Stipina. Couteau à tranchant re
rr
courbé et à lame pointue employé par les gladiateurs appelés Thraces (r/trace^);
il tirait ce nom de la manière dont on s'en servait ; on le tenait un peu renversé et pour ainsi dire sur son dos (supina,i\xv. Sal. III, 201 ',en présentant le tranchant demanièreà porterie coup au basdu ventre et à étendre en long la blessure en remontant, précisément comme les Italiens modernes se servent de leurs couteaux, et comme l'indique la gravure ci-jointe, représentant un des gladiateurs nommés cidessus, d'après une lampe en terre cuite.
8. Muralis ( SopuSpénavov ). Instrument employé dans la guerre de terre et de mer à la fois pour couper les mâts et le gréement d'un vaisseau ennemi , débarrasser les remparts de leurs défenseurs ou abattre les pierres et les palissades qui formaient un retranchement (Cœs.
B. G. III, 14 ; VII, 86; Strabo, iv, 4, 1; Liv. xxxvill, 5). On peut facilement se le représenter avec une tète de fer massiveen forme de faucille tixée à l'extrémité d'une forte perche ou poutre qui pouvait être maiiœu vrée à la main ou par une machine, de manière à couper, tailler ou renverser, ainsi que nous l'avons décrit.
9. Employé poétiquement pour DoLA- DRA (Prop.iv,2,59),instrumentdont une des extrémités avait une forme recourbée, se rapprochant de celle d'une faucille.
FANUM. Lieu qui avait été consacré, par la formule solennelle des augures [effatum), à quelque divinité (Varro, L. L. VI, 54; Liv. x, 37; Cic. Div. l, 41). Comme un édifice sacré était généralement élevé sur ces lieux, le même terme désignait aussi l'édifice ou temple avec le territoire consacré qui l'entourait.
FARCIMEN. Farce faite d'ingrédients hachés menu que l'on plaçait dans un mets (Varro, L. L.y, 11 1 ; Isidor. Orig. XX, 2,28).
FARRAGO. Espèce particulière de récolte verte, consistant en graine, orge, ivraie et plantes légumineuses, semées ensemble à la volée et coupées en verdure, comme fourrage pour le bétail, pendant la fin de l'hiver et le commencement du printemps ; de là vient que ce terme fut employé par métaphore pour signifier un mélange confus de choses (Varro, R. R.
I, 31, 5 ;Columell.ii, 11,8; Plin. xviii, 16,41 ;Juv. i,86;Nemes.tyrtfO'. 283).
FARRARIUM.
FARRARIUM. Grange pour serrer le grainappelé/aroiiépeautre(Vitr.vi,9,5).
FARREUM. Gâteau fait de far oiid'épeautre(Plin. H. N. xvili, 3).
FARTOR ((TtTeuT^;). Esclave dont la fonction spéciale était d'engraisser de la volaille pour la table, ou marchand qui vendait de la volaille grasse (Columell. VIII, 7,1; Inscript, ap. Grut. 580, 15). Dans les passages suivants (Plaut. Truc.
I, 2, 11 ; Ter. Eun. Il, 2, 26 ; Hor. Sat.
II, 3, 229), on suppose d'ordinaire que ce mot signifie un fabricant de saucisses ou de pâtisserie remplie de friandises à l'intérieur; mais il n'y a pas de raison pour faire de distinction, et dans tous un marchand de volaille irait aussi bien avec le reste de la phrase (Becker, Galliis, p. 138, trad.angl).
FARTURA. Action d'engraisser des volailles (Columell. viii, 7, 4); par extension ce mot fut adopté par des constructeurs pour désigner les moellons avec
lesquels on remplissait l'intérieur d'une muraille entre les surfaces extérieures , quand le mur n'était pas entièrement construit en maçonnerie ou en briquetage (Vitruv. II, 8, 7), comme le montre le spécimen ci-joint , pris d'une construction romaine.
FASCIA. Dans un sens général, toute bande d'étoffe longue et étroite employée comme bandage : par exemple les langes (auàpYava) dans lesquels les anciens avaient coutume d'envelopper les corps des enfants nouveau-nés ( Plaut.
