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Ki?. 3C:i2.
nous oiïrf la première effigie du (iorgonéion placé sur
le cou do Méduse.
L'arl phrygien, dérive de l'arl hitlile', a placé audessus d'une entrée de S('pul('r(' - un monstre que deux guerriers frappent de leurs javelines. Cette sculpture, du viii° siècle f'sl d'une exécution soniiiiaire ; mais la l)ru taillé de travail est voulue : on ne voit (|u'une tète énorme, au nez retroussé^ à la bouche béante et relevée aux coins
(fi g. ;{(i:}:2).
Le (jorgonéion n"apparait sur aucun monument de la période mycénienne. Fausanias vit à Mycènes un Gorgonéion en pierre ' ; mais on ne saurait voir là une uaivrc des Cyclopes lyciens. Parmi les démons gravés sur les gemmes de Troie, de Mycènes et de Tirynthe ne ligure jamais de Méduse'. Il ne faudrait pas non plus prendre^ pour un prototype ou une abréviation du Gorgonéion ces linéaments de figure humain('' dont l'époque primitive a couvert ses vases, ses monuments, ses idoles.
Les premières mentions qui soient faites du (iorgonéion dans l'histoire de l'art semblent se trouver dans deux passages de V Iliade ' ; mais ces passages sont interpolés*. Quant aux autres textes homériques où il est question de la tète de Gorgone', ils font allusion à des mythes, non à des représentations figurées. De même pour la vieille Théogonie attribuée à Hésiode '". Par contre, le Houclier d'Héraclès ", qui date au plus tAt de la fin du vu" siècle '', donne un portrait des (iorgones d'après des images vues.
C'est donc vers la fin du viii" siècle ou le début du vu' que les Grecs ont dil emprunter à l'Orient le type du Gorgonéion. Jusqu'alors on connaissait un masque sans barbe et ;\ physionomie humaine, dont la destination, purement décorative, n'avait rien de symbolique. Désormais figurera partout le Gorgonéion ornemental et protecteur.
Le type archniiine. — 1" La Gorijonc en pied. — Le i)lus ancien exemiilaire connu de ce type" est peint sur un plat de Caniiros '' (^lig. .'td.'i.f). Cette (ruvre rliodienne ne peut être postérieure au vu" siècle. Les cheveux encadrent les joues, à la façon d'une barbe : c'est le UKitif, si
1 l(ain>a), Juurn. of hetl . .î/iiJ. IX, 1888, p. 350-.18i. — i [,l. llci'. arch. l.'is:,!!, p. 350= l'iTiol, O/), ci/. V.fig. 117, p. 173, et p.lt.S, 175177. — 3 Paus. Il, S0,7.
— *La pemiiie publit^c (I.ins les Milth. </. aich. Iiist, in Ath. W, 1,S86, pi. vi, 13, ne remonte pas plus haut que le vu» siècle. — " Cf. Cuiiius, ''A'appetiyt'brauch ^ 87.
— G Schuclthartlt. Schtiemanns Aitsgrab. fig. i2, 23; Scliliemanu, //io«, Irail. fr., fig. iOt 230; l'crrot. I. c. lig. 328, 329: Coiiie, Iteise aus ,t . Insein ,1. Tiakischen AJeeres^ 12. — 7 //. XI, 3tî-37 : V, 741. — s Kurlwiiligler, BrontefumU v, Olympia^ p. Kl; art. Coi-gonts, p. 1702-1701; cf. Kolierl, t> M. ilc Prcllcr, f.r. Mylh. I, IJO; llildelirauill, /. c, cf. p. 216. Celte tli^so est rombatluc par Helbig, //om. t'j,os, p. 2Si;, p. IfiSdc latraJuct, française. — 9 //. Vlil. :;■■•>: Oil . XI, 031. — '0 V. 270 s.
fréquent dans l'art archaïque, du Gorgonéion barbu. On pourrait croire à quelque type mâle, comme Phobos
Fig. 3633. — Gorgone.
ou Bès. Mais ce sont bien les Gorgones qu'on rendait ainsi plus hideuses '%
Sur les anses du vase François '*■, deux Gorgones courent à droite, en vêtement court, avec des lalonnières, un bras levé et l'autre baissé, la tête hérissée de serpents" ; c'est encore une Gorgone qui vole, avec quatre ailes recoquillées, sur un skyphos pseudo-chalcidien de Nola"; enfin, scène caractéristique, sur un vase attique à figures noires (lig. 3635) '% les Gorgones poursuivent Persée et Hermès, tandis que Méduse s'affaisse et que de son cou sort Pégase. Sur t(nites ces œuvres, d'ancien style, la tète est soulignée par la barbe. En donnant de la barbe à des figures féminines, les artistes grecs ne songeaient qu'à produire un efl'et d'horreur-"; mais ils transmettaient à leur insu le souvenir de l'époque où le Gorgonéion représentait la monstruosité d'un génie mâle -'. La ligure peinte sur le plat de Camiros peut donc être celle d'une Gorgone. Le vêtement, les quatre ailes, le buste de face avec le bas du corps en marche vers la droite : tous ces détails conviennent à une Gorgone.
Dans le style archaïque, les Gorgones en pied procèdent de deux types. Le premier a été créé par les Grecs des côtes asiatiques et des îles voisines. L'art qui a produit ce type est souvent qualifié ionien; mieux vaut lui donner le nom plus général d'art gréco-asiatique, en y rattachant les imitations faites dans les colonies chalcidiennes d'Italie--. Le second type est celui des pays européens,
— Il V. 230 s. — 12 Lfeclicko, .AicA. Zril. Xl.l, liSI, p. 46. — " Cf. rurlwSnglcr, art. Gorgone», p. 1706. — " Sii, Journ. of heU. st. VI, I8&.Î, pi. I IX et p. 27S-279. — 15 Furlni<ngler, p. I7u7 ; K. SilU, Jahrb. d. arck. fnsl. Il, 1887, p. 183. — 1« .Uoii. il. Inst. IV. IStS, pi. uvui = Areh. Zeil. X, 1810, pi. \iiii,sxiv = Wi«l. VorUgeblûH.U. pi. v. — '7 Cf. .Von. d. Inst. 18S0, pi. x\iï. — 18 Jiin. d. Inst. 183». pi. p = .iicA. Zeil. XXVI, 1S66. pi. cc»i, I, 2.
— 19 Gerhard, Trinksch. und (•efâ'^si; pi. il. ui = Leiciow, pi. ii, 24 cl p. 60. -MKôrle, Arch. Zut. XXXV, 1877, p. 115, n. 22. — 21 MUchkôrcr. /6. XXXIX. 1881, p. 291. u. 7 ; Furlu.ïngler, Siltl, .7. ce. — — Cf- Duniont, Ciram. de la (irèct propre, I, 270.277.
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Péloponnèse, Attique, Sicile. L'Étrurie, adopte également les deux types.
a. Le type gréco-asiatique. — Chez les Grecs asiatiques, les Gorgones en pied sont représentées en course. Selon la formule consacrée', une des jambes est pliée, et le genou fléchit jusqu'à raser le sol. Les Gorgones courent toujours à droite ^ Parfois elles lèvent un bras et baissent l'autre; plus souvent elles tiennent les deux bras étendus ou baissés % surtout quand elles portent en mains des animaux symboliques*. Les bras sont nettement détachés du corps, geste qui rend la rapidité du mouvement. Ce n'est pas une marche, c'est un vol.
Aussi les Gorgones ont-elles des ailes. Les exceptions, très rares, s'expliquent par des circonstances extérieures. Le Louvre possède un pied d'ustensile en bronze provenant d'Halicarnasse, qui représente une Gorgone agenouillée et portant sur la tète un pied de lion : sa pose S la largeur de sa face, sa coiffure, son long costume, l'absence de serpents, tout révèle une très haute antiquité; si les ailes manquent, c'est par suite d'un accident. Le vieux style gréco-asiatique aime le riche appareil des ailes amples et fortes : il en donne quatre aux Gorgones, généralement deux droites et deux retroussées''. Déjà sur le plat de Camiros on voit quatre ailes recoquillées, une paire déployée horizontalement, l'autre inclinée obliquement vers le sol. Puis la Gorgone apparaît avec sa garniture d'ailes sur le sarcophage de Golgos, sur une calcédoine de Panticapée^ (lig. 3634), sur le skyphos de Nola. Les quatre ailes se retrouvent sur des monuments provenant d'Rtrurie, mais importés de Grèce ou copiés sur des modèles grecs. Tels sont un slamnos à figures noires *, un scarabée °, un miroir découvert à Crotone '".
L'art gréco-asiatique habille les femmes d'un péplos descendant jusqu'aux pieds. Il en revêt aussi les Gorgones. C'est précisément pour établir leur identité de démons qu'on dut multiplier leurs ailes et leur donner des serpents symboliques. Sur le plat de Camiros, le chiton long, serré à la taille, est fendu et laisse passer une des jambes nue. Le costume est long sur le bronze d'Halicarnasse, le skyphos de Nola, le sarcophage de Golgos et sur des monnaies qu'on croit originaires de Cilicie". Quand le motif des serpents lit son apparition, le signalement des Gorgones devint plus facile : raison de plus pour ne pas leur ôter leur costume de femmes
' Cf. s. Reinacli, Hev. orch. i8S7, 1, p. i07; Colllgnou, Bist. de la sculpl. (jr. I, 137-138; Kaiktnaiin, Jahrb, d. ln$t. X. 1895, p. 50 s. arch. — - Une seule exception, sur des monnaies étrusques alli-iljui'cs â F^sulos (P. Gardner, Types of <jr. coins^ pi, I, ti, et p. 88 : liev. mon. 1859, pi. xv, 4; Mominsen-HIacas, pi. xvin, 1).
— 3 Sur un pied en bronze du Louvre, tli'crit au ^ suivant. — '* Sur le plat de Camiros, la monnaie de F(5sules, une caloîtloine de Panticapée {Comptes rendus de la commiss. arch. Pétersb. 1860, pi. iv, 6 = Furtwiingler, p. 1711), un slamnos élrusfiue à figures noires (Gerhard, Auscrl. gr. Vasenb, pi. lxxxix, 3). — 5 Cf. lier IV, 152. — C Parfois les quatre sont recourbt-cs (cf. Micali, Storia, pi. li, 8).
— " Comptes rendus, l. c. : Furtwiingler, p. 17Ul. Pour le sarcophage do Golgos, voy. p. 1618 note 34, pour le skypiios do N'ola, p. 1619, note 18. — SGerhard, l. c.
— 9 Micali, .Slorta, pi. liv, 3 = Cades, Iinpr. f/einmarie, XVl F, 33. — 'u (jerhard, Elr. Sp. Il, pi. ocxi.niA, 1 = Bull. arch. ^'apol. N. S. t. H, pi. lu.— " Six, p. 31.
— '2 Ij. c. — !•* Sont, f/erc. 233-234. — 1^ Sur le miroir de Crotone et sur le scarabée. — 1" Sur le stainnos, sur les monnaies do Fi'sules, bur la getnine de Panticapée. — It' Voir [lourtant ce ipic dit il. I.eclial {Bull, de corr. hell. XIII, 1S89, p. 149) d'une Gorgone en bron/e trouM'c sur l'Acropole d'Athènes. — '^ Six, p. 14, signale une seule exceptioti parmi les Gorgones de ce type (Gerhard, Fliigetgeslalten. pi. Il, 2). On peut encore meiitionucr un curieux cylindre de Berlin (Ohiiofalsch-
Goi-gonc.
réelles; elles le conservent sur la gemme de Panticapée (fig. 3634), sur toutes les œuvres étrusques de style gréco-asiatique, voire sur des monnaies attribuées à Fésules '-.
Si les serpents sont un attribut fréquent des Gorgones archaïques, ils ne furent cependant pas imaginés tant que les artistes Grecs d'Asie travaillèrent pour leurs concitoyens. Les serpents manquent aux plus anciennes représentations : il n'y en a ni sur la poterie rhodienne et la pseudo-chalcidienne, ni sur le bronze d'Halicarnasse, ni sur le sarcophage du sculpteur cypriote. Hors d'Asie, au contraire, ils paraissent de très bonne heure. C'est l'appendice accoutumé des Gorgones en pied plus encore que des (iorgonéions. Comme sur le bouclier d'Héraclès'^, les Gorgones portent deux serpents pendus à la ceinture sur quelques-uns des monuments étrusques où elles ont les ([tiatre ailes elle long péplos'". Sur les autres œuvres du même style et provenant d'Étrurie ou du Bosphore Cimmérien, elles tiennent des serpents dans les mains'^
b. Le type européen. — Les Gorgones des pays européens (fig. 3635) semblent aussi, en courant, toucher la terre du genou incliné '°. Elles se lancent aussi vers la droite '■'.Mais comme leurs mains sont moins souvent chargées d'attributs vivants, elles ont généralement les bras allongés l'un en haut, l'autre en bas; c'est par exception qu'elles les lèvent'* ou les étendent" tous deux, ou qu'elles serrent les poings sur les hanches-".
