‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 143 sur 327 · N. XXXVI · texte numérisé non relu

N. XXXVI

HERMUL^ (Cassiodor. Far. Ep. m, 51). Diminutifd'HERM^.

HEROUiM (i?ipwov). Monument sépulcral bâti en forme ôHxdicula ou petit temple (Inscript, ap. Mur. 889, 8 ; Plin. H. N. X, 6). Les monuments de ce genre

prirent naissance chez (les Grecs et ne furent d'abord élevés qu'en l'honneur de leurs héros déifiés ; ce qui explique pourquoi le temple fut choisi comme modèle ; mais, dans la suite, les particuliers les adoptèrent plus d'une fois , comme on peut l'induire des représentations fréquentes qu'on en voit sur les vases d'argile et les marbres des scpuU

HEXACLINON.

BIEBONICA.

cres. La figure ri-jointeest copiée d'une table de marbre du Musée de Vérone qui servit pour le monument d'une dame grecque, nommée Enclea, fille d'Agathon et femme d'Aristodémon, comme le témoigne l'épiiaphe qui y est inscrite en caraclères grecs.

HEXACLINON. Terme formé du grec et désignant un lit de repos fait pour l'usage de six personnes (Mart. ix,GO, 9).

HEXAPHORON. Litière ou chaise {lectica, sella) portée par six hommes (Mart. Il, 81; Vl, TT), de la manière que nous avons décrite et figurée au mot

ASSKR, 1.

HEXAPHORI, sous-entendu phalangarii. Six hommes qui portent un fardeau quelconque par leurs forces réunies à l'aide de /»/ia/aflo-a?(Vitruv. X, 3, 7), comme on l'explique aux articles Phalanges et PhalangariIjOÙ les gravures représentent une action faite par deux hommes et par huit.

HEXASTYLOS. HexastyU; c'est-àdire qui a sur le devant une rangée de six colonnes.

HEXERIS (éÇripriç). Vaisseau qui a six rangs de rames de chaque côté (Liv.

XXXVU, 23) C'est encore nue question pleine de difficultés et de doutes que de conjecturer même comment les rames étaient disposées dans un vaisseau à six rangs (ordi'ies) : en effet, il a été prouvé par des expériences qu'une rame maniée à cette hauteur au-dessus de la surface de l'eau que nécessiterait le sixième banc dee rameurs, même quand il serait placé en diagonale au-dessus des cinq autres, aurait à s'incliner tellement pour toucher l'eau de sa lame que le manche ne serait plus à la portée du rameur ; ou bien, si la rame était faite d'une longueur suffisante pour obvier à cet inconvénient, étant fixée de toute nécessité sur le touret à un tiers de sa longueur, la partie qui serait à bord serait si longue qu'elle irait jusqu'au côté opposé du vaisseau et y rendrait tout mouvement impossible.

La méthode la plus pratiquable semble être celle que suggère Howell ( Treatise on tlie JVar Galleys of tlie .4ncients) : selon lui, quand les vaisseaux avaient plus de cinq rangs de rames , les rangs

n'étaient pas comptés dans une direction ascendante de la surface de l'eau au platbord, mais en long, de l'avant à l'arrière; ils étaient placés alors selon une diagonale, comme dans une trirème (voir Tai- BEMIS et la gravure ) et toujours avec cinq rangs de profondeur dans la ligne ascendante ; mais ils étaient comptés, non point par ces rangs, mais par le nombre d'ouvertures à rames entre l'avant et l'arrière. Ainsi une liexeris aurait cinq lignes parallèles de rames, avec six ouvertures à rames dans chacune, placées selon une diagonale l'une au-dessus de l'autre, comme dans la figure ci-jointe ;

* -ii if if if >ii if ■)/■ if if i( if if if if if if if

une hepteris, avec sept ouvertures ; une decemremis, avec dix, et ainsi de suite. Comparez Ordo.

HIBERNACULA. Appartements dans une maison destinés à être occupés pendant l'hiver et moins décorés que les autres à cause de la malpropreté produite par la fumée des feux et des lampes qui y brûlaient (Vilruv. vif, 4,4 ) ; on choisissait de préférence pour ces ap|)ai tements une exposition à l'ouest ( Vitruv. i, 2,7).

2. Tentes construites pour unecampagne d'hiver ou dans lesquelles les soldats étaient logés quand l'armée restait sur le terrain pendant l'hiver ; en conséquence, elles étaient couvertes de peaux et bâties de bois ou de toute autre matière plus solide que celle d'une lente ordinaire (Liv. V, 2 ; cf. XXX, 3; xxxvii, 39).

