritable borne-fontaine, se trouve l'arrivée de la conduite, qui le traversait de part en part et formait la colonne ascendante. Une élégante colonnette de marbre ayant eu le même usage, tout ornementée de feuillages et autour de laquelle s'enroule un serpent (fig. 31j0 , est conservée au musée Britannique" et nous peut donner un exemple de jet d'eau appartenant probablement à une habitation privée.

La lente et constante superposition des constructions modernes aux constructions anciennes ne laisse que difficilement reconnaître, à Rome, l'existence de ces fontaines si nombreuses '% et, pour s'en faire une idée, mieux vaut, quitte à ne pas oublier la dislance qui les séparait de la capitale de l'empire, se tourner vers les villes secondaires qu'un accident de leur histoire a subitement frappées de mort et dont le squelette en quelque sorte a subsisté jusqu'à nous, Pompéi et Timgad, la Pom-

loijf eiiiycfica aquarin, dans ;les Alli ./. Acrad. d. Lineei, série III. Vemorir, vol. IV, 1880, p. dis et sniv. — « Frontin. 4. Vov. la note iî au sujet du Tullianiim.

■; /te/i. 1, Cl. — » Frontin en p.articulier, dans le passage citiî. ne nomme que

trois sources qui se distinguaient par leurs vertus médicinales, sources des (amènes, d'Apollon etdeJulurnc. — » Lanciaili, p. iiO-«0 : Jordan. Topographie d. Stadt Hom. |2, p. 140. — 10 Lanciaili, p. 579. — " Id. p. 581. — IS Fronlin. 87. — 13 D'après un dessin pris au Vatican. — " Ancient marbles in Ihe Brilitk Muséum, part, 1, pi. x. Une autre découverte à Pompéi dans la maison d'.Xrtéon. ornée de bucràncs et surmontée d'une statue de cerf, a été dessinée par .Maiois. Ituines de Pompéi, i' partie, frontispice. — '^ Ficoroni, Vestigia di Koma antica, p. 37 ; Jordan, Topographie, ]}, p. CO , Id., Ann. d. Jmt. 1867, p. 398.

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péi algérienne'. Le déblaiement de celte dernière a déjà t'ait reconnaître, à l'angle des rues qui limitent le Forum,

composant d'une cuve adossée à un mur décoré de pilastres, a été reconnue dans les ruines de Djemila,

Fig. 3149. — Bas-relief au Valicau.

Fis:. ;Ui)0. — Colonnelte de ronlaiiie.

l'existence de deux fontaines similaires se faisant pendant : la mieux conservée nous montre (Gg. 3151) une

Fig. 3151. — Fontaine à Timgad.

cuve rectangulaire [exceptorium - , conceptaculum^] de "i mètres de longueur sur 1 mètre de largeur, dont le bord est profondément usé par le frottement des cruches qui servaient à y puiser et peut-être par le cou des animaux qui y venaient boire, et qui s'appuie contre un mur de fond décoré d'élégants pilastres. L'eau était amenée par une conduite, dont il existe encore des restes sur la façade occidentale du forum, au niveau de la partie supérieure et sa force ascensionnelle permettait sans doute de la faire monter par des tuyaux jusqu'à la hauteur nécessaire pour retomber dans la cuve, au moyen d'un sujet, de bronze ou de marbre, servant de couronnement et dont la partii; conservée de la fontaine ne serait en quelque sorte «jue le soubassement'. 11 seuil)le (jue ce type de fontaine ait joui d'une certaine faveur en Afrique ; une fontaine toute semblable, se

1 Voir aussi, sur uiur fontaine découverli* ù Ostic, An/i. d. înst. I.S.)7, p. 300. — 2 Renier, Inscr. de l'Algérie, 1570, 2733. — ^ Frontin. 22. — * Bœsnilwald et Cagual, Timgad, p. 2 et suiv., fig. 2. — '- Ibid. p. 4, note 2. — <> Ovcrbcck, Pompai '•, p. 238. — 7 Masque do taureau sur le pilier d'une fontaine voisine du forum triangulaire, Ibid. p. 2H, fig. 132 ; de lion sur le fût niôinc d'une

Fontaine à Pomptji.

l'ancienne CuicuP. Il ne diffère d'ailleurs pas essentiellement de celui qui, à Pompéi, était adopté dans la plupart des carrefours, où se trouvaient de préférence les fontaines publiques '^ : un réservoir rectangulaire devant un pilier servant de support à la conduite noyée dans son massif et quelquefois orné, soit d'un masque ', soit d'un basrelief ^ La fontaine seulement se complète parfois par l'addition d'un réservoir tel que celui qui se voit reproduit à la figure 3152, décoré d'une peinture représentant une scène religieuse '■*. Le luxe en revanche est tout autre dans les fontaines intérieures de quelques riches habitations; là, en

dehors des mille formes diverses que se prête à revêtir la partie même de la fontaine par où se déversent les eaux — ■ depuis celle d'un vase (fig. 3133) '» ou d'une colonne (fig. 3134)" surmontée d'une vasque plus ou

Fig. 3153. — Fontaine en forme de vase.

Fig. 3154. — Fontaine d'une maison de l'onipi'^i.

moins élégante [cantuahus, labrum] jusqu'au modèle plus simple et fréquent de coquilles juxtaposées dégouttant

(■nloniie du pi'rislvlo, Ma/.ois. Ruines de Poiiiiiri, 111, pi. m, 3. — s Aigle enlc\ont un liùvro, Ovcrbeck, p. 2H, fig. 130; Maiois, 11, pi. m, 1. — » Overbcck, p. 210, lig. 12S; liaumcistcr, Deninn/iter, p. 338, fig. 383. — 10 Mazois, II, vign. p. 35 ; rf. Anl. d'Ercolano, II. p. l-'l. — " Avcllino, Dcscr. di una cnsa Pompei,

pl. VI..

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surdusdegrésoiikuiappc sebrise etrejaillil(fig.3155)', — souvent la fontaine tout entière reçoit une importance architecturale et devient un véritable uionumeiit, dont

Fi,?. 3155. — Fontaine au nmsi'c (in Vatican,

le fond est constitué par une niche, d'ordinaire plaquée de mosaïque, de l'intérieur de laquelle l'eau se répand dans un somptueux bassin. 11 suffira de citer, dans la rue de Mercure, les deux maisons connues sous les noms de Casa dclla grande et délia piccola ou seconda Fontana a Musaico, la Casa del Centenario ou del Fauno ubbrmco, la Casa di Lucrezio ^, dont l'abside, surmontée d'un fronton et également revêtue

t'ig. 3156. — Fonlaine d'une maison de Pompi'i.

de mosaïques, la plupart à fond hicu semé d'ornements ii;éomélriqueSj avec un paysage fantasti(ïue sur le

I 11 existe des Toulaines de ce genre" au Vatican (.lordun, Ann. d. Inxt. 18G7, p. S08. pi. K, 15 et 7), au nmsùe de Turin, au British Muséum, etc. — 2 Overbeck, p. 318 ; Xiccoiini, Le Case ed i Monumenti di Pompei^ Naples, 1851, t. 1.

— 3 A. Niccolini, Arte pompeinna, Naples, 18S7, pi. xxxvi. — ^ Bull. d. Inst. 1883. p. lîiO ; Duruy, Hist. di's Itomnins, V, p. 6i5. — i' Lanciani, p. 382.

— fi Id., p. 383 et suiv. — 7 Stâdt<; Painpht/li<'ii u. Pisidien, I, pi. xxx et xxxii,

bord d'un lleuvc, abrite un Silène a l'outre dont il sera parlé plus loin \ Le plus remarquable exemple peutêtre de fonlaine do ce genre est celui d'une maison découverte en 1880-81 , dont le bassin semi-circulaire, revêtu de sfuc et séparé du jardin par une balustrade de marbre, recevait l'eau d'un tuyau sortant de la main d'une statuette de Silène qui en occupait le centre et était recouvert par une large niche toute décorée de mosaïques à sujets, divisées en nombreux compartiments et se rapportant en partie au moins à la naissance de Vénus et au bain de Vénus et des Amours" (flg. 3156).

Il ne s'agit là cependant que de fontaines privées, et il n'est pas douteux qu'il n'y eût à Rome, parmi les nuinera dont parle Frontin, des fontaines plus riches encore et surtout plus monumentales^ Le plan d'une construction de ce genre, dont les restes subsistent de nos jours, connus sous le nom de trophées de Marins % et que nous n'avons point mentionnée plus tôt parce qu'elle a longtemps été regardée comme servant seulement de caslellum de division pour répartir les eaux destinées à l'alimentation des quartiers voisins, est reproduit par la figure 1209, t. I, p. 938 [castellum] ; les revêtements de marbre, les chapiteaux, les arcades, les niches ornées de sculptures démontrent en tous cas quelle en était la magnificence. L'cm trouvera également au même endroit (fig. 1210 et 1211) et surtout dans le compt erendu de l'exploration du prince Lanckoronsky" la vue du somptueux édifice qui, à Sidé en Pamphylie, bordait l'un des côtés de la place publique et dont la façade, creusée de trois grandes absides semi-circulaires, dans chacune desquelles l'eau se déverse dans trois vasques placées côte à côte, présente une longue colonnade corinthienne supportant un attique que devait couronner une rangée de statues. Il nous est dit d'ailleurs que le seul Agrippa, qui édifia à Rome sept cents fontaines et augmenta le débit de cent cinq autres, employa à leur décoration, outre quatre cents colonnes de marbre, trois cents statues de marbre ou de bronze', et peu de monuments, en fait, nous ont rendu autant d'œuvres d'art que les fontaines, les nymphées et les châteaux d'eau. La plupart toutefois de ces sculptures n'ont d'autre rapport avec les fontaines elles-mêmes que leur provenance, et, s'il faut rappeler la large part ornementale quelles y prenaient — nombre de Vénus accompagnées d'Amours ou de dauphins, qui peuplent nos musées, ont dû ainsi se dresser sur le bord ou s'élever au milieu de bassins, — leur description n'a point à intervenir ici. Il en est d'autres, au contraire, sur lesquelles il importo d'insister brièvement, en assez grand nombre aussi, enplusgrand nombre même que ne permet de le constater, à la suite des retouches et des restaurations subies, leur examen actuel, dont la connexion avec le lieu même où elles se dressaient était plus intime.

Les exemples cités de fontaines pompéiennes ont déjà montré quel usage les Romains aimaient à faire, sans parler de bas-reliefs divers', des statues servant proprement de sujets de fontaines: aux mufles d'animaux, dont les Grecs leur avaient transmis la tradition et dont l'em-

p. l.TJ et suiv. — K riin. Ilisl. nat. 36, i4. 9; Lanciani. p. 581 noie 1. —3 II en est de tous genres, dont on ne saurait donner une liste m^mc approximative: Bcnildorf u. Scliône, Die nnt. Bililwerke d. latfranischcn ifuscums, n" Il et 20; lielbig, Fithrtr tlitrck die ôffentl. Sainml. klass. Alterihamer in liom, I. n"" 391, 431), 618, 6il Beschriùbung d. nnliken Sculptiiren z. B-Tlin. n" 894, ■J29; etc.

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ploi, resle lou jours partiiulièremcnl fréquent', s'ajoutenl les mêmes animaux figurés soit en entier -, soit en avant corps''*, notamment sous l'aspect de grands rhytons". L'un d'eux, trouvé sur l'Esquilin^ olaujourd'hui au palais

Fig. 3157. — Fontaine en forme de rlijton.

des Conservateurs, terminé par un avant-corps de Chimère, est couvert de délicates sculptures représentant une danse de Bacchantes (fig. 3157). Viennent en outre, les représentations humaines, non seulement sous la forme simplifiée du masque à la bouche ouverte donnant issue aux eaux'*, dont nous avons déjà trouvé un exemple sur un vase grec, mais sous la forme même, et celle-ci, semble-t-il, toute nouvelle, de sujets en pied. Le cycle bachique en particulier se prêtait tout naturellement à cette adaptation, et l'ellet pittoresque qui pouvait résulter de l'eau s'échappant au lieu de vin de l'outre de Silène

semble avoir été fort apprécié. Les motifs en sont nombreux, soit que l'outre gonflée pèse sur les épaulesdu demi-dieu, soit qu'à demi-ivre déjà il l'ait laissé tomber à terre ou que, fatigué, il la pose sur un pilier"; les fouilles de Pompéi et d'Herculanum (fig. 3159) en ont rendu plusieurs exemplaires *, d'autres pro viennent de Rome". Pan et Panisqucs'", Satyres porteurs d'outrés ou d'amphores", Bacchus lui-même '-, se substituent parfois à Silène. L'union de la statue et du jet d'eau n'est pas moins étroite dans d'autres statues représentant des fleuves et

1 Mazois, 11, ijl. iji, 1 cl i, |il. V, 1; III, pi. xi, '1; Overbeck, p. -211, lig.lSi, clc. Les mulles tic lion en bronze jirovcnanl de fontaines sont nombreux ; voir entre autres Bulletin des Musées, IS9-2, p. iiio. — 2 Mon, taureau, vaclic, chien, etc. : Overbcck, p. aiO ; Curtius, Die Plastih d. ffellenm, p. 132; Id., Brunnrn/ii/., Arch. Zeit. 1879, p. 20, pi. i, 3. — 3 Un lion eu bronze, à mi-corps, à rapprocher du lion représenté sur le vase de Bonlogne-sur-Mer mentionné plus haut, ayant servi de goulot de fontaine et qui a été trouvé à tiiierchcl, vient d'èlre donné au Musée du Louvre. — '* Le Louvre en possède trois, des collections Borghése et Campana : Clarac, Mxtst'e de scutpt., pi. 25a, n" G:)G et tj:i- ; Deserip. des antiques, n" :jy ; Frfilmer, Notice de ta sculpi., n" 319, 320 et 321. — i llelbig, Fûhrer, 1, n" .'iT:! ; Visconli, Ilull. d. Commiss. arch. ni«nic. III, p. 118. — '■ Visconli. Musco Worslej.. p. 32, pi. IX, 2 ; Mazois, II, pi. ni, 4; III, pi. xni, 1 ; llelbig, Fûltrer, I, n" 77) Beschreib. d. ani. sculpt. z. Berlin, n" 141, 281 ; Xiccolini, Case e mon. di Pompci, I, Caia délia délia 2'Fontana, pi. ni, elc. Voy. [ci.oaca p. 1262, fig. 1680] le masque de dimensions colossales, dénommé la lîocca délia Verita. — " Curlins, p. 153. — 8 Overbeck, p. 546 et 547, fig. 284o ; Baumcister, Denkmâler, p. 358,

Fig. 3158, — Figure servant de fontaine

des tritons" ou des nymphes appuyées sur des urnes " ou tenant des coquilles d'où l'eau s'épanche [concha], surtout lorsque de telles statues se trouvaient par surcroit placées sur des bases décorées dans le même esprit, où des monstres et des êtres marins se jouent au milieu des eaux'^ Dans un charmant groupe provenant de Crète"* et récemment acquis par le Louvre''; c'est une conque ovale, ornée à ses extrémités de deux mufles de lion servant de déversoirs, au milieu se dressent

Fig. 3159. — Vasque avec groupe servant de fontaine.

six personnages, Pan capripède, doux Satyres tenant une chèvre. Silène avec son outre. Hercule brandissant sa massue, Déesse porteuse de fruits, adossés au rocher d'où l'eau jaillit et sur lequel repose Éros endormi (fig. 3159). Le rapport, au contraire, est plus accidentel dans toute une autre série de statues, où se témoigne une fois de plus le goût des anciens à faire servir les animaux de bouches de fimtaines, mais ici rapprochés de figures humaines dont ils ne sont pour ainsi dire que l'accessoire. Tel est un enfanta l'oie, modification légère du type traditionnel.

Fig. 3160. — Groupe servant de fontaine.

OÙ le tuyau aboutit dans le bec du volatile, et qui a été retrouvé en de nombreux exemplaires ''; tels d'autres

fig. 384. La figure 3159 reproduit un bronze d'Hercnlanum, Mus. Bnrbon. III, pi. 22. — fl I.anciani, p. 582; Visconli. Bull, munie. III, p. 135 cl 139, pi. xiv-xv, ï. — 10 Groupe de Pan et d'un Satyre, à qui il enlève xine épine du pied et qui, s'appnyant par mégardc sur son outre, en fait échapper le liquide, au Vatican :i Helhig, Fithrer, I, n" 345. Sur la relation du motif du Tireur d'épine avec la décoration des fontaines, Curtius, p. 1G9, et Arch. Zeit. 1879, p. 21 cl s., pi. i et m. — 11 Overbeck, p. 546 et 548, fig. 285; liaunicister, p. 358, fig. 385; Arch. Zeit. 1879, p. 20, pi. i, 5 ; Visconli, Mus. Worslej. p. 21 et s. — 12 Beschreib. d. ant. Sculpt. s. Berlin, n" 87. — 13 Lauciani, p. 582. — 1^ Overbeck, p. 547, fig. 2847; Baumcister, p. 360, fig. 386; F. Iletlnor, Die rùm. Steindenkm. ;« Trier, n» 108. — ic (^irlius, p. 548 ; Beschreib. d. ant. sculpt. z. Berlin, n' 1063. —'Lie S. Reinach, Bev. arch. 1890, I, p. 286 ; Chroniques d'Orient, p. 011 ; Philol. Wochensehrifl, 1889, p. 779. — " Invcnl. du Musée, MNX. 1293. — 18 Aniich. di Ercolano, I, pi. ji.v; II. pi. xxii ; Overbeck, p. .'il9, fig. 286 ; Baumeister, Denlcmfder, p. 300, fig. 387 ; Niccolini, Casa délia 2a Fon. tana, pi. m.

