GNOMON
les nations étrangères ou quelques classes particulières chez les Grecs et les Romains. Ces armes portaient des noms caractéristiques , énumérés dans la Table analytique et expliqués à leur place. Le Çîço; grec avait une lame en forme de feuille, pas de garde, mais une coui te barre transversale à la poignée, comme dans le spécimen ci-joint et dans les gravures aux
mots Cerndcs, 2, et Ceryx, 1 , pris tous de vases d'argile. Il n'avait pas plus de Oin.ôO de long et était suspendu par un baudrier (balteus) au côté gauche, comme le montre la figure d'Agamemnon au mot Bacclus, 2. Les Romains se servirent d'uneépéesemblableàcelledes Grecsjusqu'au temps d'Annibal,où ils adoptèrent la lame espagnole ou celtibérienne Polyb. VI, 23) qui avait un tranchant droit et qui était plus longue et plus pesante que
celle des Grecs (Florus, ii, 7, 9), comme le fera facilement comprendre le spécimen ci-joint, représentant un gladius romain dans son fourreau , d'après un modèle trouvé à Pompéi. Sur les arcs de triomphe et les colonnes, les soldats ordinaires portent leurs épées de la manière qu'indique Polybe (/. c), suspendues par un baudrier au côté droit, comme on le voit dans les gravures des mots AcciNCTCS , Alligati et Catulcs; les officiers ont leurs épées suspendues au côté gauche, et
attachées à un ceinturon (voy. CmcTO- RIUM et la gravure de ce mot). Les épées de la cavalerie étaient plus longues que celles de l'infanterie.
GLANS ({AoXuêSî;). Gros lingot de plomb , fondu dans un moule et employé au lieu de pierre pour être lancé avec
une fronde (Sali. Jug. 61 ; Liv. XXXVlll,
20, 21, 29; cf. Virg.^«. IX, 587). La gravure représente un modèle trouvé à l'ancienne Labicum ; les lettres FIR sont pour firmiter, a lance avec force », ou Feri, Roma (Inscript.a/?. Orelli, 4932) « frappe, Rome ». D'autres ont été trouvés en Grèce portant la figure d'un foudre ou le mot AESAI, « reçois cela ».
GLOMUS (xoXÛTCYi). Peloton de laine (Hor. Ep. I, 13, 14; Lucret. i, 360) ou de lin (Plin. H. N. XXXVI, 19, 4) retiré du fuseau (fiisus) après avoir été filé en laine ou en fil et dévidé en forme de balle pour être prêt à servir sur le métier. La figure cijointe est tirée d'une frise du Forum de Nerva , sur laquelle sont représentées diverses opérations de filage et de tissage ; on y voit une jeune femme portant , comme nous dirions, un plein tablier de pelotons, de la pièce où l'on file à celle où l'on tisse.
GLUTINATOR. Littéralement, qui assemble des choses avec de la colle (j^luten ou glutinum); ce mol est spécialement employé pour désigner une personne qui exerçait l'art d'orner les livres et de piéparer les feuilles sur Icscpielles écrivaient les copistes en reliant ensemble des bandes de papy rus pour faire une page et aussi les diflérentes pages pour faire un rouleau ou volume (Cic. ad Att. iv, 4 ; Lucil. Sat. xxvi, 42, Gerlach).
GNOMON (yvciixwv). Index ou style
GOMPHCS.
sur un cadran solaire qui marque l'heure par l'ombre qu'il jirojette (Plin. /T. iV.ii, 74;Vitruv.
I, 6, 6); comme le montre la gravure ci-jorute d'après une coupe d'argent de main-d'œuvre grecque, découverte à Porto d'jénzio, l'antique Antium.
GOMPHUS(y6(/.çoç). Mot grec qui désigne une large cheville en forme de coin (Schol. in Aristoph. Eq. 463; Tertuli.
