GANKA
cou-de-pied, comme la galoche moderne.
On en voit un spécimen dans la figure à main droite de la gravure; elle était
quelquefois lacée par devant et attachée au haut par un lien, comme le spécimen à main gauche : voilà pourquoi les écrivains latins classent ces chaussures parmi les solex, pour les distinguer des calcei réguliers, qui étaient des souliersà recouvrement fort justes et enveloppant tout à fait le pied et la cheville. Ils furent adoptés en partie à Rome avant l'époque de Cicéron,et on les portait avec la lacerna; mais un tel costume était regardé comme inconvenant et antinational (Cic. Pliil.
II, 30; Aul. Gell. xiil, 21). Sous l'empire les gallicœ se répandirent davantage : on en fit pour toutes les classes et de qualités différentes (Edict. Dioclet.
/. c). Les deux spécimens de la gravure sont pris d'un sarcophage couvert , qui fut trouvé dans la villa AmendoIaàRome, en 1830, et qui représente une bataille, entre les Romains et les Gaulois ; le spécimen de gauche est porté par un prince gaulois, et celui de droite par un captif de la même nation.
GANEA ou GANEUM. Auberge de l'espèce la plus basse et la plus immorale, où l'on trouvait des facilités pour toutes sortes d'excès, aussi bien qu'à manf^er et à boire (Suet. Cal. U ; Ter. Adelph. m, 3, 5 ; Liv. XXVI, 2). On a découvert une maison de ce genre dans la rue principale de Pompéi, près de l'entrée de la ville; la pièce publique est disposée comme un débit de vin, et donne accès dans un arrière petit salon, dont les murs sont couverts de peintures à fresque représentant des sujets indécents qui indiquent assez sa destination.
GANEO. Littéralement, qui fréquente une ganea ; de là, glouton (Juv. xi, 58) ; et, parextension, personne dissolue pour qui étaient établis de pareils lieux (Cic. Cat. II, 4 ; Tac. An/i. xvi, 18),
GARIIM (Yâpov). Sauce faite du sang
et des entrailles d'un poisson de mer salé, comme le caviar d'aujourd'hui. On s'en servait de bien des façons dans la cuisine et à table. U y en avait dequalités différentes, bonne, mauvaise et ordinaire, ce qui explique les jugements contradictoiresqu'en portent les écrivains; ils en parlent tantôt comme d'une friandise recherchée, tantôt comme d'un mets peu délicat (Plin. H.JV. XXXI, 43; Hor. Sat. u, 8, 46; Mart. vil, 27 ; vi, 93).
GASTRUM. Vase en poterie avec un corps plein et arrondi ou ventre; de là son nom (Pefr. Sat. 70 et 79.)
G AU LUS (yauXôç). Large vaisseau rond à corps plein qui 'pouvait servir à différents usages, comme verre à boire (Plaut. Rud. V, 2, 32) ; seau à lait (Hom. Od. IX, 223) ; seauà eau(Herod. vi, 119), etc. 2. (yaûXoç). Espèce particulière de vaisseau de forme ronde, avec un large bau et une vaste cale (Festus; s. i;.; Aul. Gell. X, 25, 3). Il était employé par les marchands phéniciens et par les pirates, parce qu'il était propre à contenir une certaine quantité de butin
GAUSAPA, GAUSAPE , et GAUSA- PUM (yaviaixTiriç). Etoffe de laine d'un tissu particulier, introduite à Rome vers le temps d'Auguste; elle avait de longs poils d'un côté et était j)lus unie de l'autre. Elle était employée par les deux sexes pour faire des vêtements, ainsi que pour nappes, serviettes, couvertures de lit et autres objets de ménage (Plin. //. A". VIII, 73; LucW. Sat. xxi,9, Gerlach.; Ov. A. Am. II, 300 ; Hor. Sat. II, 8, 1 1 ; Mart. XIV, 152).
2. Perruque faite de cheveux blonds et légers particuliers aux races germaniques, dont la couleur était fort prisée par lesdamesdeRome.On donnait aussi des perruques de ce genre aux hommes loués pour représenter des captifs germains dans quelques-uns des triomphes dérisoires des empereurs romains (Pers. Sat. vi, 40); quand ils se décernaient cet honneur sans avoir soumis le pays. La figure que nous donnons se trouve sur un trophée de la colonne de Marc-Aurèle, élevée pour perpétuer les victoires de cet empereur sur les Germains , symbole peu noble,
GADSAPATCS.
mais bien approprié pour exprimer leur défaite.
GAUSAPATUS et GAUSAPINUS. Mot appliqué à toute chose faite de l'étoffe appelée gausape (Senec. Ep. 53; Mart.
