Equus Trojanus. Cheval de Troie
au moyen duquel les soldats enfermés dans ses flancs purent, suivant la fable, ouvrir les portes de "ifroie à leurs camarades et s'emparer ainsi de la ville (Cic. Muren. 37 ; Hygin. Fab. 108). Plusieurs représentations anciennes de ce stratagème ont été conservées par la peinture ^^ la sculpture et les pierres gravées; elles répondent généralement à la figure ci-jointe, tirée du Virgile du Vatican ; on y voit la plateforme et les roues sur lesquelles se mouvait l'animal, et la porte qu'ouvre Sinon pour faire sortir les soldats, qui descendent à terre en glissant le long d'une corde; enfin, tous les minutieux détails que donne Virgile {^n. il, 257-2(!4).
6. Equus bipes : cheval marin. Monstre qui avait le poitrail et les deux jam-
bes de devant d'un cheval, et dont le corps se terminait en queue de poisson ; il était attaché par la fable et la poésie au char marin de Neptune et de Protée (Virg. Georg. IV, 388; Pervigil. Fen.
10). Notre gravure est prise d'une peinture de Pompéi.
6. Equus fluviatilis. Cheval de fleuve ouhippopotame(Plin.^. A'.viii,21,20).
7. Equus ligneus. Expression poétique pour désigner un vaisseau (Plaut.
Rud. I, 5, 10').
8. Machine de guerre pour battre et renverser les murailles (Prop. m, 1 , 26) ; on la désigna dans la suite sous le nom de bélier (Plin. H. N. vil, 56). Voyez
ERGASTUL.\RIUS. Celui qui était chargé de surveiller un ergastulum et les esclaves qui y étaient enfermés. II était à la fois geôlier et distributeur du travail ; il avait à veiller à ce que l'ouvrage fût exécuté , et était lui-même un esclave, quoique placé à un poste de confiance (Columell. I, 8, 17).
ERGASTULVM.
EVERRICULUM.
ERGASTULUM. Sorte de prison et de maison de correction attachée aux fermes et aux villas des Romains, où ceux des esclaves qu'on tenait aux fers (compediti, nexi, vinctî) étaient logés et forcés de travailler avec leurs chaînes ; taudis que les autres, qui n'étaient pas enchaînés, avaient des pièces distinctes [cellse, contuhernîa) dans d'autres parties de l'établissement (Columell. i, (!, 3; cf. 8, 16; Apul. Jpol. p. 482; Brut, ad Cic. Fam. xi, 13). Comme Columelle recommande que ces prisons soient construites sous terre, nous en pouvons conclure que ce n'était pas là une habitude générale.
ERGASTULUS. Esclave condamné à Vergastulum (Lucil. Sat. XV, 8, éd.
Gerlach).
ERG ATA (ipyàxtiç). Cabestan ou vindas pour amener les vaisseaux près du rivage et eu général pour mouvoir des fardeaux pesants (Vitruv. X, 4).
ERICIUS. Littéralement, hérisson :
nom donné aussi à une machine qui servait à défendre les portes d'un camp ou d'une place fortifiée et qui consistait en une longue poutre , hérissée de pointes de fer et placée en travers de l'ouverture qu'on avait besoin de protéger (Caes. B. C. Ill, 67 ; Sallust. Uist. Pragm. m, 28 ). La poutre mise en travers de la porte dans la gravure du mot Catara- CTA, 3, si elle était munie de pointes, donnerait un spécimen de Yericius.
ESSEDA ou ESSEDUM. Char ou chariot découvert, placé sur deux roues, ouvert par devant, mais fermé par derrière et tiré par deux chevaux , dont se servaient habituellement à la guerre les anciens Bretons, Gaulois et Belges (Caes. B. G. IV, 33 ; V, 10 ; Virg. Georg.
m, 204 ; Serviuu ad /.). Les Romains firent aussi des voitures sur le même modèle, qu'ils employèrent pour des usages ordinaires et désignèrent par le même nom (Cic.at/^W.Vi, 1 ; Ov. Pont. II, 10, 34; Suet, Cal. 51); il n'existe pas, que l'on sache , sur aucun monument authentique, de représentation du char original des Bretons ou de celui des Romains construit sur le même modèle.
ESSEDAHIUS. Guerrier breton, gau-
lois on belge, monté sur un char de guerre ( essedum ), d'où il combattait de la ma • nière décrite par César {B. G. IV, 33 ; Cic. ad Fam. VU, 6).