Apol. 1 2) enfoncée entre deux objets pour consolider et serrer davantage des pièces qui se louchent. Par extension, ce terme fut employé parles Romains pour désigner les larges pierres à tète ronde et en forme de coin qu'ils plaçaient à intervalles déterminés entre les pijerres ordinaires qui bordaient les trottoirs de leurs routes et
de leurs rues (Stat. Sjlv. iv , 4, 48), comme on le voit dans la gravure ci-jointe, représentant une partie de la route et du pavé à l'entrée de Pompéi. Ces pierres ne sont pas seulement taillées en forme de coin pour produire une pression latérale, mais ellessont plus longues que les autres et ont des têtes saillantes, de telle façon qu'elles empêchent aussi le reste de s'élever hors du niveau.
GRABATULUS. Diminutif de Graba- TPS (Apul. Met. I, pp. 8, 9 et 12).
GRABATUS (xpàoaTO; xpàêSaxoç).
Couche ou lit petit et bas du genre le
plus commun (Cic. D'v. ii , 63 ; Virg. Moret. 6), semblable à ceux dont se servait le pauvre peuple, n'ayant qu'un réseau de cordes étendu sur un châssis
''Lucil. Sat. VI, 13, Gerlach ; Petr. Sal. 97) pour supporter le matelas, ainsi que le représente la ligure ci-jointe, d'après une lampe en terre cuite.
GRADILIS. Voy. Panis, 2.
GRADUS. Escalier de Ut à plusieurs degrés (Varro, L. L. V, 168), qui était nécessaire quand le bois de lit était assez
élevé au-dessus du sol pour qu'on ne put l'atteindre avec un simple scamrtum. La gravure représente le lit nuptial de Didon , avec un escalier pareil , au pied, comme on le voit dans le Virgile du Vatican.
2. Étage d'escaliers conduisant au portique (pronaos) d'un temple (Cic. ad Att. IV, 1; Virg. Mn. I, 448). Dans les temples grecs, cet escalier n'avait ordinairement que trois degrés ; mais les architectes romains en ajoutèrent une dou-
zaine ou plus, et partagèrent quelquefois l'escalier en deux étages, comme on le voit dans la gravure-ci-jointe , prise des ruines d'un petit temple du Forum de Pompéi. Toujours cependant les degrés étaient en nombre impair, pour que la personne qui montait et qui naturellement commençait par le pied droit pût placer le même pied sur le dernier degré par lequel elle entrait sous le portique (Vitrnv. m, 4, 4); la superstition du peuple lui faisait croire qu'entrer Autrement eût été d'un mauvais augure.
GBADC8.
GRANARIVltl.
3. Sièges sur lesquels les spectateurs s'asseyaient dans un théâtre, un amphithéâtre ou un cinpie (Inscript, ap. Marini, Frat. Arv. p. 130, n. 23; cf.
Tessera thkatralis). C'étaient des degrés profonds s'élevant l'un au-dessus de l'autre en rangées distinctes, comme le montre la vue ci-jointe du grand théâtre de Pompéi, où les sièges (gradus)
sont les degrés les plus élevés ; les plus petits, qui partent directement des portes d'entrée, sont seulement des escaliers [scalte] par lesquels le spectateur descendait jusqu'à ce qu'il arrivât aagradus particulier où était sa place.
4. Arêtes parallèles, semblables à des degrés, à l'intérieur d'un cornet à dés (fritillus), pour mêler les dés quand on
les secouait et leur imprimer en les secouant un mouvement de rotation (Auson.
Profess. I, 28), comme on le voit dans la partie en coupe de la gravure ci-jointe, d'après un modèle découvert à Rome.
5. Lignes ou rides du palais dans la bouche d'un clieval, semblables à celles d'un cornet à dés (Vee. Vet. i, 22, Il ; ib. 2, 4).
