‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monumentsChapitre 49 sur 137 · SA · texte numérisé non relu

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dans une guerre particulièrement heureuse contre les Samnites; il en adjugea les travaux, l’année d’après, comme censeur et il en lit la dédicace en 303 comme dictateur, le 5 du mois d’aoùt, date à laquelle tous les ans on offrait un sacrifice public à Salus1. C’est ce temple que Fabius Pictor décora de fresques qu'il signa de son nom. Celles-ci subsistaient encore sous Vcspasien où Pline 1 Ancien les vit2, ce qui prouve que l’incendie dont le sanctuaire avait eu à souffrir sous Claude les avait épargnées : le temple élevé en 317 avait remplacé un ancien sacellum 3.

Tous ces éléments du culte de Salus sont nationaux ; il n en est pas de même de ceux dont il nous reste à parler. Lorsqu’en 293 av. J.-C. fut introduite à Rome, sous 1 influence des livres sibyllins, la religion d’Esculape [aesculapius, uygieia] importée d’Épidaure on comprend sans peine combien il fut aisé d’identifier 1 antique Sa/us latine avec la figure expressive d’Ilygieia. Dans la triade hellénique des divinités qui procurent la santé, entre Apollon et Asclépios, la piété romaine remplaça Uygieia par Salus, ce qui eut pour effet de dépouiller celle-ci de son caractère propre, tout au moins de faire prédominer dans son être la notion de la santé, en oblitérant celle plus générale et plus vague du bien-être public. La fusion, opérée plus encore à la faveur des représentations plastiques que de la mythologie, fut bientôtsi complète que les modernes, après les Romains

eux-mêmes ont pu prendre la Salus du Quirinal comme une doublure d'Hygieia. Dans la littérature de la première période, les exemples ne manquent pas de Salus traduisant simplement Uygieia ; et il va de soi que les écrivains grecs qui ont traité des choses romaines ont interprété toujours Salus par Uygieia6 : mais les archéologues ont gardé le sens de la différence. L’opinion des classes

éclairées a même cherché, pour traduire Uygieia, un mot distinct de celui de Salus, quoique souvent associé à lui, le mot de Valet udo 7. Un denier de la gens Acilia (fig. 6088) nous offre au droit une tête de

Fig. 6088. — Salus et Valetudo.

Salus, divinité romaine, au revers la figure en pied de Valetudo avec les attributs d’Hygieia 8. Lorsque Pompée tomba malade a Naples, au début de la guerre civile, le Sénat pompéien ordonna des prières publiques pour sa guérison. Cicéron parle du fait sans nommer Salus ; Dion Cassius dit que les prières s’adressaient à Uygieia'1.

Nous possédons, de cette façon de concevoir Salus, un

témoignage pittoresque dans un plat en argent, trouvé pn\s de Santander l0, souvenir ou offrande pieuse commandé!, par un malade qui devait la guérison àSalus Umeritan, c’est-à-dire à la divinité qui personnifiait l’action hj,.n ’ faisante des eauxd 'Utneri, localité, d’ailleurs, inconnue On y voit Salus sous les traits d’une jeune femme couchée tenant une urne; elle épanche l’eau salutaire dans un réservoir maçonné, des ouvriers en remplissent une cruche, un tonneau. C’est l’expédition à distance de l’eau pour ceux qui ne la peuvent boire à la source. Un personnage en toge fait une libation à Salus sur un autel allumé; sur un second autel, un autre d’humble condi-

Fig. 0089. — Ex-volo h Salus.

tion, en tunique, répanddes grains de blé. Enfin, unjeune serviteur apporte à un malade l’eau qui doit lui rendre la santé (fig. 6089).