HIBERNA( (xÊiu.ào:a ). Quartiers d'hiver dans lesquels l'armée était distribuée pendant l'hiver, quand elle ne tenait pas la campagne sousdestentes(//iièr«actt/a).

(Liv. xxill, 13; Cic. ad Fam. XV, 4; Tac.^^r. 38).

HIERONICA (Upovi'xYi; ). Proprement, terme grec quia uniquement rapport aux coutumes de cette nation. On s'en servait pour désigner le vainqueur dans un de leurs jeux publics, c'est-à-dire, les jeux uéméens, pythiques , islhmiques et

HIF.ROPHANTA.

BIPPODROMUS.

olympiques, qu'on appelait aussi jeux sacrés parce qu'ils com mençaieiit par des cércmouies religieuses.

La gravure représente un jeune Grec couronné et vêtu comme un de ces vainqueurs , dont le costume ressemi)le tout à fait à celui qu'on attribue à Néron , quand il entra dans les villes d'Italie eu A/erortica (Suet. Nero, 25), après avoir disputé le prix aux jeux olympiques.

HIEROPHANTE et HIEROPHANTES ( t£po?âvTT)i;). Grand-prêtre et maître de religion chez les Grecs et les Égyptiens, ayant beaucoup de rapports avec le Pontifex Maximiis des Romains (Nep. Pel.

3 ; Tertull. adv. Marc. I, 13).

HIEROPHANTRIA. Prêtresse quiavait les mêmes fonctions et la même dignité que V/iièrop/ianta (Inscript, ap. Grut.

HIPPAGINES.HIPPAGI.HIPPAGOGI [Imzayutyoi) . Transport de chevaux, spécialement pour la cavalerie (Festus, s. v.; Gell. X, 25; Plin. H. N. vu, 57 ; Liv, XLiv, 28).

HIPPOCAMPE et HIPPOCAMPUS { lTi7toxo(|i7rr,, litJtôxîXfjntoç). Animal fajjuleux qui avait le devant et le corps

d'un cheval , mais qui se terminait en queue de poisson , comme la figure cijointe, prise d'une peinture de Pompéi : les poètes et les artistes de l'antiquité l'attachent d'habitude au char marin de Neptune et des Tritons (Naev. et Lucil. ap. Non. s. v.).

HlPPOCENTAURUSCiTtitoxévTaupoç), Centaure-cheval , demi-cheval et demi-

homme (Cic. N. D. H, 2 ) par opposition au centaure-poisson, demi-homme et demi-poisson ( ij^ftyoxevTaupoç) forme sous laquelle étaient représentés les géants qui faisaient la guerre aux dieux (Apollodor. 1,6, 1; j>/ttj. Pio-Clem. iv, tav. 10). On représentait aussi des hippocentaures femelles (Luc. Zeux. 3) ; notre gravure en donne un exemple d'après un bronze découvert à Pompéi.

HIPP0DR0MUS./^//)/;o^ro7ne.Cemot, chez les Romains, désigne une pièce de terre dans un jardin ou une villa, plantée d'arbres, avec diverses avenues pour se livrer à des exercices équestres I^Mn.Ep , V, 6, 32 ; Mart. xil, 50).

2. ( iTtTtôSpopLoç ). Hippodrome. Ce mot, chez les Grecs, signifie une arène pour des courses de chevaux et de chars, par opposition au stadium qui était approprié à la course à pied. Souvent on ajoutait aux gymnases des hippodromes de ce genre , dans lesquels les jeunes Grecs apprenaient l'art de l'équifalion ( Plaut. Baccli. III, 27 ) ; mais le véritable hippodrome grec , dans lequel avaient lieu les courses publiques, répond davantage au cirque romain , malgré quelques remarquables points de différence, et il nous est mieux connu par la description que Pausanias a laissée de l'arène d'Olympie que par ses restes actuels , dont il n'y a plus que quelques vestiges (Gell, Itinerary of Morea, p. 3G ). La différence la plus importante consistait dans l'arraugement des stalles pour les chevaux et les chars, qui n'étaient pas disposées sur un segment de cercle, comme dans le Cirque romain (voir la gravure du mot

niPPODROMCS.

BIPPODROMCS.

