‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 103 sur 327 · EXOMIS · texte numérisé non relu

EXOMIS

dans un sens spécial , acteur comique (Senec. Ep. 8), par opposition à l'acteur tragique (co/Zitt/'/ia/M,»), qui portait sur la scène un brodequin fermé envelop~ panttoutie pied, tandis queia chaussure du comédien n'était pas un soulier fermé ou un calceus régulier, mais une simple semelle attachée avec des courroies de cuir qui laissaient exposés les orteils et une grande partie du pied , comme le montre la figure ci-jointe , d'après un bas-relief qui représente une scène comique.

EXCUBITORES. Sentinelles dont le service était militaire ou civil ( Ca-s. B. G. VII, 69; Columell. vu, 12) et qui montaient la garde le jour ou la nuit (excubiee). Les excubitores étaient distincts des 'vigiles, nom donné seulement aux gardiens de nuit.

2. Sous l'empire, le même nom fut spécialement attribué à un corps de soldats de la cohorte impériale qui avait'la garde du palais de l'empereur (Suet. N«ro, 8; cf. Otlio, 6).

EXCUBITORIUM. Poste où est stationné le corps qui est de garde : il y en avait quatorze à Rome, répondant aux quatorze quartiers de la ville ( P. Victor. de Beg. Ùrh. Boni.).

EXiCUSOR (/aXxgûç). Chaudronnier (Quint. II, 21, 10) ; mais la leçon n'est pas certaine.

EXËDRA ( ê^ÉSpa). Chambre d'assemblée ou salle de conversation ; large et bel appartement , quelquefois couvert (Vitruv. VI, 3, 8), quelquefois exposé à l'air et ausoleil^ Vitruv. vu, 9, 2), formant une des dépendances d'un gymnase ou d'une maison particulière de la première classe. C'était en réalité une place faite pour recevoir une société de savants qui venaient s'y réunir et conver^r (Vitruv. v, 9, 2 ; Cic. N. D. i, 6), comme les philosophes avaient accoutumé de le faire dans les gymnases grecs et dans les Thermes de Rome. Pour cet effet, i'exedra était souvent construite avec une abside circulaire (Plut. Alcïb. 17), dans laquelle des rangées de sièges étaient disposés pour la compagnie; et en fait elle est ainsi dessinée dans un bas-relief de la villa Âlbani ( Winck. Mon. ined. 185),

qui représente une discussion scientifique entre plusieurs philosophes. Aussi, dans le plan où nous avons représenté les ruines du Gyhnasicm d'Éphèse (voy. ce mot), le nom A'exedra est-il donné à chacune des divisions qu'on voit au bout des corridors latéraux qui se terminent en une abside semblable.

EXEDRIUM (è^ÉSptov). Diminutif d'ExEDRA. ( Cic. ad Fam. viI, 23).

EXEQUL«. Voy. Exsequi^.

EXOMIS (ilwixi;). Espèce particulière de tunique grecque, adoptée ensuite par

les Romains, sans manches , fort courte (substricta) et entièrement ouverte du côté droit, de telle sorte que, quand on la mettait, l'épaule droite (wfxoi;) ainsi que le bras et la poitrine étaient laissés à découvert (Aul. Gell. vii, 12, 1). C'était le vêtement habituel des personnes dont les occupations demandaient de l'activité et un travail continu , comme les esclaves , les paysans, les artisans et les chasseurs; de là vient que dans les œuvres d'art ce vêtement est fréquemment porté par Vulcain, Charon, Dédale et les Amazones, dont la vie était remplie par les travaux de la guerre ou de l'industrie, et avec une forme semblable à celui de la figure ci-jointe, représentant un esclave qui accompagne une partie de chasse, d'après un bas-relief romain.

2. Le même terme s'appliquait aussi au pallium (7TEpîêXYi[ia, Jul. Poil, vif, 48), quand il était arrangé sur la personne de manière à présenter un aspect semblable à celui de la tunique décrite

EXSEQDI.C.

ci-dessus , couvrant seulement l'épaule gauche , mais laissant l'épaule droite à

découvert avec le bras et la poitrine, ainsi que le montre la figure ci-jointe, prise du Virgile du Vatican.

EXOSTRA ( èÇwffTpa). Pont ou plateforme de l)ois jetée d'une tour "mobile sur les murailles d'une ville assiégée et par laquelle les assaillants couraient aux remparts (Veg. Mil. iv, 21 et 17).

2. Machine employée sur la scène des théâtres anciens pour révéler aux spectateurs les suites de certaines actions.qui ne pouvaient s'accomplir devant leurs yeux, par exemple un assassinat ou toute autre atrocité qui pouvait blesser leurs sentiments moraux ou religieux. On ne connaît pas parfaitement la forme exacte de cette machine et la manière dont elle jouait; tout ce qu'on sait, c'est qu'elle était poussée en avant de derrière la scène et tournait avec des ressorts et des roues de façon à montrer aux yeux l'objet qu'on voulait exposer, un cadavre par exemple, indiquant un assassinat ou un suicide ( Cic. Prov. Cons. G; Jul.

