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bien qu’elle fût un hommage moindre que la deductio et e yassectatio, qui consistaient, l’une à lui faire cortège hors de sa maison, l’autre à ne le point quitter de la journée'. Parmi les salutatores, les uns, ses amis, ses ded.ux, ou même ses supérieurs en dignité -, venaient chez lui volontairement: leur visite était soit un témoiao.e d'affection, soit une démarche de politesse plus ou moins désintéressée. Elle était une obligation stricte pour les autres, pour les clients. Comme, dans la vieille coutume romaine, le père de famille recevait chaque matin le salut do ses enfants, de ses esclaves et de ses affranchis3, le patron eut droit de tout temps à celui de scs clients [cliens, patronus]. Après que la primitive clientèle familiale, de plus en plus rare, se fut effacée, dès l’époque républicaine, devant la clientèle politique et celle-ci, sous l’Empire, devant la clientèle mondaine, l’obligation ne fit que changer de nature: ce qui était d’abord un devoir de piété devint une lâche payée. Les hommes qui, sous la République, jouaient ou aspiraient à jouer un rôle dans l’État, se faisaient saluer chez eux, chaque matin, par la coterie de leurs agents et de leurs créatures qu’ils rémunéraient soit en espèces, soit en services de toute sorte. Aussi exigeante que leur ambition, la vanité des riches imposa la même corvée quotidienne aux clients de l’époque impériale, aisément recrutés dans la multitude des besogneux, nés pauvres ou déclassés, que la paresse détournait d’un gagne-pain plus honorable4. Levés de très bonne heure, quelque temps qu’il fit, en toge", vêtement coûteux et incommode, ils se hâtaient, craignant de manquer l’audience 6 et la distribution de leur maigre salaire en vivres ou en argent1, la sportula. Mais les jours de chômage étaient fréquents, soit que le maître fût absent ou malade, soit qu’il leur fermât sa porte sous un prétexte quelconque8, et le métier était si peu lucratif, en somme, que, pour arriver à gagner leur vie, beaucoup de clients s’attachaient à plusieurs patrons, allaient offrir, toute la matinée, d’un bout à l’autre de la ville 9, leur hommage mercenaire ,0. L’accueil fait aux salutatores variait naturellement selon leur condition et selon le caractère du personnage visité. Dès la porte on les rangeaiten deux classes: ils étaient primae ou secundac admissionis 11 III * * * * * . Les uns, amis intimes et gens de qualité, pouvaient être reçus individuellement ou par petits groupes dans une pièce close, parfois dans la chambre à coucher *2. Le vulgaire, massé dans l 'atrium, défilait simplement devant le maître ’3. Tel personnage prodiguait la poignée
de main et même le baiser 14 ; tel autre ne répondait pas au salut obséquieux des clients {ave'", domine ou rex “), ou bien répondait à peine, répétant mal les noms que lui soufflait un à un le nomenclatok ‘7. Encore les malheureux, avant d’être admis, avaient-ils fréquemment dû subir les insultes et les exactions de la valetaille18.