Plus lard, les divinités grecques personnifiant la santé furent appelées Salutares, et même ce vocable fut accolé aux Dioscures, protecteurs des marins en péril11. Néron voulant, après la conjuration de Pison, rendre grâces aux dieux qui lui avaient sauvé la vie, prescrivit délever à l’endroit même où les assassins devaient le frapper, c’est-à-dire auprès du Grand Cirque, un temple à Salus12. La politique impériale avait, d’ailleurs, rendu facile la confusion de Salus Publica, incarnation du bien universel, avec Salus personnifiant leur bien-être

1 T. Liv. IX, 43; X, i. 19; pour la Côte du 5 août. v. les Calendriers; Vall. Capr. Aniit. Antiat. ; cf. Babclou, Alonn. de la. Republique, II, p. i 07 et les monnaies de la gens Junia, p. 108 et 109, n»! 17 et 18 à f effigie de Salus. — 2 Val. Max. VIII, 4, 0 ; f'lin. Hist. nat. XXXV, 7, 1. — 3 Plin. Ibid. XXXV, 4 et 1S ; Heuzcn, Acta Arv. p. 91. Cf. Jordan, Topographie. I, 1, p. 489, note 8. Il avait été frappé de la foudre en 807 (T. Liv. XXVIII, 10) ; Orose, IV, 4, dit qu’il fut détruit en 277 ap. J.-C.. les Régionnaires le nommant plus tard, il fut certainement réédifié après. — 4 T. I, 1, p. 125 et III, 1, p. 331 et les textes, T. Liv. X, 1 et 45, Id. epit. XI ; Dion. Hal. V, 13 ; Plin. Hist. n. V, 29, 16. — 5 Gerhard, Griech. Mythol. I, § 513. V. la distinclion nettement établie, chez Roscher, Ausf. Lexikon, I, p. 2786, 1 et 626, 2 (hygieia, aski.epios). — 0 Chez Térence notamment; Hecyr. III, 2, 3 et ailleurs; cf. Thraemer, chez Roscher, Op. cil. p. 2785 sq. Dion Cassius, Loc. cil., traduit V Augurium Salutis par o!,ivi<7|ia Tyiuaç cf. Id. XXXVII, 24. — 7 Caton

l’Ancien, De re rust. 141, dans la prière à Mars, demande : Honam salutem valetudinemque. Eu 172 av. J.-C., sur la proposition du censeur Postumus, eul lieu une consultation des livres sibyllins ; Pro ealetudine cotlegae. Fest. p. 234. Cf. Corp. inscr. A. 111, 161 d ; l. Arrimes bassüs... aescui.apio et vai.etgdim ; T. Live XL, 37, à propos du temple élevé à la triade hellénique des dieux de la Santé, tra¬

duit Ilygie par Salus-, v. encore Corp. inscr. lut. I, 49 ; VI, 17 à 20, le denier (le de la gens Acilia ci-contre et Mucller-Wieseler, Antilce Denkmacler, II, p T7!)- — 8 Cohen, Médailles consulaires, p. 5, n” 1 1 ; Atlas, pl. I, n° 3; Babelon, Monn. de ta Rép. t. I, p. 105 et 106, n» 8. — 9 Cic. Tusc. I, 35, 86; Dio Cass. XLI, 6. Le sens du mot salus se modifie dans la langue commune sons l’inflence de ces faits religieux. V. les Lexiques ; une expression particulièrement curieuse à relever chez Tacite, Hist. II, 93 ; Ne salutis quidem curé, sans se soucier môme de la santé. — 10 Arch. Zeilung, n. série, 1873, p. R® et Tab. 11 (Hiibner). Le plat semble appartenir à Part des orfèvres d" 11' siècle ap. J.-C. Il porte gravé le nom de son propriétaire (L. Pompei»» Cornelianus), avec l’indication du poids de métal. Pour le transport à distance des eaux thermales, v. Plin. Hist. n. XXXI, 68 ; 83; 87; 94; 113. — 11 Orelli» Inscr. 1580; Scliol. German. Arat. p. 68, 127 et 29. Jupiter portail probablement dans les livres sibyllins le vocable de Salutaris; Trebell. Poil. Galt. y, et l’inscription citée par M. Toutain, les cultes Païens, dans le t. XX de h Bibliothèque de l'École des Hautes Etudes, p. 447 ; cf. Klausen, Acneas uni! die Penatcn, p. 260, note 409. — 12 Tac. Ann. XV, 74; cf. 53; Dio. Cass- LXI, 21.