C. Coiffure élégante des femmes, quand leurs cheveux étaient artificiellement disposés en ondulations parallèles, s'élevatit l'une au-dessus (Je l'autre comme
par degrés (Quint. XII, 10, 47), ainsi que dans nos frisures. Néron, à ce qu'on dit, était toujours coiffé de cette manière (Suet. Nero, 51). Une statue représentant cet emperçur en ApoUo Citharœdus {Mus. Pio-Clem. lit, 4) a les cheveux séparés au milieu de la tête et régulièrement frisés des deux côtés, comme ceux d'une fille.
GRjECOSTADIUM (Capitol. Ântonin.
8). Même sens que
GR^COSTASIS. Édifice dans le Forum romain, près des Comices, où les ambassadeurs des nations étrangères étaient logés aux frais de l'État pendant la durée de leur mission (Varro, L. L. V, 155 ; Cic. ad. Q. Fr. Il, I). Trois colonnes corinthiennes magnifiques, avec une portion de leur entablement, encore debout à l'angle nord-est du mont Palatin, sont, à ce que supposent quelques antiquaires, les débris de cet édifice; mais le style de l'architecture, qui est un des modèles les plus parfaits qu'on voie maintenant à Rome, est certainement antérieur au règne d'Antonin : c'est pourtant à cette période que les ruines de\3i Grxcostasis, si elles subsistent aujourd'hui, devraient appartenir, car elle fut rebâtie par cet empereur, après avoir été totalement détruite par un incendie (Capitol. Antonin. 8).
GRALL-^. Écliasses, faites comme les nôtres, avec une fourche pour emboîter le pied. Elles avaient été primitivement inventées pour les acteurs qui jouaient le rôle de Pan ou des Satyres, afin qu'ils pussent apparaître avec les jambes minces et effilées qu'on attribuait à ces divinités aux pieds de bouc (Festus, V. Grallatores; Varro, ap. Non. p. 115 ; voy. Capripes).
GRALLATOR (xaXoSàjiwv , xaXo6àfTi;)- Q"i marche sur des échasses (Plant. Pœn. m, 1, 27, Varro, rt/>. Non. p. 115;
voy. GRALLiE).
GRANARIU.M. Mot souvent employé dans un sens général comme synonyme de liorreum, grenier ou -magasin pour serrer le grain (Varro, R. R. l, 57 ; Hor, Sat. I, 1, 53). 11 servait spécialement, d'après Palladius (i, 19, 2), à désigner une case dans le dépôt général, qui en
GRAPUIARirM.
GRVPS.
contenait un grand nombre, destinées chacune à recevoir une espèce différente de grain.
GRAPHARIUM ou graphiaria tlieca.
Gaine ou étui pour tenir le burin à pointe aiguë [grapliium] employé pour écrire sur des tablettes enduites de cire (Mart. XIV, 21; Suet. Claud. 35).
GRAPHIUM (ypaçtov). Instrument à pointe aiguë ou sorte de burin, en fer ou en bronze, dont on se servait pour écrire sur des tables de bois enduites de cire (Isidor. Orig. vi, 9 ; Ov. Am. i, H, 23). La gravure représente un modèle long de 20 à 22 centimètres, trouvé
dans des fouilles à Rome. Il pouvait s'ouvrir et se fermer (figure du haut). Ce spécimen confirme la vérité des anecdotes qui parlent de personnes blessées, même mortellement, avec cet instrument (Suet. Cxs. 82 ; Cal. 28 ; Senec. Clem. I, 14).
GREGARIUS. Sous-entendu miles.
Simple soldat d'infanterie (Cic. Plane.
30; Tac. Hist. v, 1). Le costume de ces soldats variait naturellement suivant le corps auquel ils appartenaient et selon qu'ils étaient Romains, alliés ou auxiliaires.