La foule des salutatores était plus grande que partout ailleurs chez l’empereur19, et plus nombreux le personnel domestique chargé de régler la réception ( officiutn admissionis , admissionales) 20 . Outre la visite de ses amis, pour qui cette démarche quotidienne était un devoir dont ils ne se dispensaient pas sans motif grave21, l’empereur, prince du Sénat, recevait souvent celle des sénateurs, qui se présentaient individuellement les jours ordinaires, en corps dans les occasions solennelles 22. Parfoisleurs femmes etleurs enfantsles accompagnaient, semble-t-il23. Des chevaliers et même de simples plébéiens pouvaient être admis à la salutation24. La réception ouverte, publica ou promiscua salutatio , parait avoir été de règle à certains jours de fête, par exemple, l’anniversaire de l’avènement et les calendes de janvier23. Les jours de spectacles, la représentation commençant de bonne heure, ou bien la salutatio était supprimée, ou bien l’empereur passait la nuit et donnait son audience matinale dans une maison à proximité26. La facilité de l’accès21 variait avec le caractère de l’empereur, comme l’affabilité de l’accueil 2i. Claude institua et Vespasien abolit l’usage de fouiller les visiteurs avant de les admettre29. Normalement, le prince répondait par un baiser au salut de ses amis, des sénateurs et des hauts fonctionnaires équestres; il tendait la main aux autres chevaliers30. Le baise-main et d’autres formes d’hommage plus humbles, déjà acceptées ou provoquées par Caligula, Commode, "Élagabale, devinrent ensuite de plus en plus fréquents31. Les audiences privées étaient rares; presque tous les visiteurs défilaient devant l’empereur dans l’ordre de leur dignité32. Ils étaient en toge; l’empereur aussi, sauf exceptions, du moins jusqu’au ive siècle33. Les femmes et les mères des empereurs ne recevaient pas, en général 34, les visites de corps; mais les personnages considérables se firent de tout temps un devoir d'aller leur présenter fréquemment des hommages individuels33. L’usage de la salutatio se maintint, à la ville comme à la cour, jusqu’à la fin de l’antiquité romaine36. Philippe Fabia.
SAMBUCA (Eagêux-ri). — I. Instrument à cordes [lyra, p. 1449] . — IL Machine de siège, pontvolant[oppuGNATio, p. 2117], rappelant l’instrument précédent par sa forme
1 Q. Cic. Depetti. 0, 34 sq. — 2 Cic. Ad fam. VII, 28, 2, IX. 20, 3 ; Slat. Silv t -8J; Mari, X, 10 ; XII, 26 ; Jnv. I, 9!) si[ .; III, 127 sq. ; 230 sq. ; VII, 90 sq. ; Plin IJa,ie,i. 61 ; Epicl. Diss. IV, 10, 20. — 3 Fronl. Ad .17. Caes. IV, 6 ; Suct. Galba , 4 ~ ' Wanil' v- 61 sq. ; Juv. III, 126; V, 1 30 sq. ; Tac. Ann. XIII, 21. — 6 Sait. Cal. 28 | “tat-s‘it’.lV,8,48;MaH. I, 108, 7 ; III, 36 ot 40 ; V, 22, i 1 ; IX, 100 ; 92, 5 ; X, 70, 5 2; 82, 2sq,: 96, Il ; XII, 18, 5 ; 26; 08 ; Juv. I, 96 : III, 127, 1 49, 247 ; V, 19 sq. lC s,l- ; Clin. Epist. III, |2; Galcu. VI, 758; I.ucian. Nigr. 21 sq. — G Juv. V,20 sq ' C“l"m-I' vraef. 9 cl 12; Mari. III, 30; Juv. I, 93 sq. ; 118 sq.; V, 108 sq. ; Lucian ^ 3 Garai. Epist. I, 5, 31 ; Seuec. De brev. vit. 14, 4 ; Mari. V, 22, 10 ; IX, 7
’ "v‘ '■ l3“ SlI* — 9 Seuec. De brev. vit. 14, 3 ; Mari. I, 108 ; V, 22 ; VII, 39, I ^ 10î ”0, 5; XII, 18, 5; 26, 3; Lucian. Nigr. 21 sq
i ^ Lulum, |, prarf . 9 : mercenarii salutatoris ; Senec. De brev. vit. 14, 3 : meri-
( '‘dtdiUionem. — U Senec. De ben. VI, 33, 4; 34, 2. Voir admissio
, c,10c* In ben. VI, 34, 2; Plin. tlist. rial. XV, 38 : satutatoriis cubitihus
III 5. — 13 Horal. Epist. 1, 5, 31 ; Senec. De ben. VI, 34, 3; Mari
î,7, IX’!0n’2; Jllv- VII, 91. - H Mart. VIII, 44, 5; XII, 26, 4; cf. Suet
,0J‘ . ' ~ 15 Scnec- De ben. VI, 34, 3; Mari. I, 55,6; I, 108, 10; IX, 7, 4 el
^ Mari. Il, 68; VI, 88; IX, 92, 5; X, 10, 5. — 17 Scnec. De brev. vil.