) Curtius, Arc/i. Zfit. 187'J, p. 20. pi, i, 1-1. — i Mon. d. Insl. 1811, pi. vi. — 'i Visroiili, flull. munie. III, \i. 131) : L,inciaiii, p. 583. — * UIp. fr. 1, § 4, Dig. De foute, .\Llll, 2. Peu iinporlc une inlermillciico par suite de siîclieresse. Fr. 1, § 2, De /l,im. H, 12. — :. Columol. De re rnsl. II. .t, — G Fr. 10, Dig. Quemad. senr. amill. VIII, fi ; fr. Il, Oig. De sereil. riisl. VIII, 3 et fr. 9, § S, Dig. De aqiia coll. Xl.in, 19; Vilruv. VII, 1.— 7 Fr. 9, Dig. VIII, X. —8 Rein, bas Privairechi lier ltiime>\ p. 218. — 9Ily .ivail des rl^gIenlC^l5 loraux ; v. fr. 2, Dig. XXXIX, 3; Kudorir, /îflm. Fehimesser. II, p.4C2ot s. — lo Fr. Il, Dig. Qiioil ci mit clam, XLIIl, 24. — 11 Fr. 24, § 12, De ilam. XXXIX, 2 ; fr. I. .S 12 et fr. 21, Dig. De aij. eotl. fr. 1, § 28, Cod. XI.III, 20. — 12 V. pourtant Rein, p. 218, pour leau de pluie. Ai/un coeleslis ; Frontin. De conir. p. 36, 57, mais v. c. 10, Cod. De sereit. III, 34, — " Fr. I, !• 12, De aq. ; et Voct. Ad hanc. leg. pandect. a' 4. — H Fr. 1. § I, Dig. De aq. cl aq. ptm. ; fr. 3, § 1 et 2, XXXIX, 3. — >« Fr. I, §3ct 4 eorf. lit. : fr. 24. eod. — 10 Paul. fr. 2, § 9, Ks^.De nq.pluv. 3i, 3. — 17 Fr. l3,forf; . fr. 6. § 7, fo-f. — 18 Audrau, Délimit. léiinle de lu prop. ù Rome, p. 47 et 48. — 19 Fr. 4, § 29. Dig. /),■ usurp. Xl-I, 3. 2i> Fr. 14. Dig. VIII. 1 ; Fr. 10. Dig. .Si' sere. VIII, 3 ol

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enfants avec un i-rapaud, un lapin, un jeune Satyre avec une panthère'; tel encore le célèbre groupe d'IIerculo et la Biclie du complnvium de la maison de Salluste, aujourd'hui au musée de Palerme(flg.3160)-. 11 sulliradt; ces exemples, qu'il serait aisé de multiplier, pour montrer quelle fécondité d'invention se retrouve dans toute la classe de monuments qui nous occupe et pour justifier les paroles qu'inspirait au commentateur d'un des derniers découverts, « que leur réunion serait un splendide témoignage du soin et de l'heureuse manière avec lesquels les anciens se sont appliqués à accroître le charme, la grâce et la gaieté particulière qui sont le propre des fontaines bien disposées et bien ornées «'. E. Miciiox. II. Le droit romain désignait sous le nom de fons [a fundendo) la source permanente d'eau vive '*, en la distinguant de la citerne [cister.\a], que remplit l'eau de pluie. Quand la source était encaissée dans un espace étroit et profond, elle prenait le nom de puteus, ou fons pulralis''. Quelquefois on nommait aussi caput le point même d'où jaillissait une source'''. Ainsi la servitude d'aqueduc ou de prise d'eau ne pouvait être prise qu'en la dérivant de la source \ ex captif vrl fontr.

Au point de vue du droit privé, il était de principe que le propriétaire du sol était réputé maître de la source qui y prenait naissance"; il pouvait donc, en général', creuser à sa volonté, ou même l'absorber complètement, s'il y trouvait quelque intérêt, ou l'abandonner à son cours naturel vers les fonds inférieurs. En effet, la source étaitréputée une partie du so\, portio or/ri"'; aussi le dominus soli était-il admis à chercher des sources dans son immeuble, diit-il couper les veines de la source du voisin, comme le constatent plusieurs décisions de jurisconsultes". Le propriétaire du fonds inférieur ne saurait ni faire refluer les eaux par des travaux, ni se plaindre de ce que les eaux ne lui sont pas transmises'-; cependant Ulpien admettait une restriction fort remarquable, et douteuse en droit français, c'est que le maître de la source ne pouvait l'absorber par pur caprice, sans avoir même un intérêt d'agrément, et uniquement pour nuire, animo vicino nocendi'^. De son côté le propriétaire du fonds supérieur n'avait pas le droit d'aggraver l'espèce de servitude naturelle qui résultait de la situation des deux immeubles, par des travaux'* de nature à rendre l'écoulement des eaux artificielles plus nuisible. Mais il pouvait faire des travaux agricoles'\ et même, dans un cas de force majeure, dévier les eaux d'un torrent grossi par l'orage, au moyen de travaux défensifs'". En cas do travaux nuisibles et irrêguliers, le propriétaire lésé obtenait soit de les arrêter par l'action aijuac pluviae arccndan, pour l'eau de pluie, ou par la cauiio damni

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Infccti, soit de réparer le préjudice au moyen d'une sorte d'action posses.soire en interdit, quod vi nui clam ''. Si, par la disposition de mon toit j'amenais l'eau de pluie sur le fonds voisin, le maître aurait contre moi une action négatoire de la servitude slillicidii recipkndi '«.

Le droit à une source pouvait être acquis en tout ou en partie par titre, et comme servitude prédiale par le propriétaire d'un fonds voisin Tservitus] sous la forme d'un droit d'aqueduc [ aquaeductus i ou de puisage(a^«ae liaustus). La loi Scribonia*^ n'admettait pas l'acquisition par usucapio, main le préteur aurait protégé la possession longi tonpnris-" par un moyen de défense appelé praescriplio. Les jurisconsultes romains paraissent en désaccord sur le point de savoir si le maître, après une concession d'eau^', pouvait en faire une nouvelle ; peut-être les concilierait-on en admettant l'affirmative au cas où la source est plus abondante. Les dilTérends entre concessionnaires étaient réglés par justice --. Du reste, aucun d'eux ne devait grever son droit d'une nouvelle servitude au profit d'autrui, ou l'employer pour un autre fonds -'' ni le créer sur une citerne : nulla en'iin alla aqua dari polest nisujuae perennis est^K Quanta l'eau qui a pris une fois son cours naturel, aqua profluens, elle est considérée comme chose commune, res nulUus ou communis^'', et toute personne avait le droit d'en approcher, pour y puiser et en acquérir une partie par occupation [occu- PATio]. G. Hu.yBERT.

m. Fons est la personnification de la divinité des sources d'eau vive dans la mythologie des Romains et dans celle des peuples de l'Occident qui ont subi leur influence religieuse. Les anciens déjà rattachaient Fons à ftindere-^; ils connaissaient les formes Fontus et même Fonlanus; à celle-ci correspond, dans une inscription, le féminin Fontana^'. Primitivement Fons ou Fontus n'était autre chose que l'esprit divin qui résidait dans toute espèce d'eau potable sortant naturellement du sol {numen ffï/î^w-*); c'est plus tard seulement qu'on lui fabriqua une personnalité en lui donnant pour père Janus et pour mère Juturna-'. Janus, surnommé Paiukius et Chisiiis, présidait d'ailleurs à la production des sources ; la légende racontait qu'il empêcha lesSabinsde surprendre les Latins du Capitole en faisant jaillir sous leurs pas, à l'endroit où s'éleva le temple de Janus Geminus, une masse d'eau considérable'". Juturna, dont le nom équivaut à Diuturna, est elle-même une personnification de l'eau intarissable". A Rome même, la vénération des sources fut un élément important du culte national. La raison en est que pendant plus de quatre siècles, la ville se contenta pour son alimentation de l'eau que l'on faisaitjaillir naturellement sur place^-. Leshistoriensremar-

fr. 2, Dig. De aq. et aq. plue. ; fr. ô, § 3, De ilin. XLIIl, 19. — SI Fr. 4. Dig. De aq. coll.; fr. 2, § 1, De sen: praed. cusl.; fr. »,.De aq. pliir.; Voel. Ad paiid. Vill. 4. u" 13 et 1 1; Ciepolla, Desemit. tract, il, c. 4, n' 11. — Si Fr. 4, Dig, De aq. coll.

— i'J Fr. 2i, Dig. De .Kre. praed. rusl.— 2VFp. i. De aq. coll., fr. 2* : De sere. VIII, I. — S" Instit. Justin. Il, I, § 1 ; fr. 2, prêt. §1 ; Dig. De rer. divisi. I, S.

— 2G Var. Ling. lai. V, 23 et Paul D. p. 84. — 27 fontus ap Arnob. Adr. gent. III, 29 et peut-j'Irc Cic. Leg. II. 22, 56 ; Fonlanus, Corp. inscr. lat. X, 60TI et II, l.'iO, où ligure (également Fonlana. — i» Pour numen aqiiae. t. Hcnien, Inscr. 5768 n; Im.Sal. III, 19; .\umen fonlis, Corp. inscr. lat. VI. 131 (Rome) et pculiMre 152. où il faut lire : royri samt. ft OKtio. Cf. d'ailleurs Genius Fonlis et les l'pilliùles dieinus. sanclns. dans les inscriptions citiîcs. — il Aniob. l.cil. ; Hvgin. Fab. prae/: H, 20, dit que les Fontes sont fds du gt'anl Pallas cl de St)\. C'est une fanlaisic d'arclit^ologuc helU'nisaiit. — M Ov. Fasl. 1, 130, 269 et suiv. ; Macr. .tnl. I, 9, 17 ; cf. Preller-Jordan. Jlœin. .\fyth. I, p. 170 cl 174. — Jl Pour la question «iljmol. v. Preller-Jordan, Op. cil. Il, 128, n. I. — M Front. De aq.

4. Le premier .ique<lur. construit par Appius Ciaudius. est de 312 'av. J.-C.

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quaient que Romulus avait, à ce point de vue, fort bien choisi l'emplacement de la cité nouvelle'. Aujourd'hui encore, malgré le bouleversement du sol qui en a fait disparaître le plus grand nombre, on relève les traces fréquentes de ces nappes d'eau souterraines-. Avant que des aqueducs fissent négliger les ressources locales, les fontaines étaient placées sous la double protection du sentiment religieux et de l'autorité administrative ; il y avait des rnagistri ou ministri foniium, chargés do veiller à ce qu'elles ne fussent ni souillées ni gaspillées^ Mais la meilleure sauvegarde était la vénération publique qui mettait les sources en rapport avec les cultes les plus respectés, avec les légendes les plus populaires de Rome, aux premiers siècles de son histoire.

Il est possible de retrouver encore, pour les principales régions de la ville primitive, les fontaines qui les alimentaient ; tantôt Fons '• y était honoré sous sa forme la plus générale; tantôt sa divinité y était déterminée par un culte plus particulier. Suivant toute vraisemblance, c'est la source du Lupercal et de Juturna, sur la pente nord-ouest du Palatin, qui fut la fontaine publique de la Ronia qundrala; entourée, comme plusieurs autres, d'un bassin en pierre, elle est appelée lacus par les écrivains de l'époque classique". Au pied do l'Aventin, vers la porte Capène, était la source de Picus ; on y vénérait ce dieu de concert avec Bona Dea, Faunus et Jupiter Elicius; c'est là que le roi Numa alla surprendre les secrets qui lui permirent de conjurer les effets de la foudre*^. Quoique le vocable d'Elicius soit interprété au sens du dieu qui manie le tonnerre, il n'est pas douteux qu'il fut surtout en rapport avec le jaillissement des eaux '. On le peutconjecturerpar la cérémoniede I'aquae- LiciUM à laquelle les Pontifes procédaient en temps de grande sécheresse. Le principal épisode de la cérémonie était une procession où figuraient les magistrats sans leurs insignes et les matrones pieds nus ; il s'agissait de chercher au temple de Mars, devant la porte Capène, la pierie qui fait pleuvoir : lapis nianalis, expression identique à celle do. fous manalis, c'est-à-dire qui ne iaril point ^.

Dans la même région, situé au fond d'un bois sacré, était la source des Camènes [camenae], où la légende met Numa en relation avec la nymphe Egeria. L'eau de cette source avait une réputation exceptionnelle et les Vestales y puisaient pour toutes leurs cérémonies liturgiques". Lorsqu'on identifia les Camènes latines avec les Muses grecques, on s'avisa, au même lieu, d'une source d'Apollon, à laquelle on attribua des vertus curatives'". Sous l'Empire, celte religion tomba peu à peu on désuétude. Nous voyons par Juvénal qu'au début du ii° siècle, le bois et la source étaient, sans considération pour la divinité des eaux, affermés à des juifs qui y avaient installé un campement sordide ".

Il existe des traces nombreuses du culle de Fons au

1 Cic. lî'-p. II. Il, 11 ; loctnn rlelcgiL. fnnlihus nhundanlem. — - Lanciaiii. Tt->pofjrafta fli lioma aîiticn. : / comeiUtirii di Fi-ontiiio, elc. SiUofje epigraftca aguarin, Rome, 1880 ; avec le pian, tav. 2, i . — 3 KudorlT, /Jie lex' dt' mat/isti'is aquanun, etc. ap. Zeitschrift fur tjt'SCh. liecfttswissenschnft^ XV, p. ^214 et suiv. V. l'inscription à Foïis Scauriajltis ap. Orelli, IG-i:»; Coi-j}. insci\ ht. V!, 155-1G2. — '* Ciilberl, Oeschichle und Topographie der Stadt liom im Allertlium, III, 2G4 et suiv.

— I' Uion. liai. VI, 13 ; Ov. Fasl. 1, "07; Val. Max. 1, 8, 1 ; cf. JorJan, Topogrnphie, etc. 1, 1, 453. — 0 Ov. Fast. III, 2!I8. — 1 Gilbert, 0. cit. II, p. 154, note. —8 Paul. D. Ep. p. 128; Scrv. Ad Aen. 111, I7.i; Var. ap .Non. p. 037. Pour Maniitis Fous, Fcslus, p. 157. — » Til. l.iv. I, 21 ; l'iul. .\'u>n. 13 ; Vilr. VIII, ». — 10 Front. /. cil. ; cf. I.onciaiii, 0. cil. 13. — " Juv. Snl. III, i:i.

— 12 Corp. iuscr. lat. VI. I5.")-102. — " Ov. Fast. V, 073; cf. Miralnii,!, III :

pied du Caciius'-; c'est là qu'on a découvert toute une série d'inscriptions dont deux mentionnent des sources avec les désignations de palatinus et de lollianus et, presque toutes, des noms de magistrats préposés au soin des fontaines. Toujours dans la même région, non loin de la porte Capène, se trouvait la source de Mercure où les petits marchands venaient prier et puiser de l'eau pour en arroser leur marchandise et obtenir le droit de tromperies clients". Au centre de la ville primitive nous trouvons les Laulolac qui furent, suivant toute vraisemblance, la fontaine publique de l'Esquilin'*, et enfin le TuUianum dont le nom même, ainsi que certaines analogies de construction avec un édifice de Tusculum, indiquent la destination première ; le TuUianum fut un château d'eau, plus lard transformé en prison d'État'^ La source qui y jaillit encore et que le moyen âge attribua à l'intervention miraculeuse de saint Pierre, rend très vraisemblable l'opinion qui y place la fontaine commune des Sabins et des Latins sous la royauté. Enfin sur le versant ouest du Quirinal débouchait, vers le Champ de Mars, une porte nommée FonHnalis, sans doute à cause d'un sanctuaire de Fons situé à proximité". On a découvert récemment, auprès du palais Antonelli, la source qui semble avoir motivé ce culte.

Sur le Champ de Mars même, Lulalius Catulus voua un temple à Juturna, déjà honorée sur le Palatin à litre de divinité aquatique. Ce double culte semble avoir été transporté à Rome de Lavinium, centre religieux de la confédération latine. C'est là que, non loin du Numicius [flumina], elle avait donné son nom à une source qui possédait des propiétés médicinales et où les Ponliles de Rome faisaient puiser l'eau nécessaire à tous les usages religieux qui intéressaient l'État latin". Pour arriver au lieu des comices sur le Champ de Mars, il fallait traverser un petit ruisseau appelé Pelronia amnis auquel donnait naissance la source de Catus {Fons Crt/i)'*. L'un et l'autre eurent, à cause de leur situation, un rôle religieux important; avant de franchir le cours d'eau les magistrats prenaient des auspices qui tiraient de leur objet même le titre de pi'rcnnia''' : c'était par le fait le prélude de toutes les opérations électorales accomplies dans ces parages. Enfin le culle de Fons était particulièrement en honneur auprès du Janicule, où la tradition plaçait le tombeau du roi Numa'" ; là Fons possédait un autel et sa divinité y était associée à celle de Janus son père, de Juturna sa mère, et de Volturnus, gendre de Janus dans la légende, qui parait n'avoir été qu'un vocable spécial du dieu Tiberinus [fllimina]. De même que Juturna était à Lavinium mise en rapport avec le Numicius, ainsi il était naturel qu'à Rome même, le culte de Fons fût insépai-able de celui de Janus et du Tibre à la fois. Nous avons déjà constaté que Faunus el Picus, ces vieilles divinités agricoles du Latium, yavaient

in Avetilitio... fons MercKrii. — i'' iMWiL 0. c. III, iiiii cl I.anciani, O f. 20 et 25. — iô Jordan, Topographie, I, 1, 454 et 1, 2. 323 ; cf. (iilbert, 11, 74 et suiv. — 10 r.->ul, D. p. 8:i ; cf. Tit. Liv. X.WV, 10; llulM. tminic. IV, 123. Pour les conjectures à tirer de ces docunienis, Jordan, O. cil. 1, 1, p. 209 et Prellcr- Jordan, Jlûm. Mylh. II, 123, n. 3.— I' Scrv. Ad Aen. XII, 139; Ov./vis/. 1, 403; là, les coHegia Fontanorum, collèges d'artisans ipii travaillaient aux fontaines, célébraient une fiMe qui n'e»t pas consignée an calemlrier. V. Manunson, Xeilschrift fur gescli. Heclitswiss. XV, p. 340 et suiv. On peut rapprocher de ces collrgia ceux des Feroniensium aqunloruiu, C. iiiscr. toi. V, 8307. — 18 Fcslus, p. 45. — l'-i Cic. Aat. deor. 11,3, il ; Divin. II, 30, 77; Fcslus. p. 213; cf. Fonli pcrenni.Corp. inscr. lui. V, 3700 et Nymphis perennibus, ih. III, 3382. — *" Cic, Leg. Il, 22, 30 ; Til. Liv. XXXV, 10 ; Arnob. III, 20.

