‹ Dictionnaire des antiquités romaines et grecquesChapitre 185 sur 327 · NAVI · texte numérisé non relu

NAVI

comme les nôtres disent pile ou face, ils criaient : tête ou i>aisseau, parce que les plus anciennes monnaies, Vas et le se- /n«5«, avaient d'un côté une tête de J anus, et sur le revers une proue de vaisseau , ainsi qu'on le voit dans le spécimen cijoint, représentant un demi-as antique (Macrob. Sat. i, 7).

3. Auge peu profonde, creusée dans une pièce de bois, comme un canot, et employée surtout pour les vendanges (Festus, j. ■V.).

NAVICELLÂouNAVICULA. Diminutif de Navis.

NAVICULARIUS. Armateur romain, qui se faisait un revenu en transportant d'un endroit à un autre des marchandises et des passagers sur un vaisseau dont il était le propriétaire et le capitaine ; ce mot correspond au grec vaOxXiripoc (Cic. ad Fam. XVI, 9 ; P'err. Il, 255 ; Tac. ytiin. XII, 55).

NAVICULATOR (Cic. Manil. 5). Même sens que Navicllarics.

NAVIGIOLUM. Diminutif de

NAVIGIUM (nXoïov). Terme générique pour toute espèce de bâtiment, qu'il fût construit pour aller à la rame ou pour aller à la voile (Cic. Virgil. etc.).

NAVIS (vaûç). Navire, terme général , qui comprend toute espèce de bâtiments, marchant à la voile ou à la rame , mais qui s'applique surtout aux navires des plus grandes dimensions, avec une épithète qui distingue la classe particulière de navires dont on a l'intention de parler; ainsi :

1. Navis oneraria) <iiço-f\\ikt\ vay; , 7t),oïov çopxtxôv). Bâtiment de charge, employé comme transport pour accom-

marchand pour transporter des denrées, des marchandises , toute espèce de fret. C'était un navire lourdement construit, à quille ronde , et en général ponté d'un bout à l'autre, sans pointe armée de fer (rostrum) à l'avant, et toujours disposé pour ne marcher qu'à la voile, sans rame| ni avirons. Tous ces détails se retrouvent dans le spécimen ci-joint, qui, d'après un monument funéraire, représente le navire de quelque négociant ou patron de navire de Pompéi (Liv. xxil, 11; XXX, 24;Nep. Tliem. 2; Non. s.

2. Navis actuaria (èTti'xwTioi;). Bâtiment découvert, marchant avec des avirons, aussi bien qu'à la voile, et qu'on ne destinait pas à mettre en ligne le jour du combat, mais que l'on employait dans une flotte pour tout ce qui devait être fait promptement, pour croiser, pour exécuter une reconnaissance, pour porter un message, pour transporter des hommes (Non. s. v.; Gell. X, 25, 3; Liv.

XXI, 28 ; XXV, 30). 11 n'était jamais garni de moins de dix-huit avirons ( Scheffer, Mil. Nav. il, 2 ) ; le modèle que nous donnons d'après le Virgile

pagner une flotte, ou comme navire

du Vatican , et qui représente le vaisseau transportant Énée et ses compagnons en Italie, en a vingt, dix de chaque côté.

3. Navis longa (vxû; (laxpà). Galère, long vaisseau à quille mince et aiguë ; elle était mise en mouvement par un seul banc de rameurs, et formait une classe intermédiaire entre la navis actuaria et les bâtiments qui avaient plus d'un rang de rames, la birème, la trirème , etc. (Liv. XXX, 24). Ces navires avaient jusqu'à cinquante rames (Herod.

VI, 138); et celui que nous donnons comme modèle, d'après une mosaïque trou-

vée dans une tombe près de Ponzzoles, en a quarante-huit , vingt-quatre de chaque côté, juste le nombre des rames des galères de la Méditerranée au moyenâge (Jal, Ârcliéol. navale, t. I, p.

25). On emploie aussi ce mot comme nom générique pour désigner tout bâtiment de guerre, ceux qui avaient plusieurs rangs de rames comme ceux qui n'en avaient qu'un, parce qu'en réalité tous étaient construits sur le même plan, une quille aiguë avec un très-long espace entre la poupe et la proue , au lieu des coques courtes et ramassées, des quilles arrondies, qui avaient été adoptées pour la marine marchande et quelques bâtiments de corsaires.

4. Navistecta,strata ou constrataiytvJ:, xaTaçpâxTTi). Vaisseau ponté, par opposition à celui qui ne l'est pas ou qui ne l'est qu'à moitié (Liv. xxx, 10; xxxvi, 43; Hirt. B. Alex. 11 ; Tac. .-/««. ii, 6). La première gravure montre un vaisseau ponlé de la marine marchande , la seconde un de la marine militaire.

