HASTA
5. Hasta pura. Lance sans tète {cuspis), comme le vieux sceptre grec (crxti- TtTpov), que le gé- ' néral romain donnait à titre de récompense honorable au soldat qui s'était distingué dans la bataille (Tac.
^nn. m, 2t ; Virg.
jEn. VI, 760; Serv.
ad l.; Suet. Claud.
28). La gravure est copiée d'une peinture qui décore le tombeau de la famille des Nasons , près de Rome.
6. Hasta prmpilata, avec l'antépénultième brève. Lance dont la pointe est mouchetée ou couverte d'un bouton ou d'une balle (pila) au bout, comme nos fleurets (Pliu. H. N. vill, 6): les soldats s'en servaient dans leurs exercices (Hirt. B. Afr. 72) et dans les revues ou aux combats simulés (Liv. xxvi, 51).
7. Hasta pampinea. Le thyrse de Bacchus, appelé ainsi parce que c'était dans l'origiue une lance avec la tête cachée
dans des feuilles de vigne (Virg. Mn. vil, 396 ; Caipurn. Ed. x, 65), comme le spécimen ci-joint , pris d'une peinture de Pompéi.
8. Hasta graminea (xâjiaS). Lance faite d'une espèce de roseau élancé des Indes, qu'on avait l'habitude de placer entre les mains des statues colossalesde Minerve, en raison de sa longueur et de ses dimensions imposantes (Cic. Ferr. ii, 4, 56).
9. Hasta cœlibaris. Lance avec la pointe de laquelle le fiancé romain séparait la chevelure de la fiancée le jour du mariage (Festus, s. v,\ Ov. Fast. ii, 560, hasta recurva). L'épithète qu'Ovide donne à cet instrument fait entendre que ce n'était pas d'une lance ordinaire qu'on se servait à cet effet, mais de la lance rustique ou SPARCM. Voy. ce mot.
10. Hasta puhlica. Lance dressée comme le signe d'une enchère publique quand les biens étaient publiquement livrés au plus offrant ((^orn. Nep. Att, 6; Cic. Off. II, 8 ) ; coutume née des habitudes de pillage des anciens Homains , qui, lorsqu'ils disposaient du butin pris à la guerre , plantaient à coté une lance pour indiquer d'où venait le droit de propriété.
11. Hasta centumviralis. Lance qu'on avait coutume de dresser comme emblème d'autorité dans les tribunaux des Centumviri; de là l'expression cent umv'i raient liastam ertgere signifie convoquer les centumvirs et les appeler à leurs sièges, ou, en d'autres termes, ouvrir leur tribunal (Suet. Aug. 36 ; Mart. vu, 63).
HASTARIl (Veg. Mil. ii, 2). Comme Hastati.
HASTAIUUM. Salle d'enchère ( Tertull. Âpol. 13) ; catalogue de vente (Id. ad Nation. I, 10).
HASTATI, En général, tous ceux qui sont armés d'une lance ; mais, dans un sens plus s|iécial, les hastati étaient un corps d'infanterie pesamment armée, constituant la première des trois classes dans lesquelles se subdivisait l'ancienne légion romaine. C'étaient les hommes les plus jeunes, et ils étaient postés sur le premier rang dans l'ordre de bataille, du moins jusqu'à la fin de la république, où s'était établi l'usage de distribuer l'armée romaine en cohortes, et où, par
conséquent, les anciennes distinctions d' hastati, de principes, de triarii, pour ce
BASTILE.
qui regarde la position particulière occupée par chacun d'eux, avaient été abandonnées. Mais k'urs armes et leur costume semblent avoir subsisté sans altération importante, même sous l'empire ; car ils sont fréquemment représentés sur les arcs de triomphe et les colonnes avec des armes offensives et défensives pareilles à celles que Polybe leur attribue de son temps, c'est-à-dire un casque , un vaste bouclier, une cuirasse en mailles, une épée au côté droit et une lance, ainsi que le montre la figure ci-jointe, prise de la colonne de Marc-Aurèle. La cuirasse en mailles (9wpa$ àXuaiSwTÔ;), qui était particulière aux liastati, est indiquée par des traits dans la gravure, mais apparaît d'une façon beaucoup plus saillante dans l'original , où elle fait contraste avec deux autres figures dont les plaques imitent , dans l'une, des écailles ( lorica squamata ) ; dans l'autre, des plumes ( loricaplumata), et qui sont détaillées toutes deux avec nne précision égale ( Varro, L. L. v, 8& ; Enniusa^. Macrot). -iya^ VI, 1 ; Liv.xxil, 6; Polyb. vi, 23).