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particulier : d’où les inscriptions votives en l’honneur de Salus Augusta, Commodi , Caracallae, Augustonun, etc. *. Concurremment avec elles et gardant la signification traditionnelle, nous trouvons sur les monnaies et sur les monuments épigraphiques les dédicaces à Salus Pub/ica , Populi Romani , Humani Generis 2 ; cependant Salus est le plus souvent représentée sur les premières sous les traits d’Hygieia avec l’attribut du serpent (fig. 6090) 3. Les Régionnaires continuant de mentionner, pour le Quirinal, le templurn Salutis, on peut en inférer que le culte s’est maintenu jusqu’à l’aurore du moyen âge4. J. -A. IIild.

SALUTATIO. — Les mots salulatio , salulare, ■kçocayôoeutnc, à<ntacr|A&Ç, 7rpo<J<xycipeûsiv, à'nro>Çe<T0ac, signifient l'acte de saluer quelqu’un, n’importe où et n’importe quand, par paroles ou par écrit. Les formules ordinaires de lasalutation orale sont, au début de la journée ou de l’entretien, yaïpe, salve (ou ave ); à la fin, ûytaîvE (ou ’éppiofxo), vale '. La personne saluée répond au salut initial, xat <rù yaï pe, salve et tu ; au salut final, xaî crû ûpaïvE, vale et tu. Le plus souvent on ajoute à la formule soit le nom, soit le titre de l’interlocuteur2. Pour la salutation écrite, les formules initiales sont du type :

Outgç èxetvip youpsiv (XÉysi), hic illi salutem ( dicit ), les formules finales étant les mêmes que pour le salut parlé.

V 1 W; OreMi, 089 ; 1171 ; 1577 ; 2193 ; 6121. Cf. Corp. inscr. lat. III, 1*37 ; 416 ^ '' ’ ) ^305. - V. Cohen-Feuardcnt, Description historique , etc., 1. 1, p. 30

P 319(Néron). ld. t. III, p. 07 sq. n° 679, 680 et souvent ailleurs ; cf. Ibi l'on ■ |’U,pUe * Augusti, p. 56, nos 513 sq. ; 553 : Saluti Augustorum , et

p p*1' ",0IU I‘U1'C de Salus, sous la République, v. Babelon, Op. cit. Inlro - . )07 à 109. 3 Monnaie d'Aelius Verus, du Cabinet de France ; Cohe

SAl/'5 \ P1- lxi 51. — 4 V. supra et Lib. Pont. 221.

1 3 r ,i * r''ex'es importants : [)io Cass. LXIX, 18; I.uciau. Pro laps 1076- c° !°’ liUSlat,‘- Ad Hom- Jliad- 1X> 197- P- 74G, 28; Plaut. Me

67. î' s'uel A AU V’ Cae1' in CiC’ ad ^am' V*’fi ,C’ 4; Marl- fi s5' G: dorf Ti ' " ’ Ptb. 72 ; Galb. 4, etc. Pour le surplus, voir Eslienne-Di

a Ari T* yr- et Forcellini-De Vit, Lex. totius lat. aux mots cité

21 fcdes' 47 7 I plut- Pomp. 8; Caes. Bell. civ. III, 71 ; Cic. Phil. I

xù, 4, M11’ Mapl- 6S- *1 V. 21; V, 51, 7; Plin. Pan. 23 ; Tac. An

LX,’ 33 ’E ’* . fi 80; "fi 86 ! Suet. Aug. 53 et 58, etc. — 3 Suel. Cl. 21 ; Dio Cas mu|e : Xï”' UC°’ moins au le,nps de Lucien, on saluait les malades par la fc locale ou ^ ^ fa^’ 7G)‘ ^ va sans t,ire CI,1C la fantaisie individuelle, la moi l'invention .1 lî,e”lailée» *es circonstances spéciales jouèrent un grand rôle da Slepl.ani c , a“aPtatiou dos formules. - 4 Sittl, Die Gebtirden, p. 30 sq.: 102 s . ■ • rendus de la Commiss. ardu de S. Pélersb. 1807, p. 09 sq. La lig. 00'

ln cas particulièrement intéressant est le salut des gladiateurs à l’empereur, avant le combat : Ave, imperator, morituri te salulant3.