5. Navis aperta (âçpaxtov). Navire découvert, sans pont, ou ponté seulement à moitié (Liv. xxii, 19; XXXVI, 43). Voy. le modèle n" 2.

6. Navis turrita. Bâtiment de guerre sur le pont duquel était élevée une tour

servant aux combattants à lancer leurs traits; ils étaient là à l'abri comme derrière les murs d'une forteresse (Virg. JEn.WM, 693; Florus, iv, 11, 5). On

dit que ce fut Agrippa qui en introduisit le premier l'usage (Serv, ad Virg. /. c). La gravure est empruntée à un bas-relief publié par Montfaucon.

NAXA. Leçon de quelques éditions de Cicéron {ad Att. xv, 20) pour Nassa.

Voy. ce mot.

NEBRIS (veêptç). Peau de faon. Les grands chasseurs la portaient comme vêtement (Serv. flÉ? Virg. Georg. iv, 342) ; mais c'est surtout dans les œuvres d'art qu'elle ligure. Les poètes en parlent comme d'un vêtement propre à Bac-

cluis et à ses initiés, qui la mettaient ordinairement en exomis (voy. ce mot; cf.

Stat. Theb. il, 664; Achill. i, 609). La figure, d'après un bas-relief grec, représente un faune accompagnant Bacchus , avec la nebris dans ses mains ; et la gravure au mot SlMPULCM la montre sur la personne d'une prêtresse occupée à faire une libation.

NEO(v£u), yrfitù, xXwOw). Filer, c'està-dire rouler, tresser en un seul fil une quantité de brins de laine, défibres de chanvre ou de lin. L'habitude de filer fournissait aux femmes de la Grèce et de l'Italie ancienne une occupation à laquelle toutes se livraient; et c'est ce qui a lieu encore de nos jours dans ces mêmes contrées, où chaque femme de paysan fabrique son propre fil avec les instruments si simples qu'employaient les femmes des âges héroïques, la quenouille (colus) et le fuseau (fusiis). La figure cijointe, représentant, d'à près une ancienne mosaïque dans leCapitole de Rome, Hercule filant avec la quenouille et le fuseau d'Ompbale , fait voir de quelle manière

NE0C0RC8.

NESSOTBOPHICH.

se faisait le fil, et explique les termes employés pour décrire les différents détails de l'opération. La quenouille chargée (col us compta ou lana amicta), la fileusela fixe à son côté gauche en eu passant le manche dans sa ceinture [cingulum) • les femmes modernes se servent pour le même usage des cordons de leur tablier; puis la fileuse tire avec la main gauche (ducere lanam , Ovid. Metam. iv, 34) un certain nombre de fibres qu'elle attache au fuseau ; ensuite elle fait tourner celui-ci rapidement entre son pouce et son index, comme les enfants font tourner un Làton (stamina nere, Ov. Fast. 11,11 \\ pollice "versare, id. Met. iv, 34 ; versare pollice fusum, id. Met. M, 22; cf. Ti- J)ull. Il, 1, 64). Le mouvement de rotation du fuseau, que laisse pendre la main gauche (voy. la gravure au motCoLCS, 1), roule et tresse ces fibres en un fil (filum), qui , sans interruption , est à son extrémité supérieure nourri et prolongé par de nouvelles fibres que la main détache sans cesse de la quenouille à mesure que la tresse se forme (ducere stamina •versato fusa, Ov. Met. IV, 221 ). Quand le fil est devenu assez long pour que le fuseau touche presque à terre, ce qu'il y a de fait est relevé et roulé autour du fuseau : puis ou recommence la même opération jusqu'à ce qu'on en ait tressé un autre bout, et ainsi de suite, jusqu'au moment où le fuseau est entièrement couvert de fil, de manière à ne pas pouvoir en contenir plus ; alors on détache le fil de la quenouille [rumpere supremas colos , Val. Flacc. vi, 645), et on roule le tout en pelote toute prête à servir {glomus; cf. Catull. 64, 312-318, où cette opération est décrite tout au long).

NEOCORUS ( v£i.)x6po;). Moi grec, correspondant &\\\Mi\\xdUuus, pour désigner la personne chargée de veiller sur 1111 temple et sur tous les objets précieux qu'il contient, de le faire balayer , nettoyer et tenir en ordre. Par suite , les habi-

tants des villes grecques se qualifiaient souvent de neocori du dieu qui était le patron de leur cité; à un époque postérieure, ils s'appelaient, par un raffinement de flatterie , les neocori de rem|)ereur romaiu ; ils voulaient marquer par là leur piété envers le souverain , et en même temps insinuer qu'il était dieu (Firm. Math, m, 7, 9; comparez les Inscriptions des monnaies et des médailles).

NERVIA (Varro, ap. Non. s. v.).

Même sens que Nehvus, i.

NERVUS ( veùpov ). Corded'un instrument de musique (Cic. de Or. m, 67 ).

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