Elles ont des ailes. L'auteur du Bouclier d'Héraclès ne citepas ce détail; mais il ne prétend pas faire une description complète. Quand lesailes font défaut, c'est encore pour des raisons exceptionnelles : sur la métope de Sélinonte-^ le sculpteur ne disposait pas d'une place suffisante. Lorsque ce genre d'explication n'est pas possible, l'absence des ailes prouve qu'on n'est pas en présence de Gorgones ^- : ce sont surtout les Étrusques qui représentent ces démons aptères ". Mais le plus souvent les Gorgones n'ont plus qu'une paire d'ailes-'. On retrouve toutefois les quatre ailes sur bon nombre de vases attiques à figures noires -\ sur des figures d'applique en bronze ", sur l'acrotère en terre cuite de Gela -'', sur une paire d'objets en or découverts en Étrurie et conservés au Louvre -". Une anse de bronze '" représente une Gorgone munie de six ailes; mais ce monument, semblable à un autre qui ne porte que quatre ailes'", n'en laisse voir que quatre par devant, les deux autres se repliant sur les côtés de l'anse.
Le motif des serpents est moins fréquemment repro-
Richter, liypros, pl.|xxii, 10)ct la gemme dijà citi''e de Mélos. Ces manquements à la tradition sentions imputables à dos artistes étrangers. — *8 Levezow, pi. i, 3 ; cf. Furtwanglcr, Vasensamml. n» IUI4. Le monstre mile du vase d'Anubis, de ses bras levés à angle droit, s'encadre la télé dans trois côtés d'un triangle. — ^'^ Sur la gemme de Mélos. — 20 Sur un vase trouvé à Uhoiles {Journ. of hell. st. V, 1884, pi. XI. ui) et sur des anses en bronze de la Russie méridionale et de l'Étruric {Gaz. arch. XIII, 1888, pi. lui ; XII, 1887, pi. xxxiu). — 21 Benndorf, Metopen von Seliniml, pi. 1. — 22 Pas d'ailes sur le cylindre de Berlin, ni sur l'anse éirusquc.
— 21 Aux exemples cilés plus haut, ajouter Micali, S(oW<i, pi. eu, 7.— 21 l.a gemme de Mélos, où il n'y a que deux ailes, semble copiée sur un modèle mal compris où il y en avait quatre. — 25 Au Louvre (salle F, n" i30), au Musée de I.eyde (Six, p. 13), à la Glyplothcque de Munich |Gerhard, Atisn-l. gr. Yasenb. pi Lxxxvni), au .l/us. Oregor. (II, pi. xxix, 4 a), au Musée Hrilannique (vase d'Aïuasis, n» 041 : Juurn. of hell. st., l. c). — 2C liabelon et Blanchct, fig. 700, p. 313. Voir au Louvre, sali.; des bronzes antiques, vilrine 4. le n" 396.— 21 Micali, .S'foi-iii. pi. i.i, 10 r= Panofka. Terracollen d. Ilerl. Mus. pi. li = Kekulé, Terrucollen v. Sic. |>. 14, fig. 95 - Six, pi. 1, m, 2 «et p. 9. — 2S Salle des bijoux antiques, n- 302, 312.
— 2» Gaz. arch. XIII, 1S88, pi. xm. — M Héron de Villefosse, Giiz. arch. XII, 1887, p. 263.
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diiit par les (ipecs d'Occident que par ceux do l'Orient. L'acrotère de Gela présente un rennarquahle exemple de serpents pendus à la ceinture. Sur une très belle cylix attique du British Muséum ', deux, grands serpents se dressent pardessus les épaules de la (jorgone, etrevienncnt dans SOS mains . ki c'est un reptile énorme ■'; là c'est un petite 11 y en a un dans chaque main sur les objets en or du Louvre et sur des jambières en bronze découvertes à Kuvo '.
Toutes ces Gorgones du vieux type européen ont leur signe distinctif, le chiton court. L'acrotère de Gela, la cylix du British Muséum, les objets en or du Louvre présentent le double motif des serpents et des quatre ailes : mais on n'y voit pas le long péplos : ce ne sont donc pas des œuvres gréco-asiatiques. Réciproquement, très rares sont les Gorgones à long péplos qui ne sont pas gréco-asiatiques '% et lorsque ce costume est imité en Europe, on le montre du moins légèrement relevé par la course \ Avant tout, devait éclater aux yeux la rapidité du monstre : le chiton court, serré, laissant a. nu les jambes et les bras, convenait admirablement, et c'est lui qui rendait moins utile l'appareil compliqué des quadruples ailes. Sur los vases du vieux style attique, le chiton est souvent fait en peau de bêle '.
Les emplois do la Gorgone on pied dans l'art archa'i'que rappcUenl l'origine du type. De même que le Gorgonéion a précédé la personnalité de la Gorgone, de même le motif de la Gorgone isolée et en course semble antérieur à la ropréseatation de scènes mytlii(|uos. Avant d'être la victime de Persée ou une sœur de cette victime, le monstre n'a été qu'un motif de décoration'. Sur le plat de Camiros et sur un alabastron de même provenance', les dessins dont est semé le champ se répètent sur le costume et sur le corps même du démon. Sur le skyphos de Nola, la Gorgone apparaît entre deux sphinx. Pour les champs à forme rectangulaire c'était le motif préféré: on le trouve sur un relief de bronze venu d'Olympie'", sur la rondelle d'anse d'un cratère corinthien", sur le
1 Juurn. ofhelt. si. V, IS84, |il. xi.ui. — 2 Aiin. tt. Imt. XKXVllI, is6li, pi. K et p. 585-269. — ^ Furlwîingler. yasei\sn>i}ml. n" 1611. — ^ Six, J'inrn. of helt. si, VI, 1885, p. 283. — ^ On le trouve sur un vase à fiïïures rouges (Micali, Mon. ittfti. pi. .\i,iv. 3). — '•A ce qu'il semble tl'.iprùs la description de H. I.echat {/. c), il en est de môme du brouzc trouvé sur l'Acropole d'Athènes. — " Par exemple. Micali, Storia, pi. lv, 8; Catal. del Mus. Campnna^ IV. 12^. — ** C'est une loi qui parait générale dans le développement des types. Voir Lôschckc, Ai-ch.Zeit. XX.VIX, 18S1, P.4S-50. — oyolira. o/'/ieM. s(. VI, 188S, p. i8l. — 10 Ju,sj,rn6. v. Olympia, t. IV, pi. XXV B, 4 ; Curtius, fias arch. llronzerelief, p. 13, 6 : Furt\viinï;ler. Bronzefxind^ nus Olympia, 93. — n Ann. d, inst. I87-i, pi. N-O. — '* Rrouie du Cabinet de France (Hnlielon et Blancliet, p. 706, tig. 313); au Louvre, le pied d'Ilalicarnasse, les objets étrusques. Les anses de bronze à reliefs sont particulièrement curieuses ;
Kig. 3635. — Persée et les fîorgones.
vase François. Volontiers l'image de la Gorgone, s'adaptait aux formes tectoniques des objets '-.
La variété des applications de celte figure isolée explique pourquoi l'art archaïque place plus rarement
la Gorgone dans la représentation d'un fait légendaire.
Toutefois il lie faudrait ])as exagérer. Un intéressant trépied en terre cuite '^ offre l'exemple d'une scène figurée en p l usi eurs compartiments : les Gorgones sont à la fois
des motifs pour champs rectangulaires et des personnages ayant un n'do à jouer dans l'ensemble. La décapitation de Méduse, la poursuite de Persée sont des scènes que les artistes grecs ont de bonne heure affectionnées entre toutes. La glyptique et la sculpture semblent avoir une préférence pour la première : témoin un cylindre de Berlin, le trijne d'.\myclées'', le sarcophage de Golgos, la métope deSélinonte, où l'artiste, habile dans sa naïveté, a figuré la naissance de Pégase en plaçant un cheval ailé dans les bras de Méduse. La seconde, déjà ciselée sur le bouclier d'Héraclès et sur le coffre de Kypsélos, est le sujet favori des peintres archaïques sur vases (fîg. 363.5)'' : ils trouvaient là des personnages à aligner en une de ces longues tiles qu'ils aimaient tant.
La Gorgone en buste est d'un emploi purement décoratif. Un pied en bronze trouvé à Olympie "^ est surmonté de la partie supérieure d'une Gorgone aux ailes déployées. Il existe plusieurs spécimens d'un pied où la Gorgone en buste étend les bras horizontalement et finit en pied de lion ''. L'art chalcidien des vases en bronze avait un goùl spécial pour la demi-Gorgone. Elle parait fréquemment à l'attache d'anse inférieure, les coudes à angle aigu écartés du corps. Sur un admirable exemplaire du South Kensington Muséum", deux serpents arrêtent le buste. Ailleurs''' deux chevaux se détachent symétriquement de chaque coté de la tête, et les bras allongés ramènent les mains vers le menton. Sur les terres cuites qui reproduisent ces anses -", la Gorgone en buste et avec bras est placée entre des agneaux accroupis*', des sphinx" ou
voy. l'anse du British .Muséum Journ. of hell. si. I. e. pi. D : Furlniingler. p. IT 1 1 . en signale une seconde au Musée de Naples) Voy. encore laose provenant en triple eiemplaire de l'ÊIrurie. de la Cilicie et de la Hussie méridionale {Gnz. arcH. XII, 1887. pi. sxin: Ib, p. i65 ; XIII. I8SS, pi. siii). — ^^ Arch. Zeit. I. e.. pi. iv et u, 1,3= Genick et Furlnânglcr, Griech. Keramik. pi. Kiv. — Il Paus. III, 18. II.
is Parmi les rares vases archaïques qui représentent la décapitation on peut noter
.irch. Zcit.. I. c. pi. v. i; Calai, del Mus. Campana. IV, liï. — I^Ausgrsb. r. Olympia, t. V, pi. iiix A. — '" .Micali. Sloria, pi. l. 5 II ; en a une paire au Louvre. Ce pied se trouve aussi à Berlin (Friedericbs, Sron:f«. n» I31C). — » Cité par Furlwîingler, p. 1712. — l».l/"S. Bo-b. t. III, pi. un = Mûller-Wieselcr. Il.pl. Lxiii, 900. — ^ D'apn^s Furlwîingler, t. c. , le British Muséum en a un beau choix {Guide, l'a.îc-room i. i, p. 74, 136 s.). — 2i Ib. p. 137, US. — 22 Jb. p. 139, 1*0.
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Fig. 3(i3ll. — Mon naie d'Asie Mi neure.
des lions'; elle se trouve même entre deux protomes de cheval affrontés'-.
2° Le Gorgonrion. — Le Gorgonéion archaïque présente d'innombrables variantes. Mais les nuances ne sauraient servir à une classification de types essentiellement distincts et successifs : elles sont superficielles, contemporaines et, sinon personnelles, du moins régionales. Que le masque soit hérissé de serpents ou non, qu'il soit barbu ou glabre, ce n'est jamais un élément suffisant pour justifier une attribution. Il y a des séries locales : de lois déterminant la géographie ou la chronologie des Gorgonéions archaïques, il n'y en a point.
Le type du Gorgonéion n'a pas été créé d'un coup; les Grecs ont longtemps recherché les détails les plus propres à produire une impression d'horreur. Les œuvres les plus anciennes portent la trace do leurs tâtonnements. Face carrée; chevelure aplatie par un diadème et retombant en mèches droites ; énormilc des yeux ronds ; forme géométrique du nez; bouche démesuré'ment ouverte, d'où sort la langue et qui laisse voir en bas une rangée de dents pointues, en haut des crocs : voilà le plus ancien spécimen de Gorgonéion, celui du plat rhodien. Ce qui frappe ici, c'est que la bouche, tirée en largeur, reste horizontale. Il en va de même pour le Gorgonéion barbu de ces grands pithoi^que l'industrie grecque de Sicile'' fabriquait à une époque très reculée^ pour l'Étrurie''. Enlin, sur une monnaie asiatique en électron'^ du vu" siècle' est gravé un Gorgonéion (fig. :<636) dont la bouche close est tirée horizontalement et dont les lèvres se rabaissent aux coins. Ce type rudimentaire a des ressemblances fortuites avec le type adouci de l'époque postérieure.