2. Gregar'ius eques. Simple soldat servant dans la cavalerie (Tac. Hist. m, 51).
GREMIUM. Giron. C'est à proprement parler le siège ou le creux qui est formé entre l'estomac et les jaml)es d'une personne assise, et sur lequel les nourrices et les mères placent leurs enfants (Cic. Div. II, 41 ; Virg. Ain. i, 689;Pedo Albin. I, 116). Puis ce mot désigne plus spécialement le pan ou le creux que l'on fait en relevant la partie inférieure d'une tunique ou d'un manteau, comme lorsque les femmes relèvent leurs tabliers pour recevoir les objets qu'elles veulent porter (Petr. Sat. 60). Ainsi, rigoureusement, ce mot diffère de sinus, qui
indique un pli formé sur la poitrine; tandis que \egremium tombait plus bas el s'étendait sur le ventre, comme on 1< voit dans la figure ci-joiote, tirée d'une
lampe en terre cuite'; mais cette différence entre la signification des deux moti n'est pas toujours observée.
GRIPHUS (ypïçoçetYpTiïo;). Mot gre< qui désignait une des diverses espèces de filets dont on se servait en Grèce pour la pèche fOppian. Hal, m, 81); mais on ne peut déterminer avec précision la nature de ce filet. Les Romains employaient U même terme pour désigner une machine de guerre (Not. Tiron. p. 126), dont \t véritable caractère est également incon^ nu. Par analogie, le même mot, griphns. était employé dans un sens métaphorique |iour désigner quelque chose de captieux ou d'obscur, comme une énigme (Aristoph. fesp. 20; Aul. Gell. i, 2, 2).
GROMA et GRU.MA (yvwtxwv). Quart de cercle, instrument employé par les arpenteurs, les ingénieurs et autres personnes du même état, pour tirer des lignes ou tracer des routes parfaitement droites vers un point donné (Non. s. a».; Hyg. deLimit.p. 164, Goes). De là viennent degrumari, aligner (Lucil. Sat.
III, 15, Gerlach), et grurnse, les points où quatre chemins se rencontrent à angle droit.
GRYPS et GRYPHUS (rpû^/). Griffon, animal fabuleux (Pline, H. N. X, 69), qui est ordinairement représenté avec le corps et les pattes d'un lion, surmontés de la tète et des ailes d'un aigle, réunissant ainsi la force et l'agilité. Cet animal
GDBRRNACCLTJH.
GCTT^.
était un emblème de vigilance , et il est souvent représenté sur les tombeaux et les urnes sépulcrales comme veillant sur les restes qui y étaient déposés. Le spécimen cijoint, tiré d'une lampe en terre cuite, jH^ente tous les traits caractéristiques qijon vient de décrire.
GUBERNACULUM (7TYi8a)iiov). Gouvernail; ce n'était primitivement qu'un fort aviron à large pelle, comme on le voit dans la figure de droite, tirée de la colonne Trajane : il était attaché par un nœud de cordes, funes (Veg. Mil. IV, 46 ; ÇEÛyXat, Eur. Hel. 1536), extérieurement, à l'arrière du navire, ou passait par uneouverture dans les bordages. Dans cette dernière forme, qui est un perfectionnement de la première, il y a une pièce de bois transversale servant de barre de gouvernail, comme on le voit dans la figure de gauche, qui est tirée d'une pein-
ture dePompéi. Les différentes parties de ce gouvernail étaient distinguées par les noms suivants : ansa, la poignée, a ; clavits, la barre du gouvernail, b ;pinna, le plat de l'aviron, c. Le mol guèernaculum est souvent employé au pluriel, parce que les navires des anciens étaient ordinairement munis d'un double gouvernail ; il y en avait un sur chaque côté du navire, et chaque gouvernail avait son timonier dans les grands vaisseaux (Scheffer, Mil. Nav. p. 301 ); mais il n'y avait qu'un timonier pour les deux dans les petits
navires, comme on le voit par le spécimen suivant.