Pollux, IV, 128, 129).

EXPAPILLATUS. Littéralement, dont une mamelle est découverte ; expression peignant l'aspect d'une personne qui porte sa tunica ou son pallium de la façon que nous avons expliquée et figurée à l'article Es.OMis (Plant. Mil. iv, 4, 44 ; Nonius, s. v.).

EXPEDITUS. Littéralement , libre et sans rien qui gène : de là, au pluriel, dans le langage militaire, désignation générale des troupes légèrement armées ( velites,

Festus, V. Advelitatio), ou des légionnaires pesamment armés ( Sisenn. ap. Non.

s. V. ; Cic. ad Att. VIII, 9), quand ils étaient équipés pour une marche rapide, c'est-à-dire, quand les parties les plus embarrassantes de leur costume et de leur bagage ( impedimenta ) étaient transportées dans des chars , et que leurs armes offensives et défensive» étaient disposées sur eux de la manière la plus commode pour marcher avec célérité.

La figure ci-jointe , représentant un des

légionnaires de l'armée de Trajan dans une marche accélérée , comparée avec la gravure du mot Impeditus , donnera une idée précise du sens de ce terme.

EXSEQUIiE. Funérailles ou pompe funèbre (Tac. Hist. iv, 62; Cic. Mil.

13; Quint. 15; Suet. Tib. 32). Les Romains des classes pauvres étaient enterrés pendant la nuit et sans aucun appareil ; mais les personnes opulentes étaient portées à leur dernière demeure avec beaucoup de solennité , accompagnées d'un long cortège de parents , d'amis et de clients , qu'un entrepreneur ( designator) rangeait dans l'ordre suivant : D'abord venait une bande de musiciens jouant de la longue flûte des funérailles (<iA/a longa), et immédiatement derrière eux des femmes payées pour faire l'office de pleureuses [prxficœ), qui entonnaient des complaintes funèbres , arrachaient leurs cheveux et chantaient les louanges du défunt ; ensuite marchait le victimaire (victimarius) , qui devait tuer autour du bûcher les animaux favoris du défunt, chevaux, chiens, etc. Venait ensuite le cadavre sur une riche bière (capulum, feretrum, lectica funebris ) im-

FABRICA.

médîatement précédée par des personnes qui portaient des bustes ou images ( imagines) desaucètresdu mort et les récompenses publiquesqu'il avait reçues, comme les coronx , pliaterx , torques , et aussi par un bouffon (archimimus) chargé de représenter sa personne et d'imiter ses allures. Après la bière s'avançait une longue file d'esclaves et de serviteurs conduisant les animaux qu'on devait sacrifier pendant qu'on brûlerait le corps, et enfin la voiture vide du défunt fermait la marche, comme c'est encore l'usage chez nous. Tous ou presque tous ces détails sont présentés dans l'ordre ci-dessus sur un bas -relief d'un sarcophage romain ou l'on voit les funérailles de Méléagre ; sujet parfaitement approprié à une personne qui, pendant sa vie, avait été fort adonnée à la chasse. Il a été gravé par Bertoli [Âdmirand. Rom. planches 70 et 7 1) et nous en avons tiré plusieurs figures pour expliquer les différents mots cités dans cet article : mais l'ensemble contient trop de personnages pour pouvoir être reproduit dans ce dictionnaire.

EXTISPEX ( ■^iraxoCTJCÔitoç , anXay- Xvooxôito; ). Devin qui prétendait connaître la volonté des dieux et découvrir l'avenir par l'inspection des entrailles des victimes immolées àl'autel (Cic. Div. II, 18), comme le montre la figure cijointe, prise d'un bas-relief de la villa Borghèse, la seule représentation ancienne de cette pratique qu'on ait découverte jusqu'ici.

EXTISPICÏUM (^Ttaxodxoma). Inspection des entrailles des animaux pour

en tirer la prédiction de l'avenir, comme le représente la gravure précédente (Accius, ap. Non. p. 16; Suet. Ner. 6U).

FABATARIUM. Large vase ou plat dans lequel on servait, après en avoir fait une sorte de bouillie [puis fabacia, Macrob. Sat. I, 12), des fèves ou de la farine de fèves (Lamprid. Heliog. 20).

FABER (téxtwv). Nom donné sans distinction à tout artisan qui travaille des matières dures , comme le bois , la pierre, les métaux, etc., par opposition à celui qui moule ou modèle des substances malléables, comme la cire ou l'argile, et qui recevait le nom de plastes. Ce mot est accompagné le plus souvent d'une épithète caractéristique qui détermine à quel métier particulier il est fait allusion : ainsi faber tignarius, charpentier (voy. la gravure suivante) ; faber ferrarius, forgeron ( voy. la gravure au mot Ferrarius) ; faber mris, marmoris, eboris , ouvrier qui travaille le bronze , le marbre et l'ivoire ; et ainsi de suite. Le terme grec n'a pas une signification tout à fait aussi étendue que le terme latin : il s'applique rarement à un ouvrier travaillant les métaux, qui s'appelait expressément j^aXxeû; ou aiSY)p£u;.