L'absence de crocs semble encore un indice des hésitations éprouvées par l'art primitif. La Gorgone du plat de Camiros a de forts crocs en saillie hors de la bouche. Mais il n'y a pas de dents marquées sur la monnaie en électron, pas plus que sur les pièces très anciennes attribuées à Seigé». Une base de statue", découverte à Délos et que la signature d'Iphicartidès assigne au \u° siècle, est ornée de deux masques qui, de profil, ressemblent à des mufles do lion, mais qui, de face, ont la laideur du Gorgonéion avec presque tous ses traits caractéristiques. M. HomoUe" a bien vu que ce marbre « rappelle l'effort, maladroit encore, d'une conception incertaine », et rien ne justifie mieux cette idée que l'absence de fortes canines parmi les dents grinçantes. Enfin sur les pendeloques d'un collier cypriote '-, superbe échantillon de l'orfèvrerie du vir siècle, tous les traits du Gorgonéion sont déjà ceux du type archaïque, quoique avec une expression moins rude"; mais l'arlisto ne crovait
1 Guide Vase-room i, 2, p. Ul, t42. — 2 Mipali, Sloria, pi. cii, 8; de Luyncs, lit. num. p. 82. — 3 Mus. Grerjor. Il, c. 0 ; Ermitage, n" 3i7, 76i(cf. Stepliani, C. rend., 1804, p. 136) ; l.ouvrc (Cu«. liecorr. hi'tl. XII, I8SS, p. .50ii). — » Liisclicke, Arch. Zeil. XXXIX, 1881, p. 40-41: l'ollior, Bull, de corr. Iiell., (. c.,p. 491-509. — aiiirdi, Ane. pottery, II, 210 s,; Uisclicke, /. c. — r> Voir ejicore le rictus droit sur d'autres polerios, comme Arch. Xeit., l. e., pi. xii, 2: Mon. <l. Insl. 18*0, pi. xxiv. — 1 II y cil a un exemplaire au Brislisli Muséum (Ile.id, Guide, pi. I, 4 = P. (iardncr, 'J'y/ies of gr. coins, pi. iv, .ï = Furlwanglcr, p. 17 08), et une autre au Musée de liorlin (Ilelliig, Uom. lipos, fig. 120, p. 287, trad. franc, fig. 104, p. 300). Ui-ad (Catal. ofCentr. Grecce, p. I.ll) croit ce slatère originaire d'Érétrie; fiardncr (?. c.) de F'arion. Six (p. GO) rejette les deux hvpothùses ; Ilclbig et Furtwiingler se contentent de déclarer que cette monnaie vient d'AsieMincurc. —8 D'après Furtwiingler, ;. c. ; peul-élrc antérieure d'après llelliig, (. c. Six (p. 81) liio comme diite la seconde moitié du n» siècle. — OMionnet. flt'scn>(.pl.xxxn, 7;ct.Six,p. 0-7, 44.— I0j5„;/. rfeco/v.Ae». XII, 1888, pi. xin = Collignon, Uist. de la scutpl. gr. I, lig. 65, p. 131. — il nidl. de corr.
pas déconcerter les esprits en ne ciselant qu'une double rangée de petites dents.
C'est chez les Grecs d'Asie et des îles ou dans leurs colonies qu'on surprend toutes ces hésitations; là aussi on trouve les plus vieux spécimens du Gorgonéion classique. C'est donc là que le type archaïtfue se fixa.
Si l'on essaye d'en distinguer les traits généraux, on en voit d'abord, au-dessus des puissantes mâchoires, que l'énorme bouche. Elle est large, ouverte et relevée à la commissure des lèvres. Il en sort, longue et généralement large, une langue qui pend. Toutes les dents sont visibles, parfois pointues et triangulaires, en dents de scie; les canines sont très longues et aiguës. Les yeux, dominés par les sourcils proéminents, sontécarquillés, le plus souvent très gros et taillés en amande. Le nez, épaté, froncé, est presque toujours traité en motif géométrique, trilobé ou avec des narines en volutes. Sur les exemplaires finis, une ou plusieurs rides verticales sillonnent le front, destinées à marquer la contraction que cause le regard irrité : les Gorgonéions des vases dits cyrénaïques portent au-dessus du nez trois lignes divergentes et de pure convention. Les oreilles, attachées beaucoup trop haut, sont souvent ornées de pendants. La chevelure, unie, est disposée autour du front en petits tortillons ou en bandeaux. Quand le Gorgonéion est encadré d'un cerclefmonnaies, fonds de vases, épisèmes de boucliers), les cheveux ne sont indiqués qu'aux alentours du front. Quand le champ laisse de la place, de chaque côté tombent de larges tresses ou des mèches longues et droites. De toute façon, le masque est plus ou moins arrondi en un cercle d'où déborde en général, ([uelqucfois très bas, la saillie du menton.
a. Le Gorgonéion sans serpents. — Une série de Gorgonéions archaïques se caractérise par une face particulièrement large, pleine, charnue, et par l'absence ou l'usage restreint des serpents. On suit ce type en Asie Mineure et chezlesChalcidiens,àCorinthe et en Attique, jusque dans lescolonies de Sicile et d'Italie, jusque dans le Pont-Euxin.
Dans les oeuvres gréco-asiatiques, ce Gorgonéion sert surtout à la Gorgone courante et vêtue du péplos. Les fortes joues sont bien visibles sur les monnaies attribuées à Selgé. La barbe est nettement peinte sur un vase rhodien'''. De Tarse vient le haut d'un vase à forme de Gorgonéion, où les oreilles servent d'anses et d'où le liquide, sortant par la bouche, doit tomber le long de la langue pendante '■'.
La série chalcidienne commence par des monnaies jadis attribuées à Athènes"'', mais restituées à l'Eubée'''. La parenté de leur Gorgonéion est manifeste avec celui qui décore des pièces d'armure on bioir/.e provenant du Péloponnèse '", de la Grande-Grèce ", de l'Étrurie-" et de la Crimée-'. Des procédés idenli(|uos de fabrication et la
helL, t. c, p. 476. — 12 p. Hermann, Grûberfeld v. ^[unon, p. 10, fig. 9 = Ohucfalsch-Riclitcr, Kypros, pi. xxxin, 17 et p. 212-21-t : cf. Furtwiingler, Jahrb. d. areh. /nst. III, 1888, p. 246, n» 3. — '^ Aussi ce Gorgonéion resscmble-t-il à un auti-e, également en or, trouvé à Vulci et de date bien plus récente {Hioaii, Mon. ined. pi. iJ, 4). — 1'* Joïtrn. of hell. st. V, 1884, pi. xL, xli. l'cul-étre faut-il rapporter au type gréco-asiatiipie l'autéfixc de Délos que décrit Ilomollc, /iutl. de corr. hell. XII, 1888, p. 174. — li» Cartault, Terres cuites nnt. de tu coll. Lécuyer, I, pi. H 2. — 'C Ces monnaies sont sériées par Six, p. 20-21. ha plupart sont au Britisli Muséum. Voir surtout Ilead, Guide, pi. v, 2i et Catal. of iiritish. Mus., Central Greece, pi. xxii. — '' Cf. Indioof-Iîlunier, Stjst. monêt. euboitjue, dans l'.l;i'i. de num. 18»2, p. 80 s. ; Six, p. 17-20. — " Un brassard dOlympie, à l'Anti<|uarium de Berlin {/ne. n" 6102). — ' 19 Un pectoral et un frontal de clicval, avec une paire de jandjiéi-es (Schumaclier, Alterthi'tinersamml. zu /iarlsr. 111, pi. xvin, xxvii; cf. Six, pi. n, ni, 6</, l'ie). — 20 Une paire de jambières (Six, Journ. of hell. st. VI, 1885, p. 283). — 21 Des jambières {.iiiliq. du Dosph. Cimm. pi. xxmii, 7).
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ressemblance dos Gorgonéions (même chevelure, même indication de la barbe)' assignent à ces objets si dispersés une commune origine. Une seule ville, Chalcis, avait, à une époque aussi reculée, des armuriers capables d'exécuter de pareilles œuvres '^
Les modèles cbalcidiens se répandirent partout. Partiiul on les iinila. Corintbe orna ses vieux trihémioboles du masque sans barbe et sans serpents ^ Elle adopta le Gorgonéion surtout pour ses vases. Déjà une anse du style dit protocorinthien '• est décorée d'un Gorgonéion à barbe, peut-être même à moustache. C'est un fait général, que les céramistes de Corinthe" et les auteurs des poteries dites cyrénaïques''' préfèrent la lête barbue. Pour eux le Gorgonéion ou môme la Gorgone, qu'ils représentent très rarement', n'est qu'un motif de décoration qu'ils font servir aux détails tectoniques du vase", et, plus tard, entrer dans la représentation du sujet peint'-'.
Alhèn(!sà son tour lit un ample usage du (iorgonéion archaïque sur ses poteries. La (iorgone en pied, quand elle est sans serpents, est indifTéremment barbue'" ou non". Le Gorgonéion, dont la place est marquée sur les champs circulaires, semble soumis à une loi plus constante : le port de la barbe est de règle; Jamais on ne voit de serpents dans les intérieurs de vases. 11 existe toute une série de coupes dont le fond est ainsi décoré, depuis celles d'Oikophélès'- et de Nicosthénès'^ jusqu'à celles qui font transition entre la peinture à figures noires et la peinture à ligures rouges". Dans cette série, le Gorgonéion porte parfois, avec la barbe, la moustache''. En dehors de la céramique, même variété dans les détails. Un grand nombre d'œuvres découvertes sur l'Acropole et antérieures à l'incendie de 480 sont ornées du Gorgonéion. Sur une antéfixe peinte "', c'est une tête aux chairs épaisses : les crocs se dressent de part et d'autre de la langue ; le menton est en saillie, le nez barré par des fronces; trois rides sillonnent le front; de longues mèches se terminent autour du front en tortillons anguiformes. Mais déjà l'horreur du type primitif est tempérée : la lèvre d'en haut reste horizontale; les oreilles sont remplacées par des pendants, des serpents de fantaisie partent symétriquement du menton. Sur un bronze d'un travail minutieux'", la bouche est à jour, et les yeux sont incrustés, comme sur les bronzes cbalcidiens. Sur un marbre d'un grand caractère '\lig. 'MVM) le Gorgonéion montre, dans un rictus formidable, deux rangées de petites dents droites que terminent de longues dé-
1 Voii- eiiooro k's jaiiihières pcinlcs sur une iiolerie {(laz. arch. V, 1880, pi. vu, MU. — s Stcph. H)j. s. II. .wir/fi-. Cf. Six, l. c. ■— '■> Six. De Gorgone, p. 4D.
— > Cecil Smilli, Joiii-n. of hell. st. XI, 1890, pi. i, 3 cl p. 17i. — J Six, pi. i, 111,2 6 I cratère I ; iil. Ib. 3 6(liyilric); 'EsiifL. ào/»..,À. I8S5, pi. vu (cylix): Arch. Zeit. XXI, ISO.'i, pi. lAxv (bouteille). — <■ Ingliirami, Vasi fill. IV, pi. cccii, cccviii = Conze, Mel. TItong. pi. v, 9 = Arch. Zeil. XXXIX, 1881, pi. xi, 3 = Six, pi. i, 111,2 c = FurlwSiiglcr, p. 171i (lijilric): Arch. ZeU. ib. pi. xu, i (cylix). — i Ann. d. Insl. 1871, pi. N. 0. — 8 76 ; le k^cytlie et le craliirc citiîs; l'Iijdrie » cyrfuécnnc ..
— 9 Boucliers sur l'Iijdric corintliieiine, les cylix cl la Louteillc. — 10 Mon. d. /nul. I8i0, pi. xxiv; Gerliaril, Trink\ch. iimt 0<^fvssc, pi. il, m (cf. Levczow, pi. ii, 24).
— 11 Ann. il. Insl. 181)6, pi. K ; Arch. ZeU., I. c, pi. v, t. — 12 Krûliucr, Calai, of objccis ofi/r. cenwiicarl, 1888, p. 8, u° 1. — U Gcrlianl. Auserl. gr. Yasenb. pi. cci.i, 3 r.= Six, jil. 1, 111, 3f = Wien. Vortegeblàll. I800-18'>l, pi. v, 1 d. I.e m^mc GorgoiuMou sur une altaclic d'anse en relief peint iJJutl. de corr. hell. XVII, 1893, p. 139). — l'-Six, /. c, 3 5f, et p. 14-15, 3 j, 2 A ; Furlwiinglcr, Coll. Sabouro/f, I, pi. 1.1. Il ; a bon iiomlire de ces cyclix i l'Aiitiquariuni de Berlin (FurlwSngler, Vasensiimml. n" 2014, 2047.2032), à la CilyptolliiViue de Munich (Lau, Ci-. Vits. pi. xvii. Ib; XVltr. au Louvre {Calai, dit .Mus. Campann, IV, 712). Kllcs provieiment géiuValenienl d'Étruiie, où l'on en rclrouvc toujours (cf. Gsell, Fouilles de Vulci, tombe I.XXIX. A, n" li et 7, p. ISI, 509). — i:^ l.au, Op. cit., pi. xvii, I b ; Furtwiingler, Op. cit.. n» 2047, 2048, 2051, 3988. — 16 Ross, Arch. AufsiUze. I, 5 =
Fig. 3637. .— (jorgonl-ion d'.Xlhiïnes.
fenses ; le nez est ridé ; les yeux s'allongent entre de longues oreilles ; les cheveux ondulés sont retenus par un diadème ; de vives couleurs font ressortir les yeux et la bouche et indiquent la barbe.