GUBERNATOR (xuêepv^xr,;). Timonier ou pilote assis à la poupe pour gouverner le vaisseau (Cic. San. 9), donner des ordres aux rameurs et diriger le ma-
niement des voiles (Virg. Mn. x, 218; Lucan. vill, 193). 11 venait, dans la hiérarchie, immédiatement après le magister et au-dessus du nroreta (Scheffer, Mil.
Nav. p. 302). La gravure ci-jointe est tirée d'un bas-relief trouvé à Pouzzoles.
GURGUSTIOLUM (Apul. Met. i, p.
17 ; IV, p. 70). Diminutif de
GlIRGUSTIUM. Petite, sombre et misérable cabane ou retraite (Cic. Pis. 6; Suet. Gramm. 1 1).
GUSTATIO. Espèce de mets délicat que l'on prenait comme friandise ou camme stimulant avant un repas (Petr. Sat. 21 et 31).
GUSTATORIUM. Plateau sur lequel on servait uuegustaiio; il était souvent de matière précieuse et orné d'incrustations en écaille (Petr. Sat. 34 ; Pliu. Ep. V, 6, 37 ; cf. Martial xiv, 88).
GUSTUM et GUSTUS (Apic. iv, 5 ; Mart. XI, 31 et 52). Même sens que Gc- STATIO.
GUTTiE. Gouttes, ornements d'architecture dont on se servait principalement sous les triglyphes d'ordre dorique, dans l'architrave, ou sous le tœ/iia (Vitruv. IV, 3,4), comme dans le spécimen ci-joint. Quelquefois on apj)liquait ce genre d'ornement sous les modillons de l'ordre dorique (Vitruv. IV, 3, 6), comme
GUTTPBNIUM.
GTMNASIDM.
dans la gravure au mot Epistylium, 2,
p. 248. Ces o-<<//a; forment commedesfrag-
'LLLiLLU tLlLLlLÛ'
ments de cône, et représentent les goultes d'eau qui tombent d'en haut et restent suspendues.
GUTTURNIUM (Tipôxoo;). Cruche à eau ou aiguière; on s'en servait principalement pour verser de l'eau sur les mains avant ou après le repas (Festus, s. T.). On a découvert plusieurs de ces vases à Pompéi; ils ont une lèvre en avant, une anse droite par derrière, un col rond et un large ventre comme nos cruches; mais les contours en sont plus élégants et le travail de l'artiste plus délicat.
Le mot orutturnium est formé de guttus. La terminaison urnium est un augmentatif qui indique que cette cruche a une large bouche, comme on le voit dans la gravure cijointe, qui est tirée d'un modèle trouvé à
GUTTUS. Cruche à col très-étroit et à petite bouche; le liquide ne pouvait en couler qu'en petite quantité ou goutte à goutte (Varro, L. L. V, 124), comme le nom même l'implique. On se servait de vases de cette espèce pour verser le vin dans la paiera , avec laquelle on faisait des libations (Plin.
Hist. A'at. XVI, 38, 73). Dans les temps primitifs, ils étaient placés sur les tables comme vases à vin, chez les gens de moyenne condition, avant qu'on y eût substitué le vase grec appelé epic/iysis (Hor. Sat. 1, 6,118; Varro, /. c; voy. ce mot). Dans les bains, ils servaient à distiller l'huile sur la strigile avec laquelle on frottait le baigneur, pour en rendre la surface glissante et l'empêcher de blesser la peau (Juv. Sai. m, 2G3) ; et
aussi, en général, comme huilier (Aul.
Gell. XVII, 8). Le spécimen ci-joint représente un guttus en usage dans les sacrifices : il est tiré d'une peinture de Pompéi.
GYMNASIARCHUS (yuiivaffîaaxo;).