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aussi leur place ; on en peut dire autant de Paies, à qui le berger demande, chez Ovide, d'apaiser en sa faveur : Fouies Fontnnnquc Numina^. Par contre l'association, fréquente dans les inscriptions, des Sources avec les Nymphes s'inspire d'idées helléniques^ ; on peut même dire que le culte grec des Nymphes fit tort à la vieille religion romaine des Fontes.

Comme témoignages matériels du culle public des sources à Rome, on peut citer l'ara Fontis auprès du Janiculc^, le dehibruin Foitlis, voué en 2H1 (av. J.-C.) par C. Papirius Maso' et le temple que Lutatius Catulus, vainqueur des Cimbres, éleva à Juturna sur le Champ de Mars"". Tous les ans on célébrait, le 13 octobre, en l'honneur des sources en général, les Funtinalia ou Fontanalia, où il était d'usage de jeter des fleurs dans les fontaines et de couronner de guirlandes les ijuits". Les Frères Arvales sacrifiaient à Fvns, de compagnie avec les Lares, la mère des Lares et Flora; comme victimes ils leur immolaient deux béliers". Chez Ovide, racontant le sacrihce de Numa à la source de Picus, la victime est une brebis". On peut voir par l'ode d'Horace à la fontaine de Bandusie que l'offrande consiste en fleurs, en vin pur et en un chevreau dont le front se gonfle de cornes naissantes'. Martial sacrifie une truie encore vierge à la divinité d'une eau vive qui coule dans sa maison et qu'il a invoquée pendant une maladie'". Souvent d'ailleurs les inscriptions votives en l'honneurdes sources sont motivées par leur action curative ; c'est le cas de quelques ex-voto découverts dans les provinces, sur des emplacements où jaillissaient autrefois, où jaillissent même encore des eaux minérales". Les hommages aux fontaines, sans considération d'une action extraordinaire, sont relativement rares; de ce dernier genre est l'inscription votive découverte dans un Nymphaeum de Lambèse " où l'on remercie la divinité de la source d'une pluie abondante qu'elle a fait tomber sur la contrée.

Un passage de Martianus Capella où Fons est placé, avec Junon, les Nymphes et les dii Novensiles, dans la deuxième région du ciel, permet de supposer que la divinité des sources avait sa place dans la discipline augurale'^ Il est établi d'ailleurs qu'on lui attribuait, surtout dans la primitive religion du Latium, une vertu prophétique ; c'(!st auprès de la source Albunea que le roi Latinus va consulter l'oracle de Faunus; comme le dit Pline, il n'y a pas de règne de la nature où se manifestent de

1 Ov. Fast. IV, "SU. — 2 Oiolli, Inscr. 1633 et Corj). inscr. lai. VI, 100 ; VU, 171, dïidicaco par la Legio XX, Valeria viclrix. en Brpt.igne. — •* Cic. /.tv/. /. cil. — 4 Cic. Nal. Deor. III, iO, 52. — « .Scrv. Ad Acn. XII, Kî'.l. — c Fast. Sab. Muff. Amit. [Corp. inscr. lai. I, 404; l.\, 4192); Var. Liiig. lat. VI, ïi; Paul D. p. 85. —TAcla, 183, 218, 22V; cf. Ilcmcn, p. 140: Vinjinibiis ilivis, Fainutis divis, Laribus, Matri Laruiii, Fontiy Fiorac... — 8 FasI. III, .100. — 9 Jlor, Oil. III, 13. — 10 Mart. VI, 47. — il Corp. inscr. lai. II, 2005; VI, 149 ol 130 ; III, 1300; cl sans douLo aussi 11, 400, etc. — 12 Orolli-Ilonzon, Inscr. 5708 a; cf. i6. 1630 et Corp. in.m: lat. V, .4938; VI, 133. — 13 Mart. Cap. I, -40. — Il Virg. Aen. VII, 84; Pliu. Hisl. nat. -\XXI, 2, 18; cf. Vilr. VIII, 3 et II, 8. — lu Vilr. I, 2, 5. Une inscription (C. ins. l. VIII, 2050) mentionne une ftcdcs Fontis près de Lambî^se. II existe deux inscriptions dWquilée en l'Iionncur de Fons Belenus. divinit»^ locale dont la nature est encore mal ilélinic ; Ib. V, 754 et 733. — m Kctiiel, Doct. num. vel. V, 215ctsuiv.; cf. 319 cl suir. Il est proliabtc que c'est la tôle double des Hioscures dont la fjens Fontcia diHenail le culte. — 17 V. Plaut. Stich. 703 ; un personnage plaisante sur Fons opposi^ à /.ibt'r; il faut écrire avec des m.ajuscules : Fonlintf an Libero... — IS Sen. Epist. 41 : .\Jagnorunt fluininum capita venerainur, etc. ; cf. Ilor. Ott. I, 1, 22 : ud aquac Irne caput sacrae ; Aristid. 'UOmxôi tli IIo'TEtS.Tiva (inil.). — 19 .\uson. Opusc. .XIX, 137: .Suive, fons if/iiole ortu^ sacer, atmc, prrennis... Salrt!, urbis geniits, medico potabilis bauslii. Divona Cellarum tingna fons. adilite Divis. Il s'agit de la lïive de llordeaux. Cf. E. Mérimée, De aniiq. ai/uarum rctigionibus in OuUia, 1880, c. VI ; Lièvre, Iteste du culte des divinités topigues dans la Cita-

plus grandes merveilles''. Ou ne sait à fjuel sanctuaire il convient d'appliquer l'observation de Vitruve que les temples de Fons, comme ceux de Vénus, de Proserpina, de Flora, des Lymphae, sont du style corinthien'". Quant aux représentations figurées de Fons, on a supposé (ju'clles lui donnaient la télé d'un Janus jeune et que cette tète se rencontre sur des monnaies de la f/cns Fonleia : mais la chose n'est pas sûre". Indépendamment des passages que nous avons cités et dont le plus important est l'ode d'Horace, le culte de Fons n'a pas laissé beaucoup de traces dans la littérature latine''; il y a été supplanté par celui des Nymphes quand il .s'agit d'i-aux vives, soit minérales soit ordinaires, ou bien il se ctmfond avec le culte des fleuves et des rivières, capita fluminum étant une expression identique à fontes**

[.NYMPUA, NVMPIIAIX'M, KLUMIXaI.

Il semble que ce culte ait eu plus d'importance, à l'époque historique, parmi les populations celtiques et gauloises, que sur le territoire même de l'Italie. Le christianisme eut fort à faire pour éliminer les pratiques superstitieuses auxquelles il donnait lieu et même il ne réussit le plus souvent qu'à les transformer, en remplaçant le giinie païen de la source par un saint quelconque c[ui y reste (;n honneur encore de nos jours". J. A. Hild.

FORCEPS. — Le sens le plus général de ce mot est celui do pince et l'ètymologie paraît prouver qu'il a d'abord signifié ;j(')ice A feu. En effet, forceps est probablement pour fonniceps,mul formé de cnpio et du vieux mot formus signifiant chaud, correspondant au grec Oiiao; '. On trouve quelques exemples du pluriel forpkes et de l'ablatif singulier forpicc, qui feraient supposer une forme secondaire forpex^ ; mais elle n'est pas suffisamment attestée pour être considérée comme un archaïsme ^ Les équivalents grecs du latin forceps seront énumérés plus loin, dans l'exposé que nous allons faire dos diflérentes acceptions de ce mot.

I. La plus fréquente et sans doute aussi la plus ancienne est celle de /ji«ce à feu, les tenailles des forgeions et des ouvriers en métaux ', en grec TT'jpivpa. xasxi'voç, ■zxYMzo:,, ^s-^ii.x'j-'J.!;. Le premier de ces termes se trouve déjà dans Homère, une fois désignant l'outil d'IIéphaestos', une autre fois celui d'un orfèvre". Dans une épigramme de VAntholoçiie, un forgeron dédie à Héphaestos les instruments de sa profession, le marteau (paiG-TT^p), la pincelle (zïoxîvoç] et les tenailles (TrupÎYf'i) '

rente, p. 8 et suiv. ; et la noie 1, p. 31. — BiBUObaAPiiic. Pour le droit tôt. Dirksen, Uebersicht d. XIJ Tabut. fragm. l/^ipzig. 1824, p. 4S0 el s. ; K. A. Schneider in Zeitschrifl. f. civil, und process. V, p. 323 et s. : RudoriT in Schriften der rômisch. Feldtnesser, II, p. 462 el suiv. Berlin. 1848-52; R. Paçenslochcr. Die Lehre vom Eigenthum, \, p. 124 el s., Heidelb; 1837: Rein. Das Pritatrecht lier liôtncr, 2' éd. Loijiiig, 1858, p. 218 el s. ; P.-E. .\udran. De la dêlimitatiou légale du droit de propriété à Rome, Toulouse, 1865. p. 47 el s. ; Courel. Du ri'gime des eaux. Grenoble, 1865 el It?s auteurs cités par von Vangerow. Lehrbuch drr Pandekten, 7* éd. Marburg el Leipzig, 1 863, 1, § 298, p. 34$. el par Windscheid, f.erhbuch d. Pandektenrecbls, i' éd. Dusscidorf. 1860, § 473, p. 707, cIc.

FORCEl*S. 1 Formucapes (correction de Scaligcr pour forinucales) forcipes dieiae i/uod forma copiant, id est ferventia \Fesl. éd. Millier, p. 83). Cf. CuKius, Gr, ICtym.^ p. 494; Bréal el Bailly, Dict. ètynwl. lalin. p. 102. L'b>potlié$e de Donaldson t V«/*''o«i'a»us -, p. 297), qui voudrait rapporter forceps connue forfcjc au i-adical de foris, ne soutient pas l'examen. — 2 c.il. /te Rust. X, 3 et XI, 5 : Sucl. Octav. 73; Sidon. Cann. XII, 184. Dans ce dernier passage, on a cru t\ne forp&x était svnonvme de fera friser. — 3 Cf. Blîimner. Terminal, und Technol. t. 11. p. 192. — ' Vii-g. Georg. IV, 175; Aen. VIII. 401, 453.; Ov. 3let. XII, 277; Juv. X, 131 ; Isid. Orig. XIX, 7, 3; Hier. Ep. XVIII, 14. Les épilhélcs de forteps sont teuttx {Arn. XII, 401), eurxa (.Vet. XII. 277), uncus Isic LucU. ap. Cliaris. I, 74). - 5 Hom. //. XVIII, 477. — c Ilom. Od. lil, 434. — 1 AiUhol. Paint. VI, 117. 1. On trouvera d'aulres cxcniples dans Luc. Diat. deor. V, 4; VII, 2 el 4; Diat. mer. VI, 1 Poil. X, 117. .

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Ce passage suflirait à prouver que xapxîvoç et -uiï-ypa ue sont pas tout à fait synonymes, malgré l'assertion contraire d'un lexicographe '. Le xapxîvo; - parait être la pince de l'orfèvre, plus soignée que la TrupaYpa et présentant peut-être une plus forte courbure ^ Cet instrument doit son nom à sa ressemblance avec les pinces d'un crabe (y.apziv&ç) ; du reste, le latin forceps a pu désigner aussi quelquefois les pinces et les antennes de certains animaux, bien que la lecture forficihus pour forc'ipibus ait prévalu depuis Sillig dans les éditions de Pline'*. Il7.Y!/upoç est aussi le nom d'un crabe ^; Oesp-ac- -pt';, mot dont l'étymologie indique l'acception générale de pince à feu lOsoixoç), est plutôt une pince d'orfèvre ''. Quant à la signification de G/i-jouly., elle n'est établie avec précision par aucun texte ; c'est par hypothèse seulement qu'on y a cru reconnaître une pince''.

La pince à feu a essentiellement pour objet de permettre àl'ouvrier de tenir le métal brûlant sur l'enclume et de l'en retirer après l'avoir travaillé au marteau. C'est donc l'outil indispensable des forgerons et, en cette ([ualilé, elle est très souvent donnée comme attribut à liéphaestos, tant par les poètes que par les artistes [vulc.\NUs] *; on la place aussi entre les mains des Cyclopes'. Nous avons publié plus haut la représentation d'un ouvrier égyptien tenant une pince (lig. 9!17) et celles d'ouvriers grecs et romains travaillant dans des forges 'fig. 29.jC, 2964. 2905, 29(18, 2909). Sur un autel en marbre trouvé en 1819 à Veii, qui parait être une copie du piileal Libonis du forum romain, on trouve réunis les attributs de Vulcain, le bonnet pointu, le marteau et les tenailles '", ijui figurent aussi sur les monnaies de T. Carisius ". Bartoli et Jahn ont également publié, d'aiirès un dessin de Ligorio, une urne en marbre, sur laiiuelle est représenté un forgeron tenant une pince ; une autre pince est suspendue dans le champ'-. On en voit deux figurés sur la pierre funéraire de G. Vibius,a'?'rtJVM.s-, au Musée des Offices à Florence '^Une stèle du musée de Sens, figurant un forgeron gaulois, a été reproduite cidessus (fig. 2970)'*. On a vu aussi la représentation de pinces sur une monnaie de Populùnia(fig. 2953). Dans une prinluro de vase'', les branches de la pince forment un

Fig. 31G1. — Pincos à tlouble croisement.

double croisement (fig. 31C1); c'est une forme tout à fait exceptionnelle : on n'en rencontre pas d'autre exemple. On possèdeencoredespincesantiquesplusou moinsbien conservées. La figure 3102 a été dessinée d'après un spécimen du musée de Zurich '". Il est rare que les mordants de la tenaille soient aussi courts; ils sont souvent très allongés, avec des extrémités effilées, comme on le voit dans la figure 3103'', ou, au contraire, terminées par deux plats s'appli<iuanl l'un sur l'autre (fig. 3164)'*. Le pre-

1 Pliol. r.ej:. p. 132. 10. — 2 Eurip. Cijclop. C09 ; cf. le Thésaurus d'Estiennc- Oidol, s. V. Dans une épigrammc de l'Anthologie (VI, 21io, 6), les mots xâoxiva otaifoj/w dijsignciil Jin compas. — ^ T?.v Sî/.r.V-ov xctjvîvov, -jjwyp*"'.''' AnthoL Pal. VI, 92, 3. — '• Plin. IX, 31, 51 ; XI, 28, 3i. — 6 Le sens d'outil est ottcsliS par llesjcli. V. ïjfiyf/, ; Pliot. Le.r. p. Vlii, 19 ; Suid. v. ^uji^jav; il a 6cliap|>i^aux auteurs du Thésaurus. — f' Hcsycll. V. OejiJL«^jî;' ijxl\t',\ T:afa-Xr,T'.'.v xwjxîvi.» iTj /jrT.vTCtt oî )rojT'.//*V. Cf. Arist. Quaest. mechon. 22. —1 Cf. lîlumncr, O/i. e. t. II, p. 103, n. 2. — « Cf. Jahn, lier, ilersfichs. Oeseltsch.der Wissenschnffcn, 1801, p. 300 ; .Votium. delV Instit. t.I.pl. Ml : l. III, pi. XXX. — 0 Virg. Georg. IV, 17.'). — 10 Jahn, Dcr. der sûchs. Ges. 18C1 . pl Mil l. —Il Jbkl.\i\. VIII 0. — ISJalin, /ii'i/. pi. vu, 3. — i;i Oori, /ns«-. nnt.

mier exemple appartient à la Grande Bretagne où l'on a découvert des pinces en plusieurs endroits, parmi

Fig. 3\Ù:L.

Tenailles en fer.

d'aulrcs restes romains '° ; le second provient des louiiles faites au Chàtelet, en Champagne. Cette partie de l'ins-

Fig. 3163. — Pinces en fer.

Irument, aussi bien que les branches servant à le manier, sont quelquefois élégamment ornées, quand la pince n'a

31 G l. — Pinces en fer.

pas été destinée aux rudes travaux industriels. Telles sont (fig. 3165) des pinces de bronze terminées en tètes de

Fig. 3105. — Pinces en bronze à roulelles.

serpent, trouvées à Vulci, à l'intérieur d'iui brasier, avec deux crochets à remuer les charbons, recourlx'es en forme de main. Les deux liges des pinces sont munies de roulettes "". 11 en existe de semblables au Cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale, au Musée de B(!rlin et ailleurs -'. Les pinces en fer ne sont pas rares dans les musées, mais nous n'en connaissons pas qui ré-

4«; Ductschke, Atil. HitJwerkeiit Oberitaulicn, III, n. 362. — l'> Julliot, Muscedf Sens, pi. X, 2; Bull, monum. 1863, p. MO: Schrciber, Bildcrallas, pl. i.xix, 7. — K Elu. des mon. ctVanl. I, iC A. — "Uiliimncr, t. II, p. 193, llg. 32. — " l.yson, Reliq. rom. britunn. II, pl. xi. — ■« Kecucil de dessins réunis par Urignon lors de la découverte, p. 83, cf. p. 132. Analogue, provenant de Compiégne, au Musée de Sainl-Gcrmaiii. n" 9821 ; autres au Musée do Naples, Ceci, /'iceoli liroiizi, pi. x, 20 ; Piranesi, A>i(iV/. de la Grande Grèce, t. III, pl. vi. — m Voy. Archxoloijin, XI.V (1880) p. -102 cl pl. xxxvni, I ; autres semblables au Musée liritanniipie. — -'O Mu.-:. Gregoriano, pi. xiv. — 21 Voy. Micali, Slor. degli uni. popoli Uni. pi. cxin. 2 : Cabinet Durand, n. 1877; Fricdriclis. Klein. Kunst und /nilu.^trie, n. 7C3.

FOR

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pondent aux tenailles actuellement employées par les menuisiers et les charpentiers pour arracher les clous.

II. Nous ne traiterons pas ici des pincettes [volskllae], mais il est nécessaire de dire quelques mots des différentes sortes de pinces chirurgicales (Xa6i;)'. Les principaux types de ces instruments ont déjà été reproduits à l'article cuirurgia (fig. i;!79-i.'i8-4). On se servait de pinces pour extraire des blessures les fers de lance ou de (lèche ; cette espèce de forceps s'appelait, en grec, àp3io0/|pa -. La pince du dentiste, recourbée aux extrémités^, s'appelait ooovT7.Yfaou Ocff/.aTTfiç', dentharpaga'-' ; une variété de cet instrument, destinée à arracher les racines de dents brisées, était dite çi^âYpa '^ (fig. 1383).

