DICTA
FETIALES ((psTià^eiç et (p7)TtàX£t;).
Membres d'un coUégede hérauts à Rome; leur fonction consistait à demander aux nations ennemies le redressement des griefs, à porter les déclarations de guerre et à prendre part à la conclusion des traités de paix. Ils portaient une baguette (caeiuceus) comme emblème de la paix, et un javelot comme symbole de la guerre; ils le lançaient sur la frontière des ennemis quand les hostilités étaient décidées (Gell. x, 27. La figure ci-jointe, d'après une pierre gravée, représente, à
ce qu'on suppose, xxnfetialis près de par ■ tir pour une mission de guerre, de la coliimna hellica , sur laquelle on voit la figure de Minerve lançant un javelot, comme nous l'avons décrit ci-dessus.
FIBULA. (Ttepôvï) , TcôpitYi, èveT;^).
Agrafe ou broche employée pour attacher différents vêtements des hommes et des femmes (Liv. xxvil, 19; Ov. Met. 2,412; VIII, 318), tels que la clilamys, la palla, le pallium, le sagum, \e. pafudamentum, mais non la toge, qui enveloppait le corps de ses larges replis et n'avait besoin de rien pour la fixer. On faisaitdes agrafes de différentes manières et de différents des-
FIBULA.
FIBUI-A.
sins en os, en ivoire, en bronze, en métaux précieux , et en pierres de prix enchâssées dans l'or. Ces agrafes ressemblaient à celles qu'on emploie encore, et étaient munies d'une épingle (aciis, Ttepôvn), qui entrait dans un crochet d'arrêt placé sur le bord du vêtement. On s'en servait d'habitude pour attacher des draperies amples sous la gorge ou sur le haut de l'épaule , comme dans le spécimen ci-joint, pris d'un vase d'argile.
2. Fermoir, dont on se servait plus particulièrement pour attacher des ceintures et autres objets du mêmegenre (Virg. jEn. IV, 139): il avait une agrafe, au lieu d'une épingle , qui se fixait dans une porte à l'extrémité de la boucle opposée à celle où est placée la fibula, comme on le voit dans le spécimen ci-joiut, repré-
travail plus achevé; elles étaient desti-
sentant un ceinturon militaire antique, découvert à Pœstum. 11 explique les expressions ^iw/a adunco morsu (Calpurn.
Ed. VII, SI), fibula mordaci dente (Sidon. Carm. II, 397).
3. Boucle, employée pour attacher des ceintures, des ceinturons, des courroies ,
des harnais et autres choses de ce' genre (Yirg. ALh. V, 313; xil, 274) : elle avait habituellement la même forme que les nôtres, comme le montrent les figures ci-jointes , prises toTites de modèles anciens. Mais on faisait souvent des boucles de matière plus précieuse et d'un
nées à être données comme récompenses aux soldats (Liv. xxxix, 31), ou à être portées par des personnes de haut rang ou de grande fortune (Plia. H.N. xxxili, 12). La gravure ci-jointe en fournit un spécimen , pris d'un modèle en argent trouvé à Herculanum. La partie carrée était attachée au ceinturon avec des clous qui passaient par les quatre trous qu'on voit dans la gravure; l'autre partie, qui est légèrement mutilée à l'extrémité, formait la boucle, avec unardillon jouant sur une brochette qui traversait le centre de l'ornement.
4. Boucle employée aussi pour attacher le bandeau {tsenia, 'vilta) que les jeunes femmes portaient sur la tète pour tenir leur chevelure ,, en ordre. Virgile dé- r" crit Camille avec les ^^^^^^^/ '^ \ cheveux retenus de ^^^^:'<-$ r \ cette manière {JEn.
viii, 815), et le buste ci-joint , pris d'une statue de bronze trouvée à Herculanum, montre le bout du bandeau passé sous une garde au delà de la boucle, comme on le fait encore aujourd'hui.
5. Dans un sens plus général , on emploie aussi ce mot pour désigner plusieurs choses qui lient ensemble différents objets, comme une cheville dans les charpentes (Caes. B. G.i\, 17); un instrument employé dans le pressoir à olives (Cato, B. B. 3); un lien qui retient les osiers dans unecorbeille(Cato, B.B. 31), et un appareil dont se servaient les chirurgiens grecs pour fermer les blessures (en
FIGCtrS.
grec, àXxTTip), qui rapprocliait les bords de la plaie et les tenait réunis, quand la suture (sutura) était inutile ou impossible (Celsus. V, 26, 23 et 7, 4).
FICTILE {y.épa[iov). Nom 'générique donné à toute chose faite de poterie, comprenant vaisseaux, moules, objets moulés en terre cuite, briques, tuiles, etc.