CiRCDS, A A ), mais placées sur deux rangs avec des côtés curvilignes se rencontrant et s'avançant en pointe sur le devant de l'arène : tout le plan ressemblait donc à une proue de vaisseau avec l'éperon dans la direction de l'arène, et la base, à l'extrémité des deux côtés , au point où ils étaient le plus éloignés l'un de l'autre, portant sur la partie plate du bout de l'hippodrome ou sur une colonnade qui la couvrait (Pausan. vi, 20, 7). On appelait cet ensendjle l'âçeutç, et il répondait pour la situation , non pour l'arrangement, à Voppidum d'un cirque romain. Cette disposition particulière était une invention ingénieuse de l'architecte Cléotas (Pausan. l.c), et venait de la nécessité d'avoir une place assez considérable pour les stalles; car il n'y en avait pas un nombre limité, douze comme chez les Romains; tous ceux qui \oulaient disputer le prix étaient admis librement. Les conducteurs tiraient leurs stalles au sort (Pans. /. f.), et la méthode suivante était adoptée pour que ceux qui étaient plus près de la pointe n'eussent aucun avantage sur ceux qui étaient derrière eux. Une corde ou barre distincte ( xaXwôtov , 0(m)T|$ ) était tendue comme une barrière sur le devant de chaque stalle ; et, quand les courses allaient commencer, les deux cordes qui fermaient les stalles éloignées de chaque côté (1,1) étaient lâchées ensemble, de sorte que les deux chars du bout sortaient les premiers; et , quand ils étaient arrivés au niveau des deux stalles suivantes (2, 2), on les ouvrait pareillement; les quatre chars continuaient leur course, jusqu'à ce qu'ils fussent sur la même ligne que la stalle la ■plus proche ( 3, 3), où on enlevait les troisièmes barrières : et ainsi de suite jusqu'à ce que tousfussent parvenus sur la même ligne que la pointe de la proue (b), d'où ils partaient ensemble et de front ( Pans. /. c. ). 11 est probable qu'une Ion gue corde était tirée entièrement à ce point en travers de l'arène , correspondant avec la Unea alba des Romains. On comprendra clairémenttout ce dessin par le plan ci-joint de l'Hippodrome d'Oljmpie, telle que l'a suggéré Visconti pour expliquer la description de Pausanias; quoi-

que conjectural, il a, du moins en apparence, une grande probabilité qui lui donne du poids. En tous cas, on y prendra une idée distincte des traits les plus importants de l'hippodrome grec et de la signification des termes par lesquels

chaque partie était désignée. A. L'espace compris entne les stalles que nous avons déjà décrites. B. La pointe ou l'éperon de l'âçEffiç, appelé £jj.ëoXov par Pausanias. c. La colonnade(iiToâ)quiterminait l'extrémité plate de l'hippodrome : peut-être cette partie n'était-elle pas toujours ajoutée. 1,2, 3. Les stalles pour les chevaux ( olxYijxaxa , carceres). D l). L'arène (Spô- (Ao;). E. Barrière qui divise l'arène en deux parties, comme la splna romaine , mais plus simple et moins décorée, consistant purement en une levée de terre (ywixa), ainsi qu'on peut l'induire des mots de Pausanias (vi, 20, 8). F. La

HIPPOPERA.

BOBOLOGIUM.

borne que tournaient les chars (vû<T<Ta, xa.[).nir\çi , meta); peut-être y en avaitil une semblable à l'extrémité opposée comme pour la spina dans le Cirque iromain. G G. L'espace occupé par les ispeclateurs ; c'était d'habitude des degrés taillés dans le flanc d'une montagne, ou, si Taréue était dans un pays plat , ils étaient pratiqués dans une levée de terre (xwfAa) faite à cette intention; mais ils ne portaient pas sur des corridors voûtés, et ne formaient pas une œuvre d'architecture comme dans le Cirque romain.

On fait observer qu'un des côtés était plus long que l'autre, ce qui était le cas à Olympie { Pans. /. c.) et probablement dans la plupart des autres endroits , de manière à donner aux spectateurs une vue égale de l'arène. Au centre de l'espace occupé par les stalles était un autel provisoire (a), sur lequel était placé un grand aigle de bronze, et, à la pointe de la proue (b), il y avait une figure semblable de dauphin , tous deux remués par un mécanisme et employés pour annoncer à la foule quand la course allait commencer, le premier en s'élevant dans l'air, le second en se précipitant vers le sol devant la multitude assemblée ( Paus. /. c).

HIPPOPERA (l7t7iOT:r,pa). falise de selle pour les voyageurs à cheval ; mais on en avait toujours deux, de telle sorte qu'on se sert du pluriel, ne fît-on allusion qu'à une seule personne (Sen. Ep. 87).