Iiv, 145).
GEMELLAR. Espèce particulière de boîte pour contenir de l'huile (Columell. XII, 50, 10). Son caractère distinct consistait , à ce qu'on suppose , à présenter deux récipients à côté l'un de l'autre, au lieu d'une seule cavité.
GENIUS làYaOoôaîawv). Bon génie ou angegardien du sexe masculin, qui, à ce qu'on croyait, naissait avec chaque mortel et mourait avec lui, après avoir accompagné, avoir dirigé sesact ions et veillé à son bien-être pendant toute la vie(Hor. Ep. II, 2, 187 ;Tibull. iv, 5). Legenius était représenté comme un beau garçon
Titus, avec un autel entre eux, pour dé-
sans autre vêlement que la chlamys des jeunes gens sur son épaule, et avec deux ailes d'oiseau, comme ou le voit dans la figure ci-jointe, d'après une peinture de Pompéi. Comparez JuNONES.
2. Genius loci. Esprit gardien d'un lieu; car, chez les anciens, chaque endroit, cha que lieu à la ville ou à la campagne, édilice, montagne, rivière, bois, etc., avait, à ce qu'on croyait, son génie particulier, qui était représenté sous la forme d'un serpent (Serv. ad Virg. ^n. v, 85 ; Inscript. fl/).Grut. VIII, 4; Prudent. Contra Symmach. Il, 441). En conséquence, on voit souvent des images de ces reptiles mangeant sur un autel, ou, commedansia figure ci-jointe, prise des Thermes de
tourner les passants de déposer aucune ordure, etc., par respect pour le génie qui préside à ce lieu.
3. (xaxoôaijxwv). Chez lesécrivains sacrés du christianisme, le D-e///«i est représentécomme un mauvais esprit condamné à un supplice éternel en punition de son orgueil et de sa rébellion (Tertull. Apol. 32 ; Àn'im. 39 ; Lact. ii, 15).
GERRjE (yép^ov). Tout objet en osier ; par extension niaiseries, sottises, pures bagatelles (Plaut. Pœn. 1,1,9; Epid. il, 2, 45).
GERULUS. Porte-faix (Hor. Ep.n, 2, 72 ; Suet. Cal. 40). Même sens que Ba- JDLCS.
GESTATIO. Partie d'un jardin de pure décoration oud'unpnrc d'agrément divisé en promenades ombragées et en avenues d'une étendue suffisante pour que le propriétaire et ses hôtes pussent y être portés en litière, lectica (Plin. Ep.\, 6, 17; II. 17, 13).
GESTICULARIA. Actrice de pantomime qui figure le rôle qu'elle a à jouer par des danses et des mouvements mimiques de mains et de pieds, sans le secour» du langage (Aul. Gell. i, 5, 2).
GESTICULATOR. Acteur de pantomime qui figurait son rôle par des gestes et des mouvements mimiques du corps, sans parler (Columell, i, Prxf. 3).
GILLO (pauxàXtov, pa\jxa),î(;). Vase pour faire rafraîchir du vin et de l'eau (Poet. Vet. inAnthol. Lat. t. II, p. 369, éd. Burm.); il était en poterie (Cassian. Institut. IV, 16), et avait un col étroit dans lequel le liquide se pressait avec bruit quand on le versait (Poet. Vet. ibid. p. 406J.
GiXGLYMUS.
GINGLYMUS (yiyyXu|jloO. Littéralement, articulation qui s'emboîte, comme le coude; de là clininière (Xen. Eq. xii, 6), dont l'action ressemble à celle d'une articulation dans la structure du corps humain. Les cabinets des antiquaires contiennent des spécimens nombreux de ces charnières de toutes les grandeurs, et dans les différents modèles dont on se sert encore aujourd'hui. Des deux ici représentées, celle du haut a été trouvée à
Pompéi, l'autre est conservée au Musée Britannique. Le nom latin ne se rencontre dans aucun auteur classique, et il faudrait quelque autorité pour le justifier ; mais le mot grec est d'une authenticité incontestable. Les Romains doivent avoireu, pour indiquer une charnière , un mot spécial, distinct de cardo qui désigne un objet tout différent.
GllNGRlNUS.Voy. Tibia.
GIRGILLUS. Cylindre tourné par une manivelle pour tirer de l'eau d'un puits avec une corde et un seau ; machine tout à fait semblable à celle dont on se sert dans la plupart des campagnes aujourd'hui, comme le lait voir la figureci-jointe, tirée d'un J^ sarcophage de marbre ~-*'i,-T.^--.-^ du cimetière du Vatican (Isidor. Or'ig.