XXXVII
FUCAIUS. Fardé ou peint, comme on l'explique dans le paragraphe suivant.
FUCUS (cpù)4o<;). Bouge, Esjièce de fard fréquemment employé par les femmes grecques et romaines, comme il l'est par celles de l'Europe moderne , pour donner un air de brillant et de jeunesse à un teint déjà fané ou naturellement blême (Plaut. Most.i, 3, 118; Prop. ii, 18, 31 ). On le faisait d'une certaine espèce de mousse {Lichen roccclla L,), et on
FULCACU.
FULLOMCA.
l'appliquait avec une brosse, comme on
le voit dans le spécimen ci-joint , pris d'un vase d'argile, ou avec le doigt, comme le montrent d'autres dessins du même genre.
FULCRUM. Étai ou support sur lequel une chose repose : comme un bâton (Ovid. Pon/. III, 3, 14-,voy.BACULCs);le pied d'un sofa, d'une couche ou d'un lit (Suet. Claud. 32 ; Prop. IV, 8, 68; voy. Clinopcs ; de là, quelquefois, le lit luimême (Prop. IV, 7, 3) ; et, à une époque postérieure, le pommeau élevé au devant d'une selle de bois (Sidon. ÂpoU. Ep. Ill, 90; voy. Sella equestris).
FULLO (xvaçeûi;).Fo«/o«, nettoyeur, et dégraisseur d'étoffes (Mart. xiv, 51). Les foulons, qui formaient une corporation très-importante , étaient fort employés, comme nos blanchisseuses, pour nettoyer et blanchir les vêtements après qu'ils avaient été portés ; ce qui se faisait en foulant les étoffes dans de larges cuves d'eau mêlée d'urine (Plin. H. N. xxviil, 18)i prise dans les vases exposés au coin des rues à cet effet (Mart. vi, 93). On séchait et on blanchissait alors l'étoffe en la posant sur un châssis demicirculaire {cavea viminea) au-dessous duquel était un pot de soufre ; après quoi on la suspendait et on en déprenait et arrangeait le poil avec une brosse ou avec un chardon à carder ; en dernier lieu, on la portait à la presse (pressorium)
où elle était définitivement unie et condensée par l'action d'une vis. La gravure représente un foulon à l'œuvre dans sa cuve, d'après une peinture de la fullonica de Pompéi.
FULLONICA et FULLONIUM (xvaçeTov). Buanderie et établissement d'un foulon [XtX^.Dig. 39, 3, 3; Ammian.
XIV, 11, 31). Un établissement considérable de ce genre a été trouvé dans les fouilles de Pompéi, et nous en insérons ici le plan, qui donnera une idée fort
exacte des nombreux agents employés dans ce métier, et de la façon dont on s'en servait, a. Principale entrée sur la grande rue. B. Loge du portier, c. Impluvium , pareil à celui des maisons ordinaires, entouré d'une colonnade de douze piliers carrés, sur un desquels sont peintes les figures de foulons à l'œuvre , que l'on voit dans la dernière gravure et dans la suivante. D. Fontaine avec uu jet d'eau qu'on trouvera représentée au mot SiPHO. K. Appartement spacieux, ouvrant sur le péristyle ou cour du local, et employé peut-être pour sécher les étoffes. F. Tabliuum, avec une chambre de chaque côté, où l'on recevait probablement les pratiques , quand elles venaient pour affaires, g. Cabinet ou garderobe , dans laquelle les étoffes étaient déposées après le dégraissage et gardées jusqu'à ce qu'on les demandât ; on voit encore sur les murailles les marques des rayons. H. Chambre adjacente : la première à main droite qui soit dans cette partie du local où avaient lieu les opé-
FULLONICA.
FOMARICM.
rations actives du métier. l. Vaste buanderie avec un réservoir où les étoffes étaient nettoyées simplement par le lavage et le rinçage. K. Place où on enlevait la boue et la graisse en frottant les étoffes et en les foulant aux pieds.
L L L L L L. Six niches construites sur les côtés de la chambre et séparées par des murs bas, environ à la hauteur des aisselles d'un homme; dans chacune de ces niches était placée une cuve où se ten^t l'ouvrier et où il enlevait les saletés de l'étoffe en la foulant avec les pieds nus, se soulevant pour cela avec ses mains sur un mur à hauteur d'appui de la façon que montre la gravure ci-jointe , prise d'une des peintures mentionnées
ci-dessus. MU M. Trois réservoirs plus petits pour laver, ou, plus probablement, pour laisser tremper les étoffes avant de les laver. N. Fontaine ou puits à l'usage des ouvriers, o. Porte de derrière ouvrant sur une petite rue , touchant à cette portion du local dans laquelle avaient lieu les principales opérations du foulage. P P. Chambres auxquelles on ne peut assigner aucun usage particulier relatif à ce métier. Q. Fourneau de l'établissement, r. Appartement attenant au fourneau, s. Escaliers menant à un élage supérieur. TTT. Appartements ouvrant sur le péristyle; ils étaient peints à fresque et probablement appropriés à l'usage du maitre et de la maîtresse de l'établissement. Les chambres au bout du plan , sans lettres de renvoi, sont des boutiques qui fout face à la rue et qui appartiennent à d'autres
métiers, car elles ne se rattachent pas à la fullonica, et elles n'ont pas de communication avec elle.