On a déjà énuméré, à propos de l’adoration envers les dieux ou les rois [adoratio], un certain nombre de gestes et d attitudes qui soulignent la salutation orale et parfois la remplacent. Comme gestes de salutation, l’embrassement (à<77nxT[A<5ç, complexus ) le baiser (çpA-qga, osculum) donné ou envoyé de la main (fig. 6091), dont le mode varie avec la condition respective des personnes, la nature de leurs relations et les époques4, apparaissent dès l’âge homérique 5, concurremment avec la poignée de main G (osç'.oùffOat, ÔE'iav Stôôvat ; dextrarn dure, tendere , porrigere ). La poignée de main (fig. 6092) fut de tout temps en

Fig. 6092. — La poignée de main.

usage chez les Grecs et chez les Romains7. En Grèce, le baiser courtois ne devint usuel, semble-t-il, qu’après la conquête macédonienne, sous l’influence des mœurs asiatiques8. A Rome, cette habitude, importée de Grèce et d’Orient, ne s’acclimata guère avant la fin de la République9. Lorsque Caton d’Utique quitta l’Asie, ses soldats lui baisèrent les mains, honneur encore peu usité, dit Plutarque10 ; on voit cet honneur rendu à l’empereur sur un bas-relief de la colonne Trajane (fig. 6093)“. Le baiser aux mains, au visage, à la poitrine, aux genoux fut très répandu aux premiers siècles de l’Empire, dans les relations des citoyens, soit entre eux, soit avec l’empereur12. A partir de Dioclétien, le baiser impérial devint très rare et fut réglé strictement, comme tout le cérémonial auliquè l3.

On saluait aussi (fig. 116 et s.) d'un geste de la main14

reproduit un miroir gréco-étrusque (Gerhard, Etrusk. Spieyel, pl. xxut), où l'on voit Castor (castvb) prenant dans ses bras son frère, qui lui adresse un baiser de la

main. Le môme geste est fait par une des femmes présentes à cette scène. 3 Od.

XVII, 35, XXI, 224 ; XXII, 499. — f> II. X, 542. — 7 Xen. Cyr. IV, 2, 9 ; VII, 3, 8 ; Arisloph. Nub. 81 ; Plut. 753 ; Aeschin. 85, 40 ; Lys. 194, II; dut. Cic. 30; Am. 80 ; Brut. 43 ; De amie. mult. 3 ; Diod. XVI, 43 ; Lucian. De sait. 8 ; Zeux. I ; Herodian. 1, 10, 17; II, 13, 0; Diog. L. III, 98; Mart. Il, 21, 1 ; Tac. Ann. XV, 28; Amm. Marc. XXI, 5, 12 ; Scrv. Ad Aen. I, 412 ; VIII, 467, etc. La lig. 0093, d'après le vase de la collection de Luyucs (De Luynes, Descript. pl. xxi; Monum. de l’ Inst. 1, pl. li) représente Poséidon et Thésée. Sur un vase de la collection du Vatican (Mus. Gregor. Il, pl. liv, I) à côté d’Athênê et d'Herculc se donnant la main, on lit le mot xaipe. La poignée do main est surtout très fréquente sur les bas-reliefs funéraires de t'Attique ; voy. Conze, Attische Grabreliefs-, Lollignon, Sculpt. yrecq. 11, p. 150. — » Sittl, p. 78 sq. — 9 Cic. Ad AU. XII, I, t; XVI, 5, 2. — 10 d„t. Cat. Ut] 12 (18). — U Froeliner, Col. Traj. pl. ci.xx. — 12 Son .De ira , II. 24 ; Quintil. Decl. V, 18; Mart.l I, 10, 1; 12, 1 ; 21, 1 ; VII, 93; XI, 98; XII, 59; Plin. Pan. 23 et 71 ; Tac. Ann. XIII, 4; XV, 28 ; Ag. 40; Suet. Tib. 34; Cal. 55; Ner. 37; Oth. 0 et fü;' Apul. Apol. 7; llieronym. Ep. 22, 16; Dio Cass. LIX, 27; LXII, 14, etc. V. Sittl, Ibid. — *5 Cod. Theod. VI, 24, 4; XXI, i, 109; Pacat. Pan. Theod. 20, 2. — 14 Mail. VIII, 65, 0; Suet. Cl. 12.