Les bronzes de Chalcis inspirèrent les artistes de Sicile. Des acrotères de Sélinonle ''' et de Gela-" reproduisent le Gorgonéion des médailles cuboïques, l'un sans barbe, l'autre barbu. Fixé à Sélinonle, ce type servit pour la Gorgone de la fameuse métope. Il se retrouve sans barbe surlesgrandcs monnaies d'Himère^', de Motya--, de Camarinc-^ Les colonies chalcidiennes de Grande-Ci rèce le donnèrent aux Gorgones en bustede leurs vases de bronze; elles en ornèrent leurs terres cuites travaillées suivant les procédés métallurgiques. Sur une de ces pièces^'*, le Gorgonéion parait animé d'une vie intense; il se distingue par deux larges nattes recourbées à l'extrémité avec de faux airs d'ailerons et une barbe à courtes boucles. Sur une multitude d'acrolères trouvés à Capoue *' et à Tarente-', la barbe va d'une oreille à l'autre, faite de boucles en rayons qui sont alternativement peintes en rouge et en noir. Les modeleurs préféraient le Gorgonéion sans barbe pour ces petites plaques en argile à reliefs qu'on a découvertes en quantité dans les tombes de Campanie". Ce type passa en Étrurie. On le trouve, par exemple, sur une anse de bucchero-*, sur une applique céramique". Dès le vi° siècle, des monnaies frappées en Asie''" répandirent le Gorgonéion, non seulement en Étrurie, comme le montre le trésor de Volaterra^', mais encore en Gaule, comme le prouve le trésor d'AurioP-.
L'influence de l'art chalcidien s'est encore exercée aux extrémités orientales du monde grec. Il ne manque pas de rapports entre le type des monnaies euboïques et celui qu'on frappait à Néapolis en Macédoine ^^ Les plus anciennes pièces de celle série ^'', qui datent du \V siècle, portent un Gorgonéion doué d'une singulière puissance d'expression. Sur de plus récents exemplaires", les paupières s'allongent pour suivre la grimace de la bouche, les oreilles ne descendent pas plus bas que les yeux, le nez froncé finit en masse trilobée, le menton est très proéminent. Quoique plus récentes, lesmonnaies d'Olbia" présentent un Gorgonéion assez semblable, du moins les premières do la série. Du même type dérivent les bractées en or fabriquées au v" et au iv siècle et
CoUignon, .Vijth. fig. de la Gr. p. 34i = Furtwângler, p. 1716. — 17 Biilt. de corr. hell. XIII, 1889. p. 149. Voy. un autre bronze. /A. p. 150. — IS yoiin». of hell. st. XIII, 1892, p. 266 = Collignon, Hisl. de la sculpl. jr. 1,218, fig. 103. — 19 Ko kuIiS, Terracotten v. Sic. p. 42, fig. 83. .\ rapproclier bien d'autres Goi^uuéioDS siciliens en terre cuite, (également sans barbe et sans serpents ;/i. fig. 84-86). tels que celui qui a sur un foud blanc des tortillons bleus, des lèvres, une langue et dos yeux rouges (.irch. Anz. 1891, p. 16S. n» 3). — 20 |J. /4. fig. 87. — SI Six, p. 43-4«. — 22 Id. p. 17. — 2;l 1,1. p. 47-48. — 2'> A lAutiquarium de Berlin {Inv. a' 3991 ; cit<^ par Furtwnngler, p. 1714). — 25 Nombreux cl bons spécimens au Louvre. Reproductions dans Terracotte det Mus. Campaiia ; cf. Hayot cl Cj>liignon, Bist. delacéram. gr. pi. xvi. — S* Pcrvanoglu, .IrcAeojr. rricj/. 1889. pi. i. — 27 Lc»<s zow, pi. I, 9. 10 ; Panofka, Terracotten d. lïert. JIus. pi. xlvu. 4 ; lxii, 2. — M Furlwfingler, VasensamnU. n" 1613.— 29 Xotizie degli seari, 1885, pi. iv. 1 = SlarUw, l'Art étr. p. 176, fig. 143. — 30 Cliabouillet. Rev. des Soe. sar. 4- série, l. X, p. 117-127. — 31 fianiurriui, Period. di nnm. VI, tS74, p. 47 s. et pi. m. — 3î Hucher, Met. de iiiini. 1875, p. 19. Cf. H. de la Tour, .K.'os de monn. gaul. pi. i, 87; Muret et Cliabouillet, Calai, des n onn. gaul. de la Bibl, Xat, n* S7-93. — 33 Six, p. 22-21. — 3; llead. Guide, pi. ir. 6. Cet exemplaire (617, dans Six) est moins fruste qu'un autre plus ancien (6/"). — 3J P. Gardner, Types ofgr. coins, pi. vu, 19; Friedlônder-Sallcl, Das kiin. Mùnzkabinett :» Berl . pi. iv, 289; FurtnàDgler. ûg. » la p. 1715. — 3i; Six. p. 25-27.
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Fig. 3638. — Gorgonëion dn Sparte.
trouvées dans les tumulus du Bosphore Cimmérien '. b. Le Gorf/onéion à co)-nes, à serpents. — L'art archaïque chercha dans le règne animal de quoi singulariser son Gorgonéion. On lui mit parfois des cornes au-dessus du front. 11 en a sur des terres cuites- et sur des anses de bronze'. Mais de tous les Gorgonéions cornus le plus remarquable, parce qu'il se distingue de tous les Gorgonéions archaïques,
c'est celui qui est taillé sur un acrotère de marbre trouvé à Sparte ' (fig. 3638). Au lieu des joues enflées qui donnent au masque la forme rondo, nous avons ici une figure maigre, toute en nerfs et en os, qu'allongent encore les deux cornes dressées, les chevaux hérissés par touffes, le menton pointu et le cou décharné. Rien de féminin. L'expression est sauvage, mais sardonique plutiM que menaçante. Déroutés par une œuvre unique et si personnelle^, les archéologues l'ont considérée tantôt comme un essai enfantin ou une caricature \ tantôt comme le résultat d'un effort contraire au génie grec '. Disons, avec M. Furtwiingler, que c'est le produit original d'un talent en pleine possession de lui-même et qui s'était approprié toutes les ressources dont disposait l'art du vi= siècle. L'attribut des cornes, rare dans la période reculée, n'en franchit pas les limites*. Tout autre fut le sort des serpents. Toute une catégorie de Gorgonéions archaïques se reconnaît aux reptiles qui en hérissent le contour totalement ou en grande partie. C'est, comme dit Pindare, « la tète à laquelle les serpents mouchetés font une crinière ». Ce motif était merveilleusement propre à remplir les champs circulaires.
L'art gréco-asiatique en a fait un usage très varié. Sur le miroir de Crotone et la gemme de Panticapée, des serpents dressés sur la tète, mais petitset peu nombreux, font double emploi avec ceux qui se tordent à la ceinture ou dans les mains. L'Asie Mineure" fabriquait et exportait en Étrurie'" des aryballes à forme de Gorgonéion, sur chaque côte desquels rampent trois serpents tachetés de blanc. Mais le fouillis de serpents est plus fréquent. La schenlid'un torse cypriote" est ornée d'un Gorgonéion qui a, comme l'autre Gorgonéion sculpté à
) Antiq. du Dosph. Cimm.f\. xxi, 17 ; Compte rendu, IS77, pi. m, 0, 10 (p. 223), 20 (p. 2:i5) ; 1876, pi. m, 10, 1 1 (p. I-U). — 2 Par ex. sur un fragment rlc Clusium (Micali, Storia, pi. en, 8). Gaedocheiis, Op. cil., p. M4, § 44. 1, 2, 3, cite plusieurs exemplaires où la pn'sence des cornes est plus douteuse, — 3 Ermitage, a" 342, 344 (ef. FurtwKngler, p. 1709). — '' Arch. Zeit. XXXIX, 1881, pi. xvil, 1 = Six, pi. M, 5 a — Furtwangler, p. 1716, et Cnlh Sabourojf, pi. i, p. 1, vignelle. — » Ce qui s'en rapproche le plus, d'après Furtwiingler, /. c, p. 3, c'est uu petit norgon^:ion en argent trouvi'' en Sardaigne et conservcî au British Muséum. — fi Friedericlis-Wolters, Gipsabtjiissp, n" .'iO. — 7 Six, p. 16. — 8 Cf. Six, p. 0.'i-66. Voir pourtant les monnaies de L. l'Iautius (Babelon, Descr. des mon», de la Rép. rom. II, 326). —a Six, pi. i, iri, 1 h = Arnh. An:. I8',I2, p. 116, n» 112. Ce vase n'a pas ("'té trouvé à Halicarnassc, comme le dit .Six, p. 8, mais à Siana, en 1881. — 10 llawkins, Calai, of tlin f/r. and elrusc. vas. in the' Brit. Mus. I, pi. v, n' 172, et p. 11 -, cf. Six, Journ. of heli.sl. VI, IS85, p. 280. Ce vase vient de Vulci, et non de Rhodes, comme le dit Furtwiingler, p. 1713. — H Arch. Zeil. XXI. 1863,
pi. C1.XXI = Six, pi. 11. m, 8p = Uhnefaisch-Kichter, Kypros, pi.
4 et pi. GXT.,
2. — 12 De I.uynes, Num. et inscripl. Cijpr, pi. vi, 1 ; Friedliiuder-Sallct, Op. cit.. Il" 620, 837 ; Bahclon, Calai, des monn. tjr., les Perses Acliém., Cijpre et Phén.
Cypre sur une schenti, des serpents attachés au bas du visage, mais qui a encore la chevelure mêlée de serpents. Ce Gorgonéion est rappelé par des monnaies'- antérieures à 499 '^ La multitude des serpents tordus en auréole caractérise aussi le Gorgonéion peint sur un monument du vi" siècle, un sarcophage en terre cuite de Clazomène''. DeNéandria en Troade provient une plaque ronde en bronze "* où se détache en relief un vieux Gorgonéion d'une sauvagerie bestiale. Des serpents dressés remplacent la chevelure ; de fortes mèches de même forme et de même direction indiquent la barbe et la longue moustache.
Par Lesbos et Phocée ce type passa dans les systèmes monétaires de lÉolide et de l'Hellesponl. On remarque une expression farouche et parfois des vestiges de barbe sur les monnaies de Lesbos"'. A Cyzique'', le Gorgonéion a peu de serpents dans le bas. Sur les vieilles monnaies d'Abydos'", il en a dix ou onze, le plus grand nombre au sommet de la tête. Dans la nombreuse et belle série d'ApoUonia du Rhyndacos", les serpents en cercle ne sont jamais moins que la douzaine et font souvent la douzaine et demie. Sur les monnaies de Parion^" ils ne sont plus que six, et le Gorgonéion tourne vite au type mitigé.
Le Gorgonéion à serpents est rare sur les vases corinthiens. Une cylix cyrénéenne^' a le fond orné d'un Gorgonéion barbu autour duquel rayonnent seize serpents. Sur les poteries attiques, la Gorgone en pied a souvent la tète hérissée de serpents, qu'elle soit barbue, comme sur le vase François, ou sans barbe, comme sur les vases où elle est munie de quatre ailes. Un vase du Louvre -^ la montre avec quatre énormes serpents qui se dressent au sommet de la tête. Quant au Gorgonéion, il est généralement barbu, et, s'il n'a point de serpents sur les fonds de vases, il en a toujours sur les parois extérieures des poteries à figures noires ou du style sévère à figures rouges ^'■\ C'est ainsi qu'Exékias -' et Amasis-Me roprésenttmt sur des boucliers, et Andokidès" sur le chiton d'Athèna.
Sur les terres cuites de la Grande-Grèce, les tlammes qui serpentaient autour du Gorgonéion étaient facilement converties en serpents. Un spécimen du Louvre-' est pris dans un cercle de quatorze serpents barbus, qui se dressent, la gueule ouverte. Des antéfixes de Tarente^' présentent dans ce cadre des têtes qui sont déjà du type adouci.
Dans le Bosphore Cimmérien, le Gorgonéion à serpents accompagne l'autre sur les bractées en or des tumulus^'. Il est ciselé, en deux zones de douze têtes ^"j sur une belle plaque d'or déterrée à Koul-Oba; on remarque là huit serpents qui sifflent dans la chevelure.