HASTILE. Proprement le bois d'une lance (C. Nepos. Epam. i) ; par extension, la lance elle-même (Ov. Met. vill, 28 ) ; aiguillon pour pousser le bétail (Calpurn. Ed. m, 21) ou tout bâton un peu long (Virg. Georg. il, Zb^).
HAUSTRUM. Auget, barillet, seau dans une roue hydraulique qui puise l'eau pendant que la roue tourne (Lucret. V, 517 ; Non. s. a>. ). C'étaient quelquefois des barillets de bois , modioli (Vitruv. X , 5), d'autres fois seulement des jarres (cadi. Non. l.c.) : les Chinois d'aujourd'hui se servent de bambous à cet effet. Voir la gravure du mot Rota AQDARIA, qui donne une idée claire de ce que ce terme signifie.
HELCIARIUS. Qui haie un bateau par la boucle (helcium ) d'ime corde de halage ( Mart. IV, G4, 22 ; Sidon. Ep. il, 10).
HELCIUM. Proprement, la boucle attachée à une corde de halage tirée par un homme ( helciarius ) et qu'on passe pavdessus l'épaule en travers de la poitrine; de là il se dit du poitrail attaché aux traits des bêtes de voiture (Apul. Met. ix, p.
BKMICTCLITîM. 315
185), comme dans la figure ci-jointe.
prise d'une peinture d'Herculanum.
HELEPOLIS (éXé7to>,ii;). Littéralement, destructeur de villes, nom donné à une machine inventée par Démétrius Poliorcète pour assiéger des places fortes, consistant en une tour carrée placée sur des roues et élevée jusqu'à la hauteur de neuf étages, dont chacun était muni de machines pour battre les murs et lancer des projectiles d'une dimension et d'un poids énormes (Diod. Sic. xx, 48 et XX 91 ; Vitruv. x, 22 ; Ammian. xxiii, 4, 10).
HELIOCAMINUS(fAtoxàtJiivo;). Chambre exposée au midi, qui était suffisamment échauffée par la chaleur naturelle du soleil, et qui, en conséquence, n'avait pas besoin d'un chauffage artificiel (Plin. £/>. II, 17, 20; Ulp. /)/"■. 8,2, 17).
HELIX (eXiS ). La petite volute sous l'abacus d'un chapiteau corinthien, faite pour imiter les vrilles ou la tige repliée de la vigne, du lierre ou de toute autre plante parasite inclinée sous un objet qui pèse par-dessus.
Chaque chapiteau est décoré de seize volutes, deux sous chaque angle de l'abacus et deux se rencontrant à son centre sur chaque face ( Vitruv. iv, 1, 12).
HEMICYCLIUM(^!xtxû)c).tov). Enceinte demi-circulaire, assez large pour contenir plusieurs personnes, assises en même temps, qui veulent goûter les plaisirs de la conversation. Les anciens élevaient des constructions de ce genre dans leurs parcs d'agrément (Cic. de Âmic. i; Sidon. Ep. l, l), et aussi dans différentes parties d'une ville pour servir de sièges publics (Suet. Gramm. 17 ; Plut, de Garrul. p. 99)-
HFHIXA.
OEMISPH^RIUM.
La gravure ci-jointe en donne un spécimen ; elle représente un liemicyclîum de
Pompéi, tel qu'on le voit maintenant à côté de la rue , juste en dehors de la principale entrée de la ville en venant d'Herculanum. Les sièges courent tout autour, et le plancher est assez élevé audessus du niveau du pavé : aussi un petit degré est-il placé au devant pour donner un plus facile accès.
2. Cadran solaire de construction fort simple, inventé par Bérose et consistant en une cavité presque sphérique pratiquée à la surface supérieure d'un bloc de pierre carré (excavatiim ex quadrato), dans laquelle étaient tracées les lignes horaires et dont la face antérieure allait en s'abaissant depuis le haut, afin que le cadran eût une inclinaison ( ad eri-
clima succhum) adaptée à la hauteur polaire de la place pour laquelle il était fait (Vitruv. ix, 8). La figure est copiée d'un original découvert en 17C4 dans les ruines d'une ancienne villa près de Tusculum. L'angle de Yenclima est d'environ 40° 43, ce qui concorde avec la latitude de Tusculum, et l'instrument entier ressemble exactement à un marbre du même genre, de la collection d'ince Blundell, dans le Lancashire , qui a un buste de Bérose sculpté à sa base et qui porte inscrit le nom d'Itemicjclium.