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ou d’unsigne de l’index qui, pour cetleraison, s’appelait digitus salutaris 1 . Saluer d’une inclinaison de tête ne sembla jamais digne d’un homme libre2. Pour les tes de la salutation aux dieux et les hommages semblables que l’adulation rendit aux rois, empereurs et autres grands personnages, nous renvoyons à adoratio 3.

Le salut militaire romain est figuré, semble-t-il, sur une lampe 4, par un geste de la main droite portée vers la tète (tig 0094).

Quand deux flottes ou vaisseaux se rencontraient, les marins se saluaient de la rame”. Au cirque le cocher saluait le président des jeux en abaissant son fouet ".

La coutume grecque et romaine veuf que le simple citoyen se lève (ÛTcavfexaaQai , assurgere) devant le magistral, le roi ou l’empereur, l’inférieur devant le supérieur, le jeune homme devant le vieillard 7. Ainsi, à Rome, les sénateurs se lèvent quand l’empereur ou un magistrat entre dans la curie ou en sort 8.

La cou tume romai ne veut qu’on se découvre et qu’on se range pour saluer un magistrat ou une personne que l’on désire exceptionnellement honorer, et que l’on mette pied à terre, si on est en voiture ou à cheval, à moins qu’on ne soit accompa¬

gné de sa femme; s’il s’agit d’un magistrat, on y est même invité par le licteur ,J. D’après celte coutume, Ds

magistrats en fonctions ne doivent ](> salut qu’aux magisfiafs supérieurs et aux Vestales; devant ceux-là et celles-ci ils font abaisser leurs faisceaux 10 ( fasces submittere). S’ils sont assis, la politesse les oblige à se lever pour répondre au salut des citoyens ou des magistrats inférieurs ; de même l’empereur se lève pour répondre au salut des sénateurs 11 .

Il peut arriver que le salut soit beaucoup plus qu’un témoignage de déférence ou de courtoisie. Donner à quelqu’un pour la première fois, en le saluant, le titre de roi, d 'impcrator, etc., c'est souvent le proclamer roi, impcrator , etc., àcntàÇêaüai (îvdtXia, aùxoxfàxopa \ sa lut are regem, imperatorem , etc.12. Bien qu’à Rome le titre d 'impcrator appartint en droit à tous les généraux investis de 1 imperium13, en fait ils ne le prenaient qu’après l’avoir reçu du Sénat par un décret, à la suite d’une victoire, ou après en avoir été salués sur le champ de bataille par leurs soldats u. A partir du règne de Tibère, cette sorte de salutation fut réservée à l’Auguste et aux Césars13. 11 en faut distinguer celle par laquelle l’armée ou une partie de l’armée conférait, non plus simplement le titre d 'impcrator à la personne qui en possédait déjà les droits et pouvoirs, mais, autant que cela dépendait d’elle, à une personne quelconque la quali té d’empereur"'. Lorsque le prétendant ainsi proclamé réussissait à faire légaliser son élection par le Sénat, il datait son avènement du jour de la salutation n.

Enfin, très souvent, salutare el salutatio désignent spécialement la visite matinale qu’il était d’usage de faire, chez les Romains, aux personnes que l’on devait ou voulait honorer. Parce que le grand nombre de visiteurs quotidiens18 attestai t la considération ou l’in* lluence, tout citoyen en vue tenait beaucoup à la salutatio ,

Fig. 6093. — Baise main à l’occasion d’un donativum.

Fig. 6094. — Salut militaire.