III. Dans Ovide, Térée coupe la langue de Philomèle avec un forceps'' ; le xapxivoç servit aussi comme instrument de torture à Agathocle dans les traitements barbares qu'il fit subir aux femmes d'Égeste en Sicile**. On le voit, sur un vase peint ', employé de la même manière par des Silènes qui torturent Lamia.

IV. Pollux '" trouvait, dans les inscriptions attiques, la mention de xapxi'vot destinés à soulever des pierres. Ce sont les mêmes machines que Vitruve appelle forcipcs ", tenailles de fer dont les doux branches allaient s'enfoncer dans des trous que l'on pratiquait aux pierres et permettaient ainsi de les soulever à l'aide d'une moufle. Ces tenailles s'appelaient aussi lupus (on dit aujourd'hui louves) ; une peinture de la maison de Siricus,

OITL

Fig. 3166.

à Pompei (fig. 3160) montre cette machine servant à la construction des murs de Troie'-.

Quelques manuscrits portent forfi.ces (ciseaux) au lieu de forcijjcs (tenailles) ; c'est une confusion dont nous avons déjà cité plusieurs exemples.

V. Dans la langue technique de la stratégie, on appelait forceps ou forfex la disposition en V que prenait un

1 llippocr.. 11. 6S7, 7.-2 Scrv. ad Ani. VIII, U3 ; XII, 104 ; Cols. Vil, 3.

— 3 Uicil. Sat. I.X, 48 et 51. — l Aiisl. Quaest. médian, ii; Hippocr. p. 21, 10; l'Iul. Mor. p. 468c; Poil. Il, 90; Cels. VII, li. — ^ Varr. ap. Non. p. 90, iO-

— » Cels. /. ;. ; Paul. Acgin. p. 737. — ^ Ov. .l/e(. VI, 3d6. — » Diod. Sic. XX, 71 ; cf. Syiics, Ep, 38. — 9 Alhen. Millheil. ISOI, pi. ix. — 10 Poil. X. 148. — " Vilmv. X, i, 12 Ciorn. il. Scavi, 1802, pi. v ; Hclliig, n'aiiilgniiàlde, n. 1266. Voy. aussi le comment. île Maufras sur Vitruve, *^d. P,iuckoucke, l. II, p. 520. — 13 Cal. ap. l'est, s. t'. Serra; Ammian. XVI, 11, 3 ; Gell. X, 9 ; Veg. De re mil. III. IS.

FOnuIClKlA. I Varr. Ling. lai. XI, 13; I.yd. flo mcm. IV, 40; Var. tte rusl- II, 5, 6 cl les Calendriers. — 2 Cf. Arnol). VII, 22, où il faut lire : Tftlttri grnvidas (ttqiip fot'fla.'^ (au lieu Ho foeîas) ob lionoi-fui fecttndiilatis ipsùis. — 3 Ov. Fa.^t. IV ,029-072. — ■> Ov. loc. cit. 041 et sniv. — o J. Lui. Loc. cil. et Ov. O. c. 639.

corps de troupes lorsqu'il voulait laisser avancer, pour l'envelopper ensuite, un corps ennemi qui marchait sur lui en formant un coin [cuneus)^^. S.\lomo.n Reinacii.

FORDICIIUA. — Fête du calendrier romain, encore appelée Focdicalia, f/ordicidia et Hordicalia ' ; elle tire son nom de hordn ou farda, expression de la langue rustique désignant une vache pleine; on la célébrait le 15 avril en l'honneur de Tolius^ dans le temps même des CEREALIA et des AMBAHVALiA, quelqucs jours avant les palilia; elle faisait partie de tout un ensemble de cérémonies qui au printemps devaient pourvoir à la fertilité de la terre, à ta fécondité des animaux et au bien-être des hommes. L'acte principal des Fordicidia consistait dans le sacrifice de vaches pleines; les veaux qu'elles portaient étaient ensuite brûlés par la Vestalis maxima, sans doute sur le foyer de la Regia, à l'aide de paille de fèves, et les cendres mêlées avec le sang du cheval d'octobre [october equus] fournissaient les suffimenta ou febriia casta que l'on distribuait au peuple pour la célébration des Palilies^

L'institution de cette fête était rapportée au roi Numa, à qui l'oracle de Faunus, interprété parla nymphe Egeria, l'aurait révélée comme un remède à plusieurs années de stérilité '. Les Pontifes et les Vestales y figuraient comme dans toutes les cérémonies qui avaient pour objet le bien commun de la cité [argeij'. Le sacrifice avait lieu dans chacune des trente Curies, c'est-à-dire dans les plus anciens lieux de réunion du peuple romain^. Ces manifestations isolées était ramenées à l'unité par un sacrifice au Capitole et par la cérémonie finale au foyer de Vesta. Le caractère politique de la fête lui était commun avec les FORNACALIA ot Ics paganalia'. La signification n'en est pas douteuse ; la combustion des veaux mort-nés s'explique par ce fait que l'épi dans les champs est encore en espérance*. Les Grecs avaient, au temps de la moisson faite, le sacrifice du taureau [boupuo.niaj, qui s'inspirait d'idées analogues'. Mannhardt rapproche une fête du printemps en Chine, où il est d'usage de porter à la ronde l'effigie d'une vache en argile, que l'on brise ensuite pour retirer de son ventre un grand nombre de petites vaches qui sont distribuées parmi le peuple comme autant de gages de la fertilité do l'année '". J. .\. Hilp.

FORFEX, ciseaux, en grec izÀi'î, diminutifs for/icula\ «^/aXiS'.ov-. On dit aussi, par périphrase, oittXt, (lâ- /aipa, couteau doublet L'étymologie du mot /"or/fM- est obscure; suivant Fick, il se rattacherait à la même racine que forarc et foramen '% de sorte qu'il y aurait eu passage de l'idée de percer à celle de couper^. Dans les manuscrits, les cas du pluriel de forfex sont souvent confondus avec ceux de forceps, et il semble que, dans l'antiquité môme, on ait parfois pris ces mots l'un pour l'autre. Il existe cependant onlre eux celte différence essentielle que le forceps sert à saisir les objets, tandis

— û Varr. /.ing. lut. VI. 13 ; Publiée immotanlur boves praegnanles in euriis cornplttres... ; Ov. 635 ; Pars cadit aree Jovis. I.ydus meuliouuc en plus une cérémonie Iioi-s de la ville : î;uO(y t^î nô^tw,. II faut enlondrc par là une procession dans les champs de chaque curie ; pcul-êlrc confond-il avec les Amtfarvalia. — 7 Cf. Gilbert, (ieschichte und Topographie der Sladt Rom. clc. Il, p. 133 cl suiv. 8 Preller-Jordan, Roem. Mytii. Il, 6. — » Unger, Pkilotogut, XXV, 6.

— 10 Mannhardt, Mylhologischc Forschtnge», p. ISO et suir. ; M. Antike \Vald und Ftddkulle. p. 313 et suiv.

KORFEX. — I Plin. Uisl. nal. XXV. 3;! ; Apul. Met. III. 17. — 2 poil. VU, 22 ; Procop. ffist. p. 468. — 3 Poil. X, 186 ; cf. le Thesaunts d'Kslienne-Didol. 5. r.

— * t^urtius, Griech. Etym. s, p. 298. — w Actttus sigiiilîe à la fois coupant et perçant {forfex acHt a), Caipurn. Ecl. V, 73.

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que le forfexs. pour but de les couper'. Les équivalents français de forfex sont ciseaux, cisailles et forces; ce dernier terme est un dérivé de forfices.

Les anciens n'ont pas connu d'instruments identiques aux ciseaux de nos jours, qui sont caractérisés par la mobilité de deux lames autour d'un pivot et la présence d'anneaux de préhension à l'extrémité de ces lames. Les cisailles des Grecs et des Romains étaient d'une seule pièce et comprenaient deux branches réunies par une partie courbée ou en l'orme de fer à cheval; c'est le modèle des forces usités aujourd'hui.

On connaît cependant des cisailles, destinées probablement à couper des plaques minces de métal, qui présentent deux branches réunies par un pivot; le modèle que nous figurons a été découvert près de Mayence

• Ciseaux en fer.

Fig. 3107. — Cisailles en fer.

(fig. 3167) -. La fig. 3168 reproduit des ciseaux de grandes dimensions en fer, que l'on a recueillis dans une villa

romaine de la Hesse Rhénane^ et qui ont probablement servi à tondre des

bètes à laine. Des ciseaux tout semblables sont placés au-dessus d'un bélier (fig. 3169) sur une pierre gravée du Musée de Berlin '*. Nous réunissons deux paires de ciseaux, provenant les premiers (fig. 3170) d'Aegae en Éolide% les seconds (fig. 3171) des environs de Mayence ^ qui donnent une idée des types les plus ordinaires de ces instruments. On peut en rapprocher deux paires de ciseaux, les uns en bronze, les autres en fer, qui ont été découverts dans l'Italie méridionale ' et d'autres, en fer, provenant des

Fig. 31G'J.

Fig. 3170.

Fis. 3171.

c en fer.

mines de Vertillum " et d'une tombe romaine de la Seine- Inférieure. (?,omme les ciseaux étaient des instruments très usités, on conçoit que les anciens les aient souvent placés dans les tombes, à coté d'autres outils et ustensiles de toilette. On aremarqué qu'ils sont particulièrementfréquents, à la fin de l'époque impériale, dans les tombes du nord de

i Fnr/ice incidimus. forcipe cnpimus (Forcelliiii, hj.c.s. v.). —- l.indenschmit, Alterthimcr unsr. heidn. Yorzeil, III, 3, S, n" 7. — 3 111, 3, 5, n" 4. — * l'ierrc do la collection de Stoscli, actuellement au MuscJe de Beiliii, Winekelmann, l'ierrfs ijr. Je Stosnh. p. 5iS, n. M. — 'ijjull.de corresp. heiléniijiir, 1891, p. S3ii. — C Lindcnsclimit, Jliid. III, 3, 5, n» 1 . Ces ciseaui et d'autres ri5unis sur la même planche sont en fer ; les ciseaux en bronze sont relativement rares ; un sp/Jeimcu du musée de Naples est reproduit dans Ceci, Piccoli bronzi, pl. vu, n" 14. Ciseaux en fer de la TSnc, Troyon, JJahit. lacustres, pi. xv, 13. — " IJuU. iircli. 7w.pol. 1844 it. Il), pl. i, 3 et 4 ; cf. Archûol. An:eiger, 18U3, p. O'J. — 8 Vertault, arrondissement de Chàtillon-sur-Saùne (Bulletin

3172. — Ciseaux de tondeur de drap.

l'Europe, OÙ l'on trouve aussi bien de grands ciseaux à tondre les brebis que des ciseaux de très petite dimension '". Les ciseaux et les cisailles servaient à des usages très divers. On les employait pour tondre les bètes à laine ", pour couper les branches d'arbres et les plantes'-, les grains avariés des grappes de raisin", etc. Dans l'industrie, de grandes forces servaient à tondre le drap, comme on le voit sur une stèle du musée de Sens (fig. 3172) ". Une fresque de Pompéi montre des Amours coupant avec des ciseaux une guirlande de fleurs pour en confectionner des couronnes [coro- NARIUS, fig. 2015].

Comme objets de toilette, les ciseaux servaient surtout à couper la barbe '^ et les cheveux "''; nous donnons ici (fig. 3173 et 3174) un joli groupe en terre cuite de Tanagra ", ', ofi la forme des ciseaux du barbier est très distincte.

Une épigramme de V Anthologie, sur un homme à chevelure très hirsute, dit qu'il doit être tondu à l'aide de faux et non de ciseaux, ôps-riâvoKJt xat où J/a)v['3£<j(7i xapT,v3!i ".Une autre épigramme énumère les ciseaux, à côté des rasoirs et des canifs, parmi les objets de la toilette personnelle'''.

Fig. 3173. — CoilTcur.

Pollux compte les petits ci- / seaux parmi les articles de '

parmi la toilette féminine-». Quelques femmes coquettes s'en servaient aussi pour régulariser leurs sourcils ='. Comme le forceps, le forfex était

Fig. 3174. — (liseauv de eoiffeur

de la Soc. des antiq. de Franco, 27 diSc. 1884. — 3 Cochet, Itev. de la .Normandie, mai 1800. — 1» Archaeologin, t. XXXVI, p. i77 ; Verhandl. der. herl. Gcs. far Aiithrop. XXI, p. 3Iil ; fig. 25, 31 -, Congrès d'anliéoLpréliist. tenu (i J'eslh, p. 4711 (où l'on trouvera une légende lithuanienne relative à la déposition des ciseaux dans les tombes). — " Calpurn. ICcl. V, 74. — '8 <I'«),.<r:o"t njffivSvi;, Hierocl. ap. Stob. Serm. p. 413 ; Colum. XII, 41, 4. — » Colum. XII. 43. — 1' Julliot, Mus. de Sens, pl. IX, n» 1 ; Schrciber, Dilderatlas. pi. i.xxv, 4, — 15 Mart. VII, 9o (forcipibus «upinis). — 1» Schol. Eurip. Orest. 954; Virg. Cnlal. Vlll, 9;Ciris, 213. — " Archaol. Zeit. 1874. pl. i.iv. — 18 Anthol. Patat. XI, 368. — m Jbid. VI, 370. — 2« Poli. X, 126; cf. VII, 05 — 21 Ucsycb. ««AÀiScoTs;; cf. Juv. H, 93.

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parfois employé par les chirurgiens'. Dans l'art de bâtir, on appelait forceps ou forfcx des espèces de cisailles destinées à soulever les poids [forceps].

Le mot grec 'j/a'Ai'ç s'applique encore à des constructions voûtées, arcs et arcades [arcusI - ; à l'époque byzantine, on donne aussi ce nom aux absides '. Dans la Bible des Septante, l'expression ai 'iaXi'oEç tôjv crûXtov parait signifier les chapiteaux des colonnes •.

Le grec 'faXiç désigne aussi, par analogie avec la forme des ciseaux, les tendrons de la vigne % comme le latin forfi;x, souvent confondu dans les manuscrits avec forceps, désigne les pinces et les antennes de certains animaux, le crabe, la sauterelle, le hanneton ".

Nous avons déjà parlé, à l'article forceps, de l'ordre de bataille en forme de ciseaux ou de tenaille, que l'on trouve appelé tantôt forceps et tantôt forfex; les anciens paraissent avoir hésité eux-mêmes entre ces deux •désignations également appropriées. Salomon Rei.vach.

FORICA. — Latrine publique [latrina].

FORICULA. — Volet, contrevent'.

FORICIXARIUM. — On entendait par foriculariinn ou foriculare vectigal un impi'it indirect [veciigal) perçu sous l'Empire' et dont la nature n'est pas bien certaine [ansarium].. Suivant Becker-Marquardt-, il s'agit de la redevance pour location d'une boutique ou d'un droit de place sur le marché. Le mot foriculariinn viendrait de foricula, volet ', caisse ou boutique : conducunl foricas, dit Juvénal'*, et un scholiasle ajoute : alii tabernas dicunt foro vkinas. Les fermiers, nommés foricarii, payaient leur loyer au fisc et devaient les intérêts en cas de retard". Suivant Furlunetto ", forica aurait été un magasin à Ostie, où les marchandises payaient un droit de magasin ; mais cela ne repose sur aucun texte. D'autres', d'après une seconde explication fournie par le scholiaste de Juvénal, entendent 'pa.v forica une latrine publique et le forictdarium serait le droit payé au Trésor par les fermiers qui prenaient à bail l'exploitation, mais le texte d'une inscription porte : vectigali foriculari et ansnrium promercalium', et ce dernier mot indique bien qu'il s'agit de marchandises. On peut conjecturer, avecMommsen, qu'il est question d'un droit, d'entrepi'it et de magasinage pour la caisse municipale de Rome [arca piblica], perçu sur les marchandises introduites dans un certain rayon, déterminé par des bornes placées sous Marc-.\urèle"; ces objets ensuite, en cas de déplacement, n'avaient plus à payer d'entrée. G. Humbert. . F0RU:AR1US. — Fermier tenant à bail dos foricae' [foricl'larium].

1 Ccis. VII, il.— 2 Plat. Leg. \i. 947; Dioil. Il,!l; Slrab. XVi, p. 7;is ; XVII, |;. X13; Jos.A}tt.Jud. ,XV, 0, 6 ; Poil. IX, 4!l ; Hcsych. cl Suid. 5. i-, — a Suid.s. v. —'• Exod. .17, Init. (il s'agit de la construction du tabernacle). — ■' Thésaurus d'Estiennc- Didnt. s. i: — C Plin. fJist. tiat. IX, il, 51 ; XI, 28, 3» ; XXXII, II, 53.

FOniCULA. 1 Varr. li. Rust. I. OU, 1.

FORlCULAniUM. 1 Orclli, Inscr. n" 3.347 et 3H« : Corp. inscr. lai. VI, S:iî)4: VI, lOlG a-c. Cf. Ephem. e/jigr. 4, p. 276, n" 787; Marini, Inscr. Alb. p. 28.

— i Uundbuclt der rôiii. Allerlh. III, 2, p. 209. — 3 Varr. De re n^t. I, 5'.i. — 1 III, 38. — ^ Paul. fr. 15, § 5, Dig. De itsur. xxii, 1 : Saumaise, De usur. c. 18, ne voit pas que ces cotiductores payaient à l'État. — 6 Ap. F'orcellini, Lexic. s. v. — ~ Muralori. .S76,4 : Cramer ad Juvénal. Comment, vet. p. 76 ; Burmann, Yect. pop. rom. <*. XI ; Dureau de la Malle, Écon. pot. Il, p. 480. — 8 Orelli, 3347 ; v, aussi Moinnisen, Epigraph. Analekt. 15 [Mém. de l'Acad. de Saxe. 1850, p. 309.) — 9 Walter, Gesch. tl. roin. Bechts, I, n" 297, note 69 ; Cagnat. Étude sur les impôts ind. p. 148 et s.