Le li/pc luoijcn. — L'art grec ne pouvait pas se con-
p. cxLix, lig. 7:i. — IJ lier. V, 1 13 ; cf. Jiev. numistn. 1SS3, p. 368. — !'• Journ. of hcll. st. IV. 1883, pi. XXXI. — 1» Furtn'ànglcr, p. 1717-1718; cf. Jahrb. d. arch. Insl.W, 1887, p. 203-204. — H' Hev. numism. 1863, p. 328. Voy. aussi les monnaies d'i'lectron i]ue Lesbos frappa pour Phocée (Six, p. 33) et d'autres qui leur ressemblent et qu'on peut attribuer aussi â Phocée (Id., p. 31-35). — 1^ Id. p. 33-31. — 18 Id. p. 37. Voir Inihoof-HIumer, Choix de monn. yr.\A. ix, 106 = Duruy, fhst. des Grecs, II, p. 302 -, La.jard, Culte de Vénus, pi. ni A, 12. — 19 Voir pour rattribulion Six, p. 37. 40, et pour la classillcation Id. p. 40-42. — -0 Id. p. 43-44. — -'1 Id. pi. i, m, 2i!,
— 2i.|/„,i. ,;. I,ist. VIII, 1866, pi. xxsiv, 2. — 23 Lan, Or. Vas. pi. xviu, 2; Panofka, .Vus. Blacas, pi. x = Miiller-Wicsoior, II, pi. Lxxii, n" 006. — 2V tjcrhard- Auserl.gr. Vasenb. pl.cvii = Six, pi. i, m, 3e,-.l/u5. Gregor. II, pi. xxxv = Mon. d. Jnst. I8.S3, pi. x.\u; cf. Gerhard, Op. cit., pi. i; .Mon. d. Inst IX, 1869, pi. xi.
— •i^Arch. /feiV.XI.II, 1884, pi. xv n. — an Gerhard. Trinksch. nnd défasse, pi. iix = PanofU, Gr. Kûnsllern, pi. m, 1-3 = Collignon, .Mtjlh. fig. de la- Or. p. 67. lig. 24 = Six, pi. I, 111. 2 /,-. — 2' Levezow, pi. i. 11,12 = Six, pi. n. m, 6g',
— 29 FurlwSngler.p. 1718, cite le n" 7892 du Musée de Berlin.— 29 Comptes rendus, 1877, pi. ni, 21 et p. 233. — 30 ^1,1//,;. du Bnsph.Cimm. pi. ixv -- It.-iyel, JCt. d'nrch. et d'art, p. 221 = Kondakof, ToIsloV et S. Reinach, Antig. de la Jiussie yni'r. fig. 114.
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tenter <Je ce type archaïque. Avant d'en élaboicr un beau, il traversa une période de transition. iJéjà ce travail est révélé par les (jorgonéions découverts sur l'Acropole d'Athènes. Mais l'examen de certaines séries monétaires ' (ait mieux juger par iiuelies transformations successives le type primitiC du (îorgonéion est devenu le type moyen. Sur les monnaies d'Apolionia du Rhyndacosle rictus commence par diminuer; puis les joues se rétrécissent^, on ne tarde pas à distinguer les cheveux en bandeaux '"et la bouche horizontale '", la figure, à peine grimaçante'"', linit par n(^ plus l'être''. Sur les monnaies de Parion, les serpents ne sont plus que six ou disparaissent"; le rictus, faible et droit, se ferme; la langue se rapetisse et rentre; la contraction des sourcils reste le seul signe de fureur ; la chevelure est ramenée en arrière par des bandeaux ondulés qu'enserre parfois un diadème. Voyez les trihémioboles de Corinthe', tous du v" siècle. Le premier'" a encore la langue large, les canines longues. Puis le menton s'affine"; la langue s'amincit dans un rictus plus droit, les dents sont petites, et la chevelure se hérisse en mèches éparses'^ Ces mèches ne tardent pas être partagées par une raie au milieu, tandis que les sourcils se contractent '^ Quand les dents ont disparu ", la bouche peut se fermer '^
Le type moyen apparaît dès la première moitié du v" siècle. On le voit poindre à Athènes avant 480"
(lig. ;j(}39). Avant 450 il iHaitdéjà connu au fond du Pont-Euxin. Dans la vallée du Kouban, un tumulus antérieur h cette date renfermait un tîor-
Fis. 3039. ~ Mou
(i'Atln"*ncs.
gonéion de bronze '" où tout révèle le type moyen : bandeaux plats, nez droit, belle rangée de petites dents dans une bouche sans contorsion, expression presque narquoise. Imaginé dans la première moitié du v' siècle, le type moyen va dominer dans la seconide moitié.
Du type archaïque il conserve le masque plat, large et rond, les rides du front et, la plupart du temps, la bouche large ouverte, la langue tirée, mais le tout sans exagération. Les dimensions se restreignent, se rapprochent de la réalité : l'ouverture de la bouche est modérée et horizontale ; les mâchoires et les joues se réduisent à une juste mesure. Gomme les pommettes sont saillantes à cause du rictus, les yeux paraissent petits. Les sourcils sont généralement contractés. La chevelure est d'ordinaire partagée on bandeaux plats ; mais déjà l'on voit apparaître le beau un)tif des cheveux ébouriffés. Les serpents ne jouent plus qu'un rôle secondaire; ils forment un nceud et font parfois le tour de la figure.
La (jorgone en ]iied devient très rare. La Gorgone à la course n'est plus un motif de décoration : elle ne reparait (jue dans la représentation de scènes mythologiques. Un
* Les s<Vies de Né:ti)oIis, d'Olbia, do i'iiocce surtout sont di^'jâ bien curieuses.
— 2 Comparer le»" 1G42 du C'aô. rfe^ .!/<.'(/.. l'exemplaire le plus aucieu, avec le n" 1643, qui est encore du type archaïque, et avec le type moyen de Head, Guide, pi. x, 33.
— 3 Six. p. 41, n» 6. — l Peut-être dis le u» S de Six. — s Jb. n» 10, 11. — « /4. n" 12-17. — " 76. n" 18, l!l. — * Sur les monnaies phocéennes en argent, le nombre des serpents passe de 14, 13 ou 1 1 à lu, S ou 4. Uue fois même (Six. p. 34. n" S), il n'y en a plus. — » Six, p. 4I1-5U. —'0 Ib. n" 1. — " Ib. n° 2. — 12 /4. n» 3.-13/6. n» 4. — Ik /6. n" 6.— i" 76. n» 7, 8. — 10 Voir surtout yonni. of hell.sl.Wll. tS9i, p. Î3C, lig. 4; p. 238. fig. 10: 'Eç. if/aioV. 1887, pi. viu.— 1' Comiiles rendus, 1877, pi . u, 1 et p. 10. Rien n'oblige â ramener ce monument eu deçà de 450, comme le dcinauile l-'urlwiingler, p. ITl'.i. — tf* .Milliu, 7Vi/i/. de vases ant, U, pi. m, iv =
cratère altique'*, des environs de 430, montre les Gorgones en chiton court''', ailes droites, bras étendus; elles ont le rictus assez large et la langue tirée, mais de petites dents, les cheveux plats, tandis que la tête de Méduse a les cheveux épars. Une terre cuite de Mélos" montre en relief la scène du meurtre. Méduse, d'après le vieux type gréco-asiatique, a les ailes recoquillées, la ceinture de serpents et le jn'plos. Mais la tète est conforme au type de transition : rictus mi'diocre, cheveux séparés par la raie, deux serpents sous le menton. Peut-être ce monument est-il la réplique'' d'une sculpture exécutée par ïrasymédès de Paros, élève de Phidias"; en tout cas, il remonte aux environs de 4.'j0.
Le (iorgonéion aussi est moins fréquent que dans la période archaïque, et a perdu de son caractère tectonique et décoratif. Il ne couvre plus tout le champ des grandes antéfixes ; il n'occupe plus sur les boucliers'' qu'une place restreinte au centre-'. Il se fait plus rare sur les anses de bronze et disparait de l'intérieur des coupes attiques. Point d'efligies en buste. Par contre, le Gorgonéion est employé plus que jamais comme empreinte monétaire, et l'art attif|ue établit un rapport plus exclusif et plus précis entre cet emblème et Athèna.
Un grand nombre de villes qui n'avaient pas voulu du Gorgonéion archaïque pour leur système monétaire adoptèrent le type moyen. De 430 à 440'% puis de 387 à 374", Coronée'^' mit sur ses petites pièces un Gorgonéion moyen à grands yeux, probablement d'après l'égide de l'Athèna Iti'mia -'. Des dernières monnaies de Corinthc il faut rapprocher celles de Leucade ", tanti'd à la langue tirée ^", tanti'it à la bouche close ^', aux cheveux hérissés et souvent mêlés de serpents '-. Types analogues sur les monnaies attribuées à Anaclorion " et à Cranion de Céphallénie ^^ Sur les trihémioboles de Tégée ^''i ont voit d'abord la langue pendante et deux serpents dressés sur la tête ; puis la lèvre supérieure est dessinée en arc, les serpents se nouent en haut et en bas; enfin la bouche se ferme. Certaines petites monnaies de Sicile ont un intérêt d'autant plus grand, qu'on peut leur assigner une date extrême, Himère ayant été détruite en 409 et Motya abandonnée en 396. Leur Gorgonéion a encore l'air sauvage que donnent la langue pendante et le grincement des dents ; mais celui d'Himère porte
Kig. 3640. Monnaies de Motya. Fig. 3641.
le type moyen d'Apolionia ^'^ ; celui de Motya (fig. 3640, 3041)" est remarquable dès le début par la petitesse du rictus; celui de Camarine^', par les yeux en coulisse et la chevelure ornée. Déjà au milieu du v° siècle le type moyen était imité en Ëtrurie, sur les monnaies de Populonia".
l.evezow, pi. m, 29-31. — m Cf. l'anofka. Mus. lllacas. pi. ii. — 20 Millingcn. Âne. iiiicrf. momim. U, pi. n. — 21 Cf. Six, p. 55. — 22 Paus. II, 27, 2. - a On voit déjà un petit Gorgonéion au centrcd'un bouclier consacra sur l'Acropole d'Atlii>ncs avant 480 (7oiiiM.o/'/ie(l.s(.Xlll, 1892, pi. vn, 6uV— 2t;Fig.3331,p. 136r;.4rcA./4.i:. ISS9. p. 104 (rides du front remplacées par une bandelette). — 25 Head. Xum. ChrOH. III, pi. n. 2; Calai, of lirtt. Mas.. Ceiilr. Cnece, pi. vu, 6-. Millingcn, Ane. coins, pi. IV, 8. — 26 Catal. of Brit. Mus.. I. c, 7, 8 (même lyi>e avec cheveux frisés).
— 2T Head, t. c. ; Six, p. 28. — 28 Paus. IK, 34. 1-2. — 2» Six. p. 50-51. — » /». noi.r)l 76. n" 1,3,4. — »2 76. n" 2, 3. — M Id. p. 51. —3' P. Ciardner. Catal. of qr. coins, Pelopon. pi. xvi, 17 : Duru; . //isl. des Grecs, III. p. 543. — ^ Six, p. 53.
— M|d. p. 46, n'IO. — '^ Id.p. 17; Huruj . /. C. p. 576. — îSSix.f. /. - M Id. p. 56-57.
GOR
La sculpture créa les principaux types d'Athèna entre le milieu du V siècle et la première partie du iv', juste à l'époque où le Gorgonéion moyen était à l'apogée. Aussi les plus belles statues d'Athèna étaient-elles parées de ce Gorgonéion. Une œuvre originale, une statue placée sur l'Acropole vers 400', nous présente le plus ancien Gorgonéion sculpté du type moyen. Que l'on compare à cette statue les copies de l'Athèna Lemnia et de la Parlhénos ; les (iorgonéions se distinguent par maintes nuances, sans jamais démentir leur fdiation par une difTérence essentielle : ils ont tous la langue pendante et les cheveux plats. Le Gorgonéion exécuté pour l'égide de l'Athèna Lemnia entre 451 et 447 nous est connu par une des statues de Dresde - : c'est un masque rond, à la bouche entr'ouverte, au nez épaté, aux gros yeux, aux cheveux partagés en bandeaux '. Si la Minerve cm. collier ' n'est pas la réplique la plus antique de la Parlhénos, c'est celle dont l'égide conserve le plus fidèle souvenir de l'antiquité : cette lèvre supérieure en l'orme d'arc nous est connue par des monnaies de Parion et de Tégée ; ce creux dans les joues, par des médailles de Camarine, de Lesbos et d'Athènes ; l'élégante chevelure avec raie au milieu se retrouve partout. Le Gorgonéion du bouclier Strangford (fig. 3642) ' ne reproduit pas celui que Phidias adapta au bouclier de la déesse '"', mais la copie libre en argent doré qui remplaça vers 399' l'original volé ". L'auteur de la copi(! avait bien dans la mémoire le modèle disparu, et son Gorgonéion ne pouvait otirir de difTérences capitales avec celui de Phidias ; mais il a dû en accommoder les détails au goût de son temps. Il en a usé avec le Gorgonéion de Phidias comme en usera avec le sien l'auteur de la statue du Varvakeion '. Sur le bouclier de cette statue, comme sur le bouclier Strangford, la ligure est bouffie, la chevelure divisée en deux bandeaux ; mais tandis que le masque du bouclier Strangford est encadré dans deux serpents noués en haut et en bas, sur l'autre bouclier des ailes déployées ombragent la tète et un nœud de serpents est peint sous le menton.