1 Suel. Aug. S0 ; Martian. Cap. I, 90; Isid. Sev. Or. Xi, t, 70. Voir le geste d’Hcvcule [hehcui.es, fig. 377 9 J . — - Lucian. Nigr . 21; Vita Alex. Sev. 18 ; Joli. Clirys. Hom. 80, 4. — 3 Voir aussi Sitll, p. 156 sq. ; 102 sq. — 4 Besnier et Blancliel, Cotlect. Forges, pi. m, n. 0 ; La Blauchère et Gauc- 41er. Mus. Alaoui , p. 171, n. 223. Comp. le geste de Germanicus sur le grand carnée de France [gemmae, fig. 3518]. — 8 Plut. Ant. 76. - — 6 Dio Cass. LXXV1I,

10. — 7 Herodot. II, 80; Xen. Lac. 15, Mem. Il, 3, 16; Arislopli. Nub. 991; Plut. C. Grarch. 3; Per. 4; Paus. VIII, 50, 3 ; l.ucian. Cunv. 7; Dio Cass. XXXVI, 24 et 36; Cic. Pis. 12, 20; Petron. 65; Sen. Ep. 64, 10; Plin. Ep. I, 23, 2; Suet. Aug. 56; Vcsp. 13; Vil a Maxim, iun. 2, etc. En particulier, le môme honneur est rendu chez les Romains aux titulaires de la couronne civique; Plin. But. nai. XVI, 13. — » Plut. Br. 17 ; Suet. Aug. 53. Sur les applaudissements, cris et chants qui accueillaient l’empereur, et parfois d autres personnages, à leur entrée dans les lieux de spectacle, voir acceamatio. — 9 Val. Max. II, 2, 4 ;

11, 5, 9; VIII, 5, 6; Sen. Ep. 04, 10; Tac. Ann. XV, 27; Apul. Flor. IV, 21; Arnob. VII, 13; Festus, p. 154 (O. Muller) ; Plut. Fab. Max. 24; Pomp. 8; Dio Cass. XXVI, 35 ; XLV, 10, etc. — I» Sen. Exc. Conlr. 6, 8; Plut. Pomp. 19 ;

Cic. Br. 0, 22 (emploi figure'. — n T. Liv. Epit. 110; Petron. 0; 5 Suel. 1 78 ; Tib. 31 -, Cl. 12 ; Dio Cass. XLIV, 8 ; LVII, II. — 12 T. Liv. I, 7 ; III XXXVI, 14; Tac. Ann. 11,56; Hist. 111, 80; Suet. Aug. 58; Dion. Ilalic. A’ rom. IV, 39; Dio Cass. XLV, 32, etc. On dit aussi K9o<ra-;*;i&«» p, appelle

— 13 Voir iMPERATon, III, p. 423 sq.; Mommsen et Marqtiardt, Man. des mil ct rom. trad. fr. I, 144. — H Cic. Ad Alt. V, 20, 3; Caes. Bell. civ. 11,26 ; HL J Bell. bisp. 19; Plin. Pan. 12; Tac. Ann. III, 74; Appian, Bell. c"’. H.

I Plut. Apopht. Pomp. 4; Dio Cass. XL1II, 44; LU, 41, cic. - 15 Plin. Pan. SC; Tac. Ann. Il, 18; III, 74; XIII, 41 ; Suet. Tit. 5: Dio Cass. LIV, 33; I.V, <• 21.— 16 Tac. Ann. XII, 09; Hist. I, 27 cl 57; II, 80 ;' Suet. Cl. 10; IVe'; ' Galb. 10; Oth. 6; Vit. 8; Vita Hadr. 0; Flav. Jos. Bell. Jud. IV, 10, *• 1 ’

Galb. 25 ; Dio Cass. LX, I ; Herodian. Il, 8,9, etc. Voir Mommsen ct Marquai'

V, 53 sq. — U Tac. Hist. Il, 79; voir Mommsen et Marquardl, V, ul -'I

— 18 Cic. Ad Alt. I, 18, 1 ; Ad Br. Il, 4, 1 ; Virg. Georg. Il, 401 sq. ; Sencc j

bea. VI, 33, 4 ; 34, 4 ; Ad Marc. X, 1 ; Epist. 19. 1 1 ; 84, 12 ; Mari. IX, ’

Tac. Itist. Il, 92; Ann. XIV, 50 ; Pial. oral. 0 et 1 1 ; A. Dell. XVI, 5; Pb'l mult. amie. 3; Iipict. Diss. IV, 4, 37.

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