— BiDr.ioGuAeaiE. Beckcr-Marquardl, Hamllmeh der rôm. Alterth. Leipzig, 1849, III, 2, p. 209; J. Marquart, II, Staalsverw. 2, 10, 2" id. Leipzig, 1884, p. 270 et s. et trad. fr. par Vigt^e, Paris, 1388, p. 353 ; Waller, Gescliic/ite des rôm. Itechts, 3" i'd. Bonn, 1860, I, n"» 297, n. 69; Burmann, Veclîgalia poputi romani, c. xr, Leid. 1734, et in Poleni, Thesaur. v. 1 ; Dureau de la Malle, Écon. polit, des Itom. Paris, 1840, t, II, p. 480, 481 ; Naquet, Des impôts indirects cAec les lioniains,

FORIS [.IAM'a].

FORMA. — Ce mot a diverses acceptions que nous examinerons successivement.

I. Moule. — 1" Monles pour les saumons ou Inu/ois de mêlai. — Quand les fondeurs traitaient le minerai dans les hauts fourneaux, le métal en fusion était dirigé vers des moules où il prenait la forme des saumons ou lingots destinés à être livrés au commerce et expédiés souvent au loin. Nous reproduisons ici un haut fourneau

M-PK© SClËIS-Afv'E-MAlC

Fig. 3176. — Saumon en plomb des mines de Carthas^ne.

Fi". 3175. — Haut fourneau et moules de Wansford, Angleterre.

dont les restes ont été retrouvés près de Wansford, en Angleterre (fig. 317oj. L'entrée du four est obstruée par un amas de scories ; au-dessous de ces scories se dégage le canal par où la coulée allait emplir les moules que l'on voit, plus en avant, creusés dans le sol'.

Vers 1846, on a découvert, près de Carthagène, en Espagne, dans des mines antiques, plus de trente saumons de plomb argentifère -, coulés évidemment dans des moules de même forme

que ceux du haut four- ' ''"' •

neau d'Angleterre.

Nous reproduisons (fig. 3176) un de ces saumons, du poids de 36 kilogrammes, de la collection de M.Dorda de Carthagène ; il a

figuré à l'exposition universelle de Paris, en 1867 ^ Le cabinet de France ', les musées de Saint-Germain ^, de Londres', de Berlin', de Madrid', possèdent des saumons provenant de cette trouvaille. D'autres régions de l'Espagne', et surtout la Grande-Bretagne'" et la Gaule"

Paris, 1875, p. 74 et s. ; Cagnat, Étude historique sur les impôts indirects chef les Domains, Paris. 1882, p. 148 et s.

FORICARICS. t Paul. Fr. 15. 5 Dig. XXII, I.

FORM.I. 1 E. T. Artis, The Durobrivae o( Anioninus identified and illuslrated, pi. XXV, n" 2. — 2 Corp. inscr. lat. t. H, 3439, et suppl. 6247.4. — 3 Catalogue général; Uist. du travail et monum. hist . p. 581, n' 51. L'inscription doit se lire : .M(anius), Piublius), Roscieis, Mianii) fiilii), Maic(ia); ces formes archaïques assi- <»nent à ce monument une date ancienne. — ^ E. Egger, iJêm. d'hist. ane. et de philologie, 1863, p. 384. — ô Jbid. p. 385, noie 1. — 6 md. p. 385. — 7 Corp. inscr. lat. Il, 6247, 3. — » Ibid. 6247,1 — 9 Ibid. n» 6247, 1-7. — 10 Ibid. U VII, p. 2Î0 cl n*' 1196-1221 : lingots d'argent, de bronze, de plomb; Eggcr, O. c. p. 385; abbL'Cocbel, La Seine/nf. hist. et archéol. f î-dil. 1866, p. 401, note 1. Sur les lingots d'Angleterre, cf. aussi A. Way, Enumeration of blockt or pigs of lead and tin relies of roman metatlurgy, discocered in Great Britain, dans .\rchaeological Journal, {. XVI (1859), p. 22 et s., t. XXUI. (1866). p. 277 et s. avec nombreux dessins de lingots; Roach Smith, Collectanea antiqua, t. III, p. 258.

11 L'abbi' Cochet, 0. c. p. 401 et la note; Bull, monument, t. .XXII, p. 407-410;

Canal, Inscr. antiques de Chalon-sur-Saône, dans item, de ta Société d'hitt. et d'arch. de C. s. S. p. 212. n. XI, el p. 271 ; pi. xi, 10 ; Corp. inscr. lat. I. XII, 5700, 1-2. \'. aussi les indications donni'es dans les deux notes suivantes.

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ont fourni des lingots de matière et de formes diverses. Le musée de Saint-(iermain ' et d'autres musées ^ en conservent des exemplaires. On en a dessiné deux à l'article FERRUM (fig. 29.54, 2953) '^ MM. Perrot et Chipiez donnent le dessin d'un saumon de cuivre rouge trouvé en Sardaigne et analogue à ceux qu'on rencontre en Italie et particulièrement dans les régions étrusques ".

2° Moules pour les armes, outils et objets divers en bronze. — L'usage des moules remonte à une haute antiquité. Ils étaient déjà connus à cette époque, qu'on ne saurait pas désigner par une date précise, où l'on commença à fabriquer des armes, des outils ou des bijoux en bronze^.

Les haches en bronze, dont on connaît de si nombreux exemplaires, se coulaient soit à cire perdue, soit dans des moules"^. Le musée de Saint-Germain' et d'autres musées' possèdent un grand nombre de ces moules, soit en originaux, soit en moulages.

On a trouvé des moules destinés à la fabrication des armes et des objets en bronze les plus divers : épées% têtes de lances'", poignards", faucilles'S couteaux'^, épingles''*, agrafes'% anneaux""'. Ces moules sont de matières très variées : on en connaît en pierre''', porphyre'*, schiste ''\ talc-°, ardoise-', terre ^-, terre cuite ^^, bronze-''. Leurs provenances ne sont pas moins diverses-^. A Hissarlik, dans une des plus basses parmi les villes superposées qu'il a mises au jour, M. Schliemann a découvert un moule en pierre, de forme rectangulaire, intéressant parce qu'il pouvait être employé à la fabrication d'armes et d'outils de plusieurs sortes^". Nous reproduisons ici (fig. 3177) un très beau moule provenant d'Ir-

Fig. 3177. — Moule de tète de lance.

lande; il donne une tête de lance avec sa douille, munie d'un anneau au point d'attache de la douille et de la feuille". Mais le plus beau et le plus curieux moule pour

î s. Roinacii, Catalofjuf Hii Miispe de Sauit-Germnin-en-Laye, Paris. I^:t2. p. 8j, vitrine 24, saumon de plomb provenant des mines d'argent du Lauriurn ; p. 1.3^-140, vitrine 10, B. lingots et saumons de bronze ; p. 145, vitrine tl3 ; p. liil, vitrine 38, saumons ou lingots de fer provenant de Mayence, (lolniar, Abbeville et du Jura bernois ; p. 19o, saumon de plomb avec inscription latine mentionnant l'empereur Néron et la deuxième légion, trouvé à Saint-Valcry-sur-Somme. — 2 Musée Britannique. Corp. inscf. lat. t. VII, n" 1196, IIOS, 1202. 1203, 1205, 1208, 1210, 1214, 1221; t. II, 6247, 4. Musées d'York, ibid. t. Vil, 207; de la Soc. arch. de Cliester, ibid. 1212; de Berlin, ibid. t. II, 6247,3 ; de Madrid, iiid, 6247, i ; de Cartliagéne, 6247,6; d'Avignon, ibid. t. Xtl, 5700, 1 ; de Fréjus, 5700, 2 ; de Chalon-sur-Saône, Canat, O. c. p. 242; de Rouen. Bull. mon. î. c; de Bologne, Guida del museo civico di Bologna, 1887, sali. XI, p. 51, etc. — 3 11 existe au musée de Bar-le-Dnc deux lopins en fer, trouvés dans la région et de forme analogue à celles des deux lopins représentés par ces figures. — ' Hist. de l'art, t. IV, p. 9i), fig. 97, — 5 Lubbock. L'itomme avant l'histoire, trad. de Barbier. Paris. 1867, p. 35. — 'i Voy. cera, p. 1010, note 17, et e*KLAruBA, p. 779. — 7 s. Reinacli, 0. l. p. 77, 9»; 138, vitrine 4, provenant de Neuvy-sur-Barangeou, Clier; 130, vitrine 8, Suisse, LcTIieil, Paris; 140, H, Rouen ; 142, li, Mteringcn, Provins, Clermont-Ferrand ; 145, vitrine 23. — s Calai, du Musi-e d'antiq. d. Rouen, 187.'), p. J05. la Villette à Paris; Dunoyer, Calai, du Musée historiq. de la ville d'Orléans, 18H2, p. 226, n" 303, Cherbourg; Proceedinfis of the Soc. uf Aniiquaries of Loudou. t. 11, 1862-1863, ji. 131, planche, Angleterre ; Ibid. t. XIll, p. 300, Angleterre ; JlulM. archeot. sardo, 2" sér. 1" année, p. 140, Sardaigne ; J, Lubbock, O. c. p. 1 5, fig. 8. — '■> S. Reinach, O. c. p. 108, vitrine 20, forêt de Compiègne. — lo Ibid. p. 137, vitrine 2, B, Gimmeltiingcn (Musée de Spire), Suisse; Kttore Pais, La Sardeijna prima del

bronze que l'on connaisse est un moule assyrien en bronze, se démontant en plusieurs pièces, dans lequel on fabriquait des têtes de laace avec leur douille; il provient de Mossoul et est aujourd'hui conservé à Londres au musée Britannique'-''.

3" Moules à bijoux. — Il faut donner ici au mot bijou un sens très large et entendre par là non seulement les bijoux proprement dits, mais des amulettes, des statuettes, des plaques de métal destinées à être cousues sur les vêtements, des boutons, etc. Ces objets, en effet, étaient moulés dans des creux pratiqués souvent dans les mêmes plaques et il serait impossible de les classer séparément sans s'exposer à de continuelles redites.

Les moules à bijoux, généralement en pierre dure, étaient le plus souvent composés de deux plaques sur chacune desquelles était gravée une des faces de l'objet à reproduire; on adaptait exactement ces plaques l'une sur l'autre ; des chevilles ou des écrous, enfoncés dans des trous pratiqués à cet effet, les maintenaient pendant l'opération du moulage. Les ouvertures creusées dans l'épaisseur du moule permettaient d'y verser le métal en fusion ; des rigoles tracées sur la surface des plaques facilitaient l'écoulement de la coulée et la conduisaient aux cavités dans lesquelles étaient gravées, au rebours, les figures dont le métal refroidi devait conserver les formes.

On connaît aussi des moules composés d'une seule pièce ; les figures à reproduire y sont creusées plus ou moins profondément, mais il n'existe aucun conduit pour verser le métal ou le diriger vers le creux du moule. Ces moules en effet servaient à fabriquer des bijoux, non par la fusion du métal, mais par le procédé de l'estampage, qu'il ne faut pas confondre avec celui du repoussé; le travail au repoussé s'exécute non avec des moules mais avec des poinçons en relief. Pour obtenir des bijoux estampés, on appliquait sur le moule des feuilles de métal et on les comprimait, on les frappait jusqu'à ce qu'elles aient pénétré dans tous les creux et en aient pris l'empreinte exacte. Il existe au musée du Louvre, dans la salle des bijoux antiques, des feuilles d'or et des bandeaux dont les dessins en relief ont été certainement obtenus par ce procédé.

Nous n'avons pas à parler ici des moules trouvés en Egypte-', ni de ceux qui appartiennent à la Chaldée et à l'Assyrie^". Nous les rappelons toutefois à cause de l'in-

dominio romano, dans Atti délia reale Accad. dei Lincei, an. 278 (1880-1881), 3» sér. Classe di se. morali, etc. t. Vil, 1881, p. 376 et pi. IV, n° 8: Bullel. arckeol. sardo, 2" sér. I, p. 141, Sardaigne ; Proceed. of the Soc. of .intiq. of I.ondon, t. X (1883-1884). p. 16; Archxologia, t. XV, p. 394, pi. xxxiv, Irlande. — " Bull. arch. sardo, 2« sér, I, p. 125, Sardaigne. — l- S. Reinach, O. c. p. 138, vitrine 6, B, Suisse. — '^ Ibid. p. 77, 9, Brandebourg. — H Ibid. p. 142, vitrine 17, A, Suisse. — 1j Congrès international préhistorique, session de IS76 tenue à Buda-Pest, p. 440, planche. — 16 S. Reinach, O. c. p. 139, vitrine 8. Voir aussi {Ibid. p. lOlj les moules pour objets divers trouvés dans les lerrauiares d'Italie et en Emilie. — n Ibid. p. 77, 101, 137, 138, 139, 142; Pais, La Sardegnapr. p. 376; Bull. arch. sardo, î' sér, I, p. 125, 140 ; Archaeoloijia, t. XLV, p. 48; Proceed. of the Soc. of Anliç. of London, t. X, p. 10.

— 1« Perrot et Chipiez, Hist. de l'art, t. V, p. 99, note 2. — 13 Ibid. — 20 Ibid ; Corp. inscr. lat. VI, 1261. 21 J. Lubbock, 0. l. p. 15, fig. 8. — 22 S. Reinach, H. c. 108, 139. — 23 Ibid. 138, 142. — 2V Ibid. 77, 139; Proceed. of the Soc. of Auliq.of London, l.\\,\i. 131 ; Bull. arch. sardo, i' sér. I,p. I2.'i. — 25 On a découvert un grand nombre de ces moules en Irlande, Ecosse, Angleterre, Danemark, Suisse, etc. ; cf. l.idiliock, O. l. p. 35 ; voir aussi les provenances indiquées dans les notes [)récédentes. — 20 Archxoloijia, t. XI. V, p. 48, fig. île la page 49. — 27 Archi'ologia, t. XV, p. 39 '». pi. xxxiv. — 28 Proceed. of the Soc. of biblical. archaeology. t. VI, (1883-1881), p. 108, planche. — 20 Sur les moules égyptiens, cf. Maspero, Guide du. visiteur au Musée de Boulaq, Paris, 1884, p. 287-288, n' 4919. Cf. aussi Catalogue du jnusée Fol, Antiquités, I" partie, Genôvc, 1874, p. 160, n» 763. Voir aussi un beau moule égypto-grec, dans Caylus, Ilecueil d'antiq, t. V, pi. xxxvi, 1-1.

— MI.cs moul<s de Clialdée et d'Assyrie sont, et |iar la matière cl par les procédés

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fluence que les arts de ces pays ont exercée sur ceux de la Grèce. Il en faut dire autant des Phéniciens qui ont répandu sur tous les rivages de la Méditerranée des bijoux de leur fabrication et particulièrement des bijoux en verre : cachets en forme de scarabée, perles, grains et pendants de collier, amulettes, anneaux, bracelets, boucles d'oreilbî, placjues destinées à être cousues sur des étoffes. Tous ces objets étaient modelés dans des moules'. Le musée Britannique possède un de ces moules provenant de Camiros. On y fabriquait des boucles d'oreille '.

Schliemann a trouvé à Mycènes deux moules d'orfèvre en basalte : l'un, de forme rectangulaire, est gravé sur ses deux faces'; l'autre, en forme de dé, est gravé sur quatre faces '. L'un et l'autre servaient à la fabrication de petits bijoux et de plaques. Le lieu même de leur découverte leur assigne une date approximative.

On connaît un certain nombre de moules à bijoux d'époques moins anciennes que ceux que nous venons de mentionner. A Ruvo, dans la Fouille, on a trouvé, en 1880, un fragment d'un moule en lave destiné à la fabrication de jolis bijoux : quatre modèles de boucles d'oreille circulaires, d'une ornementation et d'un dessin

Fig. 3178. — Moule à liijoiu.

gracieux, une fibule, un pendant en forme de poire' (ûg. 3178). Le musée du Louvre possède deux moules en basalte, d'époque romaine, trouvés en Egypte et provenant de la collection Rousset-Bey. On en tirait de petits objets destinés à la parure : tète, poisson, dauphin, cheval, oiseaux sur l'un*^; sur l'autre, tête d'un travail assez bon, raisin, canthare, anneaux'. Une des planches du Recueil de Caylus' représente un moule qui n'a pas de rigole pour l'écoulement du métal; on y a gravé, avec assez de négligence, un semis de tètes.

On a trouvé, près d'Ostie, deux moules en ardoise avec lesquels on fabriquait ces ex-voto que les anciens suspendaient dans les sanctuaires des divinités auxquelles ils attribuaient leur guérison. Ces ex-voto représentaient, souvent avec une brutalité repoussante, le membre malade, tel qu'il était avant la guérison. Un de ceux qui proviennent d'Ostie ligure des jambes'.

do fabrication, analogues aux moules grecs ol romains. On en trouvera dos exemples et dos dessins ilans l'errol et Cln|iici, Hisl. de l'art, t. 11, p. "UC, lig. 436, 43T ; t. V, p. 2'J'J-:iO:î, fig. iO'), 210; S. Reinacli, Rei: arch. 188.ï, t. 5, p. 58 et s.

— 1 Perrot et Cliipioz, Hitt. de l'arl, t. 111, p. 744. — 3 Ibid. p. 743, note 1.

— 3 Schliemann, Mijcèncs, Irad. franc. Pans. Ift78, p. 177. — * Ibid. p. 178.

— 5 Au municipe de Uuvo, Alti Accad. dei Uncei (1879-ISSO), î' sér. t. III. Classe di se. mtirali, etc. t. V, p. 9-i, pi. m. fig. 6. — C Musi/e du Louvre, salle Clarac, vitrine centrale, n" N 301)0 de l'inventaire. — 7 M(>mo vitrine, N 3091.