FULLONIUS ou FULLONICUS. Mot qui s'applique à tous les instruments ou objets employés par les foulons; ainsi pila ou creta fuUonica (Cato, R. R. 10; Plin. H. N. ivii, 4), terre à foulon; saltiis fullonius (Seneca, Ep. 15), sauts que taisaient les foulons pour dégraisser les étoffes en les frappant de leurs pieds, comme la dernière gravure le représente et comme l'explique le texte qui l'accompagne.
FULMENTA (xà<r(7U|xa), Abréviation de fulcimenta : on se servait de ce nom pour désigner une semelle épaisse et pro-
bablement extraordinaire fixée à un soulier ou un brodequin (Lucil. Sat. xxvill, 40, Gerlach.; Plant. Trin. m, 2, 94).
Dans notre spécimen, pris d'une statue grecque de Minerve , on voit trois semelles l'une au-dessus de l'autre, qui, ainsi jointes , s'appellent fulmentse par opposition à la semelle ordinaire d'une seule pièce {solea) ; car, dans les passages où ce mot se rencontre, il est constamment employé au pluriel. Elles étaient en liège, et les dames grecques et romaines s'en servaient pour se défendre de l'humiditéen hiver, autant que par vanité, pour se donner une taille plus haute en apparence qu'elle ne l'était en réalité (Plin. H. N. XVI, 13).
FUMARIOLUM. Diminutif de FcMA- RIUM. Issue ou ouverture dans une montagne volcanique, par laquelle s'échappaient la fumée et la vapeur (TertuU.
Peen. 12).
FUMARIUM. Pièce à fumée ; chambre dans la partie supérieure d'une maison, où on laissait la fumée des feux de cuisine ou des fournaux des bains se réunir avant de s'échapper et se dissiper dans l'air; elle servait aussi comme magasin
FCNDA.
pour faire vieillir le via (Mart. X, 36; cf. Hor. OJ. m, 8, 11), et pour sécher l'humidité du bois et en faire ua bon combustible (Columell. I, G, 19).
FUNALE. Torche, flambeau fait de papyrus ou des libres d'autres plantes
tortillées ensemble comme une corde (funis), et enduit de cire ou de poix, comme le montre la gravure ci-jointe, prise d'un marbre sépulcral conservé dans i'églisede Sainte-Justine à Padoue (Isidor. Orig. XX. 10, 15; Cic, Sen. 13; Virg.
Mn. 1, 731).
2 . Objet servant à tenir des torches de ce genre, sur lequel on en allumait et brûlait plusieurs en même temps ; il ressemblait à nos chandeliers (Isidor. Orig. XX, 10, 5 ; Ovid. Met. xil, 247).
FUN ALIS, sous-entendu equas (iïapT)opoc, (jeipaçôpo:). C/jevfl/ de volée dans une voiture tirée par plus de deux chevaux (Stat. Theb. VI, 462). Les traits étaient faits de corde , comme on le pra-
tique encore en Italie, el de là est venue l'expression. Quand la voiture était attelée de quatre chevaux, il y avait deux chevaux de trait, un de chaque côté des timoniers [jugales) ; et alors le cheval de droite ou sous la main était appelé dexter jugalis (ôeÇiôwEipo;) ; celui de gauche, sinister ou Isevus funalis (Suet. Tib. 6;Auson. Epilaplt. xxv, 9). La figure est tirée d'une peinture d'Herculauum.
FUNAMBULUS (axoivoSàTYiî). Danseur de corde (Terent. Hercjr. Prol. I, 4 ; cf. Hor. Ep. ll, 1, 210). La gravure représente une des neuf figures qu'on voit
dansant sur la corde tendue dans une peinture d'Herculanum, et qui ont toutes des attitudes différentes et font un tour de force caractéristique ; elle indique le degré de perfection auquel les anciens avaient porté cet art, puisque la figure joue de la double flûte et danse sur la corde au son de sa propre musique.
FUNARIUS, comme Funalis (Isid.
Orig. XVIII, 35).
FUNDA ( (TçevSôvri ). Fronde, pour lancer des pierres ou des balles de plomb (glandes): arme employée communément à la guerre par les Espagnols , les Perses, les Égyptiens et autres nations étrangères, et aussi quelquefois l>ar les Romains, comme le montre la figure ci-jointe, représentant un soldat romain de l'armée de Trajan, sur la colonne érigée en l'honneur de cet empereur (Piin. H. A. VII, 37; Virg.
Georg. I, 309, itbi Serv. ; j£n. IX, 586). Voyez FONDITORES.