L'école de Phidias adopta sans superstition le type créé par le maître. Le (>orgonéion qu'Agoracritos sculpta sur le chiton de la statue en bronze d'Athèna Itônia '° est sans doute rappelé par les monnaies de Coronée ; mais si l'Athèna Albani " est une réplique de l'Itônia, le Gorgonéion de son égide, avec la langue pendante elles deux serpents qui le circonscrivent, est peut-être plus conforme à l'original. Que l'hermès d'.Mliéna trouvé à Herculanum '- soit ou non une réplique du bronze de Céphisodote, le Gorgonéion de son casque est bien celui
I Studiiiczka, llcilr. zur Gesch. d. ulUji: Tiaclil, p. 142, lig. 47. — 2 Identificulion i^tablic par Kurlwanglcr, Meisterwerke der fjr. Plasti/c. — 3 Id. /i. pi. i. ^ * Clarac, iVHSt'e, pi. cccxix, 846 =: Miillcr-Wicseler, II, n" 211 = Six, pi. m, m, M. — ïJMÎcliaelis, PaNlieiwn, pi. xv, 34 = Duruy, //isl. des Grecs, 11, p. 304 = M. Collignon, Mylh. fig. de la Gr. p. 72, fig. 20. — c Voir Sis, p. 02-03. — ^ Corp. inscr. ail. II, Cj2 li, I ; 054 B, 7 ; 600, 52. — « Isoer. c. Callim. 57. — 9 Rayel, lil.darch.el rfnrf, p. 10; cf. Hauvcltc, liuU. de con: liell. V, ISSl, p. 59-00.
— 10 Paus. IX, 34, 1-2. — H Clarac, pi. cdlxxii, 898 B = FuiUvBnglcr, Op. cil., p. 112. fig. 19. — 12 P. WoUeis, Jahrb. d. arclt. Jnsl. 1893, pi. m et p. 173 s.; S. Keiiiacli, Gaz. des beattx-arts, W. 1894, p. 221, 226; Furtwiingler, O/i. cit., p. 91. fig. 9. — li Kekul(5, Jlalustrade d. Alhena Nike; cf. Six, pi. ni, m, 15. — " Clarac, pi. cDi.xxi, 898. — 1" C'est à peu près le (ype des monnaies de l'opulonia.
— Ifi Scliutl, Miltlifil. ans Griechenl. pi. i, 3 : rricderichs-WoUers, Gipsabf/ùsse, 475.
Fis. 3Û42.
' du temps, rond, laid, mais non grimaçant, la langue tirée, mais les paupières baissées et les cheveux épars en rayons. Le Gorgonéion que porte le bouclier de l'Athèna Nikè'^ est une œuvre originale et plus ancienne que les répliques connues de la Parthénos. Par le nœud de serpents il rappelle le bouclier Strangford, ainsi que les égides de l'Athèna Albani et de l'Athèna de Munich ''*. 11 rappelle surtout l'égide de la Minerve au collier par la lèvre supérieure elles sourcils; peut-être avait-il aussi la langue pendante, mais il écarquille davantage les yeux et n'a pas la chevelure aussi ornée '■'. Ue la même époque date un torse original de l'Acropole " dontle Gorgonéion est de même style : il tire une langue presque imperceptible et a également de gros yeux ronds. L'Athèna de Vellétri''^ a-t-elle eu pour prototype une œuvre de Céphisodote, d'Kuboulidès ou de Crésilas? En tout cas, le Gorgonéion qui est placé sur son égide et sur celle de ses répliques est toujours de la même famille ; il n'a pas la langue tirée. Même Gorgonéion sur l'Athèna Farnèse'*, réplique de l'.Mhèna llope "', qui remonte peut-être à Crésilas. Le Gorgonéion de la Minerve Giustiniani -", malgré les retouches méticuleuses dont il est enjolivé, malgré la langue rentrée et les cheveux épars, appartient à la dernière période du type moyen. En ce genre, on trouve une variété remarquablement belle à la fois sur une statue d'Athèna -' et sur une pierre gravée -- : de la langue il n'y a plus de visible que la pointe; le visage est moins joufllu, la chevelure entièrement ébouriffée.
Le type moyen du Gorgonéion continue d'orner, sur les objets les plus divers, les champs de forme circulaire et généralement de petites dimensions. On a trouvé à Thèbes un curieux Gorgonéion en bronze peint -^. Langue pendante et dents visibles, bandeaux ondulés et éparpillés sur les bords, masque encadré par deux serpents qui émergent en haut et en bas: on reconnaît le type moyen. 11 décore aussi quelques-uns de ces boutons en terre cuite dorée qu'on déposait dans les tombes attiques ^''. Sur un merveilleux acrotère en terre cuite qui provient d'Olympie et date du v= siècle-', on voit des tètes de Gorgone modelées dans la manière sévère du type moyen : la langue est longue, les joues fortes; mais le rictus n'est pas excessif et les cheveux, disposés sur le front à la mode archaïque, sont parés du diadème. L'Hèrôon de Saradjik en Lycie montre un Gorgonéion colossal, rond, mais sans grimaces, la bouche fermée, encadré dans une chevelure ornée en forme de bourrelet ou de couronne -^ On constate sur des tombes -' que les artistes de Phrygie à leur tour imitèrent librement le type moyen. Le Gorgonéion plus ou moins semblable à celui du bronze trouvé dans la vallée du Kouban n'est pas rare dans les tombes de Crimée, même dans celles qui descendent jusqu'au iv° siècle : il couvre un grand nombre de bractées en or'*. Une jambe en bronze de l'ancienne collection Piot^',
— I^ liouiWon, Mttse'e, I, 23 = Clarac, pi. cccxx, 851 = Sliiller-Wieseler, II, n" 204
— Fui'lwàngler, Op. cit., p. 304, fig. 41. — 18 Panofka. .Vt'rt;)t;/5 a»/. Itiîdtc. p. 41, n° 118= Clarac, pi. cdlviii, 851 A = Collignon. Mijlh . fig. de la Gr. p, 473 = Furlwnnglcr, Op. cit., p. 104, fig. 15. — 13 FurlwiinsliM-, O/i. cit., p. 109. fig. 18.
— 20 Levezow, pi. nr, fig. 32 = Millier- Wieselcr, II. n" 205 = Clarac. pi. cOLXv, 875.
— 21 Six. pi. nr, m, 12. — 22 Cades, Impr. gem/n. XVI K, 37. — 23 Arch. Anz. 1892, p. 110, n" 8. — 2V Furlwiinglcr, CoH. Habouroff, II, pi. cxi.v. — 23 Ausgrab. V. Olympia. IV, pi. xxvin (cf. I, pi. xxix). — 26 pe(ersen-von I.usclian, Iteiseii in Lyliien. fig. 07, p. 143, 153. — 27 Ramsay, Journ. of Ml. st. X, 18S9, p. 183, fig. 30. — 23 Huit exemplaires de Koul-Oba {.\ittiij . du Jtospli . Cimm. pi. xxi, 12), huit (le Phanagorie ( Ib. 14), six de Kareisclia \lb. HJ). Cf. Comptes rendus, 1865, pi. ni, 0 [Voy. iiRATriî», fig. 878], 7, 29. — *'■> MuiTay-Poyn'er, Journ. of hell. st. VII, I8S0, pi. txix et p. 190-192 = Babeloii, Gaz. arch. XIV, 1889, pi. xvi et p. 92.
GOR
GOR
trouvén ikinsUidi'andc-rjrùco, et qui remonlo au v- siècln, est recouvortc d'une ciKhiiide ((u'orne un superbe Oorgonéion de type moyen. Les terres cuites à destination archileclonique, les plaques d'argile à reliefs trouvées en si grand nombre à Home et dans ses alentours et fabriquées vers le commencement de notre ère ont une prédileclion marqu(';(' pour le lype moyen et, en général, pour le style archaïsant '. M. i<"urt\vangler - dislingue parmi ces (ioi'gonéions trois variantes : 1" coifl'ure antique, sans langue tirée; 2° langue tirée, avec chevelure ébourillee; 3" langue tirée, avec coifl'ure archaïsan te, mais soignée et ornée du diadème, lin Étrurie, le (jorgoni'ion (kl type moyen se rencontre souvent dans des monuments do tout genre. C'est lui qui, sur le magnifique lustre du Musée de Cortone, chef-d'o'uvre de la métallurgie étrusque, orne le médaillon centrale
Le tijpe beau. — Un moment vient où s'évanouissent les derniers vestiges des grimaces menaçarites. F^a laideur tourne en pure beauté. A peine si parfois la mâchoire est massive et la bouche entr'ouverte, comme pour symboliser l'énergie farouche et la puissante voix dont la légende dotait les (lorgones ; par exception, l'extrémité de la langue, qui touche la lèvre, rappelle une tradition d'art encore récente. L'expression n'a plus rien de bestial, de féroce, ni même de malin. A cet élément moral du lype nouveau se joignent, comme signes distinctifs, la grâce superbe de la chevelure, presque toujours l'absence des oreilles que dissimulent des mèches folles, enfin souvent l'accessoire des serpents entrelacés.
11 existe deux séries de ce type, selon que la beauté est calme ou pathétique. Le (iorgonéion beau à expression calme apparaît dès le milieu du v° siècle et se multiplie au IV' : il a ainsi à combattre assez longtemps la concurreni'e du type moyen. Quand il triomphe, il revèl fréquemment une parure naguère presque inconnue, des ailes. Alors est imaginé le Uorgonéion beau à expression pathétique, qui garde les ailes; il ne tarde pas à l'emporter.
\" Le type beau et calme. — L'initiateur semble avoir été le sculpteur Myron'. Entre 400 et -450 il fit une statue de « Persée après le meurtre de Méduse^ ». Le héros tenait dans la main la tète fraîchement coupée. Le marbre mutilé qui nous est parvenu" peut être restitué à l'aide de diverses copies. Dès la fin du v" siècle, les monnaies de Cy/.ique ' représentent Persée portant la tête de sa victime. A l'époque impériale, les médailles d'Argos' étaient encore à peu près du même type. Dans l'intervalle, ce type a pris une incroyable extension : on le retrouve au iv"^ siècle sur les monnaies de Séripiios" et d'Astypalaea'", sur celles du Pont" pendant le règne de Milhridate, depuis Iconium '- et Acè en Phénicie '^ jusqu'au fond de la (irande-Hretagne". La numismatique ccrtifii' l'aulhcnliiite d'une copie plus précieuse encore,
' Excniplcs dans Lovezow, fig. -iS, 36. — 2 Art. Oorgoites.\i. 17il. ^3 Martlia, l'Art étr. p. o3i, Micali, Mon. ined.. pi. x ; et voy . pi. i.i. — ^ Voir Kiirlwringirr, Mcisterwerke, 3(iC-388. — "l'aus. 1,23,7. — t-Jouni. of hell. st. II, ISSt.pl.ix =Fiirl\ïiiiiglcr, Op. cit., p. 383, fig. 55. — ^ .Vuiii. CAroii. 1887, pi, m, 2(i. — 8 Inihoof-Blumcr et P. Uardiicr, A'i/«/ji.ç;?j, comment, on Paitsan. pi. i. 17 s. et p. 35. — 3 Six, p. 6i.6o.
— 10 Iil. p. 66-67. — Il lil. p. 67.68; 85, n. i : V. Gardncr, Calnl. of gr. coins, l'onlus, pi. iir. 13 ; XIX, 8 ; p. 99, — 12 Miouiicl, Descript. pi. v, 6 cl p. vu. — 13 Uabelon, Ctttal. des monn.' greciueSy i'erses Àchèm.. Cypre et PlièniciL-, p. iiO, ii* Ibl'J.