— S Cavlus, /tec. d'anliq. t. IV, p. 293, pi. txxxix, n" i-i. — 9 S(JroHx dAgin-

II existe, au musée de Lyon, un moule en stéatite, dans lequel sont gravées, entre un fleuron et un canthare, sept têtes destinées à être reproduites par l'estampage ; ce sont sans doute les divinités des sept jours de la semaine. M. E. Michon'" a publié une pierre noire qui semble être un minerai de fer, polie sur une de ses faces où l'on a gravé en creux une représentation de la triple Hécate avec une légende. M. Michon reconnaît avec raison, dans ce monument, une pierre gnostique. Ce n'est pas, comme les pierres à sujets analogues, une amulette que l'on puisse porter, mais le moule dans lequel on coulait ces amulettes. Un autre moule, destiné à fabriquer des amulettes gnosliques, a été publié par Ficoroni ". L'usage des moules à bijoux a été, comme on le voit par les exemples que nous venons de citer, constant pendant toute l'antiquité, depuis l'époque la plus ancienne jusqu'aux bas temps de la décadence romaine ; il a même continué pendant le moyen âge.

Nous avons dit aussi que les moules à bijoux servaient à fabriquer des statuettes; non pas seulement des figurines plates, plaques estampées ou coulées, comme celles des moules asiatiques mentionnés plus haut, mais de véritables statuettes. On a trouvé à Vertault (Côte-d'Or), une statuette en plomb de la Victoire, obtenue certainement dans un moule'-. Je possède un moule en serpentine, encore inédit, dans lequel on peut couler une statuette montée sur un soc circulaire.

4° Moules de céramistes. — Moules pour la fabrication des briques [kiglinum, p. 2019, laterJ.

Moules pour la fabrication des vases avec ornementation en relief [FiGLiNUM, p. 20^29, v.\sa]. Les moules des vases se fabriquaient au tour, comme les vases euxmêmes; quand la pâte était encore molle, on y imprimait, en creux, à l'aide de poinçons, les figures, fleurons et ornements isolés; les cordons d'oves ou autres motifs formant des lignes non interrompues vêtaient tracés avec des roulettes (fig. 3179, 3180 et 3181 ; voy. aussi fig. 30i6, p. 2031, art. figlinum) ". Poinçons et roulettes étaient en terre cuite. On

Fig. 3l7'.i. — Rouletle de potier en terre cuite.

Fig. tlSU. Fig. 3181.

Roulettes de potier en bronze.

connaît cependant de curieuses exceptions : M. Bulliot, d'Autun, possède, dans sa riche collection, une série

court. Rcc. de fragment.^ fit» sculpt. antit^ues en terre euitf, Paris, IPI4, p. 91, )>l. x\xiv, 6. — *0 Groiipexde la triple U^^cate, au Miisèe du Louvre^ p. Ii*. fi-. 6 ; Kxtrait des JUélatiges d'arch. et d'hist. pubt. par l'Ecole française de ftnmr, I. XU (tSOi). — i^ I piomhi antichi, Rome. 1740, p. 167, IV, planches fiuppl^mentaires non pagini^es. à la lin du volume, n" 4. V. aussi un moule en terre cuite destiné à couler une médaille, Grivand de la Yinceile, Ilec. (/<' monum. aittiq.. t. II. p. **5. pi. XXVI, 6. — 1- Flouest, Bulletin archéologiijue du Comité des traoauj: hittoriijues, !891, p. 86. — *3 Maxe Werly. ffttlL des antiq. de France, 1885, p. 65. s. ; cf. Keinach. O. c, p. liO, vitrine I . F.

— 124fi —

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d'écuclles avec les moules en terre et les poinoons en plomb qui ont servi à leur fabrication; il existe au musée de Rouen une roulette en bronze' avec sa monture, munie dune longue tige (fig. 3180-3181).

Moules pour figurines [kigll\um, p. 1035, et s.].

Les ateliers de céramistes explorés en Gaule ont fourni de riches collections de moules. Ceux de l'Allier ont été publiés par Tudot, dont les planches offrent une belle série de moules et de poinçons^. Ces moules sont aujourd'hui conservés partie à Moulins, au musée de cette ville'* et dans la collection de M. Bertrand, partie au musée de Saint-Germain \ A Lezoux, en Auvergne (Puy-de-DAme), où l'industrie de la poterie était, comme aujourd'hui, très florissante, on avait, à plusieurs reprises, signalé l'existence de vastes ateliers de potiers romains ' ; le docteur Plicque les a explorés méthodiquement pendant de longues années'^; les moules et poinçons qu'il y a recueillis sont d'un grand intérêt, à cause de leur nombre considérable et de leur provenance certaine. A côté de poinçons et de moules d'un art grossier, on en rencontre qui sont certainement l'œuvre d'artistes habiles et formés d'après les bonnes traditions, dont les produits, livrés au commerce, étaient portés au loin et achetés par les potiers. Malheureusement les observations faites par le docteur Plicque sont encore inédites. Ses collections sont aujourd'hui déposées au musée de Saint-Germain''. Dans le canton de LaGuerche(Cher), M. Roubet a exploré des ateliers de potiers où il a trouvé des moules intéressants que le comte Raymond de La Guerche a publiés avec le plus grand soin*. A Bourbon- Lancy (Saône-el-Loire), des ateliers do céramistes romains ont fourni, en grand nombre, des moules semblables à ceux de l'Allier'. Nous reproduisons ici le moule d'un col de vase romain d'un beau style, conservé au musée

Fis. 3182.

Moult' d'un col iIl' vase romain.

du Louvre '" (fig. 3182 et 3183; voy. aussi un moule de vase, fig. 3043 et 3044 et un moule de lampe, fig. 3045, p. "2030, art. figlinum).

Il existe toute une série de vases ornés de grands médaillons intéressants par les sujets représentés, et souvent aussi par l'art avec lequel ces sujets sont traités. Le plus grand nombre de ces vases a été trouvé dans la région du Rhône. Ces médaillons étaient le plus souvent

• Reiiiacli.O. c. p. OU. — 2 K<i. Tudol, CoHect. de figurines en argile, Paris, 1860, voir sp(5cialcnient les pi. ni-ix pour les moules, txvm-i.xx, pour les poinrons. — 3 Cf. Catalogue thi Musée départemental de Moulins, avec 30 pi., 1885, passim. — '* S. Keinacli, Calai, du Musée de Saint-Germain, p. U4, 117, liO. — -' Le Grand d'Aussy, Voyage d'Auvergne, Paris, 1788, p. 9-i; Grivaud de la Vincello, Antiq. gauloises et romaines recueillies dans les jardins du palais du Sénat, Paris, 1807, p. 140, en noie. — 0 Cf. A. Plicque, Gazette arch. 1881-1882, p. 17 s. ; Id. lezoux, étude de céramigue gallo-romaine, dans Congrès arcliéol. de France, lit* session, Paris, Caen, 1888, p. 280 et s. — 7 -S. Rcinacli, Catal. p. 108 et 200. — » Cnllect. d« moules antiques de céramique, dans Mémoires de la Soc. des Antiq. du Centre, t. XVI (1888-1889), Bourges, p. 1-G5, pi. i-xx. — » Abhi; Mi'liu et Bertrand, Notice sur une officine de potiers modeleurs gallo-romains découverts à Uourbon-Lancij,

des appliques, faits indépendamment des vasos et à l'aide de moules. Un de ces moules, qui faisait partie des collections de M. J. Gréau, représente Mercure assis sur un rocher et provient de Vienne ". Le musée du Louvre en possède un autre sur lequel est figurée une Victoire dans

3184. Fi|

Moule d'un iniT-daillon.

un quadrige (fig. 3184 et 3185)'-. M. Waille a publié le moule, actuellement au Louvre, d'un joli médaillon trouvé à Cherchell'^ Lnlin le musée de Saint-Germain conserve quelques moules de médaillons".

5° Moules pour jetons. — Ces moules ressemblent beaucoup aux moules à bijoux. Comme eux ils se composent de deux pièces superposées, donnant chacune une des faces du jeton et assujetties par des chevilles passées dans des trous. Tous ces moules sont semblables. Un canal est pratiqué au centre du moule; des canaux plus petits, s'en détachant à droite et à gauche, conduisent dans les creux où il doit prendre la forme du jeton le métal en fusion que l'on a versé dans le canal central. On connaît un certain nombre de ces moules ; les jetons qu'on y fabriquait sont quelquefois carrés, mais le plus souvent de forme ronde. Les sujets représentés sont très variés : sistre'^; prêtre d'Isis"; Isis tenant un sistre'';

jelons cl à liijouN.

une chouette'* ; la légende ERA"; la lettre Y-"; la Fortune caractérisée par la corne d'abondance et le gou-

dans Ballet, arch. du Comité des trav. Mst. 1892, p. 254 et s. V. aussi la collection de moules et pointions d(^orite dans le Catalogue de l'hist. da travail et monum. histor. Paris, IStiV, [i. 72-73, u"^ lOlfj et s. — 10 I.c Musée du Louvre possède queliiues moules intéressants : moules de vases, d'un petit masque tragique, de statuettes et de groupes, de lampes profanes et chrétiennes, tl'eulogies, etc.

— 11 Héron de Villefosse, Gazelle arehéol. 1880, p. 182. — 12 Salle H, vases italogrecs, !• salle. — U lier, arehéol. 1892, t. XIX, p. 313, pi. xi. — ''■ S. Heinach, <). c. p. 117, 3" . — '■■ Ficoroni, I piombi antichi, Rome, 1740, p. lOû, I; plnnehc non paginée à la fin du vol. n" 1, creux carrés. — f' Jhid. creux carrés. — 17 Grivaud de 1,1 Vincelle. Aris et métiers des anciens, Paris, 1819, pi. i.xv, crenx ronds.

— t« Ficoroni, 0. c. p. ICO, 111, pi. non paginée, 43. — >'■< Au Louvre, salle Clarac.

— -'u Ficoroni, p. 166, H, pi. non paginée, u" 2.

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vernail' (fig. 3186). Ce dernier moule oll'rc celte particularité que, à côté de la rigolo et des creux destinés aux jetons, il existe une autre rigole avec des creux où l'on devait probablement couler de petits boutons. Le moule était donc en même temps un moule à bijoux.

6" Moules de monnaies. — Ces moules en terre cuite, ont une forme toute particulière. Le moule complet dune monnaie se composait de deux rondelles, portant, en creux, l'une le moule du droit, l'autre le moule du revers. On obtenait ces moules en imprimant sur la terre encore molle l'empreinte des monnaies à reproduire.^. La profondeur des creux était calculée de telle sorte que, superposés, ils formaient une cavité égale à l'épaisseur de la pièce que l'on désirait obtenir. Pour couler la monnaie, on plaçait l'un au-dessus de l'autre un certain nombre de ces moules et on les lutait avec de la terre glaise, pour que le métal ne put pas s'échapper en bavure entre les deux pièces de chaque moule. Dans toute la longueur de la petite colonne formée par la réunion des moules superposés, on creusait une rigole, et, au fond do cette rigole,

un petit trou correspondant à chacune des cavités où le métal devait prendre la forme et l'empreinte de la pièce. On n'avait plus qu'à verser le métal en fusion dans la rigole, pour qu'il se distribuait de luimême dans chacun des moules.

Caylus a fait l'expérience sur un moule trouvé h Lyon, dont nous reproduisons ici le dessin d'après lui' (fig. 3188), et a obtenu, à diverses reprises, des monnaies très bien formées. Mais, dans les ateliers monétaires, pour couler à la fois un plus grand nombre de monnaies, on réunissait les colonnes de moules par groupes de trois, disposés de telle sorte que les rigoles verticales, placées en vis-à-vis, formaient un canal unique par lequel le métal en fusion se distribuait à la fois dans les moules des trois colonnes. On a trouvé des moules ainsi préparés dans les ruines de l'atelier monétaire de Damery, près Épernay. Cet atelier, le mieux conservé qu'on ait pu explorer, a permis do se rendre compte des procédés do la fabrication des monnaies coulées '. II semble que cette manière de couler les monnaies n'ait été usitée qu'en Angleterre, en Suisse et on Gaule. C'est tout au moins de ces pays que proviennent les moules

1 .\u Louvre, salle Clarac. Cette plaque ^lo moule {fig. 3187) n'a que la rigole centrale; les rigoles latérales ne sont pas apparentes, soit par suite de l'usure de la pierre, soit plutôt parce qu'elles n'existaient que sur l'antre plaque du moule. Voy. aussi un moule à jetons dans Si^roux d'Agiucourt, liée, r/e fraf/meuts. p. fio, pi, xwiv. n" 2. — 2 Cf. Rrv. numismatique. I" scVic, t. U (1837), p. 174. — ■' Jlcc. d'antii/. t. I, p. 286, pi. cv. n" 2. Voir aussi dans .Vrtis [The Durobrirar. pi. xxxvur) la restilulion et la coupe d'un moule à monnaies semblable, cl {nu'^mo planche, n" S) un fragment de moule avec une monnaie do Seplime Sévère encore en place. Sur les moules à monnaies, cf. Séroux d'Agincourt, pi. xxxiv, n" 3-1; Kicoroni, ! piomfti anticlii, p. 107,0. pi. non numérotée à la lin, n" 0 ; Obseroations sur l'iLsaf/f fie quetques moules aiUiqufs tle monnaies romaines, découverts à Lyon, dans Hist. de l'Acad. des Inscript. et IJelles-LetIres, t. III, 1723, p. 218 et s. ; cf. Méntoires pour l'histoire des sciences et des Beau.r-Arts, 1701, p. 1213 : l.e Pois, Discours sur les médailles antiques, c. m, p. 10, verso ; Grivauil de la Vincellc, lier, de monuni. antiq. t. II, p. lu", pi. XIII, 1, 2, et Arts et métiers, pi. xr.ix: Revue numism. {'* sér. I. I, p. H et t. U, p. 165, s., 171, s., pi. VI; Archa-nlogia,\..\\\ .\>. 09; D'Ennery, Calai, des médailles antiques et modernes, etc. l'aris, 1788, p. 661, 11,^; Akerninnn, Catal. of 7'oman coins, t. I, p. 13; J. Roman, Annuaire de la Soc. franc, de

Fig. 3187. — Moule monétaire en terre cuite.

en terre cuiti'. connus jusqu'à ce jour; on n en a pas trouvé en Italie '•. En outre, ces moules n'offrent pas de types antérieurs à Septime Sévère.

On a longtemps discuté la question de savoir s'ils étaient employés dans les ateliers impériaux ou s'ils appartenaient à des faux monnayeurs. Il semble maintenant établi que ces émissions étaient faites dans des ateliers non clandestins par des magistrats monétaires ou des particuliers autorisés, qu'elles purent quelquefois être frauduleuses sans que cependant leurs auteurs se rendissent coupables du crime de faux monnayage '. Mais aussi il est bien probable que la facilité de contrefaire des monnaies à la fabrication desquelles suffisait un outillage si peu compliqué, dut, plus d'une fois, tenter les faussaires'. Aussi la substitution du moulage à la frappe fut abolie par les lois de 320-336 et 371 ap. J.-C. * [mo.neta\

On conserve des moules de monnaies en terre cuite aux musées do Saint-dermain', de .Nantes, de Rouen'", de Boulogne ", de Bar, d'Orléans'% etc.

7° Moules pour cuisiniers et pâtissiers. — Les cuisiniers et surtout les pâtissiers avaient des moules avec lesquels ils donnaient à leurs mets et à leurs gâteaux les formes les plus variées. Athénée " raconte que Nicomède, roi de Bithynie, ayant témoigné, dans un endroit éloigné de la mer et de tout cours d'eau, le désir de manger certaine espèce de poisson, son cuisinier en fabriqua un tellement bien imité que le roi s'y trompa. Quelques commentateurs pensent que ce poisson fut fait à l'aide d'un moule'*. Apicius donne une recette d'après laquelle le poisson doit être, après la cuisson, arrangé dans un moule''. Pétrone parle d'un cuisinier qui, avec de la chair do porc, faisait des poissons, des ramiers, des tourterelles, des poules. Tous ces mets se préparaient évidemment dans des moules*'.

Mais, plus encore que les cuisiniers, les pâtissiers se servaient de moules pour donner à leurs produits les formes les plus variées. Suivant Athénée, les Spartiates servaient, dans les repas de noces, des gâteaux auxquels le moule avait donné la forme d'un sein ' '. Pendant le siège de Carlhage, on servit, à la table de Scipion le Jeune, un gâteau représentant une forteresse, image de la ville assiégée. Le général et ses officiers prirent ainsi et détruisirent Carthage en effigie. Ce gâteau avait sans doute été fait à l'aide d'un moule ". Au repas de Trimalchion, on servit des pâtes cuites ayant la forme d'un marcassin". Héliogabale avait des pâtissiers si habiles qu'ils imitaient, avec de la pâle, tous les mets et tous les fruits -". Au musée Pompéien installé à Pompéi, on

numism. et d'archèol. 1806. p. 227; Haigneré. Dictionn. Mst. et arch. du Patde-Calais, 1880, l. I, p. 25. Voiries disserUlions de Ecklicl, l>ocl. num. ret. l. I, p. Liv et s. ; Moramsen-BIacas. Hisl. de la mon. rom. t. III. p. li-15 ; F. Lcoormant, La monnaie dans l'antiquité, l. I, p. 278 cl t. III, p. 207 et noie S.

— V Cf. Hiver, Notice sur un atelier monétaire découvert à Damery {^farne), en IS.iO. dans Reo. num. l" série, t. Il (1837). p. 171-180, pi. VI. — » Mommseo- Blacas, '). r. I. III, p, 15, Dolc 1 ; F. Lcnormanl, /. /. Cf.—* Cf. Fr. l.enormalit, /. /. c. <-. ■ Momnisen-Blacas, l. c. — '• Cf. F. I.enormant, O. r. l. III, p. Î07, n. I. Cf. Cod. Tliiod. IX. XXI, 3 : si quis numnium falsa fusiouc fomiaverit — « Fr. I.emirmanl, U.c. t. I, p. 200. l. III. p. 280. - 9S. Reinach, O.e. p. 186, vilrine 10.

— 10 Catal. du mutée d'anliq. de Rouen, 1873, p. 113. — " Haigneré. Diel. l. c; Rer. numism. 1" sér. l. I, (1836) p. ii. — '- Desnoyers, Catalogue du musée hist. de la ville d'Orléans, 1882, p. 128, n" 474-477. — u AUienac. I, XU1, p. 7d. — 14 Cependant la lecture attentive du récit autorise une opinion ronlraire. — •'» De re coq. I. IX. c. \m : « in formella piscem formabis. •

— Ifi l'etron. LXX. — " Allien. XIV, :U, I. V, p. 346, éd. Bipontina. —18 riut. Req. et imper, apopht. Scipionis minoris, XI ;l. 111, p. 243, M. Didot|.