HEMINA (?)|jLtv(x). Mesure de capacité contenant ua demi-sextarius (Festus, s. v.;
Rhemn. Fann. de Pond. G7 ) ; de là, vase fait pour contenir exactement cette quantité (Pers. I, 120).
HEM10LIA(^[jitoXta). Espèce particulière de vaisseau (Gell. X, 25) employé surtout par les pirates grecs (Arrian. Anah, III, 2, 6), et construit de telle sorte que la moitié des côtés fût laissée libre de rameurs pour former un pont sur lequel on pût combattre (Etymol.Sylburg. a/9. Scheffer, Re nav. p. 7 4). Elle paraît avoir appartenu à la même classe que \ecercurus,
avec quelque différence dans la disposition des rames, et elle est probablement représentée par la figure ci-jointe , prise d'une médaille impériale ( Scheff. /. c. p. 1 1 1), dans laquelle la partie centrale, qui n'est point occupée par des rameurs, forme le pont dont on vient de parler. HEMISPHiERIUM. Un des nombreux cadrans solaires en usage chez les anciens (Vitruv. IX, 8), qui tirait son nom de sa ressemblance avec un hémisphère ou avec une moitié du globe, qu'on supposait coupé fiar le centre selon le plan d'un de ses plus grands cercles. La gravure représente une statue d'Atlas, érigée d'abord au centre de Ha venue ( Symeoni, Epitaffi antichi ; Lione, 1557), qui donne un dessin approprié pour un cadran de ce genre , et qui indique que Yliemispitxrium était élevé dans une position verticale ; tandis que le discus, qui était aussi circulaire, était mis à plat sur son pied : c'est
HRROm.
ce qui constituait la différence entre ces deux cadrans.
2. La coupole d'un dôme, c'est-à-dire le plafond qu'il forme et qui consiste réellement en un demi-globe creux, comme, par exemple, le dôme du Panthéon à Rome (Vitruv. V, 10, 5),
HEPTERIS (éitTripnç). Vaisseau de guerre à septrangs de rames (Liv. xxxvil, 23). Voir l'article Hexeris , où la manière de disposer les rames et de compter les rangs, quand ils excédaient un certain nombre, est en partie expliquée; et si cette méthode est admise, l'addition d'une ouverture pour ramer à chaque rangée entre l'avant et l'arrière fera le compte de sept rangs au lieu de six , et les rangs seront disposés comme le montre la figure qui suit.
HERMiE ('Epiiai). Mercures oa Hermès, espèce particul ière de statues dans lesquelles on ne sculptait que la tète et quelquefois le buste ; le reste formait un poteau nu, à quatrefaces. Cette coutume venait de la vieille manière pélasgique de représenter le dieu Mercure (Macrob. Sat. i, 19; Juv. VIII, 53 ; Nepos, Àlcib. 3). Le tronc était quelquefois surmonté d'une tète simple, mais plus habituellement d'une double , comme dans la figure , prise d'un original qui est au Capitole de Rome ; et les personnages qu'on choisissait le plus communément à cet effet étaient le Bacchus barbu, les Faunes et les philosophes. Des ])iliers de ce genre étaient fort emp!oyés à plusieurs fins : comme poteaux indicateurs, comme montants dans une barrière d'ornement, et c'est à cet effet que fut employé l'original de notre gravure (on voit de chaque côté les cavités qui recevaient les barres transversales entre les deux poteaux) ; dans le Cirque, pour tenir la corde ou la bar-
rière qui fermait les portes des stalles {carceres ) jusqu'à ce que les chars reçussent le signal du départ (Cassiodor, Var. Ep. m, 61 ), comme on le voit dans la gravure du mot Carcer, 2 ; ils servaient, en un mot, dans tous les cas où on avait à dresser un poteau.
HERMATHENÂ. Probablement, statue servant de borne, comme celle que nous avons décrite , et qui portait la tète d'Athéné ou Minerve ; on en voit un spécimen gravé dans Spon (Reclierches, p.
98, n° 11 ; cf, Cic. ad Att. I, 4 ).
HERMERACLES.Probablement,statue servant de borne [Iterma), avec un buste d'Hercule; il en reste des spécimens à Rome {Mus. Pio-Clem. i, G ; Mm. Capitol. I , p. 13 ; cf. Cic. adAtt. i, 10).
HERMEROS. Probablement, statue servant de borne (Iterma), qui portait un buste d'Ëros ou l'Amour (Plin. H.