FICTOR ( TtUffTr.ç). Terme général pour désigner un artiste qui façonne l'argile, la cire ou toute matière molle, par opposition à celuiqui travaille le bronze, le marbre, le bois, l'ivoire ou autres substances dures (Cic. Fragm. ap. Lactant. Il, 8; Plin. Ep. i, 40). La figure
ci-jointe, prise de la villa Albani, représente un artiste de ce genre, comme on le voit par le petit bâton de bois qu'il tient de la main gauche, et dont les artistes se servent encore généralement pour façonner leurs modèles en argile; les contours sont finis avec les doigts et les ongles, ce qui a donné naissance à l'expression ad ungnem factus liomo (Hor. Sat. I, 5,32), pour désigner un personnage accompli.
2. Ouvrier ou artiste qui exécutait en pâtisserie ou en cire des représentations de différents animaux exigés pour le sacrifice dans certains rites religieux, mais qu'on ne pouvait se procurer (Ennius , ap. Varr. L. L. vil, 44 ; Serv. ad Virg. yEn. Il, 116).
FIDELIA. Sorte de vaisseau, de jarre, ou de pot , en terre ou en verre ( Columell. XII, 38, I), dont on ne connaît pas la forme caractéristique ; tout ce qu'on sait, c'est qu'il était employé pour contenir du ciment (Cic. ad. Fam. vu.
29), ainsi que différents autres objets (Plaut. ^tt/. IV, 2, 15; Pers. Sat. v, 183; Columell. xii, 10, 4).
FIDES ou FIDIS. Mot venant évidemment du grec a<ç'\o-t\, corde à hoyau; il était employé comme terme général pour désigner un instrument à cordes, comme la lyra, la chelys, la citliqra (Varro, R. B. II. 5, 12; Ov. Fast. V, 104).
FIDICEN. Terme général pour désigner tout homme qui joue d'un instrument à cordes (Cic. ad Fam. ix, 22).
FIDICINA. Terme général pour désigner toute femme qui joue d'un instrument à cordes (Ter. Phorm. i, 2, '59).
FIDICULA. Diminutif de FiDis. Corde d'instrument mince ou petite (Cic. N. D. II, 8).
2. Au pluriel, FiDicCLiE, machme pour mettre les esclaves à la torture, consistant en cordes minces. On ne connaît pas avec certitude la forme exacte de cet appareil, ni la manière dont on s'en servait (Suet. Cal. 33; Senec. de Ira, m, 9 et 19).
FIGULUS (xepatisÛ!;). Tout artiste ou artisan qui emploie l'argile, par exemple, pour faire des figures et des ornements en terre glaise (Plin. H. N. xxxv, 12, 43), comme on le voit dans la gravure précédente; briquetier (Juv. x, 171), représenté par la gravure du mot LateraRIA ; potier (Varro, R. R. m, 15, 2), dont le métier est figuré par la gravure ci-jointe, prise d'une peinture égyptienne.
Le potier est assis par terre devant sa roue [rota), au haut de laquelle est placée la masse d'argile qu'il façonne avec ses pouces et ses doigts, exactement comme on le pratique maintenant. Une pierre gravée (Caylus, Recueil, etc., iv, 62) représente un artisan du même genre, un bâton à modeler à la main, assis devant un vase d'argile qui est placé au haut d'un four en miniature, pour indiquer qu'il lui donne la dernière main avant de l'envoyer au four.
FIMBRÏA.
FIMBRIA ( Ovffavot, xpo^doî). Frawg-c ou bordure d'ornement d'une pièce d'étoffe (Celsus, II, 6 ; Varro, L. L. V, 79) ; on la formait en laissant les extrémités des fils de la chaîne sur l'étoffe après l'avoir retirée du métier ( voyez Tela Rkcta) ; mais on faisait quelquefois séparément de riches franftes qu'on cousait à volonté au tissu. Jules César en portait autour des poignets d'une tunique à longues manches (Suet. Cses. 45).
La gravure est prise d'une peinture de Pompéi.
FIMBRIATUS (euaavwTÔ;). Muni de franges. La gravure précédente montre une serviette de table ornée de cette façon ; mais des franges sur des vêtements dans les œuvres d'art servent surtout à caractériser les personnages royaux des nations étrangères et barbares , comme les princes captifs sur l'arc de Constantin, ou les prêtres d'Egypte , surtout Isis et ses ministres, dont un est représenté par la gravure ci-jointe , d'après une peinture de Pompéi , précisément avec le costume qu'Hérodote attribuait à cette classe (il, 81). C'était tnie singularité dans Jules César qu'il portât une frange sur la manche de sa tunique (Suet. Cœs. 45) ; car chez les Grecs et chez les Romains un tel accessoire était regardé comme réservé exclusivement aux femmes.