— '^ Evans, Coiiis ofthe anc. Itrit. pi. xil, 10 = 11. de la Tour, .W/(W des monn. gant. pi. XLiv. — !'• Ann. d. /tist. 1881. pi. K. Furlwîingler, /. c, p. 387, n., cilc encore un autre vase (MiUiugen, Vnses de dil: cott. pi. m). Rappelons aussi une inlaille d'un beau style (Babelou, Cab. des ant. pi. v, 2 et p. 14-15 ; cf. .\merican jouni. of areh. Il, 290-291). — KJdhrb. d. arch. /nst. III, 1888, pi. viir, 18, et p, 214. — I' Ib. IV, 1889, pi. it, 6, cl p. tî:!-lil. Autres ri^|iliqnes antiques, mais non signOe>. dans
Fig. 3643. — Camée de Sosos.
plus nette et plus ancienne, une peinture de vase. Sur un cratère ''' qui remonte au milieu du V siècle, Persée tient une tète de .Méduse avec cou, une belle tèle de femme sans contorsion, sans attribut. Comme cette peinture rappelle ce qui reste de la statue de Myron, on est fondé à dire que celle-ci a été imitée et peut être restituée par celle-là. Le Persée de Myron, appuyé sur le pied droit, timdait de la main droite, non plus un masque repoussant, mais une tèle encore pleine de vie et prise dans la réalité. Celte tète, il est possible de se la figurer. Le Persée de Myron offre une merveilleuse ressemblance avec certains visages de Médusi! gravés sur des gemmes : même profil, même attache du cou, même front, mêmes yeux. Le beau camée de Sosos (fig. 36 Wj ""', dont on a plusieurs répliques, entre autres la sardoinc de l)iodotos'^ nous la montre, avec les yeux mi-clos, la bouche à peine entr'ouverte, le galbe puissant, le menton plein, la chevelure bien peignée, mais prise dans une couronne d'ondulations et rattachée par derrière en un nœud d'où s'échappent sur la nuque quelques mèches folles : c'est un type grandiose en sa beauté impassible.
a. Le li/jje sans ailes. — Cependant les premiers exemplaires du type beau ne diffèrent des derniers du type moyen que par l'expression. Ils ont encore la largeur traditionnelle du visage. Tel est le Gorgonéion en relief sur un gutlus noir du v" siècle ", avec cheveux lisses et large diadème, et sur un médaillon de bnmze du musée de Rouen ". Tel est celui qui décore vingt-huit bractées de la Russie Méridionale-", et c'est précisément à son épaisse rondeur qu'on le reconnaît sur vingt-trois autres bractées-' où il n'est muni d'aucun attribut. Sur les petites monnaies de Coronée frappées de 387 à 374, la chevelure marque la transition du type moyen au type beau. Parfois ce sont les accessoires : sur un masque de bronze avec cou", la bouche ouverte laisse voir les dents et le collier porte des pendentifs ayant la forme de ces rayons courbes qui figuraient jadis la barbe.
Le plus souvent le typi; beau rompt avec le passé et se dépouille même des attributs traditionnels. Une anléfixe de la Grande-Grèce", où se reconnaît le style de la fin du v" siècle, présente une tête munie du cou, avec les cheveux épars et deux serpents s'enroulant sur les côtés : l'ensemble est d'une beauté aussi parfaite que froide et raide. C'est encore d'après un modèle du V siècle qu'a dû être gravée la Méduse Strozzi " sur l'admirable gemme antique qu'une main moderne a signée du nom de Solon ^'. Des attaches danse en bron/.e présentent plusieurs tètes de ce type sans attributs-*. Enfin sur un petit relief en argile dorée, paraît un admirable Gorgonéion avec cou -' : les yeux sont grands et ronds, la bouche assez
l-fWmcr.Catal. dilaroll. de Monligny. Iii7. pi. iv, 608 : Cades. Impr. gemm. 11, F, 63 el 78. I.C canine sign* l'ampliilos .Balielon, Cab. des ani. pi. xiiui) n'est nue celui de Sosos rclourn(5, connue celui de Oiodotos ; mais il n'est peut. 'Ire pas antique (cf. Furlw'àngler, Ja/irb. d. arch. Inst. III. 18*8. p. 3iJ ; Uabclon, Cab. des ant. p. 322; La grae. en pierres fines, p. 164).- '8 rurlnângler, Vasensamml, n» 3855. — '3 Voy. S. Reinacli. Antiq. du musée de Sainl-Go-autim, Bromes, p. 119. n. 120. — 20 Comptes rendut. ISTO, pi. m. 2S et p. 147. — il Ib. 29 et p. 147-148. — »i BaUelon cl Blancliet. p. 387, (ig- H63. — ^ PanolU, Terracolten d. Berl. Mm. pi. i.in, I = Leveio». pi. iv, 46. — 2' Leveiow, Ib. K = Miiller-Wicseler, II, pi. uxxn, 908 = Jabrb. d. arch. Intl. III. 1888, pi. ii, 9 = Uabelon, La grau, en pierres fines, p. 295, fig. 198. — « Furtwingler, Jainb. I. c, p. 309-310. pi. XI, 9.-26 id. »K. Gorgones, p. 172». L'auteur cite encore i l'Auliquarium de Berlin, le u- 7484. — S7 Arch. Ans. IS9I, p. 122, n" 17 (1.
GOR
enlr'iiLiverto pour qu'on aperçoive des dénis régulières et un bout de langue qui passe '.
b. Le type avec ailes. — Par une transposition toute naturelle, on fit passer au Gorgonéion les ailes dont était orné le corps de la Gorgone. Quelques artistes en avaient eu l'idée, bien avant la création du type beau. Des petites pièces d'argent attribuées à la Cilicie ^, et qui ne peuvent être postérieures au milieu du v° siècle', portent un Gorgonéion archaïque, analogue à celui des statues cypriotes, mais qu'entourent quatre ailes, parallèles comme celles des roues ailées. Les fabricants des terres cuites trouvées à Capoue eurent longtemps un moule pour un Gorgonéion très archaïque que paraient deux grandes ailes déployées '. Une bractée d'Étrurie " présente un Gorgonéion qui fait transition entre le type archaïque elle type moyen cl qui porte quatre ailes. Le même style et les mêmes attributs caractérisent deux des cinq Gorgonéions fixés sur une couronne d'or du Louvre °. Les ailes s'attachèrent aussi de loin en loin au type moyen. L'Athèna du Varvakeion, copie d'un type moyen, ne reçut l'ornement supplémentaire des ailes que longtemps après l'époque de l'original ' ; mais on ne saurait taxer d'anachronisme les deux grandes ailes dont est pourvu un Gorgonéion du même type sur la poignée d'un miroir étrusque de style sévère '.
11 fallut cependant que le type beau eût olitenu droit do cité pour (|u'on fit des ailes un allril>ut de plus en plus indispensable. Une fois que Myron eut emprunté à la nature un tyiic de belle tète, la voie fut ouverte aux novateurs : un autre artiste put, même en réhabilitant le masque, créer un modèle toujours beau et impassible et pourtant nouveau. La Méduse Rondanini'
Fig. 3644. — Méduse Rondauini.
(à Munich) est ce modèle (fig. 3G-44). On l'a attribuée à la période hellénistique '", en la rapprochant d'un type adopté pour les monnaies de Séleucus I" Nicator"; mais elle n'a rien de ce qui caractérise l'école de Lysippe : elle est du v° siècle, comme l'a montré
i IVu de chose ù signaler clans la céramique. I.a lélc de trois (juarls pcinle sur la grande amphore de l.asimos {HlUe des mon, céram. IV, pi. i) est bien négligée. Pourtant de jolis petits masques à lùvres rouges et à cheveux dorés servent de macarons sur un vase de Tanagra {Furtwiingler, Coll. Saboui-off, I, pi, i,xx,2). — 2 Six, p. 31 ; Id. Journ. of Hell. st. VI, 1885, p. 285. — îî Au revers, une do ces pièces montre la Gorgone en course, velue du pépies. — * Furtwjinglcr, art, Oorf/ones, p. 17â3. — î» Micali, StOfia, pi. M, 5. — *> Salle des bijoux, n" ■*, — " C'est aussi le type moyen à grandes ailes relevées (pii orne la cuirasse du buste d'Hadrien trouvé à Antium (Duruy, f/ist. des Itom. V, p. 31). — 8 Gerhard, /:'tr. Sji. pi. cxxi. — 'J I.evczow, pi. v, 50 = Miillcr-Wicseler, II, pi, i.xxii, 912 = Vort Liilzow, Miinchener Antihcn, pi, xxv, et Zeilschi'. f. bildt^nde A'h/jx/, p, GV= Hrunu, (iOttci'ideah\\\. 00= Furtvviiuglcr,
M, Furtwïingler'-, qui attribue ce chef-d'œuvre àCrésilas.
Ce type eut un succès durable. On le retrouve de profil avec une figure très épaisse, surun camée de l'Ermitage '^; de face avec une figure ronde, sur deux grands masques en marbre du Louvre" et sur un bronze romain du Cabinet de France''"'. A Délos, au ii" siècle, un passant traçait à la pointe, au milieu d'autres graffiti, une tête de Méduse ailée "^. Le même type orne des vases de Sicile à reliefs dorés sur fond rose''; en Egypte, à l'époque romaine, il décore une applique'*, à Pompéi un casque de gladiateur"; dans la Gaule, au m" siècle ap. J.-C, il paraît, la bouche eutr'ouverte, la chevelure répandue à flots, sur un très beau couvercle en bronze-".
2° Le type beau et pathétique. — Le type beau perdit sa mansuétude vers l'époque d'Alexandre, peut-être avant. On voulut saisir le spectateur, non plus par une implacable froideur, mais au contraire, par l'expression de la douleur. L'art hellénistique conserve les cheveux ébouriffés et les serpents, pour produire une impression d'horreur; il ne renonce guère aux ailes. Mais tous les traits du visage, surtout les sourcils, sont contractés, les yeux sont agrandis comme par une muette stupeur. Enfin, tandis qu'auparavant la glyptique seule risquait quelques imitations de profil, maintenant on aime à pencher légèrement la tête et à la présenter de trois quarts, attitude propice à l'expression recherchée.
L'artiste qui créa le type pathétique dut, pour ne pas offusquer les esprits habitués au type tranquille, exprimer la détresse intime, quelque chose comme la plainte douce de la jeunesse qui ne veut pas mourir encore. D'après les exemplaires parvenus jusqu'à nous, le modèle en question avait de très petits ailerons. Mais les écoles qui se plaisaient aux effets violents donnèrent bientôt à la douleur un caractère plus dramatique, une expression plus poignante, plus physique. Les ailes alors font rarement défaut et sont généralement assez grandes.
a. Pathétique doux. — Le type beau à expression discrètement pathétique fut peut-être imaginé déjà par l'école de Scopas : le Gorgonéion de ce style offre une ressemblance remarquable avec la tête de la Niobé dans le groupe du grand sculpteur. Mais nos exemplaires ne remontent pas au delà de la période alexandrine. Un très beau camée*' (fig. 3045 , qui date des Ptolémées et provient d'Egypte, présente une tète de trois quarts :
les joues larges et le fort menton forment un demi- Fi cercle ; les cheveux flottent
tout autour, avec deux petits serpents et deux petits ailerons au sommet; la tristesse réside dans le regard
p. 1723, et ilehtcrwerke, pi. xv = Duruy, Hisl. des Grecs, III, p. lia. — «> Six, p. 72, 88; Babclon, Calal.des monn.gr.Jes roisdeSyrie.p. 33-34. lirunn, /lesclireib. d. Olypl. p. 164-165, n° 168, l'attribue même à la période romaine, — •' F. Gardner, Cat.ofi/r. coins, Seleucid kings, pi. u, 14, et p. 6-7, n" 6i-70 ; p. 107, n»C3n, 67 a; Types of gr. coins, pi, xiv, 6, et p. 195196; liabclon. Op. cil., pi. ui, 9-11. et p. 13-14, u" 87-9C.— ^i Afeisln-icerke, 3i;i-332. — '3 C'.mples rendus, 1881, pi. v, 3, 4, el p, 77. — Il Salle .XIV, n« 501, 502 (ici les ailes sont rabattues), — '•' lialielou et Hlanchel, p. 317, n" 715. — 10 Ilull. deeorr. hell. XIII, 1889, pi. xui et p. 376. — I' Kekulé, Terracollen u. Sic. p. 57, fig. 116, 117; cf. Ib. |il. iix. — '8 liabclon el lilancliet. p. 315, fig. 711. — t:i .Mus. nnrhon. III, pi. Lx, i. — -'» lilancliet, Ree. arch. 1893, I, pi. 1, cl p, 4-5, — 2' Musée de Berlin, Furtvviingler, art. Gorgones, fig.. p. 1724.
- Camée du musée de Berlin.