Truc. V, 13; cf. ytmphitr. V, 1, 52). Ils consistaient eu une longue et étroite bande d'étoife , repliée, comme dans une momie, autour du corps de la tète aux pieds, de manière à ne laisser de découvert quela figure, comme le montre clairement la gravure ci-jointe,représen tant un enfant qui tient entre les bras une actrice de tragédie, dans une peinture de Pompéi,
et qui rappelle sous tous les rapporte la manière dont les paysannes d'Italie emmaillottent aujourd'hui leurs enfants.
2. Bandeau porté sur la tête comme emblème de la royauté (Senec. £p. 80) ; on l'appelait spécialement Diadeha.
3. (à7c6Ô£<i[xo;). Bandage attaché autour de la poitrine des jeunes filles pour arrêter par sa pression le développement du sein (Mart . £p. xiv, 1 34 ; 0 vid. J.Jm. m, 247 ; Prop. IV, 9, 49); on regardait comme essentiel à la beauté et à la grâce
d'une jeune femme de comprimer ainsi la gorge. On portait ce bandage sur la peau comme le montrent les deux figures ci-jointes. Celui qu'on voit de face est pris d'une statuette de bronze (Cay lus, VI, 7 1), et celui qu'on voit par derrière d'une peinture de Pompéi où il est colorié en rouge . Mais il ne faut pas croire qu'il fût une partie du vêtement ordinaire ni que l'usage en fût général , en Grèce ou en Italie; il n'était employé que par des personnes exposées à un développement excessif ou donné par des mères à leurs filles quand elles étaient trop préoccupées de leur beauté (Ter. Eun. ii, 3, 21).
4. Bandage attaché autour de la jambe depuis le genou jusqu'à la cheville {crus. Quint. XI, 3, 144; Val. Max. VI, 2, 7 ; de là son nom de cruralis, Ulp. D'ig. 34, 2, 25), comme on le voit dans le spéci-
men ci-joint, pris d'un diptyque consulaire. Il n'était pas porté comme uuepar-
FASCIA.
tie ordinaire du costume national, mais seulement dans de certaines occasions ou par certains individus; c'était une sorte de jambière pour les personnes d'une santé délicate (Quint. /. c), ou dont les occupations exigeaient que la peau et la jambe fussent bien protégées par quelque vêtement qui n'empêchait pas l'agilité des mouvements, comme pour'Ies cochers du cirque; ou encore pour celles qui allaient à des chasses périlleuses. (Grat.
Cyneg. 338 ; Petr. Sat. 40) : on en voit un exemple dans le Vii-gile du Vatican, quand Énée, préparé pour une partie de chasse avec la reine de Carthage , a les jambes couvertes de bandages exactement semblables à ceux du conducteur ici représenté.
6. (itoSeTovouTtoSeiov). CAaf«je//c ou bas (Cic. Fragm. ap. Non.i). Calantica ; Lamprid. ^/ci-. Sev. 40) qui enveloppait entièrement le pied et était porté avec des souliers (Cic. ad u4tt. ii, 3 ; Varro, ap. Non. -r. Ephippium), plus particulièrement parles femmes (Cic. Fragm.
l. c). On le voit sur les jambes de plusieurs figures de femmes, dans les peintures de Pompéi, dont uneest représentée dans la gravure ci-jointe; la matière.
comme on ne manquera pas de l'observer, est évidemment élastique, puisqu'elle serre si bien la jambe et ne se lace pas par devant; elle n'a pas de semelle et elle est attachée au haut par une sorte de bandeau ou de jarretière. Celte chaussure ressemble aussi parfaitement au haut-dechausses d'un montagnard écossais, dont le costume, sur plus d'un point, atteste u ne
fort ancienne origine. Si la chaussette des anciens, comme cela n'est pas improbable, était ornée d'un dessin bigarré, ainsi que celle des Écossais, qui imite un bandage entrelacé, on comprendrait pourquoi elleéfaitappelée fasciapedulis (L'Ip. Dig. 34, 2, 25), ce qui assurément signifie « une chaussette », car le même terme, pedule, est conservé dans l'italien moderne pour désigner le pied d'un hat.