2. (àiiLipî6XY)(TTpov). Filet employé comme notre épervier pour prendre du poisson dans les rivières (Virg. Georg. i, 141; Servius, fl</ /.; Isidor. Orig. XIX,
FUNDIBALUS.
5 , 2) ; il devait être jeté de derrière et
Îiar-dessus l'épaule droite (au lieu d'être ancé de l'épaule gauche et par-devant la personne qui le jette, comme on le fait maintenant) , si toutefois on regarde comme fidèle la représentation que donne de cette action la figure ci-jointe , tirée d'une mosaïque des Thermes de Titus.
L'expression de \ irgWe, verberat amnem, décrit exactement la manière dont le filet à jeter tombe sur l'eau.
3. Bourse ou valise, jetée sur les épaules, dont elle pendait, pour porter de l'argent ou autres petits objets (Macrob.
Sat. II, 4); elle était probablement appelée ainsi parce que, avec les courroies qui l'attachaient, elles ressemblait à une fronde, comme le montre la figure cijointe , prise du dessin d'une lampe de bronze.
4. ((jipEvÔovyi, îiueXi!;). Chaton d'un anneau, c'est-à-dire rebord dans lequel est enchâssé le bijou et qui le tient , comme la fronde tient sa pierre. Ce mot s'appliquait spécialement aux bagues, quand l'enchâssement était transparent ou à jour (Plin. H. N. XXXVII, 8, 31 et 9, 42). La figure est prise d'un modèle original.
f UNDlBALUSet FUNDIBALUIVI. Machine de guerre pour lancer des pierres, appartenant à la classe des balistx. On
en ignore le caractère distinctif ; on sait seulement, comme le nom l'implique, que son action était la même que celle d'une fronde.
FUNDITORES (açevSovtiTai). Frondeurs; ils appartenaient, en général, à des nations étrangères. Mais, chez les Romains, les frondeurs étaient des hommes tirés de la cinquième classe du cens de Servius ; on eu formait un corps et on les attachait à la levis armntura ou partie des troupes armée à la légère. On ne les considérait pas comme des troupes régulières, car on les postait au dernier rang parmi les surnuméraires , les trompettes et la musique (Liv. i, 43) ; ils ne portaient pas d'arme défensive ni offensive, excepté leur fronde (voy. la figure du mot FcNDA, 1 ), avec laquelle ils devaient inquiéter l'ennemi , eu quelque endroit du champ de bataille qu'ils fussent placés (Sali. Jug. 99; Val. Max. ii, 7, § 9 et 15. La différence entre les accensi, les fundi tores elles ferentarii, que distingue Végèce {Mil. i, 20), consistait, à ce qu'il semble, en ce que les premiers ne se servaient que des mains pour jeter leurs pierres, tandis que les seconds employaient une fronde à cet effet; et que les derniers, qui étaient d'un rang supérieur aux deux autres, avaient probablement d'autres armes que la fronde.
FUNDULÂ. Rue qui ne communique pas avec deux autres, cul-de-sac ou impasse (Varro, L. L. v, 145) : on en voit un spécimen dans la gravure ci-jointe ,
qui représente une impasse de la ville de Pompei. La rue se terminait par une maison dont la figure présente quelques restes : au-dessous sont indiqués deux égouts.
FUNDULUS. Piston d'une machine
tcmsKPOs.
rtTRCA.
hydraulique, qui monte et descend (de là son nom à'amhiaatUis), comme le piston d'une pompe, embolus (Vitruv. x, 8, 1).
FUNIREPUS (Apul. Flor. i, 5 ; IV, 18, Ç 1). Mérae sens que Fcnambclus.
FUNUS. Funérailles, appelées ainsi parce que primitivement les Romains étaient toujours enterrés à la lumière des torches, les personnes qui suivaient le deuil portant à cet effet des cordes tortillées [funalià) enduites de poix (Isidor. Orig. XI, 2,34;Donat.at^Terent. Andr.
I, 1, 81). Dans la suite, l'usage des enterrements noctunies fut restreint aux classes pauvres, qui ne pouvaient faire les frais d'un pompeux appareil de funérailles.
2. Funus publtcum oxxindict'wum. Funérailles publiques et solennelles , célébrées pendant le jour et auxquelles le public était invité par proclamation pour assister aux combats de gladiateurs et aux spectacles militaires qu'on donnait souvent dans de telles circonstances (Tac. Ann. VI, 11; Cic. Leg. 11, 24 ; Festus, s. v.). '
3. Funus gentilit'ium. Funérailles auxquelles les bustes et les images des personnages célèbres appartenant à la même gens que le défunt étaient portés dans le cortège (Plin H. N. xxxv, 2). Telles étaient les funérailles habituelles des personnes d'un rang élevé ou d'une antique noblesse : on trouvera une description des coutumes et cérémonies des funérailles au mot ExsEQCi^.
4. Funus tacitum ou transi at'itium. FunéraiHes ordinaires ou communes , sans pompe ni spectacle, comme celles des individus de la classe moyenne et de la classe pauvre (Suet. Nero, 33 ; Ovid.
Trist. I, 3, 22).