2. Captif d'une des nations nommées ci-dessus, que l'on forçait de combattre à la manière de son pays du haut d'un essedum , comme gladiateur, dans l'amphithéâtre romain (Suet. Cal. 35 ; Claud. 21).
EURIPUS (eyptuoi;). Tout canal ou cours d'eau artificiel de plus ou moins d'étendue, comme ceux qu'on pratiquait, soit pour décorer une villa (Cic. Leg. ii, 1 ; Senec. Ep. 83), soit pour former un réservoir où on pût offrir en spectacle des animaux amphibies uu aquatiques amenés de l'étranger (Plin. vill, 26, 40) ; dans un sens spécial, fossé rempli d'eau que fit faire Jules César autour de l'intérieur du Circus Maximus (Suet. Cses. 39; Plin.
H. N. via, 7), pour protéger les spectateurs contre les animaux, quand on y donnait des chasses ou des spectacles de bêles féroces. Il fut dans la suite comblé par Néron (Plin. /. c.) ; et le nom d'euripus fut transporté dans la suite à la barrière (spina) qui s'étendait au centre de l'arène (Tertull. adv. Hermog. 31; Sidon. Carm. XXIII, 356 ).
EUSTYLOS (EÛffTuXoç). Colonnade dans laquelle les entre-colonnements sont de deux diamètres et quart ; c'est le style qu'on considérait comme le plus
parfait pour la solidité de la construction , la beauté de l'aspect et l'harmonie générale du monument (Vitruv. m, 2, 1 ). La figure ci-jointe montre les cinq espèces différentes d'entre-colonnements dont se servaient les anciens , avec leurs intervalles relatifs : l'eustjle occupe la troisième ligne.
EVERRICULUM. Filet à pêcher ordinaire (Varro, B. B. iii, 17, 7 ; Apul. Âpol. p. 457 ; Nonius , s. v.) : à en juger par la figure ci-jointe , tirée d'une
Ij
EVOCATI.
EXCALCKATIS.
fresque du palais de Titus , à Rome, l'c-
-verriculum paraît avoir été fort semblable aux filets des pêcheurs d'aujourd'hui. EVOCATI. Vétérans qui, après avoir fait leur temps, s'étaient enrôlés de nouveau comme volontaires. Ils n'étaient pas soumis aux obligations militaires ordinaires du légionnaire ou du simple soldat, mais ils sembleut avoir tenu un rang supérieur et fait l'office de centurions , comme ils en avaient le costume et les marques distiuctives ; ils sont représentés
sur les monuments funéraires avec un cep de vigne [vitis) dans une main , une épée au côté gauche [parazonium), et dans l'autre main un rouleau de papier qui indique peut-être qu'ils étaient libérés. Tels paraissent les centurions dans la figure ci-jointe , tirée d'un marbre sépulcral qui porte l'inscription AcR. Jc- LIAKCS EvOK. (Cic. ad Fam. m, 6 ; Caes. £. G. vu, G5; B. C. I, 17).
2. Le même titre fut donné dans la suite à une troupe de jeunes gens choisis parmi les familles équestres et dont l'emjiereur Galba forma un corps qui devait monter la garde aux portes de la chambre à coucher de l'empereur (Suet. Galh, 10).
EXACISCULATUS. Ravagé, détruit
ou forcé avec un pic (acisculus); manière ordinaire d'entrer par violence dans les tombes pour en dérober les objets précieux qui y étaient déposés. De là vient qu'on rencontre souvent ce mot dans les inscriptions sépulcrales, comme un avis donné à tous de ne pas commettre un tel crime (Inscript, ap. Mur. 1028, 2; ap. Don. cl. 12, n° 27).
EXAMEN. Languette sur le fléau d'une balance , s'élevant perpendiculairement du fléau et se mouvant dans un œil qui y est fixé : elle sert à marquer l'égalité ou l'inégalité de poids des objets mis dans la balance (Virg. jEn. xii, 725 ; Pers. Sat. I, (i). La gravure représente un fléau de
balance, muni ainsi d'une languette et d'un oeil, d'après un original en bronze, conservé parmi les antiquités romaines du musée britannique.
EXASCIATUS. Taillé d'une matière brute et façonné avec l'herminette du charpentier ( ascia ). Comme c'était la première opération avant de finir et de polir avec d'autres outils plus délicats, l'expression opus exasciatum implique un ouvrage déjà avancé, c'est-à-dire dont on a heureusement surmonté toutes les difficultés préliminaires (Plant, jés. ii, 2, 93).
EXCALCEATUS. Littéralement, sans souliers {calceif Suet. Fesp. 8) ; de là,
KXCUBITOBliS.