Cependant il se rencontre quelques passages où on l'emploie dans ce sens.

FABRICA. En général, atelier de tout artisan qui travaille des matières dures, mais particulièrement le bois; ainsi atelier d'un charpentier ou d'un ébéniste (Terent. y4d. iv, 2, 45; Lucret. iv, 515). La gravure représente une boutique de charpentier d'après une peinture

trouvée à Herculanum , où les ouvriers

FABRIMA.

sont représentés sous la forme de géules, suivant l'habitude des écoles anciennes dans des sujets de cette nature où sont peintes des scènes de la vie journalière.

FABRILIA. Outils d'artisan , terme général sous lequel sont comprises toutes les différentes espèces d'outils et d'instruments employés par les charpentiers, les forgerons et autres artisans qui travaillent le marbre, la pierre, l'ivoire, et en général les matières dures (Hor. £p. II, 1, IIG).

FACTOR. Terme employé au jeu de balle qu'on désignait far datatim luJere, ou la halle au vol; il s'appliquait au joueur qui jetait la balle en la recevant du dator. (Plaut, Cure. Il, 3, 18).

FACTORIUM,sous•entendu^'a^. Vaisseau qui tenait la quantité exacte qu'il fallait mettre sous le pressoir pour une façon, factum (Pallad. xi, 10, 1; cf.

Cato, R. R. 67, et Varro, R. R.'j, 24, 3).

FACULA. Diminutif de Fax. Espèce de torche petite ou commune; quelquefois éclat ou latte de bois résineux dont on faisait des torches en les liant en paquets (Cato, R. R. 37).

FALA. Tour de bois , haute de plusieurs étages, employée dans les sièges, mais dont on ne connaît pas les détails caractéristiques (Festus , *. c; Ennius, ap. Non. s. v.).

2. Tour de bois de même nature, qu'on élevait dans le cirque, sur la partie vide de l'arène, entre la barrière (spina) et la circonférence ( euripus ) , quand les soldats devaient donner le spectacle d'un combat simulé (decurslo) (juv. VI, 589; Non. /. c; Serv. ad Virg. ^n. IX, 705).

FALARICA. Espèce particulière de lance destinée à être lancée avec la main comme un trait ct employée à la guerre ainsi qu'à la chasse (Virg. ^n. ix, 705 ; Liv. XXXIV, 14; Grat. Cyneg. 342). On la décrit comme un javelot qui avait les dimensions les plus grandes (Non.

s, T.), une immense tête de fer, et un bois fort, chargé vers le haut d'une masse de plomb circulaire(lsidor. Or/o-.

XVIII, 7,8), exactement ainsi que le représente la figure ci-jointe , prise d'un ancien monument publié par Alstorp (de

Hastis veteriim , p. 178). On trouve un autre spécimen d'un caractère fort sem-

blable sur un marbre sépulcral découvert à Aquilée et publié par Bertoli (Anticliitàdi Aquileja, p. 153).

2. Javelot inventé par le peuple de Sagonte et semblable en beaucoup de points au précédent , mais plus formidable encore. 11 était surtout employé dans les sièges et lancé avec une violence prodigieuse, à l'aide d'une machine (Lucan.

VI, 198), des hautes tours de bois appelées faix, qui lui firent donner son nom ( Festus, s. T.). 11 est décrit par Tite-Live (XXI, 8) et Végèce {Mil. iv, 18), qui lui attribuent un caractère fort semblable au spécimen précédent, excepté que le fer, placé immédiatement au-dessous de la tête, était enveloppé d'étoupe garnie de poix ou d'autres matières inflammables, auxquelles on mettait le feu avant de lancer le javelot.

FALCARIUS. Taillandier, qui fait des faux et des faucilles, falces ( Cic. Catil. I, 4 ; Sull. 18).

FALCASTRUM, Instrument employé dans la culture pour faire disparaître la végétation excessive des herbes et des broussailles ; il était composé de la lame d'une faucille {faix) fixée à un long manche droit (Isidor. Orig. xx, 14, 5), semblable à celui dont on se sert encore chez nous pour le même usage. Ce n'était probablement qu'une expression provinciale en usage parmi la population ouvrière ; car les gens bien élevés et les auteurs qui traitent de l'agriculture se servaient du mot RuNCO.

FALCATCS (ôpETtavnçôpoç). Muni de faux; ainsi CMrr«i/a/ca^«j (^'oy- Cdrrus, 5) ; ou encore en forme de faux ou de faucille; ainsi ensis falcatus (voy.

Falx, 6).

FALCICULA, Diminutif de Falx (Pallad. I, 43, 3).

FALCIFER. Qui porte une faux ou une faucille, instruments attribués tous les deux d'une façon emblématique par les architectes et les poètes au vieux Sa-

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