Magistrat grec qui avait la surveillance d'un gymnase public, et juridiction sur tous ceux qui le fréquentaient. Il avait une robe de pourpre et des souliers blancs (Plut. Juton. 33), et portait un bâton dont il se servait pour cori'iger les jeunes gens qui s'étaient rendus coupables de quelque inconvenance ou de quelque indécence en exécutant leurs exercices (Cic. Ferr. Il, 4, 42; Val. Max. ix, 12, T, extr. ^lAon Epist. ii, 2).
GYMNASIUM (YU(i.và<jiov). Édifice public, dans lequel la jeunesse grecque était formée à une des principales branches de son éducation, celle qui avait pour but le développement des forces physiques par la pratique des exercices gymnastiques. Presque toutes les villes de la Grèce avaient un établissement de ce genre; Athènes en possédait trois, ceux du Lycée, de Cynosarges et de l'Académie. Ces édifices étaient construits avec beaucoup de magnificence, et on y trouvait tout ce qui pouvait être utile ou commode : appartements couverts et exposés à l'air, colonnades, promenades ombragées, bains et autres dispositions avantageuses pour la santé ou la commodité de ceux qui venaient en grand nombre dans ces édifices pour s'exercer aux jeux ou pour en être spectateurs; on y avait aussi les agréments d'une conversation littéraire ou scientifique. Vitruve a consacré un chapitre entier de son ouvrage (v, 11) à décrire la disposition des gymnases. On a trouvé des restes de gymnase à Éphèse, à Hiérapolis et à Alexandrie en Troade; mais ils ont trop souffert des ravages du teqaps pour présenter un modèle incontestable, dont tous les détails correspondent exactement à la description de Vitruve, ou que l'on puisse citer comme une autorité suffisante pour éclaircir les nombreuses obscurités de cette question. Cependant il en reste assez pour montrer que ces trois édifices ont été construits d'après un principe général, et qu'ils
GTMNASICM.
GYHNASIUM.
ne diffèrent que par les détails ou par quelques dispositions locales qui tenaient, soit à la nature des lieux, soit au goût de l'architecte. Le principe général est tout à fait différent de celui qu'ont adopté les commentateurs de Vitruve dans le plan conjectural qu'ils ont inventé pour expliquer le texte de cet auteur. Ils ont tous commis l'insigne erreur de placer les différents appartements sur les côtés et aux extrémités de l'édifice avec des corridors entre eux, entourant une vaste area ouverte, qui formait la plus grande partie d'un terrain qui restait ainsi inoccupé. Au contraire, dans les trois spécimens que nous avons
mentionnés, le corps de l'édifice est au centre même du plan, dans l'emplacement que le plan conjectural laisse inoccupé. C'est une disposition précisément semblable à celle qui a été adoptée pour les Thermes de Rome, dont les restes sont plus complets, et qui avaient été construits incontestablement d'après le modèle des gymnases grecs, comme on pourra facilement le reconnaître en comparant le plan au mot Thermo avec celui que nous avons joint à cet article, et qui représente les mines du gymnase d'Éphèse, les plus complètes des trois.
Les teintes foncées indiquent les restes actuels ; celles qui sont plus claires, les
restaurations qui, quoique en' partie conjecturales, peuvent être reconnues, d'après un examen attentif, comme autorisées en grande partie par l'existence des bâtiments correspondants. Quant aux noms et aux usages que nous avons assi-
gnés à chaque partie de notre plan, nous avons cherché à nous conformer autant qu'il a été possible au texte de Vitruve, et nous y avons réussi pour les parties les plus importantes. Ce plan du moins suffira pour donner au lecteur une notion claire
GTMXASIUM.
GTMNASICM.
et complète des pièces nombreuses et diverses qui étaient essentielles dans un gymnase grec, et de la manière dont elles étaient habituellement distribuées.