HIPPOTOXOTA(i7t7toTo$6t7iî). ^rr/*er achevai (Hirt. B. Jfr. 19) : ce mot, dans

la plupart des cas, se rapporte à des nations

étrangères , comme les Syriens ( Caes. B. Cm, 4), les Perses (Herod. IX, 49), etc.; mais il semble que des hommes ainsi montés aient été employés dans la cavalerie légère des Grecs (Aristoph. Av.

1179) et dans celle des Romains, du moins sous l'empire, comme le témoigne la figure ci-jointe, qui représente un archer de la cavalerie romaine dans l'armée de MarcAurèle, d'après la colonne de cet empereur.

HIRNEA. Vase en poterie employé pour la cuisine (Cato, R. R. Z\ ', Plaut. Amph. 1, 1, 273 et 276); mais on en ignore les traits distinctifs.

HIRNELLA. Diminutif de Hirnea, vase employé dans les sacrifices (Festus, r. Irnella).

HISTRIO. Mot d'origine étrusque qui dans cette langue, siguifie pantomime et danseur de théâtre (Liv. vu, 2), mais qui, chez les Romains, était employé dans un sens plus général , comme notre mot acteur, pour désigner tout artiste dramatique qui déclamait dans le dialogue d'une pièce avec l'action appropriée ( Cic. Fin. iii, 7 ) : il comprenait les acteurs tragiques (Plin. H. N. xxxv, 46) et les comiques (Plin. H. N. vil, 54.

HOPLOMACHUS (ôiiXo[xâxoç). Généralement quelqu'un qui combat avec une armure pesante complète , ou , comme nous dirions, qui est armé de pied en cap; mais ce mot désigne plus particulièrement un gladiateur équipé de la sorte ( Suet. Cal. 35 ;Mart. viil, 74), et, comme c'était un trait caractéristique du Samnite, on croit que ce terme fut seulement un mot nouveau mis en vogue sous l'empire pour signifier un gladiateur de ce genre. Voy. Samnis.

HORARIUM (Ceusorin. De Die Nat.

24). Comme Horologiuh.

HOKL\. Petit bateau i-mployé par les pécheurs sur la côte de la mer (Non. ^.-v.; Plaut. Rud. IV, 2, 5 ; Gèll. x, 25) : on en ignore les traits distinctifs.

HORIOLA, diminutif de HORIA. Employé sur les rivières ( Plaut. Trin. iv, 2, 100; Gell. X, 25).

HOROLOGIU.M (wpoXoyiov). Mesure des heures ou horloge, terme général employé pour toute invention qui marquait

HORBEARII.

H0BTCI.ATCC8.

le cours du temps, le jour ou la nuit, sans distinction de l'agent particulier qu'on employait, comprenant, par conséquent, les différentes espèces de cadrans solaires ^salaria et de sabliers à eayi [clepsjdr«), qui sont énumérées dans la Table. Kotre mot horloge donne une idée inexacte de V/ioro/ogium des anciens; en effet, les seuls inslruuienls connus des anciens pour faire l'office d'une horloge moderne étaient les sabliers d'eau et les cadrans solaires.

HORREARII. Personnes auxquelles étaient confiés les magasins et les entrepôts publics dans lesquels les marchands, et aussi les particuliers, qui n'avaient pas assez de place, déposaient pour les mettre en lieu sûr leurs marchandises et leurs effets (Ulp. Dig. 10, 4, 5; Labeon. Dig. 10, 2, 00, § 9).

HORREÔLUM, diminutif d'HoRREUM.

Petit grenier «u grange pour serrer les produits agricoles (Val. Max. vu, 1, 2).

HORREUM {ù}Çizio\). Grenier, grange ou autre bâtiment dans lequel ou serrait les fruits de la terre (Virg. Georg. 1,49; Tibull. II, 5, 84), construit fréquemment, comme les uôtres , sur des piles naines, pour tenir le plancher sec et sans vermine. Dans ce cas, on l'appelait pensite (Columell. 12, 50, 3).

2. Magasin pour le vin à l'étage supérieur de la maison, où on le laissait vieillir après qu'il avait été mis dans les amphorx, ou, comme nous dirious, en bouteilles (Hor. Od. III, 28, 7).

3. (aTtoôifiJcifi). Dépôt , magasin ou décharge , dans laquelle des effets et des biens de toute espèce étaient déposés pour être conservés ou mis de côté, quand on n'en avait pas besoin : des livres, par exemple (Sen. Ep. 45); des statues (Plin. Ep. VIII, 18, 1 1) ; les instruments d'agriculture (Columell. 1, 6, 7), etc.

Page 1