De ira ']1311' ^Htr- 21 sq. — 18 Colum. 1, praef. 9; Scnec. Ad Ser. 14, 3 sq. ;
Ajnn ' '''' Dpist. 84, 12; Juv. III, 184 sq.; Lucian. Nigr. 21 sq. ; Epicl.
' 13 : l)iss- h 30, 7. — 19 Suet. Galba , 17; A. Gell. IV, II; XIX, 3, I;
XX, 1,2. — 20 Voir admissio. — 21 Plin. fipist. 3, 5, 9 ; Fronl. Ad AI. Caes. I, 3 ; V, 48, G3 ; Dio Cass. LXVI, 10; Aurel. Vict. IX, 15. — 22 Tac. Ann. XV, 23; Suet. Aug. 53; Dio Cass. LVI, 26; LVII, 11. — 23 Suel. Galba , 4; Claud. 35. — 24- Tac. Ann. IV, 41 ; Suel. Aug. 53; Nero, lu; Dit) Cass. LVI, 26; LXVI, 10. — 25 Suel. Aug. 57 ; Calig. 42; Vesp. 4 ; Front. Ad Ant. Pium . 5 ; Dio Cass. LIV, 35; LVI, 41; LVII, 8. Voir strenae. — 26 Dio Cass. LVII, 11; LXIX, 7.
— 27 plia. Paneg. 47 sq. ; Dio Cass. LXVI, 10 ; Vit. Alex. Se v. 4. — 28 Plin. Paneg . 48; Suel. Tib. 29; Dio Cass. LVII, 11; LXXVII, 17; Vit. Alex. Sev. 18; VU. Pertin. 9. — 29 Tac. Ann. XI, 22; Suct. Claud. 35 ; Vesp. 12 ; Dio Cass. LX, 3.
— 30 Tac. Agric , 40; Plin. Paneg. 23; Suet. Nero, 37 ; (ttho , 6 ; Dio Cass. LXXII, 1 4 ; Vita AJ. Anton. 3. — 31 philo, Leg. ad Gaium, p. 562 (Mangey) ; Senec. De ben. II, 12; Plin. Paneg. 24; Suet. Yitell. 2; Epicl. Diss . IV, 1, 17: Vit. Alex. Sev. 18 ; Vit. Maxim. J un. 2; Vit. Aurel. 14, etc. — 32 Vit. Alex. Sev. 31; Vit. AJ. Anton. 3. — 33 Dio Cass. LXI1I, 13 ; LXI 1,17 ; Vit. JJadr. 3 : Vit. Gallien. 16.
— 3t Exceptions : Livie sous Tibère (Dio Cass. LVII, 12); Agrippine sous Claude el Néron (Dio Cass. LX, 33 ; Tac. Ann. XIII, 8 et 18) ; Julia Domna sous Caracalla (Dio Cass. LXXVII, 18). — 35 Tac. Ann. XIII, 8 ; Vita Alex. Sev. 25 ; Hieronym. Epist. 22, 6. — 36 Hieronym. Epist. 4 i, 2 ; Symmach. Epist. 8, 41 ; Sidon. Apoll. Epist. 1, 9.
— Bibliographie. L. Friedlander , Darstell. aus dur Sittengesch. Jloms , H, 146-157, 358-371, 420-427; C. Silll, Die Gebürden der Griechen und //orner, Leipzig, 1890.
SAMBLCA. i Polyb. VIII, 3 ; Vilruv. X, 22 ; Vegel. U. milit. IV, 21 ; Feslus, s. v.