— 13 Pclr. XI.. — »9 I-irapr.- Uelioq. XXVII.

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conserve plusieurs moules pour paies trouvés dans les ruines' ; l'un a la forme d'une coquille, les autres sont de forme elliptique. On peut voir au musée de Naples

Fig. 3188,3190. — Moule de pâtissier.

Kig. 3188. — .Moule de pùlissier trouvé â Torapéi,

plusieurs autres moules de pâtisserie en forme de coquilles provenant d'Herculanum et de Pompéi-. Quatre autres moules du même musée'', trouvés à Pompéi, ont k forme d'un lièvre (fig. 3188), d'un porc, d'un jambon, et d'un demi-poulet*. D'autres moules, provenant aussi de Pompéi, et dont nous reproduisons ici un spécimen, servaient à découper la pâte en lui donnant la forme de feuilles ou de palmettes creuses, aux bords repliés (fig. 3189, 3190); il est probable qu'on les remplissait de quelque matière comestible. Athénée mentionne un gâteau qu'il appelle âanÉTrTai; et qui devait ressembler beaucoup à ceux qu'on fabriquait avec ce moule '.

8° Moules à fromage. — Les anciens faisaient les fromages dans des corbeilles ou dans des moules". Ces moules étaient ordinairement en bois de buis^ .\ussi bien qu'en pâte, les cuisiniers d'Héliogabale imitaient tous les mets et tous les fruits * avec de la crème.

9° Moules ])ris sur le vif. — Les anciens connaissaient l'art de mouler sur le vif. P. Delaltre a récemment trouvé, à Carthage, un masque punique, en terre cuite, évidemment moulé sur le visage d'un défunt'. Pour ce qui concerne les Grecs, le fait, plus d'une fois contesté, est cependant attesté par un texte de Pline, très clair sur ce point : Hominis aulem imaginem gypso e facie ipsa primus omnium expressit, ceraque in eani formam gypsi infitsa, cmendareinslituit Lysistratus Sicyonius, frater Lysippi'". » Que Lysistrate ne soit pas, comme certains auteurs l'ont prétendu, l'inventeur de ce procédé ", il n'en reste pas

1 Fiorelli. Guide de Pompéi, iNaples, 1889, \i. \iî, n" 123-139. — 2 Ccei, Piccoli bronzi dtd Mus. d. Napoli, pi. i, 36; D. Monaco, Guide des petits bronzes du Musée national de yaptes. Naples. 1882, p. 60; cf. .Vuseo Borbon. t. VI, pi. XL; Avellino, Descrizione di una casa pompe/ana, TS'aples, 1837, p. 69-70, pi. IX, fig. H. — 3 Ceci, O. l. pi. I, 29-32; D. Monaco, 0. c. p. 60, n- 76352 et s. — • On a trouvé à VertauU un petit plomb en forme de domi-poulet, troussé pour la broche {Bull, du Comité des trav. hist. 1801, p. 86). Si ce poulet, qui est en relief et non en creux, n'était pas un moule à pâtisserie, il paraît probable qu'il a été coulé dans un moule do ce genre. — 5 XIV, 53, t. V, p. 34i, éd. Bipontina ; voy. aussi le commentaire sur ce passage, t. VII. p. 542. — 6 Colum. VII, S. — 7 Id. Ibid. — 8 lamprid. Heliog. XXVII. — 9 .Académie des liiscr. el BeUes-l.ettres, C. rendus séance du IT novembre 1893.— K Hist. nat. XXXV, XLIV, l.Cf. Brunn, Ceschichte der Kfnistler. I, p. .W3 ; 2' édit. p. 2S2. — llCf. C. C. l'erkins, Du moulage en plâtre chez les anciens, Paris, p. 9 (Extrait des Sculpteurs italiens). — 12 Bist. nat. XXXV, II, 3; cf. Sallusl. Jug . IV; Ovid. Fast. 1, 5»1 ; Amor. I, 8, 63; Juv. Sat. VIII, 19. — n Tacit. -Inn. XV, 71. — 1* Anthol. palat. éd. Didot, c. VII, n" 602. — i^ Sur la découverlc de Cumes, cf. Kiorclli, Monum. ant. poss. da il conte di Siracusa, \aples. 1853, p. 1-8 ; Mioervini, Monum. cumani, dans Huit. arch. napolitano, nouv. série, 1853, n» 14, p. 105-107, n" 16, 121-125. n-il, 161-165 ; H. Quaranta, Ibid. n" 24. p. 187; G. Cavedoni, Messagère di Modena, 14 mars 1853, p. 372 el suiv. ; Raoul Rochelle. Lettre au directeur de la liée. arch.. i" sér. t. IX {1853}, p. 77 et s. ; G. B. de Rossi, Bullet. deW inst. arch. di Borna, 1833, p. 67 et s. ; Guidobaldi, Intorno.., alcuni scheletri aeefali rinvenuti in Cuma, Xaples, 1853 ; A. de I.ongpé- Ti^Tf Athenneum français, 2 avril 1853, p. 323 et Œuvres, t. Il, p. 309; Annuaire de la Soc. des Antitj. de France, pour 1854, p. 161 el s. cl Œw. t. II, p. 3(1 ;

Fig. 3191. — Moule anlitjuc pris après la mort.

moins acquis que, du temps deLysippe, le procédé était connu. Les Romains savaient aussi prendre un moule en plâtre sur le visage d'un défunt, et, dans le moule ainsi obtenu, couler de la cire pour reproduire son visage. Ainsi sans doute étaient faites les images des ancêtres; elles étaient en cire et Pline les appelle expressi cera vultus, expressions qui supposent bien un moulage '-. Q. Ovidius, après avoir suivi en exil son ami Caesonius Maximus, impliqué par Néron dans la conjuration de Pison " et être resté près de lui jusqu'à sa mort, conservait, moulée en cire, son image vivante. Un poète du iV siècle, Agathias, a laissé dans son .anthologie une charmante épigramme sur l'image en cire d'un enfant défunt". Ces deux portraits avaient sans doute été exécutés d'après le procédé indiqué par Pline. Le temps d'ailleurs a épargné une tête en cire, de l'époque romaine, trouvée à Cumes '^ dans un tombeau : portrait du défunt, pris dans un moule, on n'en peut douter [cera, fig. 1291].

D'ailleurs une découverte faite à Lyon, en 1882, a levé tous les doutes sur cette question, s'il pouvait encore en subsister. Dans la nécropole de Trion, mise au jour par des travaux de voirie exécutés dans ce quartier de Lyon, on rencontra dans la tombe d'une petite tille, avec d'autres objets, un moule en plâtre mélangé de chaux, pris sur le visage de l'enfant après sa mort '^ (fig. 3191). Ce moule est aujourd'hui conservé au musée de Lyon.

10° Moules de statuaires. — Nous n'avons pas à étudier ici les procédés employés par les artistes pour couler les statues en bronze [caelatura, p. 790, st.\tuaria ars],

11. Matrices de coins monétaires. — Il s'agit ici non du moulage, mais de la frappe. Quelques textes d'auteurs'' permettent de hasarder l'opinion que, comme les moules, les matrices gravées, destinées à frapper la monnaie, étaient appelées formae. Ces matrices, en acier trempé, quelquefois en bronze, étaient encastrées dans un creux ménagé à l'extrémité d'un cùne tronqué ou d'une sorte de barillet en bronze ou en fer". Il existe ce-

.\slipilel. The city of Cumae nnd récent excavation there, dans Archaeologia, t. XXXVII, p. 316 ; Mus. Borb. I. XV, pi. iiv ; Otto Jahn, Archeol. Zeit. 1867, ]). 85 ; 0, Benndorf. Antike Gesichtsketme und Sepulcralmasken, p. 70-71, pi. xiv, 6 ; Iliibner. Zu antike Todtenmasken, p. 31 ; Spire Blondel, Les modeleitrs en cire, dans Gazette des Beaux-Arts, î' période, t. XXV (1882), p. 503. Voy. plus haut l'art. GERA. — !*> Locard, Note sur une tombe romaine trouvée à Lyon et renfermant le masque d'un enfant. I.yon, 1882, extrait des Mém. de l'Acad. des se. Belles-Lettres et Ai'ts de I^yon, t. XXH, séance du 23 mars 1882; Allmcr, Découi'crte de monum. funér. etc. au quartier de Trion, I.yon, 1885, extrait des Mém. de l'Acad. de Lyon, classe des Lettres, t. XXIII, séance du 29 mai 1885, et Rev. cpigraph. du Midi de ta France, t. I, p. 298, n' 300 ; Thédenal, Bull, de la Soc. des Antiq. de France, 1885, p. 234 et s. ; \d. Deux masques d'enfant de l'époque romaine, Paris-Caen, 188G, extrait du Bull, monum. 1886, u"2 ; Allmcr et Dissarl, 7'rion, Ljou, 1SS7-I888, 1. 1, p.32-37, n" I8,et Musée de Lyon, inscriptions antiques, Lyon, 1888-1893, t. III, p. 228-232, n" 291. Dans un cimeliùre romain situé à Paris, rue Nicole, on a trouvé aussi un moule qui nous donne, parfaitement conservés, les traits d'un enfant. Ce moule esl aujourd'hui au Musée (Carnavalet. Voy. R. de Lastcyrie, liée, archéol. juin 1878; Laudcau, Un coin de J*aris, le cimetière gallo-romain delà rue Nicole, Paris, Didier, 1878 ; Thédcnat, Bull, delà .Soc. des Antiq. de France, 1885, p. 234 el s. cl Sur deux inasques d'enfant de l'époque romaine, dans Bull, monum. 1886, n" 2. Ce moule, comme les corps pris dans les moules de boues de Pompéi, est dû au hasard cl non à l'industrie des anciens. Voy. encore A. Forges, Appendice au sacrarivm de Théceste, dans le Bec. des notices et mém. de la Soc. arr.h. du dép. deConstan- Une, 3' sér. t. II (1883-1884), p. 139, n'> 3. — H Scncc. ii'pis(. XXXIV ; Treb. PoUio, Trig. tyr. XX.VI. — '" Fr. Lenortnant, /.« monnaie dans l'antiquité, I, p. 256.

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pendant des coins impériaux d'une seule pièce, cnlicrement en bronze, y compris la matrice gravée '. Sur un denier de T. Carisius, monétaire vers l'an de Rome 706, 48 av. J.-C, on voit, comme type, parmi les autres emblèmes de la charge du monétaire, un coin de l'orme conique-. Le coin ligure encore comme type sur un petit bronze de la colonie latine de Paestum '.

On a trouvé un certain nombre de ces coins. M. Ad. Barthélémy a décrit quatre coins destinés à frapper des monnaies gauloises : un coin de fer, trouvé à Avenches (Suisse), dans lequel est incrustée une malric(î en bronze représentant une tête analogue à celle des imitations des statères macédoniens; deux coins de monnaies arvernes trouvés à Corent, près Clermont-Ferrand, et le coin d'un denier à la légende Togirix provenant des environs de Bar-sur-Aube ''. M. G. Vallier a décrit un coin de monnaie des Volkes Arécomiques, trouvé à Moirans (Isère), en 1879 ^ Le musée de Grenoble possède un coin du même peuple, avec Vol sousle cheval, et le musée de Clermont-Ferrand, un coin en bronze donnant le droit et le revers d'une monnaie de César. On a trouvé, à Mmes, deux coins en bronze de l'empereur Auguste ''. Il existe au cabinet de France, une belle collection de coins de Tibère, de Néron et de Constant I, fils de Constantin '' ; au musée d'Orléans, deux coins de Tibère, provenant d'Italie ", et au musée de Lyon un coin de Faustine Jeune, trouvé à Fourvières en 18o7, qui est le plus beau coin monétaire connu et le plus complet''. Des coins de Tibère, Caligula et Claude, aujourd'hui au Musée de Saint-Germain, ont été trouvés en 1803 à Paray-le- Monial '". Le Père du Moulinet décrit deux coins en fer du cabinet de Sainte-Geneviève, l'un d'Auguste, l'autre de Constance Chlore ". Il n'y a pas lieu de s'étendre, dans cet article, sur la manière de frapper monnaie [moneta].

III. Forma binaria, ternaria, qlaternaria, dexaria. — Par extension, on appelait aussi forma la pièce de monnaie elle-même '^ C'est dans ce sens que Lampride'^ a dit que Sévère .\lexandre émit des pièces d'or valant deux {formae binarlae), trois [lernariae)^ quatre [qualernariae) et même dix [dcnariae) aurei^'' [moneta].

IV. Plan. — On connaît des plans remontant à une très haute antiquité. Lepsius signale des plans relevés sur les monuments égyptiens'". Le musée du Louvre possède la statue d'un architecte chaldéen, tenant sur ses genoux une tablette où est gravé le plan d'une enceinte fortifiée '°. Layard décrit des plans et des vues de

1 LciiormaiiL, O. c. i, p. :ia7. — ~ Cohen, Monnaies consuliiin's, iitlas, pi. x, Cai-îsia. 7; Babclon, Monnaies de la Bêpuljl. rom, I, p. 313-il4. — ^ Fr. Lciiormant, 0. c. I, p. -ioli. — ^ L'art f/aulois, dans liev. archêol. 2« siiP. 1867, t. XV, p. 346 cl s.

— ■'» DécoiLV. de monnaies gauloises à Moirans, Isère, 1879, in-S". ■ — G Caylus, Bec. d'antiq. t. I, p. :i84, pi, cv, — 7 Chabouillet, Catalogue gén. des camées et pierres gravées de la bibliothèque imp, p. 541, n"* 3172-3180. — 8 pesnoycrs, Catalogui du musée hist. de la ville d'Orléans, iSSi, p. Ii7, n'>452. — î* Annuaire de la Soc. franc, de nuni. 1866. p. :i83 ; Catalogue sommaire des musées delà ville de Lyon, Lyon, 188i. in-8", p. I6i. — '0 Jteoue archéol. 2' si'r. 1863, t. VIII, p. i~'o cl s, ; Rcinacli. Catal. p, 190, vitr. 10. V. aussi un coin de Néron, D'Hnncry, Catalogue, I, p. 601. — Il DeS' cript. du cabinet de Saint-Geneviève, Paris, 1692, p, 117. — 1- A proprement pai'icr, on appelait forma l'effigie du prince et le cercle qui entoure la monnaie ; lùtrma monetae in his consistil: in circulo solidi exleriore,in vuttu principis {Coél. Tlieod. éd. liodefroy, t. III, p. 198), — 13 Lamprid. Sec. Alex. XXXI.X ; cf. Ouinlil. I, VI, 3.

— li Mommsen-blacas, Hist. de la monn. rom. t, III, p. 59 note I. — '^ Cf. H. Jordan, Forma L'rbis Itouute regionum XIllI, Berlin. 1874, II, 9, p, 12 (Lepsius, Abhandl, d. Akademie, 1867, p, 13), — '^Ue Sarzcc et Heuzey, Découvertes en Chatdéc, Farts, 1SS4-1893, pi. 14-la. — n Jordan, /. c. Layard, .4 second séries of the monuments of Ninivek, 18;i3, pl.xi.ix cl t.; Discoveries of .Xiniveh and Bnbt/lon, 1853, p, 231 ; The monuments of .\inireli, 18 W.p 1. xxx), — 1* Suct. Caes. XXXI, — l'J.Suot, A'ero, XVI, - 2»A,GeIl, XIX, X; l'iin, Jipist. IX, XXIX; cf. Horal, il>i5(. I, 16,4: Scribelur tibi lorma loquaciter et silus agri; .\uson. Edgl. X, .'[losetla, 299 : Tectonicae formae.

villes et de camps assyriens''. Les architectes romains, avant de construire un édifice, en dressaient le plan elle soumettaient à celui pour qui ils devaient exécuter le travail. César, voulant faire élever une école de gladiateurs, en fit d'abord dresser le plan "*. Après l'incendie de Home, .Néron fit un plan de la ville à reconstruire ". Aulu-Gelle fait mention de plans d'établissements de bains depiclae in meinbranulh, et Pline le .leune de celui d'un temple '". Nous possédons plusieurs plans antiques gravés sur marbre. Le plus célèbre est celui qui est connu sous le nom de Forma Urbis Homae-\ plan immense dont malheureusement on n'a retrouvé que des fragments, qu'il n'est même pas possible de réunir pour rétablir un quartier un peu étendu de la ville. Les premiers fragments de ce plan furent retrouvés entre les années 1.j61 " eHo64^'. Des découvertes successives s'ajoutèrent aux premières ; des fouilles récentes, dont le but était de compléter les découvertes précédentes, n'eurent pas les résultats est pérés. Le plan de Rome fut exécuté, entre les années 203 et 211, sous les empereurs Septime Sévère etCaracalla, par ordre du sénat et du peuple romain-'. Sévère avait, avant cette époque, relevé un grand nombre des édifices de la ville; de telle sorte que ce plan fut un monument élevé en son honneur et destiné sans doute à perpétuer le souvenir des travaux par lesquels il avait, pour ainsi dire, renouvelé Rome". L-d Forma ^rôf's était gravée sur des plaques de marbre épaisses de huit centimètres, et couvrant une surface de trois cents mètres carrés au moins'''. Ces marbres étaient fixés, par assises, à Taide de clous en fer, sur le mur de derrière dwTemplum sacrae Urbis". Ce mur, en briques, regardait le Forum de la Paix. Le plan indiquait en détail les insulae, ou pâtés de maisons, les grands éditicesavec leurs noms, les rues, avec lesnoms desplus importantes, les portiques, places, jardins, escaliers, etc. C'était, en un mot, un plan des plus détaillés. M. Jordan croit, avec assez de vraisemblance, que ce plan fut exécuté d'après un plan des régions de Rome dressé par Agrippa, sur l'ordre d'.\uguste, complété par Vespasien et conservé dans les archives de la ville -'. La Notitia Urbis regionum .\7F, rédigée sous Constantin. serait la description et comme le livret de ce plan -''. Les fragments du plan de Rome furent transportés en 1742 au musée du Capilole^"; ils sont maintenant fixés sur les murs de l'escalier. Une partie des fragments, perdue avant ou pendant le transport au musée, fut rétablie d'après les planches de Bellori et des dessins conser-

n Les principaux ou%rai:es sur la Forma L'rbis Bomae sodI les suivants; I. P, Bclloris

Fragmenta vestigli veteris Bomae ex lapidibus Farnesianis nunc primum i» lucetn édita cnmnotisl. Pétri DelloriiadE. acB. Canliltuui Maximum, S.B. E. cardinalem, a\ec 20 planches, Rome, 1673; ouvrage reproduit, eu 1 732, dans le tome IV du TA*saurus Ci'uert) ;F.Piranesi, Anticfiità Bomane.t. 1, 1756,pl. ii-iv : Xav. Canale. IcItnO' graphia veteris Bomae XX tabulis comprehensa cum notis lo. Pétri Bctlorii Accesserunt aliae YI tabutae ineditae cum notis, Rome, 1764 ; L. Canina, Pianta topografica di Borna dans fndicazione topografiea di Boma. Rome, 1332 ; Id, Edifizi di Boma «nficd, Rome, 1848; F. Rebor, Buinen Bouitundder Campagna,Leipùç, 1S63 ; H. Jordan. Forma l'rbis Bomae ivgionum XlIIl. Bcrl. 1874, avec 37 planchesct un supplriueul publié en 1882 (c'est à cette excellente monographie que nous avoas emprunté la bibliographie qui prt^ïède); Ant. Ktler, Forma V rbis Bomae deque orbis antiqui facie dissertatio,i et II, Bouu, 1891, (Juant aui nombreux articles sur le plan de Rome publiésdans les revues archéologiques, on les trouvera cités à leur place dans la monographie de Jordan. Sur les découvertes et travaux plus n^ents,cf. Huelsen, .Viltheitungen d. K. D. Arch. Inst. 1889, p. 228; 1891, p. 73; 1893. p. 266, 279.