AAA. Trois corridors simples (porticus simplices) disposés autour de trois côtés de la masse centrale des bâtiments; il y avait des sièges, des chaises, des exedrœ pour les philosophes et autres qui s'y retiraient et s'y livraient à la conversation. Les deux compartiments que l'on peut remarquer à chaque angle des corridors qui se terminent par une abside semi-circulaire, paraissent, d'après leur forme et leur position, avoir été des exedrx construites dans les trois corridors {in tribus porticibus), comme Vitruve le recommande. B. Corridor double tourné vers le sud {porticus duplex ad meridianas regioiies conversa), disposé de telle sorte que la galerie intérieure offiait un abri contre la pluie, lorsque des vents impétueux la chassaient de ce côté. Ces quatre corridors formaient, par leur ensemble, ce que Vitruve appelle le péristyle (peristylium), lequel, bien que formant un portique péripféral autour des nombreuses pièces qui étaient comprises dans la partie centrale de l'édifice, était cependant un véritable peristylium par rapport aux parties extérieures de l'édifice, au dedans desquelles il était établi (comparez Peripteros et PERiSTYLinm). c.
Epheheum, vaste salle garnie de sièges, designée comme la salle d'exercices des ephebi, et ouvrant sur le centre du corridor double {in duplici porticu, in medio). D. Corjceum, à main droite du dernier appartement {suhdextro). E.Conisterium, la pièce qui venait immédiatement après (deinde proxime). F. Frigida lavât io, la salle dn bain froid, plus loin que le conisterium et après le coude que formait le bâtiment. Vitruve la place exactement à l'angle {in versura), de telle sorte que son plan mettait trois pièces de chaque côté de Vephebeum, au lieu de deux que présente notre spécimen; mais, du reste, la disposition des pièces est la même des deux côtés. G. Elœothesium, le premier appartement à main gauche de la salle d'exercice des jeunes gens {ad sinistram ephebei). H. Frigidarium, salle dont la
température était basse et qui touchait à la pièce où l'on se frottait d'huile, placée précisément comme Vitruve indique qu'elle doit être, et comme on le voit dans une peinture des Thermes de Titus reproduite au mot Cella, 6. Au delà de cet appartement il y avait, dans le plan de Vitruve, une troisième pièce faisant l'angle, qui correspondait avec la /r<Vi</a lavatio, et située du côté opposé; elle formait le passage qui conduisait à la bouche du fourneau {iter ad propnigeum), et est indiquée parla lettre N dans notre modèle, i. La chambre contiguë est probablement un tepidarium; Vitruve n'en fait pas mention, mais la place qu'occupe ,cette pièce est la même que celle de la chambre thermale dans les bains de Pompéi. K. Concamerata sudatio, étuve voûtée ; il y avait un bain d'eau chaude {calda lavatio, i) à une extrémité, et de l'autre le laconicum (m). L'appartement du côté opposé, qui touchait également au fourneau (o), et qui était construit sur le même plan et avec les mêmes dimensions, était probablement une autre étuve qui avait ausssi un bain chaud (p) et un laconicum (q), et qui communiquait par des entrées particulières avec l'ephebeum et les pièces adjacentes La destination des trois pièces (r rr) dont on n'a pas encore indiqué l'usage est purement conjecturale; celle qui est la plus vaste et qui occupe le centre paraît, d'après son étendue et le lieu où elle est située, avoir été destinée au jeu de paume pour lequel une pièce était réservée dans tous les gymnases; ce devait être, par conséquent, le sptixristerium. Les deux pièces aux angles servaient aux autres jeux en grand nombre auxquels les Grecs se livraient.
La partie de l'édifice décrite jusqu'ici comprenait l'ensemble des appartements couverts que Vitruve parait désigner d'une manière générale sous le nom de ^a- Ixstra. A l'extérieur il y avait trois portiques {extra autem porticus très) ; l'un (s) était double et regardait vers le nord : il recevait ceux qui sortaient du péristyle {una ex peristjlio exeuntibus, quœ spectaverit ad septentrionem, perficiatur duplex) ; les deux autres (t t), que les Grecs appelaient xisti (Çuffxot), avaient dans la
AYNJSCEUIU.