(i. Bande d'étoffe grossière et forte , formant ce qu'on appelle maintenant la sangle qui supporte le matelas d'une couche ou d'un lit (Cic. Dii'. Il, 65). Plusieurs de ces bandes étaient attachées en travers du bois de lit et entrelacées de cordes (restes) qui les tendaient, delà même façon qu'on le pratique encore maintenant. Cela ressort clairement d'un passage de Martial (Ep. V, 62).
7. Cercle imaginaire dans le ciel, appelé aussi CiRCULus et Zona : voy. ces mots (Mart. Capeil. vi, 196).
8. Dans Juvénal (Sat. xiv, 294), ceinture de nuages qui s'amassent autour de l'horizon et qui annoncent un mauvais temps,
9. En architecture, /"ace, membre produit par la division d'unesurface unie en parties distinctes, qui ressemblent ainsi à de longues bandes plates étendues paral-
lèlement l'une à l'autre. On s'en sert fréquemment dans les architraves, plus particulièrement dans celles des ordres ionique, corinthien et composite, qui sont partagées en deux ou trois de ces bandes, comme le montre la gravure ci-jointe , prise du temple de Bacchus à Téos : de là leur nom de première, seconde et troi-
FASCICCLrS.
sième face, en commençant par la face intérieure (Vitruv. m, 5, 10).
FASCICULUS. Diminutif de Fascis.
Petite quantité de choses liées en faisceau, comme un bouquet (Cic. Tusc. III, 18); un paquet de Hu (Plin. H.
A'. XIX. 3 ) ou de livres {hor.Ep. I, 13, 13); on voit de ces derniers dans la gravure ci-jointe, tels qu'ils furent trouvés dans une bibliothèque à Herculanum.
FASCINA. Même sens que Fascis, l (Cato, R. fi. 37).
FASCIOLA. Diminutif de Fascia. Petit bandage ou bandage fait de matières plus fines, pour les enfants (Vopis. Aurel. 4) ; pour la tète (Varro, L. !.. V, 130) ; pour les pieds et les jambes (Cic. Har. Resp. 21 ; Hor. Sat. II, 8, 255). Yoy. l'article Fascia.
FASCIS (çàxeXo; et çàxeiXoi;). Exactement, paquet de choses, mais plus particulièrement de bois (Hirt. B. G. viii, 15,; Tac. yinn. xili, 35), assemblées et liées en forme de fagot ou de fascine, potir être plus faciles à porter, comme dans lagravure ci-jointe, d'après une pein-
ture sépulcrale de l'ère chrétienne. Ce mot est opposé à Sarcina, qui s'applique à des choses qu'on arrange en tas et qu'on enveloppe.
2. Au pluriel, fasces (oA (iàpSoi). Faisceaux portés par les licteurs devant certains magistrats romains ; on s'en servait pour battie les malfaiteurs avant l'exécution. Ils se composaient de baguettes de bouleau (Plin. /f.TN^xvi, 30) ou d'orme (Plaut.y/j/«. 111,2,29), assemblées et liées tout autour avec des courroies en forme
de fascine. Sous les rois et dans les premières années de la repu- ,mrn blique, on plaçait aussi au milieu des bagiiettes une hache (securls); mais, après le consulat de Publicola , aucun magistrat , excepté le dictateur (Liv. ii, 18) n'eut le droit d'avoir les faisceaux avec hache dans la ville de Rome (Cic. De fie/i. ii, 31; Val. Max. iv, 1 , 1 ) : en effet, ils ne furent plus donnés qu'aux consuls à la tète de leurs armées (Liv. xxiv, 9) , et aux 'questeurs dans leurs provinces (Cic. Plane.
gravtire donne un spécimen des fasces avec la hache, d'après un bas-relief du palais Mattei à Rome.
3. Fasces prm ferre et suhmUtere. Le licteur marchait devant le magistrat au service duquel il était attaché, avec une baguette {virga) dans sa main droite, et les fasces sur l'épaule gauche, comme le montre la figure ci-jointe, prise d'un bas
La
relief du musée de Vérone. C'est ce qu'on exprime par la phrase fasces prxferre ; mais, si un magistrat d'un rang inférieur en rencontrait un d'un rang supérieur, le licteur ôtait les faisceaux de dessus son épaule et les abaissait, comme marque de respect, jusqu'à ce que le magistrat eiit passé, de même qu'en Angleterre les soldats reposent leurs armes devant