— "Jordan, O. c. I, I. — 23 Huelsen, /*irtn/tf icnografiche incise ifi marmo, dans Mit' thcilungen des archaeol. Instituts, Boemische .ibtheilung, t. V, fasc. I. 1890,p. 63.

— ■•Jordau.O.c. Il,l,2,p,7. — MSpartian.Si-ifr. XXlll;DioCass.LXXVI,l6;cf.Jordan, II, 3, p. 9.' — *î Les dimensions exactes sont 40 pieds de h, sur 60 de larg. — 27 Cf. Jordan. 11. 2, p. 7. pi. xxxv, I, 2, — 28 Jonlan, II, 8, p, 11. Voir les arguments sur lis,iuels Jordan appuie cette théorie. — 20 Ibid et VIII. I, p. 17. — M Ibid. I, 5. p. l.

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yés; ils sont marqués d"une étoile qui permet de les

/d/socm^Mîtu

Fie. 3192. — Frasmcnl de la Forma Urbis Romae.

distinguer des fragments authentiques' (fig. 3192)

Il existe d'autres plans de monuments qui, s'ils n'ont pas l'importance du plan de Rome, ne sont pas cependant dépourvus d'intérêt. On conserve au musée de Pérouse un marbre de provenance incertaine, mais probablement trouvé à Rome'-. Les caractères de l'inscription, les noms des personnages indiquent le i" siècle de notre ère ; le texte même dit que les plans représentés sur la pierre sont ceux de la maison du gardien et du tombeau ' (fig. 3193). On a trouvé, dans le cimetière de Sainte-Hélène, sur la Via Labicana, une plaque de marbre qui avait été employée à fermer un locului: '*. Elle représente le plan d'un monument funéraire derrière lequel s'étend un grand jardin, bien dessiné, planté d'arbres et entouré de murs; on y accède par une viapt-ivala qui s'embranche sur une via piiblicri. Cet intéressant monument est aujourd'hui au palais ducal d'Urbino. On conserve à Rome, au musée du Capitole, un fragment de plan en mosaïque, représentant des bains dont chaque salle est marquée d'un numéro. M. Lanciani, qui le premier a publié ce plan, croit que les numéros correspondent à ceux des cohortes des vigiles et urbaines dont chacune avait sa salle spéciale'^. On a trouvé à Rome, entre les Thermes de Titus et le Colisée, un fragment du plan d'édifices privés, avec les noms des propriétaires •■■. M. Klein a publié un curieux fragment d'un plateau en verre gravé, représentant le plan d'une ville, vue à vol d'oiseau, avec ses monuments et des légendes qui en indiquent les noms

CLAVDl A O CTAVI AE DIVICLA/DIF LIBPELORIS

ETTI CL AVD1V5AVG pdLlBE\TYCHVSPROGAVGV5rOR

SORORIBVSETLIBLI BERTABVSQPOSTERISQEOW

ISAEDIFÏ CI CVSTODI AEETMONVMENTI REL1QVER.V

Fig. 3103. — Plau antique d'un tombeau et de ses di^pendanres.

(fig. 3194). Le mot Aureiiana se lisant sur ce plan, l'auteur a exposé, sans l'admettre, l'opinion peu probable

1 Jordan, 1, 5, C, p. 4-5. — 2 Ibid. II, li. p. Il et p. 65, AppentUxA, pi. ixxiv, 1 ; llueiscn. Fiante iaiof/raficfie, p. -Iti, fig. 1-3, plancbe 3. — 3 Cf. Jordan, l. c. ; Huciscn, (. c. — * M. de Rossi, Anatisi fjeol. ed archileclonica, dans Roma sotteranea, à la fin du t; I, p. 55 et 57 ; Jordan, 0. c. p. 63, 4, pi. xxxiv, 4; Huelsen, O. c. |i. 52, fig. 4. — ti Lanciani, Bull, dclla cotmniss. arch. munie, di

que ce plan serait celui de la ville d'Orléans ". Le musée de Grenoble possède un gros bloc de terre cuite, sur

lioma. 1ST2, p. 12, 243; Jordan, O. c. p. C:i. 5, pi. xxxiv, 5. — ^Nolizio degli scnvi, 1890, p. 81; Bullell. d. corn, comunale, 1890, p. 1T6; Huciscn, Mitlheitungni d. arch. Jnst. 1890, p. 304. Le dessin de Huelsen est le plus exact. — 1 Jahrb. des Vereins von Atterlh. im /llieinluiide. I. XC (1891), p. 13, fig. 1 ; rf. inOnic recueil, t. LXXVL p. 71.

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loquet on a gravé, avant la cuisson, un plan assez compliqué '.

On sait que les particuliers recevaient l'eau di's aquc-

/avGVSTI ITHVRil

3vae decemdv«e v;daaDHOR*m

JVARTO

CIVLI HVMETl jvfiDIANO AûVAE -0«A[ .ABH0RA5E.CVNDA 0 HORAM sexTAM

Fi;;. 31'J3.

■ Fragment, du [ilau iFuii a<iucduc.

Fip. 3iyi. — l'iaii antique d'une ville ^ravé sur un [ilaleau de verre.

ducs à certains jours et à des heures fixées, soit pour leur consommation, soit pour arroser leurs terres [cura

aouarumJ. Lesc((rnturcs aqunrum faisaient graver, sur marbre, des plans des aqueducs, piu-tant indication desnoms des riverains concessionnaires, de la quantité d'eau concédée, du jour et de l'heure où elle se déversait sur leurs terres.

Un peut voir un fragment d'un de ces plans à Home, sur l'Aventin (iig. 3195 -).

V. Carte géogramiique. Cadastre. — 1° Slrahon, dans plusieurs endroits de sa géographie, expose les principes d'après lesquels on doit dresser une carte, soit sur une surface plane, soit, ce qui est préférable, sur une sphère ^ Il décrit aussi et soumet à une critique serrée les procédés des géographes plus anciens, Ératosthène et Hipparque '• et attribue aux cartes de son temps une valeur bien supérieure à celle des cartes anciennes pleines d'erreurs '.

Les Uomains durent d'abord dresser leurs cartes d'après les traditions grecques. La plus ancienne carte romaine connue est une cart(; d'Italie peinte sur une des murailles du Temple de Tcllus '' ; Properec'' et Vitruve' l'ont aussi allusion à des cartes géographiques. Nous arrivons ainsi au] célèbre Orhis pic/us du règne d'Auguste dont nous parlerons plus longuement tout à l'heure. SuiHoni" raconte que l'empereur Domitien fit mettre à mort Metius Pomi)onianus, parce i|ue la constellation sous Kiiiuelle il était né le prédestinait à l'empire. Mais, dit Suétone, il y avait à cette condamnation une autre raison : Metius

1 Salle de luliliollièque, vilriue du milieu, n* M-'., don de M. (ialberl. — 2 Corp. iusrr. lui. VI, l:!(il ; Jordan, /'•. U. p. 03, 2, pi. xxmv. i. — J II, [, 33 ; V. 10, 11, lii, 17. — '• 11, 1, 1 et s. —S Ibid. il, 33. -G Vano, R. R. [, i. ~ 1 IV. 111, .til. H VIII, :;. — 9 Suol. Domit. X. — '0 LXVll, 11. — Il Pliu. Hisl. wil. XII. Vlll (forma Etliiopiac). — '2 Oral, pro restaur. scholis, XX. - " Dicuil, />e lui'n.siira orbis leiTat\ p. l"i, édil. de Walckenaer. Paris, 1807 ; .» Hoc 0|utH egre^iuni quu tuundi sununa lenetur, aequora i]U0 montes, lluvii, portus, fréta ut urbes signantur. — 1^ Pliii. Uist. nal. III, m, 1 i ; Uio Cass. LV, S ; ef. J. Mar-

lY.

Pomponianus portait ça et là un parchemin sur lequel était peinte la carte du monde : £t quod dcpicium orhcm larae in iiœm/jrana... circumfeivet'' ; suivant Dion Cassius, cette carte du monde était peinte sur le mur de sa chambre '". Les Romains faisaient même des cartes détaillées, (jui contenaient des indications sur les principales productions des pays représentés. On offrit à Néron une carte de l'Ethiopie qui permit de constater que, depuis Syène, iiniilc de l'empire, jusqu'à Méroé, dans un espace de 8tMj 000 pas, l'ébénier est rare, et que, plus loin, on ne voit que des arbres de la famille des palmiers". Eumône parle des cartes géographiques qui ornaient les porti([uesd'.\utun'^ Dicuil, poète du i\" siècle, dit (jue l'empereur Théodose II, la quinzième année de son règne, fit e.vécuter une carte de tout l'univers".

Mais la carte ancienne la plus célèbre est celle carte désignée sous le nom d'Orbis piclus, exécutée d'après les documents réunis par ordre d'Auguste sous la direction d'Agrii)pa, puis exposée au Champ de Mars, dans le porliiiui' dont sa su'ur Polla avait commencé la cons- Iruclion '■'. Il est généralement admis que la célèbre carie connue sous le nom de carte de Peutinger ffig. 3190) est la reprodLiction de ['Orhis piclus d'Agrippa. Cet Orhis picfus, plusieurs fois modilié, complété et recopié, fut la source principale de tousles documents géographiquesqui suivirent, et c'est d'après lui qu'on rédigea les itinéraires '^. Un exemplaire, dont on ignore la date, car toute trace en est perdue, serait parvenu entre les mains d'un moine de Colmar, qui vivait au temps de saint Louis, en 1263. Le moine copia la carte, en couleur, sur onze'" feuilles de parchemin, qui sont aujourd'hui conservées .à la Ilofbibliothck de Vienne; il y fil plusieurs modifications et surtout introduisit dans les noms géographiques de nombreuses fautes d'orthographe. Conrad Peutinger, le savant qui a donné son nom à cette copie, l'avait reçue en 1508 de Conrad Meissel, qui en avait fait la découverte à Worms et la possédait depuis l'année 1494. On ne sait pas quel a été son sort entre 12(îo et 1 i9i ^'. La carte de Peutinger a une forme singulière et semble passée au laminoir, tant elle est disproportionnée dans ses dimensions de hauteur et de largeur ((i^iSi sur 0™,34 seulement) ; elle est donc extraordinairemeul allongée de l'est à l'ouest et non moins resserrée du nord au sud. Bien des fois on a émis l'opinion que le prototype, peint sur les murs d'un portique long et peu élevé, avait eu, aussi bien que la copie, ces proportions bizarres. Cette explication est peu satisfaisante, car il est plus que probable que VOrbis picfus avait une forme circulaire '*. Que la carte do Peutinger ait été ou non la reproduction de celle d'Agrippa, il est indiscutable que le moine de Colmar a eu entre les mains et a reproduit une carte antit[ue ou une copie d'une carte anticjue. Ouelles que soient les altérations, les modifications ou les déformations dont celle-ci a eu à soutTrir, la carte dile de Peutinger n'en reste pas moins un monument unique et du plus haiil intirèl, et pour les renseignements géo-

quardl, Stant^vefifnUung, l. 11, p. -iOl : trad. Vigie, d.-uis Manut^l îles ailtitf. rouiuiiivs, t. X, p. i61-:26i. — 15 Cf. Man}uantl. /. c. — I6 Cf. E. Oesjardins, Gtoyr. titj la G»uU' romaine, t. IV, p. 7i, uoto 1 ; il y avait peut ^trc douze feuilles, dont une serait perilue. — '7 Iliiii. p. 7i, — 18 C(, Mommâcn, Die Karte des Kosinographen , dans /terichlr iler k. Sûchs. Gesell. d,T Wissensch. ;u Leipzig. Philolog. hist. Ct<issr, l. 111, 1831, p. US et s. ; Cli. 5IiillenliotT, Ueber die roemitche Wellkarle <l.ans Uermes, l. IX, 1873, p. 191. Cf. aussi sur l'Orbis pictus, A. Ricse, liaus Geoijroplti UU. minores. 1S7S, prolegoiuoua, p. vu-xvii.

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graphiques qu'il contienl ol ]>iiar i'i'ludc do la cartographie dans l'antiquité '.

2° Outre les cartes générales, les Romains faisaient des cartes particulières, des cadastres établis non plus dans un intérêt géographique, mais légal.

C'est ainsi que P. Lentulus, préteur urbain en l'an de Rome ;i02, acheta, avec la permission du sénat, pour le domaine public, des territoires appartenant aux par-

ticuliers. Il en fit lever le plan, et, après l'avoir gravé sur des tables de bronze, le iixa aux murs du temple de la Liberté-. Nous voyons Claude et Vitellius, en qualité de censeurs, reprendre aux particuliers un terrain usurpé cnnsn cognila ex forma '■'. L'empereur Vespasien, d'après la forma de l'empereur Auguste, restitue au tem. pie de Diane Tifatina, près de Capoue, des terres données à ce sanctuaire par Sylla et peu à peu usurpées par les

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I ^Cara-ntowasv^

Fig. i^lOU. — Fragnioiit do la raric do I'outin°;er,

particuliers*. 11 existe encoro à Edl'u (Apollhiopfdis Maf/na)^ un temple sur le mur extérieur duquel est gravée la forma de toutes les terres dépendant de ee temple''.

Vi. FoiiMA COLOMAE. — Quaud le territoire cultivable d'une colonie était déterminé, on le divisait d'après des règles fixes qui nous ont été conservées par Hygin.

Tous les rites accomplis, la division faite et les lots distribués, on établissait le plan {forma) très détaillé de la colonie, avec indication des lots. Un exemplaire de ce plan était destiné aux archives de l'empire ; l'autre,

I Voici los principalf^ l'ili lions <lc la lablc de l'inilincrpi' ; Marc Wcisci-, Frii<imen(n tahuUie antiquai', in quis nliqiiol per liom. proviucifi^^ itinera ex Peulingc.roruin hibliothrcn. Venise, Aide, loOl. Celle l'-dition ne contienl que deux segmcids. La première édition coniplt^tc fui faile à Auvcrs, ])ai- Jean Morel. elle est inlitiilée : Tabula iiinerarifi , ax illnslri Peiitinfjerorum bibliotheca, quac Aufjuslae Vindrl. est, bénéficia Marcî Velscri^ scptoynviri Aiit/tistaniy in lucem ''flita, Anvers, 1598. Les planclics de Moret furent rt^'Mili^cs en 1618 par les Klzcvirs, rlans le Theatnan rjeographiae vetcris, cl en 1024 par les Planlin, dans le 7'healri tivbis terrnmiii parertjon d'Abraham Orlels. On g:rava une seconde fois des cuivres ijui furent utilist'-s dans l'Atlas de Oeorfjos Ilorn. Acciwatissïma orbis antiqui delineafio^ Amsterdam, Jeanssou, lOîiS, cl dans la traduction française de cet ouvrage. Description de l'univers de 0. Ilorn. La Haye, ITil. De nouveaux cuivres, moins lions que ceux de J. Morel, furent gravés en lf>K2 pour i'i'dition des œuvres coniplèlesdc Marc Welser; on en cxi''cula encore tlenouveaux \iQ\iv L'histoire des grands chemins de l'Empire romain, par Nicolas Bergier, Urll, 2" <!''dil. 1728. Les cinquièmes cuivres furent faits en \liV.\, i)our la belle ('•dîlion de ScliejL : Peulîngerianii tabula itineraria, quac in Augnntn bihliotkeca Vindrboneusi nunc scrvatur. Vienne, 1753. Ces mêmes cuivres furonl utilisés pour l'édition du dominicain Podoeatro ("risUanoiioulo, Tabula, ilincraria mililaris romann antiiitm Theodosiana rt l'entingeriann nuiicupata, Aesii in l'ireno, 1800, puis pour réitition de Manncrt, Tabula itineraria Peutingcriann pî-imum aerï incisa et édita « J^r. Christoph. de Scheijb MDCCLIIl ; denno cum codice Vindeboni collata, eniendata cl nova Conrad

gravé sur bron/e'' ou sur marbre, restait dans la colonie [coLONiA, p. 1313-1314]''. On a retrouvé des fragments de la forma de la colonie d'Orange ^ Ce document, malheureusement très mutilé, est cependant assez complet pour qu'on ail ])U reconnaître (piil a été établi d'après l(*s règles qu'Hygin nous a conservées : il contenait le plan, l'indication des lots, marqués par des lettres, et des chiffres désignant peut-être des redevances ^

VIT. Portrait ^"[imagoI.

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