GOR
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GOR
ol dans la couiho des lùvres. Un (Jorgonéion seinblaLlu orne, sur le camée Gon/.aga [ciiMMAE, lig. ."Jol."»] ', l'égide d'Alexandre 1"' Théopator Évergètc (li>^-144j. Mémo expression et mêmes ailerons sur la belle lèle de face <|ui décore la coupe en onyx si connue sous \<'. nom de lasse Farnèse [lig. lio, t. 1"]^ et sur une appli(iue do bron/.e découverte près de Port-de-Bouc (Bouches-du-Uhône) \ Sur des monnaies de Rhodes • antérieures h 1G4, le fJorgonéion ressemble par son auréole de boucles ilotlantes à la tète d'Hèlios, type ordinaire de l'ile : mais l'énergie puissante de ce dernier fait place à la tristesse. Ce Gorgonéion passa, sans les ailerons, dans le système monétaire de plusieurs cités de l'Asie et des îles, comme Aradus^ et Astypalaea. 11 fut placé en relief et peint en noir sur des fonds de tasses roses ^ 11 servit il de beaux médaillons de marbre '. l'ar une recherche d'un goût douteux, un artiste romain " percha sur la chevelure deux oiseaux affrontés à têtes de serpents ([ui, en déployant les ailes et en allongeant la tête, lui donnent, d'une façon harmonieuse, quoique surchargée, ses ornements habituels. La collection do Luynes, au Cabinet de France, possède, sur un marteau de porte en bronze', un spécimen parfait de ce Gorgonéion.
b. l'athélique violent. — Le Gorgonéion du type beau à expression violemment pathétique est un pur produit de l'esthétique professée dans les écoles d'Asie. Peut-être a-t-il eu pour prototype quelque peinture célèbre '". 11 devait convenir particulièrement aux Romains, si sensibles au pathos asiatique. Le lien entre l'Asie et l'Italie est comme symbolisé par un masque trouvé à Tarente, « spécimen hors ligne de la sculpture pathétique qui a
produit la frise de Pergame '
réalisme des serpents.
la distance d'un œil à l'autre, le regard qui implore le ciel, la bouche frémissante, tout indique l'origine de ce beau morceau. Ce même tyi)e est représenté sur les vases à reliefs de l'Italie Méridionale '-, non sans analogies avec la tête donnée à Zeus sur les monuments hellénistiques. Les pierres gravées, et surtout des bronzes, donnent parfois au Gorgonéion un caractère sauvage '^ Un médaillon '• montre de trois quarts une tête de Méduse, dont les ailerons sont rabattus et dont les yeux agrandis ont une expression puissante. Un masque tragique, de travail romain '^, a un air exaspéré avec ses cheveux en désordre et sa bouche à jour. La douleur et l'efl'roi atteignent leur paroxysme sur une pièce du Cabinet de France"'. Au centre d'une belle mosaïque trouvée
au Pirée'", une tête de Méduse rappelle, par son épaisse chevelure, par son galbe, par son attitude penchée, le marteau de porte de la collection de Luynes ; mais l'expression a quelque chose de plus profondément navré. Les Romains ont souven t demandé à la métallurgie " et à la peinture '■' de pareils Gorgonéions. Nous citerons deux belles têtes provenant des fouilles de Stables et de Pompéi *".
Les eftigies de la Gorgone en pied sont très rares depuis l'apparition du type beau, même dans les représentations de scènes légendaires. Quand par hasard on montre le corps de Méduse, c'est celui d'une belle vierge à demi nue. Ainsi la figure un tableau de Pompéi-', cojtie d'une œuvre célèbre ^'. Sur une ciste'', Méduse et l'une de ses sœurs n'ont rien que de purement humain.
La libre fantaisie de l'art récent produisit des types de Gorgonéions tout particuliers. 11 y eut un Gorgonéion dionysiacjuc, avec le raisin et le lierre comme attributs. Il était désigné pour les vases à vin. Une terre cuite du m° siècle-'" représente une tête belle et calme, dont les oreilles sont cachées par des grappes de raisin. Sur un miroir^' est gravé un Gorgonéion à quatre ailes, au milieu d'une couronne de corymbcs et de lierre. On transforma aussi la tète de Méduse en tète de démon marin -'^. On commença par donner des attributs marins au type ordinaire -'. Peu à peu se forma un type spécial aux yeux ronds et fixes comme ceux des poissons. On le voit sur plusieurs anses en bronze de Pompéi. C'est d'abord -' une tète de femme : elle émerge d'une feuille de plante marine, qui ne tarde pas-' à se rabattre pour faire partie des joues. Puis^" c'est une tête d'homme, ornée de serpents et de feuilles qui lui poussent sur les joues et le menton. Enfin ^' on arrive à un type parfait, avec des oreilles de satyres marins, des plantes en guise de barbe et des ailes en forme de nageoires.
Pour clore cette série de types, on aimerait attribuer sans scrupule à Méduse deux belles tètes aux yeux clos. L'une est de profil sur un marbre du Louvre'- : il n'y a guère de raison pour que cette bouche entr'ouverte et celte aile déployée ne désignent pas Méduse. L'autre, c'est l'admirable tête de la villa Ludovisi ". Ici nul attribut. Est-ce une tête de femme ou une tête d'Krinye endormie^*? Est-ce une Méduse^'? La tête Ludovisi mériterait d'être la dernière métamorphose de ce type qu'une évolution plusieurs fois séculaire a fait passer d'une laideur horrible et démoniaque à une beauté humaine et touchante. Gcst.we Gi.otz.
1 Vi^icoiili, Ivonofjf. ijr. (il. i.iii, 9 = Babclou, La grao. en pierres ftms, p. 135 = Uuruj, Hisl. i/es llr. III, p. -il? = cf. Sis, p. 73. - 2 Mus. Uorb. Xll, pi. XLV11 = Leve/o\v, pi. v, 40 = MuUpr-Wieseler, H, pi. i.xxii, yi6 = iJaLeloii, Op. cit., p. Hi), fig. IO0 = [Aiicis, fig. U3, l. I, p. 951. — '•' S. Ueiiiach, Aniitj. du Musée de Saint-Germain, Urouzcs, p. 119, ii. !21. — ^ Six. p. titi.
— 5 Babelon. Catal. des nwnn. gr., les Perses Achéni.. Cypre et Phèn. pi. xxiv, H ; Métangfs numism. pi. x. 9. — fi Louvre, salle de la ct-ram. gr. Irouvi-e en Grèce, n" 211. — ^ Deux beaux exemplaires au Louvre. Cf. Jonrn. of fielt. st. W, 1890, p. i09. — * Au Louvre, salle du Tibre, n" 1019. — 3 Gaz. wch. I, 1875, pi. xvu = Habelon, Cab. des nnt. pi. xxxu = Duruy, /. c, p. 29- = Uabelon et lilanchcl, p. 313, ii" 710. — '0 Cf. l'iiu. XXXV, 136. — " F. LeiioriMiil, Gaz.arch. VIII, 1883, pi. III cl p. 193. — 12 FurtwKiigler, Vasens. a' 3362, 38H. — l^' Cf. Habelon, Cab. desant.ii. 31 = Duruy, I/ist. des Gr. I, p. 3S7. — •'• l!,ibeloii cl lîlauchet, p. 316, lig. 712. — "5/6. p. 317, fig. 717. — 16 /A. p. 311, lig. 709 ^ Babelon, Cab. des ant. p. 100. — «7 -Ks. àj/.«««. 189», pi. iv. — l« [Fig. 317Î, p. 1419].
— " Au Louvre, deux IHes sur fond rouge. — 80 Wclckcr, Aile Denkm. IV, pi. ix = Brunn, Côtterideale, p. 58, 39. — 21 Zalin, Die scbûnsten Ornam . III. 23 = .Vus. Uorb. .XII, 48. — 22 Autres copies sur des monnaies de Caracalln (cf. Six, p. 90).
— 23 Bencker, Mitih. d. arcb. Inst. in Rom, VII, 1892, p. 225. — *'• Furtwiiiigler, p. 1722. — 25 Gerhard, Elr. Spiegel, pi. odxxviii, I = Babelou et Ulancliet, p. 549, fig. 1 314. — 26 Cf. (iacdechens, Glaukos, 90 s. ; arl. Gorijo. 400 ; lirunn, Gùllerideale 37-41 — 2T II est accompagné de daupliiiis sur un miroir (tierliOTii, /. c. , 2 = Babe-
lon et Blanchcl, p. 550, fig. 1345), sur un vase (Comptes rendus de rAc. des inscr. ISS8, p. 463; Jler. arch. 1889, II, p. 1091. sur des monnaies d'Ulbia. Il succède au tvpe du dauphin sur les monnaies d'Abydos et de Parion. — 28 Bruno, I. c., 38. — 23 Mus. /lorb. Xlll.pl. sxvii. — 30 /(,. V, pi. xLiii = Brunn, I. c.,41 — " Bruno, /. c., 37. — 32 Salle des antiq. du Nord de l'Afrique (Fruhner. .Vusée^de France, pi. XXV). — 33 a/on. d. Inst. IV, 25 = DUlbey, .li.n. d. Jnst. XLIII, 1S7I, pi. S. T "Brunn, Op. ci/., pi v = Furlv»angler, p. 1726. — 3i Brunn. Op. cif. p. 61 s., lient pour une femme endormie. Kalkmann. .4rc/i. Zeit. XLI, 1883. p. 41 s. ; Su, p. 65 ; Kriedcrichs-Wollers, Gipsabijùsse,a' 1419; FurlnSngler, p. I72.Î. tieauenl pour une h<roine mouranlc. Helbig, Itendiconli d. Accd. d. Lineei. VI. 342, croit à une Êriuvc mourante, et Petcrsen, Millh. arcb. Inst. in Rom. VII, H92, p. 106-107, à une Érinyc endormie. — 35 Dilthcy, /. c, p. 212- 238. — BluiacBAculE. Von Lcveiow, Die ICuIwickelung des Gorgonen-ldeals, dans les .ibhandl. d. Berlin Akad. d. Vissensch. XVI, 1832; do Luynes, Éludes numismatiques S'ir quelques types relatifs au culte d'Hécate, § 2, Paris, 1836 ; Gaedechcns. art. Gorgo, dans VAIlg. Entyel. de Krscli et Gniber, LXXIV. 1862, p. 387-434: IJ. Eberkopf und Gorgonéion als .4mii/crf.dinsleya/ir6. il. Yereinse. Alterthumsfr.imRheinl.\i6'>, p.26-;¥;ld. Dos Medusenhaupt p. Blariacum, Bonn. 1874 ; N.-G. Polilis, ? ^ly.-.^^ r'.s'èvw* :^-71'.;. Ath. 1 878 ; Uoscher, Gorgonen und Verwandtes. Leipi. 1879 ; Jauus Six, De Gorgone, Amslelod. ISS5 ; Uoscher et Furtwiiogicr, art. Gorgones, dans VAusfùrl. Lezikon d. gr. undriim. Mglh. p. 1695-1701, 1701-1727; Rich. IlildcbrandI, Deitrag sur Deutung der Gorijoneii,A,u\s \es'Comm.philol. in Aon. IJtt. Ribbeckii, Leipi. ISsS.p. 235-243.
GOR
GORTYXIORUM LEGES.
s'imprimait Tarlicle que nous Ululions politiques et civiles RESPUBLir.A] on annonçait déjà par M. Comparelli d'une 1res
Eu 1885, au moment où avons consacré aux insdes Cretois [cuetensilm la prochaine publication longue inscription Cretoise'. Découverte l'année précédente par MM. Halbherr et Fabricius, sur les bords du Lélhé, à proximité du village d'"Ai".o'. oty.%, c'est-à-dire sur l'emplacement de l'ancienne ville de Gortyne, celle inscription devait, disait-on, suffire pour occuper toute une génération de philologues et de jurisconsultes. Ne pouvant pas ajourner longtemps la pu-
blication de notre article, nous dûmes nous borner à mentionner brièvement la découverte en nous engageant à consacrer plus lard un article spécial aux lois de Gortyne. C'est cet engagement que nous tenons aujourd'hui.
L'inscription d "Ayiot Séza esl gravée en douze colonnes, dont les onze premières ont habituellement cinquante - cinq lignes, et la douzième en a trentecinq. Des six cent trente-quatre lignes dont elle se composailàrorigine, quelquesunes ont disparu. Mais deux lacunes ont pu être comblées, l'une grâce à un fragment, conservé dans le Mu-
Depuis la découverte, en 1884, de cette grande inscription, d'autres inscriptions, également intéressantes pour le droit de Gortyne, ont été trouvées dans le voisinage immédiat delà premièreet successivement publiées.
Les éditions de la grande loi de Gortyne sont déjà très nombreuses; il serait inutile de les énumérer toutes' Nous citerons seulement les deux plus récentes, celle de M. Comparelli \ et celle de MM. Daresle, HaussouUier et Reinach\ C'est fi la division en paragraphes adoptée par ces derniers que nous nous référerons dans l'exposition qui va suivre du droit de Gortyne. M. Comparelli.
M. Daresle et ses jgU gis ^ collaborateurs.
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o n ( é g a 1 e m e n t édité et commenté les autres inscriptions qui nous renseignent sur la législation de Gortyne.
